Le clans des mouettes

ainsi est la force.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:35

Calendrier républicain
Dans le calendrier républicain, la Pomme de terre était le nom attribué au 11e jour du mois de vendémiaire190.

La pomme de terre, ou patate1 (langage familier, canadianisme et belgicisme), est un tubercule comestible produit par l’espèce Solanum tuberosum, appartenant à la famille des solanacées. Le terme désigne également la plante elle-même, plante herbacée, vivace par ses tubercules mais toujours cultivée comme une culture annuelle. La pomme de terre est une plante qui réussit dans la plupart des sols, mais elle préfère les sols légers légèrement acides. La plante est sujette aux maladies dans des sols calcaires ou manquant d’humus2.

La pomme de terre est originaire de la cordillère des Andes dans le sud-ouest de l’Amérique du Sud où son utilisation remonte à environ 8 000 ans. Introduite en Europe vers la fin du XVIe siècle à la suite de la découverte de l’Amérique par les conquistadors espagnols, elle s’est rapidement diffusée dans le monde et est en 2015 cultivée dans plus de 150 pays sous pratiquement toutes les latitudes habitées.

En fonction de son mode de cuisson, elle peut être une source importante de glucides, qui se présentent principalement sous forme de féculeN 1, mais aussi de protéines et de vitamines. Ses qualités nutritives et sa facilité de culture font qu’elle est devenue l’un des aliments de base de l’humanité : elle figure parmi les légumes et féculents ainsi que les fruits les plus consommés et la principale denrée alimentaire non céréalière du monde. Cultivée et consommée localement, relativement peu commercialisée sur le marché mondial, elle est recommandée par l’ONU pour atteindre la sécurité alimentaire3. C’est aussi la culture alimentaire la plus productive, produisant plus de matière sèche à l’hectare que les céréales, 85 % de la matière sèche produite par la plante étant comestible pour l’homme contre environ 50 % pour les céréales3. Le rendement moyen est d’environ 17 tonnes à l’hectare au niveau mondial, mais se situe entre 40 et 50 tonnes dans certains pays développés d’Amérique du Nord et d’Europe occidentale. La pomme de terre reste sous-utilisée dans certains pays du Tiers Monde, notamment en Afrique subsaharienne, mais globalement sa consommation progresse dans les pays en développement, tandis que dans les pays développés elle tend à diminuer, basculant de plus en plus vers des formes transformées (produits appertisés, déshydratés ou surgelés).

La fécule de pomme de terre a donné naissance à une industrie de transformation aux multiples débouchés dans les secteurs agro-alimentaire, cosmétique, pharmaceutique et industriel.

Compte tenu de son importance économique, de nombreuses études scientifiques sur la pomme de terre et les espèces apparentées, notamment dans le domaine de la génétique, sont menées par des institutions publiques ou privées de différents pays, coordonnées au niveau mondial, entre autres, par le centre international de la pomme de terre.

Sommaire

   1 Aspects botaniques
       1.1 Description morphologique
           1.1.1 Appareil végétatif
               1.1.1.1 Système racinaire
               1.1.1.2 Tiges aériennes et feuillage
               1.1.1.3 Tiges souterraines et tubercules
           1.1.2 Appareil reproducteur
               1.1.2.1 Fleurs et inflorescence
               1.1.2.2 Fruits et graines
       1.2 Physiologie
           1.2.1 Repos végétatif et dormance
       1.3 Systématique
           1.3.1 Position de l’espèce dans la classification
           1.3.2 Synonymes
           1.3.3 Sous-espèces
           1.3.4 Autres espèces
       1.4 Répartition
       1.5 Recherche
           1.5.1 Séquençage du génome
           1.5.2 Pommes de terre transgéniques
           1.5.3 Banques de gènes
   2 Histoire et diffusion de la pomme de terre
   3 Culture
       3.1 Techniques culturales
           3.1.1 Travail du sol
           3.1.2 Fertilisation
           3.1.3 Jardiniers amateurs
       3.2 Plants
       3.3 Récolte
       3.4 Les ennemis de la pomme de terre
           3.4.1 Maladies
           3.4.2 Ravageurs
           3.4.3 Méthodes de lutte
       3.5 Conservation
       3.6 Principales variétés cultivées
           3.6.1 Critères de sélection
           3.6.2 Principales catégories de pommes de terre de consommation
       3.7 Productions bénéficiant d’un label de qualité en Europe
   4 Utilisation
       4.1 Alimentation humaine
           4.1.1 Valeur nutritionnelle
           4.1.2 Toxicité
               4.1.2.1 Glycoalcaloïdes
               4.1.2.2 Inhibiteurs de protéinase et lectines
               4.1.2.3 Acrylamide
               4.1.2.4 Traitement anti germinatif (chlorprophame ou CIPC)
           4.1.3 Cuisine de la pomme de terre
               4.1.3.1 Aptitudes culinaires de différentes variétés
               4.1.3.2 Ustensiles et appareils spécialisés
               4.1.3.3 Principales recettes à base de pomme de terre
               4.1.3.4 Plats régionaux dans le monde
                   4.1.3.4.1 Amérique du Nord
                   4.1.3.4.2 Amérique du Sud
                   4.1.3.4.3 Europe
       4.2 Alimentation animale
       4.3 Transformation industrielle
           4.3.1 Produits transformés
           4.3.2 Industrie de la fécule
           4.3.3 Distillation
       4.4 Utilisation médicinale et croyances
       4.5 Autres
   5 Aspects économiques
       5.1 Production
       5.2 Commerce international
       5.3 Consommation
       5.4 Principales entreprises de l’industrie de la pomme de terre
           5.4.1 Féculerie
       5.5 Politique agricole commune
       5.6 Année de la pomme de terre
   6 Aspects culturels
       6.1 Noms de la pomme de terre
       6.2 Dans les expressions de langue française
       6.3 Dans la littérature
       6.4 Dans les arts
       6.5 Dans les jeux vidéo
       6.6 En héraldique
       6.7 Musées
       6.8 Fêtes
       6.9 Emblème
       6.10 Jouet
       6.11 Record
       6.12 Personnalités liées à la pomme de terre
       6.13 Calendrier républicain
   7 Notes et références
       7.1 Notes
       7.2 Références
   8 Bibliographie
   9 Voir aussi
       9.1 Articles connexes
       9.2 Liens externes
           9.2.1 Références taxinomiques
           9.2.2 Autres

Aspects botaniques
Description morphologique

La pomme de terre est une plante herbacée, tubéreuse à feuilles caduques (elle perd ses feuilles et ses tiges aériennes dans la saison froide), à port dressé, qui peut atteindre 1 m de hauteur4, plus ou moins étalé avec l’âge. C’est une vivace grâce à ses tubercules, à condition que le climat leur permette de survivre à la saison froide, mais qui est cultivée comme une plante annuelle.
Appareil végétatif
Système racinaire

Le système racinaire est fasciculé et très ramifié ; il a tendance à s’étendre superficiellement mais peut s’enfoncer jusqu’à 0,8 m de profondeur. Il est constitué de racines adventives qui apparaissent à la base des bourgeons du tubercule ou sur les nœuds des tiges enterrées ; pour cette raison, le tubercule doit être planté à une profondeur telle qu’elle permette une formation adéquate des racines et des stolons.

Les racines connaissent une croissance rapide depuis les premiers stades de développement jusqu’au moment où commence la formation des tubercules5.
Tiges aériennes et feuillage
Feuille composée de la pomme de terre.

Les feuilles, caduques, alternes, font de 10 à 20 cm de long. Elles sont insérées sur la tige selon une phyllotaxie spiralée, de rapport 5/136,N 2. Elles sont composées imparipennées et comptent 7 à 9 folioles de forme lancéolée et de tailles hétérogènes, de toutes petites folioles s’intercalant par paires entre les plus grandes. Les feuilles basales peuvent parfois être entières.

L’épiderme est composé de cellules aux parois sinueuses en vue superficielle. Elles présentent des poils ou trichomes à leur surface, en quantité variable selon les cultivars. Les trichomes peuvent être unisériés, glandulaires et à tête pluricellulaire plus ou moins sphérique.
Solanum tuberosum, aspect de la partie basale de la plante, avec tiges aériennes, stolons, tubercules et racines. En noir, le tubercule-mère.

La pomme de terre présente deux types de tiges : des tiges aériennes, à section circulaire ou angulaire, sur lesquelles sont disposées les feuilles et des tiges souterraines, les stolons, sur lesquelles apparaissent les tubercules7.

Les tiges aériennes naissent à partir de bourgeons présents sur le tubercule utilisé comme semence. Elles sont herbacées, succulentes et peuvent atteindre de 0,6 à 1,0 m de long. Normalement de couleur verte, elles peuvent exceptionnellement présenter une coloration rouge pourpre. Elles peuvent être érigées ou décombantes, s’inclinant progressivement vers le sol à mesure qu’avance la maturité de la plante. Les entrenœuds sont allongés chez la sous-espèce andigena et bien plus courts chez la sous-espèce tuberosum4. Dans la phase finale de leur développement, les tiges aériennes peuvent devenir relativement ligneuses à la base7.
Germes croissant sur le tubercule. On peut observer à leur base de petites racines adventives.
Tiges souterraines et tubercules

Les tiges souterraines, ou stolons, sont formées par des bourgeons latéraux plus ou moins longs qui naissent à la base des tiges aériennes. Elles naissent alternativement des sous-nœuds situés sur les tiges aériennes et croissent à l’horizontale sous la surface du sol (croissance diagéotropique). Chaque rhizome engendre un tubercule par le grossissement de son extrémité distale7.
Tubercules de pomme de terre. On peut voir les « yeux » et les lenticelles à leur surface.
Coupe longitudinale d’un tubercule.

Les tubercules qui résultent d’une modification des tiges souterraines fonctionnent comme organe de réserve de nutriments.

Ils sont de taille et de forme variable selon les variétés, leur forme étant classée en quatre grands types : claviforme (forme de massue comme la BF 15 ou de rein comme la ratte) ; oblongue (Bintje, Spunta) ; arrondie, souvent bosselée (essentiellement les variétés à fécule) ; cylindrique et allongée, plus ou moins bosselée (variétés anciennes comme la vitelotte noire)8. La couleur de la peau est généralement jaune, mais peut être rouge, noire, ou rosée9. La couleur de la chair est blanche, jaune plus ou moins foncé, rose ou violette selon les variétés10.

À leur surface, on peut observer des « yeux », alignés sur cinq génératrices et disposés selon une courbe hélicoïdale qui court depuis la cicatrice basale (point d’attache du tubercule sur le stolon), jusqu’à l’apex, à l’extrémité opposée, où ils sont les plus nombreux. Ces yeux comportent normalement trois germes, disposés à l’aisselle d’écailles (feuilles réduites) qui sont les bourgeons végétatifs et représentent autant de tiges potentielles11. Ils sont plus ou moins enfoncés, l’enfoncement protégeant les bourgeons végétatifs ; la sélection a privilégié les yeux superficiels, qui facilitent l’épluchage, dans les variétés de consommation. Observables également à la surface, les lenticelles sont des orifices circulaires qui permettent la respiration. Leur nombre varie en fonction de la superficie, de la taille du tubercule et des conditions du milieu12.

Les germes se développent après une période de dormance plus ou moins longue, les premiers à se développer étant ceux situés à l’apex.

Dans une coupe transversale, on distingue le cortex, le parenchyme vasculaire de réserve, l’anneau vasculaire plus ou moins marqué et le tissu médullaire11.
Jeune tubercule se développant à l’extrémité d’un rhizome.

La formation des tubercules, ou tubérisation, se produit à l’extrémité des stolons dans une zone méristématique sub-apicale, grâce à un grossissement radial, produit de l’allongement des cellules parenchymateuses et de la perte de leur polarité. Pendant la formation du tubercule, la croissance longitudinale du stolon s’arrête et les cellules parenchymateuses du cortex, de la moelle et des zones périmédullaires se divisent et s’allongent. Chez les tubercules mûrs, il subsiste peu d’éléments conducteurs et pas de cambium vasculaire continu. Les tubercules sont couverts d’un exoderme qui apparaît en rompant l’épiderme et qui va grossir avec le temps.

Le tubercule comporte une forte proportion d’eau, pouvant aller jusqu’à 80 %, ainsi que des matières amylacées (la fécule), accumulées dans les amyloplastes, du sucre, des matières albuminoïdes, des fibres cellulosiques, des éléments minéraux, des diastases et des vitamines (vitamine C, surtout présente dans la peau) et des toxines (voir plus loin).
Appareil reproducteur
Fleurs et inflorescence

L’inflorescence est une cyme qui naît à l’extrémité de la tige. Elle compte de 1 à 30 fleurs, généralement entre 7 et 15. Le nombre d’inflorescences et le nombre de fleurs par inflorescence varient fortement selon les cultivars.

Approximativement au moment où s’ouvre la première fleur, une nouvelle tige, qui donnera naissance à une nouvelle inflorescence, se développe à l’aisselle de la feuille proximale. En général, 2 ou 3 fleurs s’ouvrent chaque jour. Elles restent ouvertes de 2 à 4 jours si bien que chaque inflorescence présente de 5 à 10 fleurs ouvertes en même temps pendant le pic de la floraison.
Diagramme floral.
Légende :
s = sépales
p = pétales
ét = étamines
ov = ovaire supère

Les fleurs, d’un diamètre de 3 à 4 cm, sont régulières, à symétrie pentamère typique de la famille des Solanaceae.

Le calice gamosépale est constitué de 5 sépales verts soudés à la base et la corolle gamopétale, à 5 pétales également soudés par leurs bords, a la forme d’une étoile. La corolle peut être de couleur blanche ou d’un mélange plus ou moins complexe de bleu, pourpre et violet selon le type et la quantité d’anthocyanines présentes.
Inflorescence et fleurs de pomme de terre.

L’androcée comprend 5 étamines au filet court inséré sur la corolle et à l’anthère à 2 loges, de 5 à 7 mm de long, de couleur jaune brillant, sauf chez les clones mâles stériles chez lesquels elle est jaune clair ou jaune verdâtre. Les anthères sont rapprochées formant un tube entourant le pistil. Leur déhiscence se fait par 2 pores terminaux10.

Le pistil, issu de 2 carpelles soudés, comprend 1 ovaire supère à 2 loges. Les stigmates sont habituellement de couleur verte, mais certains clones peuvent présenter des stigmates pigmentés. Ils sont plus ou moins saillants au-delà de l’anneau des anthères. La saillie du style hors de la colonne des anthères n’intervient pas avant la veille de l’éclosion de la fleur.

La réceptivité du stigmate et la durée de production du pollen sont d’environ 2 jours. La fécondation se produit approximativement 36 heures après la pollinisation.

Cette espèce produit des graines par autofécondation (comportement propre des espèces autogames), mais elle manifeste aussi une dépression endogamique (caractéristique propre aux espèces allogames). Les graines obtenues par pollinisation libre sont le résultat d’un mélange d’autopollinisation et de pollinisation croisée, la première étant la plus fréquente13.
Fruits et graines
Fruit de Solanum tuberosum.

Le fruit de la pomme de terre est une baie qui ressemble à une petite tomate. Tout comme le reste de la plante14, exceptées les tubercules, il contient des alcaloïdes et solanines toxiques15 et n'est donc pas comestible. Sa forme peut être sphérique, allongée ou ovoïde, son diamètre varie généralement de 1 à 3 cm et sa couleur peut aller du vert au jaunâtre, ou de marron rougeâtre à violet. Les baies présentent 2 loges et peuvent contenir approximativement de 200 à 400 graines. Elles sont groupées en grappes terminales.

Les graines aplaties, ovales ou réniformes et de couleur blanche, jaune ou marron jaunâtre13, sont petites ; on compte de 1 000 à 1 500 graines pour un gramme16. Elles sont albuminées et l’embryon est enroulé10.

Certaines variétés cultivées ne fleurissent pas, d’autres fleurissent, mais sont stériles, par dégénérescence des étamines ou des ovules10.


Dernière édition par yanis la chouette le Ven 21 Oct à 9:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:36

Yahweh, aussi écrit dans les publications Yahvé, Iahvé, Jéhovah, Yhwh ou YHWH (de l'hébreu יהוה (yhwh)), est une divinité ouest-sémitique du Proche-Orient ancien étroitement associée à l'Israël antique. Yahweh semble être une divinité nationale ou ethnique, vénéré dans les royaumes d'Israël et de Juda. Son sanctuaire principal est le premier Temple de Jérusalem. Dans la Bible hébraïque, Yahweh (YHWH) est présenté comme le dieu national des Enfants d'Israël. En dehors de la Bible, l'archéologie a fourni des exemples du lien entre le théonyme Yahweh et les Israélites. La religion de l'Israël antique ressemble beaucoup à celle des autres peuples sémitiques du Proche-Orient ancien, notamment à celles de la zone syro-palestinienne. Le culte israélite développe cependant avec le temps des caractéristiques uniques qui l'isolent des autres religions.

Sommaire

1 Nom
1.1 Prononciation
1.2 Signification
2 Origine
2.1 Origine géographique
2.2 L'hypothèse quénite
2.3 Yahweh, un dieu révélé ?
3 Fonctions
4 Culte
5 Relations avec le panthéon cananéen
5.1 Yahweh dans l'assemblée des dieux
5.2 Yahweh et El
5.3 Yahweh et Ashéra
5.4 Yahweh et Baal
5.5 Yahweh et Baalshamin
6 Monothéisme
6.1 Le polythéisme israélite
6.2 L'émergence du monothéisme
7 Notes et références
8 Bibliographie
9 Voir aussi
9.1 Articles connexes
9.2 Liens externes

Nom
Prononciation

Le nom du Dieu d'Israël apparaît dans l'épigraphie de l'Israël antique et dans la Bible hébraïque où il figure plus de 7 000 fois. Ce nom s’écrivant avec les quatre lettres hébraïques yod/he/waw/he יהוה (yhwh), il est aussi appelé le « Tétragramme ». Comme l'hébreu biblique a une écriture principalement consonantique, la prononciation précise du tétragramme est inconnue. Au moins jusqu'au VIe siècle av. J.-C., il était régulièrement prononcé comme en attestent les lettres de Lakish écrites peu avant la destruction de Jérusalem en 586 av. J.-C.1. Mais depuis la période achéménide, les Juifs ont pris l'habitude de ne pas prononcer son nom et de le remplacer dans la liturgie par des expressions telles qu'Adonaï, en hébreu אדני ('ădōnāy), c'est-à-dire « le Seigneur »2. Lors de la traduction en grec de la Bible hébraïque dans la version de la Septante, YHWH est rendu par Kyrios (« Seigneur »). Lors de l'édition du texte massorétique de la Bible hébraïque vers le Xe siècle, les massorètes ont ajouté des signes diacritiques au texte hébraïque pour en assurer une lecture correcte. Ils ont alors vocalisé YHWH avec les voyelles du mot Adonaï, pour indiquer au lecteur de lire « le Seigneur ». yhwh est ainsi vocalisé ĕ-ō-ā (le ḥaṭef pataḥ [ă] vocalisant la lettre aleph de Adonaï devient un simple shewa [ĕ] lorsqu'il vocalise le yod de yhwh)3. Dans la Mishna, il est généralement écrit יְיָ. Le fait d'éviter de prononcer ce qui est considéré comme le nom propre de Dieu est généralement expliqué comme une marque de respect1. Selon la tradition rabbinique, le judaïsme avait adopté à l’époque de Siméon le Juste l’interdiction de transcrire ou de prononcer le nom divin. Selon Maïmonide, seuls les prêtres le prononçaient lors de certains rituels4.

Le nom Yahweh est une transcription souvent utilisée dans les ouvrages scientifiques. Il correspond à la prononciation la plus souvent proposée5. La prononciation précise a fait l'objet de nombreuses conjectures. Les spécialistes supposent souvent deux vocalisations possibles pour yhwh : Yahweh ou Yahôh. Dans le premier cas, la troisième lettre du tétragramme, le vav, garde sa valeur de consonne ([w]), alors que dans le deuxième cas, le vav n’est qu'une mater lectionis servant à marquer un o long, dont l'allongement est précisé par le he final6.

La transcription Yahweh est une convention basée sur des textes grecs tardifs. Elle a été obtenue en intercalant les deux voyelles « a » et « e » pour donner une forme prononçable aux quatre consonnes du tétragramme YHWH. Il est en effet rendu par Ἰάω (Iaō) chez Diodore de SicileN 1 (Ier siècle av. J.-C.)5. Elle peut être corroborée par des témoignages de Pères de l’Église4, comme Épiphane de Salamine qui cite Iabe comme un des noms de Dieu, et prononce Yahweh sous sa forme brève Ἰα (Yah)7 ou Clément d’Alexandrie qui donne Jave8. On trouve Ιαουε/Ιαουαι chez Clément d'Alexandrie (IIe siècle)N 2 et par Ιαβε/Ιαβαι chez Épiphane de Salamine (IVe siècle) et Théodoret de Cyr (Ve siècle). Dans les noms théophores apparaissant dans la Bible hébraïque, le texte massorétique le vocalise -yāhû, ce qui appuie le choix de cette vocalisation5. Des formes abrégées sont également utilisées, notamment lorsqu'il apparaît comme élément théophore dans des noms propres. En début de noms, on trouve les formes yĕhô et yô, à la fin yāhû et yāh3. Certaines de ces formes traduisent une origine géographique : Yo/Yaw est plus utilisé dans le royaume d'Israël au nord, alors qu'au sud, dans le royaume de Juda, c'est plutôt la forme Yah qui est employée2. La forme Yahôh se base sur Irénée de Lyon9 (IIe siècle), qui rappelle que les Gnostiques prononcent Ἰαωθ (contraction de Iao et Sabaoth selon Thomas Römer) et que d’autres hérétiques prononcent Ἰαῶ . Origène d'Alexandrie (IIIe siècle) parle de la forme Iaō, en l'attribuant aux Gnostiques. Dans les documents araméens des Juifs d'Éléphantine en Haute-Égypte, le nom divin est écrit yhw ou yhh. Sa prononciation est donc approximativement Yehô ou Yahô, plutôt que Yahu. Un fragment du Lévitique en grec découvert à QumrânN 3 rend le tétragramme par Iaō10,11.

La forme Yahweh est généralement utilisée dans les publications scientifiques12. Compte-tenu des incertitudes, des chercheurs n'emploient que les seules consonnes et transcrivent simplement Yhwh10,5 ou YHWH. Depuis le pontificat de Benoît XVI, l’Église catholique a officiellement abandonné la prononciation de ce nom13. La forme hybride Jehovah résulte du mélange entre les consommes de YHWH et la vocalisation du texte massorétique (vocalisation ĕ-ō-ā du tétragramme Adonaï, « Seigneur »), produisant la forme « YĕHōWāH ». Elle apparaît chez les érudits chrétiens du Moyen ÂgeN 4,14. Il s’agirait alors d’une erreur d’interprétation et de prononciation de la part des érudits catholiques, car ces annotations indiquent en fait le terme qui doit être lu, « Seigneur », lorsque le Tétragramme apparaît dans le texte, et non la vocalisation du Tétragramme proprement dit15.
Signification

Comme pour sa prononciation, l'étymologie du nom de Yahweh est discutée. Le nom Yahweh (« yhwh ») est généralement compris comme une forme verbale présentant la lettre préformante yod (« y »). Cette forme correspond à la conjugaison d'un verbe à la troisième personne du singulier de l'aspect inaccompli. Le thème verbal « hwh » peut être rapprochée de la racine sémitique hyy/hwy, qui signifie « être ». C'est d'ailleurs ainsi que qu'un passage du livre de l'Exode le comprend puisque le nom יהוה (yhwh) (à la troisième personne) est mis en parallèle avec אהיה (ʾhyh) « je serai » (à la première personne)N 5. Il s'agit là d'une explication traditionnelle du nom de Yahweh, ou d'une interprétation propre du rédacteur biblique. Grammaticalement, la forme yhwh peut être soit une forme simple (qal), soit une forme causative (hiphil). L'identification de la forme verbale est rendue difficile par la méconnaissance de la vocalisation du nom yhwh. Si on retient la forme simple, Yahweh est « celui qui est », « celui qui se révèle ». À la forme causative, la signification serait plutôt « celui qui fait être », c'est-à-dire « celui qui crée »5. Si la forme causative devait être retenue, ce serait la seule occurrence dans la Bible hébraïque de ce verbe à cette forme3.

Pour certains chercheurs16, Yahweh serait une abréviation ou dérive d'une épithète du dieu El. Il peut s'agir de l'abréviation d'un nom de dieu, par exemple Yahweh-El (« puisse El être présent »), reconstruction basée sur le modèle du nom yʿqb ʾl (« puisse El le suivre ») attesté à Mari. Il peut aussi s'agir de l'abréviation d'une formule liturgique, par exemple yahwe sabaʾot (« celui qui crée les armées [célestes] ») ou El-Yahweh (« El qui se révèle lui-même »). Cette dernière proposition est une formule analogue à celle qu'on trouve dans le Psaume 118N 6. Selon cette suggestion, Yahweh était à l'origine une épithète de El avant de devenir une divinité distincte. La tradition israélite aurait abrégé la formule originelle pour ne garder que la forme verbale caractérisant l'activité du dieu. L'emploi d'un nom verbal pour désigner une divinité est un usage qui n'est pas propre aux Israélites. Il est attesté à Mari et chez les Arabes préislamiques17.

Yahweh étant vraisemblablement une divinité issue du panthéon sud-sémitique, on peut chercher un lien avec la racine arabe hwy (« détruire », à l'origine, Yahweh serait un dieu destructeur) ou des parallèles dans des divinités arabes préislamiques dont le nom se construit à partir d'une conjugaison à préformantes de verbes du type Yaǵūt (« il aide »), Ya‘ūq (« il protège »)18. Dans ce contexte, on peut aussi proposer une étymologie qui fait un parallèle avec l'arabe. Elle rapproche Yahweh de la racine hwy qui signifie notamment « tomber » ou « souffler ». À la forme causative, Yahweh serait « l'aigle, le vautour19 ou celui « qui tombe » sur sa proie20, ou encore celui qui fait tomber la pluie » ou les « éclairs », ou « celui qui fait souffler le vent ». Cette étymologie va dans le sens de considérer Yahweh comme un dieu de l'orage. Il présenterait donc un caractère proche du dieu cananéen Baal, dont le nom est à l'origine une épithète pour le dieu de l'orage Adad21. L'explication de Julius Wellhausen22 sur une divinité du type dieu de l'orage est en l'état actuel des connaissances l'explication la plus satisfaisante bien qu'elle ne soit pas exempte elle aussi de problèmes23. Des noms divins construits avec une conjugaison à préformante sont en effet dans le monde sémitique ancien plutôt rares et s'appliquent aux dieux mineurs. De plus, ces parallèles en conjugaison à préformante se trouvent généralement en forme apocopée.
Origine
Origine géographique

L'origine de Yahweh a fait l'objet de nombreux débats. Son nom ne figure dans aucun texte antérieur à 1200 av. J.-C. même s'il a pu parfois être proposé d'identifier son nom sur des tablettes cunéiformes de l'âge du bronze à Ougarit, en Mésopotamie ou à Ebla. Ces interprétations restent discutées. À Ebla (2400-2250 av. J.-C.), l'élément Ya apparaît dans des noms propres mais il est peu vraisemblable qu'il s'agisse d'une forme abrégée de Yahweh. Aucune divinité nommée Ya n'est connue par ailleurs à Ebla. Il existe d'autres tentatives pour interpréter des noms comme possédant un élément se rapportant à Yahweh à Mari, Alalakh ou Ougarit mais ces propositions ne semblent pas satisfaisantes24. À Ougarit (1200 av. J.-C.), un passage du Cycle de Baal fait apparaître le nom Yw. Il est parfois proposé d'y voir une forme abrégée de Yahweh25.

En dépit des propositions précédentes, Yahweh semble absent des sources épigraphiques ouest sémitiques. Son nom ne figure sur aucun texte cunéiforme. Il ne fait partie des divinités communes à la zone syro-palestinienne. Son culte n'est attesté qu'en Israël à partir de l'âge du fer. En dehors de la Palestine, rien n'indique que son culte ait été répandu. Seul un texte se rapportant à la région Hamath atteste de son culte dans le nord de la Syrie au VIIIe siècle av. J.-C. Un dirigeant nommé Azri-Yau, équivalent au nom biblique Azariah, y fait partie d'une coalition araméenne face à Teglath-Phalasar III26, mais cette présence de Yahweh en Syrie semble être un cas isolé27.

L'archéologie suggère de rechercher son origine dans le sud de la Palestine, dans le désert nord-arabique. Au XIVe siècle av. J.-C., le culte de Yahweh semble pratiqué par des groupes édomites ou madianites. Deux textes égyptiens datant d'Aménophis III (XIVe siècle av. J.-C.) et de Ramsès II (XIVe siècle av. J.-C.) parlent en effet de « Yahu en terre de Shosou ». La première inscription figure sur une colonne du temple d'Amon à Soleb en Nubie. La deuxième est une inscription murale à Amarah ouest. Ces inscriptions font la liste de cités du pays des Shasou. Les bédouins Shasou habitaient la Transjordanie méridionale et le Néguev pendant le bronze récent et au début du fer I, à partir de 1500 av. J.-C. Dans ces listes, Yahu (Yhw) est un toponyme qui peut indiquer une ville avec un sanctuaire, peut-être à l'origine beth-yhw, la maison de Yahu. Parmi les autres toponymes mentionnés, on trouve srr, qu'on peut rapprocher de Séir et smt qu'on peut rapprocher des Shiméanites de la BibleN 7, ancêtres des Qénites28. « Yahu en terre de Shosou » est donc à rechercher dans le territoire d'Édom ou de Madian. Pour William G. Dever, les Shosou pourraient être les ancêtres des Israélites29.

Il existe cependant des réserves pour la lecture Séïr de srr dans les inscriptions égyptiennes. Certains chercheurs suggèrent plutôt un contexte syrien pour les sites listés dans le temple de Ramsès II. Dans cette hypothèse, des Araméens pourraient avoir vénéré Yahweh. Cette origine syrienne peut être mise en parallèle avec le lien entre les Patriarches de la Bible et les populations araméennes, dont le séjour de Jacob chez Laban3.

« L'Éternel [yhwh] est venu du Sinaï, il s'est levé sur eux de Séir, il a resplendi de la montagne de Paran » (Dt 33,2)
« O Éternel! [yhwh] quand tu sortis de Séir, quand tu t'avanças des champs d'Édom » (Jg 5,4)
« Dieu [yhwh] vient de Téman, le Saint vient de la montagne de Paran » (Ha 3,3)
« Qui est celui-ci qui vient d’Édom, de Botsra » (Es 63,1)

Bible Segond

Dans la Bible, Yahweh est perçu comme venant du sud30. Quatre passages le décrivent comme venant d'Édom, de Teman, du Sinaï, du Séïr ou ParanN 8. Ces toponymes permettent de situer approximativement l'origine de Yahweh dans les montagnes du Néguev central ou du Sinaï oriental. Un « Yahweh de Teman » est aussi connu par les inscriptions de Kuntillet Ajrud dans le Sinaï au côté d'un « Yahweh de Samarie » (IXe et VIIIe siècles av. J.-C.). Yahweh est probablement un dieu importé à l'origine un dieu de l'orage (et de la fertilité) et, comme tous les autres divinités de l'orage (telles que le dieu hourrite Teshub, le dieu sémitique Baal/Adad ou le dieu égyptien Seth), un dieu guerrierN 9 vénéré par des groupes habitant dans des régions arides et se trouvant en conflits militaires avec d'autres groupes31. Yahweh est également peut-être originellement un dieu des steppes célébré comme un type de « maître des animaux » comme le suggère l'iconographie sigillaire du Xe et IXe siècles av. J.-C. trouvée dans le Néguev et en Juda (sceaux en forme de scarabées représentant Yahweh qui dompte des autruches)32.

Si Yahweh est effectivement issu du désert nord arabique, cela pourrait expliquer le silence de la Bible hébraïque sur le dieu Qôs, la principale divinité édomite. Les deux divinités étant issues de la même région et présentant des caractéristiques proches, celles d'un dieu de l'orage, il est possible que la Bible préfère éviter de mentionner Qôs, qui ressemble trop au dieu national d'Israël33.
L'hypothèse quénite

Dès la fin du XIXe siècle, des chercheurs allemands ont émis l'hypothèse que Yahweh était à l'origine une divinité du désert vénéré par les Madianites. Selon l'« hypothèse quénite (en) », appelée aussi « hypothèse madiano-qénite » et formulée pour la première fois par le théologien F.W. GhillanyN 10, son culte aurait été introduit chez les Israélites par l'intermédiaire de Moïse avec la médiation des Qénites lors de leur séjour dans le désert. Hobab, le beau-père (ou le beau-frère) de MoïseN 11 est présenté comme un prêtre madianiteN 12 vénérant YahwehN 13 et appartenant à la tribu des Qénites, une branche des Madianites. Cette hypothèse expliquerait le lien entre Moïse et sa belle-famille madianite, la description positive des Qénites dans la Bible et les liens entre Yahweh et la topographique du sud de la Palestine34.

Cette hypothèse correspond à la vision de l'archéologie qui place Yahweh en dehors des divinités ouest-sémitiques. Elle accorde cependant une trop grande importance au rôle de Moïse et au séjour des Hébreux dans le désert. Bien que les traditions bibliques présentent l'action de Moïse et l'Exode hors d'Égypte comme des éléments fondateurs de l'identité politique et religieuse des Israélites, la recherche archéologique a établi que l'émergence des Israélites résulte d'une évolution interne de la société cananéenne de l'âge du bronze. La majorité des Israélites est originaire de Canaan. Ceux-ci n'ont donc pas amené le culte de Yahweh depuis l’extérieur de la Palestine. Par contre, le culte de Yahweh a pu être introduit par de marchands appartenant à des groupes qénites ou madianites. Il a pu se répandre à partir des routes commerciales passant au sud et à l'est de la Palestine35.
Yahweh, un dieu révélé ?

Plusieurs passages de la Bible suggèrent que Yahweh a été révélé aux Israélites et qu'il a existé une période de leur histoire où Yahweh n'était pas connu. Deux textes du livre de l'Exode (Exode 3 et Exode 6), indiquent que Yahweh s'est révélé pour la première fois à Moïse. Parmi les noms des contemporains de Moïse, le nom de Yahweh n’apparaît pas comme élément théophore, où seulement à la fin de la vie de Moïse. Le premier nom est Josué (Yĕhôšuaʿ). Yahweh n’apparaît pas non plus dans les généalogies de la Genèse. Une telle lecture présente cependant des difficultés. L'absence de Yahweh peut s'expliquer par le souci de maintenir la cohérence interne du récit lors de son édition finale. Les deux textes d'Exode 3 et 6 datent au plus tôt du VIe siècle av. J.-C. et il est difficile d'utiliser ces passages pour reconstruire l'histoire ancienne de Yahweh. Ces éléments suggèrent cependant que les Israélites percevaient Yahweh comme une divinité qui leur avait été introduite27.
Fonctions
Le nom yhwh sur la stèle de Mesha, IXe siècle av. J.-C. (Musée du Louvre, Paris)
Le nom yhwh sur un ostracon de Lakish, VIe siècle av. J.-C.

Yahweh occupe une place centrale dans la religion des Israélites dans le royaume d'Israël et dans le royaume de Juda. La première mention claire du Yahweh en dehors de la Bible montre que son culte est pratiqué en Israël. Elle figure sur la stèle de Mésha du IXe siècle av. J.-C.. Le roi moabite Mésha y raconte ses succès militaires contre le royaume d'Israël sous le règne d'Achab. Après avoir attaqué Nebo, une ville située au nord-ouest de Moab, il fait emporter les « vases de Yhwh » devant son dieu Kémosh. Yahweh apparaît ici comme le dieu officiel d'Israël, dont le culte est pratiqué jusque dans la ville de Nebo, à la frontière avec Moab. Un sceau du VIIIe siècle av. J.-C. découvert à Jérusalem porte l'inscription « Miqneyaw serviteur de yhwh ». Un ostracon de Kuntillet Ajrud mentionne un « Yahweh de Téman » et un « Yahweh de Samarie ». Les amulettes du Ketef Hinnom (Jérusalem, VIIe – VIe siècle) invoquent Yahweh dans un texte proche de la bénédiction sacerdotale figurant dans le Livre des NombresN 14,36.

Les traits originaux de Yahweh sont difficiles à déterminer. Certains chercheurs supposent que c'est un dieu de l'orage. Cette association à l'orage est peut-être héritée de son rival divin Baal. Yahweh s'exprime au travers des éclairs. Il utilise le feu pour manifester sa présence. C'est peut-être aussi un dieu de la montagneN 15. Il contrôle l'eau de la mer, des rivières et la pluie. Il présente aussi les traits d'un dieu du désert. Il est associé aux régions désertiques en marge des villes et des villages. Cette caractéristique est à relier avec la tradition israélite selon laquelle les Hébreux étaient à l'origine des pasteurs nomades qui évoluaient en quête de pâturages37.

Pour les rédacteurs bibliques, Yahweh est surtout le dieu de l'alliance car il a passé une alliance avec les patriarches, les enfants d'Israël, le roi David et la monarchie judéenne3. Selon la tradition, Yahweh établit d'abord son alliance avec les Patriarches, ce qui en fait le « dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ». Il initie ainsi une relation personnelle avec les Israélites. Parmi un fond culturel polythéiste, Yahweh est le dieu qui défend les Israélites. En retour, ceux-ci reconnaissent son pouvoir et acceptent sa souveraineté. Cet engagement mutuel est volontaire. La relation s'accompagne d'une alliance, conçue comme une sorte de traité qui engage les deux parties. Le peuple s'engage à respecter les commandements de Yahweh. Ces prescriptions régissent leur vie civile et religieuse. L'observance des lois et des rites garantit l'harmonie entre le monde humain et le monde divin37.

L'onomastique suggère que Yahweh occupe un rôle particulier dans l'Israël antique. La présence de noms propres intégrant l’élément Yahweh ou ses abréviations est une caractéristique propre à Israël et à Juda si on compare avec les régions voisines. Sur un corpus de 738 noms israélites provenant de sceaux, de bulles ou d'autres inscriptions, on a pu recenser que 351 incluent le nom de Yahweh, soit près de la majorité. Parmi les noms restant, la majorité (339) ne font pas référence à des dieux. En dehors de Yahweh, les autres noms théophores utilisent l'élément ēl dans seulement 48 cas et uniquement quelques-uns l'élément baal, principalement à Samarie. Les autres dieux représentés dans l'onomastique israélite sont empruntés à la tradition cananéenne (ʿnt « Anat », ym « Yam », mwt « Mot », ršp « Reshep ») ou égyptienne (ʿmwn « Amon », ḥwr « Horus », bs « Bès »)38. L'emploi dominant de Yahweh dans l'onomastique de l'ancien Israël est un usage assez différent par rapport aux royaumes voisins. Dans le territoire d'Ammon où les données onomastiques sont suffisamment nombreuses pour faire une analyse statistique, le dieu national Milkom est par exemple beaucoup moins représenté que 'ēl. Même si la mention d'une divinité dans les noms propres ne peut être reliée simplement aux pratiques religieuse, il existe chez les Israélites une manière particulière de concevoir leur divinité, manière qui n'est pas partagée par leurs voisins lorsqu'il s'agit de donner des noms39.

Vers 600 av. J.-C., une inscription de Khirbet Beit Lei, à 8 km à l'est de Lakish, fait référence à Yahweh. Sur ce site, on a retrouvé deux tombes de l'âge du fer. Plusieurs inscriptions figurent sur les parois de l'antichambre de l'une des tombes. La plus longue inscription dit que « [Yahweh] est le dieu de la terre entière, les monts de Juda appartiennent à lui, au dieu de Jérusalem »

« יהוה אלהי כל הארץ ה
רי יהד לו לאלהי ירשלם »

— Khirbet Beit Lei, graffito A40

Une seconde inscription est plus compliquée à déchiffrer. Elle a été rendue par « absous(-nous), dieu miséricordieux, absous(-nous) Yahweh»N 16. « yhwh » est visiblement ici le dieu de Jérusalem. Un troisième graffiti indique « délivre-nous Yahweh ». Les ostraca d'Arad contiennent des bénédictions et des invocations au nom de « yhwh ». Une inscription fait aussi référence à la « maison de yhwh », probablement le temple local. Dans les dernières années du royaume de Juda, les ostraca de Lakish contiennent elles aussi des invocations au nom de « yhwh » (« que Yahweh donne la santé »)41,42.
Culte

Une particularité du culte de Yahweh tel qu'il est présenté dans la Bible est son caractère aniconique, c'est-à-dire que la divinité n'est pas représentée par une statue ou par une image. La Bible interdit explicitement toute image sculptée de YHWH. Elle ne mentionne d'ailleurs jamais de statue de YHWH, ni dans le royaume d'Israël, ni en Juda. Cet aniconisme supposé des Israélites n'est pas un phénomène unique parmi les populations ouest-sémitique du Proche-Orient ancien. Il en existe d'autres exemples, chez les Nabatéens notamment. Cependant ces exemples sont généralement plus tardifs que la monarchie israélite. Certains chercheurs estiment néanmoins que pendant la période monarchique, Yahweh a pu être vénéré sous forme de statue comme chez les peuples environnants. Le culte aniconique aurait été mis en place lors des réformes religieuses opérées par Josias et peut-être par Ézéchias vers la fin de la monarchie judéenne. Beaucoup de textes bibliques décrivant le culte des Israélites semblent dater de la période exilique ou post-exilique. L’absence de référence à des statues pourrait provenir d'un biais et d'une rétroprojection du culte tel qu'il était pratiqué pendant la période post-exilique43.

En dehors de la Bible, plusieurs témoignages archéologiques sont parfois considérés comme indiquant une possible existence d'images anthropomorphes de Yahweh dans les sanctuaires israélites d'Israël et de Juda. Ces témoignages sont sujet à des interprétations divergentes. Le prisme de Sargon II datant d'environ 706 décrit la prise de Samarie par les Assyriens. Parmi le butin mentionné, l'inscription parle de l'enlèvement des dieux auxquels ils croient (ilāni tiklīšun). La déportation des statues des dieux est une pratique courante lors de l'annexion d'un royaume dans le Proche-Orient ancien. Les dieux sont emmenés en captivité. Cet élément est parfois pris comme la preuve de l'existence d'une statue anthropomorphe de Yahweh dans le sanctuaire de Samarie. Pour d'autres chercheurs, ce passage fait allusion à des objets de culte dont la nature ne peut être précisée. Il peut aussi s'agir d'un thème littéraire, « la spoliation des dieux », ne correspondant pas à un évènement réel. Les bas-reliefs de Lakish présentent la prise de la ville par Sennachérib. Sur l'un des panneaux, on y voit l'enlèvement d'objets de culte retirés du sanctuaire local lors de la destruction de la cité. Parmi les objets, on identifie des autels à encens mais pas de statue. Ce témoignage pourrait être un élément indiquant l'absence de statue dans le sanctuaire judéen43.

Chez les Israélites, l'arche d'alliance semble servir de représentation pour Yahweh. Elle est le symbole de sa présence. Elle prend la place de sa représentation lors des fêtes où elle est exposée au peuple44.
Relations avec le panthéon cananéen
Yahweh dans l'assemblée des dieux

Plusieurs passages de la Bible semblent indiquer que Yahweh n'a pas toujours été à la tête du panthéon israélite. À un moment donné, Yahweh a pu être considéré comme une divinité parmi d'autres. Plusieurs passages bibliques mentionnent l'idée d'une assemblée divine et laissent penser que Yahweh a pu être subordonné au grand dieu cananéen El ou au dieu El Elyon45. Le Psaume 82 présente ainsi Elohim au sein de l'assemblée de El et rappelle l'idée que tous les dieux du Levant sont les fils de El (Elyon). Dans le Psaume 89, Yhwh est encore un fils des dieux, mais il est le plus grand d'entre eux46. Dans le DeutéronomeN 17, il est écrit que le dieu Elyon divise les hommes selon le nombre des fils de El. Ce passage se trouve dans le texte grec de la Septante et dans un des manuscrit hébreu de QumrânN 18. Par contre, le texte massorétique, qui porte l'expression « fils d'Israël » et pas « fils de El », ne semble pas correspondre au texte hébreu sur lequel se base la Septante. Le texte massorétique est une édition plus tardive qui a semble-t-il été remaniée pour remplacer une expression problématique par une autre aux accents moins polythéistes, tout en en gardant le nombre de soixante-dix. Chacun des soixante-dix dieux est donc le dieu d'une nation. Parmi les fils de El, Yhwh est le dieu de Jacob. La théologie exposée par ce texte est que tous les peuples ont leur dieu tutélaire et que parmi les peuples, Yahweh est le dieu particulier d'Israël45.

Même après avoir été adopté par Israël, Yahweh continue à cohabiter avec les autres divinités ouest-sémitiques. Comme dans les autres panthéons sémitiques, Yhwh est à la tête d'une assemblée divineN 19. Cette assemblée est d'abord composée de divinités de rang inférieur. Lorsque ces traditions seront plus tard relues selon une théologie monothéiste, ces divinités seront alors interprétées comme des anges47. Contrairement à la mythologie développée à Ougarit au XIVe – XIIe siècle av. J.-C., les membres de l'assemblée de Yahweh n'ont pas de nom individuel, de rôle ou de volonté propre48.

À la différence d'autres traditions religieuses du Proche-Orient ancien, la Bible hébraïque ne rapporte pas de grands récits mythologiques centrés sur Yahweh. Il n'existe pas de récits épiques le mettant en scène face à d'autres divinités ou face aux forces cosmiques. Alors que le Cycle de Baal est écrit à la gloire de Baal ou que l'Enuma Elish l'est à la gloire de Mardouk, on ne dispose pas de textes semblables pour Yahweh49. Les récits bibliques reprennent cependant des thèmes mythologiques et des images connues pas ailleurs, notamment dans les textes d'Ougarit. Dans la Bible, Yahweh combat des monstres marins, comme le fait Baal face au dieu YamN 20. Il combat les forces du chaos, telles que le Léviathan, le Tannin ou Rahab. Ces quelques thèmes mythologiques ne sont que les rares survivances des anciennes croyances qui se sont maintenues lorsque la mise en forme finale de la Bible a adopté un point de vue monothéiste47. Les anciens mythes sont réinterprétés. Dans le récit de la Genèse, les forces du chaos ne jouent plus aucun rôle dans la création50.
Yahweh et El

El est une divinité cananéenne. À la fin de l'âge du bronze, il est notamment vénéré à Ougarit où il est placé à la tête du panthéon, même si son autorité semble décroître au profil du dieu Baal. Dans la Bible, le nom 'ēl apparaît 230 fois. Son usage est double : il sert à la fois pour désigner un dieu étranger et pour désigner le dieu d'Israël51. Dans l'Israël antique, El semble avoir été vénéré dans le sanctuaire de Shilo et peut-être à Sichem et Jérusalem sous les formes de El berît et El Elyon. Yahweh a ensuite pu être identifié à El et hériter alors de ces titres. Les formes locales du dieu El ont pu devenir des épithètes pour Yahweh. Dans le livre de l'ExodeN 21, Yahweh est identifié à El Shaddaï. Selon les traditions de Jacob issues des récits bibliques, le dieu El semble être le dieu des Patriarches. Cette association avec le récit des Patriarches reflète probablement une ancienne théologie de l'histoire religieuse d'Israël52.

Certains aspects de la personnalité de Yahweh viennent probablement de celle de El dont il a repris les caractéristiques. À l'instar de El, Yahweh est décrit comme un dieu âgéN 22 à la tête d'un conseil divinN 23. La vision de Yahweh comme un dieu âgé perdure jusque dans la littérature biblique tardiveN 24. Il est à la tête d'une assemblée divine dont les membres sont appelés les qedōšîm, les « Saints ». Dans une relecture monothéiste, les membres de cette assemblée deviennent les membres d'une assemblée angélique et non plus divine53. La description du lieu de résidence de Yahweh dans une tente ('ōhel)N 25 rappelle la tente dans laquelle réside El. Le terme utilisé pour les solives du tabernacle (qerāšîm) est construit sur la même racine que le terme qrš (« pavillon ») désignant la résidence de El54.
Yahweh et Ashéra

Yahweh est aussi associé à la déesse Ashéra dans deux inscriptions, à Kuntillet Ajrud dans le Sinaï et à Khirbet el-Qôm à l'ouest d'Hébron. Ces inscriptions font référence à « yhwh et son ashera ». Elles ne mentionnent probablement pas directement la déesse elle-même, mais plutôt un objet cultuel symbolisant Ashéra. La construction grammaticale est en effet généralement comprise comme signifiant qu'ashera est ici un nom commun et pas un nom propre47. Ces inscriptions sont datées entre la fin du IXe siècle av. J.-C. et la deuxième partie du VIIIe siècle av. J.-C.. Dans la Bible, Ashera apparaît à la fois comme une divinité et comme un objet (h'ašērâ ou 'ašērîm). Son culte est pratiqué jusque dans le temple de JérusalemN 26. La question de savoir si Ashéra était ou non la parèdre de Yahweh a donné lieu à des avis divisés. La majorité des chercheurs estiment qu'Ashéra était vraisemblablement la déesse consort de Yahweh55. Le culte de « Yahweh et son Ashérah » est certainement pratiqué pendant très longtemps56. Lorsque Yahweh s'approprie les caractériques du dieu El, il reprend visiblement aussi son rôle de consort de la déesse Athirat, dont Ashéra est une forme apparentée57. À l'époque néo-babylonienne, les Juifs de la colonie militaire Éléphantine associent eux aussi une parèdre à leur dieu « Yaho ». Une liste indique les divinités vénérées dans le sanctuaire. Elle mentionne les déesses Anat Yahu et Anat Bethel58. Si le couple divin Yahweh-Ashéra a pu être chargé d'un panthéon, cette vision évolue ensuite vers une description où la figure de Yahweh seule est centrale et où les autres puissances, dont Ashéra, n'occupent qu'un rang inférieur59.
Yahweh et Baal

Dans l'Israël antique, le culte de Yahweh n'est pas exclusif. Il semble que Yhwh et Baal y étaient vénéré côte à côté, notamment dans le royaume d'Israël. Les ostraca de Samarie (IXe siècle av. J.-C.) indiquent que les noms propres font à la fois apparaître l'élément yhwh et l'élément baal. On y compte cinq individus avec des noms incluant Baal contre neuf avec yhwh60. Cette impression se retrouve dans la Bible, où les deux éléments apparaissent aussi dans les noms propres, même si l'élément bōšet, (« honte ») est souvent substitué à Baal dans une volonté polémique. Ainsi le fils du roi Saül Ishbaal est-il aussi appelé Ishboshet. Cette substitution est opérée dans le livre de SamuelN 27 mais les noms originaux sont correctement conservés dans les livres des ChroniquesN 28. Le culte de Baal semble cependant moins répandu61. Si son nom apparaît dans quelques noms propres, le nom de Yhwh est largement plus courant dans l'épigraphie israélite38. Dans la Bible, le roi d'Israël Achab et son épouse phénicienne Jézabel sont présentés comme de grands promoteurs du culte de Baal. Yhwh est cependant très présent dans le récit du règne d'Achab. Son premier ministre s'appelle Ovadia (« serviteur de Yhwh ») et ses fils Azaria (« Yhwh aide ») et Yehoram (« Yhwh est élevé »)61. Dans le deuxième livre des Rois62, le roi d'Israël Jéhu y est présenté comme un défenseur de la cause de Yahweh contre Baal, Yhvh devenant définitivement la divinité la plus importante en Israël à cette époque63
Yahweh et Baalshamin

À partir du règne de Jéhu, Yahweh est vénéré à la manière de Baal de Sidon ou de Baalshamin. Il devint un baal shamem, un « Seigneur du ciel », le dieu de la dynastie davidique et dieu national de Juda en intégrant les traits du Dieu El, figure royale trônant, et ceux de Baalshamin, combinaison du dieu de l'orage et du dieu soleil64.
Monothéisme

Selon la Bible hébraïque, Israël s'est constitué en peuple lors de la révélation de Yahweh au Sinaï. Dès son origine, Israël a été le peuple d'un seul dieu : YHWH. Si l'histoire d'Israël a été marquée par des périodes d'apostasies, il ne s'agit que d'égarements ou de négligences qui n'ont jamais remis en cause le lien unique entre Yahweh et Israël38.
Le polythéisme israélite

Le polythéisme est une caractéristique des sociétés du Proche-Orient ancien65. Contrairement au discours biblique, le monothéisme est un développement tardif de la religion des Israélites. Le culte des Israélites à d'autres divinités est attesté au moins jusqu'à l'Exil à Babylone tant dans la Bible elle-même, dans ses critiques du polythéisme, que par l'archéologie (épigraphie et figurines). Les nombreuses figurines, dont les « figurines piliers », indiquent une forte présence de divinités féminines dans l'activité religieuse des Israélites aux VIIIe – VIIe siècle av. J.-C.. La Bible ne fournit cependant pas une description complète de la religion des Israélites. Une sélection a été opérée lors de l'édition finale des textes. Seuls quelques vestiges d'information ont survécu et confirment cette situation polythéiste. Dans le livre du Deutéronome, des passages monothéistesN 29 figurent à côté de passages qui acceptent l’existence d'autres dieuxN 30. Si Yahweh semble avoir le statut de dieu national, son culte n'est qu'une des formes de la dévotion des Israélites59.

Yahweh est à l'origine un dieu local sudiste, attaché à une géographie donnée, probablement des tribus d'Édom qui se comprennent, via un médiateur (Moïse), comme עם יהוה, ‘am Yhwh « peuple ou parenté de Yhwh » et qui introduisent leur dieu Yahweh dans le territoire de Benjamin et la montagne d'Éphraïm (en), Yhwh devenant le dieu tutélaire d'Israël sous Jéroboam66. Un passage du livre des Rois illustre l'enracinement géographique de Yahweh : après la déportation des habitants du royaume d'Israël par les Assyriens, un prêtre de Yahweh est ramené dans le sanctuaire de Béthel pour organiser le culte du « dieu du lieu » pour les colonsN 31. Ces colons nouvellement installés vénèrent à la fois leurs dieux ancestraux et le dieu local, attaché à la terre sur laquelle ils vivent67. Face à une situation polythéiste, le discours monothéiste de la Bible est largement rhétorique. Ce discours s'adresse avant tout à la communauté israélite et vise à renforcer le lien entre Yahweh et le peuple, en tenant à distance les autres divinités. Il ne marque pas un nouveau stade dans la religion des Israélites mais cherche à exprimer la relation particulière d'Israël à Yahweh. Il exprime les droits de Yahweh sur Israël et la fidélité d'Israël à Yahweh68. Avec avènement de la dynastie de David, le « dieu du lieu » devient le « dieu du roi ». À l'époque monarchique, Jérusalem héberge à la fois le pouvoir royal et le sanctuaire de Yahweh. En renforçant la figure divine du dieu national et dynastique, le pouvoir politique vise à renforcer la centralité de Jérusalem. Sous la monarchie, les représentations des divinités vénérées en Israël s'agrègent à la figure de Yahweh qui acquiert une autorité divine supérieure aux autres dieux69. L'importance majeure de Yahweh dans la société israélite pourrait permettre de qualifier sa pratique religieuse de « monolâtrie »70. Les prophètes Amos, Osée et Élie s'opposent certes aux cultes des autres divinités, mais ne s’intéressent qu'aux cultes pratiqués en Israël même, pas à l'extérieur. Leur action permet cependant de les faire passer pour des représentants du monothéisme, même si à ce stade, l’existence des autres divinités n'est pas niée, seuls leurs pouvoirs sur Israël le sont69. Les autres dieux sont réels, mais ils ne sont pas aptes à régir les Israélites, et leur puissance disparaitra à la fin des temps67.

Comme à Ougarit, le pouvoir de Yahweh est décrit en termes de conflit, notamment avec les forces cosmiques71. Mais les anthropomorphismes et les thériomorphismes (attributions de caractéristiques humaines ou animales) sont beaucoup plus réduits qu'à Ougarit. Contrairement à Baal, la virilité ne fait pas partie des caractéristiques de Yahweh. Il n'est en général pas concerné par la mort ou la sexualité. Il échappe à ces sources d'impuretés. Ces notions semblent écartées car elles sont incompatibles avec les concepts de pureté rituelle propres aux prêtres qui sont visiblement responsables de la transmission et de la rédaction du corpus biblique72. Par contre, il est présenté comme un scribe divinN 32.
L'émergence du monothéisme

Une rhétorique réellement monothéiste émerge à partir des VIIe – VIe siècle av. J.-C.. Il est difficile d'en comprendre les raisons précises, même si la structure de la société israélite et les circonstances historiques ont pu l'influencer. D'une part, la structure d'une divinité centrale entourée d'un conseil divin se démarque de la conception de la famille divine telle qu'on la retrouve à Ougarit. Dans la vision théologique israélite, l'individualité de Yahweh se dégage largement. Cette individualisation peut refléter l'affaiblissement de la structure familiale traditionnelle alors qu'émerge un pouvoir royal centralisateur et qui s’accompagne d'une nouvelle classe de propriétaires terriens73. D'autre part, les circonstances historiques ont pu faire évoluer la vision de Yahweh. À partir des VIIIe – VIIe siècle av. J.-C., Israël entre en contact avec les empires assyrien et babylonien. Alors qu'Israël est soumis à de puissants empires et qu'il se retrouve au bas de l'échelle politique, les prêtres conçoivent la divinité nationale au sommet du pouvoir divin, dont l'autorité s'étend sur tout l'univers. La détérioration de la position d'Israël dans l'histoire s'accompagne d'une élévation du statut de Yahweh dans la littérature. Ce glissement du discours théologique fait passer Yahweh du statut de dieu national à celui du seul dieu existant dans le cosmos71. À partir du VIIe siècle av. J.-C., la réforme deutéronomique vise à renforcer la cohésion communautaire. Yahweh devient le seul objet de vénération. l’idolâtrie est considérée comme une trahison74. Signe peut-être d'une réforme du roi Josias et d'une évolution vers le monothéisme, la déesse Ashéra n’apparaît plus dans les formules de bénédictions et de protection dans les ostraca de Lakish et d'Arad. Seul Yahweh intervient75.
« Ainsi parle l’Éternel (yhwh), roi d’Israël et son rédempteur, l’Éternel des armées : je suis le premier et je suis le dernier, et hors moi il n’y a point de Dieu. » (Ésaïe 44,6)

Bible Segond

À partir de l'Exil, le discours de la Bible devient clairement monothéiste. Avec l'Exil, Israël a perdu sa terre et ses institutions. Le Temple de Jérusalem est ruiné. La lignée royale de David, qui témoignait de la présence de Yahweh aux côtés d'Israël et de sa protection, a disparu76. Cette crise remet en cause l'identité d'Israël. Il lui faut trouver un nouveau cadre théologique pour expliquer cette situation. Une nouvelle conception de Yahweh prend alors forme77. On considère généralement que les chapitres 40 à 55 du livre d'Isaïe expriment bien cette nouvelle théologie monothéiste. À l'époque de la monarchie, les juges et les rois israélites obéissaient au plan divin pour sauver Israël. Désormais, c'est le roi perse Cyrus qui est l'oint de YahwehN 33. Yahweh n'est pas seulement le dieu tutélaire d'Israël. Il dirige le monde et peut choisir des rois étrangers pour assurer l'avenir d'Israël. L’existence même des autres dieux est refuséN 34 : Yahweh est le seul dieu dans le cosmos et rien n'est semblable à lui78.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:38

Laïcité
Un symbole anglo-saxon de la séparation des Églises et des États.
Symbolique de la laïcité à la française, la devise de la République française sur le tympan de l'église d'Aups, Var.

La laïcité ou le sécularisme est le « principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse1» et « d'impartialité ou de neutralité de l'État à l'égard des confessions religieuses1». Le mot désigne par extension le caractère des « institutions, publiques ou privées, qui sont indépendantes du clergé et des églises1».

La laïcité s'oppose à la reconnaissance d'une religion d'État. Toutefois, le principe de séparation entre l'État et les religions peut trouver des applications différentes selon les pays.

Définitions

Pour le Larousse, la laïcité se définit comme

« Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l'Église et de l'État et qui exclut les Églises de l'exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l'organisation de l'enseignement2. »

ou

« Caractère de ce qui est laïque, indépendant des conceptions religieuses ou partisanes2. »

Pour le CNRTL :

« Principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse3. »

ou

« Caractère des institutions, publiques ou privées, qui, selon ce principe, sont indépendantes du clergé et des Églises; impartialité, neutralité de l'État à l'égard des Églises et de toute confession religieuse3. »

« Laïcité », « laïque » peuvent désigner une institution ou un organisme qui est indépendant des conceptions religieuses ou du clergé ou neutre vis-à-vis des confessions religieuses : on parle de « laïcité de l'État », « laïcité de l'enseignement »2,3.
Étymologie

Le mot « laïc », apparu au XIIIe siècle et d'usage rare jusqu'au XVIe siècle, désigne les personnes (et les choses) qui ne sont pas de condition religieuses (prêtres, religieux), de la même manière que le mot civil désigne ceux qui ne sont pas de condition militaire.

Ce terme est issu du latin laicus « commun, du peuple (laos) », terme ecclésiastique repris au grec d'église λαϊκός, laikos, « commun, du peuple (Laos) »N 1, par opposition à κληρικός, klerikos (clerc)4, désignant les institutions proprement religieuses. Le terme laicus est utilisé dans le vocabulaire des églises chrétiennes dès l'Antiquité tardive pour désigner toute personne de la communauté qui n’est ni clerc, ni religieux c'est-à-dire profane en matière de théologie. Cependant, elle appartient bien à l'Église, dans le sens qu'elle en suit le culte (l'incroyance étant alors inconcevable à l'époque); et peut même y exercer des fonctions importantes. L'abstrait désignant cette position a donné en français le terme « laïcat »5.

Au Moyen Âge, le mot « laïc » distingue l'homme commun, qui doit être enseigné, de l'individu « instruit » consacré par son état religieux6.
Laïcité et sécularisation

On distingue le caractère séculier d'une société (la population manifeste une certaine indifférence religieuse) de la laïcité proprement dite (les institutions d'État ne sont soumises à aucune contrainte ni même ne relèvent d'aucune justification de nature religieuse, spirituelle ou théologique).

Jean Baubérot propose ainsi une définition des processus de sécularisation et laïcisation : « la sécularisation implique une relative et progressive (avec des zigzags) perte de pertinence sociale (et, en conséquence, individuelle) des univers religieux par rapport à la culture commune (...) La laïcisation, en revanche, concerne avant tout la place et le rôle social de la religion dans le champ institutionnel, la diversification et les mutations sociales de ce champ, en relation avec l'État et la société civile. »7

Ferdinand Buisson, un des inspirateurs des lois laïques de la Troisième République française, définit plus la laïcité comme de la sécularisation des institutions politiques d'un État, à savoir que cet État ne s'adosse à aucune religion officielle, ni ne suppose quelque onction divine. Le principe de séparation des pouvoirs politique et administratif de l’État du pouvoir religieux en est une application :

« Ce n'est que par le lent travail des siècles que peu à peu les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l’Église. La force des choses a de très bonne heure amené la sécularisation de l'armée, puis celle des fonctions administratives et civiles, puis celle de la Justice. Toute société qui ne veut pas rester à l'état de théocratie pure est bien obligée de constituer comme forces distinctes de l’Église, sinon indépendantes et souveraines, les trois pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire. Mais la sécularisation n'est pas complète quand sur chacun de ces pouvoirs et sur tout l'ensemble de la vie publique et privée le clergé conserve un droit d'immixtion, de surveillance, de contrôle ou de veto. Telle était précisément la situation de notre société jusqu'à la Déclaration des droits de l'homme. La Révolution française fit apparaître pour la première fois dans sa netteté entière l'idée de l’État laïque, de l’État neutre entre tous les cultes, indépendant de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique. L'égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes, la constitution de l'État-civil et du mariage civil, et en général l'exercice de tous les droits civils désormais assuré en dehors de toute condition religieuse, telles furent les mesures décisives qui consommèrent l’œuvre de sécularisation. Malgré les réactions, malgré tant de retours directs ou indirects à l'ancien régime, malgré près d'un siècle d'oscillations et d'hésitations politiques, le principe a survécu : la grande idée, la notion fondamentale de l’État laïque, c'est-à-dire la délimitation profonde entre le temporel et le spirituel, est entrée dans nos mœurs de manière à n'en plus sortir. Les inconséquences dans la pratique, les concessions de détail, les hypocrisies masquées sous le nom de respect des traditions, rien n'a pu empêcher la société française de devenir, à tout prendre, la plus séculière, la plus laïque de l'Europe8. »

Histoire

Le concept de laïcité trouve ses racines dans les écrits des philosophes grecs et romains, tels que Marc Aurèle[réf. nécessaire] et Épicure9 , ceux des penseurs des Lumières comme Locke, Bayle, Diderot, Voltaire, les pères fondateurs des États-Unis tels James Madison, Thomas Jefferson, et Thomas Paine, en France à travers les lois de Jules Ferry, ainsi que dans les écrits de libres penseurs modernes, agnostiques et athées, tels que Bertrand Russell, Robert Ingersoll, Albert Einstein, et Sam Harris. Contrairement aux idées reçues, le concept de laïcité a été développé par des savants d'obédiences variées. Ainsi, Averroès, philosophe et théologien musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, est également considéré comme l'un des pères fondateurs de la pensée laïque10,11,12.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:42

Fruits et graines
Fruit de Solanum tuberosum.

Le fruit de la pomme de terre est une baie qui ressemble à une petite tomate. Tout comme le reste de la plante14, exceptées les tubercules, il contient des alcaloïdes et solanines toxiques15 et n'est donc pas comestible. Sa forme peut être sphérique, allongée ou ovoïde, son diamètre varie généralement de 1 à 3 cm et sa couleur peut aller du vert au jaunâtre, ou de marron rougeâtre à violet. Les baies présentent 2 loges et peuvent contenir approximativement de 200 à 400 graines. Elles sont groupées en grappes terminales.

Les graines aplaties, ovales ou réniformes et de couleur blanche, jaune ou marron jaunâtre13, sont petites ; on compte de 1 000 à 1 500 graines pour un gramme16. Elles sont albuminées et l’embryon est enroulé10.

Certaines variétés cultivées ne fleurissent pas, d’autres fleurissent, mais sont stériles, par dégénérescence des étamines ou des ovules10.
Physiologie
Repos végétatif et dormance

Dès sa formation, le tubercule de pomme de terre subit une période de repos végétatif (ou dormance vraie, d’origine physiologique) qui l’empêche de germer, même s’il est placé dans des conditions de milieu (température, hygrométrie) favorables à la germination. Cette première phase est suivie d’une période de dormance déterminée par des conditions de milieu défavorables (température sub-optimale)17.

La durée du repos végétatif est très variable (de 17 à 40 semaines) et dépend principalement des variétés, c’est-à-dire de facteurs génétiques. Elle est par exemple courte pour Sirtema, moyenne pour Bintje et longue pour Désirée18. De nombreux changements biochimiques sont liés au maintien et à la levée de la dormance, en particulier l’acide abscissique (ABA) semble jouer un rôle déterminant dans la dormance des bourgeons19.
Systématique
Position de l’espèce dans la classification
Rang taxonomique Nom latin
Famille Solanaceae
Genre Solanum L.
Sous-genre Potatoe G. Don (D'Arcy)
Section Petota Dumort.
Sous-section Potatoe G. Don
Série Tuberosa (Rydb.) Hawkes

La pomme de terre appartient au genre Solanum et plus précisément au sous-genre Potatoe, section Petota, sous-section Potatoe. Cette sous-section se distingue par la présence de tubercules véritables qui se forment à l’extrémité des stolons20. Elle regroupe les espèces de pommes de terre cultivées et les espèces sauvages apparentées21.

La série Tuberosa, à son tour, se caractérise par ses feuilles imparipennées ou simples, sa corolle ronde ou pentagonale et ses baies arrondies22.

L’espèce Solanum tuberosum se différencie des autres espèces de la même série taxonomique par l’articulation du pédoncule en son tiers médian, les lobes du calice courts et disposés régulièrement, les feuilles fréquemment arquées, les folioles toujours ovales à lancéolées, approximativement deux fois plus longues que larges et les tubercules ayant une période de dormance bien marquée22.
Synonymes

Solanum aracatscha Bess., Cat. Pl. Hort. Crem., 135. 181623.
Solanum sinense Blanco, Fl. Filip., 137. 183723.
Solanum esculentum Neck., Delic. Gallo-Belg. vol. 1, 119. 1768., nom. illeg23.
Lycopersicon tuberosum (L.) Mill., Gard. Dict. ed. vol. 8, no. 7. 176823.

Sous-espèces

Solanum tuberosum se subdivise en deux sous-espèces : Solanum tuberosum L. subsp. tuberosum et Solanum tuberosum L. subsp. andigenum (Juz. & Bukasov) Hawkes.

La sous-espèce tuberosum est originaire de l’île de Chiloé, de l’archipel de Chonos et des régions adjacentes du Chili. Certaines formes diploïdes de cette sous espèce sont cultivées au Chili.

La sous-espèce andigenum est native des Andes du Pérou et se distribue du Venezuela jusqu’au nord-ouest de l’Argentine22. De nombreuses variétés traditionnelles de cette sous-espèce sont cultivées dans les régions andines. Certaines sont à l’origine des premières introductions de la pomme de terre en Europe24.

Les différences morphologiques entre ces deux sous-espèces sont très réduites et résumées dans le tableau ci-dessous. La principale différence réside dans le fait que andigenum dépend d’une photopériode courte pour tubériser22,25,24. Outre ces différences morphologiques, les deux sous-espèces sont nettement différenciées au niveau génétique, tant au niveau du génome chloroplastique que nucléaire26,27,28.
Caractéristiques Sous-espèce tuberosum Sous-espèce andigena
Feuilles peu divisées très divisées
Folioles larges étroites
Angle de la feuille avec la tige obtus aigu
Pédoncule grossit jusqu’à l’apex ne grossit pas jusqu’à l’apex
Réponse à la photopériode pour tubériser tubérise en jours longs ou courts nécessite des jours courts
Yeux du tubercule en général superficiels profonds
Forme du tubercule habituellement élargie en général arrondie

Concernant l’origine génétique des deux sous-espèces, on a établi que du fait de sa grande diversité génétique (avec d’innombrables variétés locales décrites et une grande diversité au niveau du génome nucléaire et chloroplastique)29, la sous-espèce andigenum est la sous-espèce originale et celle qui a donné naissance à S. subsp. tuberosum. Les différences au niveau de l’ADN chloroplastique sont suffisamment importantes pour pouvoir servir de marqueur généalogique pour déterminer sans équivoque comment s’est formée la sous-espèce tuberosum. Ainsi, on a démontré qu’il existe cinq génotypes de chloroplastes chez la sous-espèce andigenum (dénommés A, C, S, T et W), tandis que la sous-espèce tuberosum en compte seulement trois (A, T et W).

Le type le plus fréquemment rencontré chez la sous-espèce tuberosum est le T, caractérisé par une cassure chromosomique de 241 paires de bases30. L’étude de l’ADN chloroplastique d’un grand nombre de variétés des deux sous-espèces a permis de conclure que la sous-espèce tuberosum dérive de la sous-espèce andigenum après que cette dernière s’est croisée avec une espèce tubéreuse sauvage présente dans le sud de la Bolivie et le nord-ouest de l’Argentine, Solanum tarijense22,31.
Autres espèces

Selon la classification établie en 1990 par le botaniste britannique J. G. Hawkes, il existe sept espèces de pommes de terre cultivées et sept sous-espèces32. L'immense majorité des variétés modernes de pommes de terre, rattachées à Solanum tuberosum subsp. tuberosum, sont cultivées dans le monde entier, les six autres espèces et la sous-espèce Solanum tuberosum subsp. andigenum sont cultivées exclusivement dans les régions andines de l’Amérique du Sud, du Venezuela au Chili.

Ces taxons se différencient notamment par leur niveau de ploïdie et peuvent être de diploïdes (2n = 2x = 24) à pentaploïdes (2n = 5x =60).
Taxons de pommes de terre cultivées
selon J. G. Hawkes32 (1990) espèces sous-espèces ploïdie
Solanum ajanhuiri Juz. & Bukasov cultigènes ‘Yari’ 2x
cultigènes ‘Ajawiri’ 2x
Solanum chaucha Juz. & Bukasov 3x
Solanum curtilobum Juz. & Bukasov 5x
Solanum juzepczukii Buk. 3x
Solanum phureja Juz. & Bukasov subsp. phureja 2x
subsp. estradae (Lopez) Hawkes 4x
subsp. hygrothermicum (Ochoa) Hawkes 4x
Solanum stenotomum Juz. & Bukasov subsp. stenotomum 2x
subsp. goniocalyx 2x
Solanum tuberosum L. subsp. andigenum (Juz. & Bukasov) Hawkes 4x
subsp. tuberosum 4x

Bien qu’elle soit acceptée par le Centre international de la pomme de terre (CIP), cette classification ne fait pas consensus parmi les taxonomistes de la pomme de terre. Les botanistes russe Boukasov et Lechnovitch en recensent 21 en 1971 tandis que Dodds en 1962 en admet trois, subdivisées toutefois en cinq groupes de cultivars dans le cadre du Code international pour la nomenclature des plantes cultivées.

En 2007, une étude basée sur des marqueurs moléculaires portant sur 742 variétés locales a conduit à réduire à quatre le nombre d’espèces de pommes de terre cultivées : outre Solanum tuberosum, il s’agit de Solanum ajanhuiri (diploïde), Solanum juzepczukii (triploïde) et Solanum curtilobum (pentaploïde)33.

Il existe également de nombreuses espèces sauvages, étroitement apparentées aux précédentes et poussant exclusivement en Amérique du Sud, par exemple S. jamesii, S. commersioni ou S. maglia. Certaines de ces espèces, en raison de leur résistance au froid, de leur précocité, de leur résistance aux maladies, ont été utilisées pour améliorer les variétés cultivées ou en créer de nouvelles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:42

Répartition
Répartition de l’espèce Solanum tuberosum.

L’espèce Solanum tuberosum a une aire de répartition naturelle, celle où elle était cultivée lors de l’arrivée des conquistadors, cantonnée dans les régions andines de l’Amérique du Sud, les aires propres à chacune des deux sous-espèces, subsp. andigenum et subsp. tuberosum, étant totalement disjointes, séparées notamment par la zone aride du désert d'Atacama. La première s’étend depuis la Colombie au nord, jusqu’à la province de Jujuy au sud de l’Argentine, dans des régions montagneuse, généralement à plus de 2 000 m d’altitude, la seconde, exclusivement chilienne, est une zone de plaines qui va du centre du pays jusqu’à l’archipel des Chiloé au sud34.

Les cultures actuelles, qui concernent presque exclusivement la sous-espèce subsp. tuberosum, s’étendent sur les cinq continents entre 47° de latitude Sud et 65° de latitude Nord. La moitié de la surface consacrée à la pomme de terre se trouve en Europe et un tiers en Asie. L’hémisphère sud ne comprend que 6,9 % des terres cultivées en pommes de terre. On constate deux pics dans la répartition en latitude, le plus important (52 % de la surface mondiale), entre 44° et 58° de latitude N correspond aux pays d’Europe situés depuis la mer du Nord jusqu’à la Russie où se pratique une culture d’été. Le second (19 % de la surface), entre 23° et 34° de latitude N correspond à des zones plus chaudes de culture d’hiver (bassin du Gange, Sud de la Chine, Nord de l’Afrique). 25 % des surfaces cultivées se situent à plus de 1 000 m d’altitude35.
Recherche
Séquençage du génome

Le génome de la pomme de terre cultivée est tétraploïde et comprend 48 chromosomes (2n = 4x = 48). Sa taille est estimée à 950 Mpb. Il a été entièrement séquencé entre 2006 et 2011 dans le cadre d’un projet international, le Potato Genome Sequencing Consortium (PGSC) regroupant 29 instituts de recherche appartenant à 14 pays et coordonné par l’université de Wageningen (Pays-Bas). Il s’inscrit lui-même dans un projet plus large, l’International Solanaceae Genome (SOL) Project, intéressant plusieurs espèces de Solanacées36. La répartition des tâches entre les pays participants est la suivante : chromosomes 1, 5 et 8 : Pays-Bas, chromosome 2 : Inde, chromosome 3 : Argentine, Brésil, Chili et Pérou, chromosome 4 : Royaume-Uni et Irlande, chromosome 6 : États-Unis, chromosome 7 : Pologne, chromosome 9 : Nouvelle-Zélande, chromosomes 10 et 11 : Chine, chromosome 12 : Russie. Les résultats de cette recherche ont été publiés par la revue scientifique Nature le 10 juillet 201137.
Pommes de terre transgéniques
Article détaillé : Pomme de terre transgénique.

De nombreuses expériences de transgénèse ont été réalisées sur la pomme de terre depuis les années 1980. Elles poursuivent principalement trois objectifs : améliorer les caractéristiques agronomiques telles que la résistance à des maladies, des insectes ou des stress abiotiques (sécheresse, froid), modifier la composition des tubercules en vue de leur utilisation alimentaire ou industrielle, se servir des tubercules comme « réacteurs biologiques » pour produire des molécules intéressantes en médecine humaine ou animale38. Certaines ont obtenu des autorisations de commercialisation dans certains pays. Elles concernent notamment des résistances à des insectes ou à des maladies virales : résistance au doryphore, à la teigne (Phthorimaea operculella) et aux virus Y et au virus de l’enroulement de la pomme de terre39,40. D’autres concernant des propriétés intéressantes dans le domaine médical ou industriel n’ont pas eu d’applications concrètes.

En 2000, des études menées aux États-Unis ont montré la possibilité d’utiliser une pomme de terre génétiquement modifiée comme vaccin oral capable de déclencher chez l’homme une réponse immunitaire au virus de Norwalk, responsable de certaines formes de gastro-entérite41.

En 2005, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) a formulé un avis favorable à la production d’une pomme de terre transgénique, baptisée Amflora, sur demande de la société BASF Plant Science (BPS)42. Cette variété transgénique, dont le nom de code officiel est « EH92-527-1 », possède un amidon composé à 98 % d’amylopectine, ce qui présente un net avantage pour la production de fécule à usage industriel43. Cette demande est restée sans suite au niveau du Conseil européen44. Cependant en mars 2010, la Commission européenne, par la voix du commissaire à la Santé et à la Politique des consommateurs, John Dalli, a décidé d’autoriser sa culture dans « des conditions de culture strictes afin d’éviter que des pommes de terre transgéniques ne soient laissées dans les champs après la récolte et que des graines d’Amflora ne soient répandues accidentellement dans l’environnement »45.

Des pommes de terre génétiquement modifiées pour produire une lectine végétale GNA (Galanthus nivalis agglutinin) ont été au centre de l’« affaire Pusztai » dans les années 1998-199946.

La pomme de terre transgénique Fortuna résistant au mildiou de la pomme de terre est développée par BASF Plant Science depuis 2009.

En novembre 2011 une nouvelle controverse porte sur la non-neutralité et les conflits d'intérêt de certains experts ; selon l’ONG Corporate Europe Observatory (spécialisée dans l’observation et l’alerte quant aux stratégies de lobbying industriel, de corporation ou de cartel), la moitié des experts de l’EFSA ayant autorisé la culture de la pomme de terre OGM Amflora (déjà cultivée en Allemagne, Suède et Tchéquie) avaient des conflits d’intérêts47.
Banques de gènes
Les principales banques de gènes qui conservent du matériel génétique de la pomme de terre et des espèces apparentées se trouvent en Allemagne, en Argentine, au Chili, en Colombie, aux États-Unis, au Pérou (Centre international de la pomme de terre), au Royaume-Uni, en Russie (Institut Vavilov)48.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:44

Axomama était, dans la mythologie des Incas, la déesse de la pomme de terre. Son nom, qui s'écrit aussi Acsumama ou Ajomama, signifie littéralement « mère de la pomme de terre ». Il est formé sur les mots acsu1 et mama qui désignent, respectivement, la pomme de terre et la mère en langue quechua.

Axomama était la fille de Pachamama, déesse de la terre (ou du monde), tandis que d'autres déesses présidaient aux récoltes des cultures traditionnelles des Incas, par exemple : Saramama, déesse du maïs, Cocamama, déesse de la coca, Quinuamama, déesse du quinoa2[réf. à confirmer]...

On a retrouvé des représentations personnifiées d'Axomama, sous forme de vases de cérémonie en terre cuite provenant de la culture Moche datant du début de notre ère3.
Notes et références

↑ (en) Stefan de Haan, Potato diversity at height: multiple dimensions of farmer-driven in-situ conservation in the Andes, centre international de la pomme de terre, 2009 (ISBN 9085853311, lire en ligne [archive]), p. 64-65.
↑ (en) J.A. Coleman, The Dictionary of Mythology, United Kingdom, Arcturus Publishing Ltd, 2011
↑ (de) « Das Kartoffelmuseum » [archive], Das Kartoffelmuseum (consulté le 3 février 2011).

Voir aussi

Mythologie précolombienne
Histoire de la pomme de terre

et

La culture moche (parfois appelée mochica) est une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de la côte nord péruvienne, à peu près entre l'an 100 et l'an 700 ap. J.-C. Elle était contemporaine de la culture Nazca qui occupait la côte sud péruvienne, se situant chronologiquement entre l'ère Chavín (horizon ancien) et l'ère Chimú. La brillante culture des mochicas est contemporaine des Maya de la Mésoamérique et précède de plus de huit siècles le célèbre empire des Incas.

Sommaire

1 Histoire
1.1 Naissance d'un "royaume"
1.1.1 Foyer de Moche
1.1.2 Foyer de Sipán
1.2 Conquêtes militaires
1.3 Déclin et fin du royaume
2 Organisation et société
3 Religion
4 Technologies
5 Arts et céramiques
5.1 Une iconographie dominée par une violence ritualisée
5.1.1 Guerriers et chasseurs rituels
5.1.2 Le sacrifice humain
5.1.3 Le portrait du sacrifié
5.1.4 Le Sacrifice en Montagne
5.1.5 La Cérémonie de la Coca
5.1.6 La Cérémonie du Sacrifice
5.2 Les céramiques
6 Archéologie
6.1 La tombe fastueuse du seigneur Ucupe
6.2 Découvertes récentes
6.3 Liste des sites
7 Musées
8 Bibliographie
9 Notes et références
10 Voir aussi
10.1 Articles connexes
10.2 Liens externes

Histoire
Naissance d'un "royaume"

Au Ier siècle ap. J.-C., différentes cultures se partageaient le littoral nord péruvien, toutes héritières des cultures Chavín et Cupisnique, les plus remarquables étant :

les Vicús au nord, près de la frontière équatorienne
les Salinars, situés principalement dans la vallée du Moche
les Virú, établis dans la vallée du même nom, soit quelques kilomètres au sud des Salinars

La culture Moche apparaît comme une unification de ces différentes cultures : tout d'abord, deux foyers distincts semblent émerger presque simultanément, aux alentours de l'an 100 de notre ère : Moche et Sipán.
Foyer de Moche

Dans la vallée du Moche, (située dans l'actuelle région de La Libertad) au pied du Cerro Blanco, la culture Salinar laisse rapidement place aux Moches. La ville de Moche prend de l'importance avec le début de la construction de deux édifices, les huaca de la Luna et huaca del Sol. Ces bâtiments, qui n'ont alors qu'un seul étage, servent déjà respectivement de lieu de culte et de centre administratif. L'influence de ce foyer atteint la vallée du Virú aux dépens de la culture du même nom.
Foyer de Sipán

Plus ou moins parallèlement, dans la région de Lambayeque située plus au nord, le centre Moche de Sipán se développe également, la ville prend de l'importance et de hauts dignitaires Moches y sont enterrés dans un remarquable centre funéraire.

L'éloignement de ces deux centres implique déjà un bon contrôle du territoire et donc une organisation militaire élaborée de la part des Moches, à peine leur royaume fut-il formé.
Conquêtes militaires

On situe la majorité des conquêtes militaires Moches durant les IIIe siècle et IVe siècle. Les frontières se sont élargies le long de la côte : au sud, en s'étendant aux vallées du Chicama et de Huarmey, et au nord jusqu'à Piura, empiétant largement sur le territoire Vicús, assimilant ce peuple au fur et à mesure des conquêtes. À leur apogée, les Moches contrôlent un territoire essentiellement côtier s'étendant sur plus de 600 kilomètres de long. En plus des centres historiques que sont Moche et Sipán, ils construisent d'importants bastions militaires pour maintenir les frontières : Pampagrande au nord et Pañamarca au sud. C'est au cours de cette période, vers l'an 300 que vécut le seigneur de Sipán.

À leur apogée, autour du VIe siècle, les Mochica occupaient près de 500 kilomètres de littoral côtier péruvien, de la vallée de Piura au nord à la vallée de Huarmey au sud. Dans cette région, les fouilles ont mis au jour de vastes aires domestiques, des temples, des palais et des mausolées contenant des tombes spectaculaires. Les similitudes entre l’architecture et les objets trouvés sur les différents sites, comme celui de Huaca el Pueblo où la tombe du Seigneur d’Ucupe a été découverte, indiquent que les populations des différentes agglomérations mochica entretenaient des rapports assidus.
Déclin et fin du royaume

On situe la fin des Moches aux alentours de l'an 700. On suppose que la situation s'est peu à peu dégradée dans le royaume, celui-ci devant faire face à des crues catastrophiques des principaux fleuves et notamment du río Moche à cause du phénomène El Niño, ainsi qu'à des tremblements de terre à répétition durant le VIIe siècle. Peu après le déclin de la société moche, la culture Sican se développa sur les mêmes régions, puis plus tard encore ce fut au tour de la culture Chimú.
Organisation et société
Noble moche (Musée d'Amérique, Madrid).

La civilisation Mochica a développé une société hiérarchisée avec des dirigeants, des guerriers, des spécialistes du rituel, des artisans, des agriculteurs et des pêcheurs.

Il est probable qu’au moment de leur apogée, vers les Ve et VIe siècles ap. J.-C., les Mochica ne connaissaient pas d'autres groupes socialement aussi élaborés. Cette société a manifesté sa puissance et son opulence par l'ampleur de ses temples, la luxuriance de ses palais de briques en terre crue, ornés de fresques murales polychromes, et par la grandeur de ses villes peuplées de tisserands, de céramistes, de métallurgistes et d’autres artisans...

La société Moche était divisée en classes et hiérarchisée : un puissant seigneur était à la tête du royaume, le pouvoir se transmettant probablement par hérédité. Les classes les plus importantes étaient celles des guerriers, des prêtres et des administrateurs. Venaient ensuite les commerçants, artisans et bâtisseurs, puis les pêcheurs, paysans, etc. Le schéma urbain de la ville de Moche, par exemple, est typique de cette organisation, répartissant les habitats par quartier en fonction des classes et de l'importance des classes dépendait la distance à la huaca del Sol (les prêtres, guerriers et administrateurs étaient les plus proches de la huaca).

Durant toute l'existence de la ville de Moche, ses habitants n'ont cessé de construire les deux huacas : à peu près tous les cent ans, le plus haut étage de la huaca de la Luna était condamné, les couloirs comblés et on élargissait la base, construisait un nouvel étage au-dessus du précédent, élevant la rampe d'accès, de façon que seul ce nouvel étage soit encore accessible. À la disparition des Moches, la pyramide comptait 6 degrés et environ 600 ans d'existence.

Du Ier au VIIIe siècle de notre ère, les Moché ou Mochica ont développé un État, c’est-à-dire une organisation sociale, politique et économique centralisée et hiérarchisée, sans pourtant avoir connu les principales innovations techniques et intellectuelles que l’on associe souvent à l’émergence des «civilisations» et des États: pas de roue, ni monnaie ni écriture, ni économie de marché…

On suppose que le régime de l'État moche était théocratique, le seigneur étant également prêtre. La cohésion de la société, largement dépendante de la force militaire, devait reposer sur une puissante caste de guerriers au service de la théocratie.
Religion
Le décapiteur sur une fresque murale de la huaca de la Luna.

Le centre religieux était la huaca de la Luna, où les prêtres et le seigneur effectuaient toutes sortes de cérémonies. Le principal dieu se nommait Ai-apaec, Créateur mais aussi "décapiteur" (El Degollador en espagnol), que l'on trouve représenté sur de nombreuses céramiques et fresques de temples. Il prend souvent la forme d'une araignée, ou encore d'une créature ailée ou d'un monstre marin. Lorsque le corps est entièrement représenté, on le voit toujours tenant dans une main un couteau, et de l'autre une tête tenue par les cheveux. On pense qu'il s'agit d'allusions à des rituels de sacrifices humains pratiqués sur la huaca de la Luna. La réalité de ces sacrifices ne fait pas de doute, de nombreux ossements humains ayant été découverts au sommet de la huaca.
Technologies

Les Moches disposaient d'un haut niveau technologique dans différents domaines, notamment en matière d'irrigation et de métallurgie. Ils avaient réussi à maîtriser le désert grâce à un système d'irrigation ingénieux, en détournant les rivières et construisant des canaux. Ils ont exploité les abondantes ressources de l’océan Pacifique et ont conçu un système d'irrigation sophistiqué afin de pratiquer une agriculture basée sur les cultures du maïs, de la courge et des haricots. Ils pouvaient alors développer une agriculture excédentaire, et par-là même des liaisons commerciales avec les autres peuples environnants de la côte, des Andes et même d'Amazonie. Les Moche ont aussi développé des techniques de métallurgie élaborées par rapport aux autres civilisations andines. Ils travaillaient des alliages de cuivre et d'argent, de cuivre et d'or, ou encore du bronze pour fabriquer des objets de décoration, masques et bijoux mais aussi des outils agricoles et des armes. Ils avaient en particulier une technique de dorure du cuivre qui restera plus efficace que les techniques européennes jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Arts et céramiques
Autre poterie moche.
Article détaillé : Céramique mochica.

Les Mochica étant une société sans écriture, c'est essentiellement grâce à sa culture visuelle riche et abondante, pour ainsi dire unique dans les Andes anciennes, que nous pouvons explorer certains aspects de leur monde symbolique. Les principaux motifs dépeints sont des humains, des animaux et des êtres surnaturels ainsi que des activités de combat cérémoniel, de sacrifice humain, de chasse et de danse. Les différentes activités, y compris les rituels complexes, et les sujets sont élaborés dans un style clair, ce qui les rend facilement identifiables. Ils sont inscrits, modelés, gravés ou peints sur des supports aussi variés que les murs des édifices cérémoniels, les corps, les vêtements, les objets des individus de haut rang ou encore les offrandes d’objets en céramique. Ces représentations avaient pour principale fonction de promouvoir les valeurs et les intérêts de la classe dirigeante.
Une iconographie dominée par une violence ritualisée

Elle est un des aspects les plus importants et centraux de l’idéologie de cette culture. Elle s’inscrit dans une séquence d’actes rituels très précis: le combat, la capture du vaincu, sa transformation en victime sacrificielle et le sacrifice. Elle met en scène le pouvoir du dirigeant et le distingue des autres. En le rendant bénéficiaire de l’acte sacrificiel, elle établit un lien entre son pouvoir et celui des dieux.
Guerriers et chasseurs rituels
Boucles d'oreilles en or représentant des guerriers

L’iconographie mochica présente deux types de chasse. L’une consiste à diriger des cerfs de Virginie vers des filets afin de les achever avec des propulseurs ou des massues. L’autre, se déroulant en milieu marin, vise à abattre des otaries à coups de massue. Les individus impliqués et les armes utilisées sont souvent les mêmes que ceux des combats. Le Combat cérémoniel et la Chasse rituelle sont conceptuellement si proches que la Guerre de capture s’apparente à une Chasse rituelle de victimes sacrificielles.
Le sacrifice humain

Le sacrifice humain est très présent dans la culture rituelle et symbolique mochica. Il est représenté sur les céramiques déposées dans les tombes, les fresques murales des temples et les regalia des dirigeants. De nombreuses preuves de sacrifices humains ont aussi été découvertes dans des tombes et des enceintes de temples. Il s'agirait donc de l'activité rituelle et de pouvoir la plus centrale, autour de laquelle gravitent tous les autres rituels, ceux du combat, de la chasse et de la course. Les types de sacrifices sont également très variés et peuvent être pratiqués par des humains ou des êtres surnaturels. Des guerriers sont dévorés par des félins, et des hommes et des femmes sont déchiquetés par des vautours. D'autres encore sont attachés à des cadres sacrificiels. Les deux rituels les plus importants et les plus complexes sont ceux du Sacrifice en Montagne et de la Cérémonie du Sacrifice. Ceux-ci dénombrent le plus d'acteurs revêtus des attributs de rangs les plus élevés.
Le portrait du sacrifié

Les vases portraits affichant les visages d'individus distincts sont uniques dans les cultures du Pérou ancien. Ils représentent les guerriers vaincus, ou victimes sacrificielles, parfois coiffés du turban qu'ils portent sous leur casque ou dans la posture de captifs, dépourvus de leurs attributs, d'autres fois, arborant des couvre-chefs à effigie de félin, de renard ou d'oiseau. Commémorant le Combat cérémoniel, la capture et le sacrifice humain, ces vases auraient été préservés dans les temples et déposés dans des tombes.
Le Sacrifice en Montagne

Les plus anciennes scènes du Sacrifice en Montagne représentent l'Être à crocs et son Assistant-Iguane dominant une victime poussée du sommet d'une colline. Au fil du temps, ce rituel se complexifie et concerne des victimes supplémentaires, accomplissant des gestes rituels ou portant des cerfs de Virginie dans leurs bras, établissant ainsi un lien avec la Chasse rituelle. Les longs cheveux des victimes et les motifs appliqués sur leurs corps indiquent qu’elles ont été capturées lors de combats cérémoniels.
La Cérémonie de la Coca

La Cérémonie de la Coca est étroitement liée au Combat cérémoniel et au Sacrifice en Montagne. Sur certains vases, ces rites sont représentés côte-à-côte, avec les chiqueurs de coca portant à la bouche une substance extraite d’une bouteille (calero) à l’aide d’un bâton. Des bouteilles métalliques similaires ont été découvertes dans des tombes mochica. Elles auraient servi à contenir l’alcali qui permet d’extraire, à partir d’une réaction chimique, les alcaloïdes contenus dans la chique de feuilles de coca.
La Cérémonie du Sacrifice

La Cérémonie du Sacrifice, datant du VIe siècle, constitue le rituel le plus élaboré de l’iconographie mochica. Elle consiste en l'égorgement de deux victimes et en la récupération de leur sang dans des gobelets. Les lettres – A, B, C, D, E – ont été assignées aux sujets principaux au milieu des années 1970 afin de faciliter leur identification. Depuis lors, des tombes contenant des individus personnifiant quatre de ces sujets ont été découvertes sur les sites de Sipán, de Huaca de la Cruz et de Huaca el Pueblo.
Les céramiques

L'étude des céramiques moches revêt une importance fondamentale dans la mesure où, ne connaissant pas l'écriture, c'est par ce biais que les Moches ont laissé le plus d'informations sur leurs us et coutumes. Les Moches utilisaient des moules pour produire des poteries en quantité industrielle. Cependant cela ne les empêchait pas de créer des formes, des gravures et des peintures variées. Très soigné, cet art céramique se distingue facilement de celui des autres civilisations précolombiennes par l'utilisation de certaines couleurs : peintures ou sculptures souvent rouges ou noires sur un fond crème, et représentant généralement des objets ou scènes de la vie courante : fruits, légumes ou animaux, scènes d'agriculture, de pêche, de métallurgie ou de tissage, scènes érotiques, scènes guerrières ou encore scènes de sacrifices. On retrouve également de nombreuses scènes mythologiques, notamment des représentations du dieu Ai-Apaec. Beaucoup de poteries sont aussi modelées avec une forme de tête humaine ou d'animal. L'art Moche, influencé par le Chavín et le Cupisnique, marque toutefois un progrès considérable par rapport à ceux des cultures antérieures. Les sculptures et les dessins sont fins et réalistes, parfois ornés de nacre, pièces en os, voire d'or. Dans la dernière phase de la culture Moche, les céramiques prennent un ton plus sombre jusqu'au noir, annonciateur de l'art Chimú.

Les personnes importantes se faisaient parfois sculpter des céramiques à leur effigie. Les "portraits" ainsi retrouvés montrent souvent une expression particulière comme le rire, la colère ou la réflexion, reflétant certainement la personnalité de leur propriétaire.

La découverte de vases représentant des têtes typées mongoles ou africaines a amené certains chercheurs à penser que les Moches aient eu des contacts avec des peuples chinois ou d'Afrique noire. Pourtant, aucune trace d'artéfact Moche n'a été découverte dans ces régions, pas plus que des objets asiatiques ou africains dans les Andes. Cette théorie reste donc largement hypothétique.

On distingue généralement cinq phases ou périodes caractérisées chacune par un style artistique qui se retrouve principalement sur les céramiques. Selon ce découpage, les deux premières phases correspondent au Ier siècle av. J.-C. et au Ier siècle ap. J.-C. Il ne s'agit donc pas encore à proprement parler de la culture moche, mais plutôt des cultures Vicús, Salinar et Gallinazo. Les phases 3 et 4 s'étendent du IIe au Ve ap. J.-C., et enfin la phase 5 s'étend du VIe au VIIIe siècle.
Archéologie
Momie Moche.

Avant la fin du XIXe siècle, les diverses empreintes laissées par les Moches étaient attribuées aux Chimú (ou « proto-Chimú »). De plus, l'absence d'écrit dans les Andes précolombiennes rend plus difficile le travail de distinction des peuples. Les huaqueros (pilleurs de huacas) sont probablement responsables de pertes inestimables pour le patrimoine mondial, et leur action ralentit les avancées scientifiques. Ce n'est qu'en 1898 et 1899 que Max Uhle, archéologue allemand, fouilla les huaca del Sol et huaca de la Luna et identifia une culture distincte des autres cultures pré-colombiennes. À la fin des années 1920, l'archéologue péruvien Julio Tello propose d'appeler cette civilisation la civilisation Moche ou Mochica, en référence à l'ancienne langue parlée sur la côte nord du Pérou, le Muchik.
Les fouilles aux alentours de la huaca de la Luna se poursuivent. Les bâtiments ont été partiellement recouverts par le sable au fil des siècles, aussi les recherches ont commencé par le sommet des temples et s'effectuent de palier en palier vers la base. Ces constructions en adobe sont toujours menacées par El Niño.
En 1987, les fouilles effectuées par Walter Alva dans la Huaca Rajada ont révélé la fameuse tombe du Seigneur de Sipán, l'une des plus grandes découvertes archéologiques de ces 40 dernières années. Walter Alva et son équipe ont mis au jour plusieurs individus déposés dans de larges chambres funéraires avec leur entourage et des centaines d’objets cérémoniels spectaculaires dans le mausolée de Sipán . Sur la base de comparaisons entre les objets retrouvés dans les tombes et leur représentation iconographique, trois individus principaux de sexe masculin ont pu être identifiés comme les représentants de la Cérémonie du Sacrifice.

Le site de Dos Cabezas occupe une position importante dans l’histoire de Huaca el Pueblo et de son élite. Les deux sites ont entretenu des relations soutenues, comme en témoignent leurs architectures similaires. Les objets proviennent de deux des tombes découvertes dans l’édifice principal par Christopher Donnan (de 1994 à 1997). Deux chambres funéraires avaient été établies dans les cratères provoqués par les pluies torrentielles d’El Niño indiquant que des activités rituelles auraient eu lieu lors de tels événements.

Les peintures murales polychromes modelées sur les murs intérieurs et extérieurs des grands temples mochica constituent l’une des découvertes archéologiques les plus saisissantes de ces dernières années. Ces fresques, faites de boue séchée puis peintes avec des couleurs minérales et végétales, pouvaient atteindre trois mètres de hauteur et ornaient, sur d’immenses superficies, la plupart des centres cérémoniels. Cette forme artistique majeure de la culture mochica offrait à la population locale une vision impressionnante des thèmes rituels et symboliques chers à l’élite et aux dirigeants1,2.
La tombe fastueuse du seigneur Ucupe

En 2008, Steve Bourget et Bruno Alva Meneses ont découvert sur le site archéologique de Huaca el Pueblo dans la vallée de Zaña, la sépulture d’un dirigeant mochica, aussitôt nommé «El Señor de Ucupe» par la population locale. Le visage de l'ancien souverain, figure emblématique de la culture moche, est recouvert d'un masque funéraire doré, orné de cuivre et de coquillages Sa découverte constituait un événement fortuit puisque la chambre funéraire, datant du Ve siècle environ, ne faisait pas partie intégrante de l’architecture sous étude. Elle aurait été placée dans l’architecture plus ancienne du temple lors d’une rénovation importante de celui-ci.

Au cours d’une fouille de cinq semaines, toute la splendeur de cette tombe royale mochica s’est dévoilée. L’élaboration d’un ensemble funéraire aussi important est un acte social réfléchi et contrôlé dans ses moindres détails. Rien n’est laissé au hasard. Des choix précis sont effectués quant aux types d’objets déposés et à leur position exacte dans la tombe, les uns par rapport aux autres. Ces décisions reposent sur des principes rituels et symboliques d’une grande complexité.

La tombe a été construite le long de l’édifice cérémoniel le plus important du site, contenait les restes du seigneur d'Ucupe accompagné de trois autres personnes et d’une foison d’objets somptuaires. De ce contexte archéologique exceptionnel ont été exhumés plus de 200 artéfacts, dont 170 objets métalliques de cuivre argenté et doré, d’or et d’argent, des colliers constitués de plaques de coquillages marins et des objets en céramique. Dans un premier temps, l’ensemble de cette collection inestimable a été placé dans une chambre sécurisée et à l’atmosphère contrôlée au Musée Tumbas Reales de Sipán, situé dans la ville de Lambayeque. Presque immédiatement, le travail complexe de restauration a débuté avec le laboratoire de restauration de cette institution. Ces travaux minutieux se sont déroulés sur une période de quatre ans et ont été rendus possibles grâce au financement substantiel de l’Office fédéral de la culture à Berne. Les travaux de recherche sur le terrain ont été soutenus par la National Science Foundation (États-Unis) et l’Université du Texas à Austin de 2004 à 2009 et réalisés par le MEG de 2010 à 2013.

Plus de deux cents pièces, parmi lesquelles cent soixante-dix objets de cuivre doré et argenté, d’or ou d’argent, des colliers constitués de plaques de coquillages marins et des objets en céramique, ont été exhumées en 2008 du contexte archéologique exceptionnel de la chambre funéraire du Seigneur d'Ucupe à Huaca el Pueblo. Enfouis dans le sol salin du désert depuis plus de 1500 ans, ces artéfacts devaient impérativement subir une restauration qui raviverait leur splendeur d’origine, tout en mettant un terme à leur détérioration.

L’ensemble de cette collection inestimable a été confié au Museo Tumbas Reales de Sipán dont l’équipe de restauration a géré la remise en état de ces objets, conservés dans une réserve sécurisée à l’atmosphère contrôlée. Cette tâche minutieuse accomplie par quatre conservateurs s'est échelonnée sur une période de près de quatre ans. En plus des magnifiques objets déposés dans son enveloppe funéraire ou fardo, le Seigneur d'Ucupe, un individu dans la vingtaine, était accompagné de deux hommes et d’une femme enceinte de six mois. Il n'est rien resté du rituel funéraire précédant la mise en tombe, mais on peut supposer que celui-ci aurait comporté des chants, des danses et un festin.

Cette sépulture est l’une des plus complexes et des mieux conservées de la culture mochica dans un contexte archéologique exceptionnel. Le défunt était entouré de plus de cent soixante-dix objets métalliques spectaculaires, des vases en céramique et des lamas sacrifiés. Savamment déposés sur le corps du Seigneur d'Ucupe, des dizaines d’objets ont été placés selon un ordre précis. Une intéressante dualité transparaît dans le positionnement et les types de ces objets. Ce principe dual renvoie à des rapports symboliques complexes tels que ceux qui existent entre la vie et la mort, le spirituel et la royauté, le sacré et le profane. Le trio du hibou, du poulpe et de l’araignée, représenté sur certains diadèmes et couronnes, est associé à la notion de capture. Cette triade, caractérisant le dirigeant, condenserait les concepts fondamentaux du Combat cérémoniel et du sacrifice humain.

Le Seigneur d’Ucupe serait le dirigeant principal de son époque, celui qui siège sur un trône et à qui l’on offre le sang du sacrifié. En effet, si l’on compare ses diadèmes à la scène de la Cérémonie du Sacrifice qui lui serait contemporaine, on peut constater que dix d’entre eux sont similaires à celui de l’individu assis sur un trône, recevant un gobelet. Le sang contenu dans le récipient est extrait du cou d’un guerrier saigné par un Être chauve-souris situé à l’extrémité gauche de la scène.
Découvertes récentes

En 2012, des archéologues ont découvert un autel sacrificiel datant du Ve siècle au sommet d'une montagne de 1 000 m près de Trujillo, dans le nord du Pérou3.
Liste des sites

Voici une liste non exhaustive des principaux vestiges :

Les huaca de la Luna et huaca del Sol : respectivement temple de la Lune et temple du Soleil, cependant ces noms ont été inventés par les colons, mais les Moches ne vénéraient ni le Soleil ni la Lune. Il s'agit de deux pyramides à degré inachevées construites en adobe, distantes d'environ 400 mètres l'une de l'autre, et entre lesquelles se trouvait jadis la principale cité Moche.
El Brujo est un site sur lequel se trouvent trois huacas, dont deux construites par les Moches.
La Huaca Rajada près de Sipán est le complexe funéraire où fut découvert le Seigneur de Sipán. Pour certains archéologues, cette découverte fut la plus importante au Pérou depuis la découverte du Machu Picchu.

Chanquillo
Pampagrande
Pañamarca

Musées
Lima mochica headdress musé Rafael Larco
Musée "Tumbas Reales de Sipán", à Lambayeque.

De remarquables collections d'objets de la culture moche peuvent être vues dans plusieurs musées péruviens :

le musée Tumbas Reales de Sipán a été récemment construit dans la ville de Lambayeque, et regroupe une impressionnante collection d'objets trouvés dans les sépultures de Sipán, y compris celle du fameux « Seigneur de Sipán ». Il est dirigé par Walter Alva, à l'origine de cette découverte. Le musée propose également une vision complète de la culture moche.
le museo de la Nación à Lima.
le museo Larco, à Lima, qui présente également une galerie de poteries érotiques.
le museo Brüning de Lambayeque rassemble quelques objets précieux mochicas, ainsi que d'autres cultures de la région.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:44

L'histoire de la pomme de terre, Solanum tuberosum, commence avec celle des premiers hommes qui vivaient il y a plus de 10000 ans49 dans la zone côtière de l'actuel Pérou et au sud-ouest de l'Amérique du Sud.

Ces chasseurs-cueilleurs du néolithique ont doucement appris à la domestiquer et à traiter ses propriétés toxiques.

Il y a 8000 ans, sur l'altiplano andin, dans la région du lac Titicaca, cette domestication a abouti à des pratiques rationnelles de culture et de conservation.

Au XVIe siècle, à l'arrivée des conquistadors lors de la colonisation espagnole des Amériques, la pomme de terre, avec le maïs, est à la base de l'alimentation de l'ensemble de l'empire Inca et des populations vivant dans les régions voisines.

Dès leur découverte par les conquistadors, les tubercules vont naviguer avec eux vers les côtes de l'Europe à bord des galions, et les explorateurs du Nouveau Monde les débarqueront dans les ports d'Espagne puis ceux de l'Angleterre. De là, la pomme de terre partira à la conquête de l'Europe.

Objet de curiosité des botanistes et des rois, remède à certaines maladies pour les ecclésiastiques, elle ne fut pas tout de suite considérée comme pouvant servir à l'alimentation des humains. Dans le sud de l’Europe, elle va circuler de cours en couvents, d'Espagne en Italie (appelée taratuffi et tartuffoli dans les alpes italiennes), en France et en Savoie (appelée cartoufle) puis vers l'Autriche, d’Angleterre vers l'Irlande et les Flandres, mais il faudra attendre le début du XVIIe siècle pour qu'elle commence à être sporadiquement cultivée.

Sa conquête du territoire européen va alors s'accélérer, poussée dans les campagnes par les famines et les guerres.

Pour l'aider dans cette conquête, sa diversité allélique naturelle50 va lui permettre de rapidement adapter son horloge circadienne aux saisons et aux climats des latitudes du vieux continentN 3.

En 1640, la pomme de terre est introduite en France. Elle est alors surtout donnée comme nourriture aux animaux.

C'est le XVIIIe siècle qui verra dans tout le vieux continent, jusqu'aux confins de la Russie, naître un véritable engouement pour ce tubercule, facile à cultiver et à conserver, et qui va permettre à l’Europe d'espérer la fin des famines. La culture de la pomme de terre, en libérant le peuple des disettes, va renforcer les États, nourrir leurs soldats et accompagner leurs armées dans des conquêtes plus lointaines.

Cependant, la découverte d'un charnier de peste en 1722 à Marseille amène le gouvernement à penser que l'épidémie provient des pommes de terre. Suspectées de transmettre la lèpre51, leur culture est interdite, dans le nord de la France51, par un arrêt du Parlement de Paris52 de 174851,52. L'interdiction n'est levée qu'après que la Faculté de médecine de Paris53 ait admis, en 177251,52, qu'elles peuvent être consommées.

Au XIXe siècle, la force et la stabilité alimentaire acquises grâce à la pomme de terre offriront aux empires coloniaux la possibilité de s'étendre et de dominer une grande partie du monde.

La pomme de terre va devenir le principal soutien de la révolution industrielle, offrant une nourriture économique aux ouvriers toujours plus nombreux à se presser dans les villes, au plus près des usines.

« Le fer était entré au service de l'homme, la dernière et la plus importante de toutes les matières premières qui jouèrent dans l'histoire un rôle révolutionnaire, la dernière ... jusqu'à la pomme de terre. »

écrira Friedrich Engels en1884 dans L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État.

À la fin du XXe siècle, la pomme de terre aura conquis la planète entière.
Culture
Culture de plein champ dans le Maine (États-Unis).
Plantation mécanisée de pommes de terre.

La culture de la pomme de terre a pour objectifs de fournir des tubercules pour la consommation humaine, mais aussi pour l’alimentation animale, la transformation industrielle et la production de plants. Elle se pratique sous toutes les latitudes, à des altitudes variées (souvent au-dessus de 1 000 m et jusqu’à 4 000 m au Pérou54). C’est une culture très diversifiée d’une part selon les conditions socio-économiques : ce peut-être une activité non commerciale, culture vivrière dans les pays du Tiers-Monde, ou production pour l’auto-consommation dans les jardins particuliers, dont la production est souvent sous-estimée, ou bien une production destinée à la vente soit en plein champ, où elle peut constituer une véritable culture industrielle dans les pays développés, mais aussi maraîchage sur des exploitations de taille plus réduite, notamment pour les primeurs. D’autre part, selon les conditions éco-climatiques, ce peut être une culture d’été, dans les pays tempérés et dans les régions d’altitude élevée des pays chauds, une culture d’hiver dans les plaines tropicales, comme la plaine du Gange, ou bien une culture praticable en toute saison dans les régions intermédiaires, région méditerranéenne par exemple55.

La pomme de terre est une plante sarclée qui nécessite d’importantes façons culturales. Elle constitue un bon précédent pour le blé, le colza, la betterave à sucre… et en général est une bonne tête de rotation56.
Répartition des zones de culture dans le monde et rendement moyen.
Techniques culturales
Travail du sol

La plupart du temps un labour est effectué suivi de plusieurs désherbages. Dans la plupart des terres, elle est cultivée sous une butte dans une terre assez fine. Une terre sableuse est plus propice à sa croissance.

Pour tubériser, c’est-à-dire former des tubercules, la pomme de terre a besoin d’obscurité. Le buttage en apportant de l’obscurité aux rameaux souterrains favorise donc l’augmentation du nombre de tubercules. Il a aussi pour but de couvrir les tubercules pour éviter leur verdissement au soleil, ce qui les rend toxiques par production de solanine.
Fertilisation

La pomme de terre est une plante exigeante en éléments minéraux, principalement en potasse (K2O). Les exportations moyennes sont estimées pour une tonne de tubercules à 6 kg de potasse, 3,2 kg d’azote, 1,6 kg de phosphore (P2O5), 0,4 kg de magnésium (MgO) et 30 kg de calcium (CaO) et de soufre (S). Les fanes mobilisent également des quantités notables de potasse, calcium et magnésium57.

La fertilisation fait appel à des engrais organiques (fumier, compost, engrais vert), utiles pour améliorer la structure du sol et qui sont apportés avant l’hiver précédent la culture pour permettre leur minéralisation. Le complément en engrais minéraux est calculé en fonction des objectifs de rendement et du type de culture (pour production de plants, de pomme de terre de conservation, de primeurs ou pour la féculerie), ainsi que des variétés cultivées et du précédent cultural et donc notamment du reliquat azoté. Potasse et phosphore sont généralement apportés en engrais de fond en automne ou hiver. L’apport azoté peut être fractionné, une partie sous forme ammoniacale à la plantation et une partie au buttage sous forme nitrique ou uréique, cette dernière forme pouvant être pulvérisée et combinée avec un traitement fongicide58.

L’apport d’azote est indispensable pour assurer le grossissement des tubercules mais favorise aussi le développement de la végétation, au détriment de la tubérisation en cas d’excès. L’excès d’azote est aussi un facteur négatif pour la qualité des tubercules, avec d’une part le risque de dépasser la norme pour la teneur en nitrates et d’autre part une teneur plus élevée en sucres réducteurs qui entraîne le risque de brunissement à la friture59.
Jardiniers amateurs

Les pommes de terre de consommation non issues de l’agriculture biologique sont souvent traitées afin d’éviter leur germination, mais le traitement anti-germinatif est limité dans la durée et on peut donc facilement faire germer ces pommes de terre en les exposant à la lumière quelque temps en intérieur près d'une fenêtre. Un jardinier amateur peut aussi se procurer des semences (ou plants) en jardinerie. Lorsqu’on ne dispose que d’un petit potager, on peut opter pour la technique de la « tour de pommes de terre »[réf. insuffisante]60 qui permet de produire de grosses quantités de pommes de terre sur une petite surface et hors sol.
Plants
Plants certifiés (variété Bintje).

Les pommes de terre sont reproduites de manière végétative à partir de plants, c’est-à-dire de tubercules, entiers ou coupés (parfois appelés, improprement, semences de pomme de terre), qui sont souvent cultivés spécialement à cet effet. En moyenne, les plants représentent 10 % environ de la récolte mondiale (FAOSTAT). Ils doivent être maintenus au stade physiologique adéquat pour permettre une levée rapide, éventuellement après une prégermination. L’utilisation de plants certifiés est recommandée pour obtenir de meilleurs résultats, la certification permettant de garantir l’identité variétale et la qualité sanitaire61.

L’utilisation de semences véritables, c’est-à-dire de graines au lieu de tubercules-plants, a été développée depuis les années 1980 dans certains pays en voie de développement, tels l’Inde, le Bangladesh et le Viêt Nam. Cette pratique, soutenue par le CIP, vise à réduire le coût de la culture, à en simplifier la logistique (il suffit de 200 g de graines à l’hectare au lieu de 2 000 kg de tubercules) et à améliorer la qualité sanitaire dans des régions où la production de plants certifiés n’est pas organisée. Son principal inconvénient est l’hétérogénéité des tubercules produits. Cette technique n’a pas véritablement percé, mais l’expérience a montré qu’il est préférable de produire des plants en pépinière plutôt que de semer directement en plein champ62.

Récemment, une nouvelle méthode de sélection a été développée. Il s’agit de créer des lignées parentales diploïdes, et ensuite, par autofécondation, d'augmenter le niveau d'homozygotie ; des variétés hybrides F1 de la pomme de terre sont ainsi obtenues63.

La densité de plantation peut varier de 150 000 à 300 000 tiges par hectare, le nombre de tiges émises par un plant variant selon son calibre et son âge physiologique. Les densités plus faibles permettent d’obtenir une récolte de calibre moyen plus élevé64.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:45

Depuis la création du Commonwealth d'Australie en 1901, la liberté religieuse est garantie et toute religion d'État est proscrite. L'article 116 de la constitution australienne dispose :

Le Commonwealth ne fera aucune loi pour instituer une religion, ou pour imposer le respect d'une religion, ou pour interdire l'exercice libre d'une religion et aucun serment religieux ne pourra être exigé comme qualification pour un emploi privé ou public dans le Commonwealth. [4]

Certains juges australiens sont allés plus loin en estimant que le gouvernement ne pouvait soutenir une école religieuse, même si cela était fait de manière non discriminatoire. Cependant, la Haute Cour d'Australie, autorise le financement des écoles religieuses. La question des aides de l'État pour les écoles non gouvernementales a été largement débattue lors de la campagne pour les élections législative australienne de 1963. La question de la séparation entre la religion et l'État est généralement moins controversée en Australie qu'aux États-Unis. Chaque jour, le Parlement d'Australie débute d'ailleurs ses séances par des prières qui ne sont pas obligatoires mais auxquelles beaucoup de parlementaires participent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:46

Récolte
Récolte manuelle à Java (Indonésie).
Récolte mécanisée en Bretagne (France).

Les tubercules se récoltent à complète maturité, lorsque le feuillage commence à se faner, pour les pommes de terre « de conservation », mais avant maturité pour les pommes de terre de « primeur », qui de ce fait ne se conservent pas. En France, la commercialisation des pommes de terre de primeur est limitée au 15 août de chaque année (arrêté du 18 février 2009)65.

Après élimination des tubercules blessés, la récolte est conservée dans un local aéré, sec et à l’abri de la lumière.

La première opération est le défanage, c’est-à-dire la destruction des feuilles et tiges, qui se fait lorsque les tubercules ont atteint la grosseur voulue, en principe deux à trois semaines avant la récolte. Il peut se faire par diverses méthodes, mécaniques ou chimiques. Cette opération, indispensable en vue de la récolte mécanisée, présente aussi l’intérêt de limiter la contamination des tubercules par le mildiou ou certaines maladies virales transmises par les pucerons66.

Dans les pays développés, en culture de plein champ, l’arrachage des pommes de terre est le plus souvent mécanisé. On utilise à cet effet soit des arracheuses simples qui laissent les tubercules sur le champ sous forme d’andains, soit des machines combinés qui procèdent au ramassage et au triage des tubercules en une seule opération. Ces machines sont généralement tractées et attelées à l’attelage trois-points du tracteur, mais il existe aussi des récolteuses automotrices..

La société allemande Grimme est le spécialiste mondial des arracheuses de pommes de terre.

et

La tomate (Solanum lycopersicum L.) est une espèce de plantes herbacées de la famille des Solanacées, originaire du Nord-Ouest de l'Amérique du Sud1, largement cultivée pour son fruit. Le terme désigne aussi ce fruit charnu. La tomate se consomme comme un légume-fruit, crue ou cuite. Elle est devenue un élément incontournable de la gastronomie dans de nombreux pays, et tout particulièrement dans le bassin méditerranéen .

La plante est cultivée en plein champ ou sous abri sous presque toutes les latitudes, sur une superficie d'environ trois millions d'hectares. La tomate a donné lieu au développement d'une importante industrie de transformation, pour la production de concentré, de sauce tomate, notamment de « ketchup » , de jus et de conserves.

L'espèce compte quelques variétés botaniques, dont la « tomate-cerise » et plusieurs milliers de variétés cultivées (cultivars).

De grande importance économique, elle est l'objet de nombreuses recherches scientifiques. Elle est considérée comme une plante-modèle en génétique. Elle a donné naissance à la première variété génétiquement transformée autorisée à la consommation et vendue de façon éphémère aux États-Unis dans les années 1990.
Sommaire
1 Étymologie
2 Botanique

2.1 Description
2.2 Classification
2.3 Évolutions et recherche

3 Histoire

3.1 Origines
3.2 Diffusion en Europe et dans le monde
3.3 Amélioration et recherche

4 Culture

4.1 Variétés cultivées
4.2 Cultures
4.3 Pollinisation
4.4 Récolte
4.5 Ennemis

5 Économie

5.1 Production
5.2 Échanges internationaux
5.3 Consommation
5.4 Normes

6 Utilisation

6.1 Alimentation
6.2 Goût
6.3 Santé
6.4 Autres

7 Aspects culturels

7.1 La légende de la « pomme d'amour »
7.2 Les fêtes de la tomate
7.3 La tomate dans la langue française
7.4 La tomate dans la littérature
7.5 La tomate dans l'art
7.6 Symbolique

8 Fruit ou légume ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:47

Les ennemis de la pomme de terre
Maladies
Attaque de mildiou sur pomme de terre.
Articles détaillés : Maladies de la pomme de terre et Maladies virales de la pomme de terre.

La pomme de terre peut être la cible de nombreuses maladies (plus de 200 en France67), causées par différents agents pathogènes : champignons, bactéries, virus, mycoplasmes ou nématodes et qui peuvent toucher tant les cultures que les tubercules en conservation68.

La maladie la plus importante dans le monde est sans conteste le mildiou, dû à Phytophthora infestans, champignon de la classe des oomycètes69. Cette maladie continue de causer des dégâts dans toutes les régions où les conditions d’environnement lui sont favorables, c’est-à-dire une humidité relative supérieure à 90 % et des températures comprises entre 10 et 25 °C70. Lorsque les conditions favorables à la maladie sont réunies, elle peut détruire toutes les parties aériennes des plantes en moins d’une semaine. La lutte repose traditionnellement sur l’emploi massif de fongicides. On estime à quatre milliards d’euros le coût annuel induit par le mildiou de la pomme de terre au niveau mondial71. Une autre maladie importante, en particulier dans les plaines tropicales, est la pourriture brune due à une bactérie Gram-négative, Ralstonia solanacearum69.
Tubercule montrant des anneaux nécrotiques dus au virus Y.

Parmi les autres maladies cryptogamiques et bactériennes ayant une importance économique variable, on peut citer le rhizoctone brun (Rhizoctonia solani), la dartrose (Colletotrichum coccodes), la gangrène de la pomme de terre (Phoma exigua), la fusariose (Fusarium roseum, Fusarium solani), la gale argentée (Helminthosporium solani), la gale poudreuse (Spongospora subterranea), la galle verruqueuse (Synchytrium endobioticum) et la gale commune (Streptomyces scabies).

La maladie virale la plus importante est la « maladie des taches annulaires nécrotiques » causée par le virus Y de la pomme de terre.

Les tubercules peuvent également être sujets à des maladies physiologiques, dont le cœur noir et le cœur creux, qui les rendent impropres à la commercialisation. Ces maladies sont induites par des troubles de croissance, liés notamment aux variations climatiques, ou à des conditions de stockage inadaptées.

Cette situation contraint les agriculteurs à recourir à des stratégies de lutte complexes, qui comprennent notamment l’utilisation de « plants certifiés », indemnes de pathogènes, même si l’utilisation de plants fermiers (« rataplants », c’est-à-dire des pommes de terre issues de la récolte précédente du fermier) est toléréeN 4.
Ravageurs
Doryphore adulte.
Puceron vert du pêcher, forme ailée d’été.
Articles détaillés : Ravageurs de la pomme de terre et Doryphore.

De nombreuses espèces animales attaquent soit les plants de pomme de terre soit les tubercules en conservation, les plus nuisibles appartenant à la classe des insectes et à l’embranchement des nématodes (vers non segmentés). Parmi les autres groupes de ravageurs de la pomme de terre, on peut citer les mollusques, par exemple la petite limace grise (Deroceras reticulatum), les myriapodes, les acariens, dont le tétranyque tisserand (Tetranychus urticae) et l’acarien des racines (Rhizoglyphus echinopus) et certains mammifères (rongeurs), comme les mulots, par exemple Microtus californicus72. Ces espèces sont plus ou moins spécialisées, certaines ayant une prédilection pour les parties aériennes (tiges et feuillages), d’autre pour les parties souterraines et leurs aires de répartition respectives sont variables, parfois très étendues comme celle du doryphore qui s’étend à presque tout l’hémisphère nord.

Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata), insecte très prolifique de l’ordre des Coléoptères, est le principal ravageur de la pomme de terre dans l’hémisphère nord. Ses larves, qui vivent trois semaines, peuvent anéantir le feuillage des plantes. Les adultes (imago) dévorent aussi les feuilles.

La teigne de la pomme de terre (Phthorimaea operculella) est un petit papillon (lepidoptères), de 10 à 15 millimètres d’envergure, présent dans toutes les régions tropicales et subtropicales. Ses chenilles mineuses creusent leurs galeries dans les tiges ou le limbe des feuilles et surtout dans les tubercules, qu’elles rendent impropres à la vente et qu’elles attaquent aussi en période de stockage.

Parmi les autres insectes déprédateurs de la pomme de terre73 figurent par exemple l’altise de la pomme de terre (Psylliodes affinis), la cicadelle des grillures de la vigne (Empoasca vitis), le hanneton commun (Melolontha melolontha), la noctuelle des moissons (Agrotis segetum), la punaise verte des pousses (Lygus pabulinus), les taupins (Agriotes lineatus et Agriotes obscurus) et divers pucerons : le puceron vert du pêcher (Myzus persicae), espèce très ubiquiste, le puceron vert et rose de la pomme de terre (Macrosiphum euphorbiae), le puceron noir de la fève (Aphis fabae), le puceron de la digitale (Aulacorthum solani). Les pucerons sont plus redoutables comme vecteurs de diverses viroses que pour les dégâts directs aux cultures.

Parmi les nématodes, on peut citer le nématode doré de la pomme de terre (Globodera rostochiensis), le nématode à kyste blanc de la pomme de terre (Globodera pallida), le nématode cécydogène du Nord (Meloidogyne hapla) et celui responsable de la maladie vermiculaire de la pomme de terre (Ditylenchus destructor). Les nématodes étant presque invisibles à l’œil nu, les dégâts sont parfois assimilés à des maladies.
Méthodes de lutte

Insertion d’agents de lutte biologique (auxiliaires) : insectes ou animales par exemple de chrysope ou de coccinelle.

Rotation de culture : Ne pas re-cultiver sur la même parcelle le même légume plusieurs années de suite.
Conservation
Article détaillé : Stockage des pommes de terre.
Stockage de pommes de terre en vrac (Belgique).

Les pommes de terre récoltées à pleine maturation peuvent se conserver de dix à douze mois. La question du stockage se pose pour les pommes de terre dites « de conservation » ainsi que pour celles destinées à la transformation industrielle et à la semence. Les tubercules, vivants et à teneur élevée en eau, subissent des phénomènes de respiration et de transpiration. Ils sont sujets au fil du temps à des pertes de poids, au flétrissement et au développement des germes. Ils peuvent aussi être exposés à des risques de fermentation et à des attaques bactériennes ou fongiques. Ils doivent être préservés du gel.

Les conditions de stockage à respecter sont les suivantes : obscurité, ventilation et hygrométrie contrôlées, températures maintenue entre 4 à 6 °C74. Des traitements antigermination sont autorisés en phase de stockage à l’aide de substances telles que le prophame ou le chlorprophame par poudrage ou nébulisation, cette dernière technique assurant une meilleure répartition du produit et évitant les risques de surdosage localisé, ou bien par ionisation.

Le consommateur peut garder des pommes de terre pendant plusieurs semaines, plus ou moins selon les variétés, dans un local frais abrité de la lumière. Les pommes de terre « primeurs », récoltées avant complète maturité, ne se conservent que quelques jours.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:47

Étymologie

Le terme « tomate » vient de l'espagnol tomate, lui-même emprunté au nahuatl (langue de la famille uto-aztèque) tomatl qui désignait le fruit de la tomatille (Physalis ixocarpa). Toutefois, le mot nahuatl xitomatl (qui signifie « tomatille de nombril » et qui a donné en espagnol mexicain : jitomate) désigne la tomate (Lycopersicon esculentum)2,3. La première attestation de « tomate » en français date de 1598 dans la traduction de l'ouvrage de José de Acosta, Historia natural y moral de las Indias, par Robert Regnauld4,5. « Tomate » n'est entré dans le dictionnaire de l'Académie française qu'en 1835, le fruit s'est longtemps appelé « pomme d'amour » ou « pomme d'or ».

Le nom de la tomate figure dans les « mots sans frontières » recensés par Sergio Corrêa da Costa6. On le retrouve en effet dans de nombreuses langues avec de faibles variations phonétiques et orthographiques. On a ainsi dans les langues européennes : tomato en anglais, tomate en allemand, espagnol, français et portugais, tomată en roumain, tomat en danois, norvégien, suédois et estonien, tomaat en néerlandais, tomaquet en catalan, domates en turc, à l'exception notable de l'italien pomodoro et du polonais pomidor7.
Botanique
Description
Appareil végétatif
Système racinaire de la tomate

La tomate est une plante herbacée sensible au froid, vivace en climat chaud, généralement annuelle. C'est une plante à croissance indéterminée, mais il existe des variétés à croissance déterminée, c'est-à-dire dont la fonction végétative, sur chaque tige, s'arrête précocement, puisque la tige se termine par un bouquet floral. Chez les variétés à port indéterminé, chaque bouquet floral est séparé par trois feuilles, et la plante peut croître ainsi indéfiniment. Chez les variétés à port déterminé, les inflorescences sont séparées par deux feuilles, puis une feuille, avant de se retrouver en position terminale sur la tige. Chez les variétés déterminées, la croissance se poursuit de façon également déterminée (non pas sur la tige principale, mais sur les drageons [ou gourmands], tiges secondaires qui poussent à l'aisselle des feuilles).

Son port dressé en début de croissance, devient retombant ou semi-retombant au fil de la croissance et de la ramification des tiges, nécessitant des supports selon les types de culture.

Son système racinaire est de type pivotant à tendance fasciculée. Très dense et ramifié sur les trente premiers centimètres, il peut atteindre un mètre de profondeur.
Feuille de tomate (Solanum lycopersicum var. lycopersicum)

La tige est anguleuse, épaisse aux entrenœuds, pubescente. De consistance herbacée en début de croissance, elle tend à devenir un peu ligneuse en vieillissant. La croissance de la tige, monopodiale au début devient sympodiale après 4 ou 5 feuilles, c'est-à-dire que les bourgeons axillaires donnent naissance à des ramifications successives, tandis que les bourgeons terminaux produisent des fleurs ou avortent. Les rameaux issus des bourgeons axillaires produisent des feuilles à chaque nœud et se terminent aussi par une inflorescence8.

La tige et les feuilles portent deux types de poils : simples ou glanduleux, ces derniers contenant une huile essentielle qui donne son odeur caractéristique à la plante.

Les feuilles, alternes, longues de 10 à 25 cm, sont composées, imparipennées, et comprennent de 5 à 7 folioles aux lobes très découpés. Le bord du limbe est denté. Les vieilles feuilles perdent leur pouvoir photosynthétique et deviennent même nuisibles pour la plante, responsables du retard de croissance des fruits. Les professionnels les coupent, ce qui est problématique en main-d'œuvre puisque cette opération doit se renouveler toutes les semaines (feuilles au-dessus des prochains fruits à récolter).
Appareil reproducteur
Fleur de tomate

Les fleurs s'épanouissent du printemps à l'été (de fin mai à septembre dans l'hémisphère nord et dans l'hémisphère sud de fin novembre à mars). Elles sont réunies en cymes, inflorescences de type déterminé, cependant chez la tomate le méristème de l’inflorescence ne se termine pas par une fleur et, en fait, maintient son indétermination9.

La fleur de tomate est actinomorphe à symétrie pentamère. Le calice compte cinq sépales verts. Ce calice est persistant après la fécondation et subsiste au sommet du fruit. La corolle compte cinq pétales jaune vif, soudés à la base, souvent réfléchis en arrière, et formant une étoile à cinq pointes. L'androcée compte cinq étamines à déhiscence latérale introrseN 1. Les anthères allongées forment un cône resserré autour du pistil. Celui-ci est constitué de deux carpelles soudés, formant un ovaire supère biloculaire (à deux loges) et à placentation centrale. Chez certaines variétés, l'ovaire est pluriloculaire.
Tomate multiloculaire

Ces fruits charnus sont des baies normalement à deux loges, parfois trois ou plus, à graines très nombreuses. Ils sont très variés par la taille, la forme et la couleur. Leur taille va de quelques grammes (tomate groseille, tomate cerise) à près de deux kilogrammes. Leur forme est généralement sphérique, plus ou moins aplatie, plus ou moins côtelée, mais il en existe en forme de cœur ou de poire. Leur couleur, d'abord verdâtre, tourne généralement au rouge à maturité, mais il en existe des blanches, des jaunes, des noires, des roses, des bleues, des violettes, des orange et des bicolores.

Le pédoncule des fruits présente une zone d'abscission, de sorte que le fruit mûr se détache en conservant une partie du pédoncule, ainsi que le calice. Des variétés sélectionnées pour la culture de tomate d'industrie ne présentent pas ce caractère et permettent la récolte du fruit nu. Elles comportent le gène récessif jointless provenant d'une espèce de tomates sauvages (Solanum chessmanii)10.

La graine est petite (250 à 350 graines par gramme) et velue ; sa germination est épigée. Après le stade cotylédonaire, la plante produit 7 à 14 feuilles composées avant de fleurir.
Terminologie

Les termes utilisés pour décrire une tomate font référence à :

sa couleur : blanche, jaune, noire, orange, rose, rouge, verte, violacée, violette, zébrée ;
son apparence : allongée, cerise, cerise hybride, cocktail, en forme de cœur, côtelé, en grappe, grosse, oblongue, petite, très grosse ;
sa chair : à cuire, bonne, dense, douce, ferme, parfumée, à peau épaisse, rustique, savoureuse ;
ses caractéristiques de production : port (déterminé, indéterminé, compact), précoce, productive (moyennement, peu, très), régulière, résistante, tardive, tolérante (au climat humide, à la chaleur).

Physiologie

La tomate cultivée est une plante à jours neutres, dont la floraison est indifférente au photopériodisme, ce qui a permis son adaptation sous diverses latitudes.

Par ses fleurs hermaphrodites, elle est autofertile et principalement autogame. Cela résulte de la morphologie de la fleur, le style est en effet inséré dans le tube formé par les étamines, les stigmates n'apparaissant généralement pas à l'extérieur. Cela limite fortement la pollinisation croisée, sans l'interdire totalement. La pollinisation nécessite toutefois l'intervention d'un agent extérieur, le vent, certains insectes comme les bourdons, voire un vibreur, capable de faire vibrer les anthères et de libérer le pollen11.

Chez la tomate, la photosynthèse est du type « en C3 », c'est-à-dire qu'en première étape elle produit des glucides à 3 atomes de carbone12. Elle est influencée notamment par la température de l'air et sa teneur en CO2 et par l'intensité lumineuse.
Classification

La tomate, dont l'appartenance à la famille des Solanacées avait été reconnue par les botanistes de la Renaissance, a été classée scientifiquement par Linné en 1753 dans le genre Solanum, avec comme nom scientifique Solanum lycopersicumN 2.

Le botaniste français Joseph Pitton de Tournefort avait placé la tomate cultivée à gros fruits dans le genre Lycopersicon qu'il décrivit formellement en 1694 dans son ouvrage Institutiones rei herbariae13. En 1768, Philip Miller, considérant que la tomate différait substantiellement des autres espèces du genre Solanum, telles la pomme de terre et l'aubergine, la classa dans ce genre et la nomma Lycopersicon esculentum MillN 3. Certains auteurs ont repris l'épithète spécifique de Linné, et l'ont nommée Lycopersicon lycopersicum ([L.] H. Karsten, publié par Gustav Hermann Karsten en 1882). Si ce nom est toujours utilisé dans la réglementation phytosanitaire internationale14, la plupart des auteurs considèrent la différence de terminaison comme ne devant point être prise en compte, et que Lycopersicon lycopersicum est un tautonyme, ce qui est interdit par le Code international de la nomenclature botanique. Le nom Lycopersicon esculentum Mill. est maintenant un nomen conservandum.

Depuis lors, la cladistique, s'appuyant sur les techniques modernes de biologie moléculaire, a conduit à inclure de nouveau la tomate dans le genre Solanum, dans le même clade que la pomme de terre (Solanum tuberosum)15, donnant ainsi raison à Linné. Les espèces anciennement rattachées au genre Lycopersicon sont désormais regroupées dans le sous-genre Potatoe, section Petota, sous-section Lycopersicon16 du genre Solanum.

Le nom actuel est donc Solanum lycopersicum, bien que le nom donné par Miller soit encore utilisé dans moult publications.
Synonymes

Liste des synonymes de Solanum lycopersicum17 :

Solanum lycopersicum L. 1753 ;
Lycopersicon esculentum Mill. 1768 ;
Lycopersicon pomumamoris Moench 1794 ;
Lycopersicon lycopersicum H.Karsten 1882.

Variétés botaniques
Tomate cerise (Solanum lycopersicum cerasiforme)

L'espèce Solanum lycopersicum compte plusieurs variétés botaniques, dont :

Solanum lycopersicum var. esculentum à gros fruits, c'est la tomate cultivée de laquelle découlent presque toutes les variétés (cultivars) trouvées sur le marché ;
Solanum lycopersicum var. cerasiforme, la tomate cerise, c'est la seule forme sauvage du genre rencontrée aussi en dehors de l'Amérique du Sud (Rick, 1986). Connue dans les Antilles françaises et en Guyane sous le nom de tomadose. Il est probable que la tomate cultivée ait été domestiquée à partir de cette forme sauvage.

Autres espèces
Article détaillé : Lycopersicon.

Outre Solanum lycopersicum, le genre Solanum comprend neuf (jusqu'à quinze selon certains auteurs) autres espèces de tomates18 classées dans la section Lycopersicum. Toutes ces espèces, autrefois regroupées dans le genre Lycopersicon, sont originaires des régions andines du nord-ouest de l'Amérique du Sud, de l'Équateur au nord du Chili, à l'exception de deux, Solanum chmielewskii et Solanum galapagense, endémiques des îles Galápagos. Ces tomates sauvages, pour la plupart à fruits verts ou noirs, ne sont pas comestibles, sauf Solanum pennellii, la tomate-groseille, à fruits rouges de très petite taille, qui est à la base du véritable ketchup.

Ces espèces sont toutes diploïdes avec le même nombre de chromosomes (2n = 24) que la tomate cultivée. Elles n'ont pas été domestiquées, mais constituent une réserve fort utile de variabilité pour l'amélioration de la tomate domestique. Plusieurs d'entre elles peuvent s'hybrider facilement avec Solanum lycopersicum à condition de prendre cette dernière comme femelle. Pour certaines espèces, comme Solanum peruvianum et Solanum chilense, le croisement nécessite le recours à la culture d'embryons immatures19.
Évolutions et recherche
La « tomate bleue » obtenue à l'université d'État de l'Oregon par rétrocroisement avec Solanum chilense

L'amélioration de la tomate a commencé dès la domestication de l'espèce par les anciens Mexicains. Aujourd'hui, la tomate est l'une des espèces les mieux connues en agronomie. Elle sert de modèle génétique à beaucoup de plantes et elle continue à faire l'objet de nombreux travaux, tant en zone tempérée qu'en région tropicale :

en région tropicale, les recherches portent principalement sur l'adaptation au climat et la résistance au flétrissement bactérien et aux nématodes ;
en zone tempérée, les études menées ont une incidence déterminante sur les programmes tropicaux ; c'est notamment le cas de la sélection pour la résistance aux maladies et de l'amélioration de l'adaptation à la chaleur ;
dans le domaine de la biologie moléculaire, des résultats majeurs ont été obtenus, notamment par les équipes américaines (université Cornell) et françaises (INRA).

- pomate : la pomme de terre et la tomate étant toutes deux des solanacées, les chercheurs ont eu l'idée de croiser les deux, d'où l'obtention sur la même plante, de tomates en aérien, et de pommes de terre en sous-sol. Gain de place et originalité.
Taux de sucre

La tomate Solanum pennellii (ex-Lycopersicon pennellii) produit un fruit naturellement sucré. Elle est à la base du véritable ketchup. Cette particularité est due à une enzyme spécifique — une invertase — présente chez beaucoup de fruits et de fleurs, mais particulièrement efficace chez cette tomate.

Cette découverte, rendue publique par l'équipe israélo-américano-allemande dirigée par Dani Zamir de l'université de Jérusalem à Rehovot, découle de leurs recherches à partir de lignées isogéniques[réf. nécessaire].

Ces recherches ont abouti à la création de la variété 'Tomaccio'.


Génétique de la couleur
[afficher]
Génétique de la coloration de la tomate


(pour les gènes récessif, la couleur correspondante est celle des homozygotes).
Tomates transgéniques
Article connexe : Transgenèse.

La tomate Flavr Savr, appelée aussi « tomate McGregor », est une variété génétiquement modifiée mise au point par la société américaine Calgene, grâce à la technique de l'ARN antisens avec l'objectif d'allonger la durée de vie du fruit après la récolte et par conséquent la qualité de la tomate pour la consommation en frais20,21. Dans cette tomate, on a réussi à diminuer l'expression du gène responsable de la production de polygalacturonase, enzyme responsable de la dégradation des parois cellulaires dans la phase de mûrissement22,23. Après les évaluations du risque et l'accomplissement de toutes les conditions nécessaires24,25, la FDA (Food and Drug Administration, États-Unis) approuva en 1994 la commercialisation de la tomate FlavrSavr, qui devint ainsi le premier produit dérivé d'une culture transgénique autorisé pour la consommation humaine26.

D'autres variétés transgéniques ont également reçu l'autorisation de mise en marché aux États-Unis, notamment une tomate Bt (la Bt tomato line 5345) qui a reçu le gène Cry1Ac provenant de Bacillus thuringiensis qui lui confère une résistance aux insectes de l'ordre des lépidoptères27.

La commercialisation de ces variétés fut éphémère, mais les chercheurs continuent de travailler dans diverses directions, comme la « tomate pourpre » créée par le Centre John Innes au Royaume-Uni dont la forte concentration en anthocyanines, responsables de la couleur pourpre du fruit, provient de gènes transférés du muflier28, ou la tomate tolérante aux sols salés créée à partir de la variété 'Moneymaker' ayant reçu le gène AtNHX1 d'Arabidopsis thaliana29.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:48

Principales variétés cultivées
Vitelotte, variété péruvienne à chair violette.
Russet Burbank, variété américaine utilisée en restauration rapide.
Article détaillé : Variété de pomme de terre.

Les variétés cultivées de pommes de terre sont très nombreuses, de l’ordre de plusieurs milliers et adaptées à divers types d’utilisation, alimentation humaine ou transformation industrielle. La reproduction se faisant par voie végétative, par plantation de tubercules, ces variétés constituent des clones, qui peuvent se reproduire indéfiniment à l’identique. Toutefois, ce type de reproduction ne permet pas d’éliminer les virus.

Dans l’Union européenne, 2 011 variétés de pommes de terre sont recensées en 2009 dans le catalogue européen des espèces de grandes cultures et plants de pomme de terre75. Ce catalogue, géré par l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV) ne contient que les variétés ayant satisfait aux tests DHS (distinction, homogénéité, stabilité) et VAT (valeur agronomique et technologique), préalables à l’autorisation de commercialisation. Le questionnaire technique qui doit être rempli par le demandeur porte notamment sur les caractères morphologiques suivants : fréquence des fleurs, intensité de coloration de la corolle et proportion de bleu (anthocyanine), précocité, forme de tubercules, couleur de la peau, de la base des yeux, de la chair, ainsi que sur les différences avec les variétés les plus proches76.

On compte 194 variétés de pommes de terre dans le catalogue officiel français, qui suit les mêmes règles77.

La base de données européenne des pommes de terre cultivées (European Cultivated Potato Database) recense (fin 2009) 4136 variétés cultivées. Cette base de données collaborative en ligne est gérée par la Scottish Agricultural Science Agency dans le cadre de l’ECP/GR (European Cooperative Programme for Crop Genetic Resources Networks) coordonné par un organisme international, Bioversity International78.

Le Centre international de la pomme de terre, qui maintient la plus importante banque de gènes relative aux pommes de terre sauvages et cultivées, publie chaque année un « catalogue mondial des variétés de pommes de terre », dont la dernière édition (2009/2010) compte plus de 4500 variétés cultivées dans une centaine de pays79.
Critères de sélection

La sélection de nouvelles variétés est réalisée par des obtenteurs privés ou publics. Les critères de sélection peuvent être rangés en deux grandes catégories, d’une part les critères agronomiques, principalement la productivité et la précocité mais aussi la résistance aux divers agresseurs biotiques (maladies et ravageurs), d’autre part ceux relatifs à l’utilisation. Selon la destination finale, ces critères concernent la richesse des tubercules en matière sèche et en fécule (variété féculières et fourragères), l’aptitude à la transformation industrielle (variétés destinées à la production de chips, frites surgelées et produits déshydratés) et les aptitudes culinaires (pommes de terre de consommation).
Principales catégories de pommes de terre de consommation

On distingue selon le mode de culture et le type d’utilisation finale les catégories suivantes :

Les pommes de terre de primeur, qui sont récoltées avant maturité correspondent à des variétés précoces ou demi-précoces, telles que Bonnotte de Noirmoutier, Ratte. En France, elles sont cultivées dans les régions à hiver doux, notamment les côtes de Bretagne, d’Aquitaine et des Pays de la Loire (par example : Noirmoutier,85) , ou le littoral méditerranéen. Plantées en hiver, elles sont récoltées trois mois plus tard, avant d’avoir atteint leur maturité, leur commercialisation doit intervenir avant le 15 août. Les appellations d’origine, telles que « pomme de terre de l'île de Ré » ou « pomme de terre primeur du Roussillon », répondent à un cahier des charges et ne correspondent pas nécessairement à une seule variété. Ainsi la première admet une dizaine de variétés et la seconde une seule, Bea.
Les pommes de terre de conservation, récoltées à maturité et souvent tardives. En France, elles sont plantées en avril-mai, récoltées quatre ou cinq mois plus tard, produites un peu partout, notamment dans le Nord et en Bretagne. Pour éviter leur germination, elles peuvent être traitées au chlorprophame. Les limites de résidus présents sont alors fixées en France à 0,5 mg/kg80 pour la chair et 5 mg/kg81 pour les pommes de terre non épluchées (d’où l’intérêt de ne pas consommer la peau des produits traités)

Une autre distinction peut se faire en fonction de la consistance de la chair :

pommes de terre à grain fin, à chair ferme, de forme généralement oblongue, qui tiennent bien à la cuisson et sont appréciées pour leurs qualités gustatives (exemple : Charlotte, Ratte, Amandine) ;
pommes de terre à grain moins fin, plus riches en fécule, dont la variété la plus connue est la bintje. Ces pommes de terre sont utilisées pour la confection de purées ou de frites et pour la fabrication des produits transformés (chips, croquettes, frites surgelées, etc.)

Une autre distinction est plutôt orientée marketing, on y trouve : les colorées (Roseval, Vitelotte, Bleue d'Auvergne, Bleue d'Artois), les anciennes (Bintje, Belle de Fontenay, Corne de gatte) et les plus récentes (Chérie, Pompadour, Charlotte, Juliette).

La pomme de terre Juliette est le produit d'un croisement entre les espèces Nicola et Hansa. Elle a une forme allongée. La meilleure dégustation se fait par la vapeur d'eau. Elle a la peau assez sensible mais sa chair est ferme. C'est en 1997, en Bretagne, que l'on a obtenu la pomme de terre pour la première fois.[réf. nécessaire]
Productions bénéficiant d’un label de qualité en Europe
Article détaillé : Liste des appellations protégées de pomme de terre.
Royales de Jersey (AOP).

En Europe, plusieurs productions traditionnelles de pommes de terre, souvent de primeur mais qui ne s’identifient pas nécessairement à une variété unique, cultivées en respectant un cahier des charges précis, sont protégées par des labels de qualité. Ceux-ci, appellation d'origine protégée (AOP) ou indication géographique protégée (IGP), sont définis par la législation de l’Union européenne.

Il s’agit :

pour les AOP, des pommes de terre de Laponie, Lapin Puikula82 en Finlande, des pommes de terre de l’île de Ré83 et du Roussillon84 en France, de la pomme de terre royale de Jersey85 (Royaume-Uni), des Lüneburger Heidekartoffeln86 en Allemagne et de la patata di Bologna87 en Italie,
pour les IGP, de la pomme de terre de Merville (France), de la patata della Sila88 (Italie), des patatas de Prades89 et de la pataca de Galicia90 (Espagne) et de la Patata Kato Nevrokopiou91 (Grèce).

Utilisation

La pomme de terre a quatre grands types d’utilisations : l’alimentation humaine (sous forme de tubercules frais ou transformés), l’alimentation animale, l’extraction industrielle de la fécule et d’autres sous-produits, la production de plants. Au niveau mondial, la répartition était la suivante en 2007 (selon les Bilans alimentaires CDU/BA de la FAO): pour une disponibilité totale de 324 millions de tonnesN 5, l’alimentation humaine a représenté 64,4 %, l’alimentation animale 12,1 %, les semences (plants) 9,9 %, la transformation par l’industrie 6,6 %N 6 et les pertes 7 %92.
Alimentation humaine
Valeur nutritionnelle
Pomme de terre
cuite à l’eau93,10
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 355 kJ
(Calories) (85 kcal)
Principaux composants
Glucides 19 g
- Amidon ? g
- Sucres ? g
- Fibres alimentaires 1 g
Protéines 2 g
Lipides 0,1 g
Eau 78 g
Minéraux & Oligo-éléments
Chrome 0 mg
Cuivre 0,09 mg
Fer 0,4 mg
Magnésium 18,6 mg
Manganèse 0,14 mg
Potassium 376 mg
Zinc 0,28 mg
Vitamines
Vitamine B1 0,08 mg
Vitamine B2 0,03 mg
Vitamine B3 (ou PP) 1,2 mg
Vitamine B5 0,2 mg
Vitamine B6 0,18 mg
Vitamine B9 0,01 mg
Vitamine C 13 mg
Vitamine E 0,1 mg
Acides aminés
Acides gras
Source : aucune source
modifier Consultez la documentation du modèle

La valeur nutritionnelle de la pomme de terre est liée à sa composition, principalement à sa teneur en matière sèche, qui se compose essentiellement de glucides, mais qui apporte aussi des protides, des vitamines, de sels minéraux, des fibres alimentaires et seulement des traces de lipides. La valeur nutritionnelle peut cependant être affectée par les modes de préparation culinaires dans la mesure où ils modifient cette composition, par exemple par la concentration de matière sèche, l’apport de matières grasses et la dégradation des vitamines.

Proche en moyenne de 23 %, la teneur en matière sèche peut varier de 13 à 37 %, notamment en fonction des variétés et de la durée du stockage94.

La pomme de terre est un aliment relativement riche en amidon (75 à 80 % de la matière sèche)94 et parfois considéré comme un féculent, mais qui se rapproche des légumes par sa teneur élevée en eau (environ 80 %), contre seulement 12 % pour les céréales et légumes secs. Sa forte teneur en eau et la quasi absence de lipides en font un aliment modérément énergétique, environ 80 à 85 kcal/100 g, du moins lorsqu’elle est cuisinée sans apport de matières grasses. À titre de comparaison, 100 g de pommes de terre chips apportent environ 550 kcal.

L’amidon est constitué de 75 % d’amylopectine et de 25 % d’amylose10. Une partie de cet amidon, environ 7 %, est constituée d’amidon résistant qui n’est pas assimilé au niveau de l’intestin grêle. Cette proportion peut augmenter (jusqu’à 13 %) si les pommes de terre sont refroidies après cuisson (par exemple pomme de terre en salade). L’amidon résistant est assimilé par les nutritionnistes aux fibres alimentaires, avec les mêmes effets bénéfiques, notamment parce qu’il augmente le lest intestinal et la sensation de satiété95. Outre l’amidon, les pommes de terre contiennent une faible quantité de sucres, dont la teneur varie selon les variétés, l’état de maturité des tubercules et leurs conditions de stockage. Il s’agit principalement de saccharose et de sucres réducteurs (glucose et sucrose). La présence de ces derniers est indésirable pour la production de frites et chips car elle entraîne pendant la friture le noircissement des produits finis (réaction de Maillard)96.

La teneur en protides, d’environ 2 % du poids frais, représente 8 à 10 % de la matière sèche, taux comparable à celui des céréales95.

Il s’agit pour une part de protéines hydrosolubles et pour une part d’acides aminés libres. Les protides de la pomme de terre ont une bonne valeur biologique, comparable à celle du lait de vache. Ils contiennent plusieurs acides aminés essentiels, en particulier la lysine dont l’abondance les rend complémentaires des protéines de céréales, mais avec une légère déficience en acides aminés soufrés (méthionine, cystine)97.

Les principales protéines sont l’albumine, la globuline, la prolamine et la gluténine.

Les tubercules contiennent également des glycoprotéines (patatine et lectine)94.

La pomme de terre est une bonne source de vitamines hydrosolubles, en particulier de vitamine C (acide ascorbique). Une portion de 300 g de pommes de terre bouillies fournit environ 50 % de l’apport journalier recommandé6. De fait, dans de nombreux pays où elle est le premier légume consommé, la pomme de terre est la principale source de vitamines C dans la ration alimentaire moyenne des habitants. Par exemple aux États-Unis, cet apport était (en 1975) estimé à 20 % (contre 18 % pour les agrumes)98. La teneur en vitamine C est la plus élevée dans les pommes de terre primeur (40 mg/100 g) contre seulement 15 mg chez la pomme de terre de conservation. Cette teneur diminue pendant le stockage et après cuisson car c’est une substance sensible à la chaleur (thermolabile) et à la dissolution dans l’eau6.

La pomme de terre est aussi une source intéressante de vitamines B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B3 (niacine), B5 (acide pantothénique), B6 (pyridoxine) et B9 (acide folique)98.

Les sels minéraux représentent environ 1 % du poids des tubercules frais. Ils comptent plusieurs minéraux et oligo-éléments importants pour l’alimentation humaine, dont potassium (50 % du total), fer et magnésium, ainsi que calcium et phosphore. Le calcium, bien que sa teneur soit faible comparée à celle d’autres aliments comme les céréales, est mieux assimilé du fait du très faible niveau de l’acide phytique. Leur teneur élevée en potassium font des pommes de terre un aliment contre-indiqué en cas de défaillance rénale (hyperkaliémie). Inversement la faible teneur en sodium et la valeur élevée du ratio potassium/sodium les rend bénéfiques en cas d’hypertension99.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:49

Séquençage du génome

Le Consortium international du Génome de la Tomate (Tomato Genome Consortium, TGC) lancé en 2003 et regroupant 14 pays et plus de 300 chercheurs, a achevé en mai 2012 le séquençage des génomes de la tomate cultivée (Solanum lycopersicum) et de son ancêtre sauvage (Solanum pimpinellifolium)30. Cette avancée permettra d'accélérer les recherches, notamment pour l'amélioration variétale de la tomate. La connaissance de la séquence complète du génome de la tomate ouvre de nouvelles perspectives pour l'amélioration des qualités nutritionnelles et sensorielles et pour accroître sa capacité de résistance aux bioagresseurs et aux stress environnementaux. Les résultats ont été publiés le 31 mai 2012 dans la revue Nature31.

Le génome de la tomate comprend 12 paires de chromosomes (2n=24). Sa taille est estimée à 950 Mpb encodant environ 35 000 gènes. La majorité des séquences géniques, représentant 220 Mpb, est concentrée dans des régions euchromatiques contiguës dans les régions distales de chaque bras des chromosomes.

L' International Tomato Sequencing Project s'inscrit lui-même dans un projet plus large, l'International Solanaceae Genome (SOL) Project, intéressant plusieurs espèces de Solanacées32. La répartition des tâches entre les pays participants a été la suivante :

chromosome 1 : Drapeau des États-Unis États-Unis
chromosome 2 : Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
chromosome 3 : Drapeau de la République populaire de Chine Chine
chromosome 4 : Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
chromosome 5 : Drapeau de l'Inde Inde
chromosome 6 : Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
chromosome 7 : Drapeau de la France France
chromosome 8 : Drapeau du Japon Japon
chromosome 9 : Drapeau de l'Espagne Espagne
chromosome 10 : Drapeau des États-Unis États-Unis
chromosome 11 : Drapeau de la République populaire de Chine Chine
chromosome 12 : Drapeau de l'Italie Italie

Histoire
Origines
Diffusion de la tomate
1. Pérou, centre de diversification,
2. Mexique : premier centre de domestication,
3. Europe : deuxième centre de domestication,
4. États-Unis : troisième centre de domestication

La tomate est originaire des régions andines côtières du Nord-Ouest de l'Amérique du Sud (Colombie, Équateur, Pérou, Nord du Chili). C'est en effet seulement dans ces régions qu'on a retrouvé des plantes spontanées de diverses espèces de l'ancien genre Lycopersicon, notamment Solanum lycopersicum cerasiforme, la tomate cerise. Cette dernière est actuellement répandue dans toutes les régions tropicales du globe mais il s'agit d'introductions récentes.

La première domestication de la tomate à gros fruits est vraisemblablement intervenue dans le Mexique actuel, où l'ont trouvée les conquérants espagnols lors de la conquête de Tenochtitlán (Mexico) par Hernán Cortés en 1519.

Cette domestication s'est probablement produite après celle de la Tomatille (Physalis philadelphica)33, qui était plus appréciée que la tomate à l'époque préhispanique, mais sa culture s'est marginalisée par la suite34. L'hypothèse d'une domestication parallèle au Pérou ne peut toutefois être définitivement écartée35.

On ne sait pas comment la tomate a migré du Pérou au Mexique, peut-être par le truchement d'oiseaux migrateurs.

Bernardino de Sahagún dans son Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne rapporte que les Aztèques préparaient une sauce associant les tomates avec du piment et des graines de courges36,37.
Diffusion en Europe et dans le monde
Solanum lycopersicum var. lycopersicum. Page d'herbier de tomates le plus ancien de l'Europe, 1542-1544. Naturalis Leiden.

Elle fut introduite en Europe au début du XVIe siècle par les Espagnols, d'abord en Espagne apparemment en 1523, puis en 1544 en Italie, par Naples, alors possession de la couronne espagnole38.

La plante étant de la même famille que la belladone, plante indigène en Europe connue pour sa toxicité, ses fruits ne furent pas considérés par les « savants » comme comestibles. Feuilles, tiges et fruits immatures de la tomate renferment en effet des gluco-alcaloïdes toxiques de type solanine et chaconine, pouvant entraîner des troubles digestifs et nerveux, parfois cardiaques. Le fruit mûr, lui, n'en contient que des traces mais cette réputation à cette époque explique la résistance initiale, l'espèce étant surtout utilisée comme plante ornementale et le fruit en médecine39.

La première mention de la tomate dans la littérature européenne apparaît dans un ouvrage publié pour la première fois en 1544, les Comentarii40, de Pietro Andrea Mattioli, botaniste et médecin italien, qui en donne une description sommaire au chapitre consacré aux mandragores et l'appelle pomi d'oro (mala aurea), pomme d'or41. C'est probablement l'importation en Europe d'une variété au fruit jaune qui explique alors son nom latin Malum aureum qui donne pomo d'oro puis pomodoro42.

Elle est cultivée et consommée en Espagne probablement dès le XVIe siècle car elle figure dans des recettes de gaspacho dès le début du XVIIe43. Dans l'Europe du Nord, elle est initialement considérée comme une plante ornementale, et n'est cultivée pour son fruit qu'à partir du milieu du XVIIIe siècle. Il a fallu peut-être de sévères disettes pour qu'elle change de registre classificatoire et soit considérée comme comestible44.
Première représentation graphique de la tomate (Rembert Dodoens, 1557)

En Grande-Bretagne, John Gerard, botaniste et chirurgien anglais, fut le premier à cultiver la tomate dans les années 159045. Il représenta la plante, qu'il considérait comme vénéneuse, y compris le fruit, dans son herbier, The Herball or Generall Historie of Plantes. Son avis négatif prévalut en Grande-Bretagne et dans les colonies britanniques d'Amérique du Nord pendant encore deux siècles.
La tomate par Pietro Andrea Mattioli, Kreutterbuch de Johan Feyerabendt (1590)

L'introduction en France fut lente. Elle commença par la Provence. En 1600, Olivier de Serres, un des premiers agronomes français, qui cultivait son domaine du Pradel dans l'Ardèche, classe la tomate parmi les plantes d'ornement. Voici ce qu'il écrivait dans Le théâtre d'agriculture et mesnage des champs :

« Les pommes d'amour, de merveille, et dorées, demandent commun terroir et traictement, comme aussi communément, servent-elles à couvrir cabinets et tonnelles, grimpans gaiement par dessus, s'agrafans fermement aux appuis. La diversité de leur feuillage, rend le lieu auquel l'on les assemble, fort plaisant : et de bonne grace, les gentils fruicts que ces plantes produisent, pendans parmi leur rameure… Leurs fruicts ne sont bons à manger : seulement sont-ils utiles en la médecine, et plaisans à manier et flairer46 »

En France, à la fin du XVIIIe siècle, les qualités culinaires du fruit de la tomate sont mises en avant dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert :

« Le fruit de tomate étant mûr est d'un beau rouge, & il contient une pulpe fine, légère & très succulente, d'un goût aigrelet relevé & fort agréable, lorsque ce fruit est cuit dans le bouillon ou dans divers ragoûts. C'est ainsi qu'on le mange fort communément en Espagne & dans nos provinces méridionales, où on n'a jamais observé qu'il produisît de mauvais effets47. »

En 1760, le catalogue de la maison Andrieux-Vilmorin classe encore la tomate comme plante ornementale48, les premières variétés potagères apparaissent dans l'édition de 177849 et dans le Bon jardinier en 1785.

La diffusion de la tomate s'accéléra en France pendant la Révolution avec la montée des Provençaux à Paris pour la fête de la Fédération en 1790. Deux restaurants tenus par des Marseillais, les Trois frères provençaux et le Bœuf à la mode participèrent à la popularisation de la tomate dans la capitale50.

Aux États-Unis, le président Jefferson, qui avait séjourné en France de 1784 à 1789, fut au début du XIXe siècle un propagandiste de la tomate qu'il fit cultiver dans son domaine de Monticello en Virginie et entrer à la table présidentielle en 180651.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:50

Le Brésil est un pays laïque depuis 1891 (art.72, §3º à 7º de la Constitution de 1891) confirmé par la constitution de 1988 établissant clairement la séparation entre État et religion (art.19, I).

Les Églises exercent une forte influence dans la politique brésilienne39. Elles interviennent dans les débats des campagnes électorales. Plusieurs partis politiques ont un nom qui évoque une religion : Partido Social Cristão, Partido Social Democrata Cristão ou encore Partido Trabalhista Cristão. Au Parlement brésilien, le groupe évangélique est composé de 63 députés (sur 513) et 3 sénateurs (sur 81)39.

et

Au Canada, il n'y a pas de religion d'État, mais les groupes religieux peuvent demander à bénéficier d'une exonération d'impôt. Les édifices religieux sont exemptés des taxes municipales et scolaires et des taxes de vente. Le membre du clergé reçoit une déduction de son revenu pour sa résidence, et les membres d'ordres religieux qui font un vœu de pauvreté perpétuelle reçoivent une déduction d'impôt. Dans la plupart des provinces les écoles privées, souvent confessionnelles, ne sont pas financées par l'État. La situation diffère au Québec, province qui finance les écoles privées accréditées (y compris les écoles catholiques, protestantes, juives ou musulmanes, par exemple) à hauteur de 60%. Hors Québec, il existe des systèmes d'éducation catholique financés par les fonds publics, à côté d'un système d'éducation public et laïc accessible à tous. Par exemple en Ontario, la Constitution prévoit l'existence d'écoles dites «séparées» pour les Franco-Ontariens. Ces écoles ne sont pas fréquentées exclusivement par des catholiques pratiquants.

Comme dans la plupart des pays, la forme spécifique et unique de séparation aux États-Unis ne s'applique pas au Canada, ni le modèle français de laïcité. L'éducation religieuse dans les écoles publiques n'est pas formellement interdite par la constitution, mais elle peut entrer en conflit avec certaines dispositions de celle-ci, notamment avec les libertés fondamentales de conscience et de religion. C'est sur cette base, d'ailleurs, que l'enseignement confessionnel qui était offert dans les écoles publiques du Québec, jusqu'au milieu des années 2000, a été remplacé depuis par un cours obligatoire, non confessionnel, intitulé Éthique et culture religieuse. Les crucifix et autres symboles religieux restent présents sur la place publique et font présentement l'objet de controverses publiques et de débats judiciaires. Hors Québec, quelques écoles publiques canadiennes font réciter aux élèves la prière Notre Père. Les tribunaux canadiens sont critiques face à cette pratique, qui peut entrer en conflit avec les libertés fondamentales des élèves40.

La Charte canadienne des droits et libertés, qui fait partie de la constitution, énonce dans son préambule que le Canada « est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit41». La liberté religieuse est également garantie. Le Québec a également sa Charte des droits et libertés garantissant les libertés fondamentales de religion et de conscience et l'égalité des droits pour tous. Les dispositions des chartes canadienne et québécoise sont interprétées comme comportant une obligation de neutralité. En vertu de cette obligation, l'État doit demeurer «un acteur neutre dans les rapports entre les diverses confessions ainsi qu’entre celles-ci et la société civile»: Congrégation des témoins de Jéhovah de St-Jérôme-Lafontaine c Lafontaine (Village), [2004] 2 RCS 650, à la p. 680. Ainsi, en 1985, dans l'arrêt R. c. Big M Drug Mart, [1985] 2 RCS 295, la Cour suprême du Canada a pu juger que la Loi sur le dimanche, qui interdisait les activités commerciales le dimanche, n'avait pas un but légitime dans « une société libre et démocratique».

Dans le code criminel du Canada, la « diffamation blasphématoire » est une infraction passible d'un maximum de deux ans de prison42.

Le 7 janvier 2015, des militants laïques demandent l'abrogation de la loi anti-blasphème au Canada43. « Les chefs de deux organisations de défense de la laïcité – Humanist Canada(en) et le Center for inquiry(en) – ont rencontré des officiels du gouvernement : « Ces meurtres (les attentat contre Charlie Hebdo) nous attristent profondément et nous convainquent encore davantage qu'il faut éliminer les vestiges de ces attitudes anciennes », a expliqué Eric Adriaans, le directeur du Center for Inquiry », qui pense que « l'interdiction du blasphème est en contradiction avec les idéaux de liberté d'expression que le gouvernement canadien défend à l'international »44.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:51

Toxicité
Glycoalcaloïdes

La pomme de terre, comme toutes les plantes du genre Solanum, contient des glycoalcaloïdes toxiques. Il s’agit principalement de l’α-chaconine et de l’α-solanine, qui représentent 95 % des glycoalcaloïdes totaux (GAT) chez les cultivars modernes100.

Ces molécules, aux propriétés très voisines et généralement regroupées sous le terme de « solanine », sont deux trisaccharides d’un aglycone commun, la solanidine100. On trouve des glycoalcaloïdes dans toutes les parties vertes de la plante, particulièrement dans les feuilles et les bourgeons, ainsi que dans les fruits et les fleurs ; dans ces dernières leur concentration peut atteindre 500 mg /100 g.

Dans les tubercules, la teneur moyenne ne dépasse généralement pas 10 mg/100 g, avec une distribution très inégale : la peau et les tissus immédiatement sous-jacents, ainsi que les yeux ont des teneurs en GAT comprises entre 30 et 60 mg /100 g, tandis que la chair n’en contient que de 1,2 à 5101. Il existe de fortes variations selon les variétés. Du fait de cette distribution inégale de la solanine dans le tubercule, la teneur moyenne est, pour une même variété, inversement proportionnelle à la taille du tubercule. D’autres facteurs peuvent aussi influencer le taux de GAT, comme le degré de maturité, certaines pratiques culturales, les conditions de conservation, les dommages physiques subis par les tubercules. Le plus important est le verdissement consécutif à l’exposition à la lumière102. Le verdissement est dû à la formation de chlorophylle dans les couches externes du tubercule, qui s’accompagne d’accumulation de solanine. Les deux processus sont cependant indépendants99.

La teneur-limite généralement admise est de 20 mg/100 g94, cependant pour certains auteurs elle serait inférieure101.
Structure chimique de la solanine.

Au-dessus d’un seuil évalué à 10 mg/100 g, les glycoalcaloïdes donne à la pomme de terre un goût amer, qui se transforme, au-delà de 20 mg/100 g en sensation de brûlure, analogue à celle induite par les piments99.

La solanine n’est pas éliminée par la cuisson, ni par la friture, car elle n’est détruite par la chaleur qu’au-delà de 200 °C (selon certains auteurs, la solanine commence à se décomposer à 243 °C et son point de fusion se situe à 285 °C101 ; pour d’autres, le point de fusion est à 228 °C)103.

L’ingestion de solanine provoque rarement la mort mais peut provoquer divers symptômes, des troubles gastro-intestinaux, des hémorragies, notamment à la rétine104 et aller jusqu’à une paralysie partielle ou des convulsions. La sensibilité des personnes varie selon les individus, mais des doses de glycoalcaloïdes totaux allant de 3 à 6 mg/kg de masse corporelle peuvent être létales94.
Inhibiteurs de protéinase et lectines

La pomme de terre contient aussi des inhibiteurs de protéinase capables d’inhiber les principales protéinases digestives des animaux, notamment la trypsine, la chymotrypsine. Ces substances qui jouent un rôle dans la défense de la plante contre certains ravageurs, insectes ou microorganismes, sont détruites par la cuisson105. Les lectines sont des protéines capables de se lier de manière réversible à des mono- ou oligosaccharides. Cette propriété permet aux lectines d’agglutiner les hématies de diverses espèces de mammifères dont l’homme et de probablement perturber le bon fonctionnement du tube digestif des insectes se nourrissant de la plante, jouant ainsi un rôle dans la défense de cette plante contre les insectes. Ces molécules sont également thermolabiles.
Acrylamide

Par la réaction de Maillard, la friture des pommes de terre peut entraîner la formation d’acrylamide (substance irritante, toxique et potentiellement cancérigène) qui donne aux frites et aux chips une couleur foncée. Elle résulte de la dégradation de l’asparagine en présence de sucres réducteurs dans les tubercules106,107. Pour limiter la formation d’acrylamide, on peut contrôler la cuisson en évitant les températures trop élevées (au-dessus de 175 °C) et les temps de cuisson trop longs et minimiser la teneur des pommes de terre en sucres réducteurs (au-dessous d’un seuil estimé à 1 g/kg)108.

Une température de stockage trop basse favorise le développement de l’acrylamide sur le tubercule[réf. nécessaire].
Traitement anti germinatif (chlorprophame ou CIPC)

La molécule principale utilisée comme anti germinatif (chlorprophame) se trouve principalement concentré dans la pelure et l’épiderme sous-jacent et décroît fortement vers l’intérieur du tubercule (Morel d’Arleux 2001)109.

Les produits à base de CIPC sont classés Xn (nocifs) sur le plan toxicologique et la phrase de risque R40 (effet cancérogène suspecté, preuves insuffisantes) a amené certains cahiers des charges de production de pomme de terre à l'exclure110.

Sur le plan de la toxicité pour l’Homme, la dose journalière acceptable (DJA) est de l’ordre de : 0,05 mg·kg-1·j-1
Cuisine de la pomme de terre
Article détaillé : Cuisine de la pomme de terre.

La pomme de terre s'accommode de multiples façons : frites ou bouillies (ou à l’anglaise), en galettes, crêpes et gâteau (en 1791 par exemple111) En purée, soupes et potagesN 7, sautées ou rissolées ou pour agrémenter des salades composées.
Aptitudes culinaires de différentes variétés

En Europe, les variétés de pomme de terre sont classées en quatre groupes selon leurs aptitudes culinaires112. Ce classement, établi par l’Association européenne pour la recherche sur la pomme de terre (EAPR), tient compte de facteurs explicatifs de la texture, qui sont principalement le degré de délitement à la cuisson, la fermeté de la chair et la « farinosité »113.

Types culinaires des pommes de terre

type A : pomme de terre « à chair ferme », peu farineuse, aqueuse et se tenant bien à la cuisson, à réserver plutôt pour les salades, pommes vapeur ou en robe des champs, pommes sautées (exemples : Belle de Fontenay, Charlotte, Amandine) ;
type B : pommes de terre « à chair fondante », assez fine, un peu farineuse, se délitant peu à la cuisson, à réserver plutôt pour les pommes rissolées, en robe des champs, pommes vapeur, gratins, potages, pommes sautées (exemples : Agata, Monalisa, Samba, Manon, Ostara, Sirtema) ;
type C : pommes de terre à chair farineuse et se désagrégeant à la cuisson, à réserver plutôt pour les frites, purées, pommes au four, potages (exemples : Agria, Bintje)
type D : pomme de terre à chair très farineuse ; ce sont essentiellement des variétés féculières, non utilisées en cuisine.

Ce classement est fortement corrélé avec le taux de matière sèche des tubercules, celui-ci variant de 17-19 % pour le type A à 20-23 % pour le type C112.
Ustensiles et appareils spécialisés
Économe.

La cuisine et la consommation de la pomme de terre ont motivé la conception de divers ustensiles de cuisine dédiés à sa préparation et à sa cuisson.

L’économe, inventé en France en 1929 par Victor Pouzet, coutelier à Thiers, est un épluche-légumes à lame en gouttière conçu pour faciliter leur épluchage114.

Différents types de presse-purée permettent d’écraser les pommes de terre. En 1928, Victor Simon dépose le brevet du passe-vite, un moulin à légumes115. En 1932, Jean Mantelet dépose à son tour un brevet de moulin à légumes116 ; il créera plus tard la société Moulinex. On lui doit également l’invention du coupe-frites.

Utilisation de l'économe

Grille à frites

Frites

Bague à creuser les pommes de terre

Creuse pommes de terre

Résultat de l'anneau à creuser

Spiraleurs ancienne et nouvelle générations

Pomme de terre en guirlande

Principales recettes à base de pomme de terre
Plats à base de pommes de terre.
Article détaillé : Liste de mets à base de pomme de terre.

Les préparations à base de pommes de terre peuvent être servies à différents moments d’un repas et constituer soit un plat complet soit un accompagnement du plat principal.

La pomme de terre, comme accompagnement d’un plat de viande ou de poisson, se sert sous des formes variées, frites, purée, en robe des champs, sautées, à la vapeur, etc.

Plusieurs plats célèbres combinent la pomme de terre avec des ingrédients complémentaires, viande hachée, fromage par exemple, pour former un plat complet comme le hachis parmentier. On peut citer également des spécialités telles que le gratin dauphinois, les röstis, l’aligot, le baeckeoffe, le goulash ou l’Irish stew (ragoût irlandais). La pomme de terre entre également dans la composition d’omelettes, notamment la tortilla espagnole.

Les pommes de terre se servent également en entrée, dans des potages, comme le potage parisien (pommes de terre et poireaux), des salades ou des hors-d'œuvre et même en dessert.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:51

Amélioration et recherche

En 1914, des plants à croissance déterminée apparaissent en Floride à la suite d'une mutation52. Ce caractère, qui facilite la mécanisation des cultures et la récolte groupée est repris dans de nombreux cultivars de tomates pour l'industrie.

Une nouvelle phase de domestication débute aux États-Unis dans les années 1920 par un travail de sélection et d'hybridation mené tant par des institutions publiques que par des firmes privées. Le premier hybride F1 est créé en 194653. Le relais est pris en Europe après guerre, notamment en France sous l'égide de l'INRA.

En Californie, Charles M. Rick, pionnier de la recherche génétique sur les tomates, est à l'origine du C.M. Rick Tomato Genetics Resource Center de l'UC Davis, qui est une banque de gènes sur la tomate et les espèces sauvages apparentées et qui conserve la plus grande collection de graines de tomates54. En 1968, est fondé à Escalon, également en Californie, le California Tomato Research Institute spécialisé dans la recherche sur la tomate d'industrie.

En 1962, Hugh Hellmut Iltis, botaniste américain connu pour ses travaux sur la téosinte, ancêtre du maïs, découvrit lors d'une expédition au Pérou une nouvelle espèce de tomate sauvage, qu'il désigna sous le code 83255. Cette espèce, Solanum chmielewskii56, permit par la suite d'introduire dans des variétés de tomate d'industrie des gènes améliorant sensiblement le taux de matières sèches solubles, critère important pour la production de concentré de tomate.

Depuis les années 1980, la tomate est devenue un légume bon marché et présent sur les étals tout au long de l'année dans les pays occidentaux.

En 1994, commercialisation aux États-Unis par la société Calgene (rachetée en 1997 par Monsanto) de la tomate Flavr Savr, première plante transgénique autorisée à la commercialisation. Cette variété, aux fruits restant fermes plus longtemps, fut cependant retirée du marché dès 1996, son échec commercial étant imputable à ses piètres qualités gustatives et à son prix trop élevé57. À la même époque, au Royaume-Uni, la société Zeneca mit sur le marché du concentré à base de tomates OGM qui eut un grand succès localement, bien que le caractère OGM du produit était clairement affiché. La commercialisation cessa en 1999 du fait de l'opposition qui s'était développée dans l'opinion publique58.

En 2003, lancement du projet international de séquençage du génome de la tomate (International Tomato Sequencing Project) regroupant dix pays et piloté par l'université Cornell (État de New York).
Culture

La culture de la tomate fait appel à diverses techniques : culture en plein champ, sous abri léger, en serre, culture hydroponique… dans le cadre de deux filières distinctes : la tomate de marché, pour la consommation en frais, et la tomate d'industrie pour la transformation (conserves, surgelés, plats cuisinés…). Elle est également très cultivée dans les jardins potagers des particuliers, donnant lieu à une autoconsommation importante.
Variétés cultivées
Variétés anciennes
Diverses variétés
Article détaillé : Liste des variétés de tomates.
Diversité des tailles du fruit entre les variétés

Il existe de très nombreuses variétés cultivées de Solanum lycopersicum. La sélection faite par les hommes a privilégié les plantes à gros fruits. On distingue cependant plusieurs catégories de tomates, selon le mode de croissance de la plante -- indéterminé ou déterminé -- et surtout selon le type de fruit :

les variétés à fruit plat et côtelé, de type tomate de Marmande, dont le poids est élevé puisqu'il peut dépasser 1 kg ;
les variétés à fruit arrondi, dont le poids varie de 100 à 300 grammes, pour lesquelles il existe des hybrides dont les fruits se conservent longtemps ;
les variétés à fruit allongé avec une extrémité arrondie, de type Roma, ou pointue, de type Chico. Ces dernières variétés sont destinées à l'industrie. Elles ont toutes un port déterminé et leurs fruits répondent à un certain nombre de critères technologiques liés à leur transformation. Certaines de ces variétés se prêtent à la récolte mécanique ;
les variétés à petits fruits : tomate cerise, tomate cocktail, etc. La tomate groseille appartient à une espèce voisine, Solanum pimpinellifolium L.
les variétés de diversification : de forme (en forme de poire, en forme de cœur, en forme de corne…), de couleur (tomate noire, jaune, orange, verte tigrée, bleue…) et d'aspect varié (peau fine, peau de pêche, côtelée…).

En Europe, certaines cultures régionales de tomates, caractérisées souvent par l'emploi de variétés locales, ont été distinguées par des appellations protégées. C'est le cas en Italie de la tomate de Pachino (pomodoro di Pachino) et de la tomate de San Marzano (pomodoro San Marzano dell’Agro Sarnese-Nocerino) qui bénéficient du label IGP (indication géographique protégée)59.
Cultures
Très jeunes tomates sur pied.

La tomate est une plante de climat tempéré chaud. Sa température idéale de croissance se situe entre 15 °C (la nuit) et 25 °C (le jour). Elle craint le gel et ne supporte pas les températures inférieures à + 2 °C. C'est une plante héliophile, elle demande une hygrométrie moyenne, parfois un apport de CO2 (sous serre verre). Sa période de végétation est assez longue : il faut compter jusqu'à cinq à six mois entre le semis et la première récolte. La longueur du jour a aussi une grande importance. Sous les climats tempérés, la tomate poussera mieux et plus vite en juillet (durée du jour de 17 à 18 h) qu'en septembre, lorsque la durée du jour diminue (durée du jour moins de 12 h). Ceci explique aussi pourquoi la culture de la tomate s'adapte mal dans certains pays ayant un climat propice (Antilles par exemple) : la durée du jour (12 h en permanence) n'est pas assez longue.
Culture de plein champ
Jeunes plants de tomate

La multiplication se fait par semis, opération qu'il faut faire assez tôt, vers février-mars, et donc sous abri en climat tempéré (en serre ou sous châssis vitré). Les jeunes plants obtenus sont à repiquer entre le 15 avril et le 15 mai, sitôt que la période des gelées est passée. On pourra repiquer le plant en biais (quasiment à l'horizontal en faisant un coude sur le tuteur) en enterrant le bas de la tige jusqu'aux premières feuilles. Le coude permet de ralentir le flux de sève et l'enterrement de la base du pied permet le développement de plus de racines, ce qui renforcera le plant et donnera plus de tomates.

Il est nécessaire de les tuteurer, sauf pour les variétés à croissance déterminée pour lesquelles on prévoit seulement un paillage. La taille pratiquée traditionnellement consiste à ôter les gourmands et à étêter la tige principale après le 4e ou 5e bouquet.

Pour ceux qui veulent se risquer à cultiver la tomate en moyenne montagne (700 à 800 m) il est possible d'avoir une production plus précoce.

phase 1 : laisser buissonner (le système racinaire va se développer) ; cette phase est très importante : elle permet à la plante de nourrir les nombreux bouquets qui naitront de façon plus précoce,
phase 2 : taille, choix des 2 ou 3 tiges les plus robustes,
phase 3 : taille classique sur les 2 ou 3 tiges jusqu'au troisième ou quatrième bouquet.

Vous pouvez ainsi obtenir de 6 à une dizaine de bouquets plus précoces qui pourront être nourris par un système racinaire développé.

C'est une culture très exigeante, qui demande un sol profond et bien fumé, et la possibilité d'irrigation. C'est une plante neutrophile.
Culture hors-sol
Culture hors-sol ou hydroponique

Les tomates de production industrielle sont généralement cultivés hors sols dans des serres ou tunnels de plusieurs hectares sur de la laine de roche et alimentés de manière totalement artificielle par un mélange d'eau et d'engrais. On les cultive de la même façon dans les régions chaudes désertiques comme le désert du Néguev en Israël en remplaçant la laine de verre par du sable. Cela permet d'étendre considérablement la période de production en chauffant les serres en hiver.
Pollinisation

En serre, il est nécessaire de favoriser la nouaison dont dépend le rendement. Cela demande une bonne pollinisation des fleurs, qui est obtenue en les faisant vibrer pour favoriser la dispersion du pollen. Cela peut se faire par différentes méthodes : vibreurs électriques, ventilation forcée, mais de plus en plus on recourt à un insecte auxiliaire, le bourdon (Bombus terrestris), élevé à cet effet. Les bourdons butinant les fleurs se sont révélés plus efficaces que les méthodes mécaniques. Une ruche contenant jusqu'à 200 ouvrières est nécessaire pour 2 000 m2 environ de serre60. Cette méthode oblige à réduire l'usage des insecticides. À défaut de fécondation, la nouaison peut aussi être améliorée par des traitements des fleurs à l'aide d'hormones (auxines).
Récolte

La maturité des tomates, critère primordial pour décider de la date de la récolte, est appréciée en fonction de la couleur, six stades-repères ont été codifiés, qui s'échelonnent sur une dizaine de jours : vert blanchâtre, point rose, tournant, rose, rouge clair, rouge foncé.

Dans le cas des tomates destinées au marché du frais, la récolte est toujours manuelle. Elle se fait généralement à un stade de maturité incomplète, dit « tournant » (fruit encore très ferme et très faiblement coloré). Cette opération requiert une main-d'œuvre importante, souvent d'origine immigrée.

La tomate d'industrie est récolté à maturité (lorsqu'au moins 80 % des fruits sont rouges). Elle est souvent mécanisée, surtout dans les pays développés (Europe, États-Unis). Les récolteuses à tomates sont des machines automotrices qui effectuent la récolte en un seul passage, avec un débit de 15 à 30 tonnes par heure. L'emploi de ces machines implique le choix de variétés adaptées, qui se caractérisent par une croissance déterminée, une maturation groupée des fruits, ainsi qu'une programmation des cultures en fonction des capacités de l'usine réceptrice, les tomates mûres ne pouvant être stockées61.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:52

Après la mort du dictateur Francisco Franco, les gouvernements qui lui succédèrent dès le rétablissement de la royauté, firent passer l’accord de 1979 qui stipulait : « À la lumière du principe de la liberté religieuse, l’action éducative respectera le droit fondamental des parents sur l’éducation morale et religieuse de leurs enfants dans le milieu scolaire. En tous les cas, l’éducation diffusée dans les centres d’enseignement public sera respectueuse des valeurs de l’éthique chrétienne ». Mais, à la demande du cardinal Antonio María Rouco, le 26 février 2002, le gouvernement de José María Aznar rétablit une disposition datant de la dictature, du Concordat de 1953. Selon cette disposition, l’article 27 de ce concordat est remis, pour partie, en vigueur en décembre 2003. Il stipule : « L’État garantit l’enseignement de la Religion Catholique comme matière ordinaire et obligatoire dans tous les centres d’enseignement, qu’ils soient publics ou privés, quels qu’en soient la nature et le niveau ». Le catholicisme devint donc une matière comptant aux examens, les autres religions n’ayant droit qu’à un enseignement de morale civique où les religions autres que catholiques sont qualifiées d’hérésies. Cette disposition fut abolie en 2004, dès les élections. Le 22 juillet 2005, le gouvernement socialiste a rendu public un projet de loi qui rendrait les cours de religion catholique facultatifs à l’école publique. Revenant sur des dispositions instaurées par José María Aznar, le projet prévoit aussi que les notes obtenues par les élèves dans cette matière ne compteront plus pour obtenir des bourses, aller à l’université ou passer en classe supérieure. Aujourd'hui, depuis la promulgation de la Loi organique d'éducation45, l’instruction « religieuse » est une matière facultative proposée aux élèves46. Ceux-ci peuvent opter pour une version confessionnelle de l'option (catholique, évangélique, islamique ou juive) ou pour une version non confessionnelle ; ils peuvent aussi simplement renoncer à cette option. Si 82,4 % des Espagnols se déclarent catholiques et 47,7 % d’entre eux pratiquants, les nouvelles mesures semblent soutenues par une majorité de la population.

et

À la différence de l'Angleterre où l'Église d'Angleterre reste la religion d'État, en 1921 le Parlement britannique passa un Acte (Church of Scotland Act 1921 (en)) qui sépara complètement l'Église d'Écosse de l'État en Écosse. Néanmoins, l'Église d'Écosse continue d'être considérée comme une église nationale, mais elle a une indépendance complète en matière de questions et nominations spirituelles.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:53

Les cultures de tomates peuvent être affectées par diverses attaques de ravageurs (insectes, acariens, nématodes, etc.) et de maladies cryptogamiques, bactériennes ou virales, par la concurrence de mauvaises herbes et par des accidents de végétation ou des agressions abiotiques, dont l'importance varie selon le type de culture et les conditions climatiques. Ravageurs et maladies de la tomate sont souvent communs à d'autres espèces de Solanacées cultivées, comme l'aubergine ou le tabac.
Ravageurs
Article détaillé : Ravageurs de la tomate.
Aleurodes sur feuilles de tomate

Les principaux ravageurs de la tomate sont des insectes, en particulier thrips, aleurodes, pucerons, noctuelles et mouches mineuses, ainsi que des acariens et des nématodes. Ils sont dans l'ensemble moins nuisibles que les maladies62. Les aleurodes des serres, ou mouches blanches des serres (Trialeurodes vaporariorum) sont à redouter dans les cultures sous abri, ainsi qu'une autre espèce apparue plus récemment, l'aleurode du tabac (Bemisia tabaci). Cette dernière transmet le virus de la maladie des feuilles jaunes en cuillère de la tomate (TYLCV). En serre, une méthode de lutte biologique fait appel à un auxiliaire parasitoïde, Encarsia formosa (Hyménoptères) qui pond ses œufs dans les larves d'aleurodes.

Les thrips sont de minuscules insectes piqueurs qui provoquent un jaunissement des feuilles. L'un d'eux, le thrips des petits fruits (Frankliniella occidentalis) est en outre le vecteur du virus de la maladie bronzée de la tomate (TSWV)63.
Meloidogyne incognita sur racine de tomate (grossi 500 fois)

Les doryphores se voient parfois sur les tomates, mais préfèrent nettement les pommes de terre.

La mineuse de la tomate (Tuta absoluta) est la larve minuscule (moins de 8 mm de long) d'un lépidoptère de la famille des Gelechiidae qui attaque les feuilles et le fruits de la tomate, ainsi que d'autres Solanacées. Ce ravageur, originaire d'Amérique du Sud, est apparu dans le bassin méditerranéen à partir de 2006 et en France en 200864. La lutte contre ce nouveau ravageur passe, outre les mesures de prophylaxie, par des pièges à phéromones et l'emploi d'auxilaires parasitoïdes des œufs et des larves65.

Les nématodes, notamment le nématode à galles, Meloidogyne incognita, sont présents tant en culture de plein champ qu'en serre, sauf en culture hors-sol. Ils provoquent la formation de nodosités sur les racines et freinent le développement des plantes. La lutte passe par la désinfection du sol. Certaines variétés modernes sont résistantes (gène Mi), ou plus exactement tolérantes, mais certaines souches de nématodes peuvent se montrer plus virulentes. Le choix de rotations appropriées est aussi un moyen de limiter les attaques66.

Les limaces, notamment la limace grise, Agriolimax agrestis, peuvent attaquer les jeunes plants.
Maladies
Article détaillé : Maladies de la tomate.
Oïdium sur feuille.
Mildiou sur fruit.
Chancre bactérien de la tomate.

La tomate est sensible à des maladies cryptogamiques, des maladies bactériennes et des maladies virales.

Maladies cryptogamiques

Fonte des semis, Pythium spp. et Rhyzoctonia solani.
Anthracnose de la tomate.
Alternariose de la tomate.
Cladosporiose de la tomate, due à Fulvia fulva, (Cladosporium fulvum). Il existe des variétés résistantes à cette maladie.
Pied noir de la tomate.
Fusarioses : elles sont au nombre de deux pour la tomate67 :
la pourriture de la racine et du collet de la tomate, due à Fusarium oxysporum Schlecht. f. sp. radicis-lycopersici Jarvis et Shoem. ;
la flétrissure fusarienne de la tomate, due à Fusarium oxysporum f. sp. lycopersici.
Septoriose.
Pourriture grise : elle est due à Botrytis cinerea, et se manifeste par des taches brunâtres, couvertes d'une moisissure grise, sur feuilles, tiges et fruits — c'est l'une des principales maladies affectant les tomates cultivées en serre.
Mildiou de la tomate : il est dû à Phytophthora infestans, champignon pathogène qui attaque aussi la pomme de terre. C'est une maladie fréquente, favorisée par une forte humidité relative et des températures comprises entre 10 et 25 °C, qui provoque de graves dégâts aussi bien en plein champ que sous abri68.

Maladies bactériennes

Le chancre bactérien de la tomate est dû à Clavibacter michiganensis, bactérie connue aussi sous le nom de Corynebacterium michiganense. Les symptômes en serre sont une marbrure du fruit et un flétrissement du feuillage69.
Le flétrissement bactérien est dû à Ralstonia solanacearum est la maladie la plus importante en zone tropicale. Des variétés résistantes ont été sélectionnées70.

Maladies virales71

La mosaïque du tabac, malgré son nom, touche plus souvent les cultures de tomates (mais aussi de poivrons et d'aubergines), et affecte plus ou moins gravement le rendement. Le virus responsable, TMV (Tobacco mosaic virus) se transmet par le sol et les semences. Les variétés modernes, cultivées en serre, comportent des gènes de résistance au virus qui ont été introduites à partir d'espèces sauvages de tomates (Solanum peruvianum et Solanum habrochaites).
La maladie bronzée de la tomate est due au virus TSWV (Tomato spotted wilt virus), transmis par une espèce de thrips, Frankliniella occidentalis. Elle s'est répandue mondialement à partir de l'Australie depuis 1919, touchant la France en 1985. Elle se traduit par des symptômes très variables et touche de nombreuses espèces de plantes. La lutte passe d'abord par la prévention et l'élimination des thrips.
La maladie des feuilles jaunes en cuillère de la tomate, due au virus TYLCV (Tomato yellow leaf-curl virus), est transmise par un aleurode, Bemisia tabaci. Elle touche surtout le Moyen-Orient et l'Asie du Sud-Est. Des variétés résistantes ont été sélectionnées à partir de Solanum pimpinellifolium, mais la résistance est contournée par certaines souches du virus.
La « maladie filiforme », produite par le virus de la mosaïque du concombre, CMV (Cucumber mosaic virus), est transmises par des pucerons. Elle doit son nom aux symptômes foliaires, les feuilles étant réduites à des nervures. Elle touche également les cultures de poivrons. Une autre souche du virus provoque la nécrose des feuilles.

Accidents physiologiques
Fentes de croissance radiales.
Nécrose apicale.

Le fruit de la tomate peut être sujet à diverses atteintes liées à des carences physiologiques ou à des phénomènes climatiques72.

La « nécrose apicale », parfois appelée « maladie du cul noir », se manifeste par des plages de nécrose à la base du fruit, du côté opposé au calice, vite envahies par des champignons saprophytes. Elle est due à un taux de calcium insuffisant dans le fruit, insuffisance qui peut être induite par un arrosage irrégulier. Certaines variétés y sont plus sensibles que d'autres, en particulier les formes allongées comme la San Marzano. Ajouter du lait à l'eau d'arrosage peut permettre de contrer cette carence.
Les « fentes de croissances » qui apparaissent sur la moitié supérieure du fruit, près du calice, peuvent être annulaires ou concentriques. Elles affectent surtout les variétés anciennes. Leurs causes sont multiples, notamment des averses fréquentes ou un arrosage excessif.
Le « coup de Soleil » causé par un ensoleillement excessif se traduit par une lésion décolorée, en position latérale ou supérieure. C'est souvent la conséquence d'un effeuillage excessif.

Adventices

La gestion des mauvaises herbes dans les cultures de tomates est importante pour éviter les baisses de rendement, du fait de la concurrence des adventices, et limiter les infestations, ces plantes pouvant servir de réservoirs à divers organismes tels qu'insectes ravageurs, champignons parasites, nématodes… La lutte contre les mauvaises herbes combine diverses méthodes, notamment traitements à base d'herbicides en pré- ou post-émergence, et interventions mécanique (sarclage), ces dernières étant surtout efficace sur les adventices annuelles au premier stade de la culture.

Dans les pays méditerranéens, les cultures de tomates peuvent aussi être infestées par des plantes parasites des genres Orobanche (Orobanche ramosa et Orobanche aegyptiaca73) et Cuscute.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:54

Amérique du Nord
Frites servies en accompagnement d’un hamburger.
Poutine : pommes frites, fromage en grains et sauce.

Aux États-Unis, les pommes de terre sont l’un des légumes le plus largement consommés, avec une grande diversité dans les modes de préparation et d’assaisonnement. Les frites (french fries) et les pommes de terre rissolées (hash browns) sont couramment proposées dans les chaînes de restauration rapide et les cafétérias. Un des plats des plus populaires est fait de pommes de terre passées au four auxquelles on ajoute du cheddar (ou de la crème sure et de la ciboulette). Les mashed potatoes (une compote de patates non épluchées) sont le plat emblématique de la Nouvelle-Angleterre. Les salt potatoes, préparation du centre de l’État de New York, sont faites de pommes de terre nouvelles bouillies dans une eau saturée en sel et servies avec du beurre fondu. Dans les repas plus formels, il est d’usage courant de faire rôtir dans une poêle en fer de petites pommes de terre rouges, coupées en tranches.

La « poutine râpée » est un plat traditionnel du Nouveau-Brunswick. La poutine acadienne est une boule de pommes de terre râpées et écrasées, salée, parfois farcie de porc et bouillie. Le résultat est une boule moelleuse à peu près de la taille d’une balle de baseball. Elle se consomme assaisonnée de sel et poivre, ou bien de cassonade. Son origine est attribuée au Knödel allemand, apporté par les premiers colons allemands[réf. souhaitée].

La poutine est quant à elle un plat copieux de pommes frites, avec du fromage en grains frais et une sauce chaude. Plat du Québec apparu dans les années 1950, la poutine s’est diffusée dans l’ensemble du Canada. Le pâté chinois, autre plat populaire du Québec, est préparé à partir de la viande hachée (bœuf, veau) couverte de maïs (en crème et/ou en grains) puis de la purée de pommes de terre.
Amérique du Sud
Papa rellena.

Au Pérou il existe plus de 3000 variétés de pommes de terre117: elle y est le principal ingrédient culinaire. Elle entre dans la composition de très nombreux plats comme la papa a la huancaina, la papa rellena, l’ocopa, la carapulcra, la causa et le cau cau. Frites, elles accompagnent des plats sautés comme le lomo saltado.

Le chuño est une pomme de terre « lyophilisée », produite traditionnellement par les communautés quechua et aymara du Pérou et de Bolivie118, connue aussi en Argentine et au Chili. Dans l’archipel chilien de Chiloé, les pommes de terre sont à la base de plats comme les milcaos, chapaleles, curanto et chochoca. En Équateur, elles sont l'ingrédient principal du copieux locro de papas, une soupe épaisse de pommes de terre, courges et fromage.
Europe

Dans les pays du nord et de l’est de l’Europe, en particulier en Scandinavie, Pologne, Russie, Biélorussie et Ukraine, les pommes de terre nouvellement récoltées sont considérées comme un mets particulièrement raffiné. Bouillies entières et servies avec de l’aneth, ces « pommes de terre nouvelles » sont consommées traditionnellement avec des harengs saurs. Les (kugel, kugelis), gâteaux faits de pommes de terre râpées font partie des cuisines populaires ashkénaze, lituanienne, biélorusse119. Le bryndzové halušky est le plat national slovaque. Il est fait d’une pâte de farine et de pommes de terre finement râpées. La pâte, une fois bouillie et mise en forme de quenelles, est mélangée avec divers ingrédients régionaux120. En Albanie il se consomme une soupe à la pomme de terre et au chou[réf. souhaitée].

Pomme de terre au four servie avec du beurre.

En Belgique, les pommes de terre sont découpées en tranches et frites pour préparer les frieten. Le stamppot, plat traditionnel néerlandais, est une purée mélangée avec des légumes.
En France, le plat le plus connu les frites, les steak-frites, moules-frites dans le nord de la France. Le pâté de pommes de terre est un plat régional du centre de l'Allier et du Limousin. Le Truffiau de Graçay est un friand de pâte feuilletée dorée aux pommes de terre. La vichyssoise est une soupe à base de pommes de terre. Et bien d'autres cuisine française.

Fish and chips.

Au Royaume-Uni, les pommes de terre frites font partie du traditionnel Fish and chips (poisson-frites). Les pommes de terre rôties accompagnent généralement le rôti du dimanche. La purée est également un ingrédient de plats traditionnels comme le cottage pie, le bubble and squeak, les bangers and mash et accompagne la panse de brebis farcie. Le tattie scone est un plat populaire écossais contenant des pommes de terre. Les pommes de terre nouvelles, habituellement cuites à la menthe et servies avec un peu de beurre fondu, sont appréciées, les plus prisées étant les Jersey Royal qui bénéficient d’une AOP.
En Irlande, le colcannon est un plat traditionnel préparé avec de la purée, du chou râpé et des oignons. Les crêpes boxty, faites de pommes de terre râpées, lavées pour éliminer l’amidon et mélangées avec de la farine, du babeurre et de la levure, sont consommées dans tout le pays, particulièrement en Irlande du Nord et à l'étranger par la diaspora irlandaise. Une variante anglaise consommée dans le Lancashire, surtout à Liverpool, est préparée à partir pommes de terre en purée. L’Irish stew (ragoût d'agneau) est également servi avec des pommes de terre.
Dans le nord de l’Italie, particulièrement dans la région du Frioul, les pommes de terre entrent dans la préparation des gnocchis121.
En Bavière et au Luxembourg, réduites en purée ou sous forme de farine, on s'en sert pour préparer les knödels ou quenelles accompagnant les plats de viandes.
Les papas arrugadas (pommes de terre ridées des Canaries) sont un plat traditionnel des îles Canaries. La tortilla de patatas (omelette de pommes de terre) et les patatas bravas (plat de pommes de terre frites dans une sauce tomate épicée) entrent dans la préparation des tapas espagnoles.

et

Les États-Unis apparaissent de nos jours comme une république fortement imprégnée par les valeurs chrétiennes (tradition puritaine pour la Nouvelle-Angleterre, mais aussi baptiste, méthodiste, et catholique). Pourtant, dès l’époque de la Révolution américaine, l’idée de laïcité est un concept incontournable en Amérique, hérité des Lumières, et plus spécifiquement du philosophe anglais John Locke.

Ainsi, la déclaration d'indépendance américaine fut rédigée par des déistes, les Pères fondateurs étaient également dans leur majorité des laïcs attachés à la séparation de l'Église et de l'État. Ainsi, Thomas Jefferson, en 1776, s'il fait référence à un Dieu créateur qui légitime les droits de l’Homme, était également farouchement attaché à cette idée, comme en témoignent ses écrits :

« J’ai toujours considéré qu’il s’agissait d’une affaire entre l’homme et son créateur, dans laquelle personne d’autre, et surtout pas le public, n’avait le droit d’intervenir47. »

Dans l’une de ses lettres, Jefferson évoque l’impérieuse nécessité d’un « mur de séparation » entre l’État et les Églises48.

D’autres pères fondateurs des États-Unis se sont prononcés en faveur de la séparation des Églises et de l’État :

George Washington :

« Tous possèdent également la liberté de conscience et les protections de la citoyenneté. Le gouvernement des États-Unis n’apporte aucun soutien au sectarisme, ni aucune assistance à la persécution, et requiert seulement que tous ceux vivant sous sa protection se conduisent en bons citoyens […] Les croyances religieuses d’un homme ne le priveront pas de la protection des lois, ni du droit d’obtenir et d’exercer les plus hautes fonctions publiques existantes aux États-Unis49. »

James Madison :

« Le gouvernement n’a pas l’ombre d’un droit de se mêler de religion. Sa plus petite interférence serait une usurpation flagrante49. »

John Adams :

« Le gouvernement des États-Unis n’est en aucune manière fondé sur la religion chrétienne ; il n’a aucune inimitié envers la loi, la religion ou la tranquillité des musulmans50. »

Thomas Paine :

« De toutes les tyrannies qui frappent l’humanité, la pire est la tyrannie en matière de religion51. »
Les pères fondateurs américains en faveur de la laïcité

George Washington (1732-1799), premier président américain

John Adams (1735-1826), 2e président

Thomas Jefferson (1743-1826), 3e président

James Madison (1751-1836), 4e président

Officiellement, la religion est séparée de l’État par le premier amendement du 12 décembre 1791 de la constitution de 1787. Fait notable pour l’époque, ni la constitution ni la Déclaration des Droits (les dix premiers amendements), les deux textes fondateurs de la République américaine, ne font référence à Dieu ou à la Providence. Ainsi, depuis la fin du XVIIIe siècle , il n’y a pas de religion officielle dans ce pays.

Pourtant, les références à Dieu sont omniprésentes dans la pratique politique : George Washington, fut le premier président à introduire le serment sur la Bible, alors que la constitution ne prévoyait qu’un simple serment52. On note également le In God we trust sur les pièces et billets (En Dieu, nous avons confiance) qui est devenu une devise officielle des États-Unis le 30 juillet 1956, sur l’initiative d’un député de Floride (Charles E. Bennett). Dans les États où, à l'occasion d'un procès (ou de la prise de fonction d'un gouverneur ou d'un shérif, par exemple), les témoins doivent jurer de dire la vérité sur un « document sacré »[réf. nécessaire], le choix est possible entre tous les « documents » disponibles : Bible chrétienne sans apocryphes, Bible chrétienne avec écrits intertestamentaires, Torah, Coran, Avesta, etc.

Contrairement par exemple à la France, cependant, dans le système éducatif américain, l’État fédéral ne subventionne aucune école religieuse[réf. nécessaire]. Enfin, il ne faut pas oublier que le premier amendement fait partie de la première constitution à garantir la non-ingérence de l’État dans les religions et la liberté de culte. En 1875, James Blaine, président de la Chambre des représentants, proposa un amendement constitutionnel interdisant les subventions publiques pour tout projet à vocation religieuse. Cet amendement Blaine, bien que rejeté par le Sénat, fut adopté par 37 états américains, qui donc ne subventionnent aucune école privée. L'arrivée du chèque éducation a remis en cause cette décision[réf. nécessaire].

La définition du Dieu auquel se réfère l’État américain est pensée et vécue comme le point commun à toutes les religions ; il ne s’agit donc pas d’un Dieu précis, attaché à un culte défini. D’une manière différente de la France, où l’État rassemble par son indifférence aux cultes, l’État américain rassemble en créant un point commun qui est le fait de croire. C’est la conséquence étonnante d’une telle laïcité : en se refusant toute ingérence étatique dans la vie religieuse des citoyens, les fondateurs des États-Unis ont attiré dans leur pays de nombreux immigrants très religieux, parfois brimés dans leurs pays d’origine : mennonites, baptistes, anabaptistes, amishs, quakers, juifs, etc. La forte religiosité américaine, qui connaît son pic pendant la guerre froide, n’est donc pas le vœu des fondateurs du pays mais la conséquence des conditions dans lesquelles le pays s’est construit.

La religion est considérée aux États-Unis dans un sens proche de l’étymologie (religio : créer un lien social). Dans ce cadre, agnostiques et athées sont mal conceptualisés dans le système, car toute personne se rattache par principe à une religion. Une étude de l’université du Minnesota publiée en 2006 montre d’ailleurs que la « communauté » qui inspire la méfiance la plus grande aux États-Unis est non pas celle des immigrants récents, celle des homosexuels ou celle des musulmans, mais bien celle des athées53. Néanmoins, la méfiance qu’inspirent les athées aux États-Unis dépend énormément du lieu de résidence des populations étudiées : les habitants de la côte ouest autant que ceux de la côte est, c’est-à-dire une majorité d’Américains, acceptent bien mieux l’athéisme que ne le font ceux qui habitent au centre du pays.

AVEC

Éthiopie
L'article 11 de la constitution de 1994 dispose « 1. L'État et la religion sont séparés. »54
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:55

Économie
Production

La tomate est cultivée dans de nombreux pays du monde (170 selon la FAO) et sous divers climats, y compris dans des régions relativement froides grâce au développement des cultures sous abri. C'est, par le volume de production, le premier légume au niveau mondial, devant la pastèque et le chou, mais derrière la pomme de terre et la patate douce, ces deux dernières étant toutefois plutôt considérées comme des féculents74.

La production de tomates connait deux grandes filières : la tomate pour la consommation en frais (tomate de marché) d'une part et la tomate destinée à la transformation et la conserve (tomate d'industrie) d'autre part. Cette dernière représente environ la moitié de la production dans l'Union européenne, 80 % aux États-Unis (moyenne 1980-1987)75 et environ 15 % en Chine (2008)76.

Selon les statistiques de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, la production mondiale de tomates s'élevait en 2007 à 126,2 millions de tonnes pour une surface de 4,63 millions d'hectares, soit un rendement moyen de 27,3 tonnes à l'hectare74. Ces chiffres ne tiennent toutefois compte que de la production commercialisée, et n'incluent pas les productions familiales et vivrières qui peuvent être non négligeables dans certaines régions.

La Chine est de loin le premier producteur mondial avec un peu plus du quart du total (33,6 millions de tonnes), production destinée essentiellement (environ 85 %) au marché intérieur pour la consommation en frais76. Elle est suivie par cinq pays produisant plus de 5 millions de tonnes : les États-Unis, la Turquie, l'Inde, l'Égypte, l'Italie et l'Iran. Seize pays (indiqués dans le tableau ci-dessous) rassemblent 80 % de la production mondiale. Considérée globalement, l'Union européenne se placerait au deuxième rang avec 12,5 % de la production mondiale (15,8 millions de tonnes), dont l'Italie assure près de 40 %, et les quatre pays méditerranéens produisant plus de 1 Mt (dans l'ordre : Italie, Espagne, Grèce et Portugal) plus des trois quarts (76,8 %).

Sur la période 1961-2007, la production mondiale a été multipliée par près de 4, passant de 27,6 à 102,2 millions de tonnes, soit un taux de croissance annuelle moyen de 3,36 %. Cette évolution a été particulièrement forte en Asie, ainsi la Chine à multiplié sa production par 7 dans la même période, l'Inde par 18,5.

Le rendement moyen s'établit à 23,1 t/ha, un peu en dessous du niveau mondial, en Chine et à 17,9 t/ha en Inde. Il s'étage entre 50 et 80 t/ha dans les pays du Sud de l'Europe, tandis que les pays du Nord, dont la production est quasi exclusivement assurée sous serre, ont des rendements records : 445 t/ha aux Pays-Bas, 428 au Royaume-Uni et 408 en Belgique. Des records de 100 kg/m², soit 1 000 t/ha, ont même été obtenus aux Pays-Bas dans des serres avec éclairage artificiel76.
Principaux pays producteurs de tomates en 2007 Pays Surface cultivée
(milliers d'hectares) Rendement
(tonnes par hectare) Production
(milliers de tonnes)
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 455 23,1 33 645
Drapeau des États-Unis États-Unis 175 65,7 11 500
Drapeau de la Turquie Turquie 270 36,7 9 920
Drapeau de l'Inde Inde 479 17,9 8 586
Drapeau de l'Égypte Égypte 194 37,9 7 550
Drapeau de l'Italie Italie 118 51,0 6 026
Drapeau de l'Iran Iran 140 35,7 5 000
Drapeau de l'Espagne Espagne 56 65,0 3 615
Drapeau du Brésil Brésil 57 59,4 3 364
Drapeau du Mexique Mexique 130 22,3 2 900
Drapeau de la Russie Russie 158 15,1 2 393
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 80 19,0 1 520
Drapeau de la Grèce Grèce 27 54,7 1 450
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan 57 23,2 1 327
Drapeau du Chili Chili 20 65,1 1 270
Drapeau du Maroc Maroc 20 57,0 1 140

Pour les principaux pays francophones (chiffres de la production mondiale 2007 en tonnes (source FAOSTAT) :

Maroc : 1 140 000 tonnes
France : 750 000 tonnes
Canada : 608 000 tonnes
Belgique : 245 000 tonnes
Suisse : 27 000 tonnes

En France :

plus des trois quarts des semences de tomates autorisées à la vente sont celles de plantes hybrides F1.
98 % des semences sont sous certificat d'obtention végétale.

Le principal transformateur français de tomates, la société S.A.S. Conserves de Provence, qui était à l'origine une coopérative agricole fondée en 1947 et qui vend ses produits sous la marque « Le Cabanon », a été rachetée en 2004 par un groupe chinois, la Xinjiang Chalkis Company Limited77.
Tomates pour l'industrie
Boîte de tomates San Marzano

La production de tomates fraîches pour la transformation industrielle représente près d'un quart de la production totale (26,8 millions de tonnes, soit 23,4 % en 2002). Cette culture est pratiquée surtout dans les régions proches du 40e parallèle, essentiellement dans l'hémisphère nord (90 % du total). Il s'agit d'une culture de plein champ, de plus en plus mécanisée. Les trois principales zones de production sont la Californie, le bassin méditerranéen et la Chine. La Californie en produit 10 millions de tonnes, soit 96 % de la production des États-Unis. La production des pays du bassin méditerranéen (onze pays dont cinq de l'Union européenne) s'élève à 10,5 millions de tonnes. La production chinoise atteint 2,8 millions de tonnes en 2002, mais connaît une croissance très rapide. Les autres producteurs notables sont dans l'hémisphère nord le Canada, la Hongrie et la Bulgarie, et dans l'hémisphère sud le Brésil, le Chili et l'Argentine78.
Membres de l'Amitom

Tous ces pays (à l'exception du Brésil) sont représentés par leurs organisations professionnelles de producteurs et d'industriels transformateurs au sein du Conseil mondial de la tomate d'industrie (WPTC), créée en mai 1998 et dont le siège social se trouve à Avignon (France)79. Les pays méditerranéens sont regroupés dans l'association méditerranéenne internationale de la tomate (Amitom), fondée en 1979 et dont le siège est également à Avignon. Cette organisation rassemble des associations professionnelles de cinq pays européens (Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal), cinq pays hors Union européenne (Israël, Égypte, Maroc, Tunisie, Turquie) et neuf membres associés provenant d'Algérie, des Émirats arabes unis, de Malte, d'Ukraine, d'Iran et de Syrie80.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:55

Alimentation animale

Environ 12 % des tubercules de pommes de terre servent à nourrir les animaux. En 2007, le volume utilisé en alimentation animale au niveau mondial était estimé à 39,2 millions de tonnes sur un total disponibleN 5 de 324 millions de tonnes. Cette utilisation est très contrastée selon les régions du monde. Les principaux pays concernés sont la Russie (8,6 Mt et 23 % des disponibilités) et les pays voisins d’Europe de l’Est : Ukraine (7,9 Mt, 41 %), Biélorussie (4,9 Mt, 59 %), Pologne (4 Mt, 33 %), ainsi que la Chine (7 Mt, 11 %). Elle est en revanche très faible dans les Amériques (1 % des disponibilités) et nulle en Inde122.

Les pommes de terre sont pour les animaux un aliment appétent, en particulier pour les bovins, de bonne valeur énergétique, mais qui se caractérise aussi par sa grande richesse en eau (environ 80 %), sa faible valeur protéique et sa teneur insuffisante en fibres et en certains éléments minéraux. Un kilogramme de matière sèche (constituée à 70 % d’amidon) apporte, en unités fourragères (UF), environ 1,2 UFL (vaches laitières) ou UFV (bovins à viande) et 1 UFC (chevaux), valeur comparable à celle des céréales123.

La forte teneur en eau (il faut 4 à 4,5 kg de pomme de terre pour remplacer un kilogramme de céréales) limite leur emploi dans la ration, les rations trop humides entraînant une baisse de performance. Elle se traduit aussi par des contraintes logistiques : coûts de transport plus élevés, coûts de conservation que ce soit par temps chaud ou par temps de gel.

Leur digestibilité est variable. Les tubercules crus, entiers ou coupés, conviennent bien aux ruminants et aux chevaux, qui sont capables de les digérer. Toutefois, la digestibilité relativement faible de la fécule crue peut entraîner des troubles digestifs chez les ruminants qui consomment trop de pommes de terre124. Il convient de veiller à distribuer les pommes de terre au niveau du sol ou dans des mangeoires basses pour limiter les risques d’étouffement.

Les pommes de terre données à certains animaux monogastriques (porcs et volailles) doivent être cuites pour rendre l’amidon digestible. Les difficultés d’utilisation des pommes de terre crues sont liées à leur relative inappétence, pour les porcs notamment, à la présence d’inhibiteurs d'enzymes protéolytiques dans le tubercule cru et à la structure cristalline des grains d’amidon qui résiste plus ou moins aux enzymes digestives125.

Les quantités de pommes de terre destinées à l’alimentation animale sont variables en fonction des disponibilités et des cours. Quand les cours sont bas la consommation est importante. Certains pays l’utilisent beaucoup en alimentation animale, ainsi la Pologne où une pomme de terre sur trois est produite pour être consommée par les animaux. Dans les régions, comme le Nord de l’Europe, où existe une forte industrie de transformation de la pomme de terre, certains coproduits, sont recyclés dans l’alimentation du bétail. Outre les pommes de terre de rebut, il peut s’agir de produits crus : pulpes de féculerie, à l’état humide ou déshydraté, screenings (écarts de tri de frites), amidon cru issu de centrifugation, ou cuits : pelure-vapeur et purée-pelure, issues de la pelure des tubercules à la vapeur, purée-raclée récupérée en fin de chaîne de déshydratation. La valeur énergétique de ces produits varie de 0,9 à 1 UF/kg de matière sèche126.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:56

Transformation industrielle
Vodka de pommes de terre.
Produits transformés

Dans les régions de grande production, comme le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie en France, la pomme de terre a fait naître une importante industrie de transformation industrielle, qui produit notamment des frites, des chips, des flocons déshydratés, des préparations surgelées…
Industrie de la fécule

L’amidon de pomme de terre, appelé aussi fécule, a de nombreuses utilisations. Dans l’alimentation, il peut remplacer la farine, être employé comme épaississant dans les sauces. On l’utilise aussi dans la pâtisserie industrielle et la confection des biscottes.

Mais c’est dans l’industrie non alimentaire que se trouvent la plupart des débouchés : il entre dans la composition de certains médicaments, dans celle du rouge à lèvres ou des couches pour bébés, dans la papeterie, le textile, le contreplaqué. Traité par eau chaude, l’amidon est appelé empois et entre dans la confection du caoutchouc ou dans le glaçage du papier photo.

L’empesage des cols ou poignets de chemises est un usage aujourd’hui[Quand ?] disparu. De même, l’amidon est moins utilisé qu’autrefois dans la fabrication de colles.

Depuis 2007, on peut utiliser la fécule de pomme de terre afin de produire des matières plastiques biodégradables, ainsi qu’un produit de lutte contre les feux de forêts, le gel-feu.

et celui de

Échanges internationaux
Principaux pays exportateurs de tomates fraîches en 2006 Pays Volume
(milliers de tonnes)
Drapeau du Mexique Mexique 1 032
Drapeau de la Syrie Syrie 1 005
Drapeau de l'Espagne Espagne 987
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 777
Drapeau de la Jordanie Jordanie 345
Drapeau de la Turquie Turquie 247
Drapeau de la Belgique Belgique 200
Drapeau du Maroc Maroc 192
Drapeau des États-Unis États-Unis 144
Drapeau du Canada Canada 142

En 2006, les exportations de tomates fraiches ont porté sur un peu plus de 6 millions de tonnes, soit 4,8 % de la production mondiale de l'année. Les trois premiers pays exportateurs (environ 1 million de tonnes chacun) ont été le Mexique, la Syrie et l'Espagne. Le Mexique fournit essentiellement les États-Unis, et l'Espagne l'Union européenne74.

La même années les premiers pays importateurs de tomates fraiches sont dans l'ordre les États-Unis (environ 1 million de tonnes), l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et la Russie.

Concernant la tomate transformée (pâte et purée), les principaux pays exportateurs sont en 2006 la Chine, l'Union européenne, les États-Unis, le Chili et la Turquie. Cependant, la Chine, dont la production connaît une croissance impressionnante, est de loin l'exportateur le plus important avec 675 000 tonnes de pâte exportée en 2007, chiffre multiplié par six entre 1999 et 200781.

La même année, les principaux pays importateurs sont la Russie, le Japon, l'Union européenne, le Mexique et le Canada.
Consommation
Tomates de type Liguria sur un marché (Épône, France)

Selon les statistiques de la FAO, la consommation mondiale de tomates s'élevait en 2003 à 102,8 millions de tonnes. Elle est un peu moins concentrée que la production, les 18 premiers pays (cf. tableau ci-dessous) représentant 77 % du total. En tête figurent la Chine (24,6 %) suivie par les États-Unis (9,8 %), l'Inde (8,7 %), la Turquie (5,9 %) et l'Égypte (5,9 %)74. Parmi ces pays, apparaissent aussi la France, l'Allemagne et le Japon qui jouent un moindre rôle dans la production.

Si l'on considère la consommation annuelle par habitant, Le record appartient à la Libye avec 117 kg, suivie de la Grèce (115 kg) et d'autres pays du bassin méditerranéen (dans l'ordre Tunisie, Turquie, Égypte, Italie, Liban).

Ces chiffres ne tiennent pas compte de l'autoconsommation.
Principaux pays consommateurs de tomates en 2003 Pays Consommation totale
(milliers de tonnes) Consommation par habitant
(kg/habitant/an)
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 25 265 19
Drapeau des États-Unis États-Unis 10 109 34
Drapeau de l'Inde Inde 6 836 6
Drapeau de la Turquie Turquie 6 112 85
Drapeau de l'Égypte Égypte 6 070 84
Drapeau de l'Italie Italie 3 797 66
Drapeau de l'Iran Iran 3 394 49
Drapeau du Brésil Brésil 3 305 18
Drapeau de la Russie Russie 2 540 17
Drapeau de l'Espagne Espagne 1 753 42
Drapeau de la France France 1 556 25
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 347 22
Drapeau de la Grèce Grèce 1 268 115
Drapeau du Mexique Mexique 1 253 12
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 226 14
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 1 170 24
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan 1 096 42
Drapeau du Japon Japon 1 066 8
En France

En 2014, la France a produit 581 000 tonnes tomates qui sont vendues et consommées de mars à novembre82. Elles sont le plus souvent d'origine française, la Bretagne étant la première région productrice (39 % de la production, devant les Pays de la Loire 15 %)83, voire d'Italie. Les tomates vendues de décembre à février sont importées, essentiellement du Maroc et d'Espagne. L'indication de la provenance est obligatoire84.

La tomate est le premier légume consommé par les Français en volume, et le second fruit après la pomme, avec un peu plus de 14 kg par ménage85 et par an86
Normes

Au niveau international, des normes sont définies par le Codex alimentarius, programme commun de la FAO et de l'OMS. Elles concernent les tomates fraîches87, les tomates en conserve88, les jus de tomates89 et les concentrés de tomates traités90.
Utilisation

La tomate (le fruit) tient une place importante dans l'alimentation humaine. Bien que ce soit un fruit sur le plant botanique, elle se consomme comme un légume soit crue, soit en salade, souvent en mélange avec d'autres ingrédients, soit en jus, soit cuite dans d'innombrables préparations culinaires. Elles sont alors transformées industriellement, à partir de produits frais, en conserves ou surgelés, sous forme de purée, de concentré, de condiment, de sauces et de plats préparés. Des industries de transformation de la tomate sont implantées dans toutes les régions du monde et sont approvisionnées par des milliers d'hectares de culture mécanisée.
Alimentation
Valeur nutritionnelle
Tomate crue
Valeur nutritionnelle moyenne
pour 100 g
Apport énergétique
Joules 73 kJ
(Calories) (17 kcal)
Principaux composants
Glucides 2,60 g
- Amidon 0,080 g
- Sucres 2,52 g
- Fibres alimentaires 0,95 g
Protéines 0,95 g
Lipides 0,21 g
- Saturés 37 mg
- Oméga-3 9,0 mg
- Oméga-6 91 mg
- Oméga-9 23 mg
Eau 94,20 g
Cendres totales 0,61 g
Minéraux & Oligo-éléments
Bore 0,115 mg
Calcium 8,90 mg
Chlore 30 mg
Chrome 0,020 mg
Cobalt 0,0017 mg
Cuivre 0,057 mg
Fer 0,316 mg
Fluor 0,024 mg
Iode 0,0011 mg
Magnésium 11 mg
Manganèse 0,108 mg
Nickel 0,0058 mg
Phosphore 22 mg
Potassium 235 mg
Sélénium 0,0010 mg
Sodium 3,3 mg
Zinc 0,152 mg
Vitamines
Provitamine A 0,592 mg
Vitamine B1 0,057 mg
Vitamine B2 0,035 mg
Vitamine B3 (ou PP) 0,530 mg
Vitamine B5 0,310 mg
Vitamine B6 0,100 mg
Vitamine B8 (ou H) 0,0040 mg
Vitamine B9 0,022 mg
Vitamine C 19 mg
Vitamine E 0,813 mg
Vitamine K 0,0056 mg
Acides aminés
Acide aspartique 121 mg
Acide glutamique 337 mg
Alanine 26 mg
Arginine 18 mg
Cystine 1,0 mg
Glycine 18 mg
Histidine 13 mg
Isoleucine 23 mg
Leucine 30 mg
Lysine 29 mg
Méthionine 7,0 mg
Phénylalanine 24 mg
Proline 16 mg
Sérine 28 mg
Thréonine 23 mg
Tryptophane 6,0 mg
Tyrosine 12 mg
Valine 23 mg
Acides gras
Acide palmitique 32 mg
Acide stéarique 5,0 mg
Acide palmitoléique 2,0 mg
Acide oléique 23 mg
Acide linoléique 91 mg
Acide alpha-linolénique 9,0 mg
Source : Souci, Fachmann, Kraut : La composition des aliments. Tableaux des valeurs nutritives, 7e édition, 2008, MedPharm Scientific Publishers / Taylor & Francis, ISBN 978-3-8047-5038-8
modifier Consultez la documentation du modèle

La tomate est un aliment diététique, très riche en eau (93 à 95 %) et très pauvre en calories (17 kcal pour 100 grammes), riche en éléments minéraux et en vitamines (A, C et E)91.

Les glucides, 2 à 3 %, sont constitués principalement de fructose et de glucose92.

Les sels minéraux, dont la teneur dépend aussi du sol et des apports d'engrais, sont composés pour près de la moitié de potassium, environ 235 mg pour 100 g de tomate92.

La tomate contient plusieurs vitamines hydrosolubles dont la principale est la vitamine C. La teneur, de 10 à 30 mg/100 g92, dans la tomate crue est fortement réduite dans la tomate cuite (environ 16 mg).

La tomate mûre contient aussi plusieurs pigments de la famille des caroténoïdes, dont le ß-carotène qui possède une activité provitaminique A. Les teneurs exprimées en microgrammes pour 100 g de tomate crue sont indiquées dans le tableau ci-dessous93 :
Teneurs en caroténoïdes
(μg/100 g) ß-carotène 449
∂-carotène 101
lycopène 2 573
lutéine/zéaxanthine 123
phytoène 1 860
phytofluène 820

Le lycopène est un pigment rouge qui est un antioxydant, que l'on retrouve à raison de 30 mg dans 200 ml de sauce tomate.
Goût

Certains consommateurs se plaignent du manque de goût des tomates disponibles sur le marché. Les qualités organoleptiques de ce fruit, qui incluent l'aspect, le goût, la texture, dépendent de divers paramètres, liés à la génétique, aux conditions de culture, de récolte et de conservation. Le goût est lié notamment à l'équilibre entre sucres et acides, en particulier à la teneur en acide malique et en sucrose94, et à la présence de divers arômes volatils. Cet équilibre dépend largement des conditions de mûrissement du fruit.

Parmi les facteurs ayant entraîné une perte de goût des tomates, figure la sélection de variétés dites « longue conservation » qui possèdent un gène particulier. Ce gène rin (ripening inhibitor) induit des effets négatifs sur la qualité dont les mécanismes sont mal connus95. Des recherches ont été menées sur ce sujet, notamment dans le cadre du projet EU-SOL inscrit dans le sixième programme-cadre de l'Union européenne pour la recherche et le développement technologique96.

On retrouve dans le goût de la tomate et particulièrement de la sauce tomate, la cinquième saveur fondamentale, l'umami, qui est liée à la présence d'acide glutamique dans le fruit mûr97.
Usages
Article détaillé : Liste de spécialités à base de tomate.

C'est aujourd'hui un légume-fruit très important en cuisine, entrant dans la composition de nombreuses recettes. C'est un ingrédient de base de la pizza.
Tomate fraîche

La tomate peut se consommer soit crue, soit cuite.

Crue, la tomate peut se manger nature à la croque au sel, mais elle entre le plus souvent dans la composition de salades simples ou composées, comme la salade niçoise. Elle est également l'ingrédient de base du gaspacho, soupe froide, spécialité originaire d'Andalousie.

Cuite, la tomate se prépare de diverses manières : sautée, farcie, en sauce… C'est aussi un ingrédient de diverses sauces. La cuisson détruit une partie des vitamines mais favorise l'assimilation du lycopène.

Les tomates vertes ou incomplètement mûres peuvent servir à la confection de confiture, ce qui est une manière d'utiliser les tomates cueillies en fin de saison qui ne peuvent atteindre une maturité complète.

On peut décorer certains plats en confectionnant des roses en peau de tomate. Elles se font simplement en pelant une tomate bien ferme avec un couteau d'office en inox, en formant un ruban régulier qui, enroulé sur lui-même et posé sur la base de la tomate préalablement coupée, formera la « rose »98.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 8:59

Tomate transformée

La tomate fait l'objet d'une importante industrie de transformation, qui fournit au consommateur des tomates séchées, des tomates pelées en boîte, du coulis de tomate, du concentré de tomate (simple ou « double » et même triple concentration), des sauces (dont la sauce tomate, les sauces aigres-douces, le ketchup) et une boisson, le jus de tomate.

Les deux principales transformations industrielles du jus de tomate sont la concentration et le séchage. La concentration est réalisée à chaud sous vide partiel. Selon la température de la concentration, on parlera de concentré hot break (haute température) ou cold break (température moins élevée). Le concentré hot break se caractérise par un goût de « cuit » plus intense mais surtout par une concentration de pectine plus élevée. Le concentré cold break présente un profil aromatique plus proche du jus de tomate originel mais avec un niveau de viscosité plus faible.

Le séchage peut être réalisé par atomisation ou par cylindrage, que ce soit sur du concentré cold break ou hot break. La principale utilisation de la poudre de tomate est la soupe en poudre.
Conservation
Tomates séchées servies en antipasti

Tomates d'automne : effeuillées et suspendues, tête en bas, à l'ombre.
À température ambiante dans une pièce pas trop sèche, pour en conserver le goût.
tomate séchée : autour du bassin méditerranéen, elle est évidée, salée puis séchée au soleil.
conserve de tomates : après ébullition, pelée et salée, elle se conserve dans son jus après stérilisation.
concentré de tomates : la tomate peut également faire l'objet d'une conservation à long terme après transformation des fruits en une pâte très concentrée : double ou triple concentré de tomates appertisé vendu dans le commerce.

Santé
Usage médicinal

La tomate aurait un usage traditionnel de phytothérapie [réf. nécessaire] notamment grâce à sa teneur en pigments caroténoïdes antioxydants, et plus particulièrement en lycopène, réputé pour ses propriétés anticancéreuses et de prévention contre les maladies cardiovasculaires, en particulier. Il est à noter que ce lycopène est plus facilement assimilé par la consommation de tomates cuites, la cuisson libérant les nutriments en faisant éclater les cellules végétales.

La tomate a des propriétés diurétiques et désintoxicantes99.

Cancer

Certaines études publiées sur United States National Library of Medicine (Bibliothèque américaine de médecine) ont révélées que la consommation fréquente ou régulière de tomate pourrait réduire le risque de développer le cancer de la prostate, aussi bien que d’autres tumeurs malignes tels que les cancers du pancréas, du poumon, du côlon, du rectum, de l’estomac, de la cavité orale, de l’œsophage, du sein et du col de l’utérus100,101,102.

Maladies Cardiovasculaires

Une autre étude menée chez des femmes a démontrée que ce même fruit pourrait réduire leurs risques de souffrir des maladies cardiovasculaires et baisser le taux de leurs lipoprotéines de basse densité (LDL). Les chercheurs pensent que ces effets bénéfiques pourraient être dus à lycopène associé à d’autres composés antioxydants et des vitamines103,104.
Toxicité et risques alimentaires

La plante contient dans tous ses organes de l'α-tomatine, glycoalcaloïde stéroïdal toxique, proche de la solanine de la pomme de terre, et qui peut présenter un danger pour le bétail. La tomatine a des propriétés antibiotiques et antifongiques105. La teneur en tomatine est faible pour les tomates rouges (mûres), de l'ordre de 0,03 à 0,08 mg/100 g et nettement plus élevées pour les tomates vertes (immatures), de 0,9 à 55 mg/100 g, sans danger toutefois pour la consommation humaine106.

La consommation de tomates, en particulier de tomates crues, peut provoquer chez certaines personnes des indispositions en raison de la présence de saponines et solanine, et des réactions allergiques, pouvant aller jusqu'à un choc anaphylactique. Ce phénomène relativement rare d'allergie alimentaire est dû à la présence dans les tomates mûres de protéines de liaison avec les immunoglobulines E, dont le taux tend à augmenter avec le mûrissement du fruit107.

Les tomates fraîches peuvent être contaminées par la salmonelle. Cela s'est notamment produit en Amérique du Nord, vers la fin du printemps 2008 (à partir du 16 avril), entraînant leur retrait des grandes chaînes de restauration et de certains magasins. Aux États-Unis, on recensait au 11 juin 2008, dans 23 États, au moins 228 cas d'intoxications par la salmonelle dus à la consommation de tomates contaminées, provoquant 25 hospitalisations108. Au Canada, aucun cas n'a été rapporté, cependant, par mesure de précaution, les grandes chaînes de restauration, telles que McDonald's et KFC, avaient décidé de retirer temporairement les tomates de leur menu109.
Moisissures sur tomates mûres

Les tomates trop mûres peuvent être sujettes à diverses moisissures, comme Penicillium expansum, et contenir de ce fait des mycotoxines thermostables comme la patuline110. Ces mycotoxines peuvent se retrouver dans des produits dérivés comme les jus de tomate.

Les tomates mises en vente peuvent parfois contenir des résidus de pesticides. En France, selon les contrôles effectués par la DGCCRF, cela concernait en 2004 48,5 % des échantillons analysés. Toutefois seuls 3,5 % de ces échantillons dépassaient les LMR (limites maximales de résidus) fixées au niveau national ou européen111.
Autres

Le marc de tomate, sous-produit de la transformation industrielle des tomates, est parfois utilisé comme aliment du bétail112.

Le purin de tomate, obtenu par macération de feuilles et tiges dans l'eau, serait efficace au jardin pour prévenir ou éloigner certains insectes parasites, notamment les pucerons113.

Selon Victor Renaud114, une feuille de tomate froissée frottée sur la peau contribuerait à calmer la douleur en cas de piqûre d'insecte.
Aspects culturels
Balance de cuisine en forme de tomate.

L'allure caractéristique de la tomate et l'ampleur de sa consommation induisent son usage comme thème dans la décoration et le design dans le domaine culinaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 9:01

Mayotte (appelée aussi Maoré en shimaoré3) est un ensemble d’îles situé dans l’archipel des Comores, lui-même situé dans le canal du Mozambique et dans l’océan Indien. Mayotte est constituée de deux îles principales, Grande-Terre et Petite-Terre, et de plusieurs autres petites îles dont Mtsamboro, Mbouzi et Bandrélé.

Officiellement nommée département de Mayotte, Mayotte est un département et une région d’outre-mer français et une région ultrapériphérique de l’Union européenne. Son code départemental officiel est « 976 »4. Le chef-lieu de jure est Dzaoudzi, même si dans les faits le siège du conseil départemental et la préfecture sont tous deux à Mamoudzou, ville la plus peuplée de Mayotte.

En 2016, la population de Mayotte est de 248 656 habitants2 (contre 212 645 habitants en 20125) répartie sur 376 km2. Elle a ainsi la plus forte densité de population de la France d’outre-mer, avec 603 hab/km². Ses habitants sont appelés les Mahorais et les Mahoraises.

Mayotte est devenu Français en 1841. En 1886, le reste de l’archipel composé de la Grande Comore, Mohéli et Anjouan forme un protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte. En 1958, l’administration quitte Dzaoudzi (à Mayotte) pour Moroni (à Grande Comore), cela provoque le mécontentement des Mahorais. Le Congrès des notables se réunit et réclame la départementalisation. Dans les années 1960 et 1970, Zéna M’Déré et le mouvement des chatouilleuses militent pour l’arrimage définitif de Mayotte à la République française. En 1974, la France organise, sur l’ensemble de l’archipel des Comores, un référendum pour décider d’une éventuelle indépendance, mais les Mahorais votent pour le maintien au sein de la République française. Un second référendum est organisé uniquement à Mayotte en 19766,7, qui confirme ce choix. Néanmoins l’Union des Comores revendique toujours Mayotte8. À la suite du référendum local de 2009, Mayotte est devenue département et région d’outre-mer (DROM) à assemblée délibérante unique (le conseil général exerçant les compétences d’un conseil régional) en 2011. En 2014, Mayotte change également de statut au niveau européen, devenant une région ultrapériphérique, et fait depuis partie de l’Union européenne.

et

Mayotte est la plus ancienne des quatre grandes îles de l'archipel des Comores, chapelets de terres qui émergent au-dessus d'un relief sous-marin en forme de croissant de lune, à l'entrée du canal du Mozambique. Située à 295 km à l'ouest de Madagascar et à 67 km au sud-sud-ouest d'Anjouan, visible le soir en ombre chinoise, elle est composée de plusieurs îles et îlots couverts d'une végétation exubérante, les deux plus grandes sont Grande-Terre et Petite-Terre adossée à une barrière de corail.

Ce récif de corail de 160 km de long entoure un lagon de 1 100 km2, un des plus grands du monde. Il protège des courants marins la quasi-totalité de Mayotte, à l'exception d'une douzaine de passes, dont une à l'est appelée « Passe en S ». Le lagon d'une largeur moyenne de 5 à 10 km a une profondeur pouvant atteindre jusqu'à une centaine de mètres. Il est parsemé d'une centaine d'îlots coralliens comme Mtsamboro. Ce récif procure un abri aux bateaux et à la faune océanique. L'activité volcanique à l'origine de la création des îles rend le sol particulièrement fertile[réf. nécessaire].

Grande-Terre, 363 km2, mesure 39 kilomètres de long par 22 kilomètres de large. Ses points culminants sont : Mont Bénara ou Mavingoni (660 m), Mont Choungui (594 m), Mont Mtsapéré (572 m) et Mont Combani (477 m). Elle abrite Mamoudzou, qui est la capitale économique de Mayotte et qui abrite le siège du conseil départemental et la préfecture.
Petite-Terre (ou île Pamanzi), avec Dzaoudzi (chef-lieu officiel de Mayotte) et Pamandzi (où se situe l'aéroport). Elle fait 11 km2.
L'îlot Mtsamboro est la troisième île par sa dimension (2 km2). Il est habité de façon permanente entre autres par des pêcheurs et est réputé pour sa culture d'oranges.
L'îlot Mbouzy (84 ha) est classé en Réserve naturelle.
L'îlot Bandrélé est la cinquième plus grande île.
L'Îlot de Sable Blanc est situé à proximité du parc marin de Saziley (aire marine protégée).

La liste complète des îles, îlets et îlots de Mayotte
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
yanis la chouette



Nombre de messages : 6855
Localisation : http://yanis.tignard.free.fr/
Date d'inscription : 09/11/2005

MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   Ven 21 Oct à 9:01

Transformation industrielle
Vodka de pommes de terre.
Produits transformés

Dans les régions de grande production, comme le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie en France, la pomme de terre a fait naître une importante industrie de transformation industrielle, qui produit notamment des frites, des chips, des flocons déshydratés, des préparations surgelées…
Industrie de la fécule

L’amidon de pomme de terre, appelé aussi fécule, a de nombreuses utilisations. Dans l’alimentation, il peut remplacer la farine, être employé comme épaississant dans les sauces. On l’utilise aussi dans la pâtisserie industrielle et la confection des biscottes.

Mais c’est dans l’industrie non alimentaire que se trouvent la plupart des débouchés : il entre dans la composition de certains médicaments, dans celle du rouge à lèvres ou des couches pour bébés, dans la papeterie, le textile, le contreplaqué. Traité par eau chaude, l’amidon est appelé empois et entre dans la confection du caoutchouc ou dans le glaçage du papier photo.

L’empesage des cols ou poignets de chemises est un usage aujourd’hui[Quand ?] disparu. De même, l’amidon est moins utilisé qu’autrefois dans la fabrication de colles.

Depuis 2007, on peut utiliser la fécule de pomme de terre afin de produire des matières plastiques biodégradables, ainsi qu’un produit de lutte contre les feux de forêts, le gel-feu.
Distillation

L’amidon de la pomme de terre peut être facilement hydrolysé en glucose, à partir duquel on peut produire de l’éthanol après fermentation et distillation.

À partir du XVIe siècle, l’alcool de pomme de terre a servi à confectionner la vodka ou l’aquavit. Cet usage s’est particulièrement développé en Pologne au XIXe siècle, lorsque le prix des céréales très demandées à l’exportation était élevé. En Irlande, la pomme de terre est à la base d’une eau-de-vie traditionnelle appelée poteen ou poitín qui bénéficie d’une IGP dans le cadre européen127.

L’alcoolisme engendré par la surconsommation d’eau-de-vie de pomme de terre de basse qualité fut à l’origine de la première législation sur l’alcool édictée en Suisse en 1887128.

Plus récemment on a envisagé la production d’éthanol comme biocarburant utilisable en addition dans l’essence ou le gazole. Sur la base d’un rendement de 40 tonnes à l’hectare une production d’éthanol de 50 hl/ha serait possible, mais le coût en serait prohibitif129.
Utilisation médicinale et croyances

Sans être une plante médicinale, la pomme de terre en tant qu’aliment est bénéfique pour la santé ; outre l’apport de vitamine C utile pour la prévention du scorbut, qu’elle aurait contribué à faire reculer en Europe au XIXe siècle130, elle constitue un aliment de lest qui facilite le transit intestinal. Elle a aussi des propriétés cicatrisantes, utiles contre les ulcères intestinaux. La fécule de pomme de terre est un topique émollient. On peut utiliser la fécule ou la pomme de terre râpée sous forme de cataplasmes contre les brûlures, engelures, gerçures, etc. Le jus de pomme de terre est émollient, calmant, cicatrisant des muqueuses digestives et diurétique131.

Selon Pierre Lieutaghi, la pomme de terre a été largement employée en médecine populaire dès le XIXe siècle, notamment en Provence, pour ses propriétés émollientes et adoucissantes contre divers maux : brûlures, panaris, mains abîmées… On utilisait à cet effet une pomme de terre coupée en deux, de la pomme de terre râpée ou de la pulpe de pomme de terre bouillie132.

Ce tubercule peut aussi être le support de « magie thérapeutique ». Selon certaines croyances, une pomme de terre conservée dans la poche, jusqu’à ce qu'elle devienne desséchée et dure, peut éloigner le mal, notamment les rhumatismes132.

Constituée essentiellement d’amidon, la pomme de terre a un faible pouvoir cariogène133.

Selon une étude en 2011, la consommation de pommes de terre peut contribuer à lutter contre l’hypertension chez les personnes en surpoids134. Cet effet serait dû à la présence dans le tubercule d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine134.
Autres

Au Pérou, la pulpe de la papa morada nativa (pomme de terre violette indigène) est à la base d’une crème cosmétique pour le visage. Destinée à atténuer les rides, cette crème est commercialisée localement sous la marque Mishki135.
Gravure de caractères chinois sur pommes de terre.

La patatogravure est une activité manuelle, généralement pour de jeunes enfants, qui consiste à sculpter dans des pommes de terre coupées en deux des motifs variés, souvent des formes géométriques, afin de s’en servir comme tampons, une fois trempées dans de la peinture ou de l’encre.
Pile constituée de deux tubercules en série.

Brevetée en 1903, la plaque autochrome, premier procédé de photographie en couleur inventé par Louis Lumière, utilise pour capter la lumière des grains de fécule de pomme de terre teintés136.

Selon Alexandre Dumas (Le grand dictionnaire de cuisine) les feuilles de pommes de terre séchées peuvent fournir un excellent succédané de tabac137.

On peut utiliser la pomme de terre à des fins domestiques, par exemple pour préparer de la colle, à base de pommes de terre bouillies dans l’eau, additionnées de poudre d’alun, ou pour nettoyer vitres et glaces pour ôter les traces de doigts à l’aide d’une tranche de pomme de terre, avant de rincer les surfaces à l’eau131.

Il est possible de produire de l’électricité avec une pomme de terre comme avec d’autres végétaux, le citron par exemple, en y insérant deux électrodes, l’une en zinc et l’autre en cuivre, la chair de la pomme de terre faisant office d’électrolyte. Des chercheurs de l’université hébraïque de Jérusalem ont découvert qu’il était possible d’améliorer l’efficacité de cette pile électrique naturelle et bon marché en utilisant des pommes de terre bouillies138.


Aspects économiques
Production

Les pommes de terre sont cultivées dans plus de 150 pays, principalement dans l’hémisphère nord. La distribution de cette culture s’étire en latitude de 45 ° S à 65 ° N et marque deux pics, le plus important dans les zones tempérées situées entre 45 et 57 ° N, qui incluent l’Allemagne, la Pologne l’Ukraine et la Russie, et le deuxième dans les zones subtropicales situées entre 23 et 34 ° N, qui comprennent en particulier le bassin indo-gangétique139.

En 2007, la production mondiale de pommes de terre est estimée à 323,5 millions de tonnes, pour une surface cultivée de 18,8 millions d’hectares, soit un rendement moyen de 17,23 tonnes par hectare (t/ha)140. Ce chiffre n’inclut pas les plants (semences) qui représentent 30,8 millions de tonnes (Mt), soit environ 10 % du total. Cette culture s’inscrit à la cinquième place (en tonnage) des productions agricoles au niveau mondial, après la canne à sucre, le maïs, le riz et le blé et devant la betterave à sucre. C’est la plus importante dicotylédone alimentaire.

Les cinq premiers producteurs, dans l’ordre Chine (64,8 Mt), Russie (36,8 Mt), Inde (28,6 Mt), États-Unis (20,4 Mt), Ukraine (19,1 Mt), représentent la moitié de la production mondiale. Dans ce classement, l’Union européenne prendrait la première place avec 63,2 Mt, les cinq premiers pays membres, Pologne (11,8 Mt), Allemagne (11,6 Mt), France (7,2 Mt), Pays-Bas (6,9 Mt), Royaume-Uni (5,6 Mt) représentant 67,6 % du total européen.

Une comparaison par continent montre que l’Europe (40,54 %) et l’Asie (40,45 %) concentrent 81 % de la production totale contre 13,2 % pour les Amériques, 5,5 % pour l’Afrique et 0,5 % pour l’Océanie.

Le rendement moyen le plus élevé est obtenu en Océanie avec 38,57 t/ha contre 25,61 t/ha dans les Amériques, 18,27 t/ha en Europe, 15,83 t/ha en Asie et 10,92 t/ha en Afrique.

La liste des vingt premiers pays producteurs en 2007 est donnée dans le tableau ci-après avec les surfaces cultivées et les rendements moyens (source FAOSTAT). Dans ce tableau, le Pérou, berceau de la pomme de terre apparaît en 18e position et un seul pays d’Afrique, le Malawi, en 20e place.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.atelier-yannistignard.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca   

Revenir en haut Aller en bas
 
Pomme de terre, Solanum tuberosum, Athéna et Y'becca
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Millefeuille de pomme de terre-bacon-chèvre
» Pommes de terre confites à l'huile d'olive
» Le salon du chocolat à Paris
» Mundus Novus
» Le côté obscur de la pomme de terre !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le clans des mouettes :: Le clans des mouettes-
Sauter vers: