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 Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme

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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:20

Les journées de Juin sont une révolte du peuple de Paris du 22 au 26 juin 1848 pour protester contre la fermeture des Ateliers nationaux.

Situation sociale et politique

La crise économique et sociale, qui avait causé le fort mécontentement populaire ayant débouché sur la révolution de février 1848, persiste. L'incertitude quant à l'orientation plus ou moins sociale de la république proclamée solennellement le 4 mai, incite les détenteurs de capitaux à retirer leurs fonds des banques qui manquent alors de liquidités pour consentir des prêts et soutenir l'escompte. Le nombre de chômeurs augmente. Il y a près de 115 000 personnes inscrites dans les Ateliers nationaux parisiens le 18 mai. Cela génère une dépense de près de 200 000 francs par jour. Grâce à la propagande de Falloux (faux rapports de la commission du travail de l'Assemblée Constituante) et des partisans de l'ordre, les rentiers et les bourgeois s'exaspèrent de devoir entretenir un nombre croissant de chômeurs. Les ateliers nationaux sont une infamie morale aux yeux des classes dominantes. Le coût des ateliers nationaux représente en réalité moins de 1 % du budget global du gouvernement[réf. nécessaire]. Certains fins esprits les surnomment : les « râteliers nationaux ». Ils consistent en fait en des activités de terrassement. De fait si la République manque de moyens c'est qu'elle s'est engagée à rembourser intégralement les aristocrates lésés par la mise en place de la République, allant même jusqu'à créer un nouvel impôt dans ce but, tout en le justifiant, justement, par le coût prétendument exorbitant des ateliers nationaux.

Mécontents, les ouvriers des Ateliers nationaux se tournent vers les démocrates socialistes ou bien les partisans de Louis-Napoléon Bonaparte[réf. nécessaire]. Certains ouvriers s'organisent et fondent le 20 mai la Société des corporations réunies qui regroupe une bonne partie des ouvriers ayant participé aux travaux de la Commission du Luxembourg mise en place par le gouvernement provisoire dès le lendemain de la révolution de février. Le 28 mai paraît le journal Le travail et le 4 juin Le Journal des travailleurs qui développent des idées républicaines et sociales. Les ouvriers des Ateliers nationaux et ceux de la Commission du Luxembourg s'entendent pour présenter des listes communes aux élections complémentaires pour l'Assemblée nationale des 4 et 5 juin. Le mouvement républicain progressiste, bien qu'amputé de ses chefs après l'échec de la manifestation du 15 mai 1848, progresse à Paris (Marc Caussidière, Pierre Leroux et Pierre-Joseph Proudhon sont élus).

Parallèlement, le « parti bonapartiste » prend de l'ampleur. Ses partisans mettent en avant les idées sociales du prétendant au trône Louis-Napoléon Bonaparte, auteur de De l'extinction du paupérisme, et jouent sur le souvenir encore frais du Premier Empire. Les ouvriers de La Villette pétitionnent pour que Louis Napoléon Bonaparte soit nommé Consul. La 7e légion de la Garde nationale (celle des quartiers populaires du Panthéon, de Saint-Marcel et de Saint-Victor) envisage de le prendre comme colonel en remplacement du républicain Armand Barbès que la Commission exécutive, le gouvernement, vient de jeter en prison. Aux élections, Louis Napoléon Bonaparte est triomphalement élu à Paris et dans quatre autres départements. Il renonce provisoirement à quitter son exil londonien pour venir siéger.

De ces élections, la majorité très conservatrice de l'Assemblée nationale (les républicains du lendemain, en fait des monarchistes camouflés) sort renforcée. Adolphe Thiers, battu le 23 avril, est confortablement élu à Paris et dans trois départements, accompagné de 5 nouveaux élus conservateurs parisiens (sur les 11 sièges à pourvoir à Paris) il apporte son savoir-faire politique et son animosité contre la République.
Fermeture des Ateliers nationaux
Barricades de la rue Saint-Maur durant les journées de Juin, sur un daguerréotype de 1848

Débarrassée des chefs républicains progressistes après l'échec de la manifestation du 15 mai 1848, la majorité conservatrice de l'Assemblée nationale s'emploie à faire disparaître les Ateliers nationaux symbole de la politique sociale mise en place après la révolution de février 1848. Le 16 mai, la Commission du Luxembourg est supprimée, les ateliers sociaux (différents des ateliers nationaux) créés sont progressivement détruits, son président Louis Blanc étant par ailleurs sous la menace d'une arrestation et d'une enquête de la part de l'Assemblée nationale. Dès le 24 mai, Ulysse Trélat ministre des Travaux publics demande la suppression des Ateliers nationaux. Il est secondé à l'Assemblée par les très conservateurs comte de Falloux et comte de Montalembert. Le 30 mai, l'Assemblée décide que les ouvriers domiciliés depuis moins de trois mois dans le département de la Seine doivent regagner la province. On tente ainsi de dégonfler les effectifs de chômeurs secourus et de réduire une possible résistance des ouvriers parisiens.

Mais le gouvernement - la Commission exécutive - composée de républicains modérés, répugne à mettre en cause un des acquis les plus sociaux de la nouvelle république. Le décret du 24 mai est suspendu. Pour gagner la sympathie populaire, la Commission exécutive projette la création d'un crédit foncier devant aider les paysans très touchés par la crise économique. La réduction du très impopulaire impôt sur le sel est envisagée. Afin de fournir du travail aux ouvriers des Ateliers nationaux, la Commission projette de nationaliser les compagnies de chemin de fer dont les chantiers ferroviaires seraient tenus par les chômeurs. Devant cette mise en cause de la propriété privée, la majorité conservatrice de l'Assemblée décide d'intensifier son action. Les 14 et 15 juin, Falloux et Goudchaux sont élus respectivement rapporteur et président de la Commission spéciale sur les Ateliers nationaux. Les 19 et 20 juin, l'Assemblée vote la dissolution des Ateliers nationaux. Le 21, la Commission exécutive cède et décrète la fermeture des Ateliers nationaux : les ouvriers âgés de 18 à 25 ans doivent s'enrôler dans l'armée, les autres doivent se rendre en province, et notamment en Sologne pour y creuser le canal de la Sauldre. Le 21 juin Le Moniteur, le Journal Officiel de l'époque, publie le décret. Le 22 juin l'agitation se propage, et le 23 sont dressées les premières barricades.
Chronologie des événements

Les causes de la révolte ouvrière

26 février : création des Ateliers nationaux visant à résorber le chômage des ouvriers dans les grandes villes (la crise économique sévit depuis 1847).
15 mars : tentative de l'extrême gauche, qui sent la conjoncture défavorable, de faire repousser les élections.
23 et 24 avril : élection de l'Assemblée constituante ; unanimisme républicain chez les candidats ; les vainqueurs sont ceux qui figuraient sur plusieurs listes (scrutin de liste départemental jusqu'en 1852), donc modérés, qui se révélèrent au fil du temps républicains du lendemain. Les positions des uns et des autres se décantèrent à l'épreuve des faits.
21 juin : les Ateliers nationaux sont supprimés en raison de leur coût, parce que le travail (essentiellement le repavage des rues) n'existe plus, laissant place à l'agitation politique quotidienne. Le coût des ateliers nationaux ne représente en réalité que moins de 1 % du budget global du gouvernement.
22 juin : Agitation en divers points de la capitale.

Les journées insurrectionnelles

23 juin : début de la révolte populaire de Juin par l'établissement des premières barricades, durement réprimée par l'armée menée par le général Cavaignac. Le général Hippolyte-Marie-Guillaume de Rosnyvinen de Piré a fourni le témoignage suivant, inattendu, de l'attitude des insurgés de la barricade de la rue Nationale-Saint-Martin ce jour-là :

Mgr Affre tentant de calmer les combattants de la barricade de l'entrée du faubourg Saint-Antoine.

« Citoyens représentants, entré le premier à la baïonnette, le 23 juin, dans la barricade de la rue Nationale-Saint-Martin, je me suis vu quelques instants seul au milieu des insurgés animés d'une exaspération indicible. Nous combattions à outrance de part et d'autre ; ils pouvaient me tuer, ils ne l'ont pas fait ! J'étais dans les rangs de la Garde nationale, en grande tenue d'officier général ; ils ont respecté le vétéran d'Austerlitz et de Waterloo ! Le souvenir de leur générosité ne s'effacera jamais de ma mémoire... Je les ai combattus à mort, je les ai vus braves Français qu'ils sont ; encore une fois, ils ont épargné ma vie ; ils sont vaincus, malheureux, je leur dois le partage de mon pain... Advienne que pourra 6! »

24 juin : le Panthéon de Paris est un des centres de l'insurrection. Plus de 1 500 insurgés s'y sont réfugiés. Ils sont délogés par le colonel Henri-Georges Boulay de la Meurthe à la tête d'un régiment de la garde républicaine7.Le général Damesme sera mortellement blessé lors de ces combats.
25 juin : Monseigneur Affre, archevêque de Paris, est mortellement blessé sur les barricades. Le général Bréa est tué par les insurgés à la barrière d'Italie.
26 juin : fin de la révolte avec la chute de la dernière barricade, située faubourg Saint-Antoine. Ces journées révolutionnaires ont fait environ 4 000 morts du côté des insurgés, et 4 000 prisonniers sont déportés en Algérie. L'Assemblée décide de poursuites à l'égard de Louis Blanc.
28 juin : l'Assemblée remercie le général Cavaignac en le nommant chef du pouvoir exécutif.
3 juillet : dissolution des Ateliers nationaux.
27 juillet : à la suite de la répression des journées de Juin, l’Assemblée restreint l'activité des Clubs et y interdit la participation des femmes et des enfants.
28 juillet : Loi sur les clubs

Répression
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Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (février 2009).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).
Massacres de juin 1848

Face aux émeutiers, la police parisienne avec ses 3 000 membres est impuissante et ne peut qu'alerter les autorités et grâce à ses indicateurs, renseigner les forces gouvernementales qui furent déployées sous les ordres du général Louis Eugène Cavaignac.

Celles-ci disposèrent de 25 000 militaires de l'armée française, en grande partie des fils de paysans, 17 000 gardes nationaux (boutiquiers et bourgeois de Paris et de province), 15 000 gardes mobiles (recrutés dans les parties les plus pauvres du prolétariat parisien) et 2 500 gardes républicains (ex-municipaux) de la police1.

Les journées de juin 1848 font de nombreuses victimes. Les forces gouvernementales perdent environ 1 600 hommes8 dont un millier de militaires.

La République réprime dans le sang la révolution parisienne9. Le nombre d'insurgés tués pendant les combats fut estimé entre 3 000 et 5 000 personnes auxquelles s'ajoutent environ 1 500 fusillés sans jugement. Il y a environ 25 000 arrestations et 11 000 condamnations à la prison ou à la déportation en Algérie5.

Selon le rapport du préfet de police François Joseph Ducoux du 8 octobre, du côté des forces gouvernementales, les combats ont fait 1 460 morts, dont les deux tiers pour l'armée et la garde nationale. Les pertes de la garde républicaine sont de 92 morts, dont deux officiers supérieurs. Sept généraux sont tués et cinq autres blessés2.

Le 3 juillet, le général Cavaignac affirme que le nombre des insurgés étaient au maximum de 50 000 et que les pertes de l'armée sont de 703 morts ou blessés2.

Selon Ernest Lavisse et Philippe Sagnac, les pertes de l'armée sont de 800 morts et 1 500 blessés, celles des gardes mobiles de 100 morts et 600 blessés tandis que celles des gardes nationaux et des insurgés sont inconnues4.

Pour Alain Bauer et Christophe Soullez, les pertes sont au total de 15 000 tués ou blessés, dont 1 800 morts pour les forces de l'ordre et 4 000 tués pour les insurgés sur 25 000 combattants3.
Tombeau d'Edme-Pierre Dumée, fils de Edme Dumée, membre de la Garde nationale de Rouen, tué à Paris le 26 juin 1848, au Cimetière monumental de Rouen

Selon les statistiques des journaux de médecine, 2 529 blessés ont été recensés dans les hôpitaux de Paris, cependant de nombreux blessés ont été soignés à domicile2.

Marx et Engels analysent cette révolution comme l'acte de naissance de l'indépendance du mouvement ouvrier. Les acteurs de la Révolution de février 1848 se sont divisés en deux camps. Le premier, celui de la bourgeoisie, est satisfait de la mise en place de la République telle qu'elle est. Désormais, face à elle, les ouvriers n'ont pas oublié les mots d'ordre de « République sociale » et c'est logiquement qu'on les retrouve en juin pour les défendre encore.

Ces événements renouvellent la méfiance ancienne des classes dirigeantes envers Paris. Rien d'étonnant donc à voir surgir dans les discours politiques bourgeois un certain culte de la province, de la classe moyenne paysanne comme pilier de la République10. L'image est réutilisée plus tard, lors de la IIIe République.

La conséquence juridique de cette insurrection est quasi immédiate : la Constitution en cours de discussion est amendée pour en retirer toute référence sociale utilisable. La république sociale disparaît et, dans le même temps, la peur des rouges augmente et conduit à des votes de plus en plus conservateurs, d'abord au sein de la Constituante elle-même, ensuite, au moment de la désignation des corps constitués11. Les élections présidentielles puis législatives amènent au pouvoir le neveu du premier empereur et une majorité monarchiste, étrange mélange pour une République.

Paris, saigné par les combats et la répression, perd la prééminence dans la vie politique. De plus, une grande partie du peuple parisien se détourne de cette République qui a fait tirer sur le peuple. Louis-Napoléon Bonaparte sait en tirer profit lorsqu'il décide de mettre fin à cette seconde expérience républicaine en France.

Une des conséquences des Journées de Juin 1848 est, quelques années plus tard, la destruction symbolique des quartiers centraux parisiens par Haussmann, dont les percées urbaines (le boulevard de Sébastopol en particulier) ont coupé en leur cœur les lieux de l'insurrection, où étaient dressées de nombreuses barricades, mais aussi d'où venaient de nombreux insurgés, ouvriers et artisans de la fabrique parisienne.
Notes et références

↑ a et b Général André Bach, L'armée de Dreyfus, Tallandier, Paris, 2004, p 215, ISBN 2-84734-039-4
↑ a, b, c, d et e Daniel Stern, Histoire de la révolution de 1848, 1853, tome III, p.275.
↑ a, b et c Alain Bauer, Christophe Soullez, Une histoire criminelle de la France, Odile Jacob, 2012.
↑ a et b Ernest Lavisse, Philippe Sagnac, Histoire de France contemporaine depuis la révolution jusqu'à la paix de 1919, 1922, p.104.
↑ a, b, c, d, e et f Pierre Milza, Napoléon III, Ed. Perrin, collection Tempus, Paris, 2006, p 177
↑ L'Atelier : organe spécial de la classe laborieuse : 1840-1850, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6865b/f238.image.r=Rosnyvinen.langFR [archive]
↑ Nouvelle biographie générale des temps les plus reculés jusqu'à nos jours, sous la direction du docteur Hoeffer, tome 6, page 948, Paris 1855
↑ Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, Paris, Bordas, 1978, t. G-J, p. 2479, art. Juin 1848
↑ Sylvie Aprile, la IIe Republique et le Second Empire, Pygmalion, 2000
↑ Philippe Vigier, La Seconde République, PUF, collection Que-Sais-Je ?, 2001
↑ Arnaud Coutant, 1848, quand la république combattait la Démocratie, Mare et Martin, 2009

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Journées de Juin, sur Wikimedia Commons

Bibliographie

Sylvie Aprile, la IIe Republique et le Second Empire, Pygmalion, 2000.
Philippe Vigier, La Seconde République, PUF, collection Que-Sais-Je ?, 2001, (ISBN 2-13-052359-5).
Arnaud Coutant, 1848, quand la république combattait la Démocratie, Mare et Martin, 2009.
Georges Duveau, 1848, Gallimard, collection Idées, 1965.
Victor Marouck, Juin 1848, Paris, 1998, (ISBN 2-902963-37-Cool.
Louis Ménard, Prologue d'une révolution, février-juin 1848 (première édition : 1849), Paris, La Fabrique, 2007.
Éric Hazan, L'invention de Paris, Paris, Seuil, 1998.
Maurice Agulhon, Quarante-Huitards, Paris, Gallimard-Julliard, collection « Archives », 1976.
Guy Antonetti, Louis-Philippe, Fayard, 2002.
Antoine Pagès-Duport, Journées de Juin. Récit complet des événements des 23, 24, 25, 26 et des jours suivants. Accompagné d'un plan de Paris, des Décrets rendus par l'Assemblée Nationale, des Actes officiels contenus au Moniteur, des diverses proclamations affichées dans Paris, et de Notices sur les généraux tués, Paris et Lyon, Th. Pitrat et Fils, 1848.
François Pardigon, Épisodes des journées de juin 1848, 1852, réédition 2008, éditions La Fabrique (ISBN 9782913372788).

Articles connexes

Manifestation du 15 mai 1848
Ateliers nationaux
Commission exécutive (1848)
Assemblée nationale (1848)

Liens externes

de gouvernement en 1848&f=false Questions de mon temps, 1836 1856 by Emile de Girardin (accédé le 30 août 2010 )
Les journées de juin 1848, K. Marx - F. Engels.
Les journées de juin 1848, K. Marx - F. Engels. (textes en ligne)
« Il y a 160 ans, les barricades des insurgés de Juin 1848 », article illustré sur le site des Verts du 11e arrondissement (juin 2008)


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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:21

Georges Jacques Danton, dit aussi d'Anton1, né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube et mort guillotiné le 5 avril 1794 (16 germinal an II) à Paris, est un avocat au Conseil du Roi et un homme politique français, ministre de la Justice.

Danton est une des figures majeures de l'historiographie de la Révolution française, tout comme Mirabeau, avec qui il partage un prodigieux talent oratoire et un tempérament impétueux, avide de jouissances (les ennemis de la Révolution l'appellent « le Mirabeau du ruisseau »), ou comme Robespierre, à qui tout l’oppose, le style, le tempérament et le type de talent. Il incarne la « Patrie en danger » dans les heures tragiques de l’invasion d’août 1792, quand il s'efforce de fédérer contre l'ennemi toutes les énergies de la nation et d'user de tous les expédients : pour vaincre, dit-il, « il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! », et il n'hésite pas, par pragmatisme, à entamer des négociations secrètes avec les monarques coalisés pour négocier une paix rapide.

Comme pour Robespierre, il s’est vite constitué autour de sa personne une légende. Et s’est déchaînée entre historiens robespierristes et dantonistes une polémique idéologique et politique qui a culminé sous la IIIe République. Pour les premiers, Danton est un politicien sans scrupules, vénal, capable de trahir la Révolution ; pour les seconds, il est un ardent démocrate, un patriote indéfectible, un homme d’État généreux.

Après une intervention de Robespierre visant à empêcher qu'il ne puisse toucher les patriotes, la loi instituant le Tribunal révolutionnaire est votée. Devant ce tribunal, après la reine et les Girondins, il comparaîtra lui-même un an après.
C'est dans la salle du Manège des Tuileries que se réunit la Convention jusqu’au 9 mai 1793.

Le 15 mars, la Convention reçoit une lettre menaçante de Dumouriez, la rendant responsable de ses défaites. Malgré l’indignation générale, Danton s’oppose à un décret d’accusation contre lui et se fait envoyer en Belgique pour le raisonner. Il le rejoint le 20 ; dans l’intervalle, Dumouriez s’est fait écraser à Neerwinden le 18. Danton n’obtient qu’un vague billet de soumission (« J’ai épuisé tous les moyens de ramener cet homme aux bons principes. » dira-t-il) ; il rentre à Paris, mais au lieu de venir rendre compte de sa mission, disparaît plusieurs jours. Parti de Bruxelles le 21, il ne réapparait au Comité de défense général que le 26, ce qui a intrigué contemporains et historiens. Lorsque la Convention apprend la défaite de Neerwinden et les tractations de Dumouriez avec les Autrichiens, elle renouvelle le 25 mars, dans un élan d’union, son Comité de défense générale en y élisant des Girondins, des hommes de la Plaine et des Montagnards, Danton, Desmoulins, Dubois-Crancé et Robespierre. À la première séance, le 26, Danton, enfin réapparu, prend encore la défense de Dumouriez, reconnaît que le général a des torts, mais se porte garant de son désintéressement. Robespierre s’étonne de l’attitude de Danton et demande la destitution immédiate du général en chef. Les Girondins font bloc avec Danton pour la faire refuser. Le lendemain 27, à la Convention, Robespierre fait de nouveau le procès de Dumouriez. C’est seulement le 30 mars qu’elle se décide à envoyer des commissaires pour le citer à comparaître. Dumouriez les fait arrêter le 1er avril et les livre aux Autrichiens. Il tente ensuite d’entrainer son armée contre Paris mais se heurte à ses propres troupes et passe à l’ennemi accompagné de quelques généraux, dont Égalité fils (le duc de Chartres, futur Louis-Philippe, fils du duc d’Orléans, Philippe-Égalité, qui va être arrêté à Paris par les comités).

Jusqu'au dernier moment, Danton a cherché à établir l’union entre les républicains, contrairement à Robespierre et aux Montagnards qui jugeaient l’union avec les Girondins impossible (« Quoique assis au sommet de la Montagne, écrit le robespierriste Levasseur33, il avait été jusque-là, sinon l’homme de la Droite, du moins en quelque sorte le chef du Marais. »). La trahison de Dumouriez va provoquer la rupture de Danton avec la Gironde. Le 1er avril, à la Convention, les Girondins l’accusent de complicité. Danton, soutenu par la Montagne (qui comprit, dit Levasseur, « que son impétueuse éloquence allait rompre toutes les digues ») répond en attaquant à son tour. Se tournant vers la Montagne, il s’écrie :

« Je dois commencer par vous rendre hommage, citoyens qui êtes placés à cette Montagne : vous avez mieux jugé que moi. J’ai cru longtemps que, quel que fût l’impétuosité de mon caractère, je devais tempérer les moyens que la nature m’a départis, je devais employer, dans les circonstances difficiles où m’a placé ma mission, la modération que m’ont paru commander les évènements. Vous m’accusiez de faiblesse ; vous aviez raison, je le reconnais devant la France entière… Eh bien ! je crois qu’il n’est plus de trêve entre la Montagne, entre les patriotes qui ont voulu la mort du tyran et les lâches qui, en voulant le sauver, nous ont calomniés dans toute la France. »

Au cours d’une séance dramatique, la Gironde et lui se renvoient l’accusation d’avoir trempé dans le complot monarchique du général en chef. Seul résultat immédiat de cette mêlée : les Girondins font décréter que les députés suspects de complicité avec l’ennemi ne seront plus protégés par l’inviolabilité parlementaire. Le soir, aux Jacobins, Robespierre prend la défense de Danton et demande la mise en accusation des Girondins.

La Plaine ne songe pas à suivre Robespierre, mais les circonstances l’inclinent vers Danton. Le 6 avril, la Convention crée enfin le Comité de salut public, réclamé par Danton et Robespierre dès le 10 mars et y place des hommes qui ne sont pas trop impliqués dans le conflit entre Gironde et Montagne et qui souhaitent l’unité: sept députés de la Plaine, Barère en tête, la Montagne n’est représentée que par Danton et son ami Delacroix.
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:22

Jules Ferry, né le 5 avril 1832 à Saint-Dié (Vosges) et mort le 17 mars 1893 à Paris, est un homme politique français.

Opposant à l'Empire, membre du gouvernement provisoire en 1870 et maire de Paris en 1871, il est l'auteur des lois de la IIIe République, restaurant l'instruction obligatoire et gratuite qui avait été instituée en 1793, sous l'impulsion de Louis Joseph Charlier.

Considéré comme le promoteur de « l'école publique gratuite et obligatoire », il est devenu plusieurs décennies après sa mort l'un des pères fondateurs de l'identité républicaine. Parallèlement, Jules Ferry montre au cours de sa carrière politique un fort engagement pour l'expansion coloniale française, en particulier dans la péninsule indochinoise, ce qui provoque sa chute et une crise lors de l'affaire du Tonkin. Il est inhumé à Saint-Dié.

Les débuts républicains

Jules François Camille Ferry est le fils de Charles-Édouard Ferry, avocat, et d’Adèle Jamelet2. C'est une famille catholique vosgienne de fondeurs de cloches établie à Saint-Dié en 17183, et, en 1794, les Ferry sont à la tête d’une tuilerie.

François-Joseph Ferry, grand-père de Jules, fut maire de la ville; son fils Charles-Édouard, libre-penseur, se marie avec Adèle Jamelet, dont il a trois enfants : Jules (1832-1893) Charles (1834-1909) et Adèle (1826-1871)4.

Élève au collège de Saint-Dié jusqu'en 1846, puis au lycée impérial de Strasbourg (actuellement lycée Fustel-de-Coulanges), il est ensuite étudiant à la faculté de droit de Paris; il devient avocat réputé et se passionne pour la chose publique, se spécialisant rapidement dans la défense juridique des républicains.

Il collabore régulièrement aux journaux suivants : La Presse, Le Courrier de Paris, Le Temps.

Opposant actif au Second Empire, il connaît la notoriété en publiant en 1868 une série d'articles pamphlétaires humoristiques contre le préfet de la Seine de l'époque, fustigeant la gestion opaque du financement des travaux effectués par lui à Paris : Les Comptes fantastiques d’Haussmann.

Il est élu député républicain de la 6e circonscription de Paris en mai 1869.
Le parcours républicain

Ennemi déclaré de l'Empire, républicain convaincu, Jules Ferry avait pris place au Palais dans le groupe des opposants, avec Charles Floquet, Émile Durier, Ferdinand Hérold, Anne-Charles Hérisson, Jean-Jules Clamageran, Amaury Dréo, Clément Laurier, Léon Gambetta. Il est impliqué dans le fameux procès des Treize en 1864 ; Avec Garnier-Pagès, Lazare Carnot, Treize républicainsnote 1 qui s’étaient réunis chez Garnier-Pagès peu avant des élections à Paris sont arrêtés pour réunion non autorisée et condamnés à 500 Francs d’amende5.

Le 4 septembre 1870, il devient membre du gouvernement de la Défense nationale. Nommé maire de Paris le 15 novembre 18706,7, il a la charge, au demeurant quasi impossible, d'assurer le ravitaillement de la capitale assiégée par l'armée prussienne. Les restrictions alimentaires qu'il impose lui valent les surnoms de « Ferry-Famine » et « Ferry l'affameur ». Une commission mixte de l'enseignement est instaurée8. Cette commission9 est composée de femmes et d'hommes compétents en matière d'instruction. Dans les rapports de cette commission, figure déjà l'affirmation de gratuité et d'obligation que l'on retrouve dans les lois scolaires promulguées sous son ministère.

Dès le premier jour de l'insurrection de la Commune de Paris, adversaire résolu des Fédérés, il fuit la ville. Cependant, il conserve officiellement la fonction de maire jusqu'au 5 juin 18716.

Aux élections du 8 février 1871, il se fait élire représentant des Vosges à l'Assemblée nationale, siège qu'il conserve jusqu'en 1889. Il est chargé de négocier la frontière sur la ligne de crête vosgienne; intransigeant sur les principes, il ne lâche rien10. C’est une expérience douloureuse, car les négociateurs dissèquent son arrondissement natal et l’Alsace, où avait vécu une partie de sa famille, rejoint désormais le Reich allemand.
Caricature de Jules Ferry par Georges Lafosse
parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1872.

Jules Ferry, chef de file de la majorité départementale, candidat républicain en face de Louis Joseph Buffet, est élu le 8 octobre 1871 conseiller général du Thillot. Le jeune vice-président du Conseil Général suscite l'ire des autorités administratives. Adolphe Thiers décide, afin de le protéger, de l'éloigner des Vosges encore occupées par les troupes prussiennes, en l'envoyant à Athènes résoudre, avec rang d'ambassadeur, le différend entre les gouvernements grec, français et italien au sujet des mines du Laurion11 (1872-1873). À son retour en France, il devient l'un des chefs de l'opposition républicaine jusqu'à l'élection de Jules Grévy à la présidence.
Franc-maçon et marié à 43 ans

Le 8 juillet 1875, les francs-maçons donnent une grande solennité à sa réception par le Grand Orient de France (loge « La Clémente Amitié »). Il y est reçu en même temps que Littré et que Grégoire Wyrouboff. Une grande publicité est faite au discours que Littré prononce à cette occasion, et la presse en donne un large écho. Par la suite, Ferry appartiendra à la loge « Alsace-Lorraine ».

La même année, Ferry, vieux garçon, se marie à la mairie du huitième arrondissement de Paris avec Eugénie Risler, douce jeune femme protestante de dix huit ans sa cadette et fille fortunée d'un industriel alsacien de Thann. Celle ci n'a pas caché qu'elle ne peut pas avoir d'enfant mais le prétendant, moralement transformé, est emporté par l'enthousiasme.

Le couple fait construire un chalet suisse, résidence secondaire, sur les contreforts du massif forestier du Kemberg à Saint-Dié-des-Vosges, là où autrefois se trouvait la fonderie de cloches familiale, mais réside plus souvent à Paris, dans l'hôtel particulier construit par le frère adoré de Jules, Charles Ferry au 1 rue Bayard. Sans descendance directe, Jules reportera toute son affection sur son neveu Abel Ferry, dont il fera son unique héritier et fils d'adoption12.
Le laïciste de l'école
Caricature de la Petite Lune de 1878 : Jules Ferry croquant un prêtre.

Nommé ministre de l'Instruction Publique du 4 février 1879 au 23 septembre 1880 dans le cabinet Waddington, il attache son nom aux lois scolaires. Ses premières mesures sont :

création d'une École normale féminine à Sèvres et d'une agrégation féminine, le 9 août 1879 ;
nomination de Ferdinand Buisson comme directeur de l'enseignement primaire en 1879 ;
collation des grades universitaires retirée à l'enseignement privé (12 mars 1880) ;
Expulsion des congrégations religieuses non autorisées (29 mars 1880).

Président du Conseil du 23 septembre 1880 au 10 novembre 1881, il poursuit la mise en place des lois sur l'enseignement :

extension aux jeunes filles du bénéfice de l'enseignement secondaire d'État (21 décembre 1880) ;
gratuité de l'enseignement primaire (16 juin 1881).

De nouveau ministre de l'Instruction du 31 janvier au 29 juillet 1882 (Ministère Freycinet), il continue son œuvre scolaire :

loi relative à l'obligation et à la laïcité de l'enseignement (28 mars 1882); cette loi est une suite logique de celle portant sur l'obligation scolaire; c'est une obligation d'instruction et non de scolarisation.

De nouveau Président du Conseil du 21 février 1883 au 30 mars 1885, et ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts jusqu'au 20 novembre 1883, date à laquelle il est remplacé par Armand Fallières :

Envoi d'une lettre circulaire aux instituteurs, 17 novembre 1883, trois jours avant de confier le ministère de l'Instruction à Fallières ; la lettre, dont le texte intégral se trouve sur wikisource, commence comme ceci :

« Monsieur l'Instituteur,

L'année scolaire qui vient de s'ouvrir sera la seconde année d'application de la loi du 28 mars 1882. Je ne veux pas la laisser commencer sans vous adresser personnellement quelques recommandations qui sans doute ne vous paraîtront pas superflues, après la première expérience que vous venez de faire du régime nouveau. Des diverses obligations qu'il vous impose, celle assurément qui vous tient le plus au cœur, celle qui vous apporte le plus lourd surcroît de travail et de souci, c'est la mission qui vous est confiée de donner à vos élèves l'éducation morale et l'instruction civique : vous me saurez gré de répondre à vos préoccupations en essayant de bien fixer le caractère et l'objet de ce nouvel enseignement ; et, pour y mieux réussir, vous me permettrez de me mettre un instant à votre place, afin de vous montrer, par des exemples empruntés au détail même de vos fonctions, comment vous pourrez remplir, à cet égard, tout votre devoir, et rien que votre devoir.

La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d'une part, elle met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier ; d'autre part, elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'Église, l'instruction morale à l'école. Le législateur n'a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l'école de l'Église, d'assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances, qui sont communes et indispensables à tous, de l'aveu de tous. Mais il y a autre chose dans la loi du 28 mars : elle affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale, et de la fonder sur des notions du devoir et du droit que le législateur n'hésite pas à inscrire au nombre des premières vérités que nul ne peut ignorer. Pour cette partie capitale de l'éducation, c'est sur vous, Monsieur, que les pouvoirs publics ont compté. En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas songé à vous décharger de l'enseignement moral : c'eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession. Au contraire, il a paru tout naturel que l'instituteur, en même temps qu'il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage ou du calcul. [...] »

Cette lettre contient par ailleurs des recommandations très importantes en matière d'éducation morale : elle incite les enseignants à respecter scrupuleusement l'autorité des parents, condition nécessaire pour « communiquer la sagesse du genre humain, [...] une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité ».

Ferry, anticlérical mais pas antireligieux (s'opposant ainsi aux positions d'Émile Combes), ne souhaite pas dans un premier temps imposer un monopole en matière d'éducation; il laisse subsister l'enseignement confessionnel, mais sa volonté de laïcisation fait qu'il est exécré par la presse cléricale qui l'appelle « Ferry sans Dieu »13.
Le partisan de l'expansion coloniale
Articles connexes : Expédition du Tonkin, Guerre franco-chinoise et Affaire du Tonkin.

Parallèlement, Jules Ferry se montre un partisan actif de l'expansion coloniale française14, à tel point qu'il sera surnommé « Tonkinois » par ses adversaires politiques et une partie de l'opinion publique hostile à l'expansion coloniale.

On retrouve notamment l'empreinte de Ferry en Tunisie, dont il obtient le protectorat le 12 mai 1881 par le traité du Bardo, et à Madagascar.

Il lance l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza à la conquête du Congo (1879), dossier qui lui sera fatal lors de sa seconde présidence du Conseil commencée le 21 février 1883. Il s'était d'ailleurs réservé le portefeuille des Affaires Etrangères. Les conservateurs, comme Adolphe Thiers, sont opposés à la colonisation, qu'ils accusent de détourner hors du territoire les investissements, tandis que les progressistes y sont favorables pour des questions idéologiques. Mais la gauche républicaine de Georges Clemenceau y est opposée également, parce que les aventures colonialistes détournent l'attention des provinces perdues d'Alsace-Lorraine. Les positions s'inverseront diamétralement en trois ou quatre générations.
Portrait par Léon Bonnat (1888)

Ayant obtenu d'un vote de la Chambre les crédits nécessaires à la conquête du Tonkin, il provoque une extension du conflit à la Chine. L'annonce de l'évacuation de Lạng Sơn, qui lui vaudra le surnom de « Ferry-Tonkin », déclenche une violente opposition parlementaire et provoque sa chute le 30 mars 1885 sur fond de spéculations boursières du printemps 1885, lors de l'Affaire du Tonkin.

Il connaît alors une vague d'impopularité en France.
Extrait des débats du 28 et du 30 juillet 1885

Ferry prononce un discours dont Charles-André Julien a pu dire qu'il était « le premier manifeste impérialiste qui ait été porté à la Tribune »15.

On peut difficilement, aujourd'hui, savoir quelle était la part de sincérité et celle de démagogie dans ce discours, le mot de devoir étant très porteur à cette époque, et Ferry désirant sans doute voir aboutir son projet.

Ferry illustre les présupposés du racisme sous la IIIe République

« Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder (...) : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. (...) Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. (...) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. (...) Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l'histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l'esclavage dans l'Amérique centrale, ils n'accomplissaient pas leur devoir d'hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s'acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »

La réponse de Georges Clemenceau, le 30 juillet 1885

« Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure ! (...)

C'est le génie de la race française que d'avoir généralisé la théorie du droit et de la justice, d'avoir compris que le problème de la civilisation était d'éliminer la violence des rapports des hommes entre eux dans une même société et de tendre à éliminer la violence, pour un avenir que nous ne connaissons pas, des rapports des nations entre elles. (...) Regardez l'histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l'oppression, le sang coulant à flots, le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur ! Voilà l'histoire de votre civilisation ! (...) Combien de crimes atroces, effroyables ont été commis au nom de la justice et de la civilisation. Je ne dis rien des vices que l'Européen apporte avec lui : de l'alcool, de l'opium qu'il répand, qu'il impose s'il lui plaît. Et c'est un pareil système que vous essayez de justifier en France dans la patrie des droits de l'Homme !

Je ne comprends pas que nous n'ayons pas été unanimes ici à nous lever d'un seul bond pour protester violemment contre vos paroles. Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures. Il y a la lutte pour la vie qui est une nécessité fatale, qu'à mesure que nous nous élevons dans la civilisation nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit. Mais n'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. Ne parlons pas de droit, de devoir. La conquête que vous préconisez, c'est l'abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s'approprier l'homme, le torturer, en extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur. Ce n'est pas le droit, c'en est la négation. »

Le point de vue de Clemenceau à cette époque lui est propre, bien que Victor Hugo ait exprimé un souci voisin, mentionnant que comme le tutorat d'un mineur, la colonisation ne saurait se considérer que temporaire16; si les avis diffèrent quant à la colonisation pour des raisons économiques (la colonisation rapporte-elle ou non de l'argent ? Faut-il financer des guerres pour des territoires africains — ou asiatiques ? Ne vaut-il pas mieux investir en France au lieu de gaspiller notre argent chez des peuples n'ayant rien fait pour nous quand ils étaient riches et nous pauvres ?), le débat sur la supériorité de la civilisation des Lumières ou sur les droits de l'homme, n'auront lieu que plus tard, après la Grande Guerre principalement. En 1885, la génétique n'existe pas encore, la statistique est embryonnaire, et la notion de race est l'objet de conjectures (Gobineau). Les lettrés constatent que les populations européennes ont atteint un degré de développement encore inconnu des autres.

Clemenceau, perspicace, comprend que ces théories servent de prétexte à justifier une politique propice au pillage qui va donc rapidement se montrer contraire aux Droits de l'Homme. Isolé à cet égard au sein de la gauche républicaine, il rejette le processus de colonisation, mais pour une raison bien différente du « Nous d'abord » caractérisant les positions de Thiers et d'une partie de la droite (Louis Calla, Edgar Raoul-Duval), et des motifs de morale chrétienne des monarchistes (Louis Adhémar de Guilloutet), encore nombreux à cette époque, qui reprochent à la République de ne pas protéger les missionnaires (reproche aussi évoqué par le député d'Extrême-Gauche Émile Vernhes), alors qu'elle envisage une politique coloniale, mais aussi de prendre le risque d'une guerre (Paul de Cassagnac, Baudry d'Asson)

Peu d'hommes politiques de l'époque, quel que soit leur bord, remettent en question l'idée de supériorité européenne (l'Amérique n'en étant vue que comme une excroissance). La Droite, illustrée par Thiers, réclame que l'on réserve l'argent épargné par les Français à des travaux de développement de la France. La Gauche se préoccupe davantage de questions humaines comme la médecine, la vaccination, l'hygiène, l'éducation, la lutte contre les féodalités en place et les superstitions, mais critique elle aussi Ferry sur les points économiques.
Le monument de Saint-Dié-des-Vosges (1896), dû au sculpteur Antonin Mercié, représente, devant le piédestal supportant la statue en pied de l'homme d'État, une Marianne symbolisant la République, un enfant annamite rappelant l'œuvre coloniale de Ferry, ainsi qu'un écolier qui évoque les lois scolaires des années 1880. Deux autres exemplaires de cette statue ont été coulés. L'un destiné à la ville de Tunis, l'autre à la ville de Hanoï[réf. nécessaire].

Les grands intellectuels de l'époque étaient favorables à la colonisation, qui permettait selon eux de faire avancer les peuples dits « en retard ». Victor Hugo défend la politique de Ferry au nom des Droits de l'Homme ; cela n'a rien d'un paradoxe si l'on suppose que le Blanc est « plus en avance » : il a alors un devoir de civiliser, d'apporter l'évolution aux peuples moins développés, comme jadis les Romains aux Gaulois, exemple cher à Ferry). Hugo insiste sur le fait que la colonisation ne doit être que temporaire, et que la France doit savoir s'effacer ensuite, comme un tuteur qui a rempli son rôle.

Les lettres des colons de Cochinchine font par exemple régulièrement état d'une très grande brutalité des familles autochtones envers leurs domestiques mais il est difficile de savoir quelle était la part de vérité et la part d'idéalisation de l'intervention française dans ces récits.

Voici enfin la partie économique de la harangue citée plus haut; le caractère économique (véritable source du débat), occupe l'extrême majorité des propos de Ferry, le 28 juillet 1885 :

Le rôle économique de la colonisation selon Ferry

« La concurrence, la loi de l'offre et de la demande, la liberté des échanges, l'influence des spéculations, tout cela rayonne dans un cercle qui s'étend jusqu'aux extrémités du monde. C'est là un problème extrêmement grave. Il est si grave (...) que les gens les moins avisés sont condamnés à déjà prévoir l'époque où ce grand marché de l'Amérique du Sud nous sera disputé et peut-être enlevé par les produits de l'Amérique du Nord. Il faut chercher des débouchés... »

[Le passage humanitaire cité ci-dessus est extrait de cette partie du discours]

« Je dis que la politique coloniale de la France, que la politique d'expansion coloniale, celle qui nous a fait aller, sous l'Empire, à Saigon, en Cochinchine, celle qui nous a conduit en Tunisie, celle qui nous a amenés à Madagascar, je dis que cette politique d'expansion coloniale s'est inspirée d'une vérité sur laquelle il faut pourtant appeler un instant votre attention : à savoir qu'une marine comme la nôtre ne peut pas se passer, sur la surface des mers, d'abris solides, de défenses, de centres de ravitaillement. (...) Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, (...) c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième et au quatrième... »

Revers politiques

L'expédition du Tonkin va causer la perte de Jules Ferry. En 1885, c'est l'« affaire du Tonkin », épisode noir de l'histoire boursière : une dépêche Havas confond la modeste retraite de Lang Son de l'armée française avec un abandon général du delta du fleuve Rouge. La fausse nouvelle, donnée « de bonne foi »17 par le général Louis Brière de l'Isle, fait chuter la Bourse de Paris et le gouvernement, « au moment même où arrive une deuxième dépêche minimisant l'importance des combats »18. Dès le 26 août 1883, les milieux financiers s'étaient inquiétés, redoutant de lourdes dépenses de guerre, puis découvrant le 9 septembre 1883 que le traité de paix franco-vietnamien n’était pas reconnu par la Chine19.

Lâché par les radicaux, Jules Ferry échoue aussi lors de l'élection présidentielle du 3 décembre 1887 face à Sadi Carnot. Ce jour-là, le Conseil municipal de Paris installa « en plein Hôtel de Ville un bureau révolutionnaire décidé à proclamer la Commune si M. Jules Ferry avait été élu président de la République. »20 Une semaine plus tard, il est blessé à l'assemblée d'un coup de revolver par un boulangiste du nom d'Aubertin. Aux élections législatives du 22 septembre 1889, il est battu par M. Picot, conservateur. Le scrutin est annulé par le Conseil d'État, sur recommandation de Georges Clemenceau. Jules Ferry ne se représente pas. Par ailleurs président du conseil général des Vosges et de l'Association nationale républicaine, il est élu au Sénat en 1891 et en devient président le 24 février 1893.

Il échappe par deux fois, en 1883 et 1885, à des attentats perpétrés contre lui, le second, perpétré par un déséquilibré partisan de Clemenceau, lui laisse une balle enfoncée dans la poitrine qui le handicape jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque au 1 rue Bayard, le 17 mars 1893.

Il est décidé de lui faire des funérailles nationales (loi du 20 mars 1893 débloquant un crédit de 20 000 francs), mais la famille refuse car elle est brouillée avec le gouvernement, estimant que Clemenceau, en particulier, a cherché par tous les moyens à discréditer Ferry; on lui attribue ce cruel portrait de celui dont il renversa le gouvernement en mars 1885:

"Pas un malhonnête homme, mais du point de vue de l'intelligence, en-dessous du médiocre. Ces gens-là habituellement ont au moins la parole, ils n'expriment peut-être que du vent, mais ils l'expriment (...). Et si on en a fait un président du Conseil, c'est précisément parce qu'il n'était bon à rien".


Des funérailles nationales auront cependant lieu le 22 mars dans la cour d'honneur du Palais du Luxembourg puis un immense cortège conduira la dépouille de Ferry jusqu'à la gare de l'Est d'où un train spécial l’emmènera vers les Vosges où elle sera inhumée dans le caveau de sa famille à Saint-Dié le lendemain 21, selon son testament « en face de cette ligne bleue des Vosges d'où monte jusqu'à mon cœur fidèle la plainte touchante des vaincus ».
Jules Ferry jugé par ses contemporains
Monument à Jules Ferry dans le jardin des Tuileries, Paris. On reconnaît sous sa figure un écolier avec sa maîtresse, ainsi qu'une représentation de Marianne. Œuvre de Gustave Michel (1910).

Auréolé des lauriers d’une laïcité scolaire républicaine, le personnage public s’est statufié. Il faut retrouver l'homme et dépasser son austérité glaciale et sa modération légendaire.

Élevé dans une famille aisée et catholique, le jeune homme représente la troisième génération d’une famille d’artisans du métier du feu enrichie après la Révolution et engagée dès 1789 pour la République.

Le jeune journaliste, polémiste et provocateur, a séduit les opposants au régime napoléonien par son sens de la dérision et de l’humour. Il faut surtout un grand courage physique ou une terrible insouciance bonhomme pour fronder un régime politique, d’essence dictatoriale, même sur la défensive après 1860. Et la facilité d’expression de Ferry déconcerte même les anciens conservateurs royalistes. Ses idées politiques, modérées, sont celles d’un républicain de Centre Gauche. Le vieux Thiers entrevoit chez ce jeune journaliste formé au Droit une grande carrière un peu à son image.

Les témoignages des populations rurales de la montagne vosgienne attestent les pratiques des familles aisées, parmi lesquelles les Ferry en leurs époques prospères; un des leurs engrossant une jeune femme de condition modeste, elles achetaient un silence respectueux et garantissaient l’existence de la jeune fille-mère en lui offrant une ferme22.

L’homme public, dénigré et humilié[réf. souhaitée] sort incontestablement aigri du siège de Paris et de la révolte de la Commune. L’élu victorieux du Thillot affiche un mépris violent face aux provinciaux siégeant au conseil général des Vosges. Plus tard, assagi après sa crise mystique et amoureuse de l’année 1875, il garde constamment à l’esprit la nécessité d’éduquer les classes laborieuses afin d’empêcher les révolutions fracassantes et fixer surtout les populations rurales à la glèbe, prenant autant modèle sur la précédente politique rurale de Napoléon III que sur les paysans pacifiques et croyants de sa montagne natale. L’homme politique craint les effets dévastateurs de l’exode rural.

À Paris, le responsable politique désormais assagi, plus sûr de sa froide détermination, sait modérer ses colères, impressionne par son écoute calme et s’impose petit à petit parmi les chefs républicains. Les débuts difficiles aux postes de responsabilités politiques et les blessures si vivement ressenties pendant les premiers pas ont laissé des traces indéniables dans les lois ferrystes, comme dans ses conceptions de politiques extérieures pragmatiques où il donne un grand crédit à l’avis des militaires, basés à La Réunion ou à Saigon23. Il tente un rapprochement avec le grand artisan de la paix en Europe, Bismarck. Les contacts amorcés ne peuvent aboutir, les élites politiques françaises refusent de traiter avec l’Empire allemand. Il est probable que Jules Ferry admire la façon magistrale dont les Prussiens avaient réussi à sortir du joug autrichien, en premier lieu par l’ouverture, l’entreprise économique et le savoir technique et scientifique.

La contestation la plus violente que Ferry dût subir, et l’historienne de la famille le rappelle dans un livre[Lequel ?], provient des partisans du général Boulanger qui menacent le simple acquis démocratique et la paix chèrement acquise. Jules Ferry, alors au pouvoir, résiste à cette tempête. Cette double montée du nationalisme et du mépris xénophobe dénaturent sur le terrain l’application des lois scolaires[réf. nécessaire]. Plus tard, les discriminations, œuvres funestes de la colonisation en Algérie, présentées dans les rapports sénatoriaux, l’inquiètent[réf. nécessaire]. L’homme est resté un républicain libéral, modéré et conservant une gamme de pensées idéalistes, à l’aune des hommes politiques français.
De nombreuses écoles primaires portent encore de nos jours le nom de Jules Ferry, comme ici à Tucquegnieux (Meurthe-et-Moselle).

Émile Erckmann, écrivain, le décrit au début de la décennie 1870 avec ces deux mots : « le petit gros ». Il souligne ainsi avec cette description physique banale l’aptitude de l’homme politique à passer des salons des Goguel, possesseurs du château de l’Ermitage, aux moindres petits estaminets pour les besoins de sa campagne à Saint-Dié. L’ensemble des républicains a une réputation de corruption qui n’est nullement infondée24. Erckmann semble peu apprécier l’homme public, au style sec du début des années 1870. L’écrivain George Sand a également laissé un portrait au vitriol du politicien.

