Le clans des mouettes

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 ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA

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yanis la chouette



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MessageSujet: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:00

Isabelle II d’Espagne, née le 10 octobre 1830 à Madrid et morte le 9 avril 1904 à Paris[1], est reine d’Espagne de 1833 à 1868.

Son règne peut se découper en trois parties : le temps des régences (1835-1843), la décennie modérée (1843-1854) et la dernière phase (1854-1868)[2]. Elle est renversée par la révolution de 1868 et part en exil en France, pays avec lequel elle avait resserré les liens sous son règne, mais n'abdique formellement qu'en 1870. Bien qu'elle ait été un personnage majeur de l'Espagne au XIXe siècle, son règne est globalement jugé de manière négative en raison de l'instabilité politique qui le caractérise.
Biographie
Famille

Isabelle II d'Espagne est la fille du roi d'Espagne Ferdinand VII et de sa quatrième épouse (et nièce), Marie-Christine de Bourbon-Siciles.

Son ancêtre, Philippe V, prince d'origine française de la maison de Bourbon, bien qu'il tînt ses droits au trône espagnol de sa grand-mère, la reine Marie-Thérèse, avait établi la loi salique en 1713 afin d'empêcher la dynastie rivale de Habsbourg de se réapproprier la couronne espagnole par des mariages opportuns selon l'adage « Tu Felix Austria Nube » [3] qui, au XVIe siècle, avait permis à ces princes austro-bourguignons de se constituer un empire sur lequel « le soleil ne se couchait jamais ».
Princesse héritière

Un siècle plus tard, n'ayant pas de descendant malgré trois mariages, Ferdinand VII, arrière-petit-fils de Philippe V, se résout à laisser le trône à son frère, l'ultra-conservateur infant Charles, comte de Molina, lequel est également père de trois fils.

Néanmoins, sur les instances de sa plus jeune belle-sœur (et nièce), l'intelligente, opiniâtre et libérale Louise-Charlotte de Bourbon-Siciles, il contracte en 1829, une quatrième union avec la sœur de celle-ci, Marie-Christine. Il faut noter que Ferdinand VII et ses frères, qu'ils soient conservateurs ou libéraux, ont tous épousé leur nièce. En effet, on ignorait à l'époque les méfaits de la consanguinité et, les mariages princiers étant dictés moins par les sentiments des futurs conjoints que par l'intérêt politique des différentes dynasties, le pape accordait paternellement les dispenses nécessaires aux futurs époux.

La jeune reine déclare sa première grossesse dès le début de 1830. Toujours sur les instances de l'infante Louise, qui craint l'arrivée au pouvoir d'un prince aussi conservateur que son beau-frère et oncle l'infant Charles, Ferdinand VII promulgue une pragmatique sanction abolissant la loi salique et permettant à l'enfant à naître, de porter la couronne quel que soit son sexe. Pour ce faire, il s'appuie sur une déclaration de son père Charles IV discrètement publiée en 1789 qui, rétablissant la tradition espagnole, abolit la loi salique.

Cette décision n'est pas acceptée par l'infant Charles et ses partisans qui considèrent que la couronne espagnole étant issue d'une maison française, est régie toute comme la Couronne de France, par la loi salique, en vertu de la pragmatique sanction édictée en 1713 par Philippe V. Pour ceux-ci et pour le principal intéressé, l'héritier légitime du roi est son frère, l'infant Charles. Celui-ci, né en 1788, prétextant que la déclaration de leur père, Charles IV, datant de 1789, ne lui est pas applicable, refuse de prêter serment à l'enfant à naître si celui-ci est une fille.

Le 10 octobre 1830, la reine met au monde une petite fille laquelle est prénommée Isabelle en souvenir de sa glorieuse ancêtre Isabelle Ire de Castille.
Accession au trône
Pièce de 5 centimos de escudo à l'effigie de la reine Isabelle II
Pièce de 5 centimos de escudo à l'effigie de la reine Isabelle II

À la mort de son père le 29 septembre 1833, Isabelle, qui n'a pas encore trois ans, est proclamée reine sous le nom d'Isabelle II sous la régence de sa mère Marie-Christine, tandis que son oncle se déclare également roi sous le nom de « Charles V ».

Les partisans de l'infant prennent le nom de « carlistes ». ceux-ci sont des défenseurs acharnés du catholicisme institutionnel et du maintien du droit des provinces alors que leurs adversaires, les « isabellistes » sont plus libéraux et centralisateurs.

Ce conflit entre les deux factions aboutit à la crise de succession qui se traduit par des affrontements armés qui touchent surtout le nord de l'Espagne, connus aussi sous le nom de guerres carlistes. Les partisans de l'infant Charles ne parviennent pas à prendre Madrid et à s'emparer du trône soutenu par des contingents anglais et français. La France libérale du roi Louis-Philippe Ier se pose comme le premier allié de l'Espagne « isabelliste ». Derrière ces guerres de succession se dissimulent en fait deux visions politiques opposées de l'Espagne : celle des partisans de la jeune Isabelle II et de sa mère, qui est libérale et centralisatrice, l'autre portée par les partisans de l'infant Charles, qui est cléricale et fédéraliste.
Mariage et descendance : des liens de famille complexes
Mariage sous l'influence du roi des Français

Le 10 octobre 1846, Isabelle, qui fête ses 16 ans, et sa sœur Louise-Fernande, âgée de 14 ans, se marient le même jour.

Influencée par le roi des Français Louis-Philippe, son grand-oncle par alliance, Isabelle II épouse son cousin, l'infant François d'Assise de Bourbon, duc de Cadix. Le jeune homme est doublement son cousin puisque son père est l'infant François de Paule de Bourbon, frère cadet de Ferdinand VII et de l'infant Charles, et que sa mère est la princesse Louise-Charlotte des Deux-Siciles, déjà citée, sœur et soutien de la régente Marie-Christine mais aussi de l'épouse du deuxième prétendant carliste (Carlos, fils de l'infant Charles qui a « abdiqué » en 1845). À noter également, ainsi qu'il est signalé plus haut, que ces princesses sont également les nièces de leur mari.

Quant au grand-oncle Louis-Philippe, il en profite pour marier la jeune sœur d'Isabelle, Louise-Fernande, à son plus jeune fils Antoine, duc de Montpensier. Ainsi, si Isabelle n'a pas d'enfant — ou pas d'enfant survivant — le duc de Montpensier pourrait monter avec la sœur d'Isabelle sur le trône espagnol.

Le jour du mariage d'Isabelle, sa mère l'ex-régente Marie-Christine (qui, contre les usages de son milieu, a contracté en secondes noces une union morganatique — bientôt reconnue par sa fille — l'ayant rendue mère de famille nombreuse) ne peut se retenir de soupirer : « Ce mariage ne devrait pas être ». En effet, le promis est un jeune homme de 24 ans notoirement homosexuel et qui dans les milieux informés est surnommé « Paquita », ce qui n'empêche pas le couple d'avoir officiellement onze enfants, dont cinq parviennent à l'âge adulte. En matière de plaisanterie un peu douteuse, le roi consort lors des cérémonies officielles de présentation de l'enfant nouveau-né à la cour, prend pour habitude de dire avant de se retirer :

« Vous féliciterez Sa Majesté mon épouse d'être tombée enceinte et d'avoir heureusement accouché. »

À l'instar de Paul Ier, fils de Catherine II de Russie et qui est le seul ancêtre des Romanov actuels, on doute de la légitimité de la plupart des enfants d'Isabelle et du roi consort. Par ailleurs, ce dernier donnait à ses chiens le nom des amants de son épouse qui, de manière originale, ont pu ainsi parvenir jusqu'à nous. Les préférences de la reine se portaient vers le monde de la musique (compositeurs, chanteurs lyriques) mais on compte aussi, étant donné l'époque trouble et le milieu curial dans lequel elle évoluait, des militaires, officiers voire hommes du rang et des diplomates. La reine Isabelle était la petite-fille de Marie-Louise de Bourbon-Parme, qui avait été la maîtresse de Manuel de Godoy (prince de la Paix, son favori qu'elle imposa comme secrétaire d'État, et dont on a dit qu'il pouvait être le père réel de l'infant François de Paule, père de François d'Assise). Plus tard, la reine fit cette confidence à une de ses proches : « Qu'aurais-tu dit, si au soir de tes noces, tu t'étais retrouvée face à un mari qui portait plus de dentelles que toi ? »
Une descendance nombreuse
Isabelle II avec sa fille, la princesse héritière Isabelle (1852) par Winterhalter
Isabelle II avec sa fille, la princesse héritière Isabelle (1852) par Winterhalter

Isabelle étant la reine régnante, ses onze enfants sont bien ceux de la souveraine de l'Espagne et les héritiers de Charles Quint et de Philippe V :

Louis, qui ne vit que quelques heures en 1849.
Fernand, qui ne vit que quelques heures en 1850.
Marie-Isabelle (1851-1931), qui épouse Gaétan de Bourbon-Siciles (it) (1846-1871), prince royal des Deux-Siciles et comte d'Agrigente (sans postérité).
Marie-Christine, qui ne vit que quelques heures en 1854.
Fernand, qui ne vit que quelques heures en 1856.
Alphonse XII (1857-1885), qui est roi d'Espagne de 1874 à 1885.
Il épouse en 1878 Mercedes d'Orléans (1860-1878).
Veuf, il épouse en 1879 Marie-Christine d'Autriche (1858-1929), qui est régente de 1885 à 1902.
María de la Concepción de Borbón (1859-1861).
María del Pilar de Borbón (1861-1879).
María de la Paz de Borbón (1862-1946), qui épouse en 1884 Louis-Ferdinand de Bavière (1859-1949), titré infant d'Espagne.
Francisco de Asís de Borbón, qui ne vit que quelques heures en 1863.
Eulalie (1864-1958), qui épouse son cousin germain Antoine d'Orléans, titré infant d'Espagne et duc de Galliera.

Ce mariage, dont est issu le roi Alphonse XII, contribua plus tard à réunir les successions dynastique et carliste dans la même personne.
Bilan de son règne

Le règne d'Isabelle II a été assez impopulaire mais les historiens actuels reviennent sur les clichés de l'époque.
Des conseillers influents

La reine, en proie à un entourage ultra-politisé et manipulateur, ne semble pas avoir porté un grand intérêt à la politique. Intelligente, généreuse, décidée, elle sait faire preuve de caractère dans une Espagne traumatisée par la période française et déchirée entre conservateurs et libéraux, carlistes et christinistes, cléricaux et anticléricaux mais tous profondément misogynes : dès l'âge de 13 ans, poussée par les libéraux à dissoudre les Cortes, elle affirme devant les députés avoir été enfermée et manipulée par le chef des libéraux. Assez rapidement, la réalité du pouvoir appartient à l'armée et ce sont des généraux qui contrôlent le pays.

En 1840, sa mère, la reine Maria Cristina, est expulsée d'Espagne après avoir promulgué la Constitution espagnole de 1837 laissant la régence au général Espartero, lequel est renversé trois ans plus tard.

Pour éviter le chaos, les Cortes décident d'éviter une nouvelle régence et proclament la majorité de la jeune reine de 13 ans. Un des premiers gestes de la petite souveraine est de rappeler sa mère d'exil. Les deux femmes resteront proches. La reine-mère rentre en Espagne après avoir fait reconnaître son mariage morganatique avec Agustín Fernando Muñoz y Sánchez par le pape Grégoire XVI, elle le fait reconnaître officiellement par sa fille Isabelle II qui autorise une seconde célébration publique de ce mariage. Elle exercera toujours une certaine influence sur sa fille qui recherchera ses conseils.

En 1845, sous la présidence du conseil du général conservateur Narváez qui avait vaincu le général progressiste Espartero, est promulguée la Constitution espagnole de 1845 inspirée par la Monarchie de Juillet française.
Influence de Louis-Philippe

La reine douairière ayant cherché à marier Isabelle II au duc d'Orléans, fils aîné et héritier du roi des Français, l'Angleterre, toujours soucieuse d'éviter le rapprochement des couronnes espagnoles et française s'en émut et proposa un cousin du prince-consort : Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha. Finalement, sous l'influence du roi des Français Louis-Philippe Ier, Isabelle épousa non sans répugnance à 16 ans son cousin François d'Assise de Bourbon, l'infant le plus proche du trône après la branche carliste mais homosexuel avéré, tandis que sa jeune sœur de 14 ans Louise-Fernande épouse le duc de Montpensier, dernier fils du roi des Français qui intriguera en coulisse pour faire détrôner sa belle-sœur au profit de son épouse.
Mariage peu heureux et vie religieuse
La reine et le roi-consort
La reine et le roi-consort
Antonio-Maria Claret, confesseur de la reine, la suivit en exil
Antonio-Maria Claret, confesseur de la reine, la suivit en exil

Victime d'un mariage dynastique désastreux qu'elle avait commencé par refuser, la reine prit des amants malgré sa foi ardente et sincère, ce qui la rendit impopulaire à une époque où la femme se devait d'être « l'ange du foyer ». De là serait né, forgé par des opposants de tout bord, le mythe de la reine nymphomane, mais aussi celui de son fanatisme religieux.

Elle eut pour confesseur Antoine-Marie Claret qui exerça, lui aussi, une grande influence.

Sous l'influence de la France également, le jour de son mariage, la jeune reine nomma son mari roi consort, lui donna le prédicat de Majesté et à l'instar de la reine Victoria du Royaume-Uni partagea avec son époux la réalité du pouvoir.


L'année même de son mariage est troublée par la deuxième guerre carliste qui durera jusqu'en 1849.
Développement économique et culturel

En 1850, elle inaugure le théâtre royal, l'année suivante la première ligne de chemin de fer (Madrid-Aranjuez) et le canal qui porte encore aujourd'hui son nom. En 1851 est enfin signé le concordat avec la papauté. Double victoire morale face à son cousin carliste : Isabelle II est reconnue comme reine légitime d'Espagne et les propriétés de l'Église, nationalisées et vendues à des particuliers depuis 1836 resteront à leurs nouveaux propriétaires, l'Église étant indemnisée par l'État.

C'est également durant le règne d'Isabelle II que sont ouvertes et exploitées les mines espagnoles. Néanmoins le développement économique reste fort lent s 'il est comparé à celui des autres pays européens et la corruption se généralise dans les classes les plus élevées de la société y compris l'ensemble de la famille royale.
Crise politique

En 1854, un pronunciamento contraint la reine à nommer président du conseil le général progressiste Baldomero Espartero, le vainqueur de la première guerre carliste, remplacé par la souveraine au bout deux ans par le général modéré Leopoldo O'Donnell.

Mais la crise politique et institutionnelle s'intensifie et le gouvernement est confié alternativement à deux généraux Narváez — conservateur qui avait promulgué la constitution de 1845 — et Leopoldo O'Donnell, chef des modérés, tandis que le soutien de la France est de plus en plus cher : malgré l'engagement de l'Espagne dans sa désatreuse guerre du Mexique, l'empereur Napoléon III réclamant par la bouche de son épouse, l'espagnole Eugénie de Montijo rien moins que les îles Baléares.

Néanmoins, l'Espagne mène une campagne victorieuse contre le Maroc en 1859/1860 qui lui donne la ville de Tetouan et une confortable indemnité financière. Le royaume participa au côté de la France à la Campagne de Cochinchine dont elle ne retira aucun bénéfice (1857-1858) et à l'expédition désastreuse du Mexique en 1863-1867.

Dans cette Espagne en perdition, les interventions publiques mais « anticonstitutionnelles » de la reine (elle va jusqu'à proposer d'être nommée Secrétaire d'État) rendent celle-ci de plus en plus impopulaire dans les milieux politiques tandis que les ragots sur sa vie privée et la corruption de la cour lui ôtent le respect du peuple.

La reine est la cible d'une tentative de meurtre par un moine franciscain en 1852. En 1866, un soulèvement est réprimé dans le sang et en 1868, le général Joan Prim lance une révolution qui, le 30 septembre, force la reine Isabelle, à s'exiler en France.
Exil en France

Elle abdique le 25 juin 1870 et cède ses droits à son fils, le fringant prince des Asturies qui, venant d'entrer dans sa quatorzième année, est déclaré majeur. Le départ de la reine, loin d'arranger la situation de l'Espagne, provoque de nouvelles tensions nationales voire internationales. Il entraîne en effet une candidature de la dynastie Hohenzollern-Sigmaringen en 1870, vite retirée par le prince concerné (sur les conseils de son père, l'avisé Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen) mais habilement exploitée par le chancelier Bismarck. Cette prétention se trouve être l'une des causes de la guerre franco-prussienne de 1870.

La reine se réfugie alors au « palais de Castille » (ex-hôtel Basilewski, avenue Kléber à Paris où en 1871, elle apprend le suicide de son gendre l'infant[réf. nécessaire] Gaëtan qui a mis fin à ses jours à l'âge de 25 ans laissant une veuve de 19 ans.

Plus heureux, en 1874, l'ex-reine apprend le rétablissement de la monarchie, la restauration de sa Maison sur le trône et l'avènement de son fils âgé de 17 ans. En revanche, le mariage du nouveau roi avec sa cousine l'infante Mercedes, fille de son beau-frère et rival, Antoine d'Orléans, lui plait moins. Cependant, la jeune princesse sait d'emblée conquérir l'affection de son peuple. Elle meurt après quelques mois de mariage, Alphonse XII épouse alors l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche (1858-1929), dont il a trois enfants.

En 1878, la reine douairière María Cristina décède au Havre, cinq ans après son second époux.

Entre 1850 et 1880, Isabelle II, sa mère et sa sœur, l'infante María Luisa, séjournent à différentes reprises sur la côte normande, notamment au château des Aygues à Étretat. Elle fait chaque année une cure à Contrexéville, ville thermale qui donna le nom de la reine à une de ses rues. Elle fait également des séjours à Saint-Honoré-les-Bains et y demeure à la Villa des Pins.

En 1885, son fils Alphonse XII meurt prématurément, confiant la régence à sa jeune épouse enceinte Marie-Christine d'Autriche. Quelques mois plus tard naît le roi Alphonse XIII.

La reine Isabelle II meurt à Paris en 1904 âgée de 73 ans. Elle est inhumée à la nécropole royale de l'Escurial, dans la crypte royale.

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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:03

Le carlisme (en espagnol : carlismo) est un mouvement politique légitimiste espagnol apparu dans les années 1830 qui revendique le trône pour la branche aînée des Bourbons d'Espagne. De tendance conservatrice et anti-libérale, il est à l'origine de trois guerres civiles qui déchirent le XIXe siècle espagnol et marquent profondément le pays.

Le carlisme naît lorsque le roi Ferdinand VII (1784-1833) décide de transmettre la couronne à sa fille aînée Isabelle, en dérogeant par la pragmatique sanction de 1830 à la loi salique établie par Philippe V en 1713. Les carlistes rejettent cette modification et jugent illégale la décision de modifier l'ordre de succession sans le concours des Cortes. Ils défendent la succession du frère cadet du roi, Charles de Bourbon (1788-1855), conformément à l'ordre en vigueur depuis un siècle. Ce dernier refuse de prêter serment à sa nièce et, à la mort de Ferdinand VII, se proclame « roi des Espagnes » sous le nom de Charles V, soutenu par une partie du peuple espagnol, qu'on appelle les « carlistes » (carlistas en espagnol), c'est-à-dire les partisans de Charles (Carlos)[1].

Le carlisme est un courant traditionaliste, attaché à la défense de la religion catholique et au maintien des fors (fueros), les anciens privilèges juridiques locaux. Il défend à ses débuts le rétablissement de l'Ancien Régime et s'oppose alors aux cercles politiques plus libéraux et centralistes, dominants dans l'entourage des monarques.

