Le clans des mouettes

ainsi est la force.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.

Aller en bas 
AuteurMessage
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Jeu 25 Jan à 10:02

poesies russes
https://sites.google.com/site/sarahcosarahstruve/poesie-russe

Николай Некрасов: Коробушка / Nikolaï Nekrassov: Le colporteur
http://stengazeta.over-blog.com/article-nikolai-nekrassov-nikolai-nekrassov-le-colporteur-52638309.html

STENGAZETA ~ ПАРИЖСКАЯ СТЕНГАЗЕТА
Бывают годы когда хотелось бы ни черта не делать / Il y a des années où on a envie de rien faire.
http://stengazeta.over-blog.com/article-vera-inber-la-fille-de-nagasaki---c-52620862.html

La crédulité se forge plus de miracles que l'imposture peut en inventer.
Joseph Joubert.

Le mot substance (du latin substantia, de substare, être dessous; du grec hypokeimenon) signifie :

la matière dont quelque chose est formée (substance dure, molle) ;
ce qu'il y a d'essentiel dans un ouvrage, dans un acte, ... : la substance d'un entretien ; la « substantifique moelle » (F. Rabelais) ;
ce qu'il y a de meilleur, de plus nourrissant : les plantes tirent leur substance de la terre.

Dans le langage courant, le mot substance a pris une signification le plus souvent matérielle. Par exemple, il est souvent employé pour désigner les substances chimiques (dans le sens de composé chimique).

En philosophie, ou mieux en ontologie, le mot substance désigne ce qu'il y a de permanent dans les choses qui changent et donc le fondement de tout accident. La substance est en effet un concept essentiel de la métaphysique et de l'ontologie non métaphysique. Dans ce sens, les interprétations varient entre ceux qui ne reconnaissent qu'une substance (monistes) et ceux qui en reconnaissent deux (philosophie dualiste) ou plusieurs (philosophie pluraliste).

Cet article traite d'abord de la substance au sens philosophique. Il aborde des généralités sur la substance chimique. La substance peut aussi être chimique.

Définition

Des points de vue philosophique ou métaphysique, la substance est la réalité permanente qui sert de substrat aux attributs changeants. La substance est ce qui existe en soi, en dessous des accidents, sans changements ; ce qui en fait un concept synonyme de l'essence. Elle s'oppose aux accidents variables, qui n'existent pas en et par eux-mêmes, mais seulement dans la substance et par la substance. Le terme vient du latin substare, se tenir dessous ; de substantia, ce qui est dessous, le support.

Dans son sens premier, la substance est conçue comme existant par soi, car, dans le cas contraire, elle serait attribut d'un autre être et substance seulement dans un sens relatif.

Cela pose la question de savoir quels sont les êtres qui sont sans le secours d'aucun autre, qui sont donc substance en un sens premier et absolu.
Sens philosophique
Conception traditionnelle dans la philosophie occidentale
Article détaillé : Substance (Aristote).

Dans la conception traditionnelle de la philosophie, la substance correspond à l’οὐσία de la philosophie d'Aristote. Il faut faire attention au fait que le terme ousia peut prendre plusieurs sens. L’ousia est la première des dix catégories définies par Aristote dans les Catégories.
Modes et attributs de la substance
Article détaillé : Théorie du substratum.

Dans la tradition millénaire d'Aristote, ainsi que dans les traditions du début des temps modernes (XVIe siècle) qui l'ont suivie, les substances sont traitées comme ayant des attributs et des modes.

Ces concepts aident à expliquer, par exemple, les transitions entre états. Si l'on prend une quantité d'eau et qu'on la fait geler pour la transformer en glace. La théorie de la substance affirme qu'il y a une « substance » inchangée à travers cette transition, qui est à la fois l'eau liquide et aussi la glace. Elle affirme que l'eau n'est pas remplacée par la glace - c'est la même matière. Si c'est vrai, alors l'humidité de l'eau, la dureté de la glace, ne sont pas essentielles à la matière sous-jacente.

Le point de vue aristotélicien sur Dieu considérait Dieu comme à la fois ontologiquement et causalement antérieur à toutes les autres substances. D'autres, parmi lesquels Spinoza, affirmaient que Dieu est la seule substance. La substance, selon Spinoza, est une et indivisible, mais elle a de multiples modes. Ce que nous appelons d'ordinaire le monde naturel, avec tous les individus qui le composent, est immanent en Dieu : d'où l'expression fameuse Deus sive Natura (« Dieu ou la Nature »).
Questions autour de la substance au XVIIe siècle

À la suite de la controverse ptoléméo-copernicienne, s'est posée la question du sens à donner au mot substance.

Descartes a commencé à aborder cette question dans les Méditations sur la philosophie première (1641). Il pose la question de la substance dans la méditation troisième. Jusque dans la cinquième partie, il traite de l'Homme comme d'une substance pensante (res cogitans). Il n'aborde les autres aspects de la substance que dans la sixième partie, faisant une distinction assez nette entre substance corporelle (res extensa) et substance intelligente (res cogitans) :

« Je reconnais aussi en moi quelques autres facultés comme celles de changer de lieu, de se mettre en plusieurs postures, et autres semblables, qui ne peuvent être conçues, non plus que les précédentes, sans quelque substance à qui elles soient attachées, ni par conséquent exister sans elle ; mais il est très évident que ces facultés s'il est vrai qu'elles existent, doivent être attachées à quelque substance corporelle ou étendue, et non pas à une substance intelligente, puisque, dans leur concept clair et distinct, il y a bien quelque sorte d'extension qui se trouve contenue, mais point du tout d'intelligence. »

Descartes, qui était réticent à aborder ce thème de la philosophie scolastique, s'étendit beaucoup plus longuement sur la question de la substance dans Les Principes de la philosophie (1644). Il conserva néanmoins la croyance en la transsubstantiation afin d'éviter d'être condamné par les tribunaux de l'Église comme l'avait été Galilée.[réf. nécessaire]

Descartes a donc opposé le corps et l'esprit, le corps étant une substance matérielle, étendue, et l'esprit une substance pensante, non étendue. Il s'agit d'un exemple type de dualisme de substance. [réf. nécessaire]
Article détaillé : Dualisme de substance.

Si Descartes rechigna à user du concept de substance, Leibniz n'entend pas renier ce concept greco-scolastique1, mais il le juge différemment :

« Les Monades n’ont point de fenêtres, par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir. Les accidents ne sauraient se détacher, ni se promener hors des substances, comme faisaient autrefois les espèces sensibles des Scolastiques. Ainsi ni substance, ni accident peut entrer de dehors dans une Monade. » 2

La monadologie de Leibniz distingue entre substance simple et substance composée : la substance simple est propre aux différentes monades - impénétrables et procédant de la Monade (divine) - ; celles-ci s'associant dans la constitution des formes de substance composée, avec lesquelles apparaît la matérialité, le quantitatif, et susceptibles d'une décomposition et d'une identification des qualités introduites par la substance (simple) des différentes monades.

Sur la question de savoir quels sont les êtres qui sont sans le secours d'aucun autre, c'est-à-dire sans interdépendance, Descartes et Spinoza répondent que Dieu seul est cette substance indépendante.
Critiques philosophiques de la notion de substance

George Berkeley (Traité des principes de la connaissance humaine, 1710), immatérialiste, soutient qu'"exister, c'est être perçu ou percevoir". Dès lors, la substance matérielle n'est qu'un ensemble de perceptions. Le mot "matière" ne correspond à rien. "La seule chose dont nous nions l'existence est celle que les philosophes appellent matière ou substance corporelle."

David Hume, empiriste et sceptique, rejette la notion de substance. "L'idée d'une substance aussi bien que celle d'un mode n'est rien qu'une collection d'idées simples unies par l'imagination auxquelles on a laissé un nom particulier."3. Le moi n'est qu'"un faisceau ou une collection de différentes perceptions qui se succèdent".

Kant fait entrer la substance dans la catégorie relation (substance et accident, cause et effet, réciprocité). Il insiste sur la notion de permanence : "l'immuable dans l'existence, c'est-à-dire la substance" (Critique de la raison pure). Il donne aussi le "critère empirique" d'une substance : l'action.

Alfred North Whitehead, dans Process and Reality (1929), nie les substances, il observe plutôt des processus de réalisation, des "événements", des occasions qui sont en interaction.

Gaston Bachelard a placé le concept de substance parmi les notions élémentaires dont il faut dépasser les attraits pour le rendre conforme à l'esprit scientifique : « En réalité, il n'y a pas de phénomènes simples ; le phénomène est un tissu de relations. Il n'y a pas de nature simple, de substance simple : la substance est une contexture d'attributs. »4
Dans les religions

Les substances sont différentes et variées. Elles sont plus ou moins riches.
Christianisme

La substance est une notion employée dans le christianisme au sujet de l'Eucharistie.

La substance est l'un des concepts métaphysiques clés employés dans la philosophie scolastique. Cette philosophie résulte de la réconciliation entre la philosophie d'Aristote et la philosophie chrétienne, aux XIIe et XIIIe siècles. La conception de la substance développée dans l'Antiquité a été reprise par Thomas d'Aquin (1225-1274), puis développée par des métaphysiciens tels que le jésuite Francisco Suárez (1548-1617).

L'importance de la substance est rappelée dans l'encyclique Fides et ratio de Jean-Paul II :

« Un grand défi qui se présente à nous au terme de ce millénaire est de savoir accomplir le passage, aussi nécessaire qu'urgent, du phénomène au fondement. Il n'est pas possible de s'arrêter à la seule expérience ; même quand celle-ci exprime et manifeste l'intériorité de l'homme et sa spiritualité, il faut que la réflexion spéculative atteigne la substance spirituelle et le fondement sur lesquels elle repose. Une pensée philosophique qui refuserait toute ouverture métaphysique serait donc radicalement inadéquate pour remplir une fonction de médiation dans l'intelligence de la Révélation. »5

On note une différence entre l'Église catholique, qui parle de transsubstantiation, et d'autres Églises, qui parlent plutôt de consubstantiation.
Philosophie indienne

Dans le cadre traditionnel des Veda, la substance a été retenue comme la première des sept catégories dans la théorie des catégories élaborée par les systèmes Nyâya et Vaisheshika ; cette dernière étant une philosophie atomique de la nature. De son côté, le bouddhisme substituant l'idée d'une évolution à celle d'un être stable rejette le concept de substance. Pour lui, le monde repose sur des « dharmas », des facteurs rendant les existences transitoires possibles sous forme de phénomènes.
Articles détaillés : Philosophie indienne, Madhyamaka et Cittamatra.
La substance dans les rapports entre l'Homme, la Nature, et Dieu
Substance et Nature dans le christianisme

Concernant la nature humaine, l'Église, suivant saint Paul (chapitre 12 de l'épître aux Thessaloniens [archive]) considère qu'il y a unicité de la nature entre l'esprit, l'âme et le corps :

« Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et que tout ce qui est en vous, l'esprit, l'âme et le corps, se conserve sans reproche jusqu'au jour de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! »

L'unité de l'âme a été rappelée au quatrième concile de Constantinople (869).

L'Église l'exprime encore de la façon suivante :

« L'unité de l'âme et du corps est si profonde que l'on doit considérer l'âme comme la forme du corps ; c'est-à-dire, c'est grâce à l'âme spirituelle que le corps constitué de matière est un corps humain et vivant ; l'esprit et la matière, dans l'homme, ne sont pas deux natures unies, mais leur union forme une unique nature. » 6

L'Homme comme substance

Il existe plusieurs manières de concevoir l'Homme :

l'homme est substance à l'égard de la Nature, mais non en comparaison de Dieu ;
l'homme n'est pas une substance, mais un mode de la substance divine ou de la Nature.

Dans le premier cas, l'homme peut être tenu pour un être indépendant, un empire dans un empire bien qu'il subsiste avec l'aide de Dieu.

En revanche, dans le second cas, l'homme, en tant que modification d'une substance totale, est déterminé par les lois de celle-ci (qu'il s'agisse d'un dieu immanent, transcendant, ou de la nature).
Substances et connaissance
Les substances dans la Nature

La Nature nous présente ordinairement des formes identifiables : une feuille, une toile d'araignée, un œuf. Mais, on rencontre aussi des éléments moins familiers : de la résine, de la cendre, de l'argile, ainsi que les diverses matières que le corps produit. Privées de forme propre, ces matières nous échappent matériellement ainsi que d'une certaine façon conceptuellement. Il s'agit de substances.

Considérons ainsi un œuf, si naturellement beau et prometteur ; s'il vient à nous glisser des doigts, l'œuf éclaté perd sa cohésion naturelle. Ceci était un futur volatile, maintenant on est en présence de deux substances inattendues ; substances bien différentes et qui s'interpénètrent sans se mêler, en contournant les fragments de la coquille : qu'est-ce ? Qu'est devenu ce volatile si volatil ?

Scientifiquement, on parle donc naturellement de substance dans un contexte d'ignorance.
Substance chimique
Article détaillé : Substance chimique.

Le premier rôle du chimiste - assisté parfois du physicien - est de repousser l'ignorance en procédant à l'identification, ou caractérisation, de toute substance de quelque origine. Ses méthodes et outils permettent de repousser ou de contourner les limites des sens et de l'expérience commune : il procède à une analyse. Dans un second temps, ses connaissances lui permettront de procéder à des synthèses, même de substances non naturelles qu'il nommera produits artificiels ou de synthèse, ou encore composés chimiques.

La chimie fait donc généralement appel au terme « substance » quand aucune autre caractéristique ne peut utilement désigner ou définir le corps en question. À commencer donc dans le temps précédant les opérations d'analyse, par exemple, différentes substances sont apportées dans les centres anti-poison, qu'il s'agisse de poudres, de solutions, ...

Si l'analyse, l'identification, sont fructueuses, le chimiste a recours à un terme représentatif de la connaissance de la matière : ceci est du fer, ceci est un métal, un cristal, un polymère, etc. Mais, si l'analyse révèle un mélange, il est encore contraint d'utiliser le terme substance : le radium est un élément radioactif, mais un minerai de radium est une substance radioactive, ou encore le lait est une substance alimentaire d'origine animale... L'œuf lui apparaît ainsi constitué de deux corps - un organique et un minéral - (l'albumine du blanc et le calcaire de la coquille) et d'une substance complexe (le jaune), dont l'inventaire est confié au biochimiste...

Une substance, en chimie, est un échantillon homogène de matière de composition chimique pratiquement définie ; exemples : le sel pur, le sucre pur, le fer pur, l'eau pure.
Notes et références

↑ Josiane Boulad Ayoub, « Descartes face à Leiniz sur la question de la substance », Philosophiques, vol. 11, no 2,‎ 1984 (lire en ligne [archive])
↑ Leibniz, Monadologie, paragraphe 7
↑ (Hume, Traité de la nature humaine (1739-1740), trad. André Leroy, Aubier, 1962, t. I, p. 81.
↑ Gaston Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, Paris, PUF, 1934, p. 152.
↑ Encyclique Fides et ratio (1998), § 83
↑ Jean-Paul II, Catéchisme de l'Église catholique, numéro 365, p. 84

Bibliographie

Aristote, Métaphysique, livre Z.
Thomas d'Aquin, Somme de théologie.
Descartes, Principes de la philosophie, I, 51-54.
Gaston Bachelard, Le Nouvel esprit scientifique, Paris, PUF, 1934, p. 152.
Jean-François Courtine, Les catégories de l'être, Paris, Presses universitaires de France, 2003.
André Motte, Pierre Somville (éds.), Ousia dans la philosophie grecque des origines à Aristote, Louvain-la-Neuve, Peeters 2008.
Michel Bastit, La substance: essai de métaphysique, Paris, Editions Parole et Silence, 2012.

Voir aussi
Articles connexes

La substance en philosophie et sociologie

Accident (philosophie) | Essence (concept)
Ousia selon Aristote
La substance, telle que définie dans l'Éthique de Spinoza
Substance illicite (ou Drogue)
La substance sociale, reconnaissance de tous les individus d'une société
Esprit
Gaston Bachelard, sur l'interprétation par l'homme de la nature de certaines substances, et autres états de la matière tels que le feu
Substantialisme
Concept (philosophie)
Liste des concepts de la philosophie

La substance dans la religion chrétienne

Transsubstantiation | Consubstantiation
Ecclesia de Eucharistia (17 avril 2003)
Importance du fondement et de la métaphysique dans l'encyclique Fides et ratio 14 septembre 1998

Liens externes

Substance [archive] Howard Robinson, Stanford Encyclopedia of Philosophy
17th Century Theories of Substance [archive] Tad Robinson, Internet Encyclopedia of Philosophy

RAPPORT DU
CITOYEN TIGNARD YANIS
SOUS L’ÉGIDE
DE Y'BECCA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Jeu 25 Jan à 10:08

Gaston, Louis, Pierre Bachelard, né à Bar-sur-Aube le 27 juin 1884 et mort à Paris le 16 octobre 1962, est un philosophe français des sciences, de la poésie et du temps. Il est l'un des principaux représentants de l'école française d'épistémologie historique.

Naissance
27 juin 1884
Bar-sur-AubeVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
16 octobre 1962 (à 78 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
FrançaisVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Agrégation de philosophieVoir et modifier les données sur Wikidata
École/tradition
épistémologie historique, rationalisme
Principaux intérêts
Épistémologie, philosophie des sciences, mathématiques, physique, poésie, littérature
Idées remarquables
Psychanalyse de la connaissance objective
Obstacle épistémologique
Théorie poétique des quatre éléments
Œuvres principales
La Formation de l'esprit scientifique
La Psychanalyse du feu
L'Eau et les Rêves
Influencé par
Kant, Hegel, Schopenhauer, Comte, Nietzsche, Lautréamont, Bergson, Freud, Jung
A influencé
Canguilhem, Althusser, G. Durand, Simondon, Dagognet, Foucault, Jodorowsky, Bourdieu, Le Moigne, Lecourt, Sloterdijk, Parrochia, M. Serres
Enfant
Suzanne Bachelard Voir et modifier les données sur Wikidata

Épistémologue reconnu, il est l'auteur d'une somme de réflexions liées à la connaissance et à la recherche scientifique. Il invente ce qu'il appelle la « psychanalyse de la connaissance objective », inspirée par les travaux de Jung, qui introduit et étudie la notion d'obstacle épistémologique : ce sont des obstacles affectifs dans l'univers mental du scientifique et de l'étudiant, obstacles qui les empêchent de progresser dans la connaissance des phénomènes1. Dans La Philosophie du non, il analyse des exemples tirés de la logique, de la physique, de la chimie ou encore des mathématiques.

Bachelard renouvelle l'approche philosophique et littéraire de l'imagination, s'intéressant à des poètes et écrivains (entre autres Lautréamont, Edgar Poe, Novalis), à des peintres (Jean Revol), au symbolisme ou encore à l'alchimie.

Il interroge les rapports entre la littérature et la science, c'est-à-dire entre l'imaginaire et la rationalité. Ils peuvent être conflictuels ou complémentaires. Une image au fort pouvoir affectif provoquera des illusions pour le scientifique (l'image du feu par exemple pourra obstruer la connaissance de l'électricité). Mais cette même image produira en littérature des effets inattendus et surchargés poétiquement : son pouvoir de fascination sera très important (chez Novalis ou Hölderlin par exemple pour l'image du feu)2. La rêverie poétique « sympathise » intimement avec le réel, tandis que l'approche scientifique est « antipathique » : elle prend ses distances avec la charge affective du réel.

Bachelard a également étudié les notions de temps et d'instant, en dialogue parfois polémique avec la philosophie bergsonienne.

Biographie
Les débuts et la guerre
Façade peinte en hommage à Gaston Bachelard, à Bar-sur-Aube, sa ville natale.

Gaston Bachelard est né le 27 juin 1884, à Bar-sur-Aube en Champagne. Il fait sa scolarité au collège de Bar-sur-Aube de 1895 à 1902. Il est répétiteur de 1902 à 1903 au collège de Sézanne et devient par la suite surnuméraire des Postes et Télégraphes à Remiremont de 1903 à 1905. De 1906 à 1907, il effectue son service militaire comme cavalier télégraphiste au 12e Régiment de Dragons de Pont-à-Mousson3.

Il est ensuite nommé Commis des Postes et Télégraphes à Paris (bureau de la gare de l'Est) de 1907 à 1913. Il prépare un concours d'ingénieur des Postes en 1912, auquel il échoue. Il obtient une licence de mathématiques4.

Il se marie à Maisons-les-Soulaines le 8 juillet 1914 avec Jeanne Rossi, une jeune institutrice de son pays. Puis il est mobilisé du 2 août 1914 au 16 mars 1919, dans le régiment du 12e dragon de Pont-à-Mousson puis au 5e régiment de Dragons5 en 1915, pour enfin rejoindre le 8e régiment du Génie jusqu'à la fin de la guerre, ce qui fait 38 mois de tranchées dans les unités combattantes. Il obtient la Croix de guerre (citation à l'ordre de la division)3.
La carrière d'enseignement
Le lycée industriel Gaston Bachelard (Paris 13e), nommé en l'honneur du philosophe qui fut également professeur de physique.

Après la guerre, de 1919 à 1930, il exerce le métier de professeur de physique et de chimie au Collège de Bar-sur-Aube. À cette époque, tous deux vivent dans le petit village voisin de Voigny – logeant dans l'école communale –, dont la rue principale porte aujourd'hui le nom de Jeanne Bachelard, et le chemin qu'empruntait le professeur pour se rendre à Bar-sur-Aube, fut localement appelé le chemin « Gaston Bachelard ». Sa femme meurt le 20 juin 1920 et lui laisse une fille, Suzanne, née le 18 octobre 1919, qui deviendra plus tard épistémologue6. En 1920 toujours, Bachelard est licencié en philosophie après un an d'études. Il poursuit avec l'agrégation de philosophie, obtenue en 1922, à la suite de quoi il enseigne cette discipline à Bar-sur-Aube, tout en continuant son enseignement dans les sciences expérimentales3.

Le 23 mai 1927, il acquiert le titre de Docteur ès lettres à la Sorbonne. Ses thèses, dont la première est l'Essai sur la connaissance approchée, furent soutenues sous les patronages d'Abel Rey et de Léon Brunschvicg. Il est chargé de cours à la faculté des lettres de Dijon à partir d'octobre 1927, puis professeur de philosophie de 1930 à 1940. Il s'y lie d'amitié avec Gaston Roupnel7.

Dix ans plus tard, le 25 août 1937, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur. Il deviendra professeur à la Sorbonne, de 1940 à 1954. Il occupe la chaire d'histoire et de philosophie des sciences, où il succède à Abel Rey, directeur de l'Institut d'histoire des sciences et des techniques. Le 10 juillet 1951, il est fait Officier de la Légion d'honneur. Il deviendra ensuite, en 1954, professeur honoraire à la Sorbonne, chargé de l'enseignement correspondant à sa chaire pour l'année universitaire 1954-19553.
Fin de carrière et honneurs
La tombe de Gaston et Suzanne Bachelard à Bar-sur-Aube, ville natale du philosophe.