Cet homme qui a mené dans l’ensemble une vie privilégiée et parisienne sait parfois être généreux, et le ministre parisien n’a pas oublié ses modestes compatriotes de Saint-Dié.; il a ainsi donné un grand nombre d’ouvrages reliés à la Société philomatique vosgienne. Après sa mort, conformément à son testament, son corps a rejoint le cimetière de la Côte Calot, à Saint-Dié.

Sa loi de 1882 (école laïque et instruction obligatoire), à cause de l'obligation d'utiliser la seule langue française, a sérieusement réduit l'usage des langues locales, en particulier le breton ou l'occitan. L'enseignement français étant obligatoire, quiconque parlait en patois ou une langue régionale à l'école se voyait puni25. Les pratiquants ont ainsi développé une certaine honte à parler leur langue maternelle et les militants des langues locales en rendent souvent coupable l'école de Ferry. L'objectif était cependant que tous les Français puissent comprendre les lois et règlements affichés, et aussi manœuvrer ensemble en cas de guerre.
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:24

Uniforme scolaire
Uniforme scolaire.

L’uniforme scolaire est porté dans les établissements d'enseignement primaire et secondaire dans de nombreux pays, en particulier pour pratiquer les sports. Il existe aussi des tenues professionnelles uniformes portées par les élèves d'établissements professionnels, par exemple médicaux, lors de travaux pratiques. Leur caractère est purement utilitaire.

Les uniformes de garçons sont généralement composés d'un pantalon sombre, ou souvent d'une culotte courte ou de bermudas (voir les lycéens sur la photographie à droite), associés à une chemise claire et à une cravate, auxquels on ajoute une veste par temps froid.

Les uniformes de filles peuvent être composés d'une cravate, d'une jupe ou un kilt, et un chemisier. Le fait qu'il y ait des tenues différentes pour les filles et les garçons est parfois sujet à débat, et certains établissements permettent aux filles de choisir entre jupe et pantalon. Dans certains pays, un blazer ou une veste de costume peut faire partie des uniformes. La gestion des règlements liés aux uniformes est une tâche importante.

L'uniforme est plus souvent exigé dans les établissements qui sont des internats, en particulier les établissements publics. Des établissements privés peuvent exiger le port de l'uniforme ou au moins de respecter un code vestimentaire strict. Au Royaume-Uni et en Irlande, Les écoles privées (private schools) imposent un uniforme tandis que les écoles libres en imposent de moins en moins. C'est au Japon et en Corée du Sud que l'uniforme est le plus présent puisque absolument toutes les écoles en imposent un

Le débat sur l'uniforme scolaire
Plusieurs centaines de lycéens en uniforme, lors d'une assemblée au lycée de Nan Hua à Singapour.
Arguments pour l'uniforme

Les arguments régulièrement cités en faveur de l'uniforme scolaire s'organisent autour de différents grands axes.

Les arguments en faveur de la laïcité mettent en avant le fait que le port d'un uniforme permet de masquer les signes vestimentaires d'appartenance religieuse1.

Le second type d'argument avance que le port de l'uniforme à l'école impliquerait une meilleure intégration des élèves, ceux-ci ne pouvant plus se définir en fonction des vêtements qu'ils portent, à partir des marques vestimentaires, etc. Cela permettrait également d'éviter que les élèves n'ayant pas les moyens de posséder ces marques ou ne respectant pas les codes vestimentaires de la mode soient exclus2.

Le troisième type d'argument est que le port d'un uniforme permet de porter les couleurs d'un établissement scolaire, faisant d'eux des ambassadeurs de l'établissement à l'extérieur, et renforçant ainsi l'unité des élèves en créant un sentiment d'appartenance.

Enfin, le dernier type d'argument affirme que le fait de porter un uniforme aurait une influence directe sur le comportement des enfants ; le port d'un uniforme strict permettrait ainsi d'obtenir un meilleur comportement, du fait de l'image que l'uniforme renvoie des enfants vis-à-vis des autres2.
Arguments contre l'uniforme

Les arguments régulièrement cités contre l'uniforme scolaire s'articulent autour de plusieurs grands thèmes :

L'uniforme est accusé de rapprocher l'école du fonctionnement d'un corps militaire. Certains n'hésitent pas à parler d'« embrigadement de la jeunesse ». En Allemagne par exemple, l'uniforme scolaire est souvent vilipendé comme une réminiscence de la jeunesse hitlérienne. Imposant une tenue vestimentaire aux jeunes, il restreint l'expression de la personnalité. De plus, en habituant les jeunes à accepter un moule, l'uniforme devient un puissant vecteur du conformisme social.

Un argument souvent cité dénonce le fait que l'uniforme scolaire ne prépare pas les enfants à la vie dans le monde « extérieur », où l'uniforme n'existe plus. Notamment, cela ne préparerait pas les enfants à l'acceptation de la différence2. Selon le sociologue Alain Touraine3 :

« L’école tournée vers l’école n’est tournée ni vers l’enfant, ni vers la Nation ; elle devient un monde ayant de moins en moins de repères par rapport au monde extérieur. Tout ce qui en fait un monde isolé, séparé, protégé me semble néfaste. La grande affaire aujourd’hui, c’est au contraire d’intégrer les enfants venus du dehors sans rompre leur histoire personnelle. Au lieu de leur imposer un uniforme, je voudrais qu’on leur apprenne, ainsi qu’aux enseignants, l’importance et la beauté du multiculturalisme, de la communication entre les cultures. »

Il est reproché à l'uniforme de coûter plus cher, et à son coût de se rajouter à celui des vêtements de ville portés dès la sortie de l'école4.

L'uniforme est également souvent dénoncé comme incommode (les jupes en hiver, même s'il est parfois autorisé de les porter avec des chaussettes hautes ou des collants) et inconfortable, et pas toujours très seyant. Un autre argument est que souvent l'uniforme n'est pas le même pour les garçons et les filles, ce qui contribue à la séparation des sexes dans la société.

Enfin, les arguments avancés en faveur de l'uniforme scolaire sont souvent dénoncés, ses opposants trouvant l'uniforme inefficace dans la lutte contre les inégalités, l'intégration, etc4.
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:24

L'uniforme :
Australie
Un pull d'élève australienne de dernière année en 2005.
Le dos du même pull.

Dans tous les États d'Australie, la plupart des écoles privées et publiques impose le port de l'uniforme. Pour les garçons, il s'agit généralement d'un pantalon ou d'un short, d'un pull et d'une chemise boutonnée ou d'un tee-shirt. Pour les filles, une jupe ou une robe, un pull, un chemisier et/ou un tee-shirt ; parfois, elles peuvent aussi porter des pantalons ou des shorts. Pour les filles et les garçons, l'uniforme peut inclure un blazer, une cravate et un chapeau. Une tenue spécifique est utilisée pour les activités sportives.

Les établissements privés ont généralement des uniformes plus élégants et un code plus strict que les établissements publics. Leurs élèves ne doivent généralement pas sortir de l'école en tenue de sport ; ils peuvent également être punis si un de leurs professeurs ou un prefectNote 1 les surprend portant un uniforme incorrect en dehors de l'école (ce qui inclut les transports ou les centres commerciaux).

La tradition veut que dans les lycées australiens, les élèves en dernière année (parfois aussi en avant-dernière année) portent des pulls différents appelés senior jumpers (ou senior jerseys), seniors' jumpers ou leavers' jumpers, qui font partie de l'uniforme officiel mais uniquement pour l'année concernée. Il est de plus en plus fréquent que les élèves en dernière année d'école primaire (la sixième ou la septième année selon les États) fassent de même.
Belgique

Quelques écoles catholiques ont soit un code vestimentaire soit un uniforme. À Bruxelles et en Wallonie le bleu marine est la couleur la plus utilisée (par exemple, IVF, Sacré-Cœur de Lindthout, Sacré-Cœur de Jette, St André, Mater Dei), mais le gris et le bordeaux sont également utilisés dans certains écoles. En Flandre, le vert est souvent utilisé.
Cambodge

Le port de l'uniforme, à la charge des familles, est obligatoire dans l'enseignement primaire et secondaire.

Il se compose d'un chemisier blanc et d'une jupe bleu marine pour les filles, d'une chemise blanche et d'un pantalon bleu pour les garçons.
Canada

Au Canada, ce sont souvent les écoles privées qui exigent l'uniforme. De nombreuses régions du Canada possèdent des écoles financées par les fonds publics, la plupart d'entre elles n'ont pas d'uniforme. Récemment, certaines écoles ont supprimé la jupe de leurs uniformes au profit de pantalons ou de jupes-culottes. Des cyclistes peuvent également être portés sous la jupe. Le haut est généralement constitué d'un chemisier ou d'une chemise de golf, auxquels s'ajoutent des pulls ou des sweats. Garçons et filles peuvent porter des pantalons de couleur. [réf. nécessaire]
Corée du Sud

Tous les élèves de l'enseignement secondaire en Corée du Sud portent un uniforme appelé « 교복 » ou « 校服 » (gyobock) qui varie selon les établissements. Les uniformes scolaires ont été introduits au début du XXe siècle.
États-Unis
La jupe à motifs écossais est typique de l'uniforme féminin des écoles catholiques du Canada et des États-Unis.

La plupart des écoles publiques des États-Unis d'Amérique n'imposent pas d'uniforme mais ont généralement des codes vestimentaires, qui réglementent en particulier la longueur des jupes et la surface de peau exposée. Ils incluent aussi, en général, l'interdiction de vêtements troués ou abîmés, laissant voir les sous-vêtements, et plus généralement les tenues obscènes, liées aux gangs ou dangereuses. Certains codes vestimentaires spécifient le type de vêtements de haut (par exemple avec des cols) et de bas autorisés, et les couleurs autorisées (généralement les couleurs de l'école). Pendant les dernières années, il a été constaté une forte augmentation de l'utilisation des uniformes à tous les niveaux d'enseignement. Selon la National Association of Elementary School Principals (NAESP), le pourcentage d'écoles publiques imposant l'uniforme est passé de 3 % en 1997 à plus d'une sur cinq (21 %) en 2000.

L'uniforme est très courant dans les écoles privées, en particulier dans les écoles catholiques. Les uniformes sont généralement similaires à ceux utilisés dans les établissements publics, mais certaines écoles utilisent des tenues plus proches des uniformes britanniques, avec des blazers et des cravates. Pour les filles, les jupes peuvent être remplacées par des jupes-culottes, en particulier pour les écoles épiscopaliennes ou non-paroissiales.

En 1994, un district scolaire de Californie du Sud, le Long Beach Unified School District, a imposé l'uniforme dans toutes ses écoles primaires et ses collèges5. Ce fut le début d'une nouvelle mode aux uniformes scolaires aux États-Unis, en particulier dans les zones urbaines. Bill Clinton parla des efforts de ce district en 1996. L'adoption d'uniformes propres à l'école ou au district (ou au moins d'un « code vestimentaire standardisé », qui n'est pas aussi rigide qu'un uniforme mais qui laisse un peu de liberté dans des limites bien déterminées) était motivé par un besoin de s'opposer aux vêtements liés aux gangs (ainsi que la pression faite aux familles d'acheter des vêtements de marque à leurs enfants pour qu'ils ne soient pas rejetés par leurs camarades) mais aussi d'améliorer la morale et la discipline.
France

Depuis 1968, les établissements scolaires de France, à quelques rares exceptions près (comme les Maisons d'éducation de la Légion d'honneur, l'institut de la Tour, les Écoles Tunon, Vatel…), n'imposent plus d'uniforme. Cependant, la présence de problèmes de « guerre des marques » ou de racket fait du port de l'uniforme un sujet de débat récurrent.

Les lycées de la défense, autrefois appelés lycées militaires, imposent le port d'un uniforme à leurs élèves. Ils sont au nombre de 6 en France : 4 dépendant de l'armée de terre (le Prytanée national militaire à la Flèche, Aix, Autun, St Cyr), un dépendant de la marine nationale (lycée naval de Brest) et un de l'armée de l'air (les pupilles de l'air de Montbonnot Saint-Martin). Ces mêmes lycées de la défense imposent une coupe de cheveux pour les garçons, ne devant être « ni trop courte, ni trop longue », et correspondant dans les faits à une coupe militaire. Toute dérogation à la règle est sanctionnée, et en cas de récidive la sanction peut être sévère.

Certains établissements professionnels de l'hôtellerie imposent le port d'un costume et de la cravate. Pour les jeunes filles, une tenue classique et des collants de couleur chair.Elles ont le choix de porter pantalon ou jupe.

Dans quelques universités, la robe universitaire se porte à nouveau.

Dans les Antilles françaises (Martinique et Guadeloupe), ainsi qu'en Guyane française, le port de l'uniforme est courant, à quelques exceptions près, dans les établissements primaires comme secondaires. Le port de l'uniforme au lycée est de nouveau de rigueur depuis la rentrée 2008[réf. nécessaire].

Depuis mars 2012, les élèves de l'Internat d'Excellence de Sourdun (77) portent un uniforme scolaire (chemise blanche, cravate noire, costume noir pour les garçons ; veste noire, chemise blanche, jupe ou pantalon noir pour les filles).

Depuis longtemps[Quand ?], l'institut de la Tour à Paris a un uniforme scolaire, pour les collégiens uniquement (chemise blanche, pull avec emblème, pantalon bleu marine).
Irlande

La plupart des établissements primaires et secondaires d'Irlande imposent le port de l'uniforme, à l'exception des écoles multi-confessionnelles d'Educate Together, et des élèves qui repassent le Leaving Certificate (examen de fin d'études secondaires).
Israël

Les uniformes scolaires étaient courants en Israël à sa création, mais sont tombés depuis en désuétude. Cependant, au cours des dernières années, le nombre d'écoles imposant l'uniforme s'est remis à augmenter. De nombreux professeurs, parents et élèves sont pour le retour de l'uniforme scolaire afin de limiter le fossé qui se creuse entre les élèves riches et pauvres.

Actuellement, les uniformes scolaires en Israël ne sont composés que d'un haut avec le logo de l'école. En été il s'agit d'un simple t-shirt, en hiver d'un sweater, parfois avec une capuche. Les uniformes sont souvent disponibles dans plusieurs couleurs, ce qui permet aux élèves de personnaliser leur tenue tout en portant l'uniforme. Ils sont vendus à bas prix, ce qui les rend abordables même pour les familles pauvres.
Italie

Les uniformes scolaires sont rares en Italie, probablement parce qu'ils sont associés à la période fasciste, où les jeunes étaient embrigadés dans des mouvements de jeunesse fascistes où ils portaient l'uniforme.

Cependant, jusque dans les années 1970, les lycéennes devaient porter un vêtement noir appelé grembiule, ressemblant à une robe universitaire, par-dessus leurs vêtements, les garçons n'ayant pas d'uniforme. C'était dû au fait que les lycées, contrairement aux autres écoles, étaient mixtes ; le grembiule était censé cacher le corps des filles afin qu'elles ne distraient pas les garçons. Cette pratique fut critiquée durant la révolution sexuelle des années 1960, puis abolie.

Le grembiule n'a pas tout à fait disparu : de nos jours, dans certaines écoles maternelles, il est conseillé aux parents de donner à leurs enfants un grembiulino, une version courte du grembiule souvent colorée, vendue à bas prix.

Le grembiule existe aussi dans certaines écoles élémentaires. Il arrive que l'on conseille aux filles de porter un grembiulino blanc ou rose, tandis que les garçons peuvent porter une veste de coton noire ou bleue. Dans d'autres établissements, garçons et filles portent un grembiule bleu. Certains parents envoient même leurs enfants à l'école en grembiule alors que l'établissement ne le demande pas.

Le poète et écrivain pour enfants Gianni Rodari décrit la vie d'adulte comme « une école sans grembiule ni bureau »6.

En 2004, la WWF italienne a alerté les parents du danger des grembiule synthétiques pour les enfants7.

En juillet 2008, la ministre de l'Instruction, Mariastella Gelmini, a proposé de réintroduire le grembiule dans les établissements publics, ce qui donna lieu à un débat dans la presse italienne8.
Japon
Exemples d'uniformes d'un lycée japonais : de gauche à droite, un sailor fuku, un gakuran et un uniforme féminin « occidentalisé ».
Articles détaillés : Gakuran et Sailor fuku.

Le port de l'uniforme est obligatoire dans la plupart des établissements secondaires du Japon, et parfois dans les écoles primaires. Les établissements prévoient également des tenues spécifiques pour les activités sportives ; par exemple, pour les filles, cette tenue se compose d'un tee-shirt blanc et d'un mini-short (buruma) de couleur sombre en été. En hiver, la tenue de sport est un survêtement aux couleurs de l'école.

Les accessoires peuvent également être uniformisés : c'est le cas du randoseru, un sac à dos utilisé par la plupart des écoliers japonais.

Depuis quelques années, les uniformes traditionnels japonais (sailor fuku et gakuran) ont tendance à être remplacés par des tenues plus proches des uniformes occidentaux. La raison invoquée est souvent que les uniformes traditionnels portent une connotation militaire. Les nouveaux uniformes japonais se composent d'une chemise blanche, un pantalon, une veste et une cravate pour les garçons ; pour les filles, il s'agit d'un chemisier, une jupe plissée souvent à motifs écossais, une veste ou un pull sans manches et une cravate ou un nœud autour du cou.

Certaines jeunes japonaises ajoutent des loose socks (sortes de grandes chaussettes très larges et longues, souvent blanches) à leur uniforme, qui n'est plus à la mode de nos jours au Japon.


Liban

Au Liban, toutes les écoles privées ont des uniformes scolaires, la plupart des uniformes scolaires au Liban sont les mêmes que les uniformes au Japon, soit un pantalon et une chemise avec un pull (parfois accompagné d'une cravate et un blazer) pour les garçons et pour les filles une jupe plissée ou une jupe-culotte (un collant est ajouté en hiver) et une chemise avec un pull (parfois accompagné d'un nœud papillon et un blazer).

Pour rendre l'uniforme plus original les filles enroulent souvent leurs jupes de façon à les retrousser, et les garçons déboutonnent quelques boutons de leurs chemises. Vers 2009, les écoles au Liban ont ajouté à l'uniforme un polo marin (la couleur est différente selon les établissements, mais sur le col du polo les deux traits des uniformes marins sont toujours présents).

Quelques écoles publiques n'imposent pas d'uniforme au Liban.
Malaisie
Des élèves d'une école primaire de Malaisie.

Les uniformes scolaires sont apparus en Malaisie à la fin du XIXe siècle, pendant la colonisation britannique. De nos jours, l'uniforme se porte dans presque tous les établissements publics et privés, il est obligatoire pour tous les élèves.

L'uniforme est le même dans tous les établissements publics.

   Dans les écoles primaires, il s'agit d'une chemise blanche et d'un pantalon ou (plus souvent) d'un short, noir ou bleu marine, pour les garçons, et d'une chasuble bleu marine par-dessus une chemise blanche pour les filles.
   Dans les établissements d'enseignement secondaire, l'uniforme est un peu différent : un short ou (plus souvent) un pantalon vert olive pour les garçons et une chasuble turquoise pour les filles.

L'écusson de l'établissement est généralement cousu ou collé sur la poitrine, du côté gauche ; certains établissements demandent que le nom de l'élève soit également cousu sur ses vêtements.

Certaines élèves, en particulier les élèves musulmanes, remplacent généralement la chasuble par une jupe longue turquoise ou bleu marine avec une tunique blanche à larges manches appelée baju kurung. Elles portent souvent un voile blanc à partir de l'enseignement secondaire. Il arrive cependant que des filles musulmanes portent la chasuble ou que des filles non-musulmanes portent le baju kurung. Les filles qui portent la chasuble portent généralement un short par-dessous, car la jupe ne descend généralement pas plus bas que les genoux.

Les écoles ont le droit de donner des uniformes différents aux élèves jouant le rôle de prefects, de bibliothécaires ou autres.

La coiffure des élèves est également contrôlée par les écoles et le Ministère de l'Éducation9. Les élèves ne sont pas autorisés à changer la couleur de leurs cheveux. Pour les garçons, il y a une longueur maximum autorisée, par exemple quelques centimètres au-dessus du cou. L'utilisation de gel coiffant est interdit dans certaines écoles afin d'empêcher la présence de coiffures extravagantes. Les filles ayant les cheveux longs doivent les attacher, par exemple en queue-de-cheval. Certaines écoles réglementent les couleurs et les types d'accessoires pour cheveux autorisés, d'autres demandent même aux filles d'avoir les cheveux courts.

Les écoles font respecter scrupuleusement les règlements liés aux uniformes, avec des contrôles fréquents par les professeurs et les prefects. Les élèves qui ne respectent pas le règlement sont d'abord avertis, puis peuvent recevoir des mauvais points, être renvoyés de l'école ou subir des châtiments corporels comme la canne10.
Écoles privées

Les écoles privées, en particulier les écoles primaires, peuvent adopter le même uniforme que les écoles publiques, mais beaucoup d'entre elles ont leur propre uniforme. Dans beaucoup d'écoles privées, les garçons portent des polos aux couleurs de l'école tandis que les filles portent des jupes au lieu de chasubles. Le baju kurung est également accepté dans ces écoles.
Écoles maternelles

La tenue des élèves de beaucoup d'écoles maternelles en Malaisie est un uniforme à col marin rappelant le sailor fuku japonais. Ces écoles peuvent également avoir des tenues de sport spécifiques. Les autres écoles maternelles ont des uniformes analogues à ceux utilisés dans les écoles primaires.
Malte

Tous les établissements scolaires de Malte imposent le port de l'uniforme à leurs élèves. Ils tendent à suivre l'usage britannique avec une jupe, un chemisier, une cravate, un blazer, des collants sombres et des chaussures à lacets pour les filles. Les garçons portent des pantalons larges et les filles plus jeunes des robes épaisses.
Mexique
Uniformes de filles au Mexique.

Au Mexique, les élèves de tous les collèges publics portent l'uniforme ainsi que ceux de nombreux établissements privés.
Nouvelle-Zélande

Beaucoup de collèges et de lycées de Nouvelle-Zélande suivent la tradition britannique des uniformes scolaires. Les uniformes peuvent inclure les éléments suivants :

   Pull ou veste de l'école avec cravate ;
   Chemise grise ou blanche ;
   Pantalon ou short ;
   Kilt pour les filles.

Les vestes sont de couleurs très variées selon l'établissement : elles peuvent être bleues, grises, pourpres, rouges, vertes ou noires. Certains établissements suivent la tradition britannique consistant à donner des couleurs contrastées au revers et au-devant de la veste. Les casquettes et autres couvre-chefs sont pratiquement abandonnés depuis les années 1970.

Pouvoir porter des pantalons plutôt que des shorts marque souvent le passage du collège au lycée. Dans certaines écoles, les élèves de dernière année ont l'autorisation de porter des vêtements « civils ». Il est courant dans beaucoup d'écoles, surtout les écoles de garçons, de porter des chaussettes montantes aux couleurs de l'école avec le short.

Pendant les années 1980 et 1990, les établissements ont eu tendance à abandonner l'uniforme traditionnel pour des tenues moins chères et plus « modernes » comme des polos et des polaires, voire d'abandonner complètement l'uniforme. La tendance semble s'être renversée récemment et peu d'établissements secondaires ont complètement abandonné l'uniforme.
Philippines

Les uniformes scolaires sont courants aux Philippines pour les établissements primaires et secondaires, et dans certaines universités. Un uniforme est généralement constitué d'un polo blanc à manches longues ou courtes et un pantalon pour les garçons, et d'un chemisier blanc à manches longues ou courtes, un ruban et une jupe plissée pour les filles. Le bas de l'uniforme est généralement kaki, noir ou bleu. Les jupes sont généralement longues, sept à dix centimètres au-dessous du genou en général, le plus court est d'environ cinq centimètres au-dessous du genou.

Dans les années 1970 et 1980, l'uniforme était un polo à manches longues avec une cravate et un pantalon noir pour les garçons, et un chemisier à manches longues ou courtes avec un ruban et une jupe plissée bleue pour les filles. À cette époque, les jupes étaient plus courtes, environ 1 cm au-dessus du genou voire moins, tandis que les plus longues descendaient à deux centimètres au-dessous du genou. Mais l'augmentation des affaires de viol et de meurtre conduisit à des modifications de l'uniforme pour les filles dans les années 1990, avec des jupes plus longues.

L'uniforme des étudiants de l'Université des Philippines constitue un bon exemple. Les filles portent une jupe longue à carreaux rouges et blancs avec un chemisier blanc et une cravate assortie à la jupe. Les garçons portent un pantalon kaki et un polo.
Royaume-Uni
Lycéens anglais en uniforme.

