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 Jung, La Vierge Noire et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:50

L'inconscient collectif est un concept de la psychologie analytique s'attachant à désigner les fonctionnements humains liés à l'imaginaire, communs ou partagés, quels que soient les époques et les lieux, et qui influencent et conditionnent les représentations individuelles et collectives.

Selon le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875–1961), créateur du concept, l'inconscient collectif constitue « une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux »D 1. Toujours selon lui,

« les instincts et les archétypes constituent l'ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle "collectif" parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrementD 2. »

Jung donne en effet l'épithète de « collectif » à cette partie transpersonnelle de la psyché inconsciente, car ces matériaux se distinguent par leur récurrence d'apparition dans l'histoire humaine et parce qu'ils se manifestent au moyen des archétypes, autre concept central de la psychologie analytique.

Si pour Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, l'inconscient se caractérise avant tout par le fait qu'il naît du refoulement des pulsions, pour Jung, au contraire, l'inconscient est constitué de tout ce qui n'est pas conscient. Selon ce dernier :

« Il est inhérent à la réalité et la communication du conscient et de l'inconscient [et] permet le devenir de l'individu1. »

L'inconscient collectif et le conscient forment par conséquent, dans cette vision, un « ensemble [qui] constitue la totalité psychique dont nul élément ne peut disparaître sans dommage pour l'individuA 1. » Il aurait par ailleurs une fonction vitale pour l'homme, notamment exerçant une activité compensatrice au Moi. Il serait enfin la source du renouveau de l'être, par la compréhension des rêves et le travail de l'individuation.

Pour Jung, reconnaître l'existence et l'influence de l'inconscient collectif, c'est reconnaître que « nous ne sommes pas d'aujourd'hui ni d'hier ; nous sommes d'un âge immense2. »

Sommaire

1 Définition
1.1 Origine
1.2 Caractéristiques générales
2 Genèse du concept
2.1 Héritage philosophique
2.2 Apport de Sigmund Freud et de la neurophysiologie
2.3 L'approche de Carl Gustav Jung
2.3.1 Les complexes et le cas de « Miss Miller »
2.3.2 Le cas Emile Schwyzer et Métamorphoses et symboles de la libido
2.3.3 Une intuition et un pressentiment
3 Concept central de la psychologie analytique
3.1 Les structures innées
3.2 La participation mystique et le transfert
3.3 Le rêve
3.4 Le mythe et la méthode d'amplification
3.5 Les psychoses
4 Inconscient collectif et structure de la psyché
4.1 Inconscient personnel et inconscient collectif
4.2 Le centre de la psyché
4.3 L'inconscient objectif
4.4 Une hypothèse de travail
4.5 Inconscient freudien et inconscient collectif
4.5.1 Divergence de terminologie
4.5.2 L'« âme collective »
5 L'inconscient collectif après Jung
5.1 Dans la psychologie analytique
5.1.1 Continuateurs directs
5.1.2 En marge de la psychologie analytique
5.2 Courants psychologiques proches
5.2.1 En psychologie et psychiatrie
5.2.2 La psychologie transpersonnelle
5.2.3 En psychanalyse
6 Réutilisation du concept hors de la psychologie
6.1 Spiritualités
6.2 L'inconscient collectif dans la culture populaire
7 Critiques
7.1 Critiques au sein de la psychanalyse
7.2 Controverse idéologique
8 Notes et références
8.1 Notes
8.2 Ouvrages de Carl Gustav Jung utilisés
8.3 Autres sources
8.4 Autres références
8.5 Ouvrages cités mais non utilisés
9 Annexes
9.1 Articles connexes
9.2 Liens externes
9.3 Bibliographie complémentaire

Définition
Origine

L'expression « inconscient collectif » (kollektives Unterbewußtsein en allemand) n'a de sens, chez Carl Gustav Jung, que dans le domaine de la psychologie analytique. Il n'est en effet pas reconnu au sein de la psychanalyse. De plus, le concept demeure ambigu, en raison de la polysémie des deux mots le formant. Cette ambiguïté est à l'origine de la mauvaise réception des travaux de Jung. Par ailleurs, le concept de « subconscient » est souvent employé de manière synonymiqueJ 1, à tort. Jung lui-même n'est pas toujours rigoureux quant à l'utilisation de concepts décrivant la réalité collective de l'inconscient. Il parle ainsi tour à tour d'inconscient « transpersonnel » de « représentations collectives » (terme créé par l'anthropologue français Lucien Lévy-Bruhl en 1910 dans La Mentalité primitive), voire d'inconscient « suprapersonnel ». Jung parle également parfois de « patrimoine représentatif » afin d'insister sur le fait que le sujet, lors de son ontogénèse, ne le produit pas, ni même n'en hérite. Yves Le Lay rappelle que l'expression d'« inconscient archaïque », utilisée par Jung dans ses premiers écrits, lui est aussi équivalente : « on a appelé « archaïque » cet inconscient à cause du caractère primitif de ses manifestations ; on l'a appelé aussi « collectif », pour bien marquer qu'il n'est pas la propriété d'un individu, mais celle d'une collectivité »A 1.
Représentation conique de la structure de la psyché selon la psychologie analytique :
1. le Moi ;
2. le conscient ;
3. l'inconscient personnel ;
4. l'inconscient collectif ;
5. la partie de l’inconscient collectif qui ne peut être connue, dite « inconscient archaïque »3.

Au sens strictement psychologique, et comme le résume le psychothérapeute jungien Gerhard Adler : « l'inconscient collectif, reprenant en substance les dires de Jung, est le dépôt constitué par toute l'expérience ancestrale depuis des millions d'années, l'écho des événements de la préhistoire, et chaque siècle y ajoute une quantité infinitésimale de variation et de différenciation »G 1. De manière générale, dans l'œuvre de Jung, le concept désigne l'ensemble des représentations de l'imaginaire humain, ainsi que le note Salomon Resnik : l'« inconscient pour Jung est la matrice de toute affirmation métaphysique, de toute mythologie, philosophie et religion. L'individu fait partie d'un code universel qui s'exprime sous forme d'archétypes »J 2.
Caractéristiques générales

L'inconscient collectif selon Jung possède plusieurs propriétés qui en font un concept unique à la psychologie analytique. Tout d'abord, il n'est pas qu'un inconscient passif ; il possède une expressivité créatrice qui a pour but de dialoguer avec le conscient et qui lui donne des qualités proches de celles constitutives d'une personnalité à part entière. Selon Jung l'inconscient n'est pas « une boîte à ordure du conscient mais un système psychique largement autonome dont l'activité compense les erreurs et l'unilatéralité du conscient »4. L'inconscient collectif possède également une énergie numineuse, ressentie par le conscient comme étant d'origine sacrée car d'origine libidinale (chez Jung, la « libido » désigne toute énergie psychique)5. Ainsi, les influences de l'inconscient collectif, lorsqu'elles impriment le conscient, sont à la source des courants de croyances, des expériences religieuses, des visions extatiques mais aussi des arts, de la littérature et des rituels6. En ce sens il apparaît comme inconstant pour le sujet alors que, dans sa nature profonde, « il ne se transforme jamais »D 3.

Si l'inconscient personnel est souvent représenté par le dieu Mercure (ou Hermès)B 1 dans l'Antiquité ou dans l'alchimie, les processus de l'inconscient collectif, bien que plus rarement représentables, sont souvent imagés par des éléments naturels comme l'océanB 2 ou la forêt, mais aussi par l'archétype de la Grande MèreI 1 ou de l'âme (ce sont les concepts d'anima ou d'animus, selon le sexe)B 3. De plus, les matériaux collectifs sont projetés sur des objets de la réalité. Alors que l'inconscient freudien est une somme de pulsions refoulées, l'inconscient collectif jungien a naturellement tendance à sortir du psychisme pour s'incarner dans des objets extérieurs. Ces matériaux, par essence non représentables (car fusion d'opposés que les catégories de la raison ne peuvent appréhender) accèdent à la conscience par la médiation du symbole. Il existe ainsi un symbolisme inconscient qui ne suppose, chez Jung, ni refoulement ni censure, et que les études de Jean Piaget ont contribué à préciser selon Charles BaudouinG 2.

Enfin, « thésaurus de la mémoire de l'espèce »7, il possède un « savoir absolu » qui peut contribuer à expliquer la fonction prospective des rêves et certains phénomènes paranormaux comme la télépathie. Ce savoir peut aussi s'exprimer à travers l'art ; les grands écrits de l'humanité sont inspirés par les forces inconscientes qui ont une fonction créatriceG 3, en plus de délivrer un message compensateur à l'attitude sociale dominante.
Genèse du concept
Héritage philosophique
Carl Gustav Carus, qui inspira beaucoup Carl Gustav Jung, par le peintre Johann Carl Rössler (1800).

Si le concept d'« inconscient collectif » ainsi formulé par la psychologie analytique est moderne, créé par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung, il n'en a pas moins des usages précurseurs, dans le domaine de la philosophie occidentale. En effet, et Jung le reconnaît maintes fois dans son œuvre, nombre de philosophes ont décrit un plan de réalité dont les caractéristiques se rapprochent d'un savoir universel que partageraient tous les hommes. Jung voit ainsi son concept comme l'héritier d'une tradition philosophique, celle de l'idéalisme philosophique et qui trouve sa source en Grèce antique, à travers les notions d'« apeiron » d'Anaximandre, d'« Un » de Parménide et des Idées de Platon, notions qui renvoient toutes à un principe indéfini et indéterminé, sorte de réceptacle du savoir humain.

Jung est ainsi l'héritier du néoplatonisme renaissant et de la tradition hermétique, ainsi que de la philosophie allemande naturaliste ; il reprend les thèses de Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling (1775–1854)E 1 et de Novalis (1772–1801), qui est le premier à se servir du mot « inconscient », après Ernst Platner (1774-1818) (qui a inventé le terme allemand bewusstlos : « inconscient » en 1776, à la suite de Hery Home, le premier à employer ce mot, en anglais (unconscious) en 1751) sur la nature inconnaissable et irreprésentable du conceptI 2,8. Les thèses post-romantiques de Karl Robert Eduard von Hartmann (1842–1906) avec Philosophie des Unbewussten (Philosophie de l'inconscient) en 1869 mais surtout de Carl Gustav Carus (1789–1869) (Psyche, 1851), qui se représente un « inconscient absolu » et un « inconscient relatif », sont souvent citées par Jung comme étant à la base philosophique de ses travaux9. Pour Henri F. Ellenberger, le « concept d'inconscient - surtout sous la forme de l'inconscient collectif de Jung - et l'intérêt porté aux rêves et aux symboles sont (...) fondamentalement romantiques »F 1.

La théologie chrétienne, avec le concept de « Plérôme », en usage chez les Gnostiques notamment, et avec les « ideæ principales » de saint Augustin, décrit un arrière-plan imaginal proche des propriétés de l'inconscient jungien. Jung a par ailleurs écrit un livre à dimension mystique, Les Sept sermons aux morts (1916), à la suite d'une vision qui l'a bouleversée des années durant et dans laquelle il fait référence au Plérôme gnostique, sorte d'inconscient collectif métaphysique. Les philosophes modernes, les Allemands Emmanuel Kant (Jung, pétri du rationalisme kantien, a toujours considéré le concept comme une hypothèse de travail ; il dit ainsi dans une lettre : « Pour moi ce concept ne relève que de la théorie de la connaissance. (…) En un sens je pourrais dire de l’inconscient collectif qu'il est exactement la même chose qu'Emmanuel Kant disait de la chose en soi »D 4), avec ses catégories a priori de l'entendement et la notion de « chose en soi » et surtout Schopenhauer avec sa notion de « volonté aveugle »I 3 abordent déjà les fondements psychiques de cette structure universelle. D'autres philosophes et psychologues naturalistes modernes évoquent l'idée d'un espace psychique qui conditionne les représentations, ainsi Merleau-Ponty avec l'« inconscient primordial »10 ou l'inconscient comme archivage du passé d'Henri Bergson (dans L'Énergie spirituelle) inspirent Jung.

Si Jung reconnaît à plusieurs endroits de ses travaux l'influence de ces systèmes philosophiques, il aborde la question avec un regard de psychiatre et de psychanalyste et jamais avec celui du sociologue. Ainsi, la notion de « conscience collective » créée par le sociologue Émile Durkheim (1858–1917), repris et continuée par Maurice Halbwachs dès 1939, se rapporte en effet aux croyances et comportements partagés dans une collectivité et fonctionnant comme une force séparée et généralement dominante par rapport à la conscience individuelle. Selon cette théorie, une société, une nation, un groupe constituerait une entité se comportant comme un individu global et ne peut se confondre avec la théorie de Jung.. David I. Tresan explique que « son idée relève de la psychologie et la preuve qu'il apporte est d'ordre phénoménologique, et il se garde bien d'énoncer des vérités absolues, qu'il croie ou non à leur existence »H 1.
Apport de Sigmund Freud et de la neurophysiologie
Sigmund Freud en 1926, photographié par Ferdinand Schmutzer.

Ayant rejoint très tôt les thèses de Sigmund Freud, Jung reprend la conception psychanalytique de l'inconscient, qui possède deux parties : l’« inconscient refoulé » qui comporte les pulsions, les souvenirs d’enfance, les fantasmes et les affects refoulés et l’« inconscient primitif » qui contient les schémas phylogénétiques que l’enfant apporte en naissant et qui sont pour Freud « des précipités de l’histoire de la civilisation humaine ». En effet, et malgré les critiques dont elle fait l'objet, Freud se rallie jusqu'à la fin à la théorie du naturaliste Jean-Baptiste de Lamarck (1744–1829). Il continue, en poursuivant tant dans son texte posthume Abrégé de la psychanalyse (1938) que dans son Moïse et le monothéisme (1939), où il écrit « que l'hérédité archaïque de l'homme ne comprend pas seulement des dispositions, mais contient aussi des vestiges de la mémoire et des expériences des générations antérieures », l'idée qu'il existe des traces mnésiques dans la psyché, proches du concept des « archétypes » jungiens dont pourtant il refuse l'intégration à la psychanalyseK 1. L'apport de la théorie freudienne sur Jung est déterminant, d'abord par sa méthode révolutionnaire d'investigation de l'esprit humain, par l'interprétation des rêves et les associations libres notamment, et ensuite par le fait que la réalité de l'inconscient y est un axiome.

Psychiatre de formation, Jung est également très tôt au fait des découvertes et expériences de la neurophysiologie de la fin du XIXe siècle. L'idée d'un « inconscient cérébral »11, c'est-à-dire localisable biologiquement, aux répercussions psychiques, se fait jour à travers les études de Theodor Lipps (1851–1914), notamment dans Der Begriff des Unbewussten in der Psychologie (1897) et qui ont influencé Freud directement12. Les travaux de Wilhelm Maximilian Wundt (1832–1920) sont également souvent cités par Jung, notamment dans le cas du test des associations qui révèle indirectement l'influence de l'inconscient. Ainsi, pour Yvon Brès, se référant à Sigmund Freud, dans L'Interprétation des rêves : « il convient de nuancer à la fois l'originalité de Jung sur ces deux points [les concepts d'inconscient collectif et d'archétype] et la différence avec Freud. Déjà chez von Hartmann, en 1869, l'inconscient était conçu comme trans-individuel ; l'idée d'un inconscient collectif est à la mode autour de 1900 [avec Vacher de Lapouge et Gustave Le Bon]. Chez Freud lui-même on trouve par exemple la thèse assez étrange d'une histoire du refoulement permettant de dire que le complexe d'Œdipe est plus refoulé à l'époque (1600) où Shakespeare écrit Hamlet qu'à celle (420 av. J.-C.) où Sophocle avait écrit Œdipe-Roi »L 1.
L'approche de Carl Gustav Jung
Les complexes et le cas de « Miss Miller »

Le terme d'« inconscient collectif » est employé par Carl Gustav Jung pour la première fois en 1916 au cours d'une conférence devant le Club de psychologie analytique de Zurich, conférence intitulée « Uber das Unbewusste und seine Inhalte » (« Sur l'inconscient et son contenu » en français). Le manuscrit de cette intervention n'a été publié qu'en 1961, après la mort de Jung, mais le terme apparaît pour la première fois en français dans la traduction de cette conférence, publiée la même année, en 1916, dans les Archives de psychologieH 1. Néanmoins, l'intérêt de Jung pour les « matériaux collectifs » (c'est ainsi qu'il nomme les éléments qui l'ont conduit par la suite à l'hypothèse d'un réservoir d'images universelles) date, selon la biographe Deirdre Bair, de 190113. À ce moment, Jung et Franz Riklin, son collaborateur, mettent au point un protocole expérimental permettant de mesurer l'influence des complexes sur le sujet : le « test des associations de mots ». Deux faits les frappent alors : le développement autonome des complexes et leur tendance à prendre la forme d'une personnalité d'une part, leur influence sur le conscient d'autre partF 2. Plus tard, Jung tente de démontrer en effet que l'inconscient, pour se manifester, empruntera des personnalités secondes qui perturbent la sphère consciente.

En 1906, le cas d'une jeune américaine pré-psychotique nommée, par souci d'anonymat, « Miss Miller », apporte à Jung les premiers matériaux thérapeutiques pour l'étude, par les symboles, des manifestations de l'inconscient collectif. Jung compile les poèmes et visions de sa patiente, portée à son attention par l'article de Théodore Flournoy, « Quelques faits d'imagination subconsciente », et en nourrit le développement de son ouvrage Métamorphoses de l'âme et ses symbolesA 2. À partir de ses productions, il met en pratique sa méthode dite de l'amplification. Par exemple, étudiant le poème produit spontanément par Miss Miller à la vue d'une mite, Jung y examine les motifs mythologiques présents. Il parvient ainsi à une interprétation en recourant au Faust de Goethe notammentA 3.
Le cas Emile Schwyzer et Métamorphoses et symboles de la libido
Le psychiatre Carl Gustav Jung au Burghölzli, à Zurich, en 1910.

Alors psychiatre à la clinique psychiatrique universitaire de Zurich, surnommée le « Burghölzli », près de Zurich, en Suisse, Jung rencontre des patients pathologiquement très atteints, vivant dans des délires extrêmement sophistiqués. Il se penche particulièrement sur le cas d'Emile Schwyzer, un schizophrène délirant qui voit dans le Soleil un « membrum erectum » (un « pénis en érection ») et dont le mouvement érotique produit le vent. Jung a alors l'idée d'effectuer des recherches bibliographiques qui permettraient de l'aider à saisir le sens du délire de son patient. Dans l'ouvrage d'Albrecht Dieterich et de Richard Wünsch, Eine Mithrasliturgie (1910), Jung lit une vision semblable, celle évoquant « un tuyau pendant du Soleil »F 3. Aidé de son élève, Joahann Jakob Honneger, Jung y voit la résurgence de mythes que le patient ne peut connaître, notamment celui de la liturgie du dieu Mithra. Il demande donc à Honneger de recueillir tous les matériaux possibles sur Schwyzer, à propos duquel le jeune assistant réalise sa thèse de doctorat en médecine. Entrevoyant l'importance de ses découvertes, Jung met une pression terrible sur Honneger, qui est considéré par certains historiens de la psychanalyse comme le véritable découvreur du concept d'inconscient collectif, récupéré ensuite par Jung. Cependant, la théorie culturelle de Jung existe quelques années auparavant, et en dépit des conclusions de Honneger : dans une lettre à Freud, Jung explicite en effet sa position : « Nous ne résoudrons pas le fond de la névrose et de la psychose sans la mythologie et l'histoire des civilisations »D 5.

Jung voit donc dans le motif du soleil comme membre phallique « un trait généralement humain », qui se répète dans l'imaginaireA 4 et que le délire personnel utilise pour manifester un état interne pathologique au patient. Il y voit par conséquent un archétype, l'une des structures principales de l'inconscient collectif que Jung théorise définitivement dans la première partie de l'ouvrage Métamorphoses et symboles de la libido, écrit peu après le cas Schwyzer, en 1911note 1 et dans laquelle il cite de nombreuses sources pour tracer un parallèle entre les anciens mythes et la pensée infantile, à partir des cas étudiés. Il se propose dès lors de démontrer « la connexion qui existe entre la psychologie du rêve et la psychologie du mythe ». Les psychanalystes Karl Abraham, Otto Rank et Ernest Jones étaient parvenus à des conclusions semblables note Emilio Rodrigue, qui poursuit que peut se détecter ici « le germe du concept d'inconscient collectif ». Jung poursuit en disant que l'esprit possède « des strates historiques qui contiennent des produits mentaux archaïques »K 2. Le psychiatre suisse a en effet d'abord décrit les archétypes puis la nature de l'inconscient collectif, seulement aprèsH 2. Dès lors, le concept devient central dans la psychologie analytique ; dès 1916 en effet, dans Psychologie de l'inconscient, Jung parle des « archétypes de l'inconscient collectif »D 6.
Une intuition et un pressentiment
Photographie de la rencontre de 1909 lors de la première conférence psychanalytique, à la Clark University de Worcester, Massachusetts (devant : Freud, Hall et Jung, derrière : Brill, Jones et Ferenczi).

Jung et ses continuateurs considèrent que c'est en 1909, à la suite d'un rêve, que le psychiatre suisse prend conscience d'un inconscient universel, transpersonnel. De retour des États-Unis avec Sigmund Freud, sur le paquebot le ramenant en Europe, Jung rêve en effet d'une maison possédant divers sous-sols et plusieurs étagesD 7. L’étage supérieur est meublé dans le style XVIIIe siècle alors que l'étage du dessous est dans le style de l’époque médiévale ; au rez-de-chaussée l'architecture est romaine. Les caves enfin laissent penser à des temps reculés, préhistoriques. Jung y voit un message de l'inconscient, qui, par le langage onirique, l'aide à conceptualiser l'existence d'un réservoir d'expériences humaines en chaque individu. Ce réservoir cumule toutes les époques et mentalités de l'histoire humaine, à la façon de strates géologiques. L'idée jungienne recouvre ainsi, à la fois celle d'un « réceptacle passif » où viennent s'inscrire l'histoire de toutes les réactions humaines et celle d'un « substrat actif », fondement d'où émerge toute réalité et qui tente de communiquer avec le sujet.

Enfin, dès 1918, Jung a le sentiment qu'en Europe des événements graves se préparent. Une série de rêves conduisent Jung à penser que la « bête blonde » (l'Allemagne nazie) s'achemine vers une « psychose totalitaire », unique dans l'histoire. Il parle de « dieux de substitution », le « Führer » ou l'État, qui ont la capacité de faire s'exprimer de manière violente les forces de l'inconscient collectifB 4. Derrière tout totalitarisme en effet, pour Jung, existe un débordement des fantasmes inconscients et collectifs, qui est figuré par le dieu nordique Wotan.
Concept central de la psychologie analytique
Article détaillé : « Inconscient collectif » en psychologie analytique.

Le concept d'inconscient collectif est la pierre de touche de la psychologie analytique jungienne ; selon Luigi Aurigemma « c'est par l'introduction de l'hypothèse d'un inconscient collectif à base d'archétypes que Jung a changé radicalement son image de la structure du psychisme »14. En effet, plusieurs notions préexistantes, établies a posteriori par Jung lors de ses recherches, notamment les structures innées (les archétypes) et la participation mystique, mais aussi la fonction du rêve et la méthode d'amplification par la suite, donnent sens au concept, l'ancrant au sein d'un système empirique dans lequel tous les concepts font sens.
Les structures innées
Article détaillé : Archétype (psychologie analytique).

Le concept d'« archétype » (« images primordiales » en grec ancien) est premier sur celui d'inconscient collectif. Dans le cours de ses recherches, Jung a en effet d'abord noté la récurrence de motifs ancestraux, partagés (avec des variations) à toutes les époques et dans toutes les civilisations, avant d'imaginer leur contenant, qu'il définit comme « le dépôt constitué par toute l'expérience ancestrale depuis des millions d'années, l'écho des événements de la préhistoire, et chaque siècle y ajoute une quantité infinitésimale de variation et de différenciation »15. Avant d'utiliser le terme d'« archétype », Jung utilise celui d'« imago » (ou d'« image inconsciente ») et qui renvoie à la notion de trace mnésique (Erinnerungsspur), inscrite comme mémoire inconscienteJ 3.

Les archétypes sont par conséquent, au début des travaux de Jung, des centres d'énergie, des formes innées conditionnant l'imaginaire humain, et dont l'ensemble forme l'inconscient collectif, sorte de mémoire universelle des comportements humains. Ces structures sont le support de l'inconscient collectif qui a même selon Jung des fondements phylogénétiques voire biologiquesC 1. Néanmoins, en psychologue empirique, Jung se refuse à prolonger son concept dans le domaine de la biologie et de l'héréditéD 8. Charles Baudouin explique en effet : « Jung a la prudence de mettre sa conception de l'inconscient collectif en dehors des vicissitudes des théories évolutionnistes »G 1.
La participation mystique et le transfert
Articles détaillés : Participation mystique et Transfert (psychanalyse).

Jung utilise le concept de « participation mystique » établie par l'anthropologue Lucien Lévy-Bruhl, dans le prolongement du principe de « représentations collectives » d'Émile Durkheim et dans le contexte d'études de populations alors désignées comme des « primitifs », d'un point de vue psychique, proche de la projection. La participation mystique désigne ainsi en psychologie analytique le mécanisme qui fait que « l'inconscient est projeté dans l'objet et l'objet introjecté dans le sujet, c'est-à-dire rendu psychologique »I 4. Tout contenu inconscient lorsqu'il est perçu par le conscient a ainsi une valeur quasi magique, surnaturelle. À l'échelle de l'humanité, ce mécanisme peut être considéré comme inconscient et actif, et Jung pense qu'il repose sur la structure innée au niveau de l'individu : l'inconscient collectif, qui est de ce fait une réalité immédiate, évidente et universelle et qui entraîne donc, chaque fois qu'il surgit, une identité inconsciente avec l'objetB 5.

Le phénomène du « transfert psychanalytique », proche de la participation mystique, est celui qui dévoile le mieux l'influence constante de l'inconscient collectif sur le sujet. En effet, le patient transfère sur l'analyste des qualités magiques ou mystérieuses, qui font écho à celles des mythes. S'il est perçu comme bénéfique, le transfert dote l'analyste d'une figure de magicien alors qu'une représentation négative va tendre à le montrer sous les traits d'un criminel démoniaqueG 4. Pour Jung, qui a consacré un ouvrage entier sur ce sujet (Psychologie du transfert, 1971), de telles images sont davantage que des souvenirs du vécu ; elles renvoient bien à des mythes que l'individu n'a pas pu consciemment créer.
Le rêve
Article détaillé : Rêve (psychologie analytique).
Johann Heinrich Füssli, Le Cauchemar, 1781.

Tout comme Sigmund Freud, Jung considère que le rêve et le langage onirique est la voie royale vers la compréhension de l'inconscient. Cependant, la conception de l'inconscient de Jung fait qu'il considère les rêves comme des « messagers indispensables qui transmettent les informations de la partie instinctive à la partie rationnelle de l'esprit humain »D 9. Pour représenter cette partie instinctive non rationnelle, Jung prend en compte le rapport de l'inconscient personnel avec les fondements collectifs de l'imaginaire humain. Pour lui, l'inconscient collectif est producteur de sens et compense l'attitude du Moi, afin de maintenir ou de rétablir un équilibre psychique : le « rêve est une autoreprésentation, spontanée et symbolique, de la situation actuelle de l'inconscient » explique-t-ilC 1.

Ainsi, l'explication du rêve est complète quand on réussit à indiquer « la distance où se trouve le rêveur par rapport à la réalisation des exigences de l'inconscient collectifC 1. » Connaître l'inconscient collectif et son emprise sur le sujet est, de fait, l'enjeu central de la psychothérapie jungienne. En effet, au cours du traitement, arrive toujours un moment où les imaginations des patients changent de caractère et où l'interprétation ne peut plus se faire (uniquement) sur la base d'éléments personnels refoulés. Il faut alors comparer ces matériaux particuliers sous l'angle collectif afin d'« amplifier » l'interprétation. Ce « déplacement sur le plan mythique »G 5 caractérise l'approche jungienne : « les rapprochements entre les motifs oniriques types et des thèmes mythologiques permettent de supposer (...) que la pensée onirique est une forme phylogénétique antérieure de notre pensée »C 2.
Le mythe et la méthode d'amplification
Article détaillé : Méthode d'amplification des rêves.

L'inconscient collectif est, selon Jung, comme un champ ou un réseau dont tous les points sont reliés, c'est-à-dire que les archétypes et les instincts sont tous, selon ses termes, « contaminés » : un mythe possède ainsi des éléments de motif (ou « mythologèmes ») appartenant à d'autres mythes proches, ce qui forme une trame dense où chaque symbole conditionne les autres. Les images mythiques sont sous forme de chaîne multidimensionnelle, possédant une fréquence et un rythme d'apparition propres, mises en évidence par Marie-Louise von Franz, qui reprend les travaux de Jung à sa mort, et qui explique que la métamorphose des motifs mythiques à travers les périodes historiques a une origine inconsciente. Elle résume ainsi sa thèse : « Ma propre hypothèse est que les formes les plus originales de contes folkloriques sont probablement les sagas locales, les récits para psychologiques ou les histoires miraculeuses provoquées par des invasions de l'inconscient collectif sous la forme d'hallucinations à l'état de veille »16. L'« amplification » est le moyen utilisé par Jung pour démontrer la validité du concept d'inconscient collectif, en effet : « Dans la mesure où elle rassemble des parallèles provenant de sources variées, l'amplification semblait être un moyen approprié de mise en évidence de l'inconscient collectif »H 3.
Les psychoses

Les maladies mentales très déstructurantes ont très tôt renseigné Jung sur les manifestations de l'inconscient collectif. Le cas d'Emil Schwyzer lui avait en effet montré que lorsque le Moi est submergé par les contenus inconscients, il ne lui est plus possible d'être rationnel. « Dans les psychoses, l'inconscient collectif inonde la conscience et l'emplit de ses archétypes » explique JungB 6. Ainsi, les cas de possession rapportés dans toutes les civilisations représentent ce risque que Jung nomme l'« inflation » et qui est riche d'enseignements sur les contenus et les processus de l'inconscient collectif. Par ailleurs, certains conflits psychiques, exposés dans les mythes et les contes, continuent à être reproduits de façon inconsciente dans les relations interpersonnelles. Les grandes figures historiques comme les fondateurs de religions, Bouddha, Mani, Zoroastre, le Christ ou Mahomet sont des individus perméables aux contenus inconscients projetés17. Le psychothérapeute et jungien Thomas Moore reprend la méthode d'approche de Jung face aux troubles psychiques dans Le soin de l'âme (1994) et en étudie le contenu universelE 2.
Inconscient collectif et structure de la psyché
Article connexe : Inconscient en psychologie analytique.
Inconscient personnel et inconscient collectif

L'inconscient collectif est distingué de l'inconscient personnel par Jung et ses continuateurs ; il en est en fait présenté comme le fondement de la psyché car il « ne découle pas du vécu personnel, n'est pas une acquisition personnelle, mais est inné (...) universel (...) plus ou moins le même partout et chez tous les individus » explique Jung dès 1934H 1. L'inconscient personnel, nommé en psychologie analytique l'« Ombre », est a contrario constitué des aspects de la personnalité refoulés par l'éducation ou la société et se présente envers le Moi comme un « antagoniste »18. « La psyché dépasse alors le psychisme individuel »A 2.

En ce sens, Jung est proche du concept freudien d'un inconscient comme réceptacle des pulsions refoulées. Il explique en effet que c'est cet « inconscient personnel [qui] renferme toutes les acquisitions de la vie personnelle : ce que nous oublions, ce que nous refoulons, perceptions, pensées et sentiments subliminaux. À côté de ces contenus personnels, il en existe d’autres, qui ne sont pas personnellement acquis ; ils proviennent des possibilités congénitales du fonctionnement psychique en général, notamment de la structure héritée du cerveau (...) je désigne ces contenus en disant qu’ils sont inconscients collectifs »D 10. La démarcation conceptuelle est donc entre, d'une part ce qui est acquis mais refoulé (personnel), d'autre part ce qui est hérité neurologiquement, inconscient par nature (collectif).
Le centre de la psyché
Représentation schématique de la psyché selon Jung : l'inconscient collectif (cercle numéro 11) est représenté comme étant le fondement de l'inconscient personnel (cercle numéroté 10)D 11.

À l'échelle de l'individu, Jung place le fondement collectif au cœur de la psyché19, de laquelle rayonnent les autres instances psychiques. Selon Henri F. Ellenberger le concept de Jung est « polypsychique » et il est plus complexe que celui de FreudF 4. L’inconscient collectif n'est alors qu'une part de l'inconscient — concept central de la psychanalyse mais qui se partage chez Jung en « inconscient personnel » et « inconscient collectif » que Jung nomme également « trans-personnel » (überpersönnlich). La part collective étant la plus profonde, elle serait ainsi plus ancrée dans ce qui fait la nature humaine. Pour Jung, les instincts, « expression de la mémoire de l'espèce » selon Ilya Ilitch Metchnikov, siègent au cœur de l'inconscient collectif, déterminant les archétypesF 5.

Jung décrit ainsi plusieurs strates formant l'inconscient collectif : d’abord l’inconscient collectif familial, puis l’inconscient collectif du groupe ethnique et culturel et, enfin, l’inconscient collectif primordial (où se trouve tout ce qui est commun à l’humanité comme la peur de l’obscurité et l’instinct de survie, constitué des archétypes et des instinctsB 7. Le concept d'inconscient collectif ne se limite ainsi pas à un paradigme unique. En effet, Jung insiste maintes fois sur le fait qu'il est au centre d'une vision autre de l'individu et de son rapport à la réalité ; le concept ne peut ainsi se comprendre que pris dans le tissu complet de la psychologie analytique. Bien plus, l'inconscient collectif propose une nouvelle approche de la théorie de la connaissanceJ 4.
L'inconscient objectif

Le reproche principal fait à la théorie jungienne est qu'elle décrirait un concept métaphysique aux fondements davantage philosophiques que psychologiques ; David Tresan résume ainsi : « Bien qu'il évite lui-même toute affirmation ontologique, Jung peut sembler souvent laisser entendre que l'inconscient collectif serait une réalité métaphysique »H 1. En 1925, Jung distingue en effet la psyché comme étant la réunion de deux dimensions. L'une est dite « subjective », contenant le Moi et ses archétypes comme l'anima, la persona et l'ombre ainsi que l'inconscient personnel ; l'autre est dite « objective »D 12. C'est pour cette raison que les jungiens refusent d'employer l'expression de « mon inconscient », préférant dire « l'inconscient », puisqu'il ne peut être la propriété d'un individu.

Cette « réalité de l'âme » tranche totalement avec la conception freudienne : pour Jung, l'inconscient collectif est de nature objective, c'est-à-dire qu'il est naturel, inhérent à la réalité et pas seulement dépendant des perceptions et représentations du sujet ; il existe « en soi ». Selon Marie-Louise Von Franz, dans l'inconscient collectif « existent contemporainement une expression et une absence de temps ». En son sein, le Moi se tient comme un observateur extérieur et auquel il y accède par l'intégration progressive des archétypesJ 5.
Une hypothèse de travail

Jung donne lui-même la limite de sa conception en affirmant qu'il ne s'agit que de modèles théoriques, hypostasiés. Il affirme par exemple : « En fait, le concept d'inconscient n'est qu'une simple et commode hypothèse de travailD 13 » ou encore « nos conclusions ne signifient jamais que « tout se passe comme si ... »D 14 ». En réalité, comme le rappelle Charles Baudouin, Jung ne fait qu'inférer l'existence de l'inconscient collectifB 8 à partir des effets exercés sur la conscienceG 6, qui sont les rêves, les fantasmes ou délires, l'imagination active, certaines formes de créativité ou la projection. Jung approche donc l'inconscient collectif par le biais de la phénoménologie, déterminant, par l'analyse des effets objectifs sur le sujet, des invariants mais aussi par l'étude des cas psycho-pathologiques20.
L'alchimie figure constamment l'inconscient collectif. Cette gravure du Rosaire des philosophes est, selon Jung, le symbole de la rencontre du conscient (le soleil, le masculin) avec l'inconscient (la lune, le féminin), sous l'égide de l'inconscient collectif (l'étoile), figuré par la colombe du saint-Esprit, symbole de la réunion des contrairesB 9.

Mais cette base spéculative n'a pas stoppé Jung dans sa poursuite de la compréhension de la personnalité globale. En étudiant les phénomènes de coïncidences sans cause logiquenote 2, ce qu'il nomme la « synchronicité » dans La synchronicité comme principe d'enchaînement a-causal (1952), il émet l'idée que l'inconscient a une nature « psychoïde », « Comme l'âme » ou « quasi psychique ». L'inconscient collectif et les archétypes échappent ainsi à la représentation, au contraire des manifestations psychiques connues et certains phénomènes limites laissent ainsi à penser que les matériaux collectifs, via une transgression des limites matière-psychique, peuvent prendre forme, comme dans les coïncidences, la télépathie ou les manifestations fantomatiques. Jung en vient à former un nouveau terme pour décrire cette réalité autre : l'« unus mundus » (en latin : l'« unité du monde »). Il s'agit du domaine où la conjonction du psychique et du physique a lieu, expliquant par conséquent que « tous les différents plans de l'existence sont liés »21.
Inconscient freudien et inconscient collectif
Article connexe : Psychanalyse.
Divergence de terminologie

Jung a bâti son concept en reconnaissant l'apport antérieur de Sigmund Freud : « C'est Sigmund Freud, qui le premier, a essayé d'explorer empiriquement l'arrière-plan inconscient de la conscience » réaffirme-t-il dans L'Homme et ses symbolesD 15. L'inconscient freudien, le « Ça » ou « inconscient personnel » chez Jung devient ainsi la part inconsciente la plus proche du Moi, celle où réside le côté sombre de la personnalité (l'ombre) et où se forment les complexes ; « Quant à l'inconscient personnel de Freud, Jung le prend en compte au titre de sa problématique des complexes et de l'ombre »H 2. Pour Freud, en somme, l’inconscient naît du refoulement de tendances insatisfaites que la psyché n’arrive pas à maîtriser. Ces tendances, malgré le conscient, continuent souvent à mener une activité perturbatrice (c'est le « retour du refoulé » de la psychanalyse) qui est souvent pathologique. L’inconscient chez Freud est une puissance dangereuse, voire malfaisante : ses manifestations sont morbides et troublent plus ou moins profondément le cours normal de la vie, alors que pour Jung, l'inconscient collectif est créateur et n'est ni malfaisant ni bienveillant, mais neutre, car instinctuel. Si les divergences peuvent avoir pour origine un conflit de personnesnote 3, le nœud gordien se situe surtout sur la structure de la psyché - la « topique psychique ». Cependant, pour Yvon Brès, « l'inconscient jungien a, par son contenu, une réelle spécificité théorique »L 1.
L'« âme collective »

Freud a refusé dès le début l'idée d'un inconscient collectif, même s'il reconnaît la récurrence de motifs symboliques à travers l'histoire et l'espace qu'il nomme les « fantasmes originaires »K 3. David Tresan dit ainsi : « Freud a admis l'existence de schèmes originaires, mais en les considérant comme de simples traits héréditaires (lamarckisme) présents en tout individu (loi biogénétique). Pour lui il s'agit de récapitulations phylogénétiques qui ne peuvent avoir de rapports avec une structure à la fois transcendante et actuelle telle que l'inconscient collectifH 2. » En effet, Freud parle dans différentes œuvres d’une « âme collective » et admet une possibilité de transmission transgénérationnelle d’une partie du psychisme. Dans son livre L'Interprétation des rêves (1900) il explique que « la symbolique n’est pas spéciale au rêve, on la retrouve dans toute imagerie inconsciente, dans toutes les représentations collectives, populaires notamment : dans le folklore, les mythes, les légendes, les dictons, les proverbes, les jeux de mots courants, elle y est même plus complète que dans le rêve »22. Freud aborde ensuite ce point dans Totem et tabou (1912), dans Psychologie collective et analyse du moi, ouvrage dans lequel il évoque même un « substratum (qui) renferme les innombrables résidus ancestraux qui constituent l'âme de la race »23, idée qu'il reprend dans Moïse et le monothéisme (1939).
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:52

Alfred Adler, né le 7 février 1870 à Rudolfsheim, près de Vienne (aujourd'hui le 15e arrondissement du district viennois de Rudolfsheim-Fünfhaus), et mort le 28 mai 1937 (à 67 ans) à Aberdeen, en Écosse, est un médecin et psychothérapeute autrichien d'origine juive (en 1904, il se convertit au protestantisme). Il est le fondateur de la psychologie individuelle.

Deux de ses livres – Der Sinn des Lebens et Über den nervösen Charakter1 – ont été retenus dans la liste des cent chefs-d’œuvre de la psychothérapie2.

Sommaire

1 Biographie
1.1 Enfance et jeunesse
1.2 Études de médecine – le cabinet médical – Freud
1.3 Élaboration de la psychologie individuelle – les bases théoriques
1.4 Développement de la psychologie individuelle – sa mise en application
1.5 Poursuite de la psychologie des profondeurs et départ vers les États-Unis
2 La connaissance de l'être humain
3 La doctrine des névroses
4 Notes et références
5 Source
6 Œuvres
7 Bibliographie
8 Liens externes

Biographie
Enfance et jeunesse

Alfred Adler , était le deuxième des sept enfants d'une famille juive ; Leopold Adler, marchand de grains (né vers 1833 à Kittsee, alors en Hongrie, aujourd'hui dans le Burgenland, en Autriche – mort à Vienne en 1922) et de Pauline Beer (née en 1845 à Trebitsch, en Moravie – morte à Vienne en 1906). Enfant, il essayait de prendre pour modèle son frère aîné Sigmund (né en 1868 à Fünfhaus, près de Vienne), qui par la suite devait réussir sa carrière comme commerçant. Il était l'enfant préféré de son père[réf. nécessaire], un homme travailleur et courageux, alors que sa relation avec sa mère était plus distante. Il souffrait d'une maladie responsable de rachitisme et de spasme du larynx quand il pleurait. À l'âge de quatre ans, une pneumonie faillit l'emporter[réf. nécessaire].
Études de médecine – le cabinet médical – Freud

Il étudia la médecine à l'université de Vienne et passa le doctorat en 1895. Pendant ses études, il rencontra dans un groupe d'étudiants socialistes Raissa Timofeyevna Epstein, une jeune Russe qui faisait ses études à Zurich et Vienne. Ils se marièrent en 1897 à Moscou. Quatre enfants, Valentina, Alexandra, Kurt et Cornelia, devaient naître de ce mariage. Il travailla d'abord comme ophtalmologue, et ouvrit peu après un cabinet de médecine générale près du Prater viennois – un quartier où ses patients vivaient dans des conditions misérables, ce qui le renforça dans son opinion qu'il fallait qu'une médecine sociale prenne en charge la population viennoise. Dès 1902, il participait aux cercles de discussion que Sigmund Freud réunissait le mercredi soir, cependant, une incompréhension survint lors du développement de ses propres conceptions. L'individu tel qu'Adler le voyait n'était pas commandé par ses instincts, mais était une nature libre, qui devait résoudre les tâches culturelles que la vie lui soumettait. Cette opposition ne fit que croître, et aboutit, en 1911, à la rupture avec Freud et la Société psychanalytique de Vienne.
Élaboration de la psychologie individuelle – les bases théoriques

Dans son étude publiée en 1907 sur les déficiences organiques, Adler exposait son point de vue particulier et ses idées nouvelles, et il fondait ainsi l'école de psychologie individuelle. Il indiquait le lien entre la déficience organique, sa compensation et sa surcompensation somatiques et psychiques. Après la rupture avec Freud, Adler fonda sa propre société pour une psychanalyse libre, qui devait plus tard devenir l'association pour la psychologie individuelle. Il appelait sa doctrine psychologie individuelle, parce qu'il constatait, dans son cabinet médical, que chaque patient est unique et ne ressemble à aucun autre, et que c'est comme un individu et comme une totalité qu'il faut le traiter sur le plan corporel et le comprendre sur le plan psychique.

Adler exposa les traits principaux de sa doctrine dans son principal ouvrage théorique : Über den nervösen Charakter1 (1911), où il réunissait la psychologie normale et la psychopathologie à l'intérieur d'un concept unique. Avec ce livre, la psychologie individuelle faisait irruption dans la littérature spécialisée comme une solution alternative à la psychanalyse[réf. nécessaire]. En 1913, avec Heilen und Bilden. Ein Buch der Erziehungskunst für Ärzte und Pädagogen, Adler et ses élèves jetaient les bases du développement de la psychologie individuelle dans le travail d'éducation. L'année 1914 vit la fondation de l'Internationalen Zeitschrift für Individualpsychologie.

La première guerre mondiale amena la première interruption dans le développement de la psychologie individuelle. De 1914 à 1916, Adler travailla comme médecin militaire à Cracovie, Brünn et Vienne.
Développement de la psychologie individuelle – sa mise en application

Adler voulait créer une psychologie proche de la vie réelle, qui permettrait à chacun de comprendre les autres d'après leurs biographies, chaque fois différentes. Les ouvrages qu'il publia à partir de 1920, dans un style volontairement dépouillé, ainsi que ses conférences, devaient rendre sa psychologie accessible à tous et en faire un bien commun. Dans les années vingt, il prononça une série de conférences à la Volkshochschule de Vienne, et les publia en 1927 sous le titre de Menschenkenntnis3.

L'entre-deux-guerres fut une période où se développa la psychologie individuelle. Dans le cadre de la réforme scolaire de Vienne, environ trente services de conseils pour l'éducation purent être ouverts dans cette ville par Adler et ses collaborateurs. En 1920, il devint directeur de la première clinique viennoise consacrée à la psychologie de l'enfant. C'est la même année qu'il donna ses cours au Pädagogium de la ville de Vienne. Avec la publication de Praxis und Theorie der Individualpsychologie4 (1930), qui contenait des conférences pour l'introduction dans la psychothérapie (?) destinées aux médecins, aux psychologues et aux enseignants, Adler commença à exposer sa théorie de façon plus détaillée.
Poursuite de la psychologie des profondeurs et départ vers les États-Unis

À partir de 1926, Adler se rendit régulièrement aux États-Unis, où sa doctrine optimiste sur la personne considérée comme un être social obtint une popularité extraordinaire[réf. nécessaire]. Au début des années 1930, Adler était l'un des psychologues les plus connus dans le monde occidental[réf. nécessaire]. Ce sont plus de 2 000 personnes qui ont dû participer au cinquième grand congrès international pour la psychologie individuelle organisé à Berlin par Arthur Kronfeld (mais qui devait aussi être le dernier).

Pour renforcer et faire mieux comprendre la prophylaxie de l'éducation, Adler publia en 1929 die Individualpsychologie in der Schule et en 1930 Die Seele des schwererziehbaren Kindes. En 1933, dans Der Sinn des Lebens5, une œuvre tardive, Adler expose sa position philosophique fondamentale. Le sens de la vie serait, selon lui, le développement d'un esprit communautaire pour résoudre les problèmes de la vie, un effort de perfectionnement pour parvenir à une société idéale.

Face à la situation menaçante en Europe, Adler alla s'établir en 1934 aux États-Unis. Il avait déjà depuis 1926 une chaire de professeur invité à l'université Columbia et depuis 1932 au Long Island College. En 1935, paraissait pour la première fois l'International Journal of Individual Psychology, rédigé en anglais. Il entreprit encore des voyages pour des conférences en Europe. C'est au cours d'un de ces voyages qu'il mourut d'une défaillance cardiaque, le 28 mai 1937 à Aberdeen (Écosse), à l'âge de soixante-sept ans.

Outre la mort prématurée d'Alfred Adler, c'est surtout l'accession d'Hitler à la chancellerie allemande au cours des années trente qui porta un rude coup au système de pensée libre de la psychologie individuelle. Les élèves d'Adler furent pourchassés par le régime nazi. En pleine floraison, la psychologie des profondeurs dut quitter son centre, l'Europe germanophone, et continuer dans d'autres parties du monde son œuvre de recherche psychologique. Les dictatures et la Seconde Guerre mondiale ont contribué aussi à perturber gravement le développement de la science psychologique.
La connaissance de l'être humain

Alors qu'il exerçait la médecine et traitait les douleurs corporelles, Alfred Adler participait activement aux nouveaux cercles de discussion de Freud consacrés à la psychanalyse ; c'est ainsi qu'il découvrit qu'à chaque manifestation vitale de l'individu, les processus somatiques et psychiques s'accomplissent toujours en même temps, formant une unité indivisible. C'est aujourd'hui cette découverte qui forme la base de la psychosomatique.

En observant les déficiences organiques, Adler pouvait constater que le corps et la psyché ont tendance à les compenser d'une façon ou d'une autre. Cette situation de Minderwertigkeit ou Unterlegenheit dans le domaine psychique, il la rencontrait, avant tout, dans les trois buts de la vie : le travail, l'amour, la communauté (communauté : vie infantile, fratrie, école, profession, situations de confrontation etc.) encore. Elle déclenche chez l'individu un état des sentiments qu'Adler appelait Minderwertigkeit. De façon analogue, comme compensation d'une déficience organique, la psyché humaine s'efforce de surmonter cet état d'infériorité par ce qu'Adler appelait le Geltungsstreben. La façon dont l'individu est en mesure d'affronter de tels défis de la vie dépend en premier lieu, selon Adler, de la manière dont il a pu surmonter sa première situation d'infériorité, son impuissance en tant que nourrisson. Il a constaté que cette impulsion positive dans le processus de croissance et de développement constitue la base pour l'éducabilité de la personne, parce que, dans cette situation, il dépend absolument de l'aide des personnes de son entourage. Dans cette corrélation précoce entre la mère et l'enfant, se forme un sentiment d'Aufgehobensein entre les gens, ce qu'Adler appelait l'esprit communautaire, qui devient une part inconsciente de la personnalité. L'esprit communautaire se trouve au centre de la doctrine adlérienne, parce qu'il est la mesure de la santé psychique de l'individu et de la communauté.
La doctrine des névroses

Outre la description de la psyché normale, description qui aide à comprendre la personnalité humaine – ou, selon ses termes, à acquérir la connaissance de l'être humain –, Adler a examiné également en tant que médecin les phénomènes psychiques déviants et pathologiques. Selon son principe de l'unité des processus psychiques, il voyait en eux des réponses erronées aux demandes de la vie. Le fait d'éprouver un fort sentiment d'infériorité (c'est, chez Adler, la notion de complexe d'infériorité) pouvait aboutir à une surcompensation sous la forme d'un effort exagéré de valorisation, ou à ce qu'il appelait la volonté de puissance. Adler décrivait le caractère nerveux comme le trait d'union entre la psychologie normale et la psychologie névrosée. Il voyait dans la psychose une forme de névrose plus aiguë, c'est pourquoi, selon son point de vue, toutes les deux pouvaient être traitées par l'analyse psychologique.
Notes et références

↑ a et b Le tempérament nerveux. Éléments d’une psychologie individuelle et application à la psychothérapie, 1911, traduit de l'allemand par le Dr Roussel en 1948. [(fr) texte intégral [archive]].
↑ (de) Alfred Pritz (Hg.): Einhundert Meisterwerke der Psychotherapie., Wien, New-York, 2008, 11-14.
↑ Connaissance de l'homme, 1927. Traduction française de l'allemand par Jacques Marty, 1949. [(fr) texte intégral [archive]].
↑ Pratique et théorie de la psychologie individuelle comparée, 1930. Préface et traduction du Dr H. Schaffer. [(fr) texte intégral des chapitre 1 à 14 [archive]] et [(fr) texte intégral des chapitre 15 à 30 [archive]].
↑ Le sens de la vie, 1933. Traduction française du Dr H. Schaffer, 1950 [texte intégral [archive]].

Source

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Alfred Adler » (voir la liste des auteurs).

Œuvres

Connaissance de l'homme. Étude de caractérologie individuelle, trad. de l'allemand par Jacques Marty, Paris, Payot, 1949, 1966.
réed. collection Petite bibliothèque Payot, 2004.
L'éducation des enfants, Paris, Payot, 1983.
réed. collection Petite bibliothèque Payot, 2000.
L'enfant caractériel à l'école, trad. de l'allemand et préfacé par Herbert Schaffer, Paris, Payot, 1975.
réed. collection Petite bibliothèque Payot, 2002.
Le sens de la vie. Étude de psychologie individuelle, trad. de l'allemand par Herbert Schaffer, Paris, Payot, 1950.
réed. collection Petite bibliothèque Payot, 1991, 2002.
Le tempérament nerveux. Éléments d'une psychologie individuelle et applications à la psychothérapie, Paris, Payot, 1948.
réed. collection Petite bibliothèque Payot, 1970.
La psychologie de la vie, L'Harmattan, 2006, ISBN 2-296-01801-7
Un idéal pour la vie, L'Harmattan, 2002, ISBN 2-7475-2114-1

Bibliographie

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Service bibliothécaire national • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d'Espagne • WorldCat
(en) Henri F. Ellenberger, A la découverte de l'inconscient, réédité sous le titre: Histoire de la découverte de l'inconscient, Paris, Fayard, 2001, 975 p. (ISBN 2213610908 et 2-85334-097-X).
Hertha Orgler : Alfred Adler et son œuvre, Libération du complexe d'infériorité, Librairie Stock, 1955, traduit de l'anglais par Madeleine Dreyfus

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

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Livres d'Alfred Adler dans les Classiques des sciences sociales (Attention : copyright variable selon pays)
Société Française de Psychologie Individuelle.
Société Française de Psychanalyse Adlerienne
Œuvres de Alfred Adler
Le septième numéro de la revue Incidence est centré autour d'un texte inédit d'Alfred Adler et l'énigme du régicide.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:52

Maladie génétique
Enfant atteint de progéria.

Une maladie génétique est une maladie due à une ou plusieurs anomalies sur un ou plusieurs chromosomes qui entrainent un défaut de fonctionnement de certaines cellules de l'organisme. Ces cellules fabriquent des protéines. L'activité et la structure de chaque protéine est déterminée par l'information génétique contenue dans un gène. Si le gène est altéré, il entraîne la cellule dans un dysfonctionnement, qui peut se révéler, à tout âge de la vie, avec l'expression d'une maladie.

Les maladies génétiques sont dites dominantes ou récessives, si l'allèle responsable est ou non dominant (chez un individu chaque gène est représenté par deux allèles).

On peut aussi les classer en fonction de la position du gène responsable de l'anomalie. S'il est situé sur la paire de chromosomes sexuels, la maladie est dite « gonosomale », s'il est localisé sur une paire de chromosomes homologues, la maladie est dite « autosomale ». On parle donc de maladie autosomale récessive (ex. : phénylcétonurie) ou de maladie gonosomale récessive (ex. : hémophilie).

Parmi les maladies génétiques, on trouve aussi bien des affections bénignes ou faiblement handicapantes (par exemple, le daltonisme) que des affections extrêmement graves. Mais leur caractéristique commune est généralement d'être une affection à vie et qu'elle peut dans certains cas être transmise à la descendance, puisque inscrite dans les gènes de l'individu.

Maladies dites « rares », c'est-à-dire dont la fréquence est inférieure à un malade pour 2 000 personnes, elles représentent environ 80 % de celles-ci, soit environ 6 000 pathologies.

Toutes les maladies génétiques ne sont pas héréditaires, la mutation génétique portée par un gamète n'étant pas nécessairement présente sur le génome de l'émetteur dudit gamète. En revanche, toutes les maladies héréditaires sont, selon toute logique, des maladies génétiques.

Sommaire

1 Maladies héréditaires multifactorielles
2 Maladies génétiques héréditaires monofactorielles
3 Diagnostic
4 Traitement
5 Les maladies génétiques
5.1 Par organe, appareil ou fonction
5.2 Liste simplifiée de quelques maladies par localisation chromosomique
6 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Articles connexes
7.2 Liens externes

Maladies héréditaires multifactorielles

Un grand nombre des anomalies congénitales (c'est-à-dire présentes à la naissance) les plus courantes sont des caractères multifactoriels causés par des facteurs environnementaux et génétiques.

Parmi les anomalies de ce type, il faut citer le bec-de-lièvre et la fissure palatine, la sténose du pylore (occlusion de l'estomac) et les malformations du tube neural (spina bifida et anencéphalie).
Son risque d'apparition chez les frères, les sœurs ou les descendants est d'environ 3 à 5 p. 100 selon le sexe de l'enfant atteint. On peut détecter les malformations du tube neural avant la naissance.

Les facteurs génétiques et environnementaux spécifiques de la plupart de ces anomalies n'ont pas encore été déterminés, mais on sait que la spécificité individuelle des antigènes HLA (c'est-à-dire les marqueurs situés à la surface des leucocytes humains), qui peuvent maintenant être identifiés grâce à la technologie de l'ADN, influent sur la vulnérabilité aux maladies associées au système immunitaire.

Des maladies ayant une origine pour partie génétique (une mutation d'un gène pouvant aussi parfois n'être qu'un facteur de risque, et non une cause directe de maladie) peuvent aussi apparaître chez l'adulte comme la maladie de Parkinson1 et probablement bien d'autres.
Maladies génétiques héréditaires monofactorielles

Lorsque des anomalies génétiques sont résultat d'une simple mutation de gène, elles peuvent être transmises aux générations suivantes par l'une de ces voies, quoique l'imprégnation génomique et la disomie uniparentale peuvent influencer les schémas de transmission.
Type de transmission Description Exemples
Autosomique dominante La présence d'un seul allèle morbide chez au moins un des deux sujets parents est suffisante pour que la maladie s'exprime. Maladie de Huntington, Achondroplasie
Autosomique récessive Un couple constitué de deux personnes saines, mais possédant une seule copie du gène mutant ont, à chaque grossesse, 25 % de risques d'avoir un enfant atteint par l'anomalie. Drépanocytose,
Mucoviscidose, Phénylcétonurie
Dominante liée à l'X Les anomalies à transmission dominante liée à l'X sont dues à des mutations de gènes situés sur le chromosome X. Seul un petit nombre d'anomalies possède ce mode de transmission. Les femmes sont plus souvent atteintes que les hommes, et le risque de transmission d'une anomalie dominante liée à l'X diffère selon le sexe. Les fils d'un homme atteint d'une anomalie dominante liée à l'X reçoivent leur chromosome Y, donc ne reçoivent jamais le X muté paternel; ses filles par contre le seront bien. Une femme atteinte d'une anomalie dominante liée à l'X aura à chaque grossesse 50 % de risques d'avoir une fille ou un fils atteint. Syndrome de l'X fragile
Récessive liée à l'X Les anomalies à transmission récessive liée à l'X sont également dues à des mutations de gènes situés sur le chromosome X. Les hommes sont plus souvent atteints que les femmes, et le risque de transmission d'une anomalie récessive liée à l'X diffère selon le sexe. Les fils d'un homme atteint d'une anomalie récessive liée à l'X reçoivent le chromosome Y de leur part, donc ne reçoivent jamais le X muté paternel; ses filles reçoivent par contre le X muté, donc une copie du gène mutant. Une femme atteinte d'une anomalie récessive liée à l'X aura à chaque grossesse 50 % de risques d'avoir un fils atteint et 50 % de risques d'avoir une fille porteuse d'une seule copie du gène mutant. hémophilie A, Maladie de Duchenne, Syndrome de Lowe
Mitochondrial Ce type de transmission, également appelé transmission maternelle, s'applique à des gènes de l'ADN mitochondrial. Vu que seuls les ovocytes apportent les mitochondries de l'embryon en gestation, seules les femmes sont à même de transmettre les particularités des mitochondries à leurs enfants. Neuropathie optique de Leber
Diagnostic

Anamnèse familiale
La recherche de symptômes associés (troubles neurologiques, malformations, troubles du comportement) et l’étude d’une éventuelle dysmorphie

Une consultation en génétique jugera la nécessité d’effectuer :

un caryotype (étude globale des chromosomes) ;
un F.I.S.H. = Hybridation in situ fluorescente permettant de visualiser une anomalie chromosomique de petite taille ;
puces à ADN (CGH arrays) permettant l’étude globale du génome avec une très haute résolution ;
éventuellement demande d’examens biologiques de 2e intention (exemple : chromatographie des acides aminés sanguins et urinaires à la recherche d’une erreur innée du métabolisme).

Traitement

Le traitement de ces maladies a longtemps été le parent pauvre du reste de la médecine à cause des difficultés d'analyse, de diagnostic (dans certains cas) et du peu de solutions à offrir aux patients (pour beaucoup des pathologies).

Pendant longtemps, la médecine n'a pas disposé de moyens d'analyse et de diagnostic en dehors des symptômes extérieurement observables (quoique parfois très visibles). Le XXe siècle a apporté la capacité relativement accessible d'analyser ces maladies sur leurs causes par la connaissance pratique du génome.

L'identification progressive de gènes impliqués dans le déclenchement ou la transmission des maladies héréditaires a offert à la médecine la possibilité de fournir un diagnostic précoce et fiable (éventuellement avant la naissance d'un enfant ou antérieurement à l'implantation lors d'une fécondation in vitro, par exemple). Cette capacité de diagnostic a profondément transformé la manière d'envisager de donner la vie pour des couples susceptibles de transmettre une affection à caractère héréditaire.

Si de nombreuses maladies héréditaires disposent d'un traitement approprié des symptômes, ce n'est pas le cas de toutes. Dans le cas général, la présence de la cause dans le génome complique singulièrement la tâche du praticien.

Les thérapies géniques envisagent de réaliser une modification du patrimoine génétique dans l'être vivant (par l'emploi d'un virus modifié ou toute autre approche). Elles apportent un espoir de solution et de pronostic favorable à certains malades. Toutefois, sauf cas particulier, elles ne sont encore aujourd'hui qu'à l'état d'ébauche ou de recherche.
Les maladies génétiques

La liste des maladies génétiques connues s'allonge régulièrement suite aux progrès de la médecine et de la recherche biomédicale.
Par organe, appareil ou fonction

Les maladies constitutionnelles de l'os sont regroupées d'après la classification internationale des maladies constitutionnelles de l'os de 2001 révisée en 2003
Les maladies métaboliques congénitales
Les maladies neuro-musculaires héréditaires

Liste simplifiée de quelques maladies par localisation chromosomique

Liste non limitative. Il faut savoir toutefois qu'une maladie se caractérise parfois par des anomalies génétiques situées sur plusieurs chromosomes différents, et que pour une pathologie donnée, les localisations ne sont pas toutes impliquées (ex. : Maladie d'Alzheimer chromosomes impliqués : 1, 4, 7, 10, 12, 14 17, 19, 20 et 21).
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Chromosome 1

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Chromosome X

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Chromosome Y

Notes et références

↑ BE Allemagne N°466 [archive] (15/01/2010) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT]

Voir aussi
Articles connexes

Maladie rare
Cellule souche (médecine)
Maladie métabolique congénitale
Liste des maladies génétiques à gène identifié
Liste des maladies génétiques à gène non identifié
Rétrovirus
Syndrome à phénotype comportemental
Antécédents familiaux
Atlas of Genetics and Cytogenetics in Oncology and Haematology

Liens externes

Human Genom Resources NCBI
Carte complète établie à ce jour du génome humain
Maladies génétiques rares sur Orphanet
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:53

L'inconscient collectif après Jung
D'après Joseph Campbell, le mythe du héros et de son parcours initiatique forme une structure universelle qui prend place dans l'inconscient collectif.

Suivant la thèse de Jung selon laquelle l'inconscient collectif est formé par les contenus psychiques qui « sont des connexions mythologiques, des motifs et des images qui se renouvellent partout et sans cesse, qu'il y ait tradition ni migration historique »D 16, nombre de ses continuateurs vont chercher à inventorier ces motifs. Les domaines de recherche sont alors nombreux, concernant soit l'histoire des symboles soit la pratique psychothérapeutique. Le concept aura aussi une existence en dehors du cercle jungien. En effet, des psychologues et psychothérapeutes emprunteront l'hypothèse de Jung dans leurs travaux afin de développer leurs propres théories de la personnalité.
Dans la psychologie analytique
Continuateurs directs

Du vivant de Jung, nombre de ses proches et disciples ont cherché à explorer les manifestations de l'inconscient collectif. Ainsi, « la théorie de l'inconscient collectif a été appliquée à la psychologie des intuitions philosophiques et des découvertes scientifiques » note Henri F. EllenbergerF 6, qui évoque par exemple l'interprétation jungienne de la découverte de la loi de conservation de l'énergie par Robert Mayer. Jung travailla en effet avec le physicien Wolfgang Pauli sur ce sujet et ses déductions furent reprises et poursuivies par Marie-Louise von Franz dans Nombre et temps, Francis Macdonald Cornford aux États-Unis, et Michel Cazenave en France. Les représentations scientifiques, et même les mathématiques selon Von Franz n'échappent pas à la relecture symbolique jungienne. Elle et Emma Jung ont par ailleurs étudié les variations autour du symbole du Saint Graal dans La Légende du Graal (1961) alors qu'Edgar Herzog s'intéresse, dans Psyche und Tod, aux représentations de la mort. Riwkah Schärf étudie lui le personnage de Satan à travers les cultures, Lucy Heyer examine les motifs solaires et chroniques alors que Erich Neumann dresse un panorama historique et symbolique de la figure du hérosG 7. L'inconscient collectif a permis également une relecture du phénomène religieux, que Jung a étudié sous l'angle psychologique à la fin de sa vieF 6. L'universitaire et économiste Eugen Böhler, dans Die Grundgedanken des Psychologie von C. G. Jung (1960), considère que la vie économique est régie par des impulsions irrationnelles et collectives issues des fantasmes et des mythesF 7 alors que pour l'anthropologue John Layard les mythes sacrificiels révèlent la façon dont les sociétés dites « primitives » géraient leurs relations avec les forces de l'inconscient. Les propriétés paranormales de l'inconscient collectif, et en particulier la fonction prospective du rêve, ont été étudiées par Alphonse Maeder.
En marge de la psychologie analytique

En marge de la psychologie analytique, plusieurs auteurs considèrent le concept d'inconscient collectif comme opérant. Avec la « psychologie archétypale », James Hillman, un post-jungien américain, étudie les manifestations symboliques modernes, et surtout celles se faisant jour dans la pathologie et dans le monde de la santé. Il continue également de voir dans l'activité onirique la clé de l'équilibre personnel, expliquant que le rêve contient les « données archaïques qui créent les phantasmes »24. L'inconscient collectif est alors représenté, explique-t-il dans Il sogno e il Mondo Infero, comme un « enfer intérieur » (Unterwelt), source du renouveau de la personnalitéJ 3. L’œuvre de Gilbert Durand étudie les « structures anthropologiques de l'imaginaire » dont les racines plongent dans l’inconscient collectif. S'appuyant sur les textes littéraires et sur les mythes, Durand s'intéresse aux groupements de symboles de formes semblables, qu'il groupe en deux classes, appelées le « régime nocturne » et le « régime diurne », sur les plans épistémologique, symbolique et herméneutique. Sa méthode se veut un « structuralisme figuratif » constitutif de la mythanalyse25.

Paul Watzlawick, formé à l'institut C. G. Jung de Zurich, créateur de la « thérapie brève » et membre de l'école de Palo Alto, dit utiliser l'hypothèse jungienne comme fondement de ses travaux sur les interactions familiales26. Enfin, l'anthropologue et mythologue américain Joseph Campbell, célèbre pour son travail dans les domaines de la mythologie comparée et de la religion comparée. Dans sa série en quatre livres, Les masques de Dieu (The Masks of God), Campbell tente de résumer les principales histoires spirituelles du monde, afin d'étayer ses idées sur « l’unité de l'espèce humaine ». Dans son essai de 1949, Le Héros aux mille et un visages (The Hero with a Thousand Faces), Campbell expose sa théorie du monomythe, affirmant que tous les mythes suivent les mêmes schémas archétypaux, baignant dans l'inconscient collectif27.
Courants psychologiques proches
Stanislav Grof, l'un des fondateurs de la psychologie transpersonnelle qui réutilise le concept d'inconscient collectif.

De nombreux psychologues, psychiatres ou psychanalystes, évoluant surtout au sein du courant dit de la psychologie transpersonnelle, ont fondé leurs théories sur le concept d'inconscient collectif de Jung, ainsi que sur celui-ci, corollaire, d'« archétype ».
En psychologie et psychiatrie

Robert Desoille (1890–1966), dans Le Rêve Éveillé en psychothérapie (1945) fait essentiellement référence à l'inconscient collectif de Jung. Pour lui, la psyché comporte deux pôles : le « Ça » freudien et le « Soi » jungien, limite de la sublimation qui peut être obtenue. Entre les deux, le Moi se déplace comme possibilité de représentationH 4. Le psychiatre italien Roberto Assagioli (1888–1976), freudien également, avec la « psychosynthèse », se fonde sur une stratification de l'inconscient semblable à celle de Jung. En plus de voir, tout comme Jung, dans le « Soi » supérieur le centre de la personnalité, il postule que celui-ci s'enracine dans un inconscient collectif, siège des fantasmes et des archétypes. Néanmoins, Assagioli distingue deux sphères collectives : l’« inconscient collectif moyen » qui regroupe toutes les structures conditionnant la conscience comme la culture et le langage et l’« inconscient collectif inférieur » qui emmagasine les mythes28. Georges Devereux (1908–1985), dans Essais d'ethnopsychiatrie générale (1977) définit quant à lui, à la suite de Jung, tout en s'en démarquant toutefois, deux inconscients, l'un « ethnique » et un autre « idiosyncrasique », ce dernier correspondant à l'inconscient freudien. Selon lui, « L'inconscient ethnique d'un individu est cette part de son inconscient total qu'il possède en commun avec la plupart des membres de sa culture. Il est composé de tout ce que, conformément aux exigences fondamentales de sa culture, chaque génération apprend elle-même à refouler puis, à son tour, force la génération suivante à refouler. Il change comme change la culture et se transmet comme se transmet la culture »29. À sa suite, l'ethnopsychiatre Tobie Nathan (né en 1948) reprend la division de Devereux en précisant la constitution de l'inconscient culturel, notamment ses fondations archétypiques30.
La psychologie transpersonnelle

La psychologie transpersonnelle réutilise par ailleurs le concept d'inconscient collectif. Stanislav Grof (né en 1931), dans Les royaumes de l'inconscient humain (1975), distingue, au sein des trois plans de l'inconscient un « domaine trans-personnel », qui correspond à l’inconscient collectif jungien, cumulant les expériences, et de nature objective. Ken Wilber (né en 1954) pense quant à lui qu'un niveau pré-personnel ou inconscient de la personnalité, sorte de substrat organique et archaïque, fait que, comme chez Jung, « la conscience la plus intime de l’homme est identique à la réalité ultime de l’univers »31. D'un point de vue davantage sociologique, Edward T. Hall, dans Au-delà de la culture et La Danse et la vie32 s'appuie sur le concept jungien pour développer un « inconscient culturel ». Celui-ci explique en effet que « l’inconscient culturel règle les actions de l’homme »33.
En psychanalyse

Enfin, nombre de psychanalystes, en dépit du rejet de Jung, développent des opinions proches de celles de celui-ci quant à l'existence de contenus universels inconscients, que l'enfant ne peut constituer lors de son ontogénèse. Ainsi, « l'idée de « sentiment océanique » formulée par Romain Rolland, comme expérience créative, position d'ouverture de l'inconscient face à l'inconnu, rejoint en un certain sens le concept mystique de unus mundus de Jung : c'est un sentiment d'harmonie universelle » explique Salomon ResnikJ 6. C'est également le cas de Paul Diel dans son ouvrage Le Symbolisme dans la mythologie grecque, étude psychanalytique, qui considère que des images primitives structurent le langage symbolique. Un proche de Freud et de Jung, Sándor Ferenczi, dans son ouvrage Thalassa. Psychanalyse des origines de la vie sexuelle, pense également que l'inconscient prend racine dans la biologie de l'être. Cet inconscient biologique contient des symboles qui « ne sont pas seulement l'expression des jeux fortuits de l'imagination, mais des traces historiquement importantes de faits biologiques refoulés »34. Des analystes comme Marion Milner, Donald Woods Winnicott et Charles Rycroft parlent ainsi d'un « inconscient créatif »K 4 dont la prolixité d'images rappelle les propriétés de l'inconscient collectif jungien. Le psychanalyste Claude Brodeur utilise également le concept d'« inconscient d’un collectif » pour désigner les analogies sémantiques qui existent dans un même groupe social et culturel35.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:54

Chromosome 12 humain
Chromosome 12.svg

Le chromosome 12 est un des 24 chromosomes humains. C'est l'un des 22 autosomes.

Sommaire

1 Caractéristiques du chromosome 12
2 Anomalies chromosomiques décrites au niveau du chromosome 12
3 Gènes localisés sur le chromosome 12
4 Maladies localisées sur le chromosome 12
5 Les autres chromosomes
6 Sources

Caractéristiques du chromosome 12

Nombre de paires de base : 132 449 811
Nombre de gènes : 1 104
Nombre de gènes connus : 1 009
Nombre de pseudo gènes : 396
Nombre de variations des nucléotides (S.N.P ou single nucleotide polymorphisme) : 430 976

Anomalies chromosomiques décrites au niveau du chromosome 12

Syndrome microdélétionnel 12q15q21.1 : délétion interstitielle sur le bras long du chromosome 12.
Gènes localisés sur le chromosome 12

Le chromosome 12 contient les gènes homéotiques (HOM ou HOX) du groupe C.
Maladies localisées sur le chromosome 12

La nomenclature utilisée pour localiser un gène est décite dans l'article de celui-ci
Les maladies en rapport avec des anomalies génétiques localisées sur le chromosome 12 sont :


Maladies localisées sur le chromosome 12
Pathologie Transmission O.M.I.M Locus Gène Protéine codée par le gène
Bras long

Phénylcétonurie Récessive 261600 q24.1 PAH Phenylalanine hydroxylase
Maladie de Charcot-Marie-Tooth type 2L Dominante 608673 q24 Inconnu
Syndrome de Noonan Dominante 163950 q24.1 PTPN11 Tyrosine-protein phosphatase, non-receptor type 11
Syndrome de Holt-Oram Dominante 142900 q24.1 TBX5 T-box transcription factor TBX5
q24



Maladie de Charcot-Marie-Tooth type 2C Dominante 606071 q23-q24 Inconnu
q23




q22








q21




q15




q14


allgrove syndrome [Transmission autosomique] [1] 12q13 [2]
Achondrogenèse type II Dominante 200610 q13.11-q13.2 COL2A1
Épidermolyse bulleuse épidermolytique Dominante principalement 131760 q13 KRT5 Keratin, type II cytoskeletal 5
q13



Maladie de Charcot-Marie-Tooth type 2G Dominante 608591 q12-q13 Inconnu
q12





Maladie de Rendu-Osler Dominante 187300 q11-q14 ACVRL1



Bras court






p11




p12
Tétralogie de Fallot 187500 JAG1



p13

Maladie de Willebrand Dominante
Récessive 193400
277480 p13.3
Maladie de Naito-Oyanagi Dominante 125370 p13.3 ATN1 Atrophin-1







Les autres chromosomes
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v · m
Chromosome - Chromosome humain
Autosome 1 · 2 · 3 · 4 · 5 · 6 · 7 · 8 · 9 · 10 · 11 · 12 · 13 · 14 · 15 · 16 · 17 · 18 · 19 · 20 · 21 · 22
Chromosome sexuel Chromosome X · Chromosome Y
Sources

(en) Ensemble Genome Browser [3]
(en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD.[4]
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:54

Chromosome 14 humain
Chromosome 14.jpeg

Le chromosome 14 est un des 23 chromosomes humains. C'est l'un des 22 autosomes l'un des 5 chromosomes acrocentriques.

Sommaire

1 Caractéristiques du chromosome 14
2 Anomalies chromosomiques décrites au niveau du chromosome 14
3 Gènes localisés sur le chromosome 14
4 Maladies localisées sur le chromosome 14
5 Les autres chromosomes
6 Sources

Caractéristiques du chromosome 14

Nombre de paires de base : 106 368 585
Nombre de gènes : 733
Nombre de gènes connus : 646
Nombre de pseudo gènes : 260
Nombre de variations des nucléotides (S.N.P ou single nucleotide polymorphisme) : 268 509

Anomalies chromosomiques décrites au niveau du chromosome 14
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Gènes localisés sur le chromosome 14
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !
Maladies localisées sur le chromosome 14

La nomenclature utilisée pour localiser un gène est décite dans l'article de celui-ci
Les 93 maladies en rapport avec des anomalies génétiques localisées sur le chromosome 14 sont :


Maladies localisées sur le chromosome 14
Pathologie Transmission O.M.I.M Locus Gène Protéine codée par le gène
Bras long






q33





q32



Maladie de Krabbe 175200 Récessive GALC Galactocérébrosidase
q31


Maladie de Niemann-Pick type C2 Récessive 607625 q24.3 NPC2

q24
;







q23
q23





q22



q21


Syndrome de Fahr Dominante 213600 q14

q13



Myopathie distale de type Laing Dominante 160500 q12 MYH7
q12



Intolérance aux protéines avec lysinurie Récessive 222700 q11.2 SLC7A7
Dystrophie musculaire oculo-pharyngée Dépendante du nombre de triplet 164300 q11.2 PABPN1
q11



Bras court











p11




p12




p13




Les autres chromosomes
[masquer]
v · m
Chromosome - Chromosome humain
Autosome 1 · 2 · 3 · 4 · 5 · 6 · 7 · 8 · 9 · 10 · 11 · 12 · 13 · 14 · 15 · 16 · 17 · 18 · 19 · 20 · 21 · 22
Chromosome sexuel Chromosome X · Chromosome Y
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:55

Réutilisation du concept hors de la psychologie
Un rassemblement de membres du Nouvel-Âge.
Spiritualités

Comme c'est le cas pour la plupart des concepts de Jung, il existe une tendance à interpréter le sujet de l'inconscient collectif au travers du filtre de l'occultisme, et les polémiques et débats sur sa dimension mystique sont récurrents. En premier lieu, Jung a beaucoup écrit sur l'occultisme, proposant d'expliquer certains phénomènes paranormaux par l'hypothèse de l'inconscient collectif. Ainsi, il expose, dans Un Mythe moderne, que les visions de soucoupes volantes s'expliqueraient selon lui par une projection dans la matière de contenus collectifs angoissants, prenant la forme de disques. Si Jung a été l'initiateur d'explications ésotériques, il demeure toutefois toujours dans un cadre empirique. Après lui, des courants de pensée non scientifiques abordent la question.

Le docteur en biologie et parapsychologue Rupert Sheldrake, à travers son concept de « champ morphogénétique », pense quant à lui que : « la mémoire au sein des champs morphiques est cumulative, et c’est la raison pour laquelle toutes sortes de phénomènes deviennent de plus en plus habituels par répétition… Dans cette complexité croissante, les champs morphogénétiques contiendraient une mémoire inhérente acquise par un processus de résonance morphique composant la mémoire collective de chaque espèce (idée émise par l’éminent psychologue Carl Gustav Jung) »36.

Le courant syncrétique du New Age (« Nouvel-Âge », en français) intègre ainsi le concept d'inconscient collectif, perçu comme une mémoire universelle permettant à l'homme d'entrer intimement en contact avec soi mais aussi avec l'« âme du monde ». Le channelling, les expériences de dédoublement astral, les rêves, visions et l'astrologie sont autant de techniques visant à entrer en contact avec ses couches les plus profondes de la conscience, parfois appelées « annales akashiques » dans la culture New Age. Dans Jung and the New Age, David John Tacey explique que la plupart des concepts jungiensnote 4 ont été récupérés par le New Age, sans aucune rigueur scientifique37. Le psychologue jungien Michel Cazenave dénonce également cette assimilation erronée : « À côté de cela, ce qui me semble beaucoup plus préoccupant, c’est une sorte de « vulgate », souvent de style New Age, qui s’est répandue sur Jung, qui a aplani ses théories et, à force de les simplifier, en présente une intolérable caricature, sinon même une pure et simple trahison. De ce point de vue, afin de garder tout son tranchant et toute sa complexité à l’œuvre, il faudrait sans doute reprendre à nouveaux frais des notions essentielles comme celles d’archétype, d’inconscient collectif et d’énergie psychique »38.

Enfin, la psychogénéalogie a réinvesti le concept d'inconscient collectif. Anne Ancelin Schützenberger a constitué ses notions de transmission intergénérationnelle et transgénérationnelle de l’inconscient en s’appuyant sur l'hypothèse jungienneE 3. Jung aborde en effet parfois dans ses travaux l’idée d'un « inconscient familial » qui serait une strate de l’inconscient collectif. Le concept a été réutilisé dans le cadre thérapeutique familial. Ainsi, la notion de constellation familiale est une méthode de thérapie transgénérationnelle créée par le thérapeute allemand Bert Hellinger et fondée sur la mise au jour de l'inconscient familial.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:56

L’urologie (du grec ancien οὖρον oûron, signifiant « urine », « liquide séminal ») est le domaine de la médecine qui s'applique aux reins, aux voies urinaires des hommes et des femmes, au système reproducteur masculin (appareil uro-génital masculin) et aux glandes surrénales.

Il s'agit d'une spécialité médico-chirurgicale.

Les praticiens qui s'en occupent sont appelés urologues. En France ils sont titulaires du diplôme d'études spécialisées (DES) de chirurgie générale et du diplôme d'études spécialisées complémentaires (DESC) d'urologie.

Sommaire

1 Histoire
2 Symptômes en urologie
3 Méthodes d'exploration en urologie
4 Pathologies en urologie
5 Urologues célèbres
6 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Articles connexes
7.2 Liens externes

Histoire

L'urologie est une spécialité chirurgicale qui trouve ses racines dans l'antiquité gréco-romaine (décrite par Hippocrate et perfectionnée jusqu'au siècle de l'empereur Auguste), et notamment avec Aulus-Cornelius Celsus (Ier siècle apr. J.-C.)1.
Symptômes en urologie

Anurie
Anérection
Anéjaculation
Azoospermie
Colique néphrétique
Courbure pénienne
Dysurie
Énurésie
Hématurie



Pollakiurie
Pyurie
Rétention aiguë d'urine
Torsion testiculaire

Méthodes d'exploration en urologie

Bilan urodynamique
Biopsies multiples de prostate
Cystoscopie
Cystographie rétrograde (en)
Débitmétrie



Échographie
Scanner et IRM de l'appareil urinaire
Scintigraphie rénale
Urétéroscopie
Urétéro-rénoscopie
Uréthrocystographie rétrograde
Urographie intra-veineuse

Pathologies en urologie

Anorchidie
Ambiguïté sexuelle
Adénome de prostate
Adénome surrénalien
Calcul rénal
Calcul urétéral
Calcul de vessie
Cancer de la prostate
Cancer du rein
Cancer du testicule
Cancer de la vessie
Cancer du pénis (en)
Cryptorchidie
Cystite
Ectopie testiculaire
Épididymite
Épispadias (en)
Fibrose rétropéritonéale
Greffe rénale
Hypertrophie bénigne de la prostate
Hypospadias
Impuissance (dysfonction érectile)
Lithiase urinaire



Malformations urétérales
Malformations vésicales
Malformations de la verge
Micropénis
Phimosis
Plaie de verge
Fracture du pénis
Priapisme
Prostatite aiguë
Prostatite chronique
Reflux vésico-urétéro-rénal
Rein unique
Rein en fer à cheval (en)
Syndrome de la jonction pyélo-urétérale
Torsion du testicule
Traumatisme du rein
Traumatisme de l'urèthre
Tuberculose urogénitale
Uréthrite ou urétrite
Varicocèle

Urologues célèbres

Joaquin Albarran (1860-1912), urologue français d'origine cubaine, pionnier de l'endo-urologie.
Jean Auvert (1919-), urologue français de 1955 à 1988 participa dans l'équipe de Jean Hamburger à la première transplantation rénale réussie entre deux jumeaux non identiques en juin 1959 avec Jean Vaysse et dont le receveur, protégé par irradiation, vécut 28 ans.
Maurice Camey, urologue français, il met au point les néovessies.
Bernard Debré (1944-), urologue, homme politique et auteur français, fils de Michel Debré (ancien Premier Ministre).
Jean-Michel Dubernard (1941-), urologue et homme politique français.
Félix Guyon (1831-1920), chirurgien français, fondateur de l'école urologique française (première chaire à l'Hôpital Necker), pionnier de la lithotritie, a donné son nom au canal ulnaire du poignet et à la seringue dite de Guyon.
Saad Khoury (1941-), urologue, pionnier dans le domaine de la création de recommandations basées sur les preuves.
René Küss (1913-2006), urologue français, pionnier de la transplantation d'organes.
Willy Grégoir (1920-2000), urologue belge, il met au point certaines techniques au niveau de la reconstruction péno-scrotale et de la réimplantation de méga-uretère par voie chirurgicale extra-vésicale (technique de Lich-Gregoir). Il est aussi le fondateur du prix qui porte son nom (médaille Willy Grégoir) qui récompense tous les 4 ans une personne ayant contribué au développement de l'urologie.
Félix Legueu (1863–1939), qui a laissé son nom à l'opération de Dittel-Forgue-Legueu.
Louis Michon (1892-1973), urologue français, première transplantation rénale en France avec Jean Hamburger, Oeconomos et Vaysse.
Guy Vallancien (1946-), urologue français, a développé la chirurgie cœlioscopique en France.
Jean-Paul Boiteux (1947-), urologue français, ancien secrétaire général de la CARMF (Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France), fils de Marcel Boiteux (Institut, EDF).

Notes et références

↑ Georges Androutsos. « L'urologie dans l'œuvre De re medica d'Aulus-Cornelius Celsus (Ier siècle apr. J.-C.) » Prog Urol. 2005;15,2:344-352.

Voir aussi

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Articles connexes

Néphrologie
Andrologie
Gynécologie

Liens externes

Association française d'urologie (AFU)
Association marocaine d'urologie (AMU)
Association des urologues du Québec (AUQ)
Société algérienne de chirurgie urologique (SACU)
Société belge d'urologie (SBU)
Société suisse d'urologie (SGU/SSU)
(en)Société libanaise d'urologie (SLU)
Société tunisienne d'urologie (STU)


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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:56

L'inconscient collectif dans la culture populaire

Nombre d'études recensent les motifs archétypiques tenant de l'inconscient collectif au cinéma et dans la littérature de science-fiction. James F. Iaccino met à jour les figures parentales constitutives des personnages centraux des séries Star Wars, La Planète des singes, Retour vers le futur et Indiana Jones39. Dans le film The Island (2005), des clones créés adultes et maintenus en isolation hors du monde dans une base souterraine se découvrent des compétences et souvenirs appartenant à leurs modèles originaux, tous les individus étant reliés par un inconscient partagé.

En littérature, le concept a fait florès. Dans la série de science-fiction Les Futurs Mystères de Paris, non seulement l'inconscient collectif existe, mais il possède une réalité physique. Les archétypes peuvent notamment s'incarner à l'intérieur de cette psychosphère. Isaac Asimov, connu pour s'inspirer et de la cybernétique et de la psychanalyse, a explicitement utilisé dans le Cycle de Fondation le mythe de Gaïa, en extrapolant par la science fiction le principe d'unité organique et pensante à l'échelle d'une planète, notamment dans Fondation foudroyée en 1982, et Terre et Fondation en 1986. Dans La Caverne, inspiré des archétypes jungiens40, Sergueï Diatchenko et Marina Diatchenko décrivent un monde où les hommes sont programmés pour se rendre la nuit en songe dans un lieu onirique afin d'y décharger leurs pulsions destructrices. Le cycle de la Forêt des Ryhopes ( La forêt des Mythagos, Lavondyss, La Femme des Neiges, Le Passe-brousaille, La Porte d'ivoire, Avilion ) est l'œuvre maîtresse de l'écrivain et naturaliste Robert Holdstock. Le romancier y développe une histoire dense prenant place dans une vaste forêt réagissant et créant des êtres en puisant dans l'inconscient collectif des peuples qui l'entouraient depuis des milliers d'années. L'accent est mis sur la confrontation des personnages principaux humains avec l'image des mythes ( Imago Mythi ) des plus enfouis de l'Humanité, et l'exploration de leur propre psyché par le biais des mythagos créés de leur propre esprit.