Tout au long des trois conflits qui en résultent, malgré quelques succès militaires, les troupes carlistes ne réussissent pas à prendre le pouvoir à Madrid, qui reste aux mains de la fille aînée de Ferdinand VII, devenue Isabelle II (de 1833 à 1868), puis de son fils Alphonse XII (de 1874 à 1885), et enfin du fils de ce dernier, Alphonse XIII (de 1886 à 1931).

Mouvement d'une grande longévité, le carlisme exerce une influence fondamentale dans la vie politique du pays depuis son apparition jusqu'à la fin du franquisme dans les années 1970, et constitue tout au long de son existence l'un des principaux acteurs des luttes de la monarchie et de l’Église contre le libéralisme et le modernisme. Plusieurs mouvements actuels se revendiquent encore comme ses héritiers (Parti carliste ; Communion traditionaliste carliste ; Carloctavisme ; etc.), mais leur audience est extrêmement réduite.
Histoire du mouvement
L'infant Charles de Bourbon.
L'infant Charles de Bourbon.
Naissance du carlisme
Article connexe : Pragmatique Sanction (1830).

En 1789, par une Pragmatique sanction, le roi Charles IV abolit la loi salique mise en place en Espagne par son ancêtre Philippe V en 1713. Cependant, la situation diplomatique interdit au souverain de rendre public le retour aux règles successorales traditionnelles. Quarante-et-un ans plus tard, en mars 1830, le roi Ferdinand VII officialise cette abolition par une nouvelle Pragmatique. Ce faisant, le souverain permet à sa fille Isabelle (née en octobre 1830) de lui succéder à sa mort en septembre 1833.

Principale victime de ces évolutions institutionnelles, l'infant Charles, frère cadet de Ferdinand VII, refuse de reconnaître la légitimité de sa nièce. Né en 1788, l'infant prétend que la réforme mise en place par Charles IV ne peut lui être opposée. Une fois Ferdinand VII disparu, il s'auto-proclame donc « roi » sous le nom de « Charles V » et reçoit le soutien d'une partie non négligeable de la famille royale et de la population espagnole (notamment des requetés, des miliciens reconnaissables à leur béret rouge). Cependant, ses partisans sont considérés par leurs opposants libéraux comme des passéistes, conservateurs et cléricaux.
Première guerre (1833 – 1840)
Article détaillé : Première Guerre carliste.
La Cincomarzada (1838).
La Cincomarzada (1838).

Tandis qu'à Madrid une régence libérale se met en place sous l'égide de la reine douairière Marie-Christine, dans les régions du nord de l'Espagne, comme la Navarre ou la Catalogne, nombreux sont ceux qui redoutent le centralisme et l'anticléricalisme affichés par le nouveau pouvoir. C'est donc naturellement dans ces régions que le prétendant Charles trouve l'essentiel de ses soutiens.

Sous la conduite du général Zumalacárregui, une armée de 13 000 carlistes se soulève et remporte une série de victoires. Les troupes isabelines, c'est-à-dire partisanes de la jeune Isabelle II, ne peuvent résister sans une aide extérieure. Le Royaume-Uni envoie alors en Espagne une légion de volontaires tandis que la France lui cède la Légion étrangère (1834). Après plusieurs années de conflit (qui déborde un moment les frontières portugaises), la première guerre carliste se solde par la défaite des carlistes et la signature du traité de Bergara, le 31 août 1839. La résistance du chef militaire Ramón Cabrera se poursuit toutefois dans le Maestrazgo jusqu'en mai 1840.

Bénéficiant du soutien des petits paysans pyrénéens et de leurs curés, le mouvement carliste reste néanmoins vivace au nord.
Deuxième guerre carliste ou guerre des Matiners (1846 – 1849)
Article détaillé : Deuxième Guerre carliste.

En 1845, le prétendant Charles abdique en faveur de son fils aîné Charles-Louis (1818-1861), qui prend le nom de « Charles VI ». Éclate alors la Deuxième guerre carliste ou guerre des Matiners. Cette guerre se développe principalement en Catalogne, Aragon, Navarre et Guipuscoa pendant les années 1846 à 1849.

Mis en échec et fait prisonnier lors du débarquement carliste à Sant-Carles de la Ràpita (Tarragone), « Charles VI » renonce à ses droits en faveur de son frère Jean, mais celui-ci n'a qu'une minorité de partisans. Il se maintient comme prétendant jusqu'en 1868, puis il « abdique » en faveur de son fils aîné Charles-Marie (1848-1909), qui prend le nom de « Charles VII ».
Troisième guerre (1872 – 1876)
Caricature de la revue anticarliste La Flaca, publiée en 1870 et représentant le carlisme, ses idéaux (« Dieu, Patrie, Roi ») ainsi que ses principaux protagonistes de l’époque.
Caricature de la revue anticarliste La Flaca, publiée en 1870 et représentant le carlisme, ses idéaux (« Dieu, Patrie, Roi ») ainsi que ses principaux protagonistes de l’époque.

En 1869, le prétendant « Charles VII » publie un manifeste dans lequel il expose ses idées, parmi lesquelles celles de constituer des Cortès avec une structure traditionnelle et de promulguer une Constitution ou d'approuver une Charte, ainsi que de conduire une politique économique de style protectionniste. Dans son entourage, on retrouve des politiciens de droite (derechistas), appelés spécialement les « Catholiques ».

À cette époque, Isabelle II est détrônée depuis deux ans (1868) et, après la période de régence du général Francisco Serrano, le Parlement élit comme roi Amédée de Savoie sous le nom d'Amédée Ier d'Espagne.

Charles VII voyant s'éloigner la possibilité de restauration bourbonienne, dans chacune de ses deux branches, il déclenche, en 1872, la Troisième Guerre carliste, d'abord contre Amédée Ier, puis contre la Première République espagnole, proclamée en 1873 après l'abdication du roi, puis finalement contre Alphonse XII, proclamé roi par le général Arsenio Martínez-Campos Antón à Sagunto (Valence). La guerre se termine en 1876 avec la conquête d'Estella (Navarre), la capitale carliste, et par la fuite vers la France du prétendant.
Le carlisme au XXe siècle
Infanterie gouvernementale en 1876 (José Benlliure y Gil (es))
Infanterie gouvernementale en 1876 (José Benlliure y Gil (es))

D'autres conspirations et tentatives de soulèvement carlistes ont lieu par la suite, notamment après la guerre hispano-américaine de 1898. Cependant, aucune ne connaît de réel succès et le mouvement semble s'essouffler, d'autant que les derniers prétendants (Jacques et Alphonse-Charles) s'éteignent successivement sans laisser de descendance en 1931 et 1936. À la mort du dernier prétendant historique, différents candidats à sa succession se présentent : Alphonse XIII, François-Xavier de Bourbon-Parme et même Charles-Pie de Habsbourg-Lorraine.

La cause carliste est ranimée par la politique anticléricale de la Seconde République espagnole. Elle lui permet de redevenir une force de premier plan, sous le nom de « Communion Traditionaliste », notamment en Navarre. Complotant depuis longtemps, cherchant dès 1934 de l'argent et des armes en Italie, les carlistes se joignent aux préparatifs de coup d'État coordonnés par le général Mola. Au matin du 1er juillet 1936, 6 000 requetés, miliciens carlistes, sont ainsi prêts en Navarre. Au contraire des monarchistes alphonsins, les carlistes ont une forte composante populaire et leur cohésion vient d'un très fort sentiment religieux, quelquefois mystique, accompagné d'un attachement aux formes traditionnelles de la vie pré-industrielle. Leurs cris de rassemblement sont : « Dieu, la Patrie et le Roi ! » et « Vive Christ Roi ! ».

Les carlistes collaborent avec les autres composantes nationalistes pour obtenir la victoire finale en 1939. Cependant, Franco décrète, en avril 1937, leur unification forcée à la nouvelle Phalange, opération qui ne se fait pas sans murmures ni dissensions internes. Ce mouvement de centralisation politique fit suite à l'exil forcé du chef carliste Fal Conde (es), coupable aux yeux de Franco d'un excès d'autonomie et d'ambition politique.

Dans les années 70, un groupe paramilitaire carliste fut actif : les Guerrilleros de Cristo Rey ("Guerriers du Christ Roi").
Le carlisme au XXIe siècle
Le prince Charles-Hugue de Bourbon-Parme et sa femme Irène des Pays-Bas.
Le prince Charles-Hugue de Bourbon-Parme et sa femme Irène des Pays-Bas.

Il existe actuellement, en Espagne, plusieurs mouvements carlistes. Parmi ceux-ci, certains se réclament de la gauche, les autres du « traditionalisme ».

En marge de tous les partis politiques espagnols et européens actuels, le Parti carliste se réclame du socialisme autogestionnaire. Fidèle à sa tradition régionaliste, il est marqué par un activisme régionaliste et fédéraliste. Il peut être considéré comme une forme de courant inédit et difficilement classifiable de gauche nationaliste et identitaire.

À ses côtés, le carlisme traditionaliste est majoritaire. Il maintient ses principes de toujours - « Dieu - la Patrie - les Fueros - le Roi » - et agit à travers la Communion Traditionaliste Carliste. Bien que partisan de la monarchie traditionnelle, il ne soutient officiellement aucun prétendant. Il possède des sièges et des sympathisants dans toute l'Espagne et publie plusieurs livres, revues et bulletins périodiques comme Ahora-Información et Acción Carlista. Les séances de l'université d'été, visant à approfondir l'application actuelle des principes carlistes et dessiner des lignes d'action, ont lieu chaque année sous le nom de Forum "Alphonse-Charles Ier". La section de jeunesse de la Communion s'appelle Cruz de Borgoña. Elle organise des campements et autres activités pour les jeunes. En parallèle à la Communion Traditionalista Carliste, il faut signaler l'initiative du frère puîné de Charles-Hugues de Bourbon-Parme, Sixte-Henri de Bourbon-Parme, autoproclamé "Régent" du carlisme traditionaliste et qui a fondé son propre mouvement, la Communion Traditionaliste.

Ces deux courants, fortement hostiles l'un à l'autre, se sont présentés aux dernières élections générales en Espagne en 2000, 2004 et 2008.

Enfin, il faut noter que le courant carloctaviste, né après l'extinction de la branche aînée des Bourbons d'Espagne en 1936, semble connaître un certain renouveau avec la refondation d'une petite Communion Catholico-Monarchique autour de son prétendant Dominique de Habsbourg. Ce renouveau pourrait s'expliquer par le fait qu'à la mort de Sixte-Henri, demeuré sans alliance et sans enfant, le courant traditionaliste n'aura plus de prétendant possible, sauf à se rallier à la tendance conservatrice traditionnelle carloctaviste.
Liste chronologique des prétendants carlistes
Document de propagande carliste de la branche parmesane (« xaviériste »).
Document de propagande carliste de la branche parmesane (« xaviériste »).
Prétendants historiques
Rang Portrait Nom Règne Dynastie Notes Armoiries
1
« Charles V »
(28 mars 1788, Madrid – 10 mars 1855, Trieste) mort à 66 ans 1833 - 1845 Bourbon Fils cadet de Charles IV d’Espagne. « Abdique » en 1845 et prend le titre de « comte de Molina ».
2
« Charles VI »
« comte de Montemolín »
(31 janvier 1818, Madrid – 13 janvier 1861, Trieste) mort à 42 ans 1845 - 1861 Bourbon Fils aîné du précédent. Fait prisonnier par les troupes d'Isabelle II, il « abdique » le 23 avril 1860, puis reprend ses droits le 15 juin après avoir été libéré.
3
« Jean III »
« comte de Montizón »
(15 mai 1822, Aranjuez – 19 novembre 1887, Hove) mort à 65 ans 1861 - 1868 Bourbon Frère du précédent. Se proclame prétendant le 2 juin 1860, après l'« abdication » de son frère aîné « Charles VI », et maintient ses prétentions après la libération de celui-ci. Seul prétendant après la mort de « Charles VI » six mois plus tard.
« Abdique » en 1868.
4
« Charles VII »
« duc de Madrid »
(30 mars 1848, Ljubljana – 18 juillet 1909, Varèse) mort à 61 ans 1868 - 1909 Bourbon Fils aîné du précédent.
5
« Jacques III »
« duc d'Anjou et de Madrid »
(27 juin 1870, La Tour-de-Peilz – 2 octobre 1931, Paris) mort à 61 ans 1909 - 1931 Bourbon Fils du précédent.
6
« Alphonse-Charles Ier »
« duc de San Jaime »
(12 septembre 1849, Londres – 29 septembre 1936, Vienne) mort à 87 ans 1931 - 1936 Bourbon Oncle du précédent.
Prétendants de la branche parmesane

Les prétendants qui suivent sont soutenus par les carlistes « xaviéristes » — du Parti carliste et de la Communion Traditionaliste Carliste jusqu'en 1975.

1936-1952 : Xavier de Bourbon Parme (désigné comme « régent » du mouvement en janvier 1936 ; neveu de la « duchesse de San Jaime », Xavier est aussi un demi-frère du « duc de Parme (it) », et un cousin éloigné — au 11e degré en ligne masculine — du « duc de San Jaime », le dernier prétendant historique)
1952-1975 : « Xavier Ier » (le même ; « abdique » en 1975)

Après cette date, la branche parmesane se scinde en deux. D'abord la branche aînée, qui soutient le socialisme autogestionnaire :

1975-2010 : « Charles-Hugues Ier » (fils aîné du précédent)
Depuis 2010 : « Charles-Xavier Ier » (fils aîné du précédent)

Ensuite la branche cadette, favorable au traditionalisme :

Depuis 1975 : Sixte-Henri de Bourbon-Parme (« régent » du mouvement) (oncle du précédent)

Prétendants de la branche alphonsiste

En 1936, une partie des carlistes continue de suivre la loi salique, en se ralliant à l'ex-roi Alphonse XIII, nouvel aîné des Bourbons d'Espagne et de tous les Capétiens.

1936-1941 : Alphonse XIII (cousin au 6e degré en ligne masculine du dernier prétendant historique)

Après la mort d'Alphonse XIII, la majorité des carlistes unionistes — les « jeanistes » (ou « estorilos ») — se rallient à son fils cadet (que le roi déchu s'était choisi comme successeur désigné), puis au fils de ce dernier.

1941-1977 : « Jean IV » (fils cadet du précédent)
Depuis 1977 : Juan Carlos Ier (fils du précédent)

Après la mort d'Alphonse XIII, un tout petit nombre de carlistes soutient la nouvelle branche aînée des Bourbons d'Espagne, bien que seul le premier ait réellement revendiqué le trône.

1941-1975 : « Jacques IV » (fils aîné d'Alphonse XIII)
1975-1989 : « Alphonse XIV » (fils aîné du précédent)
Depuis 1989 : « Louis II » (fils du précédent)

Prétendants Habsbourg-Lorraine
Article connexe : Communion carliste.

Après 1936, une partie des carlistes — les « carloctavistes » —, toujours moins nombreuse après 1953, se rallie à la princesse Blanche de Bourbon (« infante » carliste, fille aînée de « Charles VII ») et à ses descendants, en dépit de la loi salique (qui était la pierre angulaire du carlisme) :

1936 / 1943-1953 : « Charles VIII » (5e fils de la précédente)
1953-1956 : « Léopold Ier » (frère aîné du précédent)
1953 / 1956-1961 : « Charles IX » (frère cadet du précédent)
1961-1975 : « François-Joseph Ier » (frère cadet du précédent)
Depuis 1975 : « Dominique Ier » (2e fils de « Charles IX »)

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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:06

Les années 1970 couvrent la période de 1970 à 1979.
Événements

Les années 1970 sonnent le glas de la période de croissance des « Trente Glorieuses », avec la décision des États-Unis de suspendre la convertibilité du dollar (1971), le premier choc pétrolier consécutif à la guerre du Kippour (1973) et le second choc pétrolier consécutif à la révolution iranienne (1979). Elles marquent également le retour en force des idées libérales (les « Chicago Boys » au Chili, Margaret Thatcher au Royaume-Uni) et islamistes (Khomeiny en Iran). À partir du milieu de la décennie, on assiste à une certaine recrudescence de la guerre froide en raison du déclin relatif des États-Unis qui se rapprochent de la Chine, tandis que l'influence soviétique gagne du terrain en Asie et en Afrique (Indochine, Angola, Éthiopie, Afghanistan). En Europe, la CEE passe de six à neuf membres avec l'adhésion du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark, tandis que le Portugal, la Grèce et l'Espagne s'engagent sur la voie de la démocratie.
Guerres et conflits

La guerre du Biafra s'achève en janvier 1970, après avoir fait un ou deux millions de morts en trente mois.
"Septembre noir" en Jordanie (1970).
La guerre indo-pakistanaise de 1971 aboutit à l'indépendance du Bangladesh.
La Guerre israélo-arabe du Kippour (entre Israël, l'Égypte et la Syrie) débouche sur le premier choc pétrolier (octobre 1973).
Les Turcs occupent la partie septentrionale de l'île de Chypre (juillet-août 1974).
La prise de Saïgon par les Vietcongs marque la fin de la guerre du Viêt Nam (avril 1975). Les Khmers rouges se livrent à un véritable génocide au Cambodge, avant d'être chassés du pouvoir par les Vietnamiens en janvier 1979.
La guerre civile angolaise débute en 1975, avec trois mouvements de libération rivaux qui se disputent le pouvoir[1].
La guerre civile éclate au Liban en avril 1975. La Syrie et Israël interviennent dans le conflit.
Le conflit du Sahara occidental éclate en novembre 1975.
Les troupes françaises et belges interviennent à Kolwezi (mai 1978).
Les troupes soviétiques interviennent en Afghanistan (décembre 1979).

Géopolitique

Conférence des Nations unies sur l'environnement à Stockholm (1972).
Premier élargissement de la Communauté économique européenne (CEE) avec l'adhésion du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark (1er janvier 1973).
Le scandale du Watergate entraîne la démission du président américain Richard Nixon (9 août 1974).
Le 25 avril 1974, la révolution des Œillets entraîne la chute de la dictature au Portugal et ouvre la voie à la décolonisation du Mozambique et de l’Angola[1].
En Grèce, le régime des colonels s'effondre et la démocratie est rétablie le 23 juillet 1974.
En Éthiopie, l'empereur Haïlé Sélassié est déposé par l'armée le 12 septembre 1974.
En Espagne, le roi Juan Carlos monte sur le trône à la suite de la mort du général Franco, survenue le 20 novembre 1975.
Le président américain Richard Nixon se rend à Pékin en février 1972, mais il faut attendre 1979 pour que s'établissent de véritables relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine populaire.
Deux coups d'État militaires particulièrement sanglants se produisent en Amérique latine, l'un instaurant le régime militaire d'Augusto Pinochet au Chili en 1973, avec plus de 3 000 morts et 38 000 tortures[2], et l'autre en Argentine en 1976. Environ 30 000 opposants ont été tués ou portés disparus sous le régime militaire argentin, et près de 500 bébés volés à des femmes opposantes ensuite éliminées, pour être par la suite adoptés[3].
En 1976, les émeutes de Soweto, sanglantes, conduisent à des manifestations réprimées dans toute l'Afrique du Sud[1].
Jean-Paul II est le premier pape polonais (de 1978 à 2005).
En 1979, la révolution iranienne provoque la chute du Shah.
Au Nicaragua, la dictature de Somoza est renversée par la révolution sandiniste en 1979.

Catastrophes naturelles
Cyclones et ouragans
Le cyclone de Bhola, novembre 1970.
Le cyclone de Bhola, novembre 1970.

Le cyclone de Bhola (12 novembre 1970, Asie) est le plus meurtrier de l'histoire. Il toucha l'actuel Bangladesh (villes de Chittagong, Khulnâ) et provoqua une submersion marine et une marée de tempête. Il y eut environ 400 000 victimes[4].
Les 18 et 19 juin 1972, l'Ouragan Agnès toucha la Floride au sud-est des États-Unis. Il fit 122 victimes et l'équivalent de plus de 3 milliards d'euros de dégâts[4].
Le 20 novembre 1977, un cyclone tropical en Inde, à Andrah Pradesh, fit environ 10 000 victimes[4].

Sécheresses

Sécheresse de 1976.
Sécheresse au Sahel.

L’Éthiopie a connu en 1973-1974 dans le Wollo une grande famine (200 000 morts)[5].
Séismes

Le 4 janvier 1970, un séisme au sud de la Chine (Yunnan) fit environ 10 000 victimes[4].
Le 31 mai 1970, un séisme au Pérou (Chimbote) provoqua un glissement de terrain qui fit environ 67 000 victimes[4].
Le 31 octobre 1971, en Inde, un séisme dans le Golfe du Bengale et à Orissa fit 10 800 victimes[4].
Le 1er mai 1974, en Chine, un séisme dans les Provinces de Sichuan et Yunnan fit plus de 10 000 victimes[4].
Le 4 février 1975, au Guatemala, un séisme à Guatemala-City fit environ 22 000 victimes[4].
Le séisme de 1976 à Tangshan, au nord-est de la Chine, les 27 et 28 juillet, fit plus de 240 000 à 290 000 victimes[4].
16 septembre 1978, à l'est de l'Iran, un séisme dans la Région de Tabasfit environ 20 000 victimes[4].

Inondations

En septembre 1978, des inondations provoquées par la mousson en Inde firent environ 15 000 victimes[4].

Personnages significatifs
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2012). Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle ((Référence nécessaire)) sur les passages nécessitant une source.

Yves Mourousi
Fayçal ben Abdel Aziz Al-Saoud
Houari Boumédiène
Jacques Mesrine
Juan Carlos Ier d’Espagne
Paul VI
Jean-Paul II
Deng Xiaoping
Kim Il-sung
Mao Zedong
Léonid Brejnev
Richard Nixon
Gerald Ford
Jimmy Carter
Tito
Nicolae Ceaușescu
Francisco Franco
Fidel Castro
Augusto Pinochet instaure une dictature sanglante au Chili[2].
Harold Wilson
James Callagh
Angela Davis

Cinéma

Bruce Lee
Farrah Fawcett
Sylvester Stallone
Chuck Norris
James Caan
Robert De Niro
Gérard Depardieu
Fanny Ardant
Mel Gibson
Christopher Walken
Al Pacino
Jacques Villeret
Miou-Miou
Gérard Jugnot
Martin Lamotte
Thierry Lhermitte
Richard Bohringer
Josiane Balasko
Marie-Anne Chazel
John Travolta
Christian Clavier
Michel Blanc
Coluche
Laurence Fishburne
Talia Shire
Lance Henriksen
Harrison Ford
Jackie Chan
David Carradine
Jim Kelly
Carl Weathers
Burt Young
Bob Wall
Anne Archer
Jamie Lee Curtis
Bolo Yeung
Gérard Darmon
Nora Miao
Jennifer O'Neill
Olivia Newton-John
Jodie Foster
Persis Khambatta
Joe Spinell
Nancy Allen
Donald Sutherland
John Amos
Sigourney Weaver
Aaron Norris
Frank McRae
Jeff Bridges
Colleen Camp
Dan Inosanto
Rutger Hauer
Jeroen Krabbé
Yves Rénier
Fabrice Luchini
Carrie Fisher
Harvey Keitel
Daniel Auteuil
Guy Marchand
Anémone
Pascale Rivault
Pascal Greggory
Gérard Lanvin
Nicole Calfan
Patrick Bruel

Voir aussi

Cinéma américain des années 1970
Liste des films français sortis dans les années 1970

Musique

ABBA
AC/DC
Aerosmith
Alan Stivell
Alain Souchon
Barry White
Bee Gees
Bernard Lavilliers
Black Sabbath
Blondie
Bob Marley
Boney M
Chic
Claude François
Creedence Clearwater Revival
Curtis Mayfield
Dalida
David Bowie
David Cassidy
David Gilmour
Deep Purple
Dire Straits
Donna Summer
Elton John
Earth, Wind and Fire
Eric Clapton
Fat Larry's Band
France Gall
Free
George Harrison
Genesis
Giorgio Moroder
Isaac Hayes
Jeanette Dimech
Jethro Tull
Jimmy Page
Janis Joplin
Joan Baez
John Lennon
Joe Dassin
KC & The Sunshine Band
Keith Richards
Kiss
Kool & The Gang
King Crimson
Kraftwerk
Laurent Voulzy
Led Zeppelin
Léo Ferré
Les Poppys
Marc Cerrone
Marvin Gaye
Michael Jackson
Michel Berger
Michel Fugain
Michel Polnareff
Michel Sardou
Michelle Torr
Mick Jagger
Mike Brant
Mireille Mathieu
Motörhead
Neil Young
Patti Smith
Paul McCartney
Peter Frampton
Peter Tosh
Philippe Lavil
Pierre Charby
Pink Floyd
Prince
Queen
Renaud
Roméo (chanteur)
Rory Gallagher
Saïd Amadis
Scorpions
Serge Gainsbourg
Sex Pistols
Sheila
Status Quo
Stevie Wonder
Supertramp
Sylvie Vartan
Sweet
Téléphone
The Clash
The Doors
The Eagles
The Pointer Sisters
The Police
Ramones
The Rolling Stones
The Stooges
The Who
Toto
Tri Yann
Van Halen
Véronique Sanson
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:07

Le miguelisme (de Michel, en portugais) est un mouvement politique légitimiste et absolutiste apparu au Portugal dans les années 1820-1830. De tendance conservatrice et anti-libérale, il déchire les deux branches de la maison de Bragance (celle des rois Pierre IV et Michel Ier de Portugal) et aboutit à une guerre civile et à plusieurs soulèvements au XIXe siècle.

Comparable au carlisme espagnol et au légitimisme français, le miguelisme a pris fin avec la réconciliation des deux branches de la famille royale dans les années 1930 et la reconnaissance du petit-fils de Michel Ier comme l'héritier de son cousin, Manuel II de Portugal.

Le conservatisme est une philosophie politique qui est en faveur des valeurs traditionnelles et qui s'oppose au progressisme. Les cultures ayant chacune des valeurs différentes, les conservateurs selon leur culture ont des buts différents. Mais tous les conservateurs promeuvent la défense (statu quo) ou le retour à des valeurs établies (statu quo ante). Pour Michael Freeden, le conservatisme croit seulement en un changement limité de ce qui est naturel ou organique ; aussi, pour lui, l'ordre social est indépendant de la volonté humaine[1].

Le terme vient de « conserver » ; du latin conservare, « maintenir, observer (une loi, une coutume) » composé de servare « préserver, garder ». Bien que ce ne soit pas une idéologie en soi, le conservatisme est une philosophie politique dont les idées sont en grande partie liées à leur contexte d'existence. Il est défini en partie par l'accent mis sur la tradition comme source de sagesse, bien au-delà de ce qui peut être démontré ou explicitement établi. Il se fonde sur la conservation d'un ordre préétabli, selon les conventions, chacun à sa place.
Développement de la pensée

Le conservatisme n'a pas produit ni ne tend à produire des traités de système comme le Léviathan de Thomas Hobbes ou le Two Treatises of Government de John Locke. À cause de cela, ce que veut dire « être conservateur » a souvent été l'objet d'un débat, embourbé par l'association de nombreux (et souvent antinomiques) partis politiques et idéologies. L'érudit R. J. White déclara ainsi :

« Mettre le conservatisme en bouteille et l'étiqueter est comme essayer de liquéfier l'atmosphère… La difficulté vient de la nature de la chose. Le conservatisme est moins une doctrine politique qu'une habitude de l'esprit, une manière de ressentir, un mode de vie[2]. »

Bien que la pensée politique, depuis ses tout débuts, contienne de nombreux traits que l'on pourrait qualifier rétrospectivement de conservateurs, ce n'est qu'au siècle des Lumières, en particulier dans les réactions aux évènements entourant la Révolution française de 1789, que le conservatisme commença à se révéler comme une attitude distincte ou une manière de penser. Beaucoup suggèrent une naissance plus précoce d'une disposition conservatrice, dans les suites de la Réforme, spécialement dans les œuvres du théologien anglican Richard Hooker promouvant la modération dans l'équilibre politique des intérêts vers les buts d'harmonie sociale et de bien commun. Mais ce n'est qu'à partir de la polémique d'Edmund Burke — Réflexions sur la Révolution de France — que le conservatisme gagna une réelle influence.
Edmund Burke (1729-1797)
Edmund Burke (1729-1797)

L'homme d'État anglo-irlandais Edmund Burke, qui combattit avec tant de rage la Révolution française, sympathisa d'abord avec certaines revendications de la Révolution américaine. Cette tradition conservatrice classique insiste souvent sur le fait que le conservatisme n'a pas d'idéologie, dans le sens d'un programme utopique. Burke développa ses idées en réaction à l'idée « des Lumières » d'une société guidée par une raison abstraite. Même s'il n'a pas utilisé le terme, il anticipa la critique du modernisme, qui fut pour la première fois utilisée à la fin du XIXe siècle par le religieux conservateur néerlandais Abraham Kuyper. Burke était en conflit avec les Lumières, et plaidait à la place pour les valeurs de la tradition.

Certains hommes, plaidait Burke, ont moins de raison que d'autres, et donc certains hommes mettraient en place de pires gouvernements que d'autres s'ils se fondaient sur la raison. Pour Burke, la mise en place d'un gouvernement ne peut s'appuyer sur des abstractions comme la « Raison », mais sur le développement historique de l'État et des autres institutions importantes de la société comme la famille ou l'Église.

« We are afraid to put men to live and trade each on his own private stock of reason, because we suspect that this stock in each man is small, and that the individuals would do better to avail themselves of the general bank and capital of nations and ages. Many of our men of speculation, instead of exploding general prejudices, employ their sagacity to discover the latent wisdom which prevails in them. If they find what they seek, and they seldom fail, they think it more wise to continue the prejudice, with the reason involved, than to cast away the coat of prejudice, and to leave nothing but naked reason; because prejudice, with its reason, has a motive to give action to that reason, and an affection which will give it permanence. »

Burke argumentait que la tradition est une base plus solide que les choses purement abstraites (comme la « Raison »). La tradition se forme avec la sagesse de plusieurs générations et les aléas du temps, alors que la « Raison » peut n'être que le masque des préférences d'un seul homme, et qu'elle représente au mieux la sagesse non testée d'une génération. Toute valeur ou institution existante qui est passée au travers de l'influence correctrice des expériences passées doit être respectée.

Cependant, les conservateurs ne rejettent pas le changement ; comme Burke l'a écrit, « Un État qui n’a pas les moyens d’effectuer des changements n’a pas les moyens de se maintenir[3] ». Cependant, ils insistent pour que le changement soit organique, plutôt que révolutionnaire : une tentative de modifier la toile complexe des interactions humaines qui forme la société humaine, dans le but de mettre en pratique une doctrine ou une théorie, court le risque de se voir passer sous la dure loi de l'effet pervers. Burke recommanda la vigilance contre la possibilité d'aléas moraux. Pour les conservateurs, la société est quelque chose d'enraciné et d'organique : tenter de l'enlever ou de la modifier pour les plans d'un quelconque idéologue, c'est s'attirer de grands désastres non prédits.

Les conservateurs prônent fortement le droit à la propriété. Carl B. Cone, dans Burke and the Nature of Politics[4], souligna que ce point de vue, exprimé comme une philosophie, servait également les intérêts des gens impliqués :

« As Burke had declared… this law… encroached upon property rights… . To the eighteenth century Whig, nothing was more sacred than the rights of property, … the protest could not be entirely frank, and it masked personal interests behind lofty principles. These principles were not hypocritically pronounced, but they did not reveal the financial interests of Rockingham, Burke, and other persons who opposed the East India legislation as members of parliament, as holders of East India stock… »

Benjamin Disraeli (1804-1881)
Benjamin Disraeli (1804-1881)

Benjamin Disraeli, lui-même un membre du parti conservateur en Angleterre, écrivit en 1845 qu’« un gouvernement conservateur est une hypocrisie organisée[5] ». Il fit ce commentaire lorsque le parti conservateur se fut divisé en deux groupes, selon que ses membres avaient ou non profité personnellement de l'abolition des Corn Laws[6].

À la fin de la période napoléonienne, le Congrès de Vienne marqua le début d'une réaction conservatrice en Europe pour contenir les forces libérales et nationalistes relâchées par la Révolution française. Les historiens Will et Ariel Durant décrivent la philosophie conservatrice de cette époque comme « défendre la nécessité de la religion, la sagesse de la tradition, l'autorité de la famille, les avantages d'une monarchie légitime, et le besoin constant de maintenir les digues politiques, morales et économiques contre la mer toujours houleuse de l'ignorance populaire, de la cupidité, de la violence, du barbarisme et de la fertilité[7] ». Le Vicomte Louis de Bonald détermina les principes du conservatisme français dans la Théorie du pouvoir politique et religieux en 1796 : « monarchie absolue, aristocratie héréditaire, autorité patriarcale dans la famille, et la souveraineté morale et religieuse des papes sur tous les rois de la Chrétienté[8]. » Avec Louis de Bonald, Joseph de Maistre fut le porte-parole le plus influent du conservatisme contre-révolutionnaire, avec une emphase sur la monarchie comme sauvegarde de l'ordre dans la société ; le mouvement légitimiste est l'incarnation politique de cette pensée conservatrice de l'époque.

En 1818, Chateaubriand participe à la fondation du journal Le Conservateur. Il écrit dans son journal : « Plus on défendra les principes de la vraie liberté, plus on réclamera pour les citoyens la garantie et l'égalité des droits, et plus on devra s'élever contre tout ce qui passe les limites posées par l'expérience, marquées par la Sagesse. Et croit-on que les démagogues qui crient à la liberté lui élèvent un autel dans leur cœur ? Ils ne l'ont jamais aimée ; ils ne l'ont jamais servie. Ce qu'ils désirent, c'est l'abaissement de tout ce qui est au-dessus d'eux. Ils accepteraient demain le despotisme, pourvu que ce fût avec l'égalité de 93. Leur amour de la liberté, c'est de la haine et de l'envie »[9].
Aspects du conservatisme

Comme toute philosophie politique, le conservatisme s'intéresse non seulement au fonctionnement des institutions politiques mais également à tous les autres aspects de la vie humaine.
Aspects culturel et social

Le conservatisme culturel est une philosophie qui encourage la préservation de l'héritage d'une nation ou d'une culture. La culture en question peut être aussi large que les civilisations occidentale ou chinoise ou être restreinte comme celle du Tibet. Les conservateurs culturels essayent d'adapter des normes transmises par le passé. Les normes peuvent être romantiques, comme les mouvements contre le système métrique qui demandent la sauvegarde du système de poids et de mesures au Royaume-Uni ou au Canada. Elles peuvent être institutionnelles : en Occident, cela inclut aussi bien la chevalerie et le féodalisme que le capitalisme, la laïcité et l'État de droit.

Selon une branche du conservatisme culturel appelée conservatisme social, les normes peuvent être également morales. Par exemple dans certaines cultures, des pratiques telles que l'homosexualité sont jugées mauvaises. Dans d'autres cultures, les femmes qui montrent leur visage ou leurs membres en public sont considérées comme immorales, et les conservateurs dans ces cultures soutiennent souvent des lois interdisant de telles pratiques. D'autres conservateurs tiennent une approche plus positive, en soutenant des lois du bon samaritain - des lois requérant de la charité - si leur culture considère ses actes comme moraux.

Les conservateurs culturels argumentent souvent que les vieilles institutions se sont adaptées à des lieux ou des cultures particuliers et qu'il faudrait donc laisser perdurer. Selon qu'ils soient plus ou moins universalisants (ou sceptiques), les conservateurs culturels peuvent ou ne peuvent pas accepter des cultures qui diffèrent de la leur. De nombreux conservateurs croient en une moralité universelle, mais d'autres admettent que des codes moraux peuvent différer d'une nation à une autre, et qu'ils ne devraient essayer de supporter leurs codes moraux que dans leur propre culture. C'est ainsi qu'un conservateur culturel peut douter que les larges idéaux français soient appropriés en Allemagne.
Aspect religieux

Les conservateurs religieux cherchent à préserver les enseignements de certaines religions particulières, quelquefois en proclamant la valeur de ces enseignements, d'autres fois en cherchant à donner force de loi à ces enseignements. Le conservatisme religieux peut encourager, ou être encouragé par, des coutumes séculières. Dans d'autres lieux ou à d'autres époques, le conservatisme religieux peut se trouver lui-même en désaccord avec la culture dans laquelle se trouvent les croyants. Dans certaines cultures, il y a des conflits entre deux ou plusieurs groupes de conservateurs religieux, chacun déclarant que leur vue est correcte et que celles de leurs opposants sont fausses.

Des gouvernements conservateurs influencés par des conservateurs religieux peuvent promouvoir par de larges campagnes le retour à des valeurs traditionnelles. Un exemple moderne est la campagne «Back to Basics» du Premier Ministre britannique John Major. Dans l'Union Européenne, une campagne conservatrice tenta de spécifier certaines valeurs du conservatisme dans la Constitution européenne avortée, notamment l'appel du pape Jean-Paul II à y inclure une référence à Dieu et au christianisme mais cet appel fut rejeté en bloc par la République française et son président Jacques Chirac.
Aspect fiscal

Le conservatisme fiscal est une philosophie économique de prudence dans les dépenses gouvernementales et la dette publique. Edmund Burke, dans ses Réflexions sur la Révolution de France, articula ses principes :

« …[I]t is to the property of the citizen, and not to the demands of the creditor of the state, that the first and original faith of civil society is pledged. The claim of the citizen is prior in time, paramount in title, superior in equity. The fortunes of individuals, whether possessed by acquisition or by descent or in virtue of a participation in the goods of some community, were no part of the creditor's security, expressed or implied…[T]he public, whether represented by a monarch or by a senate, can pledge nothing but the public estate; and it can have no public estate except in what it derives from a just and proportioned imposition upon the citizens at large. »

En d'autres termes, un gouvernement n'a pas le droit de s'endetter de manière importante pour ensuite en jeter le fardeau sur le dos du contribuable ; le droit du contribuable de ne pas être surtaxé de manière oppressive est plus important que de rembourser les emprunts qu'un gouvernement a pu contracter imprudemment.
Aspect environnemental

La philosophie politique conservatrice peut promouvoir la conservation de l'environnement mais elle le fait à sa manière à savoir comme préservation d'un ordre extérieur et qu'il ne nous est pas donné de changer. Cet ordre extérieur changeant avec les différents courants conservateurs à différentes époques, il convient de bien identifier le contenu du conservatisme avant de conclure. On trouve par exemple la phrase suivante chez Russell Kirk dans The Conservative Mind :

« Le spectacle contemporain que donnent à voir les forêts éteintes et les terres érodées, le pétrole gaspillé et le minage impitoyable, les dettes nationales accrues avec imprudence avant de finir par être répudiées, ainsi que la révision continuelle du droit positif, sont autant de preuves de ce qu’une époque sans vénération se fait à elle-même et à ses successeurs[10]. »

Pour le philosophe Fabrice Flipo, on ne peut en conclure rien de précis sur la position de l'auteur[style à revoir], qui peut tout aussi bien regretter que les capitalistes exploitent les ouvriers et en conclure que c'est dans l'ordre des choses aussi devons-nous nous y adapter et non essayer de le changer. De la même façon que les traditions auxquelles les conservateurs se révèlent "inventées", à l'examen, l'important pour ce courant n'est pas que les choses soient vraies mais qu'elles soient crues (foi), parce que c'est sur elles que repose l'ordre social. En matière environnementale également le conservatisme ne sera "écologiste" que si cela renforce un ordre collectif contre les facteurs de chaos qui le menacent, qu'il s'agisse des ennemis de l'intérieur ou de ceux de l'extérieur. Il n'est donc pas surprenant[style à revoir] que l'écologisme comme courant politique soit plutôt de gauche : mis à part quelques paysages la puissance économique qui provoque également la destruction écologique est trop précieuse pour les conservateurs pour la laisser être compromise par le respect du vivant. Dans cette logique l'humain suit la loi "naturelle" du triomphe du plus fort[11][réf. insuffisante].
Influence et interaction
Patriotisme
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Politique économique
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Politiques régionales

Il existe dans le monde un certain nombre de partis s'appelant « Parti conservateur Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ». On peut citer en Grande-Bretagne le parti Tory, le Parti conservateur du Canada au Canada.