L'uniforme scolaire est très courant au Royaume-Uni. Pratiquement tous les établissements publics et privés ont leur uniforme, ou au moins un code vestimentaire strict. L'uniforme se porte de 4 à 16 ans ; dans la plupart des lycées, les élèves de 16 à 18 ans doivent aussi porter l'uniforme ou se conformer à un code vestimentaire, mais le règlement est parfois assoupli. C'est davantage le cas quand le lycée est rattaché à une école que quand il est indépendant. Les universités n'ont généralement pas d'uniforme.

98 % des écoles publiques secondaires imposent l'uniforme, ainsi que 79 % des écoles primaires11.

Exemple d'un uniforme en établissement d'enseignement secondaire :

   Chemise blanche ou bleue ;
   Cravate de l'école ;
   Pantalon ou jupe, noir ou bleu marine ;
   Chaussettes grises, blanches, bleu marine ou noires ;
   Chaussures noires unies ;
   Pull noir ou bleu marine à col en V, ou pull noir portant l'écusson de l'école ;
   Manteau sobre.

La tenue pour l'éducation physique peut inclure :

   Polo de l'école ;
   Short bleu, noir, rouge, vert ou blanc ;
   Pantalon de jogging ;
   Jupe de sport (pour les filles) ;
   Mini-short de sport (pour les filles) ;
   Collant (pour les filles).

De plus, les écoles publiques et privées ont des règlements plus ou moins stricts sur le port de bijoux ou de maquillage, ou d'accessoires de mode. La plupart des établissements scolaires britanniques ne semblent pas souffrir de « guerre des marques » grâce au port de l'uniforme ; cependant, les élèves portant des uniformes bon marché ou abîmés sont souvent exclus par leurs camarades.

Bien qu'elle ne fasse pas partie de l'uniforme officiel, la parka est devenue très populaire en complément de l'uniforme en hiver dans les années 1970 et 1980. Ces manteaux étaient relativement bon marché, donc abordables pour la plupart des familles, si bien que beaucoup de garçons en portaient (c'était moins vrai pour les filles). La mode est retombée dans les années 1990 mais la parka fait son retour actuellement, même si sa cote de popularité n'atteint pas son niveau des années 1980.

Dans les zones accueillant une large population musulmane, certaines écoles autorisent les filles à porter des tenues en accord avec leurs principes religieux, généralement à condition qu'elles soient aux couleurs de l'école. Selon le degré d'observance des coutumes de l'élève et la tolérance de l'école vis-à-vis des tenues non-réglementaires, cela peut donner lieu à des conflits.

Pendant les années 1990, la tendance est passée aux sweats et aux polos arborant l'écusson de l'école, en particulier dans les écoles primaires et de plus en plus dans les établissements secondaires. Ils étaient perçus comme un moyen de moderniser l'uniforme et de le rendre plus abordable pour les familles défavorisées qui n'avaient pas forcément les moyens d'acheter des blazers. De plus, la mise en place du chauffage central dans les écoles a fait augmenter la température dans les classes a au cours des 50 dernières années ce qui rend les pulls épais et les vestes moins pratiques, et incite certaines écoles à adopter des uniformes plus adaptés à la température. Dans certains cas, au contraire, les écoles réintroduisent le blazer et la cravate afin de rendre leurs élèves plus élégants et pour empêcher les violences.

Dans plusieurs établissements d'enseignement secondaire, les filles commencent à porter des pantalons au lieu des jupes dans leurs uniformes, mais cela dépend des écoles et des régions. En particulier en dernière année, les shorts à la mode au Royaume-Uni sont désormais autorisés en été. Contrairement aux États-Unis, aucune loi n'oblige à avoir des uniformes « unisexes », si bien que, plus particulièrement dans les établissements privés, l'uniforme des filles est très différent de celui des garçons.

Les night clubs britanniques organisent souvent des soirées à thème où les membres arborent des versions « adultes » de l'uniforme scolaire. Cette pratique est controversée car elle associe des vêtements d'enfant à des fantasmes sexuels et à l'alcoolisme. Angus Young du groupe AC/DC est connu pour porter son uniforme scolaire sur scène.
Singapour
Une écolière de Singapour en uniforme.

La plupart des écoles de Singapour imposent le port de l'uniforme, sauf certains établissements comme la Singapore American School. L'uniforme pour les garçons se compose généralement d'une chemise à manches courtes et d'un short ou un pantalon. Celui des filles peut inclure une chasuble ou une jupe avec un chemisier, sauf pour certaines écoles comme la Singapore Chinese Girls' School qui ont des tenues particulières. Les filles portent généralement des shorts sous leur jupe.
Taïwan

Presque toutes les écoles de Taïwan ont un code strict lié aux uniformes. Celui du Premier lycée de filles de Taipei compte parmi les plus célèbres ; il se compose d'un chemisier vert foncé et d'une jupe noire, ce qui contraste avec les couleurs plus claires des autres établissements. Sa couleur est liée au fait que le lycée est situé près du palais présidentiel, et que la tenue devait permettre de se camoufler en cas de raid aérien. Depuis, la couleur traditionnelle est restée.

Les motifs et les couleurs varient entre les écoles, ainsi que les règlements.

À partir de l'école primaire, chaque élève reçoit un numéro d'identification à 5 ou 6 chiffres ; par exemple, « 51006 » peut signifier « 5e année, classe no 10, élève no 06 ». Au début de l'année scolaire, l'élève reçoit une série d'étiquettes avec son numéro, qui doivent être attachées ou cousues sur son uniforme.

Dans la plupart des cas, à partir du collège, les élèves reçoivent un numéro d'identification permanent, qui doit être brodé sur sa veste ainsi que son nom. Dans les lycées, la coiffure peut être imposée par le règlement, en particulier pour les filles.

Les uniformes sont généralement composés de :

   Un polo ou un chemisier aux couleurs et au logo de l'école, parfois de couleurs différentes pour les filles et les garçons ;
   Un short noir ou bleu marine pour les garçons ;
   Une jupe plissée noire ou bleu marine pour les filles, parfois avec des bretelles ;
   Un pantalon en cas de froid (pour garçons et filles) ;
   Une ceinture en tissu, généralement ornée du nom de l'école (à partir du collège) ;
   Des chaussures et des chaussettes uniformisées (à partir du collège) ;
   Le blazer de l'école brodé au numéro de l'élève (à partir du collège) ;
   Un sac (à partir du collège).

Le numéro d'identification est utilisé par les surveillants (糾察隊, parfois qualifiés du terme insultant de « nazis » à cause de la manchette rouge de leur uniforme) et permet d'identifier l'élève à la manière d'une plaque d'immatriculation automobile.

Il n'y a généralement pas de code vestimentaire dans les universités, sauf pour certains établissements catholiques ou bouddhistes. Pourtant, beaucoup d'associations d'étudiants y organisent des « journées de l'uniforme » (制服日) où les étudiants portent l'uniforme de leur ancien lycée en classe.
Thaïlande
Thaïlande : une classe primaire en école publique

La Thaïlande impose l'uniforme pour tous ses élèves à l'école publique ou privée : École publique : garçons shorts kaki et chemise blanche, fille jupe bleue et chemisier blanc (primaire). Garçon shorts bleu ou noir, chemise blanche, fille jupe verte ou noire (secondaire et technique). Les écoles privée ont la latitude de choisir les couleurs des shorts et jupes, les chemises sont le plus souvent blanches.

À l'école primaire, les élèves sont en uniforme de scouts toute la journée du jeudi12, les garçons en kaki, les filles en vert.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:29

La Laïcité Moderne et l'émotion intellectuelle par Moi...

En musique, l'harmonie est l'émission simultanée de plusieurs sons différents1.

Dans la théorie de la musique occidentale, l'harmonie étudie la construction des accords, les principes qui les gouvernent et leurs enchaînements ; on parle alors de l'aspect « vertical » de la musique par opposition à la dimension « horizontale » (mélodie)2.

Dans son acception la plus courante, relative aux simultanéités dans la musique, l'harmonie a suscité une abondante littérature, depuis Platon et Aristote, jusqu'à Hindemith ou Messiaen. Cependant, même dans ce domaine précis, le terme peut revêtir différentes significations — historiquement liées — depuis la plus large — composante musicale intégrant des simultanéités — jusqu'à la plus étroite — science des accords — en passant par les différentes évolutions du concept au XXe siècle. Il est dérivé du grec harmonia, signifiant initialement « arrangement », « ajustement », et désignant plus précisément la manière d'accorder la lyre.

Histoire

C'est Olympos, fils d'Héraclès et d'Euboée, qui passe pour l’inventeur de l’harmonie3.
Description

Le mot provient du grec αρμόζω (armozo), qui veut dire joindre, faire coïncider, adapter, emboiter. Dans son sens le plus large, le mot harmonie désigne traditionnellement une des quatre composantes de la musique — les trois autres étant le rythme, la mélodie et le timbre. L'harmonie relève de l'utilisation délibérée de fréquences simultanées, dans la perspective d'apporter relief et profondeur au chant ou au jeu instrumental : elle représente donc l'aspect vertical de la musique, tandis que la mélodie en représente l'aspect horizontal (relativement au sens de lecture d'une partition : la lecture horizontale décrit la succession de notes qui composent la mélodie, la lecture verticale décrit la ou les notes jouées simultanément à un instant T).

L'harmonie dans son sens large inclut la polyphonie et s'oppose ainsi à la monodie médiévale, et, plus généralement à tout type de musique traditionnelle jouée ou chantée à l'unisson.

Un instrument de musique est dit « harmonique » quand il est capable de jouer plusieurs sons simultanés et de créer des accords : comme la plupart des instruments à clavier (piano, orgue, clavecin, accordéon, harmonium, etc.). Les autres instruments sont mélodiques et ne peuvent produire qu'un son à la fois. Certains instruments à corde peuvent produire deux sons en même temps4.

L'usage éventuel de simultanéités délibérées sera qualifié « d'hétérophonie » plutôt que d'harmonie.

La notion d'harmonie est liée à une éducation de l'oreille, et soumise à une évolution historique : ainsi les auditeurs du XXIe siècle auront du mal à entendre un accord de neuvième comme dissonant, alors même que ce type d'accord était proscrit à l'ère baroque. Ce n'est d'ailleurs qu'au cours du Moyen Âge que les intervalles de tierce — base de l'harmonie classique — ont été considérés comme consonants. Auparavant, seuls l'unisson, l'octave, la quinte et la quarte l'étaient.

Pour comprendre la notion d'harmonie, il faut se reporter au phénomène sonore lui-même. Chaque son émis par un corps sonore mis en vibration — corde, peau, métal, etc. — produit une note fondamentale que l'oreille perçoit et dont on peut aussitôt identifier la hauteur. Dans le même temps, sont émis d'autres sons, appelés harmoniques, que l'on peut entendre par exemple en écoutant une note sur un piano au cours de son évolution : les sons harmoniques deviennent progressivement perceptibles à l'oreille lorsque la fondamentale s'atténue.

Mais l'explication des origines de l'harmonie par l'acoustique et les harmoniques du son fondamental a ses limites : ainsi, dans la théorie de Rameau, l'accord parfait mineur — do mi bémol sol — est une sorte d'anomalie, puisque le mi bémol n'est pas un des harmoniques de do. On peut remarquer cependant que ces trois notes ont beaucoup d'harmoniques communs : ainsi le cinquième harmonique de mi bémol est le sol, qui est aussi un des harmoniques de do (et de sol, bien sûr).
Antiquité grecque

Parmi les différentes civilisations antiques, la civilisation grecque mérite d'être traitée à part en matière de musique, d'une part parce qu'un certain nombre de textes décrivant et commentant son système et sa pratique, sont parvenus jusqu'à nous, d'autre part parce qu'elle a souvent servi de point de départ aux théories savantes sur la musique médiévale. À ce titre, la musique de la Grèce antique peut être considérée comme l'une des sources de la musique occidentale, mais aussi de la musique classique arabe, même si les théoriciens médiévaux interprétaient ce qu'ils savaient de la musique grecque.

La musique des Grecs anciens — telle qu'on la connaît à travers les textes philosophiques et les traités d'harmonie, dont le premier est celui d'Aristoxène de Tarente, un élève d'Aristote qui se démarque de la pensée de son maître — apparaît fortement imprégnée de concepts philosophiques : théorisation de « l'éthique musicale » par Platon5 puis Aristote qui s'inspiraient de la pensée pythagoricienne, respect des rapports mathématiques qui « régissent l'univers », la musique comme une « source de sagesse », etc.

Le système dit des « harmonies » n'était pas une théorisation des usages en matière de simultanéités sonores, mais une description des échelles de base, fondées sur l'accord de la lyre — c'est-à-dire, la « manière d'accorder » cet instrument — : aspects de l'octave, choix de la note fondamentale, succession des intervalles conjoints, etc.

L'échelle mélodique en usage, l'accord pythagoricien, est produit par la « génération des quintes » sur un monocorde. Pythagore ayant remarqué que la hauteur du son est inversement proportionnelle à la longueur de la corde, avait défini les rapports harmoniques comme des rapports de longueur — ou des rapports de fréquence. Par exemple, l'octave correspond au rapport 2/1, la quinte au rapport 3/2, la quarte au rapport 4/3, et ainsi de suite. Ces trois intervalles étaient par ailleurs considérés comme les principales consonances du système musical — cette conception sera maintenue jusqu'à la fin du Moyen Âge.

Dans l'Antiquité, la musique était monodique et le son était donc un élément simple sans aucune notion d'accord6. Ce qui n'empêchait pas de jouer des simultantéités sonores — au moins en ce qui concerne certains instruments qui se prêtaient à ce type d'expérience : l'aulos (en duo avec un chanteur), la lyre, la harpe, etc.
Moyen Âge

Ce n'est qu'au milieu du Moyen Âge que va se produire ce grand bouleversement qu'est la naissance de la notation musicale. La tentative de fixer la musique sur le papier entraînera l'invention du solfège — qui ne trouvera sa forme définitive qu'à la Renaissance — ainsi que le développement du concept de partition, ceci, au détriment de la mémoire et de la transmission orale.

Le système harmonique en usage dès l'époque carolingienne, est plus proprement appelé la polyphonie : la musique médiévale superpose et articule plusieurs voix ou lignes mélodiques sans considérer encore que cette superposition forme des accords ; le travail polyphonique y est contrapuntique et jamais harmonique : il ne s'attache pas à la succession des accords. Les premiers témoignages écrits des expérimentations en matière de simultanéités sonores nous montrent que l'évolution de la notation musicale et les progrès en matière d'écriture polyphonique sont intimement liés : ce sont, semble-t-il, les nécessités de la polyphonie qui ont entraîné l'élaboration du solfège.

Le système musical médiéval est de nature modale, et l'échelle en usage est l'accord pythagoricien, hérité de la Grèce antique.

Au cours du Moyen Âge, c'est surtout la quinte juste qui est considérée comme l'intervalle consonant par excellence.

Au IXe siècle, les mouvements harmoniques utilisés sont les suivants.
Le mouvement oblique — c'est le principe du bourdon des instruments populaires, tel que la vielle ou le biniou.
Le mouvement parallèle que l'on retrouve, tout d'abord, dans l'organum — succession de quintes ou d'octaves harmoniques — mais également, un peu plus tard, dans le gymel — succession de tierces ou de sixtes harmoniques.

Ces premiers essais d'écriture de mouvements obliques ou parallèles sont en fait assez modestes. Ils s'apparentent somme toute, aux musiques traditionnelles de certaines parties du Globe, qui pratiquent une polyphonie spontanée. Au fond, la musique savante de cette période se contente d'utiliser l'écrit pour aller vers plus de cérébralité et se doter d'une théorisation : le musicien ne se contente plus « d'agir », désormais, « il agit en connaissance de cause ».

Au XIIe siècle, cependant, le système de composition se fait plus complexe. L'utilisation du mouvement contraire — technique du déchant — et l'indépendance des voix qui en résulte, permettent la véritable naissance du procédé d'écriture baptisé contrepoint. Celui-ci, pour l'essentiel, consiste en une superposition de mélodies : « l'accord » — qui n'existe pas encore en tant que concept — n'est alors que le résultat fortuit de la simultanéité d'intervalles harmoniques produite par cette superposition.

Renaissance

La Renaissance marque la transition entre la polyphonie et l'homophonie, et entre le système modal médiéval et le système tonal du siècle suivant — XVIIe siècle. C'est, somme toute, l'apparition de l'harmonie au sens strict et contemporain du terme lequel, rétrospectivement, implique qu'il n'y avait à proprement parler pas d'harmonie auparavant : la musique médiévale était polyphonique, la notion d'accord lui était étrangère et elle n'effectuait donc aucun travail sur l'enchaînement des accords.

L'harmonie des XVe et XVIe siècles — toujours appelée polyphonie — comporte les caractéristiques suivantes.
La musique est essentiellement consonante : les accords utilisés sont des accords de trois notes — la septième et la neuvième, en tant que notes dissonantes au sein d'un accord, ne seront utilisées qu'au cours des époques ultérieures.
La basse devient progressivement indépendante : alors qu'au cours de la période précédente, elle était une mélodie comme une autre, elle est désormais traitée comme une partie chargée d'une fonction spécifique.
La sensible est employée de manière systématique : elle sera la marque de la musique tonale, comme la sous-tonique était celle de la musique modale.
Les chromatismes — très fréquents dans le madrigal — les modulations, les marches d'harmonie, les cadences, font leur apparition.

C'est à cette époque que la tierce est définitivement considérée comme un intervalle consonant, et que l'on passe d'accord pythagoricien à la gamme zarlinienne.

L'accord au sens moderne du terme, n'est pas encore pleinement théorisé, et le système d'écriture musicale demeure le contrepoint, qui connaît son apogée au cours de cette période.

Harmonie tonale
Article détaillé : Harmonie tonale.

En musique classique, l'harmonie peut désigner la simple utilisation d'accords, on parle alors de polyphonie (système musical en usage de la fin du Moyen Âge à la fin de la Renaissance). Dans son sens le plus étroit, elle désigne la discipline étudiant la disposition et l'enchaînement des accords. Elle est alors qualitfiée de « tonale » puisqu'elle est indissociable du système tonal en tant que système d'écriture musicale. L'harmonie classique ou tonale est le système musical qui se substitue à la polyphonie à partir du XVIe siècle, et qui, durant plus de trois siècles, restera le système de référence de l'écriture des simultanéités dans la musique occidentale savante.

L'harmonie n'est pas seulement une théorie statique visant à classifier les accords selon certaines règles, que celles-ci soient naturelles — c'est-à-dire, fondées sur des harmoniques communs — ou bien artificielles — c'est-à-dire, fondées sur l'éducation de l'oreille et le goût d'une époque. L'harmonie, c'est aussi l'étude des enchaînements d'accords, qui, en utilisant notes de passage, retards, dissonances passagères, permet de structurer une œuvre de musique tonale. Écrire l'histoire de l'harmonie, de Monteverdi à Schönberg, c'est quasiment écrire « l'histoire de la musique tonale ».
Le concept d'accord

La notion d'accord, en tant que simultanéité sonore synthétisée, succède à celle d'intervalle harmonique en usage depuis le Moyen Âge. En harmonie tonale, un accord est une entité particulière, définie comme une combinaison simultanée d'au moins trois notes, disposées au départ sous la forme d'une superposition de tierces.

Le mot accord, en tant que concept renvoyant à un ensemble de sons simultanés, ne semble pas antérieur au XVIe siècle.

Il faut bien entendu distinguer « l'accord » en tant qu'élément de l'harmonie, de « l'accord » en tant que réglage des fréquences d'un instrument par rapport au diapason, ou encore, de « l'accord » en tant que manière de réaliser ce réglage.

La structure de l'accord correspond globalement aux harmoniques du son, mis en évidence par la science acoustique au XVIIIe siècle, mais pressentis par les musiciens bien avant cette époque.

L'harmonie tonale connaîtra des accords de trois notes (ou accords de quinte), de quatre notes (ou accords de septième) et de cinq notes (ou accords de neuvième). Les accords de plus de cinq notes ne sont pas pris en considération par l'harmonie classique.

Le procédé d'écriture contrapuntique
Article détaillé : Contrepoint.

Le contrepoint est de plus en plus en retrait. Il subsistera toutefois en tant que discipline enseignée dans les conservatoires et écoles de musique, afin de contribuer à la formation des musiciens.

Dès le début du XVIIe siècle cependant, il est concurrencé par un autre procédé, appelé monodie ou « mélodie accompagnée » : de même que le contrepoint est la technique d'écriture associée à la polyphonie, la monodie est la technique d'écriture associée à l'harmonie tonale.

Le système tonal et harmonique a été théorisé par Jean-Philippe Rameau, fameux compositeur de la période baroque. Dans son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels celui-ci remarque que la résonance d'un corps sonore s'accompagne de l'émission de sons dits « harmoniques » — qui seront plus tard analysés par le physicien Helmholtz — et en déduit que l'harmonie est consubstantielle à la musique elle-même (plus encore que la mélodie) puisqu'un son fondamental porte en lui-même sa propre harmonie comme, écrit-il, « une sorte de chant intérieur ».

L'harmonisation est le procédé d'écriture musicale consistant à ajouter à une mélodie préexistante, une ou plusieurs voix simultanées, généralement sous la forme d'une succession d'accords, conformément aux règles de la tonalité.

Les caractéristiques du système

La pierre angulaire du système tonal est le principe de « tension-détente » condensé dans la cadence parfaite, à savoir, succession d'un accord dissonant, chargé de tension, et d'un accord consonant ou accord stable — accord parfait — apportant la détente.

La notion de tension a évolué au cours des siècles, puisque chaque génération d'auditeurs s'est en quelque sorte accoutumée aux dissonances. C'est pourquoi il est important pour l'analyste moderne de se remettre dans la peau des contemporains de l'œuvre qu'il étudie. Ainsi, les sonates de Mozart ou Haydn, relativement simples sur le plan tonal, recèlent des petits trésors de dissonances, que le romantisme a effacé par son effusion de tensions (cf Schumann ou Liszt). Cette surenchère historique a amené les compositeurs du XXe siècle à essayer de nouvelles voies atonales pour continuer à surprendre l'auditeur.

Au XVIIIe siècle, le système du tempérament égal vient se substituer aux gammes pythagoricienne et zarlinienne afin de simplifier l'échelle chromatique, et permettre ainsi de moduler et transposer dans toutes les tonalités, même les plus éloignées.

On notera l'importance accordée à la basse, comme symétrique de la mélodie dans le grave, et, en conséquence, le rôle plus effacé des parties intermédiaires, ces dernières constituant souvent un simple complément harmonique.

En harmonie tonale, une pièce musicale peut être notée sur seulement deux portées, la première affectée à la mélodie, la deuxième, à la basse, avec, entre les deux, un certain nombre de chiffres figurant les accords à réaliser sur un instrument harmonique — clavecin, luth, etc. Ce procédé, très en vogue à la période baroque, est appelé « basse continue ».
L'harmonie au XXe siècle

Au début du XXe siècle, l'harmonie classique perd le monopole de l'écriture musicale savante. Elle évolue alors dans plusieurs directions, souvent divergentes.
L'harmonie et les nouveaux systèmes musicaux

Les structures traditionnelles sont remises en question par bon nombre de compositeurs — Debussy, Schönberg, etc. Le système tonal éclate, les anciennes échelles sont souvent abandonnées, etc. Dans les nouveaux systèmes inventés de toute pièce — musique sérielle, musique aléatoire, musique concrète, etc. — l'harmonie classique ne trouve plus sa place. Celle-ci en effet peut difficilement survivre en dehors de la tonalité et des échelles traditionnelles, échelle diatonique et échelle chromatique.
L'évolution de l'harmonie dans la musique tonale

Lorsque les compositeurs font le choix de travailler dans la musique tonale, ou modale, ou tout au moins, dans des gammes reproductibles sur l'échelle chromatique habituelle, ils utilisent parfois l'harmonie, mais ne manquent pas de faire évoluer celle-ci, au gré de leur inspiration ou de leurs recherches : par exemple, en inventant de nouveaux accords, toujours plus chargés : accords de six notes, accord de sept notes, ou encore, en trouvant des simultanéités inanalysables selon les règles classiques — simplement appelées agrégats.
L'enseignement de l'harmonie

L'harmonie classique telle qu'elle s'est développée du XVIIe au XIXe siècle subsiste, cependant elle n'a pas pris en compte les évolutions du XXe siècle : elle s'arrête généralement à l'étude des accords de cinq notes. Celle-ci est désormais devenue une discipline enseignée dans les conservatoires et les écoles de musique, au même titre que la composition ou le contrepoint. Ces trois disciplines sont regroupés dans les conservatoires dans les classes dite "d'écriture".
L'utilisation de l'harmonie dans les autres types de musique

Les ressources de l'harmonie classique sont également adoptées par le jazz, et les musiques populaires plus ou moins apparentées à ce genre musical : blues, rock, variété, etc. Cette utilisation est effectuée cependant au prix d'un certain nombre d'aménagements, notamment en matière de notation des accords.

L'harmonie s'entend alors quasiment exclusivement verticalement, faisant abstraction du contrepoint. Les accords sont notés, non pas pour les notes qu'il contiennent effectivement dans la partition, mais plutôt comme un champ de pôles d'attraction à un instant donné. C'est spécifiquement le cas dans la musique Jazz, ou les accords, bien qu'il contiennent en théorie un nombre conséquent de notes, ne sont en réalité que réduits à des formes contractées, ou seules les dissonances, qui donnent la couleur spécifique d'un accord sont jouées.
Les autres sens du mot harmonie
Un ensemble de sons agréables

Une harmonie peut ensuite renvoyer à un ensemble de sons agréables à l'oreille (successifs ou simultanés), évoquant à une « musique harmonieuse ». Par exemple : « l'harmonie » du chant des oiseaux.

En poésie, on peut parler également de « l'harmonie » d'un vers, pour en désigner les effets sonores — rimes, assonances, allitérations ou consonances, accents toniques, intonation prosodique, etc.
Un type d'orchestre

Une harmonie — ou orchestre d'harmonie — est un orchestre composé, pour l'essentiel, d'instruments à vent, bois et cuivres. S'y ajoutent des percussions et quelques instruments à cordes (contrebasse à cordes, harpe, parfois piano).
Sens extra-musical

Le terme Harmonie peut cependant recevoir plusieurs autres significations, en relation ou non avec la musique et les sons, c'est-à-dire qu'outre l'oreille, il s'adresse aux yeux et constitue une appréciation de la valeur agréable dans la communication de caractère général. Communication picturale, architecturale dans les arts, et relationnelle dans les sociétés. De manière très générale, le mot harmonie signifie « bonnes relations », « concordance », « entente », entre des personnes ou des personnes et des objets.

C'est ainsi, par exemple, qu'à propos d'un tableau, d'un vêtement, d'un décor, etc., on pourra parler de « l'harmonie des couleurs ».
On pourra dire également, en parlant de personnes cette fois, que celles-ci s'entendent bien et travaillent toujours en bonne « harmonie ».
En architecture et sculpture, dans le rapport homme et objet perçu, l'harmonie est l'ensemble « Proportions agréables, beauté des lignes, des volumes, des formes. »7.

Du point de vue philosophique, en particulier dans la Grèce antique, on peut considérer l'harmonie comme le fait pour tous les éléments d'un tout d'être à la place qui leur est destinée, de telle sorte que le tout est meilleur que la somme des parties. L'harmonie est ainsi une propriété structurelle de ce tout.
Notes et références

↑ Danhauser 1929, p. 42
↑ Bitsch 1957, p. 7
↑ Pellegrin 2014, p. 2531
↑ Le violon tient ici une place à part, puisque normalement utilisé comme instrument mélodique, il a été poussé par certains auteurs, comme J.S. Bach, aux confins de ses possibilités comme instrument harmonique, voir : http://erato.uvt.nl/files/imglnks/usimg/2/2d/IMSLP29448-PMLP04292-Acro4eT8Ab.pdf [archive]
↑ Platon, La république, livre III, 398c
↑ Chailley 1979, p. 26
↑ Source: CNRTL, http://www.cnrtl.fr/definition/harmonie [archive]

Voir aussi

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harmonie, sur le Wiktionnaire

Articles connexes

Accord
Consonance
Contrepoint
Harmonie des sphères

Bibliographie

(fr) Pierre Pellegrin (dir.), Aristote : Œuvres complètes, Éditions Flammarion, 2014, 2923 p. (ISBN 978-2081273160)
Adolphe Danhauser, Théorie de la musique : Édition revue et corrigée par Henri Rabaud, Paris, Henry Lemoine, 1929, 128 p.
Marcel Bitsch, Précis d'harmonie tonale, Paris, Alphonse Leduc, 1957, 115 p. (ISMN 979-0-046-21681-7)
Arnold Schoenberg, Traité d'Harmonie, 592 p. (ISBN 978-2952271530)

Philippe Ganter, Les bases de l'harmonie, Paris, Dareios & ID Music, 2013, 320 p. (ISBN 978-2-917280-09-6, présentation en ligne)

Jacques Chailley, La musique grecque antique, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Études anciennes », 1979, 219 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-251-32512-5)

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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:35

Théories sur l'harmonie

Malgré les succès rencontrés en tant que compositeur, Rameau attribuait plus d'importance encore à ses travaux théoriques : Chabanon ne rapporte-t-il pas, en 1764, dans son Éloge de M. Rameau : « On lui a entendu dire qu'il regrettait le temps qu'il avait donné à la composition, puisqu'il était perdu pour la recherche des principes de son Art ».

La théorie musicale élaborée par Rameau l'a en effet préoccupé tout au long de sa carrière, on pourrait dire de sa vienote 22 : les idées exposées dans son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels publié en 1722 alors qu'il est encore organiste de la cathédrale de Clermont-Ferrand, qui l'a posé en plus grand théoricien de son époque sont déjà en cours de maturation bien des années avant son départ de cette ville.

Bien sûr, les anciens, depuis les Grecs et en passant par des musiciens ou des savants tels que Zarlino, Descartes, Mersenne, Kircher, Huyghens qu'il ne manque pas de citer, avaient fait le lien entre les proportions mathématiques et les sons engendrés par les cordes vibrantes ou les tuyaux sonores. Mais les conclusions qu'ils en avaient tirées restaient, quant à l'application à la musique, élémentaires et n'avaient abouti qu'à des notions et à un foisonnement de règles entachées d'empirisme.

Esprit systématique, Rameau, à la suite de Descartes dont il a lu le Discours de la méthode et le Compendium musicae, veut se libérer du principe d'autorité et s'il ne peut s'affranchir de présupposés, il est animé par la volonté de faire de la musique, non seulement un art, ce qu'elle était déjà, mais une science déductive à l'image des mathématiques. N’affirme-t-il pas :

« Conduit dès ma plus tendre jeunesse, par un instinct mathématique dans l’étude d’un Art pour lequel je me trouvais destiné, et qui m’a toute ma vie uniquement occupé, j’en ai voulu connaître le vrai principe, comme seul capable de me guider avec certitude, sans égard pour les habitudes ni les règles reçues. »

— Démonstration du principe de l’harmonie, page 110

Lorsqu'il reconnaît en 1730 avoir appris de M. Lacroix, de Montpellier, la règle de l'octave à l'âge de vingt ans, il s'empresse d'ajouter « il y a loin de là à la Basse fondamentale, dont nul ne peut se vanter de m'avoir donné la moindre notion68. »

Sa première approche (développée dans le traité de 1722) est donc purement mathématique ; il part du principe que « la corde est à la corde ce que le son est au son »note 23 - c'est-à-dire que, de la même façon qu'une corde donnée contient deux fois une corde de demi-longueur, de même le son grave produit par la première « contient » deux fois le son plus aigu produit par la seconde. On sent le présupposé inconscient d'une telle idée (que signifie précisément le verbe « contenir » ?), cependant les conclusions qu'il en tire vont le confirmer dans cette voie, d'autant plus que, avant 1726, il prend connaissance des travaux de Joseph Sauveur sur les sons harmoniques qui viennent les corroborer de façon providentielle. En effet, cet auteur démontre que lorsqu'une corde vibrante ou un tuyau sonore - un « corps sonore » - émet un son, il émet aussi, quoique de façon beaucoup plus faible, ses troisième et cinquième harmoniquesnote 24, que les musiciens appellent douzième et dix-septième degrés diatoniques. À supposer que la finesse de l'ouïe ne permette pas de les identifier distinctement, un dispositif physique très simple permet de visualiser l'effet - détail important pour Sauveur qui était sourd. C'est l'irruption de la physique dans le domaine que se partageaient auparavant les mathématiques et les musiciens.

Armé de ce fait d'expérience et du principe de l'identité des octaves (« qui ne sont que des répliques ») Rameau en tire la conclusion du caractère « naturel » de l'accord parfait majeur puis, par une analogie qui paraît d'évidence bien que physiquement infondée, celui de l'accord parfait mineur. De cette découverte naîtront les concepts de basse fondamentale, de consonances et de dissonances, de renversement des accords ainsi que leur nomenclature raisonnée, de modulation qui fondent l'harmonie tonale classique. Après seulement viennent les questions pratiques touchant le tempérament, les règles de la composition, la mélodie, les principes d'accompagnement. Tout ceci apparaît essentiel à Rameau car, auparavant procédé de musicien, l'harmonie devient principe naturel : c'est la quintessence de la musique ; dès l'émission d'un son, l'harmonie est présente ; la mélodie, au contraire, ne naît qu'après, et les intervalles successifs devront se conformer à l'harmonie initiée et dictée par la basse fondamentale (la « boussole de l'oreille »)note 25. L'aspect psycho-physiologique n'est pas, en effet et tant s'en faut, absent de la théorie de Rameau : il est particulièrement développé dans les Observations sur notre instinct pour la musique et sur son principe, opuscule qu'il publie en 1754 en réponse indirecte à la Lettre sur la musique française de Rousseau. Le caractère naturel de l'harmonie, matérialisé par la basse fondamentale, est tel qu'il marque de façon inconsciente notre instinct pour la musique :

« ... pour peu qu'on ait d'expérience, on trouve de soi-même la basse fondamentale de tous les repos d'un chant, selon l'explication donnée dans notre Nouveau Système (...) ; ce qui prouve encore bien l'empire du principe dans tous ses produits, puisqu'en ce cas-ci la marche de ces produits rappelle à l'oreille celle du principe qui l'a déterminée et suggérée par conséquent au compositeur. »

« Cette dernière expérience où le seul instinct agit, de même que dans les précédentes, prouve bien que la mélodie n'a d'autre principe que l'harmonie rendue par le corps sonore : principe dont l'oreille est tellement préoccupée, sans qu'on y pense, qu'elle suffit seule pour nous faire trouver sur le champ le fond d'harmonie dont cette mélodie dépend. (...) aussi trouve-t-on quantité de musiciens capables d'accompagner d'oreille un chant qu'ils entendent pour la première fois. »

« Ce guide de l'oreille n'est autre, en effet, que l'harmonie d'un premier corps sonore, dont elle n'est pas plutôt frappée, qu'elle pressent tout ce qui peut suivre cette harmonie, et y ramener ; et ce tout consiste simplement dans la quinte pour les moins expérimentés, et dans la tierce encore lorsque l'expérience a fait de plus grands progrès. »

Rameau tient plus qu'à toute autre chose, à sa théorie : il multiplie les traités, entretient pendant plus de trente ans de nombreuses polémiques à ce sujet : avec Montéclair vers 1729, avec le père Castel - d'abord ami avec lequel il finit par se brouiller vers 1736, avec Jean-Jacques Rousseau, et les Encyclopédistes, avec d'Alembert enfin, d'abord l'un de ses fidèles partisans, et il recherche dans ses contacts épistolaires la reconnaissance de ses travaux par les mathématiciens les plus illustres (Bernoulli, Euler) et les musiciens les plus érudits, notamment le padre Martini. Aucun passage ne résume peut-être mieux tout ce que tire Rameau de la résonance du corps sonore, que ces lignes enthousiastes extraites de la Démonstration du principe de l'harmonie :

« Que de principes émanés d'un seul ! Faut-il vous les rappeler, Messieurs ? De la seule résonance du corps sonore, vous venez de voir naître l'harmonie, la basse fondamentale, le mode, ses rapports dans ses adjoints, l'ordre ou le genre diatonique dont se forment les moindres degrés naturels de la voix, le genre majeur, et le mineur, presque toute la mélodie, le double-emploi, source féconde d'une des plus belles variétés, les repos, ou cadences, la liaison qui, seule, peut mettre sur les voies d'une infinité de rapports et de successions, même la nécessité d'un tempérament, (…) sans parler du mode mineur, ni de la dissonance toujours émanés du même principe, non plus que du produit de la proportion quintuple (…) »

« D'un autre côté, avec l'harmonie naissent les proportions, et avec la mélodie, les progressions, de sorte que ces premiers principes mathématiques, trouvent eux-mêmes ici leur principe physique dans la nature. »

« Ainsi, cet ordre constant, qu'on n'avait reconnu tel qu'en conséquence d'une infinité d'opérations et de combinaisons, précède ici toute combinaison, et toute opération humaine, et se présente, dès la première résonance du corps sonore, tel que la nature l'exige : ainsi, ce qui n'était qu'indication devient principe, et l'organe, sans le secours de l'esprit, éprouve ici ce que l'esprit avait découvert sans l'entremise de l'organe ; et ce doit être, à mon avis, une découverte agréable aux savants, qui se conduisent par des lumières métaphysiques, qu'un phénomène où la nature justifie et fonde pleinement des principes abstraits. »

Traités et autre écrits
Traité de l'harmonie.

Les ouvrages dans lesquels Rameau expose sa théorie de la musique sont essentiellement au nombre de quatre :

Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels, Paris (1722)
Nouveau système de musique théorique, Paris (1726)
Génération harmonique, Paris (1737)
Démonstration du principe de l'harmonie, Paris (1750)

mais sa participation aux réflexions de nature scientifique, esthétique ou philosophique de son temps l'a conduit à rédiger beaucoup d'autres écrits sous la forme d'ouvrages, lettres, pamphlets etc. dont on peut citer :

Dissertation sur les différentes méthodes d'accompagnement, Paris (1732)
Observations sur notre instinct pour la musique et sur son principe, Paris (1754)
Erreurs sur la musique dans l'Encyclopédie, Paris (1755)
Code de musique pratique, Paris (1760)

L'art de Rameau
Le Poète inspiré, pris à tort pour un portrait de Rameau69

La musique de Rameau se caractérise par la science exceptionnelle de ce compositeur qui se veut avant tout théoricien de son art. Elle ne s'adresse pourtant pas seulement à l'intelligence et Rameau a su mettre en œuvre idéalement son dessein quand il affirme « Je cherche à cacher l'art par l'art même ».

Le paradoxe de cette musique, c'est qu'elle est nouvelle, dans la mise en œuvre de procédés auparavant inexistants, mais qu'elle se concrétise dans des formes surannées ; Rameau paraît révolutionnaire aux Lullystes déroutés par l'harmonie complexe qu'elle déploie, et réactionnaire aux philosophes qui n'évaluent que son contenant et ne peuvent ou ne veulent l'écouter. L'incompréhension qu'il subit de la part de ses contemporains l'empêche d'ailleurs de renouveler certaines hardiesses telles que le second trio des Parques d'Hippolyte et Aricie, qu'il doit retirer après les premières représentations car les chanteurs ne parviennent pas à l'interpréter correctement. Ainsi, le plus grand harmoniste de son époque est méconnu alors même que l'harmonie - l'aspect « vertical » de la musique - prend définitivement le pas sur le contrepoint, qui représente son aspect « horizontal ».

On ne peut que rapprocher les destins de Rameau et de Bach, les deux géants de la science musicale du XVIIIe siècle, que celle-ci isole de tous leurs collègues, quand tout le reste les sépare. À ce titre, l'année 1722 qui voit paraître simultanément le Traité de l'Harmonie et le premier cycle du Clavier bien Tempéré est très symbolique. Les musiciens français de la fin du XIXe siècle ne s'y trompèrent pas, en pleine hégémonie musicale germanique, lorsqu'ils virent en Rameau le seul musicien français de force à être comparé à Bach, ce qui permit la redécouverte progressive de son œuvre.
Postérité, de l'oubli au renouveau
De sa mort à la Révolution

Les œuvres de Rameau sont représentées presque jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Toutes n'ont pas été éditées, mais de nombreux manuscrits, autographes ou non, sont rassemblés par Jacques Joseph Marie Decroix dont les héritiers feront don à la Bibliothèque nationale du fonds exceptionnel ainsi rassemblé.

La Querelle des Bouffons reste célèbre, avec les attaques subies par Rameau du fait des partisans de l'opéra-bouffe italien. On sait moins, en revanche, que certains musiciens étrangers formés à la tradition italienne voient en la musique de Rameau, vers la fin de sa vie, un modèle possible pour la réforme de l'opera seria. C'est ainsi que Tommaso Traetta compose deux opéras qui en sont directement inspirés, Ippolito ed Aricia (1759) et I Tintaridi (d'après Castor et Pollux, 1760) après avoir fait traduire leurs livrets70. Traetta a été conseillé par le comte Francesco Algarotti, un des plus ardents partisans d'une réforme de l'opera seria selon le modèle français ; il aura une influence très importante sur celui auquel on attribue généralement le titre de réformateur de l'opéra, Christoph Willibald Gluck. Trois opéras italiens « réformés » de ce dernier (Orfeo ed Euridice, Alceste et Paride ed Elena) prouvent qu'il connaît l'œuvre de Rameau ; par exemple, l'Orfeo et la première version de Castor et Pollux, datant de 1737, commencent tous deux par la scène des funérailles d'un des principaux personnages, qui doit revenir à la vie dans la suite de l'action71. Plusieurs des réformes revendiquées dans la préface d'Alceste sont déjà pratiquées par Rameau : il utilise le récitatif accompagné ; l'ouverture de ses dernières compositions est reliée à l'action qui va suivre72. Aussi, lorsque Gluck arrive en 1774 à Paris où il va composer six opéras français, on peut considérer qu'il continue la tradition de Rameau.
Oubli des révolutionnaires

Pourtant, si la popularité de Gluck se prolonge après la Révolution française, ce n'est pas le cas pour Rameau. À la fin du XVIIIe siècle, ses œuvres disparaissent du répertoire pour de très nombreuses années73. Sous la Révolution, il n'est plus compris74.
Dix-neuvième siècle
Statue de Jean-Philippe Rameau inaugurée en 1880 à Dijon, sur la place de la Sainte Chapelle (1880-2016), puis en face du Conservatoire à rayonnement régional de Dijon (2016 -)

Pendant la plus grande partie du XIXe siècle, la musique de Rameau reste oubliée et ignorée, même si son nom conserve tout son prestige : une rue de Paris lui est dédiée dès 1806.
Statue de Rameau à l'Opéra de Paris.

On ne joue plus la musique de Rameau, ou peut-être quelques fragments, quelques pièces de clavecin (au piano le plus souvent). Le musicien n'est pourtant pas oublié : il est choisi pour que sa statue soit l'une des quatre qui ornent le grand vestibule de l'Opéra de Paris conçu en 1861 par Charles Garnier ; en 1880, Dijon lui rend également hommage par l'inauguration d'une statue.
Berlioz
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Hector Berlioz étudie Castor et Pollux ; il y admire en particulier l'air de Télaïre « Tristes apprêts », mais « là où l'auditeur moderne identifie facilement les points communs avec la musique de Rameau, lui-même a une nette conscience du fossé qui les sépare »75.
Redécouverte après 1871

De façon inattendue, c'est la défaite française lors de la guerre de 1870 qui permet à la musique de Rameau de resurgir du passé : l'humiliation ressentie à cette occasion amène certains musiciens à rechercher dans le patrimoine national des compositeurs français de taille à se mesurer aux compositeurs germaniques dont l'hégémonie est alors complète en Europe : Rameau est considéré comme de même force que son contemporain Johann Sebastian Bach et l'on se met à réétudier son œuvre dont on retrouve les sources rassemblées par Decroix.
Édition monumentale de Saint-Saëns, Bordes et d'Indy

C'est à partir des années 1890 que le mouvement s'accélère un peu, avec la fondation de la Schola Cantorum destinée à promouvoir la musique française puis, en 1895, Charles Bordes, Vincent d'Indy et Camille Saint-Saëns entreprennent l'édition des œuvres complètes, projet qui n'ira pas à sa fin mais aboutit en 1918 à l'édition de 18 volumes.
Vingtième siècle

C'est au tout début du XXe siècle que l'on assiste, pour la première fois, à la reprise en concert d'œuvres complètes : en juin 1903, La Guirlande, œuvre charmante et sans trop de prétention, est interprétée à la Schola Cantorum. L'un des auditeurs est Claude Debussy qui est enthousiasmé et s'écrie : « Vive Rameau, à bas Gluck ». L'Opéra de Paris suit en 1908 avec Hippolyte et Aricie : c'est un semi-échec ; l'œuvre n'attirant qu'un public restreint, ne connaît que quelques représentations. Castor et Pollux – qui n'y a plus été représenté depuis 1784 – est choisi en 1918 pour la réouverture de l'Opéra après la guerre, mais l'intérêt du public pour la musique de Rameau s'accroît lentement.
Renouveau baroque

Ce mouvement de redécouverte ne s'accélère vraiment qu'à partir des années 1950 (1952 : reprise des Indes galantes à l'Opéra, 1956 : Platée au Festival d'Aix-en-Provence, 1957 : Les Indes galantes sont choisies pour la réouverture de l'opéra royal à Versailles). Jean Malignon, dans son livre rédigé à la fin des années 1950, témoigne de ce que personne, à cette époque, ne connaît Rameau pour en avoir entendu les compositions essentielles.

Depuis lors, l'œuvre de Rameau bénéficie à plein du retour en faveur de la musique ancienne. La majeure partie de son œuvre lyrique, jadis réputée injouable (comme nombre d'opéras de son époque), dispose à présent d'une discographie de qualité par les ensembles baroques les plus prestigieux. Toutes ses grandes œuvres ont été reprises, et jouissent toujours d'un grand succès, notamment Les Indes galantes. Enfin, la première (sic) représentation de sa dernière tragédie lyrique, Les Boréades, a même eu lieu en 1982 au festival d'Aix-en-Provence (les répétitions avaient été interrompues par la mort du compositeur en 1764).
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:37

Sens extra-musical

Le terme Harmonie peut cependant recevoir plusieurs autres significations, en relation ou non avec la musique et les sons, c'est-à-dire qu'outre l'oreille, il s'adresse aux yeux et constitue une appréciation de la valeur agréable dans la communication de caractère général. Communication picturale, architecturale dans les arts, et relationnelle dans les sociétés. De manière très générale, le mot harmonie signifie « bonnes relations », « concordance », « entente », entre des personnes ou des personnes et des objets.

C'est ainsi, par exemple, qu'à propos d'un tableau, d'un vêtement, d'un décor, etc., on pourra parler de « l'harmonie des couleurs ».
On pourra dire également, en parlant de personnes cette fois, que celles-ci s'entendent bien et travaillent toujours en bonne « harmonie ».
En architecture et sculpture, dans le rapport homme et objet perçu, l'harmonie est l'ensemble « Proportions agréables, beauté des lignes, des volumes, des formes. »7.

Du point de vue philosophique, en particulier dans la Grèce antique, on peut considérer l'harmonie comme le fait pour tous les éléments d'un tout d'être à la place qui leur est destinée, de telle sorte que le tout est meilleur que la somme des parties. L'harmonie est ainsi une propriété structurelle de ce tout.
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:38

XIIIe siècle

L'instauration du statut juridique, inhérent à leur dénomination, prouve le succès antérieur de ces entités. Le nombre des universités croît dans les pays prospères, grâce à la libéralité de l'église dont le bénéfice pourvoie à son fonctionnement. Ainsi vers le premier tiers du XIIIe siècle naissent les universités préalablement citées (par abus), mais aussi celles d'Arezzo, de Salamanque, de Padoue, de Naples, de Toulouse, de Cambridge...

En 1289, la bulle papale Quia Sapientia du pape Nicolas IV rassemble les écoles de médecine, droit et arts libéraux de Montpellier, l'enseignement général et médical étant attesté avant 1150, et crée officiellement l'université de Montpellier : on y étudie toutes les disciplines, ses diplômes sont valables dans toute la Chrétienté.

Après 1290, une université est créée à Coimbra au royaume du Portugal. Au XIIIe siècle, les disciplines enseignées s'organisent autour des « quatre facultés » que sont les arts, la médecine, le droit et la théologie.

À cette époque de maturité, les universités contribuent à la redécouvertes des savoirs anciens, ceux qui sont étroitement liés à l'Église catholique ou ceux qui sont redécouverts par les échanges méditerranéens, en particulier les sciences païennes ou traditionnelles, les philosophies de posture antique ou de classification dont l'aristotélisme. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que la théologie et le droit canon se taillent la part du lion. Les étudiants viennent parfois de loin pour recevoir les enseignements universitaires. Les « arts mécaniques » et les « sciences lucratives » ne sont pas abordées, victimes du mépris du travail manuel et du profit pécuniaire que les nobles et le clergé affichaient à l'époque. L'enseignement reposait sur des textes de référence (« autorités »). La pédagogie consistait en la lectio (lecture) et la disputatio (« dispute »), sorte de débat contradictoire reposant essentiellement sur le syllogisme. Les universités se dotent rapidement de bibliothèques pour pallier la rareté des exemplaires disponibles pour les lectures.
Du XIVe au XVe siècle : expansion vers le nord et l'est de l'Europe

L'université de Pérouse apparaît en 1308.
L'université de Lausanne fut fondée en 1537.