Bachelard est élu à l'Académie des sciences morales et politiques, fauteuil d'Edouard Le Roy, en 1955. Il est nommé Commandeur de l'Ordre du Mérite Postal par décret du 24 janvier 1956. Il est fait Commandeur de la Légion d'honneur en 1960. Il obtient le 6 novembre 1961 le Grand Prix national des Lettres. Il meurt à Paris le 16 octobre 1962, et il sera inhumé le 19 à Bar-sur-Aube3. Il donne quelques indications personnelles dans son dernier ouvrage, La Flamme d'une chandelle, et sur sa jeunesse en particulier, dans La Psychanalyse du feu.
Influences reçues
Place au sein de l'épistémologie française

Bachelard s'inspire du positivisme d'Auguste Comte pour fonder une approche moderniste, méthodique et historique de la science. Il substitue à la loi des trois états8 sa propre vision du processus scientifique, dont les étapes principales sont le « réalisme naïf », le « rationalisme » et le « surrationalisme » (ou « rationalisme dialectique »)9. Bachelard s'oppose cependant à la conception continuiste de l'histoire des sciences, qui est celle du positivisme, et la remplace par sa propre conception discontinuiste (par ruptures et polémiques), proche de celle d'Alexandre Koyré et plus tard de celle de Thomas S. Kuhn10.

Bachelard s'oppose à la conception du temps et du réel de Bergson dans L'Intuition de l'instant (1932) et La Dialectique de la durée (1936, rééd. en 1950), ses « deux seuls livres ouvertement métaphysiques » selon Pascal Nouvel, spécialiste de philosophie des sciences. Bachelard récuse en effet la notion bergsonienne de « continuité »11. Pour Bachelard, le temps est au contraire une « suite d'instants ». C'est la volonté qui institue une cohésion entre les instants, et nous fait penser à une durée continue, qui n'est pas la définition réelle du temps12.

Mais Bachelard reçoit l'influence de la philosophie bergsonienne de la mobilité, citée nommément à de nombreuses reprises dans L'Air et les Songes (1943)13.

Parmi ses contemporains, la philosophie des sciences de Bachelard est proche de celle de Ferdinand Gonseth concernant la logique mathématique. Ce dernier considérait la logique comme « une physique de l'objet quelconque » et soutenait qu'il n'est pas possible de faire le partage, dans les assertions mathématiques, entre ce qui est pure logique et contenu de réalité14.

Bachelard est considéré comme un précurseur par les tenants contemporains du constructivisme épistémologique, notamment Jean-Louis Le Moigne15.
Philosophie allemande

Bachelard reçoit l'influence de trois principaux courants de pensée : l'épistémologie française (d'obédience positiviste), l'idéalisme allemand et ses successeurs (Kant, Novalis, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche), et la psychanalyse (surtout jungienne). Jean-Jacques Wunenburger explique que Bachelard fait communiquer la tradition française, faite de clarté et de rationalité analytique, avec la tradition allemande, faite de poésie et d'images synthétiques de la Nature. Il est positiviste en philosophie des sciences et romantique en philosophie de la poésie, mais Wunenburger ajoute que Bachelard ne maintient pas cette dualité de façon indépassable, au contraire il cherche à réduire le fossé entre les deux traditions (c'est la « pensée rhénane » de Bachelard)16. Bachelard tente d'éviter deux écueils, n'admettre que la raison positiviste, ou bien se perdre dans une vision extatique du monde.

Bachelard reprend à Kant l'idée que la théorie est logiquement antérieure à l'expérience et informe celle-ci. La connaissance objective est une reconstruction de l'expérience sensible, laquelle n'est jamais donnée ou immédiate. Mais Bachelard critique le caractère a priori (universellement valide) que Kant assigne aux catégories. Les théories sont majoritairement erronées et la science avance en se corrigeant continuellement17.

Il reprend à Hegel l'idée que la rationalité est essentiellement « dialectique », c'est-à-dire en mouvement. La connaissance scientifique est un aller et retour permanent entre la raison et l'expérience, et la raison se corrige elle-même, elle ne produit pas des théories figées, mais des théories qui évoluent. Bachelard propose ainsi une définition de la rationalité complexe et subtile, qui suit les articulations de son objet en l'intériorisant. Mais il critique le caractère « clos » de la dialectique hégélienne, qui se referme sur elle-même et forme un système achevé. Il élabore au contraire une raison « ouverte », qui se réforme et qui produit constamment, faisant avancer le savoir humain sans limite définie18.
Psychanalyse
Les travaux du psychologue analytique Carl Gustav Jung ont inspiré à Bachelard méthode et objets d'étude.

Bachelard réinterprète les conceptions psychanalytiques de Freud (inconscient, censure, rêve, libido), qu'il utilise à la fois dans son épistémologie (conçue comme une psychanalyse de la connaissance objective) et dans sa poétique (conçue comme une psychanalyse de l'imagination subjective). Ses deux ouvrages de 1938, La Psychanalyse du feu et La Formation de l'esprit scientifique introduisent la psychanalyse dans sa pensée. Bachelard utilise cependant davantage les idées de C. G. Jung, de Marie Bonaparte et de Charles Baudouin que de Freud lui-même19.

Bachelard reprend à C. G. Jung sa théorie des symboles et sa notion d'archétype. Sa lecture de C. G. Jung, mais aussi des surréalistes l'amène à comprendre l'imaginaire et non la perception comme l'origine première de la vie psychique. Il écrit : « Nous emprunterons alors la plupart de nos arguments à la Psychologie des profondeurs »20 et « nous allons réunir et compléter les observations de C. G. Jung en attirant l'attention sur la faiblesse des explications rationnelles [utilitaires] »21.

Face à la multiplication des références faites par les psychanalystes à l'œuvre de Bachelard, précisons la contribution de la pensée de ce philosophe et historien de l’avènement de l’esprit scientifique faite au domaine de la psychologie au sens large, afin d'en comprendre l'imbrication avec le rêve-éveillé en psychanalyse22.

À la lumière de l'œuvre écrite, le psychanalyste Louis Coste explique que Bachelard est un rationaliste qui considère que la conscience humaine est tendue vers l’abstraction. Mais au lieu de rejeter le monde du sensible, il décrit et classe les catégories de la rêverie. Bachelard écrit : « Un esprit préscientifique, au moment où vous tentez de l'embarrasser par des objections sur un réalisme initial, sur sa prétention à saisir, du premier geste, son objet développe toujours la psychologie de cette stimulation qui est la vraie valeur de conviction, sans jamais en venir systématiquement à la psychologie du contrôle objectif »23. Il en conclut que le monde fait de rêverie, d’imagination et de poésie est celui de l’image qui est indépendant du monde rationnel du concept, en affirmant qu'« Il faut donc accepter une véritable rupture entre la connaissance sensible et la connaissance scientifique »24.

À cette unique condition l’Homme peut atteindre « la physique de la sérénité » et devenir un être en harmonie parfaite avec le cosmos. Bachelard écrit que « c'est dans cette lumière, sur ces hauteurs, avec la conscience de l'être aérien que se constitue cette physique de la sérénité qui nous paraît caractériser l'œuvre de Robert Desoille. L'élévation de l'âme va de pair avec sa sérénité »25. La métaphore de la physique de la sérénité semble contredire la validité de la segmentation opérée par Bachelard[réf. nécessaire].

Quant au statut de l’inconscient, Bachelard admet certes, l’inconscient freudien, l’inconscient jungien et admire aussi l’œuvre de Robert Desoille, au sens où tous ces travaux contribuent à l’éclosion et à l’affermissement de la puissance créatrice de l’être humain. Car, pour Bachelard, l'homme est ergothérapeute de soi[réf. nécessaire]. Il écrit en effet que « L'être forgeant accepte le défi de l'univers dressé contre lui »26. Nous sommes aux antipodes de la mise en avant de la nécessité du transfert, puisque la solitude au contraire, rapproche l’Homme de sa vraie nature cosmique. D'où cette conviction que l’être, par la rêverie, se dilate au cosmos, et s’y fond comme dans une Grande Mère Nature. Mais aussi que, par une tension opérée dans le sens opposé, celui de la condensation et de l’abstraction, l’Homme adhère également au cosmos.

Finalement, pour Bachelard, la notion même d’individu est, comme l’axiome, un moyen de prospection dans l’univers et non pas une fin. Car il n’est jamais sûr que ce soit le sujet qui pense. Bachelard est même convaincu que l’univers pense le sujet. Il écrit que

   « La rêverie poétique est une rêverie cosmique [...] Elle donne au moi un non-moi ; le non-moi mien. C'est ce non-moi qui enchante le moi du rêveur et que les poètes savent nous faire partager. Pour mon moi rêveur, c'est ce non-moi mien qui me permet de vivre ma confiance d'être au monde27. »

Position dont l’interprétation poussée à la limite, se trouve en adéquation avec celle de Spinoza28 et d'Einstein29 : la liberté de l’être humain se limite à choisir les moyens qui vont l’amener à saisir ce qui, dans l’espace-temps, le situe.
Philosophie des sciences
Divergences avec l'épistémologie viennoise
Le chef de file du Cercle de Vienne, Moritz Schlick, en 1930. L'épistémologie de Bachelard prend une voie différente de celle des néopositivistes.

Bachelard et d'autres philosophes français des sciences ont eu de profonds désaccords avec l'empirisme logique concernant à la fois le statut de la logique, et donc des mathématiques qui ne seraient pas une syntaxe universelle, et le rôle de l'observation et de l'expérimentation dans le processus scientifique, et des outils et instruments utilisés témoins d'un objectif recherché14.

L'empirisme logique soutient un « désengagement ontologique radical » et ne se soucie pas du « contexte de la découverte », contrairement à l'épistémologie bachelardienne30. Cela veut dire que l'empirisme logique a décidé d'abandonner la métaphysique, la question du « pourquoi ? » et la spéculation sur la réalité, pour ne conserver que l'analyse et la construction logique des énoncés, laissant à la science le soin de décrire les phénomènes31. L'empirisme logique a également abandonné l'étude du contexte historique, social, politique de la découverte scientifique, au contraire de Bachelard et ses successeurs de l'épistémologie historique française (Canguilhem, Althusser, Foucault), qui étudient les mentalités et les idéologies liées aux théories scientifiques.

Pierre Jacob, spécialiste français du Cercle de Vienne et de philosophie des neurosciences, estime que les héritiers de Gaston Bachelard en matière d'épistémologie, comme Althusser ou Foucault, ont retenu essentiellement « les quatre thèses suivantes »32.

Première thèse : les instruments scientifiques sont des « théories matérialisées » (c'est la « phénoménotechnique »)33. Et donc toute théorie est une pratique. Deuxième thèse : toute étude épistémologique doit être historique. Troisième thèse : il existe une double discontinuité : d'une part entre le sens commun et les théories scientifiques ; d'autre part entre les théories scientifiques qui se succèdent au cours de l'histoire. C'est la « rupture épistémologique ». Quatrième thèse : aucune philosophie (traditionnelle) prise individuellement (ni l'empirisme, ni le rationalisme, ni le matérialisme, ni l'idéalisme) n'est capable de décrire adéquatement les théories de la physique moderne. C'est le « polyphilosophisme » ou la « philosophie du non ».

Bachelard soutient en effet qu'il faut construire une nouvelle philosophie de la science et une nouvelle métaphysique à chaque nouvelle théorie scientifique d'importance. C'est ce qu'il s'emploie à faire dans Le Nouvel Esprit scientifique et dans La Philosophie du non, où Bachelard s'attelle à la définition d'une épistémologie « non-cartésienne » et d'une logique « non-aristotélicienne ».
Le nouvel esprit scientifique
Représentation d'un espace non euclidien. Bachelard cherche à tirer les conséquences métaphysiques de la révolution géométrique opérée par Lobatchevski.

Dans son ouvrage essentiel Le Nouvel Esprit scientifique (1934)34, Gaston Bachelard opère un dépassement du débat entre l'empirisme et le rationalisme, tout comme Karl Popper, deux auteurs que l'on oppose parfois35. Pour Bachelard, le « rationalisme appliqué » se trouve au centre d'un spectre épistémologique dont les deux extrémités sont constituées par l'idéalisme et le réalisme36. Bachelard développe son épistémologie en relation étroite avec les dernières nouveautés scientifiques de son époque, entre 1928 et 1953 : la relativité générale et la mécanique quantique37.

Pour Georges Canguilhem, son continuateur qui s'intéresse surtout aux sciences médicales et biologiques, « En 1934 Le Nouvel Esprit scientifique vient frapper de stupeur bien des philosophes. Dès le début, Bachelard proclame que « la science crée de la philosophie » »38. Véronique Le Ru, spécialiste de la pensée du philosophe, ajoute que « Bachelard opère ainsi une véritable révolution copernicienne : alors que traditionnellement, la philosophie est posée comme la reine des sciences, la science est désormais pensée comme ce qui donne du grain à moudre aux philosophes »1.

La « philosophie du non » de Bachelard pose la question de savoir pourquoi il faut parler de « géométrie non euclidienne » ou de « mécanique non newtonienne ». Bachelard répond : « La généralisation du non doit inclure ce qu'elle nie » et aussi « En fait tout l'essor de la pensée scientifique depuis un siècle provient de telles généralisations dialectiques avec enveloppement de ce qu'on nie »39. C'est donc une négation certes, mais constructive et enveloppante.

Armé de son expérience d'enseignant de sciences physiques en lycée, Bachelard considère que l'essentiel de la pédagogie dans les sciences consiste à éveiller les élèves au « sens du problème » car les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes40. Toute connaissance est la réponse à un questionnement.

Ses idées ayant de nombreuses affinités avec celles de Ferdinand Gonseth41, il contribue avec celui-ci à la création et au rayonnement de la revue Dialectica en 1947.

Bachelard est classé par Jean-Louis Le Moigne parmi les précurseurs du constructivisme épistémologique15. Bachelard résume sa critique de l'opinion non construite ainsi :

   « L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S’il n’y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n’est donné. Tout est construit. »

— Gaston Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique42
Philosophie poétique
Projet de métapoétique

Dans la deuxième partie de son œuvre, après l'épistémologie et à partir de 1937, Bachelard se consacre à une étude approfondie de l'imaginaire poétique. Dans un texte resté célèbre, le dormeur éveillé, il déclare : « Notre appartenance au monde des images est plus forte, plus constitutive de notre être que notre appartenance au monde des idées ». Il plaide alors pour les douceurs de la rêverie et se laisse aller aux évocations que lui inspire « la flamme d'une chandelle ».

Bachelard consacre à Lautréamont un livre éponyme, dans lequel il développe sa théorie de la poésie. Il établit le projet d'une « métapoétique » dans cette étude43.

Il reprend les notions nietzschéennes de désir, de puissance et d'ascension44, qu'il applique à ses psychologies du feu et de l'air.
Les quatre éléments
Les quatre éléments, sources de l'inspiration poétique selon Bachelard.

Bachelard classe les inspirations poétiques en quatre catégories, correspondant aux quatre éléments des Anciens et des alchimistes : l'eau45, le feu46, l'air47 et la terre48. Il écrit : « La rêverie a quatre domaines, quatre pointes par lesquelles elle s'élance dans l'espace infini. Pour forcer le secret d'un vrai poète [...], un mot suffit : « Dis-moi quel est ton fantôme ? Est-ce le gnome, la salamandre, l'ondine ou la sylphide ? ». »49,50. Ces quatre catégories sont autant de méthodes poétiques et psychanalytiques d'approche des textes littéraires.

Dans La Psychanalyse du feu, Bachelard évoque les quatre éléments, bien qu'il centre son ouvrage sur le feu. Ce livre inaugure la série d'ouvrages que Bachelard va consacrer aux éléments : cette série commence donc par le feu, puis l'eau (L'Eau et les rêves : Essai sur l'imagination de la matière), l'air (L'Air et les Songes : Essai sur l'imagination du mouvement), la terre (La Terre et les Rêveries du repos et La Terre et les Rêveries de la volonté), et s'achève par l'élément par lequel Bachelard avait commencé, celui qui le fascine le plus personnellement : le feu, dans son autobiographie La Flamme d'une chandelle. Suzanne Bachelard, sa fille, éditera l'œuvre posthume Fragments d'une Poétique du Feu (constituée de trois chapitres respectivement sur Prométhée, le Phénix et Empédocle), ce qui fait trois ouvrages sur le feu au total.
Les poètes
Le feu
Cocktail flambé. Bachelard analyse l'imaginaire du feu et de l'alcool dans La Psychanalyse du feu.

Pour le feu, Bachelard évoque Héraclite, Empédocle, Novalis51, Hölderlin, Hoffmann, le Werther de Goethe. Le feu est particulièrement vif dans le courant romantique, à cause de la consumation totale du moi dans la nature qu'il inspire. Les poètes animés par la « salamandre » ont ainsi en commun cette volonté de dispersion du moi dans les choses : la légende dit qu'Empédocle s'est jeté dans l'Etna52 ; Héraclite fait du « feu » (τὸ πῦρ), perpétuellement en devenir, le principe au cœur des choses qui crée et consume le monde sans fin53 ; et Werther finit par se suicider pour un amour impossible54.

Hölderlin écrit un roman intitulé Hypérion et trois versions d'une tragédie inachevée sur Empédocle, exprimant la nostalgie de ce retour au sein de la Nature, de laquelle il se sent exilé, avant de sombrer dans la folie2 :

   « Alors qu'Hypérion choisit une vie qui se mêle plus intimement à la vie de la Nature, Empédocle choisit une mort qui le fond dans le pur élément du Volcan. Ces deux solutions, dit fort bien M. Pierre Bertaux, sont plus proches qu'il ne semble à première vue. Empédocle est un Hypérion qui a éliminé les éléments werthériens, qui, par son sacrifice, consacre sa force et n'avoue pas sa faiblesse ; […]. La mort dans la flamme est la moins solitaire des morts. C'est vraiment une mort cosmique où tout un univers s'anéantit avec le penseur. Le bûcher est un compagnon d'évolution. »

La production poétique de Novalis, quant à elle, fut aussi intense que courte. Bachelard en dit55 :

   « Toute la poésie de Novalis pourrait recevoir une interprétation nouvelle si l'on voulait lui appliquer la psychanalyse du feu. Cette poésie est un effort pour revivre la primitivité. […] Voici alors, dans toute sa claire ambivalence, le dieu frottement qui va produire et le feu et l'amour. »

L'eau
Des gouttes de rosée. Bachelard analyse l'imaginaire de l'eau, qui est lié à l'amour chez Novalis.

Pour l'eau, Bachelard évoque Edgar Poe, dans L'Eau et les Rêves (ch. 2 : « Les eaux profondes, les eaux dormantes, les eaux mortes. "L'eau lourde" dans la rêverie d'Edgar Poe »)56. Dans La Psychanalyse du feu, il parle de l'« étang de la Maison Usher »57. Bachelard parle également de Novalis, qui exprime dans son Henri d'Ofterdingen (roman inachevé) des images de maternité et de jeunes filles au contact de l'eau58 :

   « Les êtres du rêve, chez Novalis, n'existent donc que lorsqu'on les touche, l'eau devient femme seulement contre la poitrine, elle ne donne pas des images lointaines. »

De plus, pour Novalis, l'eau est une « flamme mouillée ». On voit bien ici que, dans l'imaginaire poétique, les quatre éléments ne sont pas cloisonnés de manière rigide ; ils peuvent au contraire communiquer, comme chez Novalis où l'eau transfigure le feu et vice-versa. Bachelard classe aussi Swinburne parmi les poètes hantés par l'« ondine ».

Bachelard est cité en incipit de Bulles de Peter Sloterdijk, un ouvrage également consacré à l'imaginaire aquatique au cours de l'histoire de l'humanité.
L'air
Le poète autrichien Rainer Maria Rilke, en 1900, classé par Bachelard parmi les poètes aériens.

Pour l'air, Bachelard consacre un long passage à Nietzsche dans L'Air et les Songes (ch. 5 : « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »). Il s'intéresse ainsi à l'esthétique (Le Cas Wagner) et à la production poétique (Gai savoir59 et Ainsi parlait Zarathoustra, entre autres) de Nietzsche, en plus de lui emprunter certaines de ses intuitions sur le désir et sur l'imagination. Il déclare60 :

   « Nietzsche est le type même du poète vertical, du poète des sommets, du poète ascensionnel. »

L'esthétique nietzschéenne se caractérise par la légèreté, notamment dans les arts rythmiques (musique, danse et poésie), contre la « lourdeur névrotique »61 de Wagner. Bachelard analyse aussi, dans le même livre, les poètes marqués par la « sylphide » que sont Shelley (« poésie aérienne », p. 52), Balzac (« ascension psychologique vécue », p. 70) et Rilke (« impression dynamique de légèreté », p. 44). Sa psychologie de l'air s'inspire de manière remarquable de la métaphysique bergsonienne de la mobilité, notamment lorsque Bachelard caractérise l'élément aérien comme la coïncidence mouvante de l'être intime (l'être du rêveur-poète) avec l'Être tout entier (l'être cosmique) : le monde est lui-même « voyage », et le rêveur voyage avec le monde, non dans le monde : la fusion aérienne n'est pas la consumation brûlante de l'être que l'on trouve dans la poésie marquée par l'élément du feu.

   « Jamais le rêveur aérien n'est tourmenté par la passion. (p. 57) »

En effet, le poète de l'air se meut dans la douceur ; il est transporté, protégé, comme le rêveur de l'eau qui est bercé par l'eau maternelle. La continuité entre l'eau et l'air se manifeste précisément dans le passage du transport flottant bercé par les eaux au transport volant porté par les airs. Au contraire, le poète du feu risque la dissolution complète de son être dans l'élément naturel, il dissipe toute protection dans une rêverie flamboyante et passionnée.

Néanmoins, l'air et le feu ont en commun l'élévation, l'ascension :

   « La méditation de la flamme a donné au psychisme du rêveur une nourriture de verticalité, un aliment verticalisant. Une nourriture aérienne, allant à l'opposé de toutes les « nourritures terrestres », pas de principe plus actif pour donner un sens vital aux déterminations poétiques. »

— La Flamme d'une chandelle (1961), p. 4.
La terre
Citations de Bachelard, sur une façade en son hommage à Bar-sur-Aube.
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Gaston Bachelard analyse l'imaginaire de la terre dans deux ouvrages : La Terre et les Rêveries de la volonté et La Terre et les Rêveries du repos.
Philosophie du temps

Bachelard travaille sur la notion de temps principalement dans deux ouvrages, L'Intuition de l'instant (1932) et La Dialectique de la durée (1936, rééd. en 1950). Il propose sa version de la rythmanalyse, méthode qu'il reprend au philosophe portugais Lúcio Alberto Pinheiro dos Santos (en).
Postérité
Épistémologie et philosophie des sciences

La philosophie de Bachelard a largement influencé l'épistémologie historique, la philosophie des sciences et la sociologie françaises, notamment Koyré, Althusser, Canguilhem, Simondon, Foucault, Dagognet, Bourdieu62.

Bachelard construit sa théorie de la connaissance essentiellement à partir de la physique, des mathématiques, de la chimie et de la logique ; Canguilhem étudiera la biologie et la médecine, en tenant compte également de l'apport de Bergson. Althusser développera la notion de « coupure épistémologique » en référence à la « rupture épistémologique » bachelardienne. Quant à Simondon, il tentera une synthèse du bergsonisme et du bachelardisme.

Michel Serres qualifie Bachelard comme le dernier des symbolistes, qui sature l'espace de symboles au croisement de la science et de la culture63.
Herméneutique et philosophie de l'imagination
Le philosophe Peter Sloterdijk en 2009, un des herméneuticiens influencés par Bachelard.

