Le clans des mouettes

ainsi est la force.
 
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 Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.

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yanis la chouette



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MessageSujet: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:21

Le proxénétisme est une activité consistant à tirer profit de la prostitution d'autrui ou à la favoriser. Dans la plupart des pays du monde, cette activité est illégale.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9_sexuelle_et_anarchisme
http://la-5ieme-republique.actifforum.com/t142-le-proxenetisme-le-president-et-le-lion-de-belfort#3400

Les proxénètes (ou souteneurs), familièrement appelés « maquereaux » ou « maques » pour les hommes, maquerelles pour les femmes, déformation de l'ancien français marfaux, sont taxés de nombreux noms d'oiseaux dans le milieu.

Encadrement légal

Les législations varient en ce qui concerne la légalité des intermédiaires de la prostitution : se prostituer, être client ou être proxénète.

Les établissements engagés dans l’esclavage sexuel ou possédés par le crime organisé sont la cible des fortes actions pour l'application des lois contre le proxénétisme. La police intervient aussi fréquemment sur plaintes des résidents locaux, souvent dirigées contre la prostitution de rue.

Dans la plupart des pays où la prostitution est illégale, au moins certaines formes sont tolérées.

Encadrement international

En 1949, les Nations unies ont adopté une convention dite « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui »1 établissant que la prostitution est incompatible avec la dignité humaine[réf. nécessaire], demandant à toutes les parties prenantes de punir le proxénétisme, les opérateurs et possesseurs de maisons closes[réf. nécessaire] et d'abolir tous les traitements spéciaux d'enregistrement des prostitués[réf. nécessaire].

La convention a été ratifiée par 80 pays[réf. nécessaire] mais pas par l’Allemagne, les Pays-Bas ni les États-Unis qui n'ont pas participé.

En Afrique
L'Algérie et la Tunisie et le Maroc interdisent et criminalisent le proxénétisme.

En Amérique

Au Canada, voir la décision de la Cour supreme dans l'affaire Bedford qui déclare invalide les trois dispositions parce qu'elles portaient atteinte au droit de la sécurité de la personne garanti à l'article 7 de la Charte Canadienne.

La prostitution n'est pas illégale, mais la sollicitation dans les lieux publics, les « maisons de débauche » et vivre des revenus de la prostitution sont illégaux. La cour supérieure de justice de l'Ontario a invalidé ces trois dispositions sur demande de plusieurs prostitués. Cette décision a été confirmée par la cour d’appel de l’Ontario le 26 mars 20123.

Aux États-Unis, la prostitution est interdite dans la quasi-totalité du pays mais autorisée dans le des maisons closes dans plusieurs comtés du Nevada.

En Asie


   Dans Taxi Driver, Harvey Keitel interprète « Sport » Matthew, un proxénète.
   Mon homme (1996), de Bertrand Blier, avec Gérard Lanvin.
   Terre promise, d'Amos Gitaï (2004).
   Le documentaire de la Canadienne Ric Esther Bienstock Esclaves sexuelles retrace le cheminement des victimes depuis le départ de leurs pays, tout en apposant un visage sur cette réalité et en exposant ses conséquences.
   La série télévisée belge Matrioshki : Le Trafic de la honte, de Guy Goossens et Marc Punt (2004).
   Sex Traffic, de David Yates (2004).
   Trafic humain (Human Trafficking, Canada, 2005), qui aborde le monde du proxénétisme et de la traite des blanches.
   Taken, film sur le trafic de femmes (2008).
   Hommes à louer, de Rodrigue Jean.
   Le Mac, film français de comédie, réalisé par Pascal Bourdiaux, sorti en 2010.
   Maison close, film français de Canal + Studio, en octobre 2010.
   The Immigrant, film américain de James Gray, sorti en 2013. Le personnage de Bruno Weiss, interprété par Joaquin Phoenix, est un maquereau.

Voir catégorie « Prostitution au cinéma »

Notes et références

   ↑ « daccessdds.un.org/doc/RESOLUTION/GEN/NR0/052/24/IMG/NR005224.pdf » (Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), consulté le 2013-04-01
   ↑ Code pénal - Tunisie [archive]
   ↑ Canada (Attorney General) v. Bedford [archive]
   ↑ Articles 225-5 et suivants du code pénal [archive].
   ↑ Voir sur legifrance.gouv.fr. [archive]
   ↑ Lequel est puni de dix ans d'emprisonnement et de 750 000 euros d'amende.
   ↑ « Le proxénétisme hôtelier mis à mal passage Sainte-Foy », Le Parisien, 7 février 2001.
   ↑ Jacques Bichot, « Conséquences économiques de la criminalité : le cas des crimes et des délits qui concernent la famille et la sexualité », Revue française de Criminologie et de Droit Pénal, vol. 6,‎ avril 2016 (lire en ligne [archive])
   ↑ (en) « Country Report on Human Rights in Bulgaria » [archive], sur www.state.gov, département d'État des États-Unis,‎ 11 mars 2008 (consulté le 31 mars 2010).
   ↑ [1] [archive]
   ↑ Fréttir / A new law makes purchase of sex illegal in Iceland [archive] 21.4.2009 Jafnréttisstofa
   ↑ Boletín Oficial del Estado. [archive]
   ↑ Voir sur cnrtl.fr. [archive]

En Europe

        Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légales et encadrée par des lois.
        Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales.
        Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) tolérée, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales.
        Prostitution illégale — les prostitués sont punis par la loi.
        Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostitués.
        Pas d'information

En France, le proxénétisme est considéré par la loi comme une atteinte à la dignité de la personne et, à ce titre, il est puni de sept ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende4. Il est défini comme « le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit, d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ; de tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ». Dans la pratique, tout(e) partenaire de prostitué(e) peut se trouver derrière les barreaux lorsqu'il est incapable de justifier son train de vie, qu’il ou elle ait « exploité » ou non sa compagne / son compagnon5.

Est également puni le « proxénétisme hôtelier », défini comme la mise à disposition d’un local servant à un(e) prostitué(e). Si elle/il exerce chez elle ou chez lui, le/la prostitué(e) peut se retrouver à la rue du jour au lendemain, le propriétaire des lieux étant autorisé à dénoncer le bail pour se couvrir de l’accusation potentielle de proxénétisme hôtelier6. Pour lutter contre la prostitution (légale) dans une rue de sa juridiction, le maire du deuxième arrondissement de Paris a ainsi procédé à la distribution d’une missive « adressée aux cent soixante-neuf propriétaires des logements implantés […] et recensés par le cadastre »7. Destinée en principe à protéger les personnes prostitués, cette loi est utilisée pour les condamner : en cas de colocation ou de sous-location, le législateur n’hésite pas à considérer qu’il y a proxénétisme hôtelier.

En avril 2016, l'économiste Jacques Bichot estime dans son article conséquences économiques de la criminalité publié dans la RFCDP publiée par l'IPJ que le coût du proxénétisme s'élève à 4.9 milliards d'euros en France, une estimation qu'il base sur une estimation de la perte annuelle de capital humain8.

À Amsterdam, la prostitution est légale et des établissements offrent aux clients les services de prostitués, visibles derrière des fenêtres. Dans le cas de personnes de moins de 18 ans se prostituant aux Pays-Bas, être le client ou le souteneur est illégal, mais être la personne se prostituant ne l'est pas, sauf si le client est une personne âgée de moins de 16 ans. Certaines municipalités des Pays-Bas[Lesquelles ?] aimeraient une politique de tolérance zéro contre les maisons closes, sur des bases morales, mais la loi ne le permet pas. Cependant, des réglementations, y compris des restrictions sur le nombre et la localisation, existent.

La prostitution n'est pas illégale en soi en Bulgarie, mais les activités associées (tel le proxénétisme) le sont9.

La prostitution est légale au Danemark[réf. nécessaire], mais il est illégal de profiter de la prostitution [réf. nécessaire]. La prostitution n'est pas régulée comme aux Pays-Bas ; le gouvernement préfère[réf. nécessaire] essayer à travers des services sociaux de sortir les gens de la prostitution vers d'autres carrières [réf. nécessaire], et essaye de diminuer la quantité d'activité criminelle et autres effets négatifs gravitant autour de la prostitution.

En Suède, en Norvège10, en France et en Islande11 les clients sont punis par la loi, mais pas les prostitués.

En Espagne, la publicité de services ou d'établissements dédiés à la prostitution, en horaire protégé, est interdite.

Articles connexes

   Articles décrivant les phénomènes liés à la prostitution et à l'esclavage sexuel :
       Prostitution | Call-girl | Tourisme sexuel
       Esclavage | Esclavage moderne | Traite des Blanches | Femmes de réconfort

Bibliographie

   Alphonse Boudard, La Fermeture, la fin des maisons closes, 1986
   Jean-Gabriel Mancini, Prostitution et proxénétisme, Presses universitaires de France, 1962, 126 p.
   Michel Vincineau, Proxénétisme, débauche ou prostitution depuis 1810, Bruylant, 2006 (ISBN 280272200X et 9782802722007)


Dernière édition par yanis la chouette le Lun 26 Sep à 10:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:22

Alstom : l’Etat cherche une solution globale pour sauver le groupe

LE MONDE ECONOMIE | 26.09.2016 à 11h40 • Mis à jour le 26.09.2016 à 14h00 | Par Éric Béziat et Philippe Jacqué

C’est la dernière ligne droite. Le gouvernement et la direction d’Alstom devraient présenter, non pas vendredi 30 septembre comme évoqué par les organisations syndicales, mais plutôt lundi 3 ou mardi 4 octobre, leurs propositions pour maintenir l’activité sur le site de Belfort et plus largement pour renforcer les douze sites du constructeur ferroviaire en France.

Après une rencontre, vendredi 23 septembre au soir, entre Christophe Sirugue, le secrétaire d’Etat chargé de l’industrie, et Henri Poupart-Lafarge, le président-directeur général du groupe, les discussions ont continué tout le week-end. « Un plan alternatif au transfert de la production de locomotives et de motrices de Belfort à Reichshoffen [Bas-Rhin], annoncé le 7 septembre, est atteignable, mais il faut encore valider quelques étapes, et cela ne peut se faire en quelques jours, si l’on veut que cela fonctionne pour l’avenir », explique un proche du dossier.

A Belfort, l’attente est extrêmement forte. Samedi 24 septembre, de 3 500 à 5 000 personnes ont défilé lors d’une « journée morte ». C’est près de 10 % de la population de la cité du Lion. Les « Alsthommes », comme ils se sont renommés, ont manifesté pour obtenir au plus vite une solution pérenne pour le site historique où ont été créés, il y a quarante ans, les premiers TGV.

Lire aussi : Alstom : « Qu’on le veuille ou non, pour les trains, on était les meilleurs »

Dimanche 25 septembre, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a estimé que l’Etat, qui détient 20 % des droits de vote au conseil d’administration du groupe ferroviaire, a « le devoir de sauver » le constructeur et son site historique de Belfort. Cependant, c’est lundi 26 septembre que des premiers éléments pourraient être distillés sur l’avenir du site belfortain.
« L’activité pourrait baisser de 30 % à l’avenir »

Henri Poupart-Lafarge doit présenter la stratégie d’Alstom pour ses sites de production en France et plus spécifiquement son site de l’est de la France, lundi, lors d’un comité central d’entreprise extraordinaire, avant de se rendre, mardi 27 septembre, à l’Assemblée nationale, pour répondre aux questions des députés.

Ce même jour, les organisations syndicales ont annoncé une journée de grève. « L’objectif est de mobiliser un maximum de personnes pour manifester devant le siège du groupe. Un TGV a été affrété pour permettre aux salariés de Belfort et d’Ornans [Doubs] de venir manifester. Le fait de venir en TGV est un symbole fort », insiste Philippe Pillot, de Force ouvrière.

Lire aussi : Que peut faire l’Etat pour sauver Alstom ?

Pendant la mobilisation, les négociations vont bon train et toutes les options sont explorées. L’objectif est, pour l’Etat, de trouver une solution pérenne non seulement pour le site belfortain, mais aussi pour l’ensemble des sites de fabrication ou d’assemblage du groupe hexagonal. « Belfort n’est qu’un élément du puzzle. L’avenir des sites de Petit-Croix [Territoire de Belfort], Reischoffen ou encore La Rochelle ou de tous les sites de composants sont également aujourd’hui en question avec la chute des commandes publiques en France », craint Patrick de Cara, de la CFDT.

Mardi 20 septembre, lors du Salon InnoTrans à Berlin, Henri Poupart-Lafarge expliquait que, sans nouvelles commandes en France, « l’activité pourrait baisser de 30 % à l’avenir » sur l’ensemble des sites hexagonaux. Cela pourrait entraîner un plan social important, sachant que les sites français dépendent à 60 % des commandes locales.
Des usines aussi tournées vers l’export.
« Risque de perdre tout le savoir-faire accumulé »

Afin de trouver une solution globale, le gouvernement va donc devoir avant tout relancer les commandes, sans s’appuyer seulement sur les appels d’offres en cours, comme celui des RER de nouvelle génération. Plusieurs commandes, comme six TGV pour la SNCF pour la ligne franco-italienne ou des locomotives de travaux pour la RATP, sont en cours de discussion. Alain Vidalies, le secrétaire d’Etat chargé des transports, n’a pas caché qu’il imposerait ces commandes aux deux entreprises publiques.

Le gouvernement va devoir également se reposer la question de la future commande de 1 milliard d’euros de trains d’équilibre du territoire (TET, ex-Intercités). Doit-il, comme Alain Vidalies l’a annoncé cet été, prévoir un nouvel appel d’offres pour acquérir ces trains ou doit-il finalement recourir aux contrats-cadres qui existent entre Alstom et la SNCF pour les trains régionaux ? « Des arbitrages interministériels sont nécessaires », répond une source.

Lire aussi : Alstom : pourquoi les acteurs publics ne peuvent pas « acheter français » pour sauver l’emploi

Regarnir le carnet de commandes nationales d’Alstom ne suffira pas à sauver le site où travaillent 480 employés, dont 400 sont, pour l’instant, censés rejoindre Reichshoffen, de Belfort. « Entre 2018 et 2022, et la date prévue pour les premières commandes de la nouvelle génération de TGV, le site de Belfort connaîtra un creux d’activité de trois à quatre ans, selon les solutions trouvées. Il faudra tenir, au risque de perdre tout le savoir-faire accumulé », rappelle Philippe Pillot, de FO.
« Aujourd’hui, tous les sites sont vulnérables »

En l’absence de commandes supplémentaires de locomotives ou de TGV, il faudra diversifier le site. Bercy mène plusieurs réflexions en parallèle. Alstom pourrait tout d’abord relocaliser des activités à Belfort en provenance d’autres sites.

La direction du groupe est en train de passer toutes les fonctions au peigne fin : commerce, maintenance, ingénierie ou encore activité de signalisation, afin de diversifier à l’avenir le site de Belfort. Et pour marquer les esprits, le site devrait bénéficier à moyen terme d’un investissement important d’Alstom pour l’aider à négocier sa diversification.

« Pourquoi pas, mais il ne faudra pas déshabiller Paul pour habiller Jacques. Aujourd’hui, tous les sites sont vulnérables, et certains, comme à Valenciennes [Nord], connaissent déjà du chômage partiel. Alors, cela doit se faire de manière intelligente », rappelle Patrick de Cara, de la CFDT.

Lire aussi : L’actualité Alstom à Belfort ravive l’amertume des anciens de PSA à Aulnay

Bercy et Alstom réfléchissent également à d’autres solutions. Tous les regards se tournent donc vers General Electric (GE), qui dispose de son plus grand site industriel de France en face du site ferroviaire d’Alstom à Belfort. Cette usine construit des turbines géantes pour centrales.

Dans le cadre des engagements de GE auprès de l’Etat lors du rachat d’Alstom Power, en 2015, le géant américain a promis de créer quelque 1 000 emplois nets en France avant 2018. Sur ce total, « Belfort devrait en recruter au moins 200, pas particulièrement chez Alstom Transport », se borne-t-on à reconnaître chez GE. Cependant, l’Américain pourrait bel et bien reprendre, au moins temporairement, des ouvriers du constructeur ferroviaire pour une hausse de ses commandes à venir liées, notamment, au contrat remporté pour la centrale nucléaire d’Hinkley Point, au Royaume-Uni – une pratique déjà connue dans la cité du Lion.

Lire aussi : Au-delà d’Alstom, l’emploi industriel poursuit son déclin en France
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:23

Trafic d'innocence en France, ou Trafic Humain au Québec (Human Trafficking) est une mini-série américano-canadienne totalisant 176 minutes réalisée par Christian Duguay, diffusée les 24 et 25 octobre 20051 sur Lifetime, ainsi que les 2 et 3 janvier 2006 sur Citytv.

Synopsis

Sergei Karpovich règne sur un réseau de prostitution qui kidnappe des jeunes femmes aux quatre coins de la planète. Certaines pensent qu'elles quittent leur pays pour devenir mannequins mais se retrouvent séquestrées et abusées. À New York, Kate Morozov mène l'enquête pour mettre un terme à ce trafic, aidée de Bill Meehan, agent américain de l'immigration et des douanes.
Fiche technique

Titre français : Trafic d'innocence
Titre québécois : Trafic Humain
Réalisateur : Christian Duguay
Scénario : Agatha Dominik, d'après une histoire de Carol Doyle
Société de production : Muse Entertainment (en)
Durée : 176 minutes

Distribution

Mira Sorvino : Kate Morozov
Donald Sutherland (VF : Bernard Tiphaine) : Agent Bill Meehan
Robert Carlyle (VF : Éric Herson-Macarel) : Sergei Karpovich
Lynne Adams : Ellen Baker
Rémy Girard : Viktor Tagarov
Isabelle Blais : Helena Votrubova
Louardo Castillon : Roy Filipo
Joe Cobden : Richard Sapperstein
Larry Day : Dr Smith
Laurence Leboeuf : Nadia Tagarov
Sarah Allen (en) : Ludmilla
Andreas Apergis : Jimmy
Manuel Aranguiz : Mexican Police Captain
Céline Bonnier : Sophie
Emma Campbell : Samantha Gray
Le Cobden : Richard Sapperstein
Alan Fawcett : DHS Agent Leary
Von Flores (en) : Rico
Dawn Ford : Viktoria Votrubova - Tante d'Helena
Terry Haig : Tom Halloran
Matt Holland
Anna Hopkins (en) : Katerina
Mark Antony Krupa : Andrei
Sarah-Jeanne Labrosse : Annie Gray
Jeanne Lauzon : Jasmine
Fanny-Laure Malo
Alice Morel-Michaud : Ivanka Votrubova
Philip Pretten : John
Derrick Damon Reeve : acteur porno #1
Jean-Daniel Roy : acteur porno #2
Morgane Slemp : Susan
Frank Schorpion : Mr. Gray - Père d'Annie
Andrew Simms
Michael Sorvino : Mischa Morozov
Manuel Tadros : Miguel
Vlasta Vrána (en) : Tommy
Richard Zeman : Walter

Accueil

Le téléfilm a été vu en moyenne par environ 5,5 millions de téléspectateurs lors de sa première diffusion américaine, soit 5,1 millions pour la première partie, et 5,8 millions pour la deuxième2.
Références

↑ (en) « Lifetime Television's Fall Programming Highlighted by Network's First-Ever Miniseries, Human Trafficking Starring Mira Sorvino and Donald Sutherland » [archive], sur TheFutonCritic,‎ 16 août 2005
↑ (en) « Lifetime Television's Human Trafficking, Starring Mira Sorvino and Donald Sutherland, Becomes Highest-Rated Original Movie of 2005 on Ad-Supported Basic Cable, Averaging 5.5 Million Viewers While Posting a 4.6 Household Rating » [archive], sur TheFutonCritic,‎ 26 octobre 2005

Liens externes

Fiche de la production sur Muse
(en) Trafic d'innocence sur l’Internet Movie Database
Trafic d'innocence sur Allociné
(en) Alessandra Stanley, « Selling Sex, That Renewable Resource », sur NY Times,‎ 24 octobre 2005
(en) Brian Lowry, « Review: Human Trafficking », sur Variety,‎ 23 octobre 2005

[masquer]
v · m
Christian Duguay
Réalisateur Scanners II: The New Order (1991) · Scanners III: Puissance maximum (1992) · Live Wire (1962) · L'Enfer blanc (1994) · Les Jumelles Dionne (1994) · Planète hurlante (1995) · Contrat sur un terroriste (1997) · Jeanne d'Arc (1999) · L'Art de la guerre (2000) · The Extremists (2002) · Hitler : La Naissance du mal (2003) · Les Mensonges d'une mère (2005) · Trafic d'innocence (2005) · Suffer Island (2007) · Coco Chanel (2008) · Augustine: The Decline of the Roman Empire (2010) · Jappeloup (2013) · Belle et Sébastien : L'aventure continue (2015) · Un sac de billes (2017)
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:24

Selling Sex, That Renewable Resource

ALESSANDRA STANLEYOCT. 24, 2005
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It's hard to argue that sex slavery does not get enough attention in the media. Somehow child pornography and Asian sex tours seem to be more compelling topics for "Dateline" exposés than intellectual property theft or river blindness.

But "Human Trafficking," the two-part mini-series that begins on Lifetime tonight, avoids the seedy sensationalism that cheapens so many television depictions of the crime. And it is unusually good: a harsh public-service message built into a clever, suspenseful thriller.

One reason it stands out is that there is no double-dealing behind the camera. It does not try to titillate on the way to high moral dudgeon. Sex in "Human Trafficking" is depicted as torture and rape, and prostitution as the growth industry of international organized crime. "An ounce of cocaine, wholesale: $1,200, but you can only sell it once," an immigration and customs official, Bill Meehan (Donald Sutherland), says. "A woman or a child, $50 to $1,000, but you can sell them each day, every day, over and over and over again. The markup is immeasurable."

Part 1 of "Human Trafficking" begins by tracing the fate of four young victims: a Czech single mother and waitress who is tricked by a pimp posing as a suitor; a 16-year-old schoolgirl from Ukraine who runs away from home to join what she thinks is a modeling agency; a 12-year-old girl from the Philippines who is sold by her impoverished peasant family; and a 12-year-old girl from New Jersey who is kidnapped while on a holiday trip to the Philippines with her parents. Their stories are stark, and it takes a while for the characters to develop beyond easy caricature, but as in the movie "Traffic," the various plotlines converge and become more textured as the story explores how international crime and corruption confound law-enforcement efforts.

Particularly on Lifetime, a network for women that is famous for feel-bad escapist melodrama, a movie about sex slavery could easily sag under the weight of cop-show clichés: the headstrong rookie, oafish Russian mobsters and hardened but gold-hearted prostitutes. "Human Trafficking" manages to avoid predictability with sharp, unsentimental writing and exceptionally good acting. Mira Sorvino plays Kate Morozov, a New York City police officer whose investigation into the deaths of a string of young Eastern European women leads her to seek an assignment in the Immigration and Customs Enforcement branch of the Department of Homeland Security. Kate, the daughter of Russian immigrants with her own painful memories of childhood abuse, becomes obsessed with the sex-trafficking ring, and her emotional involvement with the victims occasionally brings her into conflict with her boss.

Various clues and unsolved crimes lead Kate to the chief suspect, Sergei Karpovich (Robert Carlyle), a slick New Russian businessman who uses modeling and dating-service agencies as money-laundering fronts for his global prostitution ring. He is cold, ruthless and arrogant, and his prostitution business is propped up by slick American lawyers, Russian veterans of the Chechen war and a global network of smugglers, pimps and corrupt law-enforcement officials.

Ms. Sorvino is quietly persuasive, and Mr. Sutherland's performance is just offbeat enough to be beguiling. Isabelle Blais is remarkable in the role of Helena, a 20-year-old waitress who becomes a key witness in the investigation. And Emma Campbell gives a wrenching portrait of anguish as Samantha Gray, the mother who stays in the Philippines to try to find her kidnapped daughter.

"Human Trafficking" is compelling, but it is very much a movie with a message. In real life, Ms. Sorvino is an ambassador for Amnesty International's Stop Violence Against Women program, and the film is N.G.O.-rated. The criminals and their clients are uniformly sadistic and brutal, and the women they exploit are all unwilling, unknowing victims.

Life, unfortunately, can be murkier. Sometimes criminals are themselves victims of a larger syndicate or bankrupt social system, as the New York Times columnist Nicholas D. Kristof discovered last year when he bought two teenage sex slaves their freedom. "Finally, Srey Mom said goodbye to 'Mother,' the owner who had enslaved her, cheated her and perhaps even helped infect her with the AIDS virus - yet who had also been kind to her when she was homesick, and who had never forced her to have sex when she was ill," Mr. Kristof wrote. "It was a farewell of infinite complexity, yet real tenderness."

Lifetime's mini-series offers less moral complexity, but it does an effective job of dramatizing a scourge that is too often packaged for prurience.

Human Trafficking

Lifetime, tonight and tomorrow night at 9, Eastern and Pacific times; 8, Central time.

Directed by Christian Duguay; Robert Halmi Sr., executive producer; story by Carol Doyle; teleplay by Ms. Doyle and Agatha Dominik; Michael Prupas and Mr. Duguay, producers; Gaetan Huot and Sylvain Lebel, editors; produced by Irene Litinsky; music by Normand Corbeil. Produced by Muse Entertainment for Lifetime Television.

WITH: Mira Sorvino (Kate Morozov), Donald Sutherland (Bill Meehan), Rémy Girard (Viktor), Isabelle Blais (Helena), Laurence Leboueuf (Nadia), Vlasta Vrana (Tommy), Sarah-Jeanne Labrosse (Annie), Robert Carlyle (Sergei) and Emma Campbell (Samantha Gray).
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:26

La métaphore, du latin metaphora, lui-même du grec μεταφορά (metaphorá, au sens propre, transport), est une figure de style fondée sur l'analogie. Elle désigne une chose par une autre qui lui ressemble ou partage avec elle une qualité essentielle2. La métaphore est différente d'une comparaison3 ; la comparaison affirme une similitude : « La lune ressemble à une faucille » ; tandis que la métaphore la laisse deviner, comme quand Victor Hugo écrit « cette faucille d’or dans le champ des étoiles. » Le contexte est nécessaire à la compréhension de la métaphore ; c'est le contexte qui indique qu'il ne faut pas prendre le mot à son sens ordinaire.

La métaphore s'emploie dans le langage quotidien avec l'emploi d'épithètes (« un cadeau royal »), aussi bien que dans le langage soutenu de la littérature et particulièrement dans l'expression poétique. L'invention de métaphores est une des attractions majeures de la création littéraire. Une métaphore courante est un cliché ; si elle est entièrement passée dans le langage (comme « à la tête » signifie « au poste d'autorité »), on peut la considérer comme une catachrèse.

Le concept de métaphore est issu de la rhétorique, qui en étudie la constitution, les types, l'usage. La linguistique découvre dans la métaphore un aspect fondamental du langage. Les sciences humaines la situent dans le contexte de la formation des symboles. La psychologie s'intéresse à travers la métaphore aux relations entre le langage, le psychisme, les connaissances et les sentiments, la sociologie à son importance dans la communication et aux conditions dans laquelle elle peut être comprise dans un groupe humain.

Définitions

Les divergences de définition de la métaphore concernent l'extension du concept.

Le philosophe grec Aristote est le premier, dans sa Poétique (certainement vers -347), à évoquer la métaphore comme procédé majeur de la langue. Il explique ainsi l'origine de l'étymologie de la figure, qui renvoie à la notion de transport : « La métaphore consiste à transporter le sens d'un mot différent soit du genre à l'espèce, soit de l'espèce au genre, soit de l'espèce à l'espèce, soit par analogie »4.

Pour Cicéron « La métaphore est une comparaison abrégée, et renfermée dans un mot mis à la place d'un autre5 ». Quand la langue ne fournit pas de terme propre à exprimer la chose, les métaphores sont « comme des espèces d'emprunts par lesquels nous allons trouver ailleurs ce qui nous manque. D'autres, plus hardies, ne sont pas des signes d'indigence, mais répandent de l'éclat sur le style6 ». L'usage et l'effet de ces ornements persuasifs sont l'objet principal de son étude. Il note qu'Aristote range sous le nom de métaphore les catachrèses ou abus de mots, les hypallages, qui sont des substitutions croisées, et les métonymies, dans lesquelles le terme qu'on remplace est dans une relation de dépendance à son remplaçant7.

César Chesneau Dumarsais définit la métaphore comme « une figure par laquelle on transporte, pour ainsi dire, la signification propre d'un mot à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans l'esprit8 ». Le rhétoricien français Pierre Fontanier, qui a entrepris de dénombrer et classer les figures de style, la définit au début du XIXe siècle comme l'emploi d'« un mot dans un sens ressemblant à, et cependant différent de son sens habituel9 ».
Exemple :

Le verbe « dévorer », dont le sens premier est « manger en déchirant avec les dents », ou « manger avidement », prend un autre sens dans le vers suivant :

« Le remords dévorant s'éleva dans son cœur…10 »

Les auteurs qui suivent Aristote considèrent que métaphore est synonyme de trope et désigne toute figure de « déplacement » du sens d'un mot. Les auteurs qui suivent Dumarsais n'applique le terme métaphore qu'aux tropes qui ne sont pas définis par ailleurs (synecdoques, métonymies, métalepses). Les auteurs du Groupe µ analysent la métaphore comme le produit de deux synecdoques11. La question de savoir ce qu'est ce « déplacement », et par rapport à quoi, est bien plus épineuse.

La question de la métaphore a aussi préoccupé les grammairiens et rhétoriciens arabes. Leur définition se base, comme celle des rhétoriciens grecs, sur l'écart entre le sens métaphorique et le sens ordinaire, et l'effort que doit consentir le récepteur pour comprendre12.
Classification
Articles détaillés : Trope (rhétorique) et Métaphorologie.

Cicéron compte la métaphore parmi les figures de mots, comme le calembour13. Pour les rhétoriciens modernes, la métaphore est une « figure de sens ».

