Le clans des mouettes

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 Le Hussard sur le toit, Liyon, Moby Dick, Poësie et Y'becca.

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yanis la chouette



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MessageSujet: Le Hussard sur le toit, Liyon, Moby Dick, Poësie et Y'becca.   Lun 5 Fév à 9:01

Le francoprovençal ou arpitan est une langue romane parlée en France, en Suisse et en Italie. C’est l’une des trois langues distinctes du groupe linguistique gallo-roman.

Poésie s'écrivait jusqu'en 1878 poësie (le tréma marquait une disjonction entre les voyelles o et e). Le terme « poésie » et ses dérivés « poète », « poème » viennent du grec ancien ποίησις (poiesis), le verbe ποιεῖν (poiein) signifiant « faire, créer » : le poète est donc un créateur, un inventeur de formes expressives, ce que révèlent aussi les termes du Moyen Âge trouvère et troubadour. Le poète, héritier d'une longue tradition orale, privilégie la musicalité et le rythme, d'où, dans la plupart des textes poétiques, le recours à une forme versifiée qui confère de la densité à la langue. Le poète recherche aussi l'expressivité par le poids accordé aux mots comme par l'utilisation des figures de style et au premier chef des images et des figures d'analogie, recherchées pour leur force suggestive. Manuscrit du poème Les Assis d’Arthur Rimbaud recopié par Paul Verlaine. Kings of leon - Closer https://www.youtube.com/watch?v=NlXTv5Ondgs . Lyon, ville française de la région historique Rhône-Alpes, se trouve à la jonction du Rhône et de la Saône. Son centre témoigne de 2 000 ans d'histoire, avec son amphithéâtre romain des Trois Gaules, l'architecture médiévale et Renaissance du Vieux Lyon et la modernité du quartier de la Confluence sur la Presqu'île. Les Traboules, passages couverts entre les immeubles, relient le Vieux Lyon à la colline de La Croix-Rousse.

Moby Dick (titre original en anglais : Moby-Dick; or, The Whale ; « Moby-Dick ; ou, le Cachalot ») est un roman de l'écrivain américain Herman Melville paru en 1851, dont le titre provient du surnom donné à un grand cachalot blanc au centre de l'intrigue.

Origines du roman
Herman Melville.

Melville, qui fut lui aussi marin, comme la plupart des héros de ses romans, s'est inspiré de faits réels :

Les cachalots poursuivis portaient souvent un nom, Melville en cite cinq au chapitre 45 : Don Miguel du Chili, Morquan du Japon, Tom et Jack de Nouvelle-Zélande, Tom Timor.
Le naufrage du baleinier Essex, qui sombra en 1820, après avoir été éperonné par un grand cachalot, 3 700 km au large des côtes de l'Amérique du Sud. L'un des marins survivants, Owen Chase, consigna cette aventure dans un livre qui parut en 1821. Herman Melville, qui a découvert le récit de ce naufrage en 1841 à l'occasion de sa rencontre avec le fils d'Owen Chase, s'en est inspiré pour l'écriture de son roman Moby Dick, paru en 1851.
L'existence d'une baleine blanche, dans les années 1830, souvent aperçue à proximité de l'île chilienne de Mocha. Criblée de harpons, Mocha Dick attaquait régulièrement les baleiniers. Mais contrairement au drame de l'Essex, aucune allusion dans le roman ni dans la correspondance de l'auteur n'authentifie cette référence, malgré l'essai de J. N. Reynolds intitulé Mocha Dick, ou la baleine blanche du Pacifique (1838).

La rédaction du livre fut entamée en 1850. Le roman fut d'abord publié à Londres en octobre 1851 sous le titre The Whale (Le Cachalot) — cette édition était incomplète et le titre n'était pas celui voulu par Melville. C'est peu de temps après, lors de sa parution américaine, en novembre de la même année, que l'ouvrage prit le nom de Moby-Dick; or, The Whale (Moby-Dick ou le Cachalot).
Influences

Melville a été influencé par plusieurs écrivains romantiques (Walter Scott, Washington Irving, Lord Byron, Mary Shelley) dans sa jeunesse. Il souhaitait les imiter dans un livre qui soit captivant et vivant, à la fois sur les plans de l'émotion et de la poésie.

Moby-Dick est paru à un moment crucial de la littérature américaine. En 1850, Nathaniel Hawthorne publiait La Lettre écarlate. Melville et Hawthorne s'étaient liés d'amitié pendant la période d'écriture de Moby Dick. Melville dédiera d'ailleurs son célèbre roman à Nathaniel Hawthorne. L'écrivain Stéphane Lambert a relaté l'histoire de cette amitié et de son influence sur le chef-d'oeuvre de Melville dans son livre Fraternelle Mélancolie. En 1852, Harriet Beecher Stowe publia La Case de l'oncle Tom. En 1947, c'est Albert Camus, avec La Peste, qui s'inspira de Melville.
Résumé
L'itinéraire parcouru par le Péquod.

Attiré par la mer et le large, Ishmaël (en), le narrateur, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Péquod, baleinier commandé par le capitaine Achab. Ismaël se rend vite compte que le bateau ne chasse pas uniquement pour alimenter le marché de la baleine. Achab recherche Moby Dick, un cachalot blanc particulièrement féroce et d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé. Achab emmène son équipage dans un voyage autour du monde à la poursuite du cachalot dont il a juré de se venger. Le Péquod finira par sombrer au large des îles Gilbert en laissant Ismaël seul survivant, flottant sur un cercueil.

Le roman est loin de se réduire à son aspect fictionnel : de nombreux chapitres sont consacrés à décrire minutieusement la technique de la chasse à la baleine ainsi qu'à s'interroger sur la nature (réelle ou symbolique) des cétacés, et peuvent se lire comme une seconde traque, spéculative et métaphysique2.

Dans Moby-Dick, Melville emploie un langage stylisé, symbolique et métaphorique pour explorer de nombreux thèmes complexes qu'il estime universels. À travers le voyage de son personnage principal, les concepts de classe et de statut social, du Bien et du Mal, et de l'existence de Dieu sont tous aussi bien explorés que les interrogations d'Ismaël sur ses convictions et sa place dans l'univers.

Ce livre est souvent considéré comme l'emblème du romantisme américain. Bien que sa première édition n'ait pas soulevé l'enthousiasme de la critique, Moby-Dick est aujourd'hui considéré comme l'un des plus importants romans de langue anglaise. En 1954, dans Ten Novels and Their Authors, l'écrivain britannique William Somerset Maugham a classé Moby Dick parmi les dix plus grands romans.
Thèmes principaux
Le symbolisme
Illustration de Moby-Dick
Question book-4.svg

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2015).

Dans Moby-Dick, le symbolisme est très présent. Melville s'est inspiré de la Bible pour créer ses personnages principaux.

le narrateur : Ismaël, référence au premier fils d'Abraham et de sa servante Agar. Selon la Bible, il sera celui contre qui tous les peuples se seront dressés et qui se sera dressé contre tous. Il sera ainsi rejeté parmi tous les hommes : dans Moby Dick, le personnage fuit la société humaine.
le capitaine Achab ou Ahab. Référence au roi d'Israël, qualifié d'« impie » par la Bible du fait de son mariage avec Jézabel et de l'édification du temple de Baal qu'il a fait construire pour elle. Dans le roman, il est devenu le capitaine tyrannique du Péquod.
Elijah : une variante du nom Élie, célèbre prophète de la Bible et adversaire de la reine Jézabel.

Moby Dick le cachalot blanc. Référence possible au "gros poisson" du 5e petit prophète de la Bible : Jonas, dont la traduction en araméen signifie « Baleine »[réf. nécessaire].

la couleur du cachalot : Moby Dick est blanc (référence première au cachalot Mocha Dick, mais aussi couleur de pureté et d'innocence).

Sur un plan métaphorique, la lutte entre Achab et Moby Dick symbolise celle du Bien contre le Mal. Or, les rapports peuvent s'inverser selon le point de vue soit du capitaine soit du cachalot[réf. nécessaire] Le capitaine Achab est obsédé par Moby Dick non seulement pour la renommée qu'il pourrait en tirer, mais aussi parce qu'il souhaite se venger de l'animal. Ainsi l'orgueil du capitaine, à qui Moby Dick arracha la jambe, et sa quête de vengeance le mèneront à sa perte. C'est donc, métaphoriquement parlant, non seulement la lutte entre le Bien et le Mal, mais aussi la condamnation de l'orgueil et de la vengeance. Finalement, à force d'inverser les rapports, le récit est teinté de gris. En effet, Achab apparaît rapidement comme un capitaine capable, source d'un immense respect de la part de son équipage. Il est presque question d'un homme qui n'a jamais mis pied à terre, qui a mené de nombreuses chasses sur toutes les mers du globe. Pour autant, Achab dévoile très rapidement à son équipage son unique motivation : la mise à mort de ses propres mains du cachalot blanc. Tous le suivent, fascinés par l'horreur que leur évoque la bête. Tout au long du récit le capitaine se décompose physiquement, consumé par le désir de vengeance. Ismaël se rend compte peu à peu de la folie de l'entreprise car elle est gouvernée par un homme fou, et l'on se prend à croire que le réel danger est à bord. On prête à la baleine les traits d'Achab, elle vit exclusivement à travers sa haine, jusqu'à sa rencontre où toute cette violence corrosive éclate enfin. C'est la référence chez Melville au Leviathan biblique, véritable monstre aquatique. Or décrit par périphrase dans l'Ancien Testament, le leviathan n'y représente pas le cachalot mais le redoutable crocodile du Nil. Il n'attaque pas l'homme pour se défendre d'une agression, mais bien pour l'engloutir.
La chasse à la baleine
La lutte finale

Le récit se déroule dans les années 1840. La chasse à la baleine est alors proche de son âge d'or. Les réserves de baleines sont déjà exploitées par les baleiniers hollandais depuis plusieurs décennies au large des côtes européennes, mais elles sont encore abondantes près du continent américain. C'est sur la côte Nord-Est américaine que la pêche à la baleine prend essor de plain-pied, notamment sur l'île de Nantucket au large du Cap Cod. Les Nantuckais, population autochtone de ce banc de sable jeté en mer, ont une culture traditionnellement liée aux cétacés croisant alentour. Depuis le XVIe siècle, les baleines échouées étaient équarries et la précieuse huile extraite directement sur la plage. Reconnaissant le potentiel économique de cette ressource très prisée, les armateurs décidèrent d'aller s'approvisionner directement en mer. À l'époque, l'huile de baleine n'avait pas d'équivalent pour l'éclairage ou la lubrification des machines. Jusqu'à la première exploitation du pétrole en 1859 en Pennsylvanie, le commerce d'huile de cachalot, qui était de loin supérieure à celles que l'on extrayait des autres cétacés, fut incroyablement rentable. La nation en construction s'est alors enrichie sur le compte de la Couronne qui fut son principal client et ces profits ont permis, dans une certaine mesure, à la Nouvelle-Angleterre de s'insurger contre la Grande-Bretagne à partir de 1776 mais aussi d'entamer quelque temps plus tard sa révolution industrielle.[réf. nécessaire]

Parallèlement, l'intensification de la chasse au large du Massachusetts et de la côte Est en général a forcé les baleiniers à repousser les limites de leurs expéditions toujours plus loin pour remplir leurs cales d'huile. D'une durée de quelques jours, les expéditions ont fini par durer des mois, puis des années (en moyenne 3 ans). On retrouve dans la chasse à la baleine le goût de la conquête et de l'exploration, de la liberté d'entreprise qui a fait l'Amérique. La conquête des États-Unis a commencé par la conquête des océans et notamment celui du Pacifique, que l'on connaissait plutôt sur fond de rumeurs et de légendes que par des cartes maritimes bien détaillées. La conquête de l'Ouest, amorcée au début du XIXe siècle, a été en grande partie financée par le commerce de spermaceti. La présence des baleiniers américains dans toutes les mers du monde a été le premier témoignage de la montée en puissance de l'économie américaine, bien avant qu'elle ne devienne un géant politique. Les baleiniers s'étaient équipés de fours en briques dès les années 1800 et étaient devenus de véritables usines en mer, toute la chaîne de production d'huile se faisant à bord : dépeçage, traitement par cuisson et tonnelage. Les baleiniers transformaient en plein océan leur proie en produit fini, prêt à la vente. La baleine morte était pelée comme une orange à l'aide d'un crochet planté dans l'animal et relié au mât principal, celui-ci permettant de la faire rouler sur elle-même et de dérouler l'épaisse couche de graisse de 15 cm d'épaisseur qui l'enveloppait. Les couvertures de graisse étaient ensuite brûlées dans les fours du navire pour en extraire l'huile. Le feu était alimenté par la chair grillée de la baleine, ainsi le cétacé brûlait sur un bûcher alimenté par son propre corps.

L'activité a aussi connu ses lettres de noblesse, les monarques d'Europe du Nord (Angleterre, Islande… ) financent et équipent de nombreux baleiniers afin de ramener du précieux spermaceti pour la production de bougies, savons et autres cosmétiques, de l'ambre gris pour la parfumerie ou encore des os de cachalot dans lesquels sont taillés des objets dont raffole l'aristocratie (cannes, manches et baleines pour ombrelles…). La baleine et, surtout, le cachalot sont considérés comme des poissons royaux.

À l'époque, la question de préservation des espèces ne se pose pas. Dans Moby-Dick cependant, Melville pose déjà la question des conséquences que pourrait avoir la pêche intensive sur la population des cétacés. Il compare la sur-pêche supposée de la baleine avec les grandes battues au buffle organisées dans les plaines de l'Ouest américain. À l'époque, seulement quelques voix s'élevaient pour dénoncer l'impact d'une telle entreprise sur la pérennité de l'espèce.
Les personnages

Les membres de l'équipage du Péquod apparaissent comme autant des peintures détaillées de types et de comportements humains archétypaux ; les critiques ont pu décrire ces personnages du baleinier comme un univers clos et autonome. En effet la chasse à la baleine, au début du XIXe siècle, attirait des hommes de tous les continents et de toutes les classes sociales. Certains venaient y chercher la possibilité de fuir une condamnation et ainsi de se faire oublier pendant quelques années, d'autre recherchaient l'aventure et l'introspection, ou encore comme Melville lui-même n'avaient tout simplement rien qui les retenait à terre. Ainsi, l'équipage du Péquod reflète cette infinie variété d'origines et de destins, de langages et d'idées à laquelle Melville a eu le plaisir de se confronter. L'industrie de la chasse à la baleine était devenue ultra-libérale et complètement déshumanisée, plusieurs centaines de bateaux étant envoyés par-delà les mers pour répondre aux besoins toujours croissant d'une population en pleine explosion démographique. Les matelots qui s'engageaient à bord revenaient souvent à terre avec des dettes contractées au cours du voyage ou au mieux avec quelques sous en poche. Et pourtant, malgré la dégradation des conditions humaines, toujours plus de gens affluaient dans les ports pour pouvoir s'embarquer sur un baleinier. L'aventure de la chasse à la baleine était avant tout une aventure humaine.
Personnages principaux

Ismaël (en) (parfois Ishmael) : unique narrateur du livre, qui commence et finit avec lui. Son nom, tiré de la Bible, symbolise l'orphelin, l'exilé et le marginal qui souhaite fuir la société où il se sent aliéné. Il semble être le témoin silencieux, voix du récit, il n'a aucun contact avec le capitaine Achab. Il participe cependant aux travaux réalisés à bord, occupe différents postes mais toute l'aventure semble se dérouler sans lui une fois monté à bord du Péquod.
Achab (Ahab dans le texte original), tyrannique capitaine du Péquod. Il est cruel, grand et courageux. Il s’est fait arracher la jambe par Moby Dick et depuis lors, ne vit que pour le tuer. Il va entraîner son équipage au péril de leur vies.
Moby Dick : le cachalot blanc, invincible cétacé solitaire.

Les officiers

Starbuck est très courageux. Il est le seul à oser s'opposer au capitaine. Il est Nantuckais et il n'a pas plus de trente ans.
Stubb est nonchalant, ni couard, ni vaillant, très calme.
Flask est un jeune homme rougeaud, court et fort.

Les harponneurs
Queequeg

Queequeg est un cannibale tatoué originaire d'une île de Pacifique Sud et le fidèle ami d'Ismaël (lors d'un « mariage version Queequeg », ils deviennent amis jusqu'à mourir pour sauver la vie de l'autre). Il est le harponneur de Starbuck.
Tashtego est un indien Wampanoag. Il est le harponneur de Stubb.
Daggoo est un africain à la carrure gigantesque (presque 2 mètres). Il est le harponneur de Flask.
Fedallah est un persan zoroastrien. Sa présence était (au début du livre) inconnue des autres marins. Seul le capitaine du bateau, dont il est le harponneur, savait qu'il était à bord. Il est apparu devant les autres lors de la première chasse à la baleine.

Autres personnages

Pip jeune garçon de cabine noir, intelligent et musicien. Après une chute dans l'eau où il manque être abandonné par ses camarades, il perd la raison. Son nom de Pip vient de son surnom pépin.
Gabriel le meilleur jeune homme fou, appelé le pantin, se croyant le prophète des Shakerset ayant embarqué au Jéroboam.
Bulkington marin discret, il est le compagnon de bord d'Ismaël.
Peleg est propriétaire et armateur du Péquod.
Bildad est propriétaire et armateur du Péquod, il se montre relativement avare envers Ismaël lors de son engagement.
Peter Coffin est le propriétaire de l'auberge Au souffle de la baleine à New Bedford.
Mme Hussey est la femme d'Osée Hussey, propriétaire de l'auberge le Tâtes-pots à Nantucket.
Osée Hussey est le cousin de Peter Coffin et le propriétaire de l'auberge le Tâtes-pots à Nantucket, il n'est que mentionné.
Capitaine Boomer est le capitaine du Samuel-Enderby, il a aussi été blessé par Moby Dick, mais au bras, il est anglais. Il apparaît comme une antithèse d'Achab : contrairement à lui, il ne cède pas au désir de vengeance.
Jack Bunger est chirurgien à bord du Samuel-Enderby, il est aussi prêtre, c'est lui qui amputa le capitaine Boomer.
Derick de Beer est capitaine du navire Jungfrau3.
Le capitaine du Rachel qui a perdu plusieurs marins, dont son fils, en affrontant Mobi Dick. Dans l'épilogue, Il repêchera Ismaël

Accueil par les critiques

Alors que Melville considérait Moby Dick comme son chef-d’œuvre, celui-ci fut presque ignoré par la critique littéraire, lors de sa publication. Ce n'est que plus tard, en particulier lors de la célébration du centenaire de la naissance d'Herman Melville, que Moby Dick fut reconnu comme un des monuments de la littérature américaine.

Pendant longtemps, la critique a pensé que le cachalot blanc n'existait que dans l'imagination de l'auteur. Le 21 août 1952, l'Anglo-Norse, navire-usine baleinier, capturait un cachalot de 55 tonnes de couleur blanche, dont la mâchoire était recourbée en faucille4.
Éditions en français

En France, le roman paraît pour la première fois en 1928 sous le titre Le Cachalot blanc aux éditions Gedalge, dans une traduction de Marguerite Gay.
Traductions intégrales

Il existe cinq versions de Moby-Dick en français :

1941 : traduction de Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono, Gallimard. Cette version est la plus répandue.[réf. nécessaire]

1954 : traduction d'Armel Guerne, Éditions du Sagittaire ; rééd. Club Français du Livre en 1955 (tirage limité à 5000 ex.) et 1964 (tirage limité à 7500 ex.), 962 p. Rééditions : Pocket en 1981, 1987, 1999 ; Phébus en 2005, 2007, 2011.

1967 : traduction de Georges Saint-Marnier, Éditions Walter Beckers, Kapellen-Anvers, en 2 vol.

1970 : traduction de Henriette Guex-Rolle, Garnier-Flammarion, chronologie et préface par Robert Silhol, collection GF, no 236. Réédition, traduction introduction, notes, glossaire, chronologie et bibliographie par la traductrice, illus. bois originaux par Hélène Abplanalp, Édito-Service, Genève, collection Les Classiques Immortels, 560 p, 1970 ; rééd. cercle du bibliophile, collection Les livres qui ont fait le monde, 1970 ; rééd., introduction, bibliographie et chronologie par Jeanne-Marie Santraud, coll. « GF », no 546, Flammarion, 1989, 1998, 2012.

2006 : traduction de Philippe Jaworski, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.

À titre d’exemple, voici comment sont traduites, selon ces cinq versions, les deux premières phrases du roman, « Call me Ishmael. Some years ago — never mind how long precisely — having little or no money in my purse, and nothing particular to interest me on shore, I thought I would sail about a little and see the watery part of the world. »

Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono : « Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau. »
Armel Guerne : « Appelons-moi Ismahel. Il y a quelque temps — le nombre exact des années n'a aucune importance —, n'ayant que peu ou point d'argent en poche, et rien qui me retînt spécialement à terre, l'idée me vint et l'envie me prit de naviguer quelque peu et de m'en aller visitant les étendues marines de ce monde. »
Georges Saint-Marnier : « Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela — peu importe le nombre exact — ayant peu ou prou d'argent en poche, et rien ne me retenant à terre, je décidai de naviguer un peu pour voir l'étendue océanique du globe. »
Henriette Guex-Rolle : « Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années — peu importe combien — le porte-monnaie vide ou presque, rien ne me retenant à terre, je songeai à naviguer un peu et à voir l'étendue liquide du globe. »
Philippe Jaworski : « Appelez-moi Ismaël. Il y quelques années de cela — peu importe combien exactement — comme j'avais la bourse vide, ou presque, et que rien d'intéressant ne me retenait à terre, l'idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. »

Traductions partielles et adaptations littéraires

Parmi les nombreuses traductions partielles ou adaptations littéraires, notamment pour la jeunesse, les deux suivantes méritent d’être signalées :

Adaptation par Marguerite Gay, Le Cachalot blanc, collection « Aurore pour la jeunesse », librairie Gedalge, 1928 ; réédité sous le titre "Moby Dick", 1942. Cette adaptation du roman de Melville en est une réduction, le nombre de chapitres (hors épilogue) étant ramené de 135 à 31.
Une traduction complète en français entreprise par Théo Varlet a probablement été achevée 5. Elle n’aurait pas été publiée, mis à part un extrait, Une nuit à l'Hôtel de la Baleine, qui a donné lieu à une prépublication dans Le Crapouillot, septembre 1931, p. 21-35, qui annonce une parution prochaine aux Éditions du Bélier6

Adaptations
Adaptations cinématographiques

1926 : Moby Dick (The Sea Beast), film muet de 1h40 réalisé par Millard Webb, dans lequel John Barrymore interprète un Achab héroïque entouré d'une fiancée et d'un frère diabolique7.

1930 : Jim le harponneur de Lloyd Bacon. John Barrymore réendosse le rôle de Achab. Dans cette version parlante de 80 minutes, le capitaine du Péquod finit par tuer la baleine et rentre chez lui retrouver la femme qu'il aime (jouée par Joan Bennett. À noter que la Warner Bros. produit simultanément une version germanophone, Damon des Meeres, réalisée par Michael Curtiz, avec William Dieterle dans le rôle d'Achab8.

1956 : Moby Dick, la version la plus connue. Elle dure 116 minutes. Réalisée par John Huston sur un scénario de l'écrivain Ray Bradbury, on y voit Gregory Peck dans le rôle du capitaine Achab, et Orson Welles dans le second rôle de Mapple9. Cinq années de préparation furent nécessaires avant de porter ce chef-d'œuvre à l'écran.

1965 : Aux postes de combat (The Bedford incident) de James B. Harris avec Richard Widmark et Sidney Poitier. Adaptation libre inspirée d'un roman de Mark Rascovich (lui-même inspiré de Moby Dick), le film retrace l'histoire d'un sous-marin soviétique (Moby Dick) poursuivi par un navire de l'US Navy.

