Le clans des mouettes

ainsi est la force.
 
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 Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 8:33

La République de l'Olivier, Y'becca, Le chant et l'honneur
http://la-5ieme-republique.actifforum.com/t214-la-republique-de-l-olivier-y-becca-le-chant-et-l-honneur
In the Court of The Crimson King, Greg Lake -Epitaph
https://www.youtube.com/watch?v=mT5eVPOWhx4

Simon Yennek
1 h ·
La pensée du philosophe Herbert Marcuse permet d'analyser la société moderne, avec ses normes et ses contraintes sociales. Mais aussi d'imaginer une perspective émancipatrice en rupture avec la société marchande.
Le théoricien Herbert Marcuse semble désormais rentré dans l’oubli. C’est pourtant l’une des sources philosophiques les plus percutantes de Mai 68 et des mouvements contestataires. Claude Dupuydenus retrace le parcours du personnage dans Herbert Marcuse ou les vertus de l’obstination.
Claude Dupuydenus évoque le mouvement de Mai 68, surgit en marge des organisations politiques. Le mouvement du 22 mars embrasse la spontanéité de la révolte. Marcuse, mais aussi Georg Lukacs, sont mis à l’index par le puissant Parti communiste. Ces théoriciens qui analysent l’aliénation et la logique marchande sont alors taxés de gauchisme. Claude Dupuydenus décrit sa rencontre avec Herbert Marcuse en 1966 par l’intermédiaire de Boris Fraenkel. Il rejoint le philosophe dans son Université de San Diego aux États-Unis.

Simon Yennek
20 h ·
Le monde arabe, le nationalisme arabe, l’unité du monde arabe étaient le cœur de la politique de Nasser. Abd El-Nasser, en Egypte, qui est arrivé au pouvoir avec ce qu’on appelait les officiers libres, en 1952, et aussi le Baath qui, lui, est parti de Syrie et d’Irak, avec Michel Aflak. Les deux ont développé une sorte de concurrence, de convergence. Convergence vers la proclamation de l’unité de la Nation arabe, avec un N majuscule – Al Oumma Al Aarbiya (…) cette grande nation arabe qui va inclure tout le monde arabe depuis l’Euphrate, l’Irak, jusqu’au Maroc. Cela aussi, c’est une étendue totalement idéologique, c’est une construction abstraite de nouveau, qui ne correspond absolument à rien et qui va nier les réalités culturelles, va nier les mémoires collectives et les mémoires historiques, car l’histoire, le parcours historique du Maroc, par exemple, qui a un Etat qui subsiste dans sa continuité depuis 789, l’arrivée des Idrissides au pouvoir au Maroc jusqu’à maintenant. La monarchie marocaine est le plus vieil Etat du monde. Alors qu’à côté, l’Algérie n’a pas une telle continuité de l’Etat. Il y a eu des Etats éphémères sur le territoire algérien, qui ont duré peu de temps, il y a des dynasties qui se succèdent, etc., on ne peut pas désigner un Etat avec la continuité que nous avons au Maroc.
En Tunisie, il y a eu une continuité un peu plus forte (…) c’est très important à regarder de près pour comprendre les convulsions auxquelles nous assistons aujourd’hui, les désordres politiques auxquels nous assistons, et puis la formation, la formation d’Etats, je n’aime pas dire totalitaires parce que c’est peut-être trop fort pour quelques-uns, mais en tous cas, disons autoritaires et sans intérêt vraiment concret pour l’installation ou la marche vers un régime démocratique qui se respecte. Ça s’est général.
Ce manque, justement, de culture démocratique pour aller vers des démocraties. Hors on a employé le vocabulaire de la démocratie. On a introduit des institutions formelles, comme le parlement, comme la constitution, comme les votes, qui étalent l’arsenal habituel du régime, (…) mais le contenu n’y est absolument pas. (…)
Journaliste: Vous parliez aussi de mémoire collective, d’imaginaire…
Arkoun: Quand je parle de mémoire collective, je donne un exemple, ou des exemples. Les Kurdes. Les Kurdes sont un grand peuple, fragmenté, dispersé entre 7 souverainetés politiques différentes, et toutes jalouses de s’annexer et de dominer les fragments du peuple kurde, tel que nous le voyons aujourd’hui sur la carte. Ça c’est le résultat des grands traités européens pour décider des frontières politiques au 19e siècle, à la fin du 19e, et pratiquement jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale. Et il y a là donc une genèse politique et juridique de situations qui aujourd’hui sont des situations absolument tragiques. C’est ce que j’appelle des tragédies humaines politiquement programmées. Voilà l’exemple concret. Si nous regardons au Maghreb, nous avons une situation qui n’est pas aussi tragique celle des Kurdes, parce que le peuple maghrébin, le vaste peuple maghrébin, de Benghazi, la frontière égypto-libyenne jusqu’au Maroc, et de la Méditerranée jusqu’au Niger, c’est un immense espace. Cet espace est anthropologiquement nommé berbère. Le mot ne convient plus aujourd’hui parce que les intéressés le rejettent. C’est un mot qui a été donné à ce peuple au temps des Romains, parce que Barbaroi, ça veut dire des gens qui baragouinent une langue que les Romains évidemment ne comprenaient pas. Les Arabes ont repris le mot et l’ont gardé. Ibn Khaldoun, dans sa grande histoire, l’a intitulé Tarikh Al-Barbar, histoire des Berbères, Ibn Khaldoun, 14e siècle, il est mort en 1406. Donc il y a là quand même une réalité anthropologique, culturelle, historique, extrêmement importante. Et non, nous allons l’effacer, on n’en parle pas du tout, à l’école par exemple on n’en parlera pas, silence absolu. Alors qu’il y a des millions de citoyens algériens et marocains, moins en Tunisie, pour des raisons historiques, quelques-uns en Libye encore aujourd’hui, dans le Djebel Nefousa, on va l’effacer (…). Et ça donne la situation que nous vivons. C’est-à-dire des frustrations, des fragmentations, et la difficulté quand même de constituer une plateforme commune et solide, effectivement pour construire la nation. La nation française s’est construite comme ça. Nous constatons en France des réémergences de ce qu’on peut appeler des différences provinciales ou des différences qui se veulent presque même nationales, comme la Corse et la Bretagne, ça c’est un phénomène qu’on retrouve dans le monde entier.

Neela Parmar
10 h ·
They tried to get me to take this box home and nope I didn't I still can feel the pain from the last time I ate them. I can't believe I turned down Oreos and they were free that had to be a two week supply there for me. #igotthatwillpowerbitches

Gérard Allary a ajouté 3 photos.
12 h ·
L’Edelweiss ou étoile d’argent – fleur des hautes montagnes
L'edelweiss porte différents noms : pied-de-lion, gnaphale à pied de lion, étoile d'argent, étoile des glaciers, immortelle des neiges... Sans oublier le nom scientifique de l'edelweiss : Leontopodium Alpinum. Originaire de Sibérie, Leontopodium Alpinum « immigre » en Europe lors des périodes glaciaires du quaternaire. On la trouve dans les Alpes, mais aussi dans les Pyrénées, les Carpates et les Balkans.
Le nom Edelweiss vient de l’allemand « edel » signifiant noble et « weiss » signifiant blanc. Ce nom lui a été donné en 1784. Son nom scientifique « Leontopodium » signifie « pied de lion ». Cette plante mythique pousse à une altitude de 2 000 à 3 000 mètres. Elle est également cultivée.
En raison de sa beauté et des nombreuses légendes dont elle fait l'objet la cueillette sauvage de l'Edelweiss est devenue très importante, ce qui la met en danger. Aujourd'hui l'Edelweiss est partiellement protégée. Dans les Hautes-Alpes, la cueillette est totalement interdite dans six communes depuis 1993 et tolérée avec limitation sur le reste du territoire.
Depuis quelques années, l'Edelweiss fait l'objet de culture en Suisse pour ses vertus cosmétiques. Cette plante contient en effet un antioxydant.
Vous pouvez en trouver en jardinerie. Attention toutefois, plantée dans votre jardin votre Edelweis ne se conservera pas plus de 2 ou 3 ans, elle disparaitra inéluctablement , il lui faut absolument le climat qu'elle subit à 200 ou 3000 mètres d'altitude.
(Extrait "pouvoir des fleurs")

Hrvojka Vlahovic Palanovic
Hier, à 00:52 ·
Sretna nova svimaaaa!!! Kisss

Imane Altares
13 h ·
Mon tendre compagnon
Dans les obscurités de l'aube comme dans celles de la nuit.. ☕☕☕☕

Ian Blackwood
14 h ·
I wanted to add, that I as a Satanist and a human find the use of animals for ritual sacrifice repugnant. I blocked a person who was extolling the practice. I shall not make a metaphysical debate or 'holier than thou' tirade out of it.
It is a touchy subject. I understand the arguement within some metaphysical paths for the practice, I just do not agree with it.
My own logic is, if you believe or infer there is power in blood - use your own, or that of a willing donor or participant, but not an unwilling one. It is presumptuous to deprive something of its will to live when there are just as effective substitutes and and more potent derivatives at hand. That is all I suppose.

Lisa Mcdonald
7 h ·
A great way to start off the New Year Sad ... I'm at the emergency room in Beaumont in Trenton.
It was not a good day. Thought I'd step out of my comfort zone and go horseback riding, something I haven't done since I was a teenager. It turned out to be a big mistake!
I got on the horse and started out slow, but then we went a little faster before I knew it, we were going as fast as the horse could go. I couldn't take the pace and fell off, but caught my foot in the stirrup with the horse dragging me. It wouldn't stop.
Thank goodness the manager at Meijer's came out and unplugged the machine.
Une super façon de commencer la nouvelle année Sad... Je suis à la salle d'urgence à Beaumont à Trenton.
Ce n'était pas une bonne journée. J'ai pensé sortir de ma zone de confort et aller à cheval, quelque chose que je n'ai pas fait depuis que j'étais adolescent. C'est devenu une grosse erreur !
J'ai pris le cheval et j'ai commencé doucement, mais on a fait un peu plus vite avant que je le sache, on allait aussi vite que le cheval pouvait y aller. Je ne pouvais pas prendre le rythme et je suis tombé, mais j'ai pris mon pied dans l'étrier avec le cheval qui m'a traîné. Ça ne s'arrête pas.
Dieu merci, le gérant de meijer est sorti et débranché la machine.


Dernière édition par yanis la chouette le Lun 2 Jan à 10:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 8:40

Imane Altares a partagé un lien.
5 h
Si le bonheur des uns fait le malheur des autres, alors il est contradictoire de souhaiter une bonne année à tous !
2016, par exemple, a été (incontestablement) une bonne année pour Vladimir Poutine.
Mais, du coup, ça a été une très mauvaise année pour la Crimée, pour la liberté de la presse, pour les droits de l'homme, pour la démocratie en général et pour Alep en particulier...
2016 n'a pas été une bonne année pour Fidel Castro...
Mais du coup, l'année a été nettement meilleure pour les prisonniers politiques, ou pour les millions d'exilés cubains.
Imaginons maintenant que 2017 soit une bonne année pour Emmanuel Macron, alors (incontestablement) elle sera très mauvaise pour François Fillon, et encore pire pour Manuel Valls ou Marine Le Pen...
Bref, le bonheur est ainsi fait que (comme l'argent), c'est souvent aux dépens des autres qu'on en jouit... à cet égard, non seulement il est mensonger de souhaiter une "bonne année à tous" (parce que personne, pas même le Pape ou François Hollande) ne souhaite du bien à tout le monde... mais surtout, c'est un oxymore !

Raphael Enthoven...

Yanis Tignard Il y a le mythe des réalités et la tradition du souvenir... Alors beaucoup de bruit pour rien si l'exigence de la réalité le désire mais il y a le principe de fête et de jour férié auquel je ne me lasse pas... Chacun est libre de la gestion de sa vie du moment qu'il reste dans son cercle de vie... En tout cas, je sais que je vais mourir et pourtant je pense qu'il y a des choses plus importantes comme le nouvel an.
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Patounette Nogun
Patounette Nogun Que peut-on y faire si le bonheur des uns fait le malheur des autres ?
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Yanis Tignard En termes d'éloge et d'élections, il ne faut pas confondre déception et malheur... Hélas, leur réaction face à la déception ou l'euphorie provoque le malheur et les castes.
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Kader Benamer cela a une fonction phatique
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Kader Benamer et au delà de fonction phatique jackobsienne cela repose sur le principe du don / contre don défini tantôt par Mauss
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Alix Cristol Gonflez Macron, il vous petera en pleine poire, comme le Remain et Clinton.
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Yanis Tignard Fonction phatique... L'orthographe de l'orateur, peu de ci énoncé peuvent présenter un tel bilan de leurs écrits soumise à the gost writer. Les formalités de formules de politesse réjouissent le quotidien du politicien exepté César Jules mais qu'en est il du haut peuple; ceux qui élise le président tel que le moi. Alors la fonction phatique s'estompe devant la discorde du ventre devant la charité, le séparatisme entre l'esprit et la charité et j'en oublie. Voilà la réalité d'un véritable identité de celui qui veut changer les choses. Et je pense que Monsieur Enthoven Raphaël dira que le 8 Novembre 1975, a repris ces recherches et réalité devant le mal être de la société. Amitié, Monsieur Tignard Yanis.
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Dany Perez le problème est traditionnel ! on ne se pose pas la question dans ces termes !
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Yanis Tignard Le traditionnel ne doit pas être un fantasme. Il est un problème lorsque ses adeptes veulent imposer un fanatisme. Cela est valable pour moi et tous. Je possède un libre arbitre et je dois soulever les consciences. Je suis et je sais qu'on me diras que... Je ne sais pas tenir ma fourchette comme Catherine de Médicis le disait... D'ailleurs combien d'entre vous savez que La Médicis choisissez ses amants en fonction de la manière qu'il portait leur fourchette à la bouche. Aucun... Car je viens de l'inventer... Tristesse et Rigueur du choix des femmes sur leurs amants... Voilà un sujet traditionnel et qui passionne les cours d'histoire tout comme les conte d'Andersen... N'est ce pas, Monsieur Enthoven Raphaël.

Yanis Tignard Le traditionnel ne doit pas être un fantasme. Il est un problème lorsque ses adeptes veulent imposer un fanatisme. Cela est valable pour moi et tous. Je possède un libre arbitre et je dois soulever les consciences. Je suis et je sais qu'on me diras que... Je ne sais pas tenir ma fourchette comme Catherine de Médicis le disait... D'ailleurs combien d'entre vous savez que La Médicis choisissez ses amants en fonction de la manière qu'il portait leur fourchette à la bouche. Aucun... Car je viens de l'inventer... Tristesse et Rigueur du choix des femmes sur leurs amants... Voilà un sujet traditionnel et qui passionne les cours d'histoire tout comme les conte d'Andersen... N'est ce pas, Monsieur Enthoven Raphaël.
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Manewella Noelle J'éspère que le choix des femmes se portera avec sagesse sur liens du sang...
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Lydie Korsakov on appelle cela la balance universelle
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Yanis Tignard Les scorpions qui piquent l'aiguille de la balance universelle ou le vol du bourdon.
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Manewella Noelle Moyenne année Rime avec l'Éternité,
Comme ci qu'une personne devait rester sur le même élan de ses investissements à 18 ans qu'à 40 ans , sans avoir rien réalisé ...Qu'est ce qu'on aurait pas fait nous même et notre ascendance pour en jouir...
J’aime · Répondre · 1 · 58 min · Modifié


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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 8:42

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)

La branche d'amandier

De l'amandier tige fleurie,
Symbole, hélas! de la beauté,
Comme toi, la fleur de la vie
Fleurit et tombe avant l'été.

Qu'on la néglige ou qu'on la cueille,
De nos fronts, des mains de l'Amour,
Elle s'échappe feuille à feuille,
Comme nos plaisirs jour à jour!

Savourons ces courtes délices;
Disputons-les même au zéphyr,
Epuisons les riants calices
De ces parfums qui vont mourir.

Souvent la beauté fugitive
Ressemble à la fleur du matin,
Qui, du front glacé du convive,
Tombe avant l'heure du festin.

Un jour tombe, un autre se lève;
Le printemps va s'évanouir;
Chaque fleur que le vent enlève
Nous dit : Hâtez-vous de jouir.

Et, puisqu'il faut qu'elles périssent,
Qu'elles périssent sans retour!
Que ces roses ne se flétrissent
Que sous les lèvres de l'amour!

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
---------------------------------------------------

Le lac
Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 8:57

La république (avec un « r » minuscule) désigne, avec le sens de régime politique démocratique, les États dont le chef est désigné de façon non héréditaire. Dans ce sens, république désigne le régime politique antinomique de royaume, empires ou principauté, ce qui n'implique pas qu'elle soit démocratique, toute dictature étant une république. La république est aujourd'hui la forme de régime politique la plus répandue : sur 193 pays, 136 sont des républiques, 34 des royaumes ou sultanats, trois des principautés et neuf des unions ou fédérations qui peuvent mélanger plusieurs formes d’États.

La République (avec un « R » majuscule)1 est l'ensemble des biens, des droits, des prérogatives de la puissance publique et des services propres à un État dont la forme de régime politique est la république. Elle est accessible également à tous ses citoyens et est la propriété collective de tous. Elle s'oppose à la propriété privée, de sorte que tout ce qui n'est pas privé est public, et réciproquement. La chose publique comprend tout ce qui est public dans un pays donné : le domaine public (routes, fleuves, canaux, forêts domaniales, nappes phréatiques, ports, domaine maritime, espace aérien, bâtiments publics, patrimoine des établissements publics, des départements et des communes…), les services publics, la fonction publique, les juridictions publiques, les registres (greffes, hypothèques, marques, sociétés, association…) et les dépôts publics (archives, musées, haras, conservatoires, bibliothèques, réserves d'or…), la langue nationale, la monnaie, les marques, sceaux, mesures et poids publics, les lois et règlements d'administration publique, les servitudes d'intérêt public, le gouvernement, le parlement, les académies, la force publique (gendarmerie, police, armée), l'Assistance publique, etc. La République est propre à un État national donné, elle est aussi ancienne que lui, elle est indépendante du régime politique de gouvernement.

Étymologie et évolution du sens[modifier | modifier le code]
Le mot « république » provient du latin res publica qui signifie au sens propre « chose publique » et désigne l’intérêt général puis le gouvernement, la politique et enfin l’État. La république (Politeia) de Platon, Le politique (Politikie) d'Aristote et De la république (De Republica) de Cicéron traitent tous des formes de gouvernement. Res, en langage juridique latin, désigne la cause plaidée (Dictionnaire étymologique latin). Historiquement il s'agit de la cause de la plèbe, plaidée par le tribun - représentant des « tribus » - devant le Sénat romain composé des patriarches des familles connues de Rome.
En 1576 Jean Bodin la définit dans Les six livres de la République comme le « droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine ». Cet ouvrage décrit les principes symboliques et l'organisation juridique de la monarchie française où le terme de république est, bien que complexe dans son emploi, synonyme de la souveraineté d'un prince dans l'ordre de la loi naturelle 2. Dans Du contrat social, Jean-Jacques Rousseau la définit comme « tout État régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être ; car alors seulement l'intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain. » Le terme est clairement synonyme de « gouvernement », de « bonne gouvernance ». Plusieurs courtisans du xviiie siècle écrivent des poèmes où ils louent la bonne gestion par Louis XIV de la république.
République prend alors le sens de communauté d'esprit ou d'idée, dans le sens d'une recherche du bien commun dans un domaine donné 3. On trouve chez Blaise Pascal le concept de « République chrétienne » (Pensées, liv. XXIV, 15) que reprennent Voltaire 4 ou Rousseau dans leurs écrits5. On voit encore apparaître celui de « République des Lettres » comme chez Montesquieu (Lettres persanes, CXLII 6).
Au moment de la Révolution française, en référence à la République romaine qui s’est établie à la suite de la monarchie, le régime politique qui fait suite à l’Ancien Régime est baptisé « république » en référence à l'idéal de gouvernement romain. Le 21 septembre 1792, en conséquence de la proclamation de l'abolition de la royauté, la Première République française est déclarée. Cependant, à cette époque, l'opposition entre république et monarchie n'est pas encore officiellement établie puisque, en 1804, Napoléon Bonaparte se considère comme Empereur de la République française7.
Par la suite, en français, le mot s'est confondu avec le mot démocratie par opposition au despotisme et à la monarchie 8.Une évolution de sens notable s'est opérée dans l'histoire récente, puisque jusqu'au xviiie siècle la tradition opposait, d'après les Politiques9 d'Aristote, le régime issu de l'élection qui repose sur le choix de quelques-uns des citoyens selon leur mérite, leurs compétences ou leur richesse (l'Oligarchie et l'aristocratie, qui devinrent par la suite la République), et un régime issu au moins partiellement du tirage au sort10 qu'il appelle démocratie. Le sens et l'intérêt du régime démocratique s'expliquait alors pour Aristote par l'idée de liberté politique, selon laquelle un citoyen est libre dès lors qu'il a alternativement le pouvoir de gouverner et d'être gouverné11. Cette assimilation récente s’explique par l’histoire politique moderne des révolutions américaines et françaises, lors desquelles le problème de l'adoption de la démocratie a été débattu parmi les constituants qui la refusaient (notamment l'abbé Siéyès), lui préférant l'idée d'un gouvernement représentatif, autrement dit républicain12,13.
Le régime de Vichy est fondé en opposition avec la République qui avait, aux yeux des partisans du Maréchal Pétain, provoqué la décadence du pays. Le nom officiel du régime politique est alors « État français ». Du fait de l'assimilation, profondément ancrée dans l'esprit des gens entre « république » et « démocratie »14, les deux mots sont souvent confondus. De ce fait encore, les francophones ont le sentiment de faire un oxymore lorsqu’ils parlent de république populaire et que le premier terme recouvre un régime totalitaire.
Une république islamique, indépendamment du degré de démocratie du régime en place[pas clair], est la forme de gouvernement prise par un État qui n'a pas de monarque et où la gouvernance s'aligne sur le dogme de l'islam, comme c'est le cas en Iran, en Afghanistan ou au Pakistan. Une république islamique est donc une république qui fait référence à l'islam dans sa constitution.

Histoire[modifier | modifier le code]
Antiquité[modifier | modifier le code]
À Rome, la République romaine (instaurée en -509) fait suite à la monarchie des rois Étrusques. C’est une oligarchie patricienne. La conduite de la République est aux mains des consuls qui sont au nombre de deux et élus pour un an. Le principal organe constitutionnel est le Sénat qui réunit les représentants des familles patriciennes.
Dans la démocratie athénienne, c'est le tirage au sort qui désigne les représentants du peuple et non le vote comme pour ceux du peuple romain. Dans les deux cas, esclaves, femmes et non-citoyens sont exclus de tout rôle politique (cependant les femmes sont nécessaire pour transmettre la citoyenneté).
Quasi-républiques médiévales[modifier | modifier le code]
Nombre important de cas de souveraineté partielles et statut d'autonomie sont d'étude intéressant[pas clair].
Cités-États : Au Moyen Âge, certaines cités échappent au pouvoir féodal et conservent leur autonomie politique. Dans le Saint-Empire romain germanique on parle de ville libre d'Empire, dans le Royaume de France de ville franche. Rétrospectivement les historiens baptiseront de « république » cette forme nouvelle de gouvernement oligarchique et bourgeois qui émerge alors.
Républiques de Gênes et de Venise : la plus célèbre, la plus riche, la plus puissante de ces villes indépendantes est alors la République de Venise, terme moderne pour désigner ce que les Vénitiens d’alors appelaient « duché » (ducato) avec, à sa tête, le doge (proprement : « le duc »). Plusieurs cités italiennes, dont Gênes, connaissent des régimes politiques que les modernes nomment républiques mais qui sont des aristocraties (comme Athènes).
République de Hollande :
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !
Quasi-républiques territoriales: sur le massif alpin, un certain nombre de territoires ont des fonctionnements politiques originaux plus que centenaires parfois même des quasi-fédérations républicaines ; des fonctionnements politiques inhabituels. Dans la pratique les droits seigneuriaux sont rachetés par les communautés. Des conventions de rentes-impôts fixes versées volontairement sans contrôle fiscal étatique et des contre-parties complexes de collaboration-défense sont signées. En fonction des poussées d'expansion territoriale, les communautés font reconnaitre et confirmer leurs particularismes politiques. Leurs statuts ressemblent aux « francs-bourgeois » car il n'y a pas de service féodal. Les tutelles sont parfois remplacées, marchandées secrètement à l'initiative des communautés. Elles sont nommées alors « déditions ».
exemple : En 1383, les habitants de Saint-Paul-sur-Ubaye demandent au comte de Savoie Amédée VII d'annexer leur commune. Il le fit et prolonge les privilèges anciens. Cinq années plus tard en 1388, le reste de la vallée fait cette même démarche.
exemple : fédération des République des Escartons.
La République comme utopie politique[modifier | modifier le code]
La définition pseudo-humaniste d’un État libre, d’un État sans roi, se trouve chez Bartolus de Saxoferrato (De regimine civitatis, vers 1350), Coluccio Salutati (De tyranno, Florence, 1400) et Leonardo Bruni (Laudatio fiorentinae urbis, 1403-04). Ils utilisent alors le terme latin de civitas (« citoyenneté, ensemble des citoyens ») qui donne « cité » en français.
Fondée à la Renaissance, la République des Deux Nations remplace la monarchie polonaise par le gouvernement de l’aristocratie polono-lituanienne dans la droite ligne des oligarchies antiques.
En 1581, quand les Pays-Bas s’affranchissent de la tutelle espagnole et fondent la première république européenne digne de ce nom ils adoptent le nom de Provinces-Unies. Quand les Anglais secouent le joug de la royauté en 1649, ils fondent le Commonwealth, mot anglais qui est le calque du latin res publica[réf. souhaitée].
La République du Bouregreg ou république de Salé est fondée en 1627, elle est de ce fait l'une des premières républiques à avoir été fondée dans le monde.
Article détaillé : République du Bouregreg.
La République comme régime opposé à la royauté[modifier | modifier le code]
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Calvin et la République de Genève[modifier | modifier le code]
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République de Cromwell[modifier | modifier le code]
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Première république française[modifier | modifier le code]
Dans les années qui suivent la proclamation de la République française, le modèle politique est largement exporté : la République batave naît en 1795, c’est la première et la plus durable république sœur de la France. La République ne s'oppose pas nécessairement à l'Empire. En effet toujours dans l'exemple de la République Française, en 1804 le gouvernement français remet à l'Empereur la conduite de la République ; celle-ci ne disparaît donc pas avec le nouveau régime.

Articles connexes[modifier | modifier le code]
Sur les autres projets Wikimedia :
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Républicanisme
Rzeczpospolita
République des Lettres
République bananière
République démocratique, République populaire, République socialiste, République socialiste soviétique
République islamique
Allégorie de la République
Républiques de Russie
République constitutionnelle
Bibliographie[modifier | modifier le code]
Régis Debray, La République expliquée à ma fille, Le Seuil, 1998 (ISBN 2020347148)
Jean-Michel Ducomte, La République, Les Essentiels Milan, 2002 ;
Serge Berstein et Odile Rudelle (dir.), « Le modèle républicain », PUF, 1992 ;
Blandine Kriegel, Philosophie de la République, Plon, 1999 ;
Claude Nicolet, L'idée républicaine en France, Gallimard, 1982 ;
Hugues Jallon et Pierre Mounier, Les enragés de la République, La Découverte, 1999 ;
Frédéric Monera, L'idée de République et la jurisprudence du Conseil constitutionnel - Paris : L.G.D.J., 2004.
William R. Everdell, La fin des rois : Histoire des républiques et des républicains - Paris : Éd. Publisud, 1987.
Platon, La République
Aristote, Les politiques
Philippe Genestier et Jean-Louis Laville, « Au-delà du mythe républicain. Intégration et socialisation », in Le débat, novembre-décembre 1994, nr 82, p. 154-172.
Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ Cf. république sur larousse.fr [archive]
↑ Simone Goyard-Fabre, Les embarras philosophiques du droit naturel, Paris : Vrin, 2002, (ISBN 9782711615889), p. 61-62. - Gabriel-André Pérouse [et alii], L'œuvre de Jean Bodin: actes du colloque tenu à Lyon à l'occasion du quatrième centenaire de sa mort, 11-13 janvier 1996, Paris : Honoré Champion, 2004,p. 39.
↑ Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, éd. 1873 "république", sens 1 à 5.
↑ Voltaire, Histoire de la Guerre de 1741, éd. Garnier Frères, 1971, p. lx.
↑ Jean-Jacques Rousseau, Texte de J.J. Rousseau : Principes du droit de la guerre ; Écrits sur la paix perpétuelle, Paris : Vrin, 2008, p. 318.
↑ Cf. Wikisource, Lettres persanes, Lettre CXLII. Rica à Usbek [archive].
↑ Frédéric Rouvillois, Républicain, comme ils disent… [archive], causeur.fr, 10 février 2015.
↑ Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, éd. 1873 "république", Syn. dans le sens où « démocratie est l'opposé de l'aristocratie ou république aristocratique. »
↑ Aristote, Les Politiques, Paris, GF Flammarion, 1993, 575 p. (ISBN 9782080704900), p. III, 7-10
↑ Aristote, Les Politiques, Paris, GF - Flammarion, 1993, 575 p. (ISBN 9782080704900), p. IV, 14-15
↑ Aristote, Les Politiques, Paris, GF - Flammarion, 1993, 575 p. (ISBN 9782080704900), p. III, 9 ; VI, 2
↑ Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Paris, Champs - Flammarion, 2012, 319 p. (ISBN 2081286181), p. 108
↑ David van Reybrouck, Contre les élections, Paris, Actes sud, 2014, 219 p. (ISBN 978-2-330-02820-6, notice BnF no FRBNF43769027), ch. III, pp. 73-122
http://sophi.over-blog.net/article-36984148.html [archive]
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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 9:42

Taira no Tadatsune (平忠常)

La République du Bouregreg ou République de Salé, fut une république maritime, qui a existé à l'embouchure du fleuve Bouregreg durant la période allant de 1627 à 1668. Elle était formée des trois cités3 : Salé, Rabat et la Kasbah (aujourd'hui quartier de Rabat), où siégeait le diwan. Le développement de ces deux dernières cités, situées sur la rive gauche de l'embouchure du Bouregreg, est à l'origine de l'actuelle ville de Rabat, appelée alors « Salé-le-Neuf ».
On appelle également parfois ce petit État « République des pirates du Bou Regreg », car il s'agissait effectivement d'une association de pirates4, ou tout au moins de corsaires. Née de l'arrivée des musulmans (habitants d'Hornachos tout d'abord, puis Morisques andalous) expulsés par décision du roi d'Espagne, cette communauté de pirates, à l'abri des attaques derrière les hauts-fonds protégeant l'entrée de l'embouchure du Bouregreg, prospéra en attaquant des navires et en effectuant des raids jusqu'en Cornouailles, et même en Islande. Elle laisse au Royaume-Uni le souvenir des Sallee Rovers (« les écumeurs des mers de Salé »), comme en témoignent les aventures de Robinson Crusoé, captif des corsaires de Salé.

Géographie et toponymie[modifier | modifier le code]
Le territoire de la république du Bouregreg incluait non seulement l'actuelle Salé (« Salé-le Vieux »), sur la rive droite du Bouregreg, mais aussi l'actuelle Rabat (« Salé-le-Neuf ») et la Kasbah, sur la rive gauche.
À l'époque, le terme « Salé » sert à nommer cet ensemble de trois cités, reconnu par les nations européennes. Dans la médina de l'actuelle Rabat se trouve encore aujourd'hui une « rue des Consuls » où se trouvaient les représentations diplomatiques occidentales5.
Histoire[modifier | modifier le code]
À la fin du Moyen Âge, ces trois cités font partie des territoires de la dynastie mérinide ; Salé-le-Vieux a depuis le xiiie siècle une activité maritime importante, incluant de façon marginale la piraterie.
Origines de la République du Bouregreg[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Expulsion des Morisques d'Espagne, Ibrahim Vargas et Jan Janszoon.

Carte de la République de Salé, montrant l'emplacement des trois cités : Salé-le-Vieux, la Kasbah, et Rabat.
Un changement important résulte de la fin de la Reconquista en Espagne, et surtout de la politique hostile aux Morisques, qui se concrétise en 1609-1610 par les décrets d'expulsion des Musulmans hors d'Espagne.
Avant même ces décrets, une communauté de Hornacheros (originaires de la ville de Hornachos, en Estrémadure) s'installe dès les premières années du xviie siècle dans la région de Salé, précisément dans la Kasbah alors en ruines. Ces musulmans, restés largement arabophones anticipent les mesures d'expulsion et parviennent à quitter l'Espagne en emportant leurs biens6 ; leur richesse et leur précoce implantation à Salé leur permettent de jouer un rôle dominant dans la politique locale au moins jusqu'en 1630.
En 1610, suite aux décrets entérinant la décision par le roi Philippe III de chasser tous les musulmans d'EspagneN 1, une vague de plusieurs milliers de Morisques andalous arrive dans la région. Ils sont particulièrement nombreux à s'implanter à Salé-le-Neuf, au pied de la Kasbah. Ceux-ci parlent généralement l'espagnol7, contrairement aux Hornacheros.
L'activité de piraterie prospère alors sur la rive gauche du Bouregreg, sous l'autorité de son premier gouverneur, Ibrahim Vargas8. À partir de 1624, c'est le Hollandais Jan Janszoon (Murad Reis) qui en est le « Grand Amiral », et donc le chef exécutif.
Création et organisation de la république[modifier | modifier le code]

Vue de l'embouchure du Bouregreg depuis la Kasbah des Oudaïas. Au loin, on aperçoit les murailles de Salé.
Après le départ de Jan Janszoon en 1627N 2, les Morisques cessèrent de reconnaître l'autorité du sultan Moulay Zidane, auquel ils reprochaient de prélever la dîme sur leurs revenus9. Les Hornacheros prirent le pouvoir et constituèrent la république corsaire du Bouregreg, dirigée par un diwan, lui-même présidé par un « Grand-Amiral ». Ce diwan, ou divan, sorte de cabinet gouvernemental formé de 12 à 14 notables, était contrôlé dans les toutes premières années de la république (entre 1627 et 1630) par les seuls Hornacheros10, dont la mainmise était mal supportée par la population croissante de Morisques andalous.
Aussi, après quelques affrontements sanglants, un accord fut-il trouvé en 1630, prévoyant l'élection d'un caïd par les Andalous de « Salé-le-Neuf » - l'actuelle ville de Rabat, située sur la rive gauche du Bouregreg11 - et l'élection de 16 notables pour constituer le divan, nommés en nombre égal par la Kasbah et par Salé-le-Neuf. Enfin, les revenus des prises maritimes et des droits de douane devaient être également répartis entre la Kasbah et Salé-le-Neuf12.
L'organisation de la république faisait appel à des talents multiples : Marocains de Salé-le-Vieux, mais surtout Maures espagnols exilés, s'y mêlaient avec des Hollandais, des Allemands et des Anglais, et parlaient une étrange lingua franca à base d'espagnol mâtiné d'arabe, de français, de portugais et d'italien13.
À partir des années 1660, les sultans alaouites Moulay Rachid puis Moulay Ismaïl finirent cependant par venir à bout de cette petite république14 empêtrée dans des luttes internes.
Querelles intestines et décadence[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Zaouia de Dila et Moulay Rachid.

La kasbah des Oudaïas, citadelle et centre du pouvoir des Hornacheros.
Si efficace qu'elle ait pu se montrer sur mer, la république du Bouregreg fut fragilisée tout au long de sa courte histoire par les querelles intestines entre ses différentes communautés : toute sa vie politique est en effet formée de longs affrontements opposant les habitants des trois cités : les Hornacheros de la Kasbah et les Andalous de la ville basse de Salé-le-Neuf, mais aussi les musulmans plus traditionalistes de Salé-le-Vieux, sur fond de tentatives de contrôle par les autorités chérifiennes ou d'interventions étrangères. C'est sans doute dans ces rivalités sanglantes que l'on peut voir les germes de la fin de la république15.
Ainsi, la guerre civile à peine larvée de 1630, née de la révolte des Andalous pauvres de la basse ville de Salé-le-Neuf face aux riches Hornacheros de la Kasbah qui se sont attribué non seulement tout le pouvoir politique mais aussi tous les revenus de la Douane, ne fut conclue par un accord que sous la pression de l'ambassadeur d'Angleterre Harrison3.
Puis, en 1636, les Andalous, de nouveau révoltés contre la domination qu'exerçaient toujours dans les faits les habitants de la Kasbah, prirent celle-ci d'assaut et en chassèrent les Hornacheros, dont certains partirent s'exiler à Alger ou encore à Tunis15.
Les Andalous, décidant alors de compléter leur victoire en parachevant l'unification des trois cités sous leur autorité, attaquèrent Salé-le-Vieux et son chef, le marabout El-Ayachi. Cependant, une flotte anglaise arrivée le 3 avril 1637 se porta au secours de Salé-le-Vieux en canonnant la Kasbah, parachevant de ce fait l'état de guerre civile qu'accompagnait sa cohorte de misère, voire de famine. Le sultan profita de la situation pour essayer en 1638 d'asseoir son autorité en installant des soldats dans la Kasbah, mais la ville fut rapidement reconquise grâce à une alliance des Andalous et des Hornacheros demeurés au Bouregreg15.
Plus tard encore, à partir de 1641, ce sont les Dilaïtes qui prirent un réel ascendant tant sur les Hornacheros que sur les Andalous, après avoir fait assassiner El-Ayachi16,17. Pendant toute cette période, les nations européennes intervinrent dans les querelles opposant les différentes factions des cités du Bouregreg, les Hollandais, les Espagnols et les Anglais se montrant plus particulièrement actifs18.
La fin de l'aventure de la république du Bouregreg arriva, après un long siège entre 1660 et 166419, par la chute en 1664 de la Kasbah aux mains du raïs el-Khadir Ghaïlan20, en lutte avec les Dilaïtes, puis avec la montée de la puissance de la dynastie alaouite dans les années 1660, avant que le souverain alaouïte devienne celui de tout le Maroc en 1666. La victoire du sultan Moulay Rachid fut complétée en 1668 par la prise de la Zaouia de Dila20, date à laquelle le Bouregreg perdit toute autonomie politique.
Cette situation ne mit cependant pas fin à l'activité des corsaires de Salé, comme le montre l'aventure de Germain Moüette, survenue en 1670, et la piraterie - bien qu'en décadence, tout comme l'activité commerciale de la ville - subsista à Salé longtemps après que la république cesse d'exister21. La tentative pour relancer officiellement la course au xviiie siècle ne fit qu'accélérer la décadence de la « cité des Deux-Rives » et de son activité corsaire, supplantée qu'elle fut de toutes façons à partir de 1760 par la fondation de Mogador, mieux armée pour la course moderne22. Enfin, en 1818, Moulay Sliman renonça officiellement à la guerre sainte, mettant définitivement fin à toute activité corsaire sur les rives du Bouregreg22.
Le métier de « corsaire »[modifier | modifier le code]
Article connexe : Corso (piraterie).

Les pavillons salétins, selon la liste de Carington Bowles23.
La course pratiquée à Salé ne répondait pas rigoureusement aux critères retenus en Europe pour définir l'activité de corsaire, c'est-à-dire une activité officiellement autorisée à des particuliers par une lettre de marque du gouvernement leur conférant le droit de « courir sus aux ennemis de l'État »24 (et à personne d'autre) ; elle était donc considérée en Europe comme de la piraterie. Elle présente cependant quelques caractéristiques qui expliquent l'application du terme de « corsaire » aux pirates salétins : reversement du dixième des profits au roi du Maroc tout d'abord (avant 1627), puis au diwan ensuite, ou encore état de « guerre sainte » larvée contre les États chrétiens, jusqu'en 1818.
Navires[modifier | modifier le code]

Le chébec, proche de la polacre et de la pinque, était l'un des bâtiments préférés des corsaires musulmans, du fait de sa vitesse. De plus, les rames permettaient une approche discrète, même en l'absence de vent.
Selon le Père Dan, dans son Histoire de Barbarie et de ses corsaires (1646), la piraterie à Salé commença avec l'arrivée des Morisques, dont les richesses apportées d'Espagne leur permirent d'acheter quelques navires, qu'ils armèrent en course. Ils écumèrent alors les mers, arborant tout d'abord le pavillon espagnol, en reversant 10 % du produit de leurs prises (tant en richesses qu'en captifs) au roi du Maroc, avant de se rebeller avec succès contre son autorité25.
Protégée par les hauts-fonds marquant l'entrée de son port, dans l'embouchure du Bouregreg, la flotte des pirates de Salé n'était de ce fait composée que de navires à faible tirant d'eau26, petits, mais rapides, tels que polacres, pinques et carraques27. Ils étaient au nombre de dix-huit avant 1627, à l'époque où les pirates de Salé étaient dirigés par Jan Janszoon, avant que la flotte salétine ne prenne toute son ampleur. La plupart des navires jaugeaient entre 200 et 300 tonneaux28, et étaient équipés de voiles, mais aussi de rames29.
L'un des navires les plus efficaces, utilisé tant à Alger qu'au Maroc, était le chébec ; ses dimensions pouvaient atteindre 39 mètres de long, 7,5 mètres de large, avec un tirant d’eau de 2,7 mètres. L'armement pouvait comprendre huit canons de 6 livres sur les bordées, quatre canons de 12 livres sur la poupe, et huit couleuvrines de 3 livres sur le pavois30.
Cependant, la petite taille des navires de Salé avait une contrepartie, leur interdisant la haute mer lorsque les rudes conditions météorologiques de l'Atlantique étaient défavorables. En réalité donc, on ne pratiquait la course à Salé que d'avril à octobre, au cours d'une campagne annuelle qui ne durait guère que six ou sept mois. En dehors de cette saison, outre l'état de la haute mer, la redoutable barre du Bouregreg interdisait l'accès du port plus de la moitié du temps, et les navires restaient alors au mouillage31.
Équipages[modifier | modifier le code]

La vie des galériens de la chiourme était particulièrement dure, à Salé comme en Europe.
Les navires salétins étaient montés par un équipage de l'ordre de 200 personnes, entassées à bord de ces petits bâtiments32. L'équipage-type de ces navires se composait de trois catégories de personnes :
les officiers et spécialistes (pilote, canonniers, chirurgien, calfat...), très généralement des renégats venus de divers pays d'Europe. De fait, selon le Père Dan, « les « Turcs » et ceux de Barbarie se connaissent fort peu à la navigation »33 ;
l'équipage proprement dit, formé d'esclaves chrétiens, rassemblés en puisant parmi les quelque 1 000 ou 1 500 captifs chrétiens qu'hébergeait Salé en permanence29. Ce sont eux en particulier qui composaient la chiourme, que l'on enchaînait avant chaque combat « avec de grandes barres de fer » et des menottes33 ;
enfin, la « compagnie d'abordage », composée d'Andalous et de Marocains de souche. Armés de haches, de cimeterres et de pistolets, ces hommes se réservaient pour l'abordage des navires marchands choisis comme cible. Leur motivation était directement liée au caractère plus ou moins rémunérateur du métier : tant que l'activité de pirate se montra très profitable, le recrutement de ces compagnies d'abordage se fit sans grand problème ; mais lorsque, après 1668, le sultan voulut réglementer la course, entraînant alors une baisse du profit, de nombreux Salétins se désintéressèrent de cette activité, contribuant au déclin de l'ancienne république32.
Tactique[modifier | modifier le code]

Au choc frontal de l'abordage, glorieux, mais toujours hasardeux, les corsaires de Salé préféraient la ruse et l'intimidation.
Les corsaires de Salé conduisaient leurs opérations de façon toute pragmatique. La violence n'était pour eux qu'un ultime recours, destiné à suppléer à la ruse si celle-ci ne suffisait pas. Plutôt que de mener des abordages héroïques et sanglants, ils préféraient donner le change, tromper et rassurer leurs futures victimes, par exemple en arborant le pavillon d'une nation en paix avec la leur, ou monter pacifiquement à bord après avoir prétexté la vérification des « passeports » du navire34, comme le firent les corsaires qui capturèrent Germain MoüetteN 3. Comme l'a formulé le comte de Castries, « à la glorieuse incertitude du combat, ils préféraient des victimes désarmées et pacifiques »35.
La tactique des corsaires de Salé reposait en grande partie sur l'évaluation des navires qu'ils rencontraient : dès l'aube, selon les mémoires d'Henry Mainwaring, ils hissaient toute la voilure et commençaient à scruter l'horizon, puis, lorsqu'une cible potentielle était identifiée, discutaient avec le plus grand soin de l'intérêt de cette cible, des risques possibles et de la tactique à adopter (pavillon à hisser, ruses et prétextes...)36.
Outre l'inutilité de la violence lorsque la ruse ou l'intimidation suffisaient, l'intérêt des corsaires était de ne pas risquer d'endommager la précieuse marchandise que constituaient les captifs.
Coups de main et expéditions lointaines[modifier | modifier le code]

Reykjavik, l'une des avancées extrêmes en Atlantique des corsaires de Salé. Ce n'était alors qu'un très petit village.
Originaires d'Espagne, mais aussi d'autres pays d'Europe dans le cas des « renégats », les pirates excellaient à collecter d'utiles renseignements sur leurs cibles potentielles à terre ; car ils ne se bornaient pas à s'attaquer à des navires, mais menaient de véritables raids destinés à capturer des habitants des côtes européennes pour les vendre comme esclaves en Afrique du Nord. Tant pour leur proximité que du fait de l'origine des corsaires salétins, ce sont les côtes d'Espagne que ceux-ci privilégiaient. Toujours soucieux d'efficacité, ils avaient en effet mis en place en Espagne, dont ils parlaient parfaitement la langue, un « véritable réseau d'espionnage »31.
Dès les premières années, les corsaires de Salé menèrent également des raids audacieux et lointains : en 1624, unis aux pirates d'Alger, ils allèrent jusqu'à donner la chasse aux pêcheurs de Terre-Neuve37. En 1627, ils effectuèrent un raid contre la ville de Reykjavik, en Islande38, où fut capturée Guðríður Símonardóttir dite Tyrkja-Gudda (Gudda la Turque).
Il existait une véritable spécialisation entre les pirates d'Alger et ceux de Salé. Fort de leur nombre et de leur antériorité, les pirates algériens se réservaient en pratique la course en « mer du Levant » (la Méditerranée), les corsaires de Salé se réservant la « mer du Ponant », c'est-à-dire l'océan Atlantique, avec le détroit de Gibraltar pour frontière39.
Ils s'en prenaient par conséquent aussi aux îles britanniques, situées sur leur terrain de chasse. Ils attaquèrent par exemple les côtes de Cornouailles. En 1625, ils enlevèrent des captifs à Plymouth ; en 1626, ils capturèrent cinq navires au large du Pays de Galles38. En 1631, Jan Janszoon, à la tête de corsaires salétins40, effectue un coup de main contre Baltimore, qu'il met à sac en enlevant 237 personnes, « hommes, femmes et enfants jusqu'à ceux du berceau » selon le Père Dan40, dans le but de les revendre comme esclaves sur les marchés d'Afrique du Nord. Une flotte forte de 27 navires des « écumeurs des mers de Salé » (Sallee Rovers) était vers le milieu du xviie siècle stationnée en embuscade au large du cap Land's End41.
Produit des prises[modifier | modifier le code]
Articles connexes : Religieux de la Merci et Dominique Busnot.

Après avoir été vendus au marché de Salé, les captifs pouvaient être libérés contre rançon, ou rachetés par des religieux tels que ceux de la Merci (ce sont eux qui rachetèrent Germain Moüette).
Les prises — biens ou captifs — étaient monnayées sur les marchés de Salé. Les biens étaient écoulés bien souvent au travers de trafiquants installés à Salé, qui les revendaient en Europe par des villes interlopes telles que Livourne, Gênes et Pise42. Les captifs, enfermés tout d'abord dans les « matamores »43 (les matmoura, silos à grain souterrains44), étaient vendus au marché aux esclaves, situé sur la rive sud de l'embouchure du Bouregreg, au pied de la Kasbah21. Lors de la vente aux enchères de ces captifs, les acheteurs potentiels examinaient leurs mains avec la plus grande attention, car des mains soignées et sans callosités indiquaient une personne de qualité, que l'on pouvait espérer échanger plus tard contre une importante rançon ; ainsi le capitaine du navire de Moüette et sa mère furent-ils vendus pour 1 500 écus, alors que Moüette n'atteignit qu'un prix de 360 écus45.
Le produit des prises était réparti ainsi :
10 % pour le diwan ;
45 % pour l'armateur du navire, pour le rémunérer des risques pris ;
45 % pour l'équipage : les officiers, le maître canonnier, le pilote et le chirurgien recevaient chacun trois parts ; le calfat, le maître de manœuvre et les canonniers recevaient de leur côté deux parts chacun46. Dans certains cas, le capitaine était aussi propriétaire de son navire, et pouvait ainsi accumuler une petite fortune, comme ce fut le cas de Murad Reis46.
Les corsaires de Salé dans la littérature[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : La Vie et les aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé et Germain Moüette.

Robinson Crusoé, la victime la plus connue des corsaires de Salé.
En dehors même d'ouvrages purement historiques, comme l’Histoire de Barbarie et de ses corsaires, du Père Dan, la menace constante représentée par les corsaires de Salé pour les côtes et la navigation en Atlantique était telle qu'elle a marqué la mémoire collective en Europe.
Le souvenir le plus notoire des Sallee Rovers se trouve dans le livre de Daniel Defoe, La Vie et les aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé, dont le héros est capturé par les corsaires « turcs » de SaléN 4. Robinson Crusoé est ensuite emmené à Salé, où il est gardé comme esclave par un « Maure » pendant deux ans avant de pouvoir s'échapper47.
Mais la connaissance que l'on peut avoir du sort des prisonniers des corsaires de Salé provient en bonne partie du livre autobiographique de Germain Moüette, Relation de la captivité du Sr. Mouette dans les royaumes de Fez et de Maroc, où il a demeuré pendant onze ans, publié en 1683. Capturé par les corsaires de Salé à l'âge de 19 ans et vendu à l'encan comme esclave, Moüette eut différents maîtres et exerça divers métiers pendant ses onze années de captivité, avant d'être racheté à Meknès par des religieux de la Merci. De retour en France, il écrivit le récit de ses aventures, source d'autant plus précieuse sur la vie des captifs chrétiens comme sur la vie quotidienne dans le Maroc de l'époque que Moüette avait appris l'arabe et l'espagnol et s'en était servi pour s'informer du monde qui l'entourait.

Notes[modifier | modifier le code]
↑ Décrets d'expulsion pris du 22 septembre 1609 au 18 janvier 1610 (voir Coindreau 2006, p. 35).
↑ Il reviendra plus tard à Salé.
↑ Ils se bornèrent une fois à bord à tirer un coup de fusil dans le ventre d'un « jeune Huguenot », peut-être pour marquer le sérieux de leurs intentions (voir Moüette 1683, p. 9).
↑ Citation originale : [...] our ship, making her course towards the Canary Islands, [...] was surprised, in the gray of the morning, by a Turkish rover, of Sallee [...] (« [...] notre navire, qui faisait route vers les îles Canaries, [...] fut surpris, au petit matin, par un écumeur des mers turc, de Salé [...] »)
Références[modifier | modifier le code]
↑ Leïla Maziane, « Salé au xviie siècle, terre d’asile morisque sur le littoral Atlantique marocain », Cahiers de la Méditerranée, no 79,‎ 2009 (lire en ligne [archive])
↑ a et b Maziane 2007, p. 116
↑ a et b Coindreau 2006, p. 50
↑ Pickens, Peuriot et Ploquin 1995, p. 230
↑ Coindreau 2006, p. 45, note 1.
↑ Coindreau 2006, p. 42
↑ Coindreau 2006, p. 43-44
↑ « Rabat/Salé, la conquête pirate », Le Monde,‎ 1er septembre 2009 (lire en ligne [archive])
↑ Maziane 2007, p. 59
↑ Coindreau 2006, p. 48
↑ Coindreau 2006, p. 44-45
↑ Coindreau 2006, p. 49-50
↑ (en) Barnaby Rogerson, « The Sallee Rovers » [archive], sur travelintelligence.com (consulté le 7 avril 2010)
↑ Potocki 2004, p. 342
↑ a, b et c Coindreau 2006, p. 51
↑ de Epalza 2001, p. 106
↑ (en) B. A. Mojuetan, History and underdevelopment in Morocco: the structural roots of conjuncture, LIT Verlag Münster, 1995 (lire en ligne [archive]), p. 43
↑ de Epalza 2001, p. 107
↑ Maziane 2007, p. 238
↑ a et b Coindreau 2006, p. 53
↑ a et b Coindreau 2006, p. 57
↑ a et b Coindreau 2006, p. 58
↑ C. Bowles, Bowles's universal display of the naval flags of all nations in the world, 1783
↑ Coindreau 2006, p. 19
↑ Dan 1649, p. 205-206
↑ Coindreau 2006, p. 41
↑ Dan 1649, p. 209
↑ Coindreau 2006, p. 69
↑ a et b Coindreau 2006, p. 66
↑ « Œuvres ire Flotte Marocaine » [archive] (consulté le 23 avril 2010), p. 36
↑ a et b Coindreau 2006, p. 125
↑ a et b Coindreau 2006, p. 68
↑ a et b Coindreau 2006, p. 67
↑ Moüette 1683, p. 7
↑ Cité dans Lamborn Wilson 2003, p. 151
↑ Cité dans Lamborn Wilson 2003, p. 153
↑ « Piraterie en Méditerranée au xviie siècle » [archive], sur algerie-ancienne.com (consulté le 7 avril 2010)
↑ a et b Lamborn Wilson 2003, p. 151
↑ Coindreau 2006, p. 124
↑ a et b Maziane 2007, p. 173
↑ Walcott 1859, p. 462
↑ Coindreau 2006, p. 56
↑ Dan 1649, p. 412
↑ Josiah Conder, The Modern Traveller: Africa, J. Duncan, 1830 (lire en ligne [archive]), p. 367
↑ Moüette 1683, p. 22
↑ a et b Lamborn Wilson 2003, p. 147
↑ Defoe 1857, p. 18 et suivantes
↑ Pouillon 2008, p. 710-711
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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 9:56

Les brumes
Émile VERHAEREN (1855-1916)

Brumes mornes d'hiver, mélancoliquement
Et douloureusement, roulez sur mes pensées
Et sur mon coeur vos longs linceuls d'enterrement
Et de rameaux défunts et de feuilles froissées
Et livides, tandis qu'au loin, vers l'horizon,
Sous l'ouatement mouillé de la plaine dormante,
Parmi les échos sourds et souffreteux, le son
D'un angelus lassé se perd et se lamente
Encore et va mourir dans le vide du soir,
Si seul, si pauvre et si craintif, qu'une corneille,
Blottie entre les gros arceaux d'un vieux voussoir,
A l'entendre gémir et sangloter, s'éveille
Et doucement répond et se plaint à son tour
A travers le silence entier que l'heure apporte,
Et tout à coup se tait, croyant que dans la tour
L'agonie est éteinte et que la cloche est morte.

-------------

Enfin, l'Amour cruel à tel point m'a rangé
Philippe DESPORTES (1546-1606)

Enfin, l'Amour cruel à tel point m'a rangé
Que ma triste dépouille en cendre est convertie,
Et votre cruauté ne s'est onc amortie,
Que mon coeur par le feu n'ait été saccagé.

Au moins pour le loyer de m'avoir outragé,
Faites ainsi que fit la reine de Carie,
Non par amour comme elle, ains pleine de furie,
Buvez le peu de cendre en quoi je suis changé.

La soif de me tuer s'éteindra dans votre âme,
Et ma cendre qui couve une éternelle flamme,
Fera que vos glaçons se fondront tout soudain.

Mais ce qui plus rendrait ma douleur consolée,
Serait de me voir clos dans un tel mausolée !
Fut-il onc monument si beau que votre sein ?

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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Lun 2 Jan à 10:30

Que n'ai-je encor la harpe thracienne
Joachim DU BELLAY (1522-1560)

Que n'ai-je encor la harpe thracienne,
Pour réveiller de l'enfer paresseux
Ces vieux Césars, et les ombres de ceux
Qui ont bâti cette ville ancienne ?

Ou que je n'ai celle amphionienne,
Pour animer d'un accord plus heureux
De ces vieux murs les ossements pierreux,
Et restaurer la gloire ausonienne ?

Pussé-je au moins d'un pinceau plus agile
Sur le patron de quelque grand Virgile
De ces palais les portraits façonner :

J'entreprendrais, vu l'ardeur qui m'allume,
De rebâtir au compas de la plume
Ce que les mains ne peuvent maçonner.

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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Mer 4 Jan à 3:48

Imane Altares Tout est concept..Même le meurtre..

Elfouzi Abdeslem Les mots sont une inventions pour concretiser notre perception

Ecnelis Verlan Sauf pour la victime

Yanis Tignard La séduction est un concept... L'innocence est elle un concept, je parle de la vraie, celle qui n'a pas d'image, de mots ou même de vraisemblance. on désigne aussi comme concept toute idée, le plus souvent commerciale, plus ou moins novatrice. la décoration, tout comme l'idée commerciale de base, d'un commerce franchisé, le design et la fonction d'un objet, sont parfois désignés comme des concepts. Parlons de vous, on vous a transformé en concept pour vous intégrée ou vous récupérer... Mais la jeune Fille qui est né, peut s'amuser avec les mots tout en conservant une empreinte digitale propre... Oui, ceux qui vivent du concept vous dirons que Oui mais il demeure des Diogénes, des Marginals qui n'accordent foi qu'en leur épicurisme sans se soucier de la moindre image qu'ils peuvent donner. Par contre, le meurtre, oui, est un concept.... Un concept est un contenu de pensée, parfois considéré comme une idée abstraite, donc séparée de la réalité d'une chose, d'une situation, d'un phénomène. Un concept se distingue aussi bien de la chose désignée par ce concept, que du mot ou de l'énoncé verbal, qui est le signifiant de ce concept. Voir aussi martial abraham...

Otmane Zamama J'ai l'impression d'entendre Raskolnikov

Ahmed Agouram Elazizi A mon avis sans avoir bien reflechis a cette question...Comme ca de go...parler de la mort en tant que concept....est tout a fait récent et propre a cette civilisation occidentale...Dans son parcours historique et evolutif . Je suis catégorique : l'idée de la mort a connu et a ete façonnée par son evolution dans son élan de domination...a tel point qu'on la retrouve avec beaucoup d'eloges (courant esthetiques et litteraires) voire celebration dans certains systemes politiques ou projet de progres....OUI utopies modernes aussi !!!...Le paroxysme de tout cela étant le nazizme qui a érigé la mort comme processus.;méthode.;Solution...brrrrrrr.....C'etait pas le début...MAIS c'eux la demeureront les champions en la questions...C'est fini !!!? Nooooon...Car on a vu se prolonger cette volonté de destruction en Bosnie, en Corée, Cambodia, Birmanie, Ouganda, ......ET GAZA !!!! Ce laboratoire a ciel ouvert où les victimes d'hier nous concoctent quelque chose de bien plus morbide et inhumain.... wait and see.....Le spectacle macabre ne va qu'en se perfectionnant...Des pros s'en chargent et atteignent des degrès de raffinement que même HIMMLER ou EICHMAN n'auraient jamais pu rever !!!! C'eux la malheureusement pour nous sont de la même motte de terre qui a servie a dieu pour nous façonner a son image !!!


Ahmed Agouram Elazizi ah ! j'ai failli oublier FAT BOY balancé exprès a midi sur une ville sur-peuplée du Japon....hirochimamonamour qu'elle s'appelait !!!!!!!

Yanis Tignard
Et l’aspect de l'étrange sur l'amer est un concept abstrait et on se sert du gout pour le rendre crédible aux yeux du réel. Mais alors Concept perds son sens défini sur le concret, il est élaboré sur de l'imaginaire. D'accord, ça va faire plaisir à la chouette et ses ménageries... Bon...
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MessageSujet: Re: Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca   Jeu 12 Jan à 8:50

Le référendum est une institution et en cela, il n'est jamais dit que le principe du Referendum est une forme d'émancipation envers les autorités publiques... Le Referendum est la manière la plus noble auquel une loi peut être établi: Pourtant, un jour, Louis Napoléon utilisa cette manière du suffrage universel direct qui marqua les esprits... Le Peuple ne peut pourtant nier le rôle évident que représente le referendum dans le principe civique et morale de "l'individue et de l'individu" dans le terme de Démocratie... Ce principe pourtant, peut être juste consultatif mais il permet ainsi à l'individu de se mettre en situation auquel se retrouve exposer les élu"e"s... Certains voient dans le referendum une forme de combat de coq ou de boxe, en tout cas, à l'image d'un vote électif, il est un aspect fondamentale d'une cohésion morale auquel la démocratie doit faire face: Il surpasse l'aspect de l'état et sans le remettre en cause, il est capable de pointer certaines choses de la vie quotidienne. Dans certains pays, il y a l'aspect de pétition qui peuvent être soumise au suffrage universel indirect... Le suffrage universel direct auquel appartient le Référendum est un aspect essentiel du caractère humain auquel un peuple veut s'adresse envers ses nouvelles générations... Le fait de débattre est un outil essentiel en terme de communication et pourtant dans certains cas, la question du Référendum relève de l'intérêt de l'état régalien, c'est en cela que certains hésitent sur son aspect même mais il montre l'aspect même de l'interlocuteur qui propose le sujet de la question. Le référendum est une loi d'utopie qui pourtant montre l'aspect réel de l'individu dans la société: En cela, j'accorde une importance réelle dans la constitution de Y'becca et des Républiques d'Israël et de la Palestine ainsi que dans toutes les Nations Morales et Physiques pour une reconnaissance morale et intellectuel dans le référendum: Son vote est lié malheureusement à des disputes entre des élu"e"s du Suffrage universel indirect... Toutefois, tout comme le vote direct du parlement et tout vote indirect du parlement, le référendum ne peut être organiser pour un Conflits d’intérêts et en cela, c'est au pouvoir judiciaire et à ses membres qu'il soit public et privé tout en maintenant et mettant l'aspect du service public militaire et civil dans la lutte contre les Conflits d’intérêts qui pourrait s'ingérer dans la teneur du débat et du vote: L'aspect du Général, de la société et l'individu doit être soulever en soulevant toutes les égalités et inégalités que peuvent engendrer le référendum... Certains peuvent s'amuser à créer de lois et des référendum pour des Conflits d’intérêts, pour créer des désordres et par gloire personnel... Cela n'est pas dans l'intérêt de l'harmonie sereine auquel nous devons être en ces situations profondes de changement de climat: "De jour en jour; le petit Nuage de Magellan et La Galaxie d'Andromède évolue depuis µ Êta Careme" s'écrie Nagaliew la mouette aux yeux verts..."
L'aspect du référendum est un droit de cité et de navire dans les prochains siècles à venir; et le juge suprême de la république de l'olivier s'y engage et dans des situations d'urgence, notre professionnalisme institué par la philosophie et la prudence du référendum nous permettra d'avoir l'anticipation sur le danger qu'il soit matérielle, morale et naturelle, ils peuvent être distinct ou englobé, Le référendum et ses principes il est un aspect fondamentale d'une cohésion morale auquel la démocratie, une armée ou un navire doit faire face... Le Laïc et l'Eternel devant la démocratie et la Nature. Conflits d’intérêts... Le clans des mouettes et la cinquième république devant l'adversité des peurs et des intérêts... Nous sommes prêt à faire face à l'avenir... La République de l'Olivier...

Ecrit de
TAY
La chouette effraie
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Le cercle des poètes disparus,les valeurs oubliés et Y'becca
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