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ainsi est la force.
 
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 Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:25

Cours d'un Polythéisme sous le regard laïque

Transition du védisme à l'hindouisme

Le védisme utilise un ensemble de notions exprimées par des mots que l'hindouisme recevra en héritage, qu'il « remplira » de conceptions nouvelles et inconnues des anciens arya.
Le védisme ne s'est pas encore inventé une vie spirituelle intérieure (bhakti), il extériorise en r.câ des appels (évocatifs) aux pouvoirs de la régularité (rita).
L'hindouisme utilise les versets (ricâ) comme mantra permettant de les intérioriser. « La connaissance doit être dite seulement par celui qui sait, à celui qui s'est présenté comme il convient et qui est habilité à entendre » Shankara (Prasna Upanishad 6-1).
Le védisme ne connait d'autres auteurs aux Védas que les sept rishi traditionnels.
L'hindouisme attribue la rédaction des textes anciens à Vyâsa (l'action diffusante) à qui l'on assigne aussi la rédaction de l'épopée Mahâbhârata.
Pour le védisme, le deva est littéralement l'action brillante, lumineuse, d'un des pouvoirs imprévisibles du rita (DIV signifie illuminer comme le jour, mais aussi jouer aux dés, et deva est l'action de DIV). Les puissances agissantes sont grammaticalement nommées au masculin ou au féminin, mais ne sont pas des « déesses » comme Junon ou Vénus chez les Romains.
L'hindouisme considérant un deva comme une « divinité » sera une nouveauté hindouiste.
Dans le védisme, le brahman est cette énergie du rita dont la fonction est de fonder l'ordre, de le fixer, et non une personne ou une chose.
L'hindouisme intègre Brahmâ au sein d'une trimûrti (Brahmâ, Vishnou, Shiva).
Dans le védisme, les dévas constituent une véritable société. Agni était le prêtre actuel. Mitra symbolise l’alliance entre les hommes et les demi-dieux, et Varuna, le châtiment que méritent ceux qui la rompent. Ils sont assistés d’Aryaman et de Bhaga. Mitra garde la lumière, Varuna préside à la nuit. Indra détient la fonction guerrière.
D’après le Ṛgveda, il y a 33 dieux, mais ce nombre est incomplet38. Ce chiffre, symbolique, de 33 se retrouve dans la Bṛhadāraṇyaka Upaniṣad (3, 9, 1) : « Le nombre des dieux est celui mentionné par les Écritures. Leur nombre est trois cent trois et trois mille trois. »39 Dans l’hindouisme tardif, il est représenté par le nombre de 33 crores (330 000 000)40.

Ces différences ne sont pas des oppositions mais le résultat d'une lente évolution des mentalités en Inde. Védisme, brahmanisme et hindouisme considèrent tous que le Véda est unique et éternel, mais que ses manifestations au cours du cycle cosmique prend un nombre infini de nuances.
Veda et hindous aujourd'hui

Les Vedas sont désignés sous le nom de Shruti (ce qui est révélé). Les textes plus récents sont appelés Smriti (ce qui est rappelé ou mémoire/tradition). Tandis que la littérature shruti est composée en sanskrit védique, les textes smriti sont en sanskrit classique (plus facile) et, pour certains, en prâkrit ou langue commune. Puisqu’elle est accessible à tous, la littérature smriti a connu une grande popularité dans toutes les couches de la société indienne, et ce, dès le début. Aujourd’hui même, la plus grande partie du monde hindou est plus familière avec le smriti qu’avec la littérature shruti réservée (tardivement) à la caste dominante des brahmanes. La smriti correspond ainsi à la littérature populaire et, en tant que telle, elle est théoriquement moins ardue que la shruti (la shruti, remontant à l'aube de l'Inde c'est-à-dire à l'époque védique, est aujourd'hui, du fait de son langage et de son vocabulaire, sujette à interprétation). La smriti (collection de 36 textes selon Paithina) est le pendant populaire de la shruti, à travers l'histoire des dieux et des héros, elle instruit sur la pensée indienne. Les textes révélés ou Shrutis font autorité sur les textes mythologiques ou Smritis et cela indépendamment du sujet traité. La majorité des livres de la Smriti font référence aux textes sacrés des Vedas ; leur but est de décoder les messages ancestraux et de les enseigner à la population. Cette seconde littérature n'est pas pour autant de moindre valeur, elle est au contraire très riche et offre des dialogues philosophiques très poussés.

La littérature smriti inclut :

les Itihâsas : les épopées comme le Rāmāyana, le Mahābhārata (avec sa partie centrale, la Bhagavad-Gita).
les Purânas ou textes mythologiques centrés sur un aspect particulier du divin. Ils sont au nombre de 18 pour les principaux, ce sont les écrits les plus populaires de l'Inde : l'hindouisme actuel leur doit beaucoup.
les Âgama(s), traités théologiques au nombre de 28 qui sont complétés par les Upâgama (Âgama mineurs) et
les Darshanas, textes philosophiques.
Les Dharmashâstra(s) (ou livres de lois) font également partie du smriti. De temps en temps, apparaissent de grands législateurs (comme Manu, Yajnavalkya et Parashara) qui codifient les lois existantes et éliminent les règles désuètes pour s’assurer que la façon de vivre hindoue reste conforme à l’esprit védique tout en étant en accord avec le temps présent. Mais, puisque la religion hindoue n'a pas de dogme, ces textes de Smriti ne sont pas obligatoirement suivis par la plupart des hindous. En fait, quelques personnes disent que les Britanniques ont popularisé le Manu-Smriti pour imposer un code uniforme de lois aux hindous.

La philosophie hindoue décrite dans les épopées et les Puranas est centrée d'abord sur celle de la doctrine de l’avatar (incarnation, partielle ou totale, d'un dieu en être humain). Les deux avatars principaux de Vishnou qui apparaissent dans les épopées sont Râma, le héros du Râmâyana, et Krishna, le protagoniste majeur du Mahâbhârata. À la différence des deva de la Samhitâ védique et du concept abstrait de Brahman issu des Upaniṣad (qui décrivent le divin comme étant omniprésent, impersonnel et sans forme), les avatars de ces épopées sont des intermédiaires humains entre l’Être suprême et les mortels qui offrent une vision du divin plus accessible. Dieu y est décrit comme personnel et proche de sa création (dans le Bhagavata Purana, Krishna est un pâtre, sa création est son troupeau, le souffle traversant sa flûte est l'âme sans début ni fin des créatures).

Cette doctrine a eu un grand impact sur la vie religieuse hindoue, parce qu’elle montre que Dieu s’est manifesté sous une forme qui peut être appréciée même par le plus modeste des hommes. Râma et Krishna sont depuis des milliers d’années des manifestations du divin, aimées et adorées des hindous. Le concept du brahman des Upanishad est assurément le pinacle de la pensée religieuse indienne, mais la vision des avatars et le récit de leurs mythes ont certainement eu plus d’influence sur l’hindou moyen. Les hindous attachent plus d'importance à l'éthique et aux sens métaphoriques transmis par ces textes qu'à la mythologie littérale.
Cosmogonie et divinités
Fronton du Temple Narassigua Péroumal de Saint Pierre de La Réunion le 24 mai 2010. Une partie de la cosmogonie hindouiste y est représentée.

Selon la mesure védique du temps, qui s'étend sur plusieurs milliards d'années, l'univers connaît des périodes d'expansion (kalpa ou jour de Brahmâ, équivalent à 1000 mahayuga, soit 4,32 milliards d'années) puis d'anéantissement (pralaya ou nuit de Brahmâ, de même durée). Un mahayuga est composé de 4 yuga, dont le dernier, actuel, est le kaliyuga, « âge de fer » ou « âge des conflits », dénommé ainsi car c'est une période matérialiste et décadente par rapport à l'âge d'or de l'humanité (kritayuga)37.

La cosmogonie hindoue enseigne que le principe de toute vie, de tout progrès, de toute énergie, réside dans les différences, les contrastes10. « L’une des explications les plus courantes du passage de Brahman [l'Absolu] à l’univers est celle selon laquelle la première différenciation se ferait entre énergie et substance, force et matière, dans leurs essences primordiales respectives appelées dans la terminologie hindoue prâna et âkâsha38. »

La cosmogonie hindoue est la théorie hindouiste de la création de l'univers et de son image.
Celle-ci est caractérisée par un recours constant au chiffre 739.

Le monde a été créé en forme d'œuf (l'« œuf d'or de Brahmâ », hiranyagarbha en sanskrit). La moitié supérieure de l'œuf cosmique (brahmāṇḍa) se divise en sept zones : les trois premières, terre, air et ciel, forment ensemble le triloka (« trois mondes ») et sont surmontées par quatre régions célestes constituant la demeure des dieux39.
La moitié inférieure de l'œuf cosmique comprend sept régions infernales (pātāla), qui forment des étages et sont habitées par des démons et des serpents39.
Au-dessous de l'œuf cosmique se trouve l'Océan primitif, formé par sept autres zones infernales39.
La Terre est divisée en sept continents entourés de sept mers39.
Le Brahman
Article détaillé : Brahman.

Le Brahman (prononcé comme /brəh mən/) est un concept provenant à l'origine des Védas. C'est l'indescriptible, le neutre, l'inépuisable, l'omniscient, l'omniprésent, l'original, l'existence infinie, l'Absolu transcendant et immanent (cf. panenthéisme), l'Éternel, l'Être, et le principe ultime qui est sans commencement et sans fin, – dans l'univers entier40. C'est la Réalité Ultime, l'Âme Absolue ou Universelle (Paramatman), l'Un40. Il ne doit pas être confondu avec la divinité Brahmâ ou le nom des prêtres hindous, les brâhmanes.
La Mudrā réalisée par ce Sadhu signifie : Tat tvam asi, « tu es Cela » (l'essence de l'Âtman est en réalité le Brahman).

De nombreuses Upanishad font référence entre le rapport qu'entretient le Brahman (âme universelle41) avec l'âtman (essence de toute créature), vision qui est considérée comme libératrice, car menant les actes (karma) d'un tel connaisseur à ne plus s'identifier à son ego transitoire :

« L'âme des créatures est une, mais elle est présente dans chaque créature ; à la fois unité et pluralité, comme la lune qui se reflète dans les eaux. »

— Tripura Tapini Upanishad, V-15 (Atharva-Véda).

« Le Brahman sert de demeure à tous les êtres et demeure en tous les êtres. »

« Pour le yogi qui est connaisseur de Brahman, toutes les créatures vivantes sont Brahman. De ce fait, les distinctions de caste note 1 lui sont indifférentes. »

— Pashupata Brahmana Upanishad, sûtra 39 (Atharva-Véda)42.

« Voici la vérité : de même que d'un feu ardent sortent par milliers des étincelles pareilles à lui, ainsi naissent de l'Être immuable (Brahman) toutes sortes d'êtres qui retournent à lui. »

— Mundaka Upanishad, II-i-1 (Atharva-Véda).

« Dans l'étreinte de l'amour, un homme oublie le monde entier, tout ce qui existe en lui-même et au dehors ; de même, dans l'Union [Yoga] avec le Divin [Brahman], on ne connaît plus rien d'autre, ni au dedans ni au dehors 43. »

— Brihadaranyaka Upanishad, chapitre 4, brahmana 3, sûtra 21 (Shukla Yajur Véda).

« Quiconque se voit dans tous les êtres et voit tous les êtres en lui, devient ainsi Un avec le Brahman suprême. Ce Suprême est l'âme de Tout, le principe de l'Univers, l'Être éternel [sans début ni fin]. Et Cela aussi tu l'es : tu es Cela (Tat tvam asi)43 »

Cet Absolu, que les hindous désignent aussi par le nom de tat en sanscrit (« Cela ») est par sa nature même impossible à représenter40. L'Absolu est tantôt manifesté : Tat Tvam Asi (तत्त्वमसि : Tu es Cela), ou « Tout cela est Brahman » disent les textes sacrés40, tantôt non-manifesté : « le Brahman est Vérité, le monde est Illusion », disent aussi les textes sacrés40.
Représentation imagée du Brahman et de l'Âtman : le Fil traversant les Perles/Existences est l’Âtman (« âme individuelle », essence de toute créature), le Tout formant une étoile à six branches qui symbolise le Brahman (« Âme universelle ») ou la Trimurti 44.

Il est parfois évoqué un Brahman supérieur, le Parabrahman40. Le Brahman peut en effet être considéré sans attributs personnels, sans forme (Nirguna Brahman), d'une façon totalement abstraite, ou avec attributs, avec forme, au travers de la multitude des divinités (Saguna Brahman)40.

Certains courants de l'hindouisme peuvent être considérés comme panthéistes, d'autres comme panenthéistes45,46.
Article détaillé : Panthéisme#Hindouisme.

La tradition brahmanique comprend l'Absolu (Brahman, l'Âme universelle, la Réalité infinie, la Divinité suprême dotée ou non d'attributs et de formes) comme étant l'Un (sans second), que l'on peut concevoir de différentes façons : soit en privilégiant une divinité particulière considérée comme supérieure aux autres (sans nier les autres pour autant), c'est-à-dire par une attitude relevant de l'hénothéisme, ou soit en concevant chaque divinité comme un membre vénérable de l’Absolu ; toutes les divinités, différentes et prises séparément, sont chacune une fenêtre distincte ouverte sur le paysage divin : et toutes ces fenêtres ouvertes réunies sur l’Absolu (Brahman) – et uniquement lorsqu’elles sont réunies ensemble – constituent effectivement l’Absolu, l’Âme cosmique, c'est-à-dire par une attitude liée au polythéisme (le Divin est Multiple)8. Quoi qu'il en soit, le Brahman est omniprésent sans pour autant être confondu avec les choses limitées et transitoires qui composent le monde :

« Le Brahman est Tout, mais tout n’est pas Brahman »

— Mandana Mishra, Brahmasiddhi47
Trimūrti
Article détaillé : Trimurti.
Shiva, Varanasi.

La nature du Brahman ne l'empêche pas de se manifester sous la forme d'un dieu personnel40. L'hindouisme, selon les courants religieux, donne divers noms au dieu personnel. Un nom général existe cependant, celui d'Ishvara (litt., « le Seigneur Suprême »), terme surtout philosophique car, dans la pratique du culte et de la vie quotidienne, on ne s'adresse guère qu'à l'un des membres de la Trimurti : (Shiva, Vishnou, ou, plus rarement, Brahmâ, car ce dernier, en créant les créatures vivantes, a engendré le samsara, le cycle des réincarnations que l'on doit abandonner, « opposé » à Moksha, la libération)40.

Les dieux personnels majeurs sont ceux de la Trimūrti. Ce sont dans l'ordre Brahmâ, Vishnou et Shiva, qui correspondent respectivement à l'action créatrice, conservatrice et destructrice de l'Absolu transcendant (Brahman)40. Ils représentent trois aspects inséparables de la structure de l'Univers40.

Dans les manifestations personnelles (divinités) du dieu impersonnel (Brahman), l'hindouisme est une religion polythéiste40,48 ; à ce titre, cette religion comporte une variété et une diversité de 330 millions de divinités (le chiffre est parfois considéré comme symbolique, du même nombre d'êtres vivants, selon quoi Dieu vit dans le cœur de tout être vivant, en tant que Sarvanetradhivasa, « Celui qui est présent dans les yeux de tous les êtres »49) .

« Si dans la Multitude nous poursuivons avec insistance l'Un, c'est pour revenir avec la bénédiction et la révélation de l'Un se confirmant dans le Multiple. »

— Shrî Aurobindo50.

L'hindou peut vénérer le Brahman sous la forme d'une divinité de son choix, sans pour autant rejeter l'existence d'autres divinités, considérant Ganesh, par exemple, comme l'incarnation suprême du Brahman (cet hindou sera un ganapatya, et shivaïte) : dans ce cas, l'hindouisme est un hénothéisme. Néanmoins, selon cet aphorisme du Brahmanoûtchîntamam :

« Celui qui adore un Dieu comme différent de lui, en pensant : " il est un autre. Je suis un autre", cet homme ne connait pas le Brahman : il est pareil à un animal pour les Dieux51. »

Dans l'hindouisme, il n'y a pas de conflit entre polythéisme et monothéisme : la religion, la philosophie et les théories qui les accompagnent ne sont que des chemins qui tentent de décrire le Brahman (« Âme universelle »41) au-delà duquel il n'y a plus rien, et la manière de se fondre en lui.

Depuis Georges Dumézil qui a mis en lumière la fonction triadique dans les civilisations Indo-Européennes, un parallèle formel entre la trimurti et la trinité chrétienne peut être établi (ce qui n'induit pas un rapprochement théologique entre les traditions chrétiennes et hindoues) : en effet, en Inde, on représente la divinité comme triple, on appelle ce principe la trimurti dans le panthéon hindou : Brahma, Vishnu et Shiva, sont trois aspects du divin. Brahma désigne symboliquement le créateur (démiurge), Vishnu représente le conservateur et Shiva représente le destructeur dans le cycle de l'existence. Cette triple Nature se rapprocherait de l'énoncé de l'européen médiéval : spiritus, anima, corpus52. Un tel rapprochement entre Trinité chrétienne et Trimūrti a été notamment effectué par l'indianiste Alain Daniélou (à ne pas confondre avec le théologien Jean Daniélou) dans Mythes et dieux de l'Inde mais ultérieurement critiqué par d'autres spécialistes (voir l'article Trimūrti pour plus d'informations).

L'hindouisme est une religion dont les différentes divinités sont considérées comme les formes différentes d'une même expression divine sous-tendue par une réalité ultime. La question sur la nature exacte de cette dernière (immanente ou transcendante, personnelle ou impersonnelle) dépend des différents courants. Selon Ananda Coomaraswamy, le culte des puissances de la nature dans l'hindouisme doit être compris dans le sens de natura naturans est deus, « lesdites puissances ne sont que les noms des actes divins53 ». Depuis la Chandogya Upaniṣad54, cette philosophie de l'unité divine est devenue très importante dans la littérature sacrée. Le mantra Tat Tvam Asi (तत्त्वमसि : Tu Es Cela) célèbre cette unité de la création avec son créateur, qu'il soit personnel ou impersonnel. Un épisode du Srimad Bhagavatam55 met en avant cette réalité : le dieu Krishna, avatar de Vishnu, demande aux habitants de Vrindavan d'abandonner le culte d'Indra pour le sien, puisque Krishna se présente comme le Dieu suprême dont Indra n'est qu'un fragment.
Divinités majeures et mineures
Articles détaillés : Divinités du Sanatana Dharma et Avatar (hindouisme).
Statue de la divinité Ganesh.

Les diverses incarnations (« descentes », avatar) de la Trimurti (Krishna est un avatar de Vishnou) sont des divinités majeures. Les divinités mineures sont des créations ou des procréations des divinités majeures. Ganesh, qui est une divinité importante dans l'hindouisme, est lié à Shiva en tant que procréation ou création selon les mythes développés à son sujet.
Les dévas

La religion hindoue croit en l'existence d'entités célestes appelées devas (ou dévas).
Le féminin de deva est devî (ou dévî). La question de la nature de ces devas peut être analysée selon ces trois points :

Selon la philosophie de l’Advaita Vedānta, et certains passages de la Bhagavad-Gîtâ56, des Upanishads et des Vedas ; tous les devas sont les manifestations sous une forme mondaine du Seigneur suprême (Îshvara). Le dévot conçoit des formes anthropomorphiques de Dieu dans son esprit afin de l'adorer. Le Rig-Veda dit : ekam sat vipra bahudha vadanti — « Le Vrai Dieu est Un, bien que les sages s'adressent à lui par des noms multiples ». Ce point de vue est celui que considère strictement la secte de Smarta.[réf. souhaitée]
Selon les philosophies du Nyâya, du Vaishéshika, du yoga, de certains vers de la Shruti et de certaines pensées Shivaites et Vaishnavites, les devas sont ces êtres célestes subordonnés au Seigneur suprême (Îshvara), mais sont au-dessus des humains.[réf. souhaitée]
Selon la philosophie de la Mimâmsâ, tous les devas et devîs sont les souverains des forces de la nature et Îshvara n'existe pas[réf. souhaitée]. Pour faire en sorte qu'un désir soit réalisé, les humains doivent plaire à un ou plusieurs de ces devas et doivent les adorer avec des rites rigoureusement codifiés.

Les textes védiques les plus anciens recensent 33 devas. Par la suite, des chiffres exponentiels (jusqu'à 330 millions) ont été créés, mais toujours en gardant à l'esprit que le Brahman est omniprésent. Plus précisément, les textes hindous et la plupart des pensées Shaivites et Vaishnavites considèrent le deva comme une combinaison des deux premiers points de vue ; par exemple, Krishna est considéré comme Îshvara et tous les dieux lui sont subordonnés, et simultanément tous les autres dieux sont vus comme les manifestations mondaines de Krishna.Mais la troisième conception n'est pas mentionnée dans les écritures.[réf. souhaitée]

Quelle que soit la nature des devas (aussi appelés dévatâs), ils sont une partie intégrante de la culture hindoue. Les 33 devas védiques incluent Indra, Agni, Soma, Varuna, Mitra, Rudra, Prajâpati, Vishnu, Aryaman et les Ashvins ; les devîs importantes étaient Sarasvatî, Ûshâ et Prithivi. Indra est le roi des dieux (Vishnou, pour un vishnouite, est le Dieu des dieux).

Bien que la mythologie hindoue mentionne plusieurs classes d'êtres démoniaques (les rakshasas, les daityas, les dânavas, les pishâchas ou les non-dieux, les asuras), opposés aux esprits célestes (appelés devas), Gandarvas, Vidyadharas, elle ne croit pas au concept du Mal. « Les oppositions, dualités, polarités, sur lesquelles insiste tant l'hindouisme, ne sont pas constituées par des entités indépendantes, fixes, aux caractères immuables et contradictoires telles que le christianisme populaire se représente Dieu et le Diable57. » Cela signifie que le mal dans le monde n'est pas attribué à une force supérieure mais à l'ignorance humaine et donc comme une conséquence possible du libre arbitre et de la Nature. La mythologie indienne n'oppose pas le Bien contre le Mal : les batailles sont celles de classes d'êtres contre d'autres, d'une idée contre une autre, où les plus nobles sortent victorieuses.

On trouve parmi les dévas les lokapālas (les divinités du védisme recyclées dans le panthéon du sanatana dharma), les navagrahas (les neuf planètes de l'astrologie indienne).
La syllabe mystique OM
Article détaillé : Om̐.
L'Omkara (ou Aum)

Om (ou Aum) est un des symboles sacrés de l'hindouisme. C'est le son primordial qui surgit du chaos avant la Création, il est la source de l'existence.
Il est utilisé comme préfixe et parfois suffixe aux mantras hindous. Il représente la contraction des trois états de la matière : Sattva, Tamas et Rajas, et représente l'univers.

Écrit « Om », il est la contraction de Aum, « m » étant la résonance et « o », la vibration originale58.
Ôm en langue tamoule

Le son Ôm (ou Aum, ॐ) est empli d'un message symbolique profond : il est considéré comme la vibration primitive divine de l'Univers qui représente toute existence, entourant toute nature dans Une Vérité Ultime6.

Ainsi, le son, produit d'une façon prolongée, résultat de la combinaison de trois sons A-U-M (de la triade à l'unité), signifie « ce qui a été, est et sera », et possède, pour ceux qui se vouent à la méditation, une force à la fois magique et religieuse6. Une Upaniṣad affirme :

« Comme s'agglomèrent toutes les feuilles enfilées sur une tige qui les traverse, de même toute parole se fond dans le son OM. Le son OM est tout cet univers6. »

Écoles et courants

Des élaborations philosophiques, constituant la source de ce qu'on appelle aujourd'hui « hindouisme », ont été transmises oralement pendant des siècles et ont commencé à être transcrites dans la première moitié du Ier millénaire av. J.-C.. Le système religieux et culturel qu'on appelle hindouisme s'est développé dans le sous-continent indien et n'est que rarement sorti de ses frontières39.
Les six grands systèmes philosophico-théologiques
Article détaillé : Philosophie indienne.
Un sâdhu au cours d'un rituel religieux à Madurai

L'hindouisme a développé des astika antiques, ou écoles orthodoxes (car acceptant l’autorité des Vedas) de philosophie, ou shaddarshana. Ces systèmes, ou « visions » (darshana), de l'hindouisme classique sont au nombre de six ; chacun d'entre eux est le fruit d'une longue élaboration dont témoigne une vaste littérature et sont tous de nature sotériologique, ont pour but d'atteindre la libération, la délivrance des transmigrations (मोक्ष, mokṣa)39 :

Sāṃkhya, l'un des plus anciens est le système de pensée fondé sur un dualisme entre l'Être immuable (Puruṣa) et la Nature dynamique éternelle (Prakriti), qui fut à l'origine détaché des spéculations théologiques.
Purva-Mimamsa (également appelé Karma Mimansa ou la Mîmâmsâ), système tourné vers l'éclaircissement du Veda.
Uttara Mimamsa (plus communément appelé Vedānta), système centré sur la métaphysique et la nature mystique des Upanishads.
Yoga (Râja Yoga, « Union royale »), un système basé sur les pratiques ascétiques (éthique, purificatoire, posturale, respiratoire et méditative) issues d'une très ancienne tradition que compila Patanjali.
Vaisheshika, le système qui a proposé la théorie atomique pour la première fois.
Nyâya, le système de la logique de l'Inde (les 16 critères de « raisonnement valide ») et dernier des courants philosophiques hindous.

Les nâstika ou écoles non-orthodoxes — qui ne sont pas discutées dans cet article — sont le jaïnisme, le bouddhisme, le sikhisme et le chârvâka, l'athéisme ancien classique de l’Inde qui réfute l’existence de l’âme ou âtman (sauf pour le jaïnisme et le sikhisme, mais ces derniers ne reconnaissent pas l'autorité brahmanique du Véda).

En 1966, la Cour suprême de l'Inde a décrété le cadre de la foi hindoue en sept points. Le premier point part de « l’acceptation respectueuse des Vedas en tant que plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue »41,42. Cependant, l'UNESCO constate que si le Veda joue toujours un rôle important en Inde, seules treize branches védiques sur les mille jadis existantes sont toujours présentes43.
Notes et références

↑ The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet
↑ a et b Les maîtres spirituels de l'hindouisme. Alexandre Astier. Éd. Yerolles, 2008, page 26. (ISBN 9782212541946)
↑ UNESCO, « La tradition du chant védique » [archive]
↑ Jean Varenne, Grammaire du sanskrit, page 29, §38.
↑ Jean Varenne, opus citatum, page 86, §118 remarques.
↑ Stchoupak & Nitti & Renou, Dictionnaire sanskrit-français, page 693.
↑ A. Z. Caland, Altindisches Zauberritual, Amsterdam 1900.
↑ Maurice Blondel, dans le Vocabulaire technique et critique de la philosophie de André Lalande, page 171, dit : « Connaître et connaissance diffèrent surtout de croire et croyance en ce que ces derniers termes impliquent que le motif de l'adhésion ne réside pas dans la clarté directe et intrinsèque de l'objet considéré ».
↑ Jan Gonda, op. cit., page 19.
↑ Jan Gonda, opus citatum, page 240 : « Il ne faut pas oublier que les tendances monistes n'ont pas tardé à se manifester d'une façon ou d'une autre ».
↑ Rudolf Otto, Le Sacré.
↑ le « sacrifice » védique.
↑ Jan Gonda, op. cit., page 172, « Les cérémonies avaient lieu soit dans la maison de celui qui prenait l'initiative du sacrifice, soit sur un terrain avoisinant, où celui-ci (au sud du feu âhavanîya), sa femme et le prêtre brahmane prenaient place; le lit sacrificiel (vedi), morceau du champ légèrement creusé et recouvert ensuite d'herbe à sacrifices (barhis), se trouvait au milieu. »
↑ Alexandre Langlois, op. cit., (RV 6,1,8, versets 5 & 6), page 412.
↑ L'inde. Michel Angot. Éd. PUF, 2012, voir le début de la section « Les religions védiques (entre c. 1500 et c. 500 AEC) ». (ISBN 9782130576273)
↑ L'origine polaire de la tradition Vedique. Lokamanya Bâl Gangadhar Tilak . Traduction française aux éditions Archè, 1991.
↑ Jan Gonda, opus citatum, page 58: « Çraddhâ, qui selon ÇB 12, 8, 2, 4 est une forme de consécration (Dîksâ) et parfois (cf. Rk 10, 151) reçoit un culte comme une déesse, est même appelée Première-née de Rta, soit première et plus importante manifestation de la structure harmonique de l'univers (TB 3,12, 3, 2) ».
↑ la mentalité des Rishi n'a pas encore inventé les notions de Deus, ou d'Esprit, ou de transcendance, car leur pensée moniste ne crée aucune division dans leur monde (pas même celle des castes, invention ultérieure elle aussi).
↑ Jan Gonda, op. cit., page 19: « Ce « savoir », qui, d'après la tradition indienne, est éternel, n'a été que formulé par la divinité et « contemplé » aux origines par des sages inspirés (Rsi's), est né pour la majeure partie dans des familles de chanteurs brahmanes, à partir de la croyance populaire et a été transmis dans les « écoles » des brahmanes, les détenteurs de la science sacerdotale et ésotérique, pendant très longtemps sous la seule forme orale. ».
↑ Alexandre Langlois, op. cit., (RV 2,8,7, verset 3 partim), page 191
↑ Stchoupak & Nitti & Renou, op. cit., page 743.
↑ Jean Varenne, op. cit., page 38, traduit śruti par révélation.
↑ Jean Varenne, op. cit., page 127 : le thème nominal indo-aryen veda, passé tel quel en sanskrit, ajoute une voyelle thématique -a à la racine VID transformée en VED par alternance vocalique : VID > VED > veda. Le lexème VID donne aussi deux thèmes verbaux différenciés mais de sens complémentaires : VID > VED > VET > vetti (il sait) et VID > VIND > vindati (il trouve : hij vindt en néerlandais, he finds en anglais. Veda peut se traduire « savoir » ou « trouvaille » (on nommera « trouvères » certains poètes du Moyen Âge) ou « découverte ».
↑ Jan Gonda, op. cit., page 132 : « Les Çrautasûtras déclarent reposer sur la Çruti (c'est-à-dire l'« Audition » de la vérité éternelle par des sages inspirés des premiers temps) ».
↑ Jan Gonda, op. cit. p. 148: La durée des études était, nous l'avons dit, de douze ans pour chaque Véda, ou d'autant qu'il fallait pour que l'élève le comprît.
↑ Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, éditions Jean Maisonneuve, Paris 1872.
↑ James S. Bare, article Smriti dans The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon), page 696.
↑ manifesté au travers d'une multitude de traditions et de textes véhiculés successivement par les rishi, les arya (aR-ya né du R., de l'ordre), les brahmanes, les hindous médiévaux, puis ceux de l'ère internet.
↑ Le plus beau fleuron de la discrimination, Viveka-Cûdâ-Mani, par Sri Sankarâcârya, d'après la traduction anglaise du Swâmi Mâdhavânanda, par Marcel Sauton, Adrien Maisonneuve éditeur, p.2
↑ James Helfer, de l'Université Wesleyan (États-Unis), dans The Perennial Dictionary of World Religions (Abingdon), pages 117 et 118.
↑ Jan Gonda, Inleiding tot het Indische Denken, Antwerpen 1948.
↑ Oldenberg, Hermann, trans., Max Müller, ed. Sacred Books of the East Vol. XXIX, "The Grihya-sûtras, rules of Vedic domestic ceremonies" [archive], part 1, Oxford, The Clarendon press 1886
↑ Oldenberg, Hermann, trans. Müller, Max, trans. Sacred Books of the East Vol. XXX, "The Grihya-sûtras, rules of Vedic domestic ceremonies" [archive], part 2, Oxford, The Clarendon press 1892
↑ Jan Gonda, op. cit., pages 17 à 19.
↑ Wilhelm Caland, Altindisches Zauberritual, Amsterdam 1900.
↑ A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, La Bhagavad-gîtâ telle qu'elle est.
↑ India History. Krishna Reddy. Éd. Tata McGraw-Hill, 2006, page 119. (ISBN 9780070635777)
↑ Jan Gonda, Védisme et hindouisme ancien, p. 65
↑ A. Daniélou : Mythes et dieux de l’Inde, p. 129
↑ A. Daniélou : Mythes et dieux de l’Inde, p. 134
↑ Définition de l'hindouisme par la Cour suprême de l'Inde
↑ The vedic religion in the trial of universalization: A sight on current Hinduism. Guébi Noel Adjo. Éd. L'Harmattan, 2011 page 33. (ISBN 9782296469938)
↑ La tradition du chant védique [archive]

Bibliographie
Traductions en français

Jean Varenne, Le Véda, , ed. Planète, 1967. Réédition 2003, Les Deux Océans, (ISBN 2-86681-010-4)
Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, 646 pages, Maisonneuve et Cie, 1872, réédité par la Librairie d'Amérique et d'Orient Jean Maisonneuve, Paris 1984, (ISBN 2-7200-1029-4)

Monographies

Lokamanya Bâl Gangâdhar Tilak, Orion ou Recherches sur l'Antiquité des Védas (original écrit en 1893), 240 pages, Éditions Archè, Milan 1989, distributeur français : Les Belles Lettres.
Gerhard J. Bellinger, Knaurs Grosser Religions Führer, 1986, traduction française préfacée par Pierre Chaunu sous le titre Encyclopédie des religions, 804 pages, Librairie Générale Française, Paris 2000, Le Livre de Poche, (ISBN 2-253-13111-3)
(en) Kreith Crim, General Editor, The Perennial Dictionary of World Religions, originally published as Abingdon Dictionary of Living Religions, 830 pages, Harpers and Row, Publishers, San Francisco, 1981, (ISBN 978-0-06-061613-7)
Georges Dumézil, Les dieux souverains des Indo-Européens, 3e édition 1977, NRF Gallimard (ISBN 2-07-029586-9)
Jan Gonda, Die Religionen Indiens, Band 1: Veda und älterer Hinduismus, 1960, traduction française Védisme et hindouisme ancien. Traduit de l'allemand par L. Jospin, 432 pages, Payot, Paris 1962, ISBN (épuisé en français)
Charles Malamoud et Nguyen Thanh Thiên, « Le champ des arts martiaux, la scène du sacrifice.Propos croisés sur des formes de rituels dans le monde sino-japonais et dans l’Inde » [archive], 2013, particulièrement p. 22-28

Le Véda, sur Wikimedia Commons

Articles connexes

Ayurveda
Dâsas
Droit hindou
Grammaire du sanskrit : prononciation et orthographe du sanskrit.
Yoga

Lien externe

La tradition du chant védique [archive] sur le site officiel de l'UNESCO.

Les écoles et courants théistes
Navratri

Certains courants considèrent l’hindouisme comme une religion hénothéiste ou même panenthéiste. Les diverses divinités et avatars adorés par les hindous sont considérés comme différentes formes de l’Un, le dieu suprême ou Brahman, formes adoptées qui seules sont accessibles à l’homme (on prendra garde à ne pas confondre Brahman, l’être suprême et la source ultime de toute énergie divine, et Brahma, le créateur du monde).

Ce chemin vers la connaissance suprême orthodoxe (jnanamarga), prôné par les six écoles hindouistes, reste le privilège d'une élite intellectuelle restreinte, le croyant populaire mélangeant souvent tous ces courants de pensée. Toutefois, trois grands courants théistes de l'hindouisme se démarquent de façon relativement importante dans toutes les couches de la population : le vishnouisme, le shivaïsme et le shaktisme39. À l'intérieur de ces courants, de nombreuses écoles se sont développées, qui se différencient surtout par leur interprétation des rapports existant entre Être suprême, conscience individuelle et monde, ainsi que des conceptions ésotériques qui en dérivent39. Les textes védiques (Vedas, Upanishads, etc.) constituent une référence pour les trois courants, même si chacun d'entre eux les complète par les textes (Purana-s, Gita-s, etc.) qui leur sont propres39. Ces textes ne s'excluent pas, car l'hindouisme admet la coexistence de voies différentes vers le salut (Moksha)39. Ainsi le choix d'un courant n'implique pas le rejet des autres39.


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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:28

L’hindouisme (hindi : hindu dharm ; devanāgarī : हिन्दू धर्म ; « religion hindoue »), ou sanatana dharma1, (sanskrit IAST : sanātanadharma, en écriture devanāgarī : सनातनधर्म ; « Loi Éternelle »)2, est l'une des plus vieilles religions du monde encore pratiquées3, qui n'a ni fondateur ni Église4. Avec près d'un milliard de fidèles5 dans 84 pays6, c'est actuellement la troisième religion la plus pratiquée dans le monde après le christianisme et l'islam. Elle est issue du sous-continent indien qui reste son principal foyer de peuplement.

Définition de l'hindouisme par la Cour suprême de l'Inde
Durgā pūjā à Calcutta.

En 1966, la Cour suprême de l'Inde a défini le cadre de la foi hindoue22'23'24 comme suit :

l’acceptation respectueuse des Vedas en tant que plus Haute Autorité sur les sujets religieux et philosophiques et l’acceptation respectueuse des Vedas par les penseurs et philosophes hindous comme base unique de la philosophie hindoue ;
l’esprit de tolérance et de bonne volonté pour comprendre et apprécier le point de vue de l’adversaire, basé sur la révélation que la vérité comporte plusieurs apparences ;
l’acceptation des six systèmes de philosophie hindoue et d’un rythme du monde qui connaît des périodes de création, de conservation et de destruction, périodes, ou yuga, se succédant sans fin ;
l’acceptation de la croyance dans la renaissance et la préexistence des êtres ;
la reconnaissance du fait que les moyens ou les manières d’accéder au salut (moksha) sont multiples ;
le fait que, malgré le nombre des divinités à adorer, on peut être hindou et ne pas croire qu’il faille adorer des idoles ;
à la différence d’autres religions ou croyances, la religion hindoue n’est pas liée à un ensemble défini de concepts philosophiques.


La particularité de l'hindouisme est de n'avoir ni prophètes ni dogmes centraux7. Cependant, les hindous contemporains croient en l'autorité du Veda, qui, selon la tradition, fut révélé aux hommes, grâce à la « vision » des Rishi8. Le terme persan hindu (du sanskrit Sindhu) désignait au départ, pour les musulmans qui pénétrèrent en Inde, les habitants du bassin de l'Indus6.

L'hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques issus d'une tradition remontant à la protohistoire indienne9, la pratique hindouiste étant sans doute issue d'une tradition orale très ancienne, proche de l'animisme. On retient parfois une tripartition historique qui fait de l'hindouisme la dernière phase du développement des religions en Inde, après le védisme (env. 1500-500 avant notre ère) et le brahmanisme (-600 à 500 de l'ère courante)10.

Au-delà du syncrétisme théologique, l'hindouisme d'avant les invasions islamiques et le colonialisme européen qui soumirent l'Inde à leur autorité11 était un vecteur pour toutes les sciences : le droit, la politique, l'architecture, l'astronomie, la philosophie, la médecine, etc., comme d'autres savoirs qui avaient en commun le substrat religieux.

Étymologie

Hindū, ou hindou, est le nom persan désignant l'Indus, d'abord rencontré dans l'ancien persan, correspondant au mot védique sanskrit Sindhu, – l'Indus12. Le Rig-Véda mentionne la terre des Indo-Aryens comme Sapta Sindhu (la terre des sept rivières du nord-ouest de l'Asie du Sud, l'un d'entre eux étant l'Indus). Cela correspond à Hapta Həndu dans l'Avesta (Vendidad ou Videvdad 1.18) – le texte sacré du Zoroastrisme. Le terme était utilisé par les hommes vivant à l'ouest de l'Indus, pour nommer les peuples qui habitaient dans le sous-continent indien, à partir ou au-delà du « Sindhu13 ». Dans l'islam, le terme que l'on trouve dans les textes arabes – Al-Hind – se réfère aussi à la terre du peuple vivant sur le territoire de l'Inde moderne14.

Le terme persan (persan ancien : Hindūk, en persan : Hindū) fit son entrée avec les invasions islamiques, officiellement avec le sultanat de Delhi et apparaît à la fois en Inde du Sud et dans des textes cachemiriens à partir de 1323 apr. J.-C.15 puis, de plus en plus communément, sous la colonisation britannique. En conséquence, le terme « hindou » ne vient pas des peuples « hindouistes » eux-mêmes, bien qu'il ait fini par être adopté et assimilé par les « hindous ». Depuis la fin du XVIIIe siècle, le mot a été utilisé comme un terme général pour la plupart des traditions religieuses, spirituelles et philosophiques du sous-continent, mises à part les religions d'origine indienne distinctes comme le sikhisme, le bouddhisme, ou le jaïnisme. Ainsi, selon ce point de vue, un hindou est celui qui respecte la philosophie exposée dans les Vedas (le mot Veda peut être traduit par savoir) et accepte son autorité.

Le terme Hindou a été introduit dans le monde occidental par le biais de la langue anglaise16. Le terme hindouisme est apparu au début du XIXe siècle17. En France auparavant on utilisait le terme brachmanisme18, religion brachmane19 ou religion des brachmanes20.

L'hindouisme ou sanâtana dharma (« ordre socio-cosmique éternel ») s'apparente davantage à un substrat culturel, un mode de vie ou de pensée, qu’à une religion organisée. Ce qu'on appelle « hindouisme » aujourd'hui est la tentative de rassembler les croyances disparates issues de l'ancien panthéon védique éclipsé par la popularité de Shiva, de Vishnou ou de Krishna21.

L'hindouisme est aussi appelé religion aryenne (Arya Dharma), ce qui signifie religion noble. On trouve aussi le terme de Vaidika Dharma (la religion védique).

La civilisation de la vallée de l'Indus, datant de l'âge du bronze, présente des éléments comparables à ceux de l'hindouisme, tels que les bains, les symboles phalliques comparés au Shiva lingam ainsi que des svastikas25. Un sceau découvert sur le site de Mohenjo-daro est parfois considéré comme une représentation d'un proto-Shiva, mais cette interprétation n'est pas reconnue par toute la communauté scientifique26. D'une façon générale, la nature exacte des relations entre la religion de la civilisation de la vallée de l'Indus et l'hindouisme reste conjecturale.

C'est durant la période védique, à l'âge de fer, entre 1500 et 600 av. J.-C., que les quatre Védas qui constituent les textes fondateurs de l'hindouisme sont composés27. Les rites principaux du védisme concernent le yajña, le sacrifice védique en l'honneur des deva. Plusieurs divinités du Rig-Veda ont été ensuite reprises ou révisées par l'hindouisme.

Au Moyen Âge, l'hindouisme, par le biais du théisme, retrouve un nouvel essor. L'hindouisme que l'on connaît aujourd'hui est principalement issu de ce nouveau courant qui a profité du déclin du bouddhisme des IVe et Ve siècles.

Au XXe siècle, l'hindouisme se répand hors de l'Inde et en particulier en Occident. Vivekananda en fait une première présentation en 1893 au Parlement mondial des religions à Chicago.

Les textes sacrés

Les textes sacrés de l’Inde antique relatifs à l'hindouisme28 se classent grossièrement en deux catégories.

les Védas ou le Veda29, composés oralement avant l'apparition de l'écriture en Asie du Sud, continuèrent d'être transmis oralement après son apparition30 et sont devenus les textes de la religion védique de laquelle l’hindouisme moderne dérive. Les Védas sont considérés comme faisant partie des textes religieux les plus anciens du monde31.
les textes hindous post-védiques.

La Śruti
Passage en sanskrit du Rig-Veda.

Les Védas sont les textes les plus anciens qui nous soient parvenus en langues indo-européennes. Les Védas sont considérés par les hindous comme faisant partie de la Śruti (connaissance révélée). La tradition déclare qu'ils sont directement révélés par le Brahman aux rishis alors que ces derniers étaient en méditation profonde32,33. Les hymnes des Védas ont été transmis oralement de père en fils et de professeur à disciple. Par la suite, ces hymnes ont été compilés par un sage appelé Vyāsa (littéralement, le compilateur, bien que le nom puisse avoir désigné un groupe de personnes personnifiées pour les besoins de la tradition) ou encore Vedavyāsa (diffuseur des Védas)29.

Les textes les plus anciens sont formés des quatre Saṃhitā, ou recueils constituant les quatre Veda, à savoir: le Ṛgveda ou « Veda des strophes », le Yajurveda ou « Veda des formules », le Sāmaveda ou « Veda des mélodies » et l’Atharvaveda à caractère magique34. Le Ṛgveda contient des mantras pour invoquer les devas pour les rites de feu-sacrifice ; le Sāmaveda, c'est le cantique, avec des notations musicales ; le Yajurveda a de véritables instructions pour les sacrifices ; et l'Atharvaveda comprend des charmes philosophiques et demi-magiques (sic) — des charmes contre les ennemis, les sorciers, les maladies et les erreurs pendant le rite sacrifiant. À ces quatre Védas ont succédé les Brāhmaṇās qui sont des interprétations sur le Brahman, les Āraṇyaka ou « Traités forestiers » à réciter loin des agglomérations et les Upaniṣad ou « Approches » à caractère spéculatif34 qui ont pour seule matière la métaphysique35. Les upaniṣad qui font partie de la Śruti closent le canon védique36.
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:31

Les écoles et courants théistes

Le brahmanisme, qui est la nouvelle forme de la religion védique (voir védisme), se divise en branches, elles-mêmes subdivisées en sectes :
Sadhu au Temple de Pashupatinath.

Le vishnouisme ou vaishnava qui se rapporte au culte de Dieu en tant que Vishnu ou l'un de ses avatars. Les Livres sacrés sont le Bhâgavata Purâna - souvent appelé Shrîmad-bhâgavatam - et la Bhagavad-Gîtâ.
Le shivaïsme ou shaivisme qui se rapporte au culte de Shiva dont la Légende est rapportée dans le Shiva Purâna59. La divinité Rudra des Védas est identifiée à Shiva.
Le shaktisme, se subdivise en deux ou trois branches selon les classifications et se rapporte à la réalisation de shakti, l'aspect « acte de prise de conscience » souvent associé à une forme de Devî, la déesse mère (comme Kâlî, Durga, etc. - le shaktisme est lié au tantrisme : l'un et l'autre constituent, d'une certaine manière, le développement extrême de l'hindouisme39).

Chacun de ces cultes se pratique avec les mêmes moyens philosophiques ou de yoga, ce sont leurs méthodes qui diffèrent. Ces dénominations ne devraient pas être considérées comme des « Églises », parce qu'il n'y a aucun dogme central dans l'hindouisme, et les croyances individuelles sont toujours respectées. D'ailleurs, une importante majorité des hindous modernes peut ne pas se considérer comme appartenant à une dénomination précise.

Selon une estimation générale, les Vaishnavas constituent approximativement une majorité d'hindous à ce jour, estimant que Vishnou personnalise le Brahman, le vénérant souvent par le biais, entre autres, des deux avatars — ou incarnations terrestres — de Vishnou, Râma et Krishna. Les hindous non-vishnouïtes sont le plus souvent des Shivaïtes (surtout localisés dans le Sud de l'Inde), qui considèrent Shiva ou ses fils comme le(s) représentant(s) du Brahman ; le reste assimile la Shakti au Brahman, Ishvari ou la déesse Kâlî/Durga. Mais, bien souvent, le croyant hindou possède chez lui les représentations de plusieurs de ces formes de Dieu (Ishvara).
Bouddha dans l'hindouisme
Bouddha est vénéré par les hindous en tant qu'avatâr de Vishnou.
Article détaillé : Bouddha dans l'hindouisme.

Dans l'hindouisme, Bouddha est considéré comme un Avatar de Vishnou. Dans les textes pouraniques, il est le vingt-quatrième des vingt-cinq avatars, préfigurant une prochaine incarnation finale60. Un certain nombre de traditions hindoues parlent du Bouddha comme du plus récent, précédant l'avatar à venir Kalkî, des dix avatars principaux connus sous le nom de Dashâvatar (Dix Incarnations de Dieu).
Croyances, rituels et pratiques communes
Les quatre buts de la vie (purushartha)
Article détaillé : Purushartha.

En parallèle des quatre périodes de la vie hindoue, l'hindouisme considère qu'il existe quatre buts à l'existence ou pouroushârtha. Les désirs humains étant naturels, chacun de ces buts sert à parfaire la connaissance de l'homme puisque, par l'éveil des sens et sa participation au monde, il en découvre les principes. Cependant, l'hindou doit se garder d'en être charmé, sous peine d'errer sans fin dans le cycle du samsâra.
Kâmadêva, la divinité de l'amour et du désir (Kama)

Kâma ou le désir : et plus particulièrement le désir et le plaisir amoureux. Dans la mythologie, le dieu Amour, Kâma est la source de la création. Les Kâmasûtra61 exposent les moyens d'exalter les sens et d'épanouir la vie de couple, l'érotisme, « sans aucun tabou de principe » (les pratiques homosexuelles y ont aussi leur place)62. L'homme et la femme s'unissent et recréent l'unité divine. Le plaisir doit être dirigé dans le but de la connaissance et ne doit pas devenir un mode de vie qui conduirait à accomplir des actes immoraux ou adharmiques (contraire au Dharma, voir ci-dessous).
Artha ou la prospérité matérielle : L'homme doit participer à la société en se créant un patrimoine et des relations qui seront le fruit de son travail. Il doit faire attention de ne pas se faire abuser par le charme d'une vie d'aisance, mais doit en retirer un enseignement. La période de Grihastha est propice au développement de ce but.
Dharma ou le devoir : Le Dharma doit diriger toutes les quatre périodes de la vie hindoue. Le devoir permet à l'homme de poursuivre sa vie sur le droit chemin, en se conformant au droit et à la morale qui sont transcrits dans les Dharma-Sûtra ou la Manu-Samhitâ dite Lois de Manu63.
Moksha ou la délivrance : Durant les deux dernières périodes de la vie de l'hindou, celui-ci recherche moksha, la libération du cycle des réincarnations. Mais il s'agit surtout du but de la vie de l'hindou qui peut y parvenir selon différents moyens, comme le Bhakti-Yoga (voir philosophie indienne). D'après la tradition hindoue, l'homme qui a manqué sa délivrance doit parcourir un cycle de 8 400 000 re-naissances dans d'autres conditions que la condition humaine avant d'y accéder à nouveau64. Néanmoins, il ne faut pas oublier que pour l'hindouisme, grâce à la bhakti (dévotion), même un animal peut atteindre la Délivrance grâce à sa dévotion envers une divinité, contrairement au bouddhisme, au jaïnisme ou au sikhisme, religions indiennes qui considèrent qu'il faut être né humain pour pouvoir accéder au moksha65. La conquête de cette liberté absolue constitue le but de toutes les philosophies et de toutes les techniques mystiques indiennes21.

Ces vers de Kâlidâsa résument parfaitement cette pensée :

« Enfants, ils s'attachent à l'étude ; jeunes gens, recherchent les plaisirs ; vieillards, pratiquent l'ascèse ; et c'est dans le yoga qu'ils achèvent leur existence. »

— (Raghuvamça66)
Les quatre étapes de la vie (ashrama)
Dévotions face à la cella du temple de Karni Mata à Deshnok (en), Rajasthan.

La vie spirituelle d'un hindou est traditionnellement divisée en quatre stades ou âshrama67. Ces quatre stades sont étroitement liés aux quatre buts de la vie, chacun de ces stades permettant d'atteindre au mieux ces buts. Cette rigueur permettait d'accéder à une vie spirituelle remplie.

Le Brahmacharya est la période de la vie de l'éducation. Elle consiste en l'étude approfondie des textes sacrés, principalement des Vedas. Ce stade est réservé aux enfants et aux étudiants, la chasteté et la continence en sont les principales vertus. Le guru ou maître spirituel est alors considéré comme le représentant de la divinité, l'élève lui doit obéissance et respect.
Le grihastha ou gārhasthya correspond aux nécessités de suivre une vie active et mondaine : c'est celle du père de famille dans la force de l'âge dont le but est d'avoir une descendance et doit s'enrichir pour la survie de sa famille.
Le Vānaprastha est le stade qui correspond à une vie de retraite loin des attachements de la vie matérielle et de la famille. Une fois les buts matériels réalisés, l'observant quitte son foyer pour obtenir le salut.
Le Samnyasa est le dernier stade de la vie qui permet d'atteindre Moksha, la libération spirituelle68.

Aujourd'hui, ces observances ne sont plus suivies avec rigueur. La philosophie de la bhakti qui consiste dans le culte des dieux tend à supplanter cette tradition.[réf. nécessaire]
La société brahmanique — Les quatre varnas (système de caste)
Jeune brahmane shivaïte

« Les quatre varnas assumaient avec rigueur leurs responsabilités. Les brâhmanes suivaient scrupuleusement les règles de vie recommandées par les textes : ils étaient pleins de foi, de douceur et de bonnes manières, savants connaisseurs des Védas et de leurs six branches note 2. Les kshatriyas, guerriers, s'exerçaient dans les vertus de courage, de fidélité et de détermination : ils étaient attachés au code d'honneur de leur varna. Les vaïshyas, commerçants, artisans et agriculteurs, remplissaient avec honnêteté et dévouement les devoirs de leur métier, sans penser à des gains illicites. Les shoûdras servaient avec joie les autres varnas, et ils étaient hautement respectés pour leur zèle par les brâhmanes, les kshatriyas et les vaïshyas. »

— Vâlmîki, Le Râmâyana69.

La société hindoue a été depuis traditionnellement divisée à partir de ces quatre grandes classes, basées sur la place que l'homme a dans le rituel védique et la profession8 :

les Brahmanes : les prêtres, le clerc enseignant qui professent le Brahman (d'où leur titre) ;
les Kshatriyas : les guerriers, les rois et les administrateurs (qui protègent les Brâhmanes et la réalisation des quatre buts des créatures – Kâma, Artha, Dharma et Moksha) ;
les Vaishyas : les paysans, commerçants et artisans (qui cultivent richesses matérielles en prêtant allégeance aux valeurs brahmaniques) ;
les Shudras : les serviteurs (ceux qui obéissent aux trois classes supérieures considérées comme dvija, « deux fois nés ») ; les enfants de Brâhmanes sont considérés comme Shudra tant qu'ils n'ont pas assimilé les textes sacrés, reçu l'initiation védique8.

Ces classes sont dénommées varna (« couleur ») et le système a été appelé Varna Vyavastha. Le système de varna est une partie intégrante de l'hindouisme, et il est strictement sanctionné par les textes du Véda8. Les textes de la Smriti (y compris les Lois de Manu) ont élaboré les règles de ce système. La Bhagavad-Gita résume précisément ces distinctions :

« Les devoirs des brâhmanes, kshatriya, vaishya, shudra se répartissent en fonction des qualités primordiales d'où vient leur nature propre. Sérénité, maîtrise de soi, ascèse, pureté, patience et rectitude, connaissance, discernement et foi, tels sont les devoirs du brâhmane selon sa nature. La vaillance, la gloire, la constance et l'adresse, le refus de la fuite, le don et la seigneurie, tels sont les devoirs du kshatriya selon sa nature. Soin des champs et du bétail, négoce, tels sont les devoirs du vaishya selon sa nature. Servir est le devoir du shudra selon sa nature. »

— Bhagavad-Gita, XVIII, 41-44, d'après la traduction d'Émile Senart, Les Belles Lettres, 1967.
Article connexe : Castes en Inde.
Évolution du système de castes

Le système de castes basé sur la naissance, qui existe en Inde moderne, n'existait pas dans l'hindouisme védique antique. Un hymne célèbre du Veda indique ainsi :

« Je suis un poète, mon père est un médecin, le travail de ma mère est de moudre le blé… »

— (Rig-Veda70 9, 112, 3)

Précédemment, le système était seulement basé sur la profession, la place dans le rituel védique et le caractère, et il y a toujours eu des exemples où les gens ont librement changé de profession et se sont librement inter-mariés71.

Selon Jean Herbert, « tout au long de l’histoire de l’Inde, on a discuté pour savoir si l’homme se rangeait dans l’une ou l’autre des castes par droit de naissance ou par les vertus dont il faisait preuve. Il y a dans le Mahâbhârata [Vana Parvan, chap. CLXXIX] un dialogue qui illustre bien ces deux conceptions [et dans lequel] Yudhishthira [dit a] Nahusha (en) : "Celui-là est brahmane, disent les sages, en qui se manifestent la vérité, la charité, le pardon, la bonne conduite, la bienveillance, l’observation des rites de son ordre et la compassion. (...) Un shûdra n’est pas shûdra exclusivement par sa naissance, et un brahmane n’est pas non plus brahmane exclusivement par sa naissance. Celui-là, disent les sages, chez qui l’on voit ces vertus est brahmane. Et les gens appellent shûdra celui chez qui ces qualités n’existent pas, même s’il est brahmane de naissance. »72

Plus tard[Quand ?], ce système fut fixé sur la naissance. Ainsi, avec l'évolution de plusieurs sous-castes (avec une classe des intouchables hors du Varna Vyavastha), le système a évolué vers le système de castes comme nous le connaissons aujourd'hui.

Avec la modernisation, les différences des castes s'estompent dans l'Inde moderne, mais les tensions et les préjugés restent persistants, surtout envers les Intouchables (Dalit).[réf. nécessaire]
Explication théologique

Le système des varnas s'explique théologiquement : dans l'hindouisme, on considère que la société sacrée est organisée selon l'équilibre du dharma (en sachant que l'épouse/parèdre de Dharma déva, dieu de l'Ordre sacré, est Ahimsâ dévî, déesse de l'universelle Non-violence, tous deux parents du Dieu-Roi Vishnu ; lorsque le dharma s'affaiblit, lorsque la violence envers les créatures gagne du terrain et la déesse Terre, Bhu dévi, est en danger – la Terre étant une des épouses de Vishnu –, Vishnu se fait justement avatâr, « descente » de Dieu sur Terre, pour tuer les démons fautifs qui engendrent le désordre cosmique, nient les divins parents de Vishnu – Dharma et Ahimsâ – et ce faisant font souffrir les vies, afin de redonner aux brâhmanes leur place primordiale qui maintient l'harmonie universelle où les autres varna sont tous respectueux de leur ordre, – dharma73). Cette organisation sacrée permet la régulation des rapports entre les hommes et de définir les actes qui leur incombent, afin de ne pas laisser prospérer l'orgueil, du moins au niveau communautaire. Ce souci d'équilibre a une origine doctrinale, car elle répond à la symbolique des gunas, ou qualités/saveurs. Aux trois gunas correspondent des couleurs (le noir, le rouge et le blanc) qui sont chacune associées à un varna. À l'origine, l'hindou ne naît pas dans un varna : il s'insère dans celle-ci en fonction du rôle qu'il est amené à jouer et des responsabilités qui lui reviendront. Beaucoup de textes mythologiques dénoncent l'usurpation au titre de brâhmane de certains personnages qui, sous couvert de la naissance, profitaient d'un statut valorisant sans s'acquitter de leurs devoirs. Mais, à la suite des invasions comme de la colonisation britannique, la règle s'est resserrée au profit des castes dirigeantes, enfermant les shûdras dans un statut de dominés par la société.[réf. nécessaire]

« Il n'est point d'entité, ni sur la terre, ni au ciel parmi les dieux, qui ne soit sujette au jeu de ces trois qualités (gunas) nées de la nature. Les œuvres des brahmanes, des kshatriyas, des vaïshyas et des shûdras se distinguent selon les qualités (gunas) nées de leur propre nature intérieure. »

— (Bhagavad-Gîtâ, XVIII, 40 et 41)

Ce faisant, selon la philosophie samkhya, la qualité principale du Brâhmane est le sattva, la qualité lumineuse harmonieuse de la connaissance transcendant le rajas (qualité active) et le tamas (qualité de l'ignorance passive), celle du kshatriya est principalement un mélange de sattva et de rajas (ce dernier étant la qualité crépusculaire et dynamique faisant passer du sattva au tamas, ou l'inverse), celle du vaishya est un mélange de rajas et de tamas, et celle du shudra est principalement du tamas, qualité obscure et lourde de non-connaissance venant du moi (ce qui explique pourquoi même les enfants de Brâhmanes sont shudra tant qu'ils n'ont pas reçu l'initiation védique8 : la connaissance brahmanique doit tuer la tendance naturelle de l'ego à obscurcir la conscience).

La croyance hindoue soutient que ce système est « naturel74 » (voir Collection Hatha-Yoga vol. 11 : La vie dans la cité75), qu'on le retrouve dans le règne animal (fourmis, abeilles et les mammifères vivant en troupeaux) et dans l'organisation familiale (respect et autorité des parents et ancêtres), comme dans la société. Du point de vue hindou, ce système serait évolutif et s'adapterait avec la société ; ainsi :

« Le système des varna proposait à tous un idéal en fonction duquel chaque groupe devait se situer et que la Bhagavad-Gîta décrit ainsi : « L'intrépidité, l'intégrité, la fermeté à acquérir, la science, la générosité, la maîtrise de soi, la pitié, l'humilité, l'ascèse et la droiture, la non-violence [envers les créatures], la véracité, la patience, le renoncement, la sérénité et la sincérité, la bonté pour tous les êtres, le désintéressement, la tendresse, la pudeur et la tranquillité, l'énergie, l'endurance, la volonté, la pureté, l'indulgence et la modestie, tels sont les traits de l'homme en marche vers le divin. » C'est évidemment le portrait du brâhmane idéal. Mais que l'on y regarde de plus près, ce qui est proposé à l'émulation et au respect de tous, c'est un ensemble de valeurs précises et qui vont à contre-courant non seulement des mentalités indiennes de ce temps là, mais de toute société concrète humaine ; la pauvreté et non la richesse, la non-violence et non la violence, l'ouverture à tous et non le chauvinisme, etc. » »

— Le modèle indou, Guy Deleury76.

Il existerait ainsi une distinction entre le système tel qu'il serait exprimé par les textes et son application courante. Aurobindo écrit : « Les paroles de la Gîtâ se rapportent à l'ancien système de chaturvarna, tel qu'il existait ou est supposé avoir existé en sa pureté idéale — fût-ce jamais autre chose qu'un idéal, une norme générale, suivis de plus ou moins près dans la pratique ? »77

Il est possible d'être rejeté de sa caste (surtout les brâhmanes, qui ont beaucoup plus de devoirs à honorer et de purifications à maintenir que le simple shudra, à qui l'on demande seulement de respecter et de servir l'autorité brahmanique et ceux qui la protègent — par la force physique (si l'on est kshatriya) ou par la richesse matérielle (si l'on est vaishya ou shudra), mais, pour cela, les fautes de l'individu doivent être relativement graves. En Inde, on reconnaît cinq péchés majeurs ou mahâpataka, le plus grave étant le meurtre d'un brahmane (ou brahmahatyâ), mais la consommation d'alcool, le vol, l'adultère avec la femme de son gourou et la protection de criminels sont également sévèrement punis. Perdre sa caste peut être douloureux pour un hindou, puisque vivre au sein d'une communauté soudée offre un certain nombre d'avantages et de protections.
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:32

Ahimsâ (la non-violence), le régime végétarien et la vache sacrée.

Ahimsâ, « épouse » ou shakti du primordial Dharma (« Devoir ») 78, est un concept qui recommande la non-violence et le respect pour toute vie, humaine et animale, et même végétale (voir les Bishnoï). Ahimsâ est assez souvent traduit par non-violence. En fait, ce terme signifie, dans son sens exact, non-nuisance à l'égard de tous les êtres vivants ou respect de la vie sous toutes ses formes. Dans un sens positif, ou actif, l'ahimsâ est synonyme de compassion, de générosité. La racine sanskrite est hims (« nuire ») avec le privatif « a ». L'ahimsâ est fondé sur une injonction védique :

« माहिंस्यात्सर्वभूतानि, mâhimsyât sarvabhûtâni (qu'on ne nuise à aucun être vivant)79 »

Mais le terme ahimsâ apparaît pour la première fois dès les Oupanishads et dans le Raja-Yoga, c'est le premier des cinq yamas, ou vœux éternels, les restrictions indispensables du yoga. Les textes sacrés brahmaniques insistent beaucoup sur le fait que l'Ahimsâ et toutes les valeurs qui en découlent (amitié équanime, charité, abnégation altruiste, etc.) est l'éthique incontournable et fondamentale.

Cette pratique non-violente dans l'hindouisme est en lien étroit avec le végétarisme et la doctrine de la réincarnation des âmes qui pousse à voir comme un égal à soi-même tout ce qui vit ; à ce sujet, Bhishma dit dans le Mahâbhârata :

« La viande des animaux est comme la chair de nos propres fils80 »

Article détaillé : Végétarisme hindou.

La croyance en la réincarnation est fondamentale dans le bouddhisme, le jaïnisme et l'hindouisme : nous avons été, nous sommes et nous serons (peut-être) tous des animaux au cours de nos innombrables vies. En réalité, selon l'hindouisme, du fait qu'il y a une infinité d'univers et que le cycle des réincarnations est sans commencement, tous les végétaux et animaux sont tous d'anciens humains qui n'ont pas réussi à accéder au Nirvâna8. Naître humain est donc vu comme un chance rare à ne pas gaspiller en désirs et actes égoïstes qui noient dans le samsara81.

L'Ahimsâ est la notion philosophique de l'hindouisme (mais aussi du bouddhisme ou du jaïnisme) qui introduit le végétarisme comme norme dans l'alimentation. D'après certaines estimations, 85 % de la population hindoue82 suit un régime végétarien (pas de viande, de poisson ni d'œufs ; les œufs fécondés sont considérés comme aliments non végétariens, en Inde81) : surtout dans les communautés orthodoxes de l'Inde du Sud, dans certains États du Nord comme le Gujarat ou du Sud au Karnataka (où l'influence des jaïns est significative). Ce régime alimentaire est principalement fondé sur une nourriture à base de laitages et produits verts. Quelques-uns évitent même l'oignon et l'ail, qui sont considérés comme ayant des propriétés rajas, c'est-à-dire « passionnelles ». Dans l'Inde traditionnelle, un brahmane n'était rien sans sa vache, car elle lui fournissait l'offrande aux dieux la plus appréciée. Le svadharma (le dharma personnel) des brahmanes inclut le végétarisme, le brahmane étant appelé à mener une vie absolument pure (le Mahâbhârata déclare à ce sujet : « Qui est brahmane ? C'est celui en qui se manifeste la charité, le pardon, la bonne conduite, la bienveillance, la compassion et l'observation des rites de son ordre. Les gens en qui ces qualités n'existent pas sont des shudras, même s'ils seraient nés de parents brahmanes »). L'hindouisme encourage le végétarisme83. La consommation de viande, de poisson (et d'œufs fécondés) n'est pas promue, seulement tolérée, dans le cadre du rang que l'hindouisme lui a assigné dès les Védas : inférieur, non respectueux de l'ahimsâ et impur par rapport à un régime végétarien8.
ici, Haridwar : les alcools et les aliments non-végétariens (viande, poisson, œufs) sont totalement prohibés dans cette ville sainte de l'hindouisme, comme dans presque toutes les villes saintes de l'Inde.

Certains brahmanes sont non seulement végétariens mais végétaliens, c'est-à-dire qu'ils ne consomment aucun produit d'origine animale (lait, etc.).

D'une façon générale, les Upanishads, déjà (à partir du VIe siècle av. J.-C.), soulignent que les bêtes et les humains sont semblables, puisque tous hébergent en eux l'âtman, et de ce fait sont les sanctuaires du Brahman (« Absolu », la plus haute notion de Dieu, dans l'hindouisme). C'est précisément parce que tous les êtres vivants sont le sanctuaire du Brahman qu'il n'y a pas en Inde de temple du Brahman, comme il y a des temples de Vishnou ou de Shiva84.
Article détaillé : vache sacrée.

On peut constater que dans la plupart des villes saintes hindoues, il existe une interdiction de tous les aliments non-végétariens et de tous les alcools, et une interdiction légale existe même sur l'abattage de vaches dans presque tous les États de l'Inde. Le cuir d'une vache morte de cause naturelle est cependant acceptable.[réf. nécessaire]

La plupart des hindous voient la vache comme le meilleur représentant de la bienveillance de tous les animaux — puisqu’elle est l'animal le plus apprécié pour son lait, elle est vénérée comme une mère. La vache est le symbole du pouvoir du brâhmane et de l'Ahimsâ85.
Le cycle de la vie
Ganesh
Karma et réincarnation
Article détaillé : Réincarnation#Dans l'hindouisme.

L'hindou croit en une vie après la mort et avant la naissance, le corps n'étant qu'une enveloppe matérielle temporaire86. Le gourou Yājñavalkya enseignait qu'à sa mort chaque homme subissait une dissolution ; le corps retournait à la terre, le sang à l'eau, le souffle au vent, la vue au soleil et l'intellect à la lune, mais les « actions non rémunérées » (celles qu'on a produites sans en récolter les conséquences) se réunissaient pour s'incarner de nouveau en un être. De cette façon, la notion, présente dans les Upanishads, de la transmigration des âmes (ou jiva, c'est l'atman - qui, lui, est purement immatériel - dans ou avec le corps organique) et de leur renaissance, se joignait à celle du karma (littéralement, l'« action »)6. Cependant, selon l'anthropologue Robert Deliège, la croyance en la réincarnation n'est pas uniformément ancrée en Inde, il y a des variations selon les populations, les milieux sociaux, les régions87.

Le karma était à l'origine le seul acte rituel6,8 ; mais par la suite, considéré comme moteur du samsâra, il est identifié à toute action déterminant de façon automatique non seulement la renaissance après la mort, mais aussi les formes de cette future existence et la situation que l'individu connaîtra dans sa nouvelle vie6.

En d'autres termes, l'homme devient ce qu'il accomplit6 : les bonnes actions d'une existence antérieure améliorent les conditions de vie de l'existence à venir, tandis que de mauvaises actions les aggravent6.

Aussi chaque individu détermine-t-il par la loi de maturation des actes son propre destin dans la vie à venir, le « théâtre » de son fruit renouvelé (il n'est pas question de récompense ou de punition, puisqu'il n'y a personne pour récompenser ou punir)6.

Par ailleurs, dans cette succession sans commencement d'existences en tant que créatures mortelles, l'âtman demeure l'essence invariable, indivisible, indestructible et propre à tout être vivant, malgré sa mutation permanente à travers le temps, représentant ainsi la continuité du moi au sein de la migration des âmes, « par quoi nous sommes identiques les uns aux autres et identiques aux puissances de l'univers 6 ».

Les différentes écoles de philosophie indienne enseignent plusieurs voies pour parvenir à la libération (moksha) de l'âme. À travers notamment la pratique du yoga, l'hindou peut choisir entre une variété de chemins tels que la dévotion (bhakti yoga), l'action désintéressée (karma yoga), la connaissance (jnana yoga) ou la méditation (raja yoga). La voie du bhakti yoga est la plus pratiquée car plus facile d'accès que les autres88.
Le corps

Selon Jean Herbert : « Aux yeux des hindous, le corps physique est à la fois un danger grave et une aide puissante. C’est là une des nombreuses ambivalences qui ne sont pas seulement des questions de vocabulaire, mais qui plongent profondément leurs racines dans la façon même dont les hindous se représentent les choses et les événements. Le corps, et plus particulièrement le corps humain, est précieux, car c’est seulement en l’employant que l’âme peut achever son évolution et parvenir à la libération. Même lorsqu’elle est arrivée dans un paradis, même lorsqu’elle a obtenu un corps divin, elle est obligée de redescendre sur la terre (karma-kshetra) pour y épuiser complètement son karma et se dégager définitivement du samsâra. "Les trois plus grands bienfaits, dit Shankara [dans le Viveka Chudamani], que puisse désirer une âme dans son évolution, sont une naissance humaine, la soif spirituelle, et le gourou qui doit la guider. Si elle réunit les trois, elle est certaine de parvenir à la libération". Il ne faut donc pas traiter le corps avec mépris ; il faut le maintenir en excellent état89. »
Les rituels
La Puja, le rituel d'offrande qui rythme la vie des hindous et dont les chants résonnent partout et à toute heure du jour et de la nuit
Article détaillé : Rituels (hindouisme).

Les pratiquants effectuent de nombreux rituels qui leur permettent au quotidien d'exprimer et de rythmer leurs vies religieuses. Au-delà des rituels, ils passent de longues heures à méditer et se consacrer à leur divinité (devata).

Les rituels peuvent être des offrandes, des purifications (ablutions, jeûne), la récitation de mantras ou de prières6. Parmi les cérémonies, on peut citer la puja (rite quotidien) et le homa.

Les rituels peuvent se faire dans les temples (mandir) mais les pratiquants ont aussi chez eux une section consacrée, un autel, pour la réalisation de leurs rituels.
Les temples
Schéma d'un temple de Konarak

Les temples hindous (mandir en hindi, koyil en tamoul) ont hérité des rites et des traditions riches et anciennes, et ont occupé une place particulière dans la société hindoue. Ils sont d'habitude dédiés à une divinité primaire, appelée la divinité tutélaire, et à d'autres divinités subalternes associées à la divinité principale. Cependant, quelques temples sont dédiés aux multiples divinités90. La plupart des temples majeurs sont construits par les agama-shastras et beaucoup sont des sites de pèlerinage. Pour beaucoup d'hindous, les quatre shankaracharyas, fonctionnaires religieux chargés de donner des conseils religieux68 (les abbés des monastères de Badrinath, Puri, Sringeri et Dwarka — quatre des centres de pèlerinage les plus saints — et parfois un cinquième, celui de Kanchi) sont considérés par les hindous comme les quatre plus hauts patriarches. Le temple est un lieu pour le darshan (la vision de l'être-divin), pour la pūjā (le rituel), la méditation, parmi les autres activités religieuses. La pūjā ou adoration, utilise fréquemment l'aide d'une mūrti (la statue ou l'icône dans laquelle la présence divine est invoquée) conjointement avec des chants ou des mantras. La vénération de ces murtis est faite tous les jours dans un temple.

Dimension sociale
Le droit
Articles détaillés : Lois de Manu et Droit hindou.
La danse
Danseuse du Bharata natyam.

Véritable art rituel, la danse classique indienne naît dans les temples96.

Plusieurs siècles avant l'ère chrétienne, les grands sanctuaires utilisent les talents des jeunes danseuses96.

Artistes sacrées, elles sont attachées au temple, portent le nom de devadasi (« esclaves de dieu »), et participent aux cérémonies d’offrandes et d'adoration96.

Lorsque, plus tard, la danse sera pratiquée à la cour des princes, elle conservera cette inspiration religieuse96.

L'Inde classique a connu deux grands types de danse.
Le Bharata natyam est la forme la plus ancienne, étroitement liée aux cérémonies religieuses. Pour cet art sobre, délicat, au rythme généralement lent, le danseur est seul sur scène96.
Plus spectaculaire, le Kathakali trouve ses thèmes dans les grands épisodes du Râmâyana et du Mahâbhârata. Chaque danseur porte un costume somptueux et un maquillage épais correspondant à son personnage : les dieux sont généralement peints en vert, les démons en rouge ou en noir96.
L'environnement

L'environnement dans l'hindouisme a une grande importance. Sanâtana-dharma renvoie à la conception d'une essence éternelle du cosmos, la qualité qui lie tous les êtres humains, animaux et végétaux à l'univers alentour et éventuellement à la source de toute existence97,39.
Arbre sacré, près d'un temple pour Shiva.

Cette perspective se retrouve clairement dans les Lois de Manu (qui indiquent les moyens de se purifier d'actes impurs), où l'on indique plusieurs fois que l’ahimsa (« non-violence ») – dharma/devoir premier à cultiver – ne concerne pas seulement le règne animal, mais aussi le règne végétal et l'environnement de manière générale 98 : On y indique ainsi que celui qui a rendu impure l'eau, d'une quelconque manière que ce soit, doit pratiquer l'aumône pendant un mois pour se purifier de cette mauvaise action/karma 98 ; que celui qui blesse, même sans volonté de nuire, des arbres fruitiers et d'autres végétaux divers, doit, toujours pour se purifier, répéter cent prières du Rig-Véda98 ou suivre toute une journée une vache en signe d'humilité et ne s'alimenter que de son lait98. Ces mesures purificatoires sont là pour rappeler que l'environnement, les végétaux et les éléments naturels (comme l'eau, etc.), sont à respecter, car ils sont aussi l'émanation du Brahman (« Âme universelle ») : les détruire ou blesser à bien des conséquences karmiques néfastes que l'on doit éviter ou éliminer par une quelconque ascèse 98.
Article détaillé : Bishnoï.

Les Bishnoïs (ou Vishnoï) sont les membres d'une communauté créée par le gouroû Jambeshwar Bhagavan, appelé communément Jambaji (1451-?), surtout présente dans l'État du Rajasthan, majoritairement dans les régions de Jodhpur et de Bîkâner, et dans une moindre mesure dans l'État voisin de l'Haryana en Inde.
Les Bishnoïs suivent vingt-neuf principes édictés par leur gouroû et se caractérisent par leur végétarisme, leur respect strict de toute forme de vie (non-violence, ahimsa), leur protection des animaux ainsi que des arbres, leur adoption d'une tenue vestimentaire particulière99. On les définit souvent comme ayant une forte conscience écologique. Les Bishnoïs vivent paisiblement dans des villages isolés loin des centres de peuplement et sont environ sept millions en Inde. Ils font partie des hindous qui enterrent leurs morts, (les sadhus, sannyasins, yogis, sont eux aussi enterrés), du fait que l'on ne puisse couper du bois d'arbre vivant pour réaliser la crémation100.
Les fêtes
Article détaillé : Fêtes (hindouisme).
La Kumbhamelâ qui rassemble chaque fois des millions de pèlerins

Les fêtes dans l'hindouisme occupent une place visible et incontestable dans la pratique de la religion hindoue. Exceptées les fêtes les plus populaires, comme celle de Holî, de la naissance de Krishna ou de Divālī, la fête des lumières, qui sont célébrées dans toute l'Inde, la plupart des célébrations ont une importance surtout locale39.

Habituellement, le déroulement de la fête est centré sur un grand char richement orné portant les images des divinités du temple, et qui est tiré à travers le village ou la région tout entière39.

L'une des fêtes les plus connues est celle qui se tient à Puri (en Orissa) en l'honneur de Krishna-Vishnou qui représente à cette occasion les figures de Jaqannatha (« seigneur du monde »), de son frère Balarama et de sa sœur Soubhadra39.

On peut également citer Janmâshtami, « huitième jour de naissance », fête de la nativité de Krishna, au mois d'août. Une poupée représentant Krishna bébé est placée dans une crèche, autour de laquelle la famille veille une grande partie de la nuit en récitant des invocations et des chants. Le jeûne est souvent observé à l'occasion de cette cérémonie.[réf. nécessaire]
Dans le monde
Des enfants afghans de religion hindoue
Baba Sivaya Subramuniyaswami

L'Inde, le Népal et l'île Maurice sont des nations majoritairement hindouistes. Jusqu'en mai 2006, le Népal était le seul État dans le monde dont la religion officielle était l'hindouisme, jusqu'à ce que le Parlement proclame le principe de laïcité dans ce pays101 (ce qui ne change rien en soi pour la pratique religieuse, puisque l'hindouisme, qui a plusieurs branches différentes, n'a aucune Église officielle à laquelle un quelconque État peut s'associer).

Depuis le XIXe siècle, une diaspora indienne s'est constituée. Ainsi, on trouve actuellement des minorités hindouistes notables dans les pays suivants (estimation 2010102, sauf mention contraire) : le Bangladesh (11,7103 à 13,5 millions) l'Indonésie (4 millions), le Sri Lanka (2,8 millions), les États-Unis (1,8 million), la Malaisie (1,7 million), le Pakistan (1,3104 à 3,3 millions), l'île Maurice (0,7 million), l’Afrique du Sud (0,6 million) le Royaume-Uni (0,8 million), la Birmanie (0,8 million) le Canada (0,5 million), l'Australie (0,3 million), la Trinité-et-Tobago (0,3 million), Singapour (0,26 million), les Fidji (0,24 million), le Guyana (0,2 million), le Suriname (0,1 million), etc. L'hindouisme se répand notamment en Afrique, non par le biais seul d'une diaspora indienne, mais par l'adhésion des Africains eux-mêmes, notamment au Ghana et au Togo105 (l'hindouisme est la religion à la plus forte croissance au Ghana106).

Certains États comme le Bangladesh et le Sri Lanka abritent une importante minorité hindoue : cela est dû au fait que ces États constituaient une partie de l'Inde avant la partition en 1947.

L’Asie du Sud-Est a été largement convertie à l'hindouisme depuis le IIIe siècle. Il en reste un grand nombre de monuments, comme la ville-temple d’Angkor Vat au Cambodge ou les temples de l'île de Java en Indonésie, ainsi que la grande popularité des épopées du Mahabharata et du Ramayana. L'influence dans la danse est moins évidente. L’île indonésienne de Bali est ainsi marquée par une forte influence hindoue, avec des éléments bouddhistes et surtout d'un animisme local, indonésien (mais qui se réfère à la trimurti), le syncrétisme étant plus facile dans ces cultures (l'hindouisme brahmanique étant à sa façon lui aussi un « animisme », mais toujours basé sur des philosophies systématiques universelles et non des croyances éparses, non classifiées et à tendance tribale). La culture javanaise est encore fortement imprégnée d'éléments indiens, et il reste des enclaves d'hindouisme à Java. La Thaïlande et l'Indonésie ont comme armoiries nationales Garuda, le véhicule de Vishnou, que l'on retrouve également dans le nom de la compagnie aérienne nationale, Garuda Indonesia.[réf. nécessaire]
Le regard occidental

Mircea Eliade, historien roumain des religions, a proposé de scinder la tradition en quatre concepts fondamentaux et solidaires afin d'épurer la complexité de l'hindouisme : il s'agit du karma, de la mâyâ, du nirvâna et du yoga21.

la loi de la causalité universelle, qui solidarise l'homme avec le Cosmos et le condamne à transmigrer indéfiniment : c'est la loi du karma ;
le processus mystérieux qui engendre et soutient le Cosmos et, ce faisant, rend possible l'« éternel retour » des existences : c'est la mâyâ, l'illusion cosmique, supportée par l'homme aussi longtemps qu'il est aveuglé par l'ignorance (avidya), la confusion liée à l'attachement et au désir qui l'empêche de discerner sa véritable nature ;
la réalité absolue « située » au-delà de l'illusion tissée par le karma ; l'Être pur, l'Absolu, le Neutre de quelque nom qu'on la désigne, ou encore : le Soi (âtman), Brahman, l'inconditionné, le transcendant, l'immortel, l'indestructible, le Nirvâna, etc.;
enfin, les moyens favorisant la révélation de l'Être, les techniques adéquates pour réaliser la délivrance (moksha, mukti) : cette somme des moyens est parfois désignée par le terme yoga (union).

Controverses
La satî (« vertueuse », fidèle jusque dans la mort), symbole du dévouement total de la femme à son mari, qui consiste pour la veuve à monter sur le bûcher du défunt et mourir brûlée vive. Pratique tardive en Inde (VIe siècle apr. J.-C.) limitée à la caste des kshatriyas, absente dans l'Atharva-Veda où sont exposés les rites de la cérémonie funéraire (il n'en est fait aucune prescription), elle a pour origine l'interprétation d'une des légendes où la déesse Satî, si dévouée à son dieu aimé, Shiva, que son corps partit en flammes sous la force de sa propre méditation et rétention de son seul souffle107, afin de défendre l'honneur que celui-ci avait perdu en n'étant point invité par son beau-père, Daksha, qui refusait le mariage de sa fille, Satî, avec Shiva. Interdite en Inde britannique, la satî a engendré une méfiance à l'égard de l'hindouisme39.

L'hindouisme est critiqué depuis le XIXe siècle par l'Occident – proposant à l'époque sa colonisation du monde comme étant « civilisatrice » –, pour certaines traditions sociales jugées régressives, passéistes, incompréhensibles finalement à sa culture, critiques que l'on doit savoir nuancer en connaissance de cause sans en dénaturer la rigueur108.

En voici les exemples types :

La dot que les parents doivent assurer à la mariée, illégale selon la constitution indienne109, également pratiquée dans toutes les autres communautés religieuses indiennes non-hindoues (musulmanes, chrétiennes, sikhes, bouddhistes, jaïnes…)110 et les violences domestiques qui dérivent de cette coutume111. Il faut rappeler que, selon la tradition hindoue, la dot était un bien personnel de la jeune femme, hérité de sa propre famille, qu'elle apportait avec elle dans la maison de son époux112. Sous sa forme tardive, elle a trahi sa forme originelle pour devenir le « prix » que la famille de la jeune fille doit payer pour le garçon112. Il est abusif d'assimiler la dot, telle qu'elle existe sous sa forme dégénérée, à une pratique inhérente au substrat culturel que représente l'hindouisme, d'autant que dans de nombreux pays non-hindous – en voie de développement économique eux aussi – elle se pratique également113.
Le mariage entre mineurs114, qui n'est pas plus choquant d'un point de vue indien qu'une famille monoparentale, plutôt commune en Occident115. Les textes sacrés hindous et la pratique des mariages en Inde antique indiquent clairement que l'on s'unissait par le mariage après la période des études, vers l'âge de 25 ans, car l'on recommandait d'être mûr pour cela 81.
L'interdiction pour les veuves de se remarier116, à relativiser, puisque, par exemple, il est permis depuis toujours aux femmes de culture shakta, jouissant en Inde d'une très grande estime, de se remarier après une période de veuvage6.
Le suicide de la veuve sur le bûcher funéraire de son époux ou Sati117, inconnu des textes religieux hindous et pratiqué aussi comme une solution rituelle, une réponse religieuse à une situation inextricable liée à l'impureté note 3.
La pratique des sacrifices humains118,119,120, qui, selon l'hindouisme, n'a de valeur que si la victime humaine est volontaire, donnant sa propre vie – offrande suprême – sur l'autel de l'univers (symbolisant l'univers envisagé comme un rituel, un sacrifice, chinnamastâ, déesse tenant d'une main sa tête qu'elle a décapitée et qui boit le sang giclant de son cou, est associée à la vertu du courage de ceux qui s'auto-sacrifient rituellement)121.
Le système de castes socio-professionnelles, dont les dérives furent par ailleurs condamnées par des réformateurs, philosophes et sages hindous tel que Basava dès le XIIe siècle122,123. Ce système des castes peut néanmoins être vu comme une façon de générer une démocratie directe contrôlée par des fédérations de groupes à échelle humaine (les Panchayats, représentants des différentes castes socioprofessionnelles) : il n'est donc pas étonnant que les Indiens y restent attachés, d'autant qu'ils peuvent l'idéaliser par le biais de la religion note 4,note 5,note 6,note 7.
Du point de vue des trois religions abrahamiques, l'hindouisme est également critiqué comme étant polythéiste et respectant l'idolâtrie. En effet, le culte de la murti (forme visible du dieu) est idolâtre (ce qui peut prendre une connotation péjorative dans les religions telles que le judaïsme, le christianisme ou l'islam). Pendant la cérémonie (puja), l'hindou considère que les dieux utilisent ces formes pour répandre leur puissance et leur bénédiction aux fidèles (darshan)124. C'est également le point de vue du positivisme athée d'Auguste Comte, qui considère le polythéisme (de façon générale, sans référence directe à l'hindouisme, mais la philosophie d'Auguste Comte a été appliquée aussi bien aux polythéismes antiques qu'à ceux qui existent encore aujourd'hui) comme plus primitif que le monothéisme.

Thugs constituaient une secte d’adorateurs de Kali
L'hindouisme est également perçu en Occident comme une religion dans laquelle les dieux et les déesses, la mythologie, ont un caractère fortement sexuel125 et empreint de violence126,127. Les hindous ne condamnent pas ces interprétations, puisque pour la philosophie hindoue la violence et la sexualité sont des composantes inaltérables du monde empirique, de l'univers sensible : selon eux, il s'agit non seulement d'une incompréhension de la signification réelle des formes et de la symbolique du panthéon hindou, mais de critiques émises dans un contexte d'évangélisation et perçues comme une désinformation visant à éclipser la valeur et les apports de leur religion128.
Une autre critique est celle appelée hindutva « le fait d'être Hindou ». Beaucoup de milieux indiens sont devenus, à cause de l'influence occidentale, puritains et intégristes, ce qui est contraire à l'esprit véritable de la tradition hindoue121. Ainsi, au XXe siècle, le patriotisme indien émergeant a commencé à promouvoir l'hindouisme en opposition au raj britannique mais aussi à l'islam, dans la suite de l'indépendance indienne, à l'occasion des disputes territoriales avec le Pakistan. La « Cour Suprême Indienne » a pourtant légiféré sur « le sens flou » à donner aux termes : hindou, hindoutva et hindouisme en ne les limitant pas à la seule sphère de la religion pour ne pas exclure les idées de culture et d'héritage commun indien. Une « mosquée », symbole de répression et de l'intransigeance des Moghols pour les hindous, à Ayodhya, accueillit, le 23 décembre 1949, la statue de Râma qui fut placée sous le dôme central de la mosquée, et, devant les foules qui affluaient, le culte hindou s'y installa. La structure qui fut détruite le 6 décembre 1992 ne fonctionnait plus en tant que mosquée depuis des décennies, mais comme un temple hindou depuis 42 ans129. Selon la tradition et certains historiens et spécialistes130, Râma est né sur ce site. Mir Baki, le moghol qui administrait le lieu et qui fit construire plus tard la mosquée Babri sur ce même lieu, fit détruire ce temple vaishnavite en l'honneur de Râm, au motif d'idolâtrie (shirk).

Controverses quant à l’interprétation de l’hindouisme

L’hindouisme n’a pas aujourd’hui d’instance religieuse centrale qui en définit clairement les contours exacts selon le modèle qui est utilisé par d’autres religions au travers d’un dogme précis. La vision européenne et des hindous eux-mêmes quant à la signification exacte de l’hindouisme est donc sujette à controverse dans le milieu scientifique131.

Certains auteurs132 estiment que les Européens, en particulier les colons britanniques, position héritée de leur situation de colons du XVIIIe siècle au XXe siècle, eurent une importance capitale dans la perception que l’on se fait aujourd’hui de l’hindouisme. Selon un jeu de miroirs, cette interprétation anglaise et occidentale de l’hindouisme aurait également fortement influencé les acteurs hindous quant à leurs propres perceptions de cette religion133.

Certains auteurs, tel que Dipesh Chakrabarty134, S.N. Balagangadhara135 ou encore Richard King136 estiment que le concept même de religion, tel qu’il est utilisé afin de définir l’hindouisme est un concept issu de la culture et de l’histoire liées géographiquement à l’Europe et au monde occidental. C’est pourquoi le concept même de religion ne serait pas explicitement applicable aux pratiques et croyances pratiquées en Inde.

Selon eux, ce serait donc une vision occidentale de la religion qui aurait été appliquée en Inde, fortement influencée par un orientalisme prégnant, utilisée également par le nationalisme indien, qui aurait été à l’origine de notre perception actuelle de l’hindouisme. Cependant, celle-ci ne correspondrait pas réellement au mode de pensée de l’Inde.

Il est toutefois nécessaire de préciser, selon d’autres auteurs137 que certaines personnes ayant donné une image définie de l’hindouisme, comme Swami Vivekananda, furent influencées par des intellectuels européens (comme Paul Deussen). Cela impliquerait qu’il y ait eu des échanges entre Européens et Indiens et que l’hindouisme, tel qu’il est perçu aujourd’hui, ne serait pas le seul fruit des orientalistes européens.
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:33

Le swastika91 est un signe bénéfique92, d'origine très ancienne, il se retrouve dans de nombreuses civilisations et symbolise la révolution du soleil et les forces cosmiques. Tourné vers la droite, il est lié à l'Ordre brahmanique, au Dharma, et représente le jour ; tourné vers la gauche, il est lié au Temps qui s'écoule au sein de la Nature/Prakriti et représente la nuit et la déesse Kâlî ; on l'appelle alors sauvastika93. Sa composition en 4 branches, branches dépendantes les unes des autres pour former l'unité harmonieuse du tout bien équilibré, est le symbole même des 4 buts de la vie (Kâma, Artha, Dharma et Moksha), des 4 Vedas, des 4 varna (Brâhmane/enseignant, Kshatriya/défenseur, Vaishya/paysan-artisan et Shudra/serviteur) et des 4 périodes de la vie94. Avec ses 4 branches qui convergent vers un même point, le bindu, il symbolise aussi le chiffre 5, avec les 5 éléments dont le bindu représente l'éther, la source de la création, et, par extension, le Nirvâna, état de l'être où l'on n'est plus soumis aux forces opposées de la Nature, transcendant les différentes catégories de créatures dépendantes de tel ou tel conditionnement physique qu'incarnent les 5 éléments. Enfin, le svastika exprime à lui seul une maxime védique enseignant la pluralité nécessaire des points de vue en ce qui concerne l'approche de la vérité (« Vérité », qui est, dans l'hindouisme, un des noms de Dieu81) : Ekam sat anekâ panthâ, « la vérité est une, les chemins sont multiples »95, le bindu central (des quatre branches réunies du svastika) exprimant la vérité (ou l'Être) unique que l'on peut toujours approcher par divers chemins de connaissance, même si l'origine de ces chemins est toutefois différente, inverse (chemins de savoir interdépendants représentés par les quatre ramifications du svastika). Du fait de ce poids symbolique très important, qui va bien au-delà d'un simple aspect décoratif, le svastika se trouve être une forme sacrée relativement omniprésente dans le monde hindou.


Gourous, philosophes, érudits et maîtres spirituels hindous notoires

Yājñavalkya
Akshapada Gautama
Kapila
Patanjali (A systématisé le yoga antique dans les Yoga sūtra avant l'an 500 de notre ère)
Jaimini
Kanada
Vâlmîki
Vyāsa
Adi Shankara (l'un des grands représentants de l'Advaita Vedānta à l'époque médiévale)
Gaudapada
Ramanuja (1077-1157) (Fondateur du Vishistadvaita au début du deuxième millénaire de notre ère)
Akka Mahadevi (1130-1160)
Basava (1134-1196)
Madhva (1238-1317 ou 1199-1278)
Kumarila Bhatta (VIIème VIIIème siècle)
Nimbarka (XIIème XIIIème siècle)
Kabîr (1440 - 1518)
Vallabha (1481-1533)
Chaitanya (1486-1533)
Raghavendra Swami (1595-1671)
Swaminarayan (1781-1830)
Mâ Ananda Moyî (1896-1982)
Nisargadatta Maharaj (1897-1981)
Ramakrishna (1836-1886)
Paramahansa Yogananda
Ramana Maharshi (1879-1950)
Maharishi Mahesh Yogi (1917-2008)
Shri Mataji Nirmala Devi
Mohandas Karamchand Gandhi
A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada
Sathya Sai Baba
Shri Shirdi Saï Baba
Shivananda (1887-1963)
Sri Aurobindo (1872-1950)
Swami Muktananda
Swami Chinmayananda
Vivekânanda (1863-1902)
Sri Chinmoy (1931-2007) « Sri Chinmoy, lauréat du prix décerné par Hinduism today en 1997 » [archive] "Hindouiste de l'année" et "prix de la renaissance de l'hindouisme" [archive]
Amma (Mata Amritanandamayi)

Sources de l'article

Dictionnaire de la sagesse orientale, Robert Laffont, 2002
Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation indienne, Robert Laffont, 1987 (ISBN 2-221-01258-5)
Alain Daniélou, Mythes et Dieux de l’Inde, le polythéisme hindou, Flammarion, coll. "Champs", 1994 (ISBN 978-2-08-081309-1)
Jean Herbert, La Mythologie hindoue, son message, Albin Michel, 1980
Aurobindo, La Bhagavad-Gita, Albin Michel, 1970
Six Upanishads Majeurs, Le Courrier du Livre, 1971
Louis Renou, Hymnes spéculatifs du Veda, Gallimard, 1956
Alexandre Astier, Comprendre l’hindouisme, Eyrolles, coll. « Eyrolles Pratique », 2003 (ISBN 978-2-7081-3720-2)

Notes et références
Notes

↑ Le terme pour traduire « caste » est jati dans les langues indiennes, mais le sens littéral et premier du terme jati est celui de « naissance ».
↑ Manuels destinés à expliciter les Védas : la phonétique, la science des rythmes, la grammaire, l'étymologie, l'astronomie et le rituel. D'après Serge Demetrian, Le Râmâyana, conté selon la tradition orale, éditions Albin Michel (ISBN 978-2-226-14914-5).
↑ d'après la civilisation des différences (Alain Danielou, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool) « la pratique de la sati est inconnue des textes anciens sur les devoirs des varnas », mais elle était aussi, dans le contexte de l'époque, une manière d'échapper – en réalisant un idéal de purification (comparable à celui des premiers martyrs pour les chrétiens) – à des humiliations futures : ainsi, c'est par centaines que les femmes des guerriers rajpoutes se jetèrent dans les flammes pour ne pas tomber aux mains des envahisseurs musulmans qui en auraient fait leurs esclaves si la mise à mort leur était épargnée ; se donner la mort selon les règles d'un auto-sacrifice au dieu du feu, Agni, était pour ces femmes hindoues une mort infiniment plus noble que celle donnée certainement par l'ennemi.
↑ Alain Danielou déclare : « En Inde, malgré les efforts faits pour créer un prolétariat anonyme plus aisément exploitable, la grande majorité des gens reste attachée à sa caste, à son groupe social (…), comme ailleurs les gens restent attachés à leur groupe religieux ou linguistique. Toutefois ces groupes coexistent plus difficilement de nos jours, faute d'une législation qui reconnaisse et protège leurs droits et leurs privilèges. Les castes ont besoin les unes des autres et aucune société ne peut fonctionner si elles ne partagent pas le travail, ne se respectent pas mutuellement. » ; d'après la civilisation des différences, Alain Danielou, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
↑ Cette particularité de la société indienne, système des castes qui permettait d'éviter les tyrannies excessives, dont la diversité était en quelque sorte constitutionnelle, avait été soulignée par des philosophes comme Voltaire ou Diderot dans leur combat contre l'intolérance – l'intolérance monothéiste en particulier. Il est évident que, dans la société indienne comme dans toute société, il se produit des abus. Ceux-ci ont été dans le passé très exagérément stigmatisés par les puissances occupantes pour qui tout argument visant à dénigrer les valeurs de la société traditionnelle indienne était bienvenu, et ont considérablement augmenté depuis que les gouvernements successifs, musulmans puis chrétiens, ont voulu ignorer les castes et n'ont plus respecté les privilèges et les restrictions de chacune. Du fait que le système des castes n'était pas reconnu par le pouvoir central, il est évident qu'il n'a pas su s'adapter aux conditions modernes comme il l'aurait fait s'il était resté livré à lui-même. En revanche, il n'y a jamais eu de problèmes dans les États princiers. D'après La civilisation des différences, Alain Danielou, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
↑ L'abolition des castes, imposée théoriquement par le gouvernement du Congrès depuis l'indépendance de l'Inde, a surtout eu pour effet de permettre à des individus appartenant à des castes privilégiées, de se saisir des métiers et des terres des plus humbles. C'est ainsi que des tribus sont dépossédées de leur territoire et réduites à la famine. D'après la civilisation des différences, Alain Danielou, éditions Kailash, les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
↑ Le système hindou des castes, quels que soient ses défauts, a longtemps permis d'éviter les génocides, fait une place à toutes les minorités, tous les modes de vie, toutes les religions. C'est pour avoir voulu, au nom de l'égalitarisme importé d'Occident, supprimer les privilèges des divers groupes ethniques, que l'Inde a connu récemment les guerres de religion, les conflits sociaux, le génocide des tribus. Pour rappel, les anciennes communautés juives, chrétiennes, parsies réfugiées en Inde ainsi que les groupes religieux autochtones, bouddhistes, jaïnes, sikhes, n'ont jamais connu de persécution. Il en est de même des peuples primitifs, encore à l'âge de pierre, qui ont été miraculeusement protégés. L'attitude des nouveaux envahisseurs, musulmans puis chrétiens, a été très différente. Leur esprit missionnaire est très contraire à la liberté d'opinion, de mœurs, de mode de vie, que l'institution des castes cherche à préserver ; d'après La civilisation des différences, Alain Danielou, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.

Références

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↑ [réf. incomplète]« Une des dernières civilisations traditionnelles du monde antique encore vivante », dans Alain Danielou, La civilisation des différences, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
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↑ « L'hindouisme n'est pas une religion dogmatique. Ce n'est même pas une religion au sens judéo-chrétien du mot », d'après Alain Danielou, La civilisation des différences, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
↑ a, b, c, d, e, f, g, h et i Madeleine Biardeau, L'hindouisme, anthropologie d'une civilisation, Flammarion
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↑ Louis Renou fait la distinction suivante dans son ouvrage L'hindouisme en page 5 aux éditions Que sais-je? (Réimpression de la 14e éditions : avril 2008): « S'il fallait délimiter les deux mots (brahmanisme et hindouisme), le mot brahmanisme devrait désigner la religion des époques anciennes, et se confondre par la suite, en partie ou en totalité, avec le védisme; le terme d'hindouisme viserait plutôt l'évolution religieuse dans son ensemble, soit à partir du Véda, soit après la période védique. » On s'en tiendra donc ici à la formulation « à partir du Véda » pour ne retenir que le terme « hindouisme » qui fait l'objet de cet article.
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↑ Le Veda, la parole sacrée des brahmanes. Michel Angot. (Voir le texte ici [archive]
↑ Les textes religieux composés par écrit les plus anciens connus à ce jour sont les textes des pyramides que l'on fait remonter à -2500. La composition (orale) du Ṛgveda remonterait quant à elle entre -1500 et -900.
↑ Authority, Anxiety, and Canon: Essays in Vedic Interpretation [archive] par Laurie L. Patton, SUNY Press, 1994, p. 37 Veda as sruti is « that which was heard » by then ancient rishis as part of a primordial cognition in the beginning of creation.
↑ Vedanta : Heart of Hinduism [archive] par Hans Torwestern, Grove Press, 1994, p. 25 « the rishis held and beheld truth directly when they entered a level of awareness in meditation where they became totally receptive ».
↑ a et b Louis Renou, L'hindouisme, éd. Que sais-je ?, 2008, p. 7 (ISBN 9782130521709).
↑ Jean Varenne, Sept Upanishads, Éditions du Seuil, 1981, p. 18 (ISBN 9782020058728).
↑ Jean Varenne, Upanishads du Yoga, éd. Gallimard, 2007, p. 16 (ISBN 978-2-07-071953-2).
↑ Louis Frédéric 1987, p. 586-587.
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↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Gerhard J. Bellinger, Encyclopédie des religions, LGF - Livre de Poche, Paris, 2000, 804 pages (ISBN 978-2-253-13111-3).
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↑ L'Hindouisme, Anne-Marie Esnoul, Fayard-Denoël. D'après le Râmâyana, les animaux dévots de Râm obtinrent la Grâce de Dieu et le bonheur parfait ; on se souviendra qu'un des noms de Râm est Rakshavânar Sangâtinê, qui signifie Sauveur des singes et des sangliers, animaux de la forêt qui l'aidèrent pieusement dans sa geste. d'après 108 names of Rama de Vijay Kumar (ISBN 978-81-207-2026-Cool.
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↑ RIG-VEDA ou Livre des Hymnes, traduit du sanskrit par A. Langlois, éd. Adrien-Maisonneuve 1984-2000.
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↑ Jean Herbert, Spiritualité hindoue, Albin Michel, 1972, p. 224-225.
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↑ (en) BANGLADESH BUREAU OF STATISTICS, « BANGLADESH POPULATION AND HOUSING CENSUS 2011 » [archive]
↑ Carl Skutsch, Encyclopedia of the World's Minorities, Routledge, 7 novembre 2013 (ISBN 978-1-135-19388-1, lire en ligne [archive]), p. 553
↑ http://www.republicoftogo.com/Toutes-les-rubriques/Culture/Quand-les-Togolais-se-tournent-vers-l-hindouisme [archive]
↑ http://www.bbc.co.uk/news/10401741 [archive]
↑ Bhâgavata Pourâna, tr. E. Burnouf, Imprimerie royale, 1844, dans Trésor de la poésie universelle, Roger Caillois/Jean-Clarence Lambert, Gallimard (6e édition)
↑ « Les descriptions stéréotypées de la société indienne, dont nous avons hérité, ont été inventées au XIXe siècle pour justifier le colonialisme et ses bienfaits. Il faut les considérer avec prudence. Beaucoup de problèmes de l'Inde moderne sont dus aux prosélytismes islamique et chrétien qui se sont employés à détruire les conceptions traditionnelles de la justice sociale », Alain Danielou, La civilisation des différences, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool[réf. incomplète].
↑ (en) Dowry Prohibition Act, 1961 [archive]
↑ Véronique Bénéï, La dot en Inde, un fléau social ?, Khartala, Paris/Institut français de Pondichéry, Pondichéry [archive]
↑ Les femmes en danger de mort à cause des enjeux de la dot, sur le site des Nations Unies [archive]
↑ a et b Tarun Chopra, La vache sacrée, et autres histoires indiennes, Prakash Book (ISBN 978-81-7234-041-4).
↑ http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/PARINGAUX/15113 [archive] « le développement de la mort pour cause de dot doit beaucoup à l’évolution rapide de la société indienne vers le matérialisme et le consumérisme. Aucune forme de violence contre les femmes n’est plus directement liée aux structures économiques que la demande de dot »
↑ 46 % des femmes mariées avant l'âge de 18 ans, sur le site de l'UNICEF [archive]
↑ « Les mariages d'enfants, tant décriés, ne posent généralement pas de problèmes. Un garçon de dix ans sait qu'il existe une petite fille qui est sa femme, tout comme il a une mère, qu'il n'a pas non plus choisie. Le mariage est consommé le plus souvent vers la quinzième année, âge où la curiosité sexuelle n'est pas sélective. Par ailleurs, les époux ne vivent pas en couple mais dans le large groupe familial », d'après la civilisation des différences, Alain Danielou, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
↑ Sur le mariage des veuves dans l'histoire de l'Inde [archive]
↑ Widow Burning in India de Sakuntal Narasimhan Anchor editor, 1992
↑ http://www.newkerala.com/topstory-fullnews-31742.html [archive]
↑ Selon l'Hindustan Times, il y a eu 25 sacrifices humains dans l'ouest de l'Uttar Pradesh dans les six derniers mois seulement. Ces tueries ont accru l'attention sur les pratiques tantriques, un amalgame de pratiques diverses issues de l'hindouisme. John Lancaster, Washington Post, 29/11/2003)
↑ La police de Khurja annonce que des douzaines de sacrifices humains ont eu lieu ces derniers mois. Dans un village proche de Barha, une femme a tué le fils de trois ans de ses voisins pour accomplir un rituel qui lui promettait des richesses illimitées. Dans un autre cas, un couple qui ne pouvait avoir d'enfants a kidnappé un enfant de six ans et a mutilé l'enfant en chantant les mantras d'un rituel tantrique. La femme s'est ensuite lavée dans le sang de l'enfant. "C'est la faute à la superstition et à l'illettrisme" dit l'officier de police Ak Singh. "C'est déjà arrivé et ça arrivera encore. On reçoit sans mal des dénonciations de la part des familles". Il y aurait eu en tout 28 sacrifices déclarés dans l'État les quatre mois passés. Quatre prêtres ont été emprisonnés et de nombreux autres ont dû fuir à la suite de cela. « Indian cult kills children for goddess: Holy men blamed for inciting dozens of deaths », The Observer, Dan McDougall à Khurja, Inde, 5 mars 2006
↑ a et b d'après la civilisation des différences, Alain Danielou, éditions Kailash, Les Cahiers du Mleccha (ISBN 978-2-84268-097-Cool.
↑ 60 % des indiens considèrent les castes socio-professionnelles comme importantes contre 40 % au moment de l'indépendance, sur le site des sciences humaines [archive]
↑ http://www.jaia-bharati.org/histoire/tyran-castes.htm [archive] le mythe de la tyrannie des castes, par Meenakshi Jain, historien et professeur à l'Université de Delhi, article paru dans « The Indian Express » du 26 septembre 1990
↑ http://www.templeganesh.fr/puja.htm [archive]
↑ Le monde hindou et le sexe. Symbolisme, attitudes, pratiques sur le site du CNRS [archive]
↑ Oh Terrifying Mother: Sexuality, Violence and Worship of the Goddess Kali (Terrifiante Mère, sexualité, violence dans le culte de la déesse Kali) Journal article par Alex Argenti-Pillen; Journal of the Royal Anthropological Institute, Vol. 10, 2004
↑ Voir également Dourgâ, déité qui porte de nombreuses armes dans ses représentations et dont l'aspect Bhairavi est "celle qui donne la mort"
↑ http://www.jaia-bharati.org/livres/foi-into/preface.htm [archive]
↑ http://www.jaia-bharati.org/ayodhya/ayodhya-mh.htm [archive]
↑ http://www.jaia-bharati.org/ayodhya/bblal-hindu.htm [archive]
↑ Sept Upanishads. Jean Varenne. Édition du Seuil, 1981, page 13 : « L'hindouisme est une religion sans fondateur, sans Église, sans nom même, puisque le terme qui la désigne a été imaginé par les Occidentaux ». Voir aussi : Michel Angot, Histoire de l'Inde, p. 114 (De surcroît l'idée de l'hindouisme en tant que religion est aussi une idée d'Occidentaux : elle est inventée par les Britanniques en mal de nommer ce qu'ils voient autour d'eux au XIXe siècle), ains que Vasudha Dalmia, Robert Frykenberg, Christopher Fuller, John Hawley, Gerald Larson, Harjot Oberoi, Brian Smith, and Heinrich von Stietencron, etc.
↑ Stietencron, Heinrich von : Der hinduismus, München: C.H. Beck, 2001
↑ Lorenzen David : Who Invented Hinduism ? In: Comparative Studies in Society and History. Cambridge. 41: 630-659
↑ Chakrabarty, Dipesh, Europa provinzialisieren. Postkolonialität und die Kritik der Geschichte. In Chakrabarty Dipesh, Europa als Provinz. Perspektiven postkolonialer Geschichtsschreibung. Frankfurt am Main, Campus, 2010, 41-65
↑ Balagangadhara S.N., Orientalism, Postcolonialism and the « Construction » of Religion, In Esther Bloch (sous la dir. de, ) Rethinking Religion in India, The colonial construction of Hinduism, London, Routledge 135-163
↑ King Richard, Colonialism, Hinduism and the discourse of religion. In Esther Bloch (sous la dir. de, ) Rethinking Religion in India, The colonial construction of Hinduism, London, Routledge, 95-113
↑ Bergunder Michael, Indischer Swami und deutscher Professor, « Religion » jenseits des Eurozentrismus. In Religionswissenchaft. Hg. Michael Stausberg. Berlin. De Gruyter. 2012. p. 95-107

Bibliographie

Dictionnaire de la sagesse orientale, Éditions Robert Laffont, 1989 (1re éd.)
Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, René Guénon, éd. Véga/Guy Trédaniel.
L'Homme et son Devenir selon le Vedântâ, de René Guénon, paru en 1925 aux Éditions Traditionnelles - réédité en 2000 (ISBN 978-2-7138-0065-Cool.
Astavakra Gîtâ - Avadhuta Gîtâ (1951 et 1958), de Alexandra David-Néel, Éditions du Rocher - réédités en un seul volume en 1994 (ISBN 978-2-268-01690-0).
Sâdhus, un voyage initiatique chez les ascètes de l'Inde, par Patrick Levy, Éditions du Relié, 2009 (ISBN 978-2-35490-033-5)
Un et multiple [archive], par Sarah Combe, Dieux et déesses, Mythes, croyances et rites de l'hindouisme - Éditions Dervy, 2010 (ISBN 978-2-84454-607-4)
L'Inde, Michel Angot, PUF, collection Culture Guides, 2012 (1re éd.)

Voir aussi

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Articles connexes

Contacts culturels entre Inde et Europe
Devadasi, Droit hindou
Divinités du Sanatana Dharma
Hindouisme athée
Glossaire de l'hindouisme
Villes saintes de l'Inde
Hindouisme et les autres religions
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:37

Dans la plupart des tribus il existe une divinité puissante, appelée aussi bien le Grand Esprit que Père le Ciel, Maître de la Vie, le Grand Mystère, le Grand Manitou.
On trouve aussi les noms de Mantóac, Manito, Manitoa, Manitu, Manitoo, Manidoog, Manidoowag.

Manitou combine à la fois les significations de l'esprit, mystère, magie. C'est un mot algonquin qui signifie « être mystérieux » ou simplement « mystère », qui représente le pouvoir inconnu de la vie et de l'univers.

Cette notion se rapporte au culte du soleil et au concept de mana, une force personnelle surnaturelle, qui est très répandu chez les amérindiens.

Il peut apparaître sous diverses formes animales ou projeter son image dans les nuages ou dans le ciel sous la forme d'une aurore Boréale chez les Inuits.

Plusieurs groupes croient en l'existence d'un Grand Esprit ou d'un Grand Mystère supérieur (le Wakan Tanka des tribus des Plaines et le Kitchi Manitou des Algonquins de l'Est) ou Orenda par les Iroquois, est potentiellement bénéfique, mais il peut devenir dangereux s'il est traité avec insouciance ou irrévérence.

Le Grand Esprit était le premier des esprits et on lui associait un grand pouvoir et une grande bienfaisance s'il était respecté. Le Grand Esprit était réputé habiter le Monde Supérieur, qui était normalement inaccessible aux communs des mortels. C'est pourquoi les oiseaux et toutes les créatures ailées étaient souvent utilisées comme intermédiaires entre les deux mondes.


Wakan Tanka

Le destin des Indiens d’Amérique annonçait celui de l’ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de « l’Esprit qui est en toute chose »… (source)

« Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout : le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes ; parfois nous l’approchons par leur intermédiaire. Nous croyons en l’Etre Suprême, d’une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens… Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas dans l’obscurité.

Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous les écoutez. Le problème avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, je suppose qu’ils n’écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris …tantôt sur le temps, sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit. » (source)

------------------------------------------------------------------------------

Polythéïsme et monothéïsme
http://eden-saga.com/initiation-amerindiens-monotheisme-polytheisme-danse-de-shiva-grand-esprit-wakan-tanka.html
On a cru que le monothéisme représentait un grand progrès spirituel par rapport aux religions anciennes, dites polythéistes ou animistes. Il y a dans cette opinion une question non tranchée : que signifie vraiment le polythéisme ?

Ou plus radicalement, le monothéisme absolu existe-t-il ? Ainsi, dans la religion juive, qui est censée être la première religion monothéiste, on relève dès l’origine des contradictions troublantes : Dieu le Père avait une femme, et pire que ça, le Dieu unique était plusieurs !

Dans la genèse, on l’appelle les Elohim, ils sont sept, chacun avec sa femme, ça ressemble à tout sauf à un Dieu unique.

La Torah ne compte pas moins de sept façons de nommer Dieu l’unique : les sept Elohim ?

Dans le christianisme, autre religion monothéiste, on trouve dès le départ un hiatus du même ordre : Dieu l’unique existe en trois personnes. Faudrait savoir ! Est-ce 1=7 ou bien 1=3 ? Un Dieu parfait qui ne sait pas compter, ça la fout mal. A se demander si le monothéisme existe… Toute cette affaire, une fois de plus, repose sur un incompris majeur : nos ancêtres ont pris une bande d’usurpateurs pour l’Unique. Les usurpateurs en question les y ont d’ailleurs vivement encouragés. Et nous, on a gobé.


L’orgasme de Shiva

Quant aux différents polythéismes, ils reposent sur une vision complexe de la divinité, unique le plus souvent, mais au sommet d’une pyramide de sous-dieux qui font croire à l’idolâtrie.

Pourtant, chez ces croyants, on retrouve la même foi en un dieu intérieur, à la fois unique et universel.

Ainsi la ribambelle de dieux, de dévas, de demi-dieux et de héros divins du panthéon hindou ne masque pas la source dravidienne primitive qui affirme l’unicité de Shiva, créateur de tout ce qui est. Shiva est un principe inconscient, uni avec sa création sans se soucier d’elle et pourtant dictant son destin. Shiva danse, et sa danse crée les mondes. En extase il éjacule tous les univers. Dès que Shiva ne jouira plus, tout s’arrêtera.

C’est une image parfaite du Grand Esprit, à la fois tout-puissant et impersonnel. Dans la pratique en Inde, selon le regard que le croyant porte sur Shiva, selon qu’il est shivaïste ou ou ramanite, il verra tantôt sa capacité de destruction, tantôt le souffle vital originel.

Dans le polythéisme apparent des Natifs Américains, idem. Si l’homme rouge voit la présence divine dans chaque être, chaque pierre, chaque ruisseau ou chaque nuage, c’est sa façon d’adorer un Unique tellement puissant qu’on ne peut le percevoir qu’à travers ses créatures, comme Shiva pour les Hindous.

Adorer la Vie, l’Esprit et l’Energie dans chacune de leurs manifestations, est-ce primitif ? Les Amérindiens, comme les autres peuples dits premiers, ont cultivé un contact étroit, charnel, avec la mère nature. C’est d’elle qu’ils ont tiré leurs plus précieux enseignements.

« Oh Grand Esprit dont j’entends la voix dans le vent et dont je vois le souffle dans les brumes du levant. Viens, Esprit du Bien… Viens maintenant, avec le soleil levant. Oh, bouclier de lumière… Comble mes regards ! Longtemps j’ai pleuré. Longtemps j’ai lancé vers toi les flèches de ma prière.

Envoie ton Esprit du Bien pour me révéler les mystères que tu as cachés dans chaque feuille, chaque pierre, chaque fleur, chaque créature vivante. Viens Esprit du Bien ! Oh, Esprit du Bien, viens ! » (source)

Au regard de cette religion admirable, évidente, si simple que « même les enfants peuvent la comprendre », nos religions souvent intolérantes font montre d’une complication inutile.

Notre désir de les convertir est d’une suffisance choquante.

Nous leur disons : Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Ils nous répondent :
« Frère, tu dis qu’il n’y a qu’une seule façon d’adorer et de servir le Grand Esprit. S’il n’y a qu’une seule religion, pourquoi le peuple Blanc est-il si partagé à ce sujet ? Nous savons que votre religion est écrite dans un livre. Pourquoi n’êtes-vous pas tous d’accord, si vous pouvez tous lire ce livre ? Frère, nous ne comprenons pas ces choses. Tu nous dit que ta religion a été donnée à tes ancêtres, et s’est transmise de père en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmises à nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons,

à nous aimer les uns les autres et à être unis.

Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c’est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit. » (source)

Mitakuyé oyasin ! Wakan Tanka le Grand Esprit vous protège !
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:40

Le destin des Indiens d'Amérique annonçait celui de l'ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit qui est en toute chose"...

"Nous avons toujours eu beaucoup; nos enfants n'ont jamais pleuré de faim, notre peuple n'a jamais manqué de rien... Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, ce citrouilles, de courges... Ici était notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu'elle nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne dans le village ne l'aurait cru."

Black Hawk, chef indien


"Nous aimons la tranquillité; nous laissons la souris jouer en paix; quand les bois frémissent sous le vent, nous n'avons pas peur."

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796


"Nous le savons: la terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la terre. Nous le savons: toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre.

L'homme n'a pas tissé la toile de la vie, il n'est qu'un fil de tissu. Tout ce qu'il fait à la toile, il le fait à lui-même."

Seattle, chef indien Suquamish


"Le Lakota était empli de compassion et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'âge. (...) C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature."

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

"Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout: le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes; parfois nous l'approchons par leur intermédiaire. (...) Nous croyons en l'Etre Suprême, d'une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens... Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas d'ans l'obscurité.

Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L'ennui avec les Blancs, c'est qu'ils n'écoutent pas ! Ils n'ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu'ils n'écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m'ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit."

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

"Les Blancs se moquent de la terre, du daim ou de l'ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous édifions nos tipis, nous faisons de petits trous. Nous n'utilisons que le bois mort.

L'homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L'arbre dit « Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal ». Mais il l'abat et le débite. L'esprit de la terre le hait. Il arrache les arbres et les ébranle jusqu'à leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l'homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ». Mais l'homme blanc n'y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu... Comment l'esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc?... Partout où il la touche, il y laisse une plaie."

Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)


"Je peux me rappeler l'époque où les bisons étaient si nombreux qu'on ne pouvait les compter, mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tués tant et tant qu'il ne reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant. Les Wasichus ne les tuaient pas pour manger; ils les tuaient pour le métal qui les rend fous et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les dépeçaient même pas. Ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler de bateaux-de-feu descendant le Missouri chargés de langues de bison séchées. Parfois ils ne prenaient même pas les langues; ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins."

Hehaka Sapa, grand chef Sioux

"Vous avez remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Nos tipis étaient ronds comme des nids d'oiseaux et toujours disposés en cercle. Il en est ainsi parce que le pouvoir de l'Univers agit selon des cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans l'ancien temps, lorsque nous étions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu'il ne fut pas brisé.

Tout ce que fait le pouvoir de l'Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu'ils ont la même religion que nous. Le soleil s'élève et redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont rond.

Même les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent toujours là où elles étaient. La vie de l'homme est dans un cercle de l'enfance jusqu'à l'enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où l'énergie se meut."

Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)


"La vie dans un tipi est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L'homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d'argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l'homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l'air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile; mais il a fait qu'il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l'herbe verte et des baies mures.

L'homme blanc n'obéit pas au Grand Esprit. C'est pourquoi nous ne pouvons être d'accord avec lui."

Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas


"Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n'étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l'homme blanc trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre était « infestée » d'animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu'à l'arrivée de l'homme barbu de l'Est qui nous accable d'injustices insensées et brutales."

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)


"Notre terre vaut mieux que de l'argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d'un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l'eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C'est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu'elle ne nous appartient pas."

Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)


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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:42

Le destin des Indiens d'Amérique annonçait celui de l'ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de "l'Esprit qui est en toute chose"...

"Mes jeunes gens ne travailleront jamais.
Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves."

Smohalla, chef indien Sokulls


"Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m'avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre.
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.

Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? » Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux."

Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas


"Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d'homme doivent être les Européens? Quelle espèce de créature choisissent-ils d'être, forcés de faire le bien et n'ayant pour éviter le mal d'autre inspiration que la peur de la punition? (...) L'homme n'est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l'écriture et montrer mille exemples de son industrie...

En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j'ai l'entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.

Il n'en est pas de même pour toi. Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n'as pas la liberté de faire ce que tu as dans l'esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc. Et tu dépends d'une infinité de personne dont la place est située au-dessus de la tienne. N'est-ce pas vrai ?"

Kondiarionk, chef Huron, s'adressant au baron de Lahontan, lieutenant français en Terre-Neuve



"Les hommes blancs annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde, mais il devint tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes.

Leurs sages nous conseillaient d'adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu'il en existant un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes blancs étaient rarement d'accord sur celle qu'il fallait prendre. Cela nous gêna beaucoup jusqu'au jour où nous comprîmes que l'homme blanc ne prenait pas plus sa religion au sérieux que ses lois. Ils les gardait à portée de la main, comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les étrangers."

Pachgantschilhilas, chef des Delawares


"Chaque année notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire... La misère et l'oppression, tel est le lot qui nous échoit... Ne sommes-nous pas dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ?

A moins que les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l'avidité des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d'automne par le vent."

Tecumseh, chef Shawnee, en 1812


"Nous ne voulons pas des chariots de feu qui font du bruit (trains à vapeur) sur les terrains de chasse au bisons. Si les Visages Pâles s'avancent encore sur nos terres, les scalps de vos frères seront dans les wigwams des Cheyennes. J'ai dit !"

Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, s'adressant au général Palmer en 1866 dans le Kansas

"Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie. C'est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence. C'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux, autant de droit qu'à nous d'habiter cette terre.

Cependant écoutez-moi mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos pères l'ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd'hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l'esprit la volonté de cultiver le sol, et l'amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage."

Tatanka Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux


"Frère, notre territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l'espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion.

Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d'une manière qui lui soit agréable. Et tu prétends que si nous n'adoptons pas la religion que vous les Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes paroles? (...)

Frère, tu dis qu'il n'y a qu'une seule façon d'adorer et de servir le Grand Esprit. Si il n'y a qu'une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partagé à ce sujet? Nous savons que votre religion est écrite dans un livre. Pourquoi n'êtes-vous pas tous d'accord, si vous pouvez tous lire le livre?

Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a été donnée à tes ancêtres, et s'est transmise de père en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c'est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit."

Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur des Six Nations

"J'assiste avec tristesse au déclin de notre noble race. Nos pères étaient forts et leur pouvoir s'étendait sur tout le continent américain. Mais nous avons été réduits et brisés par la ruse et la rapacité de la race à peau blanche. Nous sommes maintenant obligés de solliciter, comme une aumône, le droit de vivre sur notre propre terre, de cultiver nos propres terres, de boire nos propres sources.

Il y a de nombreux hivers, nos sages ancêtres ont prédit qu'un grand monstre aux yeux blancs viendrait de l'Est, et qu'eu fur et à mesure qu'il avancerait il dévorerait la terre. Ce monstre, c'est la race blanche, et la prédiction est proche de son accomplissement."

O-no'-sa, chef indien


"Le changement du costume tribal pour celui de l'homme blanc fut brutal. Les effets sur la santé et le confort des enfants furent considérables. Notre premier grief fut d'avoir les cheveux coupés. Les hommes Lakotas ont toujours porté les cheveux longs. Plusieurs jours après avoir été tondus, nous nous sommes sentis bizarres et mal à l'aise. Si l'argument avancé était vrai, à savoir l'élimination des poux, pourquoi les filles n'avaient-elles pas subi le même traitement que les garçons?

La vérité, c'est qu'ils voulaient nous transformer. Les cheveux courts étant la marque distinctive de l'homme blanc, on nous l'imposa, alors que lui-même conservait sa propre coutume de se laisser pousser les poils du visage."

Standing Bear, chef indien Lakota


"Les Wasichus nous ont mis dans ces boites carrées (maisons), notre pouvoir s'en est allé et nous allons mourir parce que le pouvoir n'est plus en nous.

Nous sommes des prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde."

Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux


"Enfant, je savais donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect. Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprimée en dollars !"

Chiyesa, écrivain indien contemporain


"Je suis allé à l'école des hommes blancs. J'y ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux et la bible. Mais j'ai découvert à temps que cela n'était pas suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée. Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l'ensemble de sa création. Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature.

Si vous preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil, en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n'en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et à moi, d'étudier à l'université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie."

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)



"L'homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de notre Mère la Terre. L'avance technologique de l'homme blanc s'est révélée comme une conséquence de son manque d'intérêt pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit. L'appétit de l'homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé à notre Mère la Terre, dans sa recherche de ce qu'il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup d'Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc.

Aujourd'hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent du charbon et de l'eau dans notre sol, afin de créer plus d'énergie pour les villes de l'homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes.

Aujourd'hui, presque toutes les prophéties se sont réalisées. Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage; l'homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec ses avions. Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le swastika ou le soleil levant.

Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres était renversée sur la terre, beaucoup d'hommes mourraient, et que la fin de cette manière de vivre était proche. Nous interprétons cela comme les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple; cette énergie devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre.

Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d'envoyer au président des Etats-Unis et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de l'humanité, afin que la Paix, l'Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes."

Lettre des Indiens Hopis au président Nixon en 1970

Ces textes sont extraits du livre de T.C.Mac Luhan, "Pieds nus sur la terre sacrée", une anthologie de la philosophie, du mode de vie et de la destinée des Indiens d'Amérique du Nord.
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:49

La diversité des tribus nord-amérindiennes se manifestait dans celle de leurs croyances et les esprits en lesquels ils croyaient. Bien que les différentes tribus partageassent parfois des rituels communs, les esprits leur étaient le plus souvent spécifiques.

Dans les cas des religions nord-amérindiennes, nous ne pouvons parler de divinités à proprement parler. En effet, les catégories grecques qui ont été appliquées aux religions panthéistes ne concordent pas tout à fait avec les religions animistes telles que celles des Amérindiens du Nord.

La trilogie "Koyaanisqatsi" est un ensemble de 3 films réalisés par Geofrey Redgio
et inspirés par les prophéties des Indiens Hopis.

Tournés avec des images réelles (grandioses), sans acteurs, sans dialogues et sans commentaires, ces films nous montrent notre planète et notre civilisation comme nous ne l'avons jamais vue... Images des éléments naturels, images des mégapoles, des foules humaines, et du monde créé par la technologie, le tout sur une musique superbe et envoutante de Philip Glass.

Le titre des films vient du langage Hopi. La racine "qatsi" veut dire "vie".

film 1:
"Koyaanisqatsi". Signification en langage hopi: "vie déséquilibrée, vie folle, vie tumultueuse, vie allant en se désagrégeant, un état d'existence appelant un autre mode de vie".

film 2:
"Powaqatsi": "une entité, un mode de vie, qui consume l'énergie vitale d'autres êtres dans le but d'assurer sa propre existence".
Ou comment la civilisation technologique s'est généralisée à l'ensemble du monde, bouleversant les modes de vie, les cultures, et les équilibres.

film 3:
"Naqoyqatsi": "vie guerrière, guerre totale, guerre en tant qu'agression contre l'énergie de la vie, la guerre comme mode de vie".

http://www.syti.net/MessageIndiens.html

Abénaquis
Article détaillé : Mythologie abénaquise.

Tabal-dak : Esprit créateur androgyne des Abénaquis, il a créé les humains. À partir de la poussière de sa main, il créera deux frères: Gluskab et Malsumis. Ces deux frères ont la possibilité de créer un monde meilleur mais seul Gluskab en fait l'essai. Malsumis est plutôt porté à faire le mal.

Apaches

Ysun

Le Créateur pour les Apaches, Ysun est un esprit très puissant mais sans forme propre, une entité immatérielle dont l’influence s’étendrait à tout être vivant.
Algonquin

Manitou

Esprit suprême des Algonquins. Sous le nom de Kije Manito (Gitche Manitou) qui signifie en algonquin « l'esprit de l'esprit ». Il est le créateur de tout ce qui existe sur Terre. Mais le terme Manitou a pu qualifier d’autres entités comme celles qui se manifestent par exemple dans les rêves. La représentation de l'esprit variait d'une tribu à l’autre : Les Mascoutin, par exemple, le priaient avant la chasse en tant que régent des animaux. Les Innus ( Montagnais ) le vénéraient comme protecteur des caribous.
Assiniboine

Iktomi

Créateur de la Terre.
Cherokee

Asagaya Gigageï

Esprit du tonnerre des Cherokee, Asagaya Gigagei est invoqué par les chamans quand ils doivent soigner.
Cheyenne

Maheo est le Manitou des Cheyennes.
Iroquois

Le Grand Esprit est à l'origine de l'univers et tout ce qui l'entoure (plante, animaux, humains...) et la domine, il est aussi appelé Manitou.

Oranda / Orenda

Puissance spirituelle vénérée par les Iroquois, Oranda est une entité abstraite dont les manifestations se multiplient dans le monde vivant et peuvent être présentes à divers degrés, en tout être, humain ou animal.
Navajo

Estsanatlehi

La créatrice des humains. À l'instar des déesses de la Fertilité de nombreuses mythologies, cette entité est vieille en hiver et retrouve la jeunesse au printemps. Elle est la femme de l'esprit du soleil Tsohanoï.

Hastsezini

Le dieu du feu.

Tonenili

Esprit de la pluie, « l'arroseur » s'amuse avec les hommes en usant de son « pot à eau » mais se montre bienveillant quand les circonstances le demandent ; par exemple, lorsqu'il a réussi à sauver le premier Navajo des griffes de l'affreux monstre des eaux, avec l'appui de son allié Hastsezini, l'esprit du Feu.

Tsohanoaï

Esprit du Soleil, il porte son attribut incandescent sur le dos et le range pour la nuit dans sa maison en l'accrochant à son mur (ouest).
Pawnee

Tirawa

Appelé « La Voûte des Cieux » chez les Pawnees, Tirawa esprit lointain et tout-puissant est le créateur du monde. Avec son épouse, Atira, il tenait conseil dans le ciel et distribuait ses instructions aux autres esprits; c'est lui qui maria le soleil (Shakouroun) et la lune (Pah), leur donna mission pour le premier de réchauffer la terre, pour la seconde de procurer sommeil et repos, et qui plaça leur enfant (un garçon) sur la terre, afin qu'on lui enseigne la vie, lui offrant pour compagne la fille née des étoiles. Tirawa, quoique très vénéré, pouvait se montrer d'une humeur incertaine, puisqu'il provoqua le déluge et faillit faire disparaître le genre humain dans un coup de colère…

Atira Épouse de Tirawa.
Pah La lune, épouse de Shakouroun (le soleil).
Shakouroun Le soleil, époux de Pah (la lune).

Sioux

Wakan Tanka / Waconda / Wakanda

Source suprême de la Sagesse, esprit généreux et tout-puissant des Sioux, celui qui éclaire le Chaman.
Esprits partagés par diverses tribus

Le corbeau ou Chulyen, Hemaskas, GuGuyni, Nankil’slas, Kwekwaxa’we, Txamsem, We-ghyet, Yhel selon les tribus, esprit farceur, qui tend des pièges, esprit de la ruse.
Le coyote ou Akba-Atatdia, appelé parfois « le vieil homme », selon les tribus.
Le grand lièvre ou Manabhoszo Kivati, Kwatyat, Xelas Manibhozo, Wisaaka, également esprit de la ruse et du changement.

Références

(en) Toutes les divinités amérindiennes [archive].
Spiritualité des amérindiens [archive]

Voir aussi
Articles connexes

Animisme
Chamanisme
Dieux
Nord-amérindiens

Bibliographie

Spiritualité des indiens d'Amérique de Robert Boissière éd. Le Mail
Terre sacrée : L'univers sacré des Indiens d'Amérique du Nord de Serge Bramly éd Albin Michel

Une religion est un ensemble de croyances, de pratiques et de rites communs à un grand nombre d'êtres humains, qui définissent le rapport de l'homme avec le sacré et, partant, une part de sa compréhension du monde. Il a existé de très nombreuses religions et mythologies sur la Terre, avec chacune ses caractéristiques particulières.

En se divisant par des prophétes, théologiens et mouvements, le monothéisme par la division de ces hommes
a rendu Dieu triste des positions de ceux qui se revendique de sa paroles

par exemple:

Le sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'islam. Il représente 85 à 90 % des musulmans. Ce qui distingue les courants de l'islam est principalement l'interprétation de la religion tandis qu'ils peuvent se référer aux mêmes sources utilisées pour écrire le droit musulman. Les sunnites s'accordent sur quatre sources de référence principales : le Coran, livre révélé au prophète de l'islam Mahomet, la sunna, qui sont les cas non directement évoqués dans le Coran, puis le consensus des jurisconsultes musulmans et la déduction juridique (Qiyas). Le sunnisme possède plusieurs écoles juridiques (madhhab), ayant toutes les mêmes croyances. Les quatre principales écoles étant le hanafisme, le malékisme, le chaféisme et le hanbalisme. Chaque courant plus ou moins une école, on notera que dans le salafisme, l'école hanbalite est la plus utilisée.

et

Ulrich Zwingli — on trouve aussi Huldreich Zwingli et Huldrych Zwingli, et même Zwingle ou Zvingle ou encore Zuingle Haudry, en francisant — (1484-1531) est un réformateur religieux suisse. En étudiant la Bible, indépendamment de Martin Luther, il arrive à des conclusions analogues.

Très présent dans la société, il est un des principaux artisans des différentes tentatives de convertir, y compris militairement, la Suisse à la Réforme. En 1523, il parvient à faire adopter la réforme au canton de Zürich, premier canton à le faire. Il est, depuis Zurich, à l'origine des Églises réformées de Suisse alémanique, tandis que Guillaume Farel et Jean Calvin sont les principaux réformateurs en Suisse romande. Il est aujourd'hui encore l'une des principales sources d'inspiration des Églises réformées, et notamment du protestantisme libéral.

Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī (1819-1850) et surnommé le Bāb (arabe : باب= « la Porte »).
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:54

La dynastie Qāǧār, fondée en 1794, venait de réussir à restaurer l’unité nationale et s’apprêtait à entamer des réformes pour moderniser le pays sous la pression de la Russie au nord et de la Grande-Bretagne à l’est, qui s’opposaient dans le Grand Jeu géostratégique pour la domination de la région. Avec l’arrivée au pouvoir des Qajars, les commerçants du bazar (bazarī) et les dignitaires religieux (oulémas) chiites acquirent influence et pouvoir au sein d’une société restée féodale et soumise au clientélisme, au népotisme et à la corruption.

Le babisme ou la foi babie (persan : بابی ها, Bābī hā) est un mouvement religieux réformateur et millénariste fondé en Iran le 23 mai 1844 (5 Jamādīyu’l-Avval 1260 ap.H.), par un jeune commerçant de la ville de Chiraz, nommé Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī (1819-1850) et surnommé le Bāb (arabe : باب= « la Porte »).

Ce mouvement messianique fut la cause d’un grand bouleversement dans la société persane du XIXe siècle. Le babisme se répandit rapidement à travers la Perse, touchant toutes les couches de la population, du plus humble paysan au plus éminent lettré. Le clergé chiite associé au gouvernement persan réagit par une persécution féroce en martyrisant des dizaines de milliers de babis. Il ne reste plus actuellement que quelques disciples du Bāb, qui s’appellent eux-mêmes le Peuple du Bayān et sont nommés bābī, bayānī ou azalī. Situés principalement en Iran et en Ouzbékistan, il est impossible de donner de chiffre exact, car ils continuent de pratiquer la dissimulation (taqiya) et vivent sans se différencier des musulmans qui les entourent1.

Le milieu du XIXe siècle fut une période d’intenses espoirs de voir se réaliser une ère messianique, aussi bien parmi les chrétiens (comme avec les adventistes) que les musulmans chiites.

Ceux-ci attendent selon leurs traditions la venue, avant le « Jour de la Résurrection et du Jugement », d’une sorte de « messie » appelé Al-Mihdī (arabe : المَهْديّ, ce qui signifie « le bien guidé ») par les sunnites et Al-Qā’im (arabe : القائم, ce qui signifie « celui qui se lèvera » ou le « résurrecteur ») par les chiites, qui l’identifient avec le retour de « l’imam caché ». Le Coran ne parle pas de cet homme, mais de multiples traditions rapportent les paroles de Muḥammad le décrivent, comme celle-ci : « Dieu fera ressortir de la cachette Al Mihdī de ma famille et juste avant le Jour du Jugement ; même si un jour restait dans la durée du monde et il répandra sur terre justice et égalité, et éradiquera la tyrannie et l’oppression »2.

Šayḫ Aḥmad Aḥsāʾī (1753-1826) était un métaphysicien chiite originaire de Bahreïn, qui fonda au XVIIIe siècle en Perse et en Irak une école religieuse, dont les membres, appelés shaykhis, concentraient leur enseignement sur les aspects ésotériques et métaphysiques du chiisme ce qui leur attira certaines critiques de la part du clergé majoritaire, méfiant de ce nouveau mouvement potentiellement hétérodoxe. Après sa mort, c’est son disciple Sayyid Kāẓim-i Raštī (1793-1843), qui prit la direction de l’école et assura la défense de ses doctrines face à leurs détracteurs.

À son décès, ses disciples furent confus, ignorants vers qui se tourner pour diriger le mouvement, et c’est ainsi qu'un de ses disciples, Mullā Ḥusayn-i Bušruʾī (1813-1849), se mit en route pour trouver un successeur à son défunt maître. Après 40 jours de prière et de jeûne il rencontra finalement à Chiraz le Bāb, le reconnut, et le présenta à 17 autres étudiants shaykhis, qui, à leur tour, le reconnurent et devinrent ses apôtres : les Lettres du Vivant3.
Enseignements du Bāb
Da’ira babi contenant des annotations de la main du Bāb

Malgré sa jeunesse et la brièveté de sa vie missionnaire, le Bāb révéla l’équivalent de 500 000 versets, dont la plus grande partie a été perdue.

« Voici qu’environ cent mille lignes semblables à ces versets se sont répandus parmi les hommes, sans compter les prières invocatrices et les questions concernant la science et la philosophie4. Considère encore le sujet du « Point du Bayān « (le Bāb). Ceux qui le connaissent savent quel est son rang avant la Révélation; mais après la Révélation, et bien que jusqu’à aujourd’hui il ait révélé plus de cinq cent mille versets sur divers thèmes, on parle cependant contre lui avec des mots tels que la plume refuse de les répéter5. L’univers cependant n’a jamais vu ni éprouvé une bonté comparable à celle qui émane aujourd’hui des Paroles divines, comme les pluies d’avril des nuages du Miséricordieux; car les plus grands Prophètes, dont le caractère divin et la gloire brillent comme le Soleil, n’ont apporté qu’un seul Livre dont les versets sont connus de tous. Tandis que, de ce nuage de la miséricorde divine, il a été révélé tellement d’ouvrages que nul ne peut les compter. On n’en connaît jusqu’ici qu’une vingtaine de volumes, mais combien y en a-t-il qui ne nous sont pas parvenus, ou qui sont tombés entre les mains des ennemis qui en ont fait ce que personne ne sait ! »

6
Epître de la main du Bāb sous forme d’étoile Haykal

Dans son ouvrage intitulé Sources for Early Babi Doctrine and History, Denis MacEoin décrit un grand nombre des œuvres du Bāb encore disponibles, dont voici une liste incomplète classée approximativement par ordre chronologique :

à Shiraz avant le pèlerinage : Qayyūmu’l-Asmā’ (commentaire sur la douzième sourate coranique), Ṣaḥīfiy-i Maḫḏūmiyyah (ensemble de prières) et les Épîtres au roi de Perse Muḥammad Šāh, au sultan ‘Abdu’l-Majīd et au gouverneur de Baġdād.
lors de son pèlerinage à La Mecque et Médine : Ḫaṣā’il-i Sab’ih, Kitābū’r-Rūḥ (le Livre de l’Esprit), Ṣaḥīfiy-i Baynu’l-Ḥarāmayn (Traité entre les deux sanctuaires) et Kitāb-i Fihrist (le Livre du catalogue).
à Shiraz après le pèlerinage : Ṣaḥīfiy-i Ja’farīyyih, Ḫasā’il-i Sab‘ih (les Sept Attributs), Risāliy-i Furū-i ’Adlīyyih (L’épître sur les détails de la justice) et Tafsīr-i Sūrih-i Kawṯ ar (commentaire sur la 108e sourate coranique).
durant son séjour à Ispahan : Tafsīr-i Nubuwwwat-i Ḫāṣṣih (commentaire sur la mission spécifique de Muḥammad) et Tafsīr-i Sūrih-i Va’l-’Aṣr (commentaire sur la 103e sourate coranique).
durant son emprisonnement à Māh-Kū : les seconde et troisième épîtres à Muḥammad Shāh, l’épître aux ‘ulamā de Qazvīn et au vizir Ḥājī Mīrzā Áqāsī, le Bayān persan (son œuvre maîtresse), Dalā’il-i Sab’ih (les Sept preuves) et 9 commentaires sur le Coran (tous perdus).
durant son emprisonnement à Čahrīq : Kitāb-i Asmā’ (le Livre des Noms), Kitāb-i Panj-Ša’n (le Livre des Cinq Rangs), le Bayān arabe, une épître à Ḥājī Mīrzā Áqāsī et Lawḥ-i Ḥurūfāt (L’épître des lettres).
date imprécise : Zīyārat-i Šāh-‘Abdu’l-‘Aẓīm, Ṣaḥīfiy-i Radavīyyih, Risāliy-i Fiqhīyyih, Risāliy-i Ḏahabīyyih et Sūriy-i Tawḥīd (la Sourate de l’Unité).

Le « Promis » de l’Islam

Le Bāb déclara en plusieurs occasions qu’il était le « Promis » attendu par les musulmans à la « fin des temps » (Al-Mihdī ou Al-Qā’im, le « retour de l’Imam caché ») :

lors de sa déclaration à Mullā Ḥusayn-i Bushru’ī dans sa demeure de Šīrāz le 23 mai 1844 ;
au chérif de La Mecque lors de son pèlerinage aux lieux saints de l’islam durant l’hiver 1844-1845 ;
dans ses écrits ;
au cours de son procès à Tabrīz en juillet 1848.

Le premier titre que prit ‘Alī-Muḥammad-i Šīrāzī fut celui de Al-Bāb, ce qui signifie « la porte » en arabe. Ce titre fut la cause d’une méprise de la part des chiites sur ses prétentions. Comme les quatre messagers, qui servirent de lien entre les croyants et « l’imam caché » durant la « petite occultation » (Ġaybatu’ṣ-Ṣuġ rā, 874-940), portaient le titre de Bāb et que selon un hadith7 Muḥammad aurait dit qu’il était « la cité du savoir dont ‘Alī était est la porte », ils considérèrent le Bāb comme un intermédiaire entre eux et « l’imam caché », dont ils attendaient le retour. C’est pour cela qu’ils accueillirent favorablement comme une rétractation ces paroles prononcées par le Bāb lors de son interrogatoire à Šīrāz en 1845 :

« Le Bāb, regardant l’assemblée, déclara : « Que la malédiction de Dieu soit sur celui qui me considère comme le représentant de l’imam ou comme l’intermédiaire entre celui-ci et les fidèles. Que la malédiction de Dieu soit aussi sur celui qui m’accuse d’avoir nié l’unité de Dieu et dénoncé le rang de Muḥammad en tant que prophète, sceau des prophètes, d’avoir rejeté la vérité d’un quelconque messager du passé, ou d’avoir refusé de reconnaître le gardiennat d’‘Alī, le commandeur de la foi ou de tout imām qui lui a succédé. » Il monta alors sur la marche supérieure du mihrāb, embrassa l’imām-jum’ih puis redescendit et alla rejoindre les fidèles pour accomplir la prière du vendredi8. »

En fait ce qu’il affirma, ce n’était pas qu’il était la « porte » du Qā’im mais ce « Promis » lui-même, la « Porte de Dieu » (باب الله Bāb’u’llāh)9 ! Voici la déclaration qu’il fit lors de son procès à Tabrīz en 1848 :

« À son arrivée, le Bāb vit que tous les sièges étaient occupés dans la salle, sauf celui qui était destiné au valī-’ahd. Il salua l’assemblée et, sans la moindre hésitation, alla occuper cette place vacante. La majesté de son allure, l’expression de confiance qui se lisait sur son front et, surtout, l’esprit de puissance que rayonnait tout son être semblèrent avoir, pendant un moment, étouffé l’âme de ceux qu’il avait salués. Un silence profond et mystérieux les envahit soudain. Pas une seule âme, parmi cette éminente assemblée n’osa souffler mot. Finalement, le silence qui les avait saisis fut rompu par le nizāmu’l-‘ulamâ’. « Pour qui vous prenez-vous ? » demanda-t-il au Bāb, « et quel est le message que vous avez apporté ? » « Je suis », s’exclama trois fois le Bāb, « je suis, je suis le Promis ! Je suis celui dont vous avez invoqué le nom pendant un millier d’années, celui à la mention de qui vous vous êtes levés, celui dont vous avez désiré l’avènement et celui, enfin, dont vous avez demandé à Dieu de hâter l’heure de la révélation. En vérité je le dis, il incombe aux peuples de l’Orient comme à ceux de l’Occident d’obéir à ma parole et de prêter serment d’allégeance à ma personne. »10 »

Il revendiqua également le même rang que celui de Muḥammad par des titres comme le « Premier Point » (Nuqṭiy-i Ulà)11, car c’est de ce « point » que proviennent toutes les lettres du Livre et tout ce qui est créé. Jésus est pour les chrétiens le « Verbe fait chair » et Muḥammad est pour les musulmans un « Coran qui marche »… pour ses disciples, le Bāb est aussi la manifestation de la parole divine, le « Point du Bayān » (Nuqṭiy-i Bayān), celui d’un livre saint pour notre époque, et ses premiers disciples sont les « Lettres du Vivant » (حروف الحي Ḥurūfu’l-Ḥayy). Il se considère comme une « Manifestation de Dieu » (en persan Maẓhar-i ilāhī, le lieu de la manifestation des qualités divines, dans un « temple humain ») et les bābis le désignaient aussi par les titres Ḥazrat-i A’lā (« présence suprême »), Jamāl-I-Mubārak (« beauté bénie »), Ḥaqq Ta’ālā (« vérité tout-puissante »), Ṣāḥibu’z-Zamān (« seigneur de l’ère »), Ḏikr’u’llāh (« souvenir de Dieu ») et Qurrat’ul ‘Ayn (« consolation des yeux »).
le « Jour du Jugement »

L’œuvre de Bāb abonde en commentaires et en explications sur les écrits religieux islamiques, comme dans son premier ouvrage intitulé Qayyūmu’l-Asmā’, qui est un commentaire de la sourate de Joseph révélé en 1844, ou dans son Bayān révélé en 1847-1848, qui est une « explication » du Coran12.

Le Bāb enseigne que les notions de « résurrection », de « jour du jugement », de « paradis » et d’« enfer », utilisées dans les prophéties chiites sur la « fin des temps », doivent être comprises de manière métaphorique :

la « résurrection » signifie l’apparition d’une nouvelle « Manifestation de Dieu » apportant une nouvelle révélation redonnant vie à une humanité morte spirituellement13. Et bien que le « jour de la résurrection » soit le plus grand de tous les jours, il semble un jour comme les autres pour les négligents14.
la « résurrection des morts » signifie la renaissance spirituelle sous l’influence de la révélation divine de ceux, qui sont spirituellement comme des morts par leur ignorance, leur négligence ou leur rébellion15.
le « jour du jugement » signifie les conséquences de l’acceptation ou de rejet de la nouvelle « Manifestation » et de la nouvelle « Révélation » de Dieu16.
le « paradis », c’est de reconnaître Dieu à travers la « manifestation » de ses qualités dans un « temple humain » et d’observer ses commandements par amour de Lui. L’ »enfer » est la domination de la part animale de l’homme sur sa part spirituelle, ce qui le prive des bénédictions divines. Paradis et enfer ne sont pas des lieux physiques, mais des états de l’âme, que l’on déjà peut expérimenter au cours de la vie terrestre17.

Le Bāb écrit dans son Bayān persan qu’Adam n’était pas le premier homme et que d’innombrables générations humaines vécurent avant lui. Adam est selon lui le premier prophète d’un cycle de l’humanité, le « cycle prophétique », qui a commencé 12210 années avant la venue du Bāb18 et s’est achevé avec la révélation de Muḥammad désigné par le Coran19 comme le « Sceau des prophètes » (Ḫātam an-Nabiyyīn)20.

Comme l’indique en arabe son nom « باب » (b-a-b = porte), le Bāb déclara être la « porte », la charnière ou « l’intermonde » (barzaḫ), entre deux cycles spirituels de l’humanité : le « cycle prophétique » avant lui et après lui le « cycle de la splendeur » (bahā’) de l’accomplissement des prophéties, qui commence avec « Celui que Dieu rendra manifeste » et se poursuivra dans le futur avec d’autres « Manifestations » de Dieu successives21. Quand le Bāb envoya ses disciples à travers la Perse pour annoncer son message de la « Bonne Nouvelle » de l’aube d’une nouvelle ère, il s’adressa ainsi à eux dans son « épître aux Lettres du Vivant » :

« Je vous prépare pour la venue d’un grand Jour. Déployez tous vos efforts afin que dans le monde à venir, moi qui vous instruis aujourd’hui, je puisse, devant le trône de miséricorde divine, me réjouir de vos actes et me glorifier de vos exploits. Nul ne connaît encore le secret du Jour qui doit venir. Il ne peut être divulgué et nul ne peut s’en faire une idée. L’enfant nouveau-né de ce Jour sera plus avancé que les hommes les plus sages et les plus vénérables de notre temps. Le plus humble, le plus ignorant de cette époque-là surpassera en connaissances les théologiens les plus érudits et les plus accomplis de nos jours. Dispersez-vous en tous sens à travers ce pays et, d’un pied ferme, d’un cœur sanctifié, préparez la voie pour Sa venue. Ne contemplez pas votre faiblesse et votre fragilité ! Fixez votre regard sur le pouvoir invincible du Seigneur, votre Dieu tout puissant ! »

22
Lois du Bāb abrogeant la charia islamique

Le babisme se sépara clairement de l’Islam après la Conférence de Badasht du 26 juin 1848 au 17 juillet 1848. À partir de ce moment, le Bayān remplaça le Coran pour les bābis et sa loi abrogea celle de la charia islamique23.

Parmi les nouvelles lois se trouvent le changement de la qiblih (la direction vers laquelle les croyants doivent se tourner pour accomplir le rite de la prière) de la Ka’bih de La Mecque à la maison du Bāb à Chiraz et l’abandon du calendrier islamique lunaire au profit d’un nouveau calendrier solaire appelé calendrier badīʿ. Celui-ci consiste en 19 mois de 19 jours (361) portant des « noms de Dieu », auxquels on ajoute 4 ou 5 jours intercalaires pour le faire coïncider avec le cycle solaire de 365.25 jours, dont le premier jour est Naw-Rūz et dont le dernier mois est consacré au jeûne.

Le Bāb révéla aussi un ensemble de rites et de lois, souvent non complètement mis en pratique24, et parmi lesquels on trouve :

ne porter d’armes qu’en cas de nécessité.
s’assoir sur des chaises.
faire attention à la propreté physique « comme les chrétiens ».
ne pas faire preuve de cruauté envers les animaux.
ne pas battre sévèrement les enfants.
imprimer des livres, et principalement les écrits saints.
ne pas étudier les « sciences », qui ne commencent et ne finissent que par des mots

Ces lois semblent modernes et tolérantes mais il existe aussi d’autres lois, qui frappent par leur sévérité envers ceux qui ne sont pas bābis :

interdiction pour les non-bābis de vivre dans 5 provinces centrales de la Perse.
destruction des lieux saints des religions antérieures.
autodafé de tous les livres non-bābis.
interdiction aux non-bābis de se marier avec des bābis, et même de s’assoir en leur compagnie.
confiscation possible des biens des non-bābis.

D’autres rites concernent le pèlerinage (ḥajj), le jeûne (ṣawm), les funérailles, l’usage des bagues et des parfums.
« Celui que Dieu rendra manifeste »
épître de la main-même du Bāb à « Celui que Dieu rendra manifeste »

Le Bāb annonce dans ses écrits la venue après lui de « Celui que Dieu rendra manifeste » (Man yuẓhiruhu’llāh, arabe : من یظهر الله et persan : مظهر کلّیه الهی). Ce sera un être si glorieux, que le Bāb lui-même affirme ne pas pouvoir décrire convenablement ses qualités : « De tous les hommages que j’ai rendus à celui qui doit venir après moi, en voici le plus grand: mon aveu écrit qu’aucune de mes paroles ne peut le décrire adéquatement, et qu’aucune référence à lui dans mon livre, le Bayān, ne peut rendre justice à sa cause. »

Le Livre saint et les lois révélés par le Bāb seront alors remplacés par le Livre saint et les lois révélées par « Celui que Dieu rendra manifeste » au second « Jour de la Résurrection »25.

Dans ses écrits, le Bāb fait allusion à l’importance des « neuvième » (1269 ap.H.) et « dix-neuvième » (1279 ap.H.) années après la naissance du babisme en 1844 (1260 ap.H.), ainsi qu’aux limites temporelles indiquées sous le nom de Ġiyāṯ ( غیاث ) et Mustaġāṯ ( مستغاث ), dont la valeur selon la numération Abjad sont respectivement de 1511 et de 200126.

« « Dans l’année neuf », a-t-Il [le Bāb] écrit de manière explicite, faisant allusion à la date de l’avènement de la Révélation promise, « vous atteindrez au bien suprême ». « Dans l’année neuf, vous arriverez à la présence de Dieu. » Et plus loin : « Après Ḥīn (dont la valeur numérique est 68), une Cause vous sera révélée que vous serez amenés à connaître. » Il a déclaré plus particulièrement : « Ce n’est qu’après l’expiration de neuf années après la naissance de cette Cause que les réalités des choses créées seront rendues manifestes. Tout ce que tu as vu jusqu’ici n’est que la phase qui commence avec le germe humide et continue jusqu’à ce que Nous l’ayons revêtu de chair. Sois patient jusqu’à ce que tu contemples une nouvelle création. Dis : Que Dieu, le Créateur parfait par excellence, en soit béni. » « Attends », déclare-t-il à ‘Aẓīm, « jusqu’à l’expiration de neuf années après la Révélation du Bayān. Puis proclame : Pour cela, béni soit Dieu, le Créateur parfait entre tous. » Faisant allusion, dans un passage remarquable à l’an dix-neuf, Il a donné cet avertissement : « Soyez vigilants depuis la naissance de la Révélation jusqu’au nombre de Vàhid (19) et au commencement de l’année quatre-vingts (1280 après l’Hégire). » « S’Il devait apparaître en cet instant même », a-t-Il affirmé dans son ardeur à assurer que l’imminence de la Révélation promise ne devait pas écarter les hommes du Promis, « je serais le premier à l’adorer et à me prosterner devant Lui. »27 »

Testament du Bāb
Transcription de la main de Ṣubḥ-i Azal du document le nommant successeur du Bāb.

En 1849, quelque temps après le martyre de Quddūs, le Bāb écrivit une tablette intitulée Lawḥ-i Vasaya [archive], qui est considérée comme son testament. Dans cette lettre, il nommait son disciple Mīrzā Yaḥyā Nūrī Ṣubḥ-i Azal (« Aurore de l’Éternité ») en tant que son successeur et chef de la communauté bābie après sa mort, avec pour consignes28

d’assurer sa propre sécurité et celle de ses écrits, ainsi que de ce qui est révélé dans le Bayān.
communiquer avec les bābis et demander conseils des témoins, ainsi que de Áqā Siyyid Ḥusayn Yazdī.
rassembler, sceller, si besoin compléter les écrits saints de Bāb pour les distribuer parmi les bābis et les faire connaître parmi l’humanité.
inviter les hommes à embrasser la révélation du Bāb.
décider quand sera venu le triomphe et désigner son successeur.
reconnaître « Celui que Dieu rendra manifeste » quand il viendra et inviter les hommes à en faire autant29.

Chronologie de la dispensation du Bāb
Muḥammad Šāh Qājār
Nāṣiri’d-Dīn-Šāh Qājār

1844 (1260 ap.H.) est l’année où le Bāb déclara qu’il était le « Promis » de l’islam, dans la nuit du 22 au 23 mai à Mullā Ḥusayn-i Bušru’ī, qui devint son premier disciple et qu’il nomma la première des « Lettres du Vivant » ainsi que « la porte de la Porte » (Bābu’l-Bāb)30. Après avoir été reconnu par les 18 « Lettres du Vivant », il envoya annoncer son message à travers la Perse, alors qu’il se rendit en pèlerinage à La Mecque avec Mullā Muḥammad ‘Alī-i Bārfurūsh (1820-1849, surnommé Quddūs, pour y déclarer solennellement sa mission. Le voyage et l’accueil qu’il y reçut lui laissèrent des souvenirs amers, mais il put écrire une lettre au chérif de La Mecque et recevoir l’allégeance de disciples à la Ka’bih31.

1845 vit le retour du Bāb en Perse et les premières persécutions. Le Bāb dut renoncer à se rendre à la ville sainte de Karbilā et on l’arrêta pour le forcer à renier ses prétentions32.

En 1846, le Bāb réussit à quitter Šīrāz pour trouver refuge en mars à Iṣfāhān, où le gouverneur de la ville Manūčihr Ḫān le protégea jusqu’à sa mort en 184733.

En 1847, le Bāb demanda à être reçu en audience par le roi de Perse Muḥammad Šāh Qājār (1810-1848) dans la capitale de Téhéran (Ṭihrān), mais juste avant d’y parvenir il fut emprisonné en Azerbaïdjan dans la citadelle montagnarde de Māh-Kū, où il rédigea son Bayān persan34.

Le 10 avril 1848, il fut transféré à la forteresse de Čihrīq sur l’ordre du grand vizir Ḥājī Mīrzā Áqāsī, afin de contrecarrer l’influence grandissante du Bāb35. Du 26 juin au 17 juillet les bābis tinrent la conférence de Badašt, qui marqua la séparation définitive du babisme d’avec l’Islam36. En juillet, le Bāb fut jugé à Tabrīz, où il confirma publiquement ses revendications, essuyant en retour moqueries et bastonnade37. Le 21 juillet 1848, Mullā Ḥusayn-i Bushru’ī leva au Māzindarān « l’étendard noir » de la « guerre sainte » et marcha sur la ville de Mašhad à la tête de 200 bābis38. Cela déboucha sur le siège du mausolée de Šayḫ Ṭabarsī, où les bābis se retranchèrent à partir du 10 octobre 1848.

Le 10 mai 1849, les bābis assiégés se rendirent finalement après 7 mois d’une résistance héroïque face aux troupes gouvernementales commandées par le prince Mihdī Qulī Mirzā, qui s’empressa de renier sa promesse faite sur le Coran et d’exterminer les prisonniers39. Le Bāb fut tellement affecté par le cruel supplice infligé à Quddūs, qu’il resta plusieurs mois sans rien écrire. Il rédigea finalement un testament dans lequel il désignait Mīrzā Yaḥyā-i Nūrī Ṣubḥ-i Azal (1831-1912) comme son successeur à la tête de la communauté bābie en attendant la venue de « Celui que Dieu rendra manifeste »40.

1850 vit la rébellion et le massacre des bābis de Nayrīz dans la province du Fārs41 et le conflit de Zanjān. Le 9 juillet 1850 à midi, le Bāb fut publiquement fusillé dans la cour de la caserne de Tabrīz sur l’ordre du grand vizir Mīrzā Taqī Ḫān (1807-1852). La première salve d’un régiment arménien chrétien ne fit que couper ses liens en le laissant indemne. Devant un tel prodige, le colonel chrétien Sām Ḫān refusa de faire tirer une nouvelle salve et quitta la caserne sur le champ avec son régiment. C’est un régiment musulman azéri commandé par le colonel Áqā Jān Big qui se chargea de tirer la seconde salve mortelle42. Les restes du Bāb furent jetés dans un fossé à l’extérieur de la ville. Les bābis s’en emparèrent subrepticement de nuit pour les cacher, jusqu’à leur transfert en Palestine, où ils furent déposés en 1909 dans le Mausolée du Bāb du Mont Carmel.

1851 vit l’insurrection bābie de Zanjān noyée dans le sang43.

Le 15 août 1852, trois bābis attentèrent sans succès à la vie du jeune roi de Perse Nāṣiri’d-Dīn-Šāh Qājār (1831-1896). Cet acte fut la justification d’une persécution généralisée contre le mouvement bābi, dont de nombreux dirigeants furent tués comme Fāṭimih Baraġānī (1817-1852, surnommée Ṭāhirih, la « Pure ») et Siyyid Ḥusayn-i Yazdī, ou emprisonnés dans la cachot souterrain du Sīyāh-Čāl comme Mīrzā Ḥusayn ‘Alī Nūrī (1817-1892, surnommé Bahā’u’llāh, la « splendeur de Dieu »)44. C’est enchaîné dans l’obscurité, le froid et la puanteur de ce cachot, qu’il vécut une expérience mystique lui faisant prendre conscience qu’il était « Celui que Dieu rendra manifeste »45. Comme Bahā’u’llāh bénéficiait de puissantes protections, ses ennemis hésitèrent à le tuer comme les autres bābis et décidèrent de confisquer tous ses biens puis de l’exiler avec sa famille le plus loin possible, en espérant sa mort.

1853 fut l’année où Bahā’u’llāh commença son exil de 40 ans avec sa famille et ses compagnons. Quand il arriva à Baġdād le 8 avril 1853, il trouva la communauté des réfugiés bābis dans la plus grande confusion et la plus grande misère. Son demi-frère Mīrzā Yaḥyā Nūrī, que le Bāb avec désigné comme « chef » des bābis dans son testament (Lawḥ-i Vasaya), avait réussi à fuir la sanglante répression des bābis à Tākur et à atteindre Baġdād, où il vivait caché sous le nom de Ḥājī ’Alīy-i lās Furūš. Comme le décret d’exil signé par le roi de Perse Nāṣiri’d-Dīn Šāh Qājār ne le concernait pas, Bahā’u’llāh le pria de retourner en Perse pour y faire connaître le message du Bāb et servir la Foi. Mais, selon une version bahā’ie des évènements que les azalis considèrent comme fausse et calomnieuse, il n’en fit rien et, sous l’influence de Siyyid Muḥammad-i Iṣfāhānī, il commença à jalouser la renommée de Bahā’u’llāh, qui ne faisait que croître parmi la communauté après la révélation de « l’épître de Toutes Nourritures » (Lawḥ-i Kullu’ṭ Ṭa’ām)46.

Le 10 avril 1854, Bahā’u’llāh se retira dans les montagnes du Kurdistan près de Sulaymānīyyih pour vivre en ermite loin des querelles partisanes. Il ne revint que deux années plus tard à la demande des bābis, 19 mars 1856, pour reprendre la direction de la communauté agonisante47.

Après dix ans d’exil à Baġdād, la renommée et l’influence de Bahā’u’llāh s’étaient considérablement accrues, au point d’alarmer ses ennemis qui prièrent le gouvernement ottoman de l’exiler encore plus loin. En réponse à cette requête, le grand vizir `Alī Pāšā (1815-1871) et le ministre des Affaires étrangères Fu’ād Pāšā (1815-1869), qui dirigeaient conjointement l’Empire ottoman, envoyèrent à Bahā’u’llāh la ferme invitation de se rendre à Constantinople. C’est juste au moment de partir, fin avril 1863 dans les jardins de Riḍvān, que Bahā’u’llāh déclara à son entourage qu’il était « Celui que Dieu rendra manifeste » annoncé par le Bāb48.
Naissance de la foi baha’ie
Schisme entre baha’is et azalis
Ṣubḥ-i Azal, photographie du Capitaine Arthur Young, vers la fin de 1889 ou le début de 1890, publiée par E. G. Browne en frontispice de sa traduction du Tarikh-I-Jadid.

Après le martyre du Bāb en 1850, plusieurs bābis déclarèrent être « Celui que Dieu rendra manifeste » annoncé par le Bāb, mais aucun ne réussit à convaincre la communauté bābie de la justesse de ses prétentions et quelques-uns se rétractèrent par la suite. Bahā’u’llāh prétendit avoir reçu la révélation qu’il était cette personne lors d’une expérience mystique qu’il vécut fin 1852 dans le cachot souterrain du Sīyāh-Čāl (le « trou noir »), mais il ne l’annonça à son entourage qu’en 1863 au moment de partir pour son exil à Constantinople. Cette annonce fut acceptée par beaucoup de bābis, qui gardaient en mémoire les avertissements du Bāb au sujet des années « neuf » (1852) et « dix-neuf » (1863) après la naissance de la dispensation bābie. Certains bābis refusèrent cette annonce, en estimant qu’elle était bien trop précoce par rapport aux valeurs numériques des termes Ġiyāṯ (1511) kaj Mustaġāṯ (2001) donnés également par le Bāb.

Au cours de la seconde année de l’exil à Andrinople, selon une version bahā’ie des évènements, que les azalis réfutent comme mensongère et calomnieuse, Ṣubḥ-i Azal se rebella contre l’autorité revendiquée par Bahā’u’llāh, intrigua auprès des autorités turques, complota contre lui et essaya plusieurs fois de le tuer, en particulier en l’empoisonnant. Il s’ensuivit finalement un schisme entre bahā’is, partisans de Bahā’u’llāh et Azalis, partisans de Ṣubḥ-i Azal. Ce que les bahā’is appellent la « Plus Grande Séparation « devint officielle en septembre 1867, et peu de temps après Bahā’u’llāh révéla son Merveilleux Livre Nouveau (Kitāb-i Badī`) pour réfuter les arguments de ses opposants désignés comme le « Peuple du Bayān « (Ahl-i Bayān), et surtout de Siyyid Muḥammad-i Iṣfahānī49.

Ce conflit, parfois sanglant et meurtrier, indisposa la Sublime Porte ottomane qui décida en 1868 de les exiler séparément dans la wilaya de Damas à Saint-Jean-d’Acre (aujourd’hui en Israël) et dans l’île de Chypre à Famagouste. Bahā’u’llāh s’éteignit à Saint-Jean-d’Acre le 29 mai 1892 et la religion indépendante (la foi bahā’ie) qu’il a fondé à partir du babisme s’est répandue et s’est organisée à travers le monde. Ṣubḥ-i Azal s’éteignit à Famagouste le 9 avril 1912 et sa communauté périclita au cours du XXe siècle, en ayant cependant joué un rôle certain dans la révolution constitutionnelle persane de 1905 à 1909. Il ne reste actuellement que quelques dizaines de milliers de bābis-azalis (qui s’appellent eux-mêmes le Peuple du Bayān) sans véritable organisation, principalement en Iran et en Ouzbékistan50,51.
Rang du Bāb dans la foi baha’ie

Les bahā’is sont accusés par les azalis de renier le message du Bāb et d’abaisser son rang. Bahā’u’llāh le considère en effet comme un précurseur de sa propre révélation, tout en indiquant que le Bāb est une « Manifestation de Dieu » douée d’immuabilité, semblable aux autres grands fondateurs de religion comme Moïse, Jésus ou Muḥammad, et que la durée extraordinairement courte de sa mission est « un mystère tel qu’aucun esprit ne peut la sonder52. Shoghi Effendi (1897-1957), interprète désigné de la Foi bahā’ie de 1921 à 1957, explique qu’il est le héraut annoncé dans les écrits saints du passé :

« Lui, le « Qā’im » (Celui qui s’élève) promis aux chiites, le « Mahdī » (Celui qui est guidé) attendu par les sunnites, le « Retour de saint Jean-Baptiste » espéré par les chrétiens, le « Úšīdar-Māh » auquel les écritures zoroastriennes font allusion, le « Retour d’Élie » escompté par les juifs, dont la Révélation devait présenter « les signes et les preuves de tous les Prophètes », qui devait « manifester la perfection de Moïse, le rayonnement de Jésus et la patience de Job », Celui-là avait paru et proclamé sa Cause, puis Il était mort glorieusement après d’impitoyables persécutions. Le « Second Malheur » dont il est parlé dans l’Apocalypse de saint Jean l’Évangéliste était enfin arrivé, et le premier des deux « Messagers », dont l’apparition est annoncée dans le Coran, avait été envoyé sur Terre. La première « Sonnerie de Trompette » destinée à frapper la terre d’extermination, comme l’annonce ce dernier Livre, avait enfin retenti53. »

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

babisme, sur le Wiktionnaire babysme, sur le Wiktionnaire

Articles connexes

Bāb
Bahaïsme
Dynastie iranienne des Qajar
Grand Jeu géostratégique entre la Russie et l’Angleterre au XIXe siècle
Religion en Iran
Mirza Husayn Ali Nuri
Shaykhisme
Subh-i Azal
articles de Wikipedia en anglais sur le rôle de Mahdi et des occultations (en) (mineure et majeure) de Muhammad al-Mahdi dans l’eschatologie islamique chiite au Jour du jugement

Bibliographie

Les premiers travaux à prétention scientifique pour l’étude du babisme furent ceux de l’orientaliste britannique Edward Granville Browne (1862-1926), professeur à l’université de Cambridge, et de Louis Alphonse Daniel Nicolas (1864-1938, dit « A.L.M. Nicolas »). Ce dernier était un citoyen français né en Perse, qui devint interprète en chef à la légation française de Téhéran et se convertit au babisme, devenant ainsi le premier bābi occidental connu. Il traduisit en français les principaux écrits du Bāb, qui furent édités à Paris dès le début du XXe siècle.
Sources officielles baha’ies

Le Báb : Sélections des écrits du Báb, compilé par le département de la recherche de la Maison Universelle de Justice et édité par la Maison d’édition bahá’íe (Bruxelles, 1984, 1re édition), D/1547/1984/1 [lire en ligne [archive]]
(en) Muḥammad-i Zarandī Nabīl-i Aʿẓam (trad. Shoghi Effendi), The Dawn-Breakers: Nabíl’s Narrative, Wilmette, Bahá’í Publishing Trust, 1932 (ISBN 978-0-900125-22-5, lire en ligne [archive])
Traduction française : Muḥammad-i Zarandī Nabīl-i Aʿẓam, La Chronique de Nabíl [« The Dawn-Breakers »], Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 1986 (lire en ligne [archive])
(en) Shoghi Effendi, God Passes By, 1944 (lire en ligne [archive])
Traduction française : Shoghi Effendi, Dieu passe près de nous [« God Passes By »], Bruxelles, Maison d’éditions bahá’íes, 1976

Autres

Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī le Bāb (trad. A.-L.-M. Nicolas), Le Béyân arabe [« Bayān-i arabī »], Paris, Librairie Ernest Leroux, 1905 (lire en ligne [archive])
Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī le Bāb (trad. A.-L.-M. Nicolas), Le Béyan persan [« Bayān-i fārsī »], Paris, Librairie Paul Geuthner, 1911-1914 (lire en ligne [archive])
Sayyid ʿAlī Muḥammad Šīrāzī le Bāb (trad. A.-L.-M. Nicolas), Le Livre de Sept Preuves de la Mission du Bab [« Dalāʾil-i Sabʿih »], Paris, J. Maisonneuve, 1902 (lire en ligne [archive])
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(en) Moojan Momen, « Women : III. In the works of the Bab and in the Babi Movement », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda,‎ 2011 (lire en ligne [archive])
(en) Peter Smith et Moojan Momen, « Martyrs, Babi », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda,‎ 2005 (lire en ligne [archive])

Liens externes

(en) Site [archive] des disciples actuels du Bāb
(en) Article [archive] sur le Peuple du Bayān en Iran.
(en) Bibliographie et biographies [archive] des principaux personnages du Shaykhisme par Stephen Lambden.
(en) études 1 [archive] et 2 [archive] par Stephen Lambden des écrits du Bāb.

Notes et références

↑ Article [archive] en anglais de l'Encyclopaedia of the Orient.
↑ Musnad Ahmad ibn Hanbal, vol. 1, p. 99
↑ From Shaykhism to Babism : a study in charismatic renewal in Shi'ite Islam. [1] [archive]
↑ Al-Bāb : Bayān persan, vol. 1 p. 43
↑ Al-Bāb : Bayān persan, vol. 3 p. 113
↑ Bahā’u’llāh : Kitāb-i Íqān (Livre de la certitude), p. 103-104
↑ site al-islam.org [archive] sur la « cité du savoir »
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 8, p. 147
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 3, p. 60
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 18, p. 299-300
↑ Sélections des Écrits du Bāb, p. 11, extrait de l’épître à Muḥammad Šāh
↑ Voir le Qur’ān 75/16-19, où il est écrit qu’après avoir envoyé la « récitation » (Qur’ān), Dieu se chargera d’envoyer son « explication » (Bayān)
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 2/7 [archive]
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 8/9 [archive]
↑ Sélection des écrits du Bāb, 129/32-37 [archive]
↑ Al-Bāb : Bayān persan 5/19 [archive]
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 2/16 [archive] et 5/19 [archive]
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 3/13 [archive]
↑ Coran 33/40
↑ Sélection des écrits de Bāb, 129/61-62 [archive]
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 7/13 [archive]
↑ « Médiathèque baha'ie: Épître du Bāb aux “Lettres du Vivant” » [archive]
↑ John Walbridge : “Essays and Notes on Bābī and Bahā’ī History”, chapitre 3 [archive] dans H-Bahai Digital Library
↑ Denis MacEoin : “Deconstructing and Reconstructing the Shari’a: the Bābī and Bahā’ī Solutions to the Problem of Immutability” [archive] dans bahai-library.org
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 2/6 et 7/13
↑ Al-Bāb : Bayān persan, 2/16, 2/17 et 3/15
↑ Shoghi Effendi : Dieu passe près de nous, p. 40-41
↑ « The Primal Point’s Will and Testament » [archive] traduit du persan en anglais et commenté par Sepehr Manuchehri (2004)
↑ Lettre de la Maison Universelle de Justice adressée à un bahā’i le 4 août 1980 [archive] répondant à la question d’un bahā’i au sujet du rang de Ṣubḥ-i Azal que le Bāb n’avait pas nommé en lui un vrai successeur, semblable à Saint-Pierre, à l’imām ‘Alī ou à ‘Abdu’l-Bahā, mais plutôt un dirigeant ou un administrateur de la communauté bābie jusqu’à l’apparition de « Celui que Dieu rendra manifeste ». Ce point de vue bahā’i n’est pas partagé par les azalis, qui rappellent que Ṣubḥ-i Azal est le successeur désigné par le Bāb et refusent comme lui de reconnaître en Bahā’u’llāh « Celui que Dieu rendra manifeste » annoncé par le Bāb.
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 2
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 7
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitres 8 et 9
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 10
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 13
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 17
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 16
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 18
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 19
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 20
↑ The Primal Point’s Will and Testament [archive] traduit du persan en anglais et commenté par Sepehr Manuchehri (2004) dans Research Notes in Shaykhi, Babi and Baha’i Studies (vol. 7, no 2)
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 22
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 23
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 24
↑ Muḥammad-i Zarandī, op. cit., chapitre 26
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 6, p. 126-129
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 7, p. 131-150
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 7, p. 150-158
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 9
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 10
↑ Article [archive] en anglais de l'Encyclopaedia of the Orient
↑ Article [archive] en anglais de Denis MacEoin dans l'Encyclopaedia Iranica
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 6, p. 115
↑ Shoghi Effendi, op. cit., chapitre 4, p. 75-76

on ne parle pas de ceux qui ont fui dans l'empire des Indes et qui cachés constituèrent à la
Naissance des Républiques indiennes, pakistanaises et bangladeshis.

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TAY
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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:57

La religion nordique ancienne (ou paganisme nordique) recouvre l’ensemble des croyances et des pratiques religieuses des peuples scandinaves, des origines à l’âge du bronze, jusqu’à l’ère Viking, de 800 à la christianisation autour de l’an 1000. Ces croyances sont sans prêtres, ni dogmes, ni lieux de cultes1,2.

« La religion des anciens scandinaves n'est pas révélée mais vise à participer à la vie des Dieux en ce monde et dans l'autre, la frontière entre les deux étant très floue et souvent quasiment inexistante. [...Elle] ne connaissait pas de doctrine, mais consistait en une attitude et surtout en un certain nombre d'actes signifiants qu'on peut appeler rites. Le rite est l'essentiel de la religion nordique ancienne. »3. Elle a donné naissance à un ensemble de mythes relatés notamment dans les Eddas, la mythologie scandinave.

Un statut particulier était accordé par ces peuples à la nature, à la femme, mais aussi à certains animaux, comme l’ours, le cheval, le sanglier et le corbeau, qui se voyaient attribuer des pouvoirs fabuleux et possédaient une place importante dans les rituels et les traditions.

Terminologie

Les Scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. À la suite de l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et le roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme forn siðr pour désigner la religion originelle de ces peuples. L’expression signifie littéralement « ancienne coutume, ancienne pratique » en vieux norrois.

Leur langue ne dispose pas de vocable pour « religion », le mot approchant serait « seydr, sejdr ou sidr » : coutume, ensemble de pratiques, magie, médecine... activités principalement féminines. Leurs croyances ne possèdent aucun crédo, pas de prières à proprement parler, « pas de prêtres, ni ordre religieux, ni temples, point de délire imaginatif ou de longues méditations rêveuses »1, sans foi, sans dogmes2.
Les sources
Sources archéologiques
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Pétroglyphe de Norrköpings.
Âge du Bronze
Le char solaire de Trundholm, daté du premier âge du bronze soit aux alentours de -1400

.
Sources toponymiques
Carte montrant les différences régionales de culte en Scandinavie vers 900, déterminées par les noms de lieu et les données archéologiques. En bleu, les régions dominées par le culte des Vanes ; en rouge, celles où prédominent Thor, Odin et les autres Ases ; en violet, les zones de coexistence ; les points verts sont les noms de lieu dérivés d’Odin - d’après Erik Christiansen, The Norsemen in the Viking Age, Blackwell, 2002.
Sources littéraires
Sources antiques

« Ils (Germains du nord) n’ont ni druides qui président au culte des dieux, ni aucun goût pour les sacrifices, ils ne rangent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils ressentent manifestement les bienfaits, le soleil, le feu, la lune. Ils n’ont même pas entendu parler des autres »

— César, De Bello Gallico, VI, 21

« Ils répugnaient à présenter leurs Dieux sous formes humaines, il leur semble peu convenable à la grandeur des habitants du ciel, ils leur consacrent les bois, les bocages et donnent le nom de Dieux (et Landvaettir) à cette réalité mystérieuse que leur seule piété leur fait voir » « Aucun de ces peuples ne se distingue des autres par rien de notable, sinon qu’ils ont un culte commun pour Nerthus c’est-à-dire la Terre Mère, croient qu’elle intervient dans les affaires des hommes et circule parmi les peuples » »

— Tacite, Germania, IX, 3
Sources médiévales
Influences chrétiennes

Les textes constituant la mythologie nordique ont été rédigés par des clercs ou des hommes issus d’une formation cléricale4. La question de l'interpretatio christiana est souvent débattue pour savoir à quel point ils ont réinventé la mentalité des Vikings deux ou trois siècles après leur disparition. Ainsi, selon Régis Boyer, « l’Église apportait dans ses bagages toute une magie biblique ou orientale fatidique que l’on attribua à tort aux Vikings »5 et « tous les documents islandais anciens sont écrits sur palimpsestes, il faut gratter l’apport continental chrétien pour tenter de retrouver l’authenticité scandinave (et germanique) ancienne »6. Il propose d’essayer de reconstituer la mentalité viking plutôt que de prendre à la lettre des récits souvent trop complaisants ou adaptés de sources latines7. Pour Hilda Ellis Davidson, « nous avons affaire à un monde mythique artificiel, bien éloigné de la foi vivante de l’ère païenne »8,9,10,11,12,13. Einar Ólafur Sveinsson, spécialiste islandais et son école, disent (en parlant de tous les textes) que : « la littérature ancienne de son pays est mi ecclésiastique, mi séculiere ». Régis Boyer constate qu’« on ne voit pas comment le contredire »14.

Cependant, « l'essentiel de ce que nous connaissons par les Eddas se trouve déjà gravé dans la pierre, au minimum plus d'un millénaire et demi à l'avance. Dans ces conditions, les tentatives d'interprétation de la mythologie nordique par des collusions avec les courants de pensée orientale ou chrétienne à l'époque historique s'effondrent d'elles-mêmes, ce qui, bien entendu, n'exclut pas les interpolations »15, et pour François-Xavier Dillmann, à propos de l'Edda de Snorri Sturluson : « ...La mise en évidence d'indéniables influences bibliques dans l'un ou l'autre chapitre de la Gylfaginning n'a que trop fréquemment été utilisée pour tenter de jeter le discrédit sur toute l'entreprise de Snorri. Force est néanmoins de constater que, même s'il vivait dans un pays évangélisé depuis environ deux siècles et s'il avait reçu à Oddi une éducation fortement teintée de dogmatisme chrétien, Snorri montrait une profonde inclination pour la mythologie ancestrale. [...] S'il serait certainement abusif d'en faire un propagandiste païen en pleine époque chrétienne, il ne nous semble pas douteux qu'il ait chéri ces belles histoires qui assuraient la pérennité de la poésie scaldique, ces vieux mythes dans lesquels s'exprimaient le génie de sa nation. »16.


De là viennent sans doute les analogies des Nornes avec les Parques, des Valkyries avec Apsaras, de Tyr avec Mars, d’Odinn avec Mercure, de Loki avec Lug, ou encore de Fjorgyn avec Perkun17. Les Nornes et leur destin immuable sont vues comme une invention chrétienne associant Urd (le nom d’une source), Skuld (le nom d’une Valkyrie), et Verdandi (seule la Voluspa cite ce nom). Pour Jean Renaud, « Urd était probablement la plus authentique des trois, à laquelle on aurait associé par la suite les deux autres »18. Bon nombre des êtres surnaturels de la mythologie nordique sont adoptés sur le tard lors de la christianisation, et certains sont apportés par l’Église19. On les soupçonne de suivre quelques grands modèles célèbres dans tout le Moyen Âge, comme Isidore de Séville ou tout simplement la Bible20.

L’Islande devenue chrétienne, l’Église ne badine pas plus là qu’ailleurs sur la stricte observance de ses lois21. Seules certaines pierres à inscriptions runiques auraient échappées à la destruction car elles comportaient des signes religieux chrétiens comme la pierre de pierres de Jelling, où des inscriptions neutres22. La rédaction deux siècles après l’âge Viking, donne latitude à l’Église, d’entreprendre un travail patient et opiniâtre d’éradication, bien connu d’autre part23. Elle s’efforçait de dévaluer les croyances et pratiques menaçant la doctrine chrétienne, les dieux passent à l’état de diables, ou subtilement ils se retrouvent ridiculisés. (Harbardsljod ou la Lokasenna). Ou les dieux ne sont plus que de simples humains divinisés24, ainsi ils périssent lors du combat final (Voluspa, ragnarök…) Régis Boyer25,20.
Les Eddas
Articles détaillés : Edda poétique et Edda de Snorri.
La Gesta Danorum de Saxo Grammaticus
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Le panthéon nordique
Article détaillé : panthéon nordique.
Déesse mère

Régis Boyer met en exergue une croyance ancestrale en une grande déesse mère de la création et de la vie, en harmonie avec les forces et les éléments naturels qui régissent l’univers, et à qui ils ont donné par la suite une représentation anthropomorphe26.

À l’origine « les pères des Vikings » croyaient en une Déesse Mère et aux grandes forces naturelles que sont le soleil, l’eau, la terre, l’air, le feu et la vie, qu’ils ont représentés plus tard par la création d’un panthéon qui compte notamment Odin (Yggr, le redoutable), Odr (fureur) Thor (tonnerre), Jord (terre), Frigg, Freyja (femme), Fjörgyn (il/elle, qui favorise la vie), Sól (le soleil), Máni (la lune), Baldr et Freyr, (seigneur), Surtr (noir du feu), Mímir (mémoire), Bragi (parangon), Logi/Loki (flamme)... et le grand arbre Yggdrasill27. Les Landvaettir sont les esprits tutélaires des lieux naturels tels que les collines, arbres, cascades, pierres… La tête de monstre sculptée sur la proue des bateaux vikings était faite à leur intention, afin d’épouvanter les Landvaettir des pays à investir. Il convenait de l’enlever avant d’arriver en pays ami28. La Grande Déesse Mère constitue un point capital dans les croyances des anciens scandinaves et germains.
Les cultes
Le blót
Article détaillé : Blót.

La pratique cultuelle essentielle était le blót (vénération)29, il pouvait aussi avoir le sens de (sacrifice) ou blótveizla (banquet sacrificiel), dont le but était de renforcer la divinité en nouant un lien entre elle et les participants ; il suivait quatre étapes30 :

des sacrifices d'animaux (mais qui ont pu être humains à l'origine), dont le sang est répandu sur l'autel, le bâtiment et les participants.
un banquet où l'on consommait la viande des animaux sacrifiés cuite, et où l'on portait des toasts de bière ou d'hydromel aux dieux (Odin, Njörd, Freyr et Bragi), au roi, et surtout aux parents morts (drekka minni : boire à la mémoire de).
on consultait les augures de diverses façons : à travers une source ou une cascade, en jetant des rameaux trempés dans le sang sacrificiel (hlautteinar) sur un linge blanc.
« le quatrième et dernier temps du blót consistait à faire des vœux ou à s'engager par serment solennel à acomplir de hauts faits : c'est la pratique du heitsstrenging, où le paroxysme de la tension se double de l'ivresse du banquet pour exalter au maximum la force vive de l'homme en communion avec la divinité »31

Ils ont avec les puissances naturelles et les dieux un rapport de « donnant donnant »32.
Le goði
Article détaillé : goði.

Le chef de famille ou du clan procède aux cérémonies, naissances, mariages, décès... et fait office de goði, sorte de « prêtre temporaire ». Certains de ces godis se muèrent en prêtres officiels chrétiens, surtout en Islande.
Destin

Les Vikings n’ont pas une conception du destin immuable. Quels que soient les projets de leurs dieux, les anciens scandinaves et germains demeurent libres et croient en leur capacité d’infléchir leurs dieux et de forcer le destin33, pour le modifier, car ils croient à la chance (gaefa), à leurs talents, à leur force et volonté, à leur capacité de réussite, et aussi à l’appui de leurs ancêtres: ce qu’ils nomment « eiginn mattr ok megin »34,35,36. Pragmatiques, ils ne sont en aucun cas des fatalistes subissant un destin37. Ce sont avant tout des combattants et des hommes libres qui décident de leur sort au risque de déplaire aux dieux. Ils croient à la magie ou plutôt au sentiment de la présence constante du surnaturel38 et à la divination pour percer les projets de leurs ennemis, des dieux et des forces tutélaires, afin de changer le cours des évènements, et d’anticiper sur le destin39, donc de le modifier, car rien n’est écrit définitivement.

Ils sollicitent les forces, les dieux et leurs ancêtres qui leur répondent dans leurs songes "mik dreymdi, at Freyja" (exemple : Freyja m’a rêvé que...)40.

Il n’y a pas de destin que leur volonté ou l’aide de leurs dieux ou de leurs ancêtres ne puisse modifier, car les scandinaves étaient des hommes d’actions prisant les valeurs d’action, et on leur fait tort en les accablant de pratiques et de concepts dont, sans aucun doute, ils eussent été fort empêchés17.


Irréligion et scepticisme ?

La formule de Gauka-Thorir : « Nous autres camarades n’avons pas d’autre croyance qu’en nous-mêmes et en notre force et capacité de victoire, et cela nous suffit amplement » (Gauka-Thorir, chapitre CCI Olafs saga hins Helga) se retrouve dans d’autres textes. Pour François-Xavier Dillmann : « cette locution est le plus souvent utilisée dans les textes norrois au sujet de personnages qui sont réputés avoir délaissé le culte des dieux ancestraux et qui, par conséquent, se situaient en dehors du cadre habituel de l’ancienne société scandinave »41

« On a longtemps cru que les Scandinaves, dans les siècles qui précédèrent la conversion au christianisme — VIIIe et IXe siècles —, avaient atteint une sorte d'irréligion, de scepticisme ou d'indifférence [...] Cela tenait à une phrase qui se rencontre souvent dans les textes : Hann blôtadi ekki, hann tradi à sinn eiginn màtt ok megin (Il ne sacrifiait pas aux dieux, il croyait en sa propre force et capacité de chance). Il y avait là, semblait-il, une attitude fort inhabituelle au Moyen Âge où l'on avait voulu voir un trait exceptionnel, digne de peuplades que les "philosophes" du XVIIIe siècle français considéraient comme les régénératrices de l'Occident. Les recherches récentes de savants suédois, Folke Ström42 et Henrik Ljungberg en particulier, ont établi qu'une telle interprétation ne reposait sur rien. »43 « Elle soulignait au contraire la participation au sacré qui justifiait qu’un homme se sentît fondé à dépasser les dieux anecdotiques, si l’on peut dire, et à ne croire qu’en lui-même, c’est-à-dire en sa propre capacité de chance et de réussite puisque celles-ci lui venaient des puissances divines. En conséquence, la formule dont nous sommes partis, loin d’être une profession de scepticisme, était un acte d’adoration implicite ! »44.
Section à recycler
Emojione 267B.svg

Cette section a besoin d'être recyclée (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Les anciens scandinaves et germains ont une totale liberté de pensée et de croyance45.
Place de la femme

La femme viking tenait un rôle très important46. On rencontre dans les textes un nombre élevé de déesses et de créatures surnaturelles féminines (nornes, valkyries, Dises, Haminjur... Il est possible qu’il s’agisse de résurgences du culte ancestral de la Grande Déesse Mère qui a la période viking prend le nom de Fri, Fiia, Frea, Freyja (bien aimée) (elle est la douce chaleur du soleil, la déesse de la vie mais aussi de la mort qui accueille la moitié des guerriers, d’où l’une de ses hypostases : Hel (helja : accueillir, cacher), elle est aussi la déesse guerrière47, mais il est également possible qu’il s’agisse de l’influence, dans les textes mis par écrit par les clercs, du développement à partir du XIIe siècle du culte chrétien de la Vierge Marie sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux48.
Place des animaux

La plupart des dieux et déesses ont leurs animaux, et ces derniers possèdent un statut particulier dans les croyances.
Boucs
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Thor a deux boucs qui tirent son char Tanngrisnir et Tanngnjóstr (Dents grinçantes et Dents étincelantes). Il lui est arrivé d’être contraint de les manger, mais il prit soin de conserver les os pour les ressusciter.
Chats

Le chat était l’un des animaux favoris des Vikings[réf. nécessaire]. Il était d’usage d’offrir des chatons lors des mariages. Un auteur, Diana Paxson dans son roman Brisingamen a attribué les noms poétiques Tregul ("Arbre d’or, ou jaune) et Bygul ("Abeilles d’or, ou de miel) à des chats de Freyja. « Tendresse » et « Amour maternel » sont les chats de Freyja. Ils sont ailés, de grande taille, et ils tirent son char.
Cheval

L’importance du cheval dans les textes fondateurs et les sagas mythologiques semble refléter la grande valeur qu’il possédait, comme l’attestent également les rituels liés à son sacrifice et à la consommation de sa viande, qui étaient censés apporter protection et fertilité tandis que ses ossements sont utilisés comme instruments de magie noire dans les sagas. La lutte contre les traditions et les rituels comme la consommation de viande de cheval fut un élément capital dans la christianisation des régions qui pratiquaient historiquement la religion nordique, comme la Germanie et l’Islande. Parmi les chevaux célébrés par les textes fondateurs figurent celui d’Odin, Sleipnir, qui possède huit jambes et peut voler.
Article détaillé : Influence culturelle du cheval sur les peuples germano-scandinaves.
Chiens

Les chiens bénéficient d’une grande estime comme animaux de compagnie ou de travail. Il est fréquent de retrouver ces compagnons dans des tombes, enterrés aux côtés de leurs maîtres. Le chien qui garde le royaume des morts se nomme Garmr ou Garm.
Corbeau
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Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire) sont deux corbeaux, messagers d’Odin, qui parcourent le monde et viennent murmurer à leur maître ce qu’ils ont vu et entendu.
Loup
Article connexe : Loup dans la culture européenne.

Dans l’ancienne Germanie, comme chez les Gaulois, les guerriers se nourrissaient de loups pour acquérir ses qualités que sont la force, la rapidité et l’endurance. Ce rituel permettait de donner du courage aux combattants en les plaçant sous la protection des loups49. Les Winnilis, nom d’un peuple de Germains signifie "les loups". Ils ne s’appelaient donc pas hommes mais loups. On retrouve le loup dans les textes fondateurs, où Odin possède les deux loups Geri et Freki (Vorace et violent), ainsi que le gigantesque loup Fenrir (« habitant des marais ») né de l’union de Loki et la géante Gerbauda.
Ours

L’ours possède une place très importante dans l’histoire des peuples germaniques et scandinaves à l’époque du paganisme nordique, admiré et vénéré pour sa force, son courage et son invincibilité, considéré comme le roi des animaux, il était l’attribut des puissants et l’objet de rituels ayant pour but de s’approprier ses pouvoirs. Il était également l’attribut des berserkir. Il était d’usage d’offrir un ourson aux rois. Ingimund l’ancien offrit un ours polaire au roi de Norvège vers l’an 900. Isleif, le premier évêque d’Islande, en offrit un à l’empereur d’Allemagne vers l’an 1050. Un conte en vieux norrois a pour titre « Auðunn et l’ours » (Auðunar þáttr vestfirzka).
Article détaillé : Influence culturelle de l’ours sur les peuples germano-scandinaves.
Sanglier
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Sæhrímnir est le sanglier consommé chaque nuit par les Einherjar dans la Valhöll. Il est ramené à la vie afin de servir à nouveau de repas le jour suivant.

Hildisvíni (sanglier de la bataille) est la monture de Freyja lorsqu’elle n’est pas sur son char tiré par ses deux chats.Freyr possède également un verrat Gullinbursti (aux soies d’or) ou Slidrugtanni (aux défenses redoutables). Il court plus vite que n’importe quel cheval de jour comme de nuit, dans les airs et sur la mer et ses soies illuminent la nuit la plus sombre50.
Christianisation
Article détaillé : Christianisation des anciens germains et scandinaves.

Selon de nombreux historiens dont François Xavier Dillmann, nous assistons à une véritable guerre de religion pour instaurer le christianisme par la force, notamment en Norvège où le conflit dura plus d'un siècle51. La détermination des missionnaires pour répandre leur foi en Scandinavie et en Germanie, ira parfois jusqu’à détruire des stèles au prix de leurs vies52.

Ne parvenant à éradiquer ce paganisme ni par la parole ni par les actes de vandalisme, l’Église eut recourt à une violence volontaire : « Répandre sa foi par le fer et le sang. »53. L’émoi et le traumatisme des massacres de Charlemagne se firent ressentir dans toute la Scandinavie. Les historiens et spécialistes (Alain Decaux, André Castelot, François Neveux Rudolf Simek…) pensent que ce fut l’une des raisons qui provoqua les raids vikings qui souhaitaient se venger de la christianisation forcée54,55,56. La conversion des Scandinaves et des Germains s’est effectuée plus ou moins violemment, sur plus de quatre siècles.

Selon Régis Boyer : « Car- il faut de nouveau insister fortement – la conversion de la Scandinavie se sera faite sans coup férir, sans guerres de religions, sans effusion de sang, sans martyre. Lorsque des chroniqueurs nous la dépeindront, nettement plus tard, sous des dehors tragiques et violents, ils ne le feront que par imitation des vies de saints qui étaient de rigueur en Occident à l'époque. »57
Explication évhémériste des mythes païens

L’Église a tâché de ravaler les anciens dieux au rang de démons33. Snorri et Saxo Grammaticus s’efforcent de reconstituer un panthéon organisé autour de quelques grands dieux en se contredisant souvent et parfois gravement, et proposent une explication évhémériste des dieux païens17 : dans les prologue de son Edda et de la Heimskringla, Snorri « nous explique que les dieux ne sont que des hommes d’autrefois, des magiciens de préférence, qui ont été progressivement divinisés, Saxo Grammaticus ne dira rien d’autre, lui aussi »58. Cette explication se retrouve dans d’autres textes comme la Saga des Troyens, mêlant l’origine pseudo-étymologique des Ases en Asie, au mythe des origines troyennes des peuples scandinaves (Troie étant en Asie mineure)59.
Néopaganisme
Articles détaillés : Ásatrú et Odinisme.

La foi scandinave, nommée par certains Ásatrú ou parfois Odinisme, a été reconstituée avec plus ou moins de succès, et certains pays acceptent désormais de la compter parmi les religions officielles. C’est le cas de l’Islande, la Norvège, la Suède, le Danemark ou l'Espagne.
Voir aussi
Notes et références

↑ a et b Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 41; 46.
↑ a et b Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 33, 44.
↑ Guelpa 2009, p. 8_9
↑ Régis Boyer, Vikings idées reçues, le cavalier bleu, Éditions (ISBN 2-84670-040-0) 2002, p. 70.
↑ Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 44-47.
↑ Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, p. 90 (ISBN 2-251-41014-7).
↑ Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9, p. 18.
↑ Mrs H. Ellis Davidson, Gods and Myths of Northern, Harmondsworth, Penguin Books, N° A670, 1964 p. 24.
↑ Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, éditions Payot, p. 37, (ISBN 978-2-228-90165-9)
↑ Torfi H.Tulinius : chap :la conversion du Viking (traduction de R.Boyer, les nouvelles découvertes de l’archéologie, collection mémoires et histoire 2008, (ISBN 2-7467-0736-5).
↑ Einar Ólafur Sveinsson, Hilda Roderick Ellis Davidson, Viktor Rydberg, Eugen Mogk, Jean Renaud. Jacob Grimm, A. d’Apremont, Keary Charles, Grau, Régis Boyer.
↑ Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, p. 98. (ISBN 2-251-41014-7).
↑ Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, Paris, Payot, p. 37, (ISBN 978-2-228-90165-9).
↑ Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 p. 203.
↑ Régis Boyer, L'Edda poétique p. 123
↑ François-Xavier Dillmann, l'Edda de Snorri Sturluson, p. 19
↑ a, b et c Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, édition Payot, P 8 (ISBN 978-2-228-90165-9).
↑ Jean Renaud: les dieux des Vikings, éditions Ouest France, p. 122. (ISBN 2-7373-1468-2).
↑ Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 37.
↑ a et b Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 34.
↑ Régis Boyer « l’Islande médiévale », Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7, p. 185.
↑ Alain Marez "Une Europe des Vikings ? La leçon des inscriptions runiques" (Les Vikings premiers Européens, Éditions "Autrement" ISBN 9 782746 707368 p. 131-177.
↑ Régis Boyer, Les Sagas islandaises, Payot, ISBN 978-2-228-90164-2 p. 122.
↑ Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 33-34.
↑ Régis Boyer, L’Islande médiévale, Guide des belles lettres, ISBN 2-251-41014-7 p. 186.
↑ Régis Boyer Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire, éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p. 421à 425.
↑ Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 23;35.
↑ Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 25.
↑ François Xavier Dillmann « Histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson » Ed. Gallimard, Page 371, (ISBN 2-07-073211-Cool.
↑ Boyer 2009, p. 53-54 qui renvoie à Boyer 1974, p. 223-243
↑ Boyer 2009, p. 54
↑ Régis Boyer, Le Christ des Barbares, éditions Cerf ISBN 2-204-02766-9 p. 38.
↑ a et b Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 44.
↑ Régis Boyer : Les Vikings 800-1050, la vie quotidienne Hachette p. 218, (ISBN 2-0123-5690-7).
↑ F. Ström : Den egna kraftens män, Göteborg, 1948.
↑ Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 32, 33.
↑ Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 37,40,44.
↑ Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 42.
↑ Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 93.
↑ Régis Boyer le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 43.
↑ François-Xavier Dillmann (trad.) L’histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson, Gallimard , 2000, p. 483
↑ Folke Ström, Den egna kraftens män. En studie i forntida irreligiositet, Göteborg, 1948)
↑ Boyer 2009, p. 16
↑ Régis Boyer, L’Islande médiévale, p. 147 - voir aussi Régis Boyer, La saga de Sigurdr, ou, La parole donnée, éditions du Cerf, 1989, p. 170
↑ Régis Boyer, le Christ des Barbares, éditions du CERF, p. 31, 32
↑ Régis Boyer Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire, éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p. 421.
↑ Régis Boyer La Grande Déesse du Nord, Paris, Berg, 1995 et Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire, éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p. 424.
↑ Régis Boyer, L’Islande Médiévale, p. 99.
↑ Le loup gris - Le loup dans la Mythologie http://cybcharlotte.free.fr/mythologie/mythologie.htm [archive].
↑ Les dieux des vikings, Jean Renaud, édition ouest France, p. 73 ISBN 2 7373 1468 2.
↑ L’histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson traduit par François-Xavier Dillmann p. 34 l’Aube des peuples chez Gallimard. ISBN 2 07 073211 8
↑ François Xavier Dillmann « Histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson » Ed. Gallimard, ISBN 2-07-073211-8 pages ?.
↑ Tout l’Univers Hachette volume 5 p. 1110) et (Axis Hachette, volume 9 p. 294 ISBN 2-03-505279-3).
↑ Rudolf Simek, « L’émergence de l’âge viking : circonstances et conditions », dans Régis Boyer, Les vikings, premiers Européens VIIIe-XIe siècle - Les nouvelles découvertes de l’archéologie, Autrement, 2005, p. 24-25.
↑ Pierre Barthélemy, Les Vikings, Albin Michel, p. 156 édition 1988, (ISBN 2-226-03257-6).
↑ Alain Decaux et André Castelot - opt. cit, p. 715.
↑ Régis Boyer « Le christianisme scandinave, histoire et particularités [archive] » sur clio.fr, juin 2002
↑ Régis Boyer « l’Islande médiévale », Guide des belles lettres, p. 186.
↑ Hélène Tétrel « L’utilisation et l’interprétation des mythes païens par les écrivains islandais du Moyen Âge [archive] » [1] [archive].

Articles connexes

Paganisme | Mythologie nordique | Mythologie germanique | Mythologie germanique continentale
Vikings | Âge des Vikings
Néopaganisme | Ásatrú | Odinisme
Déesse-Mère
Culte de la déesse
Vénus paléolithique
Vénus de Willendorf

Bibliographie

Georges Dumézil Les Dieux des Germains, essai sur la formation de la religion scandinave, PUF, 1959
Gabriel Turville-Petre, Myth and religion of the North: the religion of ancient Scandinavia, Holt, Rinehart and Winston, 1964
Régis Boyer, Le culte dans la religion nordique ancienne, Internord, 1974
Régis Boyer, Yggdrasill, la religion des anciens Scandinaves, Payot, 2007 ;
Anders Andrén, Kristina Jennbert, Catharina Raudvere Old Norse religion in long-term perspectives : origins, changes, and interactions : an international conference in Lund, Sweden, June 3-7, 2004, Nordic Academic Press, 2007 [2] [archive].
François-Xavier Dillmann, Les magiciens dans l'Islande ancienne, Ed. de Boccard, 2006
Patrick Guelpa, Dieux & mythes nordiques, Presses Univ. Septentrion, 2009
Thomas Andrew Dubois, Nordic Religions in the Viking Age, University of Pennsylvania Press, 1999 (lire en ligne [archive])
John Lindow, Norse Mythology: A Guide to Gods, Heroes, Rituals, and Beliefs, Oxford University Press, 2002 (lire en ligne [archive])
Anders Andren, Kristina Jennbert, Old Norse Religion in Long-Term Perspectives: Origins, Changes & Interactions, Nordic Academic Press, 2006 (lire en ligne [archive])
Régis Boyer, L'Edda poétique, Fayard, 2009

Liens externes

Régis Boyer « Le christianisme scandinave, histoire et particularités [archive] » sur clio.fr, juin 2002*
Régis Boyer « La mythologie nordique [archive] » sur clio.fr, mars 2003

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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 3:58

Les Trois Joyaux, (sanskrit : triratna ; pâli : tiratana ; chinois : sānbǎo 三宝) est une expression commune au jaïnisme, à l'hindouisme et au bouddhisme.

Jaïnisme

Dans le jaïnisme, les trois joyaux sont: la vision des choses ou la foi juste, la connaissance juste et la conduite juste. Ils sont surtout liés à l'individu et sont les voies à suivre pour atteindre la libération, le moksha. Ils doivent être mêlés aux tattva pour comprendre comment trouver l'éveil, la lumière[pas clair]1.
Bouddhisme

Dans le bouddhisme, ils sont la représentation du Bouddha historique Shakyamuni, le Dharma comprenant tous les enseignements du Bouddha, les Douze Divisions des Soutras et tous les commentaires des bodhisattvas et maîtres bouddhistes, et le Sangha2 composé des quatre catégories d'êtres nobles.

Les Trois Joyaux sont les objets des Trois Refuges que tous les prétendants bouddhistes doivent prendre comme exemples, appuis et repères pendant la vie tout entière jusqu'à l'entrée au nirvana (monde indien) pour les pratiquants de l'école theravāda et jusqu'à l'Éveil complet permettant de devenir à leur tour bouddha, du moins pour ceux de l'école mahāyāna.

Pour le sixième patriarche de l'école Chán chinoise, Huineng, dont le prêche est uniquement considéré comme soutra (Sūtra de l'Estrade), les Trois Joyaux sont définis par l'Éveil, la Droiture et l'équité qui se trouvent dans la nature de chacun.

Présentés aussi sous la forme « Apprendre, comprendre et partager », ils sont le pendant positif des Trois Poisons (sanskrit : triviṣāṇi ; chinois : sāndú 三毒; japonais : sandoku 三毒) : l'ignorance (ou illusion), la colère (ou haine) et l'avidité (ou cupidité, convoitise).
Voir aussi

Communauté bouddhiste Triratna
Zheng He.
La Voie du salut dans le jaïnisme

Notes et références

↑ Jainism The World of Conquerors, par Natubhai Shah, volume II, page 44, (ISBN 812081939X).
↑ (en) The Princeton dictionary of buddhism par Robert E. Buswell Jr et Donald S. Lopez Jr aux éditions Princeton University Press, ISBN 0691157863, page 704.

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MessageSujet: Re: Polythéisme, le regard laïque, L'aspect de droit et Y'becca   Ven 17 Fév à 4:16

Dans les écrits déclarés apocryphes
Crucifixion par le Pérugin, vers 1482
Importance des apocryphes dans la culture chrétienne

Marie est l'objet de diverses traditions que l'on trouve dans des textes déclarés apocryphes à partir du VIe siècle d'où viennent la plupart des traditions qui la concernent. On y trouve notamment le nom de ses parents, Anne et Joachim, le récit de sa nativité, de son adolescence, ceux de sa vie à Éphèse, de sa Dormition et de son Assomption. Bien qu'elles soient issues de textes qui ne font pas partie du canon biblique, ces traditions ont continuellement bénéficié d'autres formes de reconnaissance chez les catholiques comme chez les orthodoxes. Outre que certaines fêtes liturgiques des calendriers catholique et orthodoxe se rapportent directement à ces récits, les églises sont pleines de fresques et de peintures représentant des épisodes de la vie de Marie tirés des apocryphes, notamment du Protévangile de Jacques, de La Nativité de Marie et de La Dormition de Marie.

Si dans leur ensemble les écrits apocryphes ont été rédigés plus tardivement que ceux retenus pour former le Nouveau Testament, il semble que ce ne soit pas le cas de la totalité des éléments qui se rapportent à Marie dans les apocryphes. Selon Enrico Norelli, « certains apocryphes contiennent des traditions plus anciennes que la composition des récits de naissance de Jésus chez Matthieu et Luc7 ». Norelli estime que, si l'étude de ces traditions anciennes ne fournit aucune indication d'ordre historique, ni sur la naissance de Jésus, ni sur la vie de Marie, elle renseigne sur la place de Marie dans le christianisme ancien et permet de comprendre pourquoi les traditions sur Marie n'ont pas été intégrées dans les écrits canoniques, alors même que Marie continuait d'occuper une place importante dans les prédications et la tradition chrétiennes.
Différents récits de la conception de Jésus dans les écrits apocryphes
Pietà, Michel-Ange au Vatican

Marie aurait connu une grossesse de deux mois selon un apocryphe chrétien du début du IIe siècle, l'Ascension d'Isaïe ; cependant, s'il y a eu gestation, il n'y aurait pas eu accouchement : Joseph et Marie étant seuls à la maison, "Marie regarda soudain de ses yeux et vit un petit enfant, et elle fut effrayée. Et après qu'elle fut effrayée, son sein se trouva comme auparavant, avant qu'elle eût conçu. Et lorsque son mari Joseph lui dit : "Qu'est-ce qui t'a effrayée ?", ses yeux s'ouvrirent et il vit l'enfant, il glorifia le Seigneur" (cité dans Marie des Apocryphes d'E. Norelli8).

Marie aurait accouché de Jésus au terme de sa grossesse selon le Protévangile de Jacques (milieu du IIe siècle), mais sans que l'accouchement ait affecté sa virginité : Jésus naît dans une grotte alors que Joseph était allé chercher une sage-femme ; une amie de la sage-femme, Salomé, arrivée peu de temps après l'événement, refuse de croire qu'une vierge ait pu mettre au monde un enfant. Elle veut s'en assurer par elle-même ; ayant "touché" Marie, elle est punie de son incrédulité ; elle dit : "ma main brûlée d'un feu dévorant tombe et se sépare de mon bras". Comme elle se repent néanmoins, un ange lui apparaît et lui recommande de porter Jésus dans ses bras. Aussitôt, un miracle a lieu : Salomé est guérie de sa paralysie9.

Marie aurait eu une grossesse de sept mois, selon une homélie attribuée à Cyrille de Jérusalem, composée peut-être à la fin du IVe siècle, mais dans ce texte que cite E. Norelli, Marie n'est plus une femme, elle est l'archange Michel. "Marie n'est que l'apparence humaine prise par l'ange Michel - représenté dans la tradition juive comme l'ange protecteur d'Israël - afin de faire "entrer" dans le monde humain ce personnage céleste qu'est le Christ"10".

Marie aurait eu une grossesse au terme de laquelle elle aurait accouché, mais elle ne serait pas devenue enceinte par l'action du Saint-Esprit, selon l'Epître des apôtres (apocryphe du milieu du IIe siècle). L'ange Gabriel qui, dans les évangiles canoniques, annonce à Marie son nouveau statut de mère du Fils de Dieu, n'était autre en réalité que Jésus lui-même, qui entra alors dans Marie. Jésus dit à ses disciples : "Sous l'apparence de l'ange Gabriel, j'apparus à la vierge Marie, et lui ai parlé. [...] J'entrai en elle et suis devenu chair" (texte cité par E. Norelli dans Marie des apocryphes11). L'accouchement aurait eu lieu ensuite normalement.

Marie, en araméen Maryam ܡܪܝܡ, en hébreu Myriam מרים1, en grec Μαρία, María, en arabe Maryam مريم, fille juive de Judée, est la mère de Jésus de Nazareth. Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu'elles appellent Marie de Nazareth, Sainte Vierge, Vierge Marie, Notre Dame (plus souvent chez les catholiques francophones) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques).

Comme pour son fils Jésus, il est impossible d'écrire une biographie de Marie. Une grande partie des traces historiques se trouvent dans les récits apocryphes qui développent souvent les élaborations présentes dans les textes canoniques du Nouveau Testament mais qui peuvent aussi reconstituer une certaine trame historique2.

Dans les Églises catholique et orthodoxe, Marie est l'objet d'un culte particulier, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges, appelé le culte d'hyperdulie. C'est un point de divergence important avec le protestantisme et les églises réformées.

Dans le Nouveau Testament
Fra Angelico, L'Annonciation de Cortone, vers 1433

Les Évangiles de Matthieu et Luc rapportent l'Annonciation, c’est-à-dire l’annonce par l’ange Gabriel à « Marie » puis à Joseph, à qui elle était fiancée, de la conception virginale de Jésus. Le récit de Luc donne plus de place à Marie, alors que c’est l’inverse dans celui de Matthieunote 1.

N'ayant jamais eu de relations sexuelles avec Joseph, ce dernier pense qu'elle a commis un adultère, aussi songe-t-il à divorcer mais un ange lui explique qu'elle est enceinte en vertu du Saint Esprit et l'en dissuade3.
L'Épiphanie, Jérôme Bosch, vers 1495

Dans la suite du récit, Marie rend visite à sa cousine Élisabeth (c'est la Visitation) et exprime sa joie dans le Magnificat (Lc 1,39-55). Elle donne naissance à Jésus à Bethléem (Mt 2,1-6; Lc 2,4-7) où son Fils reçoit la visite des bergers et des mages (Mt 2,7-12 ; Lc 2,15-21).

La généalogie de Jésus en Matthieu 1, 1-174 mentionne que Joseph est issu de la maison royale de David mais celle de Luc 3, 23-385 fait l'objet d'une interprétation controversée, inscrivant aussi bien Joseph que Marie dans la lignée des rois d'Israël6.

Les textes évangéliques évoquent ensuite la Présentation au Temple pour accomplir le rite de rachat du premier-né. Syméon prophétise qu'elle connaîtra la douleur (Lc 2,21-35). Plus tard se produit l’épisode de la disparition de Jésus à l’âge de douze ans (Lc 2,41-51), lors de la montée annuelle au Temple de Jérusalem : alors que ses parents repartaient pour Nazareth, l'enfant était resté dans le Temple pour discuter avec les "docteurs de la Loi", c'est-à-dire les érudits de la Torah.
Les Noces de Cana, Paul Véronèse, vers 1563

Marie apparaît quand Jésus assiste aux noces de Cana (Jn 2,1-11), puis une fois où elle était à sa recherche alors qu’il enseignait (Mc 3,31-35), enfin au moment de la crucifixion. Son fils la confie avant de mourir à son disciple préféré. « Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. »B 1

Elle se trouve parmi les disciples lors de la Pentecôte (Ac 1,14).

------------------------------------------------------
Légendes et rêveries de Marie.

Dans des textes chrétiens postérieurs
Le lieu de la mort de Marie
Assomption de Marie, Pierre Paul Rubens, vers 1626

Une tradition syrienne jacobite, dont les plus anciens témoins littéraires datent du IXe siècle, raconte que Marie est emmenée près d'Éphèse par Jean l'Évangéliste après la crucifixion de Jésus, pour fuir la persécution à Jérusalem. Marie est supposée avoir terminé sa vie (sa vie terrestre) en ce lieu, d'où la présence de la Maison de la Vierge Marie. D'après Simon Claude Mimouni, cette tradition vise probablement à légitimer le siège épiscopal d'Éphèse12. Elle est ensuite ramenée miraculeusement à Jérusalem pour être enterrée dans le jardin de Gethsemani, ce qui a fait naître la tradition du sépulcre de Marie : l'église bâtie à cet emplacement sous l'empereur Constantin passe également pour être la maison de la Vierge, ce qui explique que cette tradition, concurrente à celle de la Maison de la Vierge Marie à Éphèse et de l'abbaye de la Dormition de Jérusalem, y fixe aussi la tombe de ses parents Anne et Joachim13. Toutefois, on ne sait pas où se trouvait ce jardin de Gethsemani. Plusieurs textes chrétiens déclarés apocryphes par la suite indiquent que ce jardin se trouvait près du lieu où Jésus a été crucifié. Or il y a une distance importante entre le Golgotha et le lieu appelé Gethsemani depuis le IVe siècle qui se trouve de l'autre côté de la vallée du Cedron.

La naissance de Marie

L'immaculée conception de Marie est un point de foi dont la dévotion est apparue surtout aux Xe et XIe siècles, et qui a ensuite été mis en avant par les franciscains, surtout après le XIIIe siècle.

Son dogme a été finalement précisé par l'Église catholique le 8 décembre 1854 par Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Ce dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel, autrement dit que ses parents, Joachim et Anne, l'auraient conçue sans transmission du péché originel, en vertu d'une grâce exceptionnelle provenant déjà du Sacrifice de son Fils. Ainsi, Marie est rachetée comme tous les hommes, mais la différence est qu'elle le fut par anticipation. Ce dogme n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe pour qui Marie est "fille de la race d'Adam" et a été enfantée dans le péché originel comme tout homme et femme.

Seulement, par sa pureté intérieure et son « Fiat » à l'ange Gabriel, elle a eu le privilège de permettre au Verbe de Dieu de s'incarner en elle.

Pour les orthodoxes, c'est la conception du Christ en Marie par l'Esprit Saint qui est immaculée, et si Marie est effectivement « immaculée », elle l'est par son adhésion à la volonté de Dieu, par sa pureté intérieure et par le fait qu'elle ne se soit jamais située en dehors de la volonté de Dieu, qu'elle n'ait jamais péché.

La Dormition, l'Assomption

Marie est, chez les catholiques comme chez les orthodoxes, le modèle de l'humanité à suivre et, à travers Jésus qui avant sa mort l'a confiée à son disciple, la mère de tous : alors que le péché originel a pour conséquence la mort et la tendance au péché, Marie resta toute sa vie pour les orthodoxes, comme chez les catholiques, sans jamais pécher, de sa naissance à son endormissement dans la mort. Les orthodoxes parlent de dormition et non de mort, pour la Mère de Dieu tandis que les catholiques évoquent son Assomption.

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été « enlevée corps et âme » au ciel. Le 1er novembre 1950, ce point de foi ancien est défini sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. Les catholiques fêtent l'Assomption le 15 août. La fête de la Dormition du 15 août célèbre, comme chez les catholiques, la mort, l’ensevelissement de la Mère de Dieu puis sa résurrection et son ascension. Les orthodoxes emploient le terme de Dormition depuis le Ve siècle. Ce terme reflète la croyance selon laquelle la Vierge est morte sans souffrir, dans un état de paix spirituelle. Les orthodoxes critiquent le nom d'Assomption qui entretient l'ambiguïté en laissant croire que la Vierge a été enlevée au ciel de son vivant.

D'une manière générale, pour les orthodoxes, la vénération à Marie s'inscrit donc dans un mystère, tout comme l'incarnation, à qui il se trouve lié. C'est sans doute ce qui distingue l'attitude orthodoxe d'une approche plus rationnelle de l'Occident qui a ressenti le besoin de formuler des dogmes plus précis.
Fête

Marie est priée par les catholiques et les orthodoxes, qui invoquent son intercession et qui la célèbrent en particulier le 1er janvier (Sainte Marie Mère de Dieu - seulement les catholiques), le 15 août (Dormition et Assomption), le 25 mars (Annonciation), le 8 septembre (Nativité de la Vierge Marie), le 8 décembre (Immaculée Conception de la Vierge Marie - seulement les catholiques), le 22 août (Couronnement de la Vierge - chez les catholiques.)
Selon le protestantisme
Luther et Calvin

Luther insiste sur l'humilité de Marie et son accueil de la grâce18. Calvin affirme qu'elle a besoin du pardon, et refuse, à la différence de Luther, de célébrer les fêtes mariales. Il reste prudent sur l'appellation « Mère de Dieu ».

Le protestantisme est resté longtemps muet à propos de Marie. C'est à partir du dogme de l'Immaculée Conception en 1854 puis de celui de l'Assomption en 1950 que se creuse à nouveau l'écart avec le catholicisme. Ces dogmes établis si tardivement ne peuvent en effet constituer une réalité historique ou spirituelle selon les membres des Églises protestantes, qui dénoncent le culte rendu aux saints et en particulier le culte marial.

Ils récusent aussi le titre de « Reine du Ciel » (Jr 44,18).

Pour la plupart des protestants, Marie était vierge avant la naissance de Jésus, mais a eu d'autres enfants, les frères et sœurs de Jésus cités dans les ÉvangilesB 3.
Méthodisme

Les méthodistes n'ont pas d'écrits officiels ou d'enseignements sur Marie, sauf ce qui est mentionné dans l'Écriture et les enseignements œcuméniques. Ils considèrent essentiellement que le Christ a été conçu dans son sein par l'Esprit-Saint et qu'elle a donné naissance au Christ en étant vierge. John Wesley, le principal fondateur du mouvement méthodiste au sein de l'Église d'Angleterre, estime que Marie « est restée une vierge pure et sans tache »19. L'église Méthodiste considère que Marie était vierge avant, pendant et immédiatement après la naissance du Christ20.

De ceci, les Églises méthodistes unies rejettent les notions de Marie corédemptrice ou médiatrice. Ils rejettent également la vénération des saints, de Marie et des reliques : ils estiment que le respect et la louange sont réservés à Dieu seul. Cependant, ils approuvent l'étude de la vie de Marie et des biographies de saints, car celles-ci sont considérées comme des exemples pour les bons chrétiens21.

----------------------------------------------------

La question de la virginité de Marie...

Je crois qu'il y a la pudeur auquel le diable se plie...! Nous commettons un acte de manque de savoir vivre
envers la femme et son Marie... Certes on fait entrer en jeu Gabriel à ce sujet...
Mais je crois que cela n'est pas l'acte qui juge son œuvre ainsi que le passage de son fils :

alors voilà les messes basses,

La Conception virginale (le fait que Jésus-Christ ait été conçu et soit né alors que Marie était vierge) est acceptée par tous les chrétiens puisqu'elle est rapportée par les récits de l'enfance au début des évangiles selon Luc et selon Matthieu.

Il n'en va pas de même de la virginité perpétuelle de Marie, qui est acceptée par les théologies catholique et orthodoxe mais refusée par la majorité des théologies protestantes. Cette croyance est ancienne, comme l’atteste le Protévangile de Jacques, un texte non canonique du IIe siècle où il est indiqué que Marie, fille d'Anne et de Joachim, aurait été « consacrée au Seigneur » (c'est-à-dire resterait vierge) par un vœu de sa mère, puis aurait été confiée à Joseph avant la conception de Jésusnote 2.

Les protestants qui refusent cette croyance en la virginité perpétuelle de Marie se fondent sur les passages du Nouveau Testament mentionnant des frères et des sœurs de Jésus ainsi que Mt 1,25 qui indique que Joseph a attendu la naissance de Jésus pour avoir des relations intimes avec Marie.
Les frères et sœurs de Jésus
Article détaillé : Frères de Jésus.

Il s'agirait, selon la tradition orthodoxe, suivant en cela le Protévangile de Jacques, de demi-frères, fils d'un premier mariage de Joseph, qui, étant veuf, aurait épousé Marie en tant que vierge consacrée au Seigneur. Selon une explication avancée par les traditions catholique et orthodoxe, il peut également s'agir de cousins, le mot « frères » étant pris dans ce cas au sens large, selon l'argument que « les langues sémitiques ne possèdent pas de terme pour rendre le mot « cousin » et le mot frère et cousin est le même dans les langues slaves (bratnote 3) ; dans les sociétés anciennes, où tous vivaient ensemble, les cousins étaient assimilés à des frères. »note 1 ; les rédacteurs du Nouveau Testament se seraient conformés à la manière de parler orientale. Deux d'entre eux sont, en effet, signalés comme fils d'une « Marie, mère de Jacques le mineur et de Joses » en Mt 27,56 et Mc 15,40, identifiée à Marie, femme de Clopas d'après Jn 19,25, le troisième Jude se dit frère de Jacques et non de Jésus (Ju 1), et le quatrième Simon est clairement désigné comme un cousin germain, fils de Clopas le frère de Joseph, dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée.

Les protestants s'appuient quant à eux sur le verset de Mt 1,25 indiquant que Joseph n'a pas eu de rapport sexuel jusqu'à la naissance de Jésus, ce qui pour eux signifie qu'il en aurait eu après. Ils font aussi remarquer que le mot ''cousin" (anepsios en grec) est spécifiquement employé en Col 4,10 et que la confusion entre ἀδελφός (fils d'une même mère, frère) et ἀνεψιός (cousin) est donc une théorie avancée a posteriori pour apporter une cohérence au dogme catholique.

Augustin d'Hippone cite les Écritures à propos de la virginité perpétuelle de Marie : « Il me ramena vers la porte extérieure du sanctuaire, du côté de l'orient. Mais elle était fermée. 2 Et Yahvé me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera ; car Yahvé, le Dieu d'Israël est entré par là. Elle restera fermée. » (Ézéchiel 44,1-2).

Thomas d'Aquin analyse ce sujet dans sa Somme théologique, IIIa pars, Q. 28, art. 2 à 4 : art. 2 : virginité pendant l'enfantement, art. 3 : virginité après l'enfantement, art. 4 : la question du vœu de virginité (qui est une question différente et indépendante de la précédente). Il conclut à la virginité perpétuelle et au vœu de virginité.
Marie modèle des religieuses chrétiennes dans un écrit apocryphe

On a prêté à la Marie du Ier siècle des pratiques qui correspondaient en réalité aux traditions monastiques en vigueur au Moyen Âge, dans une réécriture latine du Protévangile de Jacques (évangile apocryphe du IIe siècle), réécriture qui date du VIIe siècle (selon E. Norelli), connue sous le nom de l'Evangile du Pseudo-Matthieu. Dans ce texte tardif, Marie confiée aux prêtres dès son enfance, comme le veut le Protévangile de Jacques, n'est plus seule dans le Temple, "elle préside une véritable communauté monastique de jeunes filles, idée absurde pour le judaïsme, mais qui convenait parfaitement à l'esprit de l'époque mérovingienne25". Elle y prononce également un vœu de virginité perpétuelle, autre règle étrangère à l'esprit du judaïsme.
Marie en dehors du christianisme
Marie pour les juifs
Article détaillé : Disputations judéo-chrétiennes.

Dans le Discours véritable de Celse, uniquement connu par les nombreux extraits cités par Origène dans son livre « Contre Celse », le philosophe grec rapporte les propos d'« un juif », dont Celse dit que « ce juif » lui a tout appris. Ce « juif » lui aurait dit que Jésus était un enfant adultérin de Marie, pauvre fileuse, fruit d'une liaison avec un soldat romain du nom de Pantera. Celse faisant prononcer cette affirmation par un rabbin, l’on a avancé qu'elle aurait été reprise de textes rabbiniques qui n'ont longtemps été connus pour l'essentiel que par les réponses polémiques des Pères de l'Église.

Ces affirmations furent vigoureusement rejetées par Origène, tout au moins dans leur aspect polémique. Son Contre Celse témoigne toutefois que dès la seconde moitié du IIe siècle, les juifs colportaient des rumeurs polémiques au sujet de la naissance illégitime de Jésus, dont le père aurait été un soldat romain du nom de Pandera26. « Au IVe siècle, Épiphane affirme dans le Panarion 78, 7, que Pantera était le surnom de Jacob, père de Joseph, l'époux de Marie. Dans la Didascalie syriaque, un écrit liturgico-canonique du début du IIIe siècle, la mère de Jésus est fille de Joachim, fils de Pantera, frère de Melchi, de la famille de Nathan et fils de David26. » Pour Simon Claude Mimouni, « cette explication paraît assez vraisemblable, d'autant que la Didascalie syriaque rapporte nombre de traditions chrétiennes d'origine juive26. »

Les propos de Celse semblent correspondre aux points de vue juifs très anciens qui ont été rapportés dans le Talmud, jusqu'à ce que les chrétiens en obtiennent la censure à l'aide de pressions sur la communauté juive et de pogroms, qui ont notamment eu lieu à l'époque des croisades, mais se sont poursuivis ensuite. [réf. souhaitée]

Ces passages censurés du Talmud sont tout de même connus, car des anciennes versions datant du XIVe siècle ont été retrouvées et parce que la même censure n'a pas eu lieu dans les pays sous contrôle musulman. D'autres textes juifs appelés Toledoth Yeshu, sorte d'évangiles populaires juifs, rapportent des informations équivalentes.

Toutefois, on peut voir que Celse s'est trompé dans le report de ce que lui a indiqué « le juif » qui lui a tout appris:

Pantéra ou Pandera (Panther) n'est pas un soldat romain, mais un homme partant en Babylonie (peut-être pour faire la guerre) alors qu'ils ne sont que fiancés et qui ne revient pas;
le père de Jésus est appelé Joseph ben Pantéra (Joseph, fils de Pantéra) et aussi Pantéra;
Marie n'est pas misérable, elle est même qualifiée de « femme mariée aux rois et empereurs et terminant avec un charpentier »;

On remarque aussi, que Jean Damascène et Épiphane, mentionnent dans leur généalogie de Marie ou de Joseph des aïeux légitimes du nom de Panther[réf. nécessaire].
Marie pour l'islam
Article détaillé : Maryam.
date? refsou
Miniature persane de Marie et Jésus

Maryam, Mariam ou Meryem (en arabe : مريم), est le nom de la mère de Îsâ, le nom de Jésus dans la tradition musulmane (appelé Yeshu dans la tradition juive). Elle est la fille d'ImranC 1, et est aussi appelée « sœur d'Aaron »C 2, par assimilation avec la prophétesse Maryam, fille d'Imran et sœur de Moïse et d'AaronB 4.

Guillaume Dye souligne le fait que Marie, mentionnée une trentaine de fois dans le Coran, l'est plus dans ce texte islamique que dans le Nouveau Testament27. Selon Claude Gilliot, "la place que Marie occupe dans les apocryphes chrétiens, c'est le terreau du Coran28" ; le Protévangile de Jacques par exemple (apocryphe du IIe siècle), fait de Marie un personnage central, et aurait inspiré en particulier le récit de l'Annonciation dans le Coran (sourate 19, versets, 17-21). La sourate 19C 3 porte le nom de Marie.

La mère de Jésus est considérée comme vierge dans le Coran, tournée vers Dieu dès sa naissance, jamais fiancée ou mariée (mais seulement protégée et guidée par Zakarie "Zakaria" (en arabe: زكريا). Le Coran reprend une tradition proche de celle retenue par la « Grande église » sur la conception miraculeuse de Jésus (ou Îsâ) par l'action du souffle de Dieu (Rûh)C 4. Le prophète Mahomet la décrit comme étant l'une des rares femmes ayant atteint le degré de « perfection », à travers sa dévotion intense à Dieu et sa patience lors de l’épreuve de l'enfantement miraculeux, que sa communauté accueillera par la suspicion et l'accusation. Le Coran la présente à l'opposé des femmes maudites de Loth et de Noé, comme l'une des deux femmes bien accueillies au paradis, elle, et la femme de Pharaon de Moise, dans la sourate « Les femmes »C 5 et dans la sourate dite de « la table servie »C 6. Le prophète Mahomet affirme dans un récit que Maryam est la meilleure femme que le monde ait connu29.

Selon Michael Marx, le respect à l'égard de Marie renforce l'image positive de Jésus dans le Coran28.
Marie pour les Bahaï

Les Bahaï vénèrent Marie comme mère de Jésus. Le Livre de la certitude, le premier ouvrage théologique de la religion Bahaï décrit Marie comme « le visage plus beau » et « le visage voilée et immortel ». Il déclare que Jésus « a été conçu du Saint-Esprit »30.
Le culte marial, sujet de controverse
Article détaillé : Culte marial.

Le protestantisme notamment s'est opposé au culte marial.
Les Églises catholique et orthodoxe
Notre-Dame de Vladimir, vers 1130 à Constantinople

Au cours des siècles, de nombreux miracles et "apparitions" ont été attribués à Marie, en particulier dans l'Église catholique, qui n'en a toutefois reconnu que 18 à ce jour. Plusieurs sites d'apparitions mariales sont devenus des lieux de pèlerinages importants (Guadalupe, Lourdes, Fatima). Certains ont revendiqué des guérisons après avoir prié Marie (comme Thérèse de Lisieux lors de sa maladie en 1883). L’Église catholique indique que « par son intercession répétée [Marie] continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. »31.

Les catholiques et orthodoxes vénèrent Marie et n'hésitent pas à la prier pour qu'elle intercède au près de son Fils afin d'obtenir un miracle17.

« En Orient comme en Occident, à partir de la seconde moitié du Ve siècle, c'est-à-dire à l'époque où s'est probablement posée la question du sort final de Marie, le culte des reliques mariales a commencé à se développer ». Étant donné son assomption, la vénération se porte non pas sur les traditionnelles reliques corporelles, mais sur des reliques de contact (vêtements funèbres, ceinture…)32. De nombreuses églises et sanctuaires mariaux revendiquent la possession de ce type de reliques en se fondant sur des récits légendaires issus de traditions probablement originaires de Jérusalem33 : vêtement de la vierge conservée dans l'église de Sainte-Marie des Blachernes (en)34, fuseau de la Vierge au monastère des Hodèges et ceinture dans l'église Théotokos des Chalkopratéia, envoyées par l'impératrice Pulchérie ; chambre à coucher dans la Maison de la Vierge Marie. Avec le commerce médiéval, ces reliques se sont retrouvées dans plusieurs églises d'Occident.
Les Églises protestantes contre le culte marial

Les théologiens protestants soulignent le fait que le culte marial, et certains aspects de la théologie mariale qui le justifient, ne sont étayés par aucun texte biblique. Le pasteur de l'Église réformée Alain Houziaux rend compte de cette divergence dans ces termes : "Il est bien évident que le développement de la théologie mariale n'a pas son fondement dans l'Écriture sainte. Quel problème cela peut-il poser ? Aucun pour l'Église catholique. Pour celle-ci, la source de la vérité promulguée et révélée ne réside pas seulement dans l'Écriture mais aussi dans la Tradition et le Magistère35".

De plus, le protestantisme ne reconnaît pas Marie comme médiatrice, intermédiaire entre le Christ et les hommes ; le culte marial perd ainsi sa justification. Selon Alain Houziaux, dans le catholicisme, "c'est Marie qui a pris la place qui était primitivement dévolue au Christ. Au fond, c'est elle qui est devenue médiatrice, rédemptrice, avocate auprès du Juge suprême. [...] Certes, la théologie [catholique] officielle ne substitue jamais Marie au Christ qui reste unique Médiateur conformément à ce que dit 1 Timothée 2,5. [...] Mais la piété populaire, peut-être parce qu'elle n'a jamais compris et admis la théologie du sacrifice vicaire et rédempteur du Christ, voit en la Vierge Marie l'image du pardon, du salut et de la miséricorde et substitue souvent cette image à celle du Christ trop complexe et incompréhensible puisqu'il est à la fois crucifié et Juge, victime et Tout puissant, homme et Dieu35".

Les chrétiens évangéliques, considèrent Marie comme une simple servante du Seigneur36 qui ne peut donc pas posséder de pouvoir, guérir les gens ou révéler des choses nouvelles. Toujours selon les théologiens évangéliques, les miracles attribués à Marie ne permettent pas de rapprocher quelqu'un du Dieu de la bible et ne peuvent donc être considérés comme étant d'origine divine.
Critique et analyse du culte marial
Iesus Maria, devise des Oratoriens, dans le Temple protestant de l'Oratoire du Louvre

Jean Calvin, dans son Traité des reliques (1543), « énumère les nombreuses reliques dont les églises d’Europe se font les sanctuaires et dont l’amoncellement suffit à les dévaloriser, quand ce n’est pas le ridicule de certaines pièces. Calvin écrit par exemple à propos des Reliques de la Grotte du Lait et donc du lait de Marie vénéré dans les églises, que "tant y a que si la sainte vierge eût été une vache et qu’elle eût été nourrice toute sa vie, à grand peine en eût-elle pu rendre telle quantité37" 38». En effet, d'innombrables couvents et villes exposent, dit Calvin, des fioles contenant du lait de Marie.

Selon Alain Houziaux, pasteur de l'Église réformée, "il y a un conflit profond et fondamental entre la piété populaire (que la dogmatique mariale catholique tente d'assumer) et l'enseignement qu'ont voulu dispenser saint Paul, saint Augustin, Luther et même le Concile de Trente". Comment expliquer ce culte que nombre de croyants vouent à Marie ? "L'idée d'une mère restée vierge constitue un fantasme qui remue profondément notre inconscient et notre imagination. Freud insiste sur l'effroi que suscite chez l'enfant l'idée et l'image qu'il est né d'un coït de ses parents", analyse A. Houziaux. De plus, "le fait que le christianisme se soit construit, à la différence du judaïsme, autour de trois figures masculines (le Père, le Fils et l'Esprit) n'a sans doute pas été étranger au développement du culte de la Vierge Marie et au fait qu'elle ait pu, très tôt être considérée comme une figure céleste. La carence de la Trinité chrétienne en images féminines peut donc expliquer le développement de la mariologie39".

Le refus du culte marial a partie liée dans le protestantisme avec une réhabilitation de la sexualité et avec une conception de la femme différente de celle promue par le catholicisme : en revalorisant "le corps et l'amour charnel, Luther rompait définitivement avec l'idéalisation de la femme dans le culte marial et avec sa diabolisation en tant que pécheresse et séductrice40". "Marie immaculée heurte non seulement la foi des protestants mais elle entre aussi en complète confrontation avec leur idéal féminin. Dès la Réforme, ceux-ci privilégient le mariage au célibat, le travail à la contemplation, et font de la femme, bonne ménagère éduquée, une aide et une alliée de l’homme. La sexualité s’en trouve peu à peu complètement réhabilitée, ouvrant la voie à une évolution plus générale des rapports hommes-femmes. « Ni Ève ni Marie » devient ainsi l’un des slogans de la pensée féministe chrétienne. La formule, utilisée comme titre d’un ouvrage paru à la fin des années 90, exprime le refus de porter « le poids de la faute et de la condamnation » d’Eve, archétype de la femme, ou encore d’être jugée à l’aune du « modèle de soumission » qu’a pu être Marie41".
Notes et références
Notes

↑ a et b

« Au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L'ange entra chez elle, et dit : « Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. » Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus… Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi« Le Saint Enfant » qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. »

— Lc 1,21-35

« Voici de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte, par la vertu du Saint-Esprit, avant qu’ils eussent habité ensemble. Joseph, son époux, qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer, se proposa de rompre secrètement avec elle. Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : "Voici, la vierge sera enceinte, elle enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel, ce qui signifie Dieu avec nous". »

— Mt 1,18-23
Le prophète dont il est question est Isaïe :

« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils,et elle lui donnera le nom d’Emmanuel. »

— Es 7,14
.
↑ :« Anne répondit : « Aussi vrai que vit le Seigneur Dieu, je ferai don de mon enfant, garçon ou fille, au Seigneur mon Dieu et il le servira tous les jours de sa vie. » » (Protév. Jc 4,1). « Alors le prêtre : « Joseph, Joseph, dit-il, tu es l'élu : c'est toi qui prendras en garde la vierge du Seigneur. ». Mais Joseph protesta : « J'ai des fils, je suis un vieillard et elle est une toute jeune fille. Ne vais-je pas devenir la risée des fils d'Israël ? » » (Protév. Jc 9,1-2).
↑ Les langues slaves précisent aussi en parlant de frère du premier degré, frère en français moderne, ou frère germain en français vieilli, différent du frère du deuxième degré (équivalent pour les Français à cousin germain)

Références bibliques

↑ Jn 19,25-26
↑ Lc 1,26
↑ Mc 6,3
↑ Ex 15,20 et Nb 26,59.

Références coraniques

↑ Le Coran, « La Défense », LXVI [archive], 12, (ar) التحريم [archive]
↑ Le Coran, « Marie », XIX [archive], 29, (ar) مريم [archive]
↑ Le Coran, « Marie », XIX [archive], (ar) مريم [archive]
↑ « Le Messie, Jésus, fils de Marie, est l'Apôtre de Dieu et son verbe qu'il jeta dans Marie : il est un esprit venant de Dieu.» Le Coran, « Les Femmes », IV [archive], 169, (ar) النساء [archive]
↑ « Les femmes » verset 171
↑ « la table servie » versets 116 et 117.

Autres références

↑ (en) Geoffrey W. Bromiley, The International Standard Bible Encyclopedia, Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, 1995, p. 267.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 15
↑ Matthieu 1,18–19.
↑ Matthieu 1,1–17.
↑ Luc 2,23–38.
↑ (en) Geoffrey W. Bromiley, The International Standard Bible Encyclopedia, Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, 1995, p. 269.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes : Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Genève, Labor et Fides, 26 février 2009, 177 p. (ISBN 978-2-8309-1340-Cool, p.9.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.38-39
↑ Protévangile de Jacques le Mineur, chapitre XX. Ce texte est accessible en ligne gratuitement.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 68.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 85.
↑ Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie. Histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, 1995, p. 588-590
↑ Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, 1985, p. 264.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête dur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p.105. Ces textes ont été étudiés aussi, notamment, par M. Van Esbroeck dans "Les textes littéraires sur l'Assomption avant le Xe siècle", in Les Actes apocryphes des apôtres. Christianisme et monde païen, Labor et Fides, 1981, p.265-285, et par Stephen Shoemaker dans Ancient Traditions of the Virgin Mary's Dormition and Assumption, Oxford UP, 2002.
↑ Jean Longère, La Vierge Marie dans l'enseignement de la théologie et la catéchèse mariale adulte : communications présentées à la 58e Session de la Société française d'études mariales, vol. 58, sanctuaire Notre-Dame-de-Lourdes, Mediaspaul Éditions, 2001, 266 p. (ISBN 9782712208417), p. 25.
↑ Francesco Rossi de Gasperis, Marie de Nazareth : icône d'Israël et de l'Église, vol. 64, Parole et Silence, 15 mars 2004, 139 p. (ISBN 9782845732285).
↑ a et b Catéchisme de l'Église catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME, 2013, 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne [archive]), N°971.
↑ Annick Sibué, Luther et la Réforme protestante, Paris, Eyrolles, 10 février 2011, 183 p., pages 118-119.
↑ (en) « Mary's perpetual virginity before, during and after Jesus' birth » [archive], sur catholicbridge.com, Catholic Bridge.com (consulté le 29 décembre 2014). anciennement Présent sur wesley.nnu.edu [archive] mais aujourd'hui cette page est inexistante.
↑ (en) « Comparing Christian Denominations - Beliefs (Part 1) » [archive], sur christianity.about.com, About Religion (consulté le 29 décembre 2014).
↑ (en) « What does The United Methodist Church teach about the Immaculate Conception and the Virgin Birth? » [archive], sur umc.org, United Methodist Church (consulté le 29 décembre 2014).
↑ Enrico Norelli, Marie des Apocryphes, Labor et Fides, 2009, p. 46
↑ Enrico Norelli, Marie des Apocryphes. Enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 51. Pour cette version des faits contemporaine de Jésus, Norelli renvoie aux ouvrages de J. Schaberg, The Illegitimacy of Jesus, 2006, et de M. Smith, Jesus the Magician, 1978.
↑ Enrico Norelli, Marie des Apocryphes, Labor et Fides, 2009, p. 52.
↑ Enrico Norelli, Marie des apocryphes. Enquête sur la mère de Dieu dans le christianisme antique, Labor et Fides, 2009, p. 97.
↑ a, b et c Simon-Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 10 novembre 2004, 261 p. (ISBN 978-2226154415), p. 109.
↑ Jésus et l'islam. Documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat diffusé sur Arte en 2015 ; 3e épisode.
↑ a et b Jésus et l'islam. Documentaire de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat diffusé sur Arte en 2015, 3e épisode.
↑ « Jésus » [archive], sur islammedia.free.fr (consulté le 23 mars 2016)
↑ « The Kitáb-i-Íqán » [archive], sur reference.bahai.org, Baha'i Reference Librairy (consulté le 29 décembre 2014). Source: US Bahá’í Publishing Trust, 1989 pocket-size edition Pages: 257.
↑ Catéchisme de l'Église catholique : Édition définitive avec guide de lecture, Italie, Bayard/Cerf/MAME, 2013, 845 p. (ISBN 9-782718-908533, lire en ligne [archive]), N°969.
↑ Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, 1995, p. 599
↑ Simon Claude Mimouni, Dormition et assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, Éditions Beauchesne, 1995, p. 615-616
↑ Cette relique, rapportée de Palestine vers 472 par deux patrices, est déposée dans une châsse et placée dans cette église sur ordre de l'empereur Léon I. Cf. Pierre Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient : histoire et géographie des origines à la conquête arabe, Cerf, 1985, p. 98.
↑ a et b Alain Houziaux, "Le culte de la vierge Marie, pourquoi ?", http://protestantsdanslaville.org/documents-archive/M34.htm [archive]
↑ Bible|Lc|1|38 ; http://www.gotquestions.org/Francais/apparitions-de-Marie.html%7Ctitre=Les [archive] apparitions de Marie, telles que Notre Dame de Fatima, sont-elles de véritables messages de la part de Dieu ?|série=|auteur=|lien auteur=|coauteurs=|jour= |mois=|année=|site=gotquestions.org|éditeur=Got Question ?|page=|citation=|en ligne le=|consulté le=19 décembre 2014|
↑ Jean Calvin, Traité des reliques, texte présenté par Irena Backus, Genève : Labor et fides ; Paris : diff. du Cerf, 2000, quatrième de couverture, http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=80001 [archive]
↑ Irena Backus, dans Jean Calvin, Traité des reliques, texte présenté par Irena Backus, Genève : Labor et fides ; Paris : diff. du Cerf, 2000, quatrième de couverture, http://www.laboretfides.com/?page_id=3&product_id=80001 [archive]. Calvin consacre un chapitre aux "Reliques de la sainte Vierge Marie" : "De ses cheveux, il y en a à Rome, à Sainte-Marie sur Minerve, à Saint-Salvador en Espagne, à Macon, à Cluny, à Noërs, à Saint-Flour, à Saint-Jaquerie, et en autres plusieurs lieux. Du lait, il n'est jà métier de nombrer les lieux où il y en a, et aussi ce ne serait jamais fait; car il n'y a si petite villette ni si méchant couvent, soit de moines, soit de nonnains, où l'on n'en montre"
↑ Alain Houziaux, "Le culte de la Vierge Marie, pourquoi ?", http://protestantsdanslaville.org/documents-archive/M34.htm [archive]
↑ Liliane Crété, Le protestantisme et les femmes : aux origines de l'émancipation, Labor et Fides, 1999, p.41.
↑ Sarah Scholl, "Marie dans le protestantisme, ou l’apprivoisement d’une figure féminine", La Vie Protestante, mai 2013, n°4, http://www.vpge.ch/marie-dans-le-protestantisme/ [archive]

Je ne respecte pas le fait que les femmes soient interdite de séjour dans le monastère de Athos...
Marie montre les péchers des enfants du christianisme et du monothéisme envers le prochain et le croyant...
La force de marie est d'être une prière, un réconfort devant l'adversité de la rudesse des hommes envers la chair...
En cela, grace à Marie, on peut comprendre pour celui qui se fait appellai "Fils de l'Homme"
appelle à un réssurection de l'esprit et de la chair: apprenons à porter un tout autre regard que celui qui est établis;
Apprendre dans l'adversité et le bonheur; cela implique le respect de naissance et des mystéres qui l'entourent...
Un jour, la sagesse du Temps fera entendre les rugissements des lions et tous ceux qui les entourent...
Le regard de l'Exode devant l'immensité du désert... Celui de devoir apprendre le souffle du vent et le murmure des étoiles.
Si si nous nous montrons humble, voilà ce que sera Notre avenir dans la Prophétie de la Vie Laïque...

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