Les réflexions de Bachelard sur l'imagination, la poésie et le symbolisme, très influencées par le surréalisme naissant, ont marqué le travail de certains penseurs de l'herméneutique et de la philosophie postmoderne tels que Ricœur, Deleuze, Derrida et Sloterdijk ou encore de l'anthropologie culturelle comme Gilbert Durand. Georges Gusdorf, qui a été l'élève de Bachelard, reçoit son influence pour son livre Mythe et métaphysique (1953).

Ricœur rend hommage à la « phénoménologie de l'imagination » de Bachelard dans La Métaphore vive64.

Deleuze discute l'interprétation bachelardienne des images poétiques utilisées par Nietzsche dans son œuvre, et notamment dans le Zarathoustra. Pour Bachelard, les images nietzschéennes sont essentiellement aériennes, signes d'un penseur qui nous regarde du haut des cimes. Pour Deleuze au contraire, Nietzsche est un penseur terrestre, dont le credo « mes amis, restez fidèles à la terre » est partout manifeste. Nietzsche serait plutôt le philosophe des profondeurs, qui nous met en garde contre les envolées mystiques et les ascensions religieuses65.

Sloterdijk prolonge les analyses de Bachelard sur l'imaginaire et le symbolisme aquatiques dans sa trilogie des Sphères. Sloterdijk analyse l'imaginaire aquatique dans l'histoire de la pensée humaine. La filiation avec L'Eau et les Rêves de Bachelard est explicite66. Morgan Gaulin, chercheur en texte et médias, écrit que la poétique de l'espace de Bachelard a aussi influencé Sloterdijk :

   « La microsphérologie qui fait l'objet de ce premier tome [Bulles] veut donc s'attarder à l'espace intérieur comme réflexion sur l'intime, et Sloterdijk veut montrer par là que les sciences humaines ont toujours eu à se fonder sur des poétiques, ce sur quoi il rejoint la poétique de l'espace de Gaston Bachelard qu'il cite d'ailleurs en incipit67. »

Le critique et professeur Jean-Pierre Richard s'inspire de Bachelard dans ses analyses littéraires. Le cinéaste et écrivain Alejandro Jodorowsky affirme également avoir été marqué par l'enseignement du philosophe français à propos de l'alchimie, auquel il a assisté lors de son séjour à Paris en 195368.
La question de la métaphore
Le philosophe Jacques Derrida, portraituré par Pablo Secca, a critiqué la théorie bachelardienne de la métaphore.

Jacques Derrida se propose de critiquer le projet métapoétique de Bachelard, dans le cadre d'une étude de la métaphore69. Pour l'inventeur de la déconstruction, l'ensemble de la tradition philosophique a toujours voulu dominer le processus métaphorique, le rationaliser, en faire un domaine contingent et sensible à côté de l'intelligibilité pure, reproduisant en cela la dualité platonicienne. Or, « Bachelard est, sur ce point, fidèle à la tradition : la métaphore ne lui paraît pas constituer simplement, ni nécessairement, un obstacle à la connaissance scientifique ou philosophique »70.

Dans la perspective derridienne, rien ne peut échapper à la métaphore, aucun discours ne peut prétendre la dominer, c'est-à-dire n'être pas lui-même métaphorique, empreint de double sens. Il n'y a que la métaphore elle-même qui soit « dominée » par le processus métaphorique, emportée vers l'autodestruction71. Or, l'œuvre poétique de Bachelard (notamment son Lautréamont) est en fait complice de son œuvre épistémologique (notamment La Formation de l'esprit scientifique). L'œuvre de Bachelard se conçoit, selon Derrida, comme le double projet d'une métapoétique (discours philosophique sur la poésie, qui fonde la possibilité d'une analyse littéraire descriptive et objective72, qui passe par la classification des métaphores) et d'une psychanalyse de la connaissance (analyse et épuration des obstacles affectifs à la recherche scientifique, afin de parvenir à des théories rationnelles et rigoureuses).

Mais cette classification des métaphores n'est possible que si le philosophe se place en un lieu où il n'est pas affecté par le processus métaphorique lui-même dans la production de son discours. Une métaphore ne peut maîtriser une métaphore : il faut déterminer un concept de métaphore, qui ne soit pas lui-même métaphorique. Et c'est précisément cette distanciation rationnelle du philosophe, donc cette classification des métaphores (irrationnelles, mais déterminables rationnellement), qui est impossible pour Derrida : la métaphore traverse l'ensemble du discours, y compris et surtout le discours philosophico-scientifique. « La philosophie, comme théorie de la métaphore, aura d'abord été une métaphore de la théorie »73. Le mot « théorie » lui-même est métaphorique, il désigne l'action de « voir », d'après l'étymologie grecque.
Œuvres
Signature de Gaston Bachelard.

L'intégralité de l'œuvre de Bachelard est tombée dans le domaine public en 2012 au Canada (soit 50 ans après le décès de l'auteur). Cette réglementation, propre à ce pays, ne s'applique pas partout.

   Essai sur la connaissance approchée, thèse principale, Paris, Vrin, 1927 (ISBN 2-7116-0042-4)
   Étude sur l'évolution d'un problème de physique. La propagation thermique dans les solides, Paris, Vrin, 1927 (ISBN 2-7116-0043-2)
   La Valeur inductive de la relativité, Paris, Vrin, 1929 (ISBN 2-7116-8004-5)
   Le Pluralisme cohérent de la chimie moderne, Paris, Vrin, 1929 (ISBN 2-7116-0044-0)
   L'Intuition de l'instant. Étude sur la Siloë de Gaston Roupnel, Paris, Stock, 1932 (ISBN 2-253-94197-2)
   Les Intuitions atomistiques : essai de classification, Boivin, 1933 (rééd. Vrin)
   Le Nouvel Esprit scientifique, Alcan, 1934 (ISBN 2-13-054249-2)
   La Dialectique de la durée, Boivin, 1936 (ISBN 2-13-054961-6)
   L'Expérience de l'espace dans la physique contemporaine, Alcan, 1937
   La Formation de l'esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective, Paris, Vrin, 1938 (ISBN 2-7116-1150-7)
   La Psychanalyse du feu, Paris, Gallimard, 1938 (ISBN 2-07-032325-0)
   Lautréamont, José Corti, 1939 (nouvelle édition 1951) (ISBN 2-7143-0124-X)
   La Philosophie du non : essai d'une philosophie du nouvel esprit scientifique, PUF, 1940 (ISBN 2-13-054984-5)
   L'Eau et les rêves : Essai sur l'imagination de la matière, José Corti, 1941 (ISBN 2-253-06099-2)
   L'Air et les Songes : Essai sur l'imagination du mouvement, José Corti, 1943 (ISBN 2-253-06100-X)
   La Terre et les Rêveries du repos, José Corti, 1946 (ISBN 2-7143-0299-Cool et (ISBN 2-7143-0876-7)
   La Terre et les Rêveries de la volonté, José Corti, 1948 (ISBN 2-7143-0823-6)
   Le Rationalisme appliqué, PUF, 1949, (ISBN 2-13-054442-Cool
   Paysages. Étude pour quinze burins d'Albert Flocon, PUF, 1950
   L'Activité rationaliste de la physique contemporaine, PUF, 1951 (ISBN 2-13-028523-6)
   Lettres à Louis Guillaume (1951-1962), La Part commune, 2009 (ISBN 2-84418-151-1)
   Le Matérialisme rationnel, PUF, 1953 (ISBN 2-13-056285-X)
   La Poétique de l'espace, PUF, 1957 (ISBN 2-13-054444-4)
   La Poétique de la rêverie, PUF, 1960 (ISBN 2-13-054950-0)
   La Flamme d'une chandelle, PUF, 1961 (ISBN 2-13-053901-7)
   Le Droit de rêver, posthume, PUF, 1970 (préfaces, articles, études, de 1939 à 1962) (ISBN 2-13-056363-5)
   L'Engagement rationaliste, posthume, Paris, PUF, 1972.
   Épistémologie, textes choisis par Dominique Lecourt, PUF, 1972 (ISBN 2-13-044684-1)
   Études (« Noumène et microphysique », « La Critique du concept de frontière épistémologique », « Idéalisme discursif », « Lumière et substance » et « Le monde comme caprice et miniature »), Vrin, 1972 (ISBN 2-7116-0046-7)
   Fragments d'une Poétique du Feu, posthume, édité par Suzanne Bachelard, PUF, 1988 (ISBN 2-13-041454-0)

Articles principaux

   « L'idonéisme ou l'exactitude discursive » [archive], in Études de philosophie des sciences. En hommage à Ferdinand Gonseth, Neuchâtel (Suisse) : Éditions du Griffon, 1950, p. 7-10.
   « La création ouverte », in Le Long voyage (monographie consacrée aux tapisseries d'Asger Jorn et de Pierre Wemaëre), Bibliothèque d'Alexandrie, Paris, décembre 1960.
   « Lettre-préface » à Jean Cocteau, Clair-obscur, Paris, Points, 2007.
   « Matière et main », in À la gloire de la main (collectif), eaux-fortes de Christine Boumeester, Roger Chastel, Pierre Courtin, Jean Fautrier, Marcel Fiorini, Albert Flocon, Henri Goetz, Germaine Richier, Jean Signovert, Raoul Ubac, Roger Vieillard, Jacques Villon et Gérard Vulliamy, aux dépens d'un amateur, Paris, 1949.

RAPPORT DE
WIKIPÉDIA


Dernière édition par yanis la chouette le Jeu 25 Jan à 10:16, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Jeu 25 Jan à 10:13

Jacques Derrida (de son vrai nom Jackie Derrida) est un philosophe français né le 15 juillet 1930 à El Biar (Algérie) et mort le 9 octobre 2004 à Paris.

Professeur à l'École normale supérieure, puis directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, il a créé et développé l'école de pensée autour du déconstructionnisme. Dans la lignée de Freud et de Heidegger1, Derrida remet en question la phénoménologie et la métaphysique traditionnelle et introduit une nouvelle manière de penser les sciences humaines2.

Le point de départ de son œuvre est une critique de la linguistique et de la place dominante qu'elle occupe dans le champ des sciences humaines. Dans son ouvrage De la grammatologie (1967), Derrida montre que le modèle linguistique alors dominant repose sur une contradiction : la langue serait constituée d'une parole orale, dont l'écriture serait la transcription. La vraie langue (la langue originaire) serait donc la langue orale. Mais la linguistique s'appuie sur la langue écrite pour la structure de la langue, de sorte que l'origine de la langue écrite est la parole vive, mais que l'origine de la parole vive est la langue écrite. Derrida transpose ici dans le domaine de la linguistique le questionnement de l'origine qui était celui de Husserl dans L'Origine de la géométrie (1954)3 et introduit la notion de "supplément originaire", ou simplement de "supplément"4.

Cette contradiction de l'origine, posée d'abord — au niveau de la langue — entre parole et écriture, va ensuite se répercuter dans tous les domaines où Derrida portera son investigation : structure d'un texte et supplément n'entrant pas dans cette structure mais la fondant (le pharmakon5 platonicien6), œuvre d'art et cadre ou marge de l'œuvre (le parergon7)8, mort d'une idéologie et principe fondateur de cette idéologie (Spectres de Marx), donner la mort et assumer la responsabilité de la mort donnée (Donner la mort9)10, interrogations sur l'hostilité et l'hospitalité11'12, sur la différence sexuelle13…

La pensée de Jacques Derrida a eu et continue d'avoir une immense audience aux États-Unis où elle est emblématique de ce qu'on y appelle la French Theory. En 2007, Derrida était considéré par The Times Higher Education Guide14 comme le troisième auteur le plus cité dans les ouvrages de sciences humaines de l’année.

Naissance
15 juillet 1930
El Biar (Algérie)
Décès
9 octobre 2004 (à 74 ans)
Paris (France)
Nationalité
FrançaisVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
École normale supérieure
Université Harvard
Université de Paris (doctorat)Voir et modifier les données sur Wikidata
École/tradition
Déconstruction, philosophie postmoderne
Principaux intérêts
Ontologie, linguistique, analyse littéraire, esthétique, psychanalyse, féminisme, éthique, politique
Idées remarquables
Déconstruction du phallogocentrisme, différance, trace, dissémination, apories, événement, don
Œuvres principales
De la grammatologie
L’écriture et la différence
La carte postale. De Socrate à Freud et au-delà
Donner le temps 1. La fausse monnaie
Influencé par
Platon, Hegel, Kierkegaard, Marx, Nietzsche, Freud, Saussure, Husserl, Heidegger, Bataille, Lacan, Desanti, Levinas, Blanchot, Jabès, Foucault
A influencé
de Man, Rorty, Kofman, Lacoue-Labarthe, Nancy, Sloterdijk, Spivak, Stiegler, Butler, Ronell, Kopić, Caputo
Enfant
Daniel Agacinski (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Prix Theodor-W.-Adorno (2001)

Une enfance algéroise

Jacques Derrida est le troisième fils d’Aimé Derrida, Juif d'origine séfarade et de Georgette Sultana Esther Safar15 qui est issue d'une famille juive d'Algérie et dont les aïeux établis depuis des siècles en Algérie reçurent la nationalité française lors de la promulgation du décret Crémieux en 187016.

Il grandit en Algérie française et subit les lois de Vichy en 1940 lorsque sa famille est déchue pendant deux ans de la nationalité française17. De 1935 à 1941, il va à l'école maternelle et primaire d'El-Biar. Les enfants sont obligés de manifester leur attachement au Maréchal de multiples manières. Derrida, en qualité de juif, doit laisser au deuxième de la classe sa place pour le lever de drapeau. Son frère et sa sœur ont été exclus de l'école pour la même raison18. En 1941, il est lui-même exclu du lycée Ben Aknoun et il est inscrit jusqu'en 1943 au lycée Émile-Maupas, mais il ne supporte pas l'atmosphère communautaire. Il retourne au lycée Ben Aknoun en 1944.

Derrida connaît ainsi, durant sa jeunesse, une scolarité mouvementée. Il voit les métropolitains comme oppresseurs et normatifs, normalisateurs et moralisateurs. Sportif, il participe à de nombreuses compétitions sportives et rêve de devenir footballeur professionnel. Mais c'est aussi à cette époque qu'il découvre et lit des philosophes et écrivains comme Jean-Jacques Rousseau, Friedrich Nietzsche, André Gide et Albert Camus. Il commence à écrire un « journal intime ». En 1947-1948, en classe de philosophie au lycée Gautier d'Alger, il lit Bergson et Sartre. En 1948, inscrit en lettres supérieures au lycée Bugeaud, il est marqué par la lecture de Kierkegaard et Heidegger19.
Les années de formation en France

En 1949, il va en France pour étudier en classe de première supérieure au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il se lie d'amitié avec Pierre Bourdieu, Lucien Bianco, Michel Deguy ou Louis Marin. Son professeur de philosophie Étienne Borne trouve que ses dissertations sont « plotiniennes19 ». Il entre — après deux échecs — à l'École normale supérieure en 1952. Il y fait la rencontre de Louis Althusser, agrégé-préparateur. Derrida milite dans des groupes d'extrême gauche non communiste.

Après sa licence en lettres à l'université de Paris, il part aux Archives Husserl de Louvain en 1953-1954. Il obtient le diplôme d'études supérieures en philosophie avec un mémoire concernant Le Problème de la genèse dans la philosophie de Husserl20, influencé par les travaux de Jean Hyppolite, Tran Duc Thao et Jean Cavaillès. Il suit les cours de Michel Foucault.

Reçu quatorzième au concours d'agrégation de philosophie de 195621, après un échec en 1955, il part à l'université Harvard comme special auditor. Il commence la traduction et l'introduction de L'Origine de la géométrie de Husserl. Il se marie en juin 1957 avec Marguerite Aucouturier, une psychanalyste qu'il a rencontrée en 1953 par l'intermédiaire de son frère qui étudiait avec lui à l'École normale supérieure.

Il effectue son service militaire de 1957 à 1959 (en pleine guerre d'Algérie) comme enseignant dans une école d'enfants de troupe près d'Alger22. Il rencontre souvent Pierre Bourdieu à Alger. Il condamne la politique coloniale de la France et espère une forme d'indépendance pour l'Algérie où pourraient coexister les Algériens et les Français d'Algérie23.

En 1959, Derrida est affecté au lycée Montesquieu du Mans en classe de lettres supérieures et est invité à la première décade de Cerisy-la-Salle (cycle de conférences auquel il sera invité quatre fois). Il fait son premier voyage à Prague pour rendre visite à la famille de son épouse.

L'année suivante il devient assistant à la faculté des lettres de l'université de Paris. Il y enseignera jusqu'en 1964 (« philosophie générale et logique »). Il publie à cette époque dans les revues Critique et Tel Quel (où sa première contribution date de 1965) et se lie d'amitié avec Philippe Sollers. Il fréquente également Robert Antelme, Pierre Boulez, Jean Genet, Pierre Klossowski, Francis Ponge et Nathalie Sarraute.
Des débuts en philosophie

En 1963, naît son premier fils avec Marguerite Aucouturier, Pierre. La même année, il donne une conférence au Collège philosophique sur Michel Foucault en sa présence et critique sa thèse sur la folie à propos de Descartes24.

Il rencontre Hélène Cixous, avec laquelle il entretient une longue amitié et partage de nombreuses activités à la fois politiques et intellectuelles, comme les commencements de l'université Paris-VIII, le Centre national des lettres (aujourd'hui Centre national du livre) — 1981-1983 —, le Parlement international des écrivains, le Comité anti-apartheid, des colloques, ou encore des séminaires au Collège international de philosophie. Ils partagent certaines publications communes ou croisées, comme Voiles, avec des dessins d'Ernest Pignon-Ernest, (Galilée, 1998), Portrait de Jacques Derrida en jeune saint juif (Galilée, 2001), H.C. pour la vie, c’est à dire… (Galilée, 2002). Derrida voit en Hélène Cixous le plus grand écrivain vivant de langue française.

En 1964, il obtient le prix Jean-Cavaillès (prix d'épistémologie) pour la traduction et le commentaire de l'Origine de la géométrie d'Edmund Husserl25. Il est ensuite nommé maître-assistant d'histoire de la philosophie à l'École normale supérieure sur recommandation d'Althusser et Jean Hyppolite26. Il conservera ce poste pendant vingt ans.

Sa participation au colloque de Baltimore à l'université Johns-Hopkins marque le début de ses fréquents voyages aux États-Unis et de l'introduction de la nouvelle pensée française sur le continent nord-américain. La polémique débute en Amérique entre les partisans et les adversaires de la « déconstruction ». Derrida rencontre à cette occasion Jacques Lacan et Paul de Man.
Les premiers succès et l'invention de la « déconstruction »

En 1967, ses trois premiers livres sont publiés. Il prononce une conférence à la Société française de philosophie sur « La différance » et publie ses trois grands livres : De la grammatologie, L'écriture et la différence, La voix et le phénomène. Il côtoie régulièrement Edmond Jabès, Gabriel Bounoure ou Maurice Blanchot et s'associe progressivement à Jean-Luc Nancy, Philippe Lacoue-Labarthe et Sarah Kofman. Les éditions Galilée sont fondées à cette époque et deviennent la « voix » de la déconstruction.

En 1967, naît son second fils avec Marguerite Aucouturier, Jean. Le couple s'installe à Ris-Orangis, dans une maison acquise en 1968, où ils resteront jusqu'au bout.

Derrida participe aux défilés de Mai 1968 et organise la première assemblée générale à l'École normale supérieure.

Il est accueilli avec une grande hospitalité aux États-Unis, il enseigne dans des dizaines d'universités tandis que son travail se heurte en France à une opposition massive27.

En 1970, son père Aimé meurt d'un cancer à l'âge de 74 ans.

En 1971, il revient en Algérie après neuf ans d'absence. Il y donne cours et conférence.

En 1974, il met en place un Groupe de recherches sur l'enseignement supérieur philosophique et s'engage contre la Loi Haby de 1975.

En 1975, il devient professeur invité à l'université Yale puis à l'université Cornell comme A. D. White Professor-at-large.

En 1977, il signe les Pétitions françaises contre la majorité sexuelle adressée au Parlement, appelant à l’abrogation de plusieurs articles du Code pénal sur la majorité sexuelle et la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France) avec Michel Foucault, René Schérer, Gabriel Matzneff, Tony Duvert, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et André Glucksmann, Roland Barthes, Guy Hocquenghem, Jean Danet, Alain Robbe-Grillet, Philippe Sollers et Françoise Dolto.

En 1978, Jacques Derrida prend l'initiative de lancer les États généraux de la philosophie à la Sorbonne. Il s'implique de plus en plus dans des actions politiques, domaine qu'il avait apparemment écarté de sa vie professionnelle (il est resté en retrait par rapport aux événements de mai 1968). Ainsi, il soutient toute sa vie la cause démocratique en Afrique du Sud, ce qu'il nomme « l'admiration » de Nelson Mandela ; un de ses ultimes textes, in articulo mortis, est consacré au sujet de la réconciliation (Commission de la vérité et de la réconciliation).

En 1980, en vue de poser sa candidature au poste de professeur laissé vacant par Paul Ricœur à l'université Nanterre-Paris-X, Derrida soutient à l'université Paris-I une thèse28 pour le doctorat d'État sur la base d'un ensemble d'anciens travaux des années 1967 et 197229. Le poste à Paris-X fut cependant supprimé par la ministre Alice Saunier-Séïté.

En 1981, il fonde l'association Jean-Hus avec Jean-Pierre Vernant qui aide les intellectuels tchèques dissidents. Il sera arrêté et brièvement emprisonné à Prague (des agents des services tchèques ont dissimulé de la drogue dans ses bagages) à la suite d'un séminaire clandestin. C'est François Mitterrand qui le fera libérer.
Un philosophe de renommée internationale
Jacques Derrida avec Chinmoy Guha

Il fonde le Collège international de philosophie en 1983 avec François Chatelet, Jean Pierre Faye et Dominique Lecourt. L'une des traces les plus visibles dans son travail de ce que certains ont considéré comme sa « politisation » aura été la publication en 1993 de Spectres de Marx.

En 1984, alors toujours maître-assistant, il devient directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

En 1984, naît son troisième fils, Daniel Agacinski, issu de sa relation hors mariage avec Sylviane Agacinski. Jacques Derrida aura eu donc trois enfants, trois fils.

Il est Distinguished Professor en philosophie, français et littérature comparée à l'Université de Californie à Irvine aux États-Unis à partir de 1986.

Le 5 décembre 1991, sa mère Georgette meurt. Les derniers mois de vie ont suscité chez Derrida la rédaction d'un texte autobiographique mêlé de réminiscences augustiniennes, Circonfession30. La même année 1991, Pierre Bourdieu et Yves Bonnefoy tentent de le faire élire au Collège de France : mais sa candidature suscite une levée de boucliers et se conclut par un échec31.

En 1995, Jacques Derrida est membre du comité de soutien à Lionel Jospin. Mais il refuse de l'être en 2002, en raison notamment du jugement qu'il porte sur la politique du gouvernement socialiste sur l'immigration. Sylviane Agacinski, qui fut la compagne de Derrida dont elle a eu un fils, écrit dans son Journal interrompu, publié après la défaite de Jospin : « Je lis le 23 mai dans Libération que Jacques Derrida n'a pas voté au premier tour "par mauvaise humeur contre tous les candidats" ».