Un « trope » est une figure qui consiste à détourner un mot de son sens habituel (ou propre)a. César Chesneau Dumarsais décrit la métaphore, avec les métonymie et les synecdoques, comme une figure de la classe des tropes. Pour Pierre Fontanier, elle est un « trope par ressemblance »b

L'utilité de classer les figures, et surtout, la pertinence de la notion de déplacement ou de détournement d'un mot sont objets de controverses. Il est en effet difficile de déterminer rigoureusement ce qu'est un « sens propre » ou un usage où il n'y ait pas la moindre trace de figure de style15.

En rhétorique, la métaphore est considérée comme une figure « microstructurale » : son existence est manifeste et isolable au sein d'un énoncé et n'en dépasse pas souvent les limites formelles (la phrase).

La métaphore est un procédé rhétorique doté d'une portée argumentative, c'est-à-dire qu'elle vise à rapprocher l'opinion de l'auditeur de celle de l'orateur. Elle suppose la coopération des auditeurs, et des enjeux de persuasion et conviction16.
Types de métaphores

Les linguistes et les rhétoriciens ne sont pas unanimes sur la nécessité de classer rigoureusement les tropes, ni autour d'une typologie des différentes métaphores. Cependant, on peut distinguer deux formes principales :

la métaphore dite « annoncée »
la métaphore dite « directe ».

Au-delà de ces types simples, la métaphore « filée » se base sur des rapprochements successifs.
Métaphores annoncées :

« Je me suis baigné dans le poème de la mer. » (Arthur Rimbaud).

« Vieil Océan, ô grand célibataire. » (Comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror, Chant I).

La métaphore annoncée signale un rapport entre deux choses en rapprochant les expressions qui les signifient. Elle se nomme également la « métaphore explicite » ou « métaphore par combinaison » ou in præsentia (« présente dans l'énoncé » en latin). Elle ressemble beaucoup à une comparaison.
Métaphores directes :

« C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes » Lamartine17 (compare la nuit à un oiseau, sans que ce mot n'apparaisse.)

« Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. »

Le poète Arthur Rimbaud compare les rimes aux cailloux — ou aux miettes de pain que les oiseaux mangeront — que sème le personnage du conte du Petit Poucet pour retrouver son chemin. Au lecteur de constituer l'analogie.

La métaphore directec lie deux réalités au moyen d'un mot précisé, mais où un des termes est sous-entendu. Elle se dit également « métaphore contextuelle » ou métaphore in absentia ou encore « métaphore indirecte ». On la retrouve principalement dans le langage populaire ; mais aussi quand on exige délibérément un effort de compréhension, comme dans l'argot, et dans la poésie de style symboliste ou hermétique, qui la cultivent.
Métaphore pure :

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes. » (Paul Valéry18)

Seul un élément du contexte, le titre du poème — « Le Cimetière marin —, permet de comprendre que l'auteur évoque la surface de la mer parcourue de voiles blanches de bateaux.

La « métaphore pure » — ou par remplacement — est un type de métaphore directe extrême. Seul le mot métaphorique y est présent ; le contexte permet de l'interpréter.

« Nuages de mes torsades, brumes de mes tempes, plus noires que l'aile des corbeaux…
Mes lotus d'or se laissent deviner, voilés d'une gaze écarlate
Ne me prends pas pour la fleur commune, qui pousse au-delà de l'enclos. »

— Kouan Han-k'ing, Trois poèmes d'amour.

Ici, le contexte culturel (poème chinois du XIIIe siècle) et le thème (poème d'amour) permettent l'interprétation des métaphores : « lotus d'or » étant une métaphore usuelle pour les « petits pieds » (critère de beauté à l'époque et symbole de féminité) et les nuées (par les mots « nuages » et « brumes ») évoquant littérairement les rencontres amoureuses19. Ces métaphores pures sont usuelles et culturelles, comme dans l'expression « L'astre du matin » pour le soleil levant, et sont souvent communes à diverses cultures. On retrouve ainsi en anglais par exemple l'expression également présente en français « to break the ice » (« casser la glace »).
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Une métaphore filée : le poème Hymne à la beauté de Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
Métaphores filées :

Le vers de Victor Hugo1

« Cette faucille d’or dans le champ des étoiles »

se comprend par trois analogies visuelles : le « champ des étoiles », rapproche les étoiles des fleurs et le ciel d'un champ ; et du coup, la « faucille » de la lune. Un quatrième rapprochement se fait jour avec l' « or » une fois la lune identifiée, avec la serpe d'or des druidesd ; car la lune est plutôt d'argent. L'or solaire convient mieux à « l'éternel été » des dieux, évoqués dans les vers précédents. Ce dernier rapprochement est caractéristique de la métaphore filée.

« Adolphe essaie de cacher l'ennui que lui donne ce torrent de paroles, qui commence à moitié chemin de son domicile et qui ne trouve pas de mer où se jeter »

Honoré de Balzac21 rénove en la filant la métaphore usée qui associe un discours incessant à un torrent auquel rien ne résiste. Il compare le cours de cette eau tumultueuse au trajet vers le domicile, et indique que le discours ne s'arrête pas pendant le trajet par la référence à la mer, dont l'eau est plus calme.

« La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les coups de trois heures du matin. (…) Comme l’aube pointait, ils l’ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. C’était trop tard. »

Jean Giono22 commence par une métaphore annoncée qui relie le feu, dont il est question, et une bête. Les adjectifs qui la décrivent, « souple », « robuste », « joyeuse » s'appliquent tous à l'incendie, auquel ramène la seconde métaphore qui rapproche la bête, donc le feu, et le torrent. Le rapport entre feu et torrent serait, s'il était direct, plutôt usé.

La métaphore filée est constitué par un enchaînement de comparaisons implicites. En anglais, on parle d' extended metaphor, ou de conceit. Selon Michael Riffaterre il s'agit d'« une série de métaphores reliées les unes aux autres par la syntaxe - elles font partie de la même phrase ou de la même structure narrative – et par le sens : chacune exprime un aspect particulier d'un tout, chose ou concept, que représente la première métaphore de la série »23. Lorsqu'elle se fonde sur la narration, on parle de « métaphore diégétique ». Il s'agit, selon Gérard Genette24, d'une métaphore liée à la structure narrative du texte. Les comparants sont alors empruntés au contexte diégétique. Par exemple, Genette cite un passage où Proust dit à propos du clocher de Combray : « doré et cuit lui-même comme une plus grande brioche bénie, avec des écailles et des égouttements gommeux » et ce après l'épisode de la messe, à l'heure des pâtisseries25.
Métaphore proportionnelle :

« la vieillesse est le soir de la vie »

Cette métaphore exprime en peu de mots l'idée que dans la durée de la vie, la vieillesse commence et se termine à des moments comparables à ceux qui commencent et termine le soir dans la durée du jour. La puissance d'évocation de cette métaphore apparaît quand on considère la baisse de la luminosité et le refroidissement atmosphérique en fin de journée. La lumière s'associe fréquemment à l'intelligence et la chaleur, à la pulsion sexuelle ; tandis que la vieillesse s'accompagne d'une diminution des capacités mentales d'une baisse de la pulsion sexuelle. Cette métaphore concerne donc, d'un coup, au moins trois couples de grandeurs.

Dans la métaphore proportionnelle, appelée aussi homologie, la propriété que l'expression évoque pour associer ses termes est une grandeur qu'on peut classer sur une échelle de la « plus petite » à la « plus grande »e26.
Métaphore et comparaison

La métaphore apparaît superficiellement comme une comparaison. La comparaison affirme la ressemblance de deux réalités en reliant les deux termes qui les désignent par une locution appelée le « comparant »f.
Comparaison :

« La terre est ronde comme une orange »

La comparaison est explicite : le comparant « est comme » relie les deux réalités « terre » et « orange », la propriété « ronde » permet de comprendre leur similitude, qui n'est pas évidente quand on regarde la terre sous les pieds et le fruit dans la main.

Au contraire, dans la métaphore, l'auditeur ou la lectrice doivent reconstituer le sens.
Métaphore :

« La terre est une orange bleue dans l'espace »

La comparaison est implicite : la propriété « ronde », qui la fonde, n'est pas dite. C'est à vous de la comprendre. Cette métaphore devenue cliché n'est sûrement pas comprise par quelqu'un qui n'a jamais vu de photographie de la terre vue de l'espace.

Dans la métaphore, « figure de la ressemblance », les comparaisons sont implicites. Aucun comparant ne guide le récepteur pour lui donner un sens, qu'il faut trouver dans le contexte. La métaphore étant une figure de l'ambiguïté, le contexte laisse un vaste champ possible d'interprétations, en raison, d'une part, de la disparition des mots supports, et d'autre part à cause de la connotation : « [elle] sentait que cette pensée y avait sauté en même temps et s'installait sur ses genoux, comme une bête aimée qu'on emmène partout » (Marcel Proust, Du côté de chez Swann).
Le contexte de la métaphore :

« mon chauffeur de taxi a fumé quatre centimètres de son obélisque27 »

On peut imaginer un obélisque fumant ; mais cela est peu vraissemblable dans une scène où aucun élément surnaturel ne guide vers une interprétation littérale. On comprend que l'objet fumé est bien de forme allongée et de grande taille, ce n'est donc pas une cigarette mais le cigare dont il est question quelques lignes auparavant, que l'auteur aurait pu, de façon plus convenue, dire « monumental ». Le lecteur habituel de Frédéric Dard aura pu hésiter un instant, l'auteur appliquant avec une certaine récurrence la métaphore de l'obélisque au pénis.

Pour Patrick Bacry28, la métaphore se présente sous la forme schématique :
mot normal (le comparé) + le mot métaphorique (le comparant)g.

La comparaison n'affecte pas le sens des mots qu'elle articule29. Dans « Eugène était brave comme un lion », ni « brave » ni « lion » n'ont un sens différent de celui qu'ils ont ordinairement ; la comparaison n'affecte qu'Eugène. Désigner Eugène par la métaphore « ce lion » peut, selon le cas, signifier qu'il est un dandy, que ses cheveux et barbe clairs et longs ressemblent à la crinière d'un lion, qu'il a la bravoure proverbiale de ce fauve, ou, par ironie, qu'il en est entièrement dépourvu ; à moins qu'Eugène ne soit cité parmi les pensionnaires d'un parc zoologique — on aurait alors affaire à une métaphore particulière appelée synecdoque. Le mot « lion » n'appelle plus nécessairement l'idée de l'animal, mais celle de ses qualités qui pourraient s'appliquer à Eugène. Il se peut que la métaphore s'applique à la fois à plusieurs qualités.

L'intérêt de la métaphore est d'attribuer au sens du terme qu'elle décrit certaines nuances, et pas n'importe lesquelles, qui appartiennent au terme qu'elle lui accole et qu'une simple comparaison ne pourrait expliciter. Ces nuances, ou sèmes, ajoutent du sens au langage. Elle active la polysémie du mot et l'associe à des symboles culturels précis. La métaphore est souvent une métaphore, une métonymie exactement, pour le trope et même pour le symbole en général30. Pour Patrick Bacry, au contraire, il faut réserver le terme de « métaphore » à une apposition stricte de deux mots remplaçants des mots attendus. Selon lui, toute autre forme tend à se confondre avec la comparaison31.

La comparaison met en jeu deux mots de catégories lexicales homogènes : au contraire, dans « Eugène est un lion », « Eugène » et « lion » sont respectivement un nom propre et un substantif. La phrase « Eugène est comme un lion » passerait pour une comparaison, si l'on se fiait à la différence morphologique de la présence d'une locution comparative. Mais la différence de nature des termes en jeu oblige à la considérer comme une métaphore.
Combinaison de métaphore et de comparaison :

« cet homme (...) mordant et déchirant les idées et les croyances d'une seule parole [métaphore], comme un chien d'un coup de dents déchire les tissus avec lesquels il joue [comparaison] »

— Maupassant, Auprès d'un mort.

La présence ou non d'un terme comparant ne suffit pas à distinguer ce qui relève de la métaphore de ce qui relève de la comparaison : le contexte et l'effet recherché par le locuteur renseignent bien davantage sur la portée de la figure.

Pour Georges Molinié32, pour passer de la comparaison à la métaphore plusieurs transformations successives sont nécessaires, ce qui explicite bien le fait que la métaphore enrichit le sens, là où la comparaison est assez pauvre. Soit la comparaison :

état 1 : « Cet homme est rusé comme un renard »
état 2 : « Cet homme est un renard rusé » exprime le trope dans son état pur (l'homme rusé dont il est question ne s'est pas transformé, il s'agit d'une analogie) à travers une métaphore in præsentia car les comparés et le comparant sont encore présents dans l'expression.
état 3 : « Cet homme est un renard » est une métaphore in præsentia également, cependant la qualité a disparu ; c'est ici au lecteur, au moyen du contexte, d'interpréter la portée de l'expression.
état 4 : « Cet homme est un vieux renard » est une métaphore mettant en avant un trait sémique (le qualificatif « vieux » est connoté comme un trait de malignité).
état 5 : « Nous avons affaire à un vieux renard » est une métaphore in abstentia puisque la mention explicite du comparé a disparu, et qu'il ne reste que le comparant. L'effort d'interprétation est ici maximal.
état 6 : « Le vieux renard nous a tous bernés » est aussi une métaphore in abstentia, mais elle est ici absolue et fonctionne comme une preuve démonstrative dont le prédicat est « nous a tous bernés ».

Métaphore et autres figures de l'analogie
Hans Baldung, Les sept âges de la femme
Articles détaillés : personnification et allégorie.

La polysémie de la métaphore en fait une figure générale, qui fonde d'autres procédés analogiques comme l'allégorie, qui rend concrète une idée abstraite, et la personnification, qui présente tout objet sous forme humaine. Les rapports entre ces figures sont très étroits33, bien que la métaphore n'implique que quelques mots, alors que personnification et allégorie impliquent des textes entiers. Une allégorie est souvent une métaphore poursuivie dans la longueur d'un texte.
La Faucheuse :

L'allégorie célèbre de la Mort comme faucheuse, et concrétisée sous les traits d'un squelette, est par exemple une somme de métaphores : le squelette pour la décomposition, la chute des épis pour la chute des corps humains et la chute pour la mort, le noir du costume au deuil, etc.

Il en est de même pour la personnification, mais avec moins d'emphase ou d'hyperbole : les entités non humaines sont ainsi représentées sous une forme humaine.
Usages

La métaphore est un recours fréquent dans tous les types de discours pour éviter la répétition d'un terme ou d'un nom, tout en insistant sur un aspect de la caractérisation. Un journaliste peut ainsi d'abord présenter une personne, puis la mentionner par des périphrases qui sont souvent autant de métaphores : « le témoin », « l'infirmière », « l'automobiliste », selon la circonstance.

La métaphore produit d'innombrables rapprochements entre les choses qu'évoquent deux termes, ainsi que le note le poète français Pierre Reverdy dans Le Gant de crin : « L'image est une création pure de l'esprit (…). Plus les rapports des deux réalités rapprochées sont lointains et justes, plus l'image sera forte, plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique ».

Paul Ricœur considère la métaphore comme le produit d’une libre invention du langage. Les herméneutes la définissent comme le remplacement d'un lexèmeh par un second, présentant avec le premier un ou plusieurs sèmes communs. Ainsi le travail métaphorique repose sur la tension entre ces sèmes communs ou opposés que le locuteur veut pourtant, par la figure, faire se ressembleri. Le décalage crée donc l'intérêt de l'image34.
Cliché, lieu commun, métaphore morte, catachrèse
Articles détaillés : Topos (littérature), Cliché, Lieu commun, Stéréotype et Catachrèse.

Certains professionnels du langage peuvent chercher à se distinguer en trouvant de nouvelles métaphores ; quand une plaît, elle « court le monde », on l'entend partout. D'autres personnes s'identifient à leurs milieux (d'autant plus qu'ils n'en font pas partie par certains aspects) en n'utilisant que les métaphores reçues, clichés et lieux communs.
Illustration au pied de la lettre du cliché anglais « It's raining cats and dogs »

Les métaphores passées dans le langage courant et devenues une tournure figée sont des clichés ; il s'agit souvent de métaphores annoncées comme dans « Le temps c'est de l'argent » ou dans « Bruges, la Venise du Nord ». Elles peuvent passer d'un langage à l'autre : l'anglais « life is a journey » se retrouve en français « la vie est un voyage ». Dans beaucoup d'autres occasions, la traduction littérale échoue : l'anglais dit « It's raining cats and dogs » (littéralement : il pleut des chats et des chiens.), mais il faut traduire en français « Il pleut des cordes » ou « Il pleut des hallebardes ». Il arrive même que la traduction littérale d'un cliché donne une métaphore efficace, mais qui amène un sens équivoque ou différent de celle de la langue d'origine.

Ces métaphores sont souvent issues des milieux artistiques et intégrées à la langue et au parler populaire. La métaphore « un beau ténébreux » pour désigner un homme aux cheveux et yeux noirs, ou bien mélancolique et rebelle, est déjà attestée dans le roman de chevalerie Amadis de Gaule (XVIe siècle).
Métaphores mortes :

L'expression « courir un danger » est une métaphore morte.

L'expression « courir un danger » est à l'origine une métaphore, dont l'origine est perdue. Peut-être vient-elle de la chasse à courre, où le chasseur peut souffrir de l'animal qu'il pourchasse ; peut-être de la navigation maritime où « courir une route » est une métaphore « courante » pour « naviguer dans une direction » qui peut être celle d'un obstacle dangereux. Ces origines supposées n'ont pas d'influence sur l'usage général de cette expression. L'emploi de « courir » est une catachrèsej.

L'expression « métaphore morte » est une métaphore dont l'étude révèle un jugement de valeur. Une métaphore morte se définit comme une « métaphore lexicalisée, dont la qualité figurative et poétique n'est plus ressentie36 ». Quand une métaphore passe dans le langage « courant », qu'elle « court » partout, qu'elle « a cours » dans tous les milieux, elle est lexicalisée. Paradoxalement, plus elle court, plus elle est morte. Le choix d'une métaphore pour décrire cette situation alors qu'il existe des qualificatifs propres (banale, vulgaire, vernaculaire), et la sélection de la référence peuvent surprendre. « Métaphore domestiquée » ou « neutralisée » auraient indiqué, avec moins d'emphase, la diffusion et l'absence de surprise d'une telle métaphore. Il faut en conclure que pour ses premiers auteurs, seule la littérature est vivante, et que, non moins paradoxalement, la langue vernaculaire est une langue morte.

Quand une métaphore passe dans le langage courant, et qu'on perd de vue le sens premier du mot, on parle de métaphore morte et parfois de catachrèse. Le mot ou l'expression prend alors un sens nouveau, la métaphore est lexicalisée37. Ainsi trouvera-t-on dans le dictionnaire français la définition du « pied » d'un meuble ou de l'« aile » d'un avion ; d'autres langues témoignent de ce que ce rapprochement n'est pas le seul possible. Le pied d'un meuble est une jambe en anglais (« a table's leg »).
Littérature

La métaphore est une figure majeure en littérature, comme l'exprime Denis de Rougemont dans L' Amour et l'Occident : « Dès l'Antiquité, les poètes ont usé de métaphores guerrières pour décrire les effets de l'amour naturel. Le dieu d'amour est un « archer » qui décoche ses « flèches mortelles ». La femme « se rend » à l'homme qui la « conquiert » (...) ». Elle fait intervenir d'autres concepts linguistiques, comme les champs sémantiques, l'isotopie ou l'analogie et la connotation, en rendant même parfois très complexe le décodage (on parle alors de poésie — ou de style, pour la prose — « hermétique ») comme dans :

« Soir de Paris ivre du gin
Flambant de l'électricité. »

— Guillaume Apollinaire, La Chanson du mal-aimé

Cette métaphore fait référence ainsi au monde moderne du Paris électrique, mais ses associations sont aujourd'hui difficiles à saisir, en raison du renvoi au vers suivant de l'adjectif qualifiant le gin, et de la présence de deux éléments caducs, le gin flambé, qu'il était à la mode de servir dans les cafés, et la nouveauté de l'électricité. Le poète établit un double parallélisme, entre la flamme bleue de l'alcool flambant, et la lumière électrique, bleue en comparaison de celle du gaz ou plus encore de la bougie ; et entre l'agitation urbaine désordonnée du soir, l'ivresse et la rapidité de l'électricité.

Les métaphores sont des audaces de rapprochement de termes qui dérangent les habitudes de langage du lecteur. La littérature a ainsi apporté à la culture et à la conscience linguistique populaires des métaphores célèbres, devenues à terme clichés : « Le lac, divin miroir. » (Alfred de Vigny), « Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits » (Paul Éluard), « Tu es la terre qui prend racine » (Paul Éluard) ou « le chant grave de la forêt ondulait lentement » (Jean Giono).

La métaphore permet souvent de dépasser l'analogie pour réaliser une identification, créant une autre réalité. Selon le philosophe Michel Meyer, elle « est la substitution identitaire par excellence, puisqu'elle affirme que A est B38. ». Elle permet de lier l'âme du poète au monde dans le Romantisme ou dans le Symbolisme. Ainsi, Charles Baudelaire use de la métaphore comme du seul instrument permettant de décrire le fond humain. Le poète tente par la métaphore de transcrire un sentiment unique, et, hormis les clichés, chaque figure est propre à la subjectivité de l'auteur. Lorsque ces figures se lient à d'autres, comme l'oxymore ou l'hyperbole, elles établissent un vaste réseau de significations, mi-symbolique, mi-affectif, qui prend le nom d'isotopie littéraire. D'autres figures peuvent être apparentées à des métaphores : l'harmonie imitative ou la synesthésie littéraire, par exemple. Victor Hugo est de ceux qui font un usage immodéré, mais toujours créateur de sens et d'images, de la métaphore. Associée avec l'oxymore, elle lui permet de mettre en lumière des réalités que des mots seuls ne peuvent traduire : « Les cœurs sont le miroir obscur des firmaments. »39.

Par la métaphore donc le poète permet l'existence d'un sens nouveau, même en apparence absurde comme dans la métaphore surréaliste qui rapproche deux réalités qui ne possèdent aucun point commun et qui est, selon le mot de Lautréamont, « la rencontre sur une table de dissection d'un parapluie et d'une machine à coudre », réalité que peu de figures peuvent exprimer. Gaston Bachelard dit ainsi qu'elle permet de rechercher « un avenir du langage »40. Cette fonction de la métaphore se retrouve dans d'autres disciplines comme les sciences ou la politique.
La métaphore dans le discours scientifique

L'épistémologie classique, dont l'expression la plus pure est mathématique, exclut rigoureusement la métaphore. Le discours scientifique doit être réfutable, c'est-à-dire qu'on doit pouvoir prouver qu'un énoncé est soit vrai, soit faux. À ce titre, la métaphore a, dans la présentation scientifique, mauvaise réputation. On ne peut pas dire qu'une métaphore soit vraie ou fausse : son interprétation dépend du récepteur. Pour Gaston Bachelard, la conceptualisation se construit contre l'image. Mais la capacité de conviction du langage imagé, et le potentiel expressif de la rhétorique sont difficiles à éviter, même dans le discours scientifique. Dans la deuxième moitité du XXe siècle, un courant épistémologique a réévalué la rhétorique. La pensée logique, en effet, est tout à fait incapable de fonder l'intuition, la découverte, qui constituent l'heuristique41.

Les disciplines didactique, emploient des métaphores (souvent filées) afin d'expliquer les modèles scientifiques comme ceux relatifs au Big Bang, à la physique quantique, etc. Par ailleurs, nombre de philosophes ont recours à des allégories tels Platon et sa « caverne » ou encore Buridan et son ânek. Il ne s'agit pas de clichés au moment de leur utilisation, mais d'images permettant de véhiculer une idée ou une théorie.
Les modèles cosmologiques utilisent des métaphores heuristiques.

La métaphore est entrée au sein de l'épistémologie pour illustrer comment les modèles se situent et fonctionnent par rapport aux théories scientifiques, et comment une terminologie théorique est introduite dans le langage scientifique. Julian Jaynes en fait d'ailleurs un argument central de sa théorie de la conscience comme métaphorisation du réel43. Toutes les disciplines sont ainsi créatrices de métaphores : la biologie44, dans la théorie de l'évolution (le « chaînon manquant » de Charles Darwin, l'arbre comme image de la phylogénèse), en physique (le modèle de Maxwell et son démon), en écologie (l'hypothèse Gaïa) et en astrophysique (la théorie des cordes par exemple).

Les métaphores organiques, mécanistes, rituelles, théâtrales, ludiques, cybernétiques, etc. sont un mode d'expression récurrent en sociologie, notamment pour la construction de modèles descriptifs des phénomènes45. Le recours aux métaphores permet d'extraire des structures et des outils conceptuels issus d'autres champs pour les réutiliser dans un contexte distinct, comme c'est par exemple le cas pour la théorie des jeux. Ce procédé est particulièrement visible chez des auteurs comme Erving Goffman46.
Dans la langue des signes

Dans le langage des signes, on retrouve des gestuelles fondées sur la métaphorisation. Dans Le corps et la métaphore dans les langues gestuelles : À la recherche des modes de production des signes, Danielle Bouvet (1997) analyse le mode de production des signes de la langue des signes française et montre que les métaphores construites par référence au corps permettent de constituer un vocabulaire abstrait qui coïncide souvent avec des expressions imagées du français parlé et écrit.
Métaphore et discours

La stylistique a pour objet d'étudier les effets du discours dans l'énoncé et en communication. Le contextel littéraire, énonciatif et culturel seul permet de cerner la nature et la portée de la métaphore, qui mélange deux champs sémantiques, parfois suivis d'une comparaison. Le transfert qu'elle permet entre deux termes fut souvent à l'origine de la « théorie de l'écart », qui ambitionnait d'expliquer le style par un écart envers la norme ou envers l'usage minimal du langage. Cette vision fut abandonnée, notamment lorsque les recherches modernes établirent que ce transfert sémantique a une fonction stylistique destinée à amplifier le discours47.
Une connivence entre le locuteur et l'interlocuteur

La métaphore repose souvent sur des clichés, des lieux communs ou des allusions qui se retrouvent à toute époque. Dès lors, elle produit des effets affectifs qui apparaissent dans la poésie, les jeux du langage, et en rhétorique ; en cela sa réception dépend d'une connivence entre le locuteur et l'interlocuteur. L'ironie utilise cette connivence (chez Voltaire par exemple), comme les journaux et les jeux de mots. En poésie, le pacte de connivence (que Gérard Genette étudia, surtout dans le genre autobiographiquem) est beaucoup plus ambigu, et nécessite de la part du lecteur un effort de décodage qui fait toute la spécificité littéraire et symbolique des images poétiques.

La stylistique se donnant comme objet le texte, elle étudie surtout les effets sur l'interlocuteur, et les moyens mis en œuvre par le locuteur pour cela, dans un cadre macro-structural. La métaphore filée est ainsi une métaphore privilégiée pour l'analyse de texte : elle peut en effet se fonder sur une gamme plus variée de moyens linguistiques et stylistiques. Néanmoins, on ne peut parler dans son cas de véritable métaphore, mais d'une juxtaposition de métaphores. Grâce à cette figure de pensée, l'auteur peut faire coïncider deux réalités distinctes dans la conscience du récepteur ; c'est pourquoi, d'après le linguiste Roman Jakobson, elle est propre au fonctionnement du discours. Pratiquement, la métaphore permet une concentration du sens et non un véritable changement de sens et il y a donc polysémie (ajout d'une désignation sur un sens). Elle met en œuvre une activité qui s’affirme d’une façon symbolique et contribue à faire voir quelque chose qui ne se donne pas entièrement par des signes linguistiques. Elle renseigne sur la vision du monde propre à l'auteur à travers les grandes structures récurrentes dont il parsème son texte, tels l'isotopien, les champs sémantiques ou lexicaux.
Une aide à la conceptualisation

Catherine Fromilhague rappelle que pour la sémantique cognitive, la métaphore est une figure qui peut être employée au service de la connaissance, « notre système conceptuel ne pouvant formuler certaines idées abstraites et subjectives que par le biais des métaphores48 » ; elle permet ainsi de « lever le voile » de certains phénomènes inconnus ou difficiles à expliquer et à traduire. La poésie symboliste montre, par son manifeste esthétique, que la métaphore est au service de la révélation d’un inconnu et du mystère de la Nature. Le discours scientifique l'utilise souvent, afin de représenter, dans un but pédagogique, des concepts ou des modèles.

La métaphore aide à conceptualiser ce qui ne peut pas être compris par la désignation (ou connotation stricte), et relevant notamment des sentiments et de la pensée. George Lakoff et Mark Johnson (en) ont ainsi montré qu'elle est un auxiliaire linguistique à la conceptualisation49. Au sens propre, elle permet en effet de rendre compte d'une réalité que la grammaire ne peut assumer : la métaphore « Jean est un lion » est acceptable comme figure de style, alors que l'énoncé « Jean est le lion » est logiquement faux. Dans l'expression métaphorique, le sens de la phrase n’est plus la somme des sens des éléments : on parle alors de « sens métaphorique ». Dans nombre de textes, comme dans les poèmes, elle permet ainsi de signifier un paradoxe que des mots non métaphoriques ne peuvent exprimer. Des linguistes et philosophes comme Paul Ricœur, Cornelius Castoriadis et Jacques Derrida, ont proposé une approche transdisciplinaire, la métaphorologie, étude des métaphores comme produits sémiotiques et cognitifs.
Un mode fondamental du discours

La métaphore exprime « l'énigmatique : ce qu'elle dit ne peut être pris au pied de la lettre. Elle est une façon de dire le problématique au sein du champ propositionnel. Elle se situe à mi-chemin entre l'ancien, qui n'a plus à être énoncé puisque connu, et le nouveau, qui est irréductible aux données dont on dispose, puisque nouveau. Bref, la métaphore négocie l'intelligibilité des situations et des émotions nouvelles par rapport aux anciennes, dont elle modifie le sens tout en le préservant: et c'est cette dualité que l'on retrouve dans les expressions métaphoriques50. ». Patrick Bacry développe : « substitution, dans le cours d'une phrase, d'un mot à un autre mot situé sur le même axe paradigmatique – ces deux mots recouvrant des réalités qui présentent certaine similitude, ou qui sont données comme telles51 » comme dans : « (..) une mélancolie secrète et profonde régnait dans cette volière striée de rires » (Albert Cohen) ou dans « S'envoler, sous le bec du vautour aquilon » (Victor Hugo). La figure joue sur la fonction référentielle du langage.

La translation linguistique qu'opère la métaphore se révèle une structure fondamentale du discours. Elle intervient sur son « axe paradigmatique », qui correspond à l'ensemble des vocables dont le locuteur dispose, et sur son « axe syntagmatique », qui correspond aux combinaisons des mots entre eux pour former une phrase compréhensible selon les règles de la langue. Cette organisation est universelle ; Roman Jakobson, qui l'a formalisée, a clairement établi le rapport qui existe entre cette structure et les figures. On parle du « modèle de la métaphore » en linguistique structurale52.
Schéma de la métaphore comme déplacement de sens sur les axes linguistiques53.

Toutes les combinaisons sont possibles dès lors qu'elles respectent la « cohérence syntaxique », sans laquelle la phrase est a-grammaticale et incompréhensibleo. Le critère de la « cohérence sémantique » n'est que secondaire : combiner des mots entre eux, si les règles de syntaxe sont observées, peut aboutir à des énoncés cohérents, suivant le contexte dans lequel ils naissent. C'est le cas des énoncés poétiques comme « La terre est bleue comme une orange » de Paul Éluard54. Le locuteur peut opérer un choix inattendu sur l'axe paradigmatique : au lieu du mot attendu par le contexte, il choisit un autre mot n'ayant pas de rapport sémantique direct avec le reste de la phrase, créant une ambiguïté. Ce déplacement enrichit l'expression et fait naître un effet stylistique caractéristique de la figure de style.

Dans la métaphore de Victor Hugo : « cette faucille d'or1 », « faucille » renvoie au croissant de lune. Hugo opère un déplacement de sens en déplaçant un mot : « croissant », qui est remplacé par « faucille » et qui renvoie aux sèmes communs qui existent entre l'astre et l'outil, à savoir la forme en demi-arc de cercle. Le schéma ci-joint montre le déplacement opéré et le résultat, ainsi qu'un exemple de choix que peut avoir le locuteur dans le paradigme. L'interlocuteur a ainsi en conscience les deux mots renvoyant au sens de « croissant de lune », l'un explicite, l'autre implicite. La métaphore permet ainsi de présenter en un seul mot le sens de deux mots, par un phénomène de déplacement de sensp.

Selon les combinaisons retenues, le locuteur aboutit à différents types de relations : à la place du partitif « d'or », le poète aurait pu dire, par exemple, « d'argent », ce qui relève tout aussi bien du champ sémantique des couleurs. On peut imaginer ensuite d'autres types de relations, principalement l'hyperonymieq, l'antonymier et l'homonymies. Former une métaphore consiste ainsi à opérer une relation entre des mots choisis (axe paradigmatique ou paradigme) au moyen de ces trois catégories de relation, étant toutes sur l'axe syntagmatique. Le Groupe µ y repère comme caractéristique principale cette faculté de substituer des entités linguistiques à laquelle il donne le nom plus générique de « métaplasme »t.
Les axes syntagmatique et paradigmatique de la langue, d'après Roman Jakobson.

Jakobson propose ainsi que la métaphore soit un processus de substitution effectif (elle met en œuvre la « fonction poétique » du langageu) opéré sur l'axe paradigmatique ; c'est-à-dire qu'elle réalise un effet stylistique comparable à une impropriété puisqu'elle lie deux termes sémantiquement disjoints. C'est pourquoi nombre d'expressions métaphoriques sont perçues comme des manipulations déroutantes de la langue et du sens, surtout dans le cas des métaphores aboutissant à des personnifications (« Cette architecture parle au visiteur ») ou à des chosifications (« Cet homme est un roc »).
Analyse linguistique de la métaphore

Chaïm Perelman et Lucie Olbretchts-Tyteca distinguent dans une métaphore trois éléments dont deux présents dans le discoursv :

le thème, ou comparé, qui est le sujet dont on parle ;
le phore (signifiant porteur en grec) ou comparant qui est le terme mis en relation avec ce sujet.
le motif ou tertium comparationis qui est l'élément ressemblant — ou analogue — sur la base duquel les deux premiers sont liés, appelé qualité et constituant le trait sémique qui fait l'objet du transfert de sens. Ce troisième élément, implicite, est décodable par le contexte culturel et symbolique et par le cotextew.

Le verbe est le mot support privilégié de la métaphore, en raison de sa valence, c'est-à-dire de sa capacité à accueillir des constructions syntaxiques : plus un verbe a de constructions syntaxiques variées, plus il est candidat à la métaphore. Les verbes de mouvement ou d'action, les verbes de pensée également, permettent ainsi une multitude de sens métaphoriques. Les mots comparants et comparés peuvent être reliés par d'autres moyens syntaxiques que ceux mis en œuvre dans la comparaison. Pierre Fontanier insiste sur son universalité et sa grande productivité au sein du discours : « La métaphore s'étend bien plus loin sans doute que la métonymie et que la synecdoque, car non seulement le nom, mais encore l'adjectif, le participe et le verbe, et enfin toutes les espèces de mots sont de son domaine. »58. Comme comparants, on peut ainsi trouver :

l'apposition : « Le blanc cheval aurore59 »
l'apostrophe : « Bergère, ô tour Eiffel60 »
le verbe copule « être » : « La nature est un temple61 » ()
le verbe « sembler »x[réf. nécessaire] :

« Il arrive souvent que sa voix affaiblie
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie »

— Baudelaire, La Cloche fêlée

une formule, comme « je crois voir » :

« Dures grenades entr'ouvertes
Cédant à l'excès de vos grains
Je crois voir des fronts souverains... »

— Paul Valéry, Grenades

un mot très simple peut également créer une métaphore. Par exemple, l'emploi du mot « nuit » renvoie souvent au plaisir charnel entre deux personnes, ou connote « les faveurs d'une femme », comme dans « Ils achetèrent de leur vie une nuit de Cléopâtre » (Jean-Jacques Rousseau, Émile, IV). Dans ce genre de cas, la polysémie du mot est maximale. Le mot « nuit » peut ainsi renvoyer à d'autres thèmes et symboliques : l'obscur caché, le secret, la mort entre autres.

La métaphore est par ailleurs l'une des rares figures à être autonymique (qui peut se prendre comme objet) comme dans cette citation de Robert McKee : « Une histoire est une métaphore de la vie », qui est — en elle-même — une métaphore évoquant une métaphore. Raymond Queneau, dans Les Ziaux62, appelle ainsi la figure « un double à toute vérité » et joue sur cette spécificité :

Loin du temps, de l’espace, un homme est égaré,
Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore,
Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés,
Et les mains en avant pour tâter le décor

– D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on,
La signification de cette métaphore :
« Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore »
Et pourquoi ces naseaux hors des trois dimensions ?

Victor Hugo fait ainsi une métaphore de la métaphore lorsqu'il dit : « La métaphore, c'est-à-dire l'image, est la couleur, de même que l'antithèse est le clair obscur63 ».
La métaphore en neurosciences et en psychologie

La métaphore dépasse au XXe siècle le seul cadre linguistique pour devenir un objet d'études de psychologie du développement et de l'apprentissage, de psychologie cognitive et de neurosciences et de psychanalyse.
Apprentissage de la métaphore chez l'enfant

En psychologie du développement, on cherche à discerner à quel point de l'apprentissage du langage l'enfant devient capable de comprendre et de produire des métaphores. Les expressions caractéristiques du langage enfantin marquent souvent l'interprétation « au pied de la lettre » (une maman dit à son enfant « tu m’as laissé tomber «, l’enfant répond « où ? ») qui fait sourire l'adulte qui néglige habituellement ce sens immédiat.

La recherche sur l'apprentissage de la métaphore suppose qu'on détermine ce qu'est une métaphore, et ce qui n'en est pas ; les différences d'appréciation sur ce point sont à la source d'importantes divergences entre les chercheurs. Pour se renseigner sur le degré de maîtrise de l'enfant, on lui demande en général d'expliquer un énoncé métaphorique dont on s'est assuré qu'il comprend chacun des termes. L'âge et le degré d'éducation auxquels les enfants sont capables de répondre aux épreuves varie largement. On peut établir une échelle de difficulté entre les métaphores les plus simples et celles dont la compréhension demande une série d'inférencesy. Pour les chercheurs suivant la ligne théorique de Jean Piaget, la comparaison s'acquiert au stade de développement de la capacité à des opérations concrètes, tandis que les séries d'inférences ne sont possible qu'au stade de la pensée formelle, bien plus tard. La difficulté de l'investigation réside dans l'incertitude sur ce que l'enfant connaît des termes qui lui sont proposés. Il ne suffit pas qu'il connaisse l'objet que l'énoncé lui désigne, mais encore qu'il lui associe la propriété qu'utilise la métaphore. La compréhension de la métaphore exige des apprentissages hors du langage. La plupart des auteurs situent l'âge où l'enfant peut comprendre des métaphores entre 9 et 14 ans64.

En psychologie du développement, on observe que jusqu’à 2 ans l'enfant ne comprend pas et ne produit pas de métaphore. Ce n'est qu'à partir de 4 ans que, selon les auteurs les plus partisans de la précocité de l'interprétation, les métaphores sont comprises et produites. Après 6 ans le stade du développement de l’activité métaphorique est lié à l’émergence de l’activité métalinguistique (ou autonymique). Les composantes sémantiques sont différenciées, la différenciation permettant l'acquisition pratique des analogies et des images, constituant les réseaux sémantiques et les jeux de mots. Dès 11-12 ans la manipulation des métaphores conventionnelles et culturelles est acquise. La psychologie de l'éducation fait ainsi passer l'enfant, par le biais de l'activité symbolique permise par la métaphore, des activités linguistico-cognitives concrètes (sens immédiat, « au pied de la lettre ») aux activités linguistico-cognitives formelles, respectant le code syntaxique et les contraintes de la langue.

La métaphore est un objet cognitif témoignant du processus mental de la conceptualisation. Elle implique en effet un nouveau rapport à un univers construit, processus cognitif appelé la re-catégorisation65.

On assiste ainsi chez l'enfant pré-langagier au passage du pôle du codage au pôle de l’invention : par la métaphore l'enfant exerce une liberté linguistique. L’enfant doit être aussi capable de renvoi syntaxique, via les procédés de l'anaphore et de la cataphore.

La métaphore suppose donc l'acquisition de capacités mentales :

la capacité de catégorisation
la capacité de généralisation

Neurologie

Paul Broca en 1865 et Carl Wernicke en 1874 établissent la distinction encore actuelle du cerveau comme un double appareil neuronal : un cerveau gauche d'une part (siège des unités linguistiques et de leurs combinaisons, responsable de l'analyse) et un cerveau droit d'autre part (siège de la reconnaissance de structures syntaxiques, de la mélodie, des émotions, responsable de la synthèse et de la compréhension globale). Leurs recherches démontrent donc que les unités linguistiques sont psychologiquement réelles alors qu’elles n’ont aucune matérialité corticale, démonstration corroborée par l'imagerie moderne comme celle permise par l'imagerie par résonance magnétique.
Le cerveau et ses deux hémisphères cervicaux

Une série d'expériences cognitives et neurologiques vont ainsi, tour à tour, aboutir à isoler la métaphore comme inhérente au cerveau, et non production seule de la langue. Les aphasiques de l’hémisphère droit peuvent ainsi former la grammaire et la phonologie, mais ils ne comprennent pas les métaphores. Jean-Luc Nespoulous, chercheur au Laboratoire Jacques-Lordat, Institut des Sciences du Cerveau de Toulouse, montre pour sa part que l'absence de métaphore nuit à la compréhension d'un énoncé complexe66. Bottini (199467) de son côté évoque le rôle important que jouerait l'hémisphère droit dans l’appréciation de la métaphore : le traitement de la métaphore impliquerait des ressources cognitives additionnelles. Des expériences sur le temps de lecture, plus long pour les énoncés métaphoriques que pour les énoncés littéraux (de Janus & Bever en 1985) et sur l'influence cognitive du contexte, qui permet de mieux comprendre, et plus rapidement le sens métaphorique (par Keysar en 1989) témoignent de l'actualité des recherches sur l'origine et la localisation cérébrale de la métaphore. Bonnaud & al. (2002) montrent également que parmi une paire de mots sans lien sémantique, une paire de mots avec lien métaphorique et une paire de mots avec lien littéral, constituant leur protocole expérimental, il y a plus d’erreurs sur les mots avec lien métaphorique que sur les mots avec lien sémantique littéral.

Les recherches aboutissent à la conclusion que le traitement global est moins spécialisé que prévu, et que la métaphore naît de la coopération des deux hémisphères (cérébraux et non cervicaux comme dans la légende de la figure)68. Dans une étude publiée en 2014 dans la revue Brain69, le neurochirurgien et neuroscientifique Hugues Duffau montre que « l'aire de Broca n'est pas l'aire de la parole » et que les fonctions langagières ne sont pas tant localisées dans une aire précise que dépendantes de connexions neuronales en reconfiguration constante70.
Usages dérivés du concept de métaphore

Plusieurs domaines font du terme « métaphore » un usage élargi jusqu'à rattacher au domaine de la métaphore tout symbole et toute association mentale.
Psychanalyse
La métaphore chez Lacan
Article détaillé : Métaphore paternelle.

Lorsqu'il s'agit soit de comprendre la dynamique inconsciente d'un individu, soit de lui apporter des modèles d'enrichissement de ses dynamiques inconscientes, la métaphore a une place importante. La pratique du « soin par la métaphore » précède de plusieurs millénaires la compréhension de l'organisation de la pensée profonde par la métaphore. Jacques Lacan a ainsi ouvert la voie de l'exploration métaphorique en psychanalyse, notamment dans La métaphore du sujet (1960). Pour Lacan, « l'inconscient est structuré comme un langage », et le désir a deux façons d'être exprimé : par la métaphore ou par la métonymie. Pour Lacan, le signifiant prime sur le signifié. Ce franchissement de la barre entre signifié et signifiant se ferait pour lui par le jeu des signifiants entre eux, chez chaque individu, avec un glissement incessant du signifié sous le signifiant qui s’effectue en psychanalyse par les formules de la métonymie et de la métaphore, qu’il nomme « lois du langage » de l’inconscient. Lacan postule que l'inconscient, qui présente la même structure que le langage, peut également être défini par un axe syntagmatique et un axe paradigmatique, dans une image schématique similaire à celle que Roman Jakobson édifia pour la langue. Lacan prend ainsi comme exemple cette citation célèbre : « La langue latine étant la vieille souche, c’était un de ses rejetons qui devait fleurir en Europe ». Cette métaphore d’Antoine Rivarol dévoile la fonction psychique de celle-ci : « La formule de la métaphore rend compte de la condensation dans l’inconscient ». Par condensation, Lacan entend, (en reprenant le vocabulaire de Freud quant aux deux processus à l'œuvre dans le rêve), la substitution d'un élément par un autre, permettant d'en exprimer le côté refoulé. Autrement dit, un mot pour un autre, un mot concret pour un mot abstrait, un transfert de sens par substitution analogique, telle est la définition de la métaphore en psychanalyse lacanienne, figure de style plus fréquente et plus apte à la poésie. Lacan cite ainsi des métaphores célèbres : « La racine du mal, l’arbre de la connaissance, la forêt de symboles, le jardin de la paresse, l’écheveau du temps, l’automne des idées », ou encore « les fleurs du Mal » de Baudelaire comme des recours linguistiques exprimant une impossibilité du sujet de conceptualiser en totalité son mal et son refoulé. Lacan se démarque ainsi de la linguistique saussurienne centrée sur l'objet signe déconnecté du sujet et de son ressenti intérieur ; Lacan semble même en prolonger le paradigme épistémologique : « l’inconscient ne connaît que les éléments du signifiant » explique-t-il et il « est une chaîne de signifiants qui se répète et insiste ». Il élabore ainsi une formule mathématico-linguistique de la métaphore, qu'il développe comme suit : S S 1 ′ ⋅ S 2 ′ x → S ( 1 S ″ ) {\displaystyle {\frac {S}{S'_{1}}}\cdot {\frac {S'_{2}}{x}}\rightarrow S\left({\frac {1}{S''}}\right)} {\frac {S}{S'_{1}}}\cdot {\frac {S'_{2}}{x}}\rightarrow S\left({\frac {1}{S''}}\right)71. Lacan relève le mode selon lequel l’inconscient opère, ainsi que Freud l’avait décelé par la production de condensations et de déplacements le long des mots, à travers les lapsus et dans le matériel onirique surtout, mais « sans tenir compte du signifié ou des limites acoustiques des syllabes » ajoute Lacan. Le jeu du « Fort-da », décrit par Freud en 1920 atteste ainsi directement de ce processus de métaphorisation (ou condensation en psychanalyse) et du refoulement qui lui est lié : en soi la bobine est une métaphore de la mère, alors que le mouvement de va-et-vient symbolise les retours et départs auprès de la figure maternelle.
Le soin par la métaphore

Née des apports de Jacques Lacan dans le phénomène de la métaphorisation comme substitution d'un signifiant à un signifié inconscient et refoulé, difficile pour le sujet, se développent des thérapeutiques usant de la fonction cathartique de la métaphore. Le conte magique, le mythe, l'histoire enseignement, la fable, sont des textes utilisés pour permettre à l'enfant et à l'adolescent d'intégrer des savoirs quant aux enjeux de l'homme — la naissance, la transformation, la rupture, le désir mimétique, la violence, la mort. Contrairement au texte philosophique où les choses sont explicitées, le texte d'apprentissage et de soin entre en résonance directe avec des parties de la pensée qui sont mal accessibles à la conscience, ce que montrent les travaux de Julian Jaynes et l'ouvrage commun de Joyce C Mills et Richard J. Crowley Métaphores thérapeutiques pour enfants72. En psychologie clinique, un certain nombre d'écoles de thérapie mentale préconisent de raconter des histoires qui sont en relation métaphorique avec la difficulté du patient comme l'école de Milton Erickson, qui y a recours dans sa méthode de l'hypnose. Par ailleurs, l'apprentissage par la métaphore des ressources du langage figuré, en Français Langue Étrangère (FLE) donne lieu à une véritable découverte des différences inter-culturelles73.

Dans la psychose, la métaphore n'est pas un outil thérapeutique dans la mesure où le psychotique(schizophrènes, paranoïaques…) n'a pas accès à celle-ci74. Ceci est structural.Le "trou" symbolique exclut la métaphore: la langue de la folie n'est pas seulement une autre comme une langue étrangère, elle est singulière à chacun des sujets psychotiques. Pour paraphraser Lacan, le psychotique se parle. La notion évidente de communauté d'esprit, il ne la connaît pas. Ainsi, il faut avoir la Loi75 comme le névrosé pour accéder au langage et ainsi à la métaphore qui renvoie à cette communauté d'esprit.
Cognitivisme
George Lakoff

George Lakoff — professeur de linguistique cognitive à l’université de Californie à Berkeley et à l'origine du concept de la cognition incarnéez — considère que les métaphores sont loin d'être uniquement des procédés relevant de l'imagination poétique, ou ne concernant que les mots, plutôt que de la pensée ou l'action. Les métaphores sont présentes dans notre vie de tous les jours et sont, selon lui, à la base du sens donné à nos concepts. Dans Les Métaphores dans la vie quotidienne, Lakoff montre que nous n'avons pas conscience de notre système conceptuel, et qu'une observation attentive de notre langage permet de voir que les métaphores structurent nos concepts : il forge ainsi la notion de métaphore conceptuelle.
George Lakoff

Il s'attache alors, au travers de son étude, à montrer le recours systématique aux métaphores dans les différents domaines de la vie comme le sommeil76, la nourriture, le travail, l'amour ou le sexe. Les métaphores définissent ainsi un réseau de relations entre les choses qui constituent notre expérience personnelle du monde et notre perception culturelle — ce qu'il nomme des métaphores culturelles. Ainsi, à propos de la métaphore de la guerre, Lakoff explique : « « La discussion c’est la guerre ». Cette métaphore est reflétée dans notre langage quotidien par une grande variété d’expressions : Vos affirmations sont indéfendables. Il a attaqué chaque point faible de mon argumentation. Ses critiques visaient droit au but. J’ai démoli son argumentation. Je n’ai jamais gagné sur un point avec lui. Tu n’es pas d’accord ? Alors, défends-toi ? Si tu utilises cette stratégie, il va t’écraser. Les arguments qu’il m’a opposés ont tous fait mouche. […] C’est en ce sens que la métaphore « La discussion c’est la guerre » est l’une de celles qui, dans notre culture, nous font vivre : elle structure les actes que nous effectuons en discutant77 ».

Lakoff conclut que « l'objectivisme n'est pas en mesure de rendre compte de façon satisfaisante de la compréhension humaine78 ».
Ressemblance et communication : Deirdre Wilson et Dan Sperber

Wilson et Sperber79 suggèrent que « contre l'opinion générale, l'interprétation de tout énoncé sans exception exploite une relation de ressemblance » entre « l'énoncé et une pensée ». Dans ce cadre, ils étudient la métaphore au même titre que l'ironie, l'approximation consciente, l'hyperbole, la citation ou la représentation implicites de la pensée de quelqu'un d'autre, tout en soulignant les différences entre ces exceptions à la « règle de littéralité ». Ils remettent en question la définition de la métaphore en tant que « l'exploitation d'une ressemblance de sens entre le terme propre et le terme figuré » : l'idée de « tigre » est proche de celle de « lion », pourtant on ne dira pas métaphoriquement d'un tigre que « c'est un lion », alors qu'on pourra le dire à propos d'un valeureux guerrier : selon eux, c'est parce que la ressemblance dans le premier cas serait trop grande pour que la métaphore fonctionne. Les métaphores, basées sur des « mécanismes psychologiques fondamentaux », ne constitueraient pas un écart ou une transgression par rapport à une norme, mais « des exploitations créatives et évocatrices » du fait que tout énoncé « ressemble », d'une manière ou d'une autre, à une pensée du locuteur : l'auditeur anticiperait une telle ressemblance, dans le cadre général de l'anticipation de pertinence, sans idée préconçue quant au caractère littéral, métaphorique ou approximatif de l'énoncé.
Psycholinguistique : Métaphore et Conscience chez Julian Jaynes
Avec les découvertes de la psycholinguistique, les sciences voient de plus en plus dans la métaphore un processus, au lieu d'un résultat esthétique du seul domaine du langage. André Leroi-Gourhan observe par exemple que lorsqu’un ou des hommes créent une nouvelle « machine », il y a apparition simultanée de mots, à travers notamment des technolectes (des jargons propres à un métier ou à une discipline). Cette création de nouvelle désignation va se faire selon le principe d’économie : si un mot déjà existant peut « représenter » l’élément nouveau, alors il est employé plutôt que de forger un mot nouveau. La construction d’un « mot pour dire telle chose nouvelle » se fait de manières différentes selon les situations. La société est donc la matrice qui conditionne l'apparition et l'emploi des métaphores. Dans La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, le psychologue américain Julian Jaynes soutient que la conscience réflexive, proprement humaine, est permise par un processus métaphorique enraciné dans le mode de perception visuelle80. Jaynes met en place une nouvelle terminologie pour étudier le phénomène métaphorique d'un point de vue phénoménologique et cognitif. Pour lui, à la base de tout langage existe la perception brute, qui est le mode de compréhension premier du monde : il s'agit ensuite de parvenir à une métaphore de cette chose, en lui substituant quelque chose qui nous soit plus familier.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:26

Arts visuels
Métaphore ou comparaison? Le sème de la transparence est ici renvoyé par tous les objets disposés.

La métaphore étant la figure de similitude majeure, certains auteurs transposent ce concept à d'autres arts que celui du discours, notamment la peinture. Depuis l'époque classique, les peintres en quête de reconnaissance sociale ont multiplié les liens avec la rhétorique81 ; mais jusqu'à l'époque moderne, on ne confondait pas les symboles et allégories de la peinture avec la métaphore, qui finit par englober toutes les similitudes82.

Certains critiques et professionnels appliquent ce concept de métaphore élargie à tout rébus ou symbole au cinéma83, à la publicité[réf. souhaitée], à la musicologie84. Mais peut-on pour autant parler sans précaution de métaphore et transposer sans précaution une terminologie élaborée pour la communication linguistique à la visuelle ? Dans son Traité du signe visuel (1992), le Groupe µ étudie cette question de la transposition, étude reprise plus d'une fois par l'un de ses membres, Jean-Marie Klinkenberg, et se montre prudent devant l'utilisation du terme métaphore ici, démontrant qu'il faut distinguer soigneusement les structures des deux familles de figures, la "métaphore visuelle" pouvant parfois se rapprocher du mot-valise85.
Annexes
Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

monographies

(fr) François-Emanuël Boucher, Sylvain David et Janusz Przychodzen, Que peut la métaphore ? Histoire, savoir et poétique., L'Harmattan, coll. « Épistémologie et philosophie des sciences », 2009 (ISBN 9782296082120)
Danièle Bouvet, Le corps et la métaphore dans les langues gestuelles, Paris, L'Harmattan, coll. « Sémantiques », 1997 (ISBN 2738448720) Document utilisé pour la rédaction de l’article
(en) Brown, T.L., Making Truth: Metaphor in Science, Urbana and Chicago: University of Illinois Press, 2003, 215 p p. (ISBN 0-252-02810-4)
Nanine Chabonnnel, Les Aventures de la Métaphore, Presses universitaires de Strasbourg, 1991, 310 p. (ISBN 2-86820-433-3)
(fr) Nanine Charbonnel (dir.) et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Linguistique », 1999, 245 p. (ISBN 2130495931, présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Collard, A-S., La métaphore dans l’hypermédia comme médiateur de contenus, Tunis, IPSI, 2005
Rapport de l'étude, séminaire sur l’appropriation sociale des nouvelles technologies
Jacques Durrenmatt, La Métaphore, Paris, Honoré Champion, coll. « Uni-Champs Essentiels », 2002 (ISBN 2-7453-0441-0)
Kerouac M, La métaphore thérapeutique, ses contes, ses outils, Le Germe, 2004 (ISBN 2-9805157-1-X)
George Lakoff et Mark Johnson (trad. Michel de Fornel), Les métaphores dans la vie quotidienne [« Metaphors We Live By »], Paris, Éditions de Minuit, coll. « Propositions », 1986 (1re éd. 1980), 254 p. (ISBN 270731059X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Michel Le Guern, Sémantique de la métaphore et de la métonymie, Paris, Larousse, 1972 (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Paul Ricœur, La métaphore vive, Paris, Seuil, coll. « Points Essais », 1997, 411 p. (ISBN 2020314703) Document utilisé pour la rédaction de l’article
Joëlle Gardes Tamine, Au cœur du langage. La métaphore, Honoré Champion, 2011.

chapitres et articles

Frontier, A., « La métaphore », dans La poésie, Belin, 367 p. p. (ISBN 2-7011-1344-X)
Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca, « 87. La métaphore », dans Traité de l'argumentation. La nouvelle rhétorique, Éditions de l'Université de Bruxelles, coll. « UBlire Fondamentaux », 2008 (ISBN 978-2-8004-1398-3), p. 534-542 Document utilisé pour la rédaction de l’article

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métaphore, sur le Wiktionnaire

Lexique des termes littéraires

Articles connexes

Figure de style
Trope (rhétorique)
Métaphorologie

Notes et références

↑ Dans la terminologie du Groupe µ, un trope est un « métasémème »
↑ Pour Fontanier, « Les Tropes par ressemblance consistent à présenter une idée sous le signe d'une autre idée plus frappante ou plus connue, qui, d'ailleurs, ne tient à la première par aucun autre lien que celui d'une certaine conformité ou analogie14 ».
↑ Ou « conceptuelle » en littérature anglaise.
↑ La faucille d'or est à la ceinture de Velleda dans les Martyrs de Chateaubriand (1809)20
↑ Pour décrire une grandeur, on n'a guère d'autre choix que d'utiliser la métaphore de l'espace, dont les grandeurs, longueur, largeur et hauteur sont les plus accessibles.
↑ Les locutions comparatives peuvent être : « comme », « semblable à », « tel » etc.
↑ Ou l'inverse, qui est également possible, mais qui renforce l'implicite et l'aspect hermétique de l'image.
↑ Un lexème est, dans un mot, une unité de sens et de son qui n'est pas fonctionnelle ou dérivationnelle. Le lexème renvoie à une notion abstraite ou concrète indépendante de la situation de communication. C'est un synonyme de « radical » du mot dans la plupart des cas.
↑ Sachant que la comparaison est toujours positive, autrement cette dernière devient une oxymore ou alliance de mots contradictoires ou de sens opposés, comme dans l'expression « un soleil noir ».
↑ Ce qui n'empêche personne de jouer sur l'ambiguïté du mot35.
↑ Il ne faut pas confondre les métaphores heuristiques avec les métaphores filées, il s'agit de deux procédés différents42.
↑ Le contexte renvoie en linguistique à l'environnement d'un énoncé verbal (mot, phrase, texte) auquel il sert de cadre de référence, ainsi que le cadre non verbal appelé l'« univers », définition du Dictionnaire des Termes Littéraires, d'Hendrik Van Gorp et alii, Champion Classiques, 2005, ISBN 2-7453-1325-8, p. 116.
↑ Gérard Genette a en effet initié la notion de « pacte en littérature » et en rhétorique (avec la figure de la métalepse par exemple). Genette parle en réalité de deux ententes entre le lecteur et l'auteur: le pacte de fiction (renvoyant à la mimésis) et le pacte autobiographique propre à ce genre, in Le pacte autobiographique, 1975.
↑ L'isotopie est un procédé sémantique qui désigne la présence d'un même sème consistant en un terme ou en plusieurs termes au sein d'un texte ; on peut parler, par exemple de l'isotopie de l'eau ou du feu, de la guerre, de l'amour etc. Son étude est à la source même de la stylistique.
↑ Ce peut être un solécisme, c'est-à-dire une altération personnelle des règles de la syntaxe. L'auditeur est réduit à deviner l'intention du locuteur. L'habitude permet parfois de saisir le décalage ; on parle alors de « langage populaire » et de barbarisme.
↑ La psychanalyse, de Freud à Lacan, emploie ainsi ce sens de déplacement pour désigner la métaphore au niveau psychique, sous la notion de « condensation ». Cette discipline attribue à la « faucille d'or » une série d'associations supplémentaires appropriées à la nuit de Ruth et Booz, en rapport avec la petite castration que représente pour l'homme un acte sexuel complet55, et à l'association symbolique de la lune d'argent et du soleil d'or avec les sexes féminin et masculin.
↑ L'hyperonymie repose sur un mot qui renvoie à une catégorie qui englobe l'autre, par exemple : « jaune » pour « couleur d'or ».
↑ L'antonymie repose sur des mots qui sont de sens opposé : « or » aurait pu être remplacé par « plomb » par exemple.
↑ L'homonymie repose sur des mots qui sont de même sonorité et de même morphologie, mais de sens différents, « Cette faucille dort dans le champ des étoiles» au lieu « d'or ».
↑ « L'essentiel du procédé revient à assimiler, sur un certain plan, deux signifiés apparemment étrangers. (..) La métaphore est ainsi le résultat de la substitution d'un mot à un autre sur la base de leur commune possession d'un noyau de sens dénoté. (..) Dans la métaphore on procède, autour d'un noyau fixe de sèmes, à des suppressions et à des adjonctions pour aboutir à la substitution56 ».
↑ Selon Roman Jakobson, le langage contient six fonctions, l'une étant plus dominante dans un genre ou un style. Il distingue ainsi: la « fonction référentielle » (ou « dénotative »: le message est centré sur le référent du message ; la « fonction expressive » (ou « émotive ») dans laquelle le message est centré sur l'émetteur ; la « fonction conative » où le message est centré sur le destinataire ; la « fonction métalinguistique », le message est y centré sur le langage lui-même ; la « fonction phatique » dans laquelle le message cherche à établir ou à maintenir le contact comme le « Allô ? » au téléphone et enfin la « fonction poétique » qui permet que le message soit centré sur lui-même, sur sa portée.
↑ Perelman et Olbrechts-Tyteca 2008 adaptent la terminologie de Ivor Armstrong Richards qui a été le premier à analyser le fonctionnement de la métaphore en « tenor and vehicle »57, littéralement la teneur et le véhicule, respectivement le thème et le phore dans Perelman et Olbretchts-Tyteca.
↑ Le cotexte est l'espace référentiel dans le texte lui-même, matérialsié par un jeu de références et de renvois expliquant, avant ou après la figure, sa portée ou sa nature.
↑ À la différence de l'adjectif semblable, suivi de la préposition « à », réservé à la comparaison.
↑ Les métaphores filées et les métaphores proportionnelles demandent une série d'opérations impliquant des éléments qui ne sont pas dans l'énoncé.
↑ En anglais : « embodied cognition ; embodied mind ».

