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 CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES

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yanis la chouette



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MessageSujet: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   Lun 4 Sep à 8:49

Clara Eissner
Enregistrement du discours d'ouverture du Reichstag, le 30 août 1932 (extraits) [archive]
http://ia601409.us.archive.org/13/items/SelectedWeimarEraPoliticalSpeechesPart6/1932-08-30-ClaraZetkinkpd-ReichstagseroeffnungsredeAlsAlterspraesidentin3m12s.mp3

Biographie
Jeunes années

Clara Eissner naît fille d'un instituteur, Gottfried Eissner, et de la féministe Joséphine Vitale. Sa famille s'installe à Leipzig en 1872, à la retraite de Gottfried, et Clara rentre à l'institut Von Streyber pour l'éducation des femmes, ce qui lui donne accès à l'une des plus hautes éducations qu'une jeune femme pouvait obtenir à l'époque, l'accès aux universités étant encore impossible aux femmes à l'époque. Elle eut notamment comme enseignante l'éducatrice et féministe Auguste Schmidt. Elle fréquente les mouvements féministes, participant aux discussions de l'Allgemeinen Deutschen Frauenverein (Association générale des femmes allemandes). Une camarade de classe, une jeune russe nommée Varvara, l'introduit auprès de la communauté narodnik de Leipzig, où elle rencontrera son compagnon Ossip Zetkin, révolutionnaire russe en exil. Elle découvre les idées du socialisme révolutionnaire et, par son frère Arthur, les publications de la social-démocratie allemande1.

Son père décède en 1875, mais grâce à l'influence de sa mère dans les milieux féministes, en 1878, l'institut la dispense de payer les droits d'inscription en dernière année qu'elle ne peut plus s'offrir. Elle obtient ainsi son diplôme de professeur en langues étrangères. Elle s'éloigne de sa famille et du féminisme "bourgeois" et adhère la même année au SAP, ancêtre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), interdit la même année par les premières lois antisocialistes du chancelier impérial Otto von Bismarck2.
Période d'exil
Clara Zetkin à 40 ans (1897)

Malgré les lois antisocialistes, Clara Zetkin (qui a pris le nom de son compagnon sans mariage), participe clandestinement à la diffusion du journal du SPD, Der Sozialdemokrat. Ossip Zetkin est arrêté et expulsé d'Allemagne à l'été 1880, elle-même est bientôt expulsée de Saxe, elle se réfugie à Zurich puis rejoint Ossip Zetkin à Paris en 1882, où ils s'installent dans le 13e.

Alors qu'Ossip devient le secrétaire du premier mouvement d'ouvriers immigrés à Paris, majoritairement composé de russes et de roumains, elle devient correspondante pour le journal du SPD, Der Sozialdemokrat. Ils rencontrent Louise Michel, Jules Guesde, Laura Marx et son mari Paul Lafargue. En Suisse, elle influence l'Union suisse des ouvrières par son opposition au féminisme bourgeois, qui n'adhère pas à Alliance des sociétés féminines suisses3.

Elle contracte la tuberculose et retournera quatre mois à Leipzig en 1886 pour s'y soigner2. Clara Zetkin a deux enfants avec son compagnon, Maxime et Constantin, mais celui-ci décède en 1889.

Clara Zetkin née Clara Eissner le 5 juillet 1857 à Wiederau, en Saxe et morte à Arkhangelskoïe, près de Moscou, le 20 juin 1933 est une enseignante, journaliste et femme politique marxiste allemande, figure historique du féminisme, plus précisément du féminisme socialiste.

Après avoir été membre jusqu'en 1917 de l'aile gauche du SPD, elle rejoint l'USPD (pacifistes) pour se retrouver dans le courant révolutionnaire que constitue la Ligue spartakiste. Ce courant donne naissance pendant la révolution allemande au Parti communiste d'Allemagne (KPD), dont Clara Zetkin est députée au Reichstag durant la République de Weimar, de 1920 à 1933.

Fondation de la Deuxième Internationale

En 1889, l'année du décès d'Ossip Zetkin, se tient à Paris le congrès fondateur de la Deuxième internationale, dont elle participe à la préparation. Alors qu'il est attendu d'elle un rapport sur la situation des travailleuses en Allemagne, elle déclare devant ses camarades qu'elle ne l'effectuera point, la situation des travailleuses étant « identique à celle des travailleurs », mais qu'elle parlera plutôt du principe même du travail des femmes, et de la place qu'elles doivent prendre dans la lutte des classes4.

En effet, les socialistes sont encore divisés sur la question du travail des femmes : sa massification est accusée de faire baisser les salaires, et certains socialistes ont encore une vision conservatrice de la place « naturelle » de la femme au foyer, comme le défendaient les partisans de Proudhon lors de la Première Internationale. Son discours à Paris plaide pour une émancipation de la femme en deux temps, le premier étant l'accès au travail.

   « Libérée de sa dépendance économique vis-à-vis de l'homme, la femme [qui travaille] est passée sous la domination économique du capitaliste. D'esclave de son mari, elle est devenue l'esclave de son employeur. Elle n'avait fait que changer de maître. Elle a toutefois gagné au change : sur le plan économique, elle n'est plus un être inférieur subordonné à son mari, elle est son égale. »

Elle contrecarre les arguments contre le travail des femmes, dont elle attribue les conséquences néfastes au système capitaliste. Enfin, elle fustige le "féminisme bourgeois" (comme de tradition chez les marxistes de l'époque) dont elle considère que les priorités (accès aux études supérieures, droit de vote des femmes...) ne sont pas celles des travailleuses.

   « Les pays dans lesquels existe le suffrage dit universel, libre et direct, nous montrent qu'en réalité il ne vaut pas grand-chose. Le droit de vote sans liberté économique n'est ni plus ni moins qu'un chèque sans provision. Si l'émancipation sociale dépendait des droits politiques, la question sociale n'existerait pas dans les pays où est institué le suffrage universel. L'émancipation de la femme comme celle de tout le genre humain ne deviendra réalité que le jour où le travail s'émancipera du capital. »

Elle plaide enfin pour l'union des travailleurs et travailleuses au sein du mouvement socialiste.

   « En marchant main dans la main avec le parti ouvrier socialiste, elles sont prêtes à partager toutes les peines et tous les sacrifices du combat, mais elles sont aussi fermement décidées à exiger après la victoire tous les droits qui leur reviennent. »

— Clara Zetkin, Discours à la Première Conférence de l'Internationale Ouvrière5

Il s'agit de l'un de ses premiers discours publics, mais celui-ci aura un fort impact : ralliant à ses arguments les représentants présents, elle fait inscrire dans la nouvelle ligne politique de l'Internationale la revendication de l'égalité économique, juridique et politique des femmes, le droit d'accéder librement au travail, et la recommandation pour les socialistes de tous les pays à inviter les femmes dans la lutte des classes4.
Retour en Allemagne et essor politique
Copenhague, 1910, VIIIe Congrès de l'Internationale Socialiste, au centre Clara Zetkin avec Alexandra Kollontaï.

La même année (1889), de violentes grèves dans toute l'Allemagne obtinrent, en 1890, l'abolition des lois antisocialistes. En 1891, Zetkin rentre en Allemagne et crée 1892 le journal Die Gleichheit (l'Égalité), dont elle devient rédactrice-en-chef et qu'elle publiera jusqu'en 1917. Le journal devient un outil d'éducation populaire des femmes ouvrières et d'information sur leurs conditions de travail. Son travail d'agitation participe à la structuration d'un important mouvement social-démocrate féminin4.

L'adhésion à un parti politique étant interdite aux femmes par la loi prussienne, elle crée une structure parallèle au SPD, qui existe à moitié dans la clandestinité, à moitié en contournant la législation. Cette structure se dote d'une ligne politique claire, d'une responsable centrale (Ottilie Baader) salariée par le SPD, et sera rejointe par Rosa Luxemburg, Hélène Stöcker, Luise Zietz, Anita Augspurg, Minna Cauer, Lily Braun, et bien d'autres. À chaque congrès du SPD, les femmes socialistes envoient des déléguées élues en assemblées non-mixtes. En 1893, une première tentative d'organiser une conférence socialiste des femmes est empêchée par la police6. À partir de 1900, la "Conférence des femmes" réussit à se réunir avant chaque congrès du parti, et ses comptes-rendus sont joints aux procès-verbaux de celui-ci.

Malgré les succès, Clara Zetkin est critiquée en interne pour son autoritarisme, son zèle à régenter et sa rigidité doctrinaire, qui l'oppose à l'aile réformiste du parti qui plaide vers plus de modération (et à laquelle appartient sa rivale Lily Braun). Elle s'oppose également, revendiquant l'égalité de traitement entre hommes et femmes, à la revendication de mesures légales spécifiques pour les travailleuses, exceptées les femmes enceintes. De plus, son journal, Die Gleichheit est également critiqué, non pas pour sa qualité mais pour le niveau de langue trop soutenu et le niveau de conceptualisation théorique, mettant la plupart des ouvrières, pour Lily Braun, « hors d'état de le comprendre. »

L'historienne Nicole Gabriel situe la fin de l'« ère Zetkin » vers 19064, alors que s'assouplissent peu à peu les lois interdisant la politique aux femmes, permettant aux femmes d'adhérer officiellement au SPD. Il est alors question de rattacher la section féminine, jusque-là autonome, au parti, voire de la supprimer pour intégrer les femmes comme des travailleurs "comme les autres", ce auquel les femmes socialistes s'opposaient fermement.

Mais des questions de rapport de force entre réformistes et marxistes orthodoxes entrent en jeu : le mouvement des femmes de Clara Zetkin se situe de manière très majoritaire dans la ligne orthodoxe, et cette section autonome, au-delà des droits des femmes, est un atout de l'aile gauche du parti.

C'est dans ce climat qu'en 1907 Clara Zetkin organise à Stuttgart, sa ville de résidence, la Première conférence internationale des femmes socialistes, évènement fondateur de l'Internationale socialiste des femmes, pendant féminin de la Deuxième Internationale Socialiste. Pour l'historienne Nicole Gabriel, "on ne peut douter de la sincère volonté internationaliste de Clara Zetkin", même si elle compte, du même coup, "renforcer sa place dans le parti, en tant que femme et représentante de l'aile gauche à qui elle offre une tribune"4.
L'Internationale Socialiste des Femmes

La Première conférence internationale des femmes socialistes, accolée à un congrès de la Deuxième Internationale, est un succès en termes de fréquentation. Elle consacre également Clara Zetkin présidente de l'Internationale socialiste des femmes, élue à l'unanimité sans même avoir eu à présenter officiellement sa candidature. Son journal, Die Gleichheit, devient l'organe officiel de l'internationale des femmes, et le siège de l'organisation est fixé dans ses locaux. Elle sera réélue par acclamation à la conférence de Copenhague en 1910.

L'objectif principal de l'Internationale des femmes socialistes est l'obtention du droit de vote pour toutes les femmes. En août 1910, lors de la Deuxième conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, elle propose, avec la russe Alexandra Kollontaï, la création de la « Journée internationale des femmes », une journée de manifestation annuelle afin de militer pour le droit de vote, l'égalité entre les sexes, et le socialisme. La première d'entre elle, à laquelle participe Clara Zetkin, est fixée le 19 mars 1911. Cette initiative constitue l'origine de la Journée internationale des droits des femmes, manifestation annuelle fixée de nos jours le 8 mars.
Divergences stratégiques
Clara Zetkin (à gauche) et Rosa Luxemburg, en 1910.

Si la place de Clara Zetkin à la tête du mouvement international est incontestée, elle ne parvient pas à imposer aux différents mouvements nationaux une tactique commune. En effet, dans un certain nombre de pays, le suffrage est masculin et censitaire, donc réservé aux hommes de la bourgeoisie. Dans le but d'obtenir le droit de vote pour les femmes ouvrières, certains mouvements nationaux sont d'avis d'opérer par étapes :

   soit en militant pour l'obtention du droit de vote des ouvriers hommes avec les mouvements socialistes, comme l'a fait le mouvement autrichien d'Adelheid Popp.
   soit en militant pour l'obtention du droit de vote des femmes « dans les mêmes conditions que les hommes », avec les féministes "bourgeoises" comme les suffragettes, comme le font la française Madeleine Pelletier ou les britanniques de l'Independent Labour Party.

Clara Zetkin tente d'imposer une politique d'intransigeance, focalisée vers l'obtention sans étapes intermédiaire du suffrage universel, comme elle l'applique elle-même en Allemagne. Mais les situations locales très diverses rendent cette uniformisation difficile. Clara Zetkin se heurte dès la première conférence, en 1907, à la fronde des déléguées Anglaises et Autrichiennes7.

Zetkin se rapproche à cette conférence de la britannique Dora Montefiore, de la Social Democratic Federation et de l'Adult Suffrage Society (en), deux organisations féminines minoritaires en Grande-Bretagne, mais aux idées proches de la ligne de Zetkin. Dora Montefiore deviendra, avec l'assentiment de Clara Zetkin, représentante des femmes socialistes britanniques auprès de l'Internationale des femmes. Elle défendra sa ligne (et celle de Zetkin) au nom de toutes les femmes socialistes britanniques. Pour l'historien John S. Partington, la manœuvre "divisa les femmes socialistes britanniques et empêcha une honnête représentation de la Grande-Bretagne sur la scène internationale"8. A l'invitation de Montefiore, Clara Zetkin et Alexandra Kollontai se déplaceront à Londres, pour le May Day de 1909, donner un discours défendant le suffrage universel sans étapes intermédiaires. Mais, lors de la seconde conférence de l'ISF, en 1910, les déléguées des mouvements britanniques majoritaires, protestant contre l'attribution à Montefiore de la parole britannique, quittèrent la salle en masse. Plus tard dans l'année, elles évinceront Dora Montefiore, qui quittera l'Angleterre pour l'Australie.
Opposition à la guerre

L'Internationale des femmes socialistes est également résolument pacifiste, opposée à ce qui sera la Première Guerre mondiale et dont les prémisses se font sentir au début du XXe siècle.

Clara Zetkin participe, avec la hollandaise Helen Ankersmit, à une manifestation pour la paix à Berlin le 21 avril 1914. Elle prononce un discours contre la course aux armements et une guerre "fratricide", en appelant au "sens de la solidarité des prolétaires" et au "sublime message de la paix socialiste"9. Elle participe avec Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht à la création en 1915 de la Ligue spartakiste.

Le début de la guerre, en août 1914, est pour elle un tel choc moral que, d'après l'italienne Angelica Balabanoff, son entourage se demanda si elle s'en remettrait10. Elle déclare par lettre à Helen Ankersmit:

   «  Lorsque la guerre a éclaté, j'ai cru devenir folle ou vouloir me tuer. Je suis restée gravement malade pendant un mois. (...) Mon fils ainé est en Belgique. (...) Je suis presque sans nouvelles. Combien de fois faut-il apprendre que l'un de nos camarades, le plus simple, le plus dévoué, est tombé. Mais que représente tout cela par rapport au glas historique qui vient de tomber, la débâcle de l'Internationale10.  »

Alors que les différents partis socialistes ont accepté de se considérer ennemis dans la guerre, elle entreprend de réunir malgré tout les femmes de l'Internationale, les appelant à une conférence pour la paix, au nom des valeurs de l'internationalisme prolétarien abandonné par les partis politiques constituant l'Internationale.

La Conférence est organisée à Berne, la semaine de Pâques 1915. Soixante-dix femmes socialistes s'y rendirent de presque tous les pays en guerre (à l'exception de l'Autriche et la Belgique, dont les représentantes ne purent venir). La seule française à avoir pu effectuer le trajet était Louise Saumonneau.