À partir du XVe siècle de nouvelles universités sont créées, à un rythme soutenu, notamment en Europe centrale et nordique. Ainsi Prague fondé par l'empereur Charles IV, Cracovie, Vienne, Heidelberg, Cologne, puis Leipzig...
Temps modernes : marquage religieux et étatisation des universités

Au début du XVIe siècle, il existe un cinquantaine d'universités. Bologne, Paris, Oxford les plus anciennes et les plus recherchées des universités ont été incontestablement les plus prestigieuses, la première en matière du droit juridique et la seconde en matière de théologie et de droit religieux.

Après le désenclavement du monde, les universités se répandent très lentement en Amérique latine puis en Amérique du Nord.

Les particularismes religieux qui apparaissent en Europe (Église anglicane, protestantismes) impactent les disciplines enseignées ainsi que les modalités d'enseignement. De plus les structures politico-religieuses, en France, en Allemagne ou en Angleterre par exemple, (re)prennent progressivement le contrôle des universités, qui y perdent alors en autonomie (au moins par rapport à l'État). Ces évolutions signent la fin de la peregrinatio academica et réduit « l’éventail social » des étudiants au sein des universités.

Aussi, il n'est pas surprenant qu'en pleine Renaissance, les institutions universitaires soient largement contestées et critiquées, tant sur leurs fonctionnements que sur leurs rôles. Le Siècle des Lumières soulève la question de l'utilité des enseignements dispensés. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, ceux-ci se limitent aux mathématiques, à la médecine, à la théologie et aux langues mortes (latin-grec) ; les autres disciplines, dont notamment la physique, sont étudiées dans d'autres institutions, telles que la Royal Society à Londres, fondée en 1660, ou l'Académie des sciences en France, fondée en 1666. Il s'agit de savoir si l'université a pour ambition de produire des compétences profitables à tous ou si elle doit assurer aux titulaires des diplômes dispensés un rang social élevé. On regrette le manque d'assiduité des étudiants autant que des professeurs ; on suspecte la qualité et la valeur des diplômes délivrés ; on constate la fraude et la complaisance...
Éradication révolutionnaire et républicaine

En France, la Convention nationale le 15 septembre 1793 supprime les universités et crée des grandes écoles spéciales : l'École polytechnique, le Conservatoire national des arts et métiers, l'École normale supérieure, l'École des beaux-arts... La plupart de ces institutions existent encore12.
XIXe siècle : universités héritières de la réception kantienne des Lumières ?
L'université Humboldt en 1850.

Les courants libéraux qui parcourent l'Europe entraînent de profondes réformes. Lors de la Révolution française, l'abolition des universités de l’Ancien Régime entraînera pour un temps la fermeture des universités. La domination napoléonienne sur une large partie du Vieux Continent aura de profondes conséquences sur les universités occidentales. Le Premier Empire suscite un regain d'intérêt pour les sciences et les technologies, encore mal représentées dans les universités. Parallèlement, l'empereur réorganise le système universitaire et nomme explicitement les Professeurs. Le morcellement des connaissances, dispensées au sein d'écoles distinctes, sera alors parfois perçu comme l’engagement de la France dans une impasse13...

En 1806, la Prusse vaincue par l'Empire français réforme une partie de ses institutions dont son université. Elle fonde un corps des maîtres de l'enseignement public des divers degrés, et organise un contrôle maîtrisé de l'enseignement à partir des centres universitaires réputés. Désormais, l'Université moderne devient le garant institutionnel de l'ensemble des fonctions du système éducatif et de l'enseignement public.

C'est aussi à cette époque que commence (notamment en Allemagne) l'enseignement de disciplines nouvelles, comme la philologie, les mathématiques et la physique. L’Allemagne, par le biais de l'université de Berlin fondée par Wilhelm von Humboldt, promeut un nouveau modèle pour l'université : un modèle où elle n'est plus pensée comme la division d'une philosophie en domaines spécialisés, mais comme la collection universelle des connaissances et des recherches14.

Aux États-Unis aussi le système universitaire se réinvente et devient profondément différent de celui hérité du temps des colonies anglaises. Le développement rapide du pays et l'importante immigration supportent un enseignement supérieur de masse dynamique et hétérogène. Sans que ce soit explicite, il suivra pour l'essentiel le modèle allemand, en pensant l'université comme le lieu de la confrontation de tous les savoirs.
L'université de Tokyo ouvre en 1877 sur le modèle occidental à la suite des enseignements de la mission Iwakura.

Le modèle de l'université occidentale se propage à l'Asie de l'Est par plusieurs biais. Les puissances étatiques sont l'un de ces vecteurs. Le Japon impérial de l'ère Meiji récupère ainsi ce modèle à la suite des enseignements de la mission Iwakura de 1871, et ouvre en 1877 l'université impériale, établissement qui sert de modèle à d'autres universités ouvertes par la suite par le Japon impérial. Selon les matières et les compétences, quatre nations ou entités universitaires sont pris pour modèle, la Grande-Bretagne, l'Allemagne impériale, l'Italie et la France.

Le continent maintient son ancien système d'éducation. En Chine, l'université de Pékin est instaurée par l'empire à la suite de la réforme des Cent Jours en 1898, et en Corée, l'université Korea est créée en 1905 par un proche de la famille royale.

Le modèle occidental est aussi diffusé via des missionnaires, qui ouvrent dans la région des établissements de ce type, comme l'université l'Aurore ouverte à Shanghai en 1903 par un prêtre catholique, l'université Yonsei ouverte par un docteur presbytérien à Séoul en 1885, ou l'université Rikkyō ouverte à Tōkyō en 1874 par un missionnaire de l'Église épiscopale des États-Unis.

Enfin, d'autres établissements déjà existants se modernisent en adoptant le modèle de l'université occidentale, par exemple l'université Keiō ouverte à Tōkyō en 1858 et qui ouvre sa première formation universitaire en 1890.
Du XXe siècle à nos jours : l'université contemporaine

En France, 43 % des étudiants restent concentrés à Paris en 1914. En Angleterre, Oxford et Cambridge restent prédominantes jusqu'au milieu du XXe siècle. En Allemagne, l'arrivée de pouvoirs autoritaires provoque une crise grave du « modèle allemand ». Dans la « mise au pas de l’enseignement supérieur par le régime nazi », un tiers du corps enseignant est touché par l’épuration, qui s’en va renforcer notamment les universités américaines, et beaucoup de ceux qui restent perdent honneur et probité.
Université de Groningue (Pays-Bas).

C'est aussi au XXe siècle que le modèle de l'enseignement supérieur au sein d'universités se généralise partout dans le monde (en Asie, en Afrique). À la fin de la seconde guerre mondiale, le développement universitaire est perçu comme l'un des principaux critères du rayonnement politique, économique et culturel des pays civilisés (notamment durant la guerre froide). À l'aube du XXIe siècle il est considéré par les économistes comme un indicateur de référence pour la stabilité économique d'un pays.

L'article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels adopté à New York le 16 décembre 1966 par l'Assemblée générale des Nations unies stipule que : « L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité ».
Structures et statut des universités

Le mot université vient du latin Universitas magistrorum et scholarium qui désigne à l'origine la corporation des enseignants et des étudiants d'une même ville. Les universités sont aujourd'hui divisées en départements académiques, écoles ou facultés (appelés en France de nos jours Unités de Formation et de Recherche). Aux États-Unis, certains établissements qui seraient classés, en France, sous l’appellation « grande école » sont intégrés à des universités ; par exemple, une école de commerce telle que la Harvard Business School est l'équivalent d'une faculté de l’université Harvard. Cela amène Jacques Mistral15 à voir Harvard comme une fédération de grandes écoles (Harvard Law School, John F Kennedy School of Government, Harvard Medical School, Harvard School of Public Health, Graduate School of Design etc.).

Une université peut être :

soit publique, autrement dit contrôlée et financée par une collectivité publique, système largement pratiqué en France par exemple où l'enseignement supérieur reste essentiellement du domaine de l'État, celui-ci leur conférant une certaine autonomie. Paradoxalement l'État en France ne confie pas la formation de son personnel aux universités mais depuis le milieu du XVIIIe siècle aux grandes écoles administratives ;

soit privée. Ce fut sous cette forme que furent créées les premières universités. Le système reste très répandu dans certains pays, notamment aux États-Unis d'Amérique. Dans ce pays, de nombreuses universités appartiennent à des fondations, des associations ou des congrégations — on dit qu'elles sont « non profit » en ce sens que si elles ne sont pas la possession d'une collectivité locale ou d'un État, leur but n'est pourtant pas de faire du profit. Il peut aussi exister des universités cherchant à dégager des bénéfices.

À noter l'existence des « franchises universitaires », par lesquelles les forces de police avaient l'interdiction de forcer l'enceinte des facultés16, mais qui réglaient également, par la franchise juridictionnelle, la légalité du pouvoir disciplinaire17.

À Amiens, sur le campus de l'université, existait par exemple dans les années 1980 une « Salle des Franchises », salle de fêtes réservées aux étudiants, non soumise aux taxes habituelles de ce genre d'endroit, où se tenaient plusieurs fois par semaine les soirées étudiantes, localement dénommées « Zinzin ».

Cette question des franchises universitaires reste apparemment d'actualité à Abidjan en Côte d'Ivoire18, ou en Algérie19. En France, si leur existence est oubliée de beaucoup, leur existence reste l'objet de débats17.
Universités et croissance économique

Les universités, et plus globalement l’ensemble des établissements d'enseignement supérieur, sont de nos jours considérées par les économistes comme pouvant être des vecteurs de croissance économique (théorie de la croissance endogène). Des études récentes [réf. nécessaire] ont insisté, d'une part sur le fait que selon que le pays était proche ou loin de la « frontière technologique », les caractéristiques du système d'enseignement supérieur devaient évoluer et d'autre part, sur l'importance des relations entre les universités et leur environnement géographique sans pour autant perdre les échanges avec les autres environnements géographiques (notion de pôle de compétitivité).
Approche de la frontière technologique et évolution des universités
Article détaillé : Frontière technologique.

D’une étude de 2004, intitulée Éducation et croissance économique, de Philippe Aghion et Élie Cohen, il ressort que, selon que le pays est loin ou proche de la « frontière technologique » c’est-à-dire, de nos jours, du niveau technologique des États-Unis, les exigences en matière de système éducatif varient. Dans le premier cas, le pays est en phase de rattrapage, comme l’a été la France après la Seconde Guerre mondiale. Ce qui compte alors c’est d'abord l’enseignement secondaire. Au contraire, dès que l’on approche de la frontière technologique, l'enseignement supérieur, notamment les universités, devient beaucoup plus important. En effet, alors le pays n'est plus dans l'imitation mais dans la création, dans l'invention des produits et des services de demain. D'où l'intérêt pour les pays, tels que la France, qui se rapprochent de la frontière technologique d'avoir des universités de rang mondial davantage orientées vers la recherche et la créativité. Cela passe aussi parfois par des changements organisationnels destinés à rendre les universités plus réactives et plus proche des acteurs économiques. De nos jours le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) renforce ce trait.
Universités et pôle de compétence
Articles détaillés : Grappe industrielle et Pôle de compétitivité (France).
Silicon Valley (Vallée du silicium).

Pour Christian Blanc20 « l’économie repose sur l’échange de deux types de savoir : d’une part le savoir formalisé, codifié, écrit, c'est-à-dire l’information et d’autre part le savoir tacite, qui permet d’utiliser l’information, d’en juger la qualité de l’appliquer à un problème concret, ou connaissance. La connaissance est nécessaire à la création ». Or si l’information circule mondialement, la connaissance comme définie plus haut reste plus localisée. C’est l’idée qu’il y a derrière le terme américain de « cluster » que Michael Porter21 a défini comme « un groupe d’entreprises et d’institutions partageant un même domaine de compétence, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires ». Parmi les exemples célèbres de Clusters, il est possible de citer la Silicon Valley autour de l’université Stanford. Les universités jouent dans le cas des « clusters » (appelés en France pôles de compétitivité) un rôle clé car c’est sur elles que reposent en très grande partie les capacités d’innovation. Pour Blanc 22, pour qu’un pôle de compétitivité soit efficace, il faut que les leviers de la compétitivité soient entre les mains des autorités qui gèrent les périmètres locaux, comme c’est le cas en Catalogne espagnole par exemple, et que les universités aient elles-mêmes une autonomie forte qui les rendent capables d’« assumer des responsabilités importantes » 23. Aussi, aujourd’hui, dans les pays développés (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Espagne…), comme d’ailleurs dans les autres (l’Inde autour de Bangalore…), les relations entre les grandes écoles ou les universités, les centres de recherche et développement, et les entreprises tendent à être organisées dans des bassins d'emploi territoriaux, dans le cadre de pôles de compétence et de projets d'intelligence économique territoriale.
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Mar 20 Sep à 10:40

Les mathématiques sont un ensemble de connaissances abstraites résultant de raisonnements logiques appliqués à des objets divers tels que les nombres, les figures, les structures et les transformations. Les mathématiques sont aussi le domaine de recherche développant ces connaissances, ainsi que la discipline qui les enseigne.

Elles possèdent plusieurs branches telles que : l'arithmétique, l'algèbre, l'analyse, la géométrie, la logique mathématique, etc. Il existe également une certaine séparation entre les mathématiques pures et les mathématiques appliquées.

Les mathématiques se distinguent des autres sciences par un rapport particulier au réel car l'observation et l'expérience ne s'y portent pas sur des objets physiques. Elles sont de nature entièrement intellectuelle, fondées sur des axiomes déclarés vrais ou sur des postulats provisoirement admis. Ces axiomes en constituent les fondements et ne dépendent donc d'aucune autre proposition. Un énoncé mathématique – dénommé généralement, après être validé, théorème, proposition, lemme, fait, scholie ou corollaire – est considéré comme valide lorsque le discours formel qui établit sa vérité respecte une certaine structure rationnelle appelée démonstration, ou raisonnement logico-déductif. Un énoncé présenté comme plausible, mais qui n'a pas encore été établi comme vrai (« démontré », en langage utilisé par les mathématiciens), s'appelle une conjecture.

Bien que les résultats mathématiques soient des vérités purement formelles, ils trouvent cependant des applications dans les autres sciences et dans différents domaines de la technique. C'est ainsi qu'Eugene Wigner parle de « la déraisonnable efficacité des mathématiques dans les sciences de la nature »1.

Étymologie

Le mot « mathématique » vient du grec par l'intermédiaire du latin. Le mot μάθημα (máthēma) signifie « science, connaissance » puis « mathématiques » de μαθὴματα ; il a donné naissance à l'adjectif μαθηματικός (mathematikos), d'abord « relatif au savoir » puis « qui concerne les sciences mathématiques ». Cet adjectif a été adopté en latin (mathematicus) et dans les langues romanes par la suite (« mathématique » en français, matematica en italien, etc.), ainsi que dans de nombreuses autres langues2,3.

La forme neutre de l'adjectif μαθηματικός a été substantivée en τα μαθηματικά (ta mathēmatiká) pour désigner les sciences mathématiques dans leur ensemble. Cette forme plurielle, utilisée par Aristote, explique l'usage du pluriel pour le substantif en latin chez Cicéron (mathematica) puis en français et dans certaines autres langues européennes. Le singulier (« la mathématique ») est parfois employé en français, mais « le mot donne alors au contexte une teinte d'archaïsme ou de didactisme4 ». Toutefois, certains auteurs, à la suite de Nicolas Bourbaki, insistent sur l'utilisation du singulier, pour montrer l'uniformisation apportée par l'approche axiomatique contemporaine : Jean Dieudonné semble être le premier à avoir lancé ce mot d'ordre : « La Mathématique est une »[réf. nécessaire] ; le vaste traité de Bourbaki s'intitule Éléments de mathématique, tandis que, par contraste, le fascicule historique qui l'accompagne a pour titre Éléments d'histoire des mathématiques.

Dans l'argot scolaire, le terme « mathématiques » est fréquemment apocopé en « maths ».
Histoire
Article détaillé : Histoire des mathématiques.
Euclide.

Il est probable que l'homme ait développé des compétences mathématiques avant l'apparition de l'écriture. Les premiers objets reconnus attestant de compétences calculatoires sont les bâtons de comptage, tels que l'os d'Ishango (en Afrique) datant de 20 000 ans avant notre ère. Le développement des mathématiques en tant que connaissance transmise dans les premières civilisations est lié à leurs applications concrètes : le commerce, la gestion des récoltes, la mesure des surfaces, la prédiction des événements astronomiques, et parfois l'exécution de rituels religieux.[réf. nécessaire]

Les premiers développements mathématiques concernaient l'extraction des racines carrées, des racines cubiques, la résolution d'équations polynomiales, la trigonométrie, le calcul fractionnaire, l'arithmétique des entiers naturels… Ils s'effectuèrent dans les civilisations akkadienne, babylonienne, égyptienne5, chinoise ou encore de la vallée de l'Indus.

Dans la civilisation grecque, les mathématiques, influencées par les travaux antérieurs et les spéculations philosophiques, recherchent davantage d'abstraction. Les notions de démonstration et de définition axiomatique sont précisées. Deux branches se distinguent, l'arithmétique et la géométrie. Au IIIe siècle av. J.-C., les Éléments d'Euclide6 résument et ordonnent les connaissances mathématiques de la Grèce.
Une page du traité de Al-Khwarismi.

Les chinoises et indiennes (Civilisation de l'Indus) sont parvenues en occident par la civilisation islamique à travers la conservation de l'héritage grec et l'interfécondation avec les découvertes, notamment en matière de représentation des nombres[réf. nécessaire]. Les travaux mathématiques sont considérablement développés tant en trigonométrie (introduction des fonctions trigonométriques) qu'en arithmétique. L'analyse combinatoire, l'analyse numérique et l'algèbre polynomiale sont inventées et développées.

Durant la « renaissance du XIIe siècle », une partie des textes grecs et arabes sont étudiés et traduits en latin. La recherche mathématique se concentre en Europe. Au XVIe siècle se développe - avec notamment Pierre de La Ramée - l'idée qu'il existe une science universelle (mathesis universalis) sur laquelle il est possible de fonder l'ensemble des connaissances. Descartes voit dès 1629, dans les Règles pour la direction de l'esprit, les possibilités qu'offrent les mathématiques pour jouer ce rôle7. Descartes souligne, dans le Discours de la méthode, l'attrait des mathématiques, « à cause de la certitude et de l'évidence de leurs raisons ». Le calcul algébrique se développe alors à la suite des travaux de Viète et de Descartes. Newton et Leibniz, indépendamment, inventent le calcul infinitésimal.

Au XVIIe siècle, Galilée se rend compte que les mathématiques sont l'outil idéal pour décrire le monde physique, ce qu'on peut résumer en disant que les lois de la Nature sont écrites en langage mathématique. Les mathématiques constituent donc, avec la démarche expérimentale, l'un des deux piliers du développement de la Science moderne.
David Hilbert, mathématicien allemand.

Au cours du XVIIIe siècle et du XIXe siècle, les mathématiques connaissent de forts développements avec l'étude systématique des structures, à commencer par les groupes issus des travaux de Galois sur les équations polynomiales, et les anneaux introduits par Dedekind.

Le XIXe siècle voit avec Cantor et Hilbert le développement d'une théorie axiomatique sur tous les objets étudiés, soit la recherche des fondements mathématiques8. Ce développement de l'axiomatique conduira plusieurs mathématiciens du XXe siècle à chercher à définir toutes les mathématiques à l'aide d'un langage, la logique mathématique.

Le XXe siècle a connu un fort développement en mathématiques avec une spécialisation des domaines, et la naissance ou le développement de nombreuses nouvelles branches (théorie de la mesure, théorie spectrale, topologie algébrique et géométrie algébrique, par exemple). L'informatique a eu un impact sur la recherche. D'une part, elle a facilité la communication et le partage des connaissances, d'autre part, elle a fourni un formidable outil pour la confrontation aux exemples. Ce mouvement a naturellement conduit à la modélisation et à la numérisation.
Domaines

Un découpage des mathématiques en deux, trois ou quatre domaines différents est couramment utilisé[réf. nécessaire] : algèbre et analyse, ou bien algèbre, analyse et géométrie, ou bien algèbre, analyse, géométrie et probabilités. De tels découpages ne sont pas évidents et les frontières les séparant sont toujours mal définies. En effet, de nombreux résultats font appel à des compétences mathématiques variées. Le théorème de Wiles, établi en 1994, en est un exemple. Bien que l'énoncé en soit formulé de manière dite arithmétique, la preuve nécessite de profondes compétences en analyse et en géométrie.
Domaines fondamentaux

L'algèbre est l'ensemble des méthodes mathématiques visant à étudier et développer les structures algébriques et à comprendre les relations qu'elles entretiennent entre elles. L'algèbre, au sens actuel, trouve historiquement ses origines dans la compréhension des équations polynomiales et dans les développements des méthodes de résolution : les recherches dans ces domaines ont suscité l'émergence des notions qui fondent la théorie des groupes, de la théorie de Galois ou encore de la géométrie algébrique.

En un sens très restrictif, l'analyse est la partie des mathématiques s'intéressant aux questions de régularité des applications d'une variable réelle ou complexe : on parle alors plus volontiers d'analyse réelle ou d'analyse complexe. En un sens élargi, elle englobe toutes les méthodes mathématiques qui s'y apparentent, et un certain nombre de méthodes pour comprendre et analyser les espaces de fonctions.

La géométrie tente de comprendre en premier lieu les objets dans l'espace, puis par extension s'intéresse aux propriétés d'objets plus abstraits, à plusieurs dimensions, introduits selon plusieurs approches, relevant autant de l'analyse que de l'algèbre.

Les probabilités tentent de formaliser tout ce qui relève de l'aléatoire. Bien qu'anciennes, elles ont connu un renouveau avec la théorie de la mesure. La compréhension des lois aléatoires rendant compte au mieux des données déjà réalisées forme les statistiques.
Exemples de domaines transversaux
Charles Gustave Jacob Jacobi, connu pour ses développements en théorie analytique des nombres, entre analyse complexe et arithmétique.

De nombreux domaines de recherche se situent transversalement par rapport au découpage donné ci-dessus :

Les mathématiques discrètes (associées à l'essor de l'informatique) sont l'exemple le plus typique de découpage transversal car elles dressent un clivage dans presque toutes les branches des mathématiques (groupes finis, probabilités discrètes, géométrie discrète, optimisation linéaire en nombres entiers, nouvelles branches de l'algèbre : monoïdes, dioïdes…)
La théorie des nombres (qui généralise l'arithmétique élémentaire) utilise tout autant des méthodes analytiques que des méthodes algébriques avancées, pour résoudre des problèmes qui peuvent souvent être énoncés de façon élémentaire.
La topologie algébrique tend à associer à des objets géométriques de natures diverses des invariants de nature algébrique. Elle se situe donc à la frontière de la géométrie différentielle et de la géométrie algébrique. Toutefois, pour des objets géométriques présentant une certaine structure analytique, ces invariants algébriques peuvent parfois se définir ou se comprendre en faisant uniquement appel à des outils essentiellement d'analyse. La majeure partie de la recherche actuelle en topologie algébrique tend à oublier la structure topologique et à réduire les questions à des problèmes essentiellement d'algèbre.
En un certain sens, les systèmes dynamiques se situent entre la géométrie, l'analyse et les probabilités. Ils tendent à comprendre de manière qualitative ce qui s'assimile à une loi d'évolution. Les objets étudiés relèvent de l'analyse (équations différentielles par exemple), des probabilités (itération d'une bijection mesurable), ou de la géométrie (espaces homogènes). Le traitement qui y est consacré fait l'objet d'interprétations essentiellement de nature géométrique, tout en utilisant des outils avancés d'analyse fonctionnelle, de théorie des processus, de géométrie différentielle, etc. Des résultats d'arithmétique peuvent aussi être obtenus par des considérations relevant des systèmes dynamiques.
La géométrie différentielle se situe à la frontière de la géométrie et de l'analyse, et ce à plusieurs égards. La définition de ces objets d'étude fait appel aux théorèmes de calcul différentiel, mais l'étude elle-même est grande consommatrice d'analyse. Des liens entre géométrie différentielle et probabilités existent aussi.
La géométrie algébrique est l'exemple d'un domaine en un sens strict à la rencontre de l'algèbre et de la géométrie. Elle trouve ses origines dans les travaux sur la résolution des équations cubiques. Le premier objet d'étude de la géométrie algébrique est la variété algébrique, lieu d'annulation d'équations polynomiales : il a une signification à la fois algébrique et géométrique. Ce domaine connut un fort développement au XIXe siècle, avec notamment le théorème de Bézout. Les développements récents initiés par Grothendieck connaissent de nombreuses applications en théorie des nombres, ce qui constitue la géométrie arithmétique.
La théorie des opérateurs relève plutôt de l'analyse, ou encore de l'analyse fonctionnelle (par exemple, pour les problèmes de régularité des solutions d'équations aux dérivées partielles elliptiques, notamment le problème de Poisson). Mais cette théorie connaît de nombreuses applications en géométrie différentielle où le langage des opérateurs s'avère particulièrement adapté. Le développement de la théorie des opérateurs a fait appel à des méthodes de nature probabiliste, notamment pour ce qui s'appelle le calcul fonctionnel. Cette théorie trouve des extensions en géométrie non commutative. Les objets d'études se trouvent être des généralisations d'algèbres d'opérateurs.

Mathématiques appliquées et pures
Simulation numérique d'un crash d'une voiture. - L'analyse numérique : domaine applicatif des mathématiques.
Articles détaillés : mathématiques appliquées et mathématiques pures.

On fait parfois la distinction entre mathématiques pures et mathématiques appliquées :

Les mathématiques pures ont pour objectif le développement des connaissances mathématiques pour elles-mêmes sans aucun intérêt a priori pour les applications, sans aucune motivation d'autres sciences. L'objet de la recherche mathématique peut ainsi être une meilleure compréhension d'une série d'exemples particuliers abstraits, sur lesquels s'appuie et se développe la réflexion mathématique, la généralisation d'un aspect d'une discipline ou la mise en évidence de liens entre diverses disciplines des mathématiques.
Au contraire, les mathématiques appliquées sont la mise en œuvre des connaissances mathématiques pour les besoins de formalisme d'autres sciences (physique, informatique, biologie, astrophysique…), et pour des applications industrielles (ingénierie par exemple). Elles tendent à développer ces outils mathématiques pour répondre à ces demandes, pour résoudre des problèmes posés en termes concrets.

En France, cette distinction structure souvent les équipes de recherche, sans forcément hypothéquer les possibilités d'interactions entre elles. Toutefois, la pertinence de cette distinction est remise en cause par un certain nombre de mathématiciens. L'évolution des domaines et de leurs objets d'étude peut également contribuer à déplacer une éventuelle frontière ou notion de séparation. Selon une boutade d'Ian Stewart, auteur de nombreux ouvrages portant sur les mathématiques populaires, dans son œuvre intitulée Mon cabinet des curiosités mathématiques, « La relation entre les mathématiciens purs et appliqués est fondée sur la confiance et la compréhension. Les mathématiciens purs ne font pas confiance aux mathématiciens appliqués, et les mathématiciens appliqués ne comprennent pas les mathématiciens purs9. »

Les mathématiques appliquées, en un sens mal définies, comprennent entre autres l'analyse numérique, les statistiques appliquées et la théorie de l'optimisation mathématique. Certains domaines de recherche des mathématiques sont nés à la frontière avec d'autres sciences (voir ci-dessous).
Philosophie
Gauss, « le prince des mathématiciens ».
Article détaillé : Philosophie des mathématiques.

Les questions traditionnelles que se pose la philosophie au sujet des mathématiques peuvent se classer selon trois thèmes :

La nature des objets mathématiques : s'ils existent par eux-mêmes, ou bien s'ils sont des constructions mentales ? Quelle est la nature d'une démonstration ? Quels sont les liens entre la logique et les mathématiques ?
L'origine de la connaissance mathématique : d'où vient la vérité des mathématiques, et de quelle nature est-elle ? Quelles sont les conditions pour que des mathématiques existent, et leur lien avec l'homme ? Quels sont les impacts de la structure de la pensée humaine sur la forme et le développement des mathématiques actuelles ? Les limites qu'elle induit ?
La relation des mathématiques avec la réalité : quelle relation les mathématiques abstraites entretiennent-elles avec le monde réel ? Quels sont les liens avec les autres sciences ?

Les mathématiques sont parfois surnommées « reine des sciences ». Cependant, l'expression remonte à Carl Friedrich Gauss : Regina Scientiarum10 et le mot scientiarium signifie en réalité « des connaissances ».
Fondements
Aristote : le fondateur de la logique formelle (peinture par Raphaël).
Article détaillé : Fondements des mathématiques.

Censément, les mathématiques utilisent la logique comme outil pour démontrer des vérités organisées en théories. Une première analyse laisse espérer qu'une utilisation puissante de cet outil tellement sûr, une réduction toujours plus poussée des bases, les axiomes, sur lesquelles s'échafaude l'édifice mathématique, finissent par mener à un corpus de faits incontestables. Plusieurs obstacles se dressent pourtant.

D'une part, en tant qu'activité humaine, les mathématiques s'éloignent du modèle d'une construction suivant scrupuleusement les lois de la logique et indépendante du réel. Citons un fait et un phénomène pour illustrer cela. Tout d'abord, les démonstrations que rédigent les mathématiciens ne sont pas formalisées au point de suivre en détail les lois de la logique, car cela est impossible en un temps raisonnablement court. Comme pour n'importe quelle science. l'acceptation de la véracité d'une démonstration, et donc d'un théorème, repose in fine sur un consensus de spécialistes au sujet de la validité de l'approximation de démonstration formelle proposée (La structure des révolutions scientifiques de Thomas Samuel Kuhn). L'avènement de l'informatique a cependant changé la donne, au moins marginalement, puisque celle-ci permet de formaliser et de vérifier des démonstrations de plus en plus complexes11.
Augustin Louis Cauchy.

Cependant l'activité mathématique est loin de se réduire à la recherche de démonstrations et à la vérification de celles-ci. La confiance que la communauté mathématique place dans un de ses membres qui propose un résultat nouveau intervient dans la réception qu'aura ce résultat, et ce d'autant plus s'il est inattendu ou modifie la façon de voir les choses. On peut prendre pour exemple historique les controverses sur les géométries non euclidiennes au XIXe siècle, durant lequel les travaux de Lobatchevski ont été largement ignorés ; ou bien, dans un autre ordre d'idée, la difficulté de la réception des travaux du jeune républicain Galois au début du même siècle, notamment par Cauchy12. La sociologie des mathématiques étudie de tels phénomènes (voir sociologie des sciences).

D'autre part, la solidité même des bases ne peut reposer sur les seules mathématiques. En effet les théorèmes d'incomplétude, démontrés par Kurt Gödel dans la première moitié du XXe siècle, montrent que, contrairement à ce qu'espérait David Hilbert, il est impossible de réduire formellement les bases des mathématiques en un système dont la sûreté se démontre à partir de celles-ci, et cela entraîne que certaines propriétés considérées « vraies » resteront inaccessibles à la démonstration, quels que soient les axiomes choisis.
Enseignement
Article détaillé : Enseignement des mathématiques.

L'enseignement des mathématiques peut aussi bien désigner l'apprentissage des notions mathématiques fondamentales ou élémentaires de base que l'apprentissage et l'initiation à la recherche (enseignement supérieur des mathématiques). Suivant les époques et les lieux, les choix des matières enseignées et les méthodes d'enseignement changent (mathématiques modernes, méthode de Moore, éducation classique…). Dans certains pays, le choix des programmes scolaires dans l'éducation publique est fait par des institutions officielles.

Cédric Villani, dans une conférence TED, rappelle une difficulté importante et que l'enseignement des mathématiques ne résoudra pas à lui seul : le processus d'une découverte mathématique ne relève pas lui-même des mathématiques13. George Pólya indiqua en revanche vers le milieu du 20e siècle quelques techniques permettant de résoudre des problèmes existants, dans son livre Comment poser et résoudre un problème ("How to solve it").

Vers la même époque quelques ouvrages proposaient d'acquérir les mécanismes de résolution par une multitude d'exercices proposés avec leur correction détaillée en regard. En France et pour les mathématiques, il y eut dans le secondaire les ouvrages de Pierre Louquet. Dans le monde anglophone et concernant un grand nombre de disciplines la série des Schaum's Outlines.
Pratique
Activité de recherche
Article détaillé : recherche mathématique.

La recherche mathématique ne se limite pas qu'à la démonstration des théorèmes. L'une des méthodes les plus fructueuses de recherche mathématique est la mise en rapprochement de domaines a priori éloignés en mettant en lumière des phénomènes analogues (par exemple, la géométrie euclidienne et les équations différentielles linéaires). Voir des phénomènes analogues se produire peut conduire à vouloir adapter des résultats d'un domaine des mathématiques à un autre, à reformuler des éléments de démonstration en termes équivalents, à tenter une axiomatisation d'un objet (par exemple, ce pourrait être la notion d'espace vectoriel) qui regrouperait les deux domaines… Dans ce dernier cas, ce nouvel objet deviendrait alors un objet d'étude par lui-même. Dans certains cas, l'identification d'objets a priori différents devient nécessaire : le langage des catégories permet de faire ce genre de choses.

Une autre méthode de recherche est la confrontation aux exemples et aux cas particuliers. Cette confrontation peut permettre de réfuter des propriétés qu'on pensait ou espérait être vraies (conjectures). Au contraire, elle peut permettre de vérifier des propriétés ou d'amener à les formaliser. Par exemple, en géométrie riemannienne, l'étude des surfaces (donc des objets en dimension 2) et de leurs géodésiques a finalement conduit Anosov à formaliser le difféomorphisme d'Anosov, une transformation possédant d'intéressantes propriétés dynamiques.
Langage
Article détaillé : Langage mathématique.

Les mathématiques utilisent un langage qui leur est propre. Certains termes du langage courant, comme groupe, anneau, corps ou variété peuvent être empruntés et redéfinis pour désigner des objets mathématiques. Mais souvent des termes sont formés et introduits selon les besoins : isomorphisme, topologie, itération… Le nombre élevé de ces termes rend difficile la compréhension des mathématiques par les non mathématiciens.

Le langage mathématique s'appuie aussi sur l'usage de formules. Elles comportent des symboles, les uns en rapport avec le calcul propositionnel comme le connecteur binaire d'implication ⇒ {\displaystyle \Rightarrow } \Rightarrow ou le connecteur unaire de négation ¬ {\displaystyle \neg } \neg, d'autres en rapport avec le calcul des prédicats, comme le quantificateur universel ∀ {\displaystyle \forall } \forall ou le quantificateur existentiel ∃ {\displaystyle \exists } \exists . La plupart des notations utilisées au XXIe siècle ont été introduites après le XVIIe siècle seulement.

Il existe un langage mathématique qui décrit les mathématiques. En ce sens, on dit qu'il s'agit d'un métalangage : il s'agit de la logique mathématique.
Rapport avec les autres sciences

Les mathématiques entretiennent des rapports particuliers avec toutes les sciences, au sens large du terme. L'analyse de données (interprétation graphique, données statistiques…) fait appel à des compétences mathématiques variées. Mais des outils avancés de mathématiques interviennent dans les modélisations.

Toutes les sciences dites dures, à l'exception des mathématiques, tendent à une compréhension du monde réel. Cette compréhension passe par la mise en place d'un modèle, prenant en compte un certain nombre de paramètres considérés comme causes d'un phénomène. Ce modèle constitue un objet mathématique, dont l'étude permet une meilleure compréhension du phénomène étudié, éventuellement une prédiction qualitative ou quantitative quant à son évolution future.

La modélisation fait appel à des compétences relevant essentiellement de l'analyse et des probabilités, mais les méthodes algébriques ou géométriques s'avèrent utiles.
Physique

Les mathématiques sont nées d'une volonté de compréhension de l'espace ambiant : la géométrie naît de la modélisation de formes idéalisées, et l'arithmétique des besoins des gestions des quantités. Astronomie et géométrie se sont longtemps confondues, jusque dans les civilisations islamiques. Les mathématiques et la physique, après s'être différenciées, ont gardé d'étroits liens. Dans l'histoire contemporaine de ces deux sciences, les mathématiques et la physique se sont influencées mutuellement. La physique moderne use abondamment des mathématiques, en faisant une modélisation systématique pour comprendre les résultats de ses expériences :
Schéma de pendule.

Cette modélisation peut faire appel à des outils mathématiques déjà développés. Ainsi l'usage des métriques en géométrie différentielle est un outil essentiel sur lequel repose notamment la relativité générale, développée par le mathématicien Minkowski puis par le physicien Einstein. Cet usage est aussi utilisé dans les autres théories post-newtoniennes.
Cette modélisation encourage les mathématiciens à s'intéresser davantage à telle ou telle structure mathématique pour les besoins de la physique.
Cette modélisation demande parfois au contraire des outils mathématiques non encore développés et ouvre des nouvelles perspectives mathématiques. Ainsi, Isaac Newton a-t-il développé le calcul différentiel pour pouvoir écrire les lois (classiques) du mouvement ; s'intéressant à la diffusion de la chaleur dans les corps, Joseph Fourier découvre les séries qui portent son nom, porte ouverte sur la théorie de Fourier ;… Plus récemment, citons les problèmes de quantification géométrique, d'intégrales de Feynman, de polynômes de Donaldson…

Un domaine de recherche spécifique, la physique mathématique, tend précisément à développer les méthodes mathématiques mises à l'usage de la physique.

Le lien étroit entre mathématiques et physique se reflète dans l'enseignement supérieur des mathématiques. L'enseignement de la physique fait appel à des cours de mathématiques pour physiciens ; et il n'est pas rare que les cursus de mathématiques dans les universités incluent une initiation facultative à la physique.

Néanmoins, Albert Einstein est un des premiers à relativiser le domaine des mathématiques en rappelant que la physique en utilise plusieurs formes, au gré de ses besoins, et non une seule. Sa Théorie de la relativité générale utilise par exemple une géométrie non euclidienne formalisée par Minkowski. Il énoncera : « En tant que se rapportant à la réalité, la géométrie euclidienne n'est pas exacte. En tant qu'exacte, elle ne se rapporte pas à la réalité » (conférence berlinoise de 1921, la géométrie et l'expérience).
Informatique

L'essor des techniques au XXe siècle a ouvert la voie à une nouvelle science, l'informatique. Celle-ci est étroitement liée aux mathématiques, de diverses manières : certains pans de la recherche en informatique théorique peuvent être considérés comme d'essence mathématique, d'autres branches de l'informatique faisant plutôt usage des mathématiques. Les nouvelles technologies de communication ont quant à elles ouvert la voie aux applications à des branches des mathématiques parfois très anciennes (arithmétique), notamment en ce qui concerne les problèmes de sécurité des transmissions : cryptographie et théorie des codes.

En contrepartie, les sciences informatiques influencent l'évolution moderne des mathématiques.

Les mathématiques discrètes forment un domaine de recherche actuel des mathématiques visant à développer les méthodes utilisées en science informatique, incluant la théorie de la complexité, la théorie de l'information, la théorie des graphes… Parmi les problèmes ouverts, citons notamment le célèbre P=NP en théorie de la complexité, qui fait partie des sept problèmes du prix du millénaire. Celui qui arrivera à décider si P et NP sont différents ou égaux recevra un montant de 1 000 000 USD.

L'informatique est également devenu un outil essentiel à la découverte ou à la démonstration de certains théorèmes mathématiques. L'exemple le plus célèbre est celui du Théorème des quatre couleurs, démontré en 1976 à l'aide d'un ordinateur, car certains des calculs nécessaires sont trop complexes pour être réalisés à la main. Cette évolution bouleverse les mathématiques traditionnelles, où la règle était que le mathématicien puisse vérifier de lui-même chaque partie de la démonstration. En 1998, la Conjecture de Kepler semble avoir également été démontrée par ordinateur, et une équipe internationale travaille depuis sur la rédaction d'une preuve formelle.

En effet, si la preuve est rédigée de façon formelle, il devient alors possible de la vérifier à l'aide d'un logiciel particulier, appelé assistant de preuve. C'est la meilleure technique connue pour être (presque) certain qu'une démonstration assistée par ordinateur ne souffre d'aucun bug. En l'espace d'une trentaine d'années, le rapport entre les mathématiciens et l'informatique s'est donc complètement renversé : d'abord instrument suspect à éviter si possible dans l'activité mathématique, l'ordinateur est devenu au contraire un outil incontournable.
Biologie, chimie et géologie

La biologie est grande consommatrice de mathématiques et notamment de probabilités. La dynamique d'une population se modélise couramment par des chaînes de Markov (théorie des processus discrets) ou par des équations différentielles couplées. Il en va de même pour l'évolution des génotypes : le principe de Hardy-Weinberg, souvent évoquée en génétique, relève de propriétés générales sur les processus à temps discret (existence de lois limites). Plus généralement, la phylogéographie fait appel à des modélisations probabilistes. De plus, la médecine use de tests (statistiques) pour comprendre la validité de tel ou tel traitement. Un domaine spécifique de recherche à la frontière de la biologie est né : la biomathématique.

Depuis le début du XXIe siècle, la chimie organique a fait appel à l'informatique pour pouvoir modéliser les molécules en trois dimensions : il s'avère que la forme d'une macromolécule en biologie est variable et détermine son action. Cette modélisation fait appel à la géométrie euclidienne ; les atomes forment une sorte de polyèdre dont les distances et les angles sont fixés par les lois d'interaction.

Les géologies structurales et climatologiques font appel à des modèles mêlant des méthodes probabilistes et analytiques, pour pouvoir prédire du risque de catastrophe naturelle. La complexité des modèles est telle qu'une branche de recherche est née à la frontière des mathématiques et de la géophysique, à savoir la géophysique mathématique. De même, la météorologie, l'océanographie et la planétologie sont grandes consommatrices de mathématiques car elles nécessitent des modélisations.
Sciences humaines

Son rapport avec les sciences humaines se fait essentiellement par les statistiques et les probabilités, mais aussi par des équations différentielles, stochastiques ou non, en économie et en finance (sociologie, psychologie, économie, finance, gestion, linguistique…).

La logique est depuis l'Antiquité l'une des trois grandes disciplines de la philosophie, avec l'éthique et la physique. Des philosophes comme Pythagore et Thales de Milet ont inventé les célèbres théorèmes géométriques portant leur nom. « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre », était-il gravé sur le portail de l'Académie de Platon pour qui les mathématiques sont un intermédiaire pour accéder au monde des Idées.

Notamment, les mathématiques financières sont une branche des mathématiques appliquées visant à la compréhension de l'évolution des marchés financiers et de l'estimation des risques. Cette branche des mathématiques se développe à la frontière des probabilités et de l'analyse et use des statistiques.

Beaucoup plus subtil est le cas de l'économie mathématique. Le postulat fondamental de cette discipline est que l'activité économique peut se comprendre à partir d'un axiome de nature anthropologique, celui de l'acteur individuel rationnel. Dans cette vision, chaque individu cherche par ses actions à accroître un certain profit, et ce de façon rationnelle. Cette sorte de vision atomiste de l'économie permet à celle-ci de mathématiser relativement aisément sa réflexion, puisque le calcul individuel se transpose en calcul mathématique. Cette modélisation mathématique en économie permet de percer à jour des mécanismes économiques qui n'auraient pu être découverts que très difficilement par une analyse « littéraire ». Par exemple, les explications des cycles économiques ne sont pas triviales. Sans modélisation mathématique, on peut difficilement aller au-delà du simple constat statistique ou des spéculations non prouvées. Toutefois, certains sociologues, comme Bourdieu, et même certains économistes, refusent ce postulat de l'homo œconomicus, en remarquant que les motivations des individus comprennent non seulement le don, mais dépendent également d'autres enjeux dont l'intérêt financier n'est qu'une partie, ou tout simplement ne sont pas rationnelles. La mathématisation est donc selon eux un habillage permettant une valorisation scientifique de la matière.

On assiste également au début du XXe siècle, à une réflexion pour mettre les mouvements historiques en formule, comme le fait Nikolaï Kondratiev qui discerne un cycle de base pour expliquer les phases d'expansion et de crise en économie politique, ou Nicolas-Remi Brück et Charles Henri Lagrange14 qui, dès la fin du XIXe siècle, ont amplifié leur analyse jusqu'à pénétrer dans le domaine de la géopolitique en voulant établir l'existence, dans l'histoire, de mouvements de vaste amplitudes qui mènent les peuples à leur apogée, puis à leur déclin15

Cependant une mathématisation des sciences humaines n'est pas sans danger. Dans l'essai polémique Impostures intellectuelles, Sokal et Bricmont dénoncent la relation non fondée ou abusive d'une terminologie scientifique, en particulier mathématique et physique, dans le domaine des sciences humaines. L'étude de systèmes complexes (évolution du chômage, capital d'une entreprise, évolution démographique d'une population…) fait appel à des connaissances mathématiques élémentaires mais le choix des critères de comptage, notamment dans le cas du chômage, ou de la modélisation peut être sujet à polémique.
Rapport avec l'astrologie, l'ésotérisme

Les mathématiques ont entretenu pendant longtemps des liens très étroits avec l'astrologie. Celle-ci, par le biais de thèmes astraux, a servi de motivation dans l'étude de l'astronomie. Des mathématiciens de renom furent également considérés comme des grands astrologues. On peut citer Ptolémée, les astronomes de langue arabe, Regiomontanus, Cardan, Kepler, ou encore John Dee. Au Moyen Âge, l'astrologie est considérée comme une science se rangeant dans les mathématiques. Ainsi Theodor Zwingler signale dans sa grande encyclopédie, concernant l'astrologie, que c'est une science mathématique traitant du « mouvement actif des corps en tant qu'ils agissent sur d'autres corps » et réserve aux mathématiques le soin de « calculer avec probabilité les influences [des astres] » en prévoyant leur « conjonctions et oppositions »16. Les théories astrologiques occidentales contemporaines se targuent de suivre des méthodes scientifiques. En particulier, l'astrologie statistique utilise les tests statistiques pour mettre en évidence d'éventuelles corrélations entre la position des astres et le devenir des hommes. Toutefois, ces études initiées par Choisnard et Gauquelin, menées à la marge de la recherche scientifique, n'ont, en date de 2009, pas été productives et n'ont réussi à donner aucune preuve recevable d'un lien de cause à effet.

Les mathématiques sont aussi une composante de l'ésotérisme. Très fréquemment, les mathématiciens eux-mêmes ont été tentés de trouver dans la figure ou le nombre un sens caché servant de clé dans la découverte du monde. Dans l'école pythagoricienne, chaque nombre a une signification symbolique et le serment des initiés se serait énoncé devant une tretraktys17 De même Platon ne se contente pas d'énumérer les solides qui portent son nom il attribue à chacun d'eux une nature (eau, terre, feu, air, univers)18. L'arithmosophie, la numérologie, la gématrie, l'arithmancie tentent, à travers des calculs sur les nombres, de trouver des significations cachées à des textes ou d'en extraire des propriétés prédictives. On retrouve cette fascination pour le nombre et la figure encore de nos jours où certains attribuent des vertus cachées à un pentacle ou un nombre d'or.

Au XXIe siècle, ces disciplines ne sont plus considérées comme des sciences19.
Impact culturel
Expression artistique
Page couverture du Traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels de Jean-Philippe Rameau.

Les notes qui sonnent bien ensemble à une oreille occidentale sont des sons dont les fréquences fondamentales de vibration sont dans des rapports simples. Par exemple, l'octave est un doublement de fréquence, la quinte une multiplication par 3/2.

Ce lien entre les fréquences et l'harmonie a été notamment détaillé dans le Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels de Jean-Philippe Rameau20, compositeur baroque français et théoricien de la musique. Il repose en partie sur l'analyse des harmoniques (notées 2 à 15 dans la figure suivante) d'un son fondamental Do grave (noté 1), les premières harmoniques et leurs octaves sonnant bien entre elles.
Les harmoniques sur une portée.

Si la courbe tracée en rouge, qui suit les notes harmoniques, a une allure logarithmique, cela correspond au rapport entre deux phénomènes :

d'une part, la représentation de la hauteur d'un son par notre système auditif qui est proportionnelle au logarithme de la fréquence du son (une fréquence double correspond toujours à la même « distance sonore » appelée octave) ;
d'autre part, les fréquences harmoniques qui sont des multiples entiers de la fréquence fondamentale.

Fractale possédant une symétrie d'échelle et une symétrie centrale.

Les Occidentaux associent une certaine beauté aux figures symétriques. Une symétrie d'une figure géométrique est, intuitivement, l'existence d'un motif de la figure qui se répète suivant une règle précise, tout en étant partiellement transformé. Mathématiquement, une symétrie est l'existence d'une action non triviale d'un groupe, très souvent par isométrie, c'est-à-dire qui préserve les distances sur la figure. En d'autres termes, l'intuition de la règle est mathématiquement réalisée par le fait que c'est un groupe qui agit sur la figure, et le sentiment qu'une règle régit la symétrie est précisément dû à la structure algébrique de ce groupe.

Par exemple, le groupe lié à la symétrie miroir est le groupe cyclique à deux éléments, ℤ/2ℤ. Un test de Rorschach est une figure invariante par cette symétrie, de même qu'un papillon et plus généralement le corps des animaux, du moins en surface. Lorsqu'on dessine la surface de la mer, l'ensemble des vagues possède une symétrie par translation : bouger notre regard de la longueur séparant deux crêtes de vagues ne change pas la vue que l'on a de la mer. Un autre cas de symétrie, cette fois non isométrique et presque toujours seulement approximative, est celui présenté par les fractales : un certain motif se répète à toutes les échelles de vision.
Vulgarisation
Article détaillé : Vulgarisation.

La vulgarisation mathématique a pour objectif de présenter les mathématiques en un langage dénué de termes techniques. Comme l'objet d'études des mathématiques n'est pas réel, elle use souvent d'un vocabulaire imagé, et de comparaisons ou analogies non rigoureuses, pour faire sentir l'idée des développements mathématiques. Parmi les ouvrages qui se fixent ce but, citons Oh, les maths de Yakov Perelman et Le livre qui rend fou de Raymond Smullyan. Toutefois, les mathématiques font rarement l'objet de vulgarisation dans des journaux écrits ou télévisés.

La revue Tangente, l'aventure mathématique est le principal magazine de vulgarisation mathématique édité en France.

La revue Images des mathématiques, soutenue par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), relève également le défi. Elle fait découvrir au plus grand nombre la recherche mathématique contemporaine et son environnement.

La revue Accromαth21 est soutenue par l'Institut des sciences mathématiques et le Centre de recherches mathématiques de Montréal. Elle s'adresse principalement aux élèves et enseignants d'école secondaire et de cégep et est distribuée gratuitement au Québec.
Littérature et filmographie

Si nombre de biographies portent sur les mathématiciens, les mathématiques sont un thème certes peu exploité dans la littérature ou la filmographie, mais présent.
Romans

Plusieurs livres de Denis Guedj, dont :

Le Théorème du Perroquet
Zéro, ou les cinq vies d'Aémer
Le Démon des maths de Hans Magnus Enzensberger
Mathématique du crime de Guillermo Martinez
Oncle Petros et la conjecture de Goldbach d'Apóstolos Doxiádis
Flatland, d'Edwin Abbott Abbott
La Formule préférée du professeur, de Yōko Ogawa
2 + 2 = 5
Le Planivers

Films

Will Hunting (1997)
Un homme d'exception, film de Ron Howard (2001)
Pi, film de Darren Aronofsky (1998)
Proof (2005)
Crimes à Oxford (2008)
C'est la tangente que je préfère, film de Charlotte Silvera (1998)
Las Vegas 21, film de Robert Luketic (2008)
L'Amour en équation, film de Fred Schepisi (1995)

Théâtre
Pièces de théâtre

La Preuve de David Auburn, 2000 (Proof, éd. Dramatist's Play Service, 2002)
One zéro show et Du point à la ligne de Denis Guedj (Paris, Seuil, 2001, (ISBN 9782020373791))

Spécialistes de théâtre de sciences

Le Théâtre scientifique de Louis Figuier, Fabienne Cardot, Romantisme, 1989
Théâtre et sciences, Le double fondateur, Jacques Baillon, L'Harmattan, 1998
La Recherche théâtrale dans un institut technologique et scientifique, Ouriel Zohar, dans Théâtre et Science, éd. Pr Lucile Garbagnati, F. Montaclair et D. Vingler, Presses du Centre Unesco de Besançon et du Théâtre de l'Université de Franche-Comté, Besançon, 1998.
Théâtre et matière, Les moteurs de représentation, Jacques Baillon, L'Harmattan, 2002
Le Théâtre de sciences, Michel Valmer, CNRS Éditions, 2006
Science on stage, from Dr Faustus to Copenhagen, Kirsten Sheperd-Barr, Princeton University Press, 2006.
Le Modèle scientifique dans le théâtre de Tom Stoppard, Liliane Campos, dans Epistémocritique, Revue d'études et de recherches sur la littérature et les savoirs, vol. II, 2008
L'île logique, théâtre et clowns sur la logique, les mathématiques et la physique théorique (CNRS, école Polytechnique), Cédric Aubouy. 2008.

Séries télévisées

Numb3rs, série de Nicolas Falacci et Cheryl Heuton.
Eureka, série télévisée créée par Andrew Cosby et Jaime Paglia.
Stargate Universe, série télévisée créée par Brad Wright et Robert C. Cooper.

Bibliographie

Jean-Pierre Kahane (ed.), L'enseignement des sciences mathématiques : Commission de réflexion sur l'enseignement des mathématiques [détail des éditions]
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Ven 23 Sep à 9:44

23 Σεπτεμβρίου 2016

Όπως κάθε χρόνο έτσι και φέτος σας περιμένουμε όλους στη Βραδιά του Ερευνητή, στις 30 Σεπτεμβρίου, για να ανακαλύψετε τι μπορεί να κάνει η επιστήμη και η έρευνα για ένα καλύτερο μέλλον.

H Βραδιά του Ερευνητή, η μεγαλύτερη γιορτή για την επιστήμη και την έρευνα που διοργανώνεται κάθε χρόνο σε περισσότερες από 300 πόλεις σε όλη την Ευρώπη, κλείνει φέτος τα 11 της χρόνια. Στην Ελλάδα διοργανώνονται εκδηλώσεις σε δέκα πόλεις από δύο επιστημονικές κοινοπραξίες:

Η κοινοπραξία RENA οργανώνει βραδιές στις πόλεις: Αθήνα (ΕΚΕΦΕ Δημόκριτος) – Κόρινθος – Πύλος – Ξάνθη – Ηράκλειο (Θαλασσόκοσμος)
Η κοινοπραξία IRENE οργανώνει βραδιές στις πόλεις: Αθήνα (ΕΜΠ) – Θεσσαλονίκη – Λάρισα – Πάτρα – Ηράκλειο (ΙΤΕ) – Ρέθυμνο (ΙΤΕ)

Μέσα από παρουσιάσεις, πειράματα, δρώμενα ειδικά σχεδιασμένα για μαθητές, εργαστήρια για εκπαιδευτικούς, διαγωνισμούς και ποικίλες πρωτότυπες εκδηλώσεις, η έρευνα ανοίγει τις πόρτες της στον χώρο της εκπαίδευσης αλλά και στο ευρύτερο κοινό, δίνοντας του την ευκαιρία μιας άμεσης προσέγγισης με τους ανθρώπους της επιστήμης.

Πριν την κεντρική εκδήλωση, έξι μικρότερες εκδηλώσεις θα προηγηθούν για την καλύτερη γνωριμία του κοινού με τους στόχους και τους επιστημονικούς φορείς της διοργάνωσης: το ΕΚΕΦΕ «Δημόκριτος», το Εθνικό Αστεροσκοπείο Αθηνών, το Ερευνητικό Κέντρο «Αθηνά», το Εθνικό Ίδρυμα Ερευνών, το Ινστιτούτο Παστέρ και το ΕΛΚΕΘΕ στην Ανάβυσσο!

Συγκεκριμένα στην Αθήνα στο ΕΚΕΦΕ Δημόκριτος (Αγία Παρασκευή), στην Αίθουσα Θέμις Παραδέλλης (Κτήριο 6) 1ος όροφος, από τις έξι το απόγευμα μέχρι τα μεσάνυχτα, το κοινό θα έχει την ευκαιρία να γνωρίσει από κοντά τους ερευνητές, να ενημερωθεί για το ερευνητικό έργο τους, να πάρει μία γεύση από την καθημερινότητά τους και να χαρεί τη μαγεία των επιστημών. Το παρών θα δώσει και φέτος ο Ευρωπαϊκός Οργανισμός Διαστήματος, ESA, με μια ποικιλία δράσεων και παρουσιάσεων. Πληροφορίες ΕΔΩ.

Στον καταπράσινο εξωτερικό χώρο του Δημόκριτου, ανάμεσα στα δέντρα, αλλά και σε κατάλληλα διαμορφωμένες αίθουσες, θα έχουν στηθεί πειραματικές επιδείξεις και διαδραστικά παιχνίδια από τα μεγαλύτερα ερευνητικά κέντρα και φορείς της χώρας για μικρούς και μεγάλους

Μέσα από παρουσιάσεις, πειράματα, συζητήσεις, προβολές, παιχνίδια, ειδικά σχεδιασμένα για το ευρύ κοινό, παιδιά και γονείς έρχονται σε επαφή με τον άγνωστο κόσμο του ερευνητή, τον τρόπο δουλειάς του και τους χώρους που κινείται.

Ποιος είναι ο Ευρωπαϊκός Οργανισμός Διαστήματος;

Η Δρ. Γεωργία Δοξάνη, ειδική σε θέματα τηλεπισκόπησης και ερευνήτρια στο Επίγειο Τμήμα Λειτουργίας των Αποστολών στον τομέα προγραμμάτων Παρατήρησης της Γης στο ESRIN, ESA, θα παρουσιάσει στο κοινό τον Οργανισμό και τις δραστηριότητες του.

Η ομιλία θα πραγματοποιηθεί στο κεντρικό αμφιθέατρο με τίτλο: «Ο Ευρωπαϊκός Οργανισμός Διαστήματος: Επιτεύγματα και Προοπτικές».
Μαθαίνοντας για την παρατήρηση της Γης

Ο δικός μας πλανήτης

Ο πλανήτης μας, η Γη, είναι μοναδικός στο ηλιακό μας σύστημα, καθώς σφύζει από ζωή και είναι γεμάτος θαυμάσια τοπία. Είναι άλλωστε και το δικό μας σπίτι. Παρατηρώντας τον με μια διαφορετική ματιά, μέσα από μια πληθώρα δορυφόρων μπορούμε να τον προστατεύσουμε, να βοηθήσουμε στη τη διατήρηση της μοναδικότητας του αλλά και να διευκολύνουμε πολλές καθημερινές μας δραστηριότητες. Μέσα από το παιχνίδι με τις εικόνες της Γης από το διάστημα, θα ανακαλύψετε παρέα με τους ερευνητές μας, τη σημασία παρατήρησης της Γης από τους διάφορους δορυφόρους.

Ταξίδι στον Κόκκινο Πλανήτη

Επίσης,στο φετινό μας ταξίδι θα πατήσουμε στον Άρη, ακολουθώντας την φιλόδοξη αποστολή ExoMars, η οποία θα εξερευνήσει την ύπαρξη ζωής στον κόκκινο πλανήτη.

Το κοινό μέσα στην Αίθουσα παρακολουθεί τις παρουσιάσεις της ESA

Μαγειρεύοντας έναν ... κομήτη

Έπειτα οι μικροί μας φίλοι θα γίνουν για λίγο διαστημικοί μάγειρες, μαγειρεύοντας με απλά υλικά έναν κομήτη, ενώ παράλληλα θα ακούσουν την συναρπαστική ιστορία της Rosetta και των κατορθωμάτων αυτής και του μικρού ρομπότ που προσεδαφίστηκε στον κομήτη 67P, Philae.

Μία βόλτα στον Διαστημικό Σταθμό

Θα πάμε, επίσης, μια βόλτα από το διαστημικό σταθμό, για να παρατηρήσουμε την έρευνα και την ζωή των αστροναυτών εκεί και θα γνωρίσουμε πώς δουλεύουν οι αστροναύτες σε συνθήκες έλλειψης βαρύτητας τόσο μακριά από το σπίτι μας, τη Γη.

Το πρόγραμμα της εκδήλωσης έχει ως ακολούθως:

17:30-18:00 "Ο Διεθνής Διαστημικός Σταθμός και η ζωή των αστροναυτών στο διάστημα" βίντεο (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

18:15-18:45 "Η Γη από το διάστημα" Διαδραστικό παιχνίδι (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

19:00-19:20 "ExoMars - Προς Αναζήτηση Ζωής στον Κόκκινο Πλανήτη" παρουσίαση (διάρκεια 20min)

19:30-19:50 "Μαγειρεύοντας έναν κομήτη" παρουσίαση/εργαστήριο (διάρκεια 20min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

20:00-20:20 "Μαγειρεύοντας έναν κομήτη" παρουσίαση/εργαστήριο (διάρκεια 20min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

20:30-20:50 "ExoMars - Προς Αναζήτηση Ζωής στον Κόκκινο Πλανήτη" παρουσίαση (διάρκεια 20min)

21:00-21:30 "Η Γη από το διάστημα" Διαδραστικό παιχνίδι (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

21:45-22:15 "Ο Διεθνής Διαστημικός Σταθμός και η ζωή των αστροναυτών στο διάστημα" βίντεο (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

22:30-23:00 "Ο Διεθνής Διαστημικός Σταθμός και η ζωή των αστροναυτών στο διάστημα" βίντεο (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

*μπορεί να γίνουν μικρές αλλαγές στο πρόγραμμα. Μπορείτε να ενημερώνεστε απευθείας από την ιστοσελίδα των διοργανωτών.

** Για τις προκρατήσεις και οποιαδήποτε άλλες πληροφορίες, μπορείτε να απευθυνθείτε στο τμήμα Οργάνωσης και Παραγωγικότητας του ΕΚΕΦΕ «ΔΗΜΟΚΡΙΤΟΣ» , e-mail : communications@central.demokritos.gr, τηλ. 210-650 3079, 210-650 3015, 210-650 3002.

Σας περιμένουμε όλους για μια υπέροχη Βραδιά του Ερευνητή, γεμάτη εκπληκτικές εικόνες, συναρπαστικές περιγραφές και πολλή διαστημική επιστήμη!

Ακολουθήστε μας στο Twitter @ESA_Hellas για όλες τις τελευταίες ενημερώσεις στο πρόγραμμα αλλά και εξελίξεις ζωντανά κατά τη διάρκεια της Βραδιάς. Μπορείτε κι εσείς να συμμετέχετε κάνοντας tweet στο hashtag #rengreece.

Σημείωση: Οι πολίτες με τις οικογένειες και τα παιδιά τους θα μπορούν να επισκέπονται μεμονωμένα το ΕΚΕΦΕ «ΔΗΜΟΚΡΙΤΟΣ» στις 30 Σεπτεμβρίου από τις 18.00 έως τα μεσάνυχτα. Απαραίτητη προϋπόθεση είναι να κάνουν εγγραφή μέσω της φόρμας ΕΔΩ, αν επιθυμούν ξενάγηση στα εργαστήρια.
Για τις υπόλοιπες δραστηριότητες που θα λάβουν χώρα, δεν χρειάζεται εγγραφή.

Σημαντικές πληροφορίες

Χώρος Διεξαγωγής: ΕΚΕΦΕ Δημόκριτος (Αγία Παρασκευή), Αίθουσα Θέμις Παραδέλλης (Κτήριο 6) 1ος όροφος

Ώρα: 18:00 - 00:00

Είσοδος: Ελεύθερη για όλους

Ενημέρωση μέσω της ιστοσελίδας Βραδιά του Ερευνητή και στο www.facebook.com/rengreece
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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Lun 3 Oct à 9:40

Dans la volonté, on y retrouve la notion de combativité. Ce phénomène peut être démultiplié dans le sens du matériel et d’un autre phénomène que l’on surnomme la construction du sens.
En effet, il y a cinq sens pour l’un ; pour d’autres il n’y en a pas : D’où l’intérêt d’y inclure l’aspect de recherche pour donner sous forme de Définition à un problème de rationalité. La combativité est un sens ou une recherche ?


Pour la culture japonaise, les deux sont étroitement liés dû au fait que le seuil n’est pas encore résolu dans le sens théorique du scientifique. Ainsi est né l’embryon : L’amour ne peut être une épreuve. L’amour, donc, est une conséquence ou une sorte de soumission. Alors, pourquoi tant de mathématicien et philosophe, interprète-il l’amour comme réel dans l’irréel.


L’amour n’est pas un sens : Il aurait pu être une passion si l’amour se complétait. Or là, l’amour de passion n’a qu’une part douce d’irréalité ; il y a aucune volupté. Il est charnel. Donc, le sens de l’amour est inclus dans la chair et l’information. Ainsi, l’amour est le plus grand préliminaire du sexe… La combativité s’inclus plus dans un terme d’amitié ou dans l’attribution d’un pouvoir.


Le combatif ne s’oppose pas au sexe, ni d’ailleurs à l’amour : Mais le combatif sépare l’âme du corps. Il y a le bestial ! Chacun a son sens de l’interprétation pour le prénommer. Ainsi, le platonique n’est ni vérité, ni certitude. Il y a un cheminement. On parle des filtres d’amours en magie ; un scientifique dans sa juste raison, dénoncera l’humide de la femme et l’impuissance métaphysique de l’homme. La femme n’a pas besoin d’une lueur pour se donner à un mâle ; l’homme lui a besoin d’une lueur, de cours et d’un amour. La femme est une symboliste, l’homme n’a pas cet attrait de découvrir…


Tous les hommes ne sont pas des mâles et c’est ainsi que la femme créa la réunion de groupe : Si la pomme est liés à la discorde, cette différence s’appelle le lien du poète. L’érection n’est pas taboue, et c’est ainsi qu’est né cet art de la pomme face à la discorde : La Psychologie est incapable de donner un profil de la fille facile et du mâle.




Alors, ce débat pourrait être éternel si il n’y avait pas les choses courantes : Les êtres semblent donner la volonté de rassembler leurs idées autour d’une volupté… aucunes ne semblent être commune malgré leur nombre limité. Ainsi le corps n’est pas un outil pour le crime ; dans le mille, cette prostitution est sujette à la torture, à la vente et au marketing. Nous le savons, vous le savez ! Le média est bien plus qu’un outil de télécommunication ! C’est le monde secret des réponses autour de cette illusion qu’être devenu bien plus qu’une ombre à la solde de « pions ignorants » ignorant les parfums secrets des reines et de leurs agents… Dans la volonté, il y a deux forces : L’électrique et le cerveau.



Ainsi, bien plus qu’une apparence ! j’ai aperçut l’intérêt de cette certitude : Politiquement, il n’y a pas de taupes ! Des mouchards, hum… Bien plus, c’est l’espionnage ! Un monde où la mort est un camouflet au même titre que la personnalité : Des traînées de pétrole s’échappant du « prestige ». Ainsi, la nature de l’Homme n’est pas de prévenir sur les coups que peuvent recevoir ses femmes devenues des filles de joie. Il y a-t-il un intérêt à les fréquenter ou alors, juste pour leur donner des cours de tuyauterie. Les mouchards sont plus efficace de l’espace, chaque puissance possédant son propre satellite d’observation ; Le scientifique est le fou et le géographe devint le cavalier d’un vaste échiquier : La géopolitique en est toujours à ce coût que procure un tournoi de joueurs. On peut parler des gènes mais il y a le goût du physique. Bien que les problèmes ne soient plus ; car en amour comme en sciences, on fait à cet appel de données. Etre devenu au cœur de l’information. Pourtant, l’éprouvette a enrayé la peste ou d’autres maladies : C’est logique, l’éprouvette a donné l’existence à l’embryon auprès de l’ovaire. Le mythe d’un homme et d’une servante qui donne à une femme d’être une mère. La science a écartelé la jalousie des hommes et des femmes pour laisser place à ce fait : Guérir. C’est noble mais tel est le terrible. Une petite mouette volant sur l’onde criant et jouant à travers l’espace. Découvrir notre chaînon s’est ici ; le danger s’est là-bas. Cette information n’est pas liés à l’érection ; ainsi il existe le secret médicale pour le bien de l’individu : L’amour et le travail sont deux horloges. J’ai eu peur de ne pas y parvenir ; peur d’être timide. Mais, j’ai eu la violence sur moi-même, et comme beaucoup, je l’ai attribué à la claustrophobie. Mais, j’avais conscience du mal. Pour ne pas craquer être simple, et là de vieilles légendes, me sont revenu : J’ai hait l’homme mais pas ces livres. Je n’étais pas sociable car j’avais honte. Ainsi si, la philosophie s’est greffée à l’amour, au désir et au sexe ; Les mathématiques et la biologie ont conçu ce fait sur les résultats de la molécule physique, les atomes et de l’observation de l’astronomie : Les géopolitiques, l’espace et l’histoire. La vie est au sein d’un infiniment grand et d’une minuscule électrique : Le ciel et l’espace. L’histoire du petit s’implose au sein d’une ligne dans le fait que la gravité est le déclencheur de l’arc électrique. La hauteur donne des indications sur le volume et la masse.


La tempête n’a rien laissé que son propre spectre : Mais quelle soit électrique ou matière ; elle est avec la gravité, la formation du ciel céleste. La ligne du néant donne un parallèle avec le temps pour le vide. Les scientifiques confondent la cellule et le centres d’où ces interminables réunions sur la créativité de l’univers. Ainsi ce parallèle est donné par l’étendu et les différentes sources de luminosité sont définies sur le fait de l’étendue.

Ecrit
de
TAY
La chouette effraie dit
Monsieur Tignard Yanis "Kounak" Cyril

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MessageSujet: Re: Y'becca, La Vie et L'Histoire du Protestantisme   Jeu 12 Jan à 8:18

Le référendum est une institution et en cela, il n'est jamais dit que le principe du Referendum est une forme d'émancipation envers les autorités publiques... Le Referendum est la manière la plus noble auquel une loi peut être établi: Pourtant, un jour, Louis Napoléon utilisa cette manière du suffrage universel direct qui marqua les esprits... Le Peuple ne peut pourtant nier le rôle évident que représente le referendum dans le principe civique et morale de "l'individue et de l'individu" dans le terme de Démocratie... Ce principe pourtant, peut être juste consultatif mais il permet ainsi à l'individu de se mettre en situation auquel se retrouve exposer les élu"e"s... Certains voient dans le referendum une forme de combat de coq ou de boxe, en tout cas, à l'image d'un vote électif, il est un aspect fondamentale d'une cohésion morale auquel la démocratie doit faire face: Il surpasse l'aspect de l'état et sans le remettre en cause, il est capable de pointer certaines choses de la vie quotidienne. Dans certains pays, il y a l'aspect de pétition qui peuvent être soumise au suffrage universel indirect... Le suffrage universel direct auquel appartient le Référendum est un aspect essentiel du caractère humain auquel un peuple veut s'adresse envers ses nouvelles générations... Le fait de débattre est un outil essentiel en terme de communication et pourtant dans certains cas, la question du Référendum relève de l'intérêt de l'état régalien, c'est en cela que certains hésitent sur son aspect même mais il montre l'aspect même de l'interlocuteur qui propose le sujet de la question. Le référendum est une loi d'utopie qui pourtant montre l'aspect réel de l'individu dans la société: En cela, j'accorde une importance réelle dans la constitution de Y'becca et des Républiques d'Israël et de la Palestine ainsi que dans toutes les Nations Morales et Physiques pour une reconnaissance morale et intellectuel dans le référendum: Son vote est lié malheureusement à des disputes entre des élu"e"s du Suffrage universel indirect... Toutefois, tout comme le vote direct du parlement et tout vote indirect du parlement, le référendum ne peut être organiser pour un Conflits d’intérêts et en cela, c'est au pouvoir judiciaire et à ses membres qu'il soit public et privé tout en maintenant et mettant l'aspect du service public militaire et civil dans la lutte contre les Conflits d’intérêts qui pourrait s'ingérer dans la teneur du débat et du vote: L'aspect du Général, de la société et l'individu doit être soulever en soulevant toutes les égalités et inégalités que peuvent engendrer le référendum... Certains peuvent s'amuser à créer de lois et des référendum pour des Conflits d’intérêts, pour créer des désordres et par gloire personnel... Cela n'est pas dans l'intérêt de l'harmonie sereine auquel nous devons être en ces situations profondes de changement de climat: "De jour en jour; le petit Nuage de Magellan et La Galaxie d'Andromède évolue depuis µ Êta Careme" s'écrie Nagaliew la mouette aux yeux verts..."
L'aspect du référendum est un droit de cité et de navire dans les prochains siècles à venir; et le juge suprême de la république de l'olivier s'y engage et dans des situations d'urgence, notre professionnalisme institué par la philosophie et la prudence du référendum nous permettra d'avoir l'anticipation sur le danger qu'il soit matérielle, morale et naturelle, ils peuvent être distinct ou englobé, Le référendum et ses principes il est un aspect fondamentale d'une cohésion morale auquel la démocratie, une armée ou un navire doit faire face... Le Laïc et l'Eternel devant la démocratie et la Nature. Conflits d’intérêts... Le clans des mouettes et la cinquième république devant l'adversité des peurs et des intérêts... Nous sommes prêt à faire face à l'avenir... La République de l'Olivier...

Ecrit de
TAY
La chouette effraie
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