Le clans des mouettes

ainsi est la force.
 
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 L'infinité de l'infinité ou Citations infini

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yanis la chouette



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MessageSujet: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:15

La Tragédie Kurdes, sa guerre civile et les "constantins".
Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.
http://la-5ieme-republique.actifforum.com/t129-y-becca-entre-la-n-s-a-et-le-marxisme-ou-aiguilles
Ecrit
De
TAY
La chouette effraie.

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C’était une nouvelle naissance. Et le plus beau, c’était qu’à présent il voulait justement être celui qu’il était. Si une infinité de possibilités s’étaient offertes à lui, il n’en aurait pas choisi d’autres. Désormais il savait : il y avait dans le monde des milliers et des milliers de formes de joie, mais au fond toutes ces joies n’en faisaient qu’une : celle du pouvoir d’aimer.

L'Histoire sans fin de Michael Ende

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Ce qui fait la valeur d'un être mathématique, démonstration ou définition, n'est pas exclusivement sa rationalité ou ses compétences opératoires mais aussi sa beauté. Ainsi de cette définition de la ligne droite: la circonférence d'un cercle infini.
Aleph zero
[ Jérôme Ferrari ]

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Persévérez, et tenez-vous toujours ferme à l'heure présente. Chaque moment, chaque seconde est d'une valeur infinie, car elle est le représentant d'une éternité toute entière.
[ Johann Wolfgang von Goethe ]

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Quand une femme a des ambitions (mondaines, intellectuelles, ou professionnelles comme aujourd'hui) et les moyens de les satisfaire, elle est infiniment moins tentée que d'autres d'investir son temps et son énergie dans l'élevage de ses enfants.

L'amour en plus
Elisabeth Badinter

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La liberté d'expression, c'est s'octroyer la possibilité de dire ce qu'il est interdit de dire. Dire seulement ce qui est permis, n'est pas l'usage d'une liberté mais l'usage d'un droit. Un droit pas essence est limité. La liberté est infinie, ou elle n'est pas.
Conférence
[ Philippe Bartherotte

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Dans son infinie connaissance de l’artifice, le Système a tôt compris que c’était l’hypocrisie qui faisait le parfait croyant, pas la foi qui par sa nature oppressante traîne le doute dans son sillage, voire la révolte et la folie. Il a aussi compris que la vraie religion ne peut rien être d’autre que la bigoterie bien réglée, érigée en monopole et maintenue par la terreur omniprésente.
2084 - La fin du monde de Boualem Sansal

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Un être qu'on ignore est un être infini, susceptible, en intervenant, de changer notre angoisse et notre fardeau en aurore artérielle. Entre innocence et connaissance, amour et néant, le poète étend sa santé chaque jour.
Seuls demeurent (1938-1944)
[ René Char ]

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Ma libéralité est aussi illimité que la mer, et mon amour aussi profond : plus je te donne, plus il me reste, car l‘une est l‘autre sont infinis.
Shakespeare : Roméo et Juliette II, 2

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S’il existe 19 milliards de galaxies, pourquoi moi, je n’aurais pas une âme ? Aussi infiniment petite soit elle. Peut-être aussi petite qu’un photon, ou encore mieux, que l’un de mes neurones ? Ne pas croire en la résurrection a toujours été inconcevable pour moi. Mais je constate de plus en plus les dangers du monothéisme en ce bas monde.
L'Obs, 26 mars 2009 - Jim Harrison

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Et le temps cessera d’exister. Parce qu’au pays du plaisir qui naît dans le véritable amour, tout est infini.
Paulo Coelho ; Le manuscrit retrouvé

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Si l'argent exerce une si grand fascination sur ceux qui craignent la mort, c'est qu'il est un nombre et que par définition le nombre est infini. Espèrent-ils, en accumulant l'argent, conjurer leur angoisse par rapport à la finitude de leur vie ?.
Luc Simonet

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Âmes par âmes j'ai poursuivi mon amour, jour après jour au fond de moi-même, non comme les notes d'une mélodie sans suite, mais comme les mesures d'un infini sans mesure.
Cahiers de Rodez (septembre-novembre 1945)
Antonin Artaud
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:22

Intro

La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle.

Les pensées de bl. pascal: suivies d'une nouvelle table analytique (édition 1826)
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Après cette citation de Pascal Blaise nous nous voyons en mesure de faire exposé du sujet présenté par Sir Jenkins Gareth...

Marxisme et terrorisme
par Gareth Jenkins

18 mars 2015

Article paru au printemps 2006 dans la revue International Socialism.
Traduction en 2015 par Jean-Marie Guerlin.

Le « terrorisme » est la nouvelle menace mondiale contre laquelle il faut aujourd’hui, à en croire les politiciens de la classe dirigeante et les médias, mener une guerre totale. Ben Laden et Al Qaida sont pour eux une ombre omniprésente contre laquelle se rangent en ordre de bataille les valeurs démocratiques de la civilisation – un démon devant être exorcisé à tout prix, y compris par la réduction des libertés publiques.

Cette attitude se propage jusque dans des secteurs de la gauche. Ceux qui, dans les années 1970, manifestaient de la sympathie pour des organisations qui, comme l’IRA provisoire, utilisaient des méthodes « terroristes », ont souvent une attitude complètement différente face au « terrorisme » d’aujourd’hui. Les anciennes organisations « terroristes », semble-t-il, pouvaient être considérées favorablement dans la mesure où leurs actes se justifiaient au nom d’une idéologie laïque et progressiste, comme la libération nationale, l’anti-impérialisme ou le socialisme. Celles d’aujourd’hui, à l’inverse, sont vues comme « islamo-fascistes » ou « anticapitalistes réactionnaires », et doivent par conséquent être condamnées comme peu différentes du système qu’elles combattent, sinon pires.

Mais quelles que soient les différences entre le terrorisme d’aujourd’hui et celui de jadis – et elles sont, malgré les apparences, peu nombreuses – la question de savoir comment y répondre interroge avec insistance les révolutionnaires.

Marx et Engels, à diverses occasions, durent critiquer le type de stratégie qui mettait l’accent, non sur l’action de masse, mais sur les actes d’individus isolés (comme faire sauter des bâtiments ou assassiner des êtres haïssables) – désignée sous l’appellation de « terrorisme » à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle.1

Le premier cas fut celui des Fenians, ou Irish Republican Brotherhood, une société secrète révolutionnaire dédiée à l’émancipation de l’Irlande. En septembre 1867, des Fenians locaux de Manchester firent sauter la porte d’un fourgon cellulaire qui amenait au tribunal deux dirigeants de l’organisation. Un policier fut tué dans l’explosion. Quatre des libérateurs furent arrêtés (en même temps qu’un cinquième homme parfaitement innocent pris lors d’une descente de police dans le quartier irlandais de Manchester), accusés de meurtre et condamnés à mort. Ils furent pendus le 23 novembre, bien qu’aucun des accusés n’ai tiré de coup de feu fatal, la mort ayant été accidentelle. La sauvagerie de la réaction du gouvernement britannique provoqua d’immenses manifestations en soutien à la cause de l’indépendance irlandaise – impliquant des travailleurs anglais aussi bien qu’irlandais. Mais une quinzaine de jours plus tard, une nouvelle tentative des Fenians de libérer un de leurs dirigeants eut des conséquences désastreuses. Les explosifs dont le but était d’extraire un organisateur fenian de la prison de Clerkenwell firent s’écrouler une rangée de maisons voisines, tuant sept habitants et en blessant sérieusement 120.

Quelle fut la réaction de Marx et Engels ? Marx avait consacré toute son énergie à amener l’Internationale à soutenir la revendication de l’indépendance irlandaise, convaincu que si l’aristocratie terrienne anglaise n’était pas affaiblie la révolution de la classe ouvrière anglaise ne serait pas possible.2 Il était donc dans l’intérêt des ouvriers anglais de soutenir la résistance des Irlandais. Marx écrivit à Engels le 2 novembre : « J’ai cherché de toutes les manières possibles à provoquer cette manifestation des ouvriers anglais en soutien au fénianisme ».3 Dans une autre lettre à Engels, le 7 novembre, il disait : « Cette affaire provoque l’émotion de la partie intelligente de la classe ouvrière d’ici ».4 Engels faisait écho à ces sentiments dans une lettre à Kugelmann : « Les prolétaires londoniens se déclarent chaque jour plus ouvertement pour les Fenians et sont donc – chose inouïe et splendide – pour un mouvement, d’abord, violent, et, ensuite, anti-Anglais ».5

La totalité de l’opinion progressive n’était pas disposée à soutenir les Fenians. La Reform League, une organisation constituée en 1865 pour agiter en faveur du suffrage universel, et dans laquelle siégeaient les dirigeants des trade unions membres de l’Internationale, passa une résolution condamnant le fénianisme. Ceci exerça une pression sur l’Internationale elle-même, et il fallut tous les efforts de Marx pour faire en sorte que l’Internationale conserve une position ferme. L’explosion de Clerkenwell, à l’évidence, n’arrangeait pas les choses. Marx écrivit le lendemain à Engels une lettre pleine de colère :

Le dernier exploit des Fenians est vraiment une chose très stupide. Les masses londoniennes, qui ont montré une grande sympathie pour l’Irlande, vont être enragées et jetées dans les bras du parti gouvernemental. On ne peut pas s’attendre à ce que le prolétariat londonien accepte de se laisser exploser en l’honneur des émissaires fenians. Il y a toujours une espèce de fatalité dans ce genre de conspiration secrète mélodramatique.6

Quelques jours plus tard Engels répondait : « L’affaire stupide de Clerkenwell était à l’évidence l’œuvre d’une poignée de fanatiques spécialisés ; c’est le malheur de toutes les conspirations qu’elles mènent à de telles stupidités, parce que « après tout quelque chose doit arriver, après tout quelque chose doit être fait » ».7

Avant même l’horreur de Clerkenwell, Engels était d’accord avec Marx pour dire que « la stupidité des anglais ne doit pas nous faire oublier que les dirigeants de cette secte sont pour la plupart des ânes et en partie des exploiteurs, et nous ne pouvons d’aucune façon être tenus pour responsables des stupidités qui se produisent dans toute conspiration. Et elles sont inévitables ».8 Mais rien de tout cela ne réduisait leur soutien public à la cause pour laquelle les Fenians combattaient.

Ainsi le soutien au fenianisme, en tant qu’expression d’une lutte nationale, était tempéré par la lucidité sur la nature de la direction du mouvement (sa composition de classe) et la faiblesse de sa tactique (la priorité donnée à la conspiration). Ce que nous voyons ici, sous une forme embryonnaire, ce sont les deux axes de la tradition marxiste. L’un est la compréhension que les socialistes ne mettent pas de conditions à leur soutien aux mouvements de résistance nationale à l’oppression impérialiste. Le second est la compréhension de la limitation de ces mouvements – l’idée qu’une minorité sélectionnée puisse amener le changement social par des méthodes conspiratives les isole inévitablement de la masse de la population et les condamne à l’échec.9 La question n’est pas de savoir si les socialistes doivent se tenir à l’écart parce qu’ils sont conscients de ces limitations. Elle consiste au contraire à construire le soutien en termes de classe – comme Marx, avec la Première Internationale, put le faire alors même que le fénianisme était en déclin.
Le terrorisme individuel en Russie

Les morts de Clerkenwell furent accidentelles – les Fenians n’avaient pas eu l’intention de tuer des gens, bien que de tels accidents soient les conséquences prévisibles des méthodes conspiratives. Le ciblage délibéré d’individus, le « terrorisme » au sens moderne du terme, était en fait devenu la méthode de prédilection de certains anarchistes et d’une section des révolutionnaires russes (les Narodniks et leurs successeurs) dans la période allant de la fin des années 1870 au début du 20ème siècle.10

En Russie, Narodnaïa Volia (l’organisation appelée La Volonté du peuple) accomplit une série d’actions visant des membres éminents du gouvernement, culminant dans l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881. Le tournant des Narodniks vers le terrorisme était une réaction à l’échec des premières tentatives d’ « aller vers le peuple » et de persuader la paysannerie à renverser le tsarisme – une tentative qui avait mené à une répression impitoyable de la part de l’autocratie. Seule la terreur, croyaient-ils désormais, pouvait ébranler la confiance du peuple dans le gouvernement et donc accroître leur réceptivité à son renversement.11 Lorsque Véra Zassoulitch fut jugée pour la tentative d’assassinat du brutal gouverneur de Moscou en 1878, la haine pour la victime était telle et la sympathie pour l’accusée si évidente que le jury l’acquitta. Seul un complet réactionnaires l’aurait critiquée pour l’ « immoralité » de sa tentative de tuer un membre de la classe dirigeante.12 Marx lui-même refusait de condamner ce type de violence. Après l’assassinat d’Alexandre II il écrivit à sa fille Jenny que la terreur était « un moyen d’action historiquement inévitable dont il était aussi inutile de discuter que du séisme de Chios », et il admirait les terroristes russes comme des « gens excellent à tous égards... simples, directs, héroïques ».13

Son admiration n’était pas contradictoire, comme celle qui l’avait porté à condamner la politique de conspiration des Fenians. La Russie, à l’inverse de l’Angleterre, était arrivée à un point de désintégration tel qu’elle était « indubitablement à la veille d’une révolution ».14 Dans ce contexte l’émergence d’un courant révolutionnaire se donnant pour tâche de contribuer à l’effondrement d’un Etat vacillant, quels qu’en fussent les moyens, ne pouvait empêcher le processus de se poursuivre. En Angleterre, par contre, le choix des moyens était déterminant. Les conspirations fénianes pouvaient nuire au but d’une Irlande indépendante en contrariant le processus du développement de la conscience des travailleurs anglais.

En même temps, la question de savoir quelles forces de la société russe pouvaient modeler l’avenir était mise en relief par les activités des Narodniks. La motivation de leur tactique consistant d’abord à « aller vers le peuple » et ensuite à se tourner vers le terrorisme résidait dans leur conviction que la forme paysanne archaïque de propriété commune (l’obchtchina) pouvait devenir la base d’une forme supérieure de société, permettant ainsi à la Russie d’éviter l’étape capitaliste. Mais avec l’échec des deux tactiques, certains Narodniks en virent à remettre en cause cette conviction – et la centralité de la paysannerie.15

L’une de ces personnes était Véra Zassoulitch elle-même. Elle en vint, avec d’autres, à tourner ses regards vers la force sociale que le capitalisme avait créée à la fin des années 1880 et au début des années 1890, la nouvelle classe ouvrière. Et Lénine, en particulier, s’employant à appliquer les idées marxistes aux conditions russes, développa une analyse qui non seulement critiquait la vision du développement qui était celle des Narodniks mais rejetait également leurs méthodes terroristes. Ce n’était pas un rejet de la révolution (la critique de Lénine ne se basait pas sur l’attente que le capitalisme mûrisse), mais plutôt une critique de l’efficacité du terrorisme en tant que méthode révolutionnaire dès lors que le capitalisme développait en Russie une classe ouvrière capable d’auto-organisation pour la défense de ses intérêts. Une organisation révolutionnaire ferme était aussi importante pour Lénine qu’elle l’avait été pour les Narodniks. Mais là où, pour Lénine, l’organisation révolutionnaire était centrale pour l’auto-organisation de la classe ouvrière, pour les Narodniks elle était un substitut à l’activité populaire autonome. C’était une conséquence de leur politique – l’échec des Narodniks à « inspirer » les paysans par leur propagande les avait amenés à la conclusion que le terrorisme, mis en oeuvre par eux au nom d’une classe qui n’agissait pas pour elle-même, pouvait être un raccourci vers la révolution. Leur impatience désespérée était une erreur tragique, leur isolement rendant facile aux autorités le harcèlement et l’infiltration des Narodniks – y compris pour accomplir des actions terroristes. Le terrorisme devint une stratégie autodestructrice. Pour Lénine, au contraire, l’élément interventionniste de la politique révolutionnaire devait être fondé dans l’activité autonome de la classe ouvrière.

Lénine combinait un grand respect pour les traditions révolutionnaires du narodnisme avec une critique sévère de ses méthodes et de son programme. Ecrivant en 1899, il maintenait que le marxisme révolutionnaire russe « perpétue la cause et les traditions de toute la période révolutionnaire précédente » et « se dirige vers le but déjà désigné par les glorieux représentants de l’ancienne Narodnaïa Volia ».16 Il ajoutait immédiatement que la différence entre eux était que l’héroïsme des Narodniks s’appuyait sur une base sociale trop étroite et une compréhension théorique inadéquate des développements sociaux.17 Mais ce qui était peut-être, dans la période (fin des années 1870 – début 1880) de Narodnaïa Volia, caractérisée par des conditions politiques répressives et des forces sociales non développées, être une erreur pardonnable, ne l’était plus au tournant du siècle, alors que le mouvement ouvrier avait fait d’énormes pas en avant.

Cet argument devint particulièrement important lorsque se produisit une nouvelle vague d’actions « terroristes » mises en œuvre par les Socialistes-Révolutionnaires (les descendants politiques de Narodnaïa Volia). Elle commença par l’assassinat d’un ministre en 1902, connut un pic en 1907 avec 82 assassinats avant de se terminer rapidement. L’assassinat le plus célèbre fut celui de Plehve, le ministre de l’intérieur, en 1904. Un des coupables, Azef, devait s’avérer en 1909 être un agent de la police.

Lénine, écrivant en 1902, était encore plus dur qu’il ne l’avait été avec les Narodniks. Le « grondement des événements », disait-il, avait mis en branle des membres de l’intelligentsia, « entraînés par le tourbillon des événements et n’ayant aucune base, ni théorique ni sociale ».18 Face à cela, les Socialistes-Révolutionnaires appelant au terrorisme « non pas en remplacement du travail dans les masses, mais précisément au nom de ce travail et parallèlement à lui »19 semblaient admettre la primauté de la classe ouvrière. Mais cette admission masquait un éloignement de la politique de classe, tout autant que la conversion au réformisme de sections de la gauche. Pour Lénine, le réformisme reflétait « une totale incompréhension du mouvement de masse et un manque total de confiance en lui ». Il révélait « l’inutilité du terrorisme, puisque sans le peuple ouvrier, toutes les bombes sont impuissantes, notoirement impuissantes ».20 La justification du terrorisme était, d’après Lénine, encore plus stupide. Les Socialistes-Révolutionnaires prétendaient que ni la « foule » (c’est-à-dire les masses) ni les organisations révolutionnaires n’étaient à l’abri de la puissance répressive de l’Etat. Seuls, « les personnes isolées ou les petits groupes qui, continuellement, et même à l’insu les uns des autres (!!) se préparent à attaquer et attaquent » sont « insaisissables »21, ce qui les rend invincibles. Il s’agissait là, pour Lénine, d’un renversement complet de la vérité évidente selon laquelle « le seul « espoir » de la révolution [était] la « foule » » et son organisation révolutionnaire.22 Lénine était également d’une ironie mordante face aux affirmations des Socialistes-Révolutionnaires selon lesquelles « chaque combat singulier d’un héros éveille en nous l’esprit de lutte et de vaillance ». Bien au contraire, disait-il,

seules de nouvelles formes de mouvement de masse, ou le déclenchement d’une lutte cohérente par de nouvelles couches de la masse, pourront effectivement animer en tous l’esprit de lutte et de vaillance. Quant aux combats singuliers, précisément dans la mesure où ils restent des combats singuliers […], ils ne provoquent dans l’immédiat qu’un choc tout passager, et dans la suite conduisent même à l’apathie, à l’attente passive du prochain combat singulier.23

Lénine avait un autre argument contre ce type de terrorisme – qui consistait à dire « les terroristes d’aujourd’hui sont de véritables économistes [ceux qui limitent le mouvement à la réforme par des méthodes syndicales] à l’envers ».24 En mettant les terroristes et les réformistes dans le même panier, il ne voulait bien évidemment pas dire que leurs méthodes étaient les mêmes, mais que les deux tendances se détournaient du rôle central des travailleurs eux-mêmes dans le changement social et de la façon dont l’organisation politique se reliait à cela. Une tendance substituait le terrorisme au travail dans les masses, l’autre la réforme à la révolution. L’une se tournait vers l’intelligentsia comme agent du changement politique, l’autre vers la bourgeoisie libérale pour mener la lutte contre le tsarisme.25 L’intérêt de cette question aujourd’hui est que la réforme parlementaire n’est pas l’alternative au terrorisme lorsque c’est de changer la société qu’il s’agit – aucun des deux ne considère l’activité autonome de la classe ouvrière comme le levier du changement révolutionnaire. En ce sens, les approches réformiste et terroriste, malgré toutes leurs différences, partagent les mêmes limitations.


« La propagande par le fait »

L’usage des méthodes « terroristes » n’était pas limité à la Russie. Un concept anarchiste de « propagande par le fait » inspira une vague d’assassinats (et de tentatives) de personnalités gouvernementales de haut rang, essentiellement en Europe de l’Ouest. Le point culminant fut une série de spectaculaires attentats terroristes en France, avec notamment l’assassinat du président Sadi Carnot en 1894.

Le développement capitaliste n’avait pas seulement produit une classe ouvrière. Ses victimes dans les grandes villes comportaient une masse d’individus déclassés, dont la haine du capitalisme s’exprimait dans des formes de révolte individuelle. En France, la défaite de la Commune de Paris en 1871 projeta une ombre démoralisante sur la politique de la classe ouvrière. La Troisième République était le jouet corrompu de politiciens en compétition pour des postes ministériels, les socialistes eux-mêmes cherchant à y être représentés. La « propagande des actes » offrait une solution à côté de laquelle les arguments socialistes sur les masses laborieuses étaient de peu d’attrait. Régler ses comptes avec des personnages détestés de la classe dirigeante semblait préférable à tout discours de riposte collective au système.26 Mais ce désir impatient de forcer le pas de l’histoire était élitiste dans ses conséquences. Il ouvrait la voie à un terrorisme beaucoup moins précis dans son ciblage que l’ancien terrorisme des Narodniks.

Une partie seulement de ce terrorisme était dirigée vers des institutions ou des représentants de la classe dirigeante. Ainsi, en 1886, Charles Gallo jeta de l’acide sulfurique dans la Bourse de Paris et tira trois coups de revolver au hasard. Personne ne fut touché et Gallo utilisa son procès, à l’issue duquel il fut condamné à vingt ans de travaux forcés, pour faire une conférence d’une heure et demie sur l’anarchisme. Il avait voulu, déclara-t-il, exécuter un « acte de propagande par l’action pour la doctrine anarchiste ».27 En 1893, de façon encore plus spectaculaire, Auguste Vaillant lança une bombe à la chambre des députés, faisant beaucoup de dégâts mais ne tuant personne. Cette fois, le coupable fut exécuté, ses derniers mots étant « Vive l’anarchie ! Ma mort sera vengée ! » — ce qui fut effectivement le cas, six mois plus tard, avec l’assassinat du président de la république.28

Mais d’autres attentats terroristes étaient moins ciblés. Une semaine après l’exécution de Vaillant, Emile Henry, fils âgé de 18 ans d’un ancien communard, lança une bombe dans un café bondé à la gare Saint Lazare.29 Il y eut de nombreux blessés, dont l’un succomba.30 A son procès, on demanda à Henry pourquoi il s’en était pris à des innocents. Sa réponse, qui devint célèbre, fut : « Il n’y a pas d’innocents » :

J’étais convaincu que l’organisation actuelle était mauvaise, j’ai voulu lutter contre elle, afin de hâter sa disparition. J’ai apporté dans la lutte une haine profonde, chaque jour avivée par le spectacle révoltant de cette société, où tout est bas, tout est louche, tout est laid, où tout est une entrave à l’épanchement des passions humaines, aux tendances généreuses du cœur, au libre essor de la pensée.31

Sa justification pour ne pas avoir épargné des innocents était, poursuivait-il, que les anarchistes

n’épargnent ni femmes ni enfants bourgeois, parce que les femmes et les enfants de ceux qu’ils [les anarchistes] aiment ne sont pas épargnés non plus. Ne sont-ce pas des victimes innocentes que ces enfants qui, dans les faubourgs, se meurent lentement d’anémie, parce que le pain est rare à la maison ; ces femmes qui dans vos ateliers pâlissent et s’épuisent pour gagner quarante sous par jour ?32

Le seul regret d’Henry était qu’il n’y ait pas eu davantage de victimes33 – dans l’idée fausse que l’échec à soulever les masses venait de n’avoir pas provoqué un choc assez violent.

Si l’acte d’Henry causa une répulsion générale, ce n’était pas le cas des attentats anarchistes dont les cibles étaient les riches et les puissants, ou les institutions de la société bourgeoise, pour lesquels il y avait bien plus de sympathie. Le terrorisme devint « populaire »34 — et le fait que la classe dirigeante française réagisse si brutalement (elle alla jusqu’à exécuter ceux qui n’avaient causé aucune perte de vie humaine) n’en était pas la moindre raison, outre qu’il pouvait sembler que la société bourgeoise payait ainsi pour ses crimes. Un terroriste célèbre, Ravachol, qui avait fait sauter deux immeubles d’habitation en 1892 en représailles aux condamnations infligées aux manifestants du Premier Mai, fut comparé par un artiste au Christ, donna son nom à un nouveau verbe (ravacholiser – faire exploser), et vit un hymne à la dynamite composé en son honneur. La raison d’une telle « popularité » n’est pas difficile à découvrir. Les terroristes pouvaient avoir un mépris élitiste pour l’action de masse les portant à se substituer eux-mêmes aux masses. Mais les masses elles-mêmes, en l’absence de confiance en elles-mêmes et d’auto-organisation, pouvaient admirer, secrètement ou ouvertement, ceux qui semblaient capables de faire ce dont elles n’osaient rêver – se venger de leur humiliation.

La vague d’attentats « terroristes » fut un test pour le mouvement socialiste français de l’époque, relativement jeune et inexpérimenté. Il avait fait une avancée en termes électoraux au début des années 1890, et la coalition socialiste avait désormais une présence parlementaire significative. Mais comment pouvait-il réagir à la façon dont le gouvernement français utilisait la bombe du parlement et l’assassinat du président Sadi Carnot pour édicter dans l’urgence des lois qui écrasaient la liberté d’expression et les libertés publiques – et servaient de diversion salutaire à la crise financière malodorante entourant le canal de Panama ? Engels écrivit au gendre de Marx, Paul Lafargue, que ces « lois scélérates » seraient davantage utilisées contre les socialistes que contre les anarchistes,35 mais que « vous les battrez et vous émergerez des luttes infiniment plus forts que vous n’y êtes entrés ».36

Jules Guesde, dirigeant d’un courant socialiste censé être parmi les plus révolutionnaires, dénonça la violence anarchiste et déclara que « le socialisme ne triomphera que par la volonté du peuple exprimée pacifiquement ».37 Le meilleur orateur socialiste, Jean Jaurès, réagit d’une façon qui faisait moins de concessions aux idées dominantes, malgré son extraction radicale non socialiste. Il sympathisait avec les motivations de terroristes comme Ravachol et Vaillant.38 Il passa à l’offensive au parlement en se concentrant sur les multiples « perquisitions et arrestations de pauvres » opérées par le gouvernement, ses tentatives de contrôler l’activité du mouvement ouvrier, son utilisation d’agents provocateurs, son interdiction de la discussion d’ « idées anarchistes », et son introduction de « tribunaux correctionnels » spéciaux et secrets pour remplacer les procès avec jury.39 Jaurès essaya aussi de proposer une législation de réforme fiscale en tant que moyen de montrer où était le véritable problème – la « tyrannie du capitalisme ». Le bloc parlementaire socialiste n’était qu’une petite minorité et n’avait aucune chance de battre les « lois scélérates ». Mais leur opposition conséquente éloigna le projecteur des exactions anarchistes, exposant la corruption et la réalité antidémocratique du système, et secoua le gouvernement sur ses bases. Au plus fort du débat, Jaurès dénonça « tous les hommes qui, dans la vie publique, ont vendu leurs votes ou ont été impliqués dans des scandales financiers ». Il seraient, disait-il,

jugés comme la véritable cause de la propagande anarchiste... Et le jour où le même navire emportera vers les terres fiévreuses de la relégation le politicien véreux et l’anarchiste meurtrier, ils pourront lier conversation : ils s’apparaîtront l’un à l’autre comme les deux aspects complémentaires d’un même ordre social.40

Ainsi Jaurès fut-il capable de s’opposer au terrorisme anarchiste sans céder un pouce de terrain au système qu’il combattait.
La polémique de Trotsky contre le terrorisme individuel

Léon Trotsky a écrit deux articles dans lesquels il critique le terrorisme individuel – le premier en 1909, en réponse à la découverte que l’assassin de Plehve était un agent de la police, et le second en 1911, comme commentaire aux humeurs terroristes de la classe ouvrière autrichienne.41 Ils résument l’expérience accumulée de la tradition marxiste sur la question — tout en ayant besoin d’être contextualisés.

Dans le premier article, Trotsky commence par expliquer que la terreur systématique utilisée par les Narodniks russes était liée au fait que l’Etat tsariste, construit avec le capital et la technologie européens plutôt qu’à l’aide des ressources locales, était comme suspendu au-dessus de la société. Il apparaissait comme « un organe de coercition purement externe, n’ayant aucune racine dans l’organisation sociale elle-même... s’élevant au-dessus de toutes les classes de la société », y compris des classes privilégiées elles-mêmes qui se virent privées de la possibilité de développer l’Etat selon le modèle « normal » (démocratique bourgeois). Cela affectait aussi les représentants européanisés de la vie intellectuelle russe, l’intelligentsia. L’isolement social de l’Etat et son manque de racines donna naissance à l’illusion (vite dissipée) qu’il n’y avait pas besoin d’une véritable force sociale pour détruire le tsarisme. Des bombes aux mains de quelques individus dévoués seraient suffisantes pour éliminer cet organe externe de coercition. Mais ce qui avait été une illusion héroïque dans une période où les forces sociales étaient sous-développées était désormais rattrapé par le développement de véritables puissances sociales – la classe ouvrière et son organisation autonome. Même si les Socialistes-Révolutionnaires restaient attachés aux méthodes terroristes désormais considérées comme moyens accessoires, et non remplaçant la lutte de masse, les deux sont incompatibles :

Engendré par l’absence d’une classe révolutionnaire, régénéré plus tard par un manque de confiance dans les masses révolutionnaires, le terrorisme ne peut se maintenir qu’en exploitant la faiblesse et l’inorganisation des masses, minimisant leur conquêtes et exagérant leurs défaites.

Et précisément parce qu’il substitue une organisation secrète de conspirateurs au type d’action qui se tourne vers l’action de masse, le terrorisme est vulnérable à l’infiltration policière.

Dans l’article suivant, Trotsky développe cet argument pour l’étendre aux situations autres que celle de la Russie. Il commence par répondre à l’accusation dirigée contre les révolutionnaires selon laquelle ils utilisent la violence (la terreur – le terrorisme) pour arriver à leurs fins. Il ne nie pas le rôle de la violence, mais fait observer que le fait pour la classe capitaliste de condamner les grévistes pour leur « violence » sur les piquets ou contre les jaunes est une pure hypocrisie, lorsqu’on compare cette violence avec celle de l’appareil d’Etat capitaliste (la loi, la police et les forces armées). Si elle veut dire qu’ « inspirer la crainte, ou faire du mal à l’ennemi » à la classe ennemie est du terrorisme, alors « la lutte de classe toute entière n’est pas autre chose que du terrorisme ».

Suit une sévère condamnation du terrorisme au sens restreint du terme, dont l’assassinat de ministres (la forme classique du terrorisme individuel) ou de patrons n’est qu’un exemple. Trotsky cite le sabotage des machines et l’incendie des usines comme des exemples de terrorisme – ce qui peut paraître surprenant, dans la mesure où aucun des deux n’est dirigé contre des individus. Ce qu’il veut dire est que la motivation de classe de ces cibles – qu’elles soient des personnes ou des biens – n’a rien de spécifiquement prolétarien, et par conséquent ne saurait renforcer la confiance collective ou l’organisation de la classe ouvrière comme l’action gréviste. L’insistance de Trotsky sur l’importance du rôle de la grève se passe de commentaires. Il ne la limite pas à la question « économique » — il la relie à la politique, y compris la politique parlementaire. Du fait de sa situation au cœur de la production capitaliste, la classe ouvrière ne peut faire progresser ses intérêts que collectivement. Les méthodes qui s’appuient sur la « terreur » individuelle n’en sont pas capables et peuvent même créer la confusion – si la classe dirigeante peut être vaincue en abattant ses représentants, à quoi sert la lutte des classes ? D’où la conclusion de Trotsky :

A nos yeux la terreur individuelle est inadmissible précisément parce qu’elle rabaisse le rôle des masses dans leur propre conscience, les faits se résigner à leur impuissance, et leur fait tourner les yeux vers un héros vengeur et libérateur qui, espèrent-ils, viendra un jour et accomplira sa mission.

Ainsi donc la « propagande par le fait » a l’effet inverse de celui que proclamaient les anarchistes. Il ne soulève pas les masses. Au contraire, il détourne l’attention de l’organisation autonome vers les « terroristes ». Un ministre nouveau remplace l’ancien, et la vieille machine de l’exploitation poursuit son cours. C’est aussi vrai de la vie après le 11 septembre et le 7 juillet que cela l’était du temps de Trotsky.

Mais nous devons faire attention à la manière dont nous utilisons l’argument de Trotsky. Parfois la condamnation des terroristes sous-entend que s’ils n’étaient pas là les conditions seraient favorables – l’Etat n’aurait pas d’excuse pour nous attaquer. C’est faire des terroristes un problème aussi important que le système qu’ils souhaitent affaiblir. C’est comme si le capitalisme n’avait pas toujours cherché à restreindre notre sphère d’activité, et comme si le mouvement ouvrier n’avait pas la force de se rétablir après des défaites temporaires. Comme dit Trotsky, « La société capitaliste a besoin d’un prolétariat actif, mobile et intelligent – elle ne peut, donc, maintenir le prolétariat pieds et poings liés pendant très longtemps ». Un usage unilatéral de la polémique de Trotsky peut reproduire ce même pessimisme que Trotsky dénonce dans le terrorisme individuel.
Les révolutionnaires en Grande-Bretagne et l’IRA

Au début des années 1970, la répression britannique en Irlande du Nord provoqua une série d’attentats républicains. L’IRA avait un large soutien, même s’il était passif, dans la communauté catholique, parce qu’elle était considérée comme les défendant à la fois de l’armée britannique et de l’Ordre Orange. Il ne pouvait être question de se joindre au concert de vociférations haineuses des médias et des politiciens anglais. Mais quelle devait être l’attitude des révolutionnaires ? Certains, comme la Tendance Militant (prédécesseurs du Socialist Party), proclamaient que seule une politique de classe pouvait résoudre la question nationale qui était une conséquence de la partition. Cette position, vraie dans l’abstrait, évitait de poser la question de savoir si les révolutionnaires devaient soutenir la lutte nationale. D’autres prétendaient que dans une guerre civile il fallait choisir son camp – et que poser des bombes dans les pubs, les boutiques, les usines et autres lieux étaient des tactiques légitimes dans la lutte armée contre les forces d’occupation britanniques.

Les International Socialists (prédécesseurs du SWP) reconnaissaient qu’il y avait des éléments de guerre civile en Irlande du Nord, mais concluaient que les limites du républicanisme exigeaient des révolutionnaires qu’il émettent des critiques dans le contexte d’un soutien global à la lutte nationale. Dans un éditorial du 12 février 1972, Socialist Worker affirmait :

un soutien critique mais inconditionnel pour tous ceux, y compris les deux IRA, qui luttent contre l’impérialisme. Par inconditionnel nous voulons dire soutien malgré notre critique de la direction et de la tactique. Par critique nous voulons dire s’opposant aux illusions selon lesquelles la lutte peut être gagnée autrement que par la victoire de la classe ouvrière luttant sur un programme de libération sociale aussi bien que nationale.42

En particulier, la politique des nationalistes (et la tactique basée uniquement sur la défense de la communauté catholique minoritaire) avait peu d’attraits pour les travailleurs protestants et ne pouvait briser l’emprise que l’orangisme tory (conservateur) avait sur eux. Cela ne serait possible que s’il existait une organisation ouvrière suffisamment importante manifestant une égale hostilité aux tories verts du Sud qu’aux tories oranges du Nord. En pratique, la politique nationaliste de l’IRA en était incapable. Par conséquent, malgré le soutien inconditionnel au mouvement républicain dont la défense de la minorité catholique était un défi à la puissance de l’Etat britannique, il devait y avoir une critique. Subordonner la classe à la nation consistait à refuser de voir que les patrons verts (aussi bien au Sud qu’au Nord) étaient tout autant les ennemis que les patrons oranges, et qu’il ne pouvait y avoir de solution sans les travailleurs protestants. En réalité, à moins d’évoluer au delà d’une politique basée uniquement sur le nationalisme, c’est-à-dire de s’orienter vers une politique de classe, l’anti-impérialisme ne pouvait même pas résoudre la question nationale. Duncan Hallas et Jim Higgins, deux membres dirigeants, défendaient l’éditorial de Socialist Worker dans un bulletin interne dans les termes suivants :

La ligne de notre organisation – qui est l’application à l’Irlande de la théorie de la révolution permanente – est que le renversement de l’impérialisme en Irlande (du Nord ou du Sud) est impossible sinon sur la base d’un mouvement de masse sous la direction des révolutionnaires... La défense de la communauté catholique contre le terrorisme gouvernemental contribue à ce développement en défiant la puissance de l’Etat et donc en posant la question de sa destruction... Les attentats empêchent le développement en resserrant les liens des travailleurs oranges avec Stormont. Et cela détourne les militants ouvriers catholiques en leur donnant une perspective et une activité fausses.43

Cette argumentation reposait sur une analyse selon laquelle l’impérialisme britannique ne pouvait être battu sur la seule base d’une lutte menée par la minorité catholique d’Irlande du Nord (un tiers ou un quart de la population de l’île tout entière). Elle devait trouver un soutien actif ailleurs – dans la classe ouvrière de la République et chez au moins une partie des travailleurs protestants d’Irlande du Nord – outre un minimum de sympathie de la part des travailleurs du Royaume-Uni. Les bombes avaient inévitablement l’effet indésirable de tuer des passants innocents, ce qui permettait à la classe dirigeante d’isoler les républicains du Sud et de détourner les Irlandais vivant en Angleterre de soutenir activement la lutte – de telle sorte que les immenses manifestations de Londres à la fin des années 1960 et au début des années 1970 ne se reproduisirent pas dans les années 1980 et 1990. On peut voir aujourd’hui que nos arguments étaient corrects dans l’abandon de la lutte armée par l’IRA et le consentement des dirigeants républicains à participer aux institutions du Nord toujours séparé.

Dans ce contexte, Socialist Worker mit en avant année après année un double argument. L’essentiel consistait à dire que les « troubles » en Irlande du Nord – et leur produit collatéral, les attentats en Angleterre – étaient une conséquence de la présence britannique, le dernier stade d’une domination impérialiste de l’Irlande durant depuis des siècles. Pour cette raison, la résistance aux troupes britanniques était tout à fait légitime. Mais il était également nécessaire de proclamer clairement que poser des bombes n’était pas la bonne manière de vaincre l’impérialisme et qu’elle devait donc être critiquée.

Un exemple important en fut fourni lorsqu’une bombe posée dans un pub de Birmingham, en novembre 1974, tua 19 ouvriers et blessa 200 autres personnes. L’hystérie se répandit dans la ville, entretenue par les médias, créant un climat dans lequel un immigré irlandais risquait dans le meilleur des cas d’essuyer des insultes, et dans lequel six travailleurs totalement innocents furent condamnés à la réclusion perpétuelle – et attendirent leur libération pendant 16 ans. La réponse de Socialist Worker fut un titre de première page sur trois lignes : « Arrêtez les attentats, Luttez contre la répression en Angleterre et en Irlande, Troupes hors d’Irlande ». La « une » ajoutait :

La cause fondamentale des attentats est la répression en Irlande du Nord. Des internements sans procès, des meurtres sectaires de la part de gangs protestants agissant sans entraves, des perquisitions brutales et des meurtres de la part de l’armée britannique ont poussé la minorité au désespoir. Des poses de bombes insensées semblent à certains membres de cette minorité la seule issue. La répression n’annule pas le terrorisme nourri par la répression. Tous deux augmentent ensemble.

La colère des travailleurs de Birmingham a montré qu’il n’y a pas assez de révolutionnaires organisés dans les usines pour lutter efficacement contre l’opinion anti-irlandaise, pour expliquer que la mobilisation de la classe ouvrière britannique devrait servir à attaquer à la racine les troubles irlandais... Le gouvernement britannique et son armée... portent la responsabilité de 400 ans de misère humaine en Irlande.

Un article de la deuxième page du journal rappelait l’histoire de la domination anglaise de l’Irlande, et la façon dont un mouvement pacifique pour les droits civiques en 1968-1969 avait vu se dresser contre lui toute la puissance de l’Etat : « Ce qu’ont ressenti les habitants de Birmingham vendredi dernier est ce que ressentent quotidiennement les membres de la communauté catholique d’Irlande du Nord depuis cinq ans. » L’éditorial concluait :

Nous avons toujours dit clairement que les révolutionnaires britanniques doivent défendre le droit du peuple irlandais à lutter pour expulser d’Irlande les troupes anglaises. Cela inclut le droit des républicains à s’organiser pour lutter contre ces troupes... Poser des bombes dans des lieux fréquentés par des ouvriers ne peut contribuer à la défense des zones catholiques ou à les débarrasser des troupes d’occupation... C’est la raison pour laquelle nous condamnons les attentats... Mais nous devons continuer à proclamer avec insistance que la condition sine qua non de la solution des problèmes de l’Irlande est le retrait des troupes britanniques.44

Les terroristes islamistes d’aujourd’hui

Les médias et la plus grande partie de la gauche voudraient nous faire croire que les terroristes islamistes d’aujourd’hui sont pires que tout ce qui s’est produit dans le passé. Même les républicains irlandais – dont les voix elles-mêmes ont été bannies des ondes il y a une douzaine d’années – sont présentés aujourd’hui comme rationnels par comparaison. Ce qui domine est l’image d’un poseur de bombe suicidaire présenté comme un islamiste fanatique frappé de démence.

Mais l’attentat-suicide n’a rien de spécifiquement islamiste. Ceux qui ont le plus fait usage de l’arme de l’attentat-suicide ne viennent pas du Moyen-orient, ils ne sont même pas musulmans. Ce sont les Tigres tamouls du Sri Lanka, dont l’idéologie n’est pas religieuse mais « marxiste-léniniste »45 (même si leur origine culturelle est hindoue), et dont le but est très laïque : la libération nationale. Robert Pape, qui a analysé avec soin les attentats-suicides entre 1980 et 2003, estime qu’ils sont responsables du groupe unique le plus important d’attentats – 76 sur un total de 315. C’est plus que le nombre de ceux commis par le Hamas palestinien46. Et tous les « kamikazes » des groupes « islamiques » ne sont pas des musulmans. Le Hezbollah, apparu au Liban dans les années 1980, a été le premier mouvement moderne à utiliser cette méthode (il a contraint les troupes US au retrait après que 241 Marines aient été tués dans un seul attentat). Sur les 41 auteurs d’attentats-suicides commis entre 1982 et 1986, seulement trois étaient des intégristes islamiques. Les reste était très majoritairement composé de communistes ou de révolutionnaires – et trois d’entre eux étaient chrétiens47 !

Les campagnes d’attentats-suicides peuvent utiliser un langage islamique. Cela ne signifie pas que l’intégrisme religieux explique leurs visées. Pape tire des éléments de son enquête la conclusion suivante :

Il n’y a pas, entre le terrorisme suicidaire et l’intégrisme islamique, la connexion étroite que l’on croit. Bien au contraire, ce que toutes les campagnes de terrorisme suicidaire ont en commun, c’est un but spécifique séculier et stratégique – contraindre les démocraties à retirer leurs forces des patries nationales des terroristes. La religion est rarement la cause fondamentale, même si elle est souvent utilisée comme outil par les organisations terroristes dans leur recrutement et dans d’autres efforts au service de leur objectif stratégique large.48

Cette évaluation est confortée par une analyse d’al-Qaida provenant d’une autre source. Cette organisation est généralement considérée comme le nec plus ultra de l’intégrisme islamique – le groupe le plus enclin à déclarer la guerre sainte contre l’Occident, la modernité et la laïcité. Mais la question que pose Stephen Holmes avec pertinence est celle de savoir si la foi religieuse est la cause d’une action (telle que l’attentat sur les twin towers) ou si cette action est motivée par une autre cause, mais exprimée sous une forme religieuse :

Oussama Ben Laden veut-il expulser les Etats-Unis de l’Arabie saoudite parce que leurs troupes profanent le sol sacré, ou est-il furieux, comme tout combattant anticolonialiste ou nationaliste sincère, du pillage des ressources naturelles de son pays par ces mêmes Etats-Unis ? Ayman al-Zawahiri, le médecin qui a fondé le Djihad Islamique égyptien et qui est considéré comme le plus proche collaborateur de Ben Laden, veut-il renverser le président égyptien Moubarak parce que celui-ci est un apostat ou parce qu’il est un tyran ?49

Aussi difficile soit-il de démêler le religieux de ce qui ne l’est pas, la conclusion de Holmes sur la nature de la « guerre » d’al-Qaida contre les USA est essentiellement la même que celle de Pape :

La grande majorité des déclarations publiques de Ben Laden fournit des raisons séculières et non religieuses aux attentats du 11 septembre. Le but principal de l’attaque était de punir « l’Amérique injuste et tyrannique ». Le casus belli qu’il invoque encore et encore est l’injustice et non l’impiété. Il est exact qu’il déclare à l’occasion que les Etats-Unis ont déclaré la guerre à Dieu, mais ces arguments seraient peu convaincants s’ils n’étaient appuyés par la proclamation que les USA tyrannisent et exploitent les peuples musulmans... Ben Laden ne justifie presque jamais le terrorisme anti-occidental comme un moyen de soumettre les infidèles occidentaux à la vraie foi. Bien au contraire, il justifie presque toujours le terrorisme contre l’Ouest comme une forme de légitime défense.50

En d’autres termes, le but d’al-Qaida n’est pas différent de celui des autres mouvements de libération nationale – accéder à l’indépendance en forçant les puissances impérialistes à se retirer. Il peut s’exprimer en termes religieux, mais dans son essence il poursuit le même but que les anciens mouvements nationalistes laïques du Moyen-orient – vaincre l’impérialisme US et ses alliés dans la région51.

C’est une erreur de croire que la stratégie des attentats-suicides est la preuve d’une irrationalité qui trouve sa source dans l’intégrisme islamique. Il y a une justification pour l’adoption de cette stratégie qui dérive du problème posé par le combat dans des conditions d’extrême inégalité de ressources. L’oppresseur possède une puissance militaire infiniment plus grande que tout ce que les opprimés ont à leur disposition. Les opprimés ne peuvent espérer infliger à l’ennemi le genre de dommages matériels qui le forceraient à reculer. Tout ce qu’ils peuvent espérer, c’est lui occasionner des dommages psychologiques en montrant qu’ils ne reculeront devant rien – même pas le sacrifice de soi – pour terroriser le pays oppresseur. Comme dit Pape, « le terrorisme suicidaire cherche à infliger des souffrances à la société opposée... et ainsi amener le gouvernement à faire des concessions, ou pousser la population à se révolter contre son gouvernement ».52

C’est là une « stratégie pour des acteurs faibles » qui manquent des moyens militaires « normaux » pour se battre. Les attentats-suicides peuvent être un moyen de lutte « sale », inhumain (à cause des victimes civiles). Cela dit, ils sont le résultat de l’incapacité à concurrencer la violence que l’oppresseur peut infliger d’une manière « propre » (par des opérations de haute technologie) mais bien plus dévastatrice que tout ce que peut causer un attentat-suicide. Il y a aussi l’espoir que le fait d’être prêt à transformer son propre corps en machine à tuer sacrificielle inspirera les opprimés à donner leur soutien à la lutte.

C’est une erreur de croire que les terroristes « kamikazes » sont motivés psychologiquement par le fanatisme islamique. Bien au contraire, ce qui les pousse à l’action est la rage face aux conditions matérielles de l’oppression et de l’exploitation – qui s’exprime ensuite par un engagement dans une foi et un mode de comportement religieux. Les terroristes ne sont pas « différents » — ils sont comme nous, ou plutôt comme tous ceux que l’inégalité, la pauvreté et l’injustice mettent en furie. C’est ce qui ressort du vécu d’un des hijackers du 11 septembre, Mohammed Atta :

Les accusations qu’il proférait souvent et bruyamment contre les Etats-Unis et les autocraties musulmanes qu’ils soutiennent étaient presque entièrement laïques. La plupart de ceux qui le connaissaient avant 1996 n’ont pas particulièrement noté sa piété religieuse... mais sa furie implacable face au malheur des pauvres et à l’indifférence des riches... Il était en rage contre l’étalement devant tous, au Caire, d’un luxe extravagant et frivole et d’une pauvreté sordide et sans espoir. L’élite égyptienne, il s’en était convaincu, était hypocrite. Elle montrait un « visage démocratique » à l’Occident tout en manifestant une indifférence complète à la misère des gens ordinaires devant leur porte. Ils avaient vendu leur pays à l’Ouest pour des colifichets.53

De la même manière qu’Henry, le terroriste français de la Gare Saint Lazare plus d’un siècle auparavant, considérait les femmes et les enfants bourgeois comme « coupables » par association, il y a des gens qui souffrent du fait de l’impérialisme dans le monde (et pas seulement des musulmans) qui voient les habitants ordinaires de la nation oppressive comme « complices » des crimes que « leur » nation commet. C’est une terrible inversion de l’argument qui consiste à dire que puisque Bush et Blair ont été démocratiquement élus leur guerre était légitime. La logique terroriste est que la population ne peut pas être « innocente » puisqu’elle a voté pour Bush et Blair.

C’est la politique du désespoir. C’est aussi la conséquence de la vision de la lutte contre l’injustice en termes niant les divisions de classe. C’est la même logique qui a mené certaines sections des nationalistes irlandais à considérer les britanniques ordinaires comme faisant partie du problème. David O’Connell, l’un des dirigeants militaires des républicains au milieu des années 1970, disait après les attentats de Birmingham :

Pendant cinq ans, le gouvernement anglais a mené une campagne de terreur... contre le peuple d’Irlande. Qu’avons-nous eu du peuple britannique ? Une indifférence totale. Le gouvernement britannique et la population britannique doivent se rendre compte qu’ils en subiront les conséquences.54

Hormis le discours religieux, c’est exactement les mêmes arguments que ceux qui soutiennent al-Qaida utilisent aujourd’hui. Les commentaires que faisait Socialist Worker à l’époque sont toujours valables aujourd’hui :

Cette conclusion doit être combattue par tout socialiste révolutionnaire. Elle met à égalité les dirigeants... et le peuple. Toute notre argumentation repose sur le fait que la société est divisée en classes, dont les intérêts sont inconciliables.55

Tout aussi valable est l’analyse de la politique d’une organisation qui se soumet à une telle logique :

Elle n’est pas, comme le prétendent la presse et les politiciens de croite, constituée de maniaques assoiffés de sang – après tout, c’est la presse et les politiciens de droite qui ont toujours soutenu les violences commises par les forces armées britanniques contre des civils innocents dans le monde entier... Le vrai problème... c’est que ses dirigeants voient le monde comme divisé en nations et non en classes... comme les politiciens petits bourgeois du monde entier.56

C’est une logique semblable qui pense que seul un petit groupe de combattants résolus peut venger les injustices de la société, que la masse du peuple est soit corrompue soit incapable de passer à l’action – à moins que des actions « exemplaires » ne soient accomplies par des combattants dévoués. Et comme c’est la politique du désespoir, plus ceux qui sont pris dans cette spirale sont impuissants et plus grand est leur rêve de destruction – pour obtenir un meilleur impact.

Les attentats-suicides ne sont pas un retour barbare à l’ère pré-moderne. Ils sont une réponse horriblement déformée aux horreurs très réelles de l’impérialisme et du capitalisme. L’échelle de certains attentats d’aujourd’hui est supérieure à tout ce que les organisations terroristes du passé ont été capables de réaliser. Mais la dévastation et le prix à payer en vies humaines restent massivement inférieurs à ce que peut infliger une « frappe » de routine des forces armées d’un pays « civilisé ».

Un argument développé en son temps par Trotsky est particulièrement adapté à la situation présente. Lorsqu’on critique les actions terroristes, disait-il, il est important de ne pas se ranger du côté des « moralistes patentés » (que l’on voit aujourd’hui surgir de toutes parts) qui font des « déclarations solennelles sur la « valeur absolue » de la vie humaine ».57

La tradition marxiste n’a jamais approuvé le terrorisme comme méthode de changement social, le considérant comme une stratégie contre-productive. Mais nous ne pouvons nous joindre au concert des condamnations déversées jusqu’à la nausée par les politiciens et par les médias – malgré les énormes pressions que nous subissons dans ce sens. Nous ne pouvons développer notre critique du terrorisme de manière significative que si nous commençons par stigmatiser les horreurs de la violence impérialiste et du racisme islamophobe dirigé contre les musulmans. Nous ne serons pas capables d’intervenir dans le mouvement pour expliquer pourquoi des jeunes musulmans en viennent à des actes aussi terribles. Et nous ne serons pas davantage en situation de proposer une alternative crédible à ceux que le désespoir pousse dans l’impasse du terrorisme.


(traduit de l’anglais par JM Guerlin)

1Cette idée de terreur ne doit pas être confondue avec « la mobilisation des forces pour intimider la contre-révolution » (H Draper, Karl Marx’s Theory of Revolution : The ‘Dictatorship of the Proletariat’, vol 3 (New York, 1986), p366), telle qu’elle a été pratiquée par les jacobins de la Révolution française, puis, de manière différente, par le gouvernement bolchevik pendant la guerre civile, ni avec la terreur contre-révolutionnaire mise en œuvre par Staline contre la masse de la population dans les années 1930.

2Voir sa lettre à Kugelman in K Marx and F Engels, Ireland and the Irish Question (Moscow, 1971), pp378-379.

3Ibid, p144.

4Ibid, p145.

5Ibid, p146.

6Ibid, p150.

7Ibid.

8Ibid, pp146-147.

9Engels notait en 1882 qu’à part exercer une pression sur les libéraux pour les pousser à agir de façon plus déterminée, les Fenians « ne peuvent aucunement effrayer John Bull. Même s’il s’affaiblit visiblement sur les limites de l’empire, il peut facilement réprimer toute rébellion irlandaise si proche du centre » (Marx and Engels, ibid, p435).

10Et l’anarchisme peut avoir influencé le groupe appelé « The Invincibles » (auquel appartenaient d’anciens fenians) qui a commis l’assassinat à Phoenix Park (à Dublin) de deux employés gouvernementaux en 1882—c’est ce que pensait Engels (voir K Marx and F Engels, ibid, p436).

11Loin d’être un signe de force, c’était une tentative désespérée de reprendre l’initiative face à un adversaire infiniment plus fort.

12De même, peu de membres de la classe ouvrière versèrent une larme lorsque l’IRA provisoire essaya de faire sauter Margaret Thatcher et son gouvernement en 1984. En vérité, un certain nombre de lecteurs de Socialist Worker ont regretté l’échec des Provos – malgré notre argumentation soigneusement formulée sur les limites d’une telle action.

13Cité in B Nicolaesky and O Maenchen-Helfen, Karl Marx : Man and Fighter (Harmondsworth, 1976), p398.

14K Marx et F Engels, Collected Works, vol 24 (Moscou, 1989), p50. La citation provient de la fin de la critique par Engels de la littérature des réfugiés russes, publiée entre 1874 et 1875 dans la presse socialiste allemande. Même si la crise devait mûrir beaucoup plus lentement qu’Engels ne l’escomptait, il avait incontestablement raison de considérer que la réaction européenne apparemment stable était en train de s’écrouler, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Europe.

15Marx et Engels n’avaient pas l’opinion déterministe selon laquelle la Russie était destinée à devenir capitaliste (une vision qui invitait à attendre paisiblement les évènements). « Si quelque chose, disait Engels, peut sauver la propriété communale russe et lui donner une chance de se transformer en une forme nouvelle vraiment viable – c’est la révolution prolétarienne en Europe occidentale »(Marx et Engels, ibid, p48). Ce point fut répété en 1881 dans la préface à la deuxième édition du Manifeste communiste – l’obchtchina paysanne peut survivre si une révolution russe « devenait le signal d’une révolution prolétarienne à l’Ouest ».

16V I Lénine, « Protestation des sociaux-démocrates russes », Œuvres vol 4 (Moscou). (Lénine cite le manifeste du POSDR, publié l’année précédente, dans le contexte d’une polémique contre des tendances voulant limiter l’activité socialiste à l’agitation « économique » pour améliorer les conditions d’existence des travailleurs et au soutien « politique » à l’opposition libérale au tsarisme).

17Ibid.

18V I Lénine, « L’aventurisme révolutionnaire », Œuvres, vol 6 (Paris, 1966), p189.

19Cité in ibid, p192.

20Ibid, p.193.

21Ibid, p193-194. Lénine cite un tract socialiste-révolutionnaire..

22Ibid.

23Ibid, p.195. Il est important de noter la distinction implicite que fait Lénine entre le combat singulier et le combat collectif. Comme l’indique son commentaire sur la nécessité d’un soulèvement armé en 1905, le « terrorisme intelligent », séparé du mouvement de masse, était une chose à laquelle il fallait s’opposer, mais pas le genre de recours à la force dont le « terrorisme de la grande Révolution Française » donnait l’exemple, qui était « la force du mouvement révolutionnaire du peuple » (V I Lenin, « D’un accord de combat pour l’insurrection », Œuvres, vol 8 (Moscou). Lénine considérait également comme erroné de condamner les opérations de guérilla comme « terroristes » dans la mesure où elles ne constituaient ni des actes de vengeance individuelle ni des manifestations de manque de foi en l’insurrection de la classe ouvrière (même si, bien sûr, des erreurs étaient possibles) (V I Lenin, « La situation actuelle en Russie et la tactique du parti ouvrier », Œuvres, vol 10 (Moscou, 1967), p 111 et suivantes). Ce qu’il faut comprendre, ici, c’est que la condamnation par Lénine du terrorisme individuel n’est jamais une condamnation de la violence révolutionnaire.

24« L’aventurisme révolutionnaire », p.194

25L’essence de la critique par Lénine de l’ « économisme » dans la social-démocratie russe était qu’en restreignant l’activité socialiste aux questions « économiques », d’une part, et au soutien « politique » des revendications bourgeoises-libérales, de l’autre, l’ « économisme » était une variante, dans les conditions particulières de la Russie où les institutions démocratiques n’existaient pratiquement pas, de l’adaptation révisionniste/réformiste au parlementarisme qui était devenue une importante caractéristique des partis socialistes en Europe occidentale. Voir « un mouvement rétrograde dans la social-démocratie russe » in VI Lenin, Œuvres, vol 4 (moscou) ; et la section « Ce qu’il y a de commun entre l’économisme et le terrorisme » dans Que faire ?.

26Victor Serge a laissé une impression vivante mais critique de ce milieu (qu’il connaissait de près comme étant impliqué dans la célèbre « bande à Bonnot » à la veille de la 1re Guerre mondiale). Ce qu’il y avait rencontré était un « idéalisme exigeant chez des hommes élémentaires dont l’énergie ne peut pas trouver d’issue dans la conquête d’une dignité et d’une conscience plus haute, parce que en vérité il n’y a pas d’issue à leur portée, et qui se sentent dans l’impasse, se battent, succombent. Le monde de ces époques avait une structure achevée, si durable en apparence qu’on ne lui voyait pas la possibilité d’un changement réel. En pleine ascension, en plein progrès, il broyait cependant des masses sur son chemin. La dure condition ouvrière ne s’améliorait que très lentement, elle était sans issue pour l’immense majorité des prolétaires. En marge de la classe ouvrière, ces déclassés trouvaient toutes les portes fermées, sauf celles des avilissements banals. D’insolentes richesses s’accumulaient avec orgueil au-dessus de ces foules. De cette situation naissaient inexorablement les luttes de classe, avec leur cortège de grèves sanglantes, la criminalité, les batailles insensées de l’Un contre tous... Celles-ci témoignaient aussi de la faillite d’une idéologie ». (V Serge, Mémoires d’un révolutionnaire, Seuil, 1951, p.50)

27James Joll, The Anarchists, 1979, p113.

28Ibid, pp113-114.

29Joll dit que la foule consistait de « modestes boutiquiers parisiens, d’employés et même d’ouvriers »(p118). La question de la composition sociale de la foule semble sans importance, mais il est possible que, comme dans un attentat terroriste dans un music hall de Lyon en 1882, Henry considérait le café comme une institution représentative des « fausses valeurs bourgeoises » (Joll, ibid, p112)— ce qui peut expliquer la motivation qu’il fournit au procès (voir la citation en dessous).

30Aussi bien Kedward, The anarchists ; the men who shocked an era, pp 41-42, que Joll, op. cit., pp 117-119, fournissent des narrations détaillées. Selon Kedward, p 42, à son procès Henry était cynique et détaché. Il accueillit calmement la condamnation à mort et refusa d’exercer un recours en grâce. Sa calme acceptation de la mort peut être vue comme un signe avant-coureur de l’acceptation de l’autodestruction qui caractérise les kamikazes contemporains.

31Déclaration d’Emile Henry à son procès.

32Déclaration d’Emile Henry à son procès.

33Woodcock, ibid.

34En particulier dans les milieux de la bohème. Un écrivain anarchiste, lui-même victime de l’explosion d’une bombe dans un restaurant, disait : « Qu’importent les vagues humanités, si les geste est beau ? » cité in Joll, ibid, p. 152. Le poète Stéphane Mallarmé, célèbre pour son esthétisme raffiné, refusait de discuter des « actes de ces saints » lorsqu’on le pressait de réagir au terrorisme (Joll, ibid, p. 150). L’écrivain anglo-polonais Joseph Conrad brosse un portrait bien moins sympathique des anarchistes et du terrorisme dans son roman L’agent secret, qui s’inspirait d’une tentative de faire sauter l’observatoire de Greenwich.

35Il avait raison. La première victime de ces lois fut un socialiste breton.

36F Engels, P Lafargue and L Lafargue, Correspondence, vol 3 (1891-1895) (Moscou n.d. [1963]), pp 337-338.

37Cité in H Goldberg, The Life of Jean Jaurès (Madison, 1962), p. 120.

38Il écrivit dans La petite République au début de 1894 que Vaillant n’était pas foncièrement mauvais – il était une victime de la société, mû par la haine de la vie pour mourir pour quelque chose qui ait un sens. Avec d’autres socialistes, il signa un appel à la clémence que Sadi Carnot rejeta.Voir Goldberg, ibid, p121.

39L’équivalent de la tentative aujourd’hui de criminaliser la « glorification du terrorisme » et d’abolir l’habeas corpus pour les crimes terroristes.

40H Goldberg, ibid, pp. 126-127 et jaures.eu. Le ministère fut si ébranlé qu’il n’évita la censure que par une voix.

41On peut trouver celles-ci, imprimées dans l’ordre inverse, en même temps que des commentaires de Trotsky sur les calomnies de Staline contre l’opposition de gauche dans les années 1930 et l’assassinat d’un fonctionnaire nazi à Paris en 1938, in L Trotsky, Against Individual Terrorism (New York, 1974). On peut aussi trouver ces articles sur internet.

42Reproduit dans les conclusions de D Hallas and J Higgins, Marxism and Terrorism (mars 1972).

43Ibidem.

44Socialist Worker, 30 novembre 1974.

45Que nous devons, bien sûr, comprendre comme un produit dérivé du stalinisme.

46R Pape, Dying to Win (New York, 2005), p. 4. Pape n’a pas de sympathie pour son sujet – ce qui rend son analyse d’autant plus convaincante. Son rejet des mythes entourant le « terrorisme islamique » est dû au fait qu’il les voit, avec leur utilisation par Bush dans sa guerre contre le terrorisme et l’occupation de l’Irak, comme contraires aux intérêts de la « démocratie » — c’est-à-dire de l’impérialisme US (qu’il soutient).

47Ibid, pp. 129-130.

48Ibid, p. 38. Là où Pape écrit « démocraties » nous devons, bien évidemment, lire « puissances impérialistes ».

49Stephen Holmes, « Al-Qaeda, September 11, 2001 » in D Gambetta (ed), Making Sense of Suicide Missions (Oxford, 2005), p. 133.

50Ibid, pp.164, 165.

51Cela dépasse le cadre de cet article que d’étudier pourquoi les organisations islamistes ont remplacé les mouvements nationalistes laïques. Pour une analyse de l’islamisme, voir C Harman, Le prophète et le prolétariat.

52Ibid, pp. 27-28.

53Holmes, ibid, p139.

54Cité in Socialist Worker, 30 novembre 1974.

55Socialist Worker, 30 novembre 1974.

56Ibidem.

57Holmes, ibid, p. 8.
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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:27

Putting critical realism to work for education and revolution
Issue: 151
Posted on 22nd June 2016
Gail Edwards
http://isj.org.uk/putting-critical-realism-to-work/
A review of Grant Banfield, Critical Realism for Marxist Sociology of Education (Routledge, 2016), £95

Marxists are interested in the role education and schooling play in history and revolution. But classical Marxist studies in the sociology of education have remained marginalised by mainstream, gloomy neo- and post-Marxist assessments of education’s emancipatory potential. In this meticulously researched piece of scholarship, however, Grant Banfield brings Roy Bhaskar’s critical realist philosophy to work as a redemptive conceptual intervention in the field. The result is a powerful rejoinder to those who have dismissed classical Marxism in the study of the relationship between education and the social order.

It’s important to the book’s argument that we understand these post-Marxist and neo-Marxist sociologies of education as descendants of Western Marxism. Western Marxism emerged during the West’s inter-war period. Antonio Gramsci, and later, George Lukács and Louis Althusser, laid the groundwork for the sociology of education’s neo-Marxist turn in the 1970s, a classic of which in the UK is Paul Willis’s 1977 Learning to Labour. Both neo-Marxism and post-Marxism entailed a decisive shift away from economic matters towards the cultural-philosophical Marx, prompting a reconceptualisation of class as social identity and rendering “classism” on a par with racism, ableism and sexism in maintaining educational discrimination.

The book’s author notes the way neo- and post-Marxists justified this cultural turn. This was by reference to Marx’s perceived methodological shortcomings such as his abstract object of study. Marx’s object is not (as for monetarist or Keynesian economists) market exchange relations, but rather productive relations and forces operating behind reality’s appearance. Given their unavailability to direct observation, it’s easy for critics of Marx to question their existence—or at least the possibility of studying them. We can observe individuals, so their argument goes, but not abstractions like “the proletariat” or “capitalism”.

The cultural turn also aroused suspicion of Marxists’ claim to be scientific. It is widely seen as positivist folly to transfer natural science’s method to the study of the social world. Methodological naturalism has had a bad press at least since the turn of the 20th century when anti-positivists pointed out the unavailability of disinterested observation or objective laws. If Marxism is scientific, neo-Marxists and post-Marxists reason, then Marx must have posited mechanistic, historic-economic laws. Marxists’ explanatory privileging of the economic base vis-a-vis the politico-cultural superstructure must thus be “vulgar materialism” or “economic reductionism”. Marxists, they say, deny human agency.

This book shows exactly why these objections rest on incorrect readings of Marx. It traces the errors to the intellectual terrain of European socialism at the end of the 19th century, a period dominated by the German Social Democratic Party (SPD) and the orthodox Marxism of the 1889 Second International. Capitalist expansion and economic stability after the failed revolutions of 1848 and 1871 saw some leading left theoreticians capitulate to reformism, justified by their claim that Marx had discovered natural laws responsible for capitalism’s inevitable evolution to socialism. The 1917 Bolshevik Revolution was considered a doomed attempt to violate Marxian science by imposing socialism from above. Of course, the subsequent period of capitalist crisis that led to two world wars brought no capitalist collapse and the Second International’s mechanical evolutionism looked increasingly implausible. And the crimes associated with Stalin’s crude materialism would later only add fuel to the revisionists’ fire.

The leading New Left theoreticians of the inter-war and post-war period were obliged to explain what was going on. Their post-empiricist turn away from science was reinforced by the concurrent shift in social theory towards hermeneutics, phenomenology and interpretivism. Educationists will be familiar with the micro-sociology of epistemological radicals (such as Michael F D Young) of the New Sociology of Education. The post-war Keynesian consensus smoothed the way for economic and industrial downplaying in favour of Weberian and neo-Durkheimian analyses. Capitalism’s resilience and educational underachievement could be explained by reference to “reification”, “restricted code”, “habitus”, “hegemony” and the social construction of curricula, race, sexuality, ability, gender and class.

What’s really impressive about this book is that its author uses critical realism to show how reductionist this is. The economic and natural has been reduced to the social, the ontological to the epistemological, and political-economy to bourgeois democracy. There is, at best, a flat ontology conceptualising society as interactions between individuals embedded in a power matrix of intersecting identities with each person in some ways privileged and/or in other ways disadvantaged. This restricts analyses to the individual’s power to define reality and is a form of ontological shyness which restricts reality to empirical phenomena—what humans can experience directly. Banfield recalls Marx’s point that if appearance was all that there was to reality (the epistemic fallacy), there would be no need for human beings to practise science at all. Indeed, scientific observation is praxis-dependent because scientists are engaging in a social activity which seeks to understand the underlying properties of objects or mechanisms which generate the appearance of empirical patterns.

The book’s achievement relies upon critical realism’s depth ontology, the detail of which cannot be reproduced here but which is beautifully explicated. Banfield absolves the Marxist sociology of education of crude materialism by appeal to Marxian method, elaborated by reference to critical realism’s “stratification” and “emergence”. Properties and powers can emerge from reality’s underlying strata but are not reducible to them. People’s liabilities and powers are not determined by their biology, for example. Human reasons, intentions and consciousness emerge from, but are not reducible to, neurophysiological matter. Similarly, education systems emerge from an economic base but are not reducible to it. The point is that systems rooted in any historically particular relations and forces of production emerge with particular properties, tendencies and powers. This is certainly not economic reductionism or vulgar materialism. These forces are determining but not determinist and their potentials can illuminate the relationship between education, society and the material world.

Ultimately the book aims at conceptual uncluttering to make way for revolutionising educational practice. It makes clear that historical materialism doesn’t overlook culture or agency but rather takes capitalist structural relations to be both power-limiting and power-conferring. Contradiction arises out of an antagonistic social relation between the class which possesses the material tools to extract surplus value from production, and the working class who lack those means. The interests of profitability pressure capitalists to lower wages and use more efficient technology, while the interests of subsistence pressure workers to demand wage increases. Historical materialism can be understood within an emergent, stratified ontology which explains why workers’ biological need for material well-being takes priority over loyalty to existing social relations. In other words, productive forces have material limits (epistemological, biological, technological and natural) that restrict possibilities in terms of social relations (a relation that doesn’t work the other way round). Those who accuse Marx of economic reductionism fail to understand that outlining agency’s shape is not eliminating it. Insisting on the explanatory primacy of the economic merely specifies the particular form agency takes. Class is not an identity; it is an objective relation and therefore working class power takes the collective shape of industrial action (given the power of labour withdrawal to adversely affect profits). Societal transformation is not guaranteed but rather contingent upon political organisation and cultural processes—whether or not for example, the working class achieves sufficient class consciousness collectively to advance its interests at the expense of the capitalist class.

Therein lies the role of educators as mediators in class struggle, leading and learning from the development of social movements. It is their job, in other words, to join with other activists to ensure that revolutionary capacities and collective subjectivity are brought into being through struggle.

This is a ground-making book in the sociology of education. Hopefully, it will open up the field to a long overdue, serious engagement with classical Marxism. In my view, critical realism lacks historical materialism’s explanatory power. But, in this excellent book, the author has certainly shown the former’s potential for socialist teachers, researchers and students who want to defend the role of ­education in revolution.

Gail Edwards is researcher and lecturer in education at Newcastle University, UK, having formerly been a schoolteacher. She is a revolutionary socialist and member of the SWP.http://isj.org.uk/putting-critical-realism-to-work/
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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:33

Prime Minister participates in G20 Summit in Hangzhou, China

September 5, 2016
Hangzhou, China

Today, the Prime Minister, Justin Trudeau, concluded a three-day visit to Hangzhou, China, where he participated in the G20 Leaders’ Summit.

Canada places great importance on working with its G20 partners to help address some of the world’s most pressing challenges – from building prosperity for the middle class to promoting open and free trade and investment.

At the Hangzhou Summit, G20 leaders discussed concrete ways they can boost global economic growth and investment, foster innovation, create jobs, grow the middle class, strengthen the resilience of the global financial system, and increase trade.

Prime Minister Trudeau highlighted the need for strong, sustainable, and balanced growth to respond to today’s global economic challenges. To this end, he called for the full and timely implementation of the G20 members’ growth strategies aimed at increasing their collective gross domestic product by two percent by 2018. He also stressed the need to keep a strong focus on inclusive growth that supports the middle class and those working hard to join it, with a particular emphasis on the needs of youth and women.

The Prime Minister underlined the importance of ensuring that the benefits of free and open trade and investment are broadly shared and evenly distributed among all citizens. He emphasized that the benefits of growth cannot only be felt by the wealthiest one percent, and that countries can promote inclusive growth by supporting and encouraging the social and economic integration of refugees and migrants.

Prior to the start of the G20 Summit, the Prime Minister participated in the B20 Summit, an annual meeting of global business leaders, where he promoted Canada’s advantages as an investment destination.

Quote

“I had a productive Summit with my G20 colleagues, where we discussed how to build an innovative, interconnected, invigorated and inclusive world economy. Throughout the Summit, I encouraged fellow global leaders to focus on inclusive growth that supports the middle class and those working hard to join it. The benefits of growth cannot only be felt by the wealthiest one percent – they need to be felt by everyone.”
—Rt. Honourable Justin Trudeau, Prime Minister of Canada

Quick Facts

The G20 Summit brings together the leaders of major advanced and emerging economies.
Together, the members of the G20 account for more than 85 percent of the world’s GDP and two-thirds of the world’s population.
Canada continues to play a leadership role in the G20 as the co-chair of the Framework Working Group, which is responsible for steering the G20’s overall growth targets and country-specific growth strategies.
In 2016, Canada became the co-chair of the newly created G20 Trade and Investment Working Group, which is responsible for implementing the G20’s commitments in the area of trade and investment as vital engines for growth and job creation.
The G20 was first established in the wake of the Asian financial crisis of the late 1990s as a meeting of finance ministers and central bank governors.
With the onset of the global financial crisis in 2008, the G20 was seen as the most effective forum to lead global efforts to stem the crisis and mitigate its effects.
Members of the G20 are Argentina, Australia, Brazil, Canada, China, the European Union (EU), France, Germany, India, Indonesia, Italy, Japan, Mexico, Russia, Saudi Arabia, South Africa, South Korea, Turkey, the United Kingdom, and the United States.

The Prime Minister's Office - Communications
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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:34


Vous n'arrivez pas à voir les images ? Contactez-nous sur jean@artips.fr

Mohammed Ibn al-Zain, Bassin dit "baptistère de Saint Louis", vers 1320-1340, laiton, incrustations d’or et d’argent, 22 x 50,2 cm, Musée du Louvre, Paris
Voir en grand

En se promenant dans les salles du Louvre, on découvre un objet bien mystérieux. Il est surnommé le "baptistère de Saint Louis" c’est-à-dire le récipient utilisé lors des baptêmes chrétiens…
Drôle de nom pour une œuvre considérée comme la grande fierté du département des arts de l’Islam !

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Détail de l’œuvre

L’auteur de ce chef-d’œuvre arabe, c’est Mohammed Ibn al-Zain. Cet artisan du XIVe siècle montre l’étendue de son talent avec cette œuvre en laiton, dans laquelle il a incrusté de l’or et de l’argent.
Le décor minutieux, qui recouvre l’intégralité du bassin, fourmille de détails. On y distingue des scènes de bataille, des animaux, des créatures fantastiques et… des fleurs de lys.
Que viennent faire là ces emblèmes de la couronne de France ?

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Armand Auguste Caqué, Médaille du baptême du Prince impérial, XIXe siècle, cuivre, Palais de Compiègne

Si l’œuvre a effectivement été fabriquée en Égypte, elle a voyagé bien loin, pour atterrir dans les collections des rois de France ! Et les souverains jugent l’objet si beau qu’ils lui donnent un rôle de choix. Le bassin va désormais servir… au baptême de leurs enfants ! C’est d’ailleurs à ce moment-là que sont ajoutées les fleurs de lys.
Ainsi en 1601, le bébé Louis XIII fut plongé dedans. Pour le baptême du fils de Napoléon III, quelques siècles plus tard, on va jusqu’à sortir le fameux bassin des réserves du Louvre ! Après cela, l’œuvre retournera directement au musée.

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Mohammed Ibn al-Zain, Bassin dit "baptistère de Saint Louis", vers 1320-1340, laiton, incrustations d’or et d’argent, 22 x 50,2 cm, Musée du Louvre, Paris. Détail de l'œuvre (signature de l'artiste)
Voir en grand

L’artisan égyptien aurait-il imaginé un tel destin pour son œuvre ? Difficile à dire… En tout cas, il était déjà très fier de son travail. La preuve : il signe son œuvre non pas une, mais six fois !
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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:36

Nos océans sont en train de s’épuiser, et selon d’alarmants rapports, d’immenses zones dépourvues de toute vie s'étendent dans le Pacifique. Mais l’espoir gagne aussi du terrain: l’année dernière a vu la création de plus de zones protégées que jamais auparavant!

Cette semaine, nous pouvons décider qui l’emporte, de la sauvegarde ou du sauve-qui-peut. Pour les scientifiques, protéger 30% de nos océans serait suffisant pour permettre au reste de se régénérer -- et c’est précisément ce plan qui est à l'ordre du jour d'une session du Congrès mondial de la Nature qui commence aujourd'hui!

Des pays où les lobbies de la pêche sont puissants, comme le Japon, s’opposent à ce plan, et il nous revient de les contrecarrer avec toute la puissance du pouvoir citoyen. C’est peut-être l’heure de vérité pour nos océans -- envoyons un million de voix pour les sauver, directement au coeur du sommet:

Les océans fournissent la moitié de l’oxygène que nous respirons, mais la surpêche, le changement climatique et la pollution sont en train de tuer la source de toute vie sur Terre. Si nous n’agissons pas maintenant, notre voracité pourrait nous conduire tout droit à la plus grave extinction de masse des dernières 55 millions d’années.

180 gouvernements sont sur le point de participer à un vote sur l'établissement d'un nouvel objectif international: protéger 30% de nos océans d’ici à 2030. Le résultat de ce vote ne sera pas contraignant, mais il est le socle de tout accord ayant force de loi.

L’année dernière, on a vu la création de plus de réserves marines que jamais dans l’histoire à la suite d’imposantes mobilisations citoyennes. Nous savons que nos voix comptent. Rassemblons-nous maintenant afin d’éviter que nos océans rendent leur dernier souffle:

Ils recouvrent 71% de notre planète, sont le refuge de milliers d’espèces que nous n’avons pas encore découvertes et sont la source de toute vie sur Terre. Nos océans sont autant de miracles et de merveilles. Ils sont de plus tellement puissants qu’ils peuvent se régénérer des ravages causés par l’homme - mais pour cela nous devons donner une chance de survie au coeur qui fait battre notre planète. Et c’est ce cadeau que notre mouvement peut lui offrir si nous nous rassemblons.

Avec espoir et détermination,

Dalia, Nell, Danny, Lisa, Ari, Diego, Fatima, Alice et toute l’équipe d’Avaaz

POUR PLUS D’INFORMATIONS:

Le plus grand congrès sur la protection de la nature s'ouvre jeudi à Hawaii (Tahiti Infos)
http://www.tahiti-infos.com/Le-plus-grand-congres-sur-la-protection-de-la-nature-s-ouvre-jeudi-a-Hawaii_a152358.html

Accroître l’étendue des Aires marines protégées pour assurer l’efficacité de la conservation de la biodiversité (IUCN)
https://portals.iucn.org/congress/fr/motion/053

Obama crée la plus grande réserve marine du monde à Hawaii (Le Presse)
http://www.lapresse.ca/environnement/especes-menacees/201608/26/01-5014311-obama-cree-la-plus-grande-reserve-marine-du-monde-a-hawaii.php

Protéger 30% des océans apporterait de multiples bénéfices (Pew, en anglais)
http://www.pewtrusts.org/en/research-and-analysis/analysis/2016/03/21/protecting-30-percent-of-the-ocean-brings-multiple-benefits

Un plan réaliste pour sauver l’océan (National Geographic, en anglais)
http://voices.nationalgeographic.com/2016/06/08/hope-spots-an-actionable-plan-to-save-the-ocean/


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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:37

Statement of US Labor Secretary Perez on August employment numbers

WASHINGTON – U.S. Secretary of Labor Thomas E. Perez issued the following statement about the August 2016 Employment Situation report released today:

“As we head into Labor Day weekend, the August employment report shows that we’re continuing a steady recovery. Thanks to the grit and determination of American workers, the economy added 151,000 jobs in August. With this report, the private sector has added 15.1 million jobs since February 2010, and we are in the middle of the longest streak of overall job growth on record. The unemployment rate held steady at 4.9 percent – more than cut in half since the depths of the recession.

"So many American families are better off this Labor Day than they were seven years ago. Consumer confidence remains high. Initial unemployment claims remained near historic lows in August. For a year and a half, these initial claims have remained under 300,000 – a streak we’ve not seen since 1970.

"We still have more work to do to ensure that more people get to share in the prosperity they help to create. Labor Day reminds us of the importance of all workers having a voice in the workplace. The American labor movement built the largest, strongest middle class in history. The fact that we even have a weekend is a direct result of workers organizing and speaking up together for shared prosperity. Those hard-won gains in wages and benefits raise standards across the economy, a critical ingredient for sustained growth.

"The Obama administration remains committed to helping workers fight for fairness in a dynamic economy, on Labor Day and every day. It’s how we build an economy that works for everyone.”
Release Date:
09/02/2016
Media Contact Name:
David Roberts
Email:
roberts.david@dol.gov
Phone Number:
(202) 693-5945
Release Number:
16-1749-NAT
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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:53

Homme libre toujours tu chériras la mer ! La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme Dans le déroulement infini de la lame, Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Charles Baudelaire, XIV Spleen et Idéal, Les fleurs du mal

--------------------------------------------------------------

Le courage, c'est d'accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l'an, d'accueillir, d'explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d'éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l'organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.

Jean JAURÈS, Extrait du Discours à la Jeunesse, Albi 1903

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Quand je pense au mot tendresse je pense aux hommes moi. Avec les femmes on a de la passion, de la patience, et puis des remords. Mais la tendresse est un mot qui s'applique infiniment plus aux hommes, parce que la tendresse est un jeu égalitaire, entre deux pôles qui sont à égalité.
Brel parle

---------------------------------------------------------------

Un homme cruel est léger, riche, infiniment mystérieux. .. Imprévisible. Il vous fait passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et on s'étonne de découvrir chaque fois de nouvelles souffrances, de nouveaux délices de souffrance et d'amour. Alors qu'on finit par en vouloir à un homme à qui on peut toujours faire confiance. ..
Les hommes cruels ne courent pas les rues de Katherine Pancol

---------------------------------------------------------------

’art est une tentative pour transporter dans une quantité finie de matière modelée par l’homme une image de la beauté infinie de l’univers entier. Si la tentative est réussie, cette portion de matière ne doit pas cacher l’univers, mais au contraire en révéler la réalité tout autour.
Attente de Dieu
Simone Weil

--------------------------------------------------------------

Toujours elle me fut chère cette colline solitaire et cette haie qui dérobe au regard tant de pans de l'extrême horizon. Mais demeurant assis et contemplant, au-delà d'elle, dans ma pensée j'invente des espaces illimités, des silences surhumains et une quiétude profonde ; où peu s'en faut que le coeur ne s'épouvante. Et comme j'entends le vent bruire dans ces feuillages, je vais comparant ce silence infini à cette voix : en moi reviennent l'éternel, et les saisons mortes et la présente qui vit, et sa sonorité. Ainsi, dans cette immensité, se noie ma pensée : et le naufrage m'est doux dans cette mer.
L'Infini de Leopardi

-------------------------------------------------------------

Les vastes horizons, la mer infinie, les montagnes gigantesques, surtout lorsque tout cela est baigné de l'air pur et doré du Midi, tout cela vous mène droit à la contemplation, et rien mieux que la contemplation ne vous éloigne du travail.
Le Bagnard de l'Opéra (1868), Alexandre Dumas, éd. Magnard, coll. Classiques & Contemporains, 2001 (ISBN 978-2-210-75424-9), 1. Le forçat, p. 9

-------------------------------------------------------------

On est tous divisés, on est intérieurement plusieurs personnes contradictoires qui se combattent ou dont les intérêts se contredisent, on est tous amenés à jouer des rôles qui en définitive sont des facettes d'une vérité unique qu'on passe son temps à intérioriser, à travestir, à protéger du regard d'autrui et finalement à trahir, parce qu'on a honte de s'avouer aussi complexe, pluriel, tiraillé, contradictoire et donc essentiellement infini, alors que c'est précisément notre force.
L'amour et les forêts
Eric Reinhardt

--------------------------------------------------------------

Les moments difficiles, si on les vit à deux, ont infiniment plus de valeur que les moments tranquilles que l’on vivrait tout seul.
Aux anges de Francis Dannemark

-------------------------------------------------------------

Le mot infini, comme les mots Dieu, esprit et quelques autres expressions, dont les équivalents existent dans toutes les langues, est non pas l'expression d'une idée, mais l'expression d'un effort vers cette idée.

Eurêka : Essai sur l'univers matériel et spirituel de Edgar Allan Poe

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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 8:58

En terme de droit de l'homme, elles y ont droit en terme de laïcité, c'est plus complexe que vous croyez. La laïcité est un mode vivre et de coexistence établi par une charte. Cette charte n'est pas les droits de l'homme tout comme tous ce qui est morale n'est pas parole sainte ou égalitaire. Chacun a son âme et conscience. Il y a cette charte, et tous le monde la contexte. Et je trouve cela déplorable de la part de tous ceux qui se lamente pour un peu et un rien auprès de la cour européenne des droits de l'homme. Voilà comment affaiblir la liberté en voulant toujours défendre une forme de communautarisme et ça finira où les plages deviendrons privé et pas uniquement pour telle ou telle personnalité ou industrie. Et je pense malheureusement que c'est le souhait de tous ceux qui rejette l'autre et le statut de Laïcité.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie
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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Lun 5 Sep à 9:00

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

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TAY
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: L'infinité de l'infinité ou Citations infini   Ven 23 Sep à 9:37

23 Σεπτεμβρίου 2016

Όπως κάθε χρόνο έτσι και φέτος σας περιμένουμε όλους στη Βραδιά του Ερευνητή, στις 30 Σεπτεμβρίου, για να ανακαλύψετε τι μπορεί να κάνει η επιστήμη και η έρευνα για ένα καλύτερο μέλλον.

H Βραδιά του Ερευνητή, η μεγαλύτερη γιορτή για την επιστήμη και την έρευνα που διοργανώνεται κάθε χρόνο σε περισσότερες από 300 πόλεις σε όλη την Ευρώπη, κλείνει φέτος τα 11 της χρόνια. Στην Ελλάδα διοργανώνονται εκδηλώσεις σε δέκα πόλεις από δύο επιστημονικές κοινοπραξίες:

Η κοινοπραξία RENA οργανώνει βραδιές στις πόλεις: Αθήνα (ΕΚΕΦΕ Δημόκριτος) – Κόρινθος – Πύλος – Ξάνθη – Ηράκλειο (Θαλασσόκοσμος)
Η κοινοπραξία IRENE οργανώνει βραδιές στις πόλεις: Αθήνα (ΕΜΠ) – Θεσσαλονίκη – Λάρισα – Πάτρα – Ηράκλειο (ΙΤΕ) – Ρέθυμνο (ΙΤΕ)

Μέσα από παρουσιάσεις, πειράματα, δρώμενα ειδικά σχεδιασμένα για μαθητές, εργαστήρια για εκπαιδευτικούς, διαγωνισμούς και ποικίλες πρωτότυπες εκδηλώσεις, η έρευνα ανοίγει τις πόρτες της στον χώρο της εκπαίδευσης αλλά και στο ευρύτερο κοινό, δίνοντας του την ευκαιρία μιας άμεσης προσέγγισης με τους ανθρώπους της επιστήμης.

Πριν την κεντρική εκδήλωση, έξι μικρότερες εκδηλώσεις θα προηγηθούν για την καλύτερη γνωριμία του κοινού με τους στόχους και τους επιστημονικούς φορείς της διοργάνωσης: το ΕΚΕΦΕ «Δημόκριτος», το Εθνικό Αστεροσκοπείο Αθηνών, το Ερευνητικό Κέντρο «Αθηνά», το Εθνικό Ίδρυμα Ερευνών, το Ινστιτούτο Παστέρ και το ΕΛΚΕΘΕ στην Ανάβυσσο!

Συγκεκριμένα στην Αθήνα στο ΕΚΕΦΕ Δημόκριτος (Αγία Παρασκευή), στην Αίθουσα Θέμις Παραδέλλης (Κτήριο 6) 1ος όροφος, από τις έξι το απόγευμα μέχρι τα μεσάνυχτα, το κοινό θα έχει την ευκαιρία να γνωρίσει από κοντά τους ερευνητές, να ενημερωθεί για το ερευνητικό έργο τους, να πάρει μία γεύση από την καθημερινότητά τους και να χαρεί τη μαγεία των επιστημών. Το παρών θα δώσει και φέτος ο Ευρωπαϊκός Οργανισμός Διαστήματος, ESA, με μια ποικιλία δράσεων και παρουσιάσεων. Πληροφορίες ΕΔΩ.

Στον καταπράσινο εξωτερικό χώρο του Δημόκριτου, ανάμεσα στα δέντρα, αλλά και σε κατάλληλα διαμορφωμένες αίθουσες, θα έχουν στηθεί πειραματικές επιδείξεις και διαδραστικά παιχνίδια από τα μεγαλύτερα ερευνητικά κέντρα και φορείς της χώρας για μικρούς και μεγάλους

Μέσα από παρουσιάσεις, πειράματα, συζητήσεις, προβολές, παιχνίδια, ειδικά σχεδιασμένα για το ευρύ κοινό, παιδιά και γονείς έρχονται σε επαφή με τον άγνωστο κόσμο του ερευνητή, τον τρόπο δουλειάς του και τους χώρους που κινείται.

Ποιος είναι ο Ευρωπαϊκός Οργανισμός Διαστήματος;

Η Δρ. Γεωργία Δοξάνη, ειδική σε θέματα τηλεπισκόπησης και ερευνήτρια στο Επίγειο Τμήμα Λειτουργίας των Αποστολών στον τομέα προγραμμάτων Παρατήρησης της Γης στο ESRIN, ESA, θα παρουσιάσει στο κοινό τον Οργανισμό και τις δραστηριότητες του.

Η ομιλία θα πραγματοποιηθεί στο κεντρικό αμφιθέατρο με τίτλο: «Ο Ευρωπαϊκός Οργανισμός Διαστήματος: Επιτεύγματα και Προοπτικές».
Μαθαίνοντας για την παρατήρηση της Γης

Ο δικός μας πλανήτης

Ο πλανήτης μας, η Γη, είναι μοναδικός στο ηλιακό μας σύστημα, καθώς σφύζει από ζωή και είναι γεμάτος θαυμάσια τοπία. Είναι άλλωστε και το δικό μας σπίτι. Παρατηρώντας τον με μια διαφορετική ματιά, μέσα από μια πληθώρα δορυφόρων μπορούμε να τον προστατεύσουμε, να βοηθήσουμε στη τη διατήρηση της μοναδικότητας του αλλά και να διευκολύνουμε πολλές καθημερινές μας δραστηριότητες. Μέσα από το παιχνίδι με τις εικόνες της Γης από το διάστημα, θα ανακαλύψετε παρέα με τους ερευνητές μας, τη σημασία παρατήρησης της Γης από τους διάφορους δορυφόρους.

Ταξίδι στον Κόκκινο Πλανήτη

Επίσης,στο φετινό μας ταξίδι θα πατήσουμε στον Άρη, ακολουθώντας την φιλόδοξη αποστολή ExoMars, η οποία θα εξερευνήσει την ύπαρξη ζωής στον κόκκινο πλανήτη.

Το κοινό μέσα στην Αίθουσα παρακολουθεί τις παρουσιάσεις της ESA

Μαγειρεύοντας έναν ... κομήτη

Έπειτα οι μικροί μας φίλοι θα γίνουν για λίγο διαστημικοί μάγειρες, μαγειρεύοντας με απλά υλικά έναν κομήτη, ενώ παράλληλα θα ακούσουν την συναρπαστική ιστορία της Rosetta και των κατορθωμάτων αυτής και του μικρού ρομπότ που προσεδαφίστηκε στον κομήτη 67P, Philae.

Μία βόλτα στον Διαστημικό Σταθμό

Θα πάμε, επίσης, μια βόλτα από το διαστημικό σταθμό, για να παρατηρήσουμε την έρευνα και την ζωή των αστροναυτών εκεί και θα γνωρίσουμε πώς δουλεύουν οι αστροναύτες σε συνθήκες έλλειψης βαρύτητας τόσο μακριά από το σπίτι μας, τη Γη.

Το πρόγραμμα της εκδήλωσης έχει ως ακολούθως:

17:30-18:00 "Ο Διεθνής Διαστημικός Σταθμός και η ζωή των αστροναυτών στο διάστημα" βίντεο (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

18:15-18:45 "Η Γη από το διάστημα" Διαδραστικό παιχνίδι (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

19:00-19:20 "ExoMars - Προς Αναζήτηση Ζωής στον Κόκκινο Πλανήτη" παρουσίαση (διάρκεια 20min)

19:30-19:50 "Μαγειρεύοντας έναν κομήτη" παρουσίαση/εργαστήριο (διάρκεια 20min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

20:00-20:20 "Μαγειρεύοντας έναν κομήτη" παρουσίαση/εργαστήριο (διάρκεια 20min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

20:30-20:50 "ExoMars - Προς Αναζήτηση Ζωής στον Κόκκινο Πλανήτη" παρουσίαση (διάρκεια 20min)

21:00-21:30 "Η Γη από το διάστημα" Διαδραστικό παιχνίδι (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

21:45-22:15 "Ο Διεθνής Διαστημικός Σταθμός και η ζωή των αστροναυτών στο διάστημα" βίντεο (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

22:30-23:00 "Ο Διεθνής Διαστημικός Σταθμός και η ζωή των αστροναυτών στο διάστημα" βίντεο (διάρκεια 30min)
(ΑΠΑΙΤΕΙΤΑΙ ΠΡΟΚΡΑΤΗΣΗ)

*μπορεί να γίνουν μικρές αλλαγές στο πρόγραμμα. Μπορείτε να ενημερώνεστε απευθείας από την ιστοσελίδα των διοργανωτών.

** Για τις προκρατήσεις και οποιαδήποτε άλλες πληροφορίες, μπορείτε να απευθυνθείτε στο τμήμα Οργάνωσης και Παραγωγικότητας του ΕΚΕΦΕ «ΔΗΜΟΚΡΙΤΟΣ» , e-mail : communications@central.demokritos.gr, τηλ. 210-650 3079, 210-650 3015, 210-650 3002.

Σας περιμένουμε όλους για μια υπέροχη Βραδιά του Ερευνητή, γεμάτη εκπληκτικές εικόνες, συναρπαστικές περιγραφές και πολλή διαστημική επιστήμη!

Ακολουθήστε μας στο Twitter @ESA_Hellas για όλες τις τελευταίες ενημερώσεις στο πρόγραμμα αλλά και εξελίξεις ζωντανά κατά τη διάρκεια της Βραδιάς. Μπορείτε κι εσείς να συμμετέχετε κάνοντας tweet στο hashtag #rengreece.

Σημείωση: Οι πολίτες με τις οικογένειες και τα παιδιά τους θα μπορούν να επισκέπονται μεμονωμένα το ΕΚΕΦΕ «ΔΗΜΟΚΡΙΤΟΣ» στις 30 Σεπτεμβρίου από τις 18.00 έως τα μεσάνυχτα. Απαραίτητη προϋπόθεση είναι να κάνουν εγγραφή μέσω της φόρμας ΕΔΩ, αν επιθυμούν ξενάγηση στα εργαστήρια.
Για τις υπόλοιπες δραστηριότητες που θα λάβουν χώρα, δεν χρειάζεται εγγραφή.

Σημαντικές πληροφορίες

Χώρος Διεξαγωγής: ΕΚΕΦΕ Δημόκριτος (Αγία Παρασκευή), Αίθουσα Θέμις Παραδέλλης (Κτήριο 6) 1ος όροφος

Ώρα: 18:00 - 00:00

Είσοδος: Ελεύθερη για όλους

Ενημέρωση μέσω της ιστοσελίδας Βραδιά του Ερευνητή και στο www.facebook.com/rengreece
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