Clara Zetkin s'oppose à la délégation russe, composée notamment de Lilina Zinoviev et de Nadejda Kroupskaïa, venue avec son mari, Lénine. D'après Angelica Balabanoff:

   «  Travaillant sous la direction de Lénine, (elles) déposèrent une motion qui n'avait rien à voir avec l'objectif de la réunion et que la majorité ne pouvait approuver. Elles réclamaient la rupture avec la direction des partis socialistes et ouvriers existants et appelaient à la formation d'une nouvelle Internationale. Elles appelaient également à la transformation de la guerre mondiale en guerre civile10.  »

Si une telle proposition était cohérente avec une motion déposée par Lénine et Rosa Luxemburg et adoptée par l'Internationale ouvrière et 1907, prévoyant la désertion massive, le soulèvement ouvrier et le renversement des républiques bourgeoises en cas de guerre en Europe, elle fût rejetée à Berne. Plus exactement, Clara Zetkin convainquit les bolcheviks, après de longs débats, de retirer leur proposition. C'est avec des accents plus humanistes que les femmes socialistes lancèrent un appel à la paix, resté célèbre, et destiné aux femmes européennes:

   «  Où sont vos maris, vos fils ? Pourquoi doivent-ils s'entretuer et détruire avec eux tout ce qu'ils ont créé ? Qui bénéficie de ce cauchemar de sang ? Tout juste une poignée de profiteurs de guerre. Puisque les hommes ne peuvent plus parler, c'est à vous de le faire. Travailleuses de tous les pays en guerre, unissez-vous10 !  »

Cet appel sera diffusé en Europe par les femmes socialistes, malgré l'illégalité du pacifisme dans de nombreux pays. Clara Zetkin sera elle-même emprisonnée à son retour en Allemagne pour la tenue de cette conférence.

L'historienne Nicole Gabriel observe une évolution dans les positions politiques de Clara Zetkin à partir du début de la guerre, qui s'éloignent de son habituelle orthodoxie marxiste. Elle assigne ainsi à l'Internationale des femmes le rôle de "précéder dans le combat pour la paix les femmes de toutes les classes et de tous les pays".

   «  Au moment de la guerre, la rigidité de la séparation entre "féminisme bourgeois" et "mouvement des femmes prolétaires" devait s'estomper. C'est au sein de l'Internationale que Clara Zetkin semble avoir fait l'expérience de la solidarité féminine : solidarité qui se situe au niveau de l'action. L'unanimité dans l'action pacifiste illégale et courageuse contraste avec la multitude des positions - souvent inconciliables - autour des questions de tactique et d'alliance. (...) L’ambiguïté provient pourtant du fait que cette union des femmes ne s'est réalisée qu'en situation d'urgence.  »

— Nicole Gabriel, L'internationale des femmes socialistes7
La députée
Clara Zetkin en 1930 vers l'âge de 73 ans

La révolution allemande de novembre 1918 permet au mouvement féministe d'obtenir le droit pour les femmes de voter et d'être élues. Clara Zetkin adhère au Parti communiste d'Allemagne (KPD), créé en décembre 1918 autour de la Ligue spartakiste. Elle est ensuite députée du KPD de 1920 à 1933.

Elle participe au congrès de Tours, le 18e congrès de la SFIO, qui voit sa scission, la majorité décidant de se rallier à la IIIe Internationale en donnant naissance à la SFIC (Section française de l'Internationale communiste, futur PCF). Son arrivée n'était pas prévue, au même titre que celle d'autres délégués étrangers ; sa présence est toutefois en partie décisive sur l'issue du congrès11. Ce ne sont pas tant ses discours qui eurent de l'effet mais son action en sous-main, alors qu'elle organise des réunions secrètes. Elle est envoyée par l'Internationale avec Alexandre E. Abramovitch et Stoïan Minev et doit favoriser son implantation dans le parti (le premier est cependant arrêté peu après et elle conserve l'essentiel de l'influence de la délégation). Les réunions sont organisées le 27 décembre au soir et lendemain matin et on s'entretient sur le statut de la dissolution ou non de la IIIe Internationale, les noms des dirigeants du parti qui va naître et son exclusion du trop modéré Jean Longuet12. Son action porte ses fruits.

Proche d'Alexandra Kollontaï au sein de l'Internationale, Clara Zetkin se retrouve néanmoins au cours des années 1920 très isolée politiquement, en particulier après l’exclusion de Paul Levi. Elle reste néanmoins présente dans les instances du KPD, membre du bureau central jusqu'en 1924 puis membre du comité central de 1927 à 1929. Elle est également membre de la direction du Comintern de 1921 à 1933. En août 1932, présidant le Reichstag en tant que doyenne, elle appelle à combattre le nazisme.
Nouvel exil et décès

Contrainte de fuir l'Allemagne après l'arrivée des nazis au pouvoir et l'interdiction du KPD, Clara Zetkin meurt quelques semaines plus tard en exil à Moscou à 75 ans. Son opposition à Staline a suscité des doutes quant au caractère naturel de son décès. La tombe de Clara Zetkin se trouve le long des murs du Kremlin, sur la place Rouge.

Elle est récipiendaire de l'ordre de Lénine (1932) et de l'ordre du Drapeau rouge (1927).
Postérité

L'historienne Nicole Gabriel attribue à Clara Zetkin un « rôle différent » de celui des autres figures féministes du socialisme de l'époque, étant la seule à avoir choisi d'emblée comme domaine d'action « l'agitation féminine » et la défense des droits des femmes4.
Commentaires

   «  Elle possède une personnalité vraiment remarquable. Pleine d'esprit de révolte - passionnément énergique - poussée par son zêle envers la cause - elle a donné une idée de la manière par laquelle elle est devenue une figure majeure du mouvement socialiste international. (...) Son discours était bref, émouvant et efficace; sa présence et ses manières sont inspirantes.  »

— Tom Quelsh, Justice (1909)13

   « Mais les écrits théoriques témoignent, chez une dirigeante de cette envergure, d’un étonnant manque de confiance en soi ; elle n’avance qu’à l’abri de Marx, de Bebel ou de Lénine, et, dès que celui-ci sourcille, bat en retraite, terrorisée à l’idée de sombrer dans le féminisme. Ainsi la force créative est-elle relativement absente de ce recueil [de ses textes] qui trace le portrait d’une grande organisatrice, d’une femme de parti qui fit beaucoup pour la syndicalisation et la politisation des ouvrières de ce début de siècle, mais qui n’apporta pas grand-chose à l’élaboration d’une théorie de leur libération. Et cela en dépit de son immense expérience de militante et de journaliste circulant sans cesse dans toute l’Europe.  »

— Geneviève Brisac, Le Monde Diplomatique (1981)14
Hommages

Elle est évoquée par Louis Aragon dans les derniers chapitres de son roman Les Cloches de Bâle.

La RDA a rendu hommage à Clara Zetkin en faisant figurer son portrait sur les billets de 10 marks et en créant une médaille à son nom.

Berlin

La place Clara-Zetkin à Berlin-Hellersdorf et le parc Clara-Zetkin à Berlin-Marzahn sont tous deux situés dans l'est de la ville, assez loin du centre. Au centre-ville à Berlin-Mitte, la partie orientale de la Dorotheenstraße, qui mène au Reichstag a porté son nom de 1951 à 1995. Le sujet continue d'occasionner des polémiques : deux députées des Grünen (Verts), Lisa Paus et Anja Kofbinger, ont demandé que la rue reprenne le nom de la personnalité féministe-socialiste15.
Leipzig

À Leipzig se trouve un espace vert de 125 ha au cœur de la ville qui, se prolongeant avec la forêt alluviale de Leipzig (Leipziger Auenwald), fait de Leipzig l'une des villes d'importance les plus sylvestres du monde. De 1955 à 2011, tout le parc se nommait parc Clara-Zetkin (Clara-Zetkin-Park). Depuis 2011 et à la suite d'une pétition, seule une fraction du parc, 39 ha, continue à porter ce nom, tandis que les autres parties du parc ont repris officiellement leur nom d'origine : le parc Johanna (Johannapark) et la palmeraie (Palmengarten)16. L'ensemble continue pourtant à être désigné informellement par les lipsiens parc Clara-Zetkin.
Montarnaud

À Montarnaud (commune française de l'Hérault) une rue a été nommée Clara-Zetkin dans la nouvelle ZAC du Pradas17.
Paris
Buste de Clara Zetkin à Dresde.

 Paris se trouve un square Clara-Zetkin dans le 13e arrondissement.
Rennes

À Rennes, une place Clara-Zetkin se situe dans le quartier Arsenal-Redon, devant le bâtiment du collectif artistique "Les Ateliers du Vent".
Montreuil

À Montreuil (93), un square Clara Zetkin se trouve Bd aristide Bruand dans le quartier de la Boissière.
Guyancourt

À Guyancourt, dans le département des Yvelines (78), une école maternelle Clara Zetkin se situe rue des Droits de l'Homme18.
Séville

À Séville en Espagne, une rue porte son nom dans le quartier San Juan de Aznalfarache19.
Dans la fiction

   1955 : Ernst Thälmann – Sohn seiner Klasse, film de Kurt Maetzig, jouée par Steffie Spira.
   1986 : Rosa Luxemburg, film de Margarethe von Trotta ; jouée par Doris Schade.

Notes et références
Textes et discours

[Zetkin 1889] Clara Zetkin, « La lutte pour la libération des femmes », Discours à la Première Conférence de l'Internationale Ouvrière,‎ 1889 (lire en ligne [archive])
Références

[Brisac 1981] Geneviève Brisac, « Les deux fronts de lutte de Clara Zetkin », Le Monde diplomatique,‎ janvier 1981 (lire en ligne [archive])

[Gabriel 1989] Nicole Gabriel, « L'internationale des femmes socialistes », Matériaux pour l'histoire de notre temps, vol. 16, no 16,‎ 1989, p. 34-41 (lire en ligne [archive])

[Partington 2010] (en) John S. Partington, « Clara Zetkin's Reception in British Socialism and the British Women's Movement, 1889-1909 », dans Stefan Welz et Fabian Dellemann, Anglosachsen: Leipzig und die englischsprachige Kultur, Francfort, Peter Lang, 2010 (ISBN 9783631601891, lire en ligne [archive]), p. 117-137

[Partington 2014] (en) Clara Zetkin, Dora Montefiore and British Socialism: The Misrepresentation of British Socialism in the International Socialist Women’s Movement, 1907-1910, Encounters, Université de Bristol, 8-10 sept. 2014 (lire en ligne [archive])
Autorité

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Notes

   ↑ Partington 2010, p. 1
   ↑ a et b Partington 2010, p. 2
   ↑ Elisabeth Joris / AN, « Union suisse des ouvrières » [archive], sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 7 juillet 2017)
   ↑ a, b, c, d, e et f Gabriel 1989, p. 35-36
   ↑ Zetkin 1889
   ↑ Partington 2010, p. 12
   ↑ a et b Gabriel 1989, p. 38-39
   ↑ Partington 2014, p. 6, « During the period from 1907 to 1910, Clara Zetkin and Dora Montefiore forged a strong bond which divided the British socialist women’s movement and denied Britain fair representation on the international stage. »
   ↑ Gabriel 1989, p. 40-41
   ↑ a, b, c et d Rapporté par Gabriel 1989, p. 40-41
   ↑ Magazine L'Histoire, no 359, décembre 2010, page 48.
   ↑ Magazine L'Histoire, no 359, décembre 2010, page 49.
   ↑ Rapporté dans Partington, p. 17
   ↑ Brisac 1989, p. 12
   ↑ Voir dans [archive] le Tageszeitung du 7 mars 2011.
   ↑ [PDF] [1] [archive]
   ↑ Référence Google Maps [2] [archive]
   ↑ « Google Maps » [archive], sur Google Maps (consulté le 2 avril 2017)
   ↑ « OpenStreetMap » [archive], sur OpenStreetMap (consulté le 2 avril 2017)

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

   Clara Zetkin, sur Wikimedia Commons

Articles connexes

   Journée internationale des femmes
   Internationale socialiste des femmes
   Ligue spartakiste
   Femmes sous la République de Weimar

Liens externes
Biographie de Clara Zetkin [archive], sur le site du 8 mars
Quelques textes de Clara Zetkin en français [archive]
Textes de Clara Zetkin en allemand [archive]

MÉMOIRE ET RAPPORT
DE
Y'BECCA
SOUS L’ÉGIDE
DU
CITOYEN TIGNARD YANIS
ET
DU
VICE-PRÉSIDENT MIKE PENCE...


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MessageSujet: Re: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   Lun 4 Sep à 9:05

La devise et les armes du Clan Gordon.
Tout un programme.
"Bien faire et laisser dire"

Un officier sans peur et sans reproche


Georges Charles Gordon est né à Woolwich (G.B.) en 1833.
Il est le fils de Lord Gordon Officier Commandant de l'Artillerie Royale.

La maison natale de Charles George Gordon à Woolwich

Après avoir été cadet de l'Académie Militaire d'Artillerie, il sort premier de sa promotion et est muté comme Second Lieutenant dans le corps de l'élite professionnelle de l'Armée Britannique, le Royal Engineers à Chattam dans le Kent.
Ce régiment est chargé de recueillir sur le terrain, avant la bataille, des informations sur le terrain et sur l'ennemi et ses retranchements pour ouvrir la voie aux troupes d'assaut en faisant, notamment, sauter les ouvrages fortifiés et, si possible, de sécuriser le terrain.
Il se compose donc d'éclaireurs, de sapeurs, de nettoyeurs commandés par des officiers ayant le sens du renseignement et de l'aventure. C'est "le" régiment d'élite de l'armée professionnelle britannique.
Ce régiment est donc, encore de nos jours, concernant l'armée britannique, le premier à être sur le terrain et à pénétrer en territoire ennemi.
Ce fut encore le cas il y a quelques années au Kossovo ou en Irak où, lors d'une expédition franco-anglaise, il précéda la non moins fameuse Légion Étrangère.
Il fut donc, historiquement, à l'origine des corps spéciaux et fut mis amplement à contribution lors de la dernière guerre mondiale à l'occasion d'opérations sur le continent.
Nombre d'entre-elles demeurent encore classées "For your Eyes Only" à l'équivalent de notre "Secret Défense".
Ce régiment utilise habituellement les services discrets et efficaces des fameux Gurkas, des montagnards népalais qui utilisent avec dextérité leur fameux couteau recourbé, le Kukri.
Et il est souvent appuyé par la non moins fameuse "Garde Noire" (Black Watch) composée de montagnards écossais des Highlands recrutés par le Clan Gordon au sein des Gordon's Highlanders.
La couleur très sombre de leur kilt est à l'origine de leur surnom.
Georges Charles Gordon commandera ce régiment pendant plusieurs années lorsqu'il sera devenu Général.



Charles George Gordon photographié en civil en 1882


Il est à noter que le socle de sa statue, à Trafalgar Square, porte sur le flanc droit la mention "Fortitude and Faith" (Force d'Ame et Courage) qui était sa devise préférée. Or, le terme "Fortitude" sera utilisé comme nom générique de la principale opération d'intoxication de l'Allemagne nazie concernant le débarquement allié en France.
Elle consistait principalement à inciter Hitler à croire que si un débarquement avait lieu en Normandie ce ne serait qu'un leurre chargé de dissimuler une opération plus importante devant se dérouler dans le Pas de Calais, à proximité de Boulogne sur Mer. De ce fait Hitler bloqua d'importants effectifs sur cette région au lieu de les envoyer en renfort en Normandie, rendant alors possible le débarquement allié. Ces renforts demeurèrent bloqués jusqu'en septembre 1944, preuve que l'opération Fortitude avait parfaitement fonctionné.
Nos amis Anglais se sont rappelés qu'en Chine, en Egypte et au Soudan, les stratégies de Gordon permirent toujours à un petit nombre de l'emporter sur la multitude et l'intelligence sur la force brutale.
De son coté, l'opération Faith, demeurée ultra secrète eut pour but de protéger, à tout prix, la vie de Adolphe Hitler, pièce maîtresse de l'Opération Fortitude et sans lequel celle-ci n'aurait pu avoir lieu.
En effet seul Hitler était en mesure de s'opposer à ses généraux qui lui demandaient à cors et à cris les fameux renforts pour la Normandie.
Elle eut également pour but de tenter de liquider, par tous les moyens, le Maréchal Rommel qui était le seul à pouvoir s'opposer à Hitler.
Après avoir été gravement blessé lors d'une attaque aérienne anglaise soigneusement minutée il fut prié par Hitler, étrangement averti de sa trahison, de se suicider.
Ce qu'il fit avec le révolver de son chauffeur que celui-ci avait oublié dans la boite à gants de la voiture qui l'emmenait à Berlin.
Il eut donc des funérailles nationales au grand soulagement de l'Etat Major allié. Fortitude and Faith permirent de gagner la guerre mais eurent un coût humain très élevé.
De très nombreux réseaux de résistants français également "intoxiqués" par le débarquement dans le Pas de Calais et qui furent livrés à bon escient, de nombreux résistants allemands qui avaient pour but d'attenter à la vie de Hitler et qui alors devenaient plus qu'indésirables, de nombreux soldats alliés sacrifiés dans des opérations de diversion ou vouées à l'échec comme à Dieppe en 1942 (où il y eut plus de soldats et d'officiers tués en une seule journée que le 6 juin 1944 sur toutes les plages de débarquement !
Dieppe fut donc beaucoup plus meurtrier qu'Omaha Beach.), de nombreux civils tués sous les bombardements stratégiques dont le seul intérêt fut d'attirer l'attention des Allemands sur le Pas de Calais furent les conséquences dramatiques de cette stratégie où la fin ultime justifie des moyens inavouables.
Une partie du voile a été très récemment levée sur Fortitude, il demeure à encore abattre le mur qui se situe derrière le voile.
Gordon aurait probablement aimé que cela fut fait puisqu'involontairement il fut mis en cause.


Gordon au siège de Malakoff pendant la Guerre de Crimée


Gordon, jeune officier breveté qui s'est spécialisé dans l'artillerie de sape, participe à la Guerre de Crimée et débarque en 1854 à Baklava. Il participe à diverses opérations sous le commandement de Lord Raglan dont l'assaut de Redan, le 18 juin 1854 et l'expédition de Kunbun. Après près d'un an de combat et de lourdes pertes dut tant à des maladies comme le typhus qu'à des erreurs stratégiques monumentales dont la fameuse "charge de la Brigade Légère" donne un apperçu, les troupes russes commandées par le Général Prince Alexandre Menshikov tiennent toujours en respect les troupes franco-britanniques.
Le siège de Sébastopol s'éternise.

Gordon à Malakoff : miraculeusement épargné par un boulet de canon
Sa carrière auraitpu s'arréter à cet instant précis !

Début septembre 1855 Gordon est détaché auprès de l'Etat Major français du Général Pélissier et propose de détruire une importante redoute qui protège l'ouvrage fortifié de Malakoff.
Sous un feu très nourri il parvient, avec des sapeurs du Génie, à investir la redoute et après un violent combat à la faire sauter.

La tour de Malakoff et à droite la brèche ouverte par Gordon.

Grâce à cette action le 3eme Zouave peut se lancer à l'assaut et après un combat très violent au corps à corps à la baïonnette et à l'arme blanche le fort de Malakoff tombe aux mains de l'armée française.
Ce qui permettra au Général Mac Mahonde de dire le fameux "J'y suis, j'y reste ! "
Le verrou que constituait Malakoff ayant sauté, Sébastopol est rapidement investi ce qui met fin à cette expédition.

Le Troisième Zouaves prend d'assaut la Tour de Malakoff ce qui
permet de terminer victorieusement le siège de Sébastopol et la
guerre de Crimée.

C'est le Général Mac Mahon lui-même qui demandera à ce que Gordon soit décoré de la Légion d'Honneur et qui lui remettra sur le front des troupes franco-anglaises.
Gordon avait alors 22 ans et c'était sa première décoration.
Bien d'autres suivront !
Mais ce fait militaire révèle la personnalité extraordinnaire de Gordon qui sut toujours, lorsqu'il se sentait investi d'une mission, être là au bon endroit, au bon moment pour modifier le sens de l'histoire.
Il réalisait souvent à lui seul ce qu'une multitude n'avait pu obtenir.
Ce fut le cas en Crimée mais également, plus tard, en Chine, en Palestine, au Soudan.
Devenu attaché militaire auprès d'une commission internationale il séjournera en Turquie, en Bessarabie et en Arménie.
Il revient en Angleterre en 1858. .


Charles George Gordon en Chine : Chinese Gordon


Le sac du Palais d'Eté

Gordon recrute des soldats chinois qui lui seront toujours fidèles et qui le nommeront
"Chinese Gordon" "Gordon le Chinois" !

C'est un des rares officiers britanniques qui parle et écrit couramment le chinois et qui s'intéresse de très près aux grands Classiques.
Pour les Chinois de l'époque c'est le type même du Mandarin Militaire qui aurait pu être comparé à Wang Yang Ming.

En 1860 Français et Anglais déclenchent une opération militaire qu'ils nomment "Guerre de l'Opium".
Les occidentaux reprochent au pouvoir impérial chinois le promulgation de décrets interdisant la vente et l'usage de l'opium.
Or la France et l'Angleterre par le biais de l'Indochine et des Indes sont les fournisseurs patentés de millions de Chinois qui s'adonnent aux paradis artificiels de la "boue noire".
Après avoir écrasé les armées chinoises ils s'installent donc à Pékin la "Capitale du Nord" non sans avoir préalablement pillé le Palais d'Eté de Palikao en octobre 1860. Lord Elgin, le commandant en chef de l'armée britannique charge Georges Charles Gordon, alors jeune officier, de superviser l'opération.
Il s'acquitte parfaitement de cette tâche et avec l'accord de Lord Elgin et du Général Jamin, commandant l'armée française, propose qu'une somme de 80 francs or soit allouée à chacun des soldats de l'expédition et qu'il soit constitué une réserve pour les officiers des deux armées à condition d'éviter le pillage individuel.
Gordon se propose d'avancer les fonds et est évidemment fortement acclamé tant par les troupes que par les officiers.
l se charge personnellement de réaliser l'opération et de transformer les objets d'art en monnaie sonnante et trébuchant. Une partie du trésor de guerre part en France et en Grande Bretagne, l'autre est vendue sur place à des compradores chinois qui, au passage, tirèrent également un substantiel bénéfice dans la transaction.
Cette opération économique, fort rentable, dont Gordon était le maître d'oeuvre, fut un modèle du genre ce qui n'empêcha d'ailleurs pas les troupes occidentales de saccager le palais d'été auquel les Chinois avaient déjà mis le feu en fuyant.



La mise à sac du Palais d'Eté

"Ce Gordon avait participé, en 1860, à la Bataille de Pékin, parmi les troupes franco-britanniques, à l'incendie et au sac du Palais d'Eté Yuanmingyuan ; c'était un gangster capitaliste de la pire espèce ; il admit lui-même "avoir détruit par vandalisme les richesses les plus précieuses"

(La Révolution des Tai Ping - Editions en langues étrangères Pékin 1978)(P.145).

Mais cela permit surtout à Gordon de se faire connaître tant des instances militaires que des commerçants occidentaux et chinois qui reconnurent en lui un homme de parole, un organisateur né et un fin stratège.


L'Armée Toujours Victorieuse.


A la suite de cette défaite militaire la Chine Impériale fut contrainte de signer plusieurs "traités d'amitié et de commerce" en complément du Traité de Tientsin signé le 10 juin 1858.
Ces traités permettent, bien évidemment, de reprendre de plus belle le juteux commerce de l'opium et de faciliter celui ci par l'ouverture aux occidentaux de seize ports dont Shanghaï et Hong Kong.
Mais ce commerce maritime et terrestre était fortement menacé par la révolution des Tai Ping qui s'étendait peu à peu dans le pays.
Avec l'accord de l'Empereur Hsien Feng (Hien Fong ou Weng Tsung) les occidentaux constituent une armée de volontaires nommée "Alliance de défense sino-étrangère" et placent à sa tête un général d'infanterie britannique, John Michel.
Il est rapidement rejoint par un aventurier nommé Ward qui se vantait d'avoir été flibustier en Amérique du Sud.
Ward recrute rapidement tout ce que le sud de la Chine comporte comme gens de sac et de corde avec l'assentiment et le support financier des grandes compagnies occidentales.
Bien armée cette troupe remporte plusieurs victoires sur les Tai Ping et la jeune impératrice douairière Cixi (Tseu Hi) lui décerne le titre de "Armée toujours victorieuse". Mais Ward pendant le siège de Tsehi en septembre 1862 est tué d'une balle en pleine tête.
Le Consul britannique de Shanghaï écrit "Je me sens navré et désespéré car ne sais pas comment lui trouver un successeur".
Plusieurs lui succéderont dont les Français Breton et Tardif de Moidrey, l'Anglais Holland qui seront rapidement tués.
C'est un autre américain, ancien lieutenant de Ward, Henri Burgevine qui leur succède. Mais ses exactions et sa brutalité sadique sont telles que ses commanditaires finissent par le mettre hors la loi.
Tant et si bien qu'il finit par passer dans l'autre camp et rejoint les Tai Ping.
Chez lesquels il reprend ses mauvaises habitudes à tel point que ceux-ci le livrent pieds et poings liés aux troupes impériales.
Enfermé dans une cage de bambou il est ramené à Shanghaï pour y être jugé.
Sur le chemin la cage tombe opportunément dans une rivière et il se noie.
Faute de trouver un nouveau volontaire et en désespoir de cause, les occidentaux décident alors de faire appel à un militaire de carrière et se souviennent de Gordon.
Il accepte le contrat mais demande carte blanche.
Deux heures après sa nomination il passe en revue l'Armée Toujours Invincible. Contrairement à ses prédécesseurs, des aventuriers qui étaient fiers de l'être, il se présente en grande tenue d'Officier des Gordon's Highlanders avec kilt, sporran, poignard kirk dans la chaussette et badine de commandement sous le bras.
Il est accompagné d'un détachement de Highlanders et procède à l'inspection au son du tambour et de la cornemuse, accompagné par ses deux immenses chiens bergers Setters.
Les Chinois sont sidérés.
Les occidentaux ne le sont pas moins.
Il vient se placer devant chaque chef de groupe, et, presque au contact, se met au garde à vous et salue comme à la parade puis serre chaleureusement la main de celui qu'il considère désormais comme un officier à part entière.
Chinois et Indiens y compris.
Quelques mots pour chacun dans leur langue maternelle.
Il en maîtrise parfaitement plus d'une vingtaine.
Peu à peu toute la troupe se redresse et présente les armes, fière d'être considérée non pas comme un ramassis de mercenaires mais comme des militaires.
Il fait jouer la Marseillaise, God Save the King et l'Hymne Impérial Chinois dont il a réussi à retrouver la partition.
A la fin de ce dernier les hourras retentissent de toutes part puis les troupes défilent impeccablement, lui rendant les honneurs.
Il baptise alors chaque régiment suivant la tradition chinoise des Quatre Animaux du Zodiaque, à l'Est le Dragon vert considéré comme l'infanterie, au Sud l'Oiseau Rouge considéré comme la cavalerie, à l'Ouest le Tigre Blanc considéré comme les troupes de réserve aguerries, au Nord la Tortue Serpent Noire considérée comme l'arrière garde.
Il ne manque que le Dragon Jaune à Cinq Griffes considéré comme la Garde Impériale. Il le remplace par une garde personnelle constituée de montagnards des Highlands recrutés par le Clan Gordon.
A la fin du défilé il est déjà, pour tous, "Chinese Gordon ", "Gordon le Chinois".
Non content de parler et d'écrire le chinois, il cite les grands classiques et, fait encore plus extraordinaire pour un blanc, il s'est attaché l'amitié et les service d'un jeune maître chinois déjà très renommé en la personne de Shen Zhureng (Shen Shaoxung), expert réputé en Feng Shui (géobiologie chinoise) et dans l'Art de la Guerre, auteur du "Shenshi Xuankong Xue" (Traité de l'Ecole des Etoiles volantes) qui demeure, encore de nos jours, l'une des ouvrages de Feng Shui les plus réputés en Chine.
Celui ci lui traduit et lui commente plusieurs versions des "Treize Articles" de Sun Tse (Sun Tzu ou Sunzi) ainsi que le "Traité secret de stratégie des Trente Six Stratagèmes" de Tan Daoji.



Sunzi ou Sun Tzu, le Maître stratège qui inspira Chinese Gordon


Au lieu de mépriser les conceptions chinoises Gordon s'en imprègne et les utilise au profit de l'Armée Toujours Victorieuse.
L'utilisation rationnelle du terrain lié à la pratique du Feng Shui adapté à l'art militaire lui donne rapidement le dessus.
Lorsque Hong et les Tai Ping utilisent des armes chinoises tout en voulant copier la stratégie occidentale, il utilise la stratégie chinoise la plus classique mais avec des armes occidentales.


Gordon inaugure la technique des Commandos qui restera une grande spécialité
du corps des Royal Engineers

Il attaque de nuit et par le fleuve un campement Taiping

Il remporte alors de nombreuses victoires à Jiaoding, Qingpo, Ningpo, Jishan, Wusong, Liuhe.
Entraînées par son exemple les troupes impériales commandées par le Taotai (Daodai) (généralissime) Li Hongzhang (Li Hong Tchang) (1823 1901) reprennent peu à peu le dessus. En mars 1864 voici ce qu'écrit Li au sujet de Gordon :

"Gordon a un savoir vivre et un comportement bien supérieur à ceux de tous les étrangers avec lesquels je suis entré en contact et il ne laisse nullement apparaître cette suffisance qui rend la plupart d'entre eux répugnants à mes yeux. En outre son allure militaire est splendide et il est direct et capable !".

Le Général Li écrivit une supplique au Trône, louant chaleureusement Gordon auprès de l'Impératrice Douairière.

Celle-ci, au nom de l'Empereur, promulgua le décret suivant :

"C'est pourquoi nous sommes enclins à reconnaître les services exceptionnels de Georges Charles Gordon en lui accordant des récompenses exceptionnelles. Nous lui conférons le titre envié de Gardien du Trône, le marquisat de premier rang, perpétuellement héréditaire, la décoration de l'Ordre de la Plume de Paon à Deux Yeux, la fonction de Titou (Général de Corps d'Armée) et le droit de porter la Tunique Jaune en présence de l'Empereur".

L'Impératrice Douairière CIXI au nom de sa Majesté l'Empereur de Chine
Le portrait officiel de Georges Charles Gordon
en uniforme de Titou - généralissime -
de l'Armée Impériale Mandchoue.
Il porte la tunique jaune réservée à ceux qui peuvent approcher l'Empereur de Chine, honneur exceptionnel auquel aucun autre occidental n'eut droit.
Il est armé d'un sabre au fourreau de galuchat vert.
Mais, sur la table, un pinceau indiquant qu'il écrit le chinois.
"Wen Wu" - le pinceau et le sabre -
Mandarin Civil et Militaire, ce qui en Chine, représente l'aboutissement des vertus confucianistes (Wen) et de la bravoure
chevaleresque (Wou).

Le portrait officiel de Georges Charles Gordon en costume de Titou atteste du fait exceptionnel qu'il portait cette tunique jaune que nul occidental avant lui, y compris les Jésuites invités à la Cour, n'avait jamais revêtue.
Cela étonne encore nos amis Chinois pour qui cette tunique jaune est le symbole le plus élevé dans la hiérarchie militaire impériale puisque celui qui la détenait pouvait demeurer armé en présence de l'empereur.
Signe d'une confiance absolue.
Le titre de Gardien du Trône était également la plus haute distinction militaire habituellement réservée aux officiers supérieurs de la Garde Impériale.
Le titre de Marquis (Hou) de Premier Rang représentait quant à
lui une très haute distinction civile et permettait d'administrer au moins cinq Comtés.
Il s'agit d'un titre nobiliaire perpétuellement héréditaire donc concédé par l'Empereur de Chine à la descendance directe ou indirecte du récipiendaire.
Il ne cessera donc de fait qu'à l'avènement de le République de Chine en 1911.
Au même moment où le Marquisat de Yue, dont Wang Zemin (Wang Tse Ming ou Tai Ming Wong) était l'un des derniers représentants avec le Titre de Comte de Yue, cessera également d'exister.
La fonction de Titou assortie à décoration de la plume de Paon à Deux Yeux correspondait, ou peu s'en faut, au titre de "Feldmarshal", titre qui s'obtenait sur le champ de bataille et non dans une école de guerre ou dans une antichambre ministérielle.
Il est vrai que Gordon avait fait plusieurs fois preuve d'un courage insensé comme le jour où il était pénétré, seul et sans armes, dans les murs de Suzhou, la ville aux mille canaux, encerclée par son armée.
Il proposa tout simplement au "Cinq Rois" qui défendaient la ville de se rendre en échange de la vie sauve.
Et ceux-ci se rendirent le lendemain matin après l'avoir invité à partager un banquet et après avoir liquidé Tan Chao Kouang, le Prince Mou, qui refusait de capituler.



Gordon obtient la reddition de Suzhou


Les portes de la ville s'ouvrirent et Gordon reprit son chemin victorieux.
Mais il apprit le lendemain que Li Hongzhang, ne respectant pas sa parole, avait fait exécuter les "Rois Coolies" et fait massacrer les 20 000 Tai Ping de la garnison. Gordon fou de rage, un révolver dans chaque main, revint parcourir Suzhou "à la recherche de ce bâtard d'asiatique".

Chinese Gordon à la recherche de Li


Li ne dut son salut que dans la fuite.
L'impératrice au courant de cet état de fait fit envoyer à Gordon une prime de plus de
10 000 taels d'or qu'il refusa mais finit par distribuer à ses soldats.
Ceux-ci l'adoraient et respectaient son courage exceptionnel et sa parole sans faille.
Les Chinois le considéraient comme une divinité de la guerre, un "Général Tigre Céleste" réincarné.
Ils relataient qu'au cours des combats les plus intenses il demeurait debout, son stick sous le bras et le cigare aux lèvres, n'utilisant que très rarement une arme mais encourageant chacun du geste et de la parole, omniprésent.
Un jour voyant un soldat terrorisé et s'enfuyant devant une charge des Tai Ping, il l'agrippa, le retourna comme un sac et l'obligea à tirer, son fusil posé sur sa propre épaule, faisant office de bouclier.
Voyant cela les autres fuyards vinrent à la rescousse, arrêtant net la charge.
Gordon repartit souriant comme si rien ne s'était passé.
Mais en mars 1864 son invulnérabilité lui fit défaut et il fut néanmoins blessé devant Jintang.
Ce qui ne l'empêcha pas de continuer à donner ses ordres.
L'Armée Toujours Victorieuse fut dissoute.
Mais le premier juin de la même année le Roi des Tai Ping, encerclé par les troupes de Li dans Tchongchan, se suicida en avalant des feuilles d'or.
La révolution des Tai Ping aura fait, estime-t-on actuellement, plus de vingt millions de morts.
Sans l'Armée Toujours Victorieuse et Chinese Gordon nul ne sait quelle aurait été la fin de l'histoire.
A l'encontre de nos Amis Chinois, précisons un simple fait.
Gordon est intervenu en Chine suite aux accords passés entre l'Empereur de Chine et la Grande Bretagne.
Gordon était un officier britannique et il a donc obéi aux ordres de sa hiérarchie qui a respecté ses accords, donc la parole donnée. .
Il a été mis, ensuite, à la disposition de l'Empereur de Chine comme les accords signés le prévoyaient et il a aidé à sauvegarder le trône impérial ce qui était sa mission.
Il ne s'agit donc en aucun cas d'un "mercenaire" mais bel et bien d'un officier dans l'exercice de ses fonctions.
Ce qui est fort différent.
Gordon l'humaniste guerrier.



Gordon en grand uniforme avec ses multiples décorations gagnées sur le terrain

Dont la Grand Croix de la Légion d'Honneur qui lui fut remise par la France

pour son aide et son courage au siège de Malakoff pendant la Guerre de Crimée
Ce fut sa première décoration, il avait 22 ans.


Gordon aurait probablement pu demeurer en Chine et y finir sa vie dans les honneurs.

Il préfèra rentrer à Londres où parallèlement à ses activités militaires il milita dans de nombreuses associations de bienfaisance, créant la "Milton Médicant Society" qui regroupa les mendiants et les défavorisés des bas quartiers et, pour la première fois, des "gens de couleurs" qui y étaient représentés officiellement.
Il rencontra William Booth, fondateur de l'Armée du Salut auquel il apporta son appui inconditionnel ainsi qu'une partie de sa fortune.
Il aida à constituer la structure quasi militaire de cette organisation et lui apporta son crédit personnel auprès des autorités religieuses et politiques.
Il soutint activement la "Native Rule" qui s'opposait à l'ordre colonial en Irlande, en Écosse, en Afrique du Sud, en Inde, au Botswana, en Rhodésie, au Soudan, en Palestine.
Dès qu'il le pouvait il se consacrait personnellement à l'éducation morale des enfants de ses soldats.

Gordon faisant la classe aux enfants de ses troupiers
Il y consacrait beaucoup de son temps et ce n'est donc pas une affiche électorale !

Ce faisant il s'opposa officiellement à Gladstone qui, au contraire, défendait la "Home Rule", donc les colons au détriment des "indigènes".
Les prises de position de Gordon, notamment en faveur de la suppression totale et définitive de l'esclavage et de la traite des noirs en Afrique lui valurent de franches inimitiés dans le monde politique de l'époque.
En 1873, devenu quelque peu indésirable à Londres, il se rend pour un premier séjour au Soudan, alors sous protectorat britannique, où il accepte de devenir gouverneur général.



La légende de Gordon Pacha est toujours bien vivace !


Il s'emploie alors activement à pourchasser sans merci les trafiquants d'esclave et d'ivoire allant jusqu'à organiser plusieurs opérations meurtrières.
Les hommes du désert le surnomment "l'Ange de la Mort".
Bien avant Lawrence d'Arabie, à qui il servira toujours de modèle, il s'habille en Bédouin, monte un dromadaire et parcourt le désert à la recherches des caravanes à la tête d'une troupe fanatisée.



Le légendaire Gordon Pacha illustre un paquet de cigarettes destiné à la troupe
A l'époque on mourrait plus souvent sur un champ de bataille que du cancer !


Entre temps il s'est initié au Soufisme, parle et écrit l'Arabe classique, cite le Coran et ses hommes le nomment désormais "Gordon Pacha".
Les trafiquants sont exterminés, les esclaves libérés.
La plupart d'entre eux le rejoignent et constituent alors sa "Garde Noire Soudanaise" (Soudanese Black Watch).
Il promulgue une loi interdisant l'esclavage et le trafic d'esclaves sur tout le territoire du Liban et y libère tous les esclaves.
Il prend également parti pour les minorités noires chrétiennes et animistes qu'il protège des fondamentalistes musulmans.



Gordon Pacha - gravure sur bois - Soudan

L'imagerie populaire donne une idée de la popularité du personnage
Le compositeur britannique Edward Elgar (Pomp and Circumstance) avait comme
projet de lui consacrer sa Première Symphonie en 1898.
Elle lui fut simplement dédiée.

Ce faisant il nuit évidemment très gravement aux intérêts divers tant des Britanniques que des Français et des Arabes particulièrement Egyptiens qui tirent de ces trafics de très nombreux avantages.
Il est alors rappelé à Londres où il reprend de plus belle ses diverses activités humanistes sinon subversives. I
l passe le plus clair de son temps et la presque totalité de sa fortune à créer et entretenir de nombreuses associations parfois révolutionnaires.
Il milite, évidemment, pour l'autonomie de l'Irlande et de l'Ecosse.
Puis il décide de se rendre aux Indes où, après avoir commandé sagarde personnelle, il devient rapidement le secrétaire et le conseiller personnel du Vice Roi.


Charles George Gordon (au centre) aux Indes avec la Garde du Vice Roi

Il y entretient de nombreux contacts avec les partisans déclarés de la "Native Rule", donc de l'indépendance.


Le Golgotha et le Calvaire de Gordon à Jérusalem.


En 1883, Gordon est en Palestine, à Jérusalem, alors sous protectorat britannique.
Son séjour en Chine et ses études de Feng Shui avec Shen Zhuren (Shen Shaoxung), le jeune Maître de l'Ecole des Etoiles filantes, ainsi que sa curiosité naturelle, l'incitent à rechercher l'emplacement exact du Golghota, lieu où aurait été crucifié le Christ.
La version officielle ne le satisfait pas car Golghota, en Araméen et en Hébreu, signifie "crâne", et par extension "en forme de crâne" et la colline du Mont des Oliviers que l'on donne comme le lieu de la crucifixion n'évoque en rien ce terme particulier.
Pendant des jours, sinon des semaines, il parcourt à pied Jérusalem et ses environs, seul, vêtu comme un Palestinien, recherchant une colline en forme de crâne, il questionne les habitants.
Un vieil homme lui indique qu'une tradition ancienne désigne un endroit particulier qui n'est pas une colline, mais une falaise comportant, de plus, plusieurs tombes considérées comme très anciennes et un jardin secret connu de quelques rares initiés.
Un matin à l'aube, il se rend sur place et ses efforts sont récompensés puisque le crâne apparait avec ses trous orbiculaires et nasal, les mâchoires inférieures et supérieures.
Il s'agit d'une falaise dominant Jérusalem et qui semble, en effet, un lieu propice aux crucifixions puisque particulièrement spectaculaire et sinistre.
Sa force de conviction est telle qu'on décide alors d'y élever un calvaire,
le "Calvaire de Gordon" (Gordon's Calvary).

Calvaire provient du latin "calvaria", traduction de l'Hebreu Golgotha, qui signifie "crâne" et par extension "ossements".
A l'époque la nouvelle de la découverte de l'emplacement réel du Golgotha fit beaucoup de bruit et, devant l'évidence, nombreux se rangèrent à la thèse de Gordon.
De nos jours le Calvaire de Gordon existe toujours à Jérusalem et est amplement photographié par les pèlerins et les touristes.
De ceux qui l'ont vu, nul ne doute que Gordon avait raison.
Plusieurs tombes sont visibles et un petit jardin y est entretenu apportant au lieu, au demeurant sinistre, un havre de paix et de quiétude.

Gordon Pacha et le Mahdi.



La statue de Gordon Pacha à Kartoum au Soudan en 1926
La réplique de cet statue est au Royal Ingeneers.

Entre temps est apparu au Soudan un nouveau prophète en la personne de Muhammad Ahmad Ibn Allah Al Mahdi qui prétend être le douzième Iman caché descendant l'Ali.
Celui dont "La Main est guidée par Dieu", le Mahdi, veut instaurer un pouvoir intemporel imposant les loi islamiques les plus fondamentalistes ainsi que la Sharia, Loi Sainte, dans toute la région.
Il a donc entrepris une guerre sainte contre tous les intérêts occidentaux et contre les modérés de l'Islam.
Cela aurait pu être simplement anecdotique, car les nouveaux prophètes et illuminés de Dieu n'ont jamais manqué à la région, si le Mahdi et son armée fanatisée n'avait anéanti, en 1883, une expédition anglaise forte de 15000 hommes et commandée par le Général Hicks.
Devant le catastrophisme de la situation le gouvernement britannique fait alors, une fois de plus, appel à Gordon.
Gordon Pacha revient donc à Kartoum acclamé par la population.

Gordon Pacha entre dans la légende africaine à Kartoum

Kartoum est une plaque tournante du commerce dans toute la région du nord est de l'Afrique et en quelque sorte un passage obligé entre l'Afrique centrale et l'Afrique du nord.
Ce commerce qui implique toutes les populations vivant dans la région s'accommode assez mal des principes d'un Islam fondamentaliste tel que le prône le Mahdi.
Gordon, soutenu et pressé de toutes part, demande les pleins pouvoirs à Londres ainsi que l'envoi d'une force militaire conséquente.

"Kartoum, la dernière aventure impériale" par Michael Asher
L'un des nombreux ouvrages consacrés à Gordon Pacha

Londres fait la sourde oreille et laisse comprendre à Gordon qu'il conviendra qu'il se débrouille avec les moyens du bord, c'est à dire une garnison locale composée de Soudanais.
Gordon, suivant son habitude, ne se laisse pas démonter pour autant et recrute une milice locale à l'aide de sa fameuse "Garde Noire Soudanaise".
Il entraîne ses troupes et entreprend plusieurs expéditions contre les groupes armés du Mahdi sans pouvoir, toutefois, obtenir de résultat décisif.
Le 29 mars 1884 l'armée du Mahdi attaque Kartoum mais, malgré une supériorité numérique écrasante, subit de nombreuses pertes et est repoussée.
Gordon a utilisé, comme en Chine, sa science du terrain et une capacité stratégique défensive sans faille.

La base de la statue de Gordon
à Trafalgar Square :
"Fortitude and Faith"
Sa devise personnelle.

Fortitude, comme disent les Anglais. C'est la force d'âme, le courage, la vertu qui permet de repousser les limites de la défense et d'envisager une contre attaque. Gordon en organise plusieurs, obligeant le Mahdi à se tenir, à son tour, sous la défensive.
Le siège durera alors 312 jours et le 26 janvier 1885 vers 15 heures, Gordon tombera, dans des circonstances encore méconnues.
La fameuse colonne de secours n'arrivera jamais.
Il faudra attendre 1898 pour que Lord Kitchener délivre Kartoum des troupes Madhistes.
Mais le Mahdi ne survivra pas longtemps à Gordon : il mourra en juin 1885 de maladie.
.

La mort de Gordon Pacha le 26 janvier 1885 à Kartoum
suivant une gravure d'époque


Une épitaphe à la Cathédrale Saint Paul et une statue à Trafalgar Square.


La mort de Gordon, abandonné par le pouvoir politique, provoquera un ras de marée en Angleterre, particulièrement dans les classes défavorisées de la société qui accusèrent le gouvernement de l'avoir laissé tomber, sinon de s'en être débarrassé, en raison de ses convictions politiques en leur faveur.
Le gouvernement Balfour fut contraint de démissionner devant la levée des boucliers que provoqua le scandale de cette nouvelle désastreuse.
Une souscription populaire eut lieu pour lui ériger plusieurs statues dont la plus connue est à Trafalgar Square, non loin de la Colonne Nelson, où il est représenté, droit et pensif, en tenue d'Officier, le pied posé sur un affût de canon détruit.
Comme méditant sur la folie de la guerre.
Sur le coté gauche du socle figure une allégorie avec deux femmes et sa devise personnelle préférée "Faith and Fortitude".


La statue de Charles George Gordon a Trafalgar Square
Réalisée par Sir W. Thorneycroft R.A. (1850 1925)


Son épitaphe, à la Cathédrale Saint Paul, fut rédigée par Lord Kitchener, qui reprendra Kartoum en 1898 :



Le Mémorial de Charles George Gordon à la Cathédrale Saint Paul à Londres
"Gordon est un Homme qui de tous temps et en tous lieux a donné sa force aux faibles, sa fortune au pauvres, sa sympathie à ceux qui souffrent et son coeur à Dieu".

Lord Kitchener

Lord Kitchener of Khartoum
En grand uniforme du Royal Engineer
Il reprendra Kartoum en 1898 et rendra un vibrant hommage à Gordon Pacha.


La base de la statue réalisée par Sir W. Thorneycroft RA (1850 1925)
Elle est encore visible à Trafalgar Square
Elle indique qu'il fut le Major General Commandant le Regiment des
Royal Engineers, l'un des plus célèbres de l'Empire Britannique et qui existe toujours !
Tué à Khartoum 26 janvier 1885



En Angleterre comme en France tout finit aussi par des chansons


Un film à grand spectacle lui sera consacré en 1966 : Kartoum, de Basil Dearden, avec Charlton Heston dans le rôle de Gordon et Lawrence Olivier dans le rôle du Mahdi.
En réalité, contrairement à ce qui est décrit dans ce film, les deux hommes ne se seront jamais rencontrés de leur vivant.



Gordon et le Mahdi sur un fond de Kartoum en flammes !

Comme Lawrence d'Arabie il rédigea plusieurs ouvrages de réflexion et de mémoires qui relataient une partie de ses aventures extraordinaires et de ses nombreux voyages.
Il ne se tua pas, comme Lawrence (et comme Coluche !), dans un accident de moto inexpliqué.

Les "amitiés particulières" de Gordon Pacha.

Mais, après sa mort, on lui attribua également des amitiés particulières
("Mars without Venus" du Major General Franck M. Richardson - Mars sans Vénus - allusion perfide à un livret gothique "The Service of Venus and Mars - Music for the Knights of The Garter" - "Au Service de Mars et de Vénus - Musique pour les Chevaliers de l'Ordre de la Jarretière" - qui sous entendait que Charles George Gordon servait volontiers Mars, la guerre mais pas Vénus, donc les femmes.
Gordon ayant été élevé, à titre posthume, au rang de Grand Maître de cet Ordre, le plus prestigieux délivré par La Couronne Britannique, donc par le Roi ou la Reine d'Angleterre aux plus vaillants chevaliers du Royaume et ceci depuis 1340).
La devise de cet ordre "Honni soit qui mal y pense", en français dans le texte, est avec "Dieu et mon Droit ", en français également, la devise de la Maison Royale.
Elle est à rapprocher de la devise des Gordon "Do Well and let them say" - "Fais pour le Bien et laisse les dire" -
L'homosexualité de Gordon Pacha, comme celle de son disciple Lawrence d'Arabie, a été le sujet de multiples controverses à une époque où elle était considérée comme un péché presque mortel sinon une tare inavouable.
Dans les deux cas, comme dans celui de Pierre Loti en France, il s'agissait de personnages hors du commun aimant à se travestir et à adopter les moeurs et coutumes de peuples considérés comme "barbares" par la "Gentry" et pratiquant donc une sexualité différente !
Ce qui aux yeux des puritains de l'époque victorienne était considéré comme le summum de la débauche, les "orientaux" étant réputés comme pratiquant la sodomie.
Concernant Gordon, il avait eu le tort d'avouer dans l'un de ses nombreux écrits qu'il "possédait un penchant pour la jeunesse de corps et d'esprit" ce que certains ont immédiatement traduit, dans un langage d'époque, par "éphébérastie" - de éphèbe : adolescent(e) et erastês : amoureux, aimant, attiré par.
Et donc par "pédérastie" - de paidos : enfant et erastês : aimant.
Donc aimant les enfants !
Ce que l'on traduirait de nos jours, à tort, par "pédophile".
En jouant ainsi avec les mots il fut possible de tenter de transformer Gordon en ogre à la Gilles de Rais sur la base de son affirmation !

Nobody is perfect !

Charles Georges Gordon en grand uniforme des Royal Engineers
Une simple question de temps
La Chine n'a pas la mémoire courte.
Depuis Sunzi ou Sun Tsu et ses "Treize articles sur l'Art de la Guerre" histoire et stratégie chinoises sont intimement mélés.
La Chine forge son histoire sur un modèle stratégique.
Ce qui aux yeux des Occidentaux semble un parfait hasard a toujours été soigneusement élaboré.
Ou historiquement justifié ce qui revient au même.
Le premier empereur de Chine est un paysan qui devient empereur.
Le dernier empereur de Chine est un empereur qui redevient paysan, ou jardinier.
Entre deux le temps s'écoule respectant l'ordre immuable des choses.
Le Chinois, fut-il lettré, écrit donc le passé au présent.
Le temps lui importe peu.
Il ne le conjugue pas.
Lorsqu'un Occidental, fut-il lettré, traduit la première proposition du chapitre XV du Daodejing (Traité de la Voie et de son efficacité - vertu étant pris dans son sens politique ou médical comme "la vertu du Prince de Machiavel" ou la "vertu du Peuple de Montesquieu" ou "la vertu d'une plante médicinale et non d'une quelconque morale) de Laozi (Lao Tseu), que l'on met généralement à toutes les sauces y compris celles des fins de banquets électoraux :
"Gu Zhi Shang Wei Dao Zhe..."
il traduira généralement par "Autrefois ceux qui pratiquaient la Voie étaient..."
Alors qu'un Chinois, de l'antiquité jusqu'à nous jours, comprend simplement
"De tous temps ceux qui pratiquent la voie sont..."
Ce qui est fort différent pour la compréhension du texte et, surtout, pour sa mise en application.
Le Chinois ne connait pas le passé mais met celui-ci au présent.
Il en va de même pour le futur qui n'est que le prolongement du passé, donc un présent qui fut, est, sera.
Donc qui est.
La traduction occidentale fleure bon le comte de féé, la barbe à papa, les lapins roses qui gambadent dans il était une fois un pays lointain.
C'est du Walt Disney.
Même pas encore du Tex Avery.
Le chinois, au mot à mot et au présent, c'est du compte de faits.
C'est du rapport de gendarmerie.
Simplement descriptif.
Après ce sera au Juge d'Instruction prendre ses responsabilités et pas de faire un tour de manège déguisé en Balou.
On est donc prié de faire cesser les flon-flons du baluche.
Et de répondre à l'appel : "Présent !"
D'autant plus que sous savons toutes et tous, du moins je l'espère, que même ici, en France, le passé, surtout historique, s'écrit également au présent.
Tel cet historien prolixe qui, il y a quelques années, n'avait pas de mots assez durs pour les mutins de 17, et qui, désormais, leur sert la soupe popotière à titre posthume.
En oubliant qu'ils avaient déja été officiellement réhabilités en 1921.
On peut donc passer, grâce au temps qui passe, du statut de résistant à celui de collabo ou de celui de Président de la République à celui de "témoin assisté".
Ce n'est qu'une simple question de temps.
Or, les Chinois, du temps ils en ont derrière et ils en ont devant.
Dans le "Livre de l'Histoire" (Shijing), Classique si il en est un, il est expliqué, sans le moindre êtat d'âme, qu'un général perd une bataille décisive parce que sa tombe est mal orientée" (traduisez en bon français facultatif enchinoisé "qu'un général aurait perdu une bataille parce que sa tombe fut mal orientée !" ).
C'est un peu comme si on affirmait, en fac d'histoire, que le Général de Gaulle n'a pas su remporter la bataille d'Abbeville, en juin 40, parce que sa tombe a été mal orientée à Colombey les Deux Eglises.
Ce qui susciterait, peut-être, quelques questions.
Les Chinois sur ce fait particulier ne s'en posent pas.
C'est ainsi parce que c'est ainsi.
Mais, à vrai dire, c'est une hypothèse qui en vaut bien tant d'autres que les historiens, ou De Gaulle, s'évertuent à nous faire avaler pour, après coup, justifier le fait accompli.
C'est seulement grâce aux grandes défaites qu'on connaît le temps qu'il faisait ce jour là.
Les civils l'ont oublié depuis belle lurette que les militaires, puis les historiens, surtout les historiens, se souviennent avec beaucoup plus d'exactitude que Méteo-France le temps qu'il faisait et qui, comme Hugo, se lamentent
"Il neigeait..."
Mais il aurait pleuvoir, faire chaud, geler à pierre fendre, avoir du brouillard que la situation n'en aurait pas été changée pour autant.
Et que le perdant aurait perdu.
Alors pourquoi pas le coup de la tombe mal orientée.
Là, c'est sur que contre un truc pareil même un bon général ne peut rien.
Et même Miquel ne nous l'avait pas fait.
Et on comprend un peu mieux le chinois ou peut-être même le Chinois.
Chinese Gordon comme modèle historique et stratégique
En Chine, encore de nos jours, lorsqu'un enfant est insuportable on le menace de "faire venir Gordon", ce qui le calme généralement très vite.
Il passe bien évidemment, officiellement, pour un "gangster capitaliste étranger de la pire
espèce " * ce qui, à ce niveau, est presque un compliment.

* "Après la mort de Ward son "armée" changea plusieurs fois de chef. Henry Burgevine, J.Y. Holland et Charles George Gordon se succédèrent à sa tête. Ce Gordon avait participé en 1860 à la bataille de Pékin parmi, les troupes franco-britanniques et au sac du Palais d'Eté Yuanmingyuan. C'était un gangster capitaliste de la pire espèce. Il admit lui-même "avoir détruit par vandalisme les richesses les plus précieuses" (La Révolution des Tai Ping - Editions en langues étrangères Pékin - La citation de Gordon est issue de "Gordon in Chine and Sudan" par A.E. Haker Londres 1896
page 18.
"Pour montrer sa gratitude (après la défaite des Tai Ping) à ses maîtres étrangers, après avoir occupé Tchangtcheou, Li Hon Chang écrivit une supplique au Trône, louant Gordon, ce malfaiteur, bourreau du peuple chinois, et lui fit obtenir le privillège de pouvoir porter la tunique jaune et la toque à pluume de paon, avec letitre de Titou (généralissime), ce qui acheva de démasquer la honteuse collusion de la réaction chinoise avec les agresseurs étrangers" (La révolution des Taiping - Rditions en langues étrangères Pékin 1978)

Le sac du Palais d'Eté de Palikao des 7 et 8 octobre 1860 vu par l'Allemand Frantz Neuman
C'est une gravure allégorique puisque toutes les nations occidentales, y compris les Japonais sont présents.
Or la mise à sac, à proprement parler, n'a été commise que par les Français et les Britanniques !
On reconnait de gauche à droite et à gauche du lion, des Anglais, un Allemand, un Italien, deux français (un fantassin et un Marsouin) un Japonais, un Allemand, des Chinois, et à droite du lion, un américain, des anglais...
Ce qui met officiellement en rage les Chinois contemporains, mais qui interpelle toujours leurs dirigeants, est que "Chinese Gordon" ait réussi, presque seul, et en restructurant "l'armée toujours victorieuse", à venir à bout du mouvement des Tai Pings.
Ce que l'armée impériale, avec d'immenses moyens, n'avait jamais réussi à faire.
Les héritiers dela Révolution Rouge, qui se posent en ardents défenseurs de ce mouvement qui a causé plusieurs dizaines de millions de morts, oublient cependant que le chef des Tai Ping, Hong Sieou Tsian (Hong Xiuquan) , un original quelque peu allumé, se prétendait le fils cadet de Jésus Christ, missionné par son père, donc Dieu, et souhaitait établir une dictature morale, spirituelle et religieuse.

Statue Chinepop à la gloire de Hong Xiuquan, chef des Tai Ping
Pour une fois les Révolutionnaires Marxistes Léninistes Chinois rendent officiellement hommage
à un chrétien convaincu d'être le fils cadet de Jésus Christ !

Dictature n'ayant qu'un très lointain rapport avec leur doctrine marxiste-léniniste à la sauce Mao.
Si ce n'est le fait de la dictature.
Gordon qui se se cachait pas d'être croyant et chrétien n'en était que plus motivé pour faire cesser cette imposture.
Bien qu'il n'ait agi que dans le cadre strict des accords passés lors d'un traité d'assistance entre la Chine et la Grande Bretagne.
Il intervenait donc, sur ordre militaire, en tant qu'officier de l'armée britannique.
Et non comme un mercenaire comme il est tenté de nous faire croire.
Ce qui est fort différent.
Mais il intervenait en tant que conseiller et dut se contenter de la troupe que lui fournissait les dirigeants légitimes de la Chine et de ceux qu'il pouvait recruter.
La première chose qu'il fit lorsqu'il prit ses fonctions fut de faire traduire le fameux traité de Sunzi (Sun Tsu ou Sun Tzu ) sur les Treize Articles de l'Art de la Guerre ainsi que l'ouvrage des "Trente Six Stratagèmes".
Ayant rapidement compris que le terrain était essentiel il prit comme conseiller personnel le jeune maître du Feng Shui, Shen Zhureng (Shen Shaoxung) auteur du "Traité de l'Ecole des Etoiles Volantes" (Shenshi Xuankong Fei Xing Xue) qui était également un fervent adepte de Sunzi.
Si on excepte la version française du Père Amiot (1718 1793), également célèbre pour avoir commenté le "Cong-fou des Bonzes de Tao-Ssè", autrement dit le "Qigong des Taoïstes", Gordon fut le premier à diffuser les "Treize Articles" au sein de l'Etat Major britannique * qui sut, à de nombreuses reprises, en tirer partie.
C'est que que souligne Jean Lévi dans "Sun Tzu - l'Art de la Guerre " dans la collection Pluriel Philosophie Hachette Littérature 2006 :
" Les militaires anglo-saxons furent les premiers à se pencher sur le Sun Tzu, non plus à titre de curiosité historique (comme Amiot) mais comme possible source d'inspiration tactique et stratégique" (p.43)
Ces mêmes militaires anglo-saxons remercièrent Chinese Gordon, à leur manière, en nommant, lors de la seconde guerre mondiale, l'opération qui couvrait le débarquement allié en Europe occuppée par les nazis, du nom de "Fortitude".
Or, c'est ce terme particulier de "Fortitude" qu'on retrouve sur le socle de la statue de Gordon à Trafalgar Square et qui appartenait à sa devise personnelle "Fortitude and Faith" (Vertu et Foi).
Admettons qu'on pourrait se rapprocher dangereusement ici de la "bravitude" évoquée par Ségolène Royal au pied de la Muraille de Chine, puisqu'il s'agit de la "force d'âme" ou de la "vertu" qui est propre au courage.
Gordon, c'est un fait, incarnait la "Bravitude" !
Et c'est ce qui ennuie les Chinois.
Qu'un étranger se permette de venir sur leur sol leur donner, grâce à Sunzi, une magistrale leçon de statégie militaire en écrasant un mouvement chinois se revendiquant de Jésus Christ et passant désormais pour une révolution populaire est déjà difficile à avaler.
Il est vrai que les Tai Ping, influencés par leur chef, ne juraient que par la stratégie occidentale moderne et avaient réussi à débaucher Henry Burgevine, le précédent chef de l'Armée Toujours invincible, afin qu'il leur livre les secrets de Clausewitz et de Napoléon !
Mais l'histoire donnera, contre toute attente, raison à Chinese Gordon qui utilisera des armes occidentales et une stratégie chinoise face à des armes chinoises et une stratégie occidentale.
Et de cela les stratèges chinois et leurs conseillers occidentaux ne s'en sont jamais remis.
Et ils se mirent à étudier très sérieusement les campagnes de Gordon à la tête de l'Armée Toujours Invincible, reconnaissant son extraordinaire capacité de synthèse et sa rigueur dans l'action.
Qu'ils le veuillent ou non il devint donc un modèle qui, à leur yeux, dépassait bon nombre de stratèges antiques.
Et Gordon devint pour les généraux chinois ce que Rommel représentera plus tard pour les Britanniques.

Charles George Gordon alias "Chinese Gordon" en tenue de Titou
(Généralissime des armées impériales)
Il porte la tunique jaune réservée aux "Protecteurs du Trône Impérial"
C'est, de toute l'histoire de la Chine, le seul Occidental a avoir eu cet honneur.
* Il publia, en effet, une notice destinée à l'Etat Major mais qui, en raison de son caractère particulier en relation avec l'affaire du Soudan, demeurera de "diffusion restreinte" .
C'est en 1908 que le Captain E.F. Caltrop pubiera "The book of War", chez John Murray.
Il sera suivi par "Sun Tzu on the art of war" par Lionel Gilles, en 1910 à Londres chez Luzac and C°.
Mais, pour les militaires britanniques Gordon fut l'initiateur.
Sans rentrer dans trop de détails c'est en référence à Sunzi (Sun Tzu) et à Gordon que l'opération secrète qui couvrit tout le débarquement allié en Europe occupée se nomma "Fortitude"
Et cela les stratèges chinois le savent mieux que leurs équivalents occidentaux.
Ce qui les incite d'autant plus à étudier avec soin la stratégie de Gordon et Chine et, surtout, au Soudan !
De Chinese Gordon à Gordon Pacha ou la Chine au Soudan
Cette étude de Chinese Gordon en Chine incitera les stratèges chinois à suivre attentivement sa carrière.
Carrière qu'il eut fort remplie, d'Angleterre ou il créa, avec ses propres deniers, "The Medicant Society" qui regroupait, à Londres, les chômeurs et les laissés pour compte et qui servira de modèle à l'Armée du Salut.

En passant par les Indes où il fut le secrétaire particulier du Vice Roi, à la Palestine où il découvrit ce qu'il pensait être le vrai tombeau de Jésus Christ.

Gordon's calvary and the garden tomb. cliquer ici

Et qui se visite toujours et dont les fonds engendrés par les touristes sont reversés, suivant le souhait de Gordon, à une association prenant en charge les orphelins palestiniens.
Jusqu'au Soudan où il effectua deux séjours, en 1874 en tant que général commandant les troupes britanniques, puis en 1884 en tant que résident général, l'équivalent de Gouverneur, puisque le pays était sous mandat britannique.
Pendant ces deux mandats Gordon, par conviction politique et religieuse, ne cessa de s'opposer à l'esclavage et, surtout, aux esclavagistes.
Il entreprit de nombreuses expéditions destinées à libérer les esclaves conduits d'Afrique Equatoriale vers l'Afrique du Nord, attaquant les caravanes des trafiquants et ne leur laissant plus aucun répit.
Ce faisant il déstabilisait un système économique fort rentable malgré le fait que l'esclavage ait été aboli, en France, en 1848.
Ce qui lui valut quelques inimitiés tant dans la région que parmi les commanditaires qui continuaient à tirer profit du "bois d'ébène" en revendant ces esclaves au Moyen Orient.
Il s'opposa également à l'intégrisme religieux et plus particulièrement à Muhammad Ahmad Ibn Allah Al Mahdi (1844 1885), alias El Mahdi, qui se proclamait l'Imam Caché, le Chef de Guerre descendu sur terre pour y instaurer le vrai royaume d'Allah.

http://www.tao-yin.com/edito/gordon_pacha_chinese_darfour.htm

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MessageSujet: Re: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   Lun 4 Sep à 9:08

Les Contes de ma mère l'Oye
Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités
Les Contes de ma mère l'Oye
Image illustrative de l'article Les Contes de ma mère l'Oye
Contes de ma mère l'Oye,
illustration à la gouache d'un manuscrit
de la fin du XVIIe siècle
Auteur Charles Perrault
Pays France
Genre Contes
Éditeur Claude Barbin
Lieu de parution Paris
Date de parution 11 janvier 1697
Illustrateur Antoine Clouzier


Les Contes de ma mère l'Oye est un recueil de huit contes de fées de Charles Perrault paru le 11 janvier 16971, sous le titre Histoires ou contes du temps passé, avec des moralités, avec cet autre titre au dos : Contes de ma mère l'Oye2. L'œuvre est devenue un classique de la littérature enfantine, occultant tout le reste de la production littéraire de son auteur.

Présentation
Origine
Le Chat botté, page manuscrite et illustrée de la fin du XVIIe siècle.

Trois ans avant la fin du XVIIe siècle, le très sérieux écrivain Charles Perrault, alors âgé de soixante-neuf ans et adversaire de La Fontaine, Nicolas Boileau, La Bruyère dans la querelle des Anciens et des Modernes, fait paraître la première édition du recueil sous le nom de son troisième fils, Pierre Darmancour3. Cette première édition comprend huit contes en prose, auxquels il faut ajouter une nouvelle et deux contes en vers, parus antérieurement.

Les Contes de ma mère l'Oye paraissent à une époque où, de façon éphémère, le genre des contes de fées est en vogue chez les adultes des milieux bourgeois et aristocratiques4. Mais paradoxalement, aucune œuvre de ce genre n'existe pour les enfants. Seul un fonds de récits est colporté oralement par les nourrices et les bonnes d'enfants venues de la campagne pour travailler dans les villes5.

L'auteur n'« invente » donc pas à proprement parler les contes qu'il écrit, mais s'inspire de ces contes populaires et peut-être aussi du Pentamerone, recueil de l'Italien Jean-Baptiste Basile : il en sélectionne une infime partie et les transforme largement. Ma mère l'Oye est, quant à elle, un personnage fictif populaire, incarnant une campagnarde de qui viendraient ces contes6. Perrault serait ainsi l'un des premiers collecteurs mais comme il ne cite pas ses sources, on ne peut le considérer comme tel. Il est aussi un des premiers, sinon le premier, à édulcorer les contes populaires, dont les versions d'origine sont bien plus crues.
Oubli et succès

Les contes rencontrent dès leur parution la faveur du public, avec pour conséquence une deuxième édition lancée par Barbin la même année 1697, de nombreuses contrefaçons hollandaises inondant le marché et surtout, la prolifération de récits et recueils féeriques7. Cet excès de mode finit par lasser et, quand Perrault meurt en 1703, les fées délaissées laissent place à l'orientalisme : l'année 1704 voit la parution de la traduction d'Antoine Galland des Mille et Une Nuits ; on s'entiche pour un cadre que le XVIIIe siècle adoptera pour ses romans épistolaires8 et ses opéras9. Les grands auteurs du siècle des Lumières ignorent ainsi le Perrault des contes, en qui ils ne voient que le suppôt des superstitions dont le peuple s'abrutit10.

Il faut attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour que les contes de Perrault suscitent un nouvel enthousiasme : la mode est alors, dans les familles bourgeoises, de lire des histoires aux enfants. De splendides éditions des Contes de Perrault illustrées notamment par Gustave Doré sont alors éditées et offertes aux enfants à Noël ou comme prix de fin d'année scolaire.

Le succès ne se dément plus à partir de ce moment, et les contes sont repris sous de multiples formes : ballets, opéras puis, au XXe siècle, suite pour piano, films d'animation et longs métrages. Les contes intéressent désormais les adultes, même les plus sérieux : le psychiatre Bruno Bettelheim s'attache ainsi à les analyser pour montrer ce qu'il y a d'universel en eux, alors qu'ils contiennent tous les éléments qui forment les hantises, la difficulté des rapports familiaux et les peurs refoulées du psychisme de l'enfant.

Pour les folkloristes Iona et Peter Opie, le succès des Contes de ma mère l'Oye est dû à des raisons en partie contradictoires. La grande réussite de Perrault aura été d'accepter les contes de fée tels qu'ils sont. Il ne les a jamais re-contés avec impatience ou moquerie, sans éprouver le désir de les approfondir comme histoires à tiroir, bien qu'il ait senti utile de terminer ses contes par une morale. Perrault serait aujourd'hui reconnu comme le père du folklore s'il avait pris le temps de citer ses sources pour savoir où, quand et dans quelles circonstances il a pu obtenir ses histoires11.

La raison pour laquelle Charles Perrault a écrit ses contes peut s'expliquer par le contexte historique de la fin du Grand Siècle, marqué par le cartésianisme, et qui voyait la France plongée dans de grandes difficultés financières tandis que l'absolutisme royal de Louis XIV lassait les esprits. Perrault cherchait peut-être à exprimer ses doutes dans l'avenir « en se ressourçant aux mentalités éternelles du peuple »12.
Controverses sur la paternité de l'œuvre
Elisabeth-Charlotte d'Orléans, dédicataire des Contes

La paternité des Histoires ou contes du temps passé est parfois attribuée à Pierre Darmancour, le fils de Charles Perrault. La preuve principale de cette théorie réside dans l'existence d'une dédicace du recueil à la nièce du roi Louis XIV, Élisabeth Charlotte d'Orléans, (future duchesse de Lorraine) au nom de « P. Darmancour ». La Revue des études historiques soumet deux autres preuves : le roi apporta le privilège au nom de Darmancour et une contrefaçon hollandaise des Histoires porte la mention « Par le fils de M. Perrault, de l'Académie Française ». Cette thèse est défendue dès 1699 par l'abbé de Villiers13,14.

Une hypothèse serait que Pierre Darmancour, alors âgé de seize ans, ait recueilli dans un cahier des contes populaires de son entourage, peut-être de son père ou de sa nourrice. Charles Perrault, soucieux de défendre une littérature moderne qui ne soit plus basée sur les histoires antiques, aurait réécrit les histoires de son fils15. Charles Deulin16 et ensuite Charles Marty-Laveaux pensent plutôt qu'il s'agit de sujets de narration proposés par Perrault à son fils : le travail aurait été si bien réussi que le père en reprit les histoires13,14. Pour d'autres, et notamment l'Encyclopædia Universalis et l'encyclopédie Larousse, Perrault a simplement emprunté le nom de son fils lors de la diffusion des contes17,18.

Selon Iona et Peter Opie, Charles Perrault est depuis longtemps connu pour son intérêt envers les « contes de veille » ou « contes de la mère L'Oye ». En 1693, il publie une version versifiée des Souhaits ridicules et en 1694, Peau d'âne19. De plus, deux ans avant la publication officielle de 1697, on a découvert le manuscrit illustré contenant cinq des contes d'Histoires, dont le Chat botté écrit par Perrault19. Pierre Darmancour avait entre seize et dix-sept ans lors de la réalisation de ce premier manuscrit, et selon ces universitaires anglais, il ne devait probablement pas porter grand intérêt à la rédaction de contes : devenu soldat, il n'a jamais montré d'intérêt pour la littérature. Lorsqu'il mourut en 1700, sa nécrologie ne mentionnait pas de liens avec les Histoires tandis que celle de son père, qui mourut en 1703, le nommait comme le créateur de La Belle au bois dormant19.
Titres
Les Contes de Perrault, dessins de G.Doré, édition 1867

Le recueil comprend huit titres en prose :

La Belle au bois dormant
Le Petit Chaperon rouge
La Barbe bleue
Le Maître chat ou le Chat botté
Les Fées
Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre
Riquet à la houppe
Le Petit Poucet

Une nouvelle et deux contes en vers, bien que rédigés antérieurement, n'y sont rattachés qu'à partir de l'édition de 1781, « première édition complète »20. D'ailleurs, ce n'est qu'en 1861 que « la splendide édition in-folio de Hetzel, avec illustrations de Gustave Doré »21, édition qui voit la disparition de Grisélidis et de Les Souhaits ridicules, la publication d'un Peau d’Âne du XVIIIe siècle qui n'est pas de la main de Perrault et la modification du texte initial avec la disparition des morales22 :

La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis (1691)
Les Souhaits ridicules (1693)
Peau d'âne (1694)

Chronologie

Le recueil des contes est un texte hétérogène qui ne s'est pas d'emblée présenté tel que les éditions modernes l'offrent.
Trois récits en vers

Une nouvelle : La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis et deux contes : Les Souhaits ridicules et Peau d'Âne. Ils sont d'abord publiés séparément, tous accompagnés d'un texte préfaciel (épître dédicatoire) et signés de la main de Charles Perrault :

La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis : parution en 1691. L'histoire est lue devant l'Académie française par l'Abbé Lavau et paraît ensuite dans Le Mercure Galant. Elle est précédée de deux épîtres dédicatoires : une lettre en vers à une demoiselle et une lettre en prose à un monsieur. Les destinataires ne sont pas identifiés.
Les Souhaits ridicules : parution dans Le Mercure Galant en 1693. Le texte est préfacé par une épître dédicatoire « à Mademoiselle de la C. ».
1694 : parution d'un recueil d'une nouvelle et de deux contes en vers signés de Perrault, contenant Peau d'Âne ainsi que l'épître dédicatoire à Monsieur qui accompagnait Griselidis.
1695 : nouvelle édition de la nouvelle et des deux contes en vers, augmentée d'une préface. L'ordre de présentation est modifié : Griselidis, Peau d'Âne, Les Souhaits ridicules. Cette édition est appelée la « quatrième édition ». Il y aurait donc eu une troisième édition, mais elle est perdue.

Ce corpus composé d'une nouvelle et de deux contes en vers est revendiqué par Perrault. Une nouvelle édition de Charles Pérault est sortie en 2002 avec tous les contes. En tout il y en a 1007.
Deux belles princesses
Le Petit Poucet, illustré par Antoine Clouzier dans la première édition de 1697

1695 : rédaction d'une copie manuscrite des Contes de ma mère l'Oye adressée à Mademoiselle. Le recueil est attribué au fils de Charles Perrault, Pierre Darmancour. Il comprend alors cinq contes en prose : La Belle au bois dormant, Le Petit Chaperon rouge, La Barbe bleue, Le Maître chat ou le Chat botté et Les Fées. Il ne s'agit pas d'une édition dans le public mais d'une diffusion privée dans le cercle de la cour de Versailles.
1697 : parution des Histoires ou contes du temps passé avec des moralités. Le recueil est précédé d'une épître dédicatoire signée Pierre Darmancour et d'un frontispice d'Antoine Clouzier. Il est accompagné d'illustrations et est augmenté de trois nouveaux contes en prose : Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre, Riquet à la houppe et Le Petit Poucet. Les cinq contes précédents subissent des remaniements.

Ce corpus de contes en prose est lui en revanche mis à distance par Perrault.
Le style

Les récits, empruntés à la tradition populaire, présentent un style charmant, où le réel se mêle agréablement au merveilleux, personnifié par les fées et d'autres personnages-types. La rédaction est simple et naïve, et perce par endroit la spirituelle malice de l'auteur. Mais derrière la fraîcheur de style, les contes mettent en œuvre une somme de violence et de cruauté, aussi bien physique que psychique.
Les personnages-types

Grâce à leurs caractéristiques très reconnaissables et très faciles à mémoriser, les personnages des contes de Perrault sont des stéréotypes comportementaux. En voyant vivre ces personnages dans un monde imaginaire simplifié, l'enfant fait l'expérience de relations qu'il n'a pas encore eu l'occasion de vivre, ou qu'on lui souhaite de ne pas vivre23. De ce fait, les personnages de conte ont donné lieu à de multiples interprétations liées à la morale et, plus récemment, à la psychanalyse24.
L'Ogre
L'Ogre du Petit Poucet et sa femme

L'Ogre et l'Ogresse sont des personnages néfastes des contes. Ces êtres tout-puissants n'ont qu'un seul objectif : dévorer le héros. Par leur faim insatiable, ils symbolisent la pulsion orale destructrice et brutale. L'Ogre représente également la figure du père qu'il faut dépasser et abattre pour devenir un adulte.

À la différence du loup, qui mange le Petit Chaperon rouge, les ogres de Perrault sont tous bernés et aucun ne parvient à manger le héros : l'Ogre du Petit Poucet dévore ses propres filles par méprise, l'Ogresse de La Belle au Bois dormant est dupée par son maître d'hôtel et mange du gibier au lieu de sa bru et de ses petits-enfants, quant à l'Ogre du Chat botté, il se change en souris et se fait lui-même manger par le rusé félin.
La vieille fée

La vieille fée, marraine hostile à l'enfant, incarne la mère abusive et se confond parfois avec le personnage de la marâtre, qui détourne l'affection du père. Elle s'oppose au héros et souhaite sa perte : symbole de régression, elle entrave son développement ou souhaite tout simplement sa mort, comme dans La Belle au bois dormant.
La Princesse, le Prince
La Belle au bois dormant
« Cette bonne femme n'avait point ouï parler des défenses que le roi avait faites de filer le fuseau ».
Illustration d'Alexander Zick.