De même, aux États-Unis, le débat politique oppose les progressistes dont une partie se retrouve au sein du Parti démocrate, aux conservateurs le plus souvent membres du Parti républicain.
Autres utilisations du mot

Le terme de « conservatisme » a souvent une connotation péjorative ou polémique. De nombreux mouvements ont déjà été taxés de « conservatisme », parfois en refusant cette qualification : les démocrates chrétiens, les libéraux…

De manière réciproque, une partie de la droite (notamment sa frange libérale) a tenté de s'approprier le thème de la modernité et de retourner contre la gauche l'accusation de conservatisme : le terme a pu être utilisé contre les syndicats, les altermondialistes, les socialistes, etc.

Certains analystes reprennent ce terme pour qualifier la gauche. Ainsi, Marcel Gauchet note en 2008 que toute la gauche européenne est dans l'incapacité de se renouveler intellectuellement[12]. Ce conservatisme est jugé particulièrement alarmant pour le Parti socialiste français, piégé par son « héritage mitterrandien » dont les leaders « donnent l'impression de ne pas mesurer le décalage qui se creuse entre leurs discours et la réalité[12]. »

Michel Winock estime que cette difficulté à se réformer provient du « surmoi marxiste » affectant le Parti socialiste[13].
Conservatisme dans différents pays
États-Unis
Les théories politiques de Russell Kirk sont parmi celles qui influencent le plus le conservatisme américain.
Les théories politiques de Russell Kirk sont parmi celles qui influencent le plus le conservatisme américain.

L'ouvrage The Conservative Mind de Russell Kirk en 1953 a exercé une influence décisive dans la formation des différentes composantes du conservatisme américain d’après-guerre[14]. Bien que Trilling, Hartz et Bell qualifient les « nouveaux conservateurs » dont Russell Kirk, Francis Wilson et Peter Viereck, de conservateurs perdus dans une quête étrange et futile[15]. Toutefois, le conservatisme américain est l'héritier du mouvement historique issue du Moyen Âge à la Révolution française[16], de Edmund Burke à Alexis de Tocqueville, en passant par Thomas Carlyle, Samuel Coleridge, Friedrich von Gentz, Schumpeter, donc de source anglaise et du conservatisme européen. Également influencé par la « révolution conservatrice » des années 70 et 80. Le premier des conservateurs américains plus ou moins admis est John C. Calhoun, un fédéraliste, et nationaliste jeffersonien. Le deuxième président des États-Unis John Adams est également une référence.

Aux États-Unis, le mot « liberal » est presque équivalent « d'homme de gauche » dans l'opinion publique lorsqu'il est employé par opposition aux « conservateurs » défavorables au « big Government » et au laxisme ou permissif de la gauche démocrate américaine[17]. Le conservatisme américain s'oppose alors au libéralisme progressiste et au relativisme.

Les théoriciens du conservatisme américains sont nombreux et divers. Pour n’en citer que quelques-uns parmi ceux reconnus comme « grands penseurs conservateurs », on évoque des penseurs tel que Russell Kirk, Leo Strauss[18] ou des hommes politiques américains comme Daniel Patrick Moynihan. La diversité de leurs écrits ne peut se comprendre qu'en fonction du contexte historique avec lequel ils étaient en interaction.
Clarence Thomas est l'un des juges les plus conservateurs de la Cour suprême des États-Unis.
Clarence Thomas est l'un des juges les plus conservateurs de la Cour suprême des États-Unis.

Il faut également bien distinguer le néo-conservatisme (Irving Kristol) qui est un courant des libéraux (au sens anglo-saxon) qui sont passés à droite avec les conservateurs américains, même si l’évolution du néo-conservatisme tend à se reprocher avec celle du conservatisme américain[19].

Certains revendiquent une part de conservatisme, c'est notamment le cas d'Hannah Arendt qui explique dans son essai La crise de l'éducation que c'est « pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice »[20]. Le conservatisme dans l'éducation est alors la condition des révolutions futures.

Le conservatisme américain est aujourd'hui dominé par Allan Bloom ou des juristes comme Clarence Thomas.
Japon

Au Japon, le conservatisme est représenté avant tout par le Parti libéral-démocrate (Japon), qui domine la vie politique depuis 1955. L'un de ses principaux penseurs est Yasuoka Masahiro (1898-1983).
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:09

Napoléon (1769 - 1821)
Ombres et lumières d'un destin d'exception

Aucun homme n'a connu dans l'Histoire moderne une gloire comparable à celle de Napoléon 1er. L'historien Jean Tulard rappelle qu'il se publie à son sujet, depuis sa mort, dans le monde, en moyenne un livre par jour !

Le nouvel Alexandre

Le destin de Napoléon 1er, aussi foudroyant que celui d'Alexandre le Grand, s'est accompli en moins de vingt ans, de son départ pour l'armée d'Italie (1796) à celui pour Sainte-Hélène (1815).

Bonaparte, par David (musée du Louvre)Issu de la petite noblesse corse, le futur Empereur des Français a vingt ans quand débute la Révolution française. Il est alors lieutenant d'artillerie. L'entrée de la France dans la guerre, en 1792, lui permet de démontrer ses talents de chef et de stratège.

Premier Consul en 1799, le jeune Corse achève la Révolution avec des réformes qui imprègnent encore notre société et notre manière de vivre. Il promulgue le Code Civil,  pacifie les relations entre l'État français et l'Église catholique et fonde la plupart des grandes institutions actuelles (préfets, Université, Banque de France, École polytechnique, Légion d'Honneur...).

Il lance aussi de grands travaux à Paris dont beaucoup ne seront achevés que sous le règne de Louis-Philippe 1er : la colonne de la Grande Armée (ou colonne Vendôme), le Temple de la Gloire (aujourd’hui église de la Madeleine), les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile, Bourse, le percement de la rue de Rivoli…

Devenu par son sacre Empereur des Français, Napoléon porte jusqu'à Moscou les idées de la Révolution et du siècle des « Lumières ». Par ses conquêtes, il révèle les Nations à elles-mêmes pour le meilleur et pour le pire (Italie, Espagne, Pologne, Allemagne, Russie, Égypte).

Il renverse le vieil empire germanique et prépare l'unification de l'Allemagne du Nord. Il relève aussi le nom de l'Italie. Pour cette raison, « l'Italie aime et a toujours aimé Napoléon », assure l'historien Luigi Mascilli Migliorini.

L'Amérique latine profite de la guerre menée par les Français en Espagne et au Portugal pour s'émanciper. Quant à l'Angleterre, ennemie héréditaire de la France, elle bâtit sur la défaite de celle-ci sa puissance à venir. Et l'on ne saurait oublier que le monde arabe est sorti d'une léthargie de plusieurs siècles suite à la malheureuse expédition d'Égypte.

Grâce à son art de la mise en scène, Napoléon 1er a donné à ses triomphes et à ses échecs une dimension épique que l'on peut seulement comparer à l'épopée d'Alexandre le Grand.
La face sombre de l'Empereur

Napoléon 1er apparaît aussi comme un être critiquable à maints égards.

Son insensibilité à la douleur humaine, son ascétisme et son peu d'appétence pour les plaisirs de la vie, la bonne chère et les femmes, le rapprochent de Robespierre, qu'il servit d'ailleurs avec zèle dans sa jeunesse.

Son ambition, tout entière asservie à sa propre gloire, a eu un coût élevé qui lui a valu le surnom de « l'Ogre » : au total environ neuf cent mille morts du fait de ses guerres (*). Elle l'a entraîné dans des entreprises néfastes et sans nécessité, comme en particulier la reconquête du pouvoir après son premier exil sur l'île d'Elbe (les « Cent Jours »).

Bonaparte a aussi manifesté des préjugés racistes en avance sur son temps comme le montrent le rétablissement de l'esclavage en 1802 et plus encore le mauvais sort fait au général mulâtre Alexandre Dumas, le père de l'écrivain.

Ces critiques, formulées dès son époque par Chateaubriand lui-même, sont reprises aujourd'hui, avec beaucoup moins de talent, par des auteurs soucieux de déboulonner les idoles. Même si elles ont un fond de vérité, Napoléon n'en demeure pas moins un homme d'État exceptionnel, un personnage fascinant et une source d'inspiration inépuisable pour les historiens, les romanciers et les cinéastes.
La France des 130 départements

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De 1809 à 1812, Napoléon 1er dirige de près ou de loin toute l'Europe à l'exception notable de l'Angleterre et de la Russie... Mais les résistances prennent de l'ampleur à mesure que s'accroît sa puissance : paysans espagnols, tyroliens et napolitains ; bourgeois des grands ports et des villes industrielles qu'irritent le « Blocus continental »...

L'Empereur des Français est amené à sévir et, pour imposer sa volonté, ne trouve souvent rien de mieux que d'annexer les territoires récalcitrants à l'Empire français. C'est ainsi que celui-ci en vient à compter 130 départements ! Une construction fragile et éphémère.
Bibliographie

Les ouvrages sur l'Empereur sont légion, les plus complets étant ceux de Jean Tulard. On peut lire en particulier Napoléon, les grands moments d'un destin (Fayard), qui décrit les nombreux moments où le destin de l'Empereur a failli basculer.

Pour qui recherche une biographie agréable à lire et solidement argumentée, celle de Jacques Bainville vaut le détour. Simplement intitulée Napoléon, elle est constamment rééditée en collection de poche.

Pour une approche critique de Napoléon 1er, on peut lire avec délectation la Vie de Napoléon (livres XIX à XXIV des Mémoires d'Outre-tombe), par Chateaubriand, également réédité en collection de poche.

À noter plus près de nous la biographie pleine de fraîcheur de l'historien italien Luigi Migliorini.

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Cléopâtre (69 av. J.-C. - 30 av. J.-C.)
Le plus grandiose de tous les romans-photos

«Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé», note le philosophe Blaise Pascal dans ses Pensées, manière de dire que l'Histoire tient à peu de chose ! Peu de destins, en tout cas, sont aussi romanesques que celui de la dernière reine d'Égypte, lointaine descendante d'un général d'Alexandre le Grand.
Des pharaons de culture grecque

Cléopâtre VII est née en 69 avant JC à Alexandrie, dans la famille royale des Ptolémées, issue d'un général d'Alexandre le Grand.

Reine à 17 ans, elle doit partager le pouvoir avec son jeune frère Ptolémée XII Philopator (10 ans). Elle l'épouse selon la coutume pharaonique mais le mariage n'est pas synonyme de bonne entente !...

Cléopatre représentée à la manière des anciens pharaonsLe général romain Pompée, battu par son rival Jules César à Pharsale, en Grèce, demande asile aux souverains égyptiens. Mais il est traîtreusement assassiné sur ordre de Ptolémée.

Jules César débarque à son tour à Alexandrie et demande de l'argent car il en a besoin pour consolider son autorité à Rome. Or, l'Égypte est immensément riche.

Cléopâtre, informée de l'arrivée de César, se présente à lui en cachette de son frère et pour cela imagine de se faire enrouler dans un magnifique tapis qui est présenté au général romain comme un cadeau de la reine !

Avec 30 ans de moins que César et un immense pouvoir de séduction, n'a pas trop de mal à devenir son amante.

Au bout de deux ans, elle rejoint César à Rome. Mais les sénateurs soupçonnent le dictateur de vouloir épouser l'étrangère et de se transformer en monarque oriental. Ils l'assassinent.

Cléopâtre s'enfuit sans demander son reste. Elle donne peu après naissance à un enfant, Ptolémée-César, que l'on surnommera par dérision Césarion.

Pendant ce temps, Rome se réinstalle dans la guerre civile. Marc Antoine, un ancien lieutenant de César, prend possession de la Grèce et de l'Asie qu'il a reçues en partage lors de la conclusion d'un triumvirat avec ses concurrents Octave et Lépide.
Dionysos et Aphrodite

Comme le général a besoin d'argent et de blé pour entretenir ses troupes, il transmet ses demandes à la reine d'Égypte.

Quand celle-ci arrive à sa rencontre, le sémillant quadragénaire est ébloui et tombe dans ses filets. Les deux amants vivent alors une lune de miel prolongée.

Mais Antoine ne peut prolonger son séjour alexandrin. Il va en Italie conclure une paix bâclée avec son rival.

Quatre ans se passent avant qu'Antoine ne regagne Alexandrie. Cléopâtre le convainc de fonder avec elle un empire oriental rival de Rome.

C'en est trop pour Rome. Octavien a beau jeu de dénoncer devant le Sénat la menace que font planer Cléopâtre et Antoine. Il engage contre eux un combat naval à Actium. Défaits, les deux époux et amants se replient à Alexandrie. Quand Octave débarque à son tour, ils choisissent la fuite dans la mort.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:15


Lawrence d'Arabie (1888 - 1935)
Le rêve brisé d'un visionnaire

Un Britannique quelque peu illuminé a tenté de restaurer au début du XXe siècle l'empire arabe de Damas, disparu plus de mille ans auparavant.

De ce «rêve fracassé», selon le mot de son biographe Jacques Benoist-Méchin, il reste un film à grand spectacle, Lawrence d'Arabie, réalisé par David Lean en 1962, avec l'acteur shakespearien Peter O'Toole dans le rôle-titre.

Il reste surtout un chef d'œuvre littéraire, Les sept piliers de la sagesse, dans lequel l'auteur raconte ses aventures sur un mode épique en agrémentant son récit de considérations poétiques et philosophiques.


Rêves de jeunesse

Thomas Edward Lawrence est né le 16 août 1888 d'un baronnet irlandais et d'une gouvernante écossaise.

T.E. Lawrence, simple soldat en 1931, à la fin de sa vieLe héros, comme dans la réalité, prend un soin maniaque à se vêtir de blanc ; on ne lui connaît aucune relation féminine mais il nourrit un amour platonique pour certains bédouins de son entourage, tel le jeune Dahoum, mort prématurément en 1918 et auquel il dédicace Les sept piliers de la sagesse.

Étudiant à Oxford, il prépare une thèse sur les Croisades et, à vingt ans, s'embarque pour Beyrouth, alors sous tutelle ottomane.

De retour en Angleterre, il obtient une bourse en vue de rejoindre une mission archéologique anglaise qui travaille sur un site hittite sur les bords de l'Euphrate, Karkemish (ou Europus), au printemps 1911.

Très vite s'affirme son ascendant sur les bédouins de l'équipe. C'est le début de l'épopée...
L'Orient dans la tourmente

La mission archéologique et Lawrence ne tardent pas à ressentir les échos de l'agitation croissante, au sein de l'empire ottoman, pris en main par les «Jeunes Turcs».

À Damas, qui cultive le souvenir glorieux du califat des Omeyyades, des intellectuels arabes envisagent de s'émanciper de la tutelle turque, vieille d'un millénaire. Ils souhaitent s'appuyer sur la France, très présente dans la région à travers ses missions et ses écoles.

T. E. Lawrence se laisse griser par le projet de révolution arabe mais place ses espoirs sur les bédouins du désert, qui n'ont pas été corrompus par les Turcs et la modernité. Et bien entendu, il compte sur l'Angleterre, son pays, pour soutenir cette révolution.

Début 1914, il est désigné pour une prospection dans le Sinaï. Sous couvert d'archéologie, il s'agit en fait d'assister un capitaine britannique dans un travail de topographie militaire.

La mission d'espionnage tourne mal. Lawrence et l'un de ses compagnons, arrêtés par le gouverneur turc, arrivent à s'enfuir à travers le désert et arrivent, épuisés, à Damas. C'est alors que survient l'attentat de Sarajevo, qui va entraîner le monde dans la tourmente.
La guerre !

Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque (1854 - 4 Juin 1931)Dès le début des hostilités, Lawrence se rend au Caire en qualité de lieutenant de réserve. Il se joint à une équipe de l'Intelligence Service qui formera plus tard le Bureau arabe des services secrets britanniques.

Impuissants à réduire les Turcs, alliés des Allemands, les Anglais décident faute de mieux de soulever contre eux les cheikhs arabes. Justement, Hussein, le chérif de la Mecque, est disposé à combattre ses anciens maîtres en échange de sa souveraineté sur l'«île des Arabes» : la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie et la péninsule arabique.

L'état-major anglais du Caire monte une mission pour l'aider. Le jeune T. E. Lawrence obtient d'en faire partie.

D'emblée, il convainc ses accompagnateurs de laisser les Arabes mener seuls leur révolte sous la conduite de Fayçal, le troisième fils du chérif Hussein.
Gloire médiatique

En janvier 1917, l'armée de Fayçal échoue à s'emparer de Médine. Qu'à cela ne tienne. Pour Lawrence et les Britanniques, il vaut mieux à tout prendre que la garnison turque de la ville demeure piégée au milieu du désert plutôt que de rejoindre le front européen.

L'état-major du Caire a un souci plus immédiat... Il veut s'emparer de Jérusalem avant la Noël 1917. Il s'agit d'offrir un motif d'espoir à l'opinion publique, troublée par les échecs incessants sur les fronts européens.

Le général Allenby a besoin que soit au préalable neutralisé le port d'Akaba, au fond du golfe du même nom (aujourd'hui en Jordanie).

Lawrence s'en empare par surprise avec un détachement de cavaliers arabes. Devenu du jour au lendemain héros national, il est promu major, proposé pour l'Ordre du Bain et cité à l'ordre de l'Armée française.

Mais quand Allenby lui demande de déclencher une insurrection générale en soutien à son offensive sur Jérusalem, Lawrence se dérobe, à la grande déception du général.

Durant l'automne, le jeune héros et ses légions de cavaliers vont se cantonner dans les attaques des infrastructures routières et de la voie ferrée du Hedjaz, entre Damas et Médine.

Le 11 décembre 1917, en avance sur l'échéance, le général Allenby fait une entrée solennelle à Jérusalem à la tête de son armée avec à ses côtés l'inévitable T.E. Lawrence, promu au grade de lieutenant-colonel, dans un bel uniforme d'officier d'état-major.

Pour la première fois depuis les Croisades, des troupes chrétiennes bivouaquent autour du Saint Sépulcre.
Bref triomphe

La guerre n'est pas finie pour autant. Au Proche-Orient, les Turcs redoublent de combativité sous le commandement d'un général prestigieux, Moustapha Kémal, le vainqueur des Dardanelles !

Enfin, le 1er octobre 1918, devançant l'armée britannique d'Allenby, T. E. Lawrence entre à Damas en compagnie de Fayçal, auquel il destine la couronne de Syrie. L'émir et son chevalier servant sont accueillis par des clameurs de joie.

T.E. Lawrence pose pour Lowell Thomas dans sa tenue de légende (Lawrence d'Arabie, 16 août 1888 - 19 mai 1935)Deux jours plus tard, pourtant, Lawrence remet sa démission à Allenby. C'est qu'entre-temps, l'officier a vu son rêve exploser sous le poids de ses contradictions.

Les Français et les Anglais ont en effet conclu un accord secret pour le partage du Moyen-Orient : aux premiers le Liban et la Syrie, aux seconds la Mésopotamie (Irak) et la Palestine. Il viole la promesse faite au chérif Hussein.

Pour ne rien arranger, le 2 novembre 1917, le ministre britannique des Affaires étrangères Lord Balfour a publié une lettre ouverte par laquelle il promet la création d'un «foyer national juif» en Palestine. C'est une nouvelle entorse au rêve arabe.

T.E. Lawrence se donne pour mission de sauver ce qui peut l'être, en participant notamment aux négociations de paix qui s'ouvrent à Paris le 18 janvier 1919.

Bientôt va s'épanouir la légende de «Lawrence d'Arabie», à l'initiative du correspondant de guerre américain Lowell Thomas. Fayçal et les Arabes, toutefois, ne partagent pas l'admiration des Occidentaux pour T.E. Lawrence et tendent à le voir comme un traitre à leur cause...
La chute

Livré à lui-même, l'émir Fayçal est expulsé de Damas comme un malpropre par les forces d'occupation françaises du général Gouraud et ses troupes sont écrasées à Khan Messeyloun, le 24 juillet 1920. Il n'a d'autre solution que de se replier en Arabie.

Comme les populations de Syrie et d'Irak s'agitent, mécontentes de passer de la tutelle ottomane à la tutelle occidentale, le Premier ministre britannique confie à Winston Churchill le Secrétariat d'État aux Colonies.

Dès le 12 mars 1921, le nouveau ministre ouvre une conférence au Caire. T.E. Lawrence y participe en qualité de conseiller et, sur sa suggestion, Churchill fait de l'Irak et de la Transjordanie deux royaumes alliés de la Grande-Bretagne. Le premier est confié à Fayçal, qui se voit ainsi consolé de la perte de la Syrie ; le second à son frère Abdallah dont le descendant règne encore à Amman.

L'année suivante, le 28 février 1922, l'Égypte passe du statut de protectorat à celui de royaume théoriquement indépendant mais sous tutelle britannique.

Quant au royaume du Hedjaz, gouverné par le chérif Hussein, il est annexé le 8 janvier 1926 par Ibn Séoud, autre protégé des Anglais, conseillé par un émule de Lawrence moins célèbre et plus chanceux, Harry Saint-John Philby (1885-1960).

Ainsi s'achève le rêve de T.E. Lawrence.

Brisé par le sentiment de l'échec et de l'ingratitude, il abandonne toute fonction officielle. En dépit de sa notoriété, il manque de sombrer dans la clochardise et finit par s'enrôler comme simple soldat sous un nom d'emprunt.

Le héros solitaire va dès lors se partager entre divers engagements militaires, son œuvre littéraire et la vitesse. Il se fracasse à moto sur une petite route anglaise et meurt le 19 mai 1935, à 46 ans. À ses funérailles, discrètes, son ami Winston Churchill ne pourra pas retenir une larme.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:16

Saint Roch naît vers 1350 à Montpellier. Laïc de bonne famille chrétienne, il étudie la médecine.

Lors de l'épidémie de peste de 1367, à Acquapendente, près de Rome, il soigne et guérit de nombreux malades par sa science et son charisme (le charisme se définit étymologiquement comme un « don de Dieu » : l'aptitude à manifester l'amour divin).

Le futur saint rencontre le pape Urbain V, comme lui originaire de Montpellier. Absurdement arrêté comme espion au cours d'un pèlerinage, il meurt en prison le 16 août 1378.

Il est invoqué contre la peste et honoré le 16 août dans de nombreuses villes comme Montpellier mais aussi Nuremberg.


16 août 1960
Indépendance de Chypre

Le 16 août 1960, Chypre devient une République indépendante. C'est une péripétie de plus pour cette île méditerranéenne à l'Histoire millénaire où les anciens Grecs situaient la demeure d'Aphrodite (Vénus).
Une île convoitée

Après l'ouverture du canal de Suez, le Premier ministre britannique Disraeli avait décidé de faire de l'île ottomane une base arrière pour surveiller le trafic maritime à travers le canal. C'est ainsi que le sultan d'Istamboul, contraint et forcé, avait « prêté » l'île aux Britanniques le 4 juin 1878. Chypre devient en 1914 un protectorat puis en 1925 une colonie de la Couronne.

Londres doit réprimer un mouvement clandestin en faveur de l'« Enosis », c'est-à-dire du rattachement de Chypre à la Grèce.

En 1950, élu à la fonction d'ethnarque, ou chef religieux de l'île, l'archevêque grec orthodoxe Makarios III relance le combat pour l'Enosis. Mais la Turquie voisine s'y oppose au nom de la défense de la minorité cypriote d'origine turque.

Makarios III, premier président de la République chypriote Par l'accord de Londres du 19 février 1959, chacun se résigne à une indépendance pure et simple, avec un Président élu par la communauté grecque, Mgr Makarios en personne, et un vice-Président élu par la communauté turque, Fasil Füçük.

Il est convenu que le Parlement sera composé à 70% de Grecs et à 30% de Turcs et que la Garde nationale sera encadrée par des officiers grecs.

Les troubles entre les deux communautés ne cessent pas pour autant jusqu'au 15 juillet 1974. Ce jour-là, avec la complicité des colonels qui exercent le pouvoir à Athènes, en Grèce, la Garde nationale cypriote fomente un coup d'État contre le président Makarios et tente de réaliser l'Enosis. L'armée turque, prétextant une menace pour les habitants turcophones, envahit aussitôt le nord de l'île. Depuis cette date, les deux communautés vivent séparées, de part et d'autre d'une « ligne verte ».
Amère partition

Tandis que les Turcs cypriotes ruminent leur amertume et n'en finissent pas de s'appauvrir, leurs ex-compatriotes grecs affichent une insolente prospérité.

L'entrée dans l'Union européenne, en 2004, de la partie grecque de l'île ne facilite pas la résolution du drame noué en 1974.....

Jeanne Lafont
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:17

16 août 1861 : Une Française accède pour la première fois au baccalauréat

Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.

Le ministre de l'Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d'ouverture d'esprit en faisant voter en avril 1867 une loi imposant l'ouverture dans chaque commune de plus de 500 habitants d'une école primaire réservée aux filles.


16 août 1946
Ali Jinnah impose la création du Pakistan

Le 16 août 1946, le président de la Ligue musulmane Mohammed Ali Jinnah, lance une journée d'action dans toutes les Indes britanniques afin d'imposer la partition du pays et la création d'un État musulman indépendant, le Pakistan.

Il s'ensuit de violents heurts entre hindous et musulmans. On relève plusieurs milliers de morts à Calcutta, capitale administrative du British Raj (empire britannique des Indes).

Ali Jinnah recommande par ailleurs le boycott de l'Assemblée constituante réunie en décembre 1946.

Lassés par plusieurs années de longues et douloureuses tractations, les Britanniques se résignent alors à la partition des Indes, contre l'avis des hindous et notamment du plus célèbre d'entre eux, Gandhi, chef respecté du parti du Congrès.
Béatrice Roman-Amat
Le Pakistan, une invention d'étudiant

La Ligue musulmane a été créée en 1906 par plusieurs notables musulmans dont l'Aga Khan, chef des Ismaëliens, pour protéger les intérêts de leurs coreligionnaires. Elle se rapproche d'abord du parti du Congrès, multiconfessionnel et majoritairement hindou, et exige avec eux le départ des colons britanniques.

Mais dans les années 1920 et 1930, un clivage se creuse entre la Ligue et le Congrès, qui refuse que les musulmans disposent de collèges électoraux séparés.

Le poète Mohammed Ikbal suggère la création d'un État islamique indépendant ou lié au reste du pays dans une structure confédérale. Il regrouperait les deux principaux territoires à majorité musulmane, l'un à l'ouest, suivant la vallée de l'Indus, l'autre à l'est, à l'embouchure du Brahmapoutre, et pourquoi pas ? un troisième territoire autour d'Hyderabad, au centre de la péninsule.

Cette idée prend peu à peu corps. Elle est formulée le 28 janvier 1933 dans un document dactylographié de quatre pages, dans un cottage de Cambridge, au coeur de l'Angleterre ! Son auteur, Chandhuri Rhamat Ali, est un universitaire de quarante ans qui voit dans l'idée que les Indes constitueraient une seule nation un « absurde mensonge ». « Nous ne nous laisserons pas crucifier sur la croix du nationalisme hindou », écrit-il (*).

Réclamant la réunion des musulmans au sein d'une nouvelle nation, il forge pour celle-ci le terme de Pakistan, « pays des purs » dont les lettres désignent les provinces du nord-ouest, où les musulmans sont les plus nombreux : Pendjab, Afghana (Afghanistan), Kashmir (Cachemire), Sind et Baloutchistan...
Notons que Rhamat Ali n'envisage pas d'adjoindre à cette nouvelle nation le Bengale oriental, bien qu'il soit aussi très fortement islamisé. En définitive réuni au Pakistan, le Bengale oriental s'en détachera en 1971 au terme d'une violente guerre de sécession pour devenir le Bangladesh.

Mohammed Ali Jinnah, président de la Ligue musulmane, s'oppose d'abord avec vigueur à la division des Indes. Mais la réticence des élus hindous du Congrès à partager les places dans les assemblées et les administrations finit par avoir raison de sa patience. Il se rallie finalement en 1940 à la création d'un État musulman séparé. Il va dès lors s'attacher à faire émerger un « nationalisme musulman ».
Un État coupé en deux

En mai 1945, le vice-roi Lord Wavell présente un plan de compromis qui vise à la création d'un conseil exécutif dans lequel hindous et musulmans seraient équitablement représentés. Il convoque une conférence à Simla, le 25 juin 1945, pour en débattre.

Ali Jinnah, qui représente la Ligue musulmane, revendique pour celle-ci le droit de représenter exclusivement les musulmans du pays. Mais le parti laïc du Congrès conteste sa prétention et la conférence se conclut sur un échec le 14 juillet 1946.

La Ligue musulmane, alors, durcit son discours. Elle appelle les musulmans à une « journée d'action directe » le 16 août 1946 afin de prouver leur détermination à conquérir le Pakistan tous seuls et si nécessaire par la force.

La manifestation dégénère. À Calcutta, métropole violente (placée sous le patronage de Kali, déesse de la destruction !), des musulmans sortent de leur taudis et bastonnent à mort tous les hindous qui ont le malheur de les croiser. Ils s'en prennent aussi aux échoppes hindoues qu'ils pillent et incendient. Les hindous ne tardent pas à contre-attaquer...

On évalue le bilan de la journée à un total d'au moins six mille morts. C'est la première expression de la haine meurtrière qui va désormais diviser les deux communautés.

Après ce drame, la Ligue musulmane s'honore d'une victoire aux élections législatives qui mettent en place une Assemblée constituante. Elle remporte tous les sièges réservés aux musulmans et voit dans cette victoire la légitimation de son projet.

L'année suivante, Ali Jinnah, obtus et déterminé, se montre sourd à toutes les tentatives de dialogue avec le nouveau vice-roi, le prestigieux et très charismatique lord Mountbatten.

En désespoir de cause, malgré l'opposition absolue de Gandhi à la partition des Indes en deux États, le gouvernement britannique, par la voix de lord Mountbatten, se résigne à la partition, sur fond de violentes émeutes intercommunautaires.

Dans la nuit du 14 au 15 août 1947, à minuit, comme prévu, l'Inde et le Pakistan, dont Karachi devient la capitale, naissent simultanément. L'été 1947 est ensanglanté par des massacres massifs de musulmans, d'hindous et de Sikhs en Inde et au Pakistan (ils sont décrits de façon saisissante dans le roman Tamas de Bhisham Sahni). On évalue le nombre de victimes à un demi-million. 15 à 20 millions de personnes se jettent sur les routes et dans les trains pour rejoindre l'État où leur religion est majoritaire.
Le Pakistan rompt l'unité du sous-continent

La création du Pakistan rompt avec l'unité politique du sous-continent indien que le colonisateur britannique avait pour la première fois réalisée un siècle plus tôt.

Le jeune État pakistanais apparaît comme le plus grand État musulman du monde avec environ 80 millions d'habitants. Mais son caractère totalement artificiel rend sa survie aléatoire.

Qui plus est, il souffre d'emblée d'un handicap majeur : son territoire est divisé en deux portions, séparées par 1600 km : à l'est de l'Inde, le Bengale, ou Pakistan oriental, qui se réduit à un immense delta battu par les inondations et les tornades tropicales ; à l'ouest, le Pakistan occidental, région semi-aride et montagneuse, traversée par la vallée de l'Indus et dotée de quelques infrastructures industrielles.

Le Bengale ne représente que 14% du territoire du Pakistan mais regroupe près de la moitié de la population. Ses habitants sont plus pauvres que leurs concitoyens occidentaux et méprisés par ceux-ci. Ils parlent le bengali, qui n'a rien à voir avec la langue dominante du côté occidental, l'ourdou, une variante de l'hindi - principale langue du nord de l'Inde - mais en caractères arabes.

Dès 1947, une guerre ouverte oppose l'Inde et le Pakistan pour la possession du territoire du Cachemire, un État à majorité musulmane mais dont le prince est hindou. En 1949, l'intervention de l'ONU permet le tracé d'une ligne de cessez-le-feu qui coupe la région en deux.

La frontière avec l'Afghanistan est à peine plus calme que la frontière indo-pakistanaise : les ethnies pachtounes y réclament la création d'un « Pachtounistan » réunissant Pachtounes pakistanais et afghans.
Laborieuse construction de l’unité politique

Le Pakistan va devoir faire face au défi de l'intégration des Mohajirs, les émigrants qui ont fui l'Inde lors de la partition, cela dans le cadre d'une grande instabilité politique. Dès septembre 1948, Jinnah, le père de la nation, disparaît. Son successeur est assassiné, tandis que la Ligue musulmane se disloque.

Le pays n'adopte une constitution qu'en 1956. Elle marie étrangement attributs des régimes parlementaire et présidentiel et instaure une République islamique fédérale.

Prenant le contre-pied de l'Inde, qui s'engage sur la voie du non-alignement tout en se rapprochant de l'URSS, le Pakistan islamique se rapproche de la Chine communiste, rivale de l'Inde, et se place résolument dans le camp américain. Les États-Unis lui fournissent aide militaire et économique.
Instabilité chronique

L'instabilité politique chronique facilite la prise du pouvoir par les militaires. En 1958, le président Iskander Mirza dissout le parlement et proclame la loi martiale, soutenu par le commandant en chef des armées. Celui-ci, le général Ayoub Khan (ou Ayyub Khan), le force à démissionner quelques jours plus tard et prend le pouvoir pour plus d'une décennie. L'armée, essentiellement composée de Pendjabis, originaires de la partie occidentale, se présente comme le garant de la sécurité du pays face à la menace indienne. Les partis politiques sont interdits et la presse censurée.

Parallèlement, les années 1960 constituent une période de forte croissance économique et de développement de l'industrie (on parle même de « miracle pakistanais »). Mais cette amorce de développement ne bénéficie toutefois qu'à la partie occidentale du pays. Le général Ayoub Khan cherche également à limiter l'influence des oulémas sur la société et à moderniser le droit de la famille (limiter la polygamie, renforcer les droits de succession des femmes...).

En 1965, une nouvelle guerre oppose l'Inde au Pakistan au sujet du Cachemire. Elle se termine par un cessez-le-feu qui laisse la question en suspens. Depuis lors, on ne compte plus les accrochages militaires meurtriers sur les crêtes montagneuses de la province.
Le Bangladesh fait sécession dans la douleur

En 1969, le général Ayoub transmet le pouvoir au commandant en chef des armées, le général Yahya Khan. Celui-ci organise l'année suivante des élections libres qui débouchent sur la victoire du Parti du Peuple Pakistanais de Zulfikar Ali Bhutto (opposition) au Pakistan Occidental et de la Ligue Awami, mouvement pour l'indépendance du Bengale, au Pakistan oriental.

Le leader de la ligue Awami, Mujibur Rahman, proclame l'indépendance du Bangladesh (« Nation du Bengale » en bengali). L'armée pakistanaise tente d'écraser cette sécession dans le sang, au prix de la vie de milliers de Bengalis et de violences sans nom (viols systématiques...), mais l'intervention de l'Inde d'Indira Gandhi l'oblige à abandonner le Bangladesh dans des conditions humiliantes.

Cette défaite précipite l'accession au pouvoir du leader civil Ali Bhutto, premier Sindhi à accéder au pouvoir. Il met sur pied une politique d'inspiration socialiste (intitulée « socialisme islamique » afin de gagner des partis religieux) et réprime les révoltes du Baloutchistan, sur la frontière occidentale. Une puissante opposition se cristallise pourtant autour de lui, dans un contexte de fin du « miracle pakistanais » et de choc pétrolier de 1974.
Entre dictature militaire et terrorisme islamiste

En 1977, le général Zia ul-Haq le renverse, assume la présidence de l'État et suspend la constitution. Bhutto, accusé de corruption, de fraude électorale et de complicité d'assassinat, est pendu. Sa fille Benazir, qui prend son relais à la tête du PPP, est contrainte à l'exil.

Le vent ayant tourné en faveur des islamistes en Iran et ailleurs, Zia impose la charia et soutient activement la résistance afghane contre l'invasion soviétique, faisant à nouveau du Pakistan le meilleur ami des États-Unis. Les liens profonds qui existent aujourd'hui encore entre les mouvements islamistes afghans et pakistanais d'une part et les services de renseignements pakistanais et l'armée d'autre part remontent en grande partie à cette période.

Les années 1980 à 2000, marquées par une nouvelle guerre avec l'Inde, l'acquisition de l'armée nucléaire, l'alternance de régimes civils et militaires, l'apparition de violences interconfessionnelles (entre chiites et sunnites) et l'autonomisation accrue des zones tribales, n'ont pas permis au Pakistan de trouver la stabilité.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:18

16 août 1819 : Massacre de « Peterloo »

Le 16 août 1819, survient à Manchester le massacre dit de « Peterloo », une étape douloureuse de la marche de l'Angleterre vers la démocratie.

Alors qu'une crise économique frappe les ouvriers anglais et que ceux-ci se plaignent de n'être pas représentés au Parlement, le gouvernement suspend certaines libertés civiles garanties par l'Habeas corpus. Excédée, l'opposition organise une réunion à Manchester, à St-Peter's Fields. Pas moins de 50.000 personnes s'y retrouvent pour écouter Henry Hunt « l'Orateur ». Mais la réunion ayant été au dernier moment interdite par les autorités locales, celles-ci font intervenir la milice à cheval et un régiment de hussards. On relève onze morts et des centaines de blessés !

Le gouvernement promulgue à la suite de ce massacre des lois qui restreignent encore plus le droit de manifestation.


7 juin 1832
Les Anglais en finissent avec les «bourgs pourris»

Le 7 juin 1832, le roi Guillaume IV approuve la réforme qui met fin à certaines aberrations du système électoral anglais et notamment aux «bourgs pourris». C'est une avancée importante dans l'approfondissement de la démocratie anglais.

Sur cette peinture, la deuxième d'une série de quatre consacrée à l'élection à Oxford, en 1754, le peintre William Hogarth montre au premier plan un candidat tory achetant des voix alors qu'à l'arrière-plan ses partisans attaquent le siège local des whigs.
Un système archaïque

Au cours du XVIIIe siècle, le Parlement britannique a progressivement acquis des droits contre le monarque. Cependant, ses prétentions de représenter le peuple sont de plus en plus contestées, tant le mode d'élection de la Chambre des Communes est archaïque.

Le découpage électoral, avec ses «comtés» ruraux et ses «bourgs» urbains reflète la situation du XVIIe siècle et remonte partiellement aux derniers siècles du Moyen Âge.

Certains «bourgs pourris» comme Old Sarum ou Gatton ont moins de 10 électeurs en 1831. On les possède «dans sa poche», d'où l'autre surnom de «bourg de poche». Ils font l'objet d'achats et de ventes au vu et au su de tout le monde !

À l'inverse, les villes industrielles en plein développement sont très mal représentées, voire pas du tout. Les conditions pour être électeur sont les mêmes que durant les années 1430 : il faut avoir des revenus de quarante shillings annuels, soit deux livres, dans les comtés. Dans les bourgs, les exigences varient d'un lieu à l'autre.

Cette situation avantage les élites terriennes traditionnelles puisqu'en 1831 le nombre d'électeurs est inférieur à 500 000.
L'impossible réforme

Ces élites conservatrices ont donc tout à craindre d'une réforme, réclamée depuis la fin du XVIIIe siècle par les nouvelles couches bourgeoises : elle leur paraît être le premier acte d'une répétition de la Révolution française, modèle honni entre tous. Ce n'est qu'après Waterloo que les demandes reprennent et se font plus pressantes et plus massives. Dorénavant, les bourgeois ne sont plus les seuls à vouloir cette réforme, ils sont soutenus par de nombreux ouvriers qui y voient un moyen d'améliorer leur condition.

La fin des guerres napoléoniennes entraîne une grave crise économique et plonge de nombreux travailleurs dans la pauvreté.

Le gouvernement s'inquiète et, lors d'un important meeting à Manchester, le 16 août 1819, la troupe charge. Onze morts et des centaines de blessés vaudront à cet événement le surnom de «massacre de Peterloo», contraction de «Saint-Peter's Field», lieu du drame, et de «Waterloo». Le gouvernement prend des mesures répressives et refuse de céder. Il accepte pourtant en 1828 de lever l'interdiction d'exercer des fonctions publiques qui pesait sur les non-conformistes, et en 1829 celle sur les catholiques.

L'agitation se maintient pourtant et reprend de plus belle en 1830 lorsque des ouvriers agricoles appauvris se soulèvent contre la diffusion des batteuses, la dîme et les baisses de salaire : ce sont les swing riots.

La mort du roi George IV en 1830 écarte l'un des opposants résolus à la réforme. Il reste à convaincre la Chambre des Lords, qui rejette plusieurs projets. La pression populaire, qui s'accompagne parfois de violences contre les adversaires de la réforme, fait craindre une révolution. Poussé par le premier ministre whig Lord Grey, le nouveau roi Guillaume IV menace de nommer assez de partisans de la réforme à la Chambre des Lords pour faire basculer la majorité.

Les tories (conservateurs) cessent alors leur politique d'obstruction systématique, ce qui permet de faire accepter le texte.
Une réforme limitée

Nombre de bourgs sont supprimés alors que des circonscriptions sont créées là où la population l'exige. Le suffrage demeure censitaire et la distinction entre bourgs et comtés persiste, mais les conditions pour être électeur sont unifiées dans les bourgs. On ne peut pour autant parler d'une démocratisation réelle : le nombre d'électeurs dépasse à peine les 800.000. La bourgeoisie commerçante est ainsi associée aux affaires, pas les travailleurs manuels. Toutefois, la comparaison avec la France et ses 167 000 électeurs en 1831 (246 000 en 1847), montre que ce chiffre n'est pas négligeable.

La loi ne s'applique toutefois qu'en Angleterre et au Pays de Galles et d'autres textes sont adoptés la même année pour l'Irlande et l'Écosse.
Déception populaire

Si beaucoup se réjouissent de l'adoption du texte, les travailleurs réalisent que la réforme électorale ne suffit pas à combler leurs espoirs et demandent aussi des mesures sociales.

La «nouvelle loi sur les pauvres» de 1834 réforme l'assistance aux plus démunis en prévoyant leur enfermement dans des workhouses, ou ateliers, où les conditions de vie et la discipline doivent être suffisamment peu attractives pour détourner les pauvres de solliciter l'assistance publique !

On conçoit que ces dispositions soient contestées : les mécontents forment le mouvement chartiste, nom tiré de la «Charte du peuple» élaborée en 1838. Leurs exigences sont politiques, comme le suffrage universel et le secret du vote, mais aussi sociales. Les nombreuses pétitions portées au parlement n'aboutissent toutefois pas et le mouvement chartiste se divise entre défenseurs de la légalité et partisans de la violence. Il disparaît à partir de 1848, n'ayant pas reçu l'appui des classes moyennes.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:22


Honoré de Balzac (1799 - 1850)
L'ogre de la littérature

Félix Tournachon, dit Nadar, Caricature d'Honoré de Balzac, Paris, BnFVous souhaitez avoir un aperçu de la société française sous le roi Louis-Philippe 1er ? Vous aimeriez pousser les portes des grands hôtels particuliers de Paris et découvrir comment y vivait la fourmilière de l'époque ?...

Escrocs ou grands seigneurs, filles perdues ou comtesses, ils ont tous élu domicile dans les pages de La Comédie humaine, l'œuvre romanesque d'Honoré de Balzac. À travers le parcours de ce stakhanoviste de l'écriture, on découvre la bourgeoisie des années 1820-1840, repliée sur son épargne et son confort.

Il est temps de suivre le conseil de Gérard de Nerval : « Parlons de Balzac, cela fait du bien » !
Isabelle Grégor
L'envol de l'« Éléphant »

Le 1er prairial an VII (ou plus commodément le 20 mai 1799) naît chez Bernard-François Balzac, à Tours, le petit Honoré.

Son père, issu d'une famille paysanne, est alors directeur des Vivres de la garnison de la ville. Personnage volontaire, il va vite réussir à ajouter une particule à son nom et des revenus conséquents à son foyer.

Achille Devéria, Portrait de Balzac jeune, s. d., Paris, bibliothèque de l'InstitutSa jeune femme, bien décidée à en profiter, confie pendant 4 ans son premier-né à une nourrice avant de l'envoyer en pension chez les Oratoriens de Vendôme. Ce sont de bien tristes années pour le garçon qui soigne sa solitude en se consolant par la lecture.

Arrivée à Paris après le départ de Napoléon Ier, la famille pousse Honoré dans des études de notariat. « Petit clerc » chez un avocat, il y gagne un baccalauréat en droit et le surnom de l'« Éléphant », augurant une silhouette qu'il sera facile de caricaturer.

Mais comment résister à l'appel de la bohème ?

Le voici, à 20 ans, grelottant de froid sous les toits de Paris. Sa carrière peut commencer.
Signé Lord R'Hoone

Et c'est parti ! La première étape est un Cromwell (1820) de 2000 alexandrins, accueilli quelque peu froidement. L'académicien François Andrieux, après lecture, conseilla même à l'aspirant dramaturge de changer définitivement de voie professionnelle...

J.-A.-G. Seguin, Portrait de Balzac jeune, s. d., Tours, musée des Beaux-ArtsMais Balzac a déjà un autre projet : puisqu'il faut gagner de l'argent, autant profiter du succès incroyable de ces histoires exaltantes que Walter Scott et ses semblables servent aux lecteurs des cabinets de lecture. Vendus trois francs six sous, les romans triomphent !

Il se lance donc dans l'aventure sous le pseudonyme de Lord R'Hoone, écrivant à la suite de son Héritière de Birague (1821) pas moins de 16 volumes en un an, pour le plus grand bonheur de son marchand de plumes qui doit lui en vendre une soixantaine pour suivre le rythme.

Côté cœur, le jeune homme maladroit s'engage dans une relation de dix ans avec Mme de Berny, mère de neuf enfants, qui le pousse à plus d'ambition. Ce sera l'édition. Les livres ne se vendent pas ? Il rachète l'imprimerie ! Celle-ci périclite ? Il développe une fonderie de caractères ! Finalement, face à l'accumulation de dettes, il est temps de se faire un peu oublier...
Paul Chardin, Souvenir de Balzac à Ville d'Avray (Balzac et ses amis habillés en paysans), 1840, Paris, bibliothèque de l'Institut
« Saluez-moi, car je suis en train de devenir un génie ! »

À 30 ans bientôt, il rebondit en imaginant un roman sur les Chouans, sur le modèle du Dernier des Mohicans de Fenimore Cooper.

Les portes du beau monde s'ouvrent enfin à lui, et il court en profiter ! Habit bleu à boutons d'or, jabot de dentelle et canne sertie de turquoises le transforment en dandy, mais un dandy qui ne cherche pas à cacher ses ongles sales et à soigner ses cheveux trop pommadés, qui lui gouttent sur les épaules... Heureusement, son talent et sa conversation séduisent, notamment l'illustre Mme de Castries qui se plaît à lire les manuscrits qui s'accumulent.

La Peau de chagrin (1831), Eugénie Grandet (1833), La Duchesse de Langeais (1834)... Chaque année apporte quatre ou cinq romans et son lot de chefs-d’œuvre.

En 1833, il prend le temps d'insérer dans une revue destinée à la Russie un petit mot pour une admiratrice polonaise qui lui envoie des lettres signées « L'Étrangère ». Ainsi commence son histoire avec Mme Hanska qu'il rencontrera quelques mois plus tard, dans l'attente du décès du maladif mari.

1836 est une année faste avec la signature d'un gros contrat pour ses Études de mœurs au XIXe siècle, le triomphe du Père Goriot et un statut inédit de père suite à une relation avec Maria du Fresnay. Les conquêtes féminines se suivent, les pages se noircissent sans répit. Mais les revers se font aussi nombreux, entre les problèmes financiers sans fin et les échecs continuels à l'élection à l'Académie française.
Photographie d'après le daguerréotype de Louis-Auguste Bisson, Portrait d'Honoré de Balzac, 1842, Paris, maison de Balzac
« Faire concurrence à l'état civil »

En 1842, il projette de réunir ses romans passés et futurs sous l'appellation La Comédie humaine. Au total près de 90 ouvrages. Le projet est ambitieux : il s'agit rien de moins de réaliser une « histoire naturelle de la société » en observant ses contemporains.

Affiche pour Petites misères de la vie conjugale, 1845, Paris« Vous ne vous figurez pas ce que c’est que la Comédie humaine ; c’est plus vaste, littérairement parlant, que la cathédrale de Bourges architecturalement » (Lettre à Zulma Carraud, janvier 1845).

En effet ! En 91 ouvrages, Balzac a donné vie à des milliers de personnages, offrant à chacun une histoire et une personnalité. Comme pour ne pas s'en séparer, il n'hésite pas d'ailleurs à faire intervenir 500 d'entre eux dans différentes histoires, créant le principe des « personnages reparaissants » dont le voyou Vautrin est un des plus célèbres.

Peintre de la vie et de la société, Balzac veut montrer le monde tel qu'il est, à Paris comme en province, chez les aristocrates comme chez les petites gens. Chaque roman apparaît comme une scène de cette colossale comédie dans laquelle joue l'Homme et dont il dresse « l'inventaire des vices et des vertus ».

Non content de donner ses lettres de noblesse au roman, jusqu'alors considéré comme un genre un peu douteux, il devient aussi un des pères du mouvement réaliste chargé de rendre compte, plus que de copier, de la réalité sous toutes ses facettes.

Pour cela, il accumule ces longues descriptions qui l'ont fait détester par des générations de lycéens, peu sensibles à l'idée que pour comprendre une personne, il faut d'abord connaître son environnement. Vingt ans plus tard, Émile Zola reprendra le flambeau en lançant l'aventure des Rougon-Macquart, seconde « cathédrale » de la littérature française.
« Une vie de forçat »

Balzac le reconnaissait lui-même : son quotidien était celui d'un forçat. Sa journée commençait à minuit, lorsque les créanciers ne se risquaient plus à venir frapper à sa porte.

La cafetière de Balzac, maison de Balzac, 47 rue raynouard 75016 ParisAprès avoir enfilé une robe de chambre qui lui donne l'aspect d'un moine, il s'installe à sa table de travail où il « jette [s]a vie comme l'alchimiste son or dans le creuset ».

Puis, c'est le moment de se lancer : « Balzac écrit, écrit et écrit sans arrêt, sans trêve. Une fois enflammée, son imagination continue de flamber et de s'embraser comme dans un incendie de forêt où le brasier gagne de plus en plus vite de tronc en tronc, toujours plus chaud, toujours plus ardent. La plume dans sa fine main féminine court si rapide sur le papier que le mot peut à peine suivre sa pensée. […] il ne cessera que quand la main sera paralysée ou quand ce qu'il écrit s'effacera devant son regard aveuglé de fatigue. [...] Si la bête paresseuse ne veut plus avancer, faisons-lui tâter du fouet ! Balzac se lève [...] et s'en va à la table allumer sa cafetière. Car le café, c'est cette huile noire qui seule remet en route cette fantastique machine-outil. »

C'est ainsi que « Balzac, comme un Sisyphe de la littérature, roule jour après jour le roc de son travail » ( Stefan Zweig).
Le Grand Bilboquet devient Empereur

En marge de La Comédie humaine, Balzac se lance en 1842 dans une autre aventure, puisque la mort de M. Hanski rend enfin possible le rêve d'une vie avec la comtesse. Pendant 18 mois, celle-ci hésite à quitter sa Russie pour s'engager avec un écrivain farfelu et toujours à court d'argent. Enfin, en 1843, Balzac débarque à Saint-Pétersbourg pour en repartir seul quelque temps plus tard, n'en rapportant qu'une inflammation cérébrale.

Ferdinand Georg Waldmüller, Portrait de madame Eva Hanska, 1835, Châteauroux, musée BertrandIl finit par rejoindre Mme Hanska à Dresde mais celle-ci ne parvient pas à rendre raisonnable son Grand Bilboquet : Balzac vient de se lancer dans l'achat de babioles hors de prix, à l'authenticité douteuse. La ruine est proche !

Mme Hanska étant tombée enceinte, il faut se remettre au travail et fournir à grands coups de tasses de café 20 feuillets journaliers. Le corps, épuisé à la tâche, ne peut plus donner assez d'énergie pour achever les manuscrits qu'on ne cesse de commander au romancier pour épurer ses dettes. La fausse couche de la comtesse, les allers-retours à Kiev finissent de le briser.

Ce n'est pas le mariage tant attendu, en mars 1850, qui le sauvera. Il meurt le 18 août suivant, veillé par son ami Victor Hugo qui le décrit avec ces mots : « Je le voyais de profil et il ressemblait ainsi à l'Empereur ». Celui que l'on a surnommé le Napoléon des Lettres laisse derrière lui près de 2.200 personnages orphelins.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:23


Jeanne du Barry (1743 - 1793)
«Encore un moment, monsieur le bourreau»

Née à Vaucouleurs (Lorraine) des amours d'une couturière, Anne Bécu, et d'un jeune moine déluré, Jeanne reçoit une éducation soignée chez les soeurs, à Paris, avant de devenir modiste.

Les débouchés de la profession lui paraissant limités, elle pratique par ailleurs la galanterie... La rumeur prétendra plus tard qu'elle aurait même exercé dans une maison de prostitution sous le nom de Mlle Lange.
Camille Vignolle
Madame du Barry en Flore (François Hubert Drouais, 1769)
Une modiste à la cour

Repérée par le comte Jean du Barry, libertin notoire, elle devient sa maîtresse. Le comte spécule sur ses charmes et la présente à différents personnages de la Cour, dont l'influent duc de Richelieu et Lebel, valet de chambre du roi Louis XV.

Celui-ci la présente à son maître qui, à 58 ans, souffre d'une impopularité croissante et ne se remet pas de la disparition de sa confidente, la marquise de Pompadour.

Séduit par la beauté, la vivacité d'esprit et la joie de vivre de la jeune femme, alors âgée de 25 ans, le roi l'élève au rang de maîtresse officielle. La nouvelle favorite épouse pour la bienséance le comte Guillaume du Barry, frère du précédent. Ses faveurs, on s'en doute, suscitent jalousies, libelles et haines féroces dans le milieu aristocratique de Versailles.

Elle-même tourbillonne au milieu des intrigues, faisant et défaisant les carrières, parfois avec bonheur. C'est ainsi qu'en décembre 1770, elle convainc le roi de se séparer de son Premier ministre le duc de Choiseul, favori de la Pompadour, très complaisant envers les « philosophes » et les parlementaires, chefs de file des classes privilégiées.

À sa place accèdent à la tête du gouvernement le duc d'Aiguillon, ministre des Affaires étrangères et de la Guerre, l'abbé Terray, contrôleur général des finances et le chancelier Maupeou. Ce « triumvirat » va avoir raison des parlementaires et ouvrir la voie à des réformes vigoureuses et pleines de bon sens, sans craindre d'affronter l'impopularité.
Derniers feux de la vie aristocratique

Le roi fait bâtir pour la comtesse un joli « pavillon des Eaux » à Louveciennes, près de Marly, à l'ouest de Paris. La décoration en est confiée à l'architecte Jacques-Ange Gabriel. Mais comme le pavillon s'avère trop petit pour recevoir le roi et sa suite, la comtesse projette un « pavillon de musique » dédié aux réceptions à l'extrémité de son parc, au-dessus de la vallée de la Seine. Elle en confie la réalisation à un jeune architecte prometteur, Claude Nicolas Ledoux, lequel invente pour l'occasion le « style du Barry » qui s'épanouira plus tard en style Louis XVI, et dont l'une des plus belles réalisations sera la cité d'Arc-et-Senans (Doubs), par le même Ledoux.
« Ton café fout le camp ! »

L’écrivain (bien oublié) Pisandat de Mairobert publie en 1777 une satire à charge sur la comtesse du Barry, composée d’un ramassis d’anecdotes. Ainsi raconte-t-il que, voyant le café déborder sur la plaque, elle aurait lancé à Louis XV, son amant : « Eh, la France, prends donc garde ! Ton café fout le camp ! » Il se pourrait que la comtesse se soit en fait adressée à l’un de ses valets qui s’appelait La France…

Quand le roi Louis XV tombe malade en mai 1774, la comtesse reste à son chevet tandis que s'éloignent la plupart des courtisans.

Mais sous le règne de son successeur, elle n'a d'autre choix que de s'exiler à Louveciennes, où elle cultive une longue liaison avec le duc de Cossé-Brissac et se signale par sa bonté envers les humbles, s'attirant le surnom de « bonne dame de Louveciennes ».

La fin est plus triste. Ayant dédaigné d'émigrer au commencement de la Révolution, la comtesse du Barry se rend toutefois à Londres à plusieurs reprises au motif d'y récupérer ses bijoux qui auraient été volés.

Ces voyages la rendent suspecte et elle est arrêtée pendant la Terreur, le 22 septembre 1793, sous l'inculpation d'intelligence avec l'ennemi.

Internée à Sainte-Pélagie, elle est guillotinée le 8 décembre suivant, sur l'actuelle place de la Concorde, à Paris, après avoir dénoncé plusieurs personnes dans le vain espoir de sauver sa (jolie) tête. La légende voudrait qu'à l'instant de mettre sa tête sous le tranchant de la guillotine, elle ait supplié le bourreau : « Encore un moment, monsieur le bourreau » !

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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:23


20 août 636
Les Arabes à la conquête de l'Orient

Le 20 août 636, quatre ans seulement après la mort du prophète Mahomet, les cavaliers arabes triomphent d'une nombreuse armée byzantine et s'emparent sans coup férir du Proche-Orient et de ses richesses.
Une victoire inespérée

À Médine, le calife Omar, énergique quadragénaire, avait été prévenu de l'approche d'une armée grecque. Il en avertit Khalid, son meilleur général.

Celui-ci réunit l'ensemble des combattants musulmans et, après cinq jours de marche, fait face à l'ennemi.

Cavaliers arabes (manuscrit arabe de la BNF)L'affrontement décisif a lieu sur les rives du Yarmouk, un affluent du Jourdain à une centaine de kilomètres au sud de Damas.

L'armée byzantine est supérieure en nombre mais peu motivée...

Surtout composée d'Arméniens et... d'Arabes, elle est pénalisée par les querelles théologiques entre les patriarcats de Constantinople et du Proche-Orient.

Bien que chrétiens comme l'empereur Héraclius, les Orientaux négligent de prêter leur concours à son armée.

Celle-ci est donc battue sans que cela affecte d'ailleurs Constantinople, qui s'inquiète bien davantage du péril perse ou encore bulgare.

Fort de cette victoire inespérée, Khalid occupe Damas, capitale de la Syrie. Seules une quinzaine d'églises sont laissées aux chrétiens. Il occupe par ailleurs Antioche, métropole prestigieuse de l'Orient hellénistique. C'est ainsi que la riche Syrie tombe sous la domination arabe.

Deux ans plus tard, c'est au tour de Jérusalem de tomber aux mains des musulmans. Les chrétiens sont tolérés dans la ville sainte moyennant tribut cependant que les juifs en sont chassés.

En 642, les cavaliers arabes occupent Alexandrie, capitale de l'Égypte, et défont les Perses sassanides. Ils dominent dès lors la Syrie, l'Égypte et la Mésopotamie, rebaptisée Irak, et la plus grande partie de la Perse (*), soit les régions les plus riches de l'Orient antique.
Divorce en Méditerranée

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Après la bataille du Yarmouk, les Arabes vont connnaître une longue suite de victoires. Elles vont leur livrer tout le bassin méridional et oriental de la Méditerranée. C'est la fin de l'unité du bassin méditerranéen organisée autour de la culture gréco-romaine et de la foi chrétienne.

Une nouvelle époque historique commence où le bassin méditerranéen est organisé autour de trois grandes aires de civilisations : l'aire gréco-byzantine, chrétienne orthodoxe autour de la mer Égée et des Balkans, la chrétienté catholique romaine, à la pointe occidentale de l'Europe, enfin le monde musulman, de l'Andalousie au Moyen-Orient.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:25

20 août 1866 : naissance du certificat d'études primaires

Par la circulaire du 20 août 1866, Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique de Napoléon III, institue un certificat d'études primaires destiné aux « élèves qui auraient subi avec succès un examen portant au moins sur l'enseignement obligatoire », c'est-à-dire la lecture, l'écriture, l'orthographe, le calcul et le système métrique.

L'organisation de l'examen est laissé à la libre discrétion des conseils généraux qui administrent les départements et il faudra attendre un arrêté de Jules Ferry, ministre de l'Instruction publique sous la IIIe République, le 28 mars 1882, pour qu'enfin l'examen soit organisé sur une base nationale.

Le « certif » va très vite devenir le sésame des jeunes paysans méritants vers les emplois de la fonction publique et un moteur puissant d'ascension sociale. Il va aussi contribuer à la sanctification de l'école et de la culture classique (souci de l'orthographe et de la calligraphie, passion pour l'Histoire...). Pourtant, même après la Seconde Guerre mondiale, il ne sera octroyé qu'à la moitié de chaque classe d'âge, les instituteurs ne présentant à l'examen que leurs meilleurs éléments.

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20 août 1988 : Fin de la guerre Irak-Iran

Le 20 août 1988, un cessez-le-feu à l'initiative de l'ONU met un point final à la guerre Irak-Iran. Celle-ci a été déclenchée huit ans plus tôt par le dictateur irakien Saddam Hussein qui voulait tirer profit de l'état de guerre civile dans lequel était plongé son voisin et rival depuis la révolution islamique. Dans les faits, l'Iran s'est vite ressaisi et obtient en fin de compte un retour aux frontières initiales, au prix d'un million de morts au total...
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:29


Pie VII (1740 - 1823)
Un pape face à l'Empereur des Français

Le moine bénédictin Grégoire Barnabé Chiaramonti, proche de sa famille et réputé pour sa douceur et sa bonté, est élu pape le 14 mars 1800 à Venise sous le nom de Pie VII, à 59 ans.

Il succède à Pie VI, lequel avait condamné (avec retard) la Constitution civile du clergé français puis joué un rôle modérateur en Lombardie lors de l'invasion française de 1796. Il était mort en exil à Valence le 29 août 1799 après avoir été arrêté par le général Berthier.

Sous l'influence du cardinal Consalvi, le nouveau pape accueille avec faveur l'offre d'un Concordat le 17 juillet 1802. Cet homme de foi souffre en effet de voir des millions de Français vivre en-dehors de l'Église.

Mais il ne tarde pas à découvrir le caractère impérieux de Napoléon lorsque celui-ci lui intime de venir le couronner à Paris. À l'aube du 1er décembre, le mariage religieux de Napoléon et Joséphine est célébré aux Tuileries à la sauvette. Le lendemain, le sacre de Napoléon et Joséphine a lieu à Notre-Dame.

Conciliant sur les questions politiques mais intransigeant sur les principes religieux, Pie VII refuse l'annulation du premier mariage de Jérôme, frère de Napoléon 1er. En représailles, l'Empereur des Français fait derechef occuper une partie des États pontificaux.

Plus grave, le pape refuse d'appliquer le Blocus continental par souci de neutralité. Il doit du coup subir l'occupation de Rome en 1808. Il excommunie Napoléon le 10 juin 1808, ce qui lui vaut d'être arrêté par le général Radet le 4 juillet 1809. La situation redevient tragi-comique en février 1810 lorsque Napoléon exige d'annuler son mariage. Seuls les revers militaires de l'empereur assureront la liberté de Pie VII en mars 1814.

Comme afin de clore les excès de la Révolution et du siècle passé, le pape rétablit solennellement la Compagnie de Jésus (les jésuites) le 7 août 1814. Il se montrera généreux envers les Bonaparte déchus et modéré dans le contexte de la Sainte-Alliance qui suit la chute de l'Empire français.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:30

Le misonéisme (du grec miso- : « qui hait » et néo : « nouveau ») est l'attitude qui consiste à rejeter toute innovation. On dit aussi néophobie.
Un double exemple de misonéisme illustré par C.G. Jung

Dans L'Homme et ses symboles (1964), Carl Gustav Jung nous explique la résistance à sa théorie et l'illustre d'un autre exemple, celui de la résistance au concept d'évolution.
La résistance à la théorie jungienne

Dans la perspective jungienne, questionner l'inexistence d'un concept (ou d'un autre) et refuser de discuter avec soi-même se nomment « être en résistances ». « Être en résistances », c'est en premier lieu être résistant à soi-même, à sa propre nature même.

Ces résistances, cette résistance, peu(ven)t être intellectualisée(s), sous la forme de critiques intellectuelles attaquant la théorie : par exemple, dire que la psychologie jungienne ne renvoie pas au réel, ou est une pseudo-science, ou qu'elle est machiste, ou féministe, de droite ou de gauche, etc.

En tout cas, dans la perspective jungienne, cette résistance renvoie à un conflit intérieur qui n'a pu être assumé et dépassé par de la construction mais qui donne plus qu'à voir dans cette perspective qu'un enchevêtrement de positions ou de postures intellectuelles renvoyant à un conflit : une zone où il y a de « l'autre encrypté en nous », qui ne nous est pas supportable.

Même si le réel peut donner lieu à de la pensée libre, à de la libre mise en sens du réel, ou même de la critique de cette pensée, il est, dans le cadre de la clinique, douté, en premier lieu. Car trop proche des allants de soi (entendus ici comme des allants de soi malheureux).

Finalement, quand l'autre, son propos, ses actes, nous sont insupportables, c'est que nous le sommes à nous-mêmes.
La résistance au concept d'évolution

Dans son ouvrage L'Homme et ses symboles, C.G. Jung nous explique un exemple de résistance classique face à la nouveauté (Laffont, 2002, p. 30 à 33) et en particulier à sa théorie et plus encore que l'Homme face à lui-même : le misonéisme.

Le même ouvrage (p. 33) nous donne à voir deux représentations de cette résistance. L'une sur les concepts de l'évolution, illustrée par une caricature de singe avec un panneau «I am a man and a brother », qui rappelle les résistances de l'opinion publique face aux théories darwiniennes, et une autre de 1861 issue de l'ouvrage Punch, de l'humoriste James Thurber (selon l'auteur, J. Thurber, repris par C.G. Jung pour le commentaire de cette image), dont la tante avait peur que l'électricité ne se répandît - en sortant du câblage comme de l'eau - dans toute la maison.
La conclusion de C.G. Jung

Cette même résistance existe face à la théorie de C.G. Jung car l'Homme se résiste à lui-même.

En effet, selon C.G Jung (même ouvrage p.31), « Il est facile de comprendre pourquoi les rêveurs tentent d'ignorer ou même de rejeter le message qui leur est ainsi communiqué. La conscience résiste naturellement à tout inconscient et inconnu. J'ai déjà signalé l'existence de ce que les anthropologues appellent « le misonéisme », c'est-à-dire une peur profonde, superstitieuse, de la nouveauté. Les primitifs ont la même réaction que l'animal sauvage devant des événements désagréables. Mais l'homme « civilisé » réagit devant les idées nouvelles. (...) La psychologie est une science des plus jeunes et, parce qu'elle s'efforce d'élucider ce qui se passe dans l'inconscient, elle se heurte à une forme extrême de misonéisme ».
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:34

LES ORIGINES DE NEANTHERDALES

KARAGANDA, KAZAKHSTAN—Archaeologists have unearthed a Bronze Age burial mound constructed of five walls in northern Kazakstan. "It's made from stone, earth, and fortified by slabs in the outer side," Saryarka Archaeological Institute researcher Viktor Novozhenov told Live Science. The height of the mausoleum's walls increases gradually the closer they are to the mound's center, which led some news outlets to compare the mausoleum to the step pyramid of Djoser in Saqqara, Egypt. But Novozhenov points out that the mound was at most six feet tall, much smaller than the pyramid in Saqqara, which was built some 1,000 years earlier. Though the tomb had been looted, the team found late Bronze Age pottery as well as a bronze knife near its main chamber, which likely once held the remains of a chieftain or clan leader. To read more about Bronze Age archaeology on the Eurasian steppes, go to "Wolf Rites of Winter.

Archaeologists digging a Bronze Age site on the Russian steppes are using evidence from language and mythology to understand a remarkable discovery

By ERIC A. POWELL

Archaeologists found chopped dog and wolf bones scattered at the small Bronze Age settlement of Krasnosamarskoe.



Around 4,000 years ago, on the steppes north of the Black Sea, a nomadic people began settling down in small communities. Known today as the Timber Grave Culture, these people left behind more than 1,000 sites. One of them is called Krasnosamarskoe, and Hartwick College archaeologist David Anthony had big expectations for it when he started digging there in the late 1990s. Anthony hoped that by excavating the site he might learn why people in this region first began to establish permanent households. But he and his team have since discovered that Krasnosamarskoe has a much different story to tell. They found that the site held the remains of dozens of butchered dogs and wolves—vastly more than at any comparable site.



Nerissa Russell, the project’s archaeozoologist, says, “I remember saying early on in the dig that we were finding a lot of dog bones. But I had no idea how important they would turn out to be.” When the team got to work analyzing all the animal bones in the lab, they identified the remains of about 51 dogs and seven wolves, as well as six canines that could not be classified as either. At other Timber Grave sites, dog and wolf bones never make up more than 3 percent of the total animal bones found. At Krasnosamarskoe, they made up more than 30 percent. “I don’t know of any other site in the world with such a high percentage of dog bones,” says Russell. She and her team found that most of the dogs were unusually long-lived, up to 12 years old in some cases, which meant they were probably not raised for food. “Were they treasured pets, hunting dogs, or pariahs? We don’t know,” she says. “But they are so old that these were dogs that had been around for a while and had some kind of relationship to these people.”



1 bones

Pieces of dog skull from the site were cut into small, standardized pieces that may have had ritual significance.
To add to the mystery, the bones were cut in unusual, systematic ways that did not resemble ordinary butchering practices. Snouts were divided into three pieces and the remainder of the skulls were broken down into geometrically shaped fragments only an inch long. No one would have made these cuts to simply get meat off the bones.



Anthony and his wife, archaeologist Dorcas Brown, knew it was a unique discovery. Brown, in particular, suspected the canines were probably sacrificed there as part of a ritual and decided to examine the research literature broadly on the subject of rituals involving dogs. What she discovered was that there was indeed a body of work on just such ancient practices. In an unusual move for prehistoric archaeologists, they decided to consult historical linguistics and ancient literary traditions to better understand the archaeological record.

http://www.archaeology.org/issues/102-1309/features/1205-timber-grave-culture-krasnosamarskoe-bronze-age

They knew that the people who lived at Krasnosamarskoe almost certainly spoke an Indo-European language. This huge language family today consists of most of the European languages including English, and many spoken in Asia, such as Hindi. All these languages are “daughters” of one language, which was probably spoken on the Eurasian steppes between 4500 and 2500 B.C.. Historical linguists call it Proto-Indo-European (PIE). By comparing words across all the ancient and modern Indo-European languages, they have been able to reconstruct a great deal of the lexicon of this long-dead language. Not only have they reconstructed—and traced across these ancient Indo-European cultures—terms as varied as the words for bee, wheel, and snore, but linguists can also make inferences about these cultures from this vocabulary.



Despite the rich picture of ancient life that can be drawn of ancient life in this way, many archaeologists are hesitant to trust reconstructed PIE word roots and concepts. “This is the kind of information that prehistoric archaeologists would normally kill to have,” says Anthony, “but they generally distance themselves from Indo-European linguistics because they can’t really see how the two sets of data can be combined.” Anthony has spent much of his career trying to convince his colleagues that the efforts of linguists and mythologists shouldn’t be ignored. “I’m interested in combining linguistic and mythological evidence with archaeological evidence,” he says. “These roots contain information about kinship, systems of honor, systems of debt, lordship, and feasting. We ought to be mining this vocabulary to figure out what was going on in their minds.”



So, without consulting these linguistic sources, many archaeologists would have been satisfied simply knowing the dogs were sacrificed. But Brown and Anthony’s passion for bringing linguistic evidence to bear on archaeological discoveries made them go deeper. “I think it’s lucky that we were the ones who excavated the site,” says Anthony.





Brown continued to search the literature on Indo-European ceremonies for information on dogs that might yield clues about what kind of ritual was being practiced at the site. She found that historical linguists and mythologists have long linked dog sacrifice to an important ancient Indo-European tradition, the roving youthful war band.

http://www.archaeology.org/issues/102-1309/features/1205-timber-grave-culture-krasnosamarskoe-bronze-age#art_page2

n the ancient Celtic, Germanic, Greek, and Indo-Iranian traditions, young men often left their families to form warrior societies. “These were young guys on the edge of society who occasionally would steal cows, and you’d rather they were off stealing someone else’s cows,” says Anthony. “So they were expelled from their social groups and told to raid other communities.” In Germanic traditions, these bands of young warriors thought of themselves as wolf packs. A famous myth about the hero Siegfried has him donning a dog skin to go raiding with his nephew, whom he is training to become a warrior. In the Rigveda, an ancient Sanskrit text composed sometime before 1000 B.C., young men can only become warriors after sacrificing a dog at a winter ceremony and wearing its skin for four years, which they burn upon their return to society.



Cairn
(© Christophe Boisvieux/Corbis)

Enigmatic stelae dating from about 1300 to 1000 B.C. were found in a tomb near Kivik, Sweden. One (second from left) may depict a long-standing Indo-European rite initiating boys into the warrior class. Along its bottom, eight hooded figures follow a leader. The number eight may have held some special significance to youthful Indo-European war bands.



The institution of youthful war bands that go on seasonal raids is so widespread in Indo-European cultures that historical linguists and mythologists concluded that it had to be a long-standing PIE tradition, and that these young men became warriors during a mid-winter ritual that involved dog sacrifice. Linguists even reconstructed the PIE word for these warrior bands: koryos. But, as with many reconstructed PIE words and ideas, physical proof that koryos actually roamed the Eurasian steppes thousands of years ago had been lacking. Anthony and Brown, however, because of the sheer number of dog and wolf bones at the site, strongly suspected Krasnosamarskoe might indeed be a site of one of these midwinter koryos initiations. But they needed to prove that this reconstructed tradition existed 4,000 years ago.



Once they sent the canine teeth from the site to archaeozoologist Anne Pike-Tay, who studies incremental growth bands on teeth to determine what season an animal died in, the final piece of the puzzle fell into place. She was able to determine the season of death for 17 of the canines and found that 16 of them were killed in the wintertime. Cows sacrificed at the site, by contrast, were killed year-round. For Anthony and Brown, this was a powerful piece of evidence that koryos existed hundreds of years before they were first mentioned in the Rigveda.





Just as roving bands of youthful raiders played an important role in later Indo-European societies, Anthony thinks they would have been critical to the Timber Grave people. “It was an organized way of not just controlling potentially dangerous young men,” he says, “but it was a way of expanding and gaining wealth.” Indeed, Anthony thinks koryos could help explain why Indo-European languages spread so successfully. Previous generations of scholars imagined hordes of Indo-Europeans on chariots spreading their languages across Europe and Asia by the point of the sword. But Anthony thinks Indo-European spread instead by way of widespread imitation of Indo-European customs, which included, for example, feasting to establish strong social networks. The koryos could have simply been one more feature of Indo-European life that other people admired and adopted, along with the languages themselves.

http://www.archaeology.org/issues/102-1309/features/1205-timber-grave-culture-krasnosamarskoe-bronze-age#art_page3

Wolf Rites of Winter

Near a Celtic stronghold in France, a burial dating to about A.D. 100 held the remains of eight men and eight horses. Archaeologist David Anthony thinks that in the Indo-European tradition, eight warriors may have been the ideal complement of youthful war bands.



Since he and Brown have begun following the linguistic trail of the koryos, Anthony has come across other puzzles in both the archaeological record and in texts that could potentially be solved in similar ways. In particular, he thinks a possible association of warrior bands with the number eight might be significant, since it occurs frequently. “In Iron Age Indian texts, boys are eight years old when they first begin training, then at 16 they are initiated into warriorhood,” says Anthony. “In the Siegfried myth,” he continues, “the hero tells his nephew not to call for him unless attacked by more than seven men ... which is eight.” At a 3,000-year-old Bronze Age tomb in Kivik, Sweden, stelae lining the inside of the grave chamber depict eight figures in hoods following a leader. “That could be a depiction of an initiation ceremony,” says Anthony. At a Celtic settlement in France that dates to about A.D. 100, eight horses and eight men were buried together. Perhaps, posits Anthony, koryos were ideally groups of eight young men, and that fundamental unit of warriors endured into later times.



Anthony is now looking ahead to a time when archaeologists will be willing to use linguistic and literary evidence to understand the prehistoric past in much more subtle ways than they do now. He notes, as an example, that koryos is not the only term for warrior band in reconstructed PIE. There is another word that was apparently used to refer to a larger group of warriors that included all the grown men of a community—surely a very different kind of grouping. “These kinds of distinctions,” he says, “are impossible to dig up with a trowel. We have only barely begun to use the information in the Proto-Indo-European vocabulary to understand the people who spoke it.”



Eric A. Powell is online editor at ARCHAEOLOGY.



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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:35

Une réaction désigne la politique prônant et mettant en œuvre un retour à une situation passée réelle ou fictive, selon le point de vue, révoquant une série de changements sociaux, moraux, économiques et politiques. Un partisan de la réaction est nommé « réactionnaire ». Le terme s'oppose à révolutionnaire, à progressiste, ces derniers employant de façon raccourcie le mot « réac », pour désigner péjorativement toute personne identifiée comme réactionnaire qui s'oppose aux idéaux qui se veulent progressistes. Réactionnaire s'oppose encore à conservateur, dans une moindre mesure en raison du flou sémantique.

La pensée réactionnaire rejette un présent perçu comme « décadent » et prône un retour vers un passé idéalisé, voire considéré comme fictif par leurs opposants[réf. souhaitée]. Le terme serait apparu au cours de la Révolution française de 1789, pour qualifier le mouvement s'opposant aux changements initiés par les révolutionnaires, et voulant revenir à l'Ancien Régime.

Dans le Manifeste du Parti communiste, Karl Marx affirme que les « classes moyennes [...] combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire[1]. »

Les religions sont parfois qualifiées de réactionnaires par les militants qui se réclament du progressisme. Cela provient en partie de l'opposition de ces derniers à des philosophes religieux comme Louis de Bonald, Joseph de Maistre et François-René de Chateaubriand, et en partie de ce que Karl Popper a appelé la croyance progressiste dans le caractère manifeste de la vérité, qui conduit ceux-ci non pas à construire la connaissance mais à chercher quels obstacles s'opposeraient à la manifestation de la vérité, à identifier la religion comme génératrice de préjugé et finalement à chercher à abolir la religion.
Usage polémique

Le terme « réactionnaire » est parfois utilisé, dans un contexte polémique, pour désigner de manière péjorative une personne s'opposant à certains changements de la société. C'était dans les régimes communistes une insulte adressée aux dissidents et aux démocraties libérales occidentales. Dans L'Opium des intellectuels (1955), le philosophe français Raymond Aron note également que le terme de réaction peut servir à forger un ennemi imaginaire pour faciliter la cohésion d'un camp politique. Il écrit par exemple que « radicaux et socialistes ne se sont réellement accordés que contre un ennemi insaisissable, la réaction »[2].
Usage contemporain

Plus récemment en France, le terme a été utilisé par Daniel Lindenberg, dans Le Rappel à l'ordre : enquête sur les nouveaux réactionnaires (2002), pour qualifier des intellectuels de nouveaux réactionnaires. Au-delà de ce livre, l'expression "réactionnaire" ou "nouveau réactionnaire" est utilisée pour désigner une frange d'intellectuels et de décideurs qui selon leurs détracteurs se retrouvent dans une apologie de l'ordre moral, de la sécurité et de l'identité. Le terme "réactionnaire" stigmatise la conversion d’un certain nombre d’intellectuels, parfois initialement marqués à gauche, à un paradigme de croyances nostalgiques qui, face à l’évolution de la société et du monde jugée négativement, prônent le retour à « l’ordre, l’autorité, la restauration des valeurs [...], voire le culte des racines et des identités constituées ».

Pour Maurice Maschino du Monde diplomatique, en 2002, les personnes publiques concernées sont ainsi : Alain Finkielkraut, Éric Zemmour, Ivan Rioufol, Pascal Bruckner, Alexandre Adler, Philippe Muray, Pierre-André Taguieff, Shmuel Trigano, Régis Debray, Luc Ferry, ainsi que les écrivains Michel Houellebecq et Maurice Dantec, auxquels il ajoute des publications telles que Marianne, Causeur ou la revue Panoramiques [3].

En 2007, un des intellectuels visés, Pierre-André Taguieff, a répliqué avec un ouvrage intitulé Les Contre-réactionnaires. Le progressisme entre illusion et imposture. Il y développe la thèse que les véritables réactionnaires sont ceux qui se cachent derrière le terme de progressistes et utilisent le terme de réactionnaire pour disqualifier leurs opposants dans une optique de terrorisme intellectuel voire d'« inquisition »[4]. Pour Taguieff, « le progressisme, c'est la foi dans le progrès sans l'esprit critique ni le sens de la tolérance, avec la conviction dogmatique de posséder la vérité et d'être installé dans le Bien. »« Si les réactionnaires n'avaient pas existé, les progressistes les auraient inventés. Lorsqu'ils n'existent plus, ils les inventent. »[5]

L'accusation de réactionnaire est parfois retournée contre des mouvements qui s'identifient comme progressistes, ainsi du mouvement anti-OGM, du mouvement antinucléaire, des partisans du principe de précaution, des écologistes de gauche ou celui des opposants à la mondialisation[6],[7].

Harold Bernat définit la réaction comme « la préservation oppositionnelle d'une réalité menacée de disparition »[8]

Le philosophe Rémi Brague pose quant à lui la question : « Le prétendu "réactionnaire" est-il le seul vrai "progressiste" ? »[9]

http://www.wikiwand.com/fr/R%C3%A9action_(politique)
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:36

Jan de Witt (1625 - 1672)
L'apogée des Provinces-Unies

Jan de Witt (Dordrecht, 24 septembre 1625 - La Haye, 20 août 1672) Fils d'un bourgmestre de Dordrecht, Jan de Witt est élu à 28 ans, en 1653, Grand pensionnaire des États de Hollande, autrement dit chef du gouvernement des Provinces-Unies.

Il va le demeurer jusqu'à la veille de sa mort dramatique, près de trente ans plus tard, hissant la jeune République au sommet de sa puissance.

Il établit d'abord la paix avec l'Angleterre de Cromwell et, pour écarter les sources de conflit avec le reste de l'Europe, édicte l'Acte d'exclusion contre la maison d'Orange, héritière du héros de l'indépendance. Mais il ne peut éviter une nouvelle guerre avec l'Angleterre qui l'amène à céder la Nouvelle Amsterdam (New York) par le traité de Breda le 31 juillet 1667.

Pendant la guerre de Dévolution conduite par Louis XIV, il constitue avec la Suède et l'Angleterre la Triple-Alliance de La Haye en vue de contenir l'ambition du Roi-Soleil. Celui-ci doit se résoudre à une paix de compromis avec le traité d'Aix-la-Chapelle, le 2 mai 1668.

Mais Louis XIV, décidé à punir l'insolent, se lance dans la guerre de Hollande. Le 12 juin 1672, il traverse le Rhin et envahit le pays. Il refuse une offre de paix généreuse. À quoi le gouvernement hollandais réagit en ouvrant les écluses et inondant le pays.

Dans la défaite, les orangistes relèvent la tête et font élire Guillaume III de Nassau-Orange stathouder de Hollande et capitaine général des Provinces-Unies. Ennemi le plus déterminé de Louis XIV, il finira sur le trône d'Angleterre.

Le 24 juillet 1672, Cornelis de Witt est arrêté sous l'accusation d'avoir tenté d'assassiner le stathouder. Le 4 août suivant, Jan de Witt démissionne de sa charge.

Le 20 août 1672, alors qu'il rend visite à son frère, les deux hommes sont victimes d'une émeute orangiste et mis en pièces.
Marie Desclaux.
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 19 Aoû à 3:46

COLONNE DURRETI, LES TCHERKESS, Y'BECCA ET LE GÉNÉRAL COLLET

TIGNARD YANIS‏ @TIGNARDYANIS 8 hil y a 8 heures
TOULOUSE, ELLE EST COMME CE GENDARME DANS REMI SANS FAMILLE; ELLE EST CRUELLE DANS SON ÉLITE POLITIQUE: ORGUEILLEUSE DE SA PERSONNE. TAY

JE DOIS DIRE QUE TOULOUSE EST MA TERRE NATALE ET J'AIME SON CLIMAT, SA FAUNE ET SES PAYSAGES MAIS JE N'AIME PAS LA MENTALITÉ TOULOUSAINE. Y

LE CHOIX DU CONSULAT AMÉRICAIN À TOULOUSE N'EST PAS POUR CALOMNIER; JE VOULAIS EXPRIMER MON AMERTUME ENVERS TOULOUSE ET SES ÉLITES. TAY

TOULOUSE EST LA QUATRIÈME VILLE DE FRANCE, ELLE EST DYNAMIQUE MAIS, J'AI L'IMPRESSION D'ÊTRE DANS LE BAL DES VAMPIRES DE POLANSKI: AMER. TAY

LA PLUPART DES RÉGIMES POLITIQUES TOULOUSAINS SONT DANS UN IMMOBILISME, CHACUN ATTENDANT LES ORDRES TRANSMIT DES CENTRALES PARISIENNES. TAY

À TOULOUSE: ILS SONT VANITEUX EN FOOTBALL ALORS QU'ILS ONT JAMAIS RIEN FAIT; ILS SE DISENT TOULOUSAINS ALORS QU'ILS VIENNENT DE LAUTREC. TAY

J'AI CONNU LILIAN BUZZICHELLI QUAND J'ÉTAIS ENFANT ET À L'ÉPOQUE, IL DISAIT DES SACRÉS NOMS D'OISEAUX SUR LES POLITICIENS TOULOUSAINS. TAY

J'AURAI CRU QUE TOULOUSE FERAI PARTI DE SES VILLES MODERNES MAIS ELLE NE VIT QUE DES ATTRIBUTS DE LATÉCOÈRE ET DE LA GUERRE D'ESPAGNE. TAY

SANS LES ANCIENS DE LATÉCOÈRE ET LE DÉBROUILLARD BUZZICHELLI AVEC LA DYNASTIE BAUDIS, IL N'Y AURAIT JAMAIS EU AÉROSPATIALE TOULOUSAINE. TAY

QUAND J'AI APPRIS CE QUE LES PARTIS POLITIQUES TOULOUSAIN NOUS ONT OFFERT AUX LÉGISLATIVES, JE PLEURE DE LA RÉALITÉ TOULOUSAINE À VENIR. TAY

TOULOUSE, UNE CITÉ UNIVERSITAIRE AUX DESTINS ET DESTINÉES MULTIPLES AUQUEL POURTANT, JE NE PEUX QU'AVOIR DES REGRETS SUR L'INITIATIVE. TAY

LES ÉLITES TOULOUSAINES SE CROIENT AU DESSUS DE 'ESPACE CAR FAISANT PARTIES DES MERVEILLEUSE AVENTURES SPATIALES: DES INGRATS MALPOLIS. TAY

LA CONSCIENCE EST LA CONVICTION; CELLE QUI ANIME L'ANIMAL BLESSÉ À REGARDER CE QUI LUI RESTE DE TEMPS À VIVRE POUR MOURIR SEREINEMENT. TAY

BEAUCOUP D'ENTRE-NOUS SONT MUETS DE RESPECTS DANS SES DOCUMENTAIRES ANIMALIERS OÙ LA SURVIE SE LIE AUX RESPECTS D'ÊTRE: LES ANIMAUX. TAY

LE RESPECT DU REGARD MALGRÉ L'ADVERSITÉ DE L'EXISTENCE SANS AVOIR À DIRE QUE JE SUIS LE FILS DE CELUI OU DE CELLE: PARLER DE SES IDÉES. TAY

TOULOUSE; J'AIME MON HABITUDE ET J'ESPÈRE VIVRE D'AUTRES MOMENTS. POURTANT, J'AI DE LA RANCOEUR ENVERS SES SOCIALISTES ET SES ESPAGNOLS. TAY

MA RÉALITÉ EST LIÉE AUX LAMENTATIONS AUTRES QUE LE MUR DE JÉRUSALEM: À TOULOUSE, ILS ONT TOUS FUI LA GUERRE À LEURS DIRE: LES ÉLITES. TAY

L'HÉROÏSME, JE VOIS RAREMENT DES HOMMES ET DES FEMMES PARLAIENT EN ÉLOGES DE LEURS FUITES: MAIS À TOULOUSE, C'EST LA POLITIQUE VIVANTE. TAY

L'OBSCURITÉ DE L'OBSERVATION ET DE SES ÉVOLUTIONS MONTRE UN OBÉLISQUE SACHANT INDIQUER LE MOUVEMENT DES NUAGES ET DU VENT: LE BORDELAIS. TAY

LE CARACTÈRE CALME DE LA PRESSE À TOULOUSE S'EST D'ÊTRE OBÉISSANCE ET RESPECTUEUSE AUX FAMILLES: DES ÉTHIQUES D'ARGENT ENTRE ÉLITES. TAY

MEA CULPA SE FAIT ENTENDRE SUR LA CITÉ ROSE ENDORMIE SUR SES VIGNES FERTILES, L'ÉLITE TOULOUSAINE SAVOURE L'ÉTHIQUE D'ÊTRE UNIQUE. TAY

MAIS, JE ME SOUVIENS DE CE QUE AS DIT BENOÎST APPARU; TOULOUSE A TROP JOUÉ AVEC LES PATRIMOINES: MISE EN GARDE OU PAVÉ DANS LA MARE. TAY

TOULOUSE EST ENGLUÉE EN DES RÈGLES D'ATTRIBUTIONS POLITIQUES ET MONDAINES AUXQUELLE TOUTE PERSONNE DIVERGENTE NE PEUT ÊTRE INTÉGRER. TAY

DANS LE CRÉPUSCULE DES MOUETTES, LA GARONNE CÉLÈBRE L'ÉMOTION DES MOEURS PRÉHISTORIQUES; LES CORMORANS REJOIGNENT LES CORBEAUX: BOSTON. TAY

UN LÉGER VENT DU SIROCCO SOUFFLE SUR LES ALLÉES JEAN JAURÈS ALORS QUE LA TOUNDRA ÉMERGE DE LA RUE ALSACE-LORRAINE: L'ORPHELIN ET L'ÊTRE. TAY

LE REGARD SE PORTE SUR LE PONT SAINT MICHEL, LE TRAMWAY EFFECTUE SA ROUTINE QUOTIDIENNE DANS LE PERIPLE TOULOUSAIN: UNE RÉALITÉ RÉELLE. TAY

LE PEUPLE SE TROUVE DANS LES RUES ET LES RELIQUES SONT SAUVEGARDÉES PAR LES LAÏCITÉS TOULOUSAINES ET PUBLIQUES: L'ÉPINE DU PATRIMOINE. TAY

LE RHÔNE SE FAIT RUGISSEMENT PAR LES AÉROPORTS DE LYON ET MARSEILLE ALORS LA DOUCE GARONNE FAIT APPEL AUX YEUX ET BRAS DE L'EMBOUCHURE. TAY

MONTPELLIER EST ISOLÉ FACE AUX FLEUVES DE LA DOUCE FRANCE MAIS IL LUI RESTE SES ROUTES FERROVIAIRES ET MARITIMES POUR CHANTER PARIS. TAY

LE TEMPS DE LA TEMPÉRANCE NE SE FAIT PLUS ENTENDRE DEVANT LA TEMPÉRATURE DÉCLENCHANT LES TEMPÊTES ET LE TERRORISME AVALANT LES ÉTHIQUES. TAY

DANS CES PHÉNOMÈNES, TOULOUSE ET PARIS SONT RESTÉS DANS DES ASPECTS INAPPROPRIÉS AYANT REFUSÉS D'ENTENDRE GORDON PACHA: LA CHOUETTE. TAY

DÉS L'AUTOMNE SE PRÉSENTE; PRÉVOYAIT L'HIVER. CONSULAT AMÉRICAIN DE TOULOUSE.
TAY

ECRIT DE
TAY
LA CHOUETTE EFFRAIE

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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Mar 22 Aoû à 9:17

TALMUD DE JERUSALEM ET LIVRES DES JUGES

CITOYEN TIGNARD YANIS RACONTE

La lanterne et le phare.

Ah, ces souffrances nocturnes qui travaillent à sceller nos destins.
Elles ne sont pas telles une fortune qui en vient dénouer ses liens.
Dans les appartenues de sottise, les apparences se font chimères.
Un silence criard fait entendre la note absolue: la sirène de mer.

Quelle est la date ? Tu feuillettes le livre des songes devant le ton.
L'amer qui est remplaçait par le plaisir et le désir supplante l'envie.
Reconnaissance fait signe au phare, la lumière soigne la distinction.
Le cri de la lanterne rencontre l'absolue divinité en moi: la survie.

POEME DE
TAY
LA CHOUETTE EFFRAIE

------------------

TALMUD DE JERUSALEM ET LIVRES DES JUGES

CITOYEN TIGNARD YANIS RACONTE YAHVE

Nagalïéw du clan de la Garonne poursuit ses rêves dans les infini
de l'imaginaire et de l'éther. Ses souvenirs ne s'estompent pas
de sa mémoire. O, elle a traversé les souffles du Sahara et les
rugissement des grands océans tel le chameau et l'albatros...

Dans la clarté des anges, des milliers de papillons se distinguent
Dans ses yeux, elle qui approche de ce lieu: Rêves des hommes
Et jamais atteint par aucun d'entre eux sauf les navigateurs nomades.
elle entends alors ses convictions devant sa conscience et ses sœurs !

Telle un vaisseau malade depuis la disparition de Eole partis rejoindre
Le grand vide. Nagalïéw regarde l'escalier de la gravite et sans le moindre
repère part rejoindre cet infini aussi lointain que peut l'être le pacifique.
Minouska regarde son amie dans ce mouvement et miaule un écho...

Dans ce monde de nuances, Nagalïéw et Minouska sont unies de sang.
Ayant des aspects de vies, l'une est écliptique et l'autre est rotationnelle.
Chacune dans le souffle de vie portant sur le concept fondamentale...
Sublime dans le déplacement, je suis dans l'inconnu du commentaire.

Ecrit de
TAY
la chouette effraie
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MessageSujet: Re: ISABELLE II, LE CARLISME, LA RÉPUBLIQUE ET Y'BECCA   Sam 9 Sep à 3:18

SON PRÉNOM EST NINA, DOUCE NUÉE DU MARCHÉ SAINT CYPRIEN


LA JOIE ME FUT JADIS DÉROBÉE PAR MON EXISTENCE OU PAR LE DESTIN LUI MÊME.
UNE CHATTE PRÉNOMMÉE MINOUSKA ME RAPPELA L’ESPÉRANCE ET ME REPRIT AU CROIRE
DE L'ESPOIR. DANS LA PÉRIODE DE LEADER PRICE ET DE MON EXÉMA, ELLE FUT PILIER
DE MON ENTRETIEN AVEC LA NATURE ET LES PRINCIPES DE LA VIE: LA MANIÈRE D’ÊTRE

LA JOIE EST VENUE DANS UN SENTIMENT SIMPLE, PAR UN SOURIRE TIMIDE ET SERVIABLE
QUI PORTE UNE VOIX DOUCE ET AIGRE. CETTE PERSONNE CALME ME REGARDA ET
UN SENTIMENT BIZARRE NAQUIT DANS MON CŒUR: JE FUT SUBJUGUE PAR SON CALME.
DOUCE ET AFFIRMÉE AFFRONTANT LES INTEMPÉRIES DE LA PLUME ET DU VERBE
SACHANT JONGLER SUR LES ASPECTS DU MARCHE ET HUMBLE DE SON CHARME: LA GRÂCE.

AU LIEU DE M’ÉLOIGNER DU MONDE, ELLE M'EN RAPPROCHE CAR ELLE SAIT ESSUYER LE VERBE
SANS LA MOINDRE GRIMACE ! ELLE EST DANS SON ÉQUILIBRE ET CELUI CI EST SON SECRET.
ELLE EST UN MYSTÈRE DANS LA PLÉNITUDE DE SES MOUVEMENTS DIGNE DES BEAUX NUAGES.
DANS SON CALME, J'Y APERÇOIT DES RÊVERIES MYSTÉRIEUSES: DES SONGES ÉNIGMATIQUES.

DANS LA CLARTÉ DE LA LUMIÈRE TOUT COMME DANS LE SONGE DE LA NUIT; IL EST DES FAITS
QUE L'HOMME NE PEUT OUBLIER. JE NE CHERCHE DONC PAS DE RAISONS SUR MES SENTIMENTS.
LA JOIE EST UN MERVEILLEUX SENTIMENT DANS LE BONHEUR TOUT COMME DANS LE MALHEUR.
ELLE FAIT PARTI DE SES PERSONNES QUI ME REDONNE SOIF AU BONHEUR: ELLE EST NINA.

ECRIT DU
CITOYEN TIGNARD YANIS
ALIAS
TAY La chouette effraie
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