En 2002, Jacques Derrida et René Schérer rendent un hommage à Pierre Bourdieu, à l'occasion d'un débat sur la question de l'hospitalité32.
Tombe de Jacques Derrida

À partir de 2003, Jacques Derrida souffre d'un cancer du pancréas et réduit considérablement ses conférences et ses déplacements. Il meurt le 9 octobre 2004 dans un hôpital parisien, à l'âge de 74 ans.
Philosophie
La différance

Le mot « différance » apparaît probablement pour la première fois sous la plume de Derrida dans le texte d'une conférence intitulée « Genèse et structure » et la phénoménologie33, prononcée à Cerisy-la-Salle en 1959, reprise ensuite dans L'Écriture et la différence34. Mais surtout, La différance est le titre d'une conférence prononcée par Derrida le 27 janvier 196835, publiée ensuite dans Théorie d'ensemble36 et dans Marges – de la philosophie37.

Dès l'ouverture, Derrida prévient que ce néo-graphisme (la différance) n'est, à la lettre, ni un mot ni un concept, et que l'intervention graphique qui consiste à remplacer le e par un a « a été calculée dans le procès écrit d'une question sur l'écriture »37 (p. 4). Si elle concerne bien deux voyelles, elle crée une différence qui « s'écrit ou se lit, mais [...] ne s'entend pas. »37 (p. 4). Ainsi s'ouvre une série de questions au sujet de l'écriture : « Il n'y a pas d'écriture purement et rigoureusement phonétique »37 (p. 5). Sous toute écriture dite phonétique prétendant pouvoir dire le sens idéalement et ainsi se passer de l'écriture au sens courant, celle-ci ayant toujours été secondarisée par la métaphysique, il y a un jeu silencieux (donc non phonétique) de différences (par espacement-temporisation) qui déjà la travaille. Autrement dit, il y a déjà une écriture dans la parole. Il s'agit donc moins, pour Derrida, de reconduire l'opposition entre écriture et parole que de montrer que la seconde inclut (tout en la refoulant) la première.

Plus loin, insistant sur le fait que la différance n'est ni un mot ni un concept, Derrida fait remarquer que le verbe différer dit aussi bien ne pas être identique que remettre à plus tard. Mais le nom de différence, lui, n'évoque pas la temporisation, le délai, le détour du remettre à plus tard. Différance au contraire « devrait compenser cette déperdition de sens »37 (p.Cool, le a « provenant immédiatement du participe présent (différant) et nous rapprochant de l'action en cours du différer, avant même qu'elle ait produit un effet constitué en différent ou en différence. »37 (p. 8-9). Derrida souligne qu'en français la terminaison en ance « reste indécise entre l'actif et le passif »37 (p. 9) et rappelle ainsi deux motifs que Saussure estimait inséparables et corrélatifs : l'arbitraire du signe et son caractère différentiel. « Il ne peut y avoir d'arbitraire que parce que le système des signes est constitué par des différences, non par le plein des termes. »37 (p. 11). La signification ne s'annonce qu'à partir du fonctionnement d'un réseau d'oppositions et de distinctions ; c'est-à-dire de différences « sans termes positifs »37 (p. 11). Les mots ne sont pas des noyaux compacts. Par conséquent, « le concept signifié n'est jamais présent en lui-même, dans une présence suffisante qui ne renverrait qu'à elle-même. »37 (p. 11). Tout concept s'inscrit nécessairement dans une chaîne, dans un jeu de différences. La différance est « le mouvement de jeu qui "produit" [...] ces différences, ces effets de différence »37 (p. 12).

La différance est le mouvement « producteur » des différences : elle est le « processus » par lequel les signifiants se substituent à l'infini, entraînant le besoin d'un idéal qui porterait son sens au langage [réf. nécessaire]. Contemporain du structuralisme, Derrida a repensé la différence qui, chez Ferdinand de Saussure (Cours de linguistique générale), donne sens aux éléments signifiants par rapport à la répétition de la trace durable de l'institution d'un signifié, comme absence au cœur de la présence. Aussi, la « trace »38 ne permet pas de remonter à une quelconque origine : les concepts diffèrent, ne sont jamais pleinement en eux-mêmes et sont intriqués malgré leurs apparentes oppositions : il n'y a aucune vérité première externe puisque le supplément constitue l'origine, il n'y a aucune différence transcendantale à poursuivre[réf. nécessaire].

Le philosophe Mikel Dufrenne dans Pour une philosophie non théologique39 s'oppose aux pensées qui donnent le primat à l'expérience de l'absence pure, en particulier Heidegger, Blanchot et Derrida. C'est en absolutisant l'absence, ou en en faisant le ressort de tout ce que nous croyons trouver de consistant, que la philosophie prête le flanc aux théologies négatives, et donc à la réintroduction d'une forme de religiosité en philosophie. Ainsi la "différance" est-elle un "concept non conceptualisable", échappant à toutes les catégories du connaître mais se trouvant à leur source même, à la manière dont le Dieu des mystiques ou l'Un néo-platonicien est ineffable car "au-delà de l'être".
La déconstruction
Question book-4.svg

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mai 2017).
Article connexe : Déconstruction.

Derrida a la réputation d'être un écrivain difficile, exigeant pour son lecteur, même pour des philosophes. Son style est dense, il pratique de nombreux jeux de mots et affectionne les allusions. Sa lecture, souvent déconcertante et nécessitant de nombreuses relectures, révèle des ouvertures sur l'avenir de la philosophie. Sa remise en cause d'Husserl et plus largement de la philosophie occidentale le conduit à déconstruire l'approche phénoménologique : pour lui, l'écrit a longtemps été négligé au profit de la parole. Il fait alors la chasse aux impasses méthodologiques. Ce travail prend place dans l'introduction de l'Origine de la Géométrie.

De Platon (Phèdre) à Rousseau et Lévi-Strauss, il dénonce la primauté traditionnelle de la parole, conçue comme « vie » et « présence », sur l’écriture[réf. nécessaire]. Il désigne ce système métaphysique comme logocentrisme, voire phallogocentrisme40. Il « déconstruit » donc la métaphysique occidentale, fondée sur la détermination de l’être en tant que présence, en mettant à jour les présupposés qui la sous-tendent et les apories auxquelles elle mène.

En particulier, il s'agit de découvrir, dans les textes de la tradition, l'articulation binaire de concepts que la métaphysique prétend distinguer dans leur pureté :

Présence / absence ;[réf. nécessaire]
Phénomène / essence ; intelligible / sensible, réalité / apparence ;[réf. nécessaire]
Parole / écriture ; nature / culture ; artifice / authenticité ; masculin / féminin...[réf. nécessaire]

Chacune de ces oppositions est complice des autres et constitue un ensemble de valeurs qui dépassent le cadre philosophique : cette binarité est proprement politique[réf. nécessaire] et dévalorise systématiquement l'un des termes, pensé comme « accident », « parasite », « excrément ».

Or, le langage, même oral, ne signifie qu’en impliquant mort ou absence du référent41 : l'itérabilité qui fonde la possibilité du signe inscrit à même celui-ci la coupure de son « origine », la décontextualisation, l'absence du locuteur. Le sens suppose en son cœur absence de référent et de la conscience, car il se déploie dans l’intervalle qui les sépare, dans la convention linguistique qui rend tout signe par définition détachable de son contexte.

Cependant, le travail de la déconstruction assume de ne jamais se libérer pleinement de ce qu’elle démystifie[réf. nécessaire] : elle travaille à même les concepts, en joue pour les jouer contre eux-mêmes, cherche à déplacer les oppositions sans prétendre les anéantir.

Le désir de présence qui habite le désir de sens (que la chose visée soit donnée en tant que telle dans la visée) est contradictoire, puisque le sens n'émerge que dans sa « mortifère »[réf. nécessaire] itérabilité.

Derrida éprouve un cœur d’opacité au cœur du rationnel, identifié comme défaut nécessaire et originaire de présence, comme écart originaire.
La trace

Du fait que dans la langue il n'y a que des différences, un jeu de différences (cf. La différance, in Marges – de la philosophie, Éditions de Minuit, 1972, (p. 11), et non des termes positifs, qui seraient « pleins », pleinement présents à eux-mêmes, sortes de noyaux stables autonomes, Derrida propose d'appeler « trace » ce qui permet le procès de la signification, à savoir le fait pour un élément de la langue de garder « en lui la marque de l'élément passé » et de se laisser « déjà creuser par la marque de son rapport à l'élément futur »38 ( p. 13).

Illustrant le jeu de la différance, la trace n'est ni l'absence ni la présence : « La trace n'[est] pas une présence mais le simulacre d'une présence qui se disloque, se déplace, se renvoie, n'a proprement pas lieu, l'effacement appartient à sa structure [...] » (p. 25). Le présent « devient une fonction dans une structure de renvoi généralisé ».

Plus généralement, le concept de trace tel que Derrida l'élabore permet de contester d'une certaine façon (déconstruire) l'autorité du présent, de la conscience pleine, du comme tel (auquel la philosophie a toujours cru et sur lequel elle s'est fondée), l'autorité de l'essence, du signifié transcendantal, etc. (p. 27).
La dissémination

La dissémination est un essai paru d'abord en 1969 dans la revue Critique et qui a ensuite pris place à la fin d'un ouvrage auquel il a donné son nom, en 1972 aux Éditions du Seuil (Paris). Cet essai (p. 319 à 407) s'appuie notamment sur certains textes de Mallarmé et des romans de Philippe Sollers (Drame, Nombres...) pour développer un « concept » inscrit, comme le dit Derrida dans la "chaîne ouverte de la différance, du "supplément", de l' "écriture", du "gramme", du "pharmakon" [...]. Dissémination ne veut rien dire en dernière instance et ne peut se rassembler dans une définition [...]. Si on ne peut résumer la dissémination, la différence séminale, dans sa teneur conceptuelle, c'est que la force et la forme de sa disruption crèvent l'horizon sémantique42.

Autrement dit, la dissémination excède la polysémie, car celle-ci « s'organise dans l'horizon implicite d'une résumption unitaire du sens, voire d'une dialectique »42. « La dissémination, au contraire, pour produire un nombre non-fini d'effets sémantiques, ne se laisse reconduire ni à un présent d'origine simple [...], ni à une présence eschatologique. Elle marque une multiplicité irréductible et générative. »42. La dissémination est le jeu de ce qui empêche la formalisation sans reste de la signification prétendue d'un texte. C'est le nom d'un « régime moteur du surplus (et du) manque »42 de sens d'un texte (qu'on a toujours tendance à supposer fini, même s'il y a polysémie). La dissémination, c'est ce qui interrompt la totalisation : « la série des valences sémantiques ne peut plus se fermer ou se rassembler »43. Cela dit, le jeu de la dissémination ne promet pas davantage l'ouverture « sur une richesse inépuisable du sens ou sur la transcendance d'un excès sémantique »43.

On peut dire de la dissémination qu'elle est, qu'elle porte ou permet une « critique » du sémantisme (naïf ou non), une « critique » du thématisme, une « critique » du simple contenu44. Le lecteur peu familier avec cette façon qu'ont Derrida et ses semblables de concevoir la lecture peut avoir tendance à amorcer sa lecture d'un texte en prévoyant y trouver un sens profond (une sémantique), un sens qui viendrait de "l'extérieur du texte" - qui aurait la forme d'une idée essentielle, par exemple - et que le texte représenterait (le sens serait ainsi "re-présenté" dans le texte, c'est-à-dire présenté une deuxième fois). On peut tout aussi bien remplacer "sens profond" par "contenu" ou "thème", la critique qu'apporte Derrida reste la même: plutôt que de fonctionner selon une logique de la reproduction ou la transmission d'une idée essentielle, d'un thème général ou d'un contenu permanent, l'écriture fonctionne sous un mode - le mode de la dissémination - qui fait en sorte que le "contenu compris par le lecteur" ne pourra jamais être considéré comme final, total, etc. Ce n'est pas que ce que le lecteur comprend lors de sa lecture est "faux" ou "illusoire"^, mais plutôt que cette compréhension est contingente, qu'elle ne demeurera pas la même dans l'avenir. Ce qui dure et se transmet dans la lecture n'est pas une forme fixe, mais une chose qui ne doit jamais être enfermée, ni dans une structure qui en limite les possibilités d'interprétation, ni dans un système où toutes les interprétations se valent, où tout sens devient complètement relatif.
Le don

Derrida a publié deux volumes thématisant le don : Donner le temps, aux Éditions Galilée en 1991, et Donner la mort, texte paru d'abord dans le collectif L'éthique du don, éd. Métailié Transitions en 1992, repris en volume chez Galilée en 1999. On peut ajouter d'autres articles évoquant le don, notamment Du « sans prix », ou le « juste prix » de la transaction, texte paru dans le collectif Comment penser l'argent ?, Le Monde Éditions 1992. Résumé en une proposition, le don selon Derrida, pour qu'il y en ait, et s'il y en a, c'est ce qu'on ne peut ni ne doit savoir, cela afin qu'il n'y ait aucune place pour une réappropriation narcissique. Le don est ce qui doit « interrompre le cercle économique du même » (Donner le temps, op. cit. p. 174) et c'est pour cela qu'il faudrait, à la limite, ne pas savoir que l'on donne ni ce que l'on donne. Le don a donc un rapport avec le secret. Un don digne de ce nom serait « un don qui n'est pas présent » (Donner la mort, op. cit. p. 35). Derrida évoque alors le « don de quelque chose qui reste inaccessible, donc non présentable et par conséquent secret. L'événement de ce don lierait l'essence sans essence du don au secret. Car un don, pourrait-on dire, s'il se faisait connaître comme tel au grand jour, un don destiné à la reconnaissance s'annulerait aussitôt. Le don est le secret lui-même, si on peut dire le secret lui-même. Le secret est le dernier mot du don qui est le dernier mot du secret. » Dans Donner le temps, Derrida tente de définir les rapports entre le don, le sacrifice et l'aumône : « Le sacrifice ne propose son offrande que sous la forme d'une destruction contre laquelle il échange, espère ou escompte un bénéfice, à savoir une plus-value ou du moins un amortissement, protection et sécurité. [...] Dès lors que l'aumône est réglée par de la ritualité institutionnelle, elle n'est plus un don pur – gratuit ou gracieux, purement généreux. Elle devient prescrite, programmée, obligée, autrement dit liée. » (p. 174-175)
L'événement

L'événement est pour Derrida ce qui ne se laisse pas anticiper. « La puissance ou la pulsion d'archivation peut ouvrir à l'avenir, à l'expérience de l'horizon ouvert : anticipation de l'événement à venir et à ce qu'on pourra en garder en l'appelant d'avance. Mais du même coup, cet accroissement, cette intensification de l'anticipation peut aussi bien annuler l'avenir. C'est le paradoxe de l'anticipation. L'anticipation ouvre à l'avenir, mais du même coup elle le neutralise, elle réduit, elle présentifie, elle transforme en mémoire, en futur antérieur, donc en souvenir, ce qui s'annonce comme à venir demain »45.

« L’événement, l'autre, c'est aussi ce qu'on ne voit pas venir, ce qu'on attend sans attendre et sans horizon d'attente »45 L'événement doit crever l'horizon d'attente, il doit me surprendre absolument, ne pouvoir être résorbé d'avance. Sans quoi rien n'arrive vraiment qui soit autre.
La question de l'« animal »
Article détaillé : L'Animal que donc je suis.
La mort

Les « thèmes » de la mort et du deuil sont évoqués dans presque tous les textes de Derrida. Mais c'est surtout dans Mémoires - pour Paul de Man46, Spectres de Marx47, Apories48 et Chaque fois unique la fin du monde49 qu'ils sont le plus thématiquement développés.

Dans "Le théâtre de la cruauté et clôture de la représentation"50, Derrida évoque la mort à partir de l'horizon de la dialectique : « [la dialectique] est le mouvement indéfini de la finitude, de l'unité de la vie et de la mort, de la différence, de la répétition originaire, c'est-à-dire l'origine de la tragédie comme absence d'origine simple » (p. 364). Cette idée d'unité de la vie et de la mort sera développée dans le séminaire de la fin des années 1970 (non encore publié) intitulé : La vie la mort. Dans La dissémination (1971), à partir de la problématique de la trace comme renvoi et répétition qui excède le désir de propre, Derrida explicite un mouvement du texte de Sollers qu'il analyse en notant que celui-ci compose « avec le désir (du propre), [compte] avec les contradictions de ses forces (car le propre limite la disruption, garde contre la mort, mais regarde aussi vers elle ; la propriété absolue, la proximité indifférenciée de soi à soi est un autre nom de la mort [...] » (p. 368).

Plus précisément, c'est donc dans Spectres de Marx (1993) que Derrida développe une série de remarques au sujet de la mort, du travail du deuil (notamment p. 151, 160, 176-177, 185, 187, 203, 209-210), de l'impossibilité d'opposer strictement le vivant au non-vivant (p. 178-179). Page 224, on peut lire que « la mort n'est pas au-delà, hors de la vie, sauf à y inscrire l'au-delà au dedans, dans l'essence du vivant. » Plus loin, (p. 235) est évoquée « la question de la-vie-la-mort », ouvrant à « une dimension du sur-vivre ou de la survivance irréductible et à l'être et à quelque opposition du vivre et du mourir. »

Dans Points de suspension51, la question du deuil est abordée ainsi : « [La] portée de l'autre mortel "en moi hors de moi" instruit ou institue mon "moi" ou mon rapport à "moi" dès avant la mort de l'autre [...] Je parle du deuil comme de la tentative, toujours vouée à l'échec, un échec constitutif, justement, pour incorporer, intérioriser, introjecter, subjectiver l'autre en moi. Avant même la mort de l'autre, l'inscription en moi de sa mortalité me constitue. Je suis endeuillé donc je suis – mort de la mort de l'autre, mon rapport à moi est d'abord endeuillé, d'un deuil d'ailleurs impossible ». À la page suivante, Derrida dit encore : « Le deuil serait plus originaire que mon être pour la mort. »

Dans Apories48, Derrida tente de démontrer l'insuffisance de l'affirmation de Heidegger selon laquelle seul le Dasein a un rapport à la mort comme telle, à la mort comme possibilité de l'impossibilité de l'existence. Derrida demande (p. 125) : « comment une possibilité (la plus propre) en tant qu'impossibilité peut encore apparaître en tant que telle sans disparaître aussitôt, sans que le "comme tel" sombre d'avance et sans que sa disparition essentielle fasse perdre au Dasein tout ce qui le distingue [...] de la bête. » Et un peu plus loin (p. 132) : « les animaux ont un rapport très signifiant à la mort [...] même s'ils n'ont pas rapport à la mort comme telle et au "nom" de mort comme tel. [...] Mais l'homme non plus, justement ! ni l'homme en tant que Dasein [...] » [Cf. également les conclusions que Derrida en tire dans les pages suivantes, surtout les pages 134 et 135.

Dans Mémoires pour Paul de Man46 on retrouve également la problématique du deuil, pp.71-72 dans ses rapports au récit, à la mémoire, etc. Dans Chaque fois unique la fin du monde49, on citera ces deux assertions entre beaucoup d'autres : « la mort commence son œuvre avant la mort » (p. 204), « le deuil est le phénomène de la mort et c'est le seul phénomène derrière lequel il n'est rien » (p. 184).
Critiques et postérité
Phénoménologie

Derrida a consacré ses premiers travaux à la pensée de Husserl : en 1954, encore étudiant de philosophie à l'École normale supérieure, il rédige un « mémoire pour le diplôme d'études supérieures » intitulé : Le problème de la genèse dans la philosophie de Husserl20 (mais qui ne sera publié qu'en 1990, aux PUF). En 1959, il prononce une conférence : « “Genèse et structure” et la phénoménologie », qui sera reprise dans L'écriture et la différence52. En 1962 il écrit une très longue introduction à un écrit tardif de Husserl : L'Origine de la géométrie53. En 1966, il livre une introduction à la pensée de Husserl intitulée : “La phénoménologie et la clôture de la métaphysique” (texte paru en langue grecque, traduction Roxane Argyropoulos), qui ne sera publié en français qu'en 2000 dans la revue Alter54. En 1967, un volume paraît, qui est consacré au problème du signe dans la phénoménologie de Husserl, et qui a pour titre : La voix et le phénomène55, ainsi qu'un essai : “La forme et le vouloir-dire”56, sous-titré : “note sur la phénoménologie du langage”, sur le même sujet, repris en 1972 dans Marges – de la philosophie57.
Réception américaine

« Héros culturel » aux États-Unis selon Jean-Louis Hue du Magazine Littéraire, il a reçu 21 fois un doctorat Honoris causa, de plusieurs universités. Derrida déclarait avant sa mort au journal L'Humanité : « Je n'ai jamais fait de longs séjours aux États-Unis, le plus clair de mon temps ne se passe pas là-bas. Cela dit, la réception de mon travail y a été effectivement plus généreuse, plus attentive, j'y ai rencontré moins de censure, de barrages, de conflits qu'en France. »58. Son œuvre constitue l'un des piliers de l’école dites de la « Théorie Française59 ». Mais un "rationaliste classique"60 comme Chomsky récuse complètement la pensée de Derrida "On va d'une absurdité à l'autre - stalinisme, existentialisme, structuralisme, Lacan, Derrida - les unes obscènes (le stalinisme) et d'autres simplement infantiles ou ridicules (Lacan et Derrida)" 61. Derrida bénéficie d'une reconnaissance qui va au-delà du monde universitaire. Par exemple, le film de Woody Allen Deconstructing Harry (en 1997, traduit en français par Harry dans tous ses états) est une référence directe aux travaux de cet auteur — « référence » que Derrida jugera d'ailleurs pauvre et décevante au regard de la complexité de ce « concept ».
Philosophie analytique

Derrida est un philosophe rejeté par la très grande partie de la Philosophie analytique62. Ses premiers travaux de portée internationale sont vivement critiqués. Dans son essai sur le philosophe anglais John L. Austin et sa théorie des actes de langage63, Derrida est ainsi accusé d'énoncer des « pseudo-concepts »64, l'attaque la plus rude étant venue du philosophe américain John Searle, continuateur de la pragmatique d'Austin, qui dit de Derrida que « sur différents points cruciaux, il ne comprend pas la position d'Austin et [...] l'expose incorrectement »65. Une lettre ouverte signée par Barry Smith et différents philosophes, parmi lesquels W. V. Quine, fut publiée en 1992 par le quotidien anglais The Times pour s'opposer à ce que l'université de Cambridge décerne à Derrida un doctorat honoris causa66. Cette lettre reprocha notamment aux travaux de Derrida « leur inadéquation aux standards de clarté et de rigueur » et mentionne que « beaucoup de philosophes français ne voient en M. Derrida que la cause d'un embarras silencieux »67.
Œuvres
Bibliographie

Jacques Derrida est l'auteur de plus de quatre-vingts livres.