↑ a, b et c « Booz endormi », La légende des siècles, 1859 (texte sur Wikisource)
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↑ Le chapitre 27 de Metaphors We Live By (Lakoff et Johnson 1986) est intitulé « How Metaphor Reveals the Limitations of the Myth of Objectivism » (« Comment la métaphore révèle les limitations de l'objectivisme ».
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↑ Jacqueline Lichtenstein, La couleur éloquente : Rhétorique et peinture à l'âge classique, Paris, Flammarion, 1989
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Adolphe Nysenholc, « Métonymie, synecdoque, métaphore : analyse du corpus chaplinien et théorie », Semiotica, The Hague, Paris, New York, Mouton Publishers, vol. 34, no 3/4,‎ 1981, p. 311-341.
↑ Francesco Spampinato, Les Métamorphoses du son, Paris, L'Harmattan, 2008.
↑ Groupe Mu (Francis Edeline, Jean-Marie Klinkenberg, Philippe Minguet), Traité du signe visuel, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 1992, 504 p..

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:28

Alphonse Maeder (parfois orthographié Alphons Maeder ou Alphonse Mäder), né le 11 septembre 1882 à La Chaux-de-Fonds, en Suisse romande, et mort le 27 janvier 1971 à Zurich, en Suisse alémanique, est un psychiatre et psychothérapeute suisse affilié à la psychologie analytique. Ses contributions concernent surtout le rêve et sa fonction prospective, mais aussi la relation entre le patient et l'analyste, ainsi que le processus de guérison.

Après ses études de médecine, Maeder devient un pionnier de la psychanalyse. Très proche de Sigmund Freud au début (ce dernier lui donne en effet la charge de traduire en français les avancées de la psychanalyse), il s'en sépare pourtant en 1913, suivant la conduite de Carl Gustav Jung, duquel il est très proche. En effet, lorsque Maeder formule sa conception d'une « capacité prospective du rêve »H 1, dès 1912, Freud le critique sévèrement puis le met en garde contre des dérives mystiquesE 1.

Maeder continue ses travaux sur les capacités régulatrice et thérapeutique de la psyché et publie nombre d'ouvrages. Il s'intéresse au symbolisme du rêve, aux capacités d'autoguérison de la psyché, au transfert analytique, à la glossolalie et au lien entre la religion et la psychologie.

Premières années et études de médecine

Fils de Louis Alphonse Maeder, un horloger suisse francophone, et de Louise Therese Bosing, une Allemande1, bilingue donc, Maeder entreprend des études de médecine, spécialité psychiatrique, à Berne, en 1901, et qu'il poursuit à Zurich puis BerlinF 1,E 1.

Il obtient le doctorat de psychiatrie à Zurich et publie sa thèse en 19091. En 1903 il se lie d'amitié avec le zoologue et philosophe Hans DrieschA 1. Ses travaux, qui conduisent à la réintégration, dans sa philosophie néovitaliste, du concept aristotélicien d'« entéléchie », influencent MaederE 1,K 1. La conception de Driesch est en effet le prélude théorique à l'idée que toute activité du corps évolue vers une finalité et n'est pas simplement le résultat d'un mécanisme dénué de sens. Maeder s'appuie par la suite sur ces travaux pour élaborer la fonction prospective du rêve, expliquant que l'activité onirique vise une finalité, celle de l'anticipation des évolutions de la personnalité.
Le Burghölzli et la psychanalyse
La clinique psychiatrique du Burghölzli vers 1890

De 1908 à 1909, Maeder travaille à la clinique psychiatrique universitaire de Zurich surnommé le « Burghölzli », comme médecin assistant du professeur Eugen Bleuler et du jeune psychiatre Carl Gustav JungJ 1. Ce dernier l'initie à la psychanalyse naissanteE 1. Maeder obtient son diplôme de médecin en 19111, puis il décide de devenir psychanalyste et, à partir de 1906, il publie des travaux psychanalytiques en français et en allemand. Par la suite, après le départ de Jung de la clinique, en avril 1910, Maeder travaille avec Ludwig Binswanger, un autre médecin et psychanalyste suisseJ 2.

C'est au Burghölzli, dans le contexte de l'essor de la nouvelle psychiatrie dynamique, d'inspiration bleulérienne, qu'Alphonse Maeder se passionne pour les thèses freudiennesF 1 puis les popularise en Suisse et en France par la suite1. Très vite, il se livre, comme Freud, à une auto-analyse et pratique la technique de la cure thérapeutique, en interprétant ses rêves et actes manqués. Cependant, des divergences d'avec la théorie freudienne apparaissent et ses articles de 1907, en français, concernant la doctrine psychanalytique, récusent le primat de la sexualité, pilier pourtant fondamental du freudismeF 1.

Le Burghölzli jouit à cette époque d'une renommée internationale, étant à la pointe des méthodes psychiatriques. En plus d'être le témoin de l'affrontement intellectuel entre le jeune Jung et le professeur mature Bleuler, qu'il décrit comme « un combat à mort »J 3, Maeder dépeint l'établissement, dirigé par Bleuler d'une main de fer, comme un « monastère psychiatrique »I 1,A 2 :

« Le véritable centre d'intérêt c'était le malade. L'étudiant apprenait comment il fallait lui parler. Le Burghölzli était à cette époque une sorte d'usine où il fallait travailler très dur pour une rémunération modique. Chaque membre de l'équipe, du professeur au plus jeune interne, était totalement absorbé par son travail. Les boissons alcooliques étaient prohibées. Bleuler se montrait aimable à l'égard de chacun et ne jouait jamais le personnage du chef »

En 1907, Alphonse Maeder initie les lecteurs suisses des Archives de psychologie de Genève à l'interprétation des rêves de FreudG 1. Il s'agit d'exposés didactiques des thèses de Freud, avec des analyses tirées de la vie quotidienne et des éléments de l'auto-analyse de MaederM 1. C. G. Jung, qui est, selon Maeder, « la première personne digne d'intérêt qu'il ait été amené à rencontrer »K 1, créé ensuite, à Zurich, l'Association freudienne de Zurich, surnommée la « Société suisse de recherche freudienne » (ou « groupe Freud »), « Gesellschaft für freudische Forschung » en langue allemande, réunissant : Eugène Bleuler (comme président), Carl Gustav Jung, Ludwig Binswanger, Franz Riklin, Edouard Claparède et Alphonse Maeder, ainsi que d'autres médecins suissesJ 4. Ce groupe se réunit la première fois à Zurich, le 27 septembre 1907, sur l'initiative de JungM 2.

Très vite, cette Société prend de l'importance et rivalise avec Vienne, le berceau de la psychanalyse. Ce groupe a en effet inspiré le premier congrès psychanalytique, celui de Salzbourg, qui se tient en avril 1908H 2. Les membres ont pour habitude de se réunir à l’hôpital du Burghölzli régulièrement, mais le groupe est dissout en 1913 à la suite de la rupture de Jung et de Maeder avec Freud2. Maeder note par la suite qu'à cette époque, les psychanalystes zurichois ont toujours bénéficié d'une totale liberté vis-à-vis de VienneA 3.

C'est en 1907, avec son article « Essai d'interprétation de quelques rêves » (publié dans les Archives de Psychologie) que Maeder se fait connaître en tentant une exégèse de la conception freudienne du rêve et de son interprétation. L'ouvrage présente un exposé sur « La théorie de Freud », puis Maeder délivre sa conclusion sur « L'Analyse des rêves », enfin il met en lumière « Quatre analyses de rêves » (deux de femmes et deux d'hommes)M 3. La réception de cet article en France est assez critique3. Jean Paulhan en fait un compte-rendu simplifié dans le Journal de psychologie4, mettant l'accent sur la clé des songes proposée et non sur la méthode, novatrice, proposée par MaederM 4, puis le docteur Jean Philippe, dans La Revue philosophique5. Selon Élisabeth Roudinesco, Maeder joue un rôle d'importance pour « l'introduction du freudisme en France par la voie zurichoise »F 1 à ce moment-là. En janvier 1909, dans son article « Une voie nouvelle en psychologie (Freud et son école) », Maeder, enthousiaste, explique l'innovation que constitue la psychanalyse. Il est dès lors considéré comme un pionnier du mouvement psychanalytique et est de surcroît un intime de Freud avec qui il entretient une abondante correspondance, dès 1909J 5.

Après la fondation, en 1909, de la première revue de psychanalyse, la « Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen »Note 1, avec Bleuler et Freud comme directeurs et Jung comme rédacteur en chef, les divers psychanalystes peuvent développer leurs conceptions et les partager. Maeder publie ainsi dans le premier numéro de la revueJ 6 un article intitulé « Sexualité et épilepsie » (« Die Sexualität der Epileptiker »)E 1,2. Il est le premier psychanalyste à s'intéresser à l'épilepsie. Se référant aux Trois essais sur la théorie de la sexualité de Freud, il tente d'expliciter le lien qui existe entre cette maladie et la sexualité infantile.
Image cliquable du congrès international de psychanalyse de 1911 à Weimar. Maeder apparaît au 4e rang, 3e depuis la gaucheNote 2,6)v • d • m

Dès lors, la participation de Maeder au mouvement psychanalytique est notable. Il assiste en mars 1910 au second congrès de psychanalyse, à NurembergE 1,I 2. Ce rôle pionnier a été également salué en son temps par Freud lui-mêmeD 1.

De 1911 à 1918, il est thérapeute au sanatorium du Dr Bircher-Benner. Devenu spécialiste des maladies mentales et nerveuses organiques1, il ouvre un cabinet privé de psychothérapie en 1908, à Zurich, dans lequel il officie jusqu'à sa mortE 1,1.

Maeder commence à publier des ouvrages de psychanalyse en langue allemande dès 1906 tels : « Die Sexualität der Epileptiker » (La Sexualité de l'épileptique, 1909), « Psychologie der Schizophrenen » (La Psychologie du schizophrêne, 1910) et en particulier des articles sur le symbolisme des rêves, considéré dans sa relation à la notion psychanalytique de projection avec « « Zur Entstehung der Symbolik im Traum » » (Sur la symbolique du rêve, 1910-1911) et la fonction onirique avec « « Funktion des Traumes » » (La Fonction du rêve, 1912). Il a notamment étudié la capacité prospective du rêve, notion proche de celle d'entéléchie élaborée par Hans DrieschE 1. Celui-ci suppose l'existence d'une force vitale dont l'autonomie s'explique par l'intermédiaire de l'entéléchie. La réaction, lors de sa présentation à une conférence psychanalytique, du public averti est sans appel : Maeder est violemment critiqué, alors qu'il n'a cherché qu'à compléter la théorie freudienne selon ses mots. Il explique qu'il lui a été opposé « une tempête d'opposition (...), comme s'[il] avai[t] touché à une réalité sacrée »A 4,D 2.
La psychanalyse et la France
Le psychiatre suisse Carl Gustav Jung en 1910, au Burghölzli.

Ce sont les psychanalystes suisses, Maeder et Jung en tête, qui s'insurgent les premiers contre la résistance française à la psychanalyse, raillant son retardI 3. Maeder a en effet joué un rôle d'importance dans la sensibilisation puis la diffusion de la psychanalyse en Suisse romande, puis dans l'Hexagone. Il a publié en 1906 un résumé introductif à L'Interprétation des rêves de Freud et sur lequel les Français s'appuient pour connaître l'œuvre de FreudI 2. Maeder ne dispose alors que de la première version de L'Interprétation des rêves. Il commet des erreurs de réception de l'ouvrage de Freud, ainsi que des erreurs de traduction. Il présente ainsi l'inconscient sous le terme de « subconscient ». Enfin, selon Alain de Mijolla, il pratique la « clé des songes », comme beaucoup de premiers psychanalystes. La présentation de Maeder va constituer le précédent de multiples erreurs et biais de réception en France, car « c'est par cette méthode que les lecteurs français vont apprendre la psychanalyse »M 5. C'est finalement avec Angelo Hesnard et Emmanuel Régis que la psychanalyse est correctement présentée en France, dès 1913M 6.

Les psychologues et psychiatres français le critiquèrent cependant vivement. Il est en effet « ébouriffé », selon ses mots, pour avoir présenté le rêve dans une perspective différente de celle d'Henri BergsonI 2, faisant alors autorité. Le Dr Bernard-Leroy, lors de la séance mensuelle de la Société de Psychologie d'avril 1908 fustige le pansexualisme des interprétations de rêves proposées par Maeder dans « Essai d'interprétation de quelques rêves ». Maeder est accusé de rechercher fanatiquement dans chaque rêve « un symbole obscène ». Il ajoute que l'interprétation de Maeder bascule rapidement dans « la pornographie et la scatologie »3.

Dans « Sur le mouvement psychanalytique », Maeder reprend la thèse du retard français mais explique que la France est pourtant « le pays le mieux préparé » à recevoir la psychanalyse, car « terre classique du point de vue psychologie en médecine »I 2, avec la figure d'Alfred Binet notamment. Il pense que c'est de la Suisse romande que viendra la vulgarisation de la psychanalyse dans les pays latinsM 7. Il explique ainsi que Freud est en continuité avec les grands esprits français (Alfred Binet, Eugène Azam, George Guinon, Pierre Janet), puis il cherche une proximité entre la psyché dynamique de Freud et le subconscient statique de Janet et enfin réaffirme l'avancée de la psychanalyse dans l'étude de l'étiologie de la psychose et dans le phénomène oniriqueI 2. Pour le psychanalyste Sandor Ferenczi, Maeder aurait pu permettre un rapprochement de Janet avec FreudM 8.

Cependant, Maeder passe sous silence la sexualité (il parle avec euphémisme de « contenu taboué ») ainsi que la notion de transfert. Selon Elisabeth Roudinesco, Maeder donne une vision psychiatrique de la psychanalyse, parce qu'il est proche de JungI 4. Par ailleurs, les Français, Théodule Ribot en tête, utilisent le « tamis helvétique » — Maeder, Bleuler et Jung — « pour atténuer les effets subversifs de la doctrine freudienne » notamment son pansexualisme, pas du tout accepté en FranceI 5. Enfin, les travaux de Maeder ont influencé, dans une mesure relative, ceux des psychiatres français ou francophones. Pierre Janet, dans La Psychoanalyse des névroses et des psychoses (1914), a en effet lu et compris les articles de MaederI 6,A 5, ainsi qu'Henri F. Ellenberger7 pour qui Maeder est une figure de l'étude du processus de guérison.
Rupture avec Freud et la psychanalyse

C'est en 1912, en pleine tension entre Freud et Jung, que Maeder a avec ce dernier un échange de lettres à propos du rêve et de la « question juive »F 1, échange qui initie leur querelle. Freud l'accuse en effet de n'avoir rien compris au symbolisme du rêve et d'être de surcroît antisémite. Maeder, comme Jung, note Roudinesco, croit à la psychologie différentielle des peuples et revendique contre Freud et les Juifs viennois une possible « identité chrétienne », en l'occurrence protestante (en Suisse), de la psychanalyse. Maeder critique aussi ouvertement la tendance du freudisme à s'ériger en une secte. Dans une lettre inédite de 1912, publiée par Marinelli et Mayer, le psychiatre suisse écrit à FreudF 1 :

« Je remarque depuis quelque temps que nous en venons progressivement à nous constituer en véritable secte. »

Jung et la psychologie analytique
Article détaillé : Psychologie analytique.

Maeder rejoint donc Carl Gustav Jung en 1913, après avoir rompu avec Freud la même année. Il s'éloigne définitivement de la psychanalyse freudienne en juillet 1914G 2. La même année, il a pourtant travaillé, avec Ernest Jones, à la formulation de quelques suggestions quant à l'adaptation de l'œuvre de Freud à la langue anglaise, travail de longue haleine qui sera achevé par d'autresG 3. D'autre part, il partage la présidence du troisième congrès de psychanalyse avec Otto Rank, à Munich, en 1913[Informations douteuses] [?], seul congrès à représenter au même niveau les deux écoles, celle de Zurich et celle de VienneJ 7.

La coopération avec Jung, dès 1913, fait de Maeder un pilier de la psychologie analytique, aux côtés de Leonhard Seif, Franz Riklin, Adof Keller ou Johan Van OphuijsenJ 8,J 9, qui eux aussi quittent l'obédience freudienne. Toutefois, Maeder demeure un esprit libre. Charles Baudouin précise en effet qu'Alphonse Maeder est un chercheur indépendant qui, s'il s'est séparé de Freud, ne peut être réduit à être le simple disciple de JungB 1,J 10. Dans son autobiographie intitulée Ma vie. Souvenirs, rêves et pensées (1957), Jung explique que Maeder est davantage qu'un simple assistant ; avec Franz Riklin, il demeure en effet son seul ami, à la suite de sa rupture avec FreudH 3,K 2. De son côté, Maeder considère Jung comme son « ami supérieur »K 1. Cependant, lors des premières années de la psychologie analytique, les scènes d'animosité entre les deux hommes n'ont pas manquéJ 11. Maeder est l'un des rares témoins de la vie intérieure de Jung à cette époque, explique Henri F. Ellenberger, vie intérieure d'où émerge la psychologie analytique par la suiteA 6.

Dans l'article de 1913, « « Autoreferat, Ortsgruppe Zürich. Korrenspondenzblatt der Intrenationalen Psychoanalytischen Vereinigung » », Maeder revient sur la distinction entre le freudisme et psychologie analytique, faisant de Freud et de Jung les représentants de deux mentalités différentes, la première s'apparentant à la mentalité classique et la seconde à l'esprit romantique, selon la distinction caractérologique opérée par W. OstwaldK 3 dans Les Grands HommesNote 3.

Maeder participe ensuite au mouvement de la psychologie analytique, cercle concurrent du freudisme et qui connaît une expansion mondiale similaire. Jung constitue en effet autour de lui et de sa femme Emma Jung un cercle de partisans, des couples pour la plupart : les Maeder, les Riklin, les Sigg-Böddinghaus, Maria Moltzer et Oskar Pfister ainsi que des médecins du BurghölzliJ 12. Eugène Bleuler, réticent à l'égard de Freud, rejoint Jung et organise alors des réunions de psychologie. Cette « Association de psychologie analytique »J 13 a pour but avoué de promouvoir les théories de Jung et rassemble la plupart des analystes zurichois qui ont rompu avec Freud, parmi lesquels : Franz Riklin, Alphons Maeder, Adolf Keller, Emma Jung, Toni Wolff, Hans Trüb (médecin et psychanalyste du Burghölzli qui devient le psychanalyste d'Emma Jung) et Herbert Oczeret. Par la suite, ce petit groupe devient l'« École de psychanalyse de Zurich »J 14. Jung en partage la direction avec Alphonse MaederJ 15 qui « devint l'un des membres les plus respectés de la nouvelle association ». Il était « révéré par ses patients (...) irradiant une chaleur humaine autant dire jamais vue chez un psychiatre ; même Jung fondait »J 16.

Dès lors, ses contributions principales concernent le rêve et son symbolisme, le transfert analytique et la guérison thérapeutique. Selon Maeder, le rêve est fondé sur un mécanisme de compensation psychique. Il possède aussi une fonction prospectiveA 7, orientée par la nécessité d'accomplir le développement du sujet. Il privilégie aussi l'autorégulation et l'autoguérison de l'âmeA 1, l'association personnelle entre médecin et patient, le rôle du médecin comme guérisseur, comme « celui qui reconstitue la globalité psychique »E 1.
Dernières années et derniers travaux

Dans un ouvrage collectifNote 4, F. Hodler. Étude de son développement psychique et de l'importance nationale de son art, de 1916, Maeder fait l'étude du symbolisme pictural du peintre suisse Ferdinand Hodler. La même année, il publie Contributions à la psychopathologie de la vie quotidienne : Oublis - Confusions - Lapsus, qui sera suivi de Nouvelles contributions à la psychopathologie de la vie quotidienne, dans lequel il fait une double référence d'autorité : à Freud et à JungM 9. Alain de Mijolla parle en effet de « l'œcuménisme de Maeder »M 10.

Il continue d'autre part son activité de thérapeute libéral. Il travaille aussi en collaboration avec un autre analyste genevois, Paul Tournier, auteur de la « médecine de la personne ». Il s'éloigne peu à peu de l'Association de psychologie analytique (qui devient en 1924 la Société suisse de psychologie analytique), après en avoir refusé deux fois la présidenceJ 17. Pendant la montée du nazisme, puis pendant la Seconde Guerre mondiale, Maeder ne suit pas Jung dans l'administration et l'affiliation à la Société allemande de psychothérapie. Il se contente en effet d'animer des conférences à Küsnacht, près de ZurichJ 18.

Maeder se détache d'abord de l'Église pour défendre une conception naturaliste de l'homme puis, par la suite, il s'oriente vers une compréhension globale et chrétienne et compte ainsi parmi les plus éminents psychothérapeutes chrétiens1. Dans un article de 1926, « De la Psychanalyse à la Psychosynthèse », Maeder dénonce le dogmatisme dans lequel la psychanalyse est enfermée, dogmatisme tenant selon lui de la mentalité judéo-allemande. Il lui oppose la mentalité suisse, représentée par l'« école de Zurich »K 4 et par la guérison fondée sur la confiance entre le patient et le médecin. Selon lui, la fonction religieuse et spirituelle est une donnée fondamentale que toute analyse doit prendre en compte.

Ses dernières recherches portent sur l'association personnelle entre le patient et le médecin, considéré comme un guérisseur, ainsi que comme un médiateur permettant de reconstituer la globalité psychique. L'idée de synthèse le conduit à l'anthropologie religieuse, aux travaux de Martin Buber surtout, et, en 1932, il collabore avec Frank Buchman au sein du groupe d'OxfordE 1. En 1957, il publie un texte sur le développement spirituel, puis un autre dans lequel il revient sur sa relation avec Sigmund FreudE 1. Restant toujours proche de Jung, Maeder adhère par la suite au Réarmement moral issu du mouvement de la « régénération de l'homme » de Frank Buchman. Comme de nombreux pionniers du freudisme, il s'intéresse à des techniques thérapeutiques anciennes d'inspiration religieuse ou culturaliste. Il distingue trois types de guérisseurs : le « profane » faisant appel à la rationalité ou à des traitements prétendus tels, le « magicien » agissant par suggestion et charisme, le « religieux » enfin, sur lequel le malade peut projeter le modèle inconscient du « Sauveur »A 8, variante de l'archétype jungien du « vieux sage »A 7, qu'il reprend dans sa conceptionF 1,A 9.
Travaux et recherches
La fonction prospective du rêve

Alphonse Maeder consacre la majorité de ses travaux à étudier la fonction prospective dans les rêves à travers deux ouvrages : Sur la formation des symboles dans les rêves (« Zur Entstehung der Symbolik im Traum ») en 1910 et La Fonction des rêves (« Funktion des Traumes ») en 1912, dans l'article « Essai d'interprétation de quelques rêves » (1907) également. La théorie de Maeder est en continuité avec celle de Jung. Selon lui en effet, le rêve seul n'apporte rien et la série de rêves est davantage significative car elle exprime un but psychique que l'inconscient a perçu avant la conscience8,K 5. Les conceptions selon lesquelles tout rêve doit être étudié au sein d'une série de rêves, et celle de la fonction téléologique de la production onirique, reprises par Jung et la psychologie analytique, proviennent de MaederA 10.
Michael Lukas Leopold Willmann, Paysage du rêve de Jacob, vers 1691.

Le rêve est selon Maeder « un jeu d'activités qui se cherchent », résume Charles Baudouin, et ayant une fonction cathartiqueB 1. Maeder a également montré que l'interprétation sexuelle d'un rêve n'est pas immédiate, et que celui-ci est toujours plus riche de sens si l'analyste ne le lit pas au préalable pas une pulsion libidinale9. Enfin, l'apport de Maeder est surtout relatif à la capacité prospective des rêves, qui est selon lui inconsciente et qui va « d'ébauche en ébauche, préparant la solution de conflits et de problèmes actuels que le sujet cherche à se représenter grâce à des symboles élus à tâtons »10 et qu'il expose dans son article « Sur le mouvement psycho-analytique », au chapitre VII intitulé « la théorie ludique des rêves »11, publié dans L'Année psychologique, la revue d'Édouard Claparède. Le rêve est donc une anticipation qu'il ne faut pas confondre avec une capacité prophétique voire télépathique (idée que Jung ne récuse cependant totalement pas)B 2.

À la vision causaliste de Freud, Maeder propose une vision téléologique, visant une finalité et que Jung adopte très viteA 11 car elle permet d'expliquer comment l'inconscient compense l'attitude consciente. Selon Charles Baudouin cette nouvelle conception permet de repenser le problème philosophique de la matière et de la forme. Maeder dit ainsi12 :

« Je distingue donc nettement à côté du facteur énergétique (qui fait l'essence du concept de la libido de Jung) un facteur qui lui est coordonné, le facteur direction (l'orientation). Dans le point de vue statique on distingue avec raison le contenu de la forme ; ici il faut distinguer le courant (l'énergie) et la direction. »

Cette conception est empruntée aux travaux de Théodore Flournoy, notamment son concept d'« automatisme » empêchant le suicide du sujet, et surtout à ceux du biologiste Karl Groos. Ce dernier considère, dans « Die Spiele der Menschen » (1899), que le jeu permet à l'enfant de préparer ses activités futures. Maeder explique donc, dans « Über die funktion des Traumes » (1912), que le rêve a deux principales fonctions dans la vie psychique : il a une visée cathartique et il prépare certaines activités complexes futuresK 5. L'imagination est ainsi une mise en pratique de ces deux fonctions. Enfin, les phénomènes de prédiction attachés à la personnalité du médium pourraient s'expliquer, selon Maeder, par une activation de la fonction prospective du rêve.