La princesse n'est pas encore initiée à l'amour. Elle doit passer par le stade de la puberté. La Belle au bois dormant saigne en se piquant sur un fuseau, mais doit observer une période de latence, symbolisée par le sommeil de cent ans, avant d'être sexuellement mature. De plus, la jeune femme ne tente jamais de se rebeller contre son destin, elle attend patiemment que quelqu'un (en règle générale la fée marraine) lui dicte ce qu'elle doit, ou ne doit pas faire. Le prince surmonte les obstacles qui le séparent de la princesse puis finit par l'épouser. Ce dernier, enfermé dans le stéréotype du jeune homme vaillant et romanesque, semble plus être la récompense de la princesse qu'un personnage à part entière.
La fée marraine

La fée marraine est le mentor du héros, figure maternelle protectrice qui assiste l'enfant. Personnage auxiliaire, elle soutient le héros dans sa quête. Elle l'aide à réaliser ses souhaits grâce à ses dons ou en lui donnant un objet aux pouvoirs surnaturels, comme une baguette aux pouvoirs magiques, qui lui permettra de vaincre les personnages néfastes.
Le Loup
Le loup attendant le Petit Chaperon rouge.
Illustration d'une édition hollandaise parue en 1868.

Le Loup est omniprésent dans les contes de fées occidentaux. Sa quasi-disparition n'a en rien anéanti sa force symbolique car, animal de la forêt, il incarne nos peurs nocturnes. Une certaine critique lui accorde volontiers l'image du père séducteur et du désir sexuel inavoué, par exemple dans Le Petit Chaperon Rouge. Mais, dans ce dernier conte, le loup et la forêt peuvent aussi représenter plus banalement les dangers que l'enfant doit affronter seul (mais muni des sages recommandations de sa mère) lorsqu'il quitte la sécurité de son foyer. Ces dangers peuvent effectivement prendre la forme d'un prédateur sexuel. Dans le Petit Chaperon Rouge, il peut être caractérisé comme un homme : par exemple, il marche sur ses deux pattes arrière, comme on le voit sur les illustrations de Gustave Doré.

Dans les traditions populaires africaines, le Crocodile a la même fonction que le Loup. Dans les contes asiatiques, c'est le Tigre qui est la figure animale la plus commune. Moins rusé que le Loup, il reste celui qu'il faut vaincre pour pouvoir acquérir la sagesse.
Les rapports familiaux
La Barbe bleue s'apprêtant à décapiter sa femme. Illustration anglaise de 1729.

La cruauté des rapports familiaux décrits dans les contes est un trait saillant des récits.
Le mariage et le remariage

Le mariage est souvent la conclusion heureuse des contes. Mais dans certains cas, la situation est toute différente : dans la Barbe bleue, il devient le cauchemar de la jeune épouse lorsqu'elle découvre les cadavres des femmes précédentes qui avaient mystérieusement disparu, dans Griselidis, l'autorité du mari est celle d'un tyran.

Les cas de remariage sont fréquents à l'époque de Perrault, en raison notamment du nombre élevé de jeunes femmes qui meurent en couche. Les belles-mères des contes se conduisent de la pire des façons envers les enfants : la marâtre de Cendrillon l'exploite comme une esclave et le père laisse faire. L'Ogresse, belle-mère de la Belle au bois dormant, ne souhaite plus qu'une chose une fois son fils éloigné : manger sa bru et ses petits-enfants à la sauce Robert !
Les parents

Les parents sont au mieux irresponsables ou incapables de protéger leurs enfants. La mère du Petit chaperon rouge n'hésite pas à l'envoyer dans une forêt pleine de dangers, les parents du Petit Poucet perdent leurs sept fils dans la forêt, l'Ogre égorge ses filles par méprise. Les parents de la Belle au bois dormant oublient d'inviter au baptême la fée la plus susceptible, quant au père de Peau d'Âne, il ne montre aucun scrupule à vouloir épouser sa propre fille.
La fratrie

Aucune solidarité n'existe non plus entre frères et sœurs, la jalousie et l'exploitation du plus faible sont la règle. Le Petit Poucet est le souffre-douleur de la famille. Dans Les Fées, l'héroïne est taillable et corvéable à merci, quant à Cendrillon, elle est humiliée par les deux filles de sa marâtre. Seule sœur Anne assiste l'héroïne, l'infortunée épouse de la Barbe bleue.
Les objets magiques

De trois sortes, ils servent à faire soit le bien, soit le mal, ou les deux, selon qui les détient.

La baguette ne fait que le bien. Son usage est réservé aux fées marraines. Celles-ci s'en servent au bénéfice exclusif de leurs filleules Peau d'âne, la Belle au bois dormant et Cendrillon pour les aider à surmonter leurs épreuves.

Les bottes de sept lieues présentent une certaine ambiguïté : elles peuvent en effet aider à faire le bien ou le mal, selon qu'elles sont portées par le héros ou un personnage néfaste.

La clef fée enfin, pièce à conviction de la Barbe bleue, est quant à elle le seul objet entièrement néfaste du recueil, trahissant la jeune épouse désobéissante.
Adaptations

De nombreux contes ont été adaptés au théâtre et au cinéma, entre autres par les studios Disney ou Jim Henson. En 1960 Jules Bass a réalisé le long-métrage d'animation Wacky World of Mother Goose25
Maurice Ravel a composé une œuvre intitulée Ma mère l'Oye, suite pour piano à quatre mains, orchestrée par la suite et transformée en ballet.
Jacques Demy a réalisé Peau d'âne en 1970, adaptation pour le cinéma du conte de Perrault
Ferdinand Hérold puis Tchaïkovsky ont composé tour à tour un ballet inspiré de l'histoire de La Belle au Bois Dormant.
Cendrillon a été adapté au théâtre lyrique à plusieurs reprises. Parmi ces adaptations, les plus remarquables sont la comédie mêlée d'ariettes Cendrillon (1759) de Louis Anseaume et Jean-Louis Laruette, l'opéra-comique éponyme (1810) de Nicolas Isouard, l'opera buffa La Cenerentola de Jacopo Ferretti et Rossini, et enfin l'opéra-féerie Cendrillon (1899) d'Henri Cain et Jules Massenet.
Hélène Guétary a réalisé adaptation de Cendrillon et La Barbe bleue (complétée par Blanche-Neige des frères Grimm) interprétée par des animateurs de France 2. Cette série a été diffusée sur cette même chaîne.
Isabelle Aboulker, compositrice française de style néo-tonal, a aussi composé un opéra à partir de la Barbe bleue, et interprété par la maîtrise Saint Joseph de Lectoure.

Voir aussi

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Littérature française du XVIIe siècle

Notes et références

↑ Contes de Charles Perrault, Encyclopaedia Universalis, 2015, p. 6.
↑ Encyclopédie Larousse du XXe siècle, Paris, 1932
↑ Pierre Darmancour (21 mars 1678 - mai 1700) tient son nom du domaine d'Armancour que Charles vient d’acquérir et de lui offrir. Il se rend coupable en novembre 1697 d’un homicide dont les conditions restent obscures. Charles Perrault indemnise la mère de la victime, mais l’avenir de Pierre reste compromis. Devenu lieutenant au régiment Dauphin, il meurt en mai 1700 à l’âge de 22 ans.
↑ Madame d’Aulnoy est la première à introduire un conte de fée en 1690 dans L’Histoire d’Hypolite, comte de Duglas. Mademoiselle L’Héritier lui emboîte le pas avec les Enchantements de l’éloquence et l’Adroite Princesse dans ses Œuvres mêlées de 1696, de même que Catherine Bernard dans Le Prince Rosier et son Riquet à la houppe, insérés dans un roman de 1696.
↑ Mémoire de la France, éditions Larousse
↑ Jean Loret y fait référence dans La Muse historique (1660)
↑ L’année 1697 marque le début d’une déferlante, avec la parution des contes de Mademoiselle de la Force (1697), de Madame d’Aulnoy (1698), d'Henriette-Julie de Castelnau de Murat (1698), de François Nodot (1698), de Jean de Préchac (1698), de Madame d’Auneuil (1702).
↑ Les Lettres persanes de Montesquieu en 1721
↑ L'Enlèvement au sérail de Mozart en 1782
↑ Charles Perrault, Contes, (introduction, notices et notes de Catherine Magnien), éditions Le Livre de Poche Classique
↑ Opie 1974, p. 22
↑ Benoît 2001, p. 80
↑ a et b (fr) Collectif, « Les contes de Perrault », Revue des études historiques,‎ 1900, p. 481 (lire en ligne [archive])
↑ a et b (fr) Charles Marty-Laveaux, « Quelle est la véritable part de Charles Perrault dans les contes qui portent son nom ? », Revue d'histoire littéraire de la France,‎ 1894, p. 221-238 (ISSN 0035-2411, lire en ligne [archive])
↑ (fr) Pierre Jourde, Petits Chaperons dans le rouge, L’Archange Minotaure, 22 juin 2006, 126 p. (ISBN 978-2-914453-85-1, lire en ligne [archive])
↑ Charles Deulin, Les Contes de ma mère l’Oye avant Perrault (1878), Introduction, III.
↑ (fr) « CONTES, livre de Charles Perrault » [archive], sur http://www.universalis.fr [archive], Encyclopædia Universalis (consulté le 13 mai 2010)
↑ (fr) « Contes » [archive], sur http://www.larousse.fr [archive], Larousse (consulté le 13 mai 2010)
↑ a, b et c Opie 1974, p. 23
↑ Charles Deulin, Les Contes de ma mère l’Oye avant Perrault, E. Dentu, 1879, Introduction, III, 31.
↑ Ch. Deulin paraît, Idem, Introduction, III, 33.
↑ Patrice Soulier, références données en bibliographie
↑ Isabelle de Kochko, Ça m'intéresse.
↑ Voir notamment l'ouvrage de Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées
↑ À noter qu'en anglais, le terme mother Goose désigne, outre la traduction du recueil, des comptines enfantines.

Textes intégraux sur Wikisource

Charles Perrault

Les Contes de ma Mère l'Oye, éditions Barbin, 1697
Contes du temps passé, édition Léon Curmer de 1843
Les Contes de ma Mère l'Oye, version moderne

Charles Deulin

Les Contes de ma mère l’Oye avant Perrault (1878)

Liens externes

Le Petit Chaperon rouge lu par Denis Bolusset-Li à écouter et télécharger en livre audio [archive]
Le chat botté : initiation royale et prise de possession du sol [archive] dans Jérémie Benoît, Le paganisme indo-européen: pérennité et métamorphose, L'âge d'homme, 2001, 266 p. (ISBN 978-2-8251-1564-0, lire en ligne [archive]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Symbolisme initiatique des Contes de Perrault [archive] Une interprétation ésotérique chrétienne des contes

Bibliographie

(en) Iona Opie et Peter Opie, The Classic Fairy Tales, Oxford University Press, 1974
Patrice Soulier, Sur les Contes de fées, in Revue Jules Verne no 38, Hetzel, éditeur par excellence, 2013, p.39-54

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Les Contes de ma mère l'Oye de Charles Perrault (1697)
Contes en prose La Belle au bois dormant • Le Petit Chaperon rouge • La Barbe bleue • Le Maître chat ou le Chat botté • Les Fées • Cendrillon ou la Petite Pantoufle de verre • Riquet à la houppe • Le Petit Poucet Chaperon.png
Contes en vers La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis (1691) • Les Souhaits ridicules (1694) • Peau d'âne (1694)
Personnages-types Loup • Marquis de Carabas • Fée marraine • Ogre • Prince • Sœur Anne • Vieille fée
Objets magiques Baguette • Bottes de sept lieues • Clef fée • Pantoufles de Cendrillon
Expressions célèbres « Il était une fois » • « Tire la chevillette, la bobinette cherra » • « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
Œuvres sources Perceforest • Pentamerone

MÉMOIRE ET RAPPORT
DE
Y'BECCA
SOUS L’ÉGIDE
DU
CITOYEN TIGNARD YANIS
ET
DU
VICE-PRÉSIDENT MIKE PENCE...
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MessageSujet: Re: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   Lun 4 Sep à 9:53

Yanis Tignard Altération
Yanis Tignard multiple
Yanis Tignard diatribe
Yanis Tignard rien
Yanis Tignard fréquemment
Yanis Tignard Le centre
Yanis Tignard une violente
Yanis Tignard l'Oye

Ravel - Ma mere l'oye
https://www.youtube.com/watch?v=ZFVu8TP77Tw

Ma mère l'Oye est une œuvre de Maurice Ravel d'après des contes de Charles Perrault (La Belle au bois dormant1 et Le Petit Poucet2 extraits des Contes de ma mère l'Oye, 1697), de Madame Leprince de Beaumont (La Belle et la Bête3, 1757) et de Madame d'Aulnoy (Le Serpentin vert4, 1697). Il existe trois versions principales de cette suite : la première, à l'origine de l'œuvre, est écrite pour piano à quatre mains (entre 1908 et 1910), la deuxième, dans la tradition des orchestrations raveliennes, est une partition pour orchestre symphonique (1911), la dernière, plus étoffée, est une adaptation pour ballet, avec une chorégraphie de Jeanne Hugard (1912).

L'œuvre porte la référence M.60, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.

Sommaire

1 La suite pour piano
2 L'œuvre symphonique
3 Le Ballet
4 Notes et références
5 Liens externes

La suite pour piano

C'est à l'intention des enfants de ses amis Ida et Cipa Godebski (fils de Cyprian Godebski (sculpteur) et demi-frère de Misia Sert), Jean et Mimie, que Ravel écrivit cette suite pour piano à quatre mains. Ma mère l'Oye témoigne du goût du musicien, resté célibataire et sans descendance, pour une thématique « enfantine » que l'on retrouva également plus tard dans L'Enfant et les Sortilèges. La version pour piano était conçue pour être exécutée par de jeunes mains et sa création publique, le 20 avril 1910, fut l'œuvre de deux enfants âgés respectivement de six et dix ans. Elle fut publiée en 1910 avec le sous-titre Cinq pièces enfantines5 et comporte cinq mouvements :

I. Pavane de la Belle au bois dormant (Lent, noire = 58)
II. Petit Poucet (Très modéré, noire = 66)

Il croyait trouver aisément son chemin par le moyen de son pain qu'il avait semé partout où il avait passé ; mais il fut bien surpris lorsqu'il n'en put retrouver une seule miette : les oiseaux étaient venus et avaient tout mangé.6

Laideronnette, Impératrice des Pagodes

III. Laideronnette, Impératrice des Pagodes (Mouvement de marche, noire = 116)

Elle se déshabilla et se mit dans le bain. Aussitôt pagodes et pagodines se mirent à chanter et à jouer des instruments : tels avaient des théorbes faits d'une coquille de noix ; tels avaient des violes faites d'une coquille d'amande; car il fallait bien proportionner les instruments à leur taille.6

IV. Les Entretiens de la Belle et de la Bête (Mouvement de Valse très modéré, blanche pointée = 50)

- "Quand je pense à votre bon cœur, vous ne me paraissez pas si laid." - "Oh! Dame oui! J'ai le cœur bon, mais je suis un monstre." - "Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous." - "Si j'avais de l'esprit, je vous ferais un grand compliment pour vous remercier, mais je ne suis qu'une bête...
...........................................................................................
La Belle, voulez-vous être ma femme?" - "Non, la Bête!..."
........................................................................................
- "Je meurs content puisque j'ai le plaisir de vous revoir encore une fois." - "Non, ma chère Bête, vous ne mourrez pas : vous vivrez pour devenir mon époux!" La Bête avait disparu et elle ne vit plus à ses pieds qu'un prince plus beau que l'Amour qui la remerciait d'avoir fini son enchantement.6

V. Le Jardin féerique (Lent et grave, noire = 56)

Chez le même éditeur, une transcription pour piano solo fut réalisée la même année (1910) par Jacques Charlot7, ami de Ravel et dédicataire du premier mouvement de son Tombeau de Couperin.
L'œuvre symphonique

Partir d'une composition pour piano à quatre mains pour créer une œuvre pour orchestre symphonique, Ravel l'avait déjà expérimenté quatre ans plus tôt pour sa Rapsodie espagnole et, tout naturellement, en 1911, il réalisa Ma mère l’Oye, cinq pièces enfantines, suite pour orchestre8, partition dédiée au concert symphonique, suivant exactement les formes et la succession de la version pour piano.