1978 : Moby Dick de Paul Stanley10, dans lequel l'acteur Jack Aranson interprète plusieurs rôles : Achab, Starbuck, Ishmael et Mapple.

2003 et 2007 : Philippe Ramos fait une adaptation du roman dans un court métrage (2003) puis un long métrage (2007) Capitaine Achab.

2010 : 2010: Moby Dick. Cette adaptation, bien que reprenant l'intrigue de la chasse à la baleine par un Achab ivre de vengeance, est transposée dans un contexte moderne (le Péquod devient un sous-marin ultra-moderne) et laisse de côté la partie philosophique du roman ainsi que quelques autres éléments (Ishmael est remplacé par une biologiste, Michelle Herman).

2011 : Age of the Dragons de Ryan Little, avec Danny Glover dans le rôle d'Ahab. L'action se situe dans un Moyen Âge fictif, Moby Dick étant remplacé par un grand dragon blanc. Le Péquod étant un bateau sur roue & Ishmael, un harponneur de dragon.

2015 : Au cœur de l'océan réalisé par Ron Howard, adaptation cinématographique du livre homonyme de Nathaniel Philbrick, qui narre le naufrage du baleinier Essex en 1820, histoire qui a inspiré Herman Melville pour son roman Moby Dick.

Adaptations télévisées

1998 : Moby Dick, mini-série en 3 épisodes. Le réalisateur est Franc Roddam et le producteur exécutif est Francis Ford Coppola. Patrick Stewart joue le rôle d'Achab succédant à Gregory Peck, lequel reprend le rôle de Mapple joué par Orson Welles. Cette prestation vaudra a Gregory Peck de remporter le Golden Globe Award du meilleur second rôle dans un téléfilm en 199911.

2010 : Moby Dick, téléfilm austro-allemand de 120 minutes, réalisé par Mike Barker, avec William Hurt dans le rôle du capitaine Achab.

Adaptations en dessins animés

1967 : Les Aventures de Moby Dick, série télévisée d'animation américaine de 18 épisodes de 7 minutes, produite par Hanna-Barbera productions.

2005 : Moby Dick et le Secret de Mu, série télévisée d'animation franco-luxembourgeois de 26 épisodes de 27 minutes, produite par LuxAnimation, Carrere Group et TF1. Série créée par Éric-Paul Marais (textes) et Philippe Duchêne (dessins).

1984 : Le Secret de Moby Dick (Samson og Sally) ou Samson et Sally au Canada, est un film d'animation danois réalisé par Jannik Hastrup, sorti en octobre 1984 au Danemark.

Adaptations en bande dessinée

1983 : Moby Dick par Paul Gillon (dessin) et Jean Ollivier aux éditions Hachette.
1998 : Moby Dick, scénario et dessin de Will Eisner.
2002 : Leviatan, troisième album de la série Lorna, scénario et dessin d'Alfonso Azpiri, aux éditions Albin Michel. Version assez lointaine, futuriste et sexy/sexiste de l'histoire originale.
2005 : Moby Dick, scénario de Jean-Pierre Pécau, dessin de Željko Pahek. C'est une transposition futuriste du roman de Melville. Série en deux tomes parus en 2005 aux éditions Delcourt.
2007 : Moby Dick, scénario de Jean Rouaud, dessin de Denis Deprez aux éditions Casterman. Jean Rouaud fait du capitaine Achab, une sorte de Don Quichotte des mers animé par sa quête obsessionnelle.
2007 - 2011 : Achab, série en 4 tomes de Patrick Mallet (scénario et dessin) aux éditions Milan puis Glénat. Elle raconte l'enfance du futur capitaine du Péquod.
2014 : une adaptation en bande dessinée du célèbre roman est publiée par Christophe Chabouté aux éditions Vents d'Ouest. Il s'agit d'une bande dessinée en noir et blanc en deux parties.
2014 Moby Dick, par Pierre Alary (dessin) et Olivier Jouvray (scénario) aux éditions Soleil dans la collection Noctambule.

Mentions de Moby Dick dans d'autres œuvres

Moby Dick est le gigantesque navire de Barbe Blanche du manga One Piece.
Moby Dick, ainsi qu'Achab, font une brève apparition dans le film Richard au pays des livres magiques, sorti en 1994.
L'une des aventures de Tom et Jerry est intitulée Dicky Moe en référence à ce livre.

Adaptations en d'autres livres

En 1992, Ray Bradbury en tire un nouveau roman, La Baleine de Dublin.
En 2004, Moby Dick d'après Herman Melville, illustré par Jame's Prunier, éd. Milan jeunesse
En 2010, Emoji Dick [archive], traduction en émoticônes japonais, les emoji. Réalisé par huit cent personnes via le Turc mécanique d'Amazon, compilé par Fred Benenson, puis imprimé par financement communautaire.

Adaptations en théâtre et musique

Moby Dick, cantate de Bernard Herrmann, 1936-193812.
Orson Welles a écrit et monté en 1955 un Moby Dick Rehearsed (Moby Dick en répétition) à Londres. Des acteurs sont engagés par un metteur en scène tyrannique pour répéter le Roi Lear de Shakespeare. Le tyran arrive, il change de projet, ayant décidé de monter Moby Dick. Les acteurs, bon gré mal gré, vont répéter sans décor ni costumes. Wells joue à la fois le metteur en scène, Achab et le sermon du père Mapple.
Un opéra Moby-Dick de Jake Heggie créé à l'opéra de Dallas.
Le groupe américain de metal Mastodon sort en 2004 l'album-concept Leviathan centré sur la créature Moby Dick.
Le groupe allemand de doom metal Ahab sort en 2006 l'album-concept The Call Of The Wretched Sea centré sur la créature Moby Dick.
Moby Dick est le titre d'un morceau instrumental du groupe anglais Led Zeppelin paru en 1969 sur l'album Led Zeppelin II.
Demain, Moby Dick de Marie Laforêt, chanson qui fait référence au "cachalot blanc" mais sans jamais le nommer malgré le titre.
Moby Dick, de Nino Ferrer, 1973.
Moby Dick, pièce de théâtre : texte adapté par Bryan Perro et Dominic Champagne, mise en scène Dominic Champagne. 2015.

Adaptations en disque pour la jeunesse

Moby Dick, par François Périer, Jean Davy, Trio d'ondes de Paris. 1956.

Références

Dans La Disparition de Georges Perec, au chapitre VIII, Anton Voyl résume l'histoire de Moby Dick dans son journal. L'extrait se clôt sur un jeu d'homophonie "Ah Moby Dick ! Ah maudit Bic !"
Dans son livre Fraternelle mélancolie, l'écrivain Stéphane Lambert relate l'amitié entre Herman Melville et Nathaniel Hawthorne. Née pendant la période d'écriture de Moby Dick, cette relation d'amitié passionnelle eut une véritable influence sur la forme et le contenu du chef-d'oeuvre de Melville.
Dans Mon Michaël d'Amos Oz, Hanna évoque Moby Dick à plusieurs reprises dans ses rêves fantastiques.
Dans le livre Matilda, Moby Dick est cité parmi les nombreux livres que l'héroïne lit.
Dans le film Matilda de 1996, Matilda lit Moby Dick de Herman Melville que son père déchire. Dans la scène de fermeture, elle lit à sa mère adoptive la phrase d'ouverture : « Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années - peu importe combien… »
Dans la série X-Files : Aux frontières du réel, Dana Scully dit à Fox Mulder que son père l'appelait Starbuck, en raison de son caractère bien trempé. Le côté tenace de son père lui fit adopter le surnom d'Achab. Et pendant la saison 3, Scully s'occupe d'un chien qu'elle appelle Queequeg (qui a dévoré le cadavre de son ancienne propriétaire dans l'épisode Voyance par procuration, et ironie du sort, finira dans le ventre d'un monstre marin). Scully explique dans un épisode (Les Dents du lac, saison 3) que sa famille adore Moby Dick.
Dans le dessin animé Daria, les personnages mentionnent plusieurs fois Moby Dick. Par exemple, dans l'épisode 3 de la saison 1, Daria corrige le devoir d'une étudiante sur Moby Dick.
Dans la série Les Simpson (saison 15, épisode 10), Marge écrit un roman s'inspirant fortement du roman Moby Dick.
Dans le manga One Piece, Moby Dick est le navire principal de l'Équipage de Barbe Blanche.
Dans le film Zelig (Woody Allen), la maladie du héros éponyme a pour origine sa peur sociale d'avouer à ces camarades de classe qu'il n'a pas lu Moby Dick.
Dans la série de comics Bone (Jeff Smith), le récit est émaillé de multiples références à Moby Dick, qui est le livre fétiche du héros Fone Bone.
Dans la série Dr House, saison 2, épisode 17, le personnage de Wilson compare l'obsession du personnage de House à vouloir confirmer le diagnostic d'une patiente morte depuis 12 ans à l'obsession d'Achab dans Moby Dick
Dans les jeux vidéo Skies of Arcadia et Skies of Arcadia Legend, le personnage de Drachma cherche à se venger de la baleine Rhaknam responsable de la perte de son bras droit, son œil droit et de son fils unique. L'histoire de Moby Dick joue ici le rôle d'une matrice mythologique interprétable à l'infini (de même que les mythes de Don Juan ou d'Oreste).
Dans le film Star Trek : Premier Contact, le personnage de Lily compare le capitaine Picard à Achab dans son esprit de vengeance contre les Borgs.
Dans l'épisode 14 de la saison 5 de la série Star Trek Voyager, l'équipage affronte une créature comparable à Moby Dick, et rencontre un personnage aux motivations semblables au capitaine Achab, la référence est faite au roman durant l'épisode.
Dans le troisième tome de la série de bande-dessinée Lanfeust des Étoiles, une partie de l'intrigue est une adaptation, à la sauce Arleston, du roman Moby Dick.
Dans le jeu vidéo Metal Gear Solid V: The Phantom Pain, le protagoniste (Venom Snake) est durant le prologue connu sous le nom de code Ahab, tandis que son mystérieux protecteur se nomme Ishmael. L'hélicoptère servant de Centre d'Opération Mobile au protagoniste est nommé Pequod, un second s'identifiera Queequeg. De nombreux thèmes de Moby Dick sont également explorés à travers la narration du jeu.
Dans le film Le Garçon et la Bête de Mamoru Hosoda, Moby Dick apparaît comme une invocation spectrale de l'antagoniste.
Dans le jeu vidéo Crysis Warhead, la première mission porte le nom de "Call me Ishmael".
Dans le jeu vidéo Divinity Original Sin, un coquillage parlant nommé Ishmashell, contraction de Ishmael et "shell" (coquillage en anglais) propose une quête. Il engage la conversation par la phrase "Call me Ishmashell, son of the sea".
Matt Groening revisite le roman dans un épisode de la série TV d'animation Futurama intitulé Möbius dick.

Notes et références

↑ le titre du roman prend traditionnellement le trait d'union, contrairement au nom du cachalot.
↑ Philippe Jaworski, « Note sur la traduction [de Moby-Dick] », dans Hermann Melville, Œuvres, vol. III, Moby-Dick – Pierre ou Les Ambiguïtés, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 525), 21 septembre 2006, 1456 p. (ISBN 2-07-011845-2 et 978-2-07-011845-8, notice BnF no FRBNF40238779), p. 1161
↑ Le navire qui vient de Brême a un nom allemand, Jungfrau (La Jeune Fille) que Melville rend par The Virgin (La Vierge), Philippe Jaworski par « La Pucelle », Henriette Guex-Rolle et Armel Guerne par « La Vierge ».
↑ Cité en note, p. 330 par Armel Guerne, traducteur de Moby Dick, Club français du livre, 1955
↑ Félix Lagalaure, Théo Varlet (1878-1938). Sa vie, son œuvre, Paris, Publications de L'Amitié par le Livre, 1939.
↑ Extrait [archive] sur Wikisource
↑ The Sea Beast (1926) [archive] sur IMDb. Consultée le 21 janvier 2007
↑ Moby Dick (1930) [archive] sur IMDb. Consultée le 21 janvier 2007
↑ Moby Dick (1956) [archive] sur IMDb. Consultée le 20 janvier 2006
↑ Carrière de cet homonyme d'un chanteur sur le IMDb [archive].
↑ Moby Dick (1978) [archive] sur IMDb. Consultée le 21 janvier 2007
↑ Source : Le Monde, 31 décembre 2011, p. 23.

Voir aussi
Articles connexes

Livyatan, cachalot du Miocène dont un fossile a été découvert en 2008 au Pérou.
Cétologie

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Moby Dick, sur Wikiquote

E.-D. Forgues, Moby Dick, la chasse à la baleine, scènes de mer, article paru dans la Revue des deux Mondes, 1853, premier trimestre, p. 491-515. Texte sur gallica [archive]
Maurice Blanchot, « Le secret de Melville », Journal des débats politiques et littéraires, sept. 1941 (consultable sur [1] [archive]Gallica [archive]).
Site évoquant l'adaptation de Marguerite Gay [archive]

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Auteur Herman Melville
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman d'aventure psychologique
Version originale
Langue Anglais
Titre Moby-Dick; or, The Whale
Éditeur Richard Bentley
Lieu de parution Londres
Date de parution 1851
Version française
Traducteur Marguerite Gay
Éditeur Gedalge
Date de parution 1928
Illustrateur Henry Castaing

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MessageSujet: Re: Le Hussard sur le toit, Liyon, Moby Dick, Poësie et Y'becca.   Lun 5 Fév à 9:38

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Le francoprovençal ou arpitan est une langue romane parlée en France, en Suisse et en Italie. C’est l’une des trois langues distinctes du groupe linguistique gallo-roman.

Le francoprovençal comporte des caractères propres qui en font une langue considérée comme distincte par la linguistique contemporaine. Il présente néanmoins également certains traits communs avec la langue d'oïl et avec l’occitan, et intègre des influences des langues germaniques et italo-romanes.

Longtemps délaissé ou combattu par les pouvoirs publics, n'ayant eu un caractère officiel que très rarement au cours de son histoire, le francoprovençal est menacé mais connait aujourd’hui un léger regain d’intérêt, porté notamment par des fédérations associatives.

Francoprovençal
patouès, francoprovençâl, arpitan, arpetan1
Pays France, Italie, Suisse
Région Bresse, Bourgogne du Sud, Bugey, Dauphiné, Forez, Franche-Comté, Lyonnais, Savoie, Suisse romande (except. Jura), Piémont (vallées arpitanes), Pouilles (seulement 2 communes), Vallée d’Aoste
Nombre de locuteurs Total : 140 000 (1988)
dont dans l’Ain : 15 000
dont en Isère : 2 000
dont dans le Jura et le Doubs : 2 000
dont dans la Loire : 5 000
dont dans le Rhône : 1 000
dont en Savoie : 35 0002
dont en Vallée d'Aoste : 61 822 (2003)3
dont en Italie : 70 000 (1971)4
dont en Suisse : 7 000 (1995)4
Typologie syllabique
Classification par famille

- langues indo-européennes
- langues romanes
- langues gallo-romanes
- francoprovençal

Statut officiel
Langue officielle Quelques communes du Piémont ayant opté pour la coofficialité avec l’italien, et admise langue régionale de la région Auvergne-Rhône-Alpes5,6.
Codes de langue
ISO 639-2 roa7
ISO 639-3 frp [archive]
Étendue langue individuelle
Type langue vivante
IETF frp
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme

Francoprovençal (norme ORB)
Articllo premiér (1)

Tuis los étres humens nêssont libros et pariérs en dignitât et en drêts. Ils ant rêson et conscience et dêvont ag·ir los yons devérs les ôtros dens un èsprit de fratèrnitât.

One Of These Days.
https://www.youtube.com/watch?v=48PJGVf4xqk

Titre : À M. Le cardinal de Richelieu (I)
Poète : François de Malherbe (1555-1628)

Recueil : Poésies livre I.

Fragments d'une ode.
1623 ou 1624.

Grand et grand prince de l'église,
Richelieu, jusques à la mort,
Quelque chemin que l'homme élise,
Il est à la merci du sort.
Nos jours filés de toutes soies
Ont des ennuis comme des joies ;
Et de ce mélange divers
Se composent nos destinées,
Comme on voit le cours des années
Composé d'étés et d'hivers.

Tantôt une molle bonace
Nous laisse jouer sur les flots ;
Tantôt un péril nous menace,
Plus grand que l'art des matelots :
Et cette sagesse profonde
Qui donne aux fortunes du monde
Leur fatale nécessité
N'a fait loi qui moins se révoque
Que celle du flux réciproque
De l'heure et de l'adversité.

François de Malherbe.

ET

Titre : À ma sœur
Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

Recueil : Stances et poèmes (1865).

Ces vers que toi seule aurais lus,
L'œil des indifférents les tente ;
Sans gagner un ami de plus
J'ai donc trahi ma confidente.

Enfant, je t'ai dit qui j'aimais,
Tu sais le nom de la première ;
Sa grâce ne mourra jamais
Dans mes yeux qu'avec la lumière.

Ah ! si les jeunes gens sont fous,
Leur enthousiasme s'expie ;
On se meurtrit bien les genoux
Quand on veut saluer la vie.

J'ai cru dissiper cet amour ;
Voici qu'il retombe en rosée,
Et je sens son muet retour
Où chaque larme s'est posée.

René-François Sully Prudhomme.

Dénominations de la langue
Franco-provençal, francoprovençal

La création de l’expression franco-provençal est due au linguiste italien Graziadio Isaia Ascoli en 1873 :

« J’appelle franco-provençal un type linguistique qui réunit, en plus de quelques caractères qui lui sont propres, d’autres caractères dont une partie lui est commune avec le français (un des dialectes de langues d’oïl8) et dont une autre lui est commune avec le provençal, et qui ne provient pas d’une tardive confluence d’éléments divers, mais au contraire atteste de sa propre indépendance historique, peu différente de celle par lesquelles se distinguent entre eux les autres principaux types romans. »

— Graziadio Isaia Ascoli

Ce mot est désormais écrit en un seul mot, sans trait d’union, afin d’éviter la confusion et de souligner le caractère indépendant de cette langue. Le terme « provençal », au moment où Ascoli écrit ces lignes, ne se réfère pas uniquement à la langue de la Provence, mais à l’intégralité de la langue occitane. En effet, l’occitan, avant d’obtenir son nom de baptême définitif, en a reçu plusieurs, chronologiquement « limousin », puis « provençal ».

La suppression du trait d’union, proposé au Colloque de dialectologie francoprovençale de 1969 à l’université de Neuchâtel9, traduit lexicalement la volonté de créer une identité propre et plus marquée ; elle vise également à éviter de suggérer que la langue se borne à une simple juxtaposition d’éléments d’oïl et d’oc.

C'est sous cette dénomination que cette langue est officiellement reconnue10,11.
Romand

Le terme romand pour nommer le francoprovençal est attesté depuis le XVe siècle (dans un document fribourgeois de 1424 qui autorise les notaires à « faire lettres en teif [= allemand] et en rommant ») ; il est fréquent dans des documents vaudois et fribourgeois des XVIIe et XVIIIe siècles. Il est encore attesté à Genève au XIXe siècle, mais il n’a jamais dépassé les frontières de l’actuelle Suisse romande.
Arpitan

Les termes arpitan et arpian qui signifient montagnard pour le premier, berger pour le deuxième12, ont été repris au début des années 1970 pour répondre au besoin de lever la confusion générée par le terme francoprovençal. La forme particulière arpitan a été choisie pour sa ressemblance avec le nom de la seconde grande langue gallo-romane, l’occitan. Littéralement, arpian ou arpitan, signifie donc « le montagnard, le berger ». Arpitan est formé à partir de la racine pré-indo-européenne alp-13, dans sa variante dialectale moderne arp- ; en francoprovençal, ce mot ne désigne pas la « montagne », une « forme de relief élevé », comme on le croit communément, mais les « pâturages de montagne où les troupeaux sont conduits et passent l’été »14 (voir alpage). Cette racine est présente dans de nombreux noms de lieux, tant en Haute-Provence (Arpasse, Arpette, Arpillon…), qu’en Dauphiné (Arp, Arpion, Arpisson, Aup…), Savoie (Arpettaz, Arpeyron, Arpiane…), Valais (Arpette, Arpache, Arpitetta…) et en Vallée d'Aoste (Arp, Arnouvaz, Arpet, Arpetta, Arpettaz…). On retrouve cette racine ou ses variantes en Lombardie, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.

À partir de 1974, et jusqu’au début des années 1980, un équivalent orthographié harpitan est utilisé par le mouvement socio-culturel et politique valdôtain Movement Harpitanya. Politiquement de gauche, le Mouvement prône la « libération nationale et sociale de l’Harpitanie » par la création d'une fédération arpitane à cheval sur les Alpes, englobant la Vallée d'Aoste, la Savoie, les vallées arpitanes piémontaises et le Valais occidental15,16.

Dans l'intervalle, et en tout cas dès la création de l'Alliance culturelle arpitane (ACA) en 2004, le terme arpitan, sans 'h' initial, désigne le francoprovençal sans revendication politique, de manière politiquement neutre. Sur son site officiel, l'ACA, qui promeut le terme arpitan, déclare ainsi expressément qu'elle est une « association politiquement neutre »17, ce que confirme la directrice du Centre d'études francoprovençales, Christiane Dunoyer : « Il n’y a pas eu une filiation directe, il n’y a pas eu d’institutions ou des personnes qui aient revendiqué cet héritage d’une manière consciente et officielle. Mais il est certain que cela a contribué à faire évoluer les consciences et à faire en sorte que certaines idées progressent. Il y a par exemple une homonymie entre Harpitanya d’il y a quarante ans et un mouvement éminemment culturel qui existe de nos jours. Il rassemble des jeunes gens de Suisse, de Savoie, du Lyonnais, etc. et qui communiquent surtout par le biais des nouvelles technologies et ils portent de l’avant un projet culturel commun18. »

Jusque-là peu usité dans les publications de la recherche universitaire francophone, arpitan est reconnu dans la terminologie universitaire comme un synonyme de francoprovençal, puisque le SUDOC19 (Système universitaire de documentation), système de référence, l’a indexé comme tel. En revanche, le terme commence à être utilisé dans la littérature universitaire des chercheurs internationaux et dans la littérature des spécialistes locaux20. Il est aujourd’hui en usage dans certaines associations de locuteurs, notamment l’Association des enseignants de savoyard (AES), présidée par Marc Bron, et pour qui la dénomination franco-provençal « est malheureuse, car elle laisse un parfum d’inachevé, d’amalgame entre oc et oïl, alors qu’elle n’est ni d’oc, ni d’oïl. Que dirait-on si l’on avait appelé l’occitan le franco-espagnol, le franco-italien ou le franco-corse ? Cela n’aurait manifestement pas été sérieux. Cela ne l’est pas d’avantage concernant le savoyard21.» La Fédération internationale de l'arpitan (ACA)22, implantée à Saint-Étienne, Sciez et Lausanne, souhaite « rendre visible l’arpitan sur la place publique », promeut l’utilisation d’une orthographe unifiée (l’orthographe de référence B) et le mot arpitan, estimant que le mot-valise francoprovençal prête à confusion23, entravant ainsi ses chances de reconnaissance officielle en tant que langue minoritaire (en France notamment24). La linguiste Claudine Brohy, de l'institut de plurilinguisme de l'université de Fribourg, note que ce néologisme est « de plus en plus utilisé »25.
Aire de diffusion du francoprovençal
FRP-Map4.png
L’aire francoprovençale26.
Les régions historiques de l’aire linguistique francoprovençale, avec toponymie en francoprovençal.