Maeder, mais aussi Alfred Adler et Léo Oppenheimer, exploitent la capacité naturelle du rêve comme prophétique. Adler reconnaît ce qu'il doit à Maeder : « De toutes les autres théories du rêve qui ont été formulées postérieurement à celle de Freud, celle de Maeder est la seule qui se rapproche plus ou moins de ma manière de voir »13. Adler pense que le « rêve ont une fonction de penser par avance » alors que Maeder prétend démontrer que les rêves, en plus d'être des réalisations de désirs, ont une « fonction secondaire » et résolvent des conflitsH 4. L'originalité de la conception de Maeder a été cependant vivement critiquée par Freud qui explique, dans une lettre adressée à Raymond de Saussure : « J'ai à plusieurs reprises rendu Maeder attentif à cette confusion du rêve et des pensées latentes du rêve, en vain. »M 11. La critique est également venue de son fidèle partisan, Karl Abraham, dans son essai « Critique de l'essai d'une présentation de la théorie psychanalytique de C. G. Jung »14. Selon lui en effet « la « tendance prospective » n’est donc pas non plus une découverte originale de Jung ou de Maeder, mais simplement une dénomination nouvelle d’une impasse que Freud a d’avance évitée. » Cependant, en 1913, Alfred Adler accuse Maeder, dans son article « Über die Funktion des Traumes », de l'avoir plagié. Ce dernier démontre que sa conception, datant de 1910, est antérieure à celle d'Alfred AdlerK 6.
Autres travaux et influence
La guérison psychologique

Selon Maeder, la psyché recèle les moyens de s'auto-guérir, par le rêve notamment. L'analyste ou le médecin, plus généralement, devient pour le patient une figure spirituelle sur laquelle il projette l'archétype du SauveurA 8. Maeder pense que dans l'Histoire, de telles projections ont donné corps à des rites et traditions de guérisonA 9. Un saint, un dieu, un personnage mythique ou un sanctuaire peut en effet recevoir l'archétype du Sauveur et être investi d'une force de guérison. Maeder a développé une psychothérapie brève, fondée sur le désir authentique du malade de se faire aider, désir qui, en retour, oblige l'analyste à s'imposer de « sévères exigences »A 8. L'analyste doit en effet faire preuve d'empathie, en plus d'être conscient de tous les problèmes que la cure peut poser, comme le contre-transfert.

Maeder use donc d'une « méthode active »A 8 dans laquelle plusieurs phases apparaissent et qui évoluent dans un cadre éthiqueB 1. D'abord le malade doit, de lui-même, appeler à l'aide (c'est le « processus d'appel »). Ensuite, le thérapeute répond en manifestant à son tour son désir d'aiderA 8. Ce dernier doit étudier et mettre au jour, puis mobiliser, les forces d'autoguérison du patient. Le malade va ensuite inconsciemment investir le thérapeute d'une aura spirituelle (c'est la projection de l'archétype du Sauveur) qui permet d'activer ces forces ; le thérapeute est donc une figure moderne du guérisseur ou medecine-manA 9. Maeder remarque que lors de l'irruption de cet archétype, le processus de guérison s'accélèreA 7. Le critère qui lui permet d'affirmer que la guérison est en bonne voie est l'apparition, chez le patient, de sentiments forts, voire d'amour, sentiments constructifs et reconnaissants, envers le thérapeuteA 8.
Alphonse Maeder lors du congrès de psychanalyse de 1911 (détail).
Synthèse entre la religion et la psychanalyse

L'ouvrage « Die Richtung im Seelenleben » (1929) est une tentative de synthèse entre la religion chrétienne d'une part et la psychanalyse d'autre part. Dans une première partie, Maeder, reprenant un texte de 1918, s'attache à montrer les points communs entre ces deux domaines du point de vue de la guérison et du développement de la vie psychique. Le transfert psychanalytique est particulièrement étudié. Selon Maeder, le rôle du thérapeute évolue progressivement, tout au long de l'analyse, d'un statut d'« agent psychothérapeutique » à celui de « partenaire », puis enfin d'« appelé ». Maeder pense en effet que la dimension religieuse et spirituelle doit faire partie intégrante du processus de guérison psychique, explique son ami et psychiatre suisse Paul Tournier15. Une seconde partie intitulée « Conscience et réalisation » constitue les conférences faites à Amersfoort (en Hollande). La troisième et dernière partie, « Psychanalyse et éducation » (rééditée sous le titre « Réalisation dans l'éducation ») propose une approche psychanalytique de la pédagogie.

La conception de Maeder est, selon Charles Baudouin, « un enseignement d'hygiène morale et spirituelle ». En effet, par sa thérapeutique brève et éthique, il met l'accent sur « l'œuvre de rééducation pratique » qu'accomplit le psychothérapeute à l'égard de ses patientsB 1. Enfin, cet enseignement s'adresse à l'Humanité en général. Dans Vers la guérison de l'âme il explique que l'individu est menacé dans son identité et que seule une discipline d'auto-éducation fondée sur la connaissance de soi peut recentrer la psyché individuelleB 1. Maeder rejoint le groupe d'Oxford, rassemblement de personnalités chrétiennes et multidisciplinaires prônant le « réarmement moral » de la civilisation. La pratique de Maeder a ainsi intégré peu à peu la spiritualité et la relation unique qui existe entre patient et analyste. J. W. G. Meissner a principalement centré son étude biographique de Maeder sur cette « psychiatrie pastorale » dans « Van hulp en heil: de pastorale psychiatrie van Alphonse Maeder » (1952).
Analyse de la glossolalie

Dans La Langue d'un aliéné. Analyse d'un cas de glossolalie, et suivant les conceptions d'Eugène Bleuler et de Théodore Flournoy, Maeder présente l'existence d'un sens caché derrière le charabia d'une langue délirante fabriquée par un schizophrène, patient dénommé par les initiales « F. R. » et qui s'imagine vivre dans un pays imaginaire du nom de « Salisjeur ». Maeder reprend les notions d'« autisme » et celle de « démence précoce » préalablement étudiées par Eugène Bleuler et carl Gustav Jung, sans mentionner leur origine autoérotique, et les nomme « repliement sur soi-même »M 12, les comparant à l'appellation française d'« autophilie »I 2. Il fait aussi souvent référence, au cas de glossolalie délirante le plus connu à l'époque, celui du Président Schreber. L'étude des glossolalies est en effet en vogue chez les pionniers de la psychanalyseL 1. Maeder relie le phénomène de glossolalie à l'économie psychique telle que la conçoit la psychologie analytique. En effet, l'invention d'une langue fictive témoigne de la recherche de la part du patient d'« un instrument adéquat à sa pensée ». Il poursuit : « Il [le patient] vit dans un monde fantaisiste qui doit lui fournir une compensation pour l'existence terre-à-terre qu'il a dû mener jusqu'alors. Une langue nouvelle est alors nécessaire à cet esprit naïf pour exprimer des idées si nouvelles, profondes et abstraites, des choses si grandioses, pour décrire un monde si nouveau »L 2. Selon Maeder, l'affectivité et l'infantilité jouent un rôle explicatif dans la glossolalie.
La psychosynthèse
Article détaillé : Psychosynthèse.

Dans « De la Psychanalyse à la Psychosynthèse » (1926) Maeder épouse une conception nouvelle, se démarquant définitivement de l'héritage freudien. En annonçant la prise en compte de l'individu dans l'optique de la psychosynthèse, Maeder récuse le primat de la libido sur la psyché et l'idée que celle-ci se fonde sur des instances antagonistes. Il existe ainsi des degrés dans l'activité psychique, ainsi que deux attitudes, l'une hédonique, élémentaire et utilitaire et une autre de réalisation qui intègre les buts de l'individu. Ainsi, là où la psychanalyse explique la personnalité par le refoulement et l'identification, la psychosynthèse, selon Maeder, l'explique par l'adaptation au réel et au social. Cette conception a influencé la théorie de Roberto Assagioli, père de la psychosynthèse. Roberto Assagioli s'est en effet largement fondé sur les travaux de Maeder pour développer une approche intégrative de la vie psychique. Par ailleurs, le Dr René Morichaut-Beauchant, dans Les Troubles de l'instinct sexuel chez les épileptiques (1912) s'inspire également de la théorie de MaederM 13 et de celle de Cesare Lombroso, selon lesquelles l'épileptique est un délinquant en puissanceI 7.
Œuvres d'Alphonse Maeder

Les articles et ouvrages sont classés par ordre chronologique.
Articles
En langue allemande

(de) « Die Symbolik in den Legenden, Märchen, Gebräuchen und Träumen », Psychologisch-neurologische Wochenschrift, vol. X,‎ 1908-1909, p. 45-55.
(de) « Die Sexualität der Epileptiker », Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen, vol. I,‎ 1909, p. 119-154.
(de) « Psychologische Untersuchungen an Dementia præcox-Kranken », Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen, no 2,‎ 1910, p. 185-245. (lire en ligne [PDF]).
(de) « Zur Entstehung der Symbolik im Traum », Zentralblatt für Psychoanalyse, vol. 1,‎ 1910, p. 383-389.
(de) « Über die Funktion des Traumes », Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen, vol. 4,‎ 1912
(de) « Zur Frage der Teleologischen Traumfunktion. Eine Bemarkung zur Abwehr », Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen, no 5,‎ 1913, p. 453-454.
(de) « Autoreferat, Ortsgruppe Zürich. Korrenspondenzblatt der Intrenationalen Psychoanalytischen Vereinigung », Internationale Zeitschrift für ärztliche Psychoanalyse, no 1,‎ 1913, p. 621-622.
(de) « Die Richtung im Seelenleben », The Journal of Nervous and Mental Disease, vol. 69, no 5,‎ mai 1929, p. 609.
Traduit en anglais sous le titre The Direction in Psychic Life
(de) « Der mythische Heilbringer und der Arzt », Psyche Verzeichnis, no 5,‎ 1951, p. 92-97.
(de) Boss, M., H.K. Fierz-Monnier, A. Maeder, « Herkunft und Wesen des Archetypus-Begriffes. Eine Diskussion », Psyche Verzeichnis, no 7,‎ 1953, p. 217-240.
(de) Elga Kern (dir.), Wegweiser in der Zeitwende : Mein Weg von der Psychoanalyse zur Synthese: Ein Autobiographicher Beitrag zur Wandlung der Geisteshaltung seit 1900, Munich, Ernest Reinhardt, 1956
(de) « Persönlich Erinnerungen an Freud und retrospektive Besinnung », Schweizer Zeitschrift für Psychologie, no 15,‎ 1956, p. 114-122.

Articles écrits en langue française

Ces articles n'ont pas été traduits de l'allemand. Les date fournie correspond à la publication originale française.

« Contribution à la psychopathologie de la vie quotidienne », Archives de psychologie, vol. VI,‎ avril 1907, p. 149-152.
« Essai d’interprétation de quelques rêves », Archives de psychologie, vol. VI,‎ avril 1907, p. 354-375.
« Nouvelles contributions à la psychopathologie de la vie quotidienne », Archives de psychologie, vol. VIII,‎ février 1908, p. 283-299.
« À propos des symboles », Journal de psychologie normale et pathologique, no 1,‎ janvier-février 1909, p. 46-51.
« Une voie nouvelle en psychologie (Freud et son école) », Coenobium, Milan, Lugano, no III,‎ janvier 1909, p. 97-115.
« Sur le mouvement psychanalytique. Un point de vue nouveau en psychologie », L'Année psychologique, vol. 18, no 1,‎ 1911, p. 389-418. (lire en ligne)
« Psychopathologie et pathologie générale », L'Encéphale, XIX, mars 1924, p. 163-177.
« De la Psychanalyse à la Psychosynthèse », L'Encéphale, no 8,‎ septembre–octobre 1926, p. 577-589.

Monographies
En langue allemande

(de) Über das traumproblem, F. Deuticke, 1914, 40 p.
(de) Heilung und Entwicklung im Seelenleben, Zürich, Roscher, 1918
Traduit en anglais sous le titre : Healing and Development in the Psychic Life
(de) Der Psychotherapeut als Partner. Eine appellative Psychotherapie, Zürich-Stuttgart, Rascher, 1957

Ouvrages traduits en langue française

Tous les ouvrages sont traduits de l'allemand. La date fournie est celle de la publication française.

La langue d'un aliéné. Analyse d'un cas de glossolalie, A. Kündig, 1910
Première publication dans la revue L'Encéphale, 1910, p.208-216
Ferdinand Hodler. Étude de son développement psychique et de l’importance nationale de son art, vol. 5, Rascher, coll. « Publications sur la vie et l'art suisses », 1916
Ouvrage édité en 500 exemplaires, en collaboration avec Paul Seippel et Jacques Charles Lenoir
Contributions à la psychopathologie de la vie quotidienne: Oublis - Confusions - Lapsus, W. Kündig & Fils, 1916, 4 p.
Guérison et évolution dans la vie de l'âme: la psychanalyse, son importance dans la vie contemporaine, Rascher, 1918
Vers la guérison de l'âme: cas de psychothérapie brève tirés de la pratique d'un psychiatre, Delachaux & Niestlé, coll. « L'homme et ses problèmes », 1946, 190 p.
L'homme et ses problèmes, Delachaux & Niestlé, 1953
La personne du médecin, un agent psychothérapeutique: vers une nouvelle vocation médicale, Delachaux & Niestlé, 1953
De la psychanalyse à la psychothérapie appellative: expérience en psychothérapie de courte et de longue durée, Payot, coll. « Bibliothèque scientifique », 1970

Notes complémentaires

↑ « Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen » se traduit par « Annales de recherches psychanalytiques et psychopathologiques ».
↑ Sur la photographie apparaissent d'autres personnalités fondatrices de la psychologie analytique : Emma Jung (6e depuis la droite, premier rang), Toni Wolff (3e depuis la droite, premier rang), Franz Riklin (1re depuis la droite, premier rang), Carl Gustav Jung (7e depuis la droite, second rang).
↑ Cette caractérologie fait l'objet d'une étude, d'un point de vue psychologique, de la part de Jung, dans l'ouvrage Types psychologiques (1921) et à laquelle Maeder se réfère ici.
↑ L'ouvrage est écrit en collaboration avec Paul Seippel et Jacques Charles Lenoir et n'a été publié qu'en 500 exemplaires.

Références
Sources utilisées

Henri F. Ellenberger, Histoire de la découverte de l'inconscient, Paris, Fayard, 2008 (ISBN 2-213-61090-Cool

↑ a et b p. 894.
↑ p. 685.
↑ p. 688.
↑ p. 836
↑ p. 839.
↑ p. 698.
↑ a, b et c p. 738-740.
↑ a, b, c, d, e et f p. 53.
↑ a, b et c p. 71-72.
↑ p. 751.
↑ p. 718.

Charles Baudouin, L'Œuvre de Carl Jung et la psychologie complexe, Paris, Petite bibliothèque Payot, coll. « numéro 133 », 2002 (ISBN 2228895709)

↑ a, b, c, d et e p. 422-423.
↑ p. 117.

Sigmund Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse : Contributions à l'histoire du mouvement psychanalytique, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 1966 (ISBN 2-228-88126-0)

↑ « De tous les pays européens, c'est la France qui, jusqu'à présent, s'est mon­trée la plus réfractaire à la psychanalyse, bien que le Zurichois A. Maeder ait publié des travaux très solides susceptibles d'ouvrir aux lecteurs français l'accès des théories psychanalytiques », p. 103.
↑ Freud revient sur cette divergence de Maeder, expliquant : « À Adler encore revient la priorité de la confusion entre le rêve et les idées latentes du rêve, confusion sur laquelle repose sa théorie de la « tendance prospective ». C'est après lui que Maeder s'est engagé dans la même voie », p. 47.

(fr) Alain de Mijolla, Dictionnaire international de la psychanalyse, Hachette, 2005 (ISBN 201279145X)

↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Entrée « Maeder, Alphonse E. » p. 949, par Kaspar Weber.

Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Fayard, 2000, 3e éd., 1217 p. (ISBN 978-2213630472)

↑ a, b, c, d, e, f et g Entrée « Maeder Alphonse », p. 648-649.

Roland Jacquard (dir.), Histoire de la psychanalyse, t. 2, Le livre de poche, coll. « biblio essais », 1982 (ISBN 2-253-03580-7)

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Emilio Rodrigué, Freud. Le Siècle de la psychanalyse, t. 2, Payot, coll. « Désir Payot », 2003, 611 p. (ISBN 978-2228892520)

↑ p. 32.
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↑ p. 29.
↑ p. 294-295.

Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France (1885-1939), t. 1, Fayard, 1994 (ISBN 2-213-59368X)

↑ p. 125.
↑ a, b, c, d, e et f p. 226.
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Deirdre Bair, Jung. Une biographie, Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 2007 (ISBN 2082103641)

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↑ Maeder, cité p. 232.
↑ p. 198.
↑ p. 319.
↑ p. 228.
↑ p. 353.
↑ p. 377.
↑ p. 353.
↑ Deirdre Bair parle de l'école de Zurich comme le rassemblement de plusieurs groupes hétéroclites, autour de Jung, de Riklin, de Bleuler, de Schmid et de Maeder ; on ne peut donc parler d'une organisation centrée autour de Jung, p. 418.
↑ p. 417 et p. 472.
↑ p. 379.
↑ p. 390.
↑ p. 379.
↑ p. 353.
↑ p. 393. Deirdre Bair cite un témoin d'époque, Stern, qui fait le portrait de Maeder.
↑ p. 468.
↑ p. 731.

(en) Sonu Shamdasani, Jung and the making of modern psychology: the dream of a science, Cambridge University Press, 2003 (ISBN 978-0521539098)

↑ a, b et c p. 141.
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↑ a et b p. 142.
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Christian Puech, Linguistique et partages disciplinaires à la charnière des XIXe et XXe siècles: Victor Henry, (1850-1907), vol. 55, Peeters Publishers, coll. « Bibliothèque de l'information grammaticale », 2004 (ISBN 9789042914209)

↑ p. 326.
↑ p. 328.

Alain de Mijolla, Freud et la France. 1885-1945, Presses universitaires de France, 2010, 956p p. (ISBN 978-2-13-054515-6)

↑ p. 90.
↑ p. 110.
↑ p. 92.
↑ p. 93.
↑ p. 93.
↑ p. 142.
↑ Lettre de Maeder à Claparède, du 31 octobre 1915, rapportée p. 165.
↑ Lettre de Ferenczi rapportée par Mijolla, p. 137.
↑ p. 91.
↑ p. 92.
↑ p. 294.
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Autres sources utilisées

↑ a, b, c, d, e, f et g Stefan Schulz, « Mäder, Alphonse [archive] » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 19 août 2008..
↑ a et b Olivier Douville, Chronologie : situation de la psychanalyse dans le monde, du temps de la vie de Freud, 2006 (lire en ligne [archive] [PDF]).
↑ a et b Elizabeth Czoniczer, Quelques Antécédents de À la Recherche du temps Perdu, Librairie Droz, 1957 (ISBN 9782600034494), p. 41.
↑ Jean Paulhan, « Essai d'interprétation de quelques rêves d'Alphonse Maeder », Journal de psychologie,‎ 1907, p. 462-464.
↑ Jean Philippe, « Essai d'interprétation de quelques rêves d'Alphonse Maeder (titre original inconnu) », La Revue philosophique, vol. 66,‎ juillet-décembre 1908, p. 438-439.
↑ « Library of Congress, Freud's exhibition » [archive], sur loc.gov (consulté le 28 décembre 2009).
↑ Henri F. Ellenberger, La guérison et ses artisans. Traité d'anthropologie médicale, Presses de L'Université du Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, Presses de L'Université de Lyon, 1985.
↑ « Sur le mouvement psychanalytique. Un point de vue nouveau en psychologie », L'année psychologique, vol. 18, no 1,‎ 1911, p. 389-418 (lire en ligne [archive]).
↑ Carl Gustav Jung, L'Homme à la découverte de son âme, Payot, 1962, p. 223.
↑ Alphonse Maeder, cité in Carl Gustav Jung, L'Homme à la découverte de son âme, Payot, 1962, p. 213.
↑ Alphonse Maeder, « Sur le mouvement psycho-analytique », L'Année psychologique, Paris, t. XVIII,‎ 1911, p. 413-417 (lire en ligne [archive]).
↑ Alphonse Maeder, Guérison et évolution dans la vie de l'âme, Zurich, Rascher, 1918, p. 64.
↑ Alfred Adler, Le tempérament nerveux, Payot, 1970, p. 236.
↑ Karl Abraham, Psychanalyse et culture : Critique de l'essai d'une présentation de la théorie psychanalytique de C. G. Jung, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot, Sciences de l'homme », 1966, p. 207-224.
↑ Paul Tournier, Quel nom lui donnerez-vous?, Labor et Fides, 1974, p. 116.

Annexes
Articles connexes

Psychologie analytique
Rêve en psychologie analytique
Rêve
Transfert
Guérison

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • WorldCat
(fr) [PDF] « Brève histoire de la Société Suisse de Psychanalyse » par Alexander Moser de Zurich
Stefan Schulz, « Mäder (Maeder), Alphonse » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 19 août 2008.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:29

L'hypothalamus (du grec : ὑπό, hypo = dessous et θάλαμος, thálamos = chambre, cavité) est une structure du système nerveux central, située sur la face ventrale de l'encéphale. Cette partie du cerveau est constituée de plusieurs sous-structures, appelées noyaux. Ces noyaux sont des ensembles anatomiquement indépendants de neurones qui assurent diverses fonctions. L'une des fonctions les plus importantes de l'hypothalamus est de réaliser la liaison entre le système nerveux et le système endocrinien par le biais d'une glande endocrine : l'hypophyse.

Comme son nom l'indique, cet organe est situé en dessous du thalamus, juste au-dessus du tronc cérébral et forme la partie ventrale du diencéphale. Tous les vertébrés possèdent un hypothalamus. Chez l'homme il est à peu près de la taille d'une amande.

Grâce à ses connexions avec l'hypophyse, l'hypothalamus est responsable de plusieurs processus métaboliques et d'autres activités du système nerveux autonome. Il permet la synthèse et la sécrétion de neurohormones hypothalamiques dans la tige hypophysaire (ou tige pituitaire), qui à leur tour stimulent ou inhibent la sécrétion d'hormones hypophysaires. Il intervient ainsi dans la régulation du système nerveux autonome et des fonctions endocrines. Il intervient également dans le contrôle d'une large gamme de fonctions corporelles comportementales, incluant la reproduction, la thermorégulation, le contrôle du rythme circadien ou encore la faim.

L'hypothalamus fait partie de la portion inférieure du diencéphale. Il forme les parois inféro-latérales et le plancher du 3e ventricule, situé sous le thalamus (d'où son nom), dont il est séparé par le sillon hypothalamique (de Monro). Il est en rapport, par ailleurs, avec la région sous-thalamique, en dehors via le champ tegmental de Forel, en avant par la lame terminale, et en arrière par le tegmentum mésencéphalique.

L'hypothalamus se compose de trois régions parasagittales adjacentes (périventriculaire, médiale et latérale) lesquelles se subdivisent selon un axe antéro-postérieur en des régions pré-optique, antérieure, tubérale et mamillaire. Se distinguent ainsi les noyaux pairs suivant :

noyaux préoptiques (périventriculaire et médial),
noyau suprachiasmatique (périventriculaire),
noyaux paraventriculaires (périventriculaire et médial),
noyau antérieur (médial),
noyau infundibulaire ou noyau arqué (périventriculaire),
noyau ventro-médial
noyau dorso-médial,
noyau hypothalamique postérieur,
noyaux prémamillaires dorsal et ventral,
noyaux mamillaires latéral et médial,
noyaux tubéro-mamillaires médial et latéral,
noyau hypothalamique latéral.

Les principaux faisceaux centrés sur l'hypothalamus comprennent1 :

le faisceau hypothalamo-hypophysaire issu des noyaux supra-optique et paraventriculaire et se terminant via la tige pituitaire dans la neuro-hypophyse (libérant de la vasopressine et de l'ocytocine),
le faisceau médial du télencéphale,
le faisceau longitudinal médial,
le fornix,
les faisceaux mamillothalamique et mamillotegmental.

Fonctions

L’hypothalamus constitue un capteur et un centre intégrateur du corps : il intègre des stimuli périphériques (hormonaux,humoraux et nerveux) et y répond par la modulation de la sécrétion des hormones hypothalamiques.

L'hypothalamus répond ainsi à divers facteurs comme :

La lumière: la durée du jour et la photopériode régulent les rythmes circadiens et saisonniers et chez les mammifères c'est dans la partie antérieure de l'hypothalamus qu'est situé le principal stimulateur circadien (dans le noyau suprachiasmatique2)
Les stimuli olfactifs, notamment les phéromones
Les informations nerveuses provenant du cœur, de l'estomac et des organes reproducteurs
Les influx du système nerveux autonome
Les paramètres du sang comme les taux de leptine, ghreline, angiotensine, insuline, des hormones pituitaires et des cytokines, ainsi que la glycémie et l'osmolarité, etc.
Les stéroïdes (corticostéroïdes), indicateur du stress
Les invasions microbiennes auxquelles il répond par une élévation de la température générale du corps (élévation du thermostat)

C'est notamment grâce à la vasopressine, qui est libérée par l'hypothalamus « alerté » par l'hypophyse quand l'intensité lumineuse baisse le soir, que le corps se met à stocker l'eau (au lieu de remplir la vessie à partir des reins), de manière à conserver un niveau d'hydratation idéal du corps et de ses cellules durant le sommeil. En effet, les gens ne buvant pas durant le sommeil, l'organisme doit minimiser les pertes d'eau et rester suffisamment hydraté. Quand l'eau commence à manquer, des neurones osmosensibles activent d'autres neurones qui libèrent davantage de vasopressine dans le sang. Ce système est en partie régulé par l'horloge biologique interne de l'organisme3.
Le complexe hypothalamo-hypophysaire
Article détaillé : complexe hypothalamo-hypophysaire.
Sécrétion de la GnRH

Une neurohormone, la GnRH (Gonadotropin releasing hormone) est synthétisée par ces neurones puis libérée de manière pulsatile dans le sang : l'hypothalamus envoie des trains de potentiels d'actions à travers le neurone. Par la suite, la GnRH agit sur les cellules de l'hypophyse. La liaison GnRH aux cellules hypophysaires entraîne la libération d'hormone folliculo-stimulante (FSH) et d'hormone lutéinisante (LH), qui sont de nature glycoprotéique.
Rôle chez la femme

La FSH (Follicle Stimulating Hormone) et la LH (Luteinizing Hormone), deux hormones hypophysaires stimulent la production d'œstrogènes et de progestérone par les ovaires. On les appelle les gonadonostimulines (ou gonadotropin). La FSH intervient dans la maturation des follicules. Une brusque élévation de la concentration du taux de LH (pic de LH) en fin de phase folliculaire déclenche l'ovulation et provoque la transformation du follicule rompu en corps jaune.

Les sécrétions hypophysaires sont elles-mêmes sous le contrôle de l'hypothalamus qui sécrète une substance neurohormone (GnRH). Les hormones ovariennes (œstrogène et progestérones) exercent un rétrocontrôle sur le complexe hypothalamo-hypophysaire : elles inhibent la sécrétion de LH et de FSH pendant la majeure partie du cycle. Inversement, les œstrogènes stimulent la sécrétion de LH et de FSH dès qu'ils franchissent une concentration seuil dans le plasma sanguin (environ 200 pg par mL de plasma), ce qui est le cas juste avant l'ovulation (rétrocontrôle positif).

Ce sont ces sécrétions cycliques des hormones qui induisent les modifications cycliques de l'appareil reproducteur des femmes. Des stimuli externes provenant de l'environnement peuvent par l'intermédiaire du système nerveux central influencer le complexe hypothalamo-hypophysaire et donc les cycles sexuels. Le complexe hypothalamo-hypophysaire prend en compte les variations des hormones ovariennes et les facteurs de l'environnement. Il réalise donc une intégration de multiples messages nerveux et hormonaux afin de contrôler les cycles sexuels, ce qui peut être à l'origine d'un décalage du cycle ovarien normal chez la femme (fortes émotions par exemple).
Rôle chez l'homme

Chez l'homme, la LH agit sur les cellules de Leydig (cellules interstitielles du testicule) et stimule la sécrétion de la testostérone. La FSH agit quant à elle sur une autre partie du testicule, les cellules de Sertoli, rendant ces cellules réceptives aux effets stimulateurs de la testostérone, cellules qui sont, elles, responsables du bon déroulement de la spermatogénèse.

La testostérone ainsi sécrétée verra son taux constamment analysé par le complexe hypothalamo-hypophysaire. L'augmentation trop importante des concentrations de testostérone et d'inhibine exerce un rétrocontrôle négatif sur l'hypothalamus et l'hypophyse, afin de baisser les sécrétions pulsatiles de GnRH, de FSH et de LH, et permettre un retour à la normale de la testostéronémie.
Régulation de l’appétit

(partie en cours d'écriture)

C'est au sein de l'hypothalamus que s'effectue l'intégration de différents types de signaux permettant la régulation de l’appétit. Celle-ci se fait notamment en cohérence avec les besoins énergétiques et la quantité de masse graisseuse du corps. Les signaux - les inputs - sont à la fois des neurotransmetteurs classiques et des neuropeptides. L'effet sur l’appétit - l'output - passe ensuite par différentes voies de signalisation. Cette réponse de l'hypothalamus va agir sur de nombreuses structures cérébrales impliquées dans la mémoire, la motivation, la planification, la prise de décision, l'apprentissage, l'action et le contrôle moteur, qui sont l'ensemble des fonctions requises pour l'alimentation4.

La partie latérale extrême du noyau ventromédial de l'hypothalamus est responsable du contrôle de la prise alimentaire. Une stimulation dans cette région provoque une augmentation de la prise de nourriture. Une lésion bilatérale de cette aire induit un arret complet de la prise de nourriture. De plus, la partie médiane de ce noyau contrôle l'activité de la partie latérale. Ainsi, une lésion bilatérale à la partie médiane provoque une hyperphagie et une obésité chez l'animal. Lorsque chez le même animal la partie latérale est ensuite lésée, l'animal cesse de se nourrir. Ce qui montre que l'aire latérale est le centre de la prise de nourriture et qu'il est régulé négativement par l'aire médiane du noyau qui est le "centre de la satiété" pour éviter une continuelle sustentation.

Il existe différentes hypothèses concernant le mécanisme de cette régulation de la prise alimentaire5 :

Hypothèse lipostatique : Cette hypothèse suppose que le tissu adipeux produit un signal humoral qui est proportionnel à la quantité de graisse et agit sur l'hypothalamus pour diminuer la prise alimentaire et augmenter la dépense énergétique. Il a d'ailleurs été montré qu'une hormone, la leptine, agit sur l'hypothalamus pour provoquer cet effet dont le but est de diminuer la masse graisseuse du corps.
Hypothèse du peptide gastro-intestinal : Certaines hormones du système digestif, comme le Grp, le glucagon ou la cholecystokinine (CCK), semblent inhiber la prise alimentaire. Ce serait l'entrée d'aliment dans le tube digestif qui provoquerait la libération de ces hormones pour induire la sensation de satiété au niveau du cerveau. Celui-ci présente notamment des récepteurs à la CCK-A et la CCK-B.
Hypothèse glucostatique : l'activité du centre de la satiété situé dans le noyau ventromédial serait probablement gouvernée par l'utilisation du glucose par les neurones. Il a été postulé que lorsque cette utilisation du glucose est faible - lorsque les taux de glucose entre les artères (à l'entrée) et les veines (à la sortie) sont très peu différent-.
Hypothèse thermostatique

Gestion de la peur

La partie médiane de l'hypothalamus fait partie du circuit cérébral qui contrôle les comportements motivés, comme les comportements de défense6. Des analyses du marqueur d'activité neuronale c-Fos ont montré l'importance d'une série de noyaux hypothalamiques médians - appartenant à une sorte de "colonne du contrôle du comportement" - dans la régulation des réactions de défense innées ou conditionnées face à un prédateur7.
Mécanisme de défense face à un prédateur

Chez les rongeurs, la présence d'un prédateur (comme le chat) déclenche des comportements défensifs, même lorsque l'animal n'a jamais croisé de prédateur auparavant8. Au niveau de l'hypothalamus, cette exposition à un prédateur augmente le nombre de cellules activant c-Fos dans le noyau antérieur, la partie dorsomédiane du noyau ventromédian et le noyau dorsal premammillaire9. Ce dernier semble avoir un rôle important dans la régulation des comportements défensifs face à un prédateur, car une lésion de ce noyau abolit ces comportements défensifs, comme l'immobilisation ou la fuite10,9. Le noyau prémamillaire semble réguler uniquement les mécanismes de défense momentanés, face au prédateur, puisque son ablation ne modifie pas, par exemple, les scores d'immobilisation défensives une fois le prédateur retiré10. De plus, ce noyau est étroitement connecté à la substance grise périaqueducale, une structure importante de l'expression de la peur11,12.

D'autre part, l'animal montre des comportements de crainte et d'évaluation des risques lorsqu'il est replacé dans un environnement associé à la présence d'un chat. Les marquages c-Fos montre que le noyau premamillaire dorsal est le plus activé au sein de l'hypothalamus lors de ce paradigme. L'inactivation au muscimole, avant l'exposition à ce contexte, abolit ces mécanismes défensifs9
Embryologie

Lors du développement, la totalité du système nerveux central se développe à partir d'une structure appelée le tube neural situé dans la partie dorsale de l'embryon. Ce tube se divise ensuite en 4 parties distinctes selon l'axe antéro-postérieur :

la moelle épinière (structure la plus caudale)
le rhombencéphale
le mésencéphale
le prosencéphale :
De cette dernière structure naît le diencéphale (qui donnera naissance notamment au thalamus)
et le prosencéphale secondaire qui se divise lui aussi en :
Hypothalamus
Aire préoptique et pédonculaire
Télencéphale (qui donnera notamment naissance au cortex)

Hormones hypothalamiques

Dopamine,
Somatolibérine,
Somatostatine,
TRH,
GnRH,
Vasopressine,
Ocytocine,
Endorphine.

Ces hormones se dirigent vers l'hypophyse grâce au système porte hypothalamo-hypophysaire.
Pathologie de l'hypothalamus
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il serait le siège d'une grande activité lors de crises d'AVF (Algies Vasculaires de la Face) et ce qui expliquerait que les crises soient à fréquences régulières ( même heures aux mêmes moments de la journée)
Notes et références

↑ Nieuwenhuys et al., 2008
↑ Andries Kalsbeek & al (2000), Melatonin sees the light: blocking GABA-ergic transmission in the paraventricular nucleus induces daytime secretion of melatonin ; European Journal of Neuroscience ; Volume 12, Issue 9, pages 3146–3154, Septembre 2000 ;DOI: 10.1046/j.1460-9568.2000.00202.x (résumé [archive])
↑ Trudel, E. & Bourque, ; Why the body isn't thirsty at night ; Body clock is a hormonal dimmer switch that controls water loss.C. W. Nature Neurosci. (2010) doi:10.1038/nn.2503.
↑ Parker JA and Bloom SR. Hypothalamic neuropeptides and the regulation of appetite. Neuropharmacology, 2012. PMID 22369786 [archive]
↑ (en) Theologides A, « Anorexia-producing intermediary metabolites », Am J Clin Nutr, vol. 29, no 5,‎ 1976, p. 552–8 (PMID 178168)
↑ (en) Swanson, L.W., « Cerebral Hemisphere Regulation of Motivated Behavior », Brain Research, vol. 886,‎ 2000, p. 113-164 (DOI 10.1016/S0006-8993(00)02905-X)
↑ (en) Canteras, N.S., « The medial hypothalamic defensive system:Hodological organization and functional implications », Pharmacology, Biochemistry & Behavior, vol. 71,‎ 2002, p. 481-491 (DOI 10.1016/S0091-3057(01)00685-2)
↑ (en) Ribeiro-Barbosa,E.R.; et al, « An alternative experimental procedure for studying predator-related defensive responses. », Neuroscience & Biobehavioral Reviews, vol. 29, no 8,‎ 2005, p. 1255-1263 (DOI 10.1016/j.neubiorev.2005.04.006)
↑ a, b et c (en) Cezário, A.F., « Hypothalamic sites responding to predator threats--the role of the dorsal premammillary nucleus in unconditioned and conditioned antipredatory defensive behavior. », European Journal of Neuroscience, vol. 28, no 5,‎ 2008, p. 1003-1015 (DOI 10.1111/j.1460-9568.2008.06392.x)
↑ a et b (en) Blanchard, D.C., « Dorsal premammillary nucleus differentially modulates defensive behaviors induced by different threat stimuli in rats », Neuroscience Letters, vol. 345, no 3,‎ 2003, p. 145-148 (DOI 10.1016/S0304-3940(03)00415-4)
↑ (en) Canteras, N.S.; Swanson, L.W., « The dorsal premammillary nucleus: an unusual component of the mammillary body. », PNAS, vol. 89, no 21,‎ 1992, p. 10089-10093 (lire en ligne [archive])
↑ (en) Behbehani, M.M., « Functional characteristics of the midbrain periaqueductal gray. », Progress in Neurobiology, vol. 46, no 6,‎ 1995, p. 575-605 (DOI 10.1016/0301-0082(95)00009-K)

Liens externes

Vidéo diaporamique de l'hypothalamus, par le Dr Dominique Hasboun (cours sous vidéo nécessitant le décodeur vidéo gratuit Distens)
Le complexe hypothalamo-hypophysaire

[masquer]
v · m
Système nerveux
Central

Encéphale
Cerveau
Télencéphale Diencéphale
Thalamus Hypothalamus Épithalamus Tronc cérébral
Mésencéphale Pont Moelle allongée Cervelet Moelle épinière

Périphérique

Racines Nerfs
Crâniens Spinaux Sensitif Moteur Ganglions Plexus

Hiérarchie fonctionnelle : Système nerveux somatique Système nerveux autonome
Sympathique Parasympathique Entérique

Cerveau triunique

Cerveau primitif (cerveau reptilien) Cerveau limbique (cerveau paléo-mammalien) Cerveau néocortex (cerveau néo-mammalien) Liste de régions du cerveau humain Cortex cérébral Substance blanche Substance grise Neurosciences

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:33

Ressemblance et communication : Deirdre Wilson et Dan Sperber
Wilson et Sperber suggèrent que « contre l'opinion générale, l'interprétation de tout énoncé sans exception exploite une relation de ressemblance » entre « l'énoncé et une pensée ». Dans ce cadre, ils étudient la métaphore au même titre que l'ironie, l'approximation consciente, l'hyperbole, la citation ou la représentation implicites de la pensée de quelqu'un d'autre, tout en soulignant les différences entre ces exceptions à la « règle de littéralité ». Ils remettent en question la définition de la métaphore en tant que « l'exploitation d'une ressemblance de sens entre le terme propre et le terme figuré » : l'idée de « tigre » est proche de celle de « lion », pourtant on ne dira pas métaphoriquement d'un tigre que « c'est un lion », alors qu'on pourra le dire à propos d'un valeureux guerrier : selon eux, c'est parce que la ressemblance dans le premier cas serait trop grande pour que la métaphore fonctionne. Les métaphores, basées sur des « mécanismes psychologiques fondamentaux », ne constitueraient pas un écart ou une transgression par rapport à une norme, mais « des exploitations créatives et évocatrices » du fait que tout énoncé « ressemble », d'une manière ou d'une autre, à une pensée du locuteur : l'auditeur anticiperait une telle ressemblance, dans le cadre général de l'anticipation de pertinence, sans idée préconçue quant au caractère littéral, métaphorique ou approximatif de l'énoncé.

Exemple

François Hollande, né le 12 août 1954 à Rouen, en Seine-Inférieure, est un homme d'État français. Il est président de la République française depuis le 15 mai 2012.

Magistrat à la Cour des comptes, et avocat pendant quelques mois entre 1996 et 1997, il est premier secrétaire du Parti socialiste de 1997 à 2008, pendant la troisième cohabitation puis dans l'opposition. Maire de Tulle de 2001 à 2008, il est député de la première circonscription de la Corrèze de 1988 à 1993 et de nouveau de 1997 à 2012, et préside le conseil général de la Corrèze de 2008 à 2012.

Désigné candidat du PS et du PRG à l'élection présidentielle de 2012 à l'issue d'une primaire, il emporte le second tour avec 51,64 % des voix face au président sortant, Nicolas Sarkozy. Sa présidence est notamment marquée par une successions d'attentats terroristes islamistes en France.

Jean-Pierre Mignard est un avocat, un essayiste et un homme politique français né à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) en 1951.

Lionel Jospin, né le 12 juillet 1937 à Meudon (Seine-et-Oise, aujourd'hui Hauts-de-Seine), est un homme d'État français.

Ancien élève de IEP de Paris et de l'ENA, il est diplomate et universitaire de profession.

D'abord membre de l'Organisation communiste internationaliste, il rejoint le Parti socialiste en 1971. Député de la vingt-septième circonscription de Paris puis de la Haute-Garonne, il occupe le poste de premier secrétaire du Parti socialiste au cours du premier septennat de François Mitterrand (1981-1988). Il est ensuite, de 1988 à 1992, ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, et « numéro deux du gouvernement », au sein des gouvernements Michel Rocard et Édith Cresson.

Désigné candidat socialiste à l'élection présidentielle de 1995 lors de la primaire de son parti, il est battu au second tour par Jacques Chirac, puis retrouve la fonction de premier secrétaire du PS en octobre. La victoire de la gauche aux élections législatives de 1997 lui permet de devenir Premier ministre, inaugurant ainsi la troisième cohabitation. À la tête de la « majorité plurielle », il contribue à la mise en place des 35 heures et des emplois-jeunes.

À nouveau candidat du PS lors de l'élection présidentielle de 2002, il est éliminé au premier tour, devancé par le président sortant, Jacques Chirac, et par le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen. Il annonce dans la foulée son retrait de la vie politique et démissionne de ses fonctions de chef du gouvernement le 6 mai 2002. Son gouvernement est à ce jour le plus long de la Ve RépubliqueN 2.

Il est membre du Conseil constitutionnel depuis le 6 janvier 2015.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:35

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:39

Psycholinguistique : Métaphore et Conscience chez Julian Jaynes

Avec les découvertes de la psycholinguistique, les sciences voient de plus en plus dans la métaphore un processus, au lieu d'un résultat esthétique du seul domaine du langage. André Leroi-Gourhan observe par exemple que lorsqu’un ou des hommes créent une nouvelle « machine », il y a apparition simultanée de mots, à travers notamment des technolectes (des jargons propres à un métier ou à une discipline). Cette création de nouvelle désignation va se faire selon le principe d’économie : si un mot déjà existant peut « représenter » l’élément nouveau, alors il est employé plutôt que de forger un mot nouveau. La construction d’un « mot pour dire telle chose nouvelle » se fait de manières différentes selon les situations. La société est donc la matrice qui conditionne l'apparition et l'emploi des métaphores. Dans La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, le psychologue américain Julian Jaynes soutient que la conscience réflexive, proprement humaine, est permise par un processus métaphorique enraciné dans le mode de perception visuelle80. Jaynes met en place une nouvelle terminologie pour étudier le phénomène métaphorique d'un point de vue phénoménologique et cognitif. Pour lui, à la base de tout langage existe la perception brute, qui est le mode de compréhension premier du monde : il s'agit ensuite de parvenir à une métaphore de cette chose, en lui substituant quelque chose qui nous soit plus familier.
Arts visuels

Jouissance et apaisement, telles sont les vertus de la masturbation féminine qui apprend aux femmes à connaitre leur corps, leurs zones érogènes et les mécanismes du plaisir. La masturbation féminine n'apporte que des bénéfices et pourtant elle reste un sujet tabou, bien plus que la masturbation masculine. Mais l'heure est venue de lever le voile sur ce plaisir solitaire…
Une pratique encore taboue, pourtant, Soulagement physique, meilleure circulation sanguine, éviter les risques d’éjaculation précoce…La masturbation, c’est bon pour la santé mais c’est avant tout la promesse d’une grande jouissance. Explications.

Ce terme provient du latin : "manus" (la main) et "stuprare" (souiller)… On comprend mieux pourquoi cet acte a été jugé condamnable pendant de longues années. L’Eglise catholique affirme encore qu’il s’agit d’une perversion. Aujourd’hui, les moeurs se libèrent, mais les femmes qui avouent se masturber se font encore rares (45 % des femmes se masturberaient régulièrement). Culpabilité, gêne ? Notre éducation joue un rôle primordial dans notre sexualité. Certains parents interdisent à leurs enfants de se toucher le sexe, engendrant ainsi un blocage. Ce qui peut être plaisir et volupté devient sale et tabou.
Trouver son équilibre sexuel

© iStock De nombreuses études prouvent que les femmes qui s’adonnent à cette pratique ont une vie sexuelle beaucoup plus active et épanouissante. Sachez que la grande majorité des femmes n’atteignent l’orgasme qu’en se masturbant. Alors, pour celles qui font de la résistance : n’hésitez plus ! Se masturber est d’ailleurs la meilleure façon de connaître ses points sensibles et de découvrir son corps : clitoris, point G, et autres zones érogènes. Une fois que vous saurez vous faire jouir, il sera plus simple pour vous de guider votre partenaire pour un épanouissement sexuel mutuel.

Pour les expertes, on fait marcher ses doigts

Jambes écartées en position allongée ou assise, il va falloir faire travailler ses doigts de fée ! Commencez à explorer votre vulve par des caresses et des frottements. Ecartez bien les lèvres (grandes et petites) pour découvrir votre clitoris, situé à l'avant, et utilisez votre majeur. Titillez votre clitoris de haut en bas, d’avant en arrière ou effectuez un mouvement circulaire pour les plus sensibles. Déterminez le rythme qui vous procure le plus de sensations et maintenez-le jusqu’à l’orgasme.
Pour les plus timides, on utilise un objet

Le vagin est profond et difficile d'accès pour les mains. Aidez-vous d'un objet. Oreillers, couvertures, peluches, manche de brosse à cheveux… A vous de faire appel à votre imagination pour explorer les joies de la masturbation. Plus simple en s’allongeant sur le ventre, placez l’objet entre vos cuisses en effectuant un mouvement de va-et-vient pour obtenir un effet de frottement. Trouvez le rythme et la pression qui vous procurent le plus de plaisir.
Pour les paresseuses, on fait appel à un sex toy

Godemichés, vibromasseur ou stimulateur de clitoris : il est aujourd’hui facile de s’équiper en sex toys ! Que vous soyez assise, allongée ou accroupie, l’utilisation du sex toy est d’une simplicité extrême et d’une efficacité redoutable ! L’idéal quand vous ne souhaitez pas faire d’efforts ou pour atteindre l’orgasme en 3 minutes. A l’aide de cet objet érotique, stimulez votre clitoris en le faisant vibrer ou en le maniant selon vos désirs. Seul inconvénient : le contact froid et mécanique de ces objets. Par ailleurs, attention à ne pas devenir accro comme les filles de Sex & the city ! La dépendance est un risque réel.
Voir aussi : Sextoy : plus de 100 sextoys pour vibrer de plaisir



Des sextoys pour vibrer de plaisir

Des sextoys pour vibrer de plaisir

Stimulateur clitoridien

Sextoy Smile Makers

Vibromasseur clitoridien

Sextoy Lelo

Vibromasseur double stimulation

Sextoy Passage du Désir

Sextoy Lelo

Gode Arrow

Sextoy Smile Makers


Irritations et masturbation : est-ce normal d’être irritée après s’être masturbée ?

Si tous vos examens sont normaux (frottis, échos…), vous pouvez être rassurée. Il est fort possible que vos pratiques sexuelles soient un peu traumatisantes et entraînent une irritation locale, responsable de saignements. Essayez d'être moins agressive pour vos muqueuses, elles vous seront reconnaissantes et ne saigneront plus !
Est-ce vrai que la masturbation féminine peut conduire à l'hystérie ?

Non, bien sûr ! Il s'agit là d'une vieille croyance qui n'a plus lieu d'être. On prétendait aussi que les hommes qui se masturbaient finiraient par devenir sourds ! Cela date d'une époque où les autorités puritaines ou religieuses souhaitaient culpabiliser l'acte sexuel et le plaisir.
Est qu’on risque de perdre sa virginité en se masturbant?

Ce qui vous préoccupe est la perte de votre hymen. C'est une membrane muqueuse qui obstrue en partie l'entrée du vagin, et se trouve déchirée lors du premier rapport sexuel, entraînant parfois un petit saignement, preuve de la virginité antérieure.
Il est évident que si l'orifice qui existe dans cette membrane est forcé peu à peu et sans traumatisme, il finit par s'élargir et le saignement lors du premier rapport peut être évité.
Ceci peut arriver par la pratique de la masturbation avec pénétration progressive du vagin ou simplement par l'utilisation de tampons hygiéniques pendant les règles
Plaisir solitaire ou partagé ?

Se masturber lorsque l’on est seule n’est pas forcément une compensation à un manque de rapports sexuels. Cela permet de s’octroyer un moment de plaisir à soi, pendant lequel les contraintes sont oubliées et où tous les scénarios et fantasmes sont permis. Et contrairement aux idées reçues, les célibataires ne sont pas les seules à s’y adonner. Pour celles qui souhaitent partager cet instant avec leur compagnon, c’est là le signe d’une marque de complicité et de confiance. En vous regardant vous donner du plaisir, il pourra cerner vos préférences.

et

Les idées reçues

Nos ancêtres affirmaient que la masturbation rendait sourd, aveugle, réduisait la forme du pénis…Tout ça pour dissuader le recours à cette pratique. Selon eux, se masturber diminuait la capacité de se reproduire en gâchant cette semence précieuse qu’ils pensaient limités chez l’homme. Rassurez-vous : tous ces mythes sont faux. 90 % des hommes se masturbent régulièrement et tous se portent très bien !

La masturbation est elle dangereuse pour l'homme ?
Si la masturbation présentait le moindre danger pour l'homme, ça se saurait depuis longtemps - et elle n'aurait pas autant d'adeptes. elle est anti-stress, relaxante, bonne pour la tension, la circulation sanguine, et pour tout le corps de manière générale.
Elle n'a évidemment aucun effet sur l'audition - comme on l'entend dire parfois. A bon entendeur...
Besoin physique ou pur plaisir ?

Ne paniquez pas si vous le surprenez en pleine besogne sous la douche, ça ne signifie pas qu'il est frustré. L’homme se masturbe pour atteindre l’orgasme et se libérer des tensions sexuelles mais pas seulement. Il s’agit, chez lui, d’un réel besoin physique. Petit rappel de biologie : les organes sexuels produisent et accumulent du sperme. Au bout de quelques jours, le corps veut l’expulser pour laisser la place à celui qui est "frais".
© iStock

Est-il normal qu'un homme se masturbe ?

Il est tout à fait normal de se masturber, qu'on soit un homme ou une femme, et quelle que soit sa situation de couple. Tous les spécialistes sexologues le disent : c'est normal, et même indispensable à une meilleure connaissance de son corps ainsi qu'à un plus grand équilibre.

Mais cet acte a été décrié et diabolisé pendant des siècles, par la religion et la morale. On se demande bien pourquoi, d'ailleurs, puisqu'il n'y a là rien de répréhensible. Sachez donc que la grande majorité des hommes mariés ou célibataires se masturbe régulièrement, et que cela n'a rien à voir avec l'ardeur ou les sentiments qu'ils éprouvent pour leur femme. Il s'agit simplement d'un plaisir pas cher et accessible, qui peut agrémenter la douche d'un "petit plus" relaxant. Sans compter que cette pratique a d'infinis bienfaits sur la santé physique et mentale.

Le fait qu'un homme se masturbe n'a rien à voir avec le fait qu'il soit ou non comblé par sa femme. C'est tout simplement complémentaire. Disons, si vous voulez, que c'est une manière comme une autre de faire quotidiennement la paix avec soi-même, de s'occuper de soi, de son corps, de ses fantasmes. Donc pas de panique, car même les plus grands amoureux du monde ne se prive pas à l'occasion d'un petit moment de douceur dans ce monde de brute...

Est-ce que cela peut causer un problème d'éjaculer trop souvent?
L' éjaculation fréquente ne pose pas de problème. Ce qui devrait interpeller est le fait que des masturbations fréquentes témoignent d' une grande solitude et de difficultés de communication. Ces difficultés peuvent s' aggraver par la suite si elles ne sont pas prises en considération.
L'éjaculation

La façon dont votre homme se masturbe a des conséquences directes sur sa sexualité. Une masturbation trop rapide engendre souvent des problèmes d’éjaculation précoce, alors pas de précipitation. Dès l’adolescence, l’homme doit prendre le temps de découvrir son corps pour s’assurer une meilleure maîtrise de son éjaculation. En se testant, il améliore sa capacité éjaculatoire et ses performances…
© iStock
On lubrifie

Salive, gel lubrifiant, lait hydratant… Choisissez ce que vous voulez, et lubrifiez le sexe de votre homme pour que la masturbation se rapproche le plus possible de la sensation qu’il ressent lors de la pénétration. Pensez d’autant plus à ceux qui sont circoncis : sans lubrification des risques d’irritation sont à prévoir.
La technique

Placez votre main autour du pénis en érection de votre homme. Tenez le bien sans trop serrez non plus. Caressez sa verge de haut en bas dans un mouvement de va-et-vient en trouvant le rythme et la pression qui lui procurent le plus de sensations. N’hésitez pas à stimuler ses testicules en même temps, certains en sont friands. L’excitation monte et vous sentez qu’il est sur le point de jouir ? Accélérez le mouvement si vous souhaitez une fin rapide ou ralentissez pour prolonger le plaisir. Le pénis devenant très sensible après éjaculation, stoppez toute stimulation.

20 positions pour prendre son pied avec un petit zizi !
Voir aussi : Petit sexe : 20 positions à adopter avec un petit zizi



20 positions pour petits zizis © Vainui de Castelbajac

20 positions pour petits zizis

La montagne magique

Le papillon

Le grand X

Le lotus

La canapé lit

Le Nirvana

La levrette

Le flipper

La feuille inclinable


​Les branlettes

Certes le terme est peu flatteur, mais ces pratiques ont le don de les exciter au plus haut point. En préliminaire ou jusqu’à orgasme, tour d’horizon :
- Branlette espagnole : l’homme place son sexe en érection entre vos seins et effectue un mouvement de va-et-vient. Conseil : on rapproche sa poitrine au maximum pour bien serrer le pénis.
- Branlette grecque : sans pénétration, l’homme fait glisser son pénis entre vos fesses.
- Branlette thaïlandaise : votre amant tient vos pieds autour de son sexe et bouge son bassin. Pas la pratique la plus efficace, mais très appréciée par les fétichistes.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:43

Prières laiques...

sobota, 8 grudnia 2012


Pourquoi écrire

Justement, pour moi c’est le plus difficile – de trouver la raison, le but, l’intention ou plutôt le sujet sur lequel je pourrais le faire. Depuis quelque temps je voulais commencer à écrire en français, notamment parce que j’étudie les lettres romanes et que malheureusement, je ne suis pas la meilleure à l’expression écrite. De plus, récemment un tas de pensées diverses et ennuyeuses se sont accumulées dans ma tête et je ne parviens pas à les en effacer. Il est quand même notoriété qu’il est plus facile de s’exprimer dans la langue étrangère… Attention, je commence.

Hier, j’ai eu un désir irrésistible de lire l’un des Harry Potter livres ce qui m’a vraiment inquiété. Depuis toujours, je le faisais seulement dans les moments où je ne pouvais pas me débrouiller avec quelque chose. Apparemment, les choses ne se passent pas très bien. Ce qui est même pire, c’est le fait qu’après avoir lu quelques pages j’en avais assez. Il n’y a plus de magie en cela, je connais presque chaque mot, rien ne me surprend, je suis deçue. J’ai l’impression qu’il serait mieux de les laisser tomber, ces livres qui valent le plus pour moi, pour ne pas détruire un souvenir si important et significatif, qui a tellement influencé ma vie.
Et maintenant, qu’est-ce qui me reste ? Qu’est-ce qui va me consoler si je me sens mal, sans moral ? Enfin – qu’est-ce qui ne va pas avec moi ????


En cherchant la voie de m’en sortir, je commence à écrire.

J’adore les symboles. Tous les événements significatifs dans ma vie ont leur propre connotation. Le nom que j’utilise ici est lié, lui aussi, à une histoire de ma vie. Je découvre de nouveaux symboles que j’associe avec quelque chose qui n’est pas sans importance pour moi. Ca me sert seulement à donner du sens à tout ce qui se passe autour de moi. Si je dis « paquet de beignet », « douze usées » ou même « deux mois », je deviens pensive et distraite parce que je me rappelle des situations liées. Et voilà qu’hier, j’en ai perdu un. Celui le plus significatif et qui évoque le plus. Qu’est-ce que ca veut dire ? Trop de choses finissent pour moi ces derniers jours et ca ne cesse de se passer. Trop de choses. La vie, c’est un défi.

Je me toujours demande pourqoi c’est tellement facile à être gentil et compréhensif pour ceux qui ne sont pas les plus importants pour nous et au contraire, impitoyable et même indifférent pour ceux que nous aimons. Dans ma famille, c’est pareil. Voici ma mère – une âme de bonneté pour tous sauf pour son mari. Je me comporte de la même manière. C’est vrai, il faut être exigeant pour ceux qu’on aime mais est-ce que le manque de ce deuxième facteur ne détruit pas le travaile du premier ?

Enchantée,
Bazyylia
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:44

« Prière laïque » d’Erri de Luca en hommage aux migrants

Le 19 avril, au lendemain de la mort en Méditerranée de plus de 800 migrants, l’écrivain italien Erri De Luca (accusé en janvier d’incitation au sabotage pour un écrit sur le projet de train Lyon-Turin) disait à la télévision un poème en leur hommage. Une « Prière laïque » qu’un riverain nous a signalée et qu’Olivier Favier a reproduite et traduite sur son site Dormira jamais. Il nous a aimablement autorisé à reproduire cette traduction.

« Prière laïque

Notre mer qui n’es pas aux cieux
et qui de ton sel embrasses
les limites de ton île et du monde,
que ton sel soit béni
que ton fond soit béni
accueille les embarcations bondées
sans route sur tes vagues,
les pêcheurs sortis de la nuit,
et leurs filets parmi les créatures,
qui retournent au matin avec leur pêche
de naufragés sauvés.

Notre mer qui n’es pas aux cieux,
à l’aube tu es couleur de blé
au crépuscule du raisin des vendanges
nous t’avons semée de noyés plus que
n’importe quel âge des tempêtes.

Notre mer qui n’es pas aux cieux,
tu es plus juste que la terre ferme
même à soulever des murs de vagues
que tu abats en tapis.
Garde les vies, les visites tombées
comme des feuilles sur une allée,
sois leur un automne,
une caresse, des bras, un baiser sur le front,
de père et mère avant de partir. »

Arts visuels
Métaphore ou comparaison? Le sème de la transparence est ici renvoyé par tous les objets disposés.

La métaphore étant la figure de similitude majeure, certains auteurs transposent ce concept à d'autres arts que celui du discours, notamment la peinture. Depuis l'époque classique, les peintres en quête de reconnaissance sociale ont multiplié les liens avec la rhétorique81 ; mais jusqu'à l'époque moderne, on ne confondait pas les symboles et allégories de la peinture avec la métaphore, qui finit par englober toutes les similitudes82.

Certains critiques et professionnels appliquent ce concept de métaphore élargie à tout rébus ou symbole au cinéma, à la publicité[réf. souhaitée], à la musicologie84. Mais peut-on pour autant parler sans précaution de métaphore et transposer sans précaution une terminologie élaborée pour la communication linguistique à la visuelle ? Dans son Traité du signe visuel (1992), le Groupe µ étudie cette question de la transposition, étude reprise plus d'une fois par l'un de ses membres, Jean-Marie Klinkenberg, et se montre prudent devant l'utilisation du terme métaphore ici, démontrant qu'il faut distinguer soigneusement les structures des deux familles de figures, la "métaphore visuelle" pouvant parfois se rapprocher du mot-valise.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:46

Chaïm Perelman (1912-1984) est considéré comme le fondateur de la « Nouvelle Rhétorique » et comme un des chefs de file de l'École de Bruxelles. Né à Varsovie, il émigra en Belgique en 1925 ; il fut professeur à l’Université libre de Bruxelles jusqu'en 1978. Professeur de logique, de morale et de métaphysique, ses recherches s’inscrivent à la fois dans le domaine du droit, et de la rhétorique de l’argumentation.

Sa principale influence est le philosophe belge Eugène Dupréel, son prédécesseur à l’Université libre de Bruxelles. Dupréel est à l'origine de plusieurs idées importantes dans la théorie de l’argumentation de Perelman, notamment la théorie des notions confuses, la notion de raisonnable (opposée à l'idéal de rationalité) et une certaine approche sociologique du droit et de la connaissance.

L’ouvrage le plus célèbre de Perelman est son Traité de l'argumentation (réédité en poche aux Éditions de l'Université de Bruxelles, 2009), écrit en collaboration avec Lucie Olbrechts-Tyteca. Perelman renoue avec la rhétorique aristotélicienne et propose de lui rendre sa légitimité philosophique en passant outre la condamnation de Platon (qui associait l’art de persuader à la sophistique et à la manipulation).

Ce retour de la rhétorique argumentative coïncide avec le renouveau de l'intérêt pour les figures ou tropes, qui suscite la naissance d'une "nouvelle rhétorique" des figures, dans le cadre du développement de la poétique et de la sémiotique (Barthes, Todorov, Groupe µ…)

Si la nouvelle rhétorique perelmanienne ne s’impose vraiment qu’à partir de la fin des années 1970, les travaux de Perelman comptent parmi les plus novateurs du champ philosophique de l’époque. De nombreux chercheurs venant de disciplines aussi diverses que la philosophie ou le droit se revendiquent encore aujourd’hui des théories de l’argumentation de Perelman : le philosophe Michel Meyer qui, contrairement à Perelman qui focalisait la rhétorique essentiellement sur le logos (discours), replace au même niveau le pathos, le logos et l'ethos dans le cadre de la rhétorique ; le linguiste Christian Plantin ou les études littéraires de Ruth Amossy. L'éthicien Georges A. Legault a aussi été influencé par les travaux de Chaïm Perelman, portant notamment sur la nouvelle rhétorique et l'impasse des philosophies fondationnelles
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:47

Jean-Pierre Chevènement, né le 9 mars 1939 à Belfort (Territoire de Belfort), est un homme politique français.

Il est plusieurs fois ministre dans les années 1980 et 1990, député, maire de Belfort, sénateur. Longtemps membre du Parti socialiste, il est à l'origine du Mouvement des citoyens (MDC) et du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il se présente à l'élection présidentielle de 2002, avec des positions qualifiées de « souverainistes », et recueille 5,33 % des voix.

À sa sortie de l'ENA, il est élève officier à l'École militaire de Cherchell avant de devenir attaché, puis conseiller commercial au ministère de l'Économie et des Finances (1965-1973). Il préside la Conférence Olivaint de 1957 à 1959.

Jean-Pierre Chevènement, préfet d'Oran (Algérie) par intérim lors du massacre du 5 juillet 1962, cite le nombre de 807 victimes fourni par ses services, nombre qu’il estime devoir être légèrement minoré, des habitants ayant peut-être gagné le port ou l'aérodrome, et trouvé un départ, et préfère pour sa part se résoudre à parler de centaines de victimes. Sous-lieutenant, Jean-Pierre Chevènement était alors chef de cabinet adjoint du préfet d'Oran, chargé des liaisons militaires. Le général Joseph Katz le jugeait trop curieux sur la question des disparus et Jean-Pierre Chevènement écrit avoir « bien failli disparaître dans la tourmente »

Le 22 mai 1981, il est nommé ministre d'État, ministre de la Recherche et de la Technologie. Il démissionne le 22 mars 1983 pour protester contre la « parenthèse libérale » et lance sa célèbre phrase : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ».
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:48

Julian Jaynes (27 février 1920 - 21 novembre 1997) est un psychologue américain. Il est surtout connu pour sa théorie de la bicaméralité, présentée dans son livre La naissance de la conscience dans l'effondrement de l'esprit [bicaméral]1. Cette théorie affirme que l'esprit humain était autrefois constitué de deux parties, une qui « parlait » et formulait la décision à prendre dans les situations de stress, l'autre qui écoutait et obéissait. Aucune de ces deux parties n'étaient véritablement conscientes au sens où on l'entend aujourd'hui, et la conscience serait apparue progressivement, au fur et à mesure que l'esprit bicaméral, comme il nomme cet état, disparaissait.

Il ne s'agit d'ailleurs pas, à proprement parler, d'une disparition mais de la conversion de l'usage de la seconde chambre (hémisphère droit pour les droitiers qui n'ont pas une latéralisation cérébrale inversée). Celle-ci a plusieurs fonctions intriquées, en particulier la métis, le dialogue intérieur et donc globalement la conscience subjective.

Cette théorie, comme il l'explique dans la préface de son ouvrage majeur1, lui fut en grande partie inspirée par les résultats des premières hémisphérectomies et surtout commissurotomies2 effectuées dans les années 1950 par le neurophysiologiste américain Roger Sperry afin de traiter des cas d'épilepsie aigüe par voie intrusive.

La Naissance de la Conscience dans l'effondrement de l'esprit bicaméral

Dans La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, le psychologue américain Julian Jaynes soutient que la conscience réflexive, proprement humaine, est permise par un processus métaphorique enraciné dans le mode de perception visuelle3. Jaynes met en place une nouvelle terminologie pour étudier le phénomène métaphorique d'un point de vue phénoménologique et cognitif. Pour lui, à la base de tout langage existe la perception brute, qui est le mode de compréhension premier du monde : il s'agit ensuite de parvenir à une métaphore de cette chose, en lui substituant quelque chose qui nous soit plus familier.
Article détaillé : métaphore.

Le travail métaphorique de la compréhension implique :

des métaphrandes (les choses à décrire) ;
des métapheurs (les choses aidant à décrire les précédentes) ;
des parapheurs (les mots associés aux métapheurs, sèmes en quelque sorte contenus dans la connotation) ;
des paraphrandes (les mots associés aux choses à décrire et que la langue possède).

Pour Jaynes, tout découle de ce processus et même les modèles les plus complexes et abstraits : « Une théorie est [donc] une métaphore entre un modèle et des données » dit-il. Le langage lui-même vient de la métaphore. En cela Jaynes réalise un point de vue révolutionnaire de la conception couramment admise : la métaphore peut en effet se figer, et former le vocabulaire qui peu à peu perd toute référence à l'analogie première (exemple : les « ailes » de l'avion, ou encore le verbe « être », qui vient du sanscrit bhu (« pousser » ou « faire pousser »), renvoyant à la métaphore d'une action réelle s'appliquant à un élément mental). L'étymologie est ainsi pour Jaynes résultat de métaphores. Le langage a peu à peu, du concret à l'abstrait, monté « les marches qu'étaient les métaphores » et a permis ainsi de spatialiser en conscience le Réel :

« Le lexique du langage, donc, est un ensemble fini de termes qui, par le biais de la métaphore, peut s'étendre sur un ensemble infini de situations, allant même jusqu'à en créer ainsi de nouvelles4. »

La conscience s'entend pour Julian Jaynes avant tout comme un espace mental métaphorique, que l'expérience agrandit à chaque nouvelle prise de conscience. Le processus corollaire de la narratisation vient ensuite lier ces expériences en un tout logique donnant la réflexivité. Jaynes distingue ainsi plusieurs procédés de métaphorisation

« Il y a donc toujours deux termes dans la métaphore: la chose à décrire, que j'appellerai le métaphrande, et la chose ou le rapport utilisé pour l'élucider, que j'appellerai le métapheur. Une métaphore est toujours un métapheur connu s'appliquant à un métaphrande moins connu5. j'ai inventé ces termes hybrides par simple référence à la multiplication où un multiplicateur opère sur un multiplicande6. »

Les procédés premiers

Exemples 1 : « zip, clash, fouet, gifle, casse, pluie, griffe, craque, ronron, jappe, langue ».

Tout ce qui fait du bruit est désigné par un mot dont le son produit par la bouche est proche de ce qui est désigné : c'est l'onomatopée.

Exemple 2 : « boule ».

Si une chose ressemble à la forme que prend le visage lors de la prononciation du mot alors le mot est utilisé pour la chose. Pour Jaynes en effet le corps et la peau sont de puissants métapheurs.
Le procédé « savant »

Exemples : « métaphore, analogie, économie, construction, hippopotame ».

Deux mots dits « racines » sont mis côte à côte pour en constituer un troisième, comme dans les néologismes. On parle alors en lexicologie de dérivation lexicale. Ces métaphores figées par le temps sont néanmoins des métaphrandes.
Le procédé anthropomorphe

Exemple : « la tête du clou ».

Le clou est créé, au lieu d’inventer un mot ex nihilo, on compare le clou au corps d’un homme et on dit qu’il a une « tête ». Le même procédé est utilisé lorsque l’on parle des pieds et des bras du fauteuil, de la bouche d’égout, des yeux du bouillon, du nez de l’avion, de l’épaulement d’un relief, de la jambe de force et de la cheville ouvrière. En linguistique, il s'agit du procédé de la métonymie, très proche de la métaphore, qui consiste à désigner un tout par une de ses parties, un effet par la cause, l'agent par l'instrument notamment. Pour certains auteurs comme Patrick Bacry ou le Groupe µ, la métonymie est un type de métaphore, mais procédant à l'inverse sur les axes linguistiques.
Le procédé zoomorphe

Exemple 1 : « l’aile de l’avion ».

Le mot utilisé est pris parmi les mots disponibles antérieurement pour désigner une « partie » d’être vivant. Les mots ouïes, écailles, bec, plume, corne, queue, sabot, etc. sont utilisés pour désigner toute une palette de créations humaines, par un procédé là aussi métonymique.

Exemple 2 : « l’espadon ».

C’est le procédé inverse. Un espadon est d’abord une grande épée – spada – avant de désigner le bec d’un poisson. Il s'agit alors d'une extension lexicale.

On remarquera que des langues comme l'anglais et le français usent d'une métaphore passée dans l'usage pour désigner « le dos de la main », alors qu'elles ont chacune un mot à part entière pour désigner la paume, d'usage plus fréquent.
Le langage métaphorique de l'esprit

Pour Jaynes, « comprendre une chose, c'est parvenir à une métaphore de cette chose en lui substituant quelque chose qui ne soit plus familier7 ». Mais la métaphore ne permet pas seulement de créer du langage, ou des modèles et théories scientifiques parmi les plus abstraites (comme les mathématiques). Jaynes considère que la métaphore est la fonction d'appropriation de la conscience d'éléments extérieurs avec lesquels elle se bâtit, par analogie ; le monde réel étant le métapheur. On se représente ainsi la conscience comme une étendue, un temps (le train de pensées) et un ego, par analogie avec le monde réel, via le processus métaphorique : « L'esprit conscient subjectif est l'analogie de ce qu'on appelle le monde réel8 », dit-il.

Plus encore, pour Jaynes, la conscience étant par définition non visible dans le monde réel, et l'esprit ne pouvant appréhender que ce qui existe physiquement, il en déduit que jamais on ne pourra approcher la conscience dans sa pure représentation. Jamais une théorie scientifique n'en expliquera la nature : on ne peut l'approcher que par métaphores. Par exemple le modèle de la tabula rasa (« table vierge ») qui servit à René Descartes, notamment, pour imaginer la conscience comme un espace sur lequel l'expérience imprimait ses marques, est une métaphore ne rendant compte que d'une seule propriété de la conscience : la mémoire (ce que Jaynes appelle dans son jargon : l' extraction).
La métaphore : dire l’abstrait avec un mot concret

La définition restrictive de la métaphore, selon Jaynes, est « Dire l’abstrait avec un mot concret ».

Exemple : « il a balayé les arguments de l’adversaire ».

De même que dans les procédés décrits ci-avant, il y a deux termes dans une métaphore. Il y a le terme qui existe avant, ou qualificateur que Julian Jaynes propose de désigner par le terme de métapheur. Il correspond plus ou moins bien au degré conçu du Groupe µ ou au comparé de la rhétorique traditionnelle. La métaphore est employée dans une situation où le locuteur veut désigner une action, ou l’effet abstrait d’une action qui, jusqu’alors, n’avait pas été désigné, et dont la langue de base ne peut rendre compte. Le principe d’économie est utilisé, qui lui fait chercher un mot déjà existant qui représente suffisamment les qualités de la chose à qualifier. Julian Jaynes nomme cet élément à qualifier métaphrande. Il correspond plus ou moins au degré perçu du Groupe µ.

Dans notre exemple, le métapheur « se servir d’un balai » est utilisé pour désigner le métaphrande « faire que les arguments disparaissent, soient éliminés ». On voit immédiatement qu’on ne peut pas désigner le métaphrande autrement que par un métapheur (briser, détruire, éliminer, etc. les arguments). Dans cet exemple en effet, les métapheurs font partie de deux groupes avec des gradients de violence croissants : balayer, briser, détruire, éliminer. On passe de l’activité domestique du nettoyage à l’activité criminelle : se construit un champ symbolique permis par la métaphore, et sans laquelle aucun imaginaire ne pourrait exister.
Les ensembles cohérents de métapheurs

Julian Jaynes observe des ensembles cohérents de métapheurs dans la description d’une théorie scientifique, dans la description d’un système technique abstrait comme le modèle de l'Internet :

Exemples 1 : « réseau », « toile », « net », « web », « Dreamweaver ».

Ces métapheurs sont tous dans le même champ d’activité humaine « primitive » du tissage ou du nouage de filets. Les qualités des métaphrandes désignés (les ordinateurs et les câbles qui les relient) sont d’être comme « noués, tissés, tressés ». Grâce à cette guipe physique, les internautes « tissent des liens » économiques, politiques, amoureux, etc. Comme tout jeu de métapheurs, celui-ci connaît des limites dans sa capacité à exprimer ce qui se passe. Il faut donc d’autres métapheurs.

Exemple 2 : « la Toile » pour Internet. Pour les francophones en particulier, la toile devient un océan porteur d’internautes qui utilisent un logiciel navigateur. Pour les anglophones, la toile devient une prairie : le logiciel que nous venons d’évoquer est un brouteur (browser).

Exemple 3 : « Notre entreprise est une équipe gagnante qui a le vent en poupe pour emporter le challenge. Le nouveau directeur a pris le relais. Il a défini les nouvelles cibles. Les équipes sont dans les starting blocks ». L’auteur nous amène sur le terrain-métapheur sportif pour décrire le métaphrande-entreprise au travail.

Bibliographie

Julian Jaynes (trad. Guy de Montjou), La naissance de la conscience dans l'effondrement de l'esprit [« The Origin of Consciousness in the Breakdown of the Bicameral Mind" »], Paris, Presses universitaires de France, coll. « Questions », juin 1994 (ISBN 2130450954 et 978-2-1304-5095-5)

Liens externes

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Références

↑ a et b Publié en juin 1994 pour la version française; édition originale: The origin of consciousness in the breakdown of the bicameral mind, Houghton Mifflin Company, Boston 1976.
↑ La commissurotomie est un acte chirurgical « lourd » et irréversible, guère plus pratiqué de nos jours, qui consiste en une section franche du corps calleux, qui relie les deux hémisphères cérébraux, afin de limiter les brusques microdécharges électriques d'un hémisphère vers un autre, à l'origine des crises d'épilepsie. À la suite de cette opération, on a pu observer que les patients semblaient développer deux personnalités distinctes, spécifiques à chacun de leurs hémisphères cérébraux « déconnectés » l'un de l'autre: Oliver Sacks s'en est en grande partie inspiré pour écrire son fameux ouvrage L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau.
↑ John Stewart, la Conscience en tant que métaphore spatiale: la théorie de Jaynes. revue Intellectica, 2001, no 32 [archive]
↑ La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, p. 67.
↑ À ce propos de terminologie, nécessaire pour Jaynes afin de distinguer les processus mentaux à l'œuvre, l'auteur voit dans la distinction classique, littéraire, entre mot propre et mot métaphorique une limitation trop esthétique.
↑ La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, p. 64
↑ La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, p. 68
↑ La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, p. 71

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:50

L’étymologie est une discipline diachronique de la linguistique, qui cherche à établir l'origine formelle et sémantique d'une unité lexicale, le plus souvent un mot.

Elle s’appuie sur des lois de la phonétique historique et sur l’évolution sémantique des termes envisagés.

Un étymon est un « mot attesté ou reconstitué qui sert de base à l'étymologie d'un terme donné1. »

Étymologie du mot

Étymologie est un mot composé et savant issu du grec ancien, ἐτυμολογία / etumología, lui-même formé sur le mot du grec ancien τὸ ἔτυμov, « vrai sens, sens étymologique », et sur la base -λογια -logia, dérivée de λόγος / logos, « discours, raison »), qui sert à fournir les noms de disciplines. C'est donc, à l'origine, l'étude de la vraie signification d'un mot. La définition doit cependant être dépassée : l’étymologie étudie sinon l’origine, du moins un état, le plus ancien possible, des mots. On considère que les mots d’une langue peuvent, d’un point de vue diachronique, avoir principalement trois origines :

ce sont des mots hérités d’un état plus ancien de la même langue ou d’une langue-mère, mots qui ont donc subi un processus d'évolution phonétique ; le terme ancien à l’origine du mot nouveau est nommé étymon. Par exemple le Petit Robert donne les étymologies suivantes:
pour peuple : latin classique populus ; poblo (842) ; en ancien français, pueple, pople (XIe siècle) ; peuple (vers 1430)
pour bœuf : latin classique bos, bovis ; en ancien français, buef (XIe siècle)
ce sont des mots empruntés à une autre langue, qui sont donc adaptés au système phonologique et graphique de la langue réceptrice ;
ce sont des créations ou « néologismes » (souvent formés à partir de racines grecques et latines pour les langues européennes, parfois à partir de racines propres à la langue elle-même, comme pour l'islandais).

Doublets populaires et savants

Quand, dans une langue, un même étymon a été hérité et emprunté ultérieurement, les deux mots obtenus sont nommés doublets lexicaux. On en trouve un grand nombre en français : la plupart des mots français proviennent en effet du latin ; certains se sont transmis depuis le latin vulgaire en se modifiant phonétiquement, ce sont les mots hérités ; le même étymon a parfois aussi été emprunté postérieurement, dans le vocabulaire savant ; les deux mots issus du même seul étymon latin mais ayant suivi deux voies différentes se nomment respectivement doublet populaire et doublet savant. Leurs sens sont généralement différents, le doublet savant gardant une acception plus proche du sens étymologique. Ainsi le mot latin potionem donne potion dans la langue savante, mais poison dans la langue populaire.

C’est aussi le cas pour l’étymon fabrica(m) :

le mot hérité du latin a donné forge en suivant l’évolution phonétique naturelle au cours des siècles ;
le mot latin a été emprunté au XIVe siècle pour devenir le doublet savant fabrique.

D’autres doublets importants, dans l’ordre vulgaire / savant (étymon latin) : orteil / article (articulum), chose / cause (causam), frêle / fragile (fragilem), froid / frigide (frigidum), moule / muscle (musculum), métier / ministère (ministerium), tôle / table (tabulam), etc.

Il faut donc distinguer entre les mots hérités de la langue-mère qu’est le latin, et ceux qui ont été empruntés.
Sources d’emprunts du français

La langue française s’est élaborée lentement à partir d’un dialecte latin influencé par la langue celtique préexistante (substrat gaulois) puis plus encore par la langue de superstrat, le vieux bas francique. C’est sans doute vers l’époque de Charlemagne que les gens s’aperçoivent de cette évolution : ils ne parlent plus le latin mais l’« ancêtre » du français. Mais il faudra attendre François Ier pour que cette langue supplante le latin comme langue écrite et bien plus longtemps encore pour qu’elle soit comprise et parlée dans toutes les régions. Mis à part les influences qui ont pris part à sa genèse, la langue française a aussi emprunté de nombreux mots à d’autres langues :

au latin, majoritairement sous sa forme classique, phénomène qui se poursuit aujourd'hui ;
au grec ancien via le latin, origine dite gréco-latine ;
au grec ancien directement pour former des mots savants en philosophie, science, technique… ; phénomène qui se poursuit de nos jours ;
à l’anglais, à partir du XIXe siècle, phénomène qui s'amplifie actuellement ;
à l’allemand aux XIXe et XXe siècle essentiellement ;
à l’hébreu de manière réduite ;
à l'espagnol et aux langues amérindiennes à partir du XVIe siècle ;
aux langues indiennes (d’Inde) de manière négligeable ;
à l’italien à partir de la Renaissance ;
au néerlandais à partir du XVIe siècle dans les domaines maritime et commercial ;
à l’arabe, dans les domaines de l’astronomie, de la chimie, des mathématiques et du commerce ;
à l'ancien scandinave dans le domaine notamment de la marine ancienne et de la navigation au Moyen Âge ;

Henriette Walter dans l’Aventure des mots français venus d’ailleurs relève : « À titre indicatif, les emprunts linguistiques français sont bien réels : ainsi sur les 35 000 mots d’un dictionnaire de français courant, 4 200 sont de toute évidence empruntés à des langues étrangères », dont les deux principales (hormis le latin et le grec) sont : l’anglais (25 %) et l’italien (16,8 %).

Pour le détail de ces emprunts, se reporter à l’article Emprunt lexical.
Du bon usage des dictionnaires

Les dictionnaires courants indiquent de manière occasionnelle (Petit Larousse, Wiktionnaire…) ou systématique (Petit Robert) l’étymologie des mots français. Ils le font d’une manière nécessairement très concise qui occasionne parfois des malentendus de la part des non-spécialistes.
Transcription des mots grecs

Les mots grecs sont généralement donnés en translittération.

En conséquence, des mots comme aggelos, aggeion, egkephalos, larugx, ogkos (étymologie des mots ou éléments ange, angio-, encéphale, larynx, onco-) doivent se lire angelos, angeion, enkephalos, larunx, onkos (ou plus précisément aŋgelos, etc.).

En effet, les alphabets grec et latin n’ont pas de lettre propre pour la consonne ŋ (comme le n de l'anglais pink). Celle-ci est écrite en grec comme un g (γ) dans tous les cas (c’est-à-dire devant les lettres m, n et g, k, kh, x), tandis que le latin l’écrit g devant m, n et l’écrit n devant g, c, ch, x.

D’autre part, les diphtongues du grec sont souvent altérées dans la prononciation scolaire des différents pays. Par exemple, eu (ευ) était prononcé en réalité éou (comme dans l’occitan souléu ‘soleil’), d'où en grec médiéval et moderne èv ou ef.
Déclinaison des noms grecs et latins

Les noms et adjectifs grecs et latins se déclinent, c’est-à-dire que leur forme varie selon le cas, et non seulement selon le nombre comme en français.

Le cas employé pour citer un nom ou un adjectif est le nominatif. Mais le nominatif seul ne suffit pas pour savoir décliner le mot. C’est pourquoi on doit donner aussi la forme du génitif (qui correspond en français au complément du nom). Exemple : grec odous (nominatif : ‘dent’), odontos (génitif : ‘d’une dent’, ‘de dent’). L’indication du génitif sert d’une part à indiquer à quel type de déclinaison appartient le mot, d’autre part à isoler le radical, qui, dans certains types de déclinaison, n’est pas reconnaissable au nominatif. Exemple : le nom de la ‘dent’ : en grec, radical odont-, nominatif odous, génitif odontos ; en latin, radical dent-, nominatif dens, génitif dentis. Dans les dictionnaires français, le génitif grec ou latin est indiqué uniquement s’il est nécessaire dans cette seconde fonction, c’est-à-dire si le radical n'est pas reconnaissable au nominatif. Exemple : grec odous, odontos (étymologie de parodonte, etc.), latin dens, dentis (étymologie de dent), mais pour des mots comme grec periplous, latin discipulus (étymologie de périple, disciple) on ne donne pas le génitif periplou, discipuli.

Autres exemples montrant que la forme du génitif (et du reste de la déclinaison) n'est pas prédictible à partir de celle du nominatif (les formes sont citées dans cet ordre : nominatif, génitif, signification) : grec pous, podos, pied ; bous, boos, bœuf ; logos, logou, parole, discours ; algos, algous, douleur ; latin frons, frontis, front ; frons, frondis, feuillage ; palus, pali, pieu ; palus, paludis, marais ; salus, salutis, salut ; manus, manus, main.

Une faute fréquente chez les non-initiés, en citant l’étymologie d’un mot, consiste à citer seulement la seconde des deux formes (en croyant qu'il s'agit simplement de deux synonymes, et parce que c’est la seconde forme – celle qui conserve le radical intact – qui ressemble le plus au mot français à expliquer). Non : c’est la première forme qu’il faut citer de toute façon, et facultativement la seconde. Pour reprendre l'exemple ci-dessus, c’est odous qui signifie ‘dent’ en grec, ce n’est pas odontos, ce dernier n’étant qu’une forme fléchie.
Sens des mots

Le sens d’un mot dans la langue source n’est indiqué que de façon sommaire (dans la notice étymologique d’un dictionnaire d’usage), et seulement lorsqu’il diffère du sens français.

Avant de se risquer à des commentaires philosophiques ou autres sur le changement de sens d’un mot, il est recommandé de consulter un dictionnaire de la langue source pour le sens et l’usage exacts du mot source, ou/et un dictionnaire étymologique ou historique du français (voire de la langue source) pour connaître l’histoire des significations. On lit parfois dans la presse ou la littérature des commentaires inspirés, par exemple, par l’étymologie du mot français travail (latin [tardif, régional] *tripalium, instrument de torture) ou par la polysémie du mot latin persona (masque [de théâtre], personnage [de théâtre], personne), commentaires dont les auteurs ont visiblement « inventé » un lien entre le sens initial et le sens final d’un mot sans connaître leur filiation réelle.
Références

↑ Définitions lexicographiques [archive] et étymologiques [archive] de « étymon » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

étymologie, sur le Wiktionnaire Étymologie, sur Wikiversity Étymologie, sur Wikibooks

Bibliographie

Dictionnaire étymologique et historique du français, Éditions Larousse, Jean Dubois, Henri Mitterand, Albert Dauzat.
Alain Rey (sous la direction d’), Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, 2e éd., 1998.

Articles connexes

List of company name etymologies (en)
Linguistique comparée
Phonétique historique
Emprunt lexical
Doublet lexical
Lexicalisation
Radical (linguistique)
Racines grecques
Liste des patronymes devenus noms communs
Étymologie populaire
Étymographie
Étymologie des prénoms amérindiens
Liste de linguistes

Liens externes

Dictionnaire étymologique CNRS / ATILF
Noms communs issus de plusieurs mots
Étymologies orientales du français
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:52

Marcel Pagnol
Publié le 25 avril 2009 par Vette de Fonclare

Gilbert Thomas
www.gilbthomas.blogspot.com

Il est né à Aubagne, au pied du Garlaban,
Une montagne raide aux flancs rudes et blancs.
Il était Provençal, et n’oublia jamais
La terre ensoleillée où il est enterré.

Plus tard il a vécu au coeur du vieux Marseille,
Cahoté par des flots d’amour et de soleil,
Adoré par sa mère, élevé à l’ancienne
Par un père entiché de valeurs citoyennes.

Tendresse exacerbée et jeux sur les collines,
Et rires hoquetants sous le ciel bleu-marine
Qui n’en finissait plus de peindre les vacances
De lumière et de joie, au coeur de la Provence.

Enfance toute chaude aux mille et cent merveilles
Et teintée d’un accent qui n’a pas son pareil
Pour vous dépayser où que vous vous trouviez.
Enfin le grand départ, bien loin des oliviers.

Paris, le gris, la gloire, et tout un cinéma
Qui l’a happé bien loin, dans le Nord, tout là-bas.
Mais ne pouvant jamais oublier le pays,
Il a su plus qu’un autre encenser son Midi.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:53

La lune élimée
par Vette de Fonclare

Point d’étoiles ce soir. Le ciel
N’est éclairé que par la Lune
Dont les rayons comme du miel
Ruissellent au long des rues brunes.

Toute nimbée d’un orbe d’or,
Mais point intégralement ronde,
Elle est élimée sur un bord !
Inclinant sa figure blonde

Sur Marseille tout alangui,
Elle luit anémiée et terne,
Et ses rais lapis-lazuli
Baignent la ville qui hiberne.

La nuit est ponctuée de chats
Posés sur les toits roux qui penchent,
Et leur silhouette incarnat
Rompt le flot de lumière blanche

Qui coule de l’astre amputé.
La Lune usée est bien moins belle
Qu’en sa rondeur! Sa vénusté
Ne tient donc qu’à une lamelle ?

Toujours est-il que tristement
Elle s’est penché sur Marseille
D’où la contemplent deux amants
Que l’heure tardive ensommeille,

Mais qui s’émerveillent, radieux :
N’est-elle point cette planète
Qui encense du haut des cieux
Leur si délicieuse fleurette ?

En les voyant main dans la main,
Doigts enlacés, levant la tête,
La Lune se dit que demain,
Sa symétrie sera parfaite

Et qu’elle leur plaira vraiment.
Mais peu leur chaut ! Entichés d’elle,
Ils n’entendent point son tourment,
En amis fervents et fidèles ;

Car la Lune est belle pour eux ;
Elle est le témoin de leur flamme,
De leurs doux ébats amoureux,
Et elle enlumine leur âme…
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:54

Liste d'anthroponymes devenus noms communs

l existe dans la langue française un certain nombre de noms communs ayant pour origine le nom propre d'une personne. Souvent il s'agit du nom de famille (plus rarement du prénom) de l'inventeur de l'objet désigné, parfois d'un nom imaginaire (personnage mythologique, personnage de roman ou de théâtre). Au fil du temps, l'usage répété du nom propre donna naissance à un nom commun et parfois l'origine de celui-ci fut oubliée, une recherche étymologique permet de le retrouver.

Le terme de la linguistique qui qualifie cette création de nom est antonomase. Le nom commun peut soit être identique à l'anthroponyme (ex. Browning a donné browning), soit présenter une modification orthographique (ex. Barrême est devenu barème), soit en être une forme francisée ou modifiée par adjonction d'un suffixe (ex. frangipane dérive de Frangipani et daguerrotype dérive de Daguerre).

Les domaines où le nom propre est le plus utilisé pour baptiser une nouveauté sont la botanique et les unités de mesure.

Les personnalités dont le nom a été utilisé pour désigner des genres botaniques : Michel Bégon, le bégonia ; Louis Antoine de Bougainville, la bougainvillée ; le Père Camelli, le camélia ; Anders Dahl, le dahlia ; Leonhart Fuchs, le fuchsia ; Alexander Garden, le gardénia ; Pierre Magnol, le magnolia ; etc.

Les unités de mesure portant le nom d'un scientifique : ampère, baud, faraday, gauss, hertz, joule, newton, ohm, pascal, volt, watt, etc.

Des noms de marques commerciales peuvent aussi être utilisés comme noms communs, mais ne sont pas toujours reconnus comme tels par les dictionnaires.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:55

Quand des femmes étaient internées dans des camps réservés…

par Clair Juilliet · Publication 14/12/2015 · Mis à jour 13/04/2016
femme

CC Flcikr Yann Seitek (détail)

Au début de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1939, le camp d’internement de la vallée de Rieucros (créé en janvier 1939) est dévolu aux seules femmes, parfois accompagnées de leurs enfants. Le film de l’historienne Rolande Trempé Camps de femmes vise à « tirer de l’oubli la vie au quotidien et les luttes de ces femmes » jugées dangereuses ou indésirables par la Troisième République. Internées politiques, Françaises, antifascistes hollandaises, allemandes et espagnoles, Polonaises, Juives ou encore femmes d’Europe centrale, y sont rassemblées pour une durée indéterminée. À leur arrivée, elles sont réparties en trois catégories (politiques, droits communs, prostituées).

Le 13 février 1942, l’ensemble des détenus (320 femmes et 26 enfants) sont déplacés au « camp de concentration » de Brens. Quelques mois plus tard, le 26 août 1942 dans la nuit et malgré une résistance collective, 31 Allemandes et Polonaises, toutes juives, sont transférées à Auschwitz « d’où elles ne reviendront pas ». Selon Rolande Trempé, d’une manière générale, les camps français deviennent à cette époque un « réservoir où les Allemands puisaient pour alimenter les camps d’extermination en Allemagne ». Deux autres rafles, organisées par le Régime de Vichy, ont lieu en septembre 1943 et mars 1944, avant que les femmes restantes ne soient menées au camp de Gurs le 3 juin 1944.
Pour la biographie de Rolande Trempé, lire l’article de ClairJuilliet publié en 2015 par Mondes Sociaux

Afin de décrire la vie dans le camp et les conditions difficiles d’existence (faim, froid, maladies, oisiveté, solitude, etc.), mais aussi la solidarité, l’entraide, la résistance ou les tentatives d’évasion, Rolande Trempé s’appuie sur 14 témoignages (dont celui d’un enfant à l’époque), des photographies et des films ou encore la lecture de poèmes rédigés par les internées. Le documentaire insiste sur l’expérience pénible que constitue une détention administrative et rappelle qu’elles furent nombreuses à être internées en raison de leurs convictions politiques, de leur nationalité, de leurs « valeurs morales » et/ou de leurs actions, sans aucune forme de procès.
Crédits APSICBR - Camps de Brens et Rieucros

Crédits APSICBR – Camps de Brens et Rieucros

Plusieurs plaques commémoratives ont été apposées, notamment en 1972, et en 1992. Une association a été fondée afin de rappeler le souvenir et contribuer à la mise en mémoire du camp de Rieucros.
Association « Souvenir : À la mémoire des femmes du camp de Rieucros »

Tourné en novembre 1994, l’année des 50 ans de la Libération des camps français, Camps de femmes a permis de fixer le témoignage de certaines de ces femmes et de décrire leur parcours durant la Seconde Guerre mondiale.
Fiche technique

Capture-d’écran-2015-06-16-à-11.22.41Fiche technique

SCPAM Université Toulouse II-Le Mirail, Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerres

Copyright

Le vidéographe, UTM, novembre 1994

Type de média

Film-recherche (documentaire)

Equipe de recherche

Ce film est le fruit d’une collaboration entre des historiens (principalement Rolande Trempé) et le Centre Audiovisuel de l’Université Toulouse – le Mirail

Auteure/Conseillère scientifique

Rolande Trempé

Images

Samir Bouharaoua

Producteur exécutif

Jean-Marie Dizol

Chargé de production

Raphaël Réquéna

Réalisation

Claude Aubach

Équipe technique

Bruno Bastard, Jacques Grenier, Jean Jimenez, Bernard Laybats, Jean-Christophe Moreau

Voix off

Sylvie Lagarde

Entretiens

Fernande Valignat-Cognet (Française), Dora Schaul Davidson (Allemande), Reina Melis Wessels (Hollandaise), Michel del Castillo (enfant espagnol), Angelina Bettini del Rio (Espagnole), Camille Planque Alvarez (Espagnole), Raymonde David Fitoussi (Française), Colette Sanson Lucas (Française), Odette Capion Branger (Française), Janina Sochaczewka (Polonaise), Steffie Spira (Allemande), Ursula Katzenstein (Allemande), Michèle Domenech (Française), Simone Pélissier (Française)

Informations techniques

Date de production : novembre 1994
Durée : 63 min

Crédits image à la Une : CC Flickr Vincent Desjardins
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:58

tignard \ti.ɲaʁ\ masculin singulier

(Cuisine) Variété de fromage bleu comparable au Gex ou au Sassenage.

Monsieur Tignard Yanis
https://www.google.fr/search?q=yanis+tignard&client=firefox-b&biw=1152&bih=730&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0ahUKEwj8kvH8sq3PAhWFfhoKHQviDo4QsAQIIg
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 9:59

Un néologisme est un mot (nom commun, adjectif, expression) nouveau ou apparu récemment dans une langue, le phénomène de création de nouveaux mots communs étant appelé, de manière générale, « néologie ». Les linguistes distinguent1 :

Le néologisme de forme qui est un mot nouveau au sens de qui n'existait pas, un mot forgé : par exemple, en informatique, courriel (pour e-mail et pour courrier électronique) ;
Le néologisme d'emprunt lexical d'un mot étranger sans modification (parking, etc.) ou avec une francisation minime (sérendipité, etc.) ;
Le néologisme de sens — appelé aussi néosémie — qui est l'emploi d'un mot qui existe dans le lexique d'une langue dans un sens nouveau : par exemple, quand « virus » passe d'un emploi en biologie à un emploi en informatique.

À côté de ces néologismes traditionnels, la plus grande partie des néologismes est constituée de néologismes déposés propres, appelés « marques ». C'est l'objet de l'onomastique et des articles consacrés aux marques, au naming et au branding.

Certains auteurs distinguent :

le néologisme objectif[réf. nécessaire], naturel à la langue, qui est un nouveau lemme (ou la création d'un nouveau lemme) apparaissant dans le lexique d'une langue, construit par dérivation (dont parasynthèse), dérivation impropre, mot composé, acronymie, abréviation, utilisation d'un mot-valise, etc. (et non hérité d'un état plus ancien de la langue ou emprunté d'une autre langue2),
du néologisme subjectif[réf. nécessaire], qui est le fait d'un auteur ou d'une personnalité ; on en fait alors une figure de style car il peut entrer de manière caractéristique dans la formation d'un style littéraire propre, comme dans celui de Louis-Ferdinand Céline ou de Frédéric Dard.

Définition linguistique : le néologisme objectif

Dans un sens général, un néologisme est tout mot nouveau entré dans le lexique d'une langue. La plupart du temps cependant on réserve l'emploi de néologisme à la création et à l'utilisation d'un mot ou d'une expression qu'on vient de former à partir d'éléments déjà existants dans la langue elle-même. De nombreux néologismes apparaissent pour des raisons pratiques et perdent rapidement leur valeur de nouveauté. Le néologisme est d'usage limité (à un jargon, un sociolecte, technolectes etc.). S'il se maintient dans le lexique (et n'est pas seulement un effet de mode), les locuteurs n'auront, au bout d'un temps variable, plus l'intuition de sa nouveauté. C'est quand le néologisme est acquis par un assez grand nombre de locuteurs qu'on peut dire qu'il est lexicalisé. Dans ce cas, il commence généralement par être admis par certains dictionnaires. Il convient de se rappeler que ceux-ci ne font que représenter l'usage : ce n'est pas parce qu'un dictionnaire accepte un néologisme que celui-ci est, ipso facto, lexicalisé mais l'inverse.

L'emprunt de mots d'une langue vers une autre, de l'anglais au français par exemple (« mail », « internet », « parking » etc.) est une méthode de création naturelle de néologisme; le répertoire de la Délégation générale à la langue française en recense ainsi plus de 3 000 en 2008.
Définition stylistique : le néologisme subjectif

En littérature on utilise souvent des néologismes pour des considérations esthétiques, dans le cadre des mythopoeïa par exemple comme chez Henri Michaux3 qui invente des mots aux qualités descriptives poétiques, comme: « endosque », « rague », « roupète », « pratèle ». Raymond Queneau, Boris Vian dans L'écume des jours, Alfred Jarry dans son Ubu forment de nombreux néologismes, ce qui aboutit à créer l'équivalent d'une langue parallèle.

Voir : Figure de style
Néologicité

Les linguistes ne précisent pas nettement pendant combien de temps un néologisme reste un néologisme. « Virus (informatique) », par exemple ? Ou « phablette » ? Certains avancent un chiffre moyen d'entre 4 à 10 ans. D'autres pensent que c'est l'introduction dans un dictionnaire de langue, la dictionnarisation, qui met fin au statut temporaire de néologisme.

La néologicité est le sentiment de nouveauté que l'on a face à un néologisme et le temps qu'il dure

Elle dépend de l'utilité du néologisme et la néophilie du groupe social de référence
Exemples de néologismes communs

Voici une liste de 3.000 néologismes [1]

Certains de ces néologismes ont été créés de toute pièce par volonté de contrer l'utilisation de mots anglais ou étrangers, notamment dans le domaine informatique (par exemple courriel, tapuscrit...). Nous ne traiterons que des mots communs, les néologismes propres (marques, titres, etc. ) étant tout autre chose, du domaine de l'onomastique

Abracadabrantesque, néologisme inventé par Arthur Rimbaud dans son poème "Le cœur supplicié".
Adulescent, contraction de adulte et adolescent (ce néologisme est un mot-valise).
Alunir, par changement du radical de atterrir sur la lune.
Arobasque a fini par devenir un nom propre utilisé par une petite société de Brie-Comte-Robert après avoir été un nom commun pour franciser arobase en relation avec arabesque' '[réf. nécessaire]
Baladeur, néologisme créé par une des commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais et remplacer le produit-marque (branduit) Walkman (1979).
cédérom est un des néologismes issus des acronymes informatiques (voir plus haut) des supports CDROM
Consom'action, néologisme qui exprime l'idée selon laquelle on peut « agir en consommant » ou « voter avec son caddie » en choisissant de consommer de façon citoyenne et non plus seulement de manière consumériste [réf. nécessaire]
Courriel, contraction de courrier électronique comme alternative à e-mail et à ses variantes
Dévédé est un des néologismes issus des acronymes informatiques (voir plus haut) des supports DVD.
e-commerce, pour le commerce consacré exclusivement à Internet ; le e (provenant de l'anglais electronic, qui signifie électronique, cette graphie étant déconseillée par la Commission générale de terminologie et de néologie) est ajouté à commerce, bien qu'il pourrait y avoir d'autres néologismes utilisant d'autres racines comme « télécommerce », où la racine grecque télé signifie loin, comme « cybercommerce », cybercafé, utilisant la racine grecque kubernân qui signifie gouverner.
Fractale : néologisme créé par Benoît Mandelbrot en 1974, il désigne une courbe ou surface de forme irrégulière ou morcelée qui se crée en suivant des règles déterministes ou stochastiques impliquant une homothétie interne.
Frontage : mot créé en 2012 par l'urbaniste Nicolas Soulier et calqué sur l'anglais frontage (1620) pour désigner le terrain compris entre la base d'une façade et la chaussée.
Informatique : Crée en 1962 par Philippe Dreyfus pour son entreprise Société d'Informatique Appliquée, calque de l'allemand Informatik (1957), mot-valise créé à partir d'information et automatique. il fut officiellement consacré par Charles de Gaulle qui trancha lors d’un Conseil des ministres entre « informatique » et « ordinatique ». Le mot est maintenant parfaitement lexicalisé.
Logiciel est un des néologismes créés par une des commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais
Pourriel, contraction de poubelle et courriel (ou de pourri et courriel) pour désigner du courrier électronique (souvent publicitaire) non sollicité et envahissant ; exemple : le spam
Phablette, créé en 2010 pour désigner les smartphones de taille intermédiaire entre l'iPhone et les tablettes.
Tapuscrit désigne un texte qui n'est pas manuscrit mais tapé à la machine à écrire ou à l'ordinateur.
Madelle, tentative faite pour « mademoiselle »
Photophoner : Verbe pour décrire l'action d'envoyer par [réf. nécessaire] photophone une photo prise avec ce même photophone, néologisme crée en 2002 par le journaliste Pierre-Alain Buino pour traduire l'américain camera-phone.
Unicifier : Néologisme forgé [réf. nécessaire] à partir du terme « unicité » qui exclut toute pluralité
VTT (Vélo tout terrain) (1983), néologisme créé par une des commissions ministérielles de terminologie pour lutter contre le franglais [réf. nécessaire] et remplacer mountainbike et MTB.

Pour mémoire, néologismes historiques

Aéroplane, 1855, supplanté par Avion
Avion
Autobus, mot-valise créé en 1906 sur automobile et sur bus, ancienne désinence latine lexicalisée par métanalyse puis hypostase à partir d'omnibus. Le mot est maintenant lui aussi parfaitement lexicalisé et le suffixe bus permet de construire d'autres néologismes comme abribus (marque déposée)
Automobile, créé en 1890 en tant qu'adjectif pour qualifier les tramways à vapeur par opposition aux tramways à vapeur
Omnibus (1826).

Néologismes de sens

Virus (informatique)

Méthodes mondiales de traduction des néologismes étrangers
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La mise en forme de cette section ne suit pas les recommandations concernant la typographie, les liens internes, etc. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Découvrez comment la « wikifier ».

Les langues ont recours à une gamme de méthodes de traduction pour faire face au lexique des nouvelles technologies et tendances.

Ne pas traduire
français week-end
néerlandais computer
Modifier l'orthographe
français bogue
arabe istratigiya pour signifier stratégie
anglais américain maneuver (la version anglaise est manoeuver)
Traduire littéralement:
français code source pour l'anglais source code
arabe كرة القدم pour football
Analyser le sens pour créer un mot composé
islandais gervitungl, littéralement lune artificielle pour signifier satellite
chinois 电脑 dian nao, littéralement cerveau électrique pour signifier ordinateur
Modifier une racine existante selon ses règles de morphologie ou avec affixe
russe самолет, littéralement soi-volant pour signifier avion
russe излучение, de à partir de + lumière + participe de nom pour signifier rayonnement
français alunissage, téléchargement, ailière
Étendre le sens d'un mot
allemand Kern- pour nucléaire
anglais fire-wall ou français pare-feu dans le domaine de l'informatique
français suisse parc, jadis l'étendue pour laisser paître le cheptel, devenu l'espace pour garer les véhicules
Faire ressurgir un mot tombé en désuétude
arabe haatif pour téléphone, signifiant quelqu'un qui appelle mais qui ne se voit pas
islandais sími pour téléphone
Choisir un mot dont le sens et le son ressemblent au terme étranger (en:phono-semantic matching)
français bloc-notes pour blog
islandais eyðni comme paire phonosémantique de l'anglais AIDS
utilisation de la racine trilitéral arabe t/q/n pour le mot technologie

Néologismes politiques
Article détaillé : Expression ou néologisme politique.

Comme la langue française en général, le vocabulaire politique évolue de façon constante et voit régulièrement apparaître des nouvelles expressions et des néologismes. Parfois créés sans but partisan, ces expressions nouvelles et néologismes politiques peuvent aussi être le fait d'une communication politique active, dans un but de publicité médiatique ou de propagande. Les idées politiques sont parfois diffusées grâce à ces expressions nouvelles et néologismes destinés à être diffusés par les médias. Cette diffusion permet une propagation de l'idéologie sous-tendue par la création du néologisme. De fait, ces expressions nouvelles et ces néologismes sont généralement utilisés par un bord politique, et rejetés par les autres. Certains s'appliquent directement à une personne, d'autres sont créés pour soutenir une idée.
En psychiatrie

En psychiatrie, le néologisme est une tendance linguistique qui consiste en l'utilisation immodérée et pathologique de mots nouveaux créés soit à partir de sons, soit par fusion de mots ou de fragments de mots usuels, et utilisé par un malade dans certains états délirants. Les néologismes renvoient au diagnostic de psychose ou d'aphasie sensorielle[réf. nécessaire]. Le psychiatre allemand Emil Kraepelin a ainsi étudié les troubles du langage intérieur dans le rêve, ce qu'il a nommé les néologismes dans le rêve.
Notes et références

↑ Sablayrolles, 2002.
↑ Définition du néologisme sur le site du cnrtl. [archive]
↑ Définition du néologisme littéraire sur le site lettres.org. [archive]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

néologisme, sur le Wiktionnaire

Figure mère Figure fille
dérivation lexicale, néologie
Antonyme Paronyme Synonyme
jeu de mot, mot-valise
Articles connexes

Anglicisation
Anglicisme
Branding
Défense de la langue française
Dérivation lexicale
Expression ou néologisme politique
Francisation
Franglais
Gallicisme
Lemme
Lexicalisation
Lexicologie
Naming (marques)
Onomastique
Régionalisme

Liens externes

Inventer des mots nouveau (allemand) Néologismes: Mitmach-Wörterbuch
Inventer les mots de demain (OuLaPo)

Bibliographie
Jean Pruvost et Jean-François Sablayrolles, Les néologismes, Paris, Presses universitaires de France, 2003
H. France, Dictionnaire de la langue verte : archaïsmes, néologismes, locutions étrangères, patois, 1990
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 10:00

En psychiatrie, le néologisme est une tendance linguistique qui consiste en l'utilisation immodérée et pathologique de mots nouveaux créés soit à partir de sons, soit par fusion de mots ou de fragments de mots usuels, et utilisé par un malade dans certains états délirants. Les néologismes renvoient au diagnostic de psychose ou d'aphasie sensorielle[réf. nécessaire]. Le psychiatre allemand Emil Kraepelin a ainsi étudié les troubles du langage intérieur dans le rêve, ce qu'il a nommé les néologismes dans le rêve.

Emil Kraepelin (né en 1856 à Neustrelitz, en Allemagne – mort en 1926) est un psychiatre allemand considéré comme le fondateur de la psychiatrie scientifique moderne.

Élève de Bernhard von Gudden et de Wilhelm Wundt, fondateur de la psychologie expérimentale, Kraepelin s’est efforcé, tout au long de sa carrière, de créer une classification des maladies mentales fondée sur des critères cliniques objectifs. Après avoir été professeur de psychiatrie à l'université de Dorpat, en Estonie, jusqu'en 1890, il s'établit comme psychiatre à Munich.

La nosologie de Kraepelin

Sa nosographie s’est affinée à travers les huit éditions de son Traité de psychiatrie publié de 1883 à 1915, et destiné aux médecins et aux étudiants. Kraepelin est très attaché à l’évolution dans le temps des maladies et a donc essentiellement fondé sa classification sur cette notion. Une maladie s’individualise par son évolution. Dans la sixième édition de son traité, en 1889, Kraepelin précise le cadre nosographique des psychoses chroniques et distingue deux entités morbides : les psychoses maniaco-dépressives et les démences précoces. Il utilise le terme de psychose pour désigner des états psychiques caractérisés par une altération profonde de la conscience du sujet (trouble grave de l’identité) et de son rapport à la réalité.
Les psychoses maniaco-dépressives

La psychose maniaco-dépressive, aujourd'hui appelée trouble bipolaire, est une maladie mentale caractérisée par l’alternance, selon un rythme et une fréquence très variables, d’accès maniaques et d’accès dépressifs volontiers mélancoliques, séparés par des intervalles libres asymptomatiques plus ou moins longs. C’est le prototype des dysthymies cycliques. Elles sont caractérisées par des troubles thymiques majeurs (troubles de l’humeur), dont l’évolution est périodique. Kraepelin s’est beaucoup intéressé à l’étude des psychoses maniaco-dépressives, et en a distingué quatre formes cliniques :

les états maniaques ; il définit la manie comme un état d’excitation intellectuelle et psychomotrice associée à une exaltation de l’humeur survenant brusquement, un état d’agitation extrême dont le sujet n’a pas conscience (anosognosie). Les symptômes : aucune fatigue, activité permanente, rapidité de la parole…
les états dépressifs ; ils peuvent se traduire soit par une mélancolie simple (simple inhibition motrice), soit par une mélancolie grave voire confusionnelle accompagnée de bouffées délirantes (proche des bouffées délirantes anxieuses) et d’hallucinations. Il définit la mélancolie comme un état de dépression grave, intense, vécu avec un sentiment de douleur morale (tristesse profonde), et caractérisé par le ralentissement et l'inhibition des fonctions motrices (anesthésie affective) ;
les états fondamentaux, caractérisés par la persistance des troubles thymiques ;
les états mixtes : c'est la présence, à la fois, d'éléments de la série maniaque et dépressive sur une même période chez un patient.

Les démences précoces

Il définit la démence précoce comme une psychose chronique survenant chez un adolescent ou un jeune adulte, caractérisée par de graves troubles intellectuels et affectifs, avec une évolution progressive vers un effondrement psychique. Ces symptômes sont les troubles de la mémoire, du langage, du raisonnement, des accès de négativisme (comportement de refus et d'opposition aux suggestions d’autrui), de maniérisme et de périodes d’excitation. Kraepelin en distingue quatre formes :

la forme hébéphrénique ; on retrouve dans cette forme tous les aspects déficitaires intellectuels et on observe une inhibition psychomotrice, c'est-à-dire un ralentissement moteur et psychologique (bradykinésie), ainsi qu’un important négativisme, et du mutisme. (voir hébéphrénie) ;
la forme catatonique ; cette forme est caractérisée par une catatonie et une catalepsie. Catatonie : comportement moteur plus ou moins permanent qui ne répond pas de manière adaptée aux stimulations du milieu et qui s’accompagne souvent d’impulsions et de stéréotypie. État caractérisé par une perte de la spontanéité de l'initiative motrice, le sujet apparaît sans réaction par rapport à l’entourage, avec une mimique figée. Catalepsie : comportement caractérisé par une rigidité musculaire particulière, dite rigidité plastique ;
la forme délirante paranoïde ; l'affaiblissement intellectuel s’accompagne d’un délire paranoïde, c'est-à-dire flou, imprécis, sans construction logique, dans lequel le sujet aborde des thèmes très variés (délire non systématisé) ;
la forme paranoïde atténuée ; le délire est plus diffus, et la désagrégation de la personnalité du sujet s’observe beaucoup moins rapidement.

La démence précoce a pris le nom de « schizophrénie » avec Eugen Bleuler en 1908.
Étiologie

Dans la 8e et dernière édition de son Traité de psychiatrie, parue en 1909, Kraepelin s’attache à l’étiologie des maladies mentales, et met en évidence une distinction entre les maladies exogènes et les maladies endogènes.

Les maladies exogènes sont dues à des causes extérieures au malade, provoquées par un ou des événement(s) de sa vie. L’origine psychogène de ces maladies leur permet d’évoluer vers la guérison (maladies curables).
Les maladies endogènes sont dues à des modifications de la personne psychique, à des facteurs psychologiques transmis héréditairement (théorie de la dégénérescence) ou liés à la rencontre d’une prédisposition existant chez le patient avec un facteur extérieur. Ces maladies ont une évolution chronique conduisant à plus ou moins long terme à une déchéance complète du patient (maladies incurables). Elles nécessitent donc un enfermement asilaire définitif. Dans la nosographie de Kraepelin, la psychose maniaco-dépressive et la démence précoce sont deux maladies chroniques et endogènes. On trouve chez lui un profond pessimisme quant aux possibilités de thérapeutique pour les maladies endogènes.

Voyage à Java

En 1904, Kraepelin effectue un voyage d'étude à Java afin d'y tester la valeur universelle de sa classification. Il y identifie un certain nombre de troubles spécifiques à cette région, comme l'amok et le latah, pour lesquels il trouve des correspondances avec les entités diagnostiques qu'il a défini préalablement. Ce voyage marque la naissance de la « psychiatrie comparée »1.
Psychologie

Malgré un intérêt très peu marqué pour les traitements psychiatriques ou psychothérapeutiques, il disait notamment à ses élèves : « Méfions-nous, méfiez-vous, jeunes médecins qui m'écoutez, le fou est dangereux et le restera jusqu'à sa mort qui, malheureusement n'arrive que rarement rapidement2. » Kraepelin s'intéressait à la psychologie, et était un élève de Wilhelm Wundt. Toute sa vie, il restera en contact avec son père spirituel. En 1895, Kraepelin devenait directeur d'un journal, Psychologische Arbeiten. Surtout des articles sur la psychologie expérimentale y voyaient jour, mais, une fois, Kraepelin lui-même y publia ses recherches sur le langage de rêve. C'était un article dans lequel Kraepelin s'aventurait dans la reconstruction des liens associatifs dans le domaine du langage de rêve. L'article était publié en 1910 dans Psychologische Arbeiten, mais était déjà disponible en forme de cahier en 1906. En 1906, Kraepelin publia aussi une monographie, avec un peu plus d'exemples, sur le langage de rêve.
Bibliographie

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d'Espagne • WorldCat

Emil Kraepelin

Biographie Emil Kraepelin (1856-1926), Annales Médico-Psychologiques, par Thierry Haustgen et Jérémie Sinzelle https://www.academia.edu/8795007/Biographie_Emil_Kraepelin_1856-1926_
Leçons cliniques sur la démence précoce et la psychose maniaco-dépressive, Ed.: L'Harmattan, 2000, Collection Psychanalyse et civilisations, (ISBN 2738462413)
La folie maniaque-dépressive, trad. Georges Poyer, Ed J. Millon, Coll.: Mémoires du corps, 2013, (ISBN 978-2-84137-293-5) (notice BnF no FRBNF43743709)
Voyage extraordinaire au centre du cerveau, Jean-didier Vincent, Ed Odile Jacob, 2009
Introduction à la psychiatrie clinique (éd.1907), Éditeur : Hachette Livre BNF, Coll.: Sciences, ISBN 2012889786
Troubles mentaux psychogènes carcéraux, Éditions L'Harmattan, Coll.: Psyché de par le monde, 2013, ISBN 2343020183

Notes et références

↑ Le texte de Kraepelin sur son voyage à Java a été traduit en français et commenté in : Huffschmitt L « Kraepelin à Java » Synapse 1992;(86):69-75.
↑ Jacques Postel et David F. Allen : Présentation, in Emile Kraepelin, La folie maniaque-dépressive, trad. Georges Poyer, éditions Jérôme Millon, 1993, (ISBN 978-2905614797 et 290561479X)

Liens externes
(en) Biographie et référence bibliographiques aux sources numériques dans le projet VLP de l’Institut Max-Planck d'histoire des sciences.
(de) version numérisée complète de la 8e édition du Traité (en allemand) sur le site de la bibliothèque interuniversitaire de santé
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort.   Lun 26 Sep à 10:08

La chouette effraie
http://www.oiseaux.net/oiseaux/effraie.des.clochers.html
Les mâles et les femelles ont une longueur qui varie de 33 à 36 cm. La chouette effraie pèse de 290 à 460 gr pour une envergure qui atteint 90 à 98 cm. Les disques faciaux sont très nets chez la chouette effraie, formant un cœur qui lui confère une physionomie caractéristique, ce qui la distingue de tous les autres rapaces nocturnes. Les plumes de ses disques sont blanc - grisâtre, d'aspect soyeux sauf autour des yeux, où elles sont de petite taille et noires, et sauf autour du bec, où elles sont un peu plus rousses. Mâles et femelles ont la même coloration. Dans le sud et l'ouest de l'Europe, la plupart des effraies ont la face inférieure (ventre) blanc pur ou presque. Les ailes sont assez longues et étroites. Lorsque l'oiseau est posé les ailes dépassent la queue de 3 cm. Les longues pattes sont peu emplumées à la base et les doigts sont couverts de quelques plumes ayant l'apparence de poils. En vol, la face inférieure paraît très claire.

La chouette chevêche

C'est une petite chouette de la famille des strigidés ; sa taille évolue de 20 à 22 cm, pour une envergure de 55 à 61 cm. Son poids varie selon les saisons :
- Pour les femelles, il va de 170 à 250 g.
- Pour les mâles, il va de 150 à 200 g.
La couleur générale de son plumage est brun-roux, tacheté de blanc. Elle a la gorge claire, les sourcils blancs, et les yeux jaunes. Elle possède à l'arrière de la tête un faux disque facial (deux marques blanches en forme de "V" ), ce qui rend ses prédateurs méfiants .



Le Hibou Moyen-duc

Le mâle est généralement plus pâle que la femelle. L'envergure atteint 85 à 100 cm, le poids du mâle est de 250 g et celui de la femelle de 300 g. Pour le vol, les ailes sont assez longues et arrondies au bout. En général, le hibou est caché le jour dans un conifère, sous un feuillage dense ou allongé contre un tronc. Les disques faciaux sont de couleur blanc-roux, cernés de noir, traversés d'une bande sombre irrégulière entourant l'oeil. Il possède des aigrettes d'environ 4 cm, de couleur brun-noir, bordées de roux pâle et de blanc. Son corps va du roux- jaunâtre au gris brun rayé, barré, marbré et vermiculé de brun, avec des tâches blanches aux scapulaires.

La chouette Hulotte

C'est une chouette massive, de la taille d'une corneille. Sa taille varie de 37 à 39 cm pour une envergure de 94 à 104 cm et un poids de 450 à 590 g. Sa tête est volumineuse et n'a pas d'aigrette. Ses yeux sont noirs et le masque facial est net. Le plumage, variable, est brun-roux ou gris. En vol la silhouette reste compacte, les ailes sont courtes et arrondies. Elles sont légèrement arquées vers le bas lorsque la chouette plane.

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