Contrairement à son Daphnis et Chloé de la même période employant des effectifs instrumentaux et vocaux impressionnants, Ravel utilise un orchestre symphonique réduit : les pupitres de bois et de cors sont par deux, il n'y a ni trompette, ni trombone, ni tuba ; cette "intimité" orchestrale, presque "chambriste, favorise les parties solistiques et les mélanges de timbres subtils, elle confine à une atmosphère particulière et envoûtante de contes et d'enfance se retrouvant dans Le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns ou Pierre et le Loup de Sergueï Prokofiev.
Instrumentation de Ma Mère l'Oye
Cordes
premiers violons, seconds violons, altos,

violoncelles, contrebasses, 1 harpe
Bois
2 flûtes, l'une jouant aussi du piccolo,

2 hautbois, l'un jouant surtout du cor anglais,

2 clarinettes si bémol ou en la,

2 bassons, l'un jouant du contrebasson.
Cuivres
2 cors chromatiques (précisé sur le conducteur)
Percussions
3 timbales, grosse caisse, cymbales,

tam-tam, glockenspiel, xylophone, célesta

Après l'adaptation pour le ballet (voir ci-dessous), le Prélude et La Danse du rouet et Scène ont été ajoutés au début de la suite, et les places des Entretiens de la Belle et de la Bête et du Petit Poucet ont été interverties.
Le Ballet

À la demande du mécène Jacques Rouché pour son Théâtre des Arts, vint ensuite la transformation de cette œuvre en ballet : Ma mère l’Oye, ballet en un acte, cinq tableaux et une apothéose9. Ravel y ajoute un prélude, un tableau (Danse du rouet et scène) et quatre interludes ; il modifie également l'ordre des mouvements pour en parfaire la progression dramatique. Cette nouvelle adaptation, dont l'atmosphère fantastique se prête idéalement à la thématique de l'ensemble, compte parmi les meilleures réussites de Ravel dans le genre chorégraphique. Sa création eut lieu le 28 janvier 191210 sur une chorégraphie de Jeanne Hugard, des décors de Jacques Drésa et des costumes de Léon Leyritz.

Prélude (Très lent)
Tableau I : Danse du rouet et Scène (Allegro)
Tableau II : Pavane de la Belle au bois dormant

(Lent - Allegro - Mouvement de Valse modéré)

Interlude
Tableau III : Les Entretiens de la Belle et de la Bête

(Mouvement de Valse modéré)

Interlude
Tableau IV : Petit Poucet (Très modéré)
Interlude
Tableau V : Laideronnette, Impératrice des Pagodes

(Mouvement de marche - Allegro - Très modéré)

Interlude
Apothéose : Le Jardin féerique (Lent et grave)

Notes et références

↑ Texte du conte La Belle au bois dormant [archive]
↑ Texte du conte Le Petit Poucet [archive]
↑ Texte du conte La Belle et la Bête [archive]
↑ Texte du conte Le Serpentin vert [archive]
↑ Version piano 4 mains : Éditions Durand D. & F. 7746
↑ a, b et c Texte en sous-titre dans la partition
↑ Version piano 2 mains, arrangement Jacques Charlot : Éditions Durand D. & F. 7930
↑ Version symphonique : Éditions Durand D. & F. 8300
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2407465/f6.item.zoom [archive]
↑ « Le Temps » [archive], sur Gallica, 29 janvier 1912 (consulté le 19 janvier 2016)

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Gemeinsame Normdatei
Ma mère l'Oye : partitions libres sur l’International Music Score Library Project.

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Œuvres de Article de qualité Maurice Ravel
Œuvres lyriques L'Enfant et les Sortilèges • L'Heure espagnole Maurice Ravel
Œuvres orchestrales Miroirs (Alborada del gracioso, Une barque sur l'océan) · Rapsodie espagnole · Shéhérazade
Ballets Article de qualité Boléro • Daphnis et Chloé • La Valse
Concertos Concerto en sol • Concerto pour la main gauche • Tzigane
Œuvres pour piano À la manière de Borodine • À la manière d'Emmanuel Chabrier • Frontispice • Gaspard de la nuit • Jeux d'eau • Menuet sur le nom de Haydn • Miroirs • Sites auriculaires • Sonatine
Œuvres pour piano
ou orchestre Ma mère l'Oye • Menuet antique • Pavane pour une infante défunte • Le Tombeau de Couperin • Valses nobles et sentimentales
Musique de chambre Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré • Introduction et Allegro • Quatuor à cordes • Sonate pour violon et piano • Sonate pour violon et violoncelle • Trio avec piano
Mélodies Chansons madécasses • Cinq mélodies populaires grecques • Deux épigrammes de Clément Marot • Deux mélodies hébraïques • Don Quichotte à Dulcinée • Histoires naturelles • Noël des jouets • Ronsard à son âme • Sainte • Shéhérazade • Trois poèmes de Mallarmé • Vocalise-étude en forme de habanera
Œuvres pour chœurs Trois chansons a cappella
Orchestrations Carnaval (Schumann) • Menuet pompeux (Chabrier) • Les Sylphides (d'après Chopin) • La Khovanchtchina (Moussorgski) (Moussorgski) • Sarabande et Danse (Debussy) • Tableaux d'une exposition (Moussorgski)
Réductions pour piano Nocturnes (Debussy) pour deux pianos • Prélude à l'après-midi d'un faune (Debussy) pour piano à quatre mains

Arété
Les grecs anciens utilisent le terme d’arété pour tout : par exemple, l'excellence d'une cheminée qui fonctionne bien, l'excellence d'un taureau comme reproducteur, ou l'excellence d'un homme. Le domaine précis d'application du mot change selon les circonstances, dans la mesure où chaque objet ou être a son propre but (nous nous trouvons dans une perspective téléologique). Ainsi, l’arété d'un homme est différente de celle d'un cheval. Ceci suppose des degrés d'aptitude différents, auxquels correspondent des arété variables. Cette manière de penser apparaît d'abord chez Platon, notamment dans l'allégorie de la Caverne. Tout particulièrement, la classe aristocratique doit être d'une arété exemplaire (ce que l'on voit déjà dans l'étymologie du mot, issu du grec aristoi, « meilleur »).
j'apprends donc je suis !
Car, je peux devenir
et ainsi, donner, parvenir et apprendre..!
CITOYEN TIGNARD Yanis
alias
TAY LA CHOUETTE EFFRAIE
DIT
DARK OBSCUR LE SITH
ou
KOUNAKLECHAT LE JEDI
pseudo internet

Une nuit sur le mont chauve. Mussorgsky
https://www.youtube.com/watch?v=KJS8QXCjwHI
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MessageSujet: Re: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   Lun 4 Sep à 10:20

CONSTITUER

verbe transitif
Conjugaison

(latin constituere, placer, de statuere, établir)

   Définitions
   Expressions
   Synonymes


   Créer un tout, un ensemble, le composer en en rassemblant les divers éléments ; former : Acheter des timbres pour constituer une collection.
   Entrer dans la composition de quelque chose, le former, être les éléments constituants d'un ensemble : Les timbres qui constituent sa collection sont magnifiques.
   Établir quelque chose par la loi, juridiquement : Constituer une association d'anciens élèves.
   Établir légalement quelqu'un dans une situation : Ils l'ont constitué président de leur groupe.
   Être ou créer quelque chose par soi-même, par sa nature même : Sa présence constituait un danger pour nous.
   Reconnaître, assurer une dotation, une rente, une pension à quelqu'un

Pologne : les profs en grève contre la réforme scolaire et la réécriture de l'Histoire par les conservateurs

En Pologne, la rentrée scolaire est placée sous le signe de l’inconnu à cause de l’entrée en vigueur d’une vaste réforme de l’Éducation nationale. Inquiet, le syndicat national des enseignants ( ZNP) appelle à la grève lundi 4 septembre, le jour de la rentrée. Les parents d’élèves, eux, entendent manifester lundi après-midi devant le ministère de l’Éducation nationale.

La réforme remplace l’actuel système d’éducation à trois niveaux -primaire, collège, lycée- par un système à deux niveaux. Ses détracteurs craignent la suppression de milliers de postes d'enseignants. Outre la fin des collèges, le syndicat et les parents d'élèves dénoncent une refonte des programmes d'enseignement vers des "valeurs patriotiques".
Lech Walesa écarté des manuels scolaires

Cette réforme réécrit l'Histoire à sa manière, au point d'écarter une figure nationale, Lech Walesa. Le fondateur du syndicat Solidarité, prix Nobel de la paix en 1983 et ancien président de la République, de 1990 à 1995, est certes le héros de la lutte contre le communisme dans les années 80, mais il est aussi accusé de collaboration par les conservateurs nationalistes au pouvoir. Ces derniers mois, il a largement critiqué le parti Droit et Justice de Jaroslaw Kaczynski. Il n'apparaît donc plus dans les programmes scolaires. À la place, les élèves de 10 ans apprendront les soldats maudits, ces mouvements de résistance polonais des années 50 qui luttaient contre le communisme.



Terminée aussi la lecture d’Harry Potter à l'école. Elle est remplacée par le célèbre poème polonais Messire Thadée, d’Adam Mickiewicz, soit douze grands chapitres en vers à lire en intégralité. En biologie, les adolescents ne découvriront pas la théorie de l’évolution car l’apparition de l’homme sera enseignée en cours de religion.
Grève et manifestation

Cette révolution de l'éducation nationale polonaise a été mise en place en à peine huit mois. Le texte a été voté au début de l'année 2017, en urgence, par le parti Droit et justice, quelques mois avant une autre réforme controversée : celle de la Cour suprême. En novembre 2016, déjà, des milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Varsovie, la capitale, pour dénoncer cette réforme. En mars, 40 à 45% des enseignants polonais se sont mis en grève.
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À la forêt de Gastine
Pierre de Ronsard

Couché sous tes ombrages vers
Gastine, je te chante
Autant que les Grecs par leurs vers
La forest d’Erymanthe.
Car malin, celer je ne puis
A la race future
De combien obligé je suis
A ta belle verdure :
Toy, qui sous l’abry de tes bois
Ravy d’esprit m’amuses,
Toy, qui fais qu’à toutes les fois
Me respondent les Muses :
Toy, par qui de ce meschant soin
Tout franc je me délivre.
Lors qu’en toy je me pers bien loin.
Parlant avec un livre.
Tes bocages soient tousjours pleins
D’amoureuses brigades,
De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naiades.
En toy habite désormais
Des Muses le college.
Et ton bois ne sente jamais
La flame sacrilège.

Pierre de Ronsard, Les Odes ( XVII)


A la grande chartreuse
Alphonse de Lamartine

Jéhova de la terre a consacré les cimes ;
Elles sont de ses pas le divin marchepied,
C’est là qu’environné de ses foudres sublimes
Il vole, il descend, il s’assied.

Sina, l’Olympe même, en conservent la trace ;
L’Oreb, en tressaillant, s’inclina sous ses pas ;
Thor entendit sa voix, Gelboé vit sa face;
Golgotha pleura son trépas.

Dieu que l’Hébron connait, Dieu que Cédar adore,
Ta gloire à ces rochers jadis se dévoila;
Sur le sommet des monts nous te cherchons encore;
Seigneur, réponds-nous ! es-tu là ?

Paisibles habitants de ces saintes retraites,
Comme l’ont entendu les guides d’Israël,
Dans le calme des nuits, des hauteurs où vous êtes
N’entendez-vous donc rien du ciel ?

Ne voyez-vous jamais les divines phalanges
Sur vos dômes sacrés descendre et se pencher ?
N’entendez-vous jamais des doux concerts des anges
Retentir l’écho du rocher ?

Quoi ! l’âme en vain regarde, aspire, implore, écoute ;
Entre le ciel et nous, est-il un mur d’airain ?
Vos yeux, toujours levés vers la céleste voûte,
Vos yeux sont-ils levés en vain ?

Pour s’élancer, Seigneur, où ta voix les appelle,
Les astres de la nuit ont des chars de saphirs,
Pour s’élever à toi, l’aigle au moins a son aile;
Nous n’avons rien que nos soupirs !

Que la voix de tes saints s’élève et te désarme,
La prière du juste est l’encens des mortels ;
Et nous, pêcheurs, passons: nous n’avons qu’une larme
A répandre sur tes autels.

Alphonse de Lamartine, Nouvelles méditations poétiques

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MessageSujet: Re: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   Sam 9 Sep à 3:04

SON PRÉNOM EST NINA, DOUCE NUÉE DU MARCHÉ SAINT CYPRIEN


LA JOIE ME FUT JADIS DÉROBÉE PAR MON EXISTENCE OU PAR LE DESTIN LUI MÊME.
UNE CHATTE PRÉNOMMÉE MINOUSKA ME RAPPELA L’ESPÉRANCE ET ME REPRIT AU CROIRE
DE L'ESPOIR. DANS LA PÉRIODE DE LEADER PRICE ET DE MON EXÉMA, ELLE FUT PILIER
DE MON ENTRETIEN AVEC LA NATURE ET LES PRINCIPES DE LA VIE: LA MANIÈRE D’ÊTRE

LA JOIE EST VENUE DANS UN SENTIMENT SIMPLE, PAR UN SOURIRE TIMIDE ET SERVIABLE
QUI PORTE UNE VOIX DOUCE ET AIGRE. CETTE PERSONNE CALME ME REGARDA ET
UN SENTIMENT BIZARRE NAQUIT DANS MON CŒUR: JE FUT SUBJUGUE PAR SON CALME.
DOUCE ET AFFIRMÉE AFFRONTANT LES INTEMPÉRIES DE LA PLUME ET DU VERBE
SACHANT JONGLER SUR LES ASPECTS DU MARCHE ET HUMBLE DE SON CHARME: LA GRÂCE.

AU LIEU DE M’ÉLOIGNER DU MONDE, ELLE M'EN RAPPROCHE CAR ELLE SAIT ESSUYER LE VERBE
SANS LA MOINDRE GRIMACE ! ELLE EST DANS SON ÉQUILIBRE ET CELUI CI EST SON SECRET.
ELLE EST UN MYSTÈRE DANS LA PLÉNITUDE DE SES MOUVEMENTS DIGNE DES BEAUX NUAGES.
DANS SON CALME, J'Y APERÇOIT DES RÊVERIES MYSTÉRIEUSES: DES SONGES ÉNIGMATIQUES.

DANS LA CLARTÉ DE LA LUMIÈRE TOUT COMME DANS LE SONGE DE LA NUIT; IL EST DES FAITS
QUE L'HOMME NE PEUT OUBLIER. JE NE CHERCHE DONC PAS DE RAISONS SUR MES SENTIMENTS.
LA JOIE EST UN MERVEILLEUX SENTIMENT DANS LE BONHEUR TOUT COMME DANS LE MALHEUR.
ELLE FAIT PARTI DE SES PERSONNES QUI ME REDONNE SOIF AU BONHEUR: ELLE EST NINA.

ECRIT DU
CITOYEN TIGNARD YANIS
ALIAS
TAY La chouette effraie
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MessageSujet: Re: CLARA ZETKIN, L'ALASKA, Y'BECCA ET LE PANTHÉON DES JUSTES   

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