L’aire francoprovençale, parfois appelée Arpitanie27, est délimitée, inclusivement, par les régions listées ci-dessous.
France

La majeure partie de l'ancienne région Rhône-Alpes, soit : toute la Savoie (Savoie propre, Maurienne, Tarentaise, Genevois, Chablais et Faucigny), le Forez (département de la Loire), la Bresse, la Dombes, le Revermont, le Pays de Gex, le Bugey, l’agglomération de Lyon, le Nord-Dauphiné, et une partie de la Franche-Comté, de la Saône-et-Loire et de la Montagne bourbonnaise dans l'Allier.

Note : seule la partie nord du Dauphiné est dans la zone francoprovençale. Les départements de la Drôme et des Hautes-Alpes sont occitans (sauf le nord de la Drôme). La majeure partie de l’Isère est francoprovençale mais certaines zones de son Sud sont occitanes. Une description extrêmement précise de la frontière entre occitan et francoprovençal est décrite avec une carte par Gaston Tuaillon en 196428.

Selon la dialectologue Colette Dondaine29, il est vraisemblable qu’à l’origine (avant l’apparition des premiers textes littéraires), l’actuelle Franche-Comté, jusqu’aux pieds des Vosges, faisait également partie de l’espace francoprovençal.

Italie

La Vallée d'Aoste, à l’exception des communes Walser de Gressoney-Saint-Jean, Gressoney-La-Trinité et Issime, dans la Vallée du Lys
Les hautes vallées piémontaises dans les communes suivantes :

Ala di Stura, Almese/Almesé, Alpette/L'Alpette, Avigliana/Veillane, Balme/Barmes, Borgone di Susa/Bourgon, Bruzolo/Brusol de Suse, Bussoleno/Bussolin, Cantoira/Cantoire, Caprie, Carema/Carême, Castagnole Piemonte/Chassagne du Piémont, Ceres/Cérès, Ceresole Reale/Cérisoles, Chialamberto/Chalambert, Chianocco/Chanoux, Chiusa di San Michele/L’Écluse, Coassolo Torinese/Coisseuil, Coazze/Couasse, Condove/Condoue, Corio/Cory , Frassinetto/Frassinet, Germagnano/Saint-Germain, Giaglione/Jaillons, Giaveno/Javein, Gravere/Gravière, Groscavallo/Groscaval, Ingria/L'Ingrie, Lanzo Torinese/Lans-L’Hermitage, Lemie, Locana/Locane, Mattie/Mathie, Meana di Susa/Méans, Mezzenile/Mesnil, Mompantero/Montpantier, Moncalieri/Moncallier, Monastero di Lanzo/Moutiers, Moncenisio/Montcenis, Noasca/Novasque, Novalesa/Novalaise, Pessinetto/Pessinet, Pont-Canavese/Pont-en-Canavais, Quincinetto/Quincinet, Ribordone/Ribardon, Ronco Canavese/Ronc, Rubiana/Rubiane, San Didero/Saint Didier, San Giorio di Susa/Saint-Joire, Sant’Ambrogio di Torino/Saint-Ambroise, Sant’Antonino di Susa/Saint-Antonin, Sparone/Esparon, Susa/Suse, Traversella/Traverselle, Traves/Travey, Usseglio/Ussel, Vaie/Vaye, Valchiusella/Chausselle, Valgioie/Valjoie, Valprato Soana/Valpré, Venaus/Vénaux, Villar Dora/Villar d'Almesé, Villar Focchiardo/Villar-Fouchard, Viù/Vieu. Plus une partie de la commune de Trana et le hameau de Grandubbione

Deux enclaves dans les Pouilles sont dues à l’émigration de locuteurs au XIVe siècle : Faeto/Fayet et Celle di San Vito/Cèles de Sant Vuite.

Note : Les vallées plus méridionales (Haute vallée de Suse, Val du Cluson…) du Piémont parlent l’occitan.
Suisse

Tout l’espace romand (à l’exception du canton du Jura et du district de Moutier (canton de Berne), qui font partie des parlers d’oïl).

Historique
Les substrats pré-celtique et celtique

La définition historique des origines du francoprovençal reste naturellement délicate[réf. nécessaire].

L’héritage linguistique primitif30 se limite à la toponymie et à l’hydronymie comme Arrondine, Arve, Alpes, Truc, Bec. Le mot chalet (popularisé par Jean-Jacques Rousseau) dérive également d’une hypothétique racine préceltique (ou « ligure ») cal- signifiant « abri ». Il est à noter que le francoprovençal ORB souta (localement orthographié chotta, chota ou cheûta) signifiant aussi abri provient du latin populaire *susta (du verbe latin « substare » qui signifie « se tenir dessous »)31.

À la période de La Tène, des tribus celtes (Allobroges, Ceutrons en Val d’Isère ; Salasses en Vallée d’Aoste ; Helvètes, Séquanes et Allobroges dans l’actuelle Suisse romande) se fixent dans la zone. Leur influence demeure perceptible isolément dans le lexique commun avec les mots méleze (*melatia), nant (*nantu, vallée), balme (*balma, trou).
L'origine burgonde et latine

L'origine latine de la langue francoprovençale, dont il dérive majoritairement, est démontrée dès sa définition par Graziadio Isaia Ascoli. Plusieurs romanistes comme Walter von Wartburg (1946) et Pierre Bec (1971) estiment que le francoprovençal constituerait la première branche divergente du groupe des parlers d’oïl32 et ce dernier situe cette divergence aux alentours du VIIIe ou IXe siècle. Le bloc d’oïl de l’ouest aurait continué à évoluer et le francoprovençal aurait fait preuve d’un conservatisme marqué.

Pourtant, des recherches récentes33 démontrent que le francoprovençal n’est pas une branche archaïque de la langue d'oïl, mais une langue romane indépendante, aussi ancienne que les autres langues gallo-romanes. Les premières caractéristiques de cette langue sont en effet attestées dans des inscriptions monétaires mérovingiennes de la fin du VIe siècle. L'analyse des traits majeurs de phonétique historique qui ont permis de l'identifier correspondent d'ailleurs exactement aux limite du royaume Burgondes d'avant 469 (avant les conquêtes effectuées sous le régime mérovingien)32, ce fait est aussi étayé par l'aire du vocabulaire d'origine burgonde qui respecte ces frontières32. Walther von Wartburg indique à ce sujet que la déformation des voyelles ĕ et ŏ est une trace d'une forte influence de la langue burgonde en tant que substrat phonétique32.

Le fait que la région est devenue tardivement française explique en partie cette distinction vis-à-vis des langues d'oïl. Mais dès le Moyen Âge [C'est-à-dire ?], ces deux régions échangent beaucoup et s'influencent entre elles linguistiquement32. D'ailleurs, la langue moderne continue à recourir à des termes médiévaux pour certains actes courants (bayâ pour donner, pâta pour chiffon, s’moussâ pour se coucher, etc.). Désormaux écrit à ce sujet dans la préface du Dictionnaire savoyard : « Le caractère archaïque des patois savoyards est frappant. On peut le constater non seulement dans la phonétique et dans la morphologie, mais aussi dans le vocabulaire, où l’on retrouve nombre de mots et de sens disparus dans le français propre. […] ». En outre, le francoprovençal partage certaines évolutions phonétiques primitives avec la langue d’oïl, mais non les plus récentes. En revanche, certains traits le rattachent à l’occitan (voir le chapitre Morphologie).
Littérature

Cette langue n’a jamais pu s’élever au niveau de ses trois grandes voisines d’oïl, d’oc et « de sì » (italien). Le morcellement politique (découpage entre la France, la Suisse, la Savoie/Sardaigne, le Piémont) et géographique, ainsi que l’abandon, dans les grands centres urbains comme Lyon, Grenoble ou Genève, du parler vernaculaire en faveur de la langue d’oïl véhiculaire, expliquent la faiblesse du corpus littéraire existant. Les premières traces écrites remontent au XIIe siècle et XIIIe siècle dont un long texte du XIIIe siècle écrit en dialecte lyonnais, la Vie de sainte Béatrice d’Ornacieux, dû à Marguerite d’Oingt (et non de Duingt, comme l’a cru malencontreusement Champollion), dont voici un extrait :

« § 112 : Quant vit co li diz vicayros que ay o coventavet fayre, ce alyet cela part et en ot mout de dongiers et de travayl, ancis que cil qui gardont lo lua d’Emuet li volissant layssyer co que il demandavet et que li evesques de Valenci o volit commandar. Totes veys yses com Deus o aveyt ordonat oy se fit. »

Au XIVe siècle, la ville de Fribourg (Suisse) fait du francoprovençal sa « langue nationale » sous une forme que la recherche moderne appelle scripta para-francoprovençale34. Les procès-verbaux des délibérations du Conseil de la ville, les actes des notaires, etc. sont rédigés dans cette langue :

« Item hont ordoney li advoye, li consed et li ijc, que en chesque for de Fribor soyt li moistre et un bacheleir et ij. garzons por porteir l’aygue et les meiz in ce que un dont por chasque coppa de farina .iiij. d. por tottes choses et chascon reculle sa farina einsy quant a luy playrra de que chasque forna doyt contenir vij. coppes, li que forna se amonte ij. s. iiij. d. a vij. coppes de farina. »

— (Fribourg 1370, cf. Aebischer 1950, p. 115)

À partir du XVIe siècle, on recense de nombreuses transcriptions de chansons, poésies, fragments, etc. Nous extrayons ci-après quelques informations biographiques de nouveau du Dictionnaire savoyard de A. Constantin et J. Désormaux (voir Bibliographie).

1520 : Chanson de la Complanta et désolation dé Paitré, patois de Genève, retranscrit au XVIIe siècle.
1547 : Placard de huit lignes en patois de Genève, dans Recherches sur le patois de Genève, par Eugène Ritter.
1555 : Noelz et chansons nouvellement composez tant en vulgaire francois que savoysien dict patois, Nicolas Martin, Lyon. En patois mauriennais.

Etc.

Une longue tradition littéraire francoprovençale existe, bien qu’aucune forme écrite prévalente ne soit identifiée. Un fragment du début du XIIe siècle contenant 105 vers d’un poème sur Alexandre le Grand semble être le plus ancien écrit connu. Girart de Roussillon, une épopée de 10 002 lignes de la moitié du XIIe siècle, est parfois considéré comme du francoprovençal et en présente indubitablement certaines caractéristiques, bien qu’une édition moderne qui fait autorité le présente comme un mélange de formes françaises et occitanes (Price, 1998). Un document important de la même période contenant une liste de vassaux du comté du Forez n’est pas sans intérêt littéraire.

Parmi les premiers écrits historiques en ce langage figurent des textes rédigés par des notaires qui apparaissent au XIIIe siècle lorsque le latin commença à être abandonné par l’administration officielle. On peut citer la traduction du Corpus Juris Civilis (connu également sous le terme de Code Justinien) dans la langue vernaculaire parlée à Grenoble. Des ouvrages religieux ont également été traduits ou conçus en dialecte franco-provençal dans des monastères de la région. La Légende de Saint Barthélemy est l’un de ces ouvrages, écrit en dialecte lyonnais, qui ont survécu au XIIIe siècle. Marguerite d’Oingt (env. 1240-1310), une religieuse de l’Ordre des Chartreux, a écrit deux longs textes particulièrement remarquables dans ce même dialecte. Voici un extrait du texte original de La Vie de sainte Béatrice d’Ornacieux :

« Quant vit co li diz vicayros que ay o coventavet fayre, ce alyet cela part et en ot mout de dongiers et de travayl, ancis que cil qui gardont lo lua d’Emuet li volissant layssyer co que il demandavet et que li evesques de Valenci o volit commandar. Totes veys yses com Deus o aveyt ordonat oy se fi »

— § 112

Au début du XVIIe siècle, de nombreux textes en francoprovençal voient le jour à l’occasion des conflits religieux entre les réformateurs calvinistes et les catholiques soutenus par le duché de Savoie. Parmi les plus connus, on trouve Cé qu'è lainô (Celui qui est en haut), rédigé en 1603 par un auteur inconnu. Ce long poème narratif évoque l'Escalade, une tentative infructueuse de conquête de la ville de Genève par l’armée savoyarde qui provoqua de forts sentiments patriotiques. Ce poème est devenu plus tard l’hymne de la République de Genève. Voici les trois premières strophes en dialecte genevois avec leur traduction française :

Version avec graphie d'origine


Version en francoprovençal moderne


Version française

Cé qu’è lainô, le Maitre dé bataille,
Que se moqué et se ri dé canaille ;
A bin fai vi, pè on desande nai,
Qu’il étivé patron dé Genevoi.


Cél qu'est lé en-hôt, lo Métre des batâlyes
Que sè môque et sè rit des canâlyes ;
At bien fêt vêre, per un disandro-nuet,
Qu'il étêve patron des Genèvês.


Celui qui est en haut, le Maître des batailles,
Qui se moque et se rit des canailles
A bien fait voir, par une nuit de samedi,
Qu’il était patron des Genevois.

I son vegnu le doze de dessanbro
Pè onna nai asse naire que d’ancro ;
Y étivé l’an mil si san et dou,
Qu’i veniron parla ou pou troi tou.


Ils sont vegnus lo doze de dècembro
Per una nuet asse nêre que d'ancro,
O étêve l'an mil-siéx-cent-et-doux,
Qu'ils vegniront parlar un pou trop tout.


Ils sont venus le douze de décembre,
Par une nuit aussi noire que d’encre;
C’était l’an mil six cent et deux,
Qu’ils vinrent parler un peu trop tôt.

Pè onna nai qu’étive la pe naire
I veniron; y n’étai pas pè bairè;
Y étivé pè pilli nou maison,
Et no tüa sans aucuna raison.


Per una nuet qu'étêve la ples nêre
Ils vegniront, o n'étêve pâs per bêre :
O étêve por pilyer noutres mêsons,
Et nos tuar, sen ôcuna rêson.


Par une nuit qui était la plus noire,
Ils vinrent; ce n’était pas pour boire:
C’était pour piller nos maisons,
Et nous tuer, sans aucune raison.

Pendant la période qui suivit, de nombreux écrivains composèrent des textes satiriques, moralisateurs*, poétiques, comiques et des textes pour le théâtre, ce qui indique bien la grande vitalité de la langue francoprovençale de l’époque. Parmi ces textes : Bernardin Uchard (1575–1624), auteur et auteur dramatique de Bresse ; Henri Perrin, auteur de comédie, de Lyon ; Jean Millet (1600?–1675), auteur de comédies, de poésie pastorale et d’autres poèmes, de Grenoble ; Jacques Brossard de Montaney (1638–1702), compositeur de chants pour chœur* et de comédies, de Bresse ; Jean Chapelon (1647–1694), un écrivain qui a écrit plus de 1500 chants pour chœur, chansons, épîtres, et dissertations, de Saint-Étienne ; et François Blanc dit la Goutte (1690–1742), écrivain de poèmes en prose, dont Grenoblo maléirou sur la grande inondation de Grenoble en 1733. Parmi les auteurs du XIXe siècle, on trouve Guillaume Roquille (1804–1860), poète appartenant à la classe ouvrière, de Rive-de-Gier, près de Saint-Chamond, ainsi que Joseph Béard (1805–1872) de Rumilly.
Article détaillé : Littérature valdôtaine.

Jean-Baptiste Cerlogne (1826–1910), abbé à qui on reconnaît le mérite d’avoir promu l’identité culturelle de la Vallée d'Aoste et son patois par sa poésie (entre autres « L’infan prodeggo », 1855) et par ses premiers travaux scientifiques. (Le Concours Cerlogne – une manifestation annuelle qui porte son nom – permet depuis 1963 de sensibiliser des milliers d’étudiants italiens à la nécessité de conserver la langue de la région, sa littérature et son héritage.)

Extrait du poème La pastorala de Jean-Baptiste Cerlogne, le chant de Noël le plus célèbre au Val d'Aoste :

De nët euna leumiére / De nuet una lumiére / Durant la nuit une lumière

I berdzè l’at paru; / Ès bèrgiers at pariu / Aux bergers apparut

Un andze vin leur dëre : / Un ange vegnit lor dére : / Un ange vint leur dire :

Lo Sauveur l’est neissu. / Lo Sôvor l'est néssiu / Le Sauveur est né.

Un pouro baou l’est son palatse, / Une pauvre étable est son palais

Et sat pei de fen in traver / Et sept brins de foin en travers

Compouson lo deur matelatse / Composent le dur matelas

De ci gran Rei de l’univer; / De ce grand Roi de l’univers

Et din la rigueur de l’iver / Et dans la rigueur de l’hiver

De dò trei lindzo l’est queuver. / De deux ou trois linges il est couvert.


Amélie Gex (1835, La Chapelle-Blanche, (Savoie)–1883, Chambéry), la grande poétesse savoyarde a écrit aussi bien en sa langue natale qu’en français. Elle fut une avocate passionnée de sa langue. Les thèmes de son œuvre comprennent le travail, les thèmes lyriques, l’amour, la perte tragique de l’être aimé, la nature, le temps qui passe, la religion et la politique. Beaucoup considèrent ses contributions littéraires comme les plus importantes de cette langue. On compte parmi ses œuvres : Reclans de Savoie (Les Echos de Savoie, 1879), Lo Cent Ditons de Pierre d’Emo (Les Cent dictons de Pierre du bon sens, 1879), Fables (1898), et Contio de la Bova (Les Contes de l’Étable, -date?-[Quand ?]). Certains de ses écrits en français sont sur le point d’être imprimés*.

C’est à la fin du XIXe siècle que les dialectes francoprovençaux régionaux se sont mis à disparaître. Les principales raisons en furent l’expansion du français dans tous les domaines de la vie* mais aussi l’émigration des campagnards vers les centres urbains. C’est à cette époque que des sociétés savantes culturelles et régionales se sont mis à collectionner les contes, les proverbes et les légendes au contact des locuteurs natifs. Cette transcription continue aujourd’hui. De très nombreux travaux ont été publiés. Parmi ceux-ci voici un extrait en dialecte Neuchâtelois de Le renâ à Dâvid Ronnet (Le renard de David Ronnet), tiré de Le Patois Neuchâtelois (Favre, 1894, p. 196) :

« Aë-vo jamai ohyi contâ l’istoire du renâ que Dâvid Ronnet a tioua dé s’n otau, à Bouidry ? Vo peuté la craëre, è l’é la pura veurtâ.

Dâvid Ronnet êtaë én’ écofi, on pou couédet, qu’anmâve grô lé dzeneuillè; el é d-avaë mé d’èna dozân-na, avoué on poui que tsantâve dé viadze à la miné, mâ adé à la lévaye du solet. Quaë subiet de la métsance! mé z-ami ! E réveillive to l’otau, to lo vesenau; nion ne povaë restâ u llie quan le poui à Dâvid se boétàve à rélâ. Ç’tu poui étaë s’n orgoû.

Le gran mataë, devan de s’assetâ su sa sulta por tapa son coëur & teri le l’nieu, l’écofi lévâve la tsatire du dzeneuilli por bouèta feur sé dzeneuillé & lé vaër cor dè le néveau. E tsampâve à sé bêté dé gran-nè, de la queurtse, du pan goma dè du lassé, dé cartofiè coûtè, & s’amouésâve à lé vaër medzi, se roba lé pieu bé bocon, s’énoussa por pieu vite s’épyi le dzaifre. (…) »

« Avez-vous déjà entendu l’histoire du renard que David Ronnet a tué chez lui, à Boudry ? Vous pouvez y croire ; c’est la pure vérité.

David Ronnet était un cordonnier plutôt travailleur qui aimait beaucoup les poules ; il en avait plus d’une douzaine, avec un coq qui parfois chantait à minuit, mais toujours au lever du soleil. Quel grabuge, mes amis ! Ça réveillait toute la maison, tout le voisinage ; personne ne pouvait rester au lit quand le coq de David commençait à crier. Ce coq était son orgueil.

De grand matin, avant de s’asseoir sur son siège pour battre son cuir et [en] tirer les semelles*, le cordonnier levait la porte du poulailler pour faire sortir ses poules et les regarder courir dans le porche. Il lançait à ses bêtes des grains, de l’avoine, du pain trempé dans du lait, des pommes de terre cuites, et il s’amusait à les voir manger, se voler* les plus grands morceaux, se hâter* pour plus vite se remplir l’estomac. (…) »

Au XXe siècle, les écrivains les plus célèbres pour leur utilisation du patois sont : Prosper Convert (1852–1934), le barde de Bresse ; Louis Mercier (1870–1951), chanteur populaire et auteur de plus de douze volumes de prose, de Coutouvre, près de Roanne ; Just Songeon (1880–1940), écrivain, poète et militant communiste, de La Combe, Sillingy près d’Annecy ; Eugénie Martinet (1896–1968), poétesse d’Aoste ; et Joseph Yerly (1896–1961) de Gruyères dont les œuvres complètes ont été publiées dans Kan la téra tsantè (Quand la terre chantait).

Ceux qui s’intéressent à lire dans cette langue rare une œuvre bien connue pourront se procurer Lo Petsou Prince, une édition de référence du classique d’Antoine de Saint-Exupéry Le Petit Prince, traduite par Raymond Vautherin, (Gressan : Wesak Éditions, 200035. Voici les premières lignes de la deuxième partie du conte en patois valdôtain :

« L’y est chouë s-an, dz’ëro restà arrëto pe lo déser di Sahara. Quaque tsousa se s’ëre rontu dedin lo moteur de mon avion. Et di moman que dz’ayò avouë ni mecanichen, ni passadzë, dze m’apprestavo de tenté, solet, euna reparachon defecila. L’ëre pe mè euna questson de via o de mor. Dz’ayò dzeusto praou d’éve aprë p’euna vouètèina de dzor.

La premiëre nët dze me si donque indrumi dessu la sabla a pi de meulle vouet cent et cinquante dou kilomètre d’un bocon de terra abitàye. Dz’ëro bien pi isolà d’un nofragà dessu euna plata-fourma i menten de l’ocean. Donque imaginade mina surprèisa, a la pouinte di dzò, quan euna drola de petsouda voéce m’at revèillà. I dijet:

— Pe plèisi… féi-mè lo dessin d’un maouton tseque ! »

En l’an 2000, les Éditions des Pnottas ont publié le premier livre de bande dessinée en francoprovençal (dialecte savoyard), Le rebloshon que tyouè ! (Le Reblochon qui tue !)36, dans la série Fanfoué des Pnottas, illustré par Félix Meynet et écrit par Pascal Roman. On a aussi traduit en francoprovençal deux bandes dessinées tirées des Aventures de Tintin : Lé Pèguelyon de la Castafiore (Les Bijoux de la Castafiore) en dialecte bressan37, L’Afére Pecârd en francoprovençal ORB*38, et L’Afére Tournesol en dialecte gruérien. Ces trois livres, à l’origine écrits et illustrés par Hergé (Georges Remi), ont été publiés en 2006 et 2007 aux éditions Casterman.

Bien que confiné à l’expression orale, le francoprovençal a relativement bien survécu jusqu’au début du XXe siècle, malgré son morcellement, dans les populations rurales. L’isolement relatif des vallées alpines et un faible solde migratoire avant la révolution industrielle expliquent ce maintien.
Diffusion actuelle
Panneau bilingue français-arpitan savoyard, installé en Savoie en 2016.
Panneau routier bilingue (français-patois valdôtain) à Introd.
Panneaux d'entrée d'agglomération en français et en savoyard à Pers-Jussy, Haute-Savoie, 2015.
France

Le francoprovençal a longtemps été socialement déconsidéré, au même titre que les autres langues et dialectes qui faisaient et continuent à faire la richesse linguistique de la France. Il disparaît rapidement de France [réf. nécessaire] ; la France ne reconnaît pas son existence en tant que langue régionale, alors qu'elle est enseignée dans plusieurs collèges et lycées de Savoie39,40.

Plusieurs parlers français influencés par le francoprovençal continuent d'être utilisés. Pour les principaux, il s'agit du parler lyonnais, du parler stéphanois, du parler savoyard, et du français de Suisse. Autres : bressan…[réf. nécessaire]
Italie
Article détaillé : Valdôtain.

Sa perpétuation en Vallée d'Aoste s’explique par des raisons politiques et historiques. La vallée a pratiqué jusqu’au XIXe siècle un régime de diglossie où le francoprovençal était relayé à l’écrit et dans l’enseignement par la langue française — comme en Savoie, dans le Lyonnais ou en Suisse Romande. Mais contrairement à ce qui s’est passé dans les autres régions de l’aire francoprovençale, le français n’a pu prendre le dessus car l’État italien, à partir de son unification en 1861, s’est attaché à l’éradiquer, avec un paroxysme de violence durant l’ère fasciste. Il a dans ce but encouragé l’immigration massive d’Italiens en poussant les autochtones à l’émigration (vers Paris, Lyon et Genève notamment). L’usage oral du « patois » (ainsi dénommé par les Valdôtains eux-mêmes) a par contre été toléré en milieu rural dès lors qu’il ne portait pas ombrage à l’italien rendu obligatoire dans la vie économique, l’enseignement et les actes officiels. Cela a permis sa survie, faute d’être concurrencé par le français. Le Valdôtain est presque totalement absent dans l'usage quotidien à Aoste, où il est parlé surtout soit par les personnes âgées, soit dans le domaine institutionnel et intellectuel, tandis qu'il reste bien vivant, parlé et compris par les autochtones au niveau de langue maternelle, dans le reste de la région, à partir des communes autour du chef-lieu régional, jusqu'aux vallées latérales. Cet idiome participe aujourd’hui d’une certaine revendication identitaire et d'une reconnaissance au niveau officiel, par un statut de langue minoritaire, à côté des deux langues officielles de la région autonome (le français et l'italien).

En 1985, par une loi régionale dans le cadre des Services culturels de l’Assessorat régional de l’Instruction publique, fut constitué le Bureau régional pour l’ethnologie et la linguistique (BREL), qui s’est pour ainsi dire greffé sur l’activité déjà mise en chantier par deux associations : le Centre d'études francoprovençales « René Willien » de Saint-Nicolas (village où naquit l’abbé Jean-Baptiste Cerlogne, le félibre de la poésie valdôtaine en patois) et l’AVAS, l’Association valdôtaine des archives sonores, dont il a pris la relève et avec lesquelles il continue à collaborer grâce aussi à une convention qui en réglemente les rapports. En 1995 en particulier fut fondée l’École populaire de patois (abrégé en EPP), qui organise des cours pour les adultes et les enfants. Des cours de patois ont été introduits notamment dans les écoles primaires de la Vallée, suivant la méthode Dichonnéro di petsou patoésan de Raymond Vautherin41.

Les études menées par le BREL au cours des dernières décennies ont permis la création du « Gnalèi »42, mot signifiant en patois « nid », mais indiquant également le pain que l'on cuisait autrefois avant la Noël pour toute l'année. Il s'agit d'un site internet entièrement trilingue (français-patois-italien), accueillant toutes les données recueillies, et présentant en particulier un glossaire trilingue avec support audio pour la prononciation.

Il faut enfin signaler qu'il existe deux enclaves linguistiques dans la région des Pouilles, à l'extrême sud de l' Italie : Celle di San Vito et Faeto, où environ un millier de personnes, pour la plupart âgées, issus d'une ancienne émigration au XVIe siècle, parlent le francoprovençal.
Suisse

Dans plusieurs villages du Valais (Savièse, Nendaz, etc.) et de la Gruyère, le francoprovençal demeure la langue vernaculaire d’expression courante des personnes âgées de 60 ans ou plus. Mais à Évolène, petit village du val d'Hérens, les enfants apprennent encore l'arpitan en famille43 S'il n'est pas parlé par tous, il est compris par la majorité des habitants, toutes générations confondues.
Les instituts de la langue

Il existe un certain nombre d'instituts qui travaillent sur le francoprovençal, et qui font souvent autorité sur de nombreuses questions :
Vue sur la salle de conférences lors de la 37e fête internationale de l'arpitan organisée par l'ACA en 2016 à Saint-Étienne.
Logo de l’Aliance culturèla arpitanna.

ACA - Fédération internationale de l'arpitan (Aliance culturèla arpitanna) : fondée en 2004, cette fédération transfrontalière a pour buts la documentation, la socialisation et la revitalisation de l’arpitan dans l’ensemble de son aire de diffusion: numériser la documentation disponible afin de la rendre facilement accessible au public, socialiser l’arpitan en rendant cette langue visible dans l’espace public par le biais de différents supports, et enfin la revitaliser par la mise en ligne de méthodes d’apprentissage44. En 2007, elle lance la première radio diffusant, grâce à internet, sur l'ensemble du domaine linguistique, avec des émissions dans les différents dialectes45 (Voir Radiô Arpitania). En 2012, avec le soutien de l'ancienne région française Rhône-Alpes, elle a mis en ligne un site d'auto-apprentissage, permettant d'étudier différents patois francoprovençaux. L'ACA organise la 37e édition de la Fête internationale de l'arpitan en 2016 à Saint-Etienne46. L'ACA promeut le mot arpitan en souhaitant qu’à terme il remplace la dénomination actuelle, francoprovençal, jugée trop ambigüe.
Office géographique arpitan : cet institut, fondé en 2013, travaille sur les questions liées à la géographie, comme les limites de la langue et sa toponymie. GeoArp possède une grande base de données avec les noms en patois local pour des communes francoprovençales et en fait la promotion auprès des pouvoirs politiques (signalisation bilingue, etc.)47.
Centre d'études francoprovençales et le Bureau régional pour l'ethnologie et la linguistique (BREL) : associations qui travaillent sur la langue, et plus spécifiquement sur le francoprovençal de la Vallée d'Aoste.
Institut de la langue Savoyarde (ILS) : cette fédération regroupe les diverses associations de la langue francoprovençale en Savoie.
Fondation pour le développement et la promotion du patois : tout comme l'ILS, cette association fédère les divers groupes du Valais.
Institut Pierre Gardette : Institut de recherche sur le francoprovençal dépendant de l'université catholique de Lyon.

Le théâtre en patois francoprovençal
En Italie

En Vallée d'Aoste, la principale compagnie théâtrale est Lo Charaban, fondée en 1958 à l'initiative de René Willien. Elle met en scène un spectacle unique répété pendant une semaine au théâtre Giacosa d'Aoste, les acteurs jouant régulièrement à guichets fermés.

L'autre événement théâtral d'envergure en patois est le Printemps théâtral, qui prévoit des représentations sur tout le territoire régional. Il réunit toutes les compagnies locales, composées surtout par des jeunes.

Dans les deux cas, il s'agit d'acteurs non professionnels.
En Suisse

Dans les districts de la Gruyère, de la Veveyse et de la Sarine, des pièces en patois sont jouées chaque année. Elles réunissent un public et des acteurs de la région autour d’une langue commune d’origine francoprovençale, au service de chants et de scènes plus ou moins traditionnels suivant les auteurs. L’action, qui mobilise généralement peu de personnages, se déroule la plupart du temps dans des espaces familiers. Les comédiens amateurs sont patoisants ou apprennent à prononcer correctement grâce aux autres membres de la troupe. Quant aux rares auteurs actuels, ils créent des œuvres inédites et assurent ainsi le renouvellement du répertoire théâtral en patois.

Les premières pièces en patois sont composées vers 1920 par Cyprien Ruffieux, Fernand Ruffieux, Joseph Yerly, Pierre Quartenoud, l’Abbé François-Xavier Brodard et Francis Brodard. Il s’agissait de « drames genre Roméo et Juliette au village » (A.-M. Yerly), de scènes au chalet puis de légendes mises en scène, ou de « comédies musicales » sur des airs de l’abbé Bovet. Comme les associations de patoisants n’existaient pas encore (elles sont fondées entre 1956 et 1984), les sociétés de jeunesse, de Costumes et Coutumes et de Chant et Musique organisaient les représentations. À partir de 1936, des troupes de Sâles, Mézières, Le Crêt et Treyvaux ont apporté une large contribution au théâtre patois. Le Tsêrdziniolè de Treyvaux a assuré la continuité de la tradition (il prend la relève de la Société de Chant et musique qui joua pour la dernière fois en 1959) en jouant une pièce en moyenne tous les trois ou quatre ans. Le style évolue: après les drames, ce groupe crée ses propres pièces. En 1985, le premier opéra populaire patois Le Chèkrè dou tsandèlê de Nicolas Kolly sur une musique d’Oscar Moret y voit le jour le temps de huit représentations à guichet fermé!

Encore bien vivant dans le canton, le théâtre en patois ne manque ni de public ni de relève. Évolution des thématiques (vie au chalet, montagne, terre, famille) tout en respectant la tradition, épisodes « historiques » du village, traduction de comédies et de farces et créations inédites sont un gage de succès pour cet art populaire qui appartient au patrimoine culturel fribourgeois.

Les patoisants sont regroupés en amicales, une par district, chargées de l’organisation et de la mise sur pied des représentations. Les amicales sont chapeautées par la Société cantonale des patoisants fribourgeois. Cette dernière joue un rôle de coordination et de promotion mais ne s’occupe pas de l’organisation d’événements.

Les troupes de théâtre actuelles du canton sont: la jeunesse de Cerniat (qui crée et joue elle-même ses pièces env. tous les 2-3 ans), la troupe théâtrale du Groupe Choral Intyamon à Albeuve (théâtre et chant), la jeunesse de Sorens, les patoisants de la Sarine, Intrè-No de Fribourg (chaque année), les patoisants de la Gruyère (chaque année), les patoisants de la Veveyse (chaque année), le groupe des Tsêrdziniolè de Treyvaux (tous les 3-4 ans)48.
Radiô Arpitania
Logo de Radiô Arpitania.

Créée en Savoie en 2007 par l'association Aliance culturèla arpitanna, la diffusion de la première radio francoprovençale couvrant l'ensemble du domaine linguistique, Radiô Arpitania, reprend sur Internet en 2012 depuis son studio de Prilly, en Suisse. Celle-ci fonctionne grâce à l'envoi de matériel audio - chansons, textes lus, interviews, reportages, etc. - envoyé par des locuteurs de l'ensemble de l'Arpitanie (Suisse, France et Italie). Elle présente également les balados (baladodiffusions, podcasts) actuels des différentes régions arpitanes (ou francoprovençales) : « Les langues se délient » sur RCF des pays de l'Ain (bressan et espéranto en alternance), « Et si l'on parlait patois » sur RCF Haute-Savoie, Intré Nò sur Radio Fribourg, en Suisse.
Fête internationale
Réunion du Conseil international du francoprovençal (CIF) lors de la 37e fête internationale de l'arpitan à Saint-Étienne, en 2016.

Depuis 1956 (journées romandes des patoisants à Bulle) les régions arpitanophones de Suisse, de France et d'Italie organisent à tour de rôle une fête internationale réunissant les locuteurs des trois pays. Ce rendez-vous est l'occasion pour les locuteurs de France, de Suisse et d'Italie de se retrouver autour de conférences, de débats, de concerts et de danses traditionnelles.
Conclusion

En 2018, le francoprovençal demeure une langue vivante et parlée en tant que langue maternelle uniquement en Vallée d'Aoste dans plusieurs domaines de la vie quotidienne et également chez les jeunes générations49

En France, ce sont surtout les activités associatives qui soutiennent la diffusion de cette langue. Cependant, l'usage de l'arpitan au quotidien était, selon une étude de 2009, de 2 % des habitants des espaces ruraux en Rhône-Alpes et négligeable en zone urbaine50.

En 2015, deux collectivités, la région Rhône-Alpes et la région autonome Vallée d'Aoste ont signé une charte de coopération afin de sauvegarder, faire connaître et faire vivre l'arpitan dans toutes ses composantes que sont l'enseignement, la formation, la visibilité publique de la langue, les médias et les industries culturelles, le spectacle vivant, les outils linguistiques ainsi que le patrimoine culturel matériel et immatériel. Plusieurs collectivités suisses ont également manifesté leur intérêt51.
Description
Phonétique

Traits caractéristiques :

Une surabondance des voyelles fermées :
Contrairement à l’occitan, qui ignore les voyelles fermées, et au français, qui en fait un usage « normal », le locuteur francoprovençal ferme systématiquement un grand nombre de voyelles. Exemple : machon, maison, prononcé mâchon.
Amuïssement des voyelles entravées et non-accentuées :
Exemples : ramasse, balai, prononcé le plus souvent /rmassâ/. Mindya, manger, devient /mdyâ/. Peutet, enfant, prononcé /ptêt/, etc.
Réalisation diverse de la palatalisation de la consonne [k]
Suivant les vallées, [k] devant voyelle aboutit à /ch/ (régulièrement), /ts/, /st/ ou encore à l’interdentale /θ/. On a ainsi lat. campus > /chan/, /stan/, /tsan/, /θan/.
Évolution, comparable au français de /a/ vers /ie/ après la palatalisation
canem > /tsien/ ; cadere > /tsiere/ ; caput > /tsief/ ; etc.

Comparaison de mots

Le tableau ci-dessous compare des mots francoprovençaux à leurs équivalents dans différentes langues romanes, plus le latin pour référence. On remarque notamment l’évolution du « p » latin en « v », du « c » et « g » en « y », et la disparition du « t » et « d ». Il y a plus de similitude avec le français, qu’avec les autres langues romanes en comparaison.
Latin Francoprovençal Français Catalan Occitan

(provençal)
Occitan

(vivaro-alpin)
Piémontais Italien
clavis cllâf clef clau clau clau, passa ciav chiave
cantare chantar chanter cantar cantar chantar, cantar canté cantare
cambiare changier changer canviar cambiar chambiar cambié cambiare
fabrica favèrge forge, fabrique farga fabrega farja, fauria fabbrica (de l'italien) fabbrica, forgia, fucina
manducare mengier manger menjar manjar manjar manghié mangiare (vient de l'ancien français)
capra chiévra, cabra chèvre cabra cabra cabra, bica crava capra
lingua lengoua langue llengua lenga lenga lenga lingua
nox, noctis nuet nuit nit nuech nuech neuit notte
sapo, saponis savon savon sabó sabon sabon savon sapone
sudare suar suer suar susar suar, susar sudé (dialectal strassué) sudare
vita via vie vida vida vita, vida vita (ancien via) vita
pacare payer payer pagar pagar paiar, pagar paghé pagare
platea pllace place plaça plaça plaça piassa piazza
ecclesia égllése église església glèisa, glèia gleisa gesia ou cesa chiesa
caseus (formaticus) tôma, fromâjo tomme, fromage formatge fromatge fromatge, fromatgi formagg ou toma ou formaj formaggio
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MessageSujet: Re: Le Hussard sur le toit, Liyon, Moby Dick, Poësie et Y'becca.   Lun 5 Fév à 9:39

2/2

Le francoprovençal ou arpitan est une langue romane parlée en France, en Suisse et en Italie. C’est l’une des trois langues distinctes du groupe linguistique gallo-roman.

Nombres

Le francoprovençal utilise le système décimal. Cela se retrouve en français régional pour les 70, 80 et 90 (70 sèptanta /sɛˈtɑ̃tɑ/, 80 huitanta /vwiˈtɑ̃tɑ/, 90 nonanta /noˈnɑ̃tɑ/). Cependant les dialectes occidentaux utilisent le vigésimal (base 20) pour 80, quatro-vengts /katroˈvɛ̃/, « 120 » (siéx-vengts) est redevenu cent-vengt.
Orthographe

Au cours du temps plusieurs orthographes ont été utilisées pour écrire le francoprovençal. On peut les diviser en deux groupes, selon leur transparence orthographique :

Les orthographes opaques. Elles sont généralement basées sur les langues gallo-romanes, dont le français52, pour créer une convention propre à la langue écrite53. Elles mettent plus d'importance sur l'étymologie et la morphologie. L'Orthographe de référence (ORB) en est un exemple.
Les orthographes transparentes. Elles sont généralement basées sur les conventions de l'orthographe française.54 Elles visent un lien entre la graphie et la prononciation55, et sont donc aussi appelées graphies semi-phonétiques. La graphie de Conflans en France (principalement usitée en Savoie) et la graphie du Bureau Régional pour l'Ethnologie et la Linguistique (B.R.E.L.) en Vallée d'Aoste sont des exemples56. L'orthographe de Henriet est également une graphie semi-phonétique, inspirée par les conventions de la langue française, italienne et basque.

En premier lieu sont apparues les orthographes étymologiques, basées sur le bas-latin et ensuite sur le français, la langue dominante de l'activité intellectuelle dans la région. Puis, dans le cadre des recherches des dialectologues, les orthographes transparentes, visant de reproduire fidèlement son parler, sont apparues. De même, dans le cadre d'une réaffirmation de l'identité régionale dans les années 1970, la graphie transparente de Henriet, visant une rupture plus marquée avec le français, est apparue.[réf. nécessaire]
Graphie de Conflans

La "Graphie de Conflans" est un système orthographique du francoprovençal (savoyard principalement) créé dès 1981 par le "groupe de Conflans"57. Formé à l'initiative de Marius Hudry (Historien savoyard, et excellent[interprétation personnelle] patoisant) et de Gaston Tuaillon — un dialectologue —, ce groupe, composé de patoisants venant de toute la Savoie se rassembla durant de nombreuses réunions dont le but était de permettre au savoyard d'adopter une forme écrite, assez simple, et reconnue par tous. Forme qui ne pouvait se permettre d'être très complexe, au vu de l'état de grande détresse de la langue savoyarde ; c'est donc ainsi que vit le jour un système orthographique semi-phonétique ne gardant du français que la prononciation de l'alphabet et non l'orthographe58. À l'issue de trois années faites de nombreuses enquêtes dialectales, de recueils d'enregistrements, ainsi que de la composition de glossaires ; la première forme aboutie de Graphie est publiée dans les cahiers du Vieux Conflans en 1983.
Tableau détaillé des normes orthographiques de la Graphie de Conflans59
A.P.I.
Graphie de Conflans
Exemples français
Exemples savoyards
Voyelles non nasalisées (différemment orthographiées)

[ø]
[œ]
[o]
[ɔ]
[ɑ]
[ä]





ô
ò (accent non obligatoire)
â
à (accent non obligatoire)



il veut
la peur
haut
le sol
pâte
Paris



la ryeûte (la pente)
tòteùra (plus tard)
sh/ts/stôtan (été)
mòsh/styu (mouchoir)
apréstâ (préparer)
pàta (chiffon, éponge)

Semi-voyelles (différemment orthographiées)

[ j]
[w]



y
ou



bouteille, payer, iode
oui, louis



yô (haut), frozyé (se développer)
on nouire (un noyer)

Voyelles nasalisées (différemment orthographiées)

[ã]
[õ]
[ɛ̃]



an
on
in



lent
long
Ain



l'àvan (l'osier)
nyonsan (nulle part)
on sh/ts/stin (un chien)

Consonnes (différemment orthographiées)

[s]
[z]



s (ss entre deux voyelles)
z



face, casse
vase



mossâr (motte de terre avec son herbe)
klyôzatâ (cligner des yeux, clignoter)

[k]
[ge], [gi], [gœ]



k
gué, gui, gueu



casque, quête
gueuler, guillaume, gueux



koston (cou), lou kakatin (les toilettes)
r'guétâ (regarder), guilye (motte de beurre)

[ ɲ], [ʎ], [ j] (consonnes palatales)
[ ʒ]



ny, ly, y
j



montagne, paille, panier
gilet, jaune



nyolè (nuage), pelyë (cheveux)
jarzë (tricot en laine), jambri (souffrir)

Liste de quelques ouvrages en Graphie de Conflans :

Pierre Grasset, Le Sarvan du bâtrô, Institut de la Langue Savoyarde, 2009
Groupe de Conflans, Découvrir les parlers de Savoie, centre de la culture savoyarde, 1994
Joseph Béard, Jozè Byâ, dè l’Elyeudo, Institut de la Langue Savoyarde 2009
Patoisants du Val de Thônes, Proverbes, Dictons et Réflexions, 1998.
Les Derniers Patoisants Giettois, La Giettaz: le patois du haut Val d'Arly, Cleopas, 2009
Quand les Savoyards écrivent leur patois, Centre de la culture savoyarde, 1997
Roger Viret, Su la rota d’la Korbeura, Gap-Éditions, 2011
Adrien Dieufils, Au pays d’Amélie Gex, La Fontaine de Siloé, 2005
Le périodique en langue savoyarde Dàva rossan-na, publié de 1994 à 1999
Célestin Duch & Henri Béjean, Le Patois de Tignes, Savoie, Éditions littéraires et linguistiques de l'université de Grenoble, 1998

Orthographe de Henriet

Dans son ouvrage La lingua arpitana60 Joseph Henriet (en arpitan : Joze Harrieta) propose une graphie supradialectale, en vue de former une koinè arpitane. À chaque lettre une prononciation, mais la prononciation précise peut varier entre les régions (les accents en linguistique). La prononciation généraliste est indiqué dans le tableau, et les variations sont notés en bas. Les lettres entre parenthèses servent à indiquer une prononciation spécifiquement locale quand le contexte l'exige.
Les consonnes Bilabial Labio-dentale Dentale Alvéolaire Pré-palatale Palatale Vélaire Glottale
Occlusive Sourde P /p/ T /t̪/ (TY) /ʈ/ (KY) /c/ K /k/
Voisée B /b/ D /d̪/ (DY) /ɖ/ (GY) /ɟ/ G /ɡ/
Nasale M /m/ N /n/ NY /ɲ/
Affriquée Sourde C /t͡s/ (CY) /t͡ʂ/
Voisée J /d͡z/ (JY) /d͡ʐ/
Fricative Sourde F /f/ S /s/ X /ʃ/ H /h/
Voisée V /v/ Z /z/ (ZY) /ʒ/
Latérale L /l/ LY /ʎ/
Rhotique R /ʁ~r/
Semi-voyelle W /w/ Y /j/

Les voyelles Lettre API
A [ä]
E [ɛ]
O [ʌ]
OE [ə]
EI [e]
OU [ɤ]
I [i]
Ü [ʉ]
U [ɯ]

Notes sur la prononciation :

C : Peut se prononcer comme une consonne affriquée alvéolaire sourde [t͡s], une consonne affriquée post-alvéolaire sourde [t͡ʃ], une consonne affriquée alvéolo-palatale sourde [t͡ɕ], ou une combinaison [st].
CY : Peut se prononcer comme une consonne affriquée rétroflexe sourde [t͡ʂ], ou une consonne affriquée post-alvéolaire sourde [t͡ʃ].
J : Peut se prononcer comme une consonne affriquée alvéolaire voisée [d͡z], ou une consonne fricative dentale voisée [ð].
R : Henriet préconise une consonne roulée alvéolaire voisée [r], mais selon les régions il peut aussi être prononcé comme une consonne fricative uvulaire voisée [ʁ], ou une consonne roulée uvulaire voisée [ʀ].
X : Peut se prononcer comme une consonne fricative post-alvéolaire sourde [ʃ], une consonne fricative alvéolo-palatale sourde [ɕ], ou une consonne fricative rétroflexe sourde [ʂ].

Orthographe de référence B
Quelques ouvrages en ORB.

L’Orthographe de référence B (ORB) est une proposition de graphie supradialectale proposée par le linguiste Dominique Stich pour unifier l’orthographe du francoprovençal et de ses patois61. Elle est l’amélioration de l’orthographe de référence A proposée en 1998 dans l’ouvrage Parlons francoprovençal (éd. L’Harmattan)62. Cette graphie utilise des lettres « quiescentes » (étymologiques ou pseudo-étymologiques, qui ne se prononcent pas) permettant de différencier les homonymes, sur le modèle des orthographes de référence des deux autres langues romanes que sont le français et l’occitan. Ces lettres muettes servent également à indiquer au lecteur si l’accent tonique tombe sur la dernière syllabe ou non. En ORB seuls les mots en -a, -o, -e, -os, -es et la finale verbale -ont (français -ent) sont paroxytons (accentués sur l’avant-dernière syllabe). Selon la Fédération internationale de l'arpitan ACA, "il n’existe pas de « prononciation supradialectale », l’ORB ne sert pas à standardiser la langue dans ses formes orales. L’ORB ne sert qu’à pouvoir diffuser des textes à l’écrit à un public plus large que la communauté de locuteurs dans laquelle il a été écrit63".
Ouvrages en orthographe de référence B

Le Francoprovençal de poche, Paris : Assimil, 2006
Mini dico savoyard-français, Fouesnant : Yoran Embanner, 2005
Dictionnaire francoprovençal/français, Thonon-les-Bains : Éditions Le Carré, 2005
Les Aventures de Tintin : L’Afére Pecârd, Bruxelles : Casterman, 2007. (ISBN 978-2-2030093-1-Cool
Floran Corradin, Lo Temps, Sciez : Éditions Arpitania, 2008. (ISBN 978-2-9523473-1-0)
Marc Bron, Alain Favre et Agnès Carron, Arrêta fran, Dyan !, Habère-Poche : Institut de la langue savoyarde, 2009.
Nicolas Gey, Los Noms de les bétyes en arpitan, Sciez : Éditions Arpitania, 2015. (ISBN 978-2-9523473-2-7)
Pierre Duplay, Lo Panoramâ de vers Sant-(E)tiève, Sciez : Éditions Arpitania, 2016.

Liste des dialectes francoprovençaux
France

Bressan
Burgondan
Dauphinois
Forézien
Jurassien
Lyonnais
Savoyard

Suisse

Genevois
Fribourgeois
Neuchâtelois
Valaisan
Vaudois

Italie

Faetar
Valdôtain (Valdotèn)
Valsoanin (Val Soana)

Dialectes de transition (France)

Charolais (Francoprovençal → Langue d’Oïl)
Mâconnais (Francoprovençal → Langue d’Oïl)

Comparaison dialectale

L’orthographe diffère selon les auteurs. Martin (2005), donne l'exemple entre Bressan et Savoyard. Duboux (2006) entre le français et le vaudoisPV 1.
Français Francoprovençal Savoyard Bressan Valdôtain Vaudois
Bonjour ! Bonjorn ! Bonzheu(r) ! /bɔ̃ˈʒø/ Bondzor ! Bondzo !
Bonne nuit ! Bôna nuet ! Bouna né ! /bunɑˈnɑ/ Baanét ! Bouna né !
Au revoir ! A revêre ! A'rvi / A'rvè ! /a.rɛˈvɑ/ Au revoir ! À revère !
Oui, Ouais Ouè Ouâ, Ouè /ˈwɛ/ Ouè Oï, Oyî, Vâ, Ouâi, Voué, Vaî
Non, Nan Nan Nà, Nan /ˈnɔ̃/ Na Na
Peut-être Pôt-étre / T-èpêr P'tètre, Dèbin (val d'arly) /pɛˈtetrə/ Magâ pâo-t-ître
S’il vous plait S’o vos plét So'plé / Chô'plé, Ch'vô plé /sevoˈplɛ/ Pe plésì Se vo plyé
Merci ! Grant marci ! Mârchi dû, Granmacî ! /grɑ̃marˈsi/ Gramasì Grand macî !
Un homme Un homo On omou, On omo /in ˈumu/ Eun ommo On hommo
Une femme Una fèna Na fena, Na foumâla /nɑ ˈfɛnɑ/ Euna fenna Onna fènna
L’horloge Lo relojo Le / lo r'lozhe /lo rɛˈlodʒu/ Lo relojo Lo relodzo
Les horloges Los relojos Lou / lo r'lozhe /lu rɛˈlodʒu/ Lé reloge Lè relodze
La rose La rousa La reuza /lɑ ˈruzɑ/ La rosa La roûsa
Les roses Les rouses Lé reuza /lɛ ˈruze/ Lé rose Lè roûse
Il mange. Il menge  mdyè,  mëzye /il ˈmɛ̃ʒɛ/ Y meudje Ye medze
Elle chante. El / Lyé chante Lyé sh/st/tsante /ɛl ˈʃɑ̃tɛ/ Llie tsante Ye tsante
Il pleut. Il pleuvine. O pllôt / plluvigne É plyu Y plout Ye plyâo
Il pleut. O brolyasse. /u brulˈjasə/
Quelle heure est-il ? Quint’ hora est ? Kint'aoura y'é ? / Kint'(y)eura y'é Quent’eura l’è-t ? Quint'hâora l’è-te ?
Quelle heure qu’il est ? Quâl’ hora qu’el est ? /tjel ˈoʒɑ ˈjə/
Il est six heures et demie. El est siéx hores et demi É ché z'aoura é d'myé L’è-t chuis eure é demi L’è sî z'hâore et la demi.
Il est six heures et demie. El est siéx hores demi /ˈɛjɛ siʒ ˈoʒə dɛˈmi/
Comment vous vous appelez ? Quê que vos âdes niom ? Kint non vo-z'é ? Quen non avéde-vo ?
Comment vous vous appelez ? Coment que vos vos apelâds ? /kɛmˈe kɛ ˈvu vu apaˈlo/ Quemeint vo appelâ-vo ?
Je suis content de vous voir. Je su bonèso de vos vêre D'si / Si fran kontê d'vo vè. Dze si bien contèn de vo vére. Ye su conteint de vo vère.
Je suis content de vous voir. Je su content de vos vêre /ʒɛ si kɔ̃ˈtɛ də vu vɑ/
Parlez-vous patois ? Prègiéds-vos patouès ? Prezyé-vo patyué ? Prédzade-vo patoué ? Parlâ-vo patois ?
Parlez-vous patois ? Côsâds-vos patouès ? D'vezâ-vo patyué ? /koˈʒo vu patuˈɑ/ Dèvesâ-vo patouè ?
Toponymes

Presque la totalité des toponymes de l'aire de la langue francoprovençale ont pour origine cette langue. Le francoprovençal n'ayant jamais été langue officielle (à part quelques exceptions éphémères), ces toponymes sont transcrits sous une forme francisée. Ainsi, pour désigner la ville de Genève, le français moderne a adopté une forme francisée du nom arpitan Geneva [ðəˈnɛva], et a abandonné le nom du moyen français, Genvres64.

Dans la toponymie officielle, la principale source de survivance du francoprovençal se fait dans un certain nombre de suffixes caractéristiques : -az, -ez, -ad, -o(t)z, -od, -oud, -uz, -ax, -ex, -ux, -oux et -ieu(x)65,66. Ils indiquaient la syllabe accentuée. La dernière consonne est rarement prononcée, ou bien sa prononciation indique l’origine étrangère du locuteur. Pour les noms multisyllabiques, « z » indique l’accentuation sur l’avant-dernière syllabe, et « x » sur la dernière, exemple : Chanaz : /ˈʃɑ.nɑ/ (shana) ; Chênex : /ʃɛˈne/ (shèné). On peut relever que ces « x » et « z » finaux n'ont jamais été une lettre, mais ils rapportent une fioriture de l'écriture de ces noms remontant au Moyen ÂgePV 2.

Les sous-sections suivantes sont des exemples par régions :
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France
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Italie
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Suisse
Notes et références

↑ en l’orthographe ORB supradialectale standardisée, voir :
Dictionnaire francoprovençal / français, français / francoprovençal : Dictionnaire des mots de base du francoprovençal : Orthographe ORB supradialectale standardisée, Dominique Stich, éditions Le Carré, Thonon-les-Bains 2003, p. 109, 339, 441, 447 et 454.
Le Francoprovençal de poche, Jean-Baptiste Martin, Assimil, Chennevières-sur-Marne 2005, p. 61.
↑ Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon in Vingt-cinq communautés linguistiques de la France, tome 1, p. 204, Geneviève Vernes, éditions L’Harmattan, 1988.
↑ Sondage linguistique de la Fondation [archive] Émile Chanoux
↑ a et b (en) Fiche langue (code «frp») [archive] dans la base de données linguistique Ethnologue..
↑ La région Rhône-Alpes reconnaît officiellement l'arpitan [archive], sur le site arpitania.eu
↑ Réunion du conseil régional Rhône-Alpes consacrée aux langues régionales [archive], sur le site m-r-s.fr du 20 juillet 2009.
↑ code générique
↑ Michel Banniard, Du latin aux langues romanes, 1997.
↑ cf. Marzys 1971
↑ « Langue française et langues régionales. » [archive]
↑ « DÉLIBÉRATION DU CONSEIL RÉGIONAL DE RHÔNE-ALPES RECONNAÎTRE, VALORISER, PROMOUVOIR L’OCCITAN ET LE FRANCOPROVENÇAL, LANGUES RÉGIONALES DE RHÔNE-ALPES » [archive]
↑ Les Mots de la montagne autour du Mont-Blanc, Hubert Bessat et Claudette Germi, éd. Ellug, Programme Rhône-Alpes, Recherches en Sciences Humaines, 1991, (ISBN 2-902709-68-4).
↑ Les Alpes et leurs noms de lieux, 6 000 ans d’histoire ? : Les appellations d’origine pré-indo-européenne., Paul-Louis Rousset, 1988, (ISBN 2-901193-02-1).
↑ Lieux en mémoire de l’alpe, Hubert Bessat et Claudette Germi, Grenoble, Éd. Ellug, 1993.
↑ Voir l'interview de Christiane Dunoyer [archive], anthropologue et présidente du Centre d'études francoprovençales « René Willien » et Un documentaire sur le Mouvement Harpitanya [archive].
↑ Lire La nation Arpitane - J. Harriet, 1974 [archive].
↑ ACA: Qui sommes-nous [archive]
↑ Harpitanya, la ferveur d'une idée, un documentaire de Christiane Dunoyer [archive] sur francoprovencal.org
↑ Système universitaire de documentation [archive].
↑ Copyright © 2003 Diversity, Authors & Publishers [archive].
↑ Le francoprovençal : évolution et perspectives sur francoprovencal.org [archive].
↑ Site officiel de la Fédération internationale de l'arpitan - ACA [archive].
↑ Conférence de Jean-Baptiste Martin, Université Catholique, Lyon, 22 janvier 2007.
↑ Cf. Lettre du ministre français de l’éducation, 22 août 2006 : [1] [archive] Tribune de Bâle, 6 septembre 2006.
↑ Claudine Brohy, Po ke le Patê vèkechichè [archive], Freiburger Nachrichten, 16 mai 2013.
↑ Centre de dialectologie de l’Université de Neuchâtel
↑ Guy Gardien: Toute une enfance en Arpitanie, in Le Dauphiné (édition Nord-Isère), 08.07.15
↑ Gaston Tuaillon, « Limite nord du provençal à l'est du Rhône », Revue de linguistique romane, Paris, Société de linguistique romane avec le concours du Centre national de recherche scientifique, vol. 28 « cahier 109-110 »,‎ janvier-juin 1964, p. 127-142 (ISSN 0035-1458, OCLC 1681180, lire en ligne [archive]).
↑ Les parlers comtois d'oïl : étude phonétique, Paris, Klincksieck, 1972.
↑ La région était peuplée dès le paléolithique, comme en témoignent divers restes mégalithiques, notamment le cromlec’h du col du Petit-Saint-Bernard.
↑ Glossaire des patois de la Suisse romande, vol. 4, p. 18-21.
↑ a, b, c, d et e Wartburg, Walther von., Évolution et structure de la langue française, Francke, 1er janvier 1993 (ISBN 3772000134, OCLC 263198314, lire en ligne [archive])
↑ Chambon/Greub 2000, Kristol 2004.
↑ Ch. Th. Gossen 1970
↑ (ISBN 88-87719-00-4)
↑ (ISBN 2-940171-14-9)
↑ (ISBN 2-203-00930-6)
↑ (ISBN 978-2-203-00931-Cool
↑ L’Express [archive].
↑ Le Dauphiné Libéré [archive].
www.patoisvda.org [archive]
↑ Lo Gnalèi : site trilingue du [archive] patois valdôtain.
↑ En Valais, à Evolène, on parle la langue du cœur, in Terre & Nature, Lausanne, 22.08.13 [archive] et Unterwegs im Tal der Eringer Kampfkühe, in Neue Zürcher Zeitung, Zurich, 28.8.2009 [archive].
↑ Premier festival de l'arpitan sur la ville: revitaliser et socialiser cette langue, St Etienne: Le Progrès, 01.09.16.
↑ Radiô Arpitania, la première radio francoprovençale en continu [archive], francoprovençal.org
↑ La fête internationale des patois aura lieu dans le far west arpitan [archive], Savoie.news, 31.07.16
↑ Alliance Culturelle Arpitane, « Signalisation en arpitan: l'Office géographique arpitan est là pour vous conseiller! » [archive], 27 décembre 2014 (consulté le 28 décembre 2014).
↑ Etat de Fribourg / Staat Freiburg, « Traditions vivantes fribourgeoises : Théâtre en patois francoprovençal - Etat de Fribourg » [archive], sur www.fr.ch (consulté le 15 février 2016)
↑ La vitalité du patois [archive], Gnalèi - Guichet linguistique sur patoisvda.org/
↑ Étude sur l’ensemble du périmètre de la région Rhône-Alpes, page 34 et suiv. « Francoprovençal et occitan en Rhône-Alpes » [PDF] [archive], étude pilotée par l’Institut Pierre Gardette, université catholique de Lyon, juillet 2009.
↑ « Rhône-Alpes et la Vallée d’Aoste signent une charte de coopération pour l'arpitan » [archive], Crieur.ch / Tribune de Bâle, 29 mai 2015
↑ « Arpitan et orthographe: questions souvent posees » [archive]
↑ (fr) Stich, Dominique (1998), Parlons francoprovençal : Une langue méconnue, Paris, Éditions l’Harmattan, (ISBN 2-7384-7203-6), pp. 36-38.
↑ Tuaillon, Gaston (1984), La graphie de Conflans pour le patois savoyard [archive], Saint-Nicolas, Centre d'études francoprovençales, pp.5-8.
↑ (fr+frp) Groupe de Conflans, Découvrir les parlers de Savoie, Centre de la culture savoyarde, 1994, pages 17-22
↑ (fr) Esprit Valdôtain - Le patois dans sa forme écrite [archive]
↑ « Centre de la culture savoyarde » [archive]
↑ « Graphie de Conflans » [archive]
↑ (fr+frp) Groupe de Conflans, Découvrir les parlers de Savoie, Centre de la Culture Savoyarde, 1994, 163 p., Pages 17-26
↑ (it) Joze Harietta, La lingua arpitana : com particolare riferimento alla lingua della Val di Aosta, Tip. Ferrero & Cie. die Romano Canavese, 1976, 174 p..
↑ Dominique Stich, Henriette Walter (directrice de thèse et membre du jury), Caroline Julliard (membre du jury), Marie-Rose Simoni (membre du jury) et Jean-Baptiste Martin (membre du jury), Francoprovençal : propposition d’une orthographe supra-dialecticale standardisée (Thèse pour obtenir le grade de docteur de l’université de Paris V), s.l., Université René Descartes-Paris V. UFR de linguistique. Science du langage, 28 juin 2001, 1659 p. (lire en ligne [archive] [PDF]).
↑ Pour une analyse scientifique critique de la graphie de Stich, voir le compte rendu d’Éric Fluckiger (2004), dans Vox Romanica 63, p. 312-319.
↑ Orthographe sur le site de l'ACA, Fédération internationale de l'arpitan / francoprovençal [archive]
↑ (fr+de+it) Kristol, Andres, Dictionnaire toponymique des communes suisses, Editions Payot (Lausanne), 2005, 1102 p. (ISBN 2-601-03336-3).
↑ Cmment prononcer les noms en -z et -x dans les Alpes, Crieur.ch / Tribune de Bâle & Journal du Léman, 10.06.16 [archive]
↑ Toponymie arpitane [archive] sur Arpitania.eu

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MessageSujet: Re: Le Hussard sur le toit, Liyon, Moby Dick, Poësie et Y'becca.   Lun 5 Fév à 9:42

Le Hussard sur le toit est un roman d'aventures écrit par Jean Giono, publié initialement en novembre 1951 aux éditions Gallimard1. Il fait partie du « Cycle du Hussard », c'est-à-dire, dans l'ordre de leur rédaction :

Les Récits de la demi-brigade
Angelo
Mort d'un personnage
Le Hussard sur le toit
Le Bonheur fou

Parce que certains des personnages du Hussard y apparaissent, le cycle prend le nom de Récits de la demi-brigade.

Pour des raisons de cohérence chronologique, ces romans n'ont pas été publiés dans cet ordre : le Hussard étant le premier.

Intrigue

Vers 1832, Angelo Pardi, jeune aristocrate carbonaro italien, est un colonel de hussards, qui doit fuir son Piémont natal après avoir tué en duel un officier autrichien, le baron Schwartz, pour la cause de son camp. Il franchit la frontière française, et arrive en Provence alors en pleine épidémie de choléra. Chargé de retrouver Giuseppe, son ami et frère de lait, il arrive à Manosque, ravagée par l'épidémie. Accusé d'empoisonner les fontaines, il se réfugie sur les toits de la ville, où il vit de ses explorations dans les maisons désertées. Au hasard d'une de ces expéditions, il rencontre une jeune femme, Pauline de Théus, qui l'accueille sans crainte malgré la contagion.

En redescendant des toits, il est enrôlé par une religieuse qui nettoie les morts. Il côtoie alors l'horreur de la maladie mais accomplit sa tâche « parfaitement inutile » par orgueil, et en souvenir du « petit Français », un jeune médecin acharné à sauver les malades qui meurent tous entre ses bras, et qu'Angelo a tenté en vain d'arracher à la mort.

Pour contrer la contagion, les autorités font évacuer la ville en direction des collines avoisinantes. Angelo y retrouve Giuseppe, mais les ravages du choléra et les dangers de leur vie de conspirateurs les forcent à fuir et à se donner rendez-vous dans les montagnes proches de la Drôme à Sainte-Colombe. Or le pays est entièrement ceinturé par l'armée. À un barrage, Angelo retrouve Pauline de Théus qui cherche à rejoindre son mari près de Gap, et, ensemble, ils franchissent la ligne dans un petit combat où la jeune femme fait preuve d'un courage exemplaire et Angelo est ravi du fait qu'elle montre beaucoup d'esprit et de prestance. Ils voyagent quelques jours ensemble, se découvrent l'un l'autre, dormant à la belle étoile, Angelo protégeant Pauline, elle lui donnant le moyen de faire de l'esprit.

Mais les soldats sont partout, et les deux voyageurs se font arrêter et mettre en quarantaine à Vaumeilh. Ils s'en échappent facilement, et reprennent leur périple. Ils tombent dans une embuscade dans un village, s'en sortent, et, harassés, passent encore une nuit à la belle étoile. Le lendemain, ils trouvent une grande demeure vide, en viennent, après avoir découvert la cave à vin, aux confidences. Angelo parle de sa mère, duchesse italienne très romantique et révolutionnaire, et Pauline de son enfance et de son mari, de quarante ans plus vieux qu'elle, mais qu'elle aime véritablement. Angelo dort à sa porte pour la protéger.

Le lendemain doit marquer la fin de leur périple, et le choléra semble loin. Ils se laissent donc aller à oublier les règles très strictes qu'ils s'imposaient pour éviter la contagion, et partagent le repas d'un énigmatique lettré rencontré sur la route. Quelques heures plus tard, Pauline s'effondre, dégorge de ce riz au lait que Giono s'est plu à rajouter aux symptômes du choléra. Angelo la soigne toute la nuit durant, avec tendresse et acharnement, et la sauve miraculeusement. Le lendemain les retrouve transformés : cette nuit a été en quelque sorte l'accomplissement d'un amour hors du commun, impossible et inévitable.

Mais Angelo est fier de son statut aristocratique, Pauline ne peut se comporter en bourgeoise adultère, et leur relation reste platonique. Angelo raccompagne donc Pauline vers son mari, et s'en repart faire sa révolution.
Analyse
Le choléra

Le choléra n'a jamais existé dans ses symptômes et son importance tel qu'il est décrit dans le livre. C'est en réalité un symbole. En effet, les personnages n'attrapent pas le choléra de façon réaliste. Angelo aura de multiples contacts avec des malades, cependant il ne l'attrapera jamais. Le choléra permet de mettre en évidence l'égoïsme, la haine, la peur, la passivité... Les personnages qui ont ces tempéraments attrapent le choléra. Angelo méprise la contagion, donc il ne l'attrape pas. C'est, par exemple, la peur du choléra qui tue, pas le choléra lui-même.

Lors d'une interview, Giono explique :

« Le choléra est un révélateur, un réacteur chimique qui met à nu les tempéraments les plus vils ou les plus nobles.[réf. souhaitée] »

Ainsi, « mettre » le choléra sur une personne permet de voir qui elle est réellement en la mettant « à nu », de manière à révéler la face cachée de sa personnalité.

De même la Provence des années 1830 a été amplifiée dans ses dimensions pour les besoins du roman.
Adaptations
Cinéma et télévision

Le Hussard sur le toit, film réalisé par Jean-Paul Rappeneau, sorti en 1995, avec Juliette Binoche et Olivier Martinez.

Bibliographie

Véronique Anglard2, Les Romans de Giono, Seuil, Paris, 1997 (ISBN 2020308541 et 978-2020308540)
Marcelline Jacob-Champeau, "Le hussard sur le toit", Jean Giono : Résumé analytique, Nathan, Paris, 1995
Maurice Maucuer, Le Hussard sur le toit, Giono : analyse critique, Hatier, Paris, 1985
Sophie Lecomte, Le Hussard sur le toit de Jean Giono, fiche de lecture : Analyse complète de l'œuvre, 2014

Notes et références

Sur les autres projets Wikimedia :

Le Hussard sur le toit, sur Wikiquote

↑ fiche sur Bibliothèques de Marseille [archive]
↑ Véronique Anglard [archive] sur data.bnf.fr

AND

Moby Dick 1 (titre original en anglais : Moby-Dick; or, The Whale ; « Moby-Dick ; ou, le Cachalot ») est un roman de l'écrivain américain Herman Melville paru en 1851, dont le titre provient du surnom donné à un grand cachalot blanc au centre de l'intrigue.

Origines du roman
Herman Melville.

Melville, qui fut lui aussi marin, comme la plupart des héros de ses romans, s'est inspiré de faits réels :

Les cachalots poursuivis portaient souvent un nom, Melville en cite cinq au chapitre 45 : Don Miguel du Chili, Morquan du Japon, Tom et Jack de Nouvelle-Zélande, Tom Timor.
Le naufrage du baleinier Essex, qui sombra en 1820, après avoir été éperonné par un grand cachalot, 3 700 km au large des côtes de l'Amérique du Sud. L'un des marins survivants, Owen Chase, consigna cette aventure dans un livre qui parut en 1821. Herman Melville, qui a découvert le récit de ce naufrage en 1841 à l'occasion de sa rencontre avec le fils d'Owen Chase, s'en est inspiré pour l'écriture de son roman Moby Dick, paru en 1851.
L'existence d'une baleine blanche, dans les années 1830, souvent aperçue à proximité de l'île chilienne de Mocha. Criblée de harpons, Mocha Dick attaquait régulièrement les baleiniers. Mais contrairement au drame de l'Essex, aucune allusion dans le roman ni dans la correspondance de l'auteur n'authentifie cette référence, malgré l'essai de J. N. Reynolds intitulé Mocha Dick, ou la baleine blanche du Pacifique (1838).

La rédaction du livre fut entamée en 1850. Le roman fut d'abord publié à Londres en octobre 1851 sous le titre The Whale (Le Cachalot) — cette édition était incomplète et le titre n'était pas celui voulu par Melville. C'est peu de temps après, lors de sa parution américaine, en novembre de la même année, que l'ouvrage prit le nom de Moby-Dick; or, The Whale (Moby-Dick ou le Cachalot).
Influences

Melville a été influencé par plusieurs écrivains romantiques (Walter Scott, Washington Irving, Lord Byron, Mary Shelley) dans sa jeunesse. Il souhaitait les imiter dans un livre qui soit captivant et vivant, à la fois sur les plans de l'émotion et de la poésie.

Moby-Dick est paru à un moment crucial de la littérature américaine. En 1850, Nathaniel Hawthorne publiait La Lettre écarlate. Melville et Hawthorne s'étaient liés d'amitié pendant la période d'écriture de Moby Dick. Melville dédiera d'ailleurs son célèbre roman à Nathaniel Hawthorne. L'écrivain Stéphane Lambert a relaté l'histoire de cette amitié et de son influence sur le chef-d'oeuvre de Melville dans son livre Fraternelle Mélancolie. En 1852, Harriet Beecher Stowe publia La Case de l'oncle Tom. En 1947, c'est Albert Camus, avec La Peste, qui s'inspira de Melville.
Résumé
L'itinéraire parcouru par le Péquod.

Attiré par la mer et le large, Ishmaël (en), le narrateur, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Péquod, baleinier commandé par le capitaine Achab. Ismaël se rend vite compte que le bateau ne chasse pas uniquement pour alimenter le marché de la baleine. Achab recherche Moby Dick, un cachalot blanc particulièrement féroce et d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé. Achab emmène son équipage dans un voyage autour du monde à la poursuite du cachalot dont il a juré de se venger. Le Péquod finira par sombrer au large des îles Gilbert en laissant Ismaël seul survivant, flottant sur un cercueil.

Le roman est loin de se réduire à son aspect fictionnel : de nombreux chapitres sont consacrés à décrire minutieusement la technique de la chasse à la baleine ainsi qu'à s'interroger sur la nature (réelle ou symbolique) des cétacés, et peuvent se lire comme une seconde traque, spéculative et métaphysique2.

Dans Moby-Dick, Melville emploie un langage stylisé, symbolique et métaphorique pour explorer de nombreux thèmes complexes qu'il estime universels. À travers le voyage de son personnage principal, les concepts de classe et de statut social, du Bien et du Mal, et de l'existence de Dieu sont tous aussi bien explorés que les interrogations d'Ismaël sur ses convictions et sa place dans l'univers.

Ce livre est souvent considéré comme l'emblème du romantisme américain. Bien que sa première édition n'ait pas soulevé l'enthousiasme de la critique, Moby-Dick est aujourd'hui considéré comme l'un des plus importants romans de langue anglaise. En 1954, dans Ten Novels and Their Authors, l'écrivain britannique William Somerset Maugham a classé Moby Dick parmi les dix plus grands romans.
Thèmes principaux
Le symbolisme
Illustration de Moby-Dick
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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2015).

Dans Moby-Dick, le symbolisme est très présent. Melville s'est inspiré de la Bible pour créer ses personnages principaux.

le narrateur : Ismaël, référence au premier fils d'Abraham et de sa servante Agar. Selon la Bible, il sera celui contre qui tous les peuples se seront dressés et qui se sera dressé contre tous. Il sera ainsi rejeté parmi tous les hommes : dans Moby Dick, le personnage fuit la société humaine.
le capitaine Achab ou Ahab. Référence au roi d'Israël, qualifié d'« impie » par la Bible du fait de son mariage avec Jézabel et de l'édification du temple de Baal qu'il a fait construire pour elle. Dans le roman, il est devenu le capitaine tyrannique du Péquod.
Elijah : une variante du nom Élie, célèbre prophète de la Bible et adversaire de la reine Jézabel.

Moby Dick le cachalot blanc. Référence possible au "gros poisson" du 5e petit prophète de la Bible : Jonas, dont la traduction en araméen signifie « Baleine »[réf. nécessaire].

la couleur du cachalot : Moby Dick est blanc (référence première au cachalot Mocha Dick, mais aussi couleur de pureté et d'innocence).

Sur un plan métaphorique, la lutte entre Achab et Moby Dick symbolise celle du Bien contre le Mal. Or, les rapports peuvent s'inverser selon le point de vue soit du capitaine soit du cachalot[réf. nécessaire] Le capitaine Achab est obsédé par Moby Dick non seulement pour la renommée qu'il pourrait en tirer, mais aussi parce qu'il souhaite se venger de l'animal. Ainsi l'orgueil du capitaine, à qui Moby Dick arracha la jambe, et sa quête de vengeance le mèneront à sa perte. C'est donc, métaphoriquement parlant, non seulement la lutte entre le Bien et le Mal, mais aussi la condamnation de l'orgueil et de la vengeance. Finalement, à force d'inverser les rapports, le récit est teinté de gris. En effet, Achab apparaît rapidement comme un capitaine capable, source d'un immense respect de la part de son équipage. Il est presque question d'un homme qui n'a jamais mis pied à terre, qui a mené de nombreuses chasses sur toutes les mers du globe. Pour autant, Achab dévoile très rapidement à son équipage son unique motivation : la mise à mort de ses propres mains du cachalot blanc. Tous le suivent, fascinés par l'horreur que leur évoque la bête. Tout au long du récit le capitaine se décompose physiquement, consumé par le désir de vengeance. Ismaël se rend compte peu à peu de la folie de l'entreprise car elle est gouvernée par un homme fou, et l'on se prend à croire que le réel danger est à bord. On prête à la baleine les traits d'Achab, elle vit exclusivement à travers sa haine, jusqu'à sa rencontre où toute cette violence corrosive éclate enfin. C'est la référence chez Melville au Leviathan biblique, véritable monstre aquatique. Or décrit par périphrase dans l'Ancien Testament, le leviathan n'y représente pas le cachalot mais le redoutable crocodile du Nil. Il n'attaque pas l'homme pour se défendre d'une agression, mais bien pour l'engloutir.
La chasse à la baleine
La lutte finale

Le récit se déroule dans les années 1840. La chasse à la baleine est alors proche de son âge d'or. Les réserves de baleines sont déjà exploitées par les baleiniers hollandais depuis plusieurs décennies au large des côtes européennes, mais elles sont encore abondantes près du continent américain. C'est sur la côte Nord-Est américaine que la pêche à la baleine prend essor de plain-pied, notamment sur l'île de Nantucket au large du Cap Cod. Les Nantuckais, population autochtone de ce banc de sable jeté en mer, ont une culture traditionnellement liée aux cétacés croisant alentour. Depuis le XVIe siècle, les baleines échouées étaient équarries et la précieuse huile extraite directement sur la plage. Reconnaissant le potentiel économique de cette ressource très prisée, les armateurs décidèrent d'aller s'approvisionner directement en mer. À l'époque, l'huile de baleine n'avait pas d'équivalent pour l'éclairage ou la lubrification des machines. Jusqu'à la première exploitation du pétrole en 1859 en Pennsylvanie, le commerce d'huile de cachalot, qui était de loin supérieure à celles que l'on extrayait des autres cétacés, fut incroyablement rentable. La nation en construction s'est alors enrichie sur le compte de la Couronne qui fut son principal client et ces profits ont permis, dans une certaine mesure, à la Nouvelle-Angleterre de s'insurger contre la Grande-Bretagne à partir de 1776 mais aussi d'entamer quelque temps plus tard sa révolution industrielle.[réf. nécessaire]

Parallèlement, l'intensification de la chasse au large du Massachusetts et de la côte Est en général a forcé les baleiniers à repousser les limites de leurs expéditions toujours plus loin pour remplir leurs cales d'huile. D'une durée de quelques jours, les expéditions ont fini par durer des mois, puis des années (en moyenne 3 ans). On retrouve dans la chasse à la baleine le goût de la conquête et de l'exploration, de la liberté d'entreprise qui a fait l'Amérique. La conquête des États-Unis a commencé par la conquête des océans et notamment celui du Pacifique, que l'on connaissait plutôt sur fond de rumeurs et de légendes que par des cartes maritimes bien détaillées. La conquête de l'Ouest, amorcée au début du XIXe siècle, a été en grande partie financée par le commerce de spermaceti. La présence des baleiniers américains dans toutes les mers du monde a été le premier témoignage de la montée en puissance de l'économie américaine, bien avant qu'elle ne devienne un géant politique. Les baleiniers s'étaient équipés de fours en briques dès les années 1800 et étaient devenus de véritables usines en mer, toute la chaîne de production d'huile se faisant à bord : dépeçage, traitement par cuisson et tonnelage. Les baleiniers transformaient en plein océan leur proie en produit fini, prêt à la vente. La baleine morte était pelée comme une orange à l'aide d'un crochet planté dans l'animal et relié au mât principal, celui-ci permettant de la faire rouler sur elle-même et de dérouler l'épaisse couche de graisse de 15 cm d'épaisseur qui l'enveloppait. Les couvertures de graisse étaient ensuite brûlées dans les fours du navire pour en extraire l'huile. Le feu était alimenté par la chair grillée de la baleine, ainsi le cétacé brûlait sur un bûcher alimenté par son propre corps.

L'activité a aussi connu ses lettres de noblesse, les monarques d'Europe du Nord (Angleterre, Islande… ) financent et équipent de nombreux baleiniers afin de ramener du précieux spermaceti pour la production de bougies, savons et autres cosmétiques, de l'ambre gris pour la parfumerie ou encore des os de cachalot dans lesquels sont taillés des objets dont raffole l'aristocratie (cannes, manches et baleines pour ombrelles…). La baleine et, surtout, le cachalot sont considérés comme des poissons royaux.

À l'époque, la question de préservation des espèces ne se pose pas. Dans Moby-Dick cependant, Melville pose déjà la question des conséquences que pourrait avoir la pêche intensive sur la population des cétacés. Il compare la sur-pêche supposée de la baleine avec les grandes battues au buffle organisées dans les plaines de l'Ouest américain. À l'époque, seulement quelques voix s'élevaient pour dénoncer l'impact d'une telle entreprise sur la pérennité de l'espèce.
Les personnages

Les membres de l'équipage du Péquod apparaissent comme autant des peintures détaillées de types et de comportements humains archétypaux ; les critiques ont pu décrire ces personnages du baleinier comme un univers clos et autonome. En effet la chasse à la baleine, au début du XIXe siècle, attirait des hommes de tous les continents et de toutes les classes sociales. Certains venaient y chercher la possibilité de fuir une condamnation et ainsi de se faire oublier pendant quelques années, d'autre recherchaient l'aventure et l'introspection, ou encore comme Melville lui-même n'avaient tout simplement rien qui les retenait à terre. Ainsi, l'équipage du Péquod reflète cette infinie variété d'origines et de destins, de langages et d'idées à laquelle Melville a eu le plaisir de se confronter. L'industrie de la chasse à la baleine était devenue ultra-libérale et complètement déshumanisée, plusieurs centaines de bateaux étant envoyés par-delà les mers pour répondre aux besoins toujours croissant d'une population en pleine explosion démographique. Les matelots qui s'engageaient à bord revenaient souvent à terre avec des dettes contractées au cours du voyage ou au mieux avec quelques sous en poche. Et pourtant, malgré la dégradation des conditions humaines, toujours plus de gens affluaient dans les ports pour pouvoir s'embarquer sur un baleinier. L'aventure de la chasse à la baleine était avant tout une aventure humaine.
Personnages principaux

Ismaël (en) (parfois Ishmael) : unique narrateur du livre, qui commence et finit avec lui. Son nom, tiré de la Bible, symbolise l'orphelin, l'exilé et le marginal qui souhaite fuir la société où il se sent aliéné. Il semble être le témoin silencieux, voix du récit, il n'a aucun contact avec le capitaine Achab. Il participe cependant aux travaux réalisés à bord, occupe différents postes mais toute l'aventure semble se dérouler sans lui une fois monté à bord du Péquod.
Achab (Ahab dans le texte original), tyrannique capitaine du Péquod. Il est cruel, grand et courageux. Il s’est fait arracher la jambe par Moby Dick et depuis lors, ne vit que pour le tuer. Il va entraîner son équipage au péril de leur vies.
Moby Dick : le cachalot blanc, invincible cétacé solitaire.

Les officiers

Starbuck est très courageux. Il est le seul à oser s'opposer au capitaine. Il est Nantuckais et il n'a pas plus de trente ans.
Stubb est nonchalant, ni couard, ni vaillant, très calme.
Flask est un jeune homme rougeaud, court et fort.

Les harponneurs
Queequeg

Queequeg est un cannibale tatoué originaire d'une île de Pacifique Sud et le fidèle ami d'Ismaël (lors d'un « mariage version Queequeg », ils deviennent amis jusqu'à mourir pour sauver la vie de l'autre). Il est le harponneur de Starbuck.
Tashtego est un indien Wampanoag. Il est le harponneur de Stubb.
Daggoo est un africain à la carrure gigantesque (presque 2 mètres). Il est le harponneur de Flask.
Fedallah est un persan zoroastrien. Sa présence était (au début du livre) inconnue des autres marins. Seul le capitaine du bateau, dont il est le harponneur, savait qu'il était à bord. Il est apparu devant les autres lors de la première chasse à la baleine.

Autres personnages

Pip jeune garçon de cabine noir, intelligent et musicien. Après une chute dans l'eau où il manque être abandonné par ses camarades, il perd la raison. Son nom de Pip vient de son surnom pépin.
Gabriel le meilleur jeune homme fou, appelé le pantin, se croyant le prophète des Shakerset ayant embarqué au Jéroboam.
Bulkington marin discret, il est le compagnon de bord d'Ismaël.
Peleg est propriétaire et armateur du Péquod.
Bildad est propriétaire et armateur du Péquod, il se montre relativement avare envers Ismaël lors de son engagement.
Peter Coffin est le propriétaire de l'auberge Au souffle de la baleine à New Bedford.
Mme Hussey est la femme d'Osée Hussey, propriétaire de l'auberge le Tâtes-pots à Nantucket.
Osée Hussey est le cousin de Peter Coffin et le propriétaire de l'auberge le Tâtes-pots à Nantucket, il n'est que mentionné.
Capitaine Boomer est le capitaine du Samuel-Enderby, il a aussi été blessé par Moby Dick, mais au bras, il est anglais. Il apparaît comme une antithèse d'Achab : contrairement à lui, il ne cède pas au désir de vengeance.
Jack Bunger est chirurgien à bord du Samuel-Enderby, il est aussi prêtre, c'est lui qui amputa le capitaine Boomer.
Derick de Beer est capitaine du navire Jungfrau3.
Le capitaine du Rachel qui a perdu plusieurs marins, dont son fils, en affrontant Mobi Dick. Dans l'épilogue, Il repêchera Ismaël

Accueil par les critiques

Alors que Melville considérait Moby Dick comme son chef-d’œuvre, celui-ci fut presque ignoré par la critique littéraire, lors de sa publication. Ce n'est que plus tard, en particulier lors de la célébration du centenaire de la naissance d'Herman Melville, que Moby Dick fut reconnu comme un des monuments de la littérature américaine.

Pendant longtemps, la critique a pensé que le cachalot blanc n'existait que dans l'imagination de l'auteur. Le 21 août 1952, l'Anglo-Norse, navire-usine baleinier, capturait un cachalot de 55 tonnes de couleur blanche, dont la mâchoire était recourbée en faucille4.
Éditions en français

En France, le roman paraît pour la première fois en 1928 sous le titre Le Cachalot blanc aux éditions Gedalge, dans une traduction de Marguerite Gay.
Traductions intégrales

Il existe cinq versions de Moby-Dick en français :

1941 : traduction de Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono, Gallimard. Cette version est la plus répandue.[réf. nécessaire]

1954 : traduction d'Armel Guerne, Éditions du Sagittaire ; rééd. Club Français du Livre en 1955 (tirage limité à 5000 ex.) et 1964 (tirage limité à 7500 ex.), 962 p. Rééditions : Pocket en 1981, 1987, 1999 ; Phébus en 2005, 2007, 2011.

1967 : traduction de Georges Saint-Marnier, Éditions Walter Beckers, Kapellen-Anvers, en 2 vol.

1970 : traduction de Henriette Guex-Rolle, Garnier-Flammarion, chronologie et préface par Robert Silhol, collection GF, no 236. Réédition, traduction introduction, notes, glossaire, chronologie et bibliographie par la traductrice, illus. bois originaux par Hélène Abplanalp, Édito-Service, Genève, collection Les Classiques Immortels, 560 p, 1970 ; rééd. cercle du bibliophile, collection Les livres qui ont fait le monde, 1970 ; rééd., introduction, bibliographie et chronologie par Jeanne-Marie Santraud, coll. « GF », no 546, Flammarion, 1989, 1998, 2012.

2006 : traduction de Philippe Jaworski, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard.

À titre d’exemple, voici comment sont traduites, selon ces cinq versions, les deux premières phrases du roman, « Call me Ishmael. Some years ago — never mind how long precisely — having little or no money in my purse, and nothing particular to interest me on shore, I thought I would sail about a little and see the watery part of the world. »

Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono : « Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau. »
Armel Guerne : « Appelons-moi Ismahel. Il y a quelque temps — le nombre exact des années n'a aucune importance —, n'ayant que peu ou point d'argent en poche, et rien qui me retînt spécialement à terre, l'idée me vint et l'envie me prit de naviguer quelque peu et de m'en aller visitant les étendues marines de ce monde. »
Georges Saint-Marnier : « Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela — peu importe le nombre exact — ayant peu ou prou d'argent en poche, et rien ne me retenant à terre, je décidai de naviguer un peu pour voir l'étendue océanique du globe. »
Henriette Guex-Rolle : « Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années — peu importe combien — le porte-monnaie vide ou presque, rien ne me retenant à terre, je songeai à naviguer un peu et à voir l'étendue liquide du globe. »
Philippe Jaworski : « Appelez-moi Ismaël. Il y quelques années de cela — peu importe combien exactement — comme j'avais la bourse vide, ou presque, et que rien d'intéressant ne me retenait à terre, l'idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. »

Traductions partielles et adaptations littéraires

Parmi les nombreuses traductions partielles ou adaptations littéraires, notamment pour la jeunesse, les deux suivantes méritent d’être signalées :

Adaptation par Marguerite Gay, Le Cachalot blanc, collection « Aurore pour la jeunesse », librairie Gedalge, 1928 ; réédité sous le titre "Moby Dick", 1942. Cette adaptation du roman de Melville en est une réduction, le nombre de chapitres (hors épilogue) étant ramené de 135 à 31.
Une traduction complète en français entreprise par Théo Varlet a probablement été achevée 5. Elle n’aurait pas été publiée, mis à part un extrait, Une nuit à l'Hôtel de la Baleine, qui a donné lieu à une prépublication dans Le Crapouillot, septembre 1931, p. 21-35, qui annonce une parution prochaine aux Éditions du Bélier6

Adaptations
Adaptations cinématographiques

1926 : Moby Dick (The Sea Beast), film muet de 1h40 réalisé par Millard Webb, dans lequel John Barrymore interprète un Achab héroïque entouré d'une fiancée et d'un frère diabolique7.

1930 : Jim le harponneur de Lloyd Bacon. John Barrymore réendosse le rôle de Achab. Dans cette version parlante de 80 minutes, le capitaine du Péquod finit par tuer la baleine et rentre chez lui retrouver la femme qu'il aime (jouée par Joan Bennett. À noter que la Warner Bros. produit simultanément une version germanophone, Damon des Meeres, réalisée par Michael Curtiz, avec William Dieterle dans le rôle d'Achab8.

1956 : Moby Dick, la version la plus connue. Elle dure 116 minutes. Réalisée par John Huston sur un scénario de l'écrivain Ray Bradbury, on y voit Gregory Peck dans le rôle du capitaine Achab, et Orson Welles dans le second rôle de Mapple9. Cinq années de préparation furent nécessaires avant de porter ce chef-d'œuvre à l'écran.

1965 : Aux postes de combat (The Bedford incident) de James B. Harris avec Richard Widmark et Sidney Poitier. Adaptation libre inspirée d'un roman de Mark Rascovich (lui-même inspiré de Moby Dick), le film retrace l'histoire d'un sous-marin soviétique (Moby Dick) poursuivi par un navire de l'US Navy.

1978 : Moby Dick de Paul Stanley10, dans lequel l'acteur Jack Aranson interprète plusieurs rôles : Achab, Starbuck, Ishmael et Mapple.

2003 et 2007 : Philippe Ramos fait une adaptation du roman dans un court métrage (2003) puis un long métrage (2007) Capitaine Achab.

2010 : 2010: Moby Dick. Cette adaptation, bien que reprenant l'intrigue de la chasse à la baleine par un Achab ivre de vengeance, est transposée dans un contexte moderne (le Péquod devient un sous-marin ultra-moderne) et laisse de côté la partie philosophique du roman ainsi que quelques autres éléments (Ishmael est remplacé par une biologiste, Michelle Herman).

2011 : Age of the Dragons de Ryan Little, avec Danny Glover dans le rôle d'Ahab. L'action se situe dans un Moyen Âge fictif, Moby Dick étant remplacé par un grand dragon blanc. Le Péquod étant un bateau sur roue & Ishmael, un harponneur de dragon.

2015 : Au cœur de l'océan réalisé par Ron Howard, adaptation cinématographique du livre homonyme de Nathaniel Philbrick, qui narre le naufrage du baleinier Essex en 1820, histoire qui a inspiré Herman Melville pour son roman Moby Dick.

Adaptations télévisées

1998 : Moby Dick, mini-série en 3 épisodes. Le réalisateur est Franc Roddam et le producteur exécutif est Francis Ford Coppola. Patrick Stewart joue le rôle d'Achab succédant à Gregory Peck, lequel reprend le rôle de Mapple joué par Orson Welles. Cette prestation vaudra a Gregory Peck de remporter le Golden Globe Award du meilleur second rôle dans un téléfilm en 199911.

2010 : Moby Dick, téléfilm austro-allemand de 120 minutes, réalisé par Mike Barker, avec William Hurt dans le rôle du capitaine Achab.

Adaptations en dessins animés

1967 : Les Aventures de Moby Dick, série télévisée d'animation américaine de 18 épisodes de 7 minutes, produite par Hanna-Barbera productions.

2005 : Moby Dick et le Secret de Mu, série télévisée d'animation franco-luxembourgeois de 26 épisodes de 27 minutes, produite par LuxAnimation, Carrere Group et TF1. Série créée par Éric-Paul Marais (textes) et Philippe Duchêne (dessins).

1984 : Le Secret de Moby Dick (Samson og Sally) ou Samson et Sally au Canada, est un film d'animation danois réalisé par Jannik Hastrup, sorti en octobre 1984 au Danemark.

Adaptations en bande dessinée

1983 : Moby Dick par Paul Gillon (dessin) et Jean Ollivier aux éditions Hachette.
1998 : Moby Dick, scénario et dessin de Will Eisner.
2002 : Leviatan, troisième album de la série Lorna, scénario et dessin d'Alfonso Azpiri, aux éditions Albin Michel. Version assez lointaine, futuriste et sexy/sexiste de l'histoire originale.
2005 : Moby Dick, scénario de Jean-Pierre Pécau, dessin de Željko Pahek. C'est une transposition futuriste du roman de Melville. Série en deux tomes parus en 2005 aux éditions Delcourt.
2007 : Moby Dick, scénario de Jean Rouaud, dessin de Denis Deprez aux éditions Casterman. Jean Rouaud fait du capitaine Achab, une sorte de Don Quichotte des mers animé par sa quête obsessionnelle.
2007 - 2011 : Achab, série en 4 tomes de Patrick Mallet (scénario et dessin) aux éditions Milan puis Glénat. Elle raconte l'enfance du futur capitaine du Péquod.
2014 : une adaptation en bande dessinée du célèbre roman est publiée par Christophe Chabouté aux éditions Vents d'Ouest. Il s'agit d'une bande dessinée en noir et blanc en deux parties.
2014 Moby Dick, par Pierre Alary (dessin) et Olivier Jouvray (scénario) aux éditions Soleil dans la collection Noctambule.

Mentions de Moby Dick dans d'autres œuvres

Moby Dick est le gigantesque navire de Barbe Blanche du manga One Piece.
Moby Dick, ainsi qu'Achab, font une brève apparition dans le film Richard au pays des livres magiques, sorti en 1994.
L'une des aventures de Tom et Jerry est intitulée Dicky Moe en référence à ce livre.

Adaptations en d'autres livres

En 1992, Ray Bradbury en tire un nouveau roman, La Baleine de Dublin.
En 2004, Moby Dick d'après Herman Melville, illustré par Jame's Prunier, éd. Milan jeunesse
En 2010, Emoji Dick [archive], traduction en émoticônes japonais, les emoji. Réalisé par huit cent personnes via le Turc mécanique d'Amazon, compilé par Fred Benenson, puis imprimé par financement communautaire.

Adaptations en théâtre et musique

Moby Dick, cantate de Bernard Herrmann, 1936-193812.
Orson Welles a écrit et monté en 1955 un Moby Dick Rehearsed (Moby Dick en répétition) à Londres. Des acteurs sont engagés par un metteur en scène tyrannique pour répéter le Roi Lear de Shakespeare. Le tyran arrive, il change de projet, ayant décidé de monter Moby Dick. Les acteurs, bon gré mal gré, vont répéter sans décor ni costumes. Wells joue à la fois le metteur en scène, Achab et le sermon du père Mapple.
Un opéra Moby-Dick de Jake Heggie créé à l'opéra de Dallas.
Le groupe américain de metal Mastodon sort en 2004 l'album-concept Leviathan centré sur la créature Moby Dick.
Le groupe allemand de doom metal Ahab sort en 2006 l'album-concept The Call Of The Wretched Sea centré sur la créature Moby Dick.
Moby Dick est le titre d'un morceau instrumental du groupe anglais Led Zeppelin paru en 1969 sur l'album Led Zeppelin II.
Demain, Moby Dick de Marie Laforêt, chanson qui fait référence au "cachalot blanc" mais sans jamais le nommer malgré le titre.
Moby Dick, de Nino Ferrer, 1973.
Moby Dick, pièce de théâtre : texte adapté par Bryan Perro et Dominic Champagne, mise en scène Dominic Champagne. 2015.

Adaptations en disque pour la jeunesse

Moby Dick, par François Périer, Jean Davy, Trio d'ondes de Paris. 1956.

Références

Dans La Disparition de Georges Perec, au chapitre VIII, Anton Voyl résume l'histoire de Moby Dick dans son journal. L'extrait se clôt sur un jeu d'homophonie "Ah Moby Dick ! Ah maudit Bic !"
Dans son livre Fraternelle mélancolie, l'écrivain Stéphane Lambert relate l'amitié entre Herman Melville et Nathaniel Hawthorne. Née pendant la période d'écriture de Moby Dick, cette relation d'amitié passionnelle eut une véritable influence sur la forme et le contenu du chef-d'oeuvre de Melville.
Dans Mon Michaël d'Amos Oz, Hanna évoque Moby Dick à plusieurs reprises dans ses rêves fantastiques.
Dans le livre Matilda, Moby Dick est cité parmi les nombreux livres que l'héroïne lit.
Dans le film Matilda de 1996, Matilda lit Moby Dick de Herman Melville que son père déchire. Dans la scène de fermeture, elle lit à sa mère adoptive la phrase d'ouverture : « Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années - peu importe combien… »
Dans la série X-Files : Aux frontières du réel, Dana Scully dit à Fox Mulder que son père l'appelait Starbuck, en raison de son caractère bien trempé. Le côté tenace de son père lui fit adopter le surnom d'Achab. Et pendant la saison 3, Scully s'occupe d'un chien qu'elle appelle Queequeg (qui a dévoré le cadavre de son ancienne propriétaire dans l'épisode Voyance par procuration, et ironie du sort, finira dans le ventre d'un monstre marin). Scully explique dans un épisode (Les Dents du lac, saison 3) que sa famille adore Moby Dick.
Dans le dessin animé Daria, les personnages mentionnent plusieurs fois Moby Dick. Par exemple, dans l'épisode 3 de la saison 1, Daria corrige le devoir d'une étudiante sur Moby Dick.
Dans la série Les Simpson (saison 15, épisode 10), Marge écrit un roman s'inspirant fortement du roman Moby Dick.
Dans le manga One Piece, Moby Dick est le navire principal de l'Équipage de Barbe Blanche.
Dans le film Zelig (Woody Allen), la maladie du héros éponyme a pour origine sa peur sociale d'avouer à ces camarades de classe qu'il n'a pas lu Moby Dick.
Dans la série de comics Bone (Jeff Smith), le récit est émaillé de multiples références à Moby Dick, qui est le livre fétiche du héros Fone Bone.
Dans la série Dr House, saison 2, épisode 17, le personnage de Wilson compare l'obsession du personnage de House à vouloir confirmer le diagnostic d'une patiente morte depuis 12 ans à l'obsession d'Achab dans Moby Dick
Dans les jeux vidéo Skies of Arcadia et Skies of Arcadia Legend, le personnage de Drachma cherche à se venger de la baleine Rhaknam responsable de la perte de son bras droit, son œil droit et de son fils unique. L'histoire de Moby Dick joue ici le rôle d'une matrice mythologique interprétable à l'infini (de même que les mythes de Don Juan ou d'Oreste).
Dans le film Star Trek : Premier Contact, le personnage de Lily compare le capitaine Picard à Achab dans son esprit de vengeance contre les Borgs.
Dans l'épisode 14 de la saison 5 de la série Star Trek Voyager, l'équipage affronte une créature comparable à Moby Dick, et rencontre un personnage aux motivations semblables au capitaine Achab, la référence est faite au roman durant l'épisode.
Dans le troisième tome de la série de bande-dessinée Lanfeust des Étoiles, une partie de l'intrigue est une adaptation, à la sauce Arleston, du roman Moby Dick.
Dans le jeu vidéo Metal Gear Solid V: The Phantom Pain, le protagoniste (Venom Snake) est durant le prologue connu sous le nom de code Ahab, tandis que son mystérieux protecteur se nomme Ishmael. L'hélicoptère servant de Centre d'Opération Mobile au protagoniste est nommé Pequod, un second s'identifiera Queequeg. De nombreux thèmes de Moby Dick sont également explorés à travers la narration du jeu.
Dans le film Le Garçon et la Bête de Mamoru Hosoda, Moby Dick apparaît comme une invocation spectrale de l'antagoniste.
Dans le jeu vidéo Crysis Warhead, la première mission porte le nom de "Call me Ishmael".
Dans le jeu vidéo Divinity Original Sin, un coquillage parlant nommé Ishmashell, contraction de Ishmael et "shell" (coquillage en anglais) propose une quête. Il engage la conversation par la phrase "Call me Ishmashell, son of the sea".
Matt Groening revisite le roman dans un épisode de la série TV d'animation Futurama intitulé Möbius dick.

Notes et références

↑ le titre du roman prend traditionnellement le trait d'union, contrairement au nom du cachalot.
↑ Philippe Jaworski, « Note sur la traduction [de Moby-Dick] », dans Hermann Melville, Œuvres, vol. III, Moby-Dick – Pierre ou Les Ambiguïtés, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 525), 21 septembre 2006, 1456 p. (ISBN 2-07-011845-2 et 978-2-07-011845-8, notice BnF no FRBNF40238779), p. 1161
↑ Le navire qui vient de Brême a un nom allemand, Jungfrau (La Jeune Fille) que Melville rend par The Virgin (La Vierge), Philippe Jaworski par « La Pucelle », Henriette Guex-Rolle et Armel Guerne par « La Vierge ».
↑ Cité en note, p. 330 par Armel Guerne, traducteur de Moby Dick, Club français du livre, 1955
↑ Félix Lagalaure, Théo Varlet (1878-1938). Sa vie, son œuvre, Paris, Publications de L'Amitié par le Livre, 1939.
↑ Extrait [archive] sur Wikisource
↑ The Sea Beast (1926) [archive] sur IMDb. Consultée le 21 janvier 2007
↑ Moby Dick (1930) [archive] sur IMDb. Consultée le 21 janvier 2007
↑ Moby Dick (1956) [archive] sur IMDb. Consultée le 20 janvier 2006
↑ Carrière de cet homonyme d'un chanteur sur le IMDb [archive].
↑ Moby Dick (1978) [archive] sur IMDb. Consultée le 21 janvier 2007
↑ Source : Le Monde, 31 décembre 2011, p. 23.

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MessageSujet: Re: Le Hussard sur le toit, Liyon, Moby Dick, Poësie et Y'becca.   Lun 5 Fév à 9:48

La poésie est un genre littéraire très ancien aux formes variées, écrites généralement en vers mais qui admettent aussi la prose, et qui privilégient l'expressivité de la forme, les mots disant plus qu'eux-mêmes par leur choix (sens et sonorités) et leur agencement (rythmes, métrique, figures de style). Sa définition se révèle difficile et varie selon les époques, au point que chaque siècle a pu lui trouver une fonction et une expression différente, à quoi s'ajoute l'approche propre à la personnalité de chaque poète.

Poésie s'écrivait jusqu'en 1878 poësie (le tréma marquait une disjonction entre les voyelles o et e). Le terme « poésie » et ses dérivés « poète », « poème » viennent du grec ancien ποίησις (poiesis), le verbe ποιεῖν (poiein) signifiant « faire, créer » : le poète est donc un créateur, un inventeur de formes expressives, ce que révèlent aussi les termes du Moyen Âge trouvère et troubadour. Le poète, héritier d'une longue tradition orale, privilégie la musicalité et le rythme, d'où, dans la plupart des textes poétiques, le recours à une forme versifiée qui confère de la densité à la langue. Le poète recherche aussi l'expressivité par le poids accordé aux mots comme par l'utilisation des figures de style et au premier chef des images et des figures d'analogie, recherchées pour leur force suggestive.

La poésie s'est constamment renouvelée au cours des siècles avec des orientations différentes selon les époques, les civilisations et les individus. On peut par exemple distinguer le poète artiste soucieux d'abord de beauté formelle, le poète « lyrique » qui cultive le « chant de l'âme », le poète prophète, découvreur du monde et « voyant », ou le poète engagé, sans cependant réduire un créateur à une étiquette simplificatrice1.

Histoire

Dans la mesure où il ne reste pas de traces d'une probable poésie orale préhistorique, il est nécessaire de faire débuter l'histoire de la poésie dans les différentes civilisations de l'Antiquité (grecque, égyptienne, indienne...). On notera toutefois que maintes traditions orales, par exemple celle des griots africains, relèvent de la poésie.
Origines
Homère par Philippe-Laurent Roland.

Dans l’Antiquité grecque toute expression littéraire est qualifiée de poétique, qu’il s’agisse de l’art oratoire, du chant ou du théâtre : tout « fabricant de texte » est un poète comme l’exprime l’étymologie. Les philosophes grecs cherchent à affiner la définition de la poésie et Aristote dans sa Poétique identifie trois genres poétiques : la poésie épique, la poésie comique et la poésie dramatique2. Plus tard les théoriciens de l’esthétique retiendront trois genres : l’épopée, la poésie lyrique et la poésie dramatique (incluant la tragédie comme la comédie), et l’utilisation du vers s’imposera comme la première caractéristique de la poésie, la différenciant ainsi de la prose, chargée de l’expression commune que l’on qualifiera de prosaïque.

Le mot poésie évoluera encore vers un sens plus restrictif en s’appliquant aux textes en vers qui font un emploi privilégié des ressources rhétoriques, sans préjuger des contenus : la poésie sera descriptive, narrative et philosophique avant de faire une place grandissante à l’expression des sentiments.

En effet, première expression littéraire de l’humanité, utilisant le rythme comme aide à la mémorisation et à la transmission orale, la poésie apparaît d’abord dans un cadre religieux et social en instituant les mythes fondateurs dans toutes les cultures que ce soit avec l’épopée de Gilgamesh, (IIIe millénaire av. J.‑C.) en Mésopotamie, les Vedas, le Rāmāyana ou le Mahabharata indiens, la Poésie dans l'Égypte antique, la Bible des Hébreux ou l'Iliade et l'Odyssée des Grecs, l'Enéide des Latins.
Entre Apollon et Dionysos
Apollon, la Poésie et la Musique ; Opéra Garnier, sculpture en bronze et en feuille d'or d'Aimé Millet.

La poésie fut marquée par l’oralité et la musicalité dès ses origines puisque la recherche de rythmes particuliers, comme l’utilisation des vers, et d’effets sonores, comme les rimes, avait une fonction mnémotechnique pour la transmission orale primitive. Cette facture propre au texte poétique fait que celui-ci est d’abord destiné à être entendu plutôt qu’abordé par la lecture silencieuse.

Placées sous l’égide d’Orphée et d’Apollon musagète, dieu de la beauté et des arts3, et associées à la muse Érato, musique et poésie sont également étroitement liées par la recherche de l’harmonie et de la beauté, par le Charme, au sens fort de chant magique. Depuis l'essai La Naissance de la tragédie de Nietzsche, on considère que la création poétique hésitera cependant constamment entre l’ordre et l’apaisement apolliniens (qu’explicite Euripide dans Alceste : « Ce qui est sauvage, plein de désordre et de querelle, la lyre d’Apollon l’adoucit et l’apaise ») et la « fureur dionysiaque »4 qui renvoie au dieu des extases, des mystères, des dérèglements et des rythmes des forces naturelles que l’on découvre par exemple dans le dithyrambe de l’Antiquité grecque5.
Technique
Article détaillé : Fonction poétique.

En linguistique, la poésie est décrite comme un énoncé centré sur la forme du message, donc où la fonction poétique est prédominante6. Dans la prose au sens général, l’important est le « signifié », elle a un but « extérieur » (la transmission d’informations) et se définit comme une marche en avant que peut symboliser une flèche et que révèle la racine latine du mot qui signifie « avancer ». En revanche, pour la poésie, l’importance est orientée vers la « forme », vers le signifiant, dans une démarche « réflexive », symbolisée par le « vers » qui montre une progression dans la reprise avec le principe du retour en arrière (le vers se « renverse ») que l’on peut représenter par une spirale.

La poésie ne se définit donc pas par des thèmes particuliers mais par le soin majeur apporté au signifiant pour qu’il démultiplie le signifié : l’enrichissement du matériau linguistique prend en effet en compte autant le travail sur les aspects formels que le poids des mots, allant bien au-delà du sens courant du terme « poésie » qui renvoie simplement à la beauté harmonieuse associée à une certaine sentimentalité. L’expression poétique offre cependant au cours de l’Histoire des orientations variées selon la dominante retenue par le poète.
Formes poétiques

Traditionnellement, la poésie revêt la forme d'un texte versifié obéissant à des règles particulières en termes de métrique, de scansion, de rimes, s'inscrivant ou non dans une forme fixe. Cependant, la poésie moderne s'est affranchie du vers traditionnel, qu'il s'agisse de l'assouplir ou de s'en passer totalement.
Poésie versifiée
Calligramme, Guillaume Apollinaire.

La mise en page du texte poétique est traditionnellement fondée sur le principe du retour et de la progression dans la reprise que figure l’utilisation du vers7 (régulier ou non), même s’il existe des formes métissées comme le poème en prose ou la prose poétique qui reprennent les caractéristiques du texte poétique (d’où leur dénominations) comme l’emploi des images et la recherche de sonorités ou de rythmes particuliers. Ces vers sont souvent regroupés en strophes et parfois organisés dans des poèmes à forme fixe comme le sonnet ou la ballade.

La poésie métrée utilise des vers définis par le nombre de leurs syllabes comme l’alexandrin français, alors que la poésie scandée joue sur la longueur des pieds (et sur leur nombre) comme dans l’hexamètre dactylique grec et latin, ou sur la place des accents comme dans le pentamètre iambique anglais. Le haïku (ou haïkou) japonais, qui a acquis une diffusion internationale, fait traditionnellement appel à trois vers de cinq, sept et cinq syllabes.
Vers libre, verset, calligramme

Les poètes modernes se libèrent peu à peu de ces règles : par exemple les poètes français introduisent dans la deuxième moitié du XIXe siècle le vers libre puis le verset, et en remettant aussi en cause les conventions classiques de la rime qui disparaît largement au XXe siècle.

Des essais graphiques plus marginaux ont été tentés par exemple par Mallarmé (Un coup de dés jamais n'abolira le hasard), Apollinaire (Calligrammes) ou Pierre Reverdy, en cherchant à parler à l’œil et plus seulement à l’oreille, tirant ainsi le poème du côté du tableau.
Poème en prose

L'on ne saurait définir uniquement la poésie par l'utilisation de vers : la forme versifiée a été employée dans des ouvrages que l'on peut considérer comme des romans (tels ceux de Chrétien de Troyes), tandis qu'il existe, en revanche, une poésie en prose. Dès le XVIIIe siècle, apparurent des traductions en français de poèmes étrangers (et de « fausses traductions ») qui utilisèrent la prose plutôt que le vers8. Certains commentateurs parlaient de « poèmes en prose » pour désigner des romans tels que les Aventures de Télémaque de Fénelon ou La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette9. La naissance du genre du poème en prose en tant que tel est généralement associée à la publication par Aloysius Bertrand de Gaspard de la Nuit ; en effet, ce poète était, selon Yves Vadé, conscient de créer une forme nouvelle10, même s'il n'utilisait pas le terme de « poèmes » ; c'est ensuite Charles Baudelaire, avec les Petits Poèmes en prose, qui « imposa le poème en prose comme une forme poétique reconnue »11.
Le travail de la langue

Si la poésie présente souvent une forte densité stylistique, donc un travail particulier sur la langue, tant s'en faut qu'il revête toujours la même forme. On notera ainsi que les règles traditionnelles de versification peuvent varier d'une langue à l'autre, et qu'il est également possible de s'en affranchir. Aussi les éléments qui suivent (métrique, rime, échos phoniques, recherche lexicale, figures de style...) sont-ils des ressources disponibles pour le poète, plutôt que des éléments définitoires de la poésie, d'autant plus qu'ils peuvent également apparaître dans des textes non-poétiques.
Musicalité et rythme

L’origine orale et chantée de la poésie qu’évoquent la lyre d’Orphée ou la flûte d’Apollon marque l’expression poétique qui se préoccupe des rythmes avec le compte des syllabes (vers pairs / vers impairs, « e muet »…) et le jeu des accents et des pauses (césure, enjambement…). La poésie exploite aussi les sonorités particulièrement avec la rime (retour des mêmes sons à la fin d’au moins deux vers avec pour base la dernière voyelle tonique) et ses combinaisons de genre (rimes masculines ou féminines), de disposition (rimes plates, croisées ou embrassées) et de richesse (rimes pauvres, suffisantes ou riches). Elle utilise aussi les reprises de sons dans un ou plusieurs vers (allitérations et assonances), le jeu du refrain (comme dans la ballade ou le Pont Mirabeau d’Apollinaire) ou la correspondance entre le son et le sens avec les harmonies imitatives (exemple fameux : « Pour qui sont ces serpents… » Racine) ou les rimes sémantiques (automne/monotone).
Recherche lexicale
Portrait de Mallarmé par Édouard Manet.

Le poète exploite toutes les ressources de la langue en valorisant aussi les mots par leur rareté et leur nombre limité : on parle parfois de « poésie-télégramme » où chaque mot « coûte » comme dans le sonnet et ses 14 vers ou dans la brièveté extrême du haïku japonais de trois vers, voire du monostiche d'un seul vers. Si le poète peut ainsi rechercher l'intensité de la concision, il peut aussi s'exprimer dans des poèmes longs.

L’enrichissement passe aussi par la recherche (ou, au contraire, par l'évitement) de sens rares et de néologismes (par exemple « incanter » dans Les Sapins d’Apollinaire, qui, « graves magiciens //Incantent le ciel quand il tonne », ou « aube » associé aux Soleils couchants par Verlaine), par les connotations comme l’Inspiration derrière la figure féminine dans les Pas de Paul Valéry (« Personne pure, ombre divine, / Qu’ils sont doux, tes pas retenus ! ») ou par des réseaux lexicaux tissés dans le poème comme la religiosité dans Harmonie du soir de Baudelaire. Le poète dispose d’autres ressources encore comme la place dans le vers ou dans le poème (« trou de verdure » dans le premier vers du Dormeur du val de Rimbaud auquel répondent les « deux trous rouges au côté droit » du derniers vers) ou les correspondances avec le rythme et les sonorités (« L’attelage suait, soufflait, était rendu… » La Fontaine, Le Coche et la Mouche).
Figures de style

Le poète joue également de la mise en valeur des mots par les figures de style comme les figures d’insistance comme l’accumulation, le parallélisme ou l’anaphore (exemple : « Puisque le juste est dans l’abîme, /Puisqu’on donne le sceptre au crime, / Puisque tous les droits sont trahis, / Puisque les plus fiers restent mornes, /Puisqu’on affiche au coin des bornes / Le déshonneur de mon pays… », Victor Hugo, les Châtiments, II, 5), les figures d’opposition comme le chiasme ou l’oxymore (« le soleil noir de la Mélancolie » Gérard de Nerval), les ruptures de construction comme l’ellipse ou l’anacoluthe (« Exilé sur le sol au milieu des huées, /Ses ailes de géant l’empêchent de marcher », Baudelaire l’Albatros) et bien sûr les figures de substitution comme la comparaison et la métaphore, (de Ronsard et Du Bellay à Jacques Prévert ou Eugène Guillevic en passant par Victor Hugo, Apollinaire, les surréalistes et bien d’autres). L’emploi de l’image est d’ailleurs repéré comme une des marques de l’expression poétique ; un seul exemple emblématique de métaphore filée en rendra compte : « (Ruth se demandait…) Quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été / Avait, en s’en allant, négligemment jeté / Cette faucille d’or dans le champ des étoiles », (Victor Hugo, Booz endormi).
Typologie des genres et courants
Pierre de Ronsard, peinture de l'École de Blois - XVIe siècle.

La définition de genres poétiques a toujours été discutée en débattant de critères formels et/ou de critères de contenu (d’objet) et, par ailleurs, la poésie moderne en faisant éclater les genres traditionnels (poésie lyrique, épique, engagée, spirituelle, narrative, descriptive…) et en devenant une expression totalisante et libre rend encore plus difficile la catégorisation12.

Cependant, sans s’enfermer trop dans la terminologie formaliste, on peut observer des « dominantes » clés dans l’expression poétique, Roman Jakobson définissant la dominante comme « l’élément focal d’une œuvre d’art » qui gouverne, détermine et transforme les autres éléments (voir Antoine Compagnon13). L’opposition la plus simple se fait entre une orientation vers la forme (orientation « esthétique ») et une orientation vers le contenu (orientation « sémantique »), évidemment sans exclusion de l’autre puisque d’une part il y a sens dès qu’il y a mots et que, d’autre part, il y a expressivité formelle sans cela il n’y aurait pas écriture poétique. Cette dernière orientation multiple et complexe est parfois dite aussi « ontologique » (comme par Olivier Salzar14), parce que renvoyant « au sens de l’être considéré simultanément en tant qu’être général, abstrait, essentiel et en tant qu’être singulier, concret, existentiel » (TLF). Son champ très vaste peut à son tour être subdivisé en trois dominantes (définies par le modèle du signe présenté par Karl Bühler : « Le signe fonctionne en tant que tel par ses relations avec l’émetteur, le récepteur et le référent »15. Ces trois dominantes, là encore non exclusives, sont la dominante « expressive » ou « émotive » ou lyrique au sens étroit, tournée vers le moi du poète, la dominante « conative », orientée vers le destinataire que le poète veut atteindre en touchant sa conscience et sa sensibilité comme dans la poésie morale et engagée, et la fonction « référentielle », tournée vers un « objet » extérieur, vers le chant du monde dans des perceptions sensibles, affectives ou culturelles comme dans la célébration ou la poésie épique où le poète rend sensible la démesure des mythes.

Mais ce découpage n’est qu’un éclairage : la poésie, plus que tout autre genre littéraire, pâtit de ces approches des « doctes » alors qu’elle est d’abord la rencontre entre celui qui, par ses mots, dit lui-même et son monde, et celui qui reçoit et partage ce dévoilement. En témoigne par exemple une œuvre inclassable comme les Chants de Maldoror de Lautréamont.
Les genres et courants orientés vers la forme
Portrait de José-Maria de Heredia par Émile Lévy.

Plusieurs courants poétiques, au demeurant fort différents entre eux, et relevant de contextes historiques distincts, insistent sur le travail esthétique et la perfection formelle.
Poète « artiste »

Le souci de la forme est bien sûr constant chez les poètes et des règles prosodiques s’élaborent peu à peu aux XVIe et XVIIe siècles (compte du « e muet », diérèse/synérèse, césure, pureté des rimes…) — avec le Parnasse. Cette importance accordée au travail poétique passe par les Grands rhétoriqueurs de la fin du XVe siècle puis la Pléiade et les classiques (« Beauté, mon beau souci » dira François de Malherbe), avant de réapparaître au XIXe siècle en réaction aux effusions et aux facilités de la poésie romantique. Les théoriciens et praticiens de l'art pour l'art, partageant la conviction que « l'art naît de contraintes, vit de lutte et meurt de liberté », comme le dira au siècle suivant André Gide, défendront les règles traditionnelles (vers syllabique, rimes, poèmes à forme fixes comme le sonnet) avec Théophile Gautier ou les Parnassiens comme Théodore de Banville, Leconte de Lisle ou José-Maria de Heredia. Cette conception esthétique16 ira même avec Mallarmé jusqu’à un certain hermétisme en cherchant à « donner un sens plus pur aux mots de la tribu » et à relever des défis formels (comme le sonnet en -ixe/-yx de Mallarmé, les Calligrammes d’Apollinaire, etc.) que systématiseront au milieu du XXe siècle les jeux de l'Oulipo et de Raymond Queneau (Cent mille milliards de poèmes), Jacques Roubaud ou Georges Perec. On peut également, au-delà du paradoxe apparent, rattacher à ce courant poétique qui met l’accent sur la « forme », les démarches d'Henri Michaux dont Le Grand Combat (Qui je fus ?, 1927) est écrit dans une langue inventée faite de suggestion sonore, ou encore les expérimentations « lettristes » d’Isidore Isou.

Les impasses de cette poésie coupée de l'âme et parfois très rhétorique seront régulièrement combattues au nom de la souplesse et de la force de la suggestion, par exemple par Paul Verlaine et les poètes symbolistes ou décadentistes de la fin du XIXe siècle, qui revendiqueront une approche moins corsetée de la poésie. Cette conception d’un art libéré des contraintes l’emportera largement au XXe siècle où la poésie deviendra une expression totalisante, au-delà des questions de forme.

Des formes contraintes comme le haïku, bref poème japonais, relèvent de cette préoccupation formelle tout en lui associant une expression lyrique.
Les genres et les courants orientés vers le fond
Poète « lyrique »
Article détaillé : Lyrisme.
Portrait d'Alphonse de Lamartine par Henri Decaisne.

Si le mot « poétique » a dans son acception quotidienne le sens d’harmonieux et de sentimental, c’est à l’importance de la poésie lyrique qu’il le doit. Celle-ci, orientée vers le « moi » du poète17, doit son nom à la lyre qui a appartenu à Orphée et Apollon et qui, dans l’Antiquité, accompagnait les chants qu’on ne distinguait pas alors de la poésie mais ne doit pas se limiter à la petite musique personnelle du poète chantant un des thèmes traditionnels et a priori poétiques comme l’amour, la mort, la solitude, l’angoisse existentielle, la nature ou la rêverie. En effet la poésie a su faire entrer la modernité dans le champ poétique y compris dans ses aspects les plus surprenants ou les plus prosaïques (« Une charogne » chez Baudelaire, la ville industrielle chez Verhaeren et le quotidien trivial chez Verlaine dans ces vers de Cythère, dans Les fêtes galantes, « l’Amour comblant tout, hormis / La faim, sorbets et confitures / Nous préservent des courbatures »…). En fait la variété des voix est extrême, avec cependant des courants dominants selon les époques, comme le romantisme et le symbolisme au XIXe siècle ou le surréalisme au XXe siècle18.

Les formes évoluent elles aussi passant par exemple du long poème romantique (À Villequier de Victor Hugo ou les Nuits d’Alfred de Musset) au sonnet régulier de Baudelaire puis aux formes libres des symbolistes et à l’expression jaillissante de l’inconscient avec les Surréalistes avant la spontanéité de l’expression orale de Jacques Prévert dans Paroles par exemple.

La poésie lyrique est pour le poète le canal d’expression privilégiée de sa sensibilité et de sa subjectivité que symbolise le Pélican (Nuit de mai) d’Alfred de Musset. Mais cette poésie va au-delà de la confidence pour exprimer l’humaine condition et Hugo proclame dans la Préface des Contemplations : « Quand je parle de moi, je vous parle de vous ! ». Ce « chant de l’âme », domaine privilégié du « je », auquel adhère cependant le destinataire, s’oppose donc à la poésie descriptive et objective voire rhétorique des Parnassiens ou à la poésie narrative des romans du Moyen Âge et au genre épique qui traite de thèmes héroïques et mythiques avec rythme et couleur ou encore à la poésie d’idées (Lucrèce, Ovide, Voltaire) pour laquelle la forme poétique n’est pas le souci premier.
Poète prophète, découvreur du monde
Rimbaud par Étienne Carjat (1872).

L’art de la poésie est aussi traditionnellement associé au « don de poésie », c’est-à-dire à une fonction quasi divine du poète inspiré, en relation avec les Muses et le sacré, à qui revient le rôle de décodeur de l’invisible19 . C’est la conception de l’Antiquité représentée par Platon qui fait dire à Socrate (dans Ion) à propos des poètes : « Ils parlent en effet, non en vertu d’un art, mais d’une puissance divine ». Au XVIe siècle, la Pléiade reprendra cette perspective et Ronsard écrira ces vers dans son Hymne de l'Automne : « M’inspirant dedans l’âme un don de poësie, / Que Dieu n’a concédé qu’à l’esprit agité/ Des poignants aiguillons de sa Divinité./ Quand l’homme en est touché, il devient un prophète ») et c’est dans cette lignée que s’inscriront les poètes romantiques et après eux Baudelaire et les poètes symbolistes. Cette fonction particulière du poète trouvera un partisan exemplaire avec Arthur Rimbaud qui dans sa fameuse lettre à Paul Demeny demande au Poète de se faire « voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens » et d’être « vraiment voleur de feu », et de trouver « du nouveau, - idées et formes », en évoquant ailleurs « l’alchimie du verbe » qui doit être l’instrument du poète-découvreur.

Après la Première Guerre mondiale et après Apollinaire, défenseur lui aussi de « L’esprit nouveau », les surréalistes, héritiers de cet enthousiasme rimbaldien, confieront à l’image poétique le soin de dépasser le réel et d’ouvrir des « champs magnétiques » novateurs mettant au jour l’inconscient, ce que formulera Louis Aragon dans Le Paysan de Paris en parlant de « l’emploi déréglé et passionnel du stupéfiant image ».

Dans les années 1950-1970, revenant sur cette systématisation de l’image, les poètes s’orienteront davantage vers une poésie-célébration, un chant du monde orphique ou vers une poésie lyrique, chant de l’âme qui fait entendre la voix personnelle des poètes comme celle de Jules Supervielle, René Char ou Yves Bonnefoy.
Poète engagé
Portrait de Victor Hugo par Léon Bonnat (1879).
Article détaillé : Poésie engagée.

Cependant20, certains Romantiques et particulièrement Victor Hugo feront entrer le poète dans la Cité en lui attribuant un rôle de guide pour le peuple. De prophète, il devient Messie comme l’expose le célèbre « Fonction du poète » (Les Rayons et les Ombres, 1840) où Victor Hugo définit le poète comme « le rêveur sacré », élu de Dieu « qui parle à son âme », devenu porteur de lumière et visionnaire, « des temps futurs perçant les ombres ». La poésie engagée des Châtiments, à la fois épique et satirique, sera l’étape suivante pour Victor Hugo qui se posera comme l’Opposant à « Napoléon le petit ». Jehan Rictus témoigne avec sa poésie singulière de la vie des pauvres à la fin du XIXe siècle, contrastant avec le naturalisme distancié de Zola.

Les engagements religieux (de Charles Péguy par exemple) ou idéologiques retrouveront au XXe siècle comme un lointain héritage de Ronsard (Discours) ou d’Agrippa d'Aubigné avec Louis Aragon, chantre du communisme (Hourra l’Oural, 1934), Paul Claudel, pétainiste en 1941 (Paroles au Maréchal) ou Paul Éluard (Ode à Staline, 1950) ou encore Jacques Prévert et ses positions anarchisantes dans Paroles (1946-1949).
Léopold Sédar Senghor en 1980

Les poètes de la Négritude, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor notamment, représentent quant à eux une branche particulière de la poésie francophone du XXe siècle, dont l’engagement et les idées véhiculées, très forts, sont encore assez confidentiels en France. Édouard Glissant, poète du « Tout-Monde » et de la « Philosophie de la relation » en sera le digne fils spirituel au XXIe siècle. Aimé Césaire est le chantre des Antilles, ayant la volonté de « plonger dans la vérité de l’être »21, hanté par la question du déracinement des descendants d’esclaves (Cahier d'un retour au pays natal). Léopold Sédar Senghor a créé une poésie à vocation universelle ayant l’espérance comme leitmotiv, l’utilisation de la langue française et les références positives à la culture françaises mêlent aux sujets historiques africains qu’il vivifie (Chaka). Il faut ajouter qu'avec et à la suite de ces deux grands poètes négro-africains, d'autres poètes noirs comme Léon-Gontran Damas, membre du mouvement de la Négritude, David Diop, Jacques Rabemananjara ont mis leur poésie au service de la libération de l'homme noir en général et de l'indépendance du continent africain en particulier. Dans l'après-guerre, René Depestre, poète engagé venu d'Haïti, est une voix qui parle de l'homme noir, mais aussi de l'homme universel. Sans oublier Tchicaya U Tam'si & Léopold Congo-Mbemba qui portent très haut l'exigence de la parole souveraine.

Avec L'Honneur des poètes22, certains poètes participent à la Résistance en publiant clandestinement des œuvres importantes. C’est le cas de Louis Aragon (Les Yeux d’Elsa, 1942 ; La Diane Française, 1944), de Paul Éluard (Poésie et vérité, 1942 ; Au rendez-vous allemand, 1944), de René Char (Feuillets d’Hypnos, 1946) ou de René Guy Cadou (Pleine Poitrine, 1946). Les poètes ne seront d’ailleurs pas épargnés par l’extermination nazie : Robert Desnos mourra au camp de concentration de Theresienstadt et Max Jacob dans le camp de Drancy.
Poésie d'avant-garde
Article détaillé : Avant-garde (poésie).

Une autre forme d'engagement se fait jour au XXe siècle, une poésie contestataire, tant au niveau politique qu’au niveau linguistique. Cet élan, synthétisé sous le nom d’avant-garde, est né avec les Futuristes italiens et russes et le mouvement Dada. Il s'est fondé sur la dénonciation de la liaison entre le pouvoir politique et le langage et s'est développé sous des formes diverses jusqu'à nos jours. Les avant-gardes ont fait évoluer la poésie vers un abandon progressif du vers rimé et mesuré et de la composition en strophes. Cela a commencé avec le « vers libre standard du surréalisme » (Jacques Roubaud) et s'est précipité dans les années 1960 avec une démolition complète, par exemple chez Denis Roche23.
Poésie au XXIe siècle
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De ce fait, la situation est plus complexe au XXIe siècle puisque le terme de « poésie » a en fait recouvert des aspects très différents, celle-ci s’étant dégagée d’une forme versifiée facilement identifiable et même du « poème ». On a cherché la poésie à la limite dans une « expression poétique » indépendante du travail des poètes. Néanmoins la spécificité du texte poétique a demeuré à travers sa densité qui tentait d'exploiter à la fois toutes les possibilités offertes par les spécificités linguistiques. Il est d’ailleurs difficile de traduire un poème dans une autre langue, car la question se pose toujours de savoir s'il faut se préoccuper d’abord du sens ou s'il faut chercher à inventer des équivalences sonores et rythmiques.

Le vers qui tend à s'imposer depuis la fin du XXe siècle est ce que Jacques Roubaud nomme le « vers international libre ». « Il n'est ni compté ni rimé et plus généralement ignore les caractéristiques d'une tradition poétique dans une langue donnée ; il « va à la ligne » en évitant les ruptures syntaxiques trop fortes24. » Ses exigences formelles sont faibles. Il est de ce fait plus facile de le traduire à l'heure de la mondialisation. La différence entre la poésie et la prose est ténue. La poésie se fait par « petites proses courtes » mais non narratives. L'absence de narration devenant alors le marqueur du genre poésie23. On parle également tout simplement de « texte » ou de « document poétique »23. On peut en trouver de nombreux exemples dans les innombrables revues du poésie qui continuent à fleurir, malgré une ambiance peu favorable à leur expression.

La poésie, depuis plus de cinquante ans, n'est que très peu présente dans les journaux et la presse nationale. La diffusion en librairie est de plus en plus restreinte. Elle n'est pas présente non plus à la télévision et on ne choisit plus guère de poètes pour représenter la littérature en France. La poésie perd de son audience, car elle a peu d'importance sur le plan économique, puisque ne se publie que ce qui peut se vendre, d'où la responsabilité de certaines grandes maisons d'éditions.

L'essentiel cependant est ailleurs. Si la poésie aujourd'hui est en effet peu et mal diffusée, si les médias la passent à peu près sous silence, elle est effectivement pratiquée par de très nombreux auteurs - comme en témoignent les publications abondantes et diversifiées des petites maisons d'édition - et lue par beaucoup de lecteurs passionnés. Les revues papier et en ligne jouent à cet égard un rôle décisif. Place de la Sorbonne, par exemple, s'efforce de faire découvrir la poésie vivante dans sa richesse et sa grande diversité, tout en proposant des outils et des éclairages pour mieux la lire. Les blogs ou les très nombreuses lectures ou festivals, comme le Printemps des poètes, le Marché de la poésie ou encore la Journée mondiale de la poésie, témoignent également d'une pratique vivante de la poésie.

L'influence que la poésie exerce sur la production littéraire en général est discrète, voire indirecte, mais réelle. On peut tenir en effet la poésie pour le laboratoire principal où s'élaborent les formes les plus novatrices de l'expression et de la représentation, celles qui bousculent ce que Gustave Flaubert appelle "les formes convenues". Elle travaille incessamment la langue pour que le désir s'y fraie une voix en s'affranchissant de tout ce qui l'aliène. En cela, le poète contemporain s'inscrit bien dans une démarche rimbaldienne: "Donc le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu'il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c'est informe, il donne de l'informe. Trouver une langue" (Arthur Rimbaud, lettre à Paul Demeny du 15 mai 1871).
Un slameur aux États-Unis.

Certaines tentatives, s’expriment avec le soutien de la musique. Le slam, de son côté, décline une certaine idée de la poésie. Il est démocratique au sens où il suppose que « tout le monde est virtuellement poète25. » Il s'agit néanmoins d'émouvoir l'auditoire par les mots. C'est un art d'improvisation poétique qui retrouverait donc la tradition médiévale perdue de la tenson des troubadours qui était néanmoins un genre de poésie savante. Le slam fait resurgir la rime mais dans un état minimal26.

De manière plus générale la poésie dialogue avec les autres arts donnant notamment lieu à des « happenings » où les poètes dialoguent avec les musiciens et les peintres. Des clubs de poésie organisent ainsi des rencontres d'artistes où c'est l'improvisation qui doit gouverner, chaque artiste doit répondre à l'improvisation de l'autre sur le moment. Ce type de représentations se fonde notamment sur l'idée d'une appartenance universelle de l'Art c'est-à-dire de 'idée de l'inspiration comme don. Ainsi l'œuvre réalisé dans ce type de happening est-elle collective dans un sens large puisque non seulement elle n'appartient pas à un artiste mais également parce qu'elle est autant l’œuvre des spectateurs que des artistes. Ce type de « happenings » est très développé notamment en Inde et, dans une moindre mesure, en France.

Jacques Roubaud distingue enfin une dernière catégorie de poésie qu'il appelle « vroum-vroum » et consiste en des performances qui se donnent le nom de poésie, mais ne font pas nécessairement appel au langage. Le modèle invoqué est l'Ursonate de Kurt Schwitters qui relève en réalité plutôt de la musique. Or selon l'universitaire et performeur canadien Yan St-Onge, « L’événement contemporain de poésie peut se penser en trois grandes catégories : la lecture de poésie ou ce qu’on appelait traditionnellement un récital ; le spectacle de poésie au sens d’une mise en scène théâtrale avec des comédiens ; et la poésie-performance27. » De son côté Serge Martin, dans le sillage de la lecture performée ou lecture-performance, place Charles Pennequin en droite ligne de Ghérasim Luca28.

Dans la poésie, l’essentiel demeure néanmoins la prise de conscience de la créativité et de la beauté de la langue. Pour l’amateur de poésie, « au commencement est le Verbe » et sa puissance créatrice qui nourrit la mémoire et « transforme la nuit en lumière »29.
Notes et références

↑ L'article traitera de notions générales mais, destiné à un lectorat francophone, il prendra ses références dans la poésie de langue française.
↑ Aristote, Poétique, Le Livre de Poche, 1990, page 85, notation classique : 1447
↑ « C'est par les Muses et l'archer Apollon qu'il est des chanteurs et des citharistes », dit Hésiode, Théogonie, 94-95.trad. Paul Mazon pour les Belles Lettres, 1928.
↑ « L'évolution de l'art est liée au dualisme de l'apollinisme et du dionysisme »(La Naissance de la tragédie, page 17) Nietzsche nous offre, sous la figure des deux divinités antiques, chacune « patronne » d'un domaine de l'art, Apollon et Dionysos, deux concepts. » Lambert Bernard. Les grandes théories. Nietzsche et le théâtre. In: Littérature, No 9, 1973. Littérature. Février 1973. p. 3-30.[1] [archive]
↑ Friedrich Nietzsche, La Naissance de la Tragédie, éditions Gonthier, collection Méditations, page 17
↑ « La visée du message en tant que tel, l’accent mis sur le message pour son propre compte, est ce qui caractérise la fonction poétique du langage » Roman Jakobson, Linguistique et poétique, 1963
↑ Définition du TLF. Vers : « Segment d'énoncé constituant une unité d'ordre rythmique et phonique fondée sur des règles retenant soit la quantité, l'accentuation soit le nombre des syllabes, et marqué par une légère pause à la lecture et, dans le texte, par une disposition unilinéaire »[2] [archive]
↑ Julien Roumette, Les poèmes en prose, Paris, Ellipses, 2001, 158 p. (ISBN 2-7298-0376-9), p. 6
↑ Yves Vadé, Le poème en prose, Paris, Belin, 1996, 347 p. (ISBN 2-7011-1299-0), p. 19-21
↑ Yves Vadé, Le poème en prose, Paris, Belin, 1996, 347 p. (ISBN 2-7011-1299-0), p. 24
↑ Yves Vadé, Le poème en prose, Paris, Belin, 1996, 347 p. (ISBN 2-7011-1299-0), p. 35
↑ Genres et formes de la poésie Jean-Louis Joubert, 2d. Armand Colin, collection U, 2003
↑ Antoine Compagnon [archive]
↑ par Olivier Salzar [archive]
↑ Jakobson [archive]
↑ « Les Parnassiens se sont opposés au laisser-aller de la forme et du lyrisme confidentiel dont Lamartine et Musset leur semblaient avoir abusé », page 10 - Yann Mortelette Le Parnasse, Presses Paris Sorbonne, 2006
↑ Le lyrisme correspond à la fonction expressive (ou fonction émotive) du langage, relative à l'émetteur. Roman Jakobson la définit ainsi : « elle vise à une expression directe de l'attitude du sujet à l'égard de ce dont il parle »Roman Jakobson, « Closing statements : Linguistics and Poetics », Style in langage, T.A. Sebeok, New-York, 1960. Pour la traduction de Nicolas Ruwet : « Linguistique et poétique », Essais de linguistique générale, Éditions de Minuit, Paris, 1963.
↑ Poemas de amor [archive], poemas-para.com
↑ « Voilà pourquoi au temps de la nuit du monde, le poète dit le sacré (la trace des dieux enfuis). » Martin Heidegger Chemins qui ne mènent nulle part, trad. W. Brokmeier, Gallimard, 1990, p. 327
↑ La poésie engagée. - Anthologie, éd. Gallimard 2001
↑ « plonger dans la vérité de l’être » [archive]
↑ Archives des années noires. Artistes, écrivains et éditeurs, documents réunis et présentés par Claire Paulhan et Olivier Corpet, Institut Mémoires de l'édition contemporaine (IMEC), Paris, 2004, p. 99; François Lachenal, Éditions des Trois Collines, Genève-Paris, IMEC Éditions, Paris, 1995, p. 33-34
↑ a, b et c Roubaud, 2010
↑ Obstination de la poésie [archive] - Jacques Roubaud, Le Monde diplomatique, janvier 2010
↑ Roubaud 2010, p. 23
↑ Roubaud (2010) compare le slam à une composition d'école primaire.
↑ Yan St-Onge, « Chambres de Sébastien Dulude : la poésie-performance et le livre », Cygne noir, no 2,‎ 2014 (ISSN 1929-090X, lire en ligne [archive])
↑ Ghérasim Luca (1913-1994), un nœud critique pour la poésie performance [archive] - Serge Martin, Hypothèses.org, 9 avril 2014
↑ Comme le fait dire Jean-Luc Godard à son héros qui vient lutter contre un monde déshumanisé dirigé par un ordinateur dans Alphaville.

Classification des arts
1er : architecture · 2e : sculpture · 3e : peinture · 4e : musique · 5e : littérature · 6e : spectacle vivant · 7e : cinéma · 8e : télédiffusion · 9e : bande dessinée · 10e : numérique.

Furious Angels - Rob Dougan | Matrix Reloaded
https://www.youtube.com/watch?v=8qWePX39R40
Moby - porcelain
https://www.youtube.com/watch?v=QhZnEagfjTQ

Titre : À l'océan
Poète : René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

Recueil : Les vaines tendresses (1875).

Sonnet.


Océan, que vaux-tu dans l'infini du monde ?
Toi, si large à nos yeux enchaînés sur tes bords,
Mais étroit pour notre âme aux rebelles essors,
Qui, du haut des soleils te mesure et te sonde ;

Presque éternel pour nous plus instables que l'onde,
Mais pourtant, comme nous, œuvre et jouet des sorts,
Car tu nous vois mourir, mais des astres sont morts,
Et nulle éternité dans les jours ne se fonde.

Comme une vaste armée où l'héroïsme bout
Marche à l'assaut d'un mur, tu viens heurter la roche,
Mais la roche est solide et reparaît debout.

Va, tu n'es cru géant que du nain qui t'approche :
Ah ! Je t'admirais trop, le ciel me le reproche,
Il me dit : « Rien n'est grand ni puissant que le Tout ! »

René-François Sully Prudhomme.

Le Hussard sur le toit.

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ET
SENTIMENTS
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