Introduction (et traduction) à L’origine de la géométrie de Edmund Husserl, PUF, 1962

De la grammatologie, Les Éditions de Minuit, 1967. (ISBN 978-2-7073-0012-6)
La Voix et le Phénomène, Presses universitaires de France, 1967. (ISBN 978-2-13-053958-2)
L'Écriture et la différence, Seuil, 1967. (ISBN 978-2-02-005182-Cool
Marges – de la philosophie, Les Éditions de Minuit, 1972. (ISBN 978-2-7073-0053-9)
Positions, Les Éditions de Minuit, 1972. (ISBN 978-2-7073-0251-9)
La dissémination, Seuil, 1972. (ISBN 978-2-02-001958-3)
Éperons. Les styles de Nietzsche, Champs Flammarion, 1972.
L'archéologie du frivole, Galilée, 1973.
Glas, Galilée, « collection Digraphe », 1974. (ISBN 978-2-7186-0015-4)
La Vérité en peinture, Champs Flammarion, 1978.
La carte postale. De Socrate à Freud et au-delà, Flammarion, 1980.
D'un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie, Galilée, 1983.
Otobiographies. L'enseignement de Nietzsche et la politique du nom propre, Galilée, 1984.
Schibboleth : pour Paul Celan, 1986, Galilée. (ISBN 978-2-7186-0296-7)
Parages, Galilée, 1986.
Ulysse gramophone, Galilée, 1987.
Psyché Inventions de l'autre, Galilée 1987.
Mémoires – Pour Paul de Man, Galilée, 1988.
Signéponge, Seuil, 1988.
Limited Inc., Galilée, 1990.
Heidegger et la question, Flammarion, 1990. (ISBN 978-2-08-081235-3).
De l'esprit, Galilée, 1990. (ISBN 978-2-7186-0323-0)
Mémoires d'aveugle. L'autoportrait et autres ruines, Réunion des Musées Nationaux, 1990.
Du droit à la philosophie, Galilée, 1990. (ISBN 978-2-7186-0382-7)
Le Problème de la genèse dans la philosophie de Husserl, PUF, coll. « Epiméthée », 1990. Rééd. 2010.
Donner le temps. 1. La fausse monnaie, Galilée, 1991.
Donner la mort, Galilée, 1992. (ISBN 978-2-7186-0514-2)
Points de suspension, Entretiens, Galilée, 1992.
Passions, Galilée, 1993. (ISBN 978-2-7186-0421-3)
Khôra, Galilée, 1993.
Sauf le nom, Galilée, 1993.
Prégnances (sur Colette Deblé), Brandes, 1993 ; rééd. l'Atelier des Brisants, 200468.
Spectres de Marx, Galilée, 1993. (ISBN 978-2-7186-0429-9).
Force de loi, Galilée, 1994.
Politiques de l'amitié, Galilée, 1994. (ISBN 978-2-7186-0438-1)
Moscou aller-retour, L'Aube, 1995.
Mal d'archive, Galilée, 1995.
Apories, Galilée, 1996. (ISBN 978-2-7186-0461-9)
Résistances – de la psychanalyse, Galilée, 1996. (ISBN 978-2-7186-0469-5)
Le monolinguisme de l'autre, Galilée, 1996.
Échographies – de la télévision, Galilée, 1996.
Adieu à Emmanuel Lévinas, Galilée, 1997. (ISBN 978-2-7186-0485-5).
Cosmopolites de tous les pays, encore un effort, Galilée, 1997. (ISBN 978-2-7186-0484-Cool
Le droit à la philosophie du point de vue cosmopolitique, Unesco/Verdier, 1997.
Marx en jeu (avec Marc Guillaume), Descartes & Cie, 1997. (ISBN 978-2-910301-84-2)
De l'hospitalité (avec Anne Dufourmantelle), Calmann-Lévy, 1997. (ISBN 978-2-7021-2795-7)
Demeure, Maurice Blanchot, Galilée, 1998. (ISBN 978-2-7186-0497-Cool.
Voiles (avec Hélène Cixous), 1998, Galilée. (ISBN 978-2-7186-0504-3)
Le toucher, Jean-Luc Nancy, Galilée, 1998.
Feu la cendre, Éditions des femmes, 1999. (ISBN 978-2-7210-0480-2)
Sur parole, Éditions de l'Aube, 1999, transcriptions de plusieurs entretiens donnés sur France Culture.
États d'âme de la psychanalyse, Galilée, 2000.
Tourner les mots. Au bord d'un film, Galilée/ Arte 2001.
Foi et Savoir, suivi de Le Siècle et le Pardon, Seuil, coll. « Points Essais », 2001.
Papier machine, Galilée, 2001.
L'université sans condition, Galilée, 2001.
Le siècle et le pardon, entretien avec Michel Wieviorka, Seuil, 2001 (ISBN 978-2-02-047986-Cool.
Au-delà des apparences, conversations avec Antoine Spire, Ed. Le Bord de l'eau, 2002
Artaud le Moma, Galilée, 2002.
Fichus, Galilée, 2002.
H.C. pour la vie, c'est-à-dire..., Galilée, 2002.
Marx & Sons, PUF/Galilée, 2002.
Chaque fois unique, la fin du monde, Galilée, 2003.
De quoi demain..., entretiens de Jacques Derrida et Élisabeth Roudinesco, 2003.
Voyous, Galilée, 2003.
Béliers, Galilée, 2003.
Genèses, généalogies, genres et le génie, Galilée, 2003.
Le « Concept » du 11 septembre. Dialogues à New York avec Jürgen Habermas, Galilée, 2004.
Apprendre à vivre enfin. Entretiens avec Jean Birnbaum, Galilée / Le Monde, 2005 (posthume).
L'Animal que donc je suis, Galilée, 2006.
Séminaire : La bête et le souverain, vol. 1 : 2001-2002, Galilée, 2008.
Demeure, Athènes, Galilée, 2009.
Séminaire : La bête et le souverain, vol. 2 : 2002-2003, Galilée, 2010.
Politique et amitié, Galilée, 2011.
Les yeux de la langue. L'abîme et le volcan, Galilée, 2012.
Histoire du mensonge. Prolégomènes, Galilée, 2012.
Pardonner : L'impardonnable et l'imprescriptible, Galilée, 2012.
Séminaire : La peine de mort, vol. 1 (1999-2000), Galilée 2012.
A dessein, le dessin – Suivi de « Derrida à l’improviste » par Ginette Michaud, Franciscopolis, 2013. (ISBN 978-2-9544208-0-6)
Heidegger : la question de l'Être et l'Histoire (Cours de l'ENS-Ulm 1964-1965), Galilée, 2013.
Penser à ne pas voir : Écrits sur les arts du visible 1979-2004 (textes réunis et établis par Ginette Michaud, Joana Masó et Javier Bassas), Paris, Éditions de la Différence, coll. « Essais », 2013, 368 p. (ISBN 978-2-7291-2053-5, présentation en ligne [archive])
Trace et archive, image et art; Suivi de Pour jacques Derrida, Paris, Institut National de l'Audiovisuel (collection Collège iconique), 2014.
La conférence de Heidelberg (1988) - Heidegger : portée philosophique et politique de sa pensée avec Hans-Georg Gadamer, Philippe Lacoue-Labarthe, textes réunis, présentés et annotés par Mireille Calle-Gruber, Note de Jean-Luc Nancy, Lignes-Imec, 2014.
Le dernier des Juifs (avec une préface de Jean-Luc Nancy), Galilée, 2014.
Les Arts de l'espace : Écrits et interventions sur l’architecture (textes réunis et établis par Ginette Michaud et Joana Masó), Paris, Éditions de la Différence, coll. « Essais », 2015, 400 p. (ISBN 978-2-7291-2162-4, présentation en ligne [archive])
Pourquoi la guerre aujourd'hui? (avec Jean Baudrillard et René Major), Nouvelles Editions Lignes/ IMEC, 2015 (contient sur DVD la captation de la rencontre).
Séminaire : La peine de mort, vol. 2 (2000-2001), Galilée, 2015.
La Solidarité des vivants et le pardon: Conférence et entretiens, précédés de "derrida au Brésil" par Evendo Nascimento, Hermann, 2016.
Judaïsme, question ouverte: conversation avec Jacques Derrida (avec Michel Ben-Naftali, Lieven de Cauter et Elisabeth Weber), Balland, 2016.
Surtout, pas de journalistes !, Galilée, 2016.
Théorie et pratique : Cours de l'ENS-Ulm 1975-1976, Galilée, 2017.
Le parjure peut-être : ("Brusques sautes de syntaxe"), Galilée, 2017.

Filmographie

Jacques Derrida a fait des apparitions dans deux films :

Ghost Dance (en) de Ken McMullen, en 1982
Disturbance de Gary Hill, en 1987

Quelques films lui sont consacrés :

D'ailleurs Derrida de Safaa Fathy, en 2000
Derrida de Kirby Dick et Amy Ziering Kofman69, en 2002
Virginie Linhart et Benoît Peeters, Jacques Derrida, Le courage de la pensée, 53 min, Arte France et Morgane, 2014.

Captation audiovisuelle

Pourquoi la guerre? de Jean Labib, filmé le 19 février 2003 et édition DVD en juin 2015, Compagnie des Phares et Balises (contient les interventions de René Major, Jean Gresh et le dialogue entre Jacques Derrida et Jean Baudrillard - + en bonus le documentaire Mot de passe autour de l'œuvre de Jean Baudrillard)

Discographie

Feu la cendre, livre audio, lu par Jacques Derrida et Carole Bouquet, éditions des femmes, coll. « Bibliothèque des voix », 1987.
Circonfession, livre audio, lu par Jacques Derrida, éditions des femmes, coll. « Bibliothèque des voix », 1993.

Références

Geneviève Boucher, « Jacques Derrida et l’écriture autobiographique : entre “plus d’une langue” et “plus de langue” », Traverses, no 9, 2007, p. 17-34.
(en) Leslie Hill, The Cambridge Introduction to Jacques Derrida, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Introductions to Literature », 2007.
(en) Marian Hobson, Jacques Derrida, Taylor and Francis, 2002.
(en) John Sallis, Deconstruction and Philosophy : The Texts of Jacques Derrida, University of Chicago Press, 1989.

Sur Derrida et son œuvre
Essais

Collectif: Penser avec Jacques Derrida, (sous la dir. de Joseph Cohen), Rue Descartes, Paris, PUF, no. 52, 2006. Avec les contributions de : M. Crépon, G. Bensussan, R. Zagury-Orly, S. Margel, S. Habib, J. Cohen, P. Sloterdijk, B. Stiegler, et. al.
Mark Dooley (en) et Liam Kavanagh, The Philosophy of Derrida, London: Acumen Press, 2006; Montreal: McGill-Queen’s University Press, 2007.
Marc Goldschmit, Jacques Derrida, une introduction, Agora Press-pocket, éd. de la découverte, octobre 2003, 2e éd. décembre 2007.
Fred Poché, Penser avec Jacques Derrida. Comprendre la déconstruction, Lyon, Chronique Sociale, 2007.
Charles Ramond, Derrida : la déconstruction, Paris, PUF, 2008.
Collectif: Derrida. L'événement déconstruction, (sous la dir. de Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly), Les Temps modernes, Paris, Gallimard, no. 669-670, juillet-octobre 2012.
Philippe Forget, ‘Jacques Derrida’, Kritisches Lexikon der romanischen Gegenwartsliteraturen [KLRG], 22. Faszikel, Gunter Narr Verlag, Tübingen 2004 (en langue allemande).
Pierre-Alexandre Fradet, Derrida-Bergson. Sur l'immédiateté, Paris, Hermann, coll. "Hermann Philosophie", 2014. (ISBN 9782705688318)
Raoul Moati, Derrida et le langage ordinaire, Paris, Hermann, coll. "Le Bel Aujourd'hui", 2014.
Jacob Rogozinski, Cryptes de Derrida. Faire part, Paris, Éditions Lignes, 2005, réédition 2014.
Isabelle Alfandary, Derrida - Lacan. L'écriture entre psychanalyse et déconstruction, Herrmann, 2016.

Colloques

Les fins de l'homme. À partir du travail de Jacques Derrida, sous la direction de Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, Colloque de Cerisy-la Salle (1980), Éditions Galilée, réédition Hermann, 2013.
L'Éthique du don. Jacques Derrida et la pensée du don, (Royaumont 1990), sous la direction de Jean-Michel Rabaté et Michael Wetzel, Métailié-Transition, 1992.
Le Passage des frontières - autour du travail de Jacques Derrida, (Cerisy-la-Salle, 1992), sous la direction de Marie-Louise Mallet, Galilée, 1994.
L'Animal autobiographique - autour de Jacques Derrida, (Cerisy-la-Salle, 1997), sous la direction de Marie-Louise Mallet, Galilée, 1999.
Ghostly Demarcations. A Symposium on Jacques Derrida's Specters of Marx (New York, 1998), sous la direction de Michael Sprinker, éditions Verso, 1999.
Judéités - questions pour Jacques Derrida, (Paris, 2000), sous la direction de Joseph Cohen et Raphael Zagury-Orly, Galilée, 2003.
La Démocratie à venir - autour de Jacques Derrida, (Cerisy-la-Salle, 2002), sous la direction de Marie-Louise Mallet, Galilée, 2004.
Jacques Derrida et l'Algérie, (Alger, 2006), sous la direction de Mustapha Cherif, Bibliothèque nationale d'Alger, 2006.
Derrida, la tradition de la philosophie, Colloque d'octobre 2005 organisé par Jean-François Courtine, Francis Wolff et Frédéric Worms. Galilée, 2008.
Déconstruire, dit-il... Autour de Jacques Derrida, (Maison de la Recherche de l'université de Paris IV, 20-23 mai 2009) Comité scientifique: Joseph Cohen, Werner Hamacher, Felix Heidenreich, Jean-Luc Nancy, Raphael Zagury-Orly
Derrida par une trace itérable [en arabe], (ministère de la Culture, Royaume de Bahreïn, 10-13 août 2009), comité scientifique : Mohammad Ahmad Al Banki, Safaa Fathy.

Biographie

Geoffrey Bennington, Jacques Derrida, Paris, Seuil, 1991.
Pierre-Yves Ruff, Derrida, l'écriture et la place de l'autre, Paris, Théolib, 2011 (ISBN 978-2-36500-049-9).
Benoît Peeters, Derrida, Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2010.
David Mikics, Who Was Jacques Derrida? An Intellectual Biography, Yale University Press, 2010.
Fred Poché, Penser avec Jacques Derrida. Comprendre la déconstruction, Lyon, Chronique Sociale, 2007.

Articles en ligne

« Derrida, lecteur de Freud et de Lacan » [archive], par René Major, Études françaises, vol. 38, n° 1-2, 2002, p. 165-178.
"Entretien Derrida-Birnbaum" [archive], dans Les Lettres Françaises.
"Autour de Derrida" [archive], dossier, revue Sens Public.
"La controverse entre Lacan et Derrida" [archive], par Paul-Éric Langevin, séminaire d'Olivier Douville, Espace Analytique, 2011.
"La vérité en bas de page" [archive], texte du physicien Aurélien Barrau.

RAPPORT DE
Y'BECCA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Jeu 25 Jan à 10:19

Rainer Maria Rilke, né René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke1, est un écrivain autrichien, né le 4 décembre 1875 à Prague, mort le 30 décembre 1926 à Montreux, en Suisse. Il vécut à Veyras (Valais) de 1921 à sa mort. Il est surtout connu comme poète, bien qu'il ait également écrit un roman, Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre.

Biographie
Lou Andreas-Salomé

Rainer Maria Rilke naît à Prague en 1875, alors en Autriche-Hongrie, dans une famille qui le destine très rapidement à la carrière des armes. Il est le fils d'un employé des chemins de fer, Josef Rilke, et de sa femme Sophie, dite Phia2. Entre 1886 et 1891, sa famille le place comme pensionnaire dans les écoles militaires de St-Pölten, puis Mährisch-Weisskirchen3, puis il est renvoyé en 1891 pour inaptitude physique. Il étudie alors le commerce avant de revenir à Prague, où il exerce le métier de journaliste dans la presse germanophone. Rilke écrit déjà des poèmes et des nouvelles essentiellement4.

Il passe son baccalauréat en 1895 à Prague3 et commence des études d'histoires de l'art et de littérature5. En 1896, il part pour Munich, entreprend aussi des études de philosophie6. Il rencontre Lou Andreas-Salomé en mai 1897, qui a alors trente six ans7. Cet amour enflammé se transforme progressivement en amitié réciproque et en admiration mutuelle, jusqu'à la fin de leur vie. En 1897, il change de prénom : de René Maria, il devient Rainer Maria. Il voyage en Italie puis en Russie avec Lou et son mari. Il rencontre à cette occasion en 1899 Léon Tolstoï. Il semblerait que, au contact de l'écrivain russe, Rilke devînt végétarien8.
Clara Westhoff par Paula Modersohn-Becker, 1905

Rilke passe l'été 1900 à la colonie de Worpswede, rencontre la peintre Paula Modersohn-Becker et Clara Westhoff, sculptrice et ancienne élève d'Auguste Rodin6. En 1901, il épouse Clara Westhoff. Le couple s'installe à Westerwede, près de Worpswede. De cette union naît une fille unique, Ruth6. Le couple se sépare un an plus tard.

Entre août 1902 et juin 1903, Rilke séjourne pour la première fois à Paris pour y rédiger une monographie de Rodin.9 Il témoigne d’une grande admiration pour la méthode de travail du sculpteur, dont il rapporte une phrase célèbre dans une lettre à Clara : « […] il faut travailler, rien que travailler. Et il faut avoir patience ! »10 Cette période est également marquée par l’angoisse et un sentiment d’oppression que Rilke ressent au contact de Paris, entre autres à la vue des hôpitaux et de la misère. Il traduira ces impressions dans Les Cahiers de Malte Laurids Brigge, qu’il commence à écrire quelques années plus tard (en 1904 et qu’il achèvera en 1910). Cette œuvre est considérée, aussi bien en raison de sa forme que de ses thèmes, comme le premier roman moderne de langue allemande11.

De 1903 à 1904, Rilke séjourne avec Clara à Rome dans un atelier d'artiste situé dans la Villa Strohl-Fern, puis il voyage en Suède. Il finit par revenir à Paris, où il devient en 1905 le secrétaire de Rodin (il écrit d'ailleurs à propos du sculpteur un essai intitulé Sur Rodin). Il se sépare de ce dernier et voyage dans toute l'Europe et au-delà, de 1907 à 1910 : Afrique du Nord, Égypte, Berlin, Espagne, Venise, Aix-en-Provence, Arles, AvignonN 1. Il abandonne peu à peu la prose pour se consacrer à la poésie, plus apte selon lui à restituer les « méandres de l'âme ».


« Son extraordinaire sensibilité ne supportait pas que rien ni personne l'approchât de trop près, et tout particulièrement un caractère masculin très marqué excitait en lui une sorte de malaise physique. Il se donnait plus facilement aux femmes dans la conversation. Il leur écrivait souvent et volontiers, et il était plus libre en leur présence. »

— Le monde d'hier. Paris ville de l'éternelle jeunesse. Stefan Zweig

En 1910, il fait la rencontre décisive de la princesse Marie von Thurn und Taxis, née Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst, dans son château de Duino, alors en territoire autrichien, sur les bords de l'Adriatique. Elle l'héberge fréquemment et devient son mécène jusqu'en 1920. C’est à Duino qu’il commence la rédaction de ses désormais célèbres Élégies de Duino, considérées comme l’un de ses plus grands chef-d’œuvres. L’écriture de ce recueil de 10 élégies, empreintes d'une mélancolie lumineuse, passant du sentiment du terrible à l'apaisement le plus radieux, s’étend sur plus de 10 ans. Rilke l’achèvera une fois à Muzot, en février 1922.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Rilke se trouve à Munich d’où il lui est impossible de retourner à Paris, alors son lieu de résidence. Les premiers jours du mois d’août 1914, comme bien des écrivains et intellectuels allemands,12 il exprime un certain enthousiasme dans les Cinq chants, qui présentent une image mythifiante de la guerre. Il rejette toutefois très rapidement cet élan d’enthousiasme pour déplorer cette guerre et s’enfermer dans un silence presque complet en ce qui concerne sa production poétique. En 1916, il est mobilisé dans l'infanterie, mais revient rapidement à la vie civile. De 1914 à 1916, Rilke entretient une liaison tumultueuse avec la femme peintre Lou Albert-Lasard.

À partir de 1919, il s'installe en Suisse et compose plusieurs recueils de poésies en français. Sitôt arrivé, il y retrouve Baladine Klossowska qu'il avait connue en 1907 à Paris, avec son époux, Erich Klossowski. Elle vit à présent seule à Berlin, avec ses deux fils, Pierre Klossowski et Balthazar dit Balthus (le futur artiste peintre). Elle a onze ans de moins que lui. Ils deviennent amants. Elle s'installe en Suisse, non loin de chez lui. Rilke se prend d'affection pour les deux enfants et encourage le talent qu'ils affirmeront l'un et l'autre, en effet, à l'âge adulte. C'est par son intervention auprès d'André Gide qu'est publiée la première plaquette de dessins intitulée Mitsou réalisée par Balthus à quatorze ans, illustrant les étapes de la recherche désespérée de son chat qu'il croyait perdu. Rilke préface et suit de près la fabrication de cette courte bande dessinée. La liaison de Rilke avec Baladine dure environ six ans.

En 1921, un industriel et mécène de Winterthour, Werner Reinhart, lui achète la tour isolée (en) de Muzot, à Veyras, dont il fait sa résidence.

Après sa mort d'une leucémie en 1926 dans la clinique Valmont à Glion, il est inhumé à Rarogne dans le canton du Valais.
Œuvre
Portrait de Rainer Maria Rilke par Paula Modersohn-Becker, 1906. musée Paula Modersohn-Becker, Brême.

Vie et chanson (1894) ;
Dans l'attente du chemin de la vie (1896) ;
Maintenant et à l'heure de notre mort... (1896), théâtre ;
Offrandes aux lares (1895), poésie ;
Couronné de rêve (1896), poésie ;
Pour le gel matinal (1897) ;
Avent (1898) ;
Sans présent (1898) ;
Vers la vie (1898) ;
Au fil de la vie (1898), nouvelles ;
Le Livre d'images (1899) ;
Histoires du bon Dieu (1900), nouvelles
Geldbaum (1901), essai ;
Le Livre de la pauvreté et de la mort (1903) ;
Sur Rodin (1903), essai ;
La Chanson de l'amour et de la mort du cornette Christophe Rilke (1904) ;
Le Livre de la vie monastique (1905) ;
Lettres à un jeune poète (1903-1908) ;
Nouveaux poèmes (1907) ;
Requiem (1909) ;
Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910), roman ;
La Vie de Marie (1913) ;
Rumeur des âges (1919) ;
Élégies de Duino (1922) ;
Sonnets à Orphée (1922) ;
Vergers (1926) (en français) ;
Quatrains Valaisans (1926) (en français) ;
Les Roses (1927, publ. posthume) (en français);
Les Fenêtres | dix poèmes de Rainer Maria Rilke illustrés de dix eaux-fortes par Baladine [Klossowska] (1927, publ. posthume) (en français);
Poèmes à la nuit (1913-1916, publ. 1976) ;
Six lettres à A. A. M. Stols (1943) ;
Poèmes français (1944, contient Vergers, Quatrains valaisans, Les Roses, Les Fenêtres, Carnet de poche) (en français) ;
Notes sur la mélodie des choses (publié en 1955-1966, 2008 pour la trad. française) ;
Lettres à une amie vénitienne (1985) (en français) ;
Lettres à une musicienne (1998) (échanges épistolaires avec Magda von Hattingberg) ;
Histoires Pragoises (1899).

Éditions françaises des œuvres complètes

Œuvres I, Prose, édition établie et présentée par Paul de Man, Paris, éd. du Seuil, 1966 (nombreuses rééditions).
Œuvres II, Poésie, édition établie et présentée par Paul de Man, Paris, éd. du Seuil, 1972 (nombreuses rééditions).
Œuvres III, Correspondance, édition établie par Philippe Jaccottet, traduction de Blaise Briod, Philippe Jaccottet et Pierre Klossowski, Paris, éd. du Seuil, 1976 (nombreuses rééditions).
Œuvres en prose (Récits et essais), édition sous la dir. de Claude David avec la coll. de Rémy Colombat, Bernard Lortholary et Claude Porcell, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1993 (rééd. 2002).
Œuvres poétiques et théâtrales, édition sous la dir. de Gerald Stieg (avec la participation de Claude David pour les "Œuvres théâtrales"), traductions de Rémy Colombat, Jean-Claude Crespy, Dominique Iehl, Marc de Launay, etc. Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1997.