Analogue à Gaïa, le « cybionte » est un super organisme planétaire métaphorique dont le concept est expliqué par Joël de Rosnay en 1995E 4. Le principe est issu du croisement entre les théories systémiques et l'idée que l'inconscient émergerait des interactions biologiques et écologiques avec la noosphère.
Critiques

Les critiques faites à Jung à propos de la pertinence du concept d'inconscient collectif sont de deux catégories. Il y a d'abord les critiques internes au mouvement psychanalytique, qui ont continué même après l'éviction de Jung. Après les événements de la Seconde Guerre Mondiale, et le fait que Jung ait collaboré avec la société allemande de psychologie, sous la coupe idéologique du parti nazi, la critique s'est faite davantage politique.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:57

Un ou une sage-femme (personne sachant sur la femme), un maïeuticien (terme savant et rare) ou un accoucheur (fonction exercée par un médecin) est, suivant les pays, soit une profession de santé médicale (France), soit paramédicale (la plupart des autres pays du monde), consistant à prendre en charge la femme avant, pendant et après l'accouchement. Pratiquée internationalement et essentiellement par des femmes depuis l'Antiquité, la profession connaît un tournant au XVIIIe siècle et fait au XXIe siècle l'objet de différentes formations selon les pays.

Sommaire

1 Définition
2 Historique
2.1 Depuis l'Antiquité
2.2 Moyen Âge et Renaissance
2.3 Le tournant du XVIIIe siècle et l'époque contemporaine
3 Nouvelles tendances
3.1 En France
4 Étymologie du terme
4.1 Une étymologie d'abord contestée
4.2 Depuis, une position tranchée
5 Particularités universitaires selon les pays
5.1 Sage-femme au Canada
5.1.1 Sage-femme au Québec
5.2 Sage-femme en Suisse
5.3 Sage-femme aux États-Unis
5.3.1 Infirmière sage-femme
5.3.2 Sage-femme : voie directe
5.3.3 Voir aussi
5.3.4 À noter
5.4 Sage-femme en Irlande
5.5 Sage-femme en France
5.5.1 Un cursus en cinq ans en France
5.5.2 Le champ de compétences de la sage-femme
5.5.3 Code déontologique
5.5.4 Rémunération
5.6 Sage-femme au Royaume-Uni
6 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Articles connexes
7.2 Bibliographie
7.3 Liens externes

Définition

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) définit « sage-femme1 » ou « maïeuticien » comme suit :

« Une personne qui a suivi un programme de formation reconnu dans son pays, a réussi avec succès les études afférentes et a acquis les qualifications nécessaires pour être reconnue ou licenciée en tant que sage-femme. Elle doit être en mesure de donner la supervision, les soins et les conseils à la femme enceinte, en travail et en période post-partum, d'aider lors d'accouchement sous sa responsabilité et prodiguer des soins aux nouveau-nés et aux nourrissons. Ses soins incluent des mesures préventives, le dépistage des conditions anormales chez la mère et l'enfant, le recours à l'assistance médicale en cas de besoin et l'exécution de certaines mesures d'urgence en l'absence d'un médecin. Elle joue un rôle important en éducation sanitaire, non seulement pour les patientes, mais pour la famille et la préparation au rôle de parents et doit s'étendre dans certaines sphères de la gynécologie, de la planification familiale et des soins à donner à l'enfant. La sage-femme peut pratiquer en milieu hospitalier, en clinique, à domicile ou en tout autre endroit où sa présence est requise. »

Il s'agit là de la définition reprise internationalement pour cette profession.
Historique
Depuis l'Antiquité
Figurine représentant une sage-femme et une femme en train d'accoucher, provenant de Chypre, début du Ve siècle av. J.-C.

Historiquement, la profession de sage-femme2 a été une des rares dominées par des praticiennes. Depuis Agnodice en Grèce antique, la prise en charge des femmes enceintes et des parturientes (femmes en travail) a été considérée comme relevant essentiellement du cercle féminin.
Moyen Âge et Renaissance

L'ambivalence de la profession, exercée de façon minoritaire par des femmes formées et très majoritairement par des femmes sans aucune connaissance théorique (souvent désignées par le terme matrone), perdure pendant tout le Moyen Âge et l'Époque moderne en Europe occidentale. En France, dans les registres paroissiaux, on rencontrait également le terme « sage-femme » pour désigner la matrone ou encore, de façon très marginale, celui d'« obstétrice ». La langue italienne utilise alternativement les termes « comare », « mammana » et « levatrice ». Le rôle de l'accoucheuse ne se limite pas à l'assistance apportée aux femmes en couches, elle exerce un rôle social et religieux puisqu'elle a la charge d'ondoyer l'enfant lorsqu'il apparaît en danger de mort. C'est souvent la sage-femme qui vient présenter l'enfant sur les fonts baptismaux et qui occupe la fonction de marraine.

Il est possible que la restriction aux hommes d'exercer soit liée au besoin de conserver les possibles écarts des filles-mères sous secret, et aussi à une perception puritaine de tout ce qui touche à l'appareil génital féminin. Il était alors fréquent qu'une fille-mère dissimule sa grossesse au profit de sa mère et que la sage-femme soit alors la seule confidente du secret familial. Dans des sociétés machistes, où la femme est, pour des raisons religieuses essentiellement, encore vue parfois comme l'instrument du malin et où la réputation des femmes a une valeur en soi, la sage-femme se devait alors d'être une femme.

Au Moyen Âge, bon nombre de sages-femmes furent persécutées par l’Inquisition. Les sages-femmes étaient généralement des femmes issues de milieux populaires, qui portaient assistance aux paysannes au moment de leur accouchement. Dans les régions du sud-ouest de la France, l'activité de sage-femme était réservée aux cagotes (population exclue vivant à l'écart de tous les villages de ces régions)3. Ayant accumulé des connaissances empiriques sur le corps, les plantes médicinales, la prévention et la guérison des maladies, elles furent considérées comme des sorcières par le pouvoir religieux4,5. En 1484, le pape Innocent VIII formula dans son Malleus Maleficarum une déclaration officielle contre le crime de sorcellerie6 : « Les sages-femmes causent le plus grand dommage. Ainsi, elles tuent les enfants ou les offrent de manière sacrilège aux démons… La plus grande blessure à la foi est commise par les sages-femmes et cela est clairement mis en lumière par elles-mêmes dans les confessions qu'elles ont faites avant d'être brûlées. » Elles furent non seulement accusées d’empoisonner, de tuer et de conspirer, mais également d’aider et de guérir étant donné que leurs traitements « magiques », même bénéfiques, interféraient avec la volonté de Dieu4. À l’époque où l’Église n’offrait pour soulagement au peuple que la prière et la repentance, un des plus féroces persécuteurs de sorcières en Angleterre écrivait4 : « En conclusion, nous devons rappeler que par sorcières nous n’entendons pas seulement celles qui tourmentent et tuent mais bien tout devin, charmeur, jongleur et magicien, communément appelés hommes ou femmes sages… Font partie de ce groupe de gens, tous ceux et celles qu’on considère comme bons et bonnes sorcières, qui ne font aucun mal, qui ne souillent ni ne détruisent, mais qui sauvent et délivrent du mal… Il vaudrait mieux pour nous tous que la terre soit débarrassée de toutes ces sorcières et particulièrement de celles qui sont bienfaisantes. » Durant la même période, l’Église acceptait néanmoins la médecine et les soins médicaux lorsqu’il s’agissait de la classe dirigeante. Les rois et la noblesse avaient leurs propres médecins qui étaient souvent des prêtres4.

Le métier de sage-femme a survécu à la chasse aux sorcières, mais est souvent resté déconsidéré et empreint de méfiance par une nouvelle classe dirigeante composée de médecins et d’obstétriciens4.
Le tournant du XVIIIe siècle et l'époque contemporaine
Une enseigne de sage-femme - Musée des arts et métiers de Lyon

Le 22 décembre 1779, la première sage-femme exerçant à l'Hôtel-Dieu de Montmorency (Val-d'Oise) est nommée. Il s'agit d'Élisabeth Bourgeois, femme du sieur Baudrang, chirurgien de l'Hôtel-Dieu. Au XVIIIe siècle qui voit le développement des forceps, une division s'est faite entre la pratique chirurgicale (qui relevait, elle, du chirurgien), et celle des sages-femmes. L'essor de la science, associé peut-être à un certain mépris, voyait dans la pratique ancestrale et prétendument folklorique des sages-femmes un art moins efficace et moins sûr. C'est dans ce contexte que les médecins qui avaient jusque là délaissé ce domaine aux matrones (à l'exception des accouchements des familles royales et princières dès le début du XVIIe siècle) se découvrent une vocation pour l'obstétrique7. La lutte d'influence entre sages-femmes et médecins accoucheurs (tels Angélique du Coudray, première professeur de la discipline des sages-femmes et François Mauriceau) aboutit en 1750 à l'intervention de l'État qui ordonne que les sages-femmes aient une formation théorique et pratique de 2 ans avec une maîtresse sage-femme, un jury de deux maîtres chirurgiens validant leurs connaissances8.

Au XIXe siècle, en Angleterre, la plupart des naissances étaient assistées par un chirurgien. En 1882, les Hôpitaux de Paris voient la création d'un corps de médecins-accoucheurs des maternités (première spécialité chirurgicale) qui supplante désormais la profession de sage-femme9.
Nouvelles tendances
En France
Article détaillé : Sage-femme en France.
Marie Jonet (Mme Dugès), aurait été sage-femme en chef de l'Hôtel-Dieu de Paris à la fin du XVIIIe siècle. Lithographie vers 1833

Sous l'Ancien Régime, sage-femme est un métier, et plusieurs ordonnances royales, en particulier sous Louis XIV, exigent que toutes les communautés de village choisissent une sage-femme et décident de percevoir une contribution pour payer leurs gages comme pour les maîtres d'école.

Depuis 1982, la profession s’est ouverte aux hommes10 même si aujourd'hui la profession est essentiellement féminine (99 % de femmes contre 1 % d'hommes)11. Les termes de « maïeuticien » et d'« accoucheur » figurent également dans le dictionnaire de l'Académie Française, mais ne satisfont pas au métier propre de la sage-femme, puisque la maïeutique de Socrate parle « d'accoucher les esprits » et non des nourrissons.

Il s'agit d'une profession médicale à compétence définie12.

Pour devenir sage-femme, il faut être classé en rang utile à la fin de la Première Année Commune aux Études de Santé (PACES), année commune aux étudiants en médecine, maïeutique (sages-femmes), odontologie (dentaires) et pharmacie. La deuxième année universitaire (L2) s'effectue dans une faculté de médecine jusqu'au master (M2). Les études seront reconnues grade master à partir de la rentrée 2010 avec la mise en place de la L1 Santé (concours commun des professions médicales : sage-femme, médecine, dentaire et pharmacie). La réforme HPST a ajouté comme compétences aux sages-femmes le suivi gynécologique et la prescription de la contraception aux femmes en bonne santé. La profession attend une revalorisation de statut et donc de salaire (les sages-femmes sont actuellement rémunérées à partir des grilles salariales paramédicales).

Les étudiants sages-femmes le souhaitant peuvent par ailleurs s'inscrire en Master I de Recherche Biomédicale parallèlement à leurs études (en deuxième année), comme le font déjà les étudiants en médecine ou en chirurgie-dentaire, ce qui leur ouvre les voies des Master II de Santé et Sciences.
Étymologie du terme
Une étymologie d'abord contestée

En Grèce antique, on parlait de maïeutique, ou « l’art d’accoucher », qui avec le temps et sous l’influence de Socrate a fini par désigner par métaphore, un mode d'échange philosophique, l'accouchement des esprits.

Dans « sage-femme », le mot « sage » est dérivé de sapiens (la connaissance, l'expérience, sources de sagesse) et le mot « femme » fait référence à la femme qui est l'objet de cette connaissance et qui a besoin d'accoucher. Du fait de cette fonction, la sage-femme s'est distinguée de la « matrone », choisie dans le village sur des critères surtout moraux, religieux, judiciaire, en particulier pour des questions matrimoniales.

L'origine du mot composé reste mal connue. En effet, le mot femme se réfèrerait non pas, comme beaucoup d'auteurs l'ont écrit, à la praticienne mais à la parturiente13.

La définition donnée dans la première édition (1694) du Dictionnaire de l'Académie Française est la suivante : « On appelle ainsi celle dont le mestier, la profession est d'accoucher les femmes ».

Définition du Littré

Sage-femme Nature : s. f. Prononciation : sa-je-fa-m'

Étymologie : Sage, dans le sens d'habile, et femme, wallon, seg-damm.

« Celle dont la profession est de faire des accouchements ». Cette définition serait peut-être correcte si, d'une part, elle n'était pas réductrice (la sage-femme est loin de ne faire que des accouchements), et si, d'autre part, elle n'affirmait pas (par le « celle ») quelque chose qui est aujourd'hui sujet à controverse.

Enfin, le terme anglais : midwife ne fait allusion qu'à la « parturiente » (mid = avec, du vieil anglais mid, dérivé de l'allemand mit + wife = « la femme, celle qui accouche »), et non pas au sexe de l'intervenant. De ce fait, les livres anciens anglais de « midwifery » précisent toujours lorsqu'il s'agit d'un intervenant masculin : male midwife (ce qui correspond, à la même époque (XVIe et XVIIe siècles), en France, au terme de chirurgien-barbier accoucheur).

La science de l'accouchement et de la grossesse fait l'objet dans la médecine contemporaine d'une spécialité appelée « obstétrique » (c'est-à-dire l'art des accouchements), et cela dans les traités les plus anciens.
Depuis, une position tranchée

Sage-femme, n.f., est attesté sous cette forme en 1212 . On trouve aussi beaucoup plus tard les variantes « femme sage » ainsi que « sage-mère » (XIVe siècle) et « mère sage » (1609).

Sage-femme signifie « expert, habile dans son art auprès des femmes » (« sage » attesté en 1155, au sens de sachant ou de savant, comme pour Charles V le Sage).

La profession s'ouvrant aux hommes (depuis 1982), on a cru que le mot femme se rapportait à l'agent exerçant la profession, et non à l'objet de cette science, et on a proposé « sage-homme », « matron » (sur le féminin « matrone »), « maïeuticien » (proposé à l'Académie française) ou « maïeutiste » (hellénismes savants), « parturologue », termes finalement tous écartés par l'Académie française au bénéfice de « sage-femme » pour les deux sexes.

(Le Robert - Dictionnaire historique de la langue française - Alain Rey et al. Paris 1992).

Le pluriel de sage-femme est sages-femmes.
Particularités universitaires selon les pays
Sage-femme au Canada
Sage-femme au Québec

Actuellement, seule l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) offre le programme de baccalauréat en pratique sage-femme, d'une durée de 4 ans (132 crédits). Le programme est contingenté à 20 étudiantes par année.

La profession de sage-femme est règlementée depuis 1999 au Québec, après plusieurs années de projet-pilote avec des maisons de naissance. Les derniers détails d'assurance permettant aux sages-femmes de suivre des accouchements à domicile ont été réglés en avril 2005. Il faut faire partie de l'ordre des sages-femmes du Québec pour avoir droit de porter le titre. Il est important de noter, cependant, que la sage-femme est une professionnelle limitée puisqu'elle est en mesure de pratiquer seulement quelques actes médicaux de base. Toute complication survenant durant la grossesse ou l'accouchement nécessite une intervention et un suivi par un médecin spécialisé en obstétrique ou en médecine de famille.
Sage-femme en Suisse

Depuis la signature des accords de Bologne par la Suisse, le diplôme de sage-femme est reconnu par les pays européens. La profession reste cependant un métier paramédical au même titre que celui d'infirmier. En Suisse Romande il existe deux façons de devenir sage-femme. La première est d'intégrer la filière sage-femme de La Haute École de Santé de Genève (HEdS). Cette école accueille en moyenne 35 étudiants par année. Ce cursus dure 3 ans et aboutit à un diplôme Bachelor. La seconde est d'intégrer l'école de Lausanne, pendant 2 ans, après avoir déjà acquis le diplôme d'infirmière.
Sage-femme aux États-Unis

Il existe deux voies pour devenir sage-femme aux États-Unis : celle des infirmières sages-femmes, et celle des sages-femmes.
Infirmière sage-femme

Aux États-Unis, les « infirmières sages-femmes » sont des infirmières puéricultrices, ayant suivi une formation complémentaire pendant deux années supplémentaires, soit en maîtrise, pour se spécialiser comme sages-femmes.
Sage-femme : voie directe

Leur formation varie selon le mode d'obtention du diplôme : certaines sont diplômées directement d'une école de sage-femme, qui offre diverses formations de taille et de nature différentes. Certaines choisissent de s'inscrire au cursus des infirmières sages-femmes (American College of Nurse-Midwives ou ACNM) : toutes les sages-femmes qui empruntent cette voie doivent ensuite passer le même certificat d'aptitude, les autres acquièrent le statut de sage-femme à l'ancienneté.
Voir aussi

Association for Childbirth at Home International (ACHI)
Accouchement à domicile

À noter

Les Cadiens de Louisiane utilisent le terme de « chaste-femme ».
Sage-femme en Irlande

La plupart suivent une formation universitaire de quatre ans. Un numerus clausus s'applique.

Certaines infirmières, après l'obtention de leur diplôme et une certaine expérience professionnelle, peuvent ensuite suivre une formation universitaire de spécialiste.

Toutes les sages-femmes doivent s'inscrire au An Bord Altranais.
Sage-femme en France
Article détaillé : Sage-femme en France.
Un cursus en cinq ans en France

Depuis 1992 à Grenoble, généralisé à toute la France en 2002, le concours d’entrée en école de sages-femmes est commun à celui de médecine. Les sages-femmes devraient bénéficier en outre d’un accès aux masters de Santé. La loi s'y rapportant a été votée, référence décret d'application promulgué en mars 2013. L'accès au masters de santé et son application incombent aux différentes universités14.

Cinq années d'études sont nécessaires pour accéder au diplôme de sage-femme. En effet, après la première année commune aux études de santé (PACES) sélectionnant le nombre d'étudiants admis à poursuivre leur formation, les études se déroulent ensuite en deux phases de deux ans chacune dans des Écoles rattachées aux UFR de la faculté de Médecine de la région.

Malgré des disparités de formation des sages-femmes au niveau national, ainsi qu'entre pays, tout diplôme d'État obtenu dans un pays européen est valable dans n'importe quel autre pays européen.
Le champ de compétences de la sage-femme
Matrone à la maternité de Niodior (Sénégal).

Traditionnellement, la sage-femme est une femme ou un homme qui aide à l'accouchement.

Dans les sociétés industrialisées, il s'agit d'une profession médicale à part entière. Elle relève du domaine médical en France car la sage-femme bénéficie du droit de prescription, ne dépendant d'aucun médecin. La liste des médicaments, stupéfiant, dispositifs médicaux que peuvent prescrire les sages-femmes est fixé entre autres par l'arrêté du 23 février 2004 modifié par l'arrêté du 12 octobre 2005. L'attribution d'un numéro RPPS délivré par le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes et qui remplace le numéro ADELI gérés par les DASS permet aux sages femmes (profession libérale) de recevoir les feuilles de soins émises par les CPAM.

En Belgique, le caractère médical de la profession de sage-femme est fixé par l'Arrêté Royal 78 du 10 novembre 1967. Le texte modifié de l'AR 78 du 13 décembre 2006 élargit le domaine de compétence des sages-femmes belges en y incluant, notamment, le droit de prescrire certains médicaments pendant la grossesse, l'accouchement et la suite des couches.

En France, elle répond à la définition suivante :

exerçant une profession médicale, la sage-femme assure, en toute autonomie, le diagnostic, la déclaration (L. 2004-806 du 9 août 2004 art. 101-1) et la surveillance de la grossesse normale, du travail et de l'accouchement, ainsi que celle de la mère et de l'enfant après l'accouchement ;
elle pratique les examens cliniques et para-cliniques nécessaires (échographie, etc.) et participe activement à toutes actions de prévention dans le domaine de la santé. Elle prescrit les examens et thérapeutiques (médicament, vaccin, etc.) nécessaires au bon déroulement de la grossesse, de l'accouchement, des suites de couches ;
en cas de pathologie, elle exerce en collaboration avec le médecin obstétricien, l'anesthésiste et le pédiatre ;
par ailleurs, l'exercice de la profession de sage-femme ne se réduit pas à la pratique des accouchements. La sage-femme assure aussi la surveillance prénatale, la préparation à la naissance et à la parentalité des parents et le suivi à domicile des femmes et des nouveau-nés en cas de sortie précoce de la maternité jusqu’au 21e jour qui suit l’accouchement15 ;

Pour coordonner ces actions, elle rencontre dès le quatrième mois de grossesses les futurs parents, et peut apprécier dans un entretien personnalisé, les attentes, inquiétudes et souhaits des futurs parents. Moment pour accueillir leur volonté d'expression sur un projet de naissance en vertu de la loi de 200216. Ce moment est aussi privilégié pour se faire partenaire des situations vulnérables : apporter aide et soutien aux femmes précaires, aux problèmes d'addictions, à celle qui subissent des violences ou dont la grossesse n'était pas attendue17 ;

elle pratique également les consultations, les échographies obstétricales, y compris dans le cadre du diagnostic prénatal. Elle pratique également la consultation postnatale (L. 2004-806 du 9 août 2004 art. 101-2) ;
la sage-femme assure les suivis des grossesses physiologiques (d'évolution normale) en cabinet ou à domicile ;
elle surveille, conseille, accompagne la mère et l'enfant après la naissance. Elle pratique aussi la rééducation périnéale des patientes. Elle conseille les couples et participe au suivi des différents modes de contraception. Elle peut prescrire une contraception hormonale (y compris le dispositif intra-utérin) dans le post-partum, le post-abortum et lors d'une consultation gynécologique de contraception et de prévention qu'elle peut réaliser depuis la loi HPST du 21 juillet 2009 modifiant les articles L4151-1, L5134-1, et L2122-1 du code de la santé publique. Une sage-femme peut désormais poser des dispositifs intra-utérins et les implants contraceptifs ;
elle peut aussi avoir une place active dans les services d'orthogénie, de gynécologie, de procréation médicalement assistée ;
comme chez les autres professions médicales, les sages-femmes relèvent d'un code déontologique professionnel et doivent justifier, pour pouvoir exercer, de leur inscription au tableau du conseil national de l'ordre des sages-femmes ;
depuis 2010 le suivi gynécologique des femmes, en dehors de toute pathologie, appartient désormais à son domaine de compétence. À ce titre elle réalise l'examen des seins, l'examen génital, le frottis cervico-vaginal, la prescription de la contraception, et ce pendant toute la vie génitale de ses patientes. Son rôle primordial dans le dépistage va permettre un meilleur suivi des patientes, et une collaboration avec les gynécologues obstétriciens dont la mission pourra se concentrer sur les pathologies, hélas trop nombreuses, dépistées plus précocement (augmentation déplorée des cancers du sein chez les femmes jeunes).

Code déontologique

Le premier alinéa de l’article R.4127-325 du Code de la santé publique dispose que, dès lors qu'elle a accepté de répondre à une demande, la sage-femme s'engage à assurer personnellement avec conscience et dévouement les soins conformes aux données scientifiques du moment que requièrent la patiente et le nouveau-né. Le caractère personnel de l’exercice de la profession de sage-femme et la notion de responsabilité sont intimement liés. Voici les chapitres du Code de la santé publique relatifs aux sages-femmes (modifié par le décret 2006-1268 du 17 octobre 2006) :

CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE

Professions de santé → Organisation des professions médicales → Déontologie

Section 3 : Code de déontologie des sages-femmes

Devoirs généraux des sages-femmes
Devoirs envers les patientes et les nouveau-nés
Règles particulières aux différentes formes d'exercice
Devoirs de confraternité
Devoirs vis-à-vis des membres des autres professions de santé
Dispositions diverses

Rémunération

1 600 € brut par mois (+ primes) pour une sage-femme en début de carrière dans la fonction publique hospitalière.
Entre 2 700 € et 2 800 € en fin de carrière.
2 300 € en moyenne pour une sage-femme en libéral.18

Les étudiants sages-femmes sont rémunérés au titre de leurs stages dès la troisième année. En 2013, la rémunération au titre des stages de troisième année s’élève à 100 € brut par mois pour 150 heures travaillées.
Sage-femme au Royaume-Uni

Certaines obtiennent leur diplôme d'infirmier et suivent ensuite une formation de dix-huit mois (degree classification). D'autres suivent une formation plus indépendante de trois ans ou plus. Toutes les sages-femmes doivent s'inscrire au Nursing and Midwifery Council.
Notes et références

↑ Depuis la réforme de l'orthographe de 1990, il est recommandé [archive] d'écrire « sagefemme »
↑ Sage du latin sapiens, « savoir », science et d'expérience acquises, probablement assorties de la notion de prudence. Le terme de sage-femme ou sage-mère est attesté en 1212
↑ Henri Marcel Fay et Gilbert Ballet, Lépreux et cagots du Sud-Ouest, Paris, Champion, 1910, 784 p. (OCLC 250524577), p. 64 ; 236
↑ a, b, c, d et e Barbara Ehrenheich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières, une histoire des femmes et de la médecine, Montréal, Éditions du Remue-Ménage, bibliothèque nationale du Québec, 1976, 78 p. (OCLC 15847398)
↑ Brau, J.-L., « La sorcellerie », Les cahiers de Fontenay no 11/12, E.N.S. Fontenay/Saint-Cloud, septembre 1978. [archive]
↑ (en) Katie Allison Granju, Midwives under the fire [archive].
↑ Jürgen Schlumborg, « Comment l’obstétrique est devenue une science », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, no 143,‎ juin 2002, p. 18-30
↑ Y.Knibiehler, Maternité. Affaire privée, affaire publique, Bayard, 2001, p. 61-76
↑ Robert Vial, Histoire de L'enseignement des Hôpitaux de Paris : Les blouses blanches en formation initiale et continue, Editions L'Harmattan, 1999 (lire en ligne [archive]), p. 107
↑ Danièle Kergoat, Yvonne Guichard-Claudic et Alain Vilbrod, L'inversion du genre : Quand les métiers masculins se conjuguent au féminin et réciproquement, Presses universitaires de Rennes, coll. « Des Sociétés », 2008, 401 p. (ISBN 9782753505896), p. 232 [archive]
↑ lrb/mfo/ed Relaxnews avec AFP, « L'homme, une sage-femme comme les autres », Le Parisien,‎ 12 août 2013 (lire en ligne [archive])
↑ et non pas limitée, ce dernier terme ne figurant à aucun moment dans la législation française
↑ Danièle Kergoat, Yvonne Guichard-Claudic, Alain Vilbrod, L'inversion du genre : Quand les métiers masculins se conjuguent au féminin et réciproquement, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 240.
↑ pdf [archive] sur le site de l'Ordre national des sages-femmes
↑ Recommandations HAS [archive] [PDF]
↑ loi de 2002 [archive]
↑ en France, pdf [archive]
↑ (en) « Le CIDJ - Centre d'Information et de Documentation Jeunesse » [archive]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

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Articles connexes

Accouchement
Matrone

Bibliographie

Chaumette (Paloma) Parents et sages-femmes : l'accompagnement global, éditions Yves Michel 2005
Gélis (Jacques), L'Arbre et le fruit, Paris, Fayard, 1984.
Gélis (Jacques), La sage-femme et le médecin, Paris, Fayard, 1988.

Liens externes

Belgique :
Union professionnelle des sages-femmes belges (organisation des sages-femmes francophones de Belgique)
Vlaamse Organisatie van Vroedvrouwen (organisation des sages-femmes nééerlandophones de Belgique)

Canada/Québec :
Ordre des sages-femmes du Québec

France :
Ordre national français des sages-femmes

Grande-Bretagne :
(en) Royal College of midwife : collège des sages-femmes britanniques
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:57

Critiques au sein de la psychanalyse

Dès la publication de Métamorphoses de l'âme et ses symboles, en 1912, les partisans de Freud ont dénoncé les conclusions de Jung. Dans son essai « Critique de l'essai d'une présentation de la théorie psychanalytique de C. G. Jung », le psychanalyste Karl Abraham dénonce le « délayage de l'inconscient » opéré par le psychiatre suisse. La « teinte religieuse » du concept, qui devient dès lors un « arrière-plan mystique » fait de Jung un « théologien » et non plus un psychanalyste41. Cette critique est récurrente dans la littérature psychanalytique ; ainsi Yvon Brès explique que le concept jungien « témoigne également de la facilité avec laquelle on peut glisser du concept d'inconscient psychologique vers des perspectives relevant d'un univers de pensée étranger à la tradition philosophique et scientifique dans laquelle ce concept est né »L 2.

Le psychanalyste Donald Woods Winnicott, en 1964, dans Lecture de C. G. Jung : Jung Ma Vie. Souvenirs, rêves et pensées42, avance l'idée que Jung a postulé l'existence de l'inconscient collectif du fait d'une dissociation psychique provenant de la relation à sa mère. Jung est pour lui un exemple de cas guéri de psychose infantile, conditionnement qui lui interdisait de penser un inconscient freudien, de là sa tentative pour créer un concept d'inconscient collectif : « Il n'est pas possible, avec un esprit clivé, de concevoir un inconscient refoulé ; ce qu'on trouve à la place, c'est la dissociation » explique-t-il43, et qu'il « s'efforçait de faire face à son incapacité à saisir ce qu'on pourrait appeler maintenant l'inconscient selon Freud »H 5. Pour Jacques Lacan : « il n'existe pas d'inconscient collectif [mais seulement] des inconscients particuliers pour autant que chacun, à chaque instant, donne un petit coup de pouce à la langue qu'il parle »44.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:59

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

--------------------------------------------------------------------------------------------------

Y'becca ou murmure de l'Arbre-Olivier.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t41-y-becca-ou-murmure-de-l-arbre-olivier

Profils des Juges du Secourisme et
la république de l'Olivier.

Chére Minouska, Féline de Pierre et Yvette et toutes les bonnes volonté(e)s

Je regarde le temps différemment après la mort de Athéna la chatte Bleue.
De longues années à voyager; à travailler et à écrire... Tel un Spartiate, je me suis emprunt à une apogée sur la compréhension du monde qui m'entourai de ses richesses; J' y ai rencontré des lueurs, des affronts et des forces.

Je regarde celle qui a su réveiller la force de réveiller ces écrits que j'ai voulu sauvegarder par le fait que après
tout, aide toi et le ciel te répondra: Et je dois dire que ma volonté fut exaucer... Alors je regarde Minouska, une chatte qui a recueilli mon cœur en lambeau lors de la guerre ou intifada, si vous préférez:

Le Juge Suprême de la république de l'Olivier est un personnage
qui doit s'informer et accueillir la Parole de l'un et de l'Autre. Il se doit d'écrire des vers, des proverbes, des espoirs, des fables car notre peuple aime cela: Ni fouet, ni chaines ! être sérieux devant les nuages gris !
Car l'arbre peur garantir notre fraternité et la justice de l'eau propager la diversités des écritures des forets donc vers la connaissance et Yahvé... La République est le pilier de l’Âme dans le sens où il s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première du Juge Suprême de la République de l'olivier.

Dans la vallée du Nil à la plaine des cèdres; le juge suprême doit présenter ses hontes et ses espoirs... je vous fait part de mon expérience... Nuls réponses dans un premiers temps ne se fit entendre alors j'envoyai des mouettes, des chouettes et des canaris sous forme de lettre tel un oiseau qui apprends son premier envol.

Alors sous forme de mirage pour certains et pour d'autres, cela s'appelle un message. Je me fis ce constat et que la volonté en soit ainsi si il ne veulent pas entendre;

"Propage la Connaissance des serments car ce sont les hommes qui s'entretuent par leur entreprise, leur volonté et leur désir! Car certains vomissent sur la fraternité voilà un maillon de haine du trois en un délivré par le vieux coq... Rétablit l'apprentissage de l'Espérance sur l'apprentissage de marcher ! La canne de l'age n'est pas un spectre; elle est une source d'eau ! Tu apprendra à entendre ta douleur devant la faim ! Nous sommes des étapes et en cela cherche le fait d'exister ! La République est le pilier de l’Âme dans le sens où elle s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première !

Ecrit de
TAY
La chouette Effraie.


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Re: Y'becca, Le bolivarisme et L'an 2001 de JC Lun 10 Oct à 16:16
Les chercheuses de poux
Arthur RIMBAUD (1854-1891)

Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l'enfant auprès d'une croisée
Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer ;
L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

_________________
Kounak le chat....
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 9:59

Controverse idéologique
Jakob Wilhelm Hauer. En 1934, il donne une conférence sur le symbolisme des nombres, qui influence Jung. Il y explique que le concept jungien de l’inconscient collectif suggère l’existence d’un inconscient racial.

Dès 1933, Jung est à la tête de la Société allemande de psychothérapie (Deutsche Psychoanalytische Gesellschaft), vite affiliée aux théories racistes et antisémites nazies. Le concept est alors récupéré au bénéfice de l'idéologie allemande, en particulier lorsqu'il devient président, de 1936 à 1940, de l'institut Göring. Jung écrit alors qu'en matière d'imaginaire collectif, il distingue deux entités : un inconscient aryen et un inconscient juif, le premier étant d'un potentiel supérieur au second selon lui ; le peuple juif étant un peuple nomade, il n'est pas enraciné dans un territoire lui permettant de développer des matériaux symboliques riches45.

Dès lors, le concept d'inconscient collectif pâtit de cette controverse et les critiques, comme le psychiatre suisse Gustav Bally ou la psychanalyste Élisabeth Roudinesco (dans son article « Carl Gustav Jung : de l’archétype au nazisme. Dérives d’une psychologie de la différence »46), y voient une entreprise de justification des thèses racistes47. Ernest Jones, puis, après lui, Edward Glover, contribua lui aussi à véhiculer l'image d’un Jung pro-nazi, dans un passage de son ouvrage biographique : La vie et l’œuvre de Sigmund Freud. Élisabeth Roudinesco considère, quant à elle, que Jung est un « adepte de la psychologie des peuples »48 qui a affiché très tôt, dans sa relation conflictuelle puis sa rupture avec Freud, sa position. Selon Marthe Robert enfin, « la tâche spéciale de Jung au sein de cet organisme était d'établir une ligne « scientifique » de partage entre la psychologie aryenne et la psychologie juive, autrement dit entre la doctrine de l'« inconscient collectif » et la psychanalyse de Freud, contre laquelle la revanche était maintenant facile »49.

Le psychanalyste allemand Jakob Wilhelm Hauer, théoricien du völkisch et fondateur du « Mouvement de la Foi Nordique », fréquenta très tôt les conférences et les cercles jungiens des années 1930. Il utilisa notamment le concept de l'inconscient collectif dans un sens plus politique que scientifique, principalement pour suggérer l'existence d'un inconscient racial justifiant le lebensraum des nazis50. On a pu parler, après lui d'un « inconscient racial », souvent attribué automatiquement à Jung alors que celui-ci n'a jamais expliqué la distinction et la discrimination de peuples sur la base de son hypothèse. La critique provient également du milieu de la psychologie analytique. Sans nier l'intérêt scientifique du concept, le psychothérapeute post-jungien Andrew Samuels qui, le premier, porta la polémique sur la collusion de Jung avec le régime nazi dans la presse, parle ainsi d'une « psychologie de la nation »51 qui entacha toute la psychologie analytique. Farhad Dalal dans son article « Jung: a racist »52 considère que la théorie de l'inconscient collectif a été créée par Jung pour justifier une distinction des races.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 10:00

Métamorphoses de l'âme et ses symboles est un livre du psychanalyste Carl Gustav Jung dont la première édition est parue en 1912.
Titre

Le titre original en allemand est Symbole der Wandlung (Symboles de la métamorphose). Le sous-titre est Analyse des prodromes d'une schizophrénie, les prodromes étant les signes avant-coureur ou les symptômes précédant une crise.
Contexte

Ce livre marque la rupture de Jung avec Freud. Dès sa parution, il est discuté. Jung ne cesse par la suite de l'enrichir en trois éditions ultérieures (1924, 1937 et 1950).

Jung est parti d'un cas individuel pour élargir le champ de la psychanalyse à des perspectives radicalement neuves.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 10:01

L'échographie est une technique d'imagerie employant des ultrasons. Elle est utilisée de manière courante en médecine humaine et vétérinaire, mais peut aussi être employée en recherche et dans l'industrie.

Sommaire

1 Terminologie
2 Le matériel
2.1 La sonde
2.2 Le gel
2.3 Le traitement du signal
2.4 Les différents réglages
2.5 Visualisation des images
2.6 Stockage et distribution des images
2.7 Le traitement informatisé de l'image
2.8 Les différents types d'appareils
3 Avantages et inconvénients de l'échographie
3.1 Avantages
3.2 Inconvénients
3.3 Effets secondaires de l'échographie
4 Réalisation d'un examen échographique standard
5 Techniques particulières de l'échographie
5.1 Échographie gynécologique et obstétricale
5.1.1 Échographie souvenir non médicale
5.2 Échographie vasculaire
5.3 Échographie cardiaque (ou échocardiographie)
5.4 Échographie avec produit de contraste
5.4.1 Échographie moléculaire
5.5 Échographie de l'appareil locomoteur
5.6 Échographie per-opératoire
5.7 Échographie endoscopique
5.8 Élastographie
5.8.1 Élastographie par compression manuelle
5.8.2 Élastographie par impulsion ultrasonore
5.8.3 Solutions élastographiques
5.9 Échographie d'urgence pour les victimes de traumatismes
5.10 Échographie haute fréquence
6 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Articles connexes

Terminologie

Le mot « échographie » provient de la nymphe Echo dans la mythologie grecque qui personnifiait ce phénomène et d'une racine grecque Graphô (écrire). Il se définit donc comme étant « un écrit par l'écho ». Le terme « échographie » désigne aussi bien l'acte médical que l'image qui en découle, abrégé au féminin en « une écho ».

L'appareil permettant l'échographie est un « échographe ». Les appareils modernes comportent tous une fonction Doppler. C'est pourquoi on parle d'« échographie-doppler » (abrégée en « écho-doppler »).

Le médecin, le manipulateur en électroradiologie médicale, ou la sage femme qui pratique une échographie est un « échographiste ».
Le matériel
Photographie d'un échographe. Légende : 1. Les sondes, 2. Système de visualisation, 3. Gel pour échographie, 4. Console de commande, 5. Console d'acquisition, 6. Imprimante

L'échographe est constitué des éléments suivants :

une sonde, permettant l'émission et la réception d'ultrasons ;
un système informatique, transformant le délai entre la réception et l'émission de l'ultrason en image ;
une console de commande, permettant la saisie des données du patient et les différents réglages ;
un système de visualisation : le moniteur ;
un système d'enregistrement des données, soit de manière analogique (cassette vidéo, impression papier), soit de manière numérique (format DICOM).

Le tout est disposé sur un chariot mobile, permettant d'effectuer l'examen au chevet même du patient.

Les besoins sont différents suivant l'organe étudié. Le plus exigeant est le cœur, mobile par essence, qui exige une bonne définition de l'image spatiale mais aussi temporelle.
La sonde

Les premières études sur les ultrasons n'étaient pas appliquées à la médecine, mais visaient à permettre la détection des sous-marins à l'occasion de la Première Guerre mondiale. En 1951, deux britanniques, J.J. Wild (médecin) et J. Reid (électronicien), présentèrent à la communauté médicale un nouvel appareil : l'échographe. Il était destiné à la recherche des tumeurs cérébrales mais fera carrière dans l'obstétrique. L'usage en obstétrique date du début des années 1970 avec les appareils permettant de capter les bruits du cœur fœtal (voir Effet Doppler).

L'élément de base de l'échographie est généralement une céramique piézoélectrique (PZT), située dans la sonde, qui, soumise à des impulsions électriques, vibre générant des ultrasons. Les échos sont captés par cette même céramique, qui joue alors le rôle de récepteur : on parle alors de transducteur ultrasonore. Un échographe est muni d'une sonde échographique, nommée barrette échographique, pourvue à l'origine de 64, 96 voire 128 transducteurs ultrasonores en ligne. Les sondes des échographes modernes possèdent aujourd'hui jusqu'à 960 éléments. En échographie cardiaque le nombre d'éléments est amené à 3 000 éléments. Enfin, les sondes de prochaines générations (courant 2009) auront plus de 12 000 éléments piézoélectriques soit 64 fois plus que celle encore utilisée à ce jour. L'émission se fait de manière successive sur chaque transducteur.

Les ultrasons sont envoyés dans un périmètre délimité (souvent trapézoïdal), et les échos enregistrés sont des signatures des obstacles qu'ils ont rencontrés. L'échogénicité est la plus ou moins grande aptitude d'un tissu à rétro-diffuser les ultrasons.

La fréquence des ultrasons peut être modulée : augmenter la fréquence permet d'avoir un signal plus précis (et donc une image plus fine) mais l'ultrason est alors rapidement amorti dans l'organisme examiné et ne permet plus d'examiner les structures profondes. En pratique l'échographiste a, à sa disposition, plusieurs sondes avec des fréquences différentes :

1,5 à 4,5 MHz en usage courant pour le secteur profond (abdomen et pelvis), avec une définition de l'ordre de quelques millimètres ;
5 MHz pour les structures intermédiaires (cœur d'enfant par exemple), avec une résolution inférieure au millimètre ;
7 MHz pour l'exploration des petites structures assez proches de la peau (artères ou veines) avec une résolution proche du dixième de millimètre ;
de 10 à 18 MHz plus par exemple pour l'étude, en recherche, de petits animaux, mais aussi, dans le domaine médical, pour l'imagerie superficielle (visant les structures proches de la peau) ;
jusqu'à 50 MHz pour les appareils de biomicroscopie de l’œil[réf. souhaitée].

Cette résolution dépend aussi de la forme de la structure examinée : elle est bien meilleure si elle est perpendiculaire au faisceau d'ultrasons que si elle est parallèle à ce dernier.

La fréquence de réception des signaux joue également sur la qualité de l'image : en mode fondamental le transducteur détecte les signaux de la même fréquence que celle de l'émission. En mode harmonique, il détecte les signaux d'une fréquence double (seconde harmonique) de celle de l'émission. L'avantage de ce dernier système est qu'il ne détecte essentiellement que les échos revenant dans le même sens que l'émission, écartant de fait les échos diffusés et rendant le signal beaucoup moins bruité. La détection non linéaire a une réponse particulière, elle ne réagit pas aux premiers centimètres après la sonde, ce qui permet de faciliter l'imagerie chez un patient en surpoids (dont la couche de graisse sous la peau complique le passage des ultrasons).
Le gel

Pour des raisons mécaniques, on considère que le contact entre la sonde et le ventre ne peut pas être parfait et qu'il existe donc une fine couche d'air entre ceux-ci.

Les impédances acoustiques de l'air et de la peau (tissu biologique), mesurées en Pa.s/m, valent respectivement :

(à 20 °C) Z a = ρ a ⋅ c a = 1 , 204 × 343 , 4 = 413 , 5 {\displaystyle Z_{a}=\rho _{a}\cdot c_{a}=1,204\times 343,4=413,5} Z_{a}=\rho _{a}\cdot c_{a}=1,204\times 343,4=413,5

(à 37 °C) Z p = ρ p ⋅ c p = 1047 × 1570 = 164 , 4 ⋅ 10 4 {\displaystyle Z_{p}=\rho _{p}\cdot c_{p}=1047\times 1570=164,4\cdot 10^{4}} Z_{p}=\rho _{p}\cdot c_{p}=1047\times 1570=164,4\cdot 10^{4}

Elles permettent de calculer la valeur du coefficient de transmission T de l'interface air-peau :

T = 4 ⋅ Z a ⋅ Z p ( Z a + Z p ) 2 ≃ 10 − 3 {\displaystyle T=4\cdot {\frac {Z_{a}\cdot Z_{p}}{(Z_{a}+Z_{p})^{2}}}\simeq 10^{-3}} T=4\cdot {\frac {Z_{a}\cdot Z_{p}}{(Z_{a}+Z_{p})^{2}}}\simeq 10^{-3}

Cette valeur est très faible et engendre donc une atténuation du signal importante entre l'émission et la réception des ultrasons par la sonde. C'est pour remédier à ce problème que l'échographiste applique un gel, dont l'impédance acoustique est proche de celle de la peau, pour obtenir une atténuation plus faible.
Le traitement du signal
Photographie d'un simulateur d'échographie fœtale.

L'électronique de l'échographe se charge d'amplifier et de traiter ces signaux afin de les convertir en signal vidéo. L'image se fait en niveaux de gris selon l'intensité de l'écho en retour.

Les différents tissus de l'organisme peuvent apparaitre de diverses façons :

les liquides simples, dans lesquels il n'y a pas de particules en suspension, se contentent de laisser traverser les sons. Ils ne se signalent donc pas par des échos. Ils seront noirs sur l'écran (structures anéchogènes) ;
les liquides avec particules, le sang, le mucus, renvoient de petits échos. Ils apparaîtront donc dans les tons de gris, plus ou moins homogènes ;
les structures solides, l'os par exemple, renvoient mieux les échos. On verra donc une forme blanche (hyperéchogène) avec une ombre derrière (cône d'ombre). Une exception cependant, la voûte crânienne, très fine et perpendiculaire aux échos, en laisse passer ;
les tissus mous sont plus ou moins échogènes : le placenta est plus blanc que l'utérus, qui est plus blanc que les ovaires ;
le gaz et l’air, sont comme l'os, très blancs.

Les différents réglages

La puissance d'émission est réglable mais ne joue que peu dans la qualité de l'image. Il faut théoriquement utiliser la puissance minimale acceptable afin d'éviter un échauffement des tissus examinés. En pratique courante ce risque est négligeable.
La fréquence d'émission peut être modifiée dans les limites des spécifications de la sonde.
Le gain à la réception peut être augmenté ou diminué globalement ou de manière variable, suivant la profondeur de la zone explorée (TGC pour time gain compensation).
Différents filtres peuvent être réglés : compression…
L'imagerie peut être basculée de mode fondamental en mode de seconde harmonique (abrégé en mode harmonique) permettant d'avoir une meilleure définition.
Le faisceau d'ultrasons peut être focalisé (lentille acoustique par retard d'émission réglé électroniquement) à une plus ou moins grande profondeur (ne joue que peu sur la qualité de l'image).
La zone d'intérêt de l'organe explorée peut être élargie, ou au contraire, rétrécie. Dans ce dernier cas, l'image a une meilleure définition.
La cadence d'acquisition (en anglais : frame rate) peut être réglée. Ce paramètre est peu important en cas d'organes fixes mais doit être sensiblement augmentée pour étudier la mobilité d'une structure (cœur).

La console de commande est munie d'un clavier permettant d'entrer les identifiants du patient et les commentaires. Elle permet d'accéder aux différents modes d'échographie et de doppler, ainsi qu'au traitement et au stockage des images. Elle permet également d'effectuer des mesures (distance, surface…) et différents calculs.
Visualisation des images

Elle se fait par l'intermédiaire d'un écran.

Différents modes sont disponibles :

le plus courant est le mode BD (pour « bidimensionnel ») : il s'agit d'une représentation en coupe de l'organe étudié, le plan de celui-ci étant déterminé par la position que donne l'examinateur à la sonde ;
le mode TM (pour time motion en anglais, en français « temps-mouvement ») représente l'évolution d'une ligne de tir (ordonnée) suivant le temps (abscisse). Ce mode permet d'évaluer précisément les structures mobiles (ventricule gauche pour le cœur, par exemple) et d'en évaluer la taille. Cette dernière dépend cependant étroitement du choix de la ligne de tir et reste donc très examinateur-dépendant.

À ces images en niveau de gris, peuvent être associées des données du doppler en couleur.
Stockage et distribution des images

Théoriquement, les données à stocker correspondent au film de la durée de l'examen (de quelques minutes à plus d'une demi-heure) ce qui pose encore problèmes quant à l'importance de la mémoire nécessaire. En pratique ne sont conservées que des images fixes ou de courtes boucles d'images. Le format est souvent propriétaire (avec un outil de conversion DICOM) ou fait de manière native en DICOM. Ce format, largement utilisé dans le domaine de l'imagerie médicale, permet de conserver dans un même document l'identifiant du patient, l'image et les caractéristiques de l'acquisition de cette dernière. Sur certains échographes, il est possible de sauvegarder les images au format JPEG sans perte de qualité.

De manière simple, l'image sélectionnée est imprimée et jointe au compte rendu. Elle n'a dans ce cas qu'un rôle d'illustration, la qualité de la reproduction ne permettant en aucun cas de réévaluer, par exemple, un diagnostic.

L'image peut être également stockée de manière analogique sur une cassette vidéo, entraînant une dégradation sensible de la définition, mais permettant de conserver suffisamment d'informations pour pouvoir en tirer des renseignements a posteriori.

La manière récente, l'existence d'enregistreur de DVD en temps réel (en même temps) que la réalisation de l'examen permet de numériser plusieurs heures d'examens.

Les images (ou boucles d'images) peuvent être transmises de manière numérique, soit par CDrom, soit par réseau informatique.
Le traitement informatisé de l'image

Par interpolation d'une boucle d'images, prise avec une cadence d'acquisition rapide, on peut simuler une ligne Tm courbe.
La reconnaissance automatisée des contours reste la pierre d'achoppement de l'échographie en 2005.
L'imagerie paramétrique consiste à coder chaque pixel suivant des paramètres calculés sur l'image (évolution dans le temps, déphasage…). C'est un sujet encore en phase de recherche.
L'imagerie tridimensionnelle, jusqu'au début de ce millénaire, était faite par superposition et interpolation de plusieurs images successives, faites suivant différents plans de coupe (soit de manière libre, soit à l'aide d'une sonde rotative). Le procédé est relativement aisé pour les organes fixes mais beaucoup plus complexes pour les organes mobiles (superposition de boucles d'images et non plus d'images simples). Actuellement, certains échographes sont munis de sondes dotées de capteurs-émetteurs, non plus disposées en ligne mais sous forme de matrice rectangulaire, permettant une acquisition tridimensionnelle directe. Les contraintes techniques et informatiques font cependant que l'image standard est alors sensiblement de moins bonne définition, tant spatiale que temporelle, et que le volume de l'organe directement visualisable reste réduit en taille.

Les différents types d'appareils
Question book-4.svg

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (décembre 2014).

Les appareils standards, bien que disposés sur des chariots à roulettes, sont destinés plutôt à être utilisés en poste fixe. Ils peuvent être connectés à un réseau, à une imprimante externe. Leur coût s'échelonne entre 50 000 et plus de 150 000 €.
Des appareils plus petits sont conçus pour être utilisé au lit du patient. L'écran plat est de moindre qualité et ils ne disposent pas toujours de toutes les fonctionnalités. Ils fonctionnent sur secteur. Leur prix est inférieur à 100 000 €.
Des échographes de la taille et du poids d'un PC portable ont été développés. Ils ont le grand avantage d'être autonomes pour leur alimentation.
Depuis 2004 les échographes ultra-portables ont fait leur apparition, de la taille d'un smartphone, permettant d’être très aisément transportés, à la main ou dans la poche, avec une autonomie très modérée (trois ou quatre examens) mais avec un stockage sur carte SD rendant possible une récupération aisée des données. Ils sont dotés de l’imagerie bidimensionnelle et du Doppler couleur.

Avantages et inconvénients de l'échographie
Avantages

Réalisée par un professionnel1, l'échographie dans un but médical est quasiment sans danger : c'est la seule technique permettant d'avoir une image du fœtus avec une bonne innocuité. Il n' y a pas d'allergie ni de contre-indication à cet examen ;
elle est indolore pour le patient. Elle ne nécessite, sauf exceptions, ni hospitalisation, ni anesthésie. Elle peut être répétée sans problème ;
l'échographie est une technique d'imagerie médicale relativement peu coûteuse : elle ne nécessite qu'un appareil et le prix des consommables peut être négligeable. L'examen est réalisé avec une seule personne (médecin, sage-femme, voire manipulateur dans certains pays, comme aux États-Unis) ;
l'échographe est mobile, permettant de réaliser l'examen au lit même d'un patient, dans une unité de réanimation par exemple ;
s'il est effectué par un médecin ou une sage femme, le résultat est immédiat ;
elle est non irradiante;
c'est une des seules techniques d'imagerie en temps réel, avec laquelle on peut toujours compléter l'interrogatoire et l'examen clinique du patient en cours d'examen. Elle permet une grande précision diagnostique en des mains expertes et permet d'utiliser plusieurs modalité pour préciser une anomalie : 2D, 3D, reconstructions planaires, échographie de contraste, doppler pulsé ou couleur, élastographie, manœuvres dynamiques ;
lorsque l'échogénicité et la distance à l'organe le permettent, l'échographie possède dans certains cas une résolution spatiale supérieure au scanner et à l'IRM.
l'échographie permet de révéler le sexe du fœtus avant sa naissance. Toutefois, certains hôpitaux anglais ne le révèle pas aux parents, cela n'étant pas considéré comme ayant un intérêt médical2. En Inde, pour éviter les avortements sélectifs basés sur le sexe, il est interdit de révéler le sexe du fœtus aux parents.

Inconvénients

Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, l'échographie non médicale, qui expose le fœtus aux ultrasons en continu dans un but esthétique, présente un risque pour celui-ci3 ;
l'image manque parfois de netteté, jusqu'à être parfois inexploitable : c'est le problème de l'échogénicité, faible en particulier en cas d'obésité ;
l'examen, et donc ses résultats, restent « examinateur-dépendants ». Les mesures et la qualité des images dépendent beaucoup de la position de la sonde (plan de coupe), et donc, de l'habilité et de la compétence de l'examinateur. Ce positionnement manuel de la sonde varie d'un examen à l'autre et n'est pas connu a priori, ce qui rend complexe toute réinterprétation de l'examen et tout recalage avec une autre modalité d'imagerie médicale. Autrement dit, en cas de doute ou de discussion, l'examen doit être refait en totalité, idéalement par un autre examinateur ;
le principal bruit qui vient perturber les images ultrasonores est le speckle ( « tavelure » en français) ou « granularité » (car l'image donne l'impression d'être formée de grains). Ce bruit est dû au fait que l'imagerie ultrasonore est une technique d'imagerie cohérente, ce qui autorise les interférences entre les ondes et donc cet aspect granuleux de l'image. Les réflexions sur les nombreuses petites « impuretés » dans le milieu de propagation interfèrent entre elles. À noter que l'importance du speckle est lié à la densité de ces impuretés (rugosité du matériau), il peut donc être vecteur d'informations.

Effets secondaires de l'échographie

Les ultrasons, dans le cadre de leur utilisation en échographie, n'ont jamais révélé de conséquences néfastes chez l'humain4. Dans l'immense majorité des études, seuls des effets biologiques négligeables[évasif] ont été observés, aucun effet pathologique n'en découlant. Une étude américaine a montré que l'échographie, dans certaines conditions, perturberait le développement cérébral du fœtus de souris5. Des études sont en cours pour évaluer ce risque chez l'humain.
Réalisation d'un examen échographique standard

Suivant l'organe examiné, le patient doit être à jeun ou non. Il est allongé sur une table d'examen et la sonde, recouverte d'un gel, est posée directement sur la peau en regard de la structure à visualiser.
Techniques particulières de l'échographie
Échographie gynécologique et obstétricale
Articles détaillés : Échographie gynécologique et Échographie obstétricale.

Dans le cadre de la surveillance médicale de la grossesse, une échographie permet d'obtenir une image monochrome d'un fœtus à l'intérieur du ventre de sa mère. Bien que ce soit l'utilisation la plus connue de l'échographie, on utilise également cette technologie pour la détection des troubles d'organes internes (calculs, kystes, cancers).

Au Québec, depuis 2004, certaines cliniques de procréation et de suivi de grossesse offrent un service d'échographie en 3 dimensions qui permet une vision plus globale du fœtus.
Échographie souvenir non médicale

L'échographie dite « de convenance », de plaisir ou affective est un service fourni par certaines entreprises permettant de visualiser le fœtus, éventuellement en image tridimensionnelle, permettant aux parents de se constituer un enregistrement vidéo souvenir. L'examen est fait alors hors cadre médical.

En décembre 2011, Jacques Lansac, en tant que président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et de la Commission nationale d'échographie obstétricale et fœtale, a vivement protesté contre les offres commerciales de ce type qui peuvent conduire le fœtus à une exposition aux ultrasons durant une trentaine de minutes parfois, avec un faisceau qui « se focalise sur la face et les organes génitaux », conduisant à une exposition « très différente » de l'échographie médicale qui déplace le faisceau pour une exposition plus brève de chaque zone. Selon lui « Les effets thermiques et mécaniques des ultrasons ne sont pas forcément anodins », notamment pour le cerveau et l'œil6. La même mise en garde est formulée en Belgique en avril 2012 par l'ONE7.
Échographie vasculaire
Article détaillé : Échographie Doppler.

L'examen est toujours couplé au doppler permettant d'analyser les flux sanguins.

Il existe des sondes fines pouvant être introduites directement dans le vaisseau à examiner — artère coronaire par exemple — et permettant l'analyse précise des parois de celui-ci. On parle alors d’échographie endovasculaire.
Échographie cardiaque (ou échocardiographie)
Articles détaillés : Échocardiographie, Échographie transœsophagienne, Échocardiographie de contraste et Échographie de stress.

L'examen du cœur comporte des difficultés car il est :

mobile ;
inséré dans la cage thoracique, au contact des poumons, ces deux structures (air et os) empêchant la transmission des ultrasons.

Échographie avec produit de contraste

L’échographie de contraste est celle qui utilise un produit de contraste8. Le produit de contraste composé de microbulles est injecté dans la circulation sanguine par voie intraveineuse au moment de l’examen échographique du patient. Tel que découvert par le docteur Raymond Gramiak en 19689, les microbulles du produit de contraste sont très réfléchissantes aux ultrasons pendant l'examen échographique; permettant ainsi d’imager la vascularisation sanguine des organes à des fins diagnostiques. Un usage clinique répandu de l'échographie de contraste est la détection de la tumeur métastatique dont la prise de contraste (évolution temporelle de la concentration du produit de contraste dans le sang) est plus rapide que celle du tissu biologique sain entourant la tumeur10. Il existe aussi des applications en échocardiographie de contraste11 pour obtenir une meilleure délinéation de la paroi ventriculaire dans l’image échographique, constituant une aide supplémentaire dans l’évaluation du déficit contractile du cœur à la suite d'un infarctus du myocarde. Enfin, des applications en perfusion quantitative12 (mesure relative du flux sanguin13) émergent pour le suivi thérapeutique pharmacologique du cancer, méthodologie élaborée par le docteur Nathalie Lassau en 201114 permettant d'identifier au plus tôt la réponse du patient au traitement anti-cancéreux afin d'orienter au mieux la conduite thérapeutique15.
Schéma de principe de l'imagerie par amétrique des signatures vasculaires.

Parmi les techniques de l'échographie de contraste utilisées par les radiologues en pratique clinique, se distingue la méthode d’imagerie paramétrique des signatures vasculaires16 inventée par le docteur Nicolas Rognin en 201017. Cette méthode a été conçue comme un outil d’aide au diagnostic du cancer, facilitant la caractérisation d’une tumeur suspecte (définir si elle est bénigne ou maligne) dans un organe. D’un point de vue fonctionnel, la méthode analyse informatiquement18,19 une série temporelle d’images (enregistrement numérique vidéo en temps réel des images échographiques de contraste pendant l'examen). Deux étapes successives de traitement du signal sont appliquées à chaque pixel dans la tumeur, comme suit :

calcul de la signature vasculaire (c'est-à-dire de la différence de prise de contraste avec le tissu sain entourant la tumeur) ;
classification automatique de la signature vasculaire calculée en un paramètre, ce dernier prenant l'une des quatre couleurs suivantes :
verte pour l'hyper-vascularisation continue (prise de contraste supérieure à celle du tissu sain),
bleue pour l'hypo-vascularisation continue (prise de contraste inférieure à celle du tissu sain),
rouge pour l'hyper-vascularisation rapide (prise de contraste avant celle du tissu sain) ou
jaune pour l'hypo-vascularisation rapide (prise de contraste après celle du tissu sain).

Une fois le traitement du signal de chaque pixel de la tumeur terminé, la carte spatiale en couleur du paramètre est affichée sur l’écran d’un ordinateur ; synthétisant ainsi l’ensemble de l’information vasculaire en une seule et même image appelée « image paramétrique » (voir la dernière figure de l’article de presse20 comme illustration d’images paramétriques en clinique). Cette image paramétrique est ensuite interprétée par le radiologue sur la base de la couleur prédominante dans la tumeur : le rouge indiquant une suspicion de malignité (risque de cancer), le vert ou le jaune une forte probabilité de bénignité. Dans le premier cas (suspicion de tumeur maligne), le radiologue prescrit une biopsie pour confirmer son diagnostic ou un scanner à rayons X pour une seconde opinion. Dans le deuxième cas (quasi-certitude de tumeur bénigne), seulement une surveillance dans les mois qui suivent est nécessaire avec un nouvel examen d’échographie de contraste. L’avantage clinique de la méthode d'imagerie paramétrique des signatures vasculaires consiste en ce qu'elle permet d'éviter la biopsie — procédure invasive risquée — systématique des tumeurs bénignes ou l'examen de scanner à rayons X exposant le patient à une dose d'irradiation. L’efficacité de la méthode a été évaluée positivement chez l’homme pour la caractérisation des tumeurs dans le foie21. Dans l'avenir la méthode pourrait être appliquée dans le cadre du dépistage du cancer de tout type d’organes, par exemple celui du sein22 ou de la prostate).
Échographie moléculaire

L’avenir de l’échographie de contraste est dans l’imagerie moléculaire. L’application clinique envisagée de l'échographie moléculaire est la détection précoce du cancer à l’aide d’un produit de contraste échographique dit ciblant. Originellement conçu par le docteur Alexander Klibanov en 199723,24, un tel produit est composé de microbulles ciblantes en mesure de s’attacher aux micro-vaisseaux sanguins des tumeurs malignes. Ce mécanisme d’attachement à la paroi intérieure des micro-vaisseaux repose sur un ciblage spécifique de l’expression biomoléculaire du cancer (par exemple les biomolécules participant à la néoangiogénèse25,26 ou l’inflammation27 se trouvent surexprimées en cas de cancer). Il en résulte une accumulation conséquente des microbulles ciblantes dans la tumeur maligne, facilitant alors sa localisation précise dans l’image échographique de contraste. En 2013, un tout premier essai clinique exploratoire à Amsterdam aux Pays-Bas a été complété chez l'homme pour le cas du cancer de la prostate par le docteur Hessel Wijkstra28.

En échographie moléculaire, la technique de la pression de radiation acoustique est applicable avec une sonde d’échographe pour littéralement pousser les microbulles ciblantes sur la paroi intérieure des micro-vaisseaux, première fois démontrée par le docteur Paul Dayton en 199929. Cette technique se traduit par une maximisation de l’accumulation des microbulles dans la tumeur par une plus grande interaction de ces dernières avec les biomolécules cancéreuses à cibler. Au stade de la recherche scientifique pré-clinique, cette technique est implémentée et validée en échographie bidimensionnelle30 et tridimensionnelle31,32.
Échographie de l'appareil locomoteur

L'échographie permet une analyse détaillée des muscles, des tendons, des ligaments et des nerfs périphériques (en complément du bilan radiographique standard).
Échographie per-opératoire

La sonde peut être posée sur la peau ou directement en contact de l'organe. Dans ce dernier cas, la sonde est recouverte d'une gaine de protection adaptée et marquée CE et stérile.
Échographie endoscopique
Article détaillé : échographie endoscopique.

Appelée aussi ultrason endoscopique ou écho-endoscopie, elle emploie une source d’ultrasons au bout d’un endoscope relié à un échographe pour obtenir des images des organes internes de la poitrine et de l'abdomen. Elle peut être utilisée pour visualiser la paroi de ces organes ou pour examiner les structures adjacentes.

Elle s'applique le plus souvent sur le tractus digestif supérieur et sur le système respiratoire. La sonde est introduite dans le vagin, l'anus ou par la bouche la procédure ressemble à celle de l'endoscopie, et peut être complété par une biopsie guidée par l'imagerie échographique.
Élastographie
Article détaillé : Élastographie.

Il existe aujourd'hui deux modes principaux pour évaluer l'élasticité des tissus avec l'élastographie.
Élastographie par compression manuelle

Technique permettant l'étude de l'élasticité des tissus pour détecter des cancers notamment utilisée en sénologie. Technique commercialisée par Hitachi Medical Systems depuis 200233 et par Siemens depuis 200534.

Elle consiste avec la sonde d'échographie à appliquer de légères pressions afin de soumettre les tissus sous-jacents à une légère contrainte. Ces tissus vont se déformer sous l'effet de la contrainte, plus le tissu est élastique plus il se déforme, plus le tissu est rigide moins il se déforme. Cette mesure réalisée en temps réel permet d'évaluer simplement la rigidité relative des lésions et dans une certaine mesure leur malignité.
Élastographie par impulsion ultrasonore

Dans ce cas la sonde échographique émet une onde focalisée (impulsion ultrasonore) permettant de déplacer très légèrement les tissus. L'image est alors fabriquée de façon identique à l'imagerie d'élasticité par compression manuelle. Cependant comme l'impulsion ultrasonore est parfaitement calibrée, l'image obtenue est plus reproductible. De même il est également possible d'évaluer quantitativement la rigidité tissulaire en mesurant la vitesse de l'onde de cisaillement générée par l'impulsion ultrasonore. Avec cette mesure il est possible d'évaluer le degré de fibrose hépatique, évitant le plus souvent de prescrire au patient une biopsie du foie (procédure invasive avec risque de complications).
Solutions élastographiques

L'industrie active dans l'échographie (General Electric, Philips, Siemens, Toshiba, etc.) offre des solutions utilisant l'imagerie d'élasticité par compression manuelle et impulsion ultrasonore. À noter que la société Supersonic Imagine (française) est historiquement précurseur en termes d’innovation avec son système d'élastographie quantitative.
Échographie d'urgence pour les victimes de traumatismes

L'échographie peut être utilisée en médecine d'urgence. L'échographie de certains organes — cœur et abdomen — permet de détecter la présence de fluides « libres », ce qui, dans le contexte d'un traumatisme, indique en général une hémorragie. Cette méthode, appelée FAST en anglais (Focused assessment with sonography for trauma (en)), est moins invasive que le lavage péritonéal ; elle revient moins cher que la tomographie X et n'expose pas le patient aux radiations35. Cette méthode a été testée en 1999 par l'armée britannique durant la guerre du Kosovo36.

On peut également inclure l'examen des poumons, avec la méthode dite eFAST (extended FAST), pour détecter la présence d'un pneumothorax.
Échographie haute fréquence

L'échographie haute fréquence est une application de l'échographie qui utilise des ultrasons dont la fréquence est supérieure à 20 MHz. Basée sur le même principe de fonctionnement que l'échographie conventionnelle, elle permet néanmoins d'obtenir une meilleure résolution d'image mais avec une faible profondeur de pénétration.

Des applications existent dans le domaine médical mais, à l'heure actuelle, cette technique est surtout utilisée dans l'exploration vétérinaire du petit animal (souris notamment).
Notes et références

↑ Communiqué du CNGOF du 5 décembre 2011, Les échographies fœtales commerciales : un scandale sanitaire ? [archive] [PDF]
↑ NHS about ultrasound during pregnancy [archive]
↑ « Danger de l'échographie à usage non médical » [archive],‎ 29 mai 2005
↑ Société Française de Radiologie [archive]
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↑ Journal Le Parisien, et AFP « Les gynécologues s'opposent aux échographies “souvenir” [archive] » 5 décembre 2011.
↑ Antoine Clevers, « Interdire les échographies de plaisir ? » [archive], sur Lalibre.be, La Dernière heure (consulté le 18 avril 2012)
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↑ (en) Ryan Gessner et al. « An in vivo validation of the application of acoustic radiation force to enhance the diagnostic utility of molecular imaging using 3-d ultrasound [archive] » Ultrasound in Medicine and Biology 2012.
↑ (en) Nicolas Rognin et al. « Molecular Ultrasound Imaging Enhancement by Volumic Acoustic Radiation Force (VARF): Pre-clinical in vivo Validation in a Murine Tumor Model [archive] » World Molecular Imaging Congress, Savannah, États-Unis 2013.
↑ (en) Hitachi Real-time Tissue Elastography (HI-RTE) [archive]
↑ (en) eSieTouch Elasticity Imaging 2 [archive]
↑ (en) G. Rozycki et S. Shackford, « Ultrasound, what every trauma surgeon should know », J Trauma, vol. 40, no 1,‎ 1996 (DOI 10.1097/00005373-199601000-00001)
↑ (en) « Battlefield Advanced Trauma Life Support (BATLS) : Chapter 7. Abdominal injuries », Journal of the Royal Army Medical Corps, vol. 148,‎ juin 2002, p. 54 (DOI 10.1136/jramc-146-02-12, lire en ligne [archive] [PDF])

Voir aussi
Articles connexes

Effet Doppler
Échographie au premier trimestre de la grossesse
Échographie haute fréquence
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 10:02

La schizophrénie est un trouble mental sévère et chronique appartenant à la classe des troubles psychotiques. Ce trouble apparaît généralement au début de l'âge adulte et affecte environ 0,7 % de la population. Comme les autres psychoses, la schizophrénie se manifeste par une perte de contact avec la réalité et une anosognosie, c'est-à-dire que la personne qui en souffre n'a pas conscience de sa maladie (à tout le moins pendant les périodes aiguës). Cette particularité rend difficile l'acceptation du diagnostic par la personne schizophrène et son respect du traitement.

Les symptômes les plus fréquents en sont une altération du processus sensoriel (hallucination) et du fonctionnement de la pensée (idées de référence, délire). La personne atteinte de schizophrénie entend des voix qui la critiquent ou commentent ses actions. Elle peut aussi percevoir des objets ou des entités en réalité absents. Elle accorde à des éléments de l'environnement des significations excentriques ou croit qu'ils ciblent sa personne, en dehors de tous liens logiques. Typiquement, la personne schizophrène a l'impression d’être contrôlée par une force extérieure, de ne plus être maître de sa pensée ou d'être la cible d'un complot à la finalité mal circonscrite.

La schizophrénie s'accompagne aussi généralement d'une altération profonde du fonctionnement cognitif et social, de l'hygiène, de la régulation des émotions, de la capacité à entreprendre ou planifier des actions centrées sur des buts. L'espérance de vie des personnes touchées est estimée inférieure de 12 à 15 ans à l'espérance de vie moyenne, à cause du risque plus élevé de problèmes de santé (lié à la pathologie ou à son traitement) et d'un plus fort taux de suicide (risque absolu de 5 %1,2,3,4). Cette pathologie peut évoluer favorablement dans un délai plus ou moins long.

Ses sous-types reconnus sont la schizophrénie simple, hébéphrénique, paranoïde, schizoaffective et catatonique.

Les causes de la schizophrénie et les facteurs provoquant ou précipitant les phases aiguës sont encore mal compris. La piste de la prédisposition héréditaire est bien documentée, mais il est assez certain que d'autres facteurs doivent entrer en interaction avec cette prédisposition pour faire éclore la maladie. Une perturbation du développement fœtal au second trimestre de la grossesse est fortement suspectée. Il apparaît que lorsque les défenses immunitaires de la mère sont sollicitées, lorsqu'elle est victime d'une malnutrition ou d'un important choc émotionnel durant cette période, cela augmente significativement le risque que son enfant développe une schizophrénie à l'âge adulte. Chez la personne schizophrène elle-même, la consommation de drogues et l'exposition à des stimulations sociales ou émotionnelles invasives précipitent les phases aiguës de la maladie.

La schizophrénie est couramment traitée par la prise de médicaments antipsychotiques (neuroleptiques) qui préviennent les phases aiguës ou diminuent l'intensité des symptômes. Certaines formes de psychothérapie et de soutien éducatif sont souvent prodiguées parce qu'elles favorisent aussi le maintien de la personne sur le marché du travail et dans la communauté. Dans les cas les plus sévères — lorsque l'individu présente un risque pour lui-même ou pour les autres —, une hospitalisation sans consentement peut être nécessaire. De nos jours, les hospitalisations sont moins longues et moins fréquentes qu'elles ne l'étaient auparavant5. Cependant, seule une petite minorité de personnes souffrant de troubles mentaux adopte un comportement dangereux pour les autres.
Sommaire

1 Présentation
1.1 Étymologie
1.2 Confusion avec le sens commun
1.3 Développement
1.4 Symptômes
1.5 Évolution
1.6 Études transculturelles de l'OMS sur le devenir au long cours
1.7 Comorbidités
2 Diagnostic
2.1 Critères diagnostiques
2.2 Les critères DSM-IV-TR
2.3 Classification des formes
2.4 Échelles diagnostiques
2.5 Examens complémentaires
2.6 Diagnostics différentiels
3 Causes
3.1 Génétique
3.2 Facteurs environnementaux
4 Traitements
4.1 Traitement préventif
4.2 Traitements médicamenteux
4.3 Traitement non médicamenteux
5 Épidémiologie
6 Recherche
6.1 Mécanismes
6.2 Diagnostic
6.3 Thérapeutique
7 Histoire et société
7.1 Histoire
7.2 Société
7.3 Lien avec la criminalité
7.4 Idées reçues
7.5 Personnalités
8 Psychanalyse
8.1 Psychanalyse lacanienne
8.2 Psychothérapie psychanalytique
8.3 Critique de la psychanalyse
9 Notes et références
10 Voir aussi
10.1 Bibliographie
10.2 Filmographie
10.3 Articles connexes
10.4 Liens externes

Présentation
Étymologie

Le terme « schizophrénie » a été proposé pour la première fois, en 1911, par Eugen Bleuler, un psychiatre zurichois qui contestait le terme de « démence précoce » de Emil Kraepelin utilisé jusqu’alors.

Le terme de « schizophrénie » provient du grec « σχίζειν » (schizein), signifiant fractionnement, et « φρήν » (phrèn), désignant l’esprit.
Confusion avec le sens commun
Pour le terme "schizophrénie"

La schizophrénie se traduit par des contours incertains de la personnalité, voire une incertitude pour délimiter son corps physiquement. C'est une approximation dans le discernement des contours identitaires, cernés avec difficulté, et non pas une dissociation de l'esprit en plusieurs parties.

Ainsi, la schizophrénie ne doit pas être confondue avec le phénomène de personnalités multiples, qui peut concerner plutôt les troubles dissociatifs de l'identité. L'amalgame est pourtant courant, et le terme schizophrénie (ou ses dérivés) est souvent utilisé à tort, notamment dans la presse ou le cinéma, pour désigner une entité aux facettes multiples, parfois antagonistes, ou un tiraillement entre des propos contradictoires.
Pour le terme "paranoïde"

Le terme paranoïde est souvent associé au nom de schizophrénie et décrit un délire riche, illogique et incompréhensible. Il ne faut pas le confondre avec un délire paranoïaque, plus organisé et plus construit.
Développement

La schizophrénie se développe le plus souvent entre la fin de l'adolescence et le début de la vie adulte6, période durant laquelle se développe le comportement social d'un individu7. Chez 40 % des hommes et 23 % des femmes, la schizophrénie se déclare avant l'âge de 19 ans8. Les troubles cognitifs sont souvent les premiers symptômes qui apparaissent chez la personne atteinte de schizophrénie. Ce sont des symptômes annonciateurs9 :

troubles d’attention, de concentration, manque de tolérance à l’effort : la personne atteinte prend du temps à répondre aux questions, à réagir aux situations demandant une réponse rapide. Elle n’est plus capable de suivre ses cours, de se concentrer sur un film ;
troubles de mémoire : la personne atteinte de schizophrénie oublie de faire des tâches de la vie quotidienne (faire ses devoirs, aller à ses rendez-vous). Elle a de la difficulté à raconter ce qu’elle lit, à suivre une conversation. Sa mémoire autobiographique est affectée : elle oublie plusieurs moments de son histoire personnelle. La mémoire de travail de l'individu fonctionne plus difficilement : il est incapable d'effectuer plusieurs tâches en même temps en se souvenant où il en est dans chacune d’elles ;
troubles des fonctions exécutives : les fonctions exécutives sont essentielles à tout comportement dirigé, autonome et adapté, comme préparer un repas. La personne atteinte a de la difficulté à organiser et anticiper les gestes nécessaires à la réalisation d’une tâche, à anticiper les conséquences. Elle manque de planification, d’organisation des séquences d’actions pour réaliser un but et manque également de flexibilité, de discernement, de vérification, d’autocritique.

Ces premiers troubles entrainent progressivement des difficultés de socialisation chez la personne atteinte, provoquant un retrait social. Ils entrainent également le développement de signes moins spécifiques de la schizophrénie, comme une irritabilité, une dysphorie10, ou une maladresse11, durant cette phase prodromique.

Ces symptômes annonciateurs peuvent être présents de façon isolée ou associée et, bien qu’ils se présentent en premier, ils persisteront plus longtemps que les symptômes aigus.

Les schizophrénies sont caractérisées cliniquement par la dissociation psychique et la présence, en proportion variable, de symptômes dits positifs et négatifs12. Cette classification a été introduite par la neuropsychiatre américaine Andreasen dans les années 198013,14.
Symptômes

Les symptômes de la schizophrénie sont connus depuis le début du XXe siècle. Cependant, grâce aux travaux importants de Andreasen15,16, il est aujourd'hui convenu de distinguer les symptômes positifs excédentaires (hallucination, délire, agitation) des symptômes négatifs déficitaires (apathie, anhédonie, etc.) de cette maladie. La recherche sur les causes et le pronostic de la maladie montre qu'il est même pertinent de distinguer les formes de schizophrénie à prédominance de symptômes négatifs (déficitaires) de ceux à prédominance de symptômes positifs (excédentaires)17,18.
Symptômes positifs

Les symptômes positifs (ou excédentaires) sont les symptômes qui s'ajoutent à l'expérience de la réalité et aux comportements habituels et qui ne sont pas ressentis normalement par les individus non malades : c’est leur présence qui est anormale. Ces symptômes se manifestent habituellement au début de l'âge adulte, entre dix-sept et vingt-trois ans chez les hommes et entre vingt et un et vingt-sept ans chez les femmes. Ils répondent généralement bien aux traitements pharmaceutiques19. Ces symptômes sont ajoutés au fonctionnement normal de l'individu (ils sont en plus). Le terme « positif » ne veut pas dire qu'ils soient de bon ou de mauvais pronostic.

Tout d'abord, la personne schizophrène a des hallucinations, celles-ci pouvant impliquer l'ensemble des sens. Les plus courantes sont des hallucinations auditives, sous la forme de voix imaginaires, souvent étranges ou persécutrices. En complément, la personne présente des accès de délires, des erreurs de jugement logique. Elle s'imagine que la personne qui la regarde ou qui la croise dans la rue est là pour l'espionner. Elle se sent surveillée, persécutée, en danger ou croit que la télévision lui envoie des messages. Elle est convaincue d’avoir le pouvoir d'influencer les événements dans le monde, d'être contrôlée par une force extérieure ou que d'autres individus peuvent lire dans ses pensées. Les hallucinations sont d'ailleurs couramment en relation et viennent renforcer ces idées délirantes19.

La schizophrénie entraîne une déréalisation (impression d'étrangeté du monde, qui paraît irréel, flou, qui manque de sens) ou une dépersonnalisation (impression d'étrangeté face à soi-même).

La personne présente, de plus, des troubles cognitifs regroupés sous le terme de désorganisation ou troubles du cours de la pensée20. Ce dernier point peut aller de la perte du cours de sa pensée ou de ses idées, avec des phrases sans liens évidents, jusqu'à des suites de mots complètement incohérentes dans les cas les plus sévères (symptôme de schizophasie ou phénomène du « coq à l'âne »). Cette désorganisation de la pensée se manifeste par une difficulté à rester concentré sur un raisonnement ou sur une conversation, à diriger ses pensées vers un but, par une suggestibilité, une pensée tangentielle (qui veut simplement dire que la personne fuit une conversation ou une réponse à une question posée), de la difficulté à associer des idées entre elles, un discours illogique. Le malade perd le fil de ses idées. La personne atteinte peut dire des phrases sans suite ou incompréhensibles et inventer des mots (néologisme).

Le comportement du malade est également très désorganisé, avec une incapacité à prendre des décisions et des initiatives appropriées à la situation. Des agissements bizarres peuvent également être perçus, par exemple fermer les stores de la maison par crainte d’être espionné, collectionner des bouteilles d’eau vides. La pensée du malade manque de fluidité et de flexibilité. Ses discours et ses comportements sont répétitifs, rigides. Le malade a du mal à fournir une pensée abstraite. Il a tendance à interpréter de façon erronée, ou selon des critères personnels des concepts abstraits. Il peut avoir aussi un syndrome d'automatisme mental (vol de pensée ou idées imposées par exemple). Il peut rencontrer de graves difficultés lorsqu'il essaie d'aborder de nouveaux sujets de conversations ou d'adopter de nouveaux comportements auxquels il n'est pas habitué.
Symptômes négatifs

Les symptômes négatifs (ou déficitaires) sont ainsi dénommés car ils reflètent le déclin des fonctions cognitives normales et se traduisent par une altération des fonctions cognitives complexes d'intégration : altération des fonctions mnésiques, difficultés de concentration, pauvreté du langage spontané, du comportement moteur : aboulie, amimie, apragmatisme, mais aussi du fonctionnement social ou émotionnel : altération de la vie en relation, abrasion des affects et de la motivation (athymhormie) ou encore une absence de plaisir (anhédonie).

À l'inverse des symptômes positifs, les symptômes négatifs sont beaucoup plus résistants aux traitements médicamenteux actuels21. Les traitements non médicamenteux essayent de les cibler.

Ces symptômes négatifs ont des conséquences beaucoup plus délétères et handicapantes sur la qualité de vie des personnes schizophrènes que les symptômes positifs et affectent plus fortement leur entourage22,23.

On recense comme symptômes négatifs24 :

l'aboulie, qui peut être décrite comme un déficit de la volonté, une perte de la motivation causés par la maladie et à ne pas confondre avec une paresse13,14,25 ;
l'anergie ou perte d'énergie ;
l'anhédonie ou incapacité à éprouver du plaisir, qui se manifeste dans les activités de loisir et également dans la sexualité ;
l'apathie ou incapacité à réagir ;
l'apragmatisme qui est un déficit dans la capacité à entreprendre des actions ;
l'incurie qui est consécutive à l'impossibilité à s'occuper de soi ;
le désintérêt ;
le retrait social qui se manifeste par une diminution marquée des relations interpersonnelles. La « préoccupation autistique » décrit le malade préoccupé essentiellement par ses pensées et sensations intérieures (introspection) et ne parvenant plus à s'intéresser à son environnement, ni à s'y adapter. Il parle tout seul, s'isole26 ;
un habillement atypique21 ;
la froideur affective, souvent ressentie en présence de patients souffrant de schizophrénie, qui témoigne d'une restriction de l'expression émotionnelle. La mimique, la gestuelle, l'intonation de la voix semblent avoir perdu toute réactivité et modulation, un manque de réactivité. Un émoussement des affects - Diminution de l’expression d’émotions : le visage de la personne atteinte devient inexpressif, ses inflexions vocales diminuent (elle parle toujours sur le même ton), ses mouvements sont moins spontanés, ses gestes, moins démonstratifs27. Des défauts dans la cognition sociale sont couramment associés à la schizophrénie28 ;
alogie, relâchement de l'association des pensées ou difficulté de conversation, désorganisation : la personne atteinte ne trouve plus ses mots, donne des réponses brèves et évasives et ne réussit plus à communiquer ses idées ou ses émotions ;
ambivalence : contradiction affective. J'aime/je déteste la même personne.

Signes primaires et secondaires

Ces signes sont dits « primaires » lorsqu'ils expriment directement le processus pathologique en cours.

Dans certains cas ces signes négatifs sont dits « secondaires » parce qu'ils sont les conséquences :

soit d'autres dimensions de la schizophrénie (par exemple le retrait social peut être consécutif à une activité hallucinatoire — qui est un signe positif — intense) ;
soit l'effet iatrogène des médicaments (notamment les neuroleptiques dits « classiques » qui provoquent un état d'indifférence psycho-motrice) ou de la prise en charge (le repli social est favorisé par l'hospitalisation au long cours).

Évaluation

Ces manifestations constituent la dimension négative de la schizophrénie. Elles sont les conséquences du processus pathologique de la schizophrénie. Elles ne doivent pas être considérées comme l'expression d'un trait de caractère (comme la paresse) ou d'un refus délibéré de s'intégrer socialement, mais comme une perte de compétences liée à la maladie.

Les symptômes négatifs sont fréquemment associés à des altérations des fonctions neurocognitives29. Les capacités d'attention, de concentration et de mémoire sont altérées.

La présence de manifestations négatives prédominantes correspond à un sous-type de schizophrénie appelé « hébéphrénique » (et ce uniquement dans les critères du DSM-IV-TR, les sous-types de schizophrénie ayant été abandonnés dans le DSM.5).

Il faut faire la différence entre symptômes négatifs et la dépression qui peut être présente chez les patients souffrant de schizophrénie. Chez le sujet déprimé, on observe un ralentissement, une anhédonie, une aboulie ou un apragmatisme, mais il existe une humeur triste et des idées négatives sur l'avenir qui sont spécifiques. Dans ce cas il existe des modalités de prise en charge particulières.

Leur évolution temporelle est différente de celle des symptômes positifs30. Les symptômes négatifs évoluent souvent au long cours. Ils répondent moins que les symptômes positifs aux traitements médicamenteux actuels et nécessitent l'emploi de stratégies non pharmacologiques favorisant les interactions sociales et l'intégration.

Les conséquences fonctionnelles de cette dimension clinique sont très péjoratives et souvent plus importantes que celles des symptômes positifs. Les capacités d'action et d'investissement étant réduites, les interactions sociales étant très diminuées, le patient souffrant de schizophrénie avec une symptomatologie négative prépondérante, a d'importantes difficultés dans les domaines de l'apprentissage et de l'activité professionnelle, ce qui renforce le handicap et l'exclusion sociale.
Symptômes de premier rang

Le psychiatre allemand Kurt Schneider (1887-1967) répertoria les formes particulières des symptômes psychotiques qui pouvaient, selon lui, distinguer la schizophrénie des autres psychoses31. Ils sont appelés « symptômes de premier rang » et comprennent l'impression d’être contrôlé par une force extérieure, de ne plus être maître de sa pensée, du vol de la pensée, de l'écho et des commentaires de la pensée, l'impression que la pensée est transmise à d’autres personnes, la perception de voix commentant les pensées ou les actions du sujet, ou conversant avec d’autres voix hallucinées ; ce qui est proche de l'automatisme mental défini par Gaëtan Gatian de Clérambault dans les années 192032.

Bien qu'ils aient beaucoup apporté au diagnostic de la schizophrénie, la spécificité de ces symptômes de premier rang est actuellement remise en cause. Une revue des études conduites entre 1970 et 2005 montre qu'ils ne permettent pas de confirmer ou d'infirmer un diagnostic de schizophrénie. Cette revue suggère en conclusion que ces symptômes soient moins prépondérants à l'avenir dans le système du diagnostic des maladies mentales33.
Évolution

Des études répétées depuis les années 197034 montrent que dans un tiers des cas, les personnes se rétablissent dans les premières années. Dans un autre tiers, les patients se rétablissent après 20–25 ans. Enfin, dans un dernier tiers, ils voient leur cas s'aggraver35,36,37.
Études transculturelles de l'OMS sur le devenir au long cours

En 1969, l'Organisation mondiale de la santé (un organisme dépendant de l'ONU) commença une étude de recherche sur le devenir au long cours de patients atteints de schizophrénie, dans 9 pays : États-Unis, Royaume-Uni, Irlande, Danemark, Tchécoslovaquie, Russie, Inde, Nigeria et Colombie38[réf. insuffisante].

Les résultats furent surprenants et démontrèrent l'importance du traitement dans le rétablissement. Au bout de 5 ans d'études, les patients en Inde, au Nigeria et en Colombie avaient des résultats considérablement meilleurs que les patients des autres pays de l'étude, et notamment que ceux des États-Unis et du Royaume-Uni. La Russie avait le taux de rétablissement le plus bas, suivie des États-Unis et du Royaume-Uni.

Ils avaient plus de chances de devenir sans symptômes pendant la période de suivi, et, beaucoup plus important, ils bénéficiaient d’exceptionnellement bonnes relations sociales. Toutefois ces recherches furent remises en question, notamment quant à la validité des diagnostics de schizophrénie au Nigeria ou en Inde.

En réponse, l’OMS lança une étude dans ces 9 États en 1978, et cette fois s’occupait eux-mêmes du diagnostic des patients souffrant d’un premier épisode de schizophrénie, tous diagnostiqués selon les critères occidentaux. Au bout de deux ans, près des 2/3 des patients du Nigeria, de l'Inde et de la Colombie avaient de bonnes rémissions, et approximativement plus d' 1/3 étaient devenus malades chroniques. Dans les pays riches, seulement 37 % des patients avaient une bonne rémission, et 59 % devenaient malades chroniques. Seulement 16 % des patients en Inde, au Nigeria et en Colombie étaient régulièrement maintenus sous antipsychotiques, contre 61 % des patients dans les pays riches.

Plus tard, en 1997, les chercheurs de l’OMS ont réinterviewé les patients de la première des deux études (15 ou 25 ans après l’étude initiale), et ils ont trouvé que dans ces trois pays, ils continuaient d’aller mieux. Au Nigéria, en Colombie et en Inde, 53 % des patients schizophrènes n’étaient simplement plus « jamais psychotiques », et 73 % avaient un travail dans le secteur formel ou informel39[réf. insuffisante].
Comorbidités

Les comorbidités, ou association à d'autres pathologies, sont fréquentes dans les schizophrénies : abus et dépendance aux substances, troubles anxieux, troubles de l'humeur, suicide, handicap social, effets indésirables des médicaments (iatrogénie).
Diagnostic
Critères diagnostiques

Les critères diagnostiques utilisés sont souvent ceux des classifications internationales : DSM-IV40 ou la classification internationale des maladies CIM-10. Ces classifications ne prennent pas en compte (CIM-10) ou très peu (DSM) les troubles cognitifs liés à cette maladie.

Ces critères contiennent des critères reportés par le patient de son expérience personnelle et des critères d'anormalité dans son comportement, et cela mesuré par un professionnel de la santé mentale. Les symptômes de la schizophrénie s'étendent sur un continuum dans la population, bien qu'il soit peu fréquent de se situer à l'état pas tout à fait diagnostiqué[réf. nécessaire], les symptômes doivent atteindre une certaine sévérité avant que le diagnostic soit établi. Ainsi en 2009, il n'y avait pas de test objectif.

Les critères CIM-10 sont classiquement utilisés en Europe, tandis que les critères du DSM-IV-TR sont utilisés aux États-Unis et à différents degrés dans le monde, et sont majoritaires dans la recherche. Les critères CIM-10 mettent plus l'accent sur les symptômes de premier rang de Schneiderian. En pratique, la corrélation entre les deux systèmes est élevée.
Les critères DSM-IV-TR

Selon le DSM-IV-TR, pour être diagnostiqué schizophrène trois critères doivent être remplis :

Les symptômes caractéristiques : deux, ou plus, des symptômes suivants doivent être présents la plupart du temps durant une période d'un mois (ou moins, si les symptômes diminuent avec le traitement) :
délires ;
hallucinations ;
discours désorganisé, qui est la manifestation d'un trouble de la pensée formelle ;
comportement désorganisé de manière importante (ex. : s'habiller de manière inappropriée, pleurer fréquemment) ou comportement catatonique ;
symptômes négatifs : réduction de l'expression émotionnelle, aboulie.
Dysfonctionnement social ou professionnel : pour une partie importante du temps depuis le début des troubles, une ou plusieurs des aires de fonctionnement telles que le travail, les relations interpersonnelles, les soins que l'on s'applique à soi-même, sont notablement en dessous de ce qu'ils étaient avant les symptômes.
Durée importante : les signes du trouble précédent persistent pour au minimum six mois. Cette période de six mois doit inclure aux minimum un mois de symptômes caractéristiques (ou moins si les symptômes diminuent avec le traitement).

Un trouble schizo-affectif et un trouble dépressif ou bipolaire avec caractéristiques psychotiques ont été éliminés soit 1) parce qu’aucun épisode dépressif majeur ou maniaque n’a été présent simultanément aux symptômes de la phase active, soit 2) parce que si des épisodes thymiques ont été présents pendant les symptômes de la phase active, ils ne l'ont été que pour une faible proportion de la durée des périodes actives et résiduelles. La perturbation n’est pas due aux effets physiologiques directs d’une substance (c’est-à-dire une drogue donnant lieu à abus, un médicament) ou d’une affection médicale. En cas d’antécédents d'un trouble du spectre autistique ou d’un trouble de la communication débutant dans l'enfance, le diagnostic additionnel de schizophrénie n’est fait que si les idées délirantes ou les hallucinations sont prononcées et sont présentes avec les autres symptômes requis pour le diagnostic pendant au moins 1 mois (ou moins quand elles répondent favorablement au traitement).

Si les signes du trouble persistent plus d'un mois mais moins de six mois, le diagnostic de désordre schizophrénique est établi. Des symptômes psychotiques durant moins d'un mois peuvent être diagnostiqués tel qu'un trouble psychotique bref, et différentes conditions peuvent faire partie des symptômes psychotiques non spécifiés ici. La schizophrénie ne peut être diagnostiquée si les symptômes de troubles de l'humeur sont substantiellement présents (bien qu'un trouble schizo-affectif puisse être diagnostiqué), ou si les symptômes de trouble envahissant du développement sont présents, à moins que les délires et les hallucinations soient présentes de manière importante, ou si les symptômes sont la résultante directe d'un autre problème médical ou de l’absorption d'une substance, telle qu'une drogue ou un médicament.
Classification des formes
Classification française

Plusieurs formes de schizophrénie peuvent être distinguées :

la schizophrénie simple[réf. nécessaire]. Les symptômes négatifs sont au premier plan : appauvrissement des relations socio-professionnelles, tendance à l’isolement et au repli autistique dans un monde intérieur. Il y a peu ou pas de symptômes délirants. Cette forme évolue lentement mais très souvent vers un déficit de plus en plus marqué ;
la schizophrénie paranoïde. C’est la forme la plus fréquente de schizophrénie. Le délire et les hallucinations dominent le tableau clinique et le sujet répond le plus souvent aux traitements antipsychotiques ;
la schizophrénie hébéphrénique. La dissociation des fonctions cognitives est prédominante. C’est la forme la plus résistante aux thérapeutiques. Cette forme de schizophrénie touche principalement les adolescents ;
la schizophrénie catatonique. Le patient est comme figé physiquement et conserve les attitudes qui lui sont imposées, comme une poupée de cire. Il est enfermé dans un mutisme ou répète toujours les mêmes phrases. Cette forme, soumise à traitement, est rarement définitive ;
la schizophrénie dysthymique (troubles schizo-affectifs). Les accès aigus ont la particularité d’être accompagnés de symptômes dépressifs, avec risque suicidaire, ou au contraire de symptômes maniaques. Ces formes répondent, au moins en partie, aux traitements par thymorégulateurs (comme le lithium) ;
la schizophrénie pseudonévrotique. Elle associe des symptômes de schizophrénie et des symptômes importants ni schizophréniques ni bipolaires (syndrome de conversion, phobie, anxiété ou obsession) ;
la schizophrénie pseudo-psychopathique [réf. nécessaire] ou « héboïdophrénique ». Cet état est considéré comme un trouble à caractère pré-schizophrénique où l'adolescent a des comportements d'opposition importants envers son entourage en présence de troubles de la pensée, phases délirantes et impulsivité. Il coexiste alors des passages à l’acte très violents et des symptômes dissociatifs comme une grande froideur affective.

Les schizophrénies, simples, hébéphréniques et catatoniques, sont regroupées dans le groupe des schizophrénies déficitaires.
Classification américaine

Le DSM-IV-TR propose, lui, une classification de la schizophrénie en cinq types :

type paranoïde : voir ci-dessus ;
type catatonique : voir ci-dessus ;
type désorganisé : le discours désorganisé, les comportements désorganisés et l'affect inapproprié prennent toute la place du tableau clinique. Ce trouble a une grande incidence familiale et un pronostic peu favorable ;
type indifférencié : les symptômes clés de la schizophrénie sont présents et les critères généraux sont atteints sans rentrer dans un type particulier (paranoïde, catatonie, désorganisée) ;
type résiduel : l'absence de symptômes positifs actifs (hallucination, délire, comportement et discours désorganisé) est caractéristique ainsi que la présence de certains éléments atténués (croyances étranges) ou de symptômes négatifs (apathie, isolement social, perte de plaisir et d'intérêt).

Classification de l'école de Wernicke-Kleist-Leonhard

Cette classification refond la distinction entre schizophrénies et psychoses maniaco-dépressives (PMD) en décentrant les éléments du diagnostic des troubles psychotiques ou des troubles de l’humeur pour intégrer les troubles de la psychomotricité, de la pensée, du langage, etc. Il en résulte 35 phénotypes majeurs (cf. Karl Leonhard) à la place de la dichotomie « schizophrénie-PMD ». Ceux-ci ont l’avantage41 :

d’être valables pour la vie entière. Le diagnostic ne fluctue pas en fonction des épisodes. Les changements éventuels d’expression du phénotype sont pris en compte dans sa description42 ;
d’avoir une incidence pronostique puisque les psychoses cycloïdes répondent souvent aux critères CIM et DSM de la schizophrénie alors qu’elles évoluent favorablement ;
de distinguer les phénotypes acquis des phénotypes héréditaires43 ;
et dans le cas des phénotypes héréditaires, de conserver l’homotypie au travers des membres de la famille, c'est-à-dire que les membres de la même famille ont le même diagnostic. Ainsi, les schizophrénies non-systématisées expliquent la cooccurrence des diagnostics de bipolarité et de schizophrénie dans le même famille.

Se référer à l'article sur Karl Leonhard pour la liste des différents phénotypes44.
Échelles diagnostiques
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 10:12

L'Insconcient par Jean claude Filloux
La Vie Mentale et l'Insconcient : Psychothérapie
Le psychiatre français Jean Martin Charcot donnant une leçon clinique à la Salpêtrière en recourant à l'hypnose.

La psychothérapie (/psi.ko.te.ʁa.pi/) désigne le traitement ou l'accompagnement par un individu formé à cela, d'une ou plusieurs personnes souffrant de problèmes psychologiques, parfois en complément d'autres types d'interventions à visée thérapeutique (médicaments, etc.). https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychoth%C3%A9rapie

Suivant les patients (enfant ou adulte), le type et la sévérité du trouble, et le contexte de l'intervention, il existe de nombreuses formes de psychothérapies qui s'appuient sur autant de pratiques différentes reposant elles-mêmes sur des approches théoriques diverses et parfois contradictoires.

La plupart reposent néanmoins sur l'établissement d'une relation interpersonnelle entre le patient et le thérapeute dans le cadre d'un contrat explicite de soin. Elle se distingue en cela des pratiques d'accompagnement de l'individu sain (coaching, développement personnel) parfois menées dans un cadre spirituel, religieux voire sectaire.

En France, plus particulièrement depuis les années 1990, la règlementation de l'exercice des psychothérapeutes a fait l'objet d'intenses débats mettant aux prises les praticiens se réclamant des principales approches que sont les psychothérapies d'inspiration psychanalytique, humanistes, systémique ou cognitivo-comportementale. Le titre de psychothérapeute est désormais réglementé. Mais attention aux Malades Imaginaires et Simulateurs...

Sommaire
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Introduction
PARTIE 1 – L’inconscient avant Freud
Chapitre I – Les philosophies de l’inconscient
I. – Schopenhauer
II. – Carl-Gustav Carus
III. – E. von Hartmann
IV. – Conclusions
Chapitre II – Les premiers résultats empiriques
I. – Distraction et écriture automatique
II. – Somnambulisme et hypnose
III. – Les théories de Pierre Janet
PARTIE 2 – L’inconscient selon Freud
Chapitre I – Inconscient et conflits psychiques
I. – Premiers travaux
II. – La méthode associative et le refoulement
III. – Symptômes et conflits
IV. – Les rêves, messages de l’inconscient
V. – Actes manqués
Chapitre II – Inconscient et sexualité
I. – Théorie de la sexualité
II. – Les névroses et l’évolution de la sexualité
III. – L’élaboration des symptômes. Le rêve
Chapitre III – La vie mentale et l’inconscient
I. – Premières conceptions
II. – Corrections aux premiers schémas
PARTIE 3 – L’inconscient après Freud
Chapitre I – Théories post-freudiennes
I. – Adler et les sentiments d’infériorité
II. – Jung et l’inconscient collectif
III. – Melanie Klein : la dimension imaginaire et la période pré-œdipienne
IV. – Lacan : le retour à Freud et la dimension symbolique
Chapitre II – Inconscient et fonction littéraire
I. – La psychanalyse littéraire
II. – Une critique psychanalytique : Gaston Bachelard
Conclusion
Références bibliographiques
Introduction

La reconnaissance d’une activité inconsciente de l’esprit a été tardive, et les psychologues ont longtemps ignoré l’inconscient. On peut, certes, faire remonter à Leibniz la découverte du subconscient, en se référant à la théorie des « petites perceptions » dont « nous n’avons point conscience » ; il est également possible de déceler, chez tel ou tel psychologue antérieur aux débuts du XIXe siècle des allusions à quelque aspect inconscient de la vie psychique. Mais l’analyse délibérée d’opérations mentales inconscientes est récente. Ainsi, en 1901, Bergson pouvait parler de l’exploration de l’inconscient comme d’une tâche future pour la psychologie, et il s’exprimait en ces termes : « Explorer l’inconscient, travailler dans le sous-sol de l’esprit avec des méthodes spécialement appropriées, telle sera la tâche principale de la psychologie dans le siècle qui s’ouvre. Je ne doute pas que de belles découvertes ne l’y attendent, aussi importantes peut-être que l’ont été, dans les siècles précédents, celles des sciences physiques et naturelles. »

À vrai dire, précédée par les vues théoriques de certaines philosophies post-kantiennes, la psychologie médicale et expérimentale avait, depuis les années 1880, posé d’utiles jalons. Bergson aura pourtant été bon prophète, car c’est à la psychanalyse, dont l’essor s’amorça vers 1900 avec la publication de L’interprétation des rêves, de Freud, que revient le rôle d’avoir en quelque sorte dévoilé des structures psychiques inconscientes qui avaient échappé jusque-là à l’investigation psychologique, et d’en avoir fourni des schémas cohérents. Dès ses débuts, la psychanalyse se posa comme « psychologie des profondeurs », et a voulu donner au terme « inconscient » un contenu spécifique.



Quoi qu’il en soit, le caractère tardif de l’acquisition d’une notion si utilisée à l’heure actuelle étonnera peut-être. C’est qu’un grave obstacle épistémologique freinait l’évolution de la psychologie dans cette direction, une hypothèse de travail acceptée sans critique par les psychologues : l’affirmation a priori de l’identité des faits psychiques et des faits de conscience. Dans ces conditions, l’expression même « phénomène psychique inconscient », ou « processus subconscient », paraissait une absurdité, une contradiction entre les termes. On ne s’apercevait pas qu’en vérité on commettait une faute bien connue de raisonnement, appelée pétition de principe, et qui consiste à s’accorder par avance ce qui est en question.

Or, l’identité supposée de la vie psychique et de la vie consciente, ne paraît pas résister à l’épreuve des faits. Et les faits, en ce domaine, ce sont des résultats expérimentaux, où l’on prend comme en flagrant délit l’existence d’idées, de souvenirs inconscients ; des observations minutieuses, qui prouvent une vie psychique inconsciente en révélant son action causale sur le conscient. L’existence de représentations inconscientes apparaît objectivement dans leur action même, et la véritable démonstration de l’inconscient réside donc dans le fait réel et observable que des états psychologiques non conscients ont des effets conscients, et, inversement, que des états psychologiques conscients peuvent être inexplicables si on ne fait appel à des causes psychiques inconscientes.

De cela, nous aurons l’occasion de nous convaincre chemin faisant. L’idée que non seulement des actes physiques (mouvements), mais encore des opérations mentales (motivations, mécanismes associatifs ou dissociatifs) sont soustraits à la lumière de la conscience, loin d’apparaître contradictoire et obscure, se justifiera bien plutôt par sa logique et sa puissance de clarification.
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Que l’on ne s’attende pourtant point à trouver dans cet ouvrage un exposé critique exhaustif des fondements épistémologiques de la notion d’inconscient. Une analyse préalable des concepts psychisme et conscience serait nécessaire, et nous renverrait finalement à des problèmes qui dépasseraient l’objet – limité – du présent ouvrage. À peine aborderons-nous des questions importantes comme celle du statut de l’inconscient dans l’ordre de l’existence : est-il substance, ou qualité ? est-il un ou multiple ? Nous nous contenterons de reconnaître, avec Freud dans ses dernières conceptions et la plupart des psychanalystes, qu’il serait préférable d’utiliser le terme « inconscient » à titre d’adjectif, et non en tant que substantif – et d’indiquer la tendance générale à pluraliser les opérations et les fonctions qu’il est ainsi amené à qualifier. Aussi bien, comme chaque auteur apporte sa pierre, et met en valeur sa zone propre de recherches, est-il nécessaire – sans préjuger des conclusions auxquelles pourrait aboutir une étude sur les possibilités de synthèse – d’étudier séparément l’inconscient défriché par les divers théoriciens. Ainsi : l’inconscient selon Janet, Freud, Jung, Lacan, etc.

Nous avons cru bon de suivre un plan historique. Il donne, à notre sens, plus de force à l’exposé, en faisant saisir les filiations qui relient les découvertes successives. Actuellement, il est difficile de parler d’inconscient sans se référer aux schémas analytiques de Freud. Mais les thèmes freudiens prennent eux-mêmes racine dans les expériences faites, après 1880, à l’école de la Salpêtrière de Charcot, ou par Bernheim, à Nancy. Enfin, antérieurement à ces recherches, de véritables « philosophies de l’inconscient » (dont celle de von Hartmann est la plus connue) avaient créé une ambiance favorable à la reconnaissance de l’activité inconsciente ; il est de notre propos de ne pas négliger cet arrière-plan philosophique.

Ce petit volume contiendra donc trois parties : la première envisagera l’inconscient avant Freud et se subdivisera en deux chapitres, l’un consacré aux philosophes précurseurs, l’autre aux travaux empiriques ; la seconde partie envisagera les déterminations freudiennes de l’inconscient ; la troisième étudiera les répercussions des schémas freudiens, et les modifications qui leur furent apportées, les incidences dans la critique littéraire de la psychologie de l’inconscient : cette troisième partie s’intitulera l’inconscient après Freud.
PARTIE 1
L’inconscient avant Freud
Chapitre I
Les philosophies de l’inconscient

Ce sont les grandes métaphysiques allemandes de l’époque post-kantienne, en particulier celles de Schelling, Hegel et Schopenhauer qui ont permis à la notion d’inconscient d’être « lancée » philosophiquement dans toute son ampleur. Deux systèmes en effet, qui se présentent expressément comme des « philosophies de l’inconscient », celui de Carl-Gustav Carus et celui de von Hartmann, ont des filiations directes avec ces métaphysiques, dont le point commun est de concevoir le monde, la Nature, comme le produit ou le développement d’un « principe » : l’Absolu de Schelling, l’Idée de Hegel, la Volonté de Schopenhauer. En élevant l’Inconscient à la dignité d’un tel « principe », Carus et Hartmann allaient émettre des hypothèses fécondes.

Avant d’en analyser la substance, nous dirons quelques mots du système de Schopenhauer. Il a, en effet, bien des aspects avant la lettre d’une philosophie de l’inconscient.
I. – Schopenhauer

La philosophie de Schopenhauer a été exposée dans Le monde comme volonté et comme représentation paru en 1818. Les thèmes principaux en sont les suivants : le Monde, en son essence, est Volonté ; par ce mot, Schopenhauer entend une force irrationnelle et active, de l’ordre de la force agissante, du dynamisme que nous sentons à la racine de notre être. La Volonté s’« objective », c’est-à-dire débouche dans le monde de la représentation suivant une infinité de degrés, qui vont des forces matérielles jusqu’à l’homme, en passant par les minéraux, les végétaux, les animaux. Toute force de la Nature est donc volonté ; c’est une même et unique volonté qui s’extériorise dans les liens de la causalité physique, dans les réactions des plantes aux excitations extérieures, dans l’action humaine. L’Homme est le point d’aboutissement de la volonté en son ascension, il est le sommet de la pyramide formée par les degrés d’objectivation de la volonté.

Plaçons-nous donc du point de vue de la psychologie humaine. L’essence de l’homme est à un degré d’objectivation déterminé, cette volonté sans conscience. C’est pourquoi, explique Schopenhauer dans un célèbre chapitre sur le Primat de la volonté sur l’intellect, la connaissance, la raison, en bref l’intellect sont au service de cette force. Ainsi, nos décisions « libres », loin d’être la résultante de motifs clairement réfléchis, sont en réalité la manifestation de notre volonté essentielle. Traduisons : les motifs conscients de nos actes ne sont qu’un paravent. « L’intellect, dit Schopenhauer, est tout à fait étranger aux résolutions de la volonté... Il faut qu’il la prenne en flagrant délit pour deviner ses intentions véritables. » Souvent, en effet, nous ignorons à quel point nous nous sommes faits complices d’un plan que nous échafaudons : seule une nouvelle favorable à son exécution nous révèle, par la joie intense qui nous inonde, avec quelle force notre volonté était attachée à ce plan. Inversement, il nous arrive de prendre après mûres réflexions une décision que, dans notre for intérieur, nous n’approuvons pas. Qu’une circonstance extérieure vienne à en entraver la réalisation, alors seulement nous prenons conscience que nous nous étions mépris sur notre réel désir. Tout cela, aux yeux de Schopenhauer, confirme le fait que « le Maître, c’est la volonté, le serviteur, c’est l’intellect », d’où provient cette observation à première vue paradoxale que l’homme peut ignorer les motifs véritables de ses actions.
II. – Carl-Gustav Carus

C.-G. Carus (Vorlesungen über Psychologie, 1831 ; Psyché, 1846), doit beaucoup à Schopenhauer, tout en se rattachant à Schelling. Son Inconscient semble un principe divin qui préside à la fois à l’organisation du monde, à notre vie organique et à notre vie spirituelle. En ce sens, Carus écrit : « L’inconscient est l’expression subjective désignant ce qu’objectivement nous connaissons sous le nom de Nature. » Ainsi comme pour Schopenhauer, il y a identité du tréfonds de toute existence ; il y a, également, une série d’étapes avant que n’apparaisse la conscience : d’abord l’Idée inconsciente crée l’organisme de l’individu ; puis apparaît une première conscience, conscience du monde extérieur, associée par l’instinct à la vie organique ; enfin, l’esprit se manifeste avec la conscience de soi. Une fois ce dernier stade atteint, l’inconscient et le conscient demeurent en dialogue incessant ; une influence perpétuellement fécondante, créatrice d’énergie et d’habileté, manifeste l’action sans trêve de l’inconscient.

Dans la vie de l’Ame, Carus distingue deux sortes d’inconscient, l’un dont les contenus sont absolument inaccessibles à la lumière de la conscience, l’autre qui est le fruit de la dégradation de certaines opérations conscientes. « Il est une région de la vie de l’Ame où réellement ne pénètre jamais aucun rayon de conscience : nous pouvons dont l’appeler Inconscient absolu... En outre, vis-à-vis nous avons un Inconscient relatif, c’est-à-dire ce domaine d’une vie déjà parvenue réellement à la conscience, mais qui temporairement est redevenue inconsciente. »

D’autre part, le sentiment suivant de belles analyses de Carus ne saurait être compris sans recourir à l’Inconscient : « Tout ce qui travaille, crée, agit, souffre, fermente et couve dans la Nuit de notre âme inconsciente tout ce qui s’y manifeste, d’une part dans la vie de notre organisme, d’autre part dans les influences que nous recevons des autres âmes et de l’univers entier tout cela monte, avec un accent tout particulier, de la nuit inconsciente à la lumière de la vie consciente ; et ce chant, cette merveilleuse confidence de l’Inconscient au Conscient, nous l’appelons : sentiment. »

Enfin, si le sentiment participe, dans sa nature, à la vie inconsciente, le rêve est l’irruption même de l’inconscient dans le conscient. Le monde des rêves naît « des idées et des sentiments qui, à l’instant de cette plongée dans l’Inconscient, continuent à se dérouler et à émerger périodiquement ». Le rêve est donc le fruit de la double existence de l’âme, à la fois consciente et inconsciente, le fruit du mariage entre le conscient et l’inconscient. « Par là s’explique la poésie particulière des rêves... En choisissant les images qui correspondent à ses sentiments, l’âme procède exactement comme le poète éveillé qui évoque également et cherche à amener, jusqu’à la plus grande netteté, des images qui soient adaptées aux sentiments qui s’agitent au fond de son âme. »

Et voici la formule de Carus qui résume l’intuition de sa philosophie : « La connaissance de la vie psychique consciente a sa clef dans la région de l’Inconscient. »
III. – E. von Hartmann

Le système de von Hartmann enfin (Philosophie de l’Inconscient, 1869), comme les deux précédents, est, avant tout, spéculation métaphysique. Il s’agit d’une sorte de panthéisme hégélien où l’Inconscient représente l’âme universelle, l’Un Tout qui apporte, au sein de la nature, une logique immanente. Nous n’avons point à insister sur cet aspect de l’ouvrage d’Hartmann, mais plutôt sur les nombreux chapitres où il est établi que non seulement l’inconscient intervient dans les processus de la vie organique, mais encore que l’activité consciente de la pensée repose nécessairement sur une activité inconsciente.

Hartmann a eu, en effet, le mérite de distinguer clairement l’inconscient dans la vie corporelle et l’inconscient dans l’esprit humain. Il se représente le premier comme l’âme qui dirige la finalité organique : l’organisme en effet, dit-il, est inexplicable comme simple mécanisme ; il y a un psychisme de l’organisme, et c’est l’inconscient. Les réflexes, par exemple, sont des mouvements de réaction « dont les lois générales de la matière ne suffisent pas à expliquer la production... le principe intérieur d’un réflexe ne peut jamais être qu’un principe spirituel et inconscient ». L’instinct, de même, présente une finalité inconsciente ; il est « une activité qui poursuit un but sans en avoir conscience ». La nutrition demande également l’action dirigeante d’un principe psychique : « Puisque, dit Hartmann, aucune explication matérialiste ne peut rendre compte de ce changement si intelligent, il faut bien le rapporter à l’intervention intelligente d’une volonté intelligente... » Bref, une providence individuelle vit en chacun de nous, au fond des phénomènes physiologiques eux-mêmes.

En ce qui concerne la vie proprement spirituelle, Hartmann signale divers processus inconscients jouant dans la perception, la formation des concepts, les raisonnements. D’autre part, l’inconscient gouverne les sentiments : l’amour est un vouloir poursuivant un but sans conscience, le plaisir l’écho des satisfactions ou des contrariétés d’une volonté qui s’ignore. Reprenant Schopenhauer, Hartmann explique comment « il nous arrive souvent d’éprouver du plaisir à faire des actions que nous condamnerions à l’avance, et pour lesquelles nous croyions avoir de l’antipathie. Cela n’indique-t-il pas clairement que notre volonté poursuivait au fond d’autres fins que celles que notre conscience lui prêtait ? »

Les découvertes géniales enfin ont leur source dans l’inconscient, elles sont toujours le fruit d’une « rumination inconsciente », d’une « digestion sourde des idées » qui les prépare. « Je suis persuadé que l’action de semblables processus est décisive même dans les questions peu importantes, pourvu qu’elles nous intéressent avec quelque vivacité, et que par conséquent, dans toutes les questions qui se rapportent à la vie, l’inconscient suggère la propre et véritable solution : ce n’est qu’après coup que les raisons sont cherchées par la conscience, et alors que notre jugement est déjà arrêté. » Il y a donc une parenté de fonctionnement entre l’inconscient qui produit l’œuvre de génie, et l’inconscient qui guide nos pas dans nos décisions. La vie consciente entière est sous l’influence dominatrice du psychisme inconscient.

Finalement, si l’on veut lier l’inconscient dans le corps et l’inconscient dans l’esprit, il faudra définir « l’âme individuelle comme la totalité inconsciente et une des fonctions organiques et psychiques de l’individu ».
IV. – Conclusions

Nous avons essayé dans l’exposé de ces trois philosophies, de séparer la toile de fond métaphysique des apports plus concrets. Pourtant, cette séparation est artificielle, et, pour préciser les éléments réellement valables qu’elles apportent, il faudrait « décanter » en quelque sorte la notion d’inconscient qu’elles nous fournissent.

Tout d’abord – c’est trop évident –, les systèmes d’Hartmann et de Carus sont des panpsychismes. L’idée d’Inconscient leur permet d’introduire, conformément à la vision du monde de leurs auteurs, le psychisme jusque dans la matière. Cette manière d’opérer peut se justifier philosophiquement. Mais pour qui se place sur le plan des faits humains, elle risque de faire confondre l’inconscient psychologique avec ce qu’il n’est pas : par exemple avec une activité physiologique ou organique.

De fait, il faut, du point de vue d’une notion cohérente de l’inconscient, se garder de voir de l’inconscient où il n’y a que du physiologique. Hartmann, dans une partie de son livre, s’est efforcé de montrer du psychique où nous parlons de physiologique. C’est son droit : mais, si l’on s’abstient de philosopher sur l’essence de la nature, il est nécessaire de séparer les deux domaines. Aussi, pour le psychologue, le physiologique ne saurait être ni conscient, ni inconscient ; on ne peut parler d’inconscient qu’au sujet d’états ou d’actes qui pourraient être conscients, c’est-à-dire qu’au sujet de faits psychologiques.

Malgré tout, dans le domaine proprement psychique, les philosophies de l’inconscient auront été fécondes. Elles ont mis en valeur l’idée d’une force inconsciente qui gouvernerait l’activité consciente ; elles ont suggéré que l’inconscient soutient normalement le conscient, à titre d’instinct ou de tendance ; elles ont analysé avec perspicacité le rôle de l’inconscient dans les décisions volontaires, les sentiments, le rêve, le génie.

Aussi comprend-on qu’en 1880 une thèse de psychologie intitulée Études sur la vie subconsciente de l’esprit pouvait se réclamer explicitement des métaphysiques de l’inconscient. Son auteur, E. Colsenet, écrivait, en tête de l’ouvrage : « Au-dessous de la surface lumineuse qui s’offre à l’observation intérieure s’étend une région obscure et inaperçue, peuplée de phénomènes psychologiques dont nous ne saisissons que les derniers effets diversement combinés et modifiés... Chaque fait conscient plonge ses racines dans l’inconscient. »
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 10:17

L' hypnotisme moderne.
Production facile avec le scopochloralose; emploi en psychotérapie et en chirurgie ...

Le statut des psychothérapeutes est règlementé en France au niveau de la formation et des conditions d'inscriptions sur la liste ADELI. Le respect des différents codes de déontologie dépend de l'affiliation des psychothérapeutes à des organisations professionnelles comme l'Ordre des médecins. Les pratiques des psychothérapeutes qui ne sont pas inscrits dans une organisation professionnelle demandant le respect de règles déontologiques spécifiques relèvent du Droit commun.

Les patients, des personnes en difficulté, sont vulnérables. Il est notamment nécessaire[précision nécessaire] de veiller à respecter identité des patients, confidentialité des échanges, attitude neutre du thérapeute, absence de jugement, non-directivité et bienveillance. Même si la plupart des praticiens sont de bonne foi, le risque de manipulation par de « faux praticiens » n'est pas négligeable[Combien ?], du fait de la position du psychothérapeute.

Toutefois, quelques principes ont été énoncés pour définir le cadre d'une psychothérapie éthique. La psychothérapie doit résulter d'un contrat oral et/ou écrit13 qui repose en principe sur le volontariat du patient et du psychothérapeute (sauf expertises judiciaires ou obligation de soin). Le psychothérapeute doit être formé dans un courant psychothérapeutique et doit pouvoir l'expliquer au patient14. Il doit préciser la technique qu'il va employer, ses modalités de mise en œuvre, ses limites, la théorie qu'il utilise, le coût du traitement, les modalités de paiement, etc15. Le but du traitement est le soulagement des souffrances psychiques, l'accès à une plus grande liberté individuelle et le renforcement de l'autonomie16. Un(e) psychothérapeute ne cherchera pas à opposer un patient à sa famille et à son milieu culturel17.

ntervenants

Selon les législations spécifiques de chaque pays le titre de psychothérapeute peut ou non être réglementé. Là où il est réglementé (voir réglementation), par exemple en France, l'exercice des psychothérapies par des non-psychothérapeutes peut être néanmoins parfaitement légal. Aussi est-il important de bien connaître les différents types de professionnels qui peuvent proposer des psychothérapies, et de se renseigner précisément lorsqu'on souhaite consulter un professionnel.

En France, les psychothérapeutes sont des professionnels enregistrés au Registre national des psychothérapeutes. Ils sont enregistrés en préfecture et leur exercice dépend de l'Agence régionale de santé du lieu où ils exercent. Ils sont titulaires d'un diplôme de psychopathologie spécifique délivré par un institut de formation public ou privé agréé après des études universitaires avancées en médecine (doctorat), psychologie (M2) ou psychanalyse (M2).

En France, les psychologues sont titulaire d'une licence, d'une maîtrise et d'un DESS de psychologie (dit aujourd'hui Master de sciences humaines mention psychologie). Ce titre universitaire est protégé par la loi française. Ils réfèrent leur pratique au code de déontologie des psychologues depuis le 22 mars 1996, garant de l'éthique de la psychologie.

Au Canada les psychologues sont des professionnels de santé titulaires d'un doctorat d'exercice en psychologie (D.Psy.) dont la formation à la pratique de la psychothérapie est centrale. Les psychologues canadiens sont également habitlités à poser un diagnostic.

La psychologie est une science humaine en France, une science de la santé au Canada. En France elle dépend donc de méthodologies différentes de la psychiatrie qui est issue de la médecine (sciences biologiques). Psychologues et psychiatres ont donc une approche différente (parfois complémentaires, parfois antinomique) de la souffrance humaine. En effet, les psychologues ont une formation de haut niveau concernant la psychologie de l'individu (dans ses dimensions cognitives, émotionnelles, relationnelles) et de la dynamique des groupes humains. Le titre de psychologue, selon la spécialisation et le domaine d'intervention du praticien, peut donc recouvrir un large spectre de pratiques. Entre le neuropsychologue qui va au moyen d'un bilan neuropsychologique, pouvoir formuler un diagnostic très précoce de démence, le psychosociologue intervenant en entreprise, le psychologue expérimentaliste en laboratoire qui étudie les mécanismes de la représentation mentale, le psychologue clinicien faisant des bilans, des groupes d'analyse ou des psychothérapies, les écarts peuvent être très larges. Au Canada les écarts le sont beaucoup moins puisque les psychologues sont avant tout des professionnels de la santé et que les doctorats menant à l'obtention du titre de psychologue possèdent un tronc commun immuable. Il n'existe que très rarement des spécialités au niveau doctoral en psychologie. Leurs consultations sont le plus souvent remboursées de manière directe ou indirecte.

Les psychiatres ont une formation de médecin : tronc commun pendant six années, puis quatre ans de spécialisation. Ils sont donc habilités à prescrire des médicaments, et leurs consultations peuvent être remboursées car ce sont des consultations médicales (cependant, les psychiatres pratiquent parfois des techniques psychothérapiques dans lesquelles la participation financière du patient est censée avoir une vertu thérapeutique et demandent donc un paiement sans remboursement). Les psychiatres exercent dans le public (hôpital, dispensaire, Centre Médico-Psychologique) ou le privé (cabinet, clinique). Le terme psychiatre ne présume pas de la technique thérapeutique utilisée (Cf. psychothérapies), mais du diplôme de docteur en médecine et de l'inscription au conseil de l'ordre des médecins. Ils sont soumis au code de déontologie médicale.

Les psychanalystes peuvent ou non être psychologues ou psychiatres. Ils ont suivi une formation psychanalytique, mais celle-ci n'est garantie par aucun diplôme. En revanche, leur affiliation à des mouvements psychanalytiques reconnus garantit la solidité de leur formation. Il ne faut pas hésiter à leur demander à quelle école ils appartiennent, ou à consulter les registres des différentes écoles de psychanalyse.

Les travailleurs sociaux, notamment au Canada, sont parfois formés aux thérapies ou plus précisément au counseling. Ces professionnels peuvent au Canada sous certaines conditions précises obtenir un permis de psychothérapeute (délivré par l'ordre des psychologues)en entreprenant des études complémentaires et en effectuant des stages pratiques le plus souvent supervisés par un psychologue.

Les services de secours d'urgence peuvent proposer des soins psychothérapiques. En France, c'est le cas avec les Cellules d'Urgence Médico-Psychologiques (CUMP voir Débriefing).

Certains thérapeutes n'appartiennent à aucune de ces catégories, rien ne garantit alors leur professionnalisme ni le cadre éthique de leur intervention, et c'est au patient de se renseigner alors précisément. À l'inverse, au Canada la psychothérapie est légalement définie (tout comme la médecine), donc toute personne exerçant une activité qui s'apparente à de la psychothérapie doit être autorisée à le faire (même si elle n'appelle pas sa pratique de la psychothérapie).

Réglementations

Selon les pays, le titre de psychothérapeute peut faire ou non l'objet d'une réglementation. En l'absence d'un tel cadre, il peut exister une grande confusion dans l'esprit du public vis-à-vis de cette profession de santé. Aussi pour contrecarrer les dérives vers le charlatanisme d'autant plus risquées dans le domaine de la souffrance psychique, un nombre croissant de pays a adopté des dispositions plus ou moins contraignantes réglementant le titre de psychothérapeute.
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Mer 19 Oct à 10:30

Dans un atlas anatomique remarquable, Mme Julie ctchenko à l'institut anthropologique de l'Université de Moscou, a montré que les lésions de la Lobotomie sont extensives et se propagent ensuite à d'autres zones du cerveau et aux cellules et fibres cérébrales. Ces faits expliquent certaines suite des lobotomies préfontales, et il est difficile de prendre l'optimisme de certains, du moins il y a quelques années donc les neurospsychiatres de l'U.R.S.S condamnent complétement la psychochirurgie en raison de l'importance du cortex cérebral démontré par les travaux de Pavlov et AUSSI en raison des mauvais résultat obtenus et du fait que certaines opérations et donc cette opération compromettent les chances de guérisson ultérieurs du Patient, Individu et ëtre de la communauté Civile et Humaine...!

Ecrit de Monsieur Tignard Yanis et Henri Baruk...

donc


NdlR : La plupart des ouvrages évoqués ici sont écrits en langue ukrainienne ou en langue russe. Pour ne pas alourdir le texte, et pour donner au lecteur une idée de l’abondance et de la variété de ces travaux ethnographiques, nous donnons ici seulement la traduction française de leur titre. Pour toute précision, le lecteur slavophone se reportera utilement aux livres cités en fin d’article.
2

En Ukraine, la formation de l’ethnologie en tant que science date de la fin du xixe-début du xxe siècle, bien que les chercheurs situent ses premières racines à la période féodale de l’histoire ethno-politique ukrainienne, celle de la Rous’ [*]
[*] Rous’ : à cette époque, la notion de « Russie » n’existait...
kiévienne, au moment où apparaît la Chronique des temps passés, témoignage écrit très ancien. Il s’agit de l’une des plus anciennes chroniques historiques des terres d’Ukraine, dans laquelle sont formulées les premières hypothèses sur les origines de cette dernière et sa situation territoriale, ainsi que des renseignements sur les traditions et la vie quotidienne des Polianes, des Drévlianes, des Sévérianes, des Tiverets, des Oulitchs, des Radimitchs, des Viatitchs et d’autres ethnies, ancêtres des actuels Slaves du Sud. Cette Chronique contient des témoignages ethnographiques sur les peuples des pays Baltes et du golfe de Finlande, c’est-à-dire sur les voisins directs des Slaves du Sud. D’autres sources écrites des xiie-xiiie siècles recèlent également une mine d’informations ethnographiques (La Chanson du prince Igor, la Chanson sur la mort de la terre russe).
Regards étrangers sur l’Ukraine
3

La période cosaque de l’histoire de l’Ukraine est plus largement évoquée dans les témoignages écrits des étrangers, dans la mesure où les Cosaques de Zaporojié, ayant bloqué l’expansion en Europe des Turcs et des Tatars de Crimée, et mis un terme à leur invasion des Balkans, jouèrent un rôle prépondérant dans la vie politique et sociale de l’Europe de l’Est. Cela attira l’attention des historiens étrangers sur les Cosaques ukrainiens en tant que puissance politique et sur la « Sitch zaporogue » [1]
[1] Communauté cosaque du Zaporojié. On appelle ces Cosaques...
comme forme originale d’organisation gouvernementale républicaine.
4

Les grands voyageurs étrangers (A. Cantarini, S. Herberstein, P. d’Alep) qui ont visité l’Ukraine aux xve et xviie siècles, ont fourni une description des plus complètes de la culture traditionnelle des Ukrainiens de cette époque. Le chercheur français Pierre Chevalier a considérablement élargi la sphère des sources historiques sur la spécificité ethnographique des Ukrainiens dans son ouvrage intitulé : Histoire de la guerre menée par les Cosaques contre la Pologne, et étude de leurs origines, leur pays, leurs coutumes, leur manière de gouverner et leur religion.
5

Parmi les ouvrages étrangers des xve-xviie siècles sur les Ukrainiens, on distinguera tout particulièrement la Description de l’Ukraine de Guillaume Le Vasseur Beauplan. Cette Description apporte des informations détaillées sur l’habitat ukrainien des villes et des campagnes, sur le mode alimentaire et vestimentaire des différentes couches sociales, les croyances, la science, les coutumes et les rituels populaires.
Premières recherches ukrainiennes
6

De précieux témoignages ethnographiques, qui proposent une caractérisation des différents aspects de la culture traditionnelle ukrainienne et démontrent l’existence d’une identité ethnique propre, nous ont été transmis par des sources écrites ukrainiennes (Roskolania, S. Klonovitch, 1584 ; Chronique de Goustinsk, début xviie siècle ; Chronique, F. Safonovitch, 1672 ; et en particulier les annales de Samovidets, S. Velitchko, G. Grabianka, etc.), ainsi que les recueils consacrés à la poésie orale, entre autres l’anthologie des dictons et des proverbes populaires du poète ukrainien Klimenti Zinoviev.
7

La définition de l’ethnographie ukrainienne en tant que discipline scientifique à part entière s’accompagne de l’apparition, à la fin du xviiie siècle, d’une série d’études thématiques sur l’ethnographie ukrainienne (G. Kalinovski, Description des rituels populaires ukrainiens du mariage, 1777 ; Y. Markovitch, Carnets sur la Petite Russie, ses habitants et sa culture, 1798). Une présentation diversifiée de la culture matérielle, des coutumes, de la vie sociale des Ukrainiens, du découpage ethnographique territorial, de la toponymie régionale et des particularités de l’architecture populaire, de la cuisine et du costume nationaux, de l’artisanat et des métiers traditionnels, constitue le sujet des publications de la fin du xviiie siècle : l’aperçu historique général des Ukrainiens (M. Antonovski, « Cosaques de Petite Russie »,) et les carnets de l’académicien A. Guldstein ; les travaux fondamentaux d’A. Chafonski, regroupés sous le titre général : Description topographique de la population autochtone de Tchernigov ; les écrits historiques d’A. Rigelman : Chronique de la Petite Russie, de son peuple et des Cosaques en général et de P. Simonovski : Court essai sur le peuple cosaque de Petite Russie.
8

L’apparition, dans les premières décennies du xixe siècle, de centres culturels en Ukraine dont le plus important est l’université de Kharkov (fondée en 1805), permet la réunion de nouveaux matériaux ethnographiques sur les Ukrainiens et la parution d’une série de revues et d’almanachs (Le courrier ukrainien, La revue ukrainienne, Molodyk, etc.). Paraissent également des travaux de synthèse sur l’ethnographie historique des Slaves du Sud, ainsi que les ouvrages du professeur G. Ouspenski, de N. Tsertelev, M. Maksimovitch.
9

Un travail impressionnant de réunion de matériel ethnographique est mené à la fin des années vingt et au début des années trente dans les environs de Slobojan (région de l’Ukraine orientale) et dans les districts avoisinants par des membres du Cercle de Kharkov des Amis du Peuple ukrainien, dirigé par I. Sreznevski (L. Borovikovski, A. Metlinski, N. Kostomarov, K. Sementovski, V. Passek, etc.). L’attention particulière accordée par ces chercheurs à la culture spirituelle, à la mythologie et à la démonologie, aux coutumes, ainsi qu’aux œuvres de la tradition populaire orale, est très influencée par les idées de l’école mythologiste et du romantisme, très répandues en Ukraine au début des années 1830. Le travail de I. Sreznevski, élaboré sur cette base, publié sous le titre : Le Zaporojié aux temps anciens, réunit des doumy [2]
[2] Ancien terme russe signifiant « pensées », « rêver...
, des chansons de geste et des récits transmis par la tradition orale, ainsi que de nombreux témoignages sur les coutumes et les mœurs des Cosaques de Zaporojié.
10

Les recherches ethnographiques sur les terres de l’Ukraine occidentale se concrétisent à cette époque dans les travaux de démocrates populistes comme Markian Chachkevitch, Iakov Golovatski et Ivan Vaguilevitch [I. Vaguilevitch, Les Houtsouls : montagnards des Carpates ; Les Boïks, population russe de Galicie ; Y. Golovatski, Voyage dans la Russie de Galicie et d’Ougor, etc.]. Ces chercheurs amorcent un courant nouveau dans l’ethnographie ukrainienne : celui de « la carpatique ». Dès les années 1820, la population ukrainienne de Galicie orientale, de Bucovine et de Transcarpatie entre dans le champ d’investigation de la recherche scientifique, tant polonaise que russe et tchèque (travaux de I. Tchervinski, P. Chafarik, N. Nadejdine, K. Vouïtsitski, V. Pol, A. Beletski, etc.).
11

À partir des années 1840, Kiev et son université (fondée en 1834) deviennent le principal centre d’ethnographie ukrainienne. La plus grande part dans l’évolution des études sur l’Ukraine de cette période revient à M. Maksimovitch, auteur d’anthologies de chansons ukrainiennes, d’une étude originale à caractère encyclopédique intitulée : Les saisons et les jours d’un paysan ukrainien, et de beaucoup d’autres publications.
12

Une aide tout aussi importante au développement de l’ethnographie ukrainienne est apportée par les membres de la Confrérie de Cyrille et Méthode [N. Kostomarov, La mythologie slave ; P. Koulich, Notes sur la Russie du Sud].
Planche 1Planche 1
13

On trouve le meilleur reflet de la spécificité culturelle populaire ukrainienne dans l’héritage littéraire du célèbre poète Taras Chevtchenko [3]
[3] (1814-1861). Considéré comme le père de la littérature...
, ainsi que dans ses albums de dessins réunis sous le titre : L’Ukraine des peintres.
14

Le premier véritable centre de l’ethnologie ukrainienne est le département d’Ethnologie de la « Commission agréée pour la description du district de la province de Kiev » (1851) qui entreprend une série d’expéditions scientifiques, édite un Programme général de description ethnographique du district de la province de Kiev et publie une série de travaux de ses membres. Les huit albums exceptionnels de dessins ethnographiques de D. Delaflise présentent une grande valeur scientifique.
15

Les années 1860 constituent un tournant dans l’étude ethnographique du peuple ukrainien et sont marquées par une série d’expéditions ethnographiques et statistiques en Ukraine, sous la conduite du célèbre professeur ukrainien P. Tchioubinski. Deux ans d’études sur le terrain permettent de rassembler des matériaux uniques sur les us et coutumes, le calendrier paysan, la tradition orale populaire, le droit coutumier, les croyances et la culture matérielle des Ukrainiens et d’autres groupes ethniques (Résultats de l’expédition : Saint-Pétersbourg, t. 1-7, 1872-1878).
16

De nouveaux documents factuels sur l’ethnographie ukrainienne sont rassemblés et publiés par les collaborateurs du Département Sud-Ouest de la Société géographique russe (1873-1876), M. Dragomanov, F. Vovk, S. Podolinski, P. Tchioubinski. Notons, en particulier, les nouvelles anthologies de chansons populaires de M. Dragomanov et V. Antonovitch, également celle de I. Roudtchenko, ainsi que les études sur la broderie et l’ornementation ukrainiennes de O. Kossatch. Les recherches du Département concernant l’Histoire populaire démontrent que les Ukrainiens représentent un ethnos à part entière, doté d’une culture spécifique et d’une langue originale, ainsi que d’une histoire ethnique et d’un territoire historique propres.
17

La suppression du Département Sud-Ouest de la Société géographique russe et la discrimination menée à l’encontre de ses chercheurs par le régime des tsars de Russie contraignent ces savants à émigrer à l’étranger, où nombre d’entre eux (M. Dragomanov, S. Podolinski, F. Vovk) ont poursuivi leurs travaux en Histoire nationale populaire. M. Dragomanov publie un nouveau recueil de folklore et pose dans de nombreux travaux la « question ukrainienne » dans son sens le plus large (à savoir la langue, l’identité culturelle, l’identité nationale, etc.). S. Podolinski est le premier à publier une étude de la vie des ouvriers des fabriques. F. Vovk entreprend des recherches ethnographiques indépendantes très poussées sur les terres de l’Ukraine occidentale rattachées à l’Empire austro-hongrois.
Planche 2Planche 2
18

Les historiens ukrainiens de la culture populaire se réunissent autour des principales revues et éditions telles qu’« Osnova » (1861-1862) et « Kievskaïa starina » (1882-1907).
19

Dès la fin du xixe siècle, les recherches ethnologiques sur les Ukrainiens des territoires occidentaux inclus dans l’Empire d’Autriche-Hongrie s’intensifient considérablement, en raison d’un renouveau du mouvement nationaliste et de la création de la « Société scientifique Taras Chevtchenko » à Lvov, sous la direction du célèbre historien M. Grouchevski. Cette société crée une Commission ethnographique, aux travaux de laquelle I. Franko, écrivain et professeur, M. Pavlyk, V. Gnatiouk et d’autres encore prennent une part active, rassemblant des dizaines de volumes de matériaux ethnographiques, parmi lesquels figure Le pays houtsoul (en cinq volumes), œuvre de référence de V. Choukhtchevitch. F. Vovk déploie alors une activité des plus conséquentes dans le domaine ethnographique, en étroite collaboration avec les centres de recherche européens, notamment l’école française de sociologie. Il publie quatre cent cinquante-cinq travaux d’anthropologie sur les différents domaines de la culture matérielle et spirituelle des Ukrainiens, leur organisation familiale et sociale, leurs traditions et leurs coutumes. C’est à lui que nous devons la première étude générale à caractère encyclopédique sur les Particularités ethnographiques du peuple ukrainien [in L’histoire passée et l’histoire présente du peuple ukrainien, t. 2, 1916].
20

La Commission ethnographique de la « Société scientifique Taras Chevtchenko » entreprend un énorme travail de recensement qui aboutit à une étude de la population des Carpates et à la publication d’une série de travaux sur la tradition orale populaire, les us et coutumes, la vie familiale et autres sphères de la culture spirituelle et de la culture sociale des Ukrainiens.
Les années vingt
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L’ère nouvelle de la recherche ethnographique sur la culture et la vie quotidienne du peuple ukrainien, qui s’ouvre dans les années vingt, est intrinsèquement liée aux réformes politiques et à la renaissance de la culture ukrainienne à cette époque. Cette période très brève de l’histoire de l’ethnologie est particulièrement féconde. C’est alors qu’apparaissent, dans le cadre de l’Académie des sciences de la République d’Ukraine, des centres scientifiques d’Histoire populaire ukrainienne autour desquels se concentrent les principales forces intellectuelles. En particulier, les années vingt voient naître d’importantes institutions ethnographiques, telles que le Département d’Ethnologie (ou Département de culture primitive et d’Art populaire, 1928), la Commission ethnographique (1921) et le musée d’Anthropologie et d’Ethnologie F. Vovk (1921). On note un partage tacite des domaines de recherche entre le Département d’Ethnologie, la Commission ethnographique et le musée d’Anthropologie et d’Ethnologie F. Vovk.
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La Commission ethnographique, composée des scientifiques ukrainiens les plus éminents (A. Loboda, K. Kvitka, D. Chtcherbakivski, O. Kossatch, V. Kravtchenko, V. Petrov et d’autres), étudie en priorité la tradition orale populaire, les coutumes, les rituels, la science populaire et le calendrier paysan. Le musée d’Anthropologie et d’Ethnologie F. Vovk (représenté par A. Nossivy, A. Onichtchouk, I. Pavlovitch, N. Zaglada, L. Choulguina) s’occupe de l’aspect matériel de la vie quotidienne. Le Département d’Ethnologie (dont les membres permanents sont la directrice E. Grouchevskaïa, K. Koperjinski, F. Savtchenko) se consacre pour sa part à la culture sociale, aux formes de la vie sociale, aux survivances des rituels, de la conception du monde primitive et du folklore ukrainiens.
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Les années vingt marquent l’émergence de nouveaux courants dans l’ethnologie ukrainienne qui, nonobstant les diverses tendances destructives de la période soviétique, se maintiennent tout au long du xxe siècle. Tout d’abord, les chercheurs en Histoire populaire obtiennent des résultats probants dans l’élaboration de problèmes scientifiques théoriques, de bases méthodologiques pour le développement de la recherche ethnologique et dans la division de cette dernière en disciplines connexes. Les positions conceptuelles fondamentales de développement de l’ethnologie ukrainienne sont alors définies par M. Grouchevski [4]
[4] Mikhail Grouchevski, éminent historien, ethnologue...
, qui s’occupe personnellement des perspectives de l’Histoire populaire ukrainienne en créant des sections de recherche appropriées, placées sous la direction de cadres spécialement formés, ce qui permet la formation d’écoles scientifiques. L’article de M. Grouchevski intitulé : « La préservation et la recherche du matériel folklorique et de la vie quotidienne traditionnelle comme mission de l’État » joue un rôle méthodologique majeur. Il souligne la nécessité des recherches dans le domaine de l’ethno-psychologie et de la conception traditionnelle du monde. Il établit ainsi les bases sur lesquelles l’État prendra des mesures concernant l’héritage ethnologique et culturel.
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La question du matériau ethnologique et de sa répartition en plusieurs disciplines connexes est longuement débattue dans les périodiques publiés par les organisations d’Histoire populaire dans les années vingt. Il est soulevé la grande question méthodologique des sciences de l’Homme : la nécessité d’une définition commune des termes « anthropologie », « ethnographie », « ethnologie », « folklore », et proposé de considérer l’anthropologie comme la seule et unique science de l’Homme.
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Ces mêmes questions sont évoquées dans les articles de K. Koperjinski, E. Kagarov, K. Grouchevskaïa, V. Petrov, A. Loboda, ainsi que dans les travaux des savants polonais Jan Bystroni et Jan Tchekanovski, publiés dans Le bulletin ethnographique (organe de presse de la Commission ethnographique), Civilisation (éditions de la Société ethnographique) et dans d’autres journaux et revues.
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Des chercheurs ukrainiens tels que M. Grouchevski et ses successeurs connaissent bien les écoles scientifiques européennes et les nouveaux courants de l’ethnologie, et entretiennent des liens étroits avec leurs collègues de l’Ouest. Dans les ouvrages ukrainiens d’Histoire populaire datant de cette époque, on trouve des comptes rendus et des analyses sur les nouvelles recherches effectuées dans le domaine de l’ethnologie mondiale, ainsi que des matériaux informatifs et méthodologiques (article de M. Grouchevski sur le renouveau de l’école sociologique française, enquête d’Ekaterina Grouchevskaïa sur deux grands centres de la science ethnologique : l’Institut français d’Ethnologie et le Laboratoire ethnologique de Saint-Gabriel en Australie).
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M. Grouchevski et son école scientifique reprennent, dans l’ethnologie ukrainienne des années vingt, les idées de la sociologie française. C’est en s’appuyant sur les principes énoncés par cette école que sont notamment rédigés les ouvrages De la culture primitive (Kiev, 1924) et De l’État primitif (Kiev, 1927) de E. Grouchevskaïa ; Les rituels de la moisson des peuples slaves de la période la plus ancienne de l’évolution et Les saisons de productivité chez les Slaves de K. Koperjinski ; Les communautés des garçons et des filles en Ukraine de F. Savtchenko.
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Les prémices du développement de l’ethnologie ukrainienne des années vingt ont consisté en une réflexion approfondie sur les acquis scientifiques des chercheurs des générations précédentes dans le domaine de l’ethnographie et du folklore et leur assimilation critique, ainsi que la parution d’une série d’études historiographiques (celle de M. Grouchevski ; Cinquante ans de chansons historiques du peuple de Petite Russie d’Antonovitch et Dragomanov ; et Les chansons de Petite Russie. Cent ans de travail scientifique ukrainien, de M. Maksimovitch) qui proposent une synthèse de l’expérience de plusieurs générations de savants folkloristes et une analyse des courants méthodologiques du romantisme et du populisme dans l’ethnographie ukrainienne.
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L’une des études les plus riches sur l’évolution des Sciences de l’Ukraine sur les terres ukrainiennes entrant dans la composition de l’Empire russe, est la monographie de F. Savtchenko : L’Ukraine interdite. Cette étude contient un inventaire des sources et de l’historiographie en ce qui concerne les recherches en Histoire populaire menées par la Commission de recherche du Cercle scientifique de Kiev, ainsi qu’un compte rendu de l’expédition de statistique ethnographique de P. Tchoubinski et une présentation du Département Sud-Ouest de la Société russe de géographie.
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Une autre référence fondamentale dans l’approche scientifique de la médecine populaire en Podolie (région historique et ethnographique d’Ukraine) est le travail de S. Verkhoratski (Le folklore médicinal ukrainien ; La médecine populaire dans la campagne moderne, etc.) ainsi que les recherches sur les mathématiques populaires (L. Dorochenko : Les mathématiques populaires ; N. Maletchi : De l’arithmétique populaire).
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L’évolution de l’Histoire populaire en Ukraine est étudiée dans les articles de A. Loboda, V. Bely, N. Zaglada, où, d’après les principes de l’ethnographie empiriste, est livrée l’expérience de l’évolution des études d’Histoire populaire en Ukraine pendant la première décennie de la période soviétique. La parution d’une série de recherches historiographiques dans le domaine de l’ethnographie ukrainienne à la fin des années vingt vient marquer la célébration du cent cinquantième anniversaire de l’ouvrage de G. Kalinovski, dont la publication (1777) fut l’événement fondateur de l’ethnographie ukrainienne. À cette époque, on tente avec succès de créer une étude de synthèse sur l’évolution de l’ethnographie, ainsi qu’un catalogue des travaux en ethnographie ukrainienne publiés à l’étranger.
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La poésie orale et la science populaire bénéficient à cette époque d’études très productives. Citons, parmi d’autres, le travail de recherche fondamental effectué dans ces années par G. Grouchevski sur la prise en compte par la recherche et la systématisation scientifique des doumy historiques (genre unique de la chanson populaire), édités par ses soins en deux volumes.
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À cette époque, les institutions de l’Académie des sciences enrichissent considérablement la recherche sur le droit coutumier ukrainien, la systématisation et le remaniement des observations en marge et des matériaux puisés dans les archives des tribunaux de volost (district). La Commission scientifique de l’Académie des sciences chargée de l’étude du droit coutumier en Ukraine publie trois numéros du Bulletin de la Commission sur l’étude du droit coutumier en Ukraine.
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La tendance générale parmi les chercheurs ukrainiens en Histoire populaire des années vingt, consiste à étudier d’un point de vue ethnographique les forces productrices et certaines branches de l’industrie, recherches effectuées dans le contexte des résolutions gouvernementales relatives au développement de l’Histoire populaire. À cet égard, l’activité déployée par la Commission ethnographique porte ses fruits, celle-ci faisant office de centre coordinateur d’Histoire populaire. Elle organise un vaste réseau d’information qui réunit quatre mille correspondants. Pour la seule année 1926, elle diffuse six mille exemplaires de programmes divers, ce qui lui permet de constituer des archives exceptionnelles de sources ethnographiques comportant quelque cinquante mille éléments.
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L’activité la plus féconde dans le domaine des études sur l’artisanat et les métiers régionaux est celle de V. Kravtchenko, célèbre ethnologue ukrainien, spécialiste de la Volhynie, région historique d’Ukraine, de la fin du xixe et du début du xxe siècle. C’est également lui qui occupe la première place dans l’organisation d’expéditions de recherche sur la culture des minorités ethniques d’Ukraine. Sur la base d’études monographiques effectuées dans certaines régions de la Volhynie, il constitue une encyclopédie en plusieurs volumes de la fabrication du verre à Marianovsk, de la porcelaine de Marflevsk, de la colonie allemande du district d’Aneta Iarounski, etc.
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Afin de favoriser les recherches sur la culture des minorités ethniques d’Ukraine, des centres spéciaux sont créés. En particulier, la Commission ethnographique de l’Académie des sciences ouvre un Bureau d’études des Minorités ethniques qui réunit les départements bulgare, juif, polonais, allemand, tchèque et tsigane. Le Bureau est dirigé par le célèbre slaviste d’origine tchèque, Evgueni Rychlik, auquel nous sommes redevables d’une série de publications sur l’ethnographie des colons tchèques et polonais, ainsi que sur les Tsiganes d’Ukraine.
Planche 3Planche 3
Planche 4Planche 4
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Les études bulgares sont placées sous la direction de Sergueï Tsvetko qui enrichit l’ethnologie et les études du folklore ukrainiens de solides ouvrages sur les chants populaires bulgares, le rituel bulgare du mariage, la médecine populaire bulgare, les survivances des croyances traditionnelles, etc.
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Les années vingt et trente sont marquées par d’abondantes recherches sur la minorité juive d’Ukraine, principalement par la création, au sein de l’Académie des sciences de la République d’Ukraine, d’une Commission historico-archéologique juive et d’une Faculté de Culture hébraïque transformée, en 1929, en Institut de la Culture juive prolétarienne.
La période stalinienne
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Entreprise par les institutions académiques à la fin des années vingt, l’étude de la culture populaire ukrainienne est malheureusement interrompue pour de longues années dès le début de la décennie suivante. Les purges staliniennes touchent tous les grands ethnographes ukrainiens, collaborateurs de l’Académie des sciences (le seul à être épargné parmi les scientifiques membres de la Commission ethnographique, est V. Petrov). Tragique est le destin des chercheurs ukrainiens en Histoire populaire tels que N. Zaglada, V. Bely, A. Krymski, L. Choulguina, A. Onichtchouk, K. Tcherviak, C. Terechtchenko, S. Taranouchenko, V. Kravtchenko, et bien d’autres. En 1933, en raison de la réorganisation de l’Académie des sciences, ses sections ethnographiques sont pratiquement supprimées, de même que les départements ethnographiques des musées d’Ukraine.
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Dès les années vingt, on observe en Ukraine occidentale un renouveau des études d’Histoire populaire, renouveau dû à l’émergence d’un mouvement nationaliste de libération qui suscite, dans l’intelligentsia ukrainienne, un regain d’intérêt pour l’histoire et la culture de son peuple. Partout, en Ukraine occidentale, se forment des Sociétés scientifiques et des musées, qui sont autant de centres de recherche.
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Les principaux Centres d’organisation de la recherche sur la Culture et la Vie traditionnelle des Ukrainiens de l’Ouest sont la « Société scientifique Taras Chevtchenko », qui joue le rôle d’Académie nationale des sciences, et les universités de Lvov et de Tchernovits. Les résultats des grandes expéditions scientifiques menées par ces sociétés et institutions sur les Boïks, les Lemks et les Houtsouls (V. Kobilnik, F. Potouchniak, Z. Kouzeli, M. Skorik, A. Razdolski, A. Onichtchouk, M. Obidny, G. Kouptchanko, V. Verkhovints, etc.) enrichissent considérablement la recherche ethnographique d’informations précises sur la culture et la vie quotidienne des groupes ethniques des Carpates. Les recherches de ces savants d’Ukraine occidentale ont une grande influence sur l’évolution des connaissances sur l’origine slavo-ukrainienne des Boïks, des Lemks et des Houtsouls. Les travaux de F. Kolessa, V. Gnatiouk, M. Vozniak, I. Sventsitski, K. Sossenko, I. Pasternak, V. Chycherbakovski, B. Lepki et bien d’autres, confirment l’idée d’une unité ethno-génétique des Ukrainiens des différentes régions d’Ukraine.
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Dans les années vingt et trente, le problème de la définition des spécificités culturelles des groupes ethnographiques ukrainiens, interpelle des chercheurs polonais et russes (Y. Falkovski, A. Ficher, R. Reinfous, S. Vintsens, P. Bogatyrev, D. Zelenine, etc.).
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La Seconde Guerre mondiale a des conséquences tragiques sur le destin du peuple ukrainien qui comptabilise plusieurs millions de victimes, ainsi que sur le patrimoine culturel du pays (notamment les musées) et sur la pensée scientifique (presque tous les grands centres d’Histoire populaire sont liquidés).
Renaissance de l’ethnologie
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Dans la période de l’après-guerre (fin des années quarante-début des années cinquante), l’Histoire populaire renaît peu à peu en Ukraine, les centres académiques d’Ethnographie réapparaissent. Un département d’Ethnographie s’ouvre à l’Institut d’Histoire de l’Art, du Folklore et de l’Ethnographie de l’Académie des sciences. Les ethnographes ukrainiens travaillent alors sur la classe ouvrière, la vie familiale et sociale des paysans ukrainiens, la culture matérielle populaire (travaux de M. Prikhodko, A. Poritski, V. Zinitch, A. Kounitski, I. Gochko, I. Simonenko et d’autres), ainsi que sur les arts populaires (L. Soukhaïa, E. Mateïko, P. Jeltovski, A. Boudzan, V. Rojankovski, I. Lachtchouk, etc.).
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Les années soixante voient un élargissement de la thématique des recherches. Des travaux paraissent sur l’origine et les particularités anthropologiques du peuple ukrainien (K. Gouslisty, Les questions de l’histoire d’Ukraine et de l’évolution ethnique du peuple ukrainien et La question de la formation de la nation ukrainienne), ainsi qu’une étude complexe sur la culture et la vie quotidienne des Ukrainiens (« Les Ukrainiens », Les peuples des régions européennes de l’urss, vol. 1, Moscou, 1964). On note un grand progrès dans les recherches concernant les particularités anthropologiques des Ukrainiens.
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On constate également un renouveau progressif du courant d’Histoire populaire ukrainienne dans le système de l’Académie des sciences de la République d’Ukraine. Il est à noter toutefois que la lutte contre le prétendu « nationalisme bourgeois ukrainien », entreprise dans les années trente, a des conséquences désastreuses sur les travaux des ethnographes ukrainiens. Les poursuites systématiques organisées contre les chercheurs ukrainiens en Histoire populaire, toujours sous ce même slogan, se poursuivent dans les années 1940-1980, ce qui entraîne inévitablement une réduction et une certaine déformation de la thématique dans l’étude de la culture nationale ukrainienne, ainsi qu’une approche partiale de la recherche et des travaux des scientifiques ukrainiens dans ce domaine. L’analyse scientifique objective est fréquemment remplacée par des clichés idéologiques et des dogmes sociologiques qui oblitèrent pratiquement tout le matériel factuel.
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Néanmoins, même dans ces conditions sociopolitiques aussi peu propices à la recherche, les ethnographes ukrainiens réussissent à produire une série de monographies thématiques et de synthèses sur la culture matérielle et spirituelle des Ukrainiens, enrichissant le domaine de matériaux empiriques extrêmement étendus. On publie notamment des travaux sur les techniques populaires agraires des Ukrainiens (V. Gorlenko, I. Boïko, A. Kounitski, S. Pavliouk, M. Mandyboura). On voit paraître des recherches consacrées à l’artisanat et aux métiers populaires (G. Goryne, L’industrie du cuir en Ukraine occidentale ; M. Tyvodov, L’élevage traditionnel dans les Carpates ukrainiennes de la deuxième moitié du xixe et de la première moitié du xxe siècle ; A. Pochyvaïlo, Ethnographie de la poterie traditionnelle de l’Ukraine de la Rive gauche ; I. Gochko, Les industries et les commerces des Carpates ukrainiennes, etc.). Des informations diverses sur l’habitat, le costume et la cuisine populaires sont synthétisées (V. Samoïlovitch, L’habitat traditionnel ukrainien ; T. Kosminaïa, L’habitat paysan en Podolie ; P. Daniliouk, La maison ukrainienne ; K. Mateïko, Le costume traditionnel ; T. Nikolaeva, Le vêtement traditionnel ukrainien du Bas-Dniepr central ; L. Artioukh, La cuisine populaire ukrainienne ; T. Gontar, La cuisine traditionnelle des Ukrainiens des Carpates ; G. Stelmachiouk, Le système ukrainien).
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Parmi les études consacrées à la culture spirituelle ukrainienne, il nous paraît important de mentionner les travaux sur la famille et les rituels de : Natalia Gavriliouk, Cartographie des phénomènes de la culture spirituelle ; N. Zdorovega, Description des rites ukrainiens du mariage ; V. Borissenko, Traditions et rites de mariage en Ukraine ; A. Kourotchkine, Le Nouvel An ukrainien ; A. Ponomarev, L’évolution de la famille et des liens conjugaux et familiaux en Ukraine ; les monographies sur les sciences populaires traditionnelles de : Z. Boltarovitch, La médecine populaire ukrainienne ; E. Siavavko, Le développement historique de l’ethno-pédagogie ukrainienne ; V. Balouchk, Les vestiges du Moyen Âge dans les rites traditionnels des artisans ukrainiens. Des renseignements très riches sur les différents types d’art populaire d’Ukraine nous sont livrés dans les travaux de : P. Jeltovski, R. Zakharchtchouk-Tchougaï, S. Sidrovitch, T. Kara-Vassilieva, F. Petriakova, E. Nikorak, G. Stelmachouk, etc.
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Les travaux des scientifiques ukrainiens éclairent également des processus ethniques contemporains et mettent en évidence des liens culturels : V. Naoulko, L’évolution des relations interethniques en Ukraine et Le genre ethnique de la population de la République soviétique socialiste d’Ukraine. La recherche sur la culture de la population des Carpates et de Bucovine continue de se développer à cette époque dans les travaux de I. Gochko : La population des Carpates ukrainiennes aux xve-xviiie siècles ; la monographie collective : L’architecture populaire des Carpates ukrainiennes des xve-xxe siècles ; et dans l’ouvrage de G. Kojolianko : La culture matérielle de la population de Bucovine.
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Dans les dernières décennies du xxe siècle, on voit apparaître de nouvelles études historiographiques : les travaux de V. Gorlenko, La formation de l’ethnographie ukrainienne fin xviiie-première moitié du xixe siècle ; R. Kirtchiv, La recherche ethnographique sur le pays des Boïks ; Z. Boltarovitch, Les Ukrainiens dans les études des ethnographes polonais ; Les musées ethnographiques ukrainiens des années 1920-1990 ; V. Bilous, La recherche ethnographique sur les terres d’Ukraine occidentale dans le troisième quart du xixe siècle, etc.
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Les monographies collectives, consacrées aux différentes régions historico-ethnographiques d’Ukraine, représentent un apport considérable dans l’élaboration et la préparation de travaux de synthèse sur le peuple ukrainien [Le pays des Boïks : recherche historico-ethnographique ; Ethnographie de Kiev et de sa région ; Le pays des Houtsouls : recherche historico-ethnographique ; La Podolie ; La vie sociale et familiale et la culture spirituelle de la population du Polessié ; La culture matérielle du Polessié, etc.]. Se poursuit également un travail de plusieurs années, avec la préparation de l’édition fondamentale d’un atlas historico-ethnographique d’Ukraine en trois volumes (sur l’habitat populaire, le costume, les techniques agraires).
52

Dans les années 60-80, on voit apparaître en Ukraine de nouveaux centres ethnographiques grâce à l’organisation de musées d’Architecture et d’Ethnographie en plein air, nationaux, régionaux et locaux, à Kiev, Lvov, Oujgorod, Pereïaslav-Khmelnitski, Tchernovitsy, qui entreprennent un énorme travail d’enquêtes et de reportage concernant la fixation et la systématisation scientifique d’informations hétérogènes sur la culture traditionnelle des Ukrainiens.
53

Les questions de culture et de vie quotidienne du peuple ukrainien sont savamment traitées dans de très nombreuses publications et monographies de scientifiques russes et biélorusses. Parmi celles-ci, citons des ouvrages fondamentaux tels que : Ethnographie des Slaves du Sud ; Le costume traditionnel des peuples d’Europe orientale ; L’habitat traditionnel des peuples d’Europe ; Revue de l’Ethnographie slave orientale ; Revue des Carpates ; La culture matérielle des minorités ethniques d’Ukraine ; L’habitat populaire ; Les peuples de la partie européenne de l’urss.
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Soulignons l’intérêt affirmé pour les différents aspects de la culture matérielle et spirituelle des Ukrainiens, ainsi que du groupe ethnique ukrainien vivant au-delà des frontières de l’Ukraine, présenté par les recherches thématiques de L. Tchijikova, La frontière russo-ukrainienne et Les stanitsas du Kouban ; V. Sokolova, Les fêtes du printemps et de l’été des Russes, des Ukrainiens et des Biélorusses fin xixe-début xxe s. ; V. Kabouzan, La population du nord de la mer Noire, xviiie-première moitié du xixe siècle ; V. Babenko, Les Ukrainiens de la République socialiste soviétique de Bachkirie ; A. Chift, L’organisation agraire et la culture traditionnelle des migrants ukrainiens en Sibérie occidentale ; le travail collectif : Les processus culturels au sud de l’Ukraine, etc. Les travaux de savants ukrainiens de la diaspora – tels que V. Koubiyovitch, N. Tchoubatov, V. Iavine, A. Koultsitski – contribuent à combler nombre de lacunes de l’ethnographie ukrainienne. Celle-là, ainsi que l’évolution ethnoculturelle des Ukrainiens vivant en communauté au-delà des frontières de l’Ukraine, sont également traitées dans les travaux de L. Laboch, M. Sopolyg, M. Mouchynk, V. Markus, O. Voropaï, I. Oguienko, A. Nagatchevski, R. Bilach, B. Kravtchenko, O. Pritsak, etc.
La période contemporaine
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Depuis les années quatre-vingt-dix, les nouvelles données sociopolitiques en Ukraine, la proclamation de l’indépendance et la formation d’un État ukrainien souverain induisent des changements de fond dans la thématique de la recherche en Histoire populaire ukrainienne : la palette des problèmes étudiés s’en trouve considérablement élargie, la nécessité d’effectuer des travaux fondamentaux de synthèse retrouve une actualité. Afin de combler les « taches blanches » sur la carte de l’ethnologie ukrainienne, les ethnologues sont en passe de réaliser le projet d’une édition en trois volumes de l’Histoire ethnique et ethnoculturelle de l’Ukraine, ainsi qu’une Encyclopédie ethnographique de l’Ukraine (en deux volumes).
56

On constate par ailleurs aujourd’hui un intérêt grandissant pour les recherches en ethnologie urbaine, sur la culture de masse et sur la sub-culture de la jeune génération ; des travaux sur les problèmes de la formation de la personnalité dans le processus d’inculturation, avec prise en compte des facteurs écologiques et ethniques, voient le jour. La forte demande du public a stimulé la recherche dans le domaine des processus ethno-nationaux, du féminisme, et a actualisé les recherches sociologiques. Dans le contexte de l’histoire de l’Ukraine du xxe siècle, on voit s’accroître l’intérêt des chercheurs pour la « petite histoire », la micro-histoire, qui permet un éclairage objectif des périodes critiques et des grandes tragédies du peuple ukrainien (famines et répressions, campagnes d’athéisme, destruction des lieux de culte, déportation). Non moins actuelles pour l’ethnographie ukrainienne contemporaine (depuis la catastrophe de Tchernobyl) sont les recherches sur ce qu’on appelle communément les « cultures du risque ».
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Les chercheurs ukrainiens travaillent également à la réalisation d’un projet intitulé Écologie de la culture nationale, qui vise la réalisation d’un guide d’enquête sur la culture à partir des expéditions ethnographiques, une recherche encyclopédique sur l’Ukraine, ainsi que la mise en place d’une base de données informatiques sur l’ethnographie des Ukrainiens et des groupes ethniques. ?
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Traduction de Julie Bouvard
59

poryvaiev@yahoo.fr
60

revue et corrigée par Anne Coldefy-Faucart,
61

avec les remerciements les plus vifs de la traductrice.
62

Vyacheslav Mikhailyuk est également remercié
63

pour son aide concernant la traduction des titres des ouvrages ukrainiens cités dans cet article.
Références bibliographiques

Pour une approche globale de l’ethnologie en Ukraine, voir en particulier :
Gorlenko V. F., 1988, Stanovlenie ukrainskoj etnografii konca xviii-pervoj poloviny xix st. [L’apparition de l’ethnographie ukrainienne fin xviiie-1re moitié du xixe s.], Kiev.
Gorlenko V. F., Skrypnyk Ha. A., 1994, « Ukraincy v otecestvennyh i zarubeznyh issledovaniah », Maket toma serii Narody i kul’tura, kniga I, Moskva [« Les Ukrainiens dans la recherche ukrainienne et étrangère », Maquette de la série Peuples et culture], livre I, Moscou.
Skrypnyk Ha. A., 2003, Istoriograficni ogljady ta pytannja teorii ukrains’koi etnografii [Les revues historiographiques et les questions théoriques de l’ethnographie ukrainienne], Kiev.
– 2002, « Narodoznavcij dorobok akademicnyh naukovyh ustanov 20-h rokiv xx stolittja », Materialy do ukrains’koi ethnologii, 2 tiraz (iz 5) [« Les conclusions des départements d’Histoire de la Culture populaire des institutions académiques », Matériel d’ethnologie ukrainienne, 2e tirage (sur 5)], Kiev.
– 2001, « Metodologicni zasady ta problemy rozvitku sucasnoi ukrains’koi etnologii », Etnologija. Fol’klorystyka. iv Miznarodnyj Kongres ukrainistiv [« Questions méthodologiques et problèmes de l’évolution de l’ethnologie ukrainienne contemporaine », Ethnologie. Études du Folklore. IVe congrès international des Études sur l’Ukraine], Odessa-Kiev.

Notes
[*]

Rous’ : à cette époque, la notion de « Russie » n’existait pas ; c’est le terme de Rous’ qui la désignait [cf. p. 207].
[1]

Communauté cosaque du Zaporojié. On appelle ces Cosaques les « Zaporogues ».
[2]

Ancien terme russe signifiant « pensées », « rêveries ».
[3]

(1814-1861). Considéré comme le père de la littérature nationale ukrainienne.
[4]

Mikhail Grouchevski, éminent historien, ethnologue et homme politique, premier Président de la République populaire d’Ukraine proclamée en 1917.
Résumé

Français

L’auteur étudie la formation et l’évolution de l’ethnographie ukrainienne en tant que science à part entière. Procédant, non seulement à l’inventaire des témoignages ethnologiques écrits – depuis les anciennes chroniques sur l’Ukraine de l’époque féodale, jusqu’aux recherches historiographiques, typologiques et ethnologiques actuelles –, mais encore à un vaste travail de bibliographie commentée, l’auteur montre que l’ethnographie ukrainienne ne s’est pas affirmée sans heurts. Elle a, en effet, dû s’imposer successivement à travers des époques d’obscurantisme (xve-xviie s.) ; d’essor culturel intense (fin xviiie-début xxe s.) ; de répression nationale et de dictature idéologique ; pour parvenir, enfin, dans les années soixante, à sa réaffirmation et sa redéfinition – tout comme pour l’ethnologie et les sciences humaines en général. Par ailleurs, il apparaît clairement qu’en Ukraine, cette évolution a coïncidé avec celle de l’université, de la conscience et de la culture nationales.

Mots-clés

Ukraine ethnographie sciences humaines

Deutsch

Die Autorin studiert die Schöpfung und Entwicklung der ukrainischen Ethnographie als vollständige Wissenschaft. Sie macht nicht nur eine Bestandaufnahme der geschriebenen ukrainischen Zeugnissen – von den alten Kroniken über die Ukraine in der Feudalen Zeit bis zu den gegenwärtigen historiographischen, typologischen und ethnologischen Forschungen –, sondern auch eine umfangreiche kommentierte bibliographische Arbeit und zeigt dabei, dass sich die ukrainische Ethnographie nicht reibungslos durchsetzte : sie sollte Zeiten von Obskurantismus (15.-17. Jahrhundert), von intensivem kulturellem Aufschwung (Ende des 18.- Anfang des 20. Jahrhunderts), von nationaler Repression und ideologischer Diktatur erleiden, bevor sie in den 60er Jahren endlich gelang, wie die Ethnologie und die Humanwissenschaften im allgemeinen, sich wiederzubehaupten und neuzubestimmen.

Stichwörter

Ukraine Ethnographie Humanwissenschaften

English abstract on Cairn International Edition
Plan de l'article

Regards étrangers sur l’Ukraine
Premières recherches ukrainiennes
Les années vingt
La période stalinienne
Renaissance de l’ethnologie
La période contemporaine

Pour citer cet article

Skrypnyk Hanna, « La recherche ethnologique dans le contexte historique de l'Ukraine », Ethnologie française 2/2004 (Vol. 34) , p. 207-216
URL : www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2004-2-page-207.htm.
DOI : 10.3917/ethn.042.0207.
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Code pénal

Partie législative
Livre Ier : Dispositions générales
Titre II : De la responsabilité pénale
Chapitre II : Des causes d'irresponsabilité ou d'atténuation de la responsabilité



Article 122-5

N'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte.

N'est pas pénalement responsable la personne qui, pour interrompre l'exécution d'un crime ou d'un délit contre un bien, accomplit un acte de défense, autre qu'un homicide volontaire, lorsque cet acte est strictement nécessaire au but poursuivi dès lors que les moyens employés sont proportionnés à la gravité de l'infraction.


Liens relatifs à cet article
Cité par:
Décret n°2000-276 du 24 mars 2000 - art. 6 (VT)
Décret n°2000-376 du 28 avril 2000 - art. 6 (VT)
Décret n°2000-1135 du 24 novembre 2000 - art. 5 (V)
Arrêté du 26 mai 2010 - art. 1 (V)
Décret n°2012-870 du 10 juillet 2012 - art. code de déontologie des personne (VT)
Décret n°2013-1113 du 4 décembre 2013 - art. R211-18, v. init.
Décret n°2013-1113 du 4 décembre 2013 - art. R511-23, v. init.
DÉCRET n°2014-1253 du 27 octobre 2014 - art. R613-45, v. init.
DÉCRET n°2014-1253 du 27 octobre 2014 - art. R631-10, v. init.
Avis - art., v. init.
Code de la sécurité intérieure - art. R211-18 (VD)
Code de la sécurité intérieure - art. R511-23 (VD)
Code de la sécurité intérieure - art. R613-45 (VD)
Code de la sécurité intérieure - art. R631-10 (VD)
Code pénal - art. R431-3 (VT)

Codifié par:
Loi n°92-683 du 22 juillet 1992 (V)

et

La Sécurité routière en France correspond à un enjeu majeur de santé publique et de protection des personnes. Les principales campagnes de prévention routière, l'évolution de la réglementation et des moyens de contrôle instaurés par le gouvernement visent à inciter les conducteurs à respecter le Code de la route, en particulier contrôler leur vitesse, partager la route entre les différentes catégories d'usagers (automobilistes, piétons, deux roues, les plus faibles étant souvent victimes d'accidents graves), etc.

La France a été longtemps un des pays les plus dangereux en Europe occidentale. Mais à partir de 1972, le mode de gestion de cette sécurité routière a profondément évolué dans ce pays et les actions menées notamment par les pouvoirs publics ont commencé à trouver une efficacité, avec une réduction du nombre de tués sur les routes. Les hommes politiques se sont également davantage investis sur ce thème, plus fortement médiatisé, même si les opinions et les débats ne suivent pas forcément les clivages habituels entre les différents partis. Un continuum éducatif a été mis en place de l'école primaire au collège, en coordination avec l'Éducation nationale, et, avec le permis à points, des stages de sensibilisation ont été introduits pour les conducteurs contrevenants. De nombreux organismes travaillent sur ce thème de la sécurité routière même si un regroupement s'opère depuis quelques années. Enfin, depuis 1982, l'action locale sur la sécurité routière est devenue un thème d'action et de communication privilégié pour les préfets. Les gouvernements successifs ont montré également « un grand appétit réglementaire », avec des adaptations successives, dans un souci de mesurer l'impact réel et par prudence sur des mesures qui peuvent être impopulaires.

Sommaire

1 Les tués
2 Évolution de la politique de sécurité routière
2.1 Augmentation continue des tués sur la route jusqu'en 1972
2.2 Émergence d'une politique de sécurité routière plus cohérente et inversion des courbes
2.3 Consolidation de la politique nationale de sécurité routière
2.4 Accentuation du volet répressif à partir de 2002
3 Déclinaison de la politique nationale de sécurité routière dans les départements
3.1 Acteurs locaux et outils
3.2 Évolution locale des infrastructures
4 Actions de communication
5 Actions éducatives
5.1 Insertion du thème de la sécurité routière dans les programmes de l'Éducation nationale
5.2 Formation à la conduite
5.3 Stages de sensibilisation à la sécurité routière destinés aux conducteurs contrevenants
6 Aide à la conduite
7 Évolution du nombre de tués sur les routes françaises
8 Principales étapes de l'évolution de la réglementation nationale
9 Organismes intervenant sur la sécurité routière
9.1 Principaux organismes gouvernementaux
9.2 Organismes de recherche et de formation
9.3 Organismes non gouvernementaux
10 Notes
11 Références
12 Voir aussi
12.1 Bibliographie
12.2 Articles de journaux et de revue
12.3 Vidéos issues du site de l'Institut national de l'audiovisuel
12.4 Articles connexes
12.5 Liens externes

Les tués
Tués en 2015 par catégorie (bilan 2016)1
Pfeil SO.svg
Piéton Vélo Cyclo Moto VL VU PL+TC Autre Total
En solo 24 57 220 893 67 31 30 1322
Collision avec
Piéton 1 1 1 3 0 0 0 6
Vélo 1 1 0 1 0 0 0 0 3
Cyclo 5 0 2 1 0 0 0 0 8
Moto 21 2 2 7 6 0 0 0 38
VL 286 78 58 236 420 16 1 17 1112
VU 47 11 9 40 79 5 2 5 198
PL+TC 69 23 12 31 187 20 52 3 397
Autre 14 3 4 16 32 3 0 0 72
Multicollision 25 6 10 61 176 9 13 5 305
Total 468 149 155 614 1796 120 99 60 3461
Part de la mortalité 14% 4% 4% 18% 52% 3% 3% 2% 100%
Tués En collision avec

Évolution de la politique de sécurité routière
Augmentation continue des tués sur la route jusqu'en 1972

Les premières réglementations sur la circulation sur route sont antérieures à l'automobile.

Mais dans l'entre-deux-guerres, une politique de la sécurité routière commence à devenir nécessaire avec l'augmentation de la circulation de véhicules motorisés, et l'augmentation en conséquence des accidents. L'accent est mis sur la réglementation, et des dispositifs de base se mettent en place avec l'instauration d'un code de la route en France puis d'un permis de conduire2.
photo d'un accident
Accident.

Après la Seconde Guerre mondiale, le rôle de l'association de Prévention routière crée en 1949 devient prépondérant, face à un réseau routier dévasté et un parc automobile français peu fiable. Le Centre national, siège de l’Association, est à Paris, mais l'association est présente dans tous les départements, y compris ceux d'outre-mer, grâce à 101 comités. Cette implantation ainsi que ses campagnes d'information et de sensibilisation lui permettent d'acquérir une forte image, de peser sur les pouvoirs publics et de faire passer un premier niveau d'information. À travers cette associationnote 1 et leur lobbying, les assureurs exercent eux aussi une pression sur les pouvoirs publics pour lutter contre l'insécurité routière, qui grève les comptes de leur branche automobile3. Ces différentes influences permettent d'obtenir quelques évolutions de la réglementation et une amélioration régulière des infrastructures. Ce sont les actions de résorption de points noirs, la mise en place de signalisation lumineuse, la rectification de tracés sinueux et la séparation des flux entre les différents usagers, avec des voies excluant certains usagers (périphériques, autoroutes, boulevard circulaire, , etc.). De premières mesures sont également prises pour limiter la vitesse dans des contextes précis, de façon limitée, et pour lutter contre les conséquences de l'alcoolémie4.

Mais de 1960 à 1971, la circulation continuant à augmenter, le nombre de tués sur les routes bondit de 8 000 à 15 000 morts par an4, faisant de la France un des pays les plus dangereux en Europe occidentale5. Le prolongement de la tendance aboutit à des projections de 20 000 tués et plus par an à brève échéance. Dans cette même période, le pouvoir politique ne fait pas d'une politique de la sécurité routière sa priorité.
Émergence d'une politique de sécurité routière plus cohérente et inversion des courbes
image présentant le principe d'une ceinture de sécurité avec trois points d'attaches
Image d'une ceinture de sécurité trois points.
image d'un panneau de limitation de vitesse
Panneau de limitation de vitesse de zone 30 km/h.
image d'un casque de moto après un accident
Casque après un accident.
photo d'un radar mobile à jumelle
Radar mobile à jumelle.
Photo d'un panneau annonçant un radar automatique
Panneau annonçant un radar automatique fixe.

L'année la plus meurtrière est 1972 avec 16 545 tués6,note 2. Jacques Chaban-Delmas, dont la deuxième épouse, Marie-Antoinette Ion, est décédée dans un accident de la route en 19707, crée le 5 juillet 1972, le jour même où il quitte ses fonctions de premier ministre, un comité interministériel à la sécurité routière8,9, et nomme Christian Gerondeau délégué à la sécurité routière10. La mission de ce « Monsieur Sécurité Routière » est d'animer ce comité interministériel, de définir une vision, une politique et des objectifs avec le gouvernement, et de piloter la communication. Christian Gerondeau militait depuis plusieurs années au sein des équipes gouvernementales pour une meilleure coordination des entités chargées de ce thème dans les différents ministères (l'intérieur, les transports, l'équipement et les travaux publics, l'enseignement, etc.)7.

À partir de ce moment, la politique française en la matière gagne en cohérence. Les drames de la route, et l’action gouvernementale en regard, commencent à trouver un écho dans les médias11. D'autant que Christian Gerondeau n'hésite pas à intervenir de façon pédagogique dans les journaux télévisésnote 3. La courbe des tués sur les routes s'infléchit dès le second semestre 1972 grâce, dans un premier temps, à ce seul écho médiatique7. Le comité interministériel à la sécurité routière fait réaliser, sur une idée de Michel Tauriac, reporter à l'ORTF, un spot télévisuel spectaculaire, Une ville rayée de la carte, sensibilisant les téléspectateurs en représentant les morts sur la route par tous les habitants de la ville de Mazamet12.

Des mesures prennent le relais de cette sensibilisation des conducteurs et pérennisent la baisse du nombre d'accidents malgré la progression de la circulation. Cette baisse se prolonge année après année13,14. Entre 1973 et 2002, le nombre d'accidents et de victimes est divisé par deux alors que la circulation routière est multipliée par 2,5. Les principales mesures qui suivent l'année noire de 1972 portent sur le port de la ceinture de sécurité à l'avant du véhicule et le port du casque pour les deux-roues. Dans le même temps, la limitation de la vitesse est instaurée en France sur routes nationales et autoroutes15.

En 1981, première alternance politique sous la Cinquième République, la gauche gagne les élections présidentielles. Pierre Mauroy devient le premier ministre de François Mitterrand. Il maintient dans un premier temps Christian Gerondeau dans ses fonctions, puis le 21 avril 1982 procède à une réorganisation partielle. Le Comité interministériel à la sécurité routière est désormais animé par un délégué interministériel à la sécurité routière (DISR), et Christian Gerondeau, très critiqué depuis plusieurs années par la Fédération française des motards en colère16, est remplacé par Pierre Mayet17.
Consolidation de la politique nationale de sécurité routière

Dans les années 1980, quelques faits marquent particulièrement l'opinion publique, en particulier le dramatique accident de Beaune, le 31 juillet 198218. À la suite de cet accident, le ministre des Transports Charles Fiterman fait adopter de nouvelles réglementations sur la vitesse maximale autorisée pour les cars, la vitesse par temps de pluie pour tous les véhicules, et la mise en place de limiteurs de vitesse, dans les véhicules lourds (camions et autocars)19.

La création par Geneviève Jurgensen de la Ligue contre la violence routière, en mai 1983, rencontre également un certain écho dans les médias et dans l'opinion publique, en permettant une expression des familles de victimes20. La responsabilité collective, la responsabilité de la société civile et la responsabilité de chacun sont mises en avant, avec une injonction forte : « La sécurité, c'est l'affaire de tous » venant équilibrer et compléter les grandes mesures réglementaires et de contrôles prises dans la décennie précédente. C'est dans ce cadre que se mettent en place les campagnes REAGIR (Réagir par des Enquêtes sur les Accidents Graves et sur les Initiatives pour y Remédier)21 à partir de 1983, et les plans départementaux d’action et de sécurité routière à partir de 198722.

Fin 1988, Michel Rocard, premier ministre socialiste, estime nécessaire, pour consolider la politique de la France sur la sécurité routière qu'une commission spécifique dresse le bilan de la situation et préconise des actions pour redonner une dynamique sur ce thème majeur de santé publique. Georges Sarre, son secrétaire d'État aux transports routiers et fluviaux, désigne un ingénieur général des ponts et chaussées honoraire, Pierre Giraudet, pour en prendre la tête, entouré de douze personnes de compétences diverses (un magistrat, un préfet, un psychanalyste, un psychologue, deux représentants de familles de victime, deux ex-DISR, Christian Gerondeau et Pierre Mayet, un ancien délégué général à la Prévention routière, François Gentile, un chef de service d'anatomie pathologique Claude Got, etc.). La commission Giraudet remet son livre blanc à Michel Rocard le 4 avril 1989. Parmi les propositions figurent par exemple l'attribution du permis de conduire aux jeunes avec une période probatoire de deux ans, la création d’une police de la route, l'institution d’un délit de mise en danger de la vie d’autrui, la confiscation des véhicules des conducteurs très dangereux, la généralisation de la priorité à l'entrant dans les carrefours giratoires, l'installation de ceintures à l'arrière et de protection adaptées aux enfants, la généralisation du 15 pour le SAMU, la limitation de la vitesse à 50 km/h dans les agglomérations et la limitation de la vitesse des véhicules dès leur fabrication. Au cœur des recommandations est mentionné la nécessité « d'une autre stratégie de répression basée sur la fréquence des contrôles et l'automatisation des sanctions »23. En réponse, Michel Rocard appelle les automobilistes à une « conduite apaisée » et affirme que ce rapport « ne restera pas sans suite »24,25. De fait, ce livre blanc constitue désormais un catalogues de mesures, référence des gouvernements successifs qui s'effraient quelquefois du risque d'impopularité mais y puisent, prudemment, des idées26.

Au début des années 1990, la ceinture est rendue obligatoire pour tous les passagers, étendant définitivement un dispositif de sécurité dont l'usage est plutôt bien rentré dans les mœurs en rase campagne, moins bien en circulation urbaine27. Des contrôles techniques réguliers des véhicules deviennent également obligatoires28. Et le permis évolue, avec l'introduction du permis à point, malgré l'opposition des routiers qui manifestent et organisent des opérations escargots. Par contre, la procédure administrative pour enlever les points est si longue à la création de ce dispositif qu'elle en perd son effet dissuasif29.

À la fin des années 1990, Jean-Claude Gayssot, communiste, ministre du transport au sein du gouvernement de Jospin, réagit sur des mauvais chiffres de 1998, marquant une légère remontée des accidents de la route13, en durcissant la réglementation et les dispositifs de contrôle : il muscle les peines sur les automobilistes coupables par deux fois de gros excès de vitesse (plus de 50 km/h au-dessus de la vitesse autorisée), élargie les situations pouvant donner lieu à un contrôle sur la consommation de stupéfiants, équipe les forces de l'ordre de radars à jumelle supplémentaires, multiplie les opérations coup de poing les veilles de week-end. Le débat sur la loi Gayssot donne lieu à de vigoureuses réactions de la droite, réagissant contre la pénalisation des excès de vitesse et pointant des atteintes aux libertés individuelles. Cette rhétorique opposant les limitations de vitesse à la liberté individuelle est un débat qui existe depuis le début, mais qui commence à s’essouffler dans l'opinion, devant les arguments scientifiques sur la conséquence des chocs à grande vitesse et sur résultats des analyses accidentologiques. Dans les faits, au moment des débats des députés et sénateurs, ces questions partagent tous les camps politiques30. La loi Gayssot est votée avec quelques aménagements, malgré les manifestations hostiles organisées par la Fédération française des motards en colère31. Par contre, un autre volet de la loi prévoyant un audit des infrastructures routières est abandonné, à la suite de l'opposition de l'Association des maires de France31. Et en 2000, les courbes reprennent une tendance claire à la baisse13. D'autres mesures sont prises telles que le retrait immédiat des permis, en l'attente d'une décision de justice ultérieure, toujours dans le cadre d'excès de vitesse importants. L'accent est mis sur les infractions manifestes. Les polices municipales sont également autorisées à intervenir en milieu urbain. Ces mesures, comme l'essentiel des actions menées dans les années 1990, qualifiées quelquefois de pédagogiques, restent dans les faits basées sur la peur du gendarme32. Mais il est démontré dans les mêmes années, que le système de contrôle et de sanction alors en place reste perfectible et que nombre de contrevenants échappent à toute sanction33.
Accentuation du volet répressif à partir de 2002
Schéma sur l'automatisation du processus de contrôle et tolérance zéro générant une crainte accrue des contrôles
Automatisation du processus de contrôle, un élément décisif dans la tolérance zéro et dans la crainte des contrôles.
Radar automatique fixe
Radar automatique fixe.

Le 14 juillet 2002, après sa réélection comme président de la République, Jacques Chirac cite la sécurité routière comme l’un des trois chantiers prioritaires de son nouveau quinquennat34, alors que ce thème n'avait été porté par aucun des principaux candidats durant la campagne électorale. Avec deux autres chantiers sur des thèmes consensuels, la lutte contre le cancer et l’insertion des handicapés, il se saisit ainsi de ce troisième thème qui a l'avantage de n'être, a priori, ni de droite ni de gauche35. En septembre 2002, le premier ministre français Jean-Pierre Raffarin affirme qu’on ne peut plus parler de l’insécurité routière avec « des mots qui mentent » mais avec les « vrais mots, les mots de violence, de délinquance, les mots, quelquefois, d’assassinat »36. Les termes retenus ne sont pas sans évoquer dans l'opinion les termes utilisés par Geneviève Jurgensen dans ses interventions et dans le nom choisi pour son association de victimes de la route.

Nicolas Sarkozy, en tant que ministre de l'intérieur, et Gilles de Robien, en tant que ministre de l'équipement et des transports, remettent en chantier les lignes directrices en matière de sécurité routière. En février 2003, un juge, Rémi Heitz, est nommé délégué interministériel à la sécurité routière37. Le 5 juin 2003, une nouvelle politique est présentée. Elle s'articule sur la multiplication des radars automatiques sur les routes, l’aggravation des peines, la tolérance zéro et la mise en place d'un permis probatoire pour les plus jeunes. L'introduction du permis à point en 1992 n'avait pas eu d'effet spectaculaire. Dans le nouveau dispositif, tout un pan de la nouvelle politique consiste à appliquer de façon plus sévère les possibilités introduites par ce permis à point.

À partir de 2004, l'automatisation du traitement des infractions vient compléter cet ensemble en rendant impossible les interventions diverses existant précédemment pour qu'une verbalisation ne se concrétise pas. Il devient difficile pour le contrevenant d'éviter une sanction lorsque l'infraction est constatée. Ce point est déterminant dans l'efficacité du dispositif réglementaire, comme le fait remarquer l'Organisation de coopération et de développement économiques dans ses analyses comparatives des politiques de sécurité routière de ses membres38. C'était déjà ce qu'écrivait cinq ans auparavant Claude Got, un des spécialistes de l'accidentologie automobile : « Un système purement administratif et automatisé, sans tolérance ni indulgence, avec des sanctions initialement faibles mais progressives selon le niveau de récidive, serait plus efficace que le système actuel » plaidait-il dans la page « Rebond » du journal Libération39. Ce dispositif de sanction automatisée s'articule autour du Centre automatisé de constatation des infractions routières, installé à Rennes.

Certains déplorent le caractère essentiellement répressif des méthodes utilisées pour améliorer la sécurité routière40,41,42. La compréhension des règles de conduite au-delà de la formation à la réglementation et l'apprentissage de nouveaux comportements ne leur semblent pas suffisamment intégrés dans cette politique. D'autres dénoncent « des sanctions très sévères pour des infractions minimes, une explosion des recettes pour l'État, un impact sur la sécurité routière systématiquement surestimé »43. Quant aux conducteurs, ils sont majoritairement favorables à la répression sur la vitesse ou sur l'alcool, tout en restant individuellement peu respectueux des règles, espérant passer à travers les mailles du filet et réclamant de la souplesse. Mais ils sentent progressivement ce filet se resserrer sur eux, et la crainte de la sanction les incite à se conformer à la norme44. Concrètement, cette politique participe à une nouvelle réduction du nombre de tués sur la route. On passe en effet de 7 600 tués en 2002, chiffre qui semblait devenir un palier minimum, à 5 300 dès 200545. Et la baisse continue avec le nombre accru de radars fixes et de radars mobiles, sur la vitesse et sur les feux rouges, augmentant d'année en année le risque pour le conducteur ne respectant pas la réglementation. Un palier semble pourtant se dessiner46, entre 4 000 et 3 500 tués par an environ, l'évolution restant faible entre 201047 et 201148,49, plus marquée en 2012 avec 3645 tués. C'est le plus bas niveau historique depuis 1948.

Si certaines infractions dangereuses baissent effectivement, le nombre de verbalisations pour des petits excès de vitesse explose. Bien des usagers découvrent la hantise de perdre leur permis, bien qu'ils n'aient jamais été aussi respectueux de la réglementation. Ils ont désormais l’œil rivé sur le compteur de vitesse, s'obligent effectivement à mettre leur ceinture même pour un trajet très court, mais n’acquièrent pas pour autant certains comportements de prudence, par exemple dans la cohabitation voiture/deux-roues. Comment cette hantise de la perte du permis sera-t-elle acceptée dans la durée ? En 2010 et 2011, de nombreux conducteurs ont réagi auprès des élus de tout bord50, et ont provoqué quelques aménagements dans cette gestion des points 51.

Enfin, doit-on se satisfaire de 3 500 tués par an ? La politique retenue permet-elle d'aller plus loin ? Ces questions restent ouvertes pour les observateurs52. Dans ses premières déclarations, très prudentes, le nouveau DISR (délégué interministériel à la sécurité routière), Frédéric Péchenard, nommé en juin 2012, indique que sa politique sera ni plus ni moins répressive. Il affirme également vouloir mettre l'accent sur la prévention auprès des 15-25 ans53. Et de nouvelles adaptations de la réglementation s'esquissent, testées dans les médias et restant à confirmer54,55.
Déclinaison de la politique nationale de sécurité routière dans les départements
Acteurs locaux et outils

Si, au niveau national, le gouvernement, notamment par le Comité interministériel à la sécurité routière (CISR), fixe les orientations, décide des mesures à mettre en œuvre et développe des campagnes de communication régulières, la politique de sécurité routière se décline également au niveau local, comme indiqué précédemment, et ce notamment depuis les années 1980. Pour les préfets, qui dans les mêmes années ont perdu une partie de leurs prérogatives au profit des élus des conseils généraux et régionaux avec les lois sur la décentralisation, la sécurité routière est devenue un thème privilégié d'action et de communication56. Depuis le CISR du 13 juillet 1982, le préfet a sous son autorité la politique locale de sécurité routière57 : communication à la presse des statistiques et résultats locaux58,59, sensibilisation60, organisation des contrôles61, mais aussi travail à moyen terme avec les élus et les citoyens sur l'infrastructure, la disparition des points noirs, l'adaptation de la signalisation, l'apaisement de la circulation, autant de leviers complémentaires de la politique nationale.

Pour ce faire, le préfet peut s'appuyer sur un coordinateur sécurité routière. Classiquement, le coordinateur est soit un agent de la préfecture soit un agent de la Direction départementale de l'équipement et de l'agriculture (DDEA). Un document général d'orientations, le DGO, détermine par une étude des accidents sur la période récente les problématiques rencontrées dans le département en fonction de l'accidentologie constatée - les enjeux – et fixe les orientations de la politique locale pour les 5 années à venir, par exemple, les jeunes 15-24 ans, les deux roues motorisés, les piétons seniors… cibles vers lesquelles il faudra agir sur le terrain. Sur cette base de travail, un Plan départemental d'actions de sécurité routière (PDASR) recense les actions de prévention proposées par les acteurs locaux et retenues par le préfet62. L'inscription des actions à ce plan départemental permet de les valoriser et de leur associer des financements de la préfecture et du conseil général63.

De nombreux acteurs locaux participent sur le terrain à des actions de prévention et de sensibilisation à la sécurité routière : services de l'État, communes, collectivités locales, associations, assureurs, entreprises… Des particuliers peuvent également participer activement à la sensibilisation. Il existe un statut d'intervenant départemental de sécurité routière (IDSR) qui permet à des gens d'horizons variés (retraités ou actifs) de faire de la prévention concrète. Désignés par arrêté préfectoral à cette fonction de sécurité routière et placés sous la subordination de la préfecture, ils sont considérés comme des agents occasionnels de l'État lorsqu'ils interviennent.

Dans certains départements (exemples du Var64 et des Alpes-Maritimes65), des Maisons de la sécurité routière (MSR) ont été ouvertes. Elles ont quatre missions principales :

assurer l’accueil des victimes et de leur famille avec une mission de première écoute, d’information et de documentation.
Informer sur la sécurité routière tout type de public : citoyens, professionnels, élus… L’information porte sur tous les champs de la sécurité routière.
Mettre à disposition des ressources humaines et matérielles sur des actions de sensibilisation, conseiller pour le montage d’opérations ou orienter vers les personnes ou les services partenaires,
Être un lieu d’échanges et de rencontres privilégié entre bénévoles, associations, professionnels et institutionnels qui travaillent dans la prévention.

D'autres départements retiennent une formule « dématérialisée » de ces Maisons de la sécurité routière en les ouvrant sous la forme d'un site internet66.

L'efficacité de ces différents dispositifs est inégale d'un département à l'autre, et fonction des moyens financiers et humains réellement consacrés à ce thème22. Mais ces dispositifs ont le mérite de répartir sur tout le territoire national la réflexion nécessaire entre les services de l'État, les élus et les particuliers sur les actions locales : aménagements des infrastructures, défauts de signalisation, etc.67.
Évolution locale des infrastructures

Les collectivités locales gèrent 97 % du réseau routier68. Et c'est la partie de loin la plus accidentogène. Les routes départementales et communales représentent 65 % du trafic, mais 84 % des décès69. Chaque accident sur le réseau routier fait l'objet d'une enquête : enquêtes REAGIR70 (Réagir pour les Enquêtes sur les Accidents Graves et les Initiatives pour y Remédier) en 1982, remplacées en juillet 1984 par les enquêtes comprendre pour agir (ECPA). Ces enquêtes ne servent pas à déterminer les responsabilités, mais à comprendre les raisons de l’accident, puis à lister les facteurs possibles, pour orienter les actions locales, et alimenter les DGO et PDASR : modification des accès, modifications des carrefours, mise en place de giratoire, séparation du trafic lent et rapide, changement du revêtement, etc.

Les accidents en agglomération, villes ou villages, pèsent pour 28 % des tués, et ce de façon quasi-invariante depuis une dizaine d'années. Mais ces mêmes accidents sont à l'origine de 52 % des hospitalisations pour blessures71. Dans les villes nouvelles des années 1960 ou 1970, une séparation a souvent été organisée entre les piétons, les transports en communs et les voitures : voie réservée, urbanisme sur dalle, etc. Mais l'opportunité de reconcevoir l'espace urbain est rare. Depuis quelques années, un des thèmes de travail sur la sécurité routière en agglomération est le partage de l'espace entre les différents usagers, la recherche d'un équilibre dans l'environnement de la route et de la rue, et l'apaisement de la circulation. Ceci passe par le recours à différentes techniques telles que la mise en place de ralentisseur, la réduction de la largeur des voies, l'introduction de chicane, la mise en place (là encore) de giratoire, la gestion d'intersection par la seule règle de priorité (ce qui incite à la prudence), les zones 30, les woonerf, etc. Tout en continuant à dévier la circulation de transit par des rocades ou ceintures périphériques.
Actions de communication

La première grande communication télévisuelle du Comité interministériel à la sécurité routière est réalisée dès 1973. La ville de Mazamet est choisie pour une campagne spectaculaire sur les enjeux de la sécurité routière. La ville de Mazamet possède alors le même nombre d'habitants que celui des tués sur la route en France l'année précédente. Cette ville est filmée du sol et des airs avec de nombreux habitants allongés à même l'asphalte des rues et des trottoirs (comme s'ils étaient morts) et le pseudo-documentaire qui en est tiré est diffusé sur la première chaîne peu après, sous le titre Une ville rayée de la carte72,5.

Ce film marque les esprits, et si son effet reste très momentané sur les comportements des conducteurs, il fait comprendre la gravité du sujet. Après ce premier film, un spot créé la même année expose un blessé sur un lit d'hôpital. Les années suivantes, les campagnes sont moins dures. Elles sont conjuguées à la mise en place de nouvelles réglementations ou à des bilans sur des actions déjà menées : les communications accompagnent les actions en cours pour en accentuer les effets. Elles procèdent par slogans. Certains de ces slogans sont restés célèbres, tels « La vitesse, c'est dépassé », en 1975, « Boire ou conduire, il faut choisir » en 1977, « 20 000 vies sauvées en 5 ans, continuons. Un petit clic vaut mieux qu'un grand choc » en 1978. Ou encore « Auto macho, auto bobo », campagne de l'association Prévention Routière sur la courtoisie au volant, en 1986. Les vidéos donnent ou illustrent des recommandations mais évitent de montrer des accidents12. Au rythme de plusieurs campagnes par an, les mêmes thèmes reviennent régulièrement : vitesse, alcool, port de la ceinture, port du casque, etc.

Une enquête est menée en 1988 sur ces quinze années de campagnes. Cette enquête montre que dans l'esprit des personnes interrogées, ces campagnes successives renvoient plus à l'inéluctable qu'à la prévention, et que le problème est chez les autres73. Un spécialiste des politiques publiques de sécurité, Jean-Marie Renouard, écrit également que le succès d'un slogan tel que « Boire ou conduire, il faut choisir » ne doit pas faire illusion sur son efficacité réelle pour changer les comportements. Même une personne qui a déjà subi un contrôle d'alcoolémie positif aura souvent tendance à considérer qu'elle, elle maîtrise sa résistance à l'alcool, qu'elle est un bon conducteur et que ces campagnes s'adressent aux autres74. Les années suivantes, les campagnes sont retravaillées sous un angle différent pour impliquer davantage les usagers de la route. Les phrases-clés deviennent ainsi « Faisons la route ensemble », en 1989, « Ensemble, on est sur la bonne route » en 1991, « Savoir conduire, c'est savoir-vivre » en 1992, ou encore « Combien de temps allons-nous supporter ça ? Si chacun fait un peu, c’est la vie qui gagne » en 1999.

Dans cette même année 1999, accompagné de ce slogan, un nouveau « virage » est pris dans le ton des films vidéos avec une série réalisée par Raymond Depardon « la route fleurie » filmant accidents et victimes75,76. L'année suivante, Raymond Depardon réalise également une série de vidéos sur des personnes impliquées dans des accidents77. De même, un film de la Prévention routière, « carrefour », s'adressant aux jeunes, montre frontalement les conséquences d'une conduite sous l’emprise d’alcool78. « De fait, en 1999 et 2000 », explique Michèle Merli (DISR), à un journal qui l'interroge sur les campagnes de la sécurité routière, « la mortalité sur les routes a baissé de 5 % deux années de suite. Les images ne sont évidemment pas le seul élément explicatif, mais elles ont certainement compté ». Les campagnes des années 2001 et 2002, confiées à d'autres réalisateurs, sont encore plus explicites et plus dures12.

Le Comité interministériel à la sécurité routière (CISR) alterne ensuite et joue de tous les registres, y compris l'humour. La même pratique est constatée dans d'autres pays européens et aux États-Unis. « Le taux de mémorisation de l'humour est bien supérieur à celui de la violence » assure la Ligue contre la violence routière79. Le CISR utilise également, bien entendu, d'autres médias que la télévision, en particulier la radio et l'affichage classique, même si sa présence sur les chaînes de télévision ne s'est jamais démentie12.
Actions éducatives
Insertion du thème de la sécurité routière dans les programmes de l'Éducation nationale
Article détaillé : Éducation routière en France.

Des actions de formation ou de sensibilisation à la sécurité routière existent au sein de l'Éducation nationale française depuis plusieurs décennies. Dès 1952, l'association Prévention routière édite un guide à l'attention des instituteurs80. D'autres actions s'appuient sur le concours de forces de l’ordre et par exemple des CRS, qui mettent en place ponctuellement des pistes d'éducation routière dans les écoles. Dans les années 1980, des expériences sont menées en maternelle, par exemple à l'école maternelle Condé de Lyon81.

En 1993, à la suite d'un décret cosigné par le premier ministre, le ministre du Transport et le ministre de l'Éducation nationale, le ministère de l'Éducation nationale sous l'égide du ministère des Transports initialise un continuum éducatif s'appuyant en particulier sur la délivrance de l'ASSR 1er et 2e (attestation scolaire de sécurité routière)82. Cet examen se déroule en classes de cinquième et de troisième. Il a pour objectif d'évaluer les connaissances des élèves sur la sécurité routière. Le premier niveau permet à un jeune âgé d'au moins 14 ans de passer le brevet de sécurité routière en auto-école (ou auprès de professionnels agréés). Et depuis le Comité interministériel sur la sécurité routière d'octobre 2000, le deuxième niveau (en troisième ou avant 16 ans) est devenu obligatoire pour passer le permis de conduire82.

Le lycéen a la possibilité de repasser l'ASSR2 en lycée. Mais il n'y a pas pour l'instant une continuité des actions d'éducation au lycée, au-delà de cette possibilité de se soumettre à nouveau à cet examen. Les lycéens sont pourtant susceptibles de rouler sur des scooters et de préparer le permis de conduire83.

Les jeunes adultes non scolarisés peuvent passer gratuitement l'ASR (attestation de sécurité routière) dans un Centre de formation d'apprentis (CFA) ou un GRETA. Il faut pour cela le consulter au préalable afin de savoir quels documents leur fournir pour la constitution du dossier84. Un portail national d'éducation à la sécurité routière85 permet de retrouver ces différentes possibilités. L'ASSR1 ou l'ASSR2 ou l'ASR constituent également la partie théorique du Brevet de sécurité routière (BSR), un brevet devenu obligatoire pour conduire un cyclomoteur86,87.
Formation à la conduite

L'apprentissage de la conduite sanctionnée par un examen permettant d'obtenir un certificat de capacité, puis un permis de conduire constitue, depuis les Trente Glorieuses et l'extension de l'usage de l'automobile, un moment souvent important de l'acquisition d'une certaine autonomie par les jeunes adultes.

Cet apprentissage a beaucoup évolué dans le temps avec l'évolution de l'examen de conduite. En France, un tournant significatif a été pris dans les années 1990 avec d'une part l'introduction dans la réglementation d'une nouvelle possibilité, l'apprentissage anticipé de la conduite, proposé dès 1989 par Pierre Giraudet23 et avec l'application progressive de la directive européenne du 29 juillet 1991 sur la durée et le contenu de l'examen de conduite automobile88. L'examen était déjà fragmentée en une épreuve théorique et une épreuve pratique. L'épreuve théorique était une vérification de l'acquisition d'une connaissance de la réglementation et de la signalisation routière, précédée d'une période de « bachotage »89. La nouvelle épreuve théorique met davantage l'accent sur le partage de la route avec les autres usagers, et sur l'anticipation des risques88. Elle s'appuie sur un système de projection audiovisuel se substituant aux diapositives introduites en 1972, qui étaient déjà un progrès pour placer les candidats dans un environnement le plus concret possible90. L'épreuve pratique passe de 22 minutes à 35 minutes, permettant à l'examinateur de mieux apprécier la maîtrise du candidat et incluant un contrôle de connaissance sur le véhicule88.

Le permis moto a lui aussi constamment évolué en trente ans. 117 000 permis ont été délivrés en 2011. Les nouvelles adaptations du permis qui s'appliqueront à partir du 19 janvier 2013 prennent en compte des évolutions techniques telles que les boîtes automatiques et le système ABS91.

L'inspecteur du permis de conduire est un fonctionnaire, recruté sur concours administratif, et formé par l'Institut national de sécurité routière et de recherches (INSERR). Les auto-écoles sont des sociétés privées, dont les enseignants ou moniteur d'auto-école détiennent un diplôme d'État spécifique, le BEPECASER et une autorisation administrative d'exercer ce métier.
Stages de sensibilisation à la sécurité routière destinés aux conducteurs contrevenants
Logo de l'INSERR, seul organisme national de formation spécifiquement dédié à la Sécurité Routière
Logo de l'INSERR, seul organisme national de formation spécifiquement responsable de la sécurité routière.

C'est une action de formation introduite dans le cadre du permis à point (mis en œuvre en 1992), s'adressant aux conducteurs de tout âge ayant commis des infractions et ayant besoin de reconstituer leur capital de points (s'il n'est pas complètement asséché, le permis devant être encore valide pour bénéficier de cette reconstitution). L'inscription à cette formation est à l'initiative du conducteur92. Le stage doit l'aider à éviter de réitérer les comportements dangereux ayant conduit aux infractions. Ces sessions de sensibilisation sont payantes, et délivrés par des organismes privés. Les organismes de formation doivent être préalablement agréés93 et les animateurs de ces stages doivent détenir une autorisation délivrée individuellement sous certaines conditions. Les animateurs suivent une formation initiale, puis une formation continue, assurée par l'Institut national de sécurité routière et de recherches (INSERR)94, créé en 199395.

Les sessions de ces stages de sensibilisation durent deux jours (quatorze heures), pour le « tronc commun » usuellement nécessaire, avec deux animateurs par session dont obligatoirement un psychologue et un spécialiste de la sécurité routière. Il n'y a pas d'examen à l'issue de la session : la bonne présence et le respect des horaires est la condition pour bénéficier à l'issue du stage de la reconstitution partielle de son capital de points dès le lendemain de la deuxième journée de stage. Il existe pour ces stages, pour la partie dite « tronc commun », deux programmes de formation. Le premier programme correspond à celui des stages dits de « première génération » mis en œuvre initialement. Il se positionne sur une conception de transmission de connaissances et de prise de conscience des facteurs de l'insécurité routière. Il alterne des échanges entre les participants, des exposés, des présentations de vidéos, et des travaux en groupe. Le stage commence par un tour de table sur la situation de chacun, les situations l'ayant conduit aux infractions et ses attentes par rapport à la formation. Puis le dispositif réglementaire du permis à points est rappelé, et des données statistiques de sécurité routière sont présentées permettant souvent de remettre en cause des opinions erronées sur l'insécurité au volant. Des situations particulièrement dangereuses sont examinées. Et les grands types d'infractions sont passés en revue, avec leurs impacts sociaux93.
logo de l'IFSSTARR, organisme de recherche sur la sécurité routière
Logo de l'IFSTTAR, organisme regroupant les recherches sur la sécurité routière.

Le programme dit de « deuxième génération » commence à peine à se déployer. Il est le résultat de l'expérience acquise depuis 1992, des études effectuées sur les attentes et besoins du terrain et des évaluations menées au niveau européen. Il tient compte de la mutation du paysage de la sécurité routière et des évolutions de la société. Il a été conçu sous l'autorité scientifique de l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR). Il vise à impulser un processus de changement d'attitudes et de comportements chez le conducteur. Ce programme privilégie l'auto-réflexion du conducteur en vue d'initier une stratégie personnelle de changement. Alors que dans le stage « première génération », le conducteur écoute des exposés et échange avec le groupe, dans le stage « deuxième génération », il est plus actif. Le but est qu'il prenne progressivement conscience de son rôle d'acteur du système de circulation routière. Ce programme exige également un plus fort investissement des animateurs dans l'animation et la coanimation. Le programme du stage « deuxième génération » est amené à se substituer progressivement au stage « première génération ». À partir du 1er janvier 2018, seuls les stages de « deuxième génération » pourront être dispensés93.

Au-delà de ce module « tronc commun », un ou plusieurs modules spécialisés relatifs soit à la vitesse et aux infractions associées, soit à l'alcool ou aux produits psychoactifs, soit à la conduite des poids lourds peuvent être proposés. Le choix de ces enseignements incombe aux animateurs, à l'issue du module « tronc commun », en fonction de leur connaissance des besoins des stagiaires. Le cas échéant, il peut être procédé à un entretien personnalisé ou à une séance de conduite, ou à un entretien avec séance de conduite. L'entretien est obligatoire pour les stagiaires ayant déjà participé à deux stages de sensibilisation à la sécurité routière. Il est d'une durée minimale de quarante-cinq minutes, en plus de la durée de quatorze heures du stage. Il est conduit par le psychologue du stage et porte sur le comportement du stagiaire en regard des infractions commises93.

En 2001, ces stages de sensibilisation ont été suivis par 22 531 personnes96. En 2007, ils ont été suivis par plus de deux cent mille conducteurs et le nombre de stagiaires ne cesse de croître. Ce public est à 80 % masculin92. Et ces actions éducatives cherchent à agir sur l'interprétation par chacun des règles de la circulation, et sur cette hiérarchie des infractions, que se construit chaque conducteur, phénomène relevé dès les années 198097, en les confrontant d'une part aux données accidentologiques, et d'autre part aux sanctions encourues. Ces stages continuent une des rares formations continues dans ce domaine de la sécurité routière, si l'on excepte les stages de conduite organisés par quelques entreprises et les cours post-permis délivrés à la demande par les auto-écoles98.

Complémentaires de ces formations voulues par les pouvoirs publics, différents programmes locaux ou nationaux sont proposés par des associations ou différents acteurs (par exemple la troupe de théâtretre Double Z). Parmi ceux-ci, le programme P.N.E.U/Programme national d'éducation urbaine de l'Association française de prévention des comportements sur la route, destiné aux enfants des écoles, pour l'apprentissage de la traversée des rues.
Aide à la conduite

Les systèmes d’aide à la conduite (ADAS) et anti-collision améliorent la sécurité des usagers de la route en les aidant à éviter un accident ou une situation de danger. Ces systèmes incitent aussi les conducteurs à respecter les codes de la route et à modifier leurs habitudes de conduite.

Il existe des systèmes d’aide à la conduite installables en seconde monde (version aftermarket) comme ceux développés par Mobileye. Ils fonctionnent grâce à une caméra fixée sur le pare-brise avant. Cet équipement installable sur tout véhicule, donne des alertes au conducteur en temps réel pour assurer sa sécurité et celle des autres usagers. Cette technologie a pour but de changer le comportement des automobilistes pour qu’ils respectent les codes de la route et diminuer les accidents. Ce système propose plusieurs alertes d’aide à la conduite :

Alerte de Collision Frontale (ACF)
Alerte de Collision Piéton et cycliste (ACP)
Alerte de Distance de Sécurité (ADS)
Alerte de Franchissement de Ligne (AFL), aussi appelé Alerte de franchissement involontaire de ligne (AFIL)

Ainsi que les fonctionnalités suivantes :

Contrôle des Phares Intelligents (CPI)
Indicateur de Limitation de Vitesse (ILV)

Évolution du nombre de tués sur les routes françaises

Le nombre de morts sur les routes est un des indicateurs les plus significatifs de l'insécurité routière, même si le nombre de victimes va bien au-delà du nombre de personnes décédées. Une étude de 2002 montre que l'on peut estimer, pour 100 personnes décédées à la suite d'un accident de la route, à environ 58 le nombre d'handicapés lourds, à environ 2 472 le nombre de victimes avec séquelles légères et à environ 5 414 le nombre de blessés qui ne conservent aucune séquelle99.

La courbe ci-dessous montre l'évolution du nombre de tués à la suite d'un accident de la route, lors de l'accident ou dans les 30 jours qui ont suivi, en France métropolitaine100,101,note 4 et ce, sur plus de soixante ans.

Nombre de tués par an (à 30 jours) sur les routes, de 1950 à ce jour, en France métropolitaine (source ONISR)

Le nombre de tués est à comparer à la circulation, à l'intensité du trafic, qui ne peut être qu'estimée102. Ce trafic, exprimé en nombre de milliards de kilomètres parcourus par an en France, a été en constante augmentation de 1950 à 2003, passant, de manière relativement linéaire, de 24 milliards à 557 milliards de kilomètres. Depuis 2004, il stagne autour de 560 milliards de kilomètres103.

Le renversement de tendance en 1972-1973 sur l'insécurité routière apparaît clairement sur la courbe ci-dessus104, avec, depuis cette date, une amélioration presque continue de la sécurité routière en France. L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière estime à 320 000 le nombre de vies épargnées en 40 ans, grâce aux progrès obtenus par rapport à la mortalité constatée en 1972. De 1972 à 2001, le nombre de tués sur les routes est divisé par 2,2 alors que le trafic est multiplié par 2,3. Un fait nouveau des années 2000 est la relative stabilisation du trafic automobile. Le phénomène est renforcé encore par l'étalement dans l'année des trajets de loisirs et le renforcement de l'information routière, actions qui écrêtent les pics de grande circulation, particulièrement meurtriers dans les années 1990105.

Les progrès de la sécurité routière en France, sur cette longue période de 1973 à 2012, sont imputables pour l'essentiel à cinq facteurs qui interagissent entre eux : l'amélioration des comportements des conducteurs (grâce au travail de sensibilisation, à l'évolution de la réglementation et à l'évolution du processus de contrôle et de sanction), l'amélioration des infrastructures routières, les progrès de sécurité passive et de sécurité active sur les nouveaux véhiculesnote 5, l'amélioration du parc automobile (notamment grâce aux contrôles techniques obligatoires), et les progrès des services de secours. Les analyses accidentologiques ne permettent pas de préciser la part imputable à chacun de ces facteurs105.

Enfin, pour comparer aux autres pays européens, les autoroutes françaises ont une mortalité (par milliards de kilomètres parcourus) équivalente à celle de l'Allemagne ou de l'Autriche106.

Cette évolution du nombre de tués permise en partie par une amélioration des secours et de la médecine ne doit pas masquer l'augmentation du nombre de blessés sur la même période. En 2013, on comptait ainsi plus de 3000 blessés pour seulement une centaine de morts107.
Principales étapes de l'évolution de la réglementation nationale

La réglementation sur la sécurité routière a existé avant même les véhicules motorisés et il est d'usage de citer le règlement du 20 septembre 1782, du lieutenant-général de police de Paris, « concernant les charretiers, voituriers et autres, qui conduisent des voitures et chevaux dans Paris »108. Mais ce n'était qu'un règlement local, de même que le 14 août 1893 l'instauration d'un certificat de capacité pour la conduite d'un véhicule (précisant le véhicule, pas question d'en conduire un autre) par le préfet de police de la Seine Louis Lépine, dont l'exemple sera suivi par d'autres préfets109. Une année importante est 1899. Mais c'est dans l'entre-deux-guerres, avec l'accroissement du nombre de véhicules motorisés et la démocratisation automobile, qu'apparaît « un grand appétit réglementaire »110, qui va se poursuivre et s'amplifier.

1899 : instauration d'un certificat de capacité pour la conduites des automobiles pour tout le territoire français et limitations de vitesse, 30 km/h en rase campagne et 20 km/h en agglomération109.
1917 : création des premières auto-écoles111.
1921 : instauration du code de la route109.
1922 : le certificat de capacité pour la conduite des véhicules prend le nom de permis de conduire109.
1954 : la limitation de vitesse en agglomération est de 60 km/h (décret du 10 juillet)112.
1954 : une loi autorise le prélèvement sanguin pour déterminer l'alcoolémie dans le sang du conducteur en cas d’accident grave (loi du 15 avril 1954)113,note 6.
1958 : obligation de souscrire à une assurance de responsabilité civile pour les véhicules terrestres à moteurs (loi du 27 février 1958)114.
1958 : sanction de la conduite en état d'ivresse (ordonnance du 15 décembre)115.
1961 : limitation à 90 km/h en fin de semaine pour les routes les plus chargées (2 100 km)24.
1965 : mise en place de la mesure d'alcoolémie par air expiré (alcootest)112.
1969 : la vitesse est limitée à 90 km/h pendant un an pour les nouveaux titulaires du permis de conduire24.
1970 : loi fixant le seuil du taux d'alcool dans le sang (alcoolémie) des conducteurs : 0,80 g/l de sang pour une contravention et 1,20 g/l pour un délit112.
1972 : création du Comité interministériel à la sécurité routière et du poste de délégué interministériel à la sécurité routière (décret du 5 juillet)116.
1973 : limitation de la vitesse à 110 km/h sur les routes à grande circulation (13 100 km) et à 100 km/h sur les autres routes (décret du 28 juin)15.
1973 : port de la ceinture à l'avant pour les véhicules récents hors agglomération, port du casque hors agglomération pour les vélomoteurs, et partout pour les motos (décret du 28 juin)117.
1973 : limitation à 120 km/h sur autoroute et à 90 km/h sur les routes (décret du 3 décembre)24.
1974 : nouvelles limitations de vitesse : 90 km/h sur route, 110 km/h sur voies express à 2×2 voies, 130 km/h sur autoroutes (décret du 6 novembre 1974)24.
1975 : port de la ceinture obligatoire pour les passagers avant, en agglomération la nuit de 22 heures à 6 heures et en permanence sur les voies rapides urbaines118.
1975 : interdiction de mettre les enfants de moins de 10 ans à l'avant obligation pour les piétons de marcher à gauche hors agglomération, obligation pour les motos d'allumer leurs phares le jour (décret du 26 août)24.
1975 : limitation des cyclomoteurs à 45 km/h par construction (arrêté du 8 décembre)24.
1976 : port du casque obligatoire hors agglomération pour les usagers de cyclomoteurs119.
1976 : création du système de bonus-malus sur les primes d'assurances (arrêté du 11 juin 1976) pour responsabiliser financièrement les conducteurs120,121.
1982 : décret sur la conduite sur route mouillée limitant la vitesse à 80 km/h sur route, 100 km/h sur voies express et 110 km/h sur autoroute19.
1983 : le seuil du délit d'alcoolémie passe de 1,20 g/l à 0,80 g/l122.
1988 : mise en place de l'AAC (apprentissage anticipé de la conduite) appelé aussi conduite accompagnée112.
1989 : limitation de la vitesse en agglomération à 50 km/h123.
1990 : ceinture obligatoire pour tous les passagers124.
1992 : contrôle technique obligatoire28.
1992 : entrée en vigueur du permis à points109.
1994 : deux seuils d'alcoolémie sont fixés. Le premier à 0,70 g/l pour une contravention. Et le second à 0,80 g/l, au-delà c'est un délit (décret du 11 juillet 1994)122.
1995 : le seuil d'alcoolémie donnant lieu à une contravention de conduite sous l'empire d'un état alcoolique passe de 0,70 g/l à 0,50 g/l, le deuxième seuil reste inchangé125.
1997 : le BSR (brevet de sécurité routière) est rendu obligatoire pour conduire un cyclomoteur entre 14 et 16 ans (17 novembre 1997)24,126.
1999 : loi sur les grands excès de vitesse (18 juin 1999)26,127.
2002 : l’obligation pour les conducteurs de cyclomoteurs d’être titulaires du BSR est étendue et l’ASSR de 2e niveau est désormais prise en compte pour l’obtention du permis de conduire24.
2003 : nouvelles mesures contre l’insécurité routière avec notamment la multiplication des contrôles et l'automaticité des sanctions, et le permis probatoire d’une durée de 3 ans pour les jeunes conducteurs128. Loi Marilou : la conduite sous emprise de stupéfiants constitue un délit passible de prison129.
2003 : le constat d'une alcoolémie de 0,50 g/l donne lieu non seulement à une contravention de conduite sous l'empire d'un état alcoolique mais aussi à un retrait de 6 points125.
2004 : entrée en vigueur du permis probatoire130.
2007 : feux obligatoires de jour pour les cyclomoteurs112.
2008 : le gilet de sécurité et le triangle de présignalisation sont obligatoires dans tous les véhicules131.
2011 : Assouplissement des règles du permis à points132.

Organismes intervenant sur la sécurité routière
Principaux organismes gouvernementaux

La complexité de ce thème de la sécurité routière et ses différentes dimensions se retrouvent dans le nombre d'organismes y contribuant.

Rattaché au premier ministre français, le Comité interministériel à la sécurité routière (CISR), dont le secrétariat est dirigé par le Délégué interministériel à la sécurité routière (DISR), élabore la politique du gouvernement en la matière et s'assure de son application133.

Ce comité coordonne l'action de différents ministères, et en premier lieu du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEEDDAT), chargé des Transports et comprenant notamment la Délégation (anciennement Direction) à la sécurité et à la circulation routière, le Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), et le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD)134. Ce ministère agit au niveau local par les Directions régionales de l'Équipement et les Directions départementales de l'Équipement (DDE), ainsi que par les Directions interdépartementales des Routes135. Les autres ministères intervenant sur ce thème sont principalement le ministère de l'Intérieur (ayant sous son autorité la police, la gendarmerie et les préfets)136, le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, le ministère de la Justice et le ministère de l'Éducation nationale137.

L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), placé sous l'autorité du DISR, assure la collecte, la mise en forme, l'interprétation et la diffusion des données statistiques nationales et internationales, le suivi des études, et l'évaluation des nouvelles mesures de sécurité prises ou envisagées133.

Le Conseil national de la sécurité routière, ou CNSR, créé en 2001 est composé d'élus, d'associations, d'entreprises et d'administrations. C'est pour le gouvernement une instance de débats et de conseil en matière de sécurité routière. Mis en sommeil en 2008, il a été réinstallé en 2012 pour renforcer la concertation avec les acteurs non gouvernementaux138.
Organismes de recherche et de formation

L'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR), est le résultat de la fusion, le 1er janvier 2011, de l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS) et du Laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC). Le LCPC était plus spécialisé dans la technique, l’étude des matériaux, l'étude des structures, quand l’INRETS était davantage positionné sur les problèmes économiques, environnementaux, sociaux et humains. Les deux organismes étaient sous la responsabilité du même président depuis 13 ans. Ce nouvel institut fédère les recherches scientifiques sur ce thème de la sécurité routière, en l'abordant dans ses dimensions les plus diverses139.

Le Service d'études sur les transports, les routes et leurs aménagements (SETRA) et huit Centre d'études techniques de l'Équipement en région, rattachés au MEEDDAT, constituent un réseau d'expertise technique venant épauler les Directions départementales de l'Équipement, dans leurs travaux sur les infrastructures routières et de transport. Le Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques (CERTU), au sein du même ministère, contribue à des enquêtes et à l’élaboration de la normalisation et de la réglementation technique. Il est envisagé de regrouper les huit CETE, et les trois services techniques centraux (le CERTU, le SETRA et un service se consacrant aux transports maritimes et fluviaux, le CETMEF) en un seul organisme, le CEREMA (Centre d‘expertise des risques, de l’environnement, des mobilités et de l’aménagement). Bernard Larrouturou a été désigné pour en être le préfigurateur140. Ce projet a été lancé en début d'année 2012, avant le changement de gouvernement, et semble confirmé par la nouvelle ministre, Delphine Batho141.

L’Institut national de la sécurité routière et de recherches (INSERR) est le seul organisme national spécifiquement responsable de la sécurité routière. Il assure en particulier la formation des inspecteurs du permis de conduire (et de leurs encadrants), des experts automobiles, des animateurs de stages de sensibilisation pour les conducteurs contrevenants, ainsi que de certains élèves officiers dans la gendarmerie et de médecins intervenants dans les commissions médicales sur le permis142.
Organismes non gouvernementaux

Une centaine d'associations œuvrent sur la sécurité routière, à différents titres (associations ou fédérations d'usagers de tel ou tel moyen de transport, associations de jeunesse, associations de lutte contre l'alcool ou contre les drogues, etc.). Mais une association a un rôle historique, la Prévention routière, souvent considérée comme un organisme parapublic alors qu'elle n'est pas liée aux pouvoirs publics, qu'elle n'a pas toujours soutenu certaines évolutions de la réglementation, et qu'elle a fait pression à plusieurs reprises sur ces pouvoirs publics, par exemple pour obtenir la fin des mesures d'amnistie des infractions au Code de la route dans le cadre de la rituelle amnistie collective présidentielle143.

Depuis les années 1980, quelques associations de victimes ont également pour objet la lutte contre l'insécurité routière, réussissant à obtenir, malgré de faibles moyens, une présence médiatique et à se faire entendre de l'opinion publique, donc des politiques. On peut citer notamment :

la Ligue contre la violence routière (LCVR) créée en 1983 par Geneviève Jurgensen,
l'Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens (UNAFTC) créée en 1986,
la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs (FENVAC) créée en 1994.
l'Association Française de Prévention des Comportements sur la route, créée en 2001, qui organise au plan national la Semaine Internationale de la Courtoisie sur la route et coordonne, au plan francophone, cet événement, relayé dans 22 pays (dont Algérie, Benelux, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Guinée Konacri, Mali, Niger, Québec, Sénégal, Togo). La mobilisation locale, à travers 2.000 communes, au gré des années, par l'intermédiaire des Polices municipales, des CCAS, des Conseils municipaux de Jeunes/CMJ trouve dans le relais de la PQR/Presse Quotidienne Régionale, et des sites Internet de plus en plus nombreux un écho favorable. Dans le monde de l'entreprise, c'est par un partenariat avec le magazine L'Automobile et l'Entreprise que "passe" le message destinée à "faire vivre l'Esprit de la Courtoisie sur la route tout au long de l'année", (engagement à la Charte européenne de Sécurité routière). L'association est présente sur Facebook et Tweeter depuis l'été 2015.
l'Association Marilou, pour les routes de la vie, créée en 2002,
l'Association victimes et citoyens contre l'insécurité routière créée en 2004. Cette dernière association a repris la suite de la Fondation Anne Cellier créée en 1987 et auto-dissoute en 2004, sa fondatrice, la mère d'Anne Cellier (une jeune femme de 22 ans victime d'un chauffard conduisant sous l'emprise de l'alcool144), considérant avoir atteint ses objectifs. Cette fondation Anne Cellier a été particulièrement active pour lutter contre « l'inertie politique » et « la tolérance excessive des juges vis-à-vis des chauffards » et aider d'autres victimes145. Plusieurs compagnies d'assurance ont également créé des fondations se consacrant à la sécurité routière.

Notes

↑ L'association de la Prévention routière a été créée par les sociétés d'assurance avec l'aide de l'Union routière de France.
↑ Il s'agit du nombre de tués en France métropolitaine à la suite d'un accident de la route, lors de l'incident ou dans les six jours qui ont suivi.
↑ Cf. quelques interventions de Christian Gerondeau dans les années 1970, sélectionnés parmi les vidéos de l'Institut national de l'audiovisuel sur la sécurité routière en France, en fin d'article.
↑ Jusqu'en 2004, l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière enregistrait le nombre de tués à six jours. Le nombre de tués à 30 jours (indicateur retenu en Europe) a été estimé en appliquant un coefficient multiplicateur de 1,069.
↑ L'amélioration des véhicules neufs et des dispositifs de sécurité passive et active n'est pas par contre spécifique à la France et aux constructeurs français.
↑ Comme le fait remarquer François Gentile dans son ouvrage de 1994 consacré à la sécurité routière, page 46, cette première loi autorisant la recherche de l'alcool dans le sang n'est toutefois pas réservée aux seuls accidents de la route mais s'applique aussi aux auteurs de crimes et délits autres.

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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Jeu 20 Oct à 9:02

Au lieu d'obtenir la sédation par des méthodes agressives ou susceptibles de réaliser des déficits dans le système nerveux, un nouveau courant s'est développé en psychiatrie visant à obtenir l'effet non seulement sédatif mais régulateur par des substances chimiques appropriées.

Ce courant pharmacologique a présenté de nombreux précurseurs. C'est surtout Moreau de Tours qui au milieu du Dix neuvième siècle, après ses études sur le HASCHICH, et ensuite sur une série de substances, notamment le protoxyde d'Azote, les sédatifs divers, l'opium, l'Alcool, ect..., a développé l'idée de modifications psychologiques déterminées par les substances chimiques. Moreau de la Tours a été ainsi après la conception chimiques des PSYCHOSES et ainsi a mentionné en premier avec Mlle Pascal, les dissociations psychiques sur le soi et le paraitre. Mais il a encore utilisé diverses substances chimiques non seulement pour déterminer des "troubles psychologiques expérimentaux" mais pour encore plus pour explorer la psychologie profonde. Ainsi Moreau de Tours a été le précurseur de la narcoanalyse et le promoteur des thérapeutiques chimiques. Ainsi et mais, cette conception chimique pharmacologique a été longue à ce développer. Dans la Ligne de Moreau, Les beaux travaux de Mlle Pascal et de ses élèves sur les substances psychotropes et l'exploration pharmacologique de la psychologie des éléments précoces puis de Claude, Borel et Robin avec l'éthérisation prolongé par Claude et Baruk sur le somnifères...

Et puis dans cette clarté une part d'ombre sur le soi, la conscience de souffrance, la naissance et le développement de la catatonie expérimentale et de la psychiatrie expérimentale chez les animaux par De Jong et H.Baruk, devait apporter dés 1930 une démonstration objectives des causes toxiques des maladies mentales, et des "applications thérapeutiques" antitoxiques (psychoses colibacillaires de H.Baruk, psychoses hyper-folliculiniques, ect,) et a donc ouvert dans ses travaux du 19iéme siècle qui ressemble sur bien des aspects sur des études antiques Égyptiennes et Romaines élaborés sur l'analyse mortuaire et Momification donc moins soumise à la torture de patients vivants tels que des animaux et être humains, élaborés sur l'hygiène de vie du Vivant et qui par la suite d'une mort à définir aurait pu éviter la souffrance engendrer par ce docteur H.Baruk, Ces études primaires permettent l'entrer dans le champs de la Psychopharmacologie.

Comme en tout temps et malgré le fait que nous soyons aux vingt et unième siècles, la découvertes de nouvelles substances "psychotropes" a renouvelé la thérapeutique psychiatrique en particulier dans le domaine des substances dites "neuroleptiques"; sans une réelle surveillance accru de la part de secouristes devant l'investissement des grands laboratoires voir de personnes physiques de l'aspect morale de l’État et de la société.

Se rappeler des sujets comme la découverte de l'évidence des troubles sympathiques en pathologie, rôle souligné par Laignel-Lavastine, par Tinel et Santenoise... Le phénomène de Reilly et les antihistaminiques des synthèses.... Les travaux de Bovet dans les laboratoires de Fourneau à Paris et poursuivi en Italie à l'institut supérieur de la santé à Rome.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie sur les études de
Henry Baruk publié par Presses Universitaires de France
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Lun 14 Nov à 8:38

"Appelez, Khrouchtchev... Mon général..." réponds le géneral à cinq étoiles... le vieux général décrépi ruse sur son état de santé et réponds à son subalterne : "je ne parle pas russe et j'en ai que deux." ricane t'il... A suivre, je reviens à l'actualité; il est culotté ce François, Frère d'arme... il retourne les faits en étant le Sauveur et la victime à plaindre... Il voudrai nous enfermer dans une Alésia et il y réussi le bougre... Martinez est une sorte de Vercingétorix... Paris rime avec Alésia, non avec Gergovie... Et lutte, Ouvrière, tête dedans ! Ah si tu était avec nous, je te verrai prendre les affiches tel un Du Guesclin et tu partirai en campagne dans les Terres Bretonnes et autres... Il lieu de soulever le peuple, tu l'organiserai dans les spirales d'un Tourbillon où tu le mettrai dans son œil tel une arche de Noé et tu établirai des tables de la loi... Mais comme il se trompe sur toi, tu sais que certains d'entre eux deviendrai des "Kappos"... Oui, ils ne sont pas prêt pour le Parfait d'ailleurs, qui est capable d'établir le Parfait... L'utopie est individuelle et l'amour oui, l'Amour n'est pas une franchise... Tu répares les meubles, as tu peur d'être sur la croix tel un Spartacus... Je te croyais plus apte mais attention, seul moi peut te parler sur le ton de la menace... Tu es Charpentier ou autres; tu n'as jamais eu le diplôme de ... J'ai besoin de ton charisme car je suis ton ombre auprès de la Curie... Les Diplômes... Le Fantasme... La Croyance... Celle qui définit l'ombre de l'image... Oui, il est rare de dévoiler sa double identité... Cela est mon mérite et le Tien... Une seule et même Personne ayant un esprit commun et ayant une seule et même adresse !

Ecrit de
TAY
La chouette effraie

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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Lun 14 Nov à 8:39

Frederick Grant Banting (14 novembre 1891 – 21 février 1941) est un médecin et scientifique canadien récompensé par le prix Nobel de physiologie ou médecine de 19231,Note 1, pour avoir découvert l'insuline.

Sommaire

1 Biographie
2 Distinctions
3 Récompenses et honneurs
3.1 Lieux nommés en son honneur
3.2 Bourse nommée en son honneur
4 Notes et références
4.1 Notes
4.2 Références
5 Voir aussi
5.1 Bibliographie
5.2 Liens externes

Biographie
Portrait de Frederick Banting par Tibor Polya

Frederick Grant Banting nait le 14 novembre 1891, à Alliston, au Canada. Il est le plus jeune des cinq enfants de William Thompson Banting et de Margaret Grant. Il fait sa scolarité à l'école publique de Alliston. Il poursuit ses études à Toronto, d'abord en théologie puis en médecine. En 1916, il obtient son M.B. et rejoint alors le Corps Médical de l'armée canadienne où il sert durant la Première Guerre Mondiale. Il est blessé en 1918 durant la bataille de Cambrai.

La guerre finie, après un court passage à Londres durant lequel il pratique la médecine, il retourne au Canada. Il étudie alors la médecine orthopédique et est chirurgien résident à l'hôpital des enfants malades de Toronto durant les années 1919-1920.

Frederick Banting est considéré comme le découvreur de l'insuline, conjointement avec l'étudiant Charles Herbert Best. Leurs travaux durant l'été 1921 ont permis la préparation rapide d'insulines purifiées utilisables dans le traitement du diabète, grâce au travail du chimiste James Collip (en), sous la direction de John James Richard Macleod, tous alors à l'Université de Toronto. Le premier patient à recevoir de l'insuline fut Leonard Thomson (en), un jeune garçon âgé de 14 ans, le 11 janvier 1922. Si cette première tentative fut principalement un échec, le travail ultra-rapide de Collip aboutit en quelques jours à la préparation d'un produit bien plus actif et bien plus pur, qui sauvera la vie de Leonard Thomson.

En 1923, il est co-lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine avec John James Richard Macleod « pour la découverte de l'insuline1 ». Banting partage son argent du prix avec Charles Best, alors que MacLeod a partagé sa part avec le chimiste James Collip.

Il fut ensuite l'auteur de travaux importants dans le domaine de la médecine aéronautique, suggérant en particulier que les malaises des pilotes d'avions lors des manœuvres de redressement sont la conséquence de la redistribution du sang en faveur des jambes, au détriment du cerveau.

Il est décédé en 1941 lorsque son avion, un bombardier Lockheed Hudson, s'est écrasé à Terre-Neuve, en route vers l'Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il était membre de la Société royale du Canada.
Distinctions

Chevalier commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique, Royaume-Uni (1934)2

Récompenses et honneurs

1923 : Prix Nobel, conjointement avec John MacLeod
1994 : Temple de la renommée médicale canadienne

Lieux nommés en son honneur

Belœil, Québec : Rue Banting
Montréal, Québec : Rue Frederick-Banting
Saint-Bruno-de-Montarville, Québec : Place Banting et Rue Banting
Le cratère Banting sur la Lune

Bourse nommée en son honneur

Bourses postdoctorales Banting3, programme qui a pour objet d’attirer et de retenir les meilleurs chercheurs postdoctoraux afin de contribuer à l’essor du Canada par une carrière axée sur la recherche.

Notes et références
Notes

↑ Frederick Banting a reçu ce prix Nobel de physiologie ou médecine conjointement avec John James Richard Macleod.

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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Lun 14 Nov à 9:05

Le misonéisme (du grec miso- : « qui hait » et néo : « nouveau ») est l'attitude qui consiste à rejeter toute innovation. On dit aussi néophobie.

Sommaire

1 Un double exemple de misonéisme illustré par C.G. Jung
1.1 La résistance à la théorie jungienne
1.2 La résistance au concept d'évolution
1.3 La conclusion de C.G. Jung
2 Articles connexes

Un double exemple de misonéisme illustré par C.G. Jung

Dans L'Homme et ses symboles (1964), Carl Gustav Jung nous explique la résistance à sa théorie et l'illustre d'un autre exemple, celui de la résistance au concept d'évolution.
La résistance à la théorie jungienne

Dans la perspective jungienne, questionner l'inexistence d'un concept (ou d'un autre) et refuser de discuter avec soi-même se nomment « être en résistances ». « Être en résistances », c'est en premier lieu être résistant à soi-même, à sa propre nature même.

Ces résistances, cette résistance, peu(ven)t être intellectualisée(s), sous la forme de critiques intellectuelles attaquant la théorie : par exemple, dire que la psychologie jungienne ne renvoie pas au réel, ou est une pseudo-science, ou qu'elle est machiste, ou féministe, de droite ou de gauche, etc.

En tout cas, dans la perspective jungienne, cette résistance renvoie à un conflit intérieur qui n'a pu être assumé et dépassé par de la construction mais qui donne plus qu'à voir dans cette perspective qu'un enchevêtrement de positions ou de postures intellectuelles renvoyant à un conflit : une zone où il y a de « l'autre encrypté en nous », qui ne nous est pas supportable.

Même si le réel peut donner lieu à de la pensée libre, à de la libre mise en sens du réel, ou même de la critique de cette pensée, il est, dans le cadre de la clinique, douté, en premier lieu. Car trop proche des allants de soi (entendus ici comme des allants de soi malheureux).

Finalement, quand l'autre, son propos, ses actes, nous sont insupportables, c'est que nous le sommes à nous-mêmes.
La résistance au concept d'évolution

Dans son ouvrage L'Homme et ses symboles, C.G. Jung nous explique un exemple de résistance classique face à la nouveauté (Laffont, 2002, p. 30 à 33) et en particulier à sa théorie et plus encore que l'Homme face à lui-même : le misonéisme.

Le même ouvrage (p. 33) nous donne à voir deux représentations de cette résistance. L'une sur les concepts de l'évolution, illustrée par une caricature de singe avec un panneau «I am a man and a brother », qui rappelle les résistances de l'opinion publique face aux théories darwiniennes, et une autre de 1861 issue de l'ouvrage Punch, de l'humoriste James Thurber (selon l'auteur, J. Thurber, repris par C.G. Jung pour le commentaire de cette image), dont la tante avait peur que l'électricité ne se répandît - en sortant du câblage comme de l'eau - dans toute la maison.
La conclusion de C.G. Jung

Cette même résistance existe face à la théorie de C.G. Jung car l'Homme se résiste à lui-même.

En effet, selon C.G Jung (même ouvrage p.31), « Il est facile de comprendre pourquoi les rêveurs tentent d'ignorer ou même de rejeter le message qui leur est ainsi communiqué. La conscience résiste naturellement à tout inconscient et inconnu. J'ai déjà signalé l'existence de ce que les anthropologues appellent « le misonéisme », c'est-à-dire une peur profonde, superstitieuse, de la nouveauté. Les primitifs ont la même réaction que l'animal sauvage devant des événements désagréables. Mais l'homme « civilisé » réagit devant les idées nouvelles. (...) La psychologie est une science des plus jeunes et, parce qu'elle s'efforce d'élucider ce qui se passe dans l'inconscient, elle se heurte à une forme extrême de misonéisme ».
Articles connexes

Conservatisme
Psychologie analytique
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MessageSujet: Re: Jung, La Vierge Noire et Y'becca   Lun 14 Nov à 9:24

Niveaux d'interprétation

« (..) la Langue des Oiseaux ne peut s’apprendre avec les Sens, la mémorisation. Elle ne se laisse pas dévoiler non plus avec la logique limitée du connu actuel. Le mot, la lettre, sont des « koans » déployant, et basés sur, une logique plus logique que la logique officielle ! » : Yves Monin dans son livre Hiéroglyphes Français et Langue des Oiseaux pointe là un autre niveau d'interprétation de la langue des oiseaux correspondant à la symbolique graphique et non plus phonétique. En somme la lettre, sa forme en elle-même et dans le mot, combinée avec le sens du mot, recevrait une signification souvent cosmogonique ou ésotérique.

Monin remarque à ce propos que le mot « O.I.s.E.A.U » a la particularité de faire appel à toutes les voyelles. Or, pour les kabalistes, les voyelles sont les lettres du fondement de la création (voir ci-après pour l'explication), comme si en soi il résumait l'essence du cosmos, de là une hypothèse de l'origine de l'expression « langue des oiseaux », non en référence aux volatiles mais au fait qu'elle prend part au plan gnostique.
Un jeu de lettres
Beham, (Hans) Sebald (1500-1550), Grammatica

La « langue des oiseaux » donne une signification particulière aux lettres ; elle s'apparente en cela à la Kabbale qui voit dans chaque lettre une représentation iconique et graphique d'un concept existentiel ou divin, de l'ordre du « cosmos » : le a est la loi, le e le monde. Dante Alighieri, dans son Enfer cite :

« Avant ma descente au deuil infernal / I s'appelait sur la terre le Bien (Suprême) »

Cette conception est à l'origine de certaine lecture occultiste de textes fondateurs comme l'œuvre de Rabelais Pantagruel, dite fondée sur la langue des oiseaux. Les personnages de Grand Gousier, Gargamel, Gargantuas, etc. tireraient leurs initiales de la lettre G représentant la recherche intérieure en langue des oiseaux. En effet, la lettre G est comme retournée sur elle-même. Le P de Pantagruel représenterait alors la quintessence, c'est-à-dire le cinquième élément, en plus des éléments terre eau feu et air, symbole alchimique de la Totalité.

Le S par exemple représente, lui, la recherche « dans tous les sens », sans axe (au contraire du P, qui possède un axe, symbole de l'axis mundi).

Le A symboliserait la création alors que le Z relie les plans céleste et terrestre.

Quant au V il représente une sorte d'entonnoir, la figure symbolique du verre, du vase (le Saint Graal est une des figures possibles) ou encore de l'athanor, ce contenant mystique des alchimistes. De là l'interprétation que les noms données aux eaux minérales commencent toutes par la lettre V telles : Vichy, Vittel, Volvic, Évian ; le dicton latin « In vino veritas » enfin renforce la symbolique comme le souligne Christian Dufour dans son livre Entendre les mots qui disent les maux (2001).

W. John Weilgart a repris cette symbolique des lettres dans la constitution de la langue AUI, langage crée pour communiquer avec les extra-terrestres.
Un jeu de mots

La langue des oiseaux fonctionne sur le registre de la spontanéité et de la compréhension directe.

Un exemple classique des jeux de mots permis par la langue des oiseaux est le nom des auberges : « au lion d'or », nom très fréquent dans le métier. Cette pratique tirerait son origine de l'analphabétisme des voyageurs de l'époque qui, afin de savoir où trouver l'auberge, se contentaient de lire phonétiquement l'enseigne (ce qui donne, si l'on décode les syllabes de façon plus lente : « au lit on dort »)

Luc Bige, dans son Petit dictionnaire en langue des oiseaux. Prénoms, Pathologies Et Quelques Autres dresse une liste de ces expressions courantes tenant du double sens. Il montre également qu'à chaque mot les possibilités augmentent, et qu'à partir d'une phrase simple on peut, selon diverses méthodes (déconstruction des syllabes, homographes, homophonie, champs sémantiques...), obtenir à chaque fois des phrases d'autres sens. Il prend notamment l'exemple du syntagme simple : « Ma chandelle » qui peut donner :

ma chan d'elle > elle m'a chanté > mon chant qui vient d'elle >

mon chandail

ma champ d'elle > mon champ qui vient d'elle

mâ(che) champ d'elle > mâche (laboure, etc.) son champ

mâ(che) chant d'ailes > le chant de ceux qui ont des ailes

À chaque mot, les possibilités de sens sont innombrables, constat renforcé par la nature de la langue française.
Néologismes et fausses étymologies

La langue des oiseaux peut également se reposer sur des éléments latins et grecs, utilisés dans les néologismes scientifiques notamment (technique de la « composition », par opposition à l'étymologie naturelle). Le mot codé acquiert ainsi une interprétation davantage mystique et abstraite :

Par exemple, pour le mot « chandelle », on peut le décomposer en « chan-dele » renvoyant aux morphèmes :

« chan » connoté au substantif « chant »,
« dèle » du grec dêlos qui signifie « apparent ».

On obtient ainsi un sens créé de toutes pièces à la signification propre (« chant apparent »), partagée et réceptionnée que par ceux connaissant le procédé. Cette technique accroît encore le nombre de possibilités de la langue de voir du sens codé dans chaque mot. Elle est à rapprocher du phénomène populaire de la « fausse étymologie ».

Ce procédé est connu des alchimistes ; Paracelse notamment enrichit ses traités de nombre de concepts inventés sur des racines grecques et latines, renvoyant à des sonorités de la langue française, et donc à des mots aux sens précis, non référencés dans le lexique.
Anagrammes

La langue des oiseaux, en plus des possibilités phonétiques, de la forme des lettres et des racines des langues étrangères, use de la permutation des lettres du mot. Les anagrammes sont monnaie courante dans les textes codés. Le patronyme « Rachel » par exemple renvoie au nom de « Charles » dans le cas d'anagramme simple. Mais on peut aussi étendre l'extension du mot à un inventaire de lexiques proches, par la méthode anagrammique du scrabble : le mot « chandelle » renvoie alors à « chaldeen », « allèche », « chenal », « nacelle», etc.

Les permutations étant innombrables, le codage ne peut se faire sans une clé de cryptographie.
Thèmes de la langue des oiseaux
Noms de lieux

La ville de Lyon est au centre de la France, c'est par ses routes que nous (re)« lions » le pays.
Noms anatomiques ou médicaux

Nombreux dont les homonymes et faux-amis complémentaires. Par exemple « dent » (du latin dens) est l'outil qui rentre « dans » (du latin intus) la nourriture pour qu'elle soit digérée « dans » le corps. L'ouvrage de Michel Odoul regorge de ce genre d'analogies entre « mots » & « maux ». Par exemple, les problèmes de « genoux » seraient liés à la sociabilité, c'est-à-dire aux liens entre le « je » et le « nous »27.
Dans les comptines
Pierrot selon Watteau

Les comptines, comme les contes, ont une origine ésotérique certaine. À l'origine, ils ne s'adressaient pas aux enfants mais aux initiés ou aux apprentis. Nombre de références à l'alchimie sont codées au sein des comptines qui sont des mises en histoire dramatique des phases de la quête d'initiation. On peut ainsi voir la célèbre comptine « Au clair de la lune / Mon ami Pierrot » comme un texte codant un autre texte sous-jacent. Le texte originel est :

Au clair de la lune
Mon ami Pierrot
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot
Ma chandelle est morte
Je n'ai plus de Feu
Ouvre-moi ta porte
Pour l'amour de Dieu

On peut voir alors un autre texte, lu selon la langue des oiseaux :

Au clerc de la lune
Mon ami pie héraut
Prête mots à ta plume.
Pour écrire un mot :
Mâche chant d'ailes, et mots heurte.
Jeu n'est plus de feu,
Ouvre mots à ta porte.
Pour l'âme, hourde d'yeux.

Ce texte contient un message codé et ésotérique qui peut se décomposer comme ci-après :

« Au clerc de la lune » fait référence au messager de l'ombre, le « clerc » étant habillé d'une soutane noire, proche de la nuit. Les versions très anciennes de cette chanson indiquent le mot « lume » et pas « lune », c'est-à-dire « lumière » en français moderne. Le « clerc de la lume » deviendrait alors « le gardien de la lumière », entendu comme « lumière intérieure ». « Mon ami pie héraut » : le clerc est le porteur du message qui est la « pie hérault » qui peut s'entendre comme la source d'inspiration : l'oiseau qui annonce une vérité. « Prête mots à ta plume » fait référence symboliquement aux mots comme des sens volatiles, à interpréter dans un sens figuré, aérien comme les oiseaux. « Mâche chant d'aile, et mots heurte» enjoint à briser la structure des mots pour en faire ressortir le sens phonétique, but de la langue des oiseaux. « Jeu n'est plus de feu » : il existe un sens caché dessous, une autre lumière, « defeü » signifiant en ancien français « misérable » (« je n'est plus misérable »). « Ouvre mots à ta porte » appelle à accepter les mots comme ils sont. Enfin, « Pour l'âme, hourde d'yeux » s'entend : si l'on veut connaître l'initiation, il faut ouvrir les yeux, savoir regarder, ce qui renvoie à la condition de spontanéité nécessaire au décodage de la langue des oiseaux.
Linguistique et langue des oiseaux

Les mécanismes linguistiques mis en œuvre dans la langue des oiseaux sont nombreux ; on peut citer :

La connotation et les champs sémantiques : le mot renvoie à tout un tissu de synonymes proches ou éloignés, ou, au-delà, vers des concepts ou mots par analogie proches.
La permutation des lettres : anagrammes, palindromes surtout, verlan également.

palindrome fondé sur le carré Sator

L'homophonie (le mot a le même son qu'un autre).
L’étymologie dans une certaine mesure, pour le cas des néologismes ou des mots à racines étrangères.
La correspondance, au niveau graphique : la lettre cherche à ressembler à la chose évoquée (dans « éclair » par exemple on peut voir le l comme l'éclair s'abattant).
L’harmonie imitative via le jeu des sonorités : par assonance et allitération le mot cherche à imiter le son réel (comme dans : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » avec le son /s/ évoquant le serpent, de Jean Racine, Andromaque,acte V, sc.5).
L'association d'idées et la synesthésie (association de sens perceptifs).

Ces différents critères en font un outil d'interprétation de sens, notamment employé en mythanalyse, dans la démarche dite d'amplification d'un texte.

L'ouvrage de Bige, Petit dictionnaire en langue des oiseaux. Prénoms, Pathologies Et Quelques Autres dévoile les méthodes créatives pour constituer des jeux de mots symboliques, méthodes qui tiennent indéniablement de la grammaire et de la syntaxe combinatoires. Il propose d'abord de commencer par écrire le mot ou de constituer une périphrase, puis, syllabe par syllabe, d'écrire toutes les possibilités et « dans tous les sens » afin de dévoiler l'ensemble des connotations. Bige donne également comme possibilité d'utiliser le « verlan » (écrire les syllabes dans l'ordre inverse) ou le palindrome (lecture dans les deux sens du mot, avec deux significations différentes). La phase suivante est celle de la suggestion d'autres mots qui ressemblent, ou de les compléter au besoin et selon la symbolique que l'on souhaite suggérer. Enfin, la langue des oiseaux étant avant tout phonétique, Bige conseille de lire à voix haute les mots construits afin de favoriser les échos phoniques et les significations cachées.
En littérature
Jonathan Swift, maître des jeux de mots

Les recours de la littérature à la langue des oiseaux sont divers et variés. Pour Fulcanelli28 : « Les œuvres de François Rabelais et celles de Cyrano de Bergerac, le Don Quichotte de Miguel de Cervantes, les Voyages de Gulliver de Swift, le Songe de Poliphile de Francesco Colonna, les Contes de ma mère l'Oye, de Charles Perrault » sont fondés sur les jeux de mots de cette langue secrète. Cyrano de Bergerac dans Les États et empires du soleil rencontre un oiseau merveilleux qui lui parle en chantant et qui cite certains poètes ayant réussi à parler la langue des oiseaux comme Apollonios de Tyane, Anaximandre ou encore Ésope.

Pour Richard Khaitzine, dans La langue des oiseaux, les poèmes d’amour courtois sont écrits en langue des oiseaux, qui est une langue avant tout positive, heureuse, « qui chante » le Gai Savoir.

Les contes philosophiques dissimulent également un double sens, par le jeu des sonorités et des patronymes, par les fausses étymologies aussi. Jonathan Swift, auteur des Voyages de Gulliver , a d’ailleurs publié un livre sur le « pun », ou art anglais de faire des jeux de mots, ce qui témoigne de sa connaissance de la langue des oiseaux, en 1719, intitulé l’ Ars punicat, the Art of punning or the Flower of languages in 79 rules (l'art punique art du calembour, ou la fleur des langues en 79 règles) , qui peut se traduire par « l’Art du Calembour ». Swift serait ainsi, pour Gérard de Sède, le créateur de la langue « punique » (de « pun » : calembour, non de « punique « ), langue qui « par ses jeux de mots, savait créer les noms propres d’hommes ». L'abbé Boudet s'en serait ainsi inspiré pour coder les noms de lieux mystérieux de son traité. À la suite de Swift, sur son modèle, le comte Joseph de Maistre code ses ouvrages et ses références toponymiques.

Les contes pour enfant ont également recours aux jeux de mots. Roald Dahl dans Le Bon Gros Géant lui fait ainsi dire : « savouricieux, exécrignobles, sanglier et singulier, autruche et Autriche, goût volatile », bon exemple de langue des oiseaux.
Pseudonymes
le Sator forme des anagrammes

De pratique courante en littérature, l'usage d'un pseudonyme permet de contourner la censure ou de protéger sa vie privée. Certains voient dans les pseudonymes des codes permettant d'en dire davantage sur la personnalité ou l'influence de l'auteur. Ainsi le pseudonyme de Jean-Marie Arouet dit « Voltaire » s'expliquerait soit par une anagramme phonétique d'Airvault, nom d'un bourg poitevin d'où est originaire sa famille, ou de « révolté » : révolté devient re-vol-tai, qui donne Voltaire, soit enfin en référence à la locution en ancien français signifiant « celui que l'on voulait-faire-taire » (vol-taire) à cause de sa pensée novatrice.

Le pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin « Molière » a donné lieu également à nombre d'hypothèses ésotériques. On peut y voir l'expression ironique « Mots lient air » renvoyant à la symbolique du tarot et au sens de la langue des oiseaux. Sa pièce Les Femmes savantes semble mettre en scène, en effet, des personnages dont le nom est directement inspiré par la langue des oiseaux : « Trissotin » peut signifier « trois fois sot comme l'abbé Cotin », l'abbé Cotin incarnant à l'époque la Préciosité. Autre exemple, le personnage de « Bélise » pourrait s'entendre comme « bêtise » en raison de sa naïveté et de sa sophistication de langage.

Ainsi, les pseudonymes sont souvent formés sur des anagrammes apportant un sens nouveau à la personnalité de l'auteur, qui ainsi se dissimule tout en révélant une face cachée.
Isotopies littéraires

On a souvent cherché les « clés » de certaines œuvres littéraires dont les personnages représentent des personnalités historiques, critiquées par l'auteur. C'est le cas des portraits de Jean de La Bruyère ou des personnages des romans fleuve de la Préciosité ou des Lumières. En plus de cela, des auteurs construisent le nom de leurs personnages au moyen d'un codage général témoignant de leurs visions du monde.

Ainsi a-t-on pu voir dans les personnages dont le nom se termine par le son /er/ en référence à l'élément « air » dans l'œuvre de Marcel Proust (Cambremer, Albert, Pierre, Robert, Gilberte, entre autres) une résurgence inconsciente de l'asthme de l'auteur. Une telle présence de lexiques se rapportant à un domaine ou à un champ sémantique se nomme, lorsqu'elle est structurée subtilement, isotopie. Elle peut être néanmoins perçue comme une faute de l'auteur ; Gérard de Nerval par exemple ne cesse de commettre la même erreur de graphie en dupliquant la lettre R29

Les surréalistes font également usage de cette possibilité de la langue des oiseaux : induire et suggérer inconsciemment (de manière subliminale) un sentiment ou une impression par l'emploi de sonorités ou de mots symboliques, codés au moyen d'un réseau de renvois et d'échos. L'utilisation en poésie des assonances et allitérations et d'autres figures de style permet des jeux de mots complexes. André Breton dans La clé des champs (1953) parle d'un langage des oiseaux, « idiome phonétique fondé uniquement sur l'assonance » utilisé dans la Kabbale. Nul doute que les surréalistes ont su réutiliser le « langage alchimique » du Moyen Âge : « le tout pour le Surréalisme a été de se convaincre qu'on avait mis la main sur la « matière première » (au sens alchimique) du langage30. »

C'est le cas d'écrivains comme Raymond Roussel, Alfred Jarry (avec son Ubu roi), Maurice Leblanc, le poète Pierre Albert-Birot et Gaston Leroux.

Bien au-delà de la simple isotopie, certains auteurs se plaisent à bâtir une langue propre à leur univers. 'Jennifer Hatte dans La langue secrète de Jean Cocteau. La mythologie personnelle du poète et l'histoire cachée des Enfants terribles, montre que le poète moderne a construit consciemment ou pas une langue secrète, faite d'images et d'échos phoniques qui n'est pas sans rappeler les poèmes codés de la Résistance française sous l'Occupation, dont le poème Les Yeux d'Elsa de Louis Aragon donne un bon exemple des possibilités interprétatives. Certains messages radiodiffusés à la BBC, la radio anglaise pendant la Seconde Guerre mondiale, en dépit de l'existence a priori d'un code convenu entre les résistants français et le commandement, usent de la langue des oiseaux ; par exemple la phrase « Les noix sont sèches » fait référence au Bombardement de la gare de triage de Noisy-le-sec31.

Signalons la conversation avec des oiseaux qui a lieu dans le film de Pier Paolo Pasolini Uccellacci e Uccellini (des oiseaux petits et grands) de 1966 et enfin le travail sur le langage du plasticien Jean Daviot qui enregistre l'envers de l'envers de la voix et dont l'une de ses vidéos « Les cris de mésanges » parle de la langue des oiseaux.
Notes et références

↑ « Langue des corbeaux » in Dictionnaire des langues imaginaires.
↑ a et b « La Langue des oiseaux » [archive], Cript Kabbale (consulté le 29 décembre 2010), p. 1.
↑ Siculus Diodorus, Histoire universelle de Diodore de Sicile (MDCCXXXVII-MDCCXLIV [1737-1744]) [archive].
↑ Fulcanelli, Les Demeures Philosophales, t. II, p. 267.
↑ « Toute la création peut se résumer dans le seul tracé du nom d'Allah » [archive] sur soufisme.org.
↑ « L’Affaire Fulcanelli » [archive], sur fulcanelli.info (consulté le 15 juin 2016)
↑ Fulcanelli, Les Demeures Philosophales, t. I, p. 159.
↑ Fulcanelli, Les Demeures Philosophales, t. I, p. 164.
↑ Fulcanelli, Les Demeures Philosophales, t. I, p. 167.
↑ « Le rébus de l'église de saint Grégoire-du-Vièvre » [archive], sur hdelboy.club.fr.
↑ « Blasons alchimiques &site=hdelboy.club.fr » [archive].
↑ Le Mystère des cathédrales, t. I, p. 55.
↑ Le Mystère des cathédrales, t. I, p. 56.
↑ Chapitre III : « La langue punique » (au sujet des langues africaines).
↑ La vraie langue celtique, p. 105.
↑ a et b p. 112.
↑ p. 92.
↑ Coran, XXVII, 15.
↑ Voir notamment : L'Université du symbole [archive] et l'Association Hestia Falcignel [archive].
↑ Écrits, éditions du seuil, 2 vol., Paris, 1966, réed. 1999.
www.cgjung.net[réf. incomplète]
↑ Coran teint, souriate XXIII, "gazouillis", p. 191.
↑ Atalante fugitive, p. 309.
↑ La Voie de la Transformation, p. 299.
↑ La Voie de la Transformation, p. 300.
↑ La Voie de la Transformation, p. 325.
↑ Michel Odoul, Dis-moi où tu as mal : le lexique, Paris, Albin Michel, 2003
↑ Les Demeures Philosophales, t. II, p. 269.
↑ Richard Khaitzine, « Le rebis... de Gérard de Nerval à Raymond Roussel » [archive], sur triplov.com.
↑ José Pierre, André Breton et la peinture, L'Âge de l'homme, coll. « Cahiers des Avant-Gardes », 1987 (lire en ligne [archive]), p. 279.
↑ « Ici Londres - Les messages personnels de la BBC » [archive], sur doctsf.com.

Voir aussi
Articles connexes

énochien
linguistique
liste de langues
langues par famille
langues construites
Cabale graphique
Cryptolecte
Cryptophasie
Cryptologie
Cryptographie
Dag le Sage
Glossolalie
Histoire de la cryptographie
Poème holorime
Cratylisme

Liens externes

Un site web généraliste sur la langue des oiseaux
Articles du site de Emmanuel-Yves Monin, auteur et formateur
L’alphabet des oiseaux (pdf) de Robert-Régor Mougeot

Bibliographie

Grasset d'Orcet, Matériaux cryptographiques, Tome Premier, recueillis et assemblés par B. Allieu et A. Barthélémy, 1983
Fulcanelli, Les demeures philosophales et Le Mystère des Cathédrales, Ed. Jean-Jacques Pauvert, 1979
Yves Emmanuel Monin, Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux, 1re édition, Le Point d'Eau édit., 1982. 6e édition, Y.Monin édit., 2006.
Yves Monin (Emmanuel), Traité de Réintégration des Structures de l'Existence (commentaires de Hiéroglyphie, de Langue des Oiseaux et de Grammaire), Auto-édition, 1993. (ISBN 2-910097-00-5)
Attar (Farîd-ud-Dîn), Le langage des oiseaux, Paris, Albin Michel, traduit du persan par Garcin de Tassy, 1996
Henry Boudet, La vraie langue celtique, Ed. Belisane, facsimilé de 1886.
Luc Bige, Petit dictionnaire en langue des oiseaux.Prénoms, Pathologies Et Quelques Autres, (ISBN 978-2912668-31-Cool, Éditeur : Janus, Collection : Systèmes Du Monde, 2006
Richard Khaitzine, La langue des oiseaux : Quand ésotérisme et littérature se rencontrent, Poche, Dervy 2007, (ISBN 2-84454-507-6)
Baudouin Burger, La langue des oiseaux - le sens caché des mots, éd. LE DAUPHIN BLANC, 2003, (ISBN 2-89436-097-5) et La langue des oiseaux - à la recherche du sens perdu des mots, éd. L.Courteau (Québec), 2010, (ISBN 978-2-89239-334-7)
René Guénon, Symboles de la Science sacrée, coll. « Tradition », Éditions Gallimard, 1962

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