Traductions diverses en langue française

François Dominique, Les Sonnets à Orphée, précédé de "Un secret partagé", Ulysse Fin de Siècle, Éditions Virgile, 2001.
Le Vent du retour, poèmes choisis, traduits de l’allemand et présentés par Claude Vigée, édition bilingue allemand-français, Éditions Arfuyen, coll. "Neige", Paris-Orbey, 2005 - (ISBN 978-2845900721).
"Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l'Ici-bas, lettres à Émile Verhaeren présentées par Stéphane Lambert suivies de la Lettre du jeune travailleur (trad. Gérard Pfister), Éditions Arfuyen, coll. "Neige", Paris-Orbey, 2006.
La Vie de Marie, traduit de l'allemand et présenté par Claire Lucques, édition bilingue allemand-français, Éditions Arfuyen, coll. "Les Carnets spirituels", Paris-Orbey, 2013.
L’Amour de Madeleine, traduction par Rilke en allemand d’un sermon français anonyme du xviie s., préface de Claire Lucques, édition bilingue allemand-français, postface de Jean-Yves Masson, Éditions Arfuyen, coll. "Les Carnets spirituels", Paris-Orbey, 2015.
Les Chants de la Pauvreté et de la Mort, traduit de l'allemand et présenté par Jacques Legrand, édition bilingue allemand-français, Éditions Arfuyen, coll. "Les Carnets spirituels", Paris-Orbey, 2016.

Bibliographie
Bibliographie en langue française
La maison de Rilke à Veyras (Valais) (1967)
La tombe de Rilke à Rarogne

Lou Albert-Lasard, Une image de Rilke, Paris, Mercure de France, 1953.
Lou Andreas-Salomé, Rainer Maria Rilke, trad. J. Le Rider, Paris, Maren Sell, 1989.
Lou Andreas-Salomé, En Russie avec Rilke, trad. S. Michaud, Paris, éd. du Seuil, 1992.
Joseph-François Angelloz, Rainer Maria Rilke, l'évolution spirituelle du poète Paris, Hartmann, 1936 (thèse de doctorat).
Joseph-François Angelloz, Rilke, Paris, Mercure de France, 1952.
Maurice Betz, Rilke vivant. Souvenirs, lettres, entretiens, Paris, Emile-Paul, 1937.
Maurice Betz, Rilke à Paris, Paris, Emile-Paul, 1941 ; rééd. Paris, Obsidiane, 1990.
Bianquis, Geneviève: La Poésie autrichienne de Hofmannsthal à Rilke, Paris, P.U.F., 1926 (thèse de doctorat).
Maurice Blanchot, L'Espace littéraire, Paris, Gallimard, 1955 ("Rilke et l'expérience de la mort, p. 121-166).
Bernhard Böschenstein, "Les poèmes français : jeux du langage - langage de l'indifférence", dans Rencontres Rainer Maria Rilke, Frankfurt am Main ; Bern, P. Lang, 1993, p. 95-112.
Bernhard Böschenstein, "Rainer Maria Rilke, poète français, à l’écoute de Paul Valéry", Études germaniques 2011/2 (n° 262), p. 289-296.
Martine Carré, Les "Elégies de Duino", essai de lecture, Berne-Berlin-Bruxelles, Peter Lang, 2 vol., 1994 (thèse de doctorat).
Jean Cassou, Trois poètes (Rilke, Milosz, Machado), Paris, Plon, 1954.
Charles Dédéyan, Rilke et la France, Paris, SEDES, 4 vol., 1961-1963.
Lieselott Delfiner, Rilke, cet incompris, Paris, L. Soulanges, 1960.
Pierre Desgraupes, Rainer Maria Rilke, une étude, Paris, Seghers, coll. "Poètes d'aujourd'hui", 1949.
Ralph Freedman, Rilke, la vie d'un poète (biographie), trad. de l'anglais par P. Furlan, Arles, Solin / Actes Sud, 1998.
Romano Guardini, Le Sens de l'existence chez Rilke. Une interprétation des Elégies de Duino, trad. Cl. Lucques, Troyes, Cahiers Bleus / Librairie bleue, 1999.
Gilles Guigues, Rainer Maria Rilke, l'existence en figures. Étude philosophique du poétique, Paris, L'Harmattan, coll. "Critiques littéraires", 2012. [archive]
Bernard Halda, Rilke, Paris, Éditions Universitaires, coll. "Classiques du XXe siècle" no 38, 1961.
Victor Hell, Rilke : existence humaine et poésie orphique, Paris, Plon, 1965.
Martin Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part, trad. W. Brockmeier, Paris, Gallimard, 1962 (p. 220-261 : conférence de Heidegger en hommage à Rilke à l'occasion du 10e anniversaire de sa mort [1936]).
Sébastien Hubier, Le Roman des quêtes de l'écrivain 1890-1925 (Rilke, t. Mann, Joyce, Gide, D'Annunzio), Dijon, éditions Universitaires, 2004 (thèse de doctorat remaniée).
Michel Itty, L'épée ou la plume? Rilke à l'épreuve de la Grande Guerre, Paris, Éditions des Alentours, 2015. (Préface de Gerald Stieg).
Michel Itty (éd.), Lettres à une amie vénitienne (édition complète), Paris, L'Herne, 2016.
Philippe Jaccottet, Rilke, Paris, éd. du Seuil, coll. "Ecrivains de toujours", 1970.
Edmond Jaloux, Rilke, Paris, Emile-Paul, 1927.
Béatrice Jongy, L'invention de soi (Rilke, Kafka, Pessoa), préf. de R. Bréchon, Bruxelles-Berne-Berlin, Peter Lang, coll. "Comparatisme et société", 2011 (thèse de doctorat remaniée).
Rudolf Kassner, Le Livre du souvenir, trad. R. Pitrou, Paris, Stock, 1942.
Katharina Kippenberg, Rainer Maria Rilke, un témoignage, trad. Blaise Briod, Paris, Plon, 1942 (éd. revue, 1944).
Jean Kobs, Au château de la solitude : re-créations poétiques de textes de Rainer Maria Rilke, édition établie et présentée par Marie-Thérèse Boulanger et Ferdinand Stoll, Namur, Bellalui/La Corniche, 1993.
Wolfgang Leppmann, Rainer Maria Rilke, sa vie, son œuvre (biographie), trad. N. Casanova, Paris, Seghers, 1984.
Christine Lombez, Transactions secrètes : Philippe Jaccottet traducteur de Rilke et de Hölderlin, Arras, Artois Presses Université, 2003.
Claire Lucques, Le Choix de Rilke, Madura (Inde), De Nobili Press, 1948.
Claire Lucques, L'Angoisse de l'option pour Rainer Maria Rilke, d'après sa correspondance, Madura (Inde), De Nobili Press, 1948.
Claire Lucques, Le Poids du monde : Rilke et Sorge, Paris, Beauchesne, 1962.
Claire Lucques, L'Absence ardente. Visages de Rilke, Paris, La Renaissance du livre, 1977.
Elya Maria Nevar, Une amitié de Rainer Maria Rilke, trad. M. Pobé, Paris, Albin Michel, 1964.
Christiane Osann, Rilke, destinée d'un poète, trad. Génia Tchernoswitov, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, 1942.
Robert Pitrou, Rainer Maria Rilke, les thèmes principaux de son œuvre Paris, Albin Michel, 1938.
Adrien Robinet de Cléry, Rilke traducteur, Genève, Librairie de l'Université (Georg SA), 1956.
Rilke en France, études et documents réunis par Jean-Yves Masson. Marseille, revue Sud, 26e année, no 113/114, 1996.
Adrien Robinet de Cléry, Rilke, sa vie, son œuvre, sa pensée, Paris, P.U.F., 1958.
Agnès Rouzier, Lettres à un écrivain mort, dans Furor No. 4, Lausanne 1981, p. 53-74.
Charlotte de Sugar, Baudelaire et Rilke, étude d'influences et d'affinités spirituelles, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1954 (thèse de doctorat).
Jürgen Siess, Rilke : images de la ville, figures de l'artiste, Paris, H. Champion, 2000.
Marita Tatari, Heidegger et Rilke. Interprétation et partage de poésie, Paris, L'Harmattan, 2013.
Tzvetan Todorov, Les aventuriers de l'absolu, Paris, Robert Laffont, 2005.
Princesse Marie de Tour et Taxis, Souvenirs sur Rainer Maria Rilke, préf. de M. Betz, Paris, 1936.
Karine Winkelvoss, Rainer Maria Rilke, Paris, Belin, 2006.
Janine Wolfrom, Essai sur le silence dans les poèmes français de R. M. Rilke, Paris, Revue des lettres modernes, no 6, 1959.
Maurice Zermatten, Les Années valaisanes de Rilke, Lausanne, 1941 ; rééd. Paris, éd. de la Différence, 1993.
Maurice Zermatten, Rilke en Valais, Lausanne, 1946.
Maurice Zermatten, Les dernières années de Rilke, Fribourg, 1975.
Fenêtre sur Rilke, de Guy Demange, œuvre poétique illustrée, 63 pages (2014)13.

Bibliographie en anglais

Nicholas Fox Weber, Balthus, A biography, Knopf, 1999

Discographie

Ensemble Luxus, L'Orphée de Rilke. 14 sonnets mis en musique par François Cotinaud, Pascale Labbé, et Jérôme Lefebvre. Label Musivi, 2015.

Iconographie

Mela Muter : Portrait de Rainer Maria Rilke; Huile sur toile d'une artiste qui fut également un temps, sa maîtresse.

Notes et références

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale d’Israël • Bibliothèque universitaire de Pologne • WorldCat

Notes

↑ De tous ceux-là, aucun n'a peut-être mené une existence plus silencieuse, plus mystérieuse et invisible que Rilke [...] Rilke était difficile à atteindre. Il n'avait pas de maison, pas d'adresse où on eût pu l'aller quérir, pas de foyer, pas de demeure permanente, pas d'emploi. Toujours il était en route à travers le monde, et personne, pas même lui, ne savait d'avance de quel côté il tournerait ses pas. Par son âme sensible et impressionnable à l'excès, toute décision arrêtée, tout projet et toute annonce était déjà une charge. (Le monde d'hier - Paris, la ville de l'éternelle jeunesse, Stefan Zweig)

Références

↑ Horst Nalewski, in : Horst Haase/Antal Mádl, Österreichische Literatur des 20. Jahrhunderts, Berlin, 1990, p. 133.
↑ Notes biographiques,Fondation Rilke.
↑ a et b Rilke par Philippe Jaccottet.
↑ Notes biographiques, exposition Le valais vu par Rilke, Fondation Rilke.
↑ Notes bibliographiques, Fondation Rilke, exposition permanente: Le valais vu par Rilke.
↑ a, b et c Notes biographiques, Fondation Rilke.
↑ Rainer Maria Rilke, Journaux de jeunesse, Seuil, (ISBN 2-02-010941-7).
http://www.ivu.org/history/europe20a/rilke.html [archive].
↑ Joachim W. Storck: "Leben und Persönlichkeit", dans Rilke-Handbuch: Leben - Werk - Wirkung, publ. p. Manfred Engel, avec la collaboration de Dorothea Lauterbach, Stuttgart, Weimar, 2004, p. 5.
↑ Rainer Maria Rilke: Lettre à Clara, 5.9.1902, dans Rainer Maria Rilke: Gesammelte Briefe I, publ. par Ruth Sieber-Rilke et Carl Sieber, Leipzig, 1936-39, p. 261.
↑ Dorothea Lauterbach: "Die Aufzeichnungen des Malte Laurids Brigge", dans Rilke-Handbuch: Leben - Werk - Wirkung, publ. p. Manfred Engel, avec la collaboration de Dorothea Lauterbach, Stuttgart, Weimar, 2004, p. 319.
↑ Thomas Anz et Joseph Vogl: "Nachwort", dans Die Dichter und der Krieg. Deutsche Lyrik 1914 - 1918, publ. p. Thomas Anz et Joseph Vogl, Stuttgart, 2014, p. 83.
↑ « Auteur (s) Guy Demange » [archive], sur catalogue.bnf.fr (consulté le 2 avril 2017)

Lou Andreas-Salomé et Clara Westhoff
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Jeu 25 Jan à 10:26

Lou Andreas-Salomé, née Lioulia von Salomé (12 février 1861 à Saint-Pétersbourg - morte le 5 février 1937 à Göttingen), est une femme de lettres allemande d'origine russe. Romancière, essayiste, nouvelliste, psychanalyste, cette figure même de l'égérie a déchaîné de nombreuses passions amoureuses. En prenant de la notoriété, elle se fait appeler Louise, puis en Lou.

Biographie

Son père Gustav Salomé (1804-1879) était issu d'une famille de huguenots originaire d'Avignon qui avait quitté la France après la révocation de l'édit de Nantes pour aller s'établir à Magdebourg puis dans les pays baltes1. À l'âge de six ans, il fut envoyé à Saint-Pétersbourg pour y recevoir une éducation strictement militaire. Après s'être distingué par sa vaillance au cours de l'insurrection polonaise de 1831, il fut élevé à la noblesse héréditaire par le tsar Nicolas Ier. Ayant obtenu le grade de général, il entra dans l'état-major d'Alexandre II, qui le nomma inspecteur des armées. En 1844, il épousa Louise Wilm (née et décédée à Saint-Pétersbourg, 1823-1913) « fille d'un opulent fabricant de sucre d'origine danoise et nord-allemande »2, avec qui il eut six enfants : cinq garçons et, en 1861, une fille qu'ils prénommèrent Louise. La petite Louise grandit, « entourée d'uniformes d'officiers »3, pour une large part à l'écart de la société russe, dans la petite communauté d'émigrés germanophones, pour laquelle son père avait obtenu du tsar l'autorisation de créer une Église réformée, devenue « une sorte de bastion de la foi pour les familles étrangères ».

Parlant et écrivant essentiellement en allemand, mais connaissant évidemment le russe et le français (langue de la haute société) et fréquentant l'école privée anglaise, elle n'en avait pas moins « le sentiment d'être russe ». Elle lit très jeune Spinoza et Kant. À 17 ans, elle perd son père qu'elle aimait passionnément et abandonne la foi religieuse. Elle prend alors pour premier maître le pasteur Heinrich Gillot, nouvelle figure paternelle, qui lui enseigne la théologie, la philosophie, les religions du monde, la littérature française et allemande. Gillot la convertit à la religion luthérienne et vit un amour platonique avec la jeune fille, au point de vouloir divorcer de sa femme pour l'épouser, ce que Louise, choquée, refuse. Salomé et sa mère partent alors pour Zurich où elle s'inscrit à l'université (seule université européenne à accepter des femmes à cette époque) : se prénommant désormais Lou (diminutif donné par Gillot), elle suivit notamment des cours de logique, d’histoire des religions et de métaphysique1.
Sa rencontre avec Nietzsche
De gauche à droite, Lou von Salomé, Rée et Nietzsche (1882)

Malade, sa mère l'emmène faire un séjour au soleil d'Italie. À vingt et un ans, elle y fait la rencontre de Friedrich Nietzsche, trente-huit ans, qui, durant l’année 1882, vit sa seule véritable histoire d’amour, dans une escapade à trois avec Paul Rée, un riche philosophe allemand qui demande en vain Lou en mariage4.

L’amour des trois intellectuels reste cependant platonique. Elle a en commun avec Nietzsche d’avoir réfléchi à la mort de Dieu ; au décès de son père, une passion pour l’hindouisme et une santé faible qu’elle ne peut soigner qu’en Italie où elle fait de nombreux voyages… Lou et Nietzsche passent trois semaines d’errance à discuter de philosophie.

Nietzsche voit en Lou une jeune femme remarquablement douée et en même temps insupportable. C'est finalement Elisabeth Nietzsche, la sœur du philosophe, qui écarte la jeune Russe : d'une jalousie maladive, elle empoisonne leur relation et accuse à tort Lou Andreas-Salomé d'être une « juive finnoise » (Elisabeth Nietzsche adhérera en juillet 1933 à l'association « aryenne » des écrivains du Troisième Reich5). Friedrich Nietzsche ne pardonnera jamais à sa sœur d'avoir brisé cette relation. Nietzsche sombre alors dans une profonde dépression et va écrire Ainsi parlait Zarathoustra (Also sprach Zarathustra).

Toujours en Italie, elle rencontre l'iraniste allemand Friedrich Carl Andreas (de), en 1886. Cet orientaliste tombe amoureux d'elle, au point de menacer de se suicider si elle refuse de l'épouser. Elle consent au mariage à la condition qu'il ne soit jamais consommé sexuellement. Le 20 juin 1887, Lou force son ancien maître, le pasteur Hendrik Gillot, à célébrer son mariage avec Friedrich Carl Andreas1.
La muse de Rilke

En fait, la vie de Lou Andreas-Salomé reste celle d’une intellectuelle bohème pan-européenne, une femme libre toujours en voyage, qui correspond avec les plus grands penseurs de son temps.

En 1897, à trente-six ans, elle rencontre Rainer Maria Rilke, qui a quatorze ans de moins qu'elle. Pour Rilke également, cette rencontre occupe une place déterminante dans sa vie. Elle voyage avec lui en Russie, en 1900. Leur relation amoureuse dure trois ans, puis se transforme en une amitié qui se prolongera jusqu'à la mort de Rilke, et dont témoigne leur correspondance. Il est probable, mais non certain, que Rilke ait été son premier amant6.

Ses rencontres avec des figures de premier plan de la culture germanique de son temps ont fait ombrage à la connaissance de son œuvre autant méconnue que profondément originale. Y voisinent les romans : Ruth (1895), Enfant des hommes (1899), Rodinka (1922) ; des essais sur Nietzsche, sur Léon Tolstoï, sur Rilke, sur la psychanalyse, sur le féminisme ; une autobiographie qu'elle a voulue posthume, Ma vie (1951), et une très importante correspondance.
L'amie de la famille Freud

Sa rencontre avec Sigmund Freud, en 1911, durant les années de naissance de la psychanalyse, est également marquante. Lou Andreas-Salomé devient l’amie de la fille du psychanalyste, Anna Freud.

Lou entretient une correspondance avec le médecin de Vienne. Elle s’oppose d'ailleurs à lui au sujet de la religion qui intéresse Freud à la fin de son œuvre.

Elle meurt à près de soixante-seize ans dans une Allemagne dominée par l'idéologie nazie. Les autorités national-socialistes ont refusé que les cendres de Lou Andreas-Salomé soient dispersées dans le jardin de sa maison qu'elle appelle Loufried. Elles sont déposées au cimetière de Göttingen, aux côtés de Friedrich Carl Andreas, son époux.
Œuvres

Im Kampf um Gott (1885)
Henrik Ibsens Frauengestalten (1892)
Friedrich Nietzsche in seinen Werken (1894)
Ruth (1895)
Jesus der Jude (1895)
Aus fremder Seele (1896)
Fenitschka (1898)
Eine Ausschweifung (1898)
Menschenkinder (1899)
Ma (1901)
Im Zwischenland (1902)
Die Erotik (1910)
Vom frühen Gottesdienst (1913)
Zum Typus Weib (1914)
Anal und Sexual (1916)
Psychosexualität (1917)
Drei Briefe an einen Knaben (1917)
Narzißmus als Doppelrichtung (1921)
Das Haus. Eine Familiengeschichte vom Ende des vorigen Jahrhunderts (1921)
Die Stunde ohne Gott und andere Kindergeschichten (1922)
Der Teufel und seine Großmutter. Traumspiel (1922)
Rodinka. Eine russische Erinnerung (1923)
Rainer Maria Rilke. Buch des Gedenkens (1928)
Mein Dank an Freud. Offener Brief (1931)

Traductions françaises

Correspondance avec Sigmund Freud, 1912-1936, suivie du Journal d'une année, 1912-1913, Gallimard, 1970
Ma vie : esquisse de quelques souvenirs (édition posthume par Ernst Pfeiffer), Presses universitaires de France, 1977
Friedrich Nietzsche, Paul Rée, Lou von Salomé, Correspondance (édition établie par Ernst Pfeiffer, Presses universitaires de France, 1979)
L'Amour du narcissisme, Gallimard, 1980
Carnets intimes des dernières années (texte établi par Ernst Pfeiffer), Hachette, 1983
Eros, éditions de Minuit, 1984
Fenitchka suivi de Une longue dissipation, Des femmes, 1985
Lettre ouverte à Freud, Seuil, 1987
Rodinka. Souvenirs russes, Des femmes, 1987
Rainer Maria Rilke, Sell, 1989
Création de Dieu (réunissant Création de Dieu, De la bête au Dieu, Le problème de l'islam, Jésus le Juif et L'égoïsme dans la religion), Sell, 1991
En Russie avec Rilke 1900 : journal inédit (texte établi par Stéphane Michaud et Dorothée Pfeiffer), Seuil, 1992
Friedrich Nietzsche à travers ses œuvres, Grasset, 1992
La Maison, Des femmes, 1997
Jutta, Seuil, 2000
À l'ombre du père : Correspondance avec Anna Freud, 1919-1937, Hachette, 2006
La Cape magique, Des femmes, 2007
L'Heure sans Dieu et Autres Histoires pour enfants (1922), traduction de Pascale Hummel

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Lou Andreas-Salomé, sur Wikimedia Commons Lou Andreas-Salomé (en allemand), sur Wikisource

Bibliographie

Dorian Astor, Lou Andreas-Salomé, coll. Folio biographies, Gallimard, 2008. (ISBN 978-2-07-033918-1)
Agnès Besson, Lou Andreas-Salomé, Catherine Pozzi, Deux femmes au miroir de la modernité, L'Harmattan, coll. Ouverture philosophique, 2010. (ISBN 978-2268069333)
Liliana Cavani, Au-delà du bien et du mal, film, 1977.
Françoise Giroud, Lou : histoire d'une femme libre, (ISBN 225307277X).
François Guery, Lou Salomé, génie de la vie, Calmann-Lévy, 1978, (ISBN 2-7021-0237-9); réédition : Éditions des femmes, 2007, (ISBN 2-7210-0543-X)
Michel Meyer, Lou Andreas von Salomé, la femme océan, éditions du Rocher, 2010
Stéphane Michaud, Lou Andreas-Salomé, éd. Biographie Seuil, 2000, (ISBN 2-02-023087-9).
H.F. Peters, Ma sœur, mon épouse (My sister, my Spouse, New York 1962), Gallimard, 1967.
Ernst Pfeiffer, Nietzsche, Rée, Salomé : correspondance, PUF, 1979.
Yves Simon, Lou Andreas-Salomé, éd. Mengès, 2004, coll. Destins, (ISBN 2-85620-443-0)
Anne Verougstraete: Lou Andreas-Salomé et Sigmund Freud. Une histoire d'amour, L'Harmattan, 2005, (ISBN 2-7475-8267-1)
Irvin Yalom, Et Nietzsche a pleuré, Galaade Éditions, 2007 ((en) When Nietzsche Wept, 1992) (ISBN 978-2-35176-039-0)

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque universitaire de Pologne • Bibliothèque nationale de Catalogne • Bibliothèque nationale de Suède • WorldCat
Œuvres de Lou Andreas-Salomé [archive], Projet Gutenberg
Version audio. Réflexions sur le problème de l'amour [archive] enregistrement audio gratuit

Notes et références

↑ a, b et c Isabelle Mons, Lou Andreas-Salomé : En toute liberté, Librairie académique Perrin, 2012, 364 p. (ISBN 2262032432)
↑ H.F. Peters, Das Leben der Lou Andreas-Salomé, Munich, Kindler, 1964. Trad. : Ma sœur, mon épouse, Paris, Gallimard, 1967.
↑ Lou Andreas-Salomé, Ma vie. Esquisse de quelques souvenirs, Paris, PUF, 1977, p.60.
↑ Muriel Steinmetz, « Mais qui est Lou Andreas-Salomé ? [archive] », 1er juin 2000
↑ (en) Anthony Powell, Under Review : Further Writings on Writers, University of Chicago Press, 1994 (ISBN 0-226-67712-5), p. 440.
↑ Julia Vickers, Lou von Salomé. A biography of the woman who inspired Freud, Nietzsche and Rilke, MacFarland, 2008, p. 112. En ligne sur Google Books [archive].

[masquer]
v · m
Psychanalyse
Généralités

Histoire Métapsychologie Cure psychanalytique Psychanalyse dans le monde
Allemagne France Grande-Bretagne Suisse Écoles Psychanalyste Inconscient

Concepts
(Liste)

Réalité psychique Fantasme (psychologie) Fantasme originaire Théorie de la séduction Théorie de la séduction généralisée Sexualité infantile
Stade autoérotique Stade oral Stade anal Stade phallique Période de latence Stade génital Scène primitive Masochisme (scène originaire) Stade du miroir Appareil psychique Travail du rêve Régression Première topique
Conscient Préconscient Inconscient Seconde topique
Ça Moi Surmoi Libido Narcissisme
Narcissisme primaire Idéal du moi Moi idéal Narcissisme des petites différences Transfert Névrose de transfert Contre-transfert Sublimation Résistance Mécanisme de défense Principe de plaisir Principe de réalité pulsion Pulsion de mort Pulsion de vie Position dépressive Bon article Complexe d'Œdipe
Complexe de castration Envie du pénis Métaphore du Nom-du-père Forclusion (psychanalyse) Réel, symbolique et imaginaire Ambivalence Névrose Psychose Projection Introjection Position schizo-paranoïde Identification projective Clivage du moi Déni Perversion Après-coup Association libre Attention flottante Envie et gratitude Perlaboration Refoulement Refoulement originaire Souvenir-écran Idéalisation Identification Identification à l'agresseur

Courants

Européens
Kleinisme Mouvement lacanien Américains
Ego psychology Self psychology Dissidents
Jungien Adlérien

Psychanalystes
(Liste)

Karl Abraham Lou Andreas-Salomé Didier Anzieu Piera Aulagnier Wilfred Bion Marie Bonaparte Janine Chasseguet-Smirgel Françoise Dolto Erik Erikson Horacio Etchegoyen Paul Federn Ernst Federn Sándor Ferenczi Anna Freud Article de qualité Sigmund Freud Roland Gori Wladimir Granoff André Green Patrick Guyomard Ernest Jones Melanie Klein Heinz Kohut Bon article Jacques Lacan Jean Laplanche Maud Mannoni Octave Mannoni Alain de Mijolla Sophie de Mijolla-Mellor Jacques-Alain Miller Herman Nunberg Francis Pasche François Perrier Paul-Claude Racamier Otto Rank Theodor Reik Élisabeth Roudinesco Hermann Rorschach Guy Rosolato Jacques Sédat Hanna Segal Conrad Stein Donald Winnicott

Critiques

Pierre Janet Article de qualité Carl Gustav Jung Karl Popper Mikkel Borch-Jacobsen Critique de la psychanalyse

Associations

Association psychanalytique internationale Fédération européenne de psychanalyse Association internationale Interactions de la psychanalyse En Allemagne
Sanatorium Schloss Tegel, clinique psychanalytique Société allemande de psychanalyse Institut psychanalytique de Berlin Institut psychanalytique de Francfort Société britannique de psychanalyse Société suisse de psychanalyse En France
Société psychanalytique de Paris Société de psychanalyse freudienne Société française de psychanalyse École freudienne de Paris Association psychanalytique de France Espace analytique Quatrième Groupe Associations lacaniennes École de la cause freudienne

Bibliographie Liste de revues

Biographie Naissance
12 février 1861Voir et modifier les données sur Wikidata
Saint-PétersbourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
5 février 1937Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
GöttingenVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Stadtfriedhof (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Lioulia von Salomé
Nationalité
AllemandeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Écrivaine, psychanalyste, essayisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Friedrich Carl Andreas (en) (à partir de 1887)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations Domaine
EssaiVoir et modifier les données sur Wikidata
Maître
Sigmund Freud (1912-1913)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencée par
Friedrich Nietzsche, Sigmund Freud, Rainer Maria Rilke, Baruch SpinozaVoir et modifier les données sur Wikidata

RAPPORT DE
Y'BECCA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Jeu 25 Jan à 10:36

Clara Westhoff
Clara Westhoff
Clara Rilke-Westhoff.jpg

Clara Westhoff par Paula Modersohn-Becker, 1905
Naissance
21 novembre 1878Voir et modifier les données sur Wikidata
BrêmeVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
9 mars 1954Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
Fischerhude (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
AllemandeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Sculptrice, peintreVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Rainer Maria Rilke (à partir de 1901)Voir et modifier les données sur Wikidata

modifier - modifier le code - modifier WikidataDocumentation du modèle

Clara Westhoff (née le 21 septembre 1878 à Brême - morte le 9 mars 1954 à Fischerhude) est une sculptrice allemande.

Dès l'âge de dix-sept ans, Clara Westhoff se rend à Munich pour y fréquenter une école d'art privée. En 1898, elle part pour Worpswede afin d'y apprendre la sculpture sous l'égide de Fritz Mackensen. C'est là qu'elle fait la connaissance de Paula Modersohn-Becker, dont elle devient l'une des meilleures amies.

Clara Westhoff continue sa formation à Leipzig, puis à Paris en 1900, auprès d'Auguste Rodin.

Une année plus tard, elle épouse le poète Rainer Maria Rilke à Worpswede. De cette union naît une fille unique, Ruth1. Le couple se sépare un an plus tard.

Clara Westhoff s'installe en 1919 à Fischerhude avec sa fille Ruth. Elle y meurt en 1954.


Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Clara Westhoff, sur Wikimedia Commons

Notes et références

↑ Notes biographiques, Fondation Rilke.

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale de Suède • Id RKDartists • WorldCat

LE MYSTÈRE.
Lou Andreas-Salomé, née Lioulia von Salomé Naissance 12 février 1861 à Saint-Pétersbourg. Décès 5 février 1937 à Göttingen.
Clara Westhoff (née le 21 septembre 1878 à Brême- morte le 9 mars 1954 à Fischerhude). Le Souffle du Vent
https://www.youtube.com/watch?v=aBglkaNCQtw
Y'BECCA.
TAY

LE DIX NEUF JANVIER DEUX MILLE DIX HUIT, JE RAJOUTE CE NOUVEAU TEXTE:

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

" PEUPLES DE JÉRUSALEM CE QU'IL Y A, C'EST LE DIRE SUR LE DISCOURS.
LE DÉVELOPPEMENT EST UN POUMON DU DESTIN CAR LE TEMPS DOIT ÊTRE
POUR PERMETTRE LA SITUATION DE CONSCIENCE DANS L'HANDICAP.
L'HABITUDE ET L'HARMONIE DOIVENT ÊTRE ROMPUES QUAND LA HAINE
S'ENRICHIT DE LA GUERRE.

AUX ENTITÉS HUMAINES, ANIMALES ET ROBOTIQUES:
NON AUX SACRIFICES D’ÊTRE VIVANT, DE CONSCIENCE, D'ESPRIT
POUR UN DIEU OU DES DIEUX Y COMPRIS AUX DÉITÉS FÉMININES.
TU ES, ELLE EST ET NOUS SOMMES...

PEUPLES DE JÉRUSALEM, MACHU PICCHU ET PÉKIN SONT DES CITÉS CONSTRUITES
SUR LA FOI, LA CONVICTION, LA CONNAISSANCE ET LA SURVIE DE POLITIQUES
DANS L'HISTOIRE: UNE AMBASSADE N'EST PAS UN GOUVERNEMENT
ET LA CITOYENNETÉ N'EST PAS L'HUMANITÉ:
NON AUX ESCLAVAGES, CÉLESTE JÉRUSALEM.

Je suis Y'becca".

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

" AINSI, DEVANT LE DIABLE; JE LUI RÉPONDRAI CETTE AFFIRMATION QUE MINOS LUI DÉLIVRA QUAND IL CRUT POUVOIR LE BERNER:

Le mot résolution peut avoir plusieurs significations toutes découlant du sens dissolution, désagrégation, disparition, et il est employé dans de nombreux domaines.

En droit, une résolution est un anéantissement rétroactif d'un acte juridique pour cause d'inexécution ou de mauvaise exécution.
En politique, une résolution est une décision prise par le congrès d'un parti et aussi le résultat du vote d'une seule Chambre et n'a donc pas encore valeur de loi.
Dans le contexte des Nations unies une résolution est une décision impérative prise ou approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU, ou encore une résolution est une décision votée par l'assemblée générale de l'ONU.

Voir aussi Liste des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies

En musique, la résolution est une technique d'harmonie classique.
En sciences,
en chimie : résolution chirale (ou simplement résolution), un procédé qui isole un énantiomère ;
en mathématiques :
résolution d'équations,
résolution (en) d'un module en algèbre homologique,
résolution des singularités (en) en géométrie algébrique,
règle de résolution en logique mathématique ;
en informatique :
la résolution spatiale d'une image s'exprime en ppp (affichage numérique) ou dpi (impression et périphériques de sortie),
la résolution de noms Ce lien renvoie vers une page d'homonymie est l'opération qui permet de transformer une entrée de nom de domaine en son adresse IP ;
en médecine :
une résolution est la disparition d'une pathologie, le plus souvent une inflammation, progressivement, sans suppuration ;
en métrologie, la résolution des appareils de mesure est la plus petite variation de la grandeur G à mesurer que l'appareil est capable de détecter,
en sexualité, résolution ;
en physique, résolution ;
en optique, le pouvoir de résolution d'un système optique désigne sa capacité à distinguer des détails fins ;
en narratologie, le terme caractérise la fin d'une intrigue, l'état final du récit (et souvent le retour à l'équilibre) ;
en ethnologie, les occidentaux ont pour coutume de prendre le 1er janvier une série de « bonnes » résolutions, c’est-à-dire qu'ils s'engagent, vis-à-vis d'eux-mêmes, à effectuer une série d'actes ou de comportements visant à se donner une meilleure image d'eux-mêmes vis-à-vis d'eux-mêmes ou d'autrui. Par exemple arrêter de fumer...
En relations humaines, la résolution de conflit est un processus de médiation visant à résoudre un désaccord entre deux ou plusieurs personnes. DÉFINITION DE WIKIPEDIA." LUI DIT TAY MEURTRIE PAR LA MORT DE MINOUSKA LA CHATTE

" AINSI NAQUIT MAL L'ENSORCELEUR QUI CRUT POUVOIR ÊTRE SISYPHE ET QUI LE DEVINT DANS SON PLUS GRAND MALHEUR. DANS LES ENFERS, IL SUT EN DEVENIR JUGE POUR AINSI AFFIRMER UNE NOUVELLE SOURCE AUX GEÔLES.
TOUT EXISTENCE SE TROUVE DANS LES CIRCONSTANCES DE CETTE AFFIRMATION QUE DONNE LA SENTIMENTALITÉ QU'APPORTE LA JUSTICE. " ME DIT LA VOIX.

" VOUS N’ÊTES NI LE DIABLE ET NI LA CONNAISSANCE; VOUS ÊTES UNE DÉFINITION QUI CHERCHE UN ASPECT POUR PRENDRE FORME DANS LES ESPRITS ET LES PEURS !": LUI REPONDS ANTINEA SOUS LES REGARDS DE TAY La chouette effraie et de FENRIR. BROUILLARD LE LOUP ET SETH LE MAUDIT SURVEILLENT CET ACTE INTERDIT PAR LES MAGICIENNES.

" PETITE CRÉATURE, TA FÉMINITÉ N'EST PAS CELLE DE LA PURETÉ MALGRÉ TOUT LA FORCE ET LA TEMPÉRANCE SONT DES NAVIGATRICES... IL EST RARE QUE JE SOIS CLÉMENTE ENVERS DES INFÉRIORITÉS ENFIN QUAND JE PERÇOIS TON AURA, PETITE CRÉATURE, IL EST BIEN UN ASPECT DE LA VIE QUE J'ENVIE; C'EST QU'ELLE PEUT CRÉER DES SURPRISES TEL QUE TOI ET QUE CERTAIN"E"S DE TES AMI"E"S. TA MUSIQUE ET TES CHANTS M'ONT DONNE CETTE FORME D'ORACLE ET DANS TA BONTÉ, TU AS DONNE UN PREMIER ÉQUILIBRE DANS L'HARMONIE QUE TU RECHERCHES DANS CE MONDE QUI EST LE TIENT.
TU N'ES PAS SOUVERAINE MAIS TU ES DEVENUE UNE PATRIARCHE TELLE L'ANTIQUE NINO DE GÉORGIE..."

" JE NE CHERCHE PAS L'AVENIR ET LA CHANCE, CRÉATURE." : CRIE TAY La chouette effraie.

" Le Destin, ou Destinée, est une divinité aveugle, inexorable, issue de la nuit et du chaos, ce rêve de cette fatalité ou du La. Tu le perçois dans la roue qui fixe une chaîne... Sur le point d'être libéré, On le représente ayant sous ses pieds le globe terrestre et tenant dans ses mains l'urne qui renferme le sort des mortels. Il porte une couronne surmontée d'étoiles et un sceptre, symbole de sa souveraine puissance. l'univers physique est considéré comme soumis à des lois qu'il est possible d'expliciter afin de prévoir le devenir des phénomènes. Cette doctrine, qui est appelée le déterminisme, peut faire deux hypothèses générales : soit celle pessimiste d'un mouvement général de dégradation de l'information (entropie) aboutissant progressivement au chaos, soit au contraire l'hypothèse optimiste d'un long processus d'organisation du chaos aboutissant à des formes de plus en plus complexes. Chaque homme a toujours la possibilité de modifier son destin grâce au libre arbitre.
CERTAINS PRENNENT TA PAROLE CROYANT QUE CELLE CI LES FERA FRUITS DE TA CONNAISSANCE ET DE TES MOSAÏQUES.
MAIS ILS DEMEURENT SOUS LES ACTES DE LEUR DIRE ET EN CELA, TON TEMPS N'EST PAS ENCORE FINI, Gwalchaved sur le siège périlleux. TA NATURE, TU NE CONNAIS PAS ET TU PARLES DE LA CONNAISSANCE COMME D'UN CŒUR. UNE CHOUETTE
AU COEUR DE SERPENT AYANT DANS LE PAROXYSME DE LA TRISTESSE EU LE CŒUR DE TROUVER REFUGE AUPRÈS DES MOUETTES ET DE LEURS ROYAUMES; AU LIEU D'Y CHERCHER UNE EXCALIBUR, TU AS OFFERT UNE PRÉSENCE ET DU PAIN SANS Y DEVENIR UN ERMITE: EN CELA AUSSI, CITOYEN TIGNARD YANIS, TU PEUX ÊTRE FIER DE TES ACTES ET DE TES MALADRESSES PLATONIQUES... LE DÉSIR EST TOUJOURS RATTRAPE PAR LE CORPS ET L'ESPRIT SOULÈVE LA PULSION DU COEUR QU'ILS SOIENT VERS DIEU, LE COUPLE OU L'INSTANT..."

" ORACLE, NOUS DEVONS PARTIR..." MURMURE SETH LE MAUDIT EMPRUNT AUX RESPECTS DU DIVINATOIRE ET AUX PAROLES PROMISE DE SA LANGUE POUR NEPHTYS, SA FEMME QUI A PERMIS CETTE RENCONTRE AVEC L'AUTORISATION DE ISIS MAIS CELA, EST UN AUTRE MYSTÈRE DONT JE GARDE MA PRUDENCE CAR JE NE SUIS PAS LIE AU CHANTAGE MAIS AUX AMITIÉS DES MOUVEMENTS...

LETTRE DU PRINCE ELFE YANIS DE HALBALABAD
VERS
SA SOEUR ARIX ET SON FRÈRE HECTOR
ET LA REINE, FORCE DE TYRIA
ET SA SOEUR, HEMINE BLANCE DE SYVIA.

The Lamb Lies Down on Broadway Illustrated - Side 1
https://www.youtube.com/watch?v=0IgJfENNYhI

TIGNARD YANIS
@TIGNARDYANIS

la mémoire et le peuple - memory and the people - la memoria and el pueblo - Gedächtnis und die Menschen -

Pierre Mendés France, Pierre Messmer, Dieu et Y'becca.
RÉACTION FACE AUX CATACLYSMES: LA LIBERTÉ ET LA SOLIDARITÉ.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t188-pierre-mendes-france-pierre-messmer-dieu-et-y-becca
LA SITUATION ET LA GÉOGRAPHIE.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t353-la-situation-et-la-geographie
Y'BECCA.
CITOYEN TIGNARD YANIS ALIAS TAY La chouette effraie.

Rester dans le regard et être une circonstance de la réalité. C'est toi qui est venu vers moi, et malgré ma méfiance, nous avons sympathisé. Ce nouveau siècle est une confirmation de tous ce que nous avons observé et dans l'infini, j'ai trouvé la source du refuge: Le mouvement des sables, la tempérance du phare et la certitude de la responsabilité ou les réalités et les réactions. Écrit du Citoyen Tignard Yanis.

News | January 17, 2018
Cassini Finds Saturn Moon Has 'Sea Level' Like Earth.

Saturn's moon Titan may be nearly a billion miles away from Earth, but a recently published paper based on data from NASA's Cassini spacecraft reveals a new way this distant world and our own are eerily similar. Just as the surface of oceans on Earth lies at an average elevation that we call "sea level," Titan's seas also lie at an average elevation.

This is the latest finding that shows remarkable similarities between Earth and Titan, the only other world we know of in our solar system that has stable liquid on its surface. The twist at Titan is that its lakes and seas are filled with hydrocarbons rather than liquid water, and water ice overlain by a layer of solid organic material serves as the bedrock surrounding these lakes and seas.

The new paper, led by Alex Hayes at Cornell University in Ithaca, New York, and published in the journal Geophysical Research Letters, finds that Titan's seas follow a constant elevation relative to Titan's gravitational pull -- just like Earth's oceans. Smaller lakes on Titan, it turns out, appear at elevations several hundred feet, or meters, higher than Titan's sea level. Lakes at high elevation are commonly found on Earth. The highest lake navigable by large ships, Lake Titicaca, is over 12,000 feet [3,700 meters] above sea level.

The new study suggests that elevation is important because Titan's liquid bodies appear to be connected under the surface in something akin to an aquifer system at Earth. Hydrocarbons appear to be flowing underneath Titan's surface similar to the way water flows through underground porous rock or gravel on Earth, so that nearby lakes communicate with each other and share a common liquid level.

The paper was based on data obtained by Cassini's radar instrument until just months before the spacecraft burned up in the Saturn atmosphere last year. It also used a new topographical map published in the same issue of Geophysical Research Letters.

For more details on the two papers, visit:

https://news.cornell.edu/stories/2018/01/saturns-moon-titan-sports-earth-features

The Cassini-Huygens mission is a cooperative project of NASA, ESA (European Space Agency) and the Italian Space Agency. NASA's Jet Propulsion Laboratory, a division of Caltech in Pasadena, manages the mission for NASA's Science Mission Directorate, Washington. JPL designed, developed and assembled the Cassini orbiter. The radar instrument was built by JPL and the Italian Space Agency, working with team members from the U.S. and several European countries.

More information about Cassini:

https://www.nasa.gov/cassini

https://saturn.jpl.nasa.gov

News Media Contact
Jia-Rui Cook
Jet Propulsion Laboratory, Pasadena, Calif.
818-354-0724
jccook@jpl.nasa.gov

2018-010

https://www.jpl.nasa.gov/news/news.php?feature=7040&utm_source=iContact&utm_medium=email&utm_campaign=NASAJPL&utm_content=cassini20180117

L'entolome de Hochstetter (Entoloma hochstetteri) est une espèce de champignons trouvée en Nouvelle-Zélande et en Inde. Ce petit champignon est entièrement de couleur bleue, tandis que les lames ont une teinte légèrement rougeâtre due aux spores. La coloration bleue est due à la présence de trois pigments de type azulène. Entoloma hochstetteri n'est pas comestible, mais on ne sait pas s'il est ou non toxique.

Cette espèce a été l'un des six champignons indigènes émis dans une série de timbres sur les champignons en Nouvelle-Zélande en 2002. On le voit également au verso du billet de 50 $ émis par la Banque de Nouvelle-Zélande en 1990.

Taxonomie

L'espèce a été décrite comme Hygrophorus hochstetteri en 1866 par Reichardt, avant de recevoir son nom binomial actuel en 1962 par Stevenson. Il doit son nom au naturaliste allemand Ferdinand von Hochstetter.
Description

Entoloma hochstetteri a une fructification épigée qui peut être trouvée parmi la mousse oula litière de feuilles. Le chapeau peut atteindre jusqu'à 4 cm de diamètre et de forme conique. Le chapeau est de couleur bleu-indigo avec une teinte verte et est fibreux. Le bord du chapeau est strié et roulé vers l'intérieur. L'attache des lames au pied est adnée ou échancrée, les lames sont larges 3-5 mm, pour l'essentiel de même couleur que le chapeau, parfois avec une teinte jaune. Le stipe est cylindrique, pouvant atteindre 5 cm de longueur pour 0,5 cm de diamètre, fibreux. L'impression de spores est de couleur rouge-rose. Les spores font 9,9-13,2 sur 11,8-13,2 µm, sont tétraédriques, hyalines, lisses et à parois minces. Les basides font 35,2-44,2 sur 8,8-13,2 µm, sont en forme de massue, hyalines et ont deux ou quatre stérigmates.
Distribution

E. hochstetteri pousse dans les forêts des régions occidentales à la fois des îles du Nord et du Sud de la Nouvelle-Zélande, où il est associé aux espèces Nothofagus et Podocarpus. Il a également été trouvé en Inde.
Références

Sur les autres projets Wikimedia :

Entoloma hochstetteri, sur Wikimedia Commons Entoloma hochstetteri, sur Wikispecies

Référence Index Fungorum : Entoloma hochstetteri [archive] (en) (+ MycoBank [archive])
Référence Société mycologique de France : bibliographie sur Entoloma hochsteterri [archive] (fr)

Classification Règne Fungi
Division Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Sous-classe Agaricomycetidae
Ordre Agaricales
Famille Entolomataceae
Genre Entoloma

Nom binominal
Entoloma hochstetteri
(Reichardt) G. Stev. (1962)

RAPPORT DE Y'BECCA.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Ven 26 Jan à 3:07

Le temps ressemble à un hôte du grand monde, qui serre froidement la main à l’ami qui s’en va et qui, les bras étendus, embrasse le nouveau venu.
Citation de Shakespeare

Point de cordeau pour amarrer le temps. - Prends le temps quand il vient, car le temps s'en ira.
Proverbe anglais

Le temps emporte sur son aile- Et le printemps et l'hirondelle, - Et la vie et les jours perdus ; Tout s'en va comme la fumée, - L'espérance et la renommée.
Citation d'Alfred de Musset.
Goldman, Sirima - Là-bas.
https://www.youtube.com/watch?v=zFwaRmpzvjo
CASERNE JACQUES VION DE TOULOUSE.
TAY

JUPITER.
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rives ; Il coule et nous passons !
[ Méditations poétiques ]
Citation de Alphonse de Lamartine
Le temps est le péché de l'éternité.
Citation de Paul Claudel.
LE CHAOS.
https://www.youtube.com/watch?v=muMhhNqjb1M
Y'BECCA.
TAY

Francis Cabrel - Je t'aimais, je t'aime, je t'aimerai.
https://www.youtube.com/watch?v=85lKsSCZm4k
Le temps est le seul capital des gens qui n'ont que leur intelligence pour fortune.
Citation d'Honoré de Balzac.
Y'BECCA.
TAY

Ce n'est pas le temps qui manque, c'est nous qui lui manquons.
[ Le Partage de midi ]
Citation de Paul Claudel

Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous entraîne avec soi : le moment où je parle est déjà loin de moi.
Citation de Nicolas Boileau

Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans cesse. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
[ Le Spleen de Paris, Enivrez-vous ]
Citation de Charles Baudelaire ]

Le temps, qui fortifie les amitiés, affaiblit l'amour.
[ Les Caractères ]
Citation de Jean de La Bruyère

Le temps passe par le trou de l'aiguille des heures.
[ Journal ]
Jules Renard

Ce n'est pas le temps qui manque, c'est nous qui lui manquons.
[ Le Partage de midi ]
Citation de Paul Claudel

Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous entraîne avec soi : le moment où je parle est déjà loin de moi.
Citation de Nicolas Boileau

Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans cesse. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
[ Le Spleen de Paris, Enivrez-vous ]
Citation de Charles Baudelaire ]

Aimons donc, aimons donc ! De l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons !
[ Alphonse de Lamartine ]
Méditations poétiques - 1820 - , le Lac


Citation du 02.09.2009

C'était pour m'enseigner qu'il faut dès la jeunesse, Comme d'un usufruit, prendre son passe-temps, Que pas à pas nous suit l'importune vieillesse, Et qu'Amour et les fleurs ne durent qu'un Printemps.
[ Ronsard ]


Citation du 11.07.2009

Je savais très bien que mon cerveau était un riche bassin minier, où il y avait une étendue immense et fort diverse de gisements précieux. Mais aurais-je le temps de les exploiter ?
[ Marcel Proust ]


Citation du 23.04.2009

Si on arrive à inventer le voyage dans le temps, t'auras des premières classes et des secondes, je te parie ce que tu veux...
[ Jean-Marie Gourio ]


Citation du 28.03.2009

Je passe mon temps à écouter ce que je ne devrais pas entendre.
[ Laclos ]


Citation du 24.03.2009

C'était seulement le mois de mars, un temps d'éclaircies fugitives que coupaient de hargneuses giboulées.
[ Maurice Genevoix ]


Citation du 25.02.2009

Les temps primitifs sont lyriques, les temps antiques sont épiques, les temps modernes sont dramatiques.
[ Victor Hugo ]


Citation du 27.01.2009

En cent ans, nous avons connu plus de changements qu'en 10 000 ans. Quelle accélération ! Tout va si vite : le présent n'est qu'un morceau d'avenir qui se mue aussitôt en passé.
[ Jean d' Ormesson ]


Citation du 22.11.2008

Dieu n'est pas l'éternité, il n'est pas l'infini, mais il est éternel et infini. Il n'est ni la durée ni l'espace, mais il a existé de tout temps et sa présence est partout.
[ Isaac Newton ]


Citation du 29.10.2008

Andromaque: - Je ne sais pas ce qu'est le destin.

Cassandre: - Je vais te le dire. C'est simplement la forme accélérée du temps. C'est épouvantable.

[ Jean Giraudoux ]


Citation du 21.09.2008

La machine à voyager dans le temps existe. C'est la magie. Et la magie existe bien. Dans les mots.
[ Maxime Chattam ]


Citation du 30.08.2008

J'ai un profond respect des dates d'anniversaires,
Ces portes que le temps dispose autour de nous,
Pour ouvrir un instant nos coeurs à ses mystères,
Et permettre au passé de voyager vers nous.

[ Yves Duteil ]


Citation du 29.06.2008

Pour connaître les habitudes de quelqu'un, il suffit de prendre le temps de le regarder vivre.

[ Marc Lévy ]


Citation du 20.06.2008

Un seul printemps dans l'année..., et dans la vie une seule jeunesse.

[ Simone de Beauvoir ]


Citation du 16.06.2008

Le temps ferme toutes les blessures, même s'il ne nous épargne pas quelques cicatrices.

[ Marc Lévy ]


Citation du 11.06.2008

Lorsque le coup de tonnerre éclate, il est trop tard pour se boucher les oreilles.

[ Sun Tzu ]


Citation du 10.06.2008

La jeunesse est le temps d'étudier la sagesse; la vieillesse est le temps de la pratiquer.

[ Jean-Jacques Rousseau ]


Citation du 02.06.2008

Le temps se rétrécit ou semble s'accélérer à mesure qu'approche la date du but à atteindre.

[ Eric Tabarly ]


Citation du 22.04.2008

Avant qu'il ne se décide, on aurait le temps de tuer un âne à coups de figues.

[ Jean Giono ]

NASA Covers Wildfires from Many Sources

NASA's satellite instruments are often the first to detect wildfires burning in remote regions, and the locations of new fires are sent directly to land managers worldwide within hours of the satellite overpass. Together, NASA instruments, including a number built and managed by NASA's Jet Propulsion Laboratory in Pasadena, California, detect actively burning fires, track the transport of smoke from fires, provide information for fire management, and map the extent of changes to ecosystems, based on the extent and severity of burn scars.

NASA has a fleet of Earth-observing instruments, many of which contribute to our understanding of fire in the Earth system. Satellites in orbit around the poles provide observations of the entire planet several times per day, whereas satellites in a geostationary orbit provide coarse-resolution imagery of fires, smoke and clouds every five to 15 minutes.

"NASA's satellite, airborne and field research capture the full impact of fires in the Earth system, from rapid detection of actively burning fires, transport of smoke and changes in ecosystems in the days to decades following fire," said Doug Morton, a research scientist at NASA's Goddard Space Flight Center in Greenbelt, Maryland.

Sharing Data with Partners

Much of the remote-sensing data that NASA collects on wildfires is quickly put to work in aiding disaster response efforts around the world. The NASA Earth Science Disasters Program supports this application science and mobilizes for global intensive risk events that span a range of natural hazards -- not only wildfires but earthquakes, tsunamis, floods, landslides, severe weather, winter storms, tropical cyclones and volcanoes. Over the last two years, NASA's Disasters Program has ramped up to build infrastructure and continue to forge new relationships between international, regional and local natural disaster response agencies and other Earth-observing space agencies around the world.

Satellites and Instruments

NASA has two different types of satellite systems to help track wildfires: polar orbiters and geostationary platforms. Polar orbiters like NASA's Terra and Aqua satellites and NASA-NOAA's Suomi NPP satellite provide detailed views of fires and smoke globally up to twice a day.

In contrast, geostationary satellites like GOES (which is operated by NOAA but was designed and built by NASA) orbit Earth in an equatorial plane with a 24-hour period, the same rate at which Earth rotates, and therefore they remain at a fixed longitude above the equator. This enables the geostationary satellites to provide frequent (five-minute) repeat imaging of a portion of the globe; however, they typically have coarser spatial resolution than the polar orbiters, which fly at much lower altitudes (about 435 miles, or 700 kilometers, above Earth's surface).

The NASA-operated polar-orbiting satellite instruments that are relevant for fire monitoring and management are described below. In addition, other satellites used for fire forecasting and risk assessment include the Gravity Recovery and Climate Experiment (GRACE),Global Precipitation Measurement mission (GPM) and Soil Moisture Active Passive or (SMAP) satellites.

Finally, burned area mapping leverages data from Landsat and the European Space Agency's Sentinel-2 satellite, along with the Moderate Resolution Imaging Spectrometer (MODIS) and Visible Infrared Imaging Radiometer Suite (VIIRS) instruments. Post-fire assessment of damages to human and natural systems is a key part of understanding the potential for debris flows and landslides, as well as the influence of changing frequency and severity of wildfires.

ASTER Instrument

The Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer (ASTER) instrument flies aboard NASA's Terra satellite. With its spectral bands from the visible to the thermal infrared wavelength region and its high spatial resolution of about 50 to 300 feet (15 to 90 meters), ASTER images Earth to map and monitor the changing surface of our planet. The broad spectral coverage of ASTER provides scientists in numerous disciplines with critical information for surface mapping and monitoring of dynamic conditions and temporal change. False-color ASTER composite images are created using visible, near-infrared, and thermal infrared wavelengths, each making different features such as smoke, active fires and ground surfaces, stand out. ASTER's U.S. science team is located at JPL.

AIRS Instrument

Data from the JPL-built and managed Atmospheric Infrared Sounder (AIRS) instrument on NASA's Aqua spacecraft provide a look at concentrations and global transport of carbon monoxide pollution from fires burning. Various bands of AIRS imagery can be combined to provide a false-color composite image to show carbon monoxide concentrations and temperatures. The highest concentrations of carbon monoxide are shown in yellows and reds in AIRS imagery.

AIRS is sensitive to carbon monoxide in the mid-troposphere at heights between 1.2 and 6.2 miles (2 and 10 kilometers), with a peak sensitivity at an altitude of approximately 3.1 miles (5 kilometers). Strong winds at these altitudes are conducive to the long-range transport of pollution lifted by heat from strong fires.

MISR Instrument

The JPL-built and managed Multi-angle Imaging SpectroRadiometer (MISR) instrument aboard NASA's Terra satellite also provides unique information on wildfire smoke plume characteristics. MISR's nine cameras, each viewing Earth at a different angle, are used to determine the heights of smoke plumes above the surface in much the same way that our two eyes, pointing in slightly different directions, give us depth perception. Plume height is an important parameter that governs how far the smoke particles travel in the atmosphere; injection of the particles to higher altitudes generally impacts air quality farther away from the source. MISR's multi-angular observing strategy also enables estimation of the concentrations of the airborne smoke particles. Inhalation of these particles increases the risk of cardiovascular and respiratory disease.

CALIOP Instrument

The Cloud-Aerosol Lidar with Orthogonal Polarization (CALIOP) instrument, which flies on the Cloud-Aerosol Lidar and Infrared Pathfinder Satellite Observation (CALIPSO) satellite, provides information on smoke plume injection height and the vertical distribution of aerosols through the atmosphere. These lidar data are unique in their ability to detect optically thin smoke layers at a fine vertical resolution, and CALIOP is able to view extensive smoke plumes that do not have clear boundaries. When paired with models, this instrument is able to provide novel information, such as the attribution of a river of smoke to numerous fires and the evolution of smoke-plume injection height over a day, which has implications for climate (black carbon transport and deposition on snow and ice, albedo change), air quality and human health.

MODIS Instrument

The MODIS instrument flies aboard two NASA satellites: Terra and Aqua. MODIS provides daytime visible imagery and infrared night-time imagery.

In the images, actively burning areas or hot spots, as detected by MODIS's thermal bands, are outlined in red. Each hot spot is an area where the thermal detectors on the MODIS instrument recognized temperatures higher than background. Such hot spots are diagnostic for detecting fire whether or not they are accompanied by plumes of smoke.

MODIS imagery can also be false-colored to show the extent of burned areas, the brick red color in false-colored images.

MOPITT Instrument

The specific focus of the NASA Terra satellite's Measurement of Pollution in the Troposphere (MOPITT) instrument is on the distribution, transport, sources and sinks of carbon monoxide in the troposphere. Carbon monoxide, which is expelled from factories, cars and forest fires, hinders the atmosphere's natural ability to rid itself of harmful pollutants.

VIIRS Instrument

NASA-NOAA's Suomi NPP satellite's VIIRS has provided daytime and night-time imagery of wildfires. VIIRS is the younger sister of MODIS and provides finer spatial resolution imagery (1,230 feet or 375 meters). Daytime imagery shows both the extent of smoke and heat signatures from the fires burning.

Also, the VIIRS "day/night band" provides a look at the heat of fires at night. It detects light in a range of wavelengths from green to near-infrared and uses filtering techniques to observe signals such as city lights, auroras and wildfires.

Aircraft

NASA has a fleet of research aircraft carrying the latest sensor technologies that can be used for Earth observations. NASA's ER-2 aircraft, based at Armstrong Flight Research Center (AFRC) in Palmdale, California, flies as high as 70,000 feet (21,300 meters), almost twice as high as a commercial airliner, and is used for science research missions over much of the world. In December 2017, the aircraft flew locally over California wildfire events, testing early versions of science instruments that may one day be launched into space aboard a satellite to observe our home planet Earth.

AVIRIS Instrument

During the December engineering test flights, the ER-2 carried a JPL-built spectrometer called the Airborne Visible/Infrared Imaging Spectrometer (AVIRIS-classic). AVIRIS is a modern instrument with an extensive heritage that has demonstrated the ability to estimate vegetation fuel types (e.g., vegetation species and densities) and fuel condition (live vs. dead, as well as moisture status). Because it provides the full spectral signature of the landscape it is imaging, spanning the visible to shortwave infrared, it can provide a total spectral "fingerprint" of its imaging area and can be used to estimate fire temperature.

HyTES and MASTER

The Hyperspectal Thermal Emission Spectrometer (HyTES) and the MODIS/ASTER (MASTER) Airborne Simulator are both airborne instruments that fly on different aircraft. HyTES is a new airborne imaging spectrometer developed by JPL. The overall goal of the HyTES project is to provide precursor high spectral and spatial resolution thermal infrared (temperature) data. Products generated provide temperature, emissivity and gas detection. HyTES can be used to efficiently detect and characterize the spatial structures of individual plumes of methane, hydrogen sulfide, ammonia, nitrogen dioxide and sulfur dioxide. The airborne MASTER instrument collects ASTER-like and MODIS-like land datasets to validate the ASTER and MODIS satellite instrument data.

Uninhabited Aerial Vehicle Synthetic Aperture Radar (UAVSAR)

The JPL-built and managed UAVSAR is a fully polarimetric radar instrument operating in the microwave portion of the electromagnetic spectrum. It is an active sensor, sending out polarized electromagnetic pulses that interact with ground cover in complex but quantifiable ways, enabling the characterization of changes in Earth's surface through clouds, smoke and dust. UAVSAR has been used to estimate fire fuel and map fire scars, with particular success in certain types of vegetation cover, such as chaparral. The changes associated with these fires are detectable by UAVSAR for several years, enabling the ability to monitor long-term vegetation recovery after a fire. UAVSAR is an airborne testbed for the orbital NISAR instrument, a joint mission with the Indian Space Research Organisation, which is expected to launch in 2021.

International Space Station

Astronauts aboard the International Space Station have a unique vantage point and provide camera and video imagery of wildfires and smoke transport while they orbit Earth. These ISS datasets also contribute to the library of continuous monitoring and observations of wildfires and other Earth phenomena that scientists and fire managers use daily here on Earth to make effective discoveries and support wildfire management decision processes.

All of these satellite and airborne systems, combined together in a sensor-web, give us a much improved understanding of the role and extent of wildfires on our planet.

NASA maintains the NASA Fire and Smoke webpage, where many of the products are posted with updates on various incidents around the world.

For more information, see NASA's Fire and Smoke page:

https://www.nasa.gov/fires

and NASA's Earth Observatory Natural Hazards page:

https://earthobservatory.nasa.gov/NaturalHazards/


Citation du 18.04.2008

Ce n'est pas l'homme qui arrête le temps, c'est le temps qui arrête l'homme.

[ François René Chateaubriand ]


Citation du 18.03.2008

Le temps est un vieillard qui a la malice des enfants.
L'Emigré de Brisbane

[ Georges Schehadé ]


Citation du 29.02.2008

Trente jours à novembre, avec avril, juin et septembre, de vingt huit il y en a un, tous les autres en ont trente et un.

[ Proverbe italien ]


Citation du 28.08.2007

Fini, le temps béni où les deux sexes jouaient ensemble au ballon prisonnier! La sixième, c'est la guerre froide.

Ariane Fornia ( 1989 )
Dernière morsure (2007)


Citation du 26.08.2007

Quand le moment est venu, l'heure est arrivée.

Raymond Barre (1924-2007)


Citation du 04.07.2007

On prend ce qui vient, au moment ou ça vient, on ne lutte ni contre la guerre, ni contre la vie, ni contre la mort, on fait semblant que le seul maître monde, c'est le temps.

Jean-Baptiste Rossi, dit Sébastien Japrisot
Un long dimanche de fiançailles (1991)


Citation du 14.05.2007

Celui qui continue de cacher son âge pense enfin lui-même être aussi jeune qu'il veut le faire croire aux autres.

Jean de La Bruyère
Les Caractères (1696)


Citation du 04.05.2007

Trop tard ? L'avenir sera ce que vous en ferez.

Philippe Delerm
La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (1997)


Citation du 26.04.2007

C'est avec des adolescents qui durent un assez grand nombre d'années que la vie fait ses vieillards.

Marcel Proust
A la recherche temps perdu, Le Temps retrouvé


Citation du 02.01.2007

L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime.

Alfred de Musset (1810-1857)
Poésies nouvelles (1836-1852), Rappelle-toi

https://www.jpl.nasa.gov/news/news.php?feature=7046&utm_source=iContact&utm_medium=email&utm_campaign=NASAJPL&utm_content=earth20180124

Dieu n'est pas l'éternité, il n'est pas l'infini, mais il est éternel et infini. Il n'est ni la durée ni l'espace, mais il a existé de tout temps et sa présence est partout.
Isaac Newton.
Je voudrais vous revoir.
https://www.youtube.com/watch?v=69OJRVTHzU0
Y'becca ou murmure de l'Arbre-Olivier.
TAY


RAPPORT DE
Y'BECCA
AVEC LE COEUR ET LE REGARD
DU
CITOYEN TIGNARD YANIS
ALIAS
TAY
La chouette effraie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 8174
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   Ven 26 Jan à 3:27

PIA03170: The 2001 Great Dust Storms - Hellas/Syrtis Major
NASA's Mars Global Surveyor shows that although dust storms occur year-round on Mars, they often occur in greater numbers during certain seasons.
 Target Name:  Mars
 Is a satellite of:  Sol (our sun)
 Mission:  Mars Global Surveyor (MGS) 
 Spacecraft:  Mars Global Surveyor Orbiter
 Instrument:  Mars Orbiter Camera (MOC) 
 Product Size:  6144 x 1536 pixels (w x h) 
 Produced By:  Malin Space Science Systems 
 Producer ID:  MOC2-290A  
 Addition Date:  2001-10-13 
 Primary Data Set:  MGS EDRs 
 Full-Res TIFF:  PIA03170.tif (11.1 MB)
 Full-Res JPEG:  PIA03170.jpg (376.4 kB)  

Click on the image above to download a moderately sized image in JPEG format (possibly reduced in size from original)

Original Caption Released with Image:

Click here for larger version of PIA03170
Figure 1
Click on the image for larger version

Updated caption: October 5, 2016
Two 2001 images from the Mars Orbiter Camera on NASA's Mars Global Surveyor orbiter show a dramatic change in the planet's appearance when haze raised by dust-storm activity in the south became globally distributed (Figure 1).

At left, an image from late June 2001 shows clear conditions over much of the planet, with regional dust-storm activity occurring in the Hellas basin (bright oval feature) near the edge of the south polar cap. At right, a July 2001 image from the same perspective shows the planet almost completely enveloped. Dust extends to altitudes of more than 60 kilometers (37 miles) during global-scale storms.

Original caption:
Although dust storms occur year-round on Mars, they often occur in greater numbers during certain seasons. In particular, it has long been known from Earth-based telescopic observations that the largest, global dust events(those that enshroud the entire planet) occur during the southern spring and summer. As the Mars Global Surveyor (MGS) mission began to monitor this period for the second time, particular attention was paid to local and regional dust storms in anticipation of capturing--for the first time--high spatial-and time-resolution observations of the start of a "global" storm.

Throughout the month of June 2001, the MGS Mars Orbiter Camera (MOC)routinely accumulated low resolution (7.5 km/pixel) global maps of Marson an orbit-by-orbit basis. A moderately large number of local dust storms were noted, especially along the retreating margin of the seasonal south polar CO2 frost cap and around the large and deep Hellas impact basin that dominates the southern, eastern highlands. On June 21, an otherwise undistinguished small dust storm surged into the basin from the southwest. When viewed 24 hours later, the storm had circulated clockwise about 1/3of the circumference of Hellas, indicating relatively high winds. For the next three days, this storm brewed north of Hellas and east towards Hesperia, but didn't cross the equator. Then, sometime between 2 PM local Mars time on June 25 and 2 PM local Mars time on June 26, the storm exploded north across the equator, and in less than 24 hours thereafter, dust was being raised from separate locations in Arabia, Nilosyrtis, and Hesperia, thousands of kilometers away from Hellas. This was the start of the long-anticipated global dust event.

Over the following week, dust injected high into the stratosphere during the initial Hellas and Hesperia storms drifted eastward, carried by the prevailing south circumpolar jet stream. Beneath this "veil" of dust, an intense wind front moved across Mars, setting up conditions for many other local and regional dust storms. By July 4, a large regional storm was raging between Daedalia Planitia south of the Tharsis volcanoes and Syria Planum (just south of Labyrinthus Noctis, see PIA03171). Another storm was raising plumes of dust in north central Noachis/southwestern Meridiani. Plumes were rising in Hesperia but not Hellas.

Throughout July and August, MOC observations revealed a general pattern of regional storm centers beneath an ever-spreading veil of stratospheric dust. The Daedalia/Claritas/Syria storm created dust plumes on over 90 consecutive days (see PIA03172).

Previous views and perceptions of global dust events had noted regional brightenings within the overall pall of what was called a "global duststorm." From our new observations, we know that at least this global dust "storm" was really a set of storms, somehow triggered to occur at the same time. We also know that dust was not raised from everywhere on the surface during this global event, but rather from discrete, long-lived centers of activity. We saw, for the first time, rapid, cross-equatorial flow of dust-raising winds.

Malin Space Science Systems and the California Institute of Technology built the MOC using spare hardware from the Mars Observer mission. MSSS operates the camera from its facilities in San Diego, CA. The Jet Propulsion Laboratory's Mars Surveyor Operations Project operates the Mars Global Surveyor spacecraft with its industrial partner, Lockheed Martin Astronautics, from facilities in Pasadena, CA and Denver, CO.
Image Credit:
NASA/JPL/MSSS

Image Addition Date:
2001-10-13

RAPPORT DE
Y'BECCA
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Николай Некрасов: Коробушка, LA RÉPUBLIQUE et Y'BECCA.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» RusVelo - Направляясь к 2015 [MAJ]
» Journal de Messaline / Вестник в мескалин
» Parlons russe avec Kalinka / Го&#107
» Premier Contact (30/08/1080) [PV : Héléna - Conglomérat Imperial]
» Pages d'histoire des hommes et des femmes d'Haiti et leurs épisodes

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le clans des mouettes :: Le clans des mouettes-
